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Full text of "Cours d'architecture qui comprend les ordres de Vignole : avec des commentaires, les figures & descriptions de ses plus beaux bâtimens, & de ceux de Michel-Ange : plusieurs nouveaux desseins, ornemens & préceptes concernant la distribution, la décoration ... & tout ce qui regarde l'art de bâtir : avec une ample explication par ordre alphabetique de tous les termes"

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Digitized.by.^e  Internet  Archive 

in  2010  with  funding  from 

Research  Library,  The  Getty  ResearçMhstitute 


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http://www.archive.org/details/architecturequicOOavil 


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cours: 

D  ARCHITECTURE 

qui  comprend 
LES  ORDRES  DE  VIGNOLE, 

Avec  des  Commentaires,  les  Figures  Se  Defcriptions  de  fes  pîus^ 
beaux  Bâtimens  >  &  de  ceux  de  M  i  c  h.  e  l-A  n  g  e. 

PLUSIEURS     NOUVEAUX     DESSEI-NS, 

Ornemens  &  Préceptes  concernant  la-DiftHbution ,  la  Décoration ,  la  Matière 
&la  Conftrudion  des  Edifices ,  la  Maçonnerie ,  la  Charpenterie,  la  Couverture, 
h  Serrurerie  9  la  Menuiferie,  le  Jardinage,  &  tout  ce  qui  regarde  l'Art 

D  £    !B  A  T  I  R>* 

AVEC     UNE    AMPLE    EXPLICATION 

par  ordre  Alphabétique  de  tous  les  Termes. 

Far  le.  Sieur    DAVILER-  Architeâe   dm  Roy.. 
TOME    PREMIER. 

A  PARIS. 

Chez    Ni  COLAS     Langlois    rue  Saint  Jaques, 
M.    D  C.    X  C  V I. 

AVEC  '¥r:ivtl eg e^  t> u  ro t. 


.ttlJBWa>'U  UJUjaTJJ^llilllll^UlUJimilJXUIilJUJH^^ 


A    MONSEIGNEUR 

LE  MARQUIS  DE  LOUVOîS 

MINISTRE    ET   SECRETAIRE    D'ESTAT, 

COMMANDEUR   ET    CHANCELIER 

DES    ORDRES    DU    ROY. 

SUR- INTENDANT    ET    ORDONNATEUR    GENERAL 
DES     BASTIMENS     DE     SA     MAJESTE'; 
ARTS,  ET  MANUFACTURES  DE  FRANCE: 


ONSEIGNEUR 


Oii%}. 


L  Archttecie   dont  je  'vous  prefente   les' 


ragi 


es 


''^    acc^h 


uu 


une 


reput  ati^ir 


TIPISTRE. 

^m  dejfus  de  tons  les  autres  par  la  facilité 
■de  Jes  règles,  Çf  le  bon  goût  de  Jes  profils, 
;  qu'il  a  tirez,  des  plus  parfaits  Modelles  de 
r  Antiquité.      Il  ejl  regardé  par  cette  raifon, 
comme     un    des    meilleurs     Auteurs     qui 
ayent  écrit   de  l' Architeclure.      Cejl  pour- 
.^uoy,   MONS  EIGNEU  R,  j'ay 
cru  qu'il  ferait  avantageux  pour  les  Ou- 
vriers Ç^  pour  tous  ceux  qui  les  empierrent., 
non  feulement    de    le    remettre    au   jour 
.avec  me  nouvelle  Tradudion  ,   mais  en- 
core   d'y  joindre  ,     comme  j'ay  fait    des 
Remarques  ,     qui    pufent    confirmer    fes 
préceptes  ,    Ç5'    en  faciliter     l'ufage  .-    Et 
farce  quon  ne  pratiquait  pas  de  Jon  temps 
beaucoup  de   chofes   qm  fe  font  introduites 
dans  le  notre  pour  la  commodité  Çf  pour 
la   décoration   de  toutes  fortes    d'Edifices, 
principalement    fous     voftre     Surintendan- 
ce ,  je  les  ay  inférées  dans  ce  Livre  avec 

quan- 


E  P  I  s  T  R  E. 

^quantité    de  figures    Û^    une    Explication 
en  forme   de  Dictionnaire  5    qui  comprend 
tous    les    Termes    dont    on  fe  fert    dans 
les    Jèatimens   ÇS*    dans   les    Ouvrages   qui 
en   dépendent  :     ^   qui  fait   ^oir  par   le 
grand   nombre   de    mots    quelle    renferme'^ 
que  fous  le  Règne  de    L  O  U  I  S   L  E 
GRAND,  nofîre  Langue  ejl  bien  plus 
féconde  pour   s'exprimer   dans    les   Sciences 
(S    dans   les    Arts  5    que    la   Latine   ne 
[ejloit     du     temps     dAugufle     >     puifque 
Vttru^e  a  eflé  obligé  d'emprunter  des  Grecs  ^ 
quantité     de      Termes     qui     manquoient 
aux  Romains  pour  l'Art  de  hatir.      Cef  y 
MONS EIGNEUR,  tout  le  fruit 
que  jay   recueilli    de   mes  voyages    €f  des 
études  que  fay  faites  fur  les  lieux  d après 
les  plus    beaux    JHonumens    antiques     £5* 
les    modernes    les  plus    approwveZj    i     Js 
meflimeraj   trop   heureux  fi  mon    travail 

peut 


E  P  rs  TR  E. 

fCHt:  mériter  'voflre  protection  ,  (5"  -vôus^ 
faire  conmitre  que.  je  fuis  avec  un  très- • 
profond  refpecl,  . 


MONSEIGNEim, 


Yôtrc  tres-humble  &  trcs-obeiïTant  Sem'teur 
AVGU5TIN    Charles    d*Aviler. 


PREFACE 

TOUR    SERVIR  T>' INTRODUCTION 
AVARCEITECTU  RE. 

E  -nombre  des  Editions  que  nous 
avons  du  Livre  de  Vignole  ,  &  l'e- 
ftime  particulière  qu'en  font  ceux 
qui  s'exercent  ou  qui  fe  pîaifènt  à 
rArchitedure  ,  en  eftablifTent  afTez 
la  réputation.  Delà  vient  aufli  qu'il 
a  efté  traduit  prefqu'en  toutes  les  langues  de  l'Eu- 
rope. Mais  comme  les  planches  de  ceux  qui  ont 
paru  en  François  ,  font  ufées  ,  ou  fi  mal  exécu- 
tées ,  qu'ils  font  tort  au  nom  de  ce  fameux  Mai- 
ftre ,  je  me  fuis  imaginé  qu'il  ne  feroit  pas  inutile 
d'en  faire  paroiftre  une  nouvelle  Tradudion  avec 
des  Notes,  ce  qui  n'a  point  efté  fait  jufquesàpre- 
fenr.  Je  1  ay  renfermé  en  un  volume  aftez  grand 
d'un  cofté  pour  y  diftinguer  jufques  aux  moindres 
parties,  &  commode  de  l'autre  pour  eftre  porté 
avec  foy ,  comme  eftant  le  Manuel  d'Architedure 
dont  les  Ouvriers  fe  fervent  à  toute  heure.  Qi^ant 
aux  figures,  ieles  ay  prifes  &  réduites  d'après  l'O- 
riginal, par  échelles  de  modules,  afin  qu'il  ne  man- 
quaft  rien  à  la  correftion.  Or  d'autant  que  cetOu- 


PREFACE. 


vrage  contient  les  principes  de  TArt ,  &  qu'on  le 
donne  aux  moindres  Elcvcs  que  Ton  defire  en  in- 
ftruirejj'aycrù  qu'il  eftoit  neceflairedelesinFormcr 
de  Ton  mente  ,  celuy  de  fon  Au:eur  eilant  facile  à 
connoilire  par  l'abrégé  de  fa  vis  qu'on  a  mis  cy- 

aprés. 

Les  Ordres  eftant  le  principal  ornement  de  l'Ar- 
chitcclure,  parce  qu'ils  diftinguent  les  Baftimens  or- 
dinaires de  ceux  que  la  magnificence  élevé  >  ils  appor- 
tent pi  ûcoll  delà  confufion  à  l'Edifice,  que  de  la  va- 
riété &  de  l'élégance,  s'ils  ne  font  bien  proportionnez 
&:  bien  exécutez.  Ceux  que  Vignole  nous  a  donnez 
ont  pafle  jufqu'à  prefent  pour  les  meilleurs  d'entre 
les  Modernesj&ce  qui  les  a  fait  le  plus  fuivre,  c'eft 
la  facilité  avec  laquelle  il  en  donne  les  Règles.  Il 
a  aufll  plus  imité  l'Antique  dans  fes  Profils ,  n'y  ayant 
mêlé  que  quelques  mefures  qui  font  peu  éloignées 
de  celles  de  fes  Originaux;  ce  qu'il  a  fait  afin  de 
tirer  des  plus  approuvez  une  règle  certaine  où  la 
beauté  de  la  proportion  &  la  facilité  de  l'exécution 
fe  puflent  rencontrer  dans  un  pareil  degré  :  Cela 
a  efté  jufques  à  prefent  d'une  fi  grande  utilité ,  que 
fans  luy  l'on  verroit  beaucoup  d'ouvrages  plus  dé- 
fectueux qu'ils  ne  font,  parce  qu'ils  eftoient  tom- 
bez entre  les  mains  d'Ouvriers  qui  n'ayant  pas  la 
commodité ny  le  temps  d'étudier,  fe  font  fiez  àluy, 
comme  au  meilleur  guide  del'Architeaure  pour  la 
conduite  de  leur  travail.  La  précifion  avec  laquelle 
Vio-nole  détermine  la  hauteur  des  Piedeflaux,  des 
Cobnnes&des  Entablemens  eft  inviolable,  lors 


PREFACE. 


que  l'on  veutfuivre  Ces  mefures  :  &ce  n'eft  pas  une 
petite  différence  entre  Palladio  qui  a  aquis  un  rang 
confîderable  parmi  les  Modernes  ,  &  noftre  Arclu- 
tedte,  que  les  hauteurs  de  leurs  Piedeflaux  ScEnta- 
blemens,  puifque  Palladio  n'excède  gueres  le  quart 
pour  les  Piedeflaux ,  Scie  cinquième  pour  les  Enta- 
blemcns ,  &  que  Vignole  donne  le  tiers  au  Piede- 
(lail,  &  le  quart  à  l'Entablement.  Il  faut  icy  remar- 
quer que  Vignole  ayant  fait  fon  livre  vers  les  der- 
nières années  de  fà  vie,  ks  premiers  Baftimens  ne 
répondent  pas  au  bon  gouft  de  Tes  Profils  >  qu'il  avoit 
aquis  par  une  expérience  confommée  :  &  que  cet 
Ouvrage  luyeft  autant  avantageux,  que  le  Livre  de 
Palladio ,  mal  exécuté  comme  il  eft ,  femble  dimi- 
nuer (  lorfqu'on  le  compare  aves  ks  Ouvrages  )  la 
haute  eftime  qu'on  doit  avoir  pour  un  Architecte  de 
cette  réputation.  Dans  la  fuite  de  l'explication  de 
ces  Ordres,  je  montreray  par  les  exemples  antiques 
les  plus  univerfellcment  receus,  que  Vignole  appro- 
che plus  de  l'antique  que  tous  les  autres  qui  ont 
écrit  fur  cette  matière  ,  ce  que  je  confîrmeray  par 
les  ouvrages  Modernes  qui  font  honneur  à  la  mé- 
moire de  leurs  Architedles. 

La  Méthode  que  Vignole  tient  pour  le  rang  de  Ces 
cinq  Ordres ,  eft  celle  que  tous  les  autres  ont  fuivie , 
excepté  Scamozzi  qui  met  le  Corinthien  entre  l'Io- 
nique &  le  Compofite,  &Monfieur  de  Chambray 
dans  fon  Parallèle  de  l'Architedure  Antique  avec 
la  Moderne  qui  les  divife  en  deux  claflês ,  les  trois 
Grecs  d'abord,  ôcenfuiteles  deux  Italiens.  Pour 


e  ij 


PREFACE. 

les  divifions particulières,  il  fe  fertdu  Module  qui 
cft  le  demi-diametre  inférieur  de  la  Colonne  parta- 
gé en  douze  parties  égales  pour  le  Tofcan  &  le 
Dorique,  &  en  dix-huit  pour  Tlonique,  le  Corin- 
thien, &leCompofitc,  parce  que  ces  nombres  s'ac- 
cordent avantageufement  avec  les  proportions  qu'il 

leur  donne. 

J'avois  encore  deflein  de  réduire  Ion  Module  en 
trente  parties,  comme  l'ont  fait  la  plufpart  des  Ar- 
chitedles  ,  &  comme  il  eftdans  le  Parallèle  >  mais 
les  fradions  qui  viennent  de  cette  redudtion  font 
bien  plus  embaraflantes  que  l'utilité  qu'on  enpour- 
roit  tirer  ne  feroit  grande. 

Il  faut  remarquer  que  la  différence  du  dedans  & 
du  dehors  des  Edifices,  donne  quelque  altération 
auxmefuresi  qu'un  Ordre  élevé  fur  un  autre  femble 
devoir  cftre  autrement  proportionné  pour  faire  Ton 
effet,  que  s'il  eftoit  furleRez-de-ChaufTée j  &que 
la  o-rofTeur  du  diamètre ,  ainfi  que  la  diflance  dont 
il  doit  eftre  veu,  y  fait  penfer  avec  plus  d'étude, 
parce  qu'il  faut  que  les  objets  paroifTcnt  dans  leur 
perfeaion  autant  qu'il  fe  peut,  nonobdantla  con- 
trainte qu'ils  reçoiventd'unefituation  extraordinai- 
re. C'efl:  pourquoy  dansles  ouvrages  pour  peu  confi- 
derables  qu'ils  (oient,  on  ne  f  çauroit  apporter  aflez  de 
précaution ,  en  fe  fervant  de  defTeins  &  de  modelles, 
du  moinsenpetit  pour  juger  de  l'efîet  de  l'ouvrage^ 
&  c'eft  une  vanité  ridicule  de  fe  piquer  de  faire  les 
chofes  du  premier  coup,  lorsqu'on  y  peut  faire  re- 
flexion ,  principalement  quand  le  fujet  le  mente , 


PREFACE. 


wamnnMWTwriiy 


parce  que  quand  le  Baftimenteft  fait,  on  le  regar- 
de feulement  tel  qu'il  eft  ,  lans  avoir  égard  aux 
moyens  difficiles  dont  on  s'eft  fervy  pour  le  mettre 
en  œuvre.  Il  eft  conftant  que  les  beaux  Edifices 
n*ont  point  efté  faits  fans  peine  ,  ny  par  hazard , 
quelque  génie  &  quelque  expérience  qu'ayent  eu 
les  Architectes  qui  les  ont  élevez-,  &  l'on  a  toujours 
veu  que  ceux  qui  fe  font  éloignez  des  règles,  bien 
loin  de  réùiîir,  ontperdulareputation qu'ils avoient 
aquife  lorsqu'ils  s'yeftoient  fournis,  l'invention  ne 
confiftantpas  dans  le  changement  des  Ordres  qui 
font  les  carad'eres  expreflifs  de  la  bonne  Archite- 
dure,  mais  dans  la  diftribution  des  Plans  &  dans  la 
décoration  des  Façades,  dont  la  variété  donne  allez 
de  quoy  exercer  le  génie,  quelque  fécond  qu'il  foit 
à  produire  des  choies  extraordinaires. 

Or  comme  la  plufpart  de  ceux  qui  commen- 
cent à  apprendre  l'Architeflure  n'en  ont  encore  au- 
cune teinture,  j'ay  crû  qu'il  eftoit  à  propos  de  les 
informer  de  l'excellence  de  cette  Science,  &  de  la 
conduite  qu'ils  doivent  tenir  pour  ariiver  à  fa  per- 
fection. 

La  Nature  ,  l'Art  5c  TExercice  font  les  trois 
moyens ,  par  lefquels  l'efprit  humain  arrive  à  tout  ce 
qu'il  fe  propofede  poffible. 

La  Nature  eft  la  difpofition  qui  nous  eft  donnée 
en  naiftant  pour  un  talent,  qui  fe  découvre  par  les 
inclinations  que  nous  faifons  paroiftre  au  dehors  : 
fi  l'on  remarque  par  exemple,  qu'un  enfant  regarde 
baftir  avec  attention  3  qu'il  fafte  de  petits  eiiàis  pour 


e  11) 


PREFACE, 


fe  divertir,  &  qu'il  s'y  adonne  fans  y  eftre  pouffé) 
c'efl  une  marque  afTeurée  que  s'il  efloit  inflruitdes 
préceptes  de  l'Art,  il  y  pourroit  faire  quelque  pro- 
grez  ,  c'efl  pourquoy  ceux  qui  n'embrafîènt  VAr- 
chitedlurequepardesraifbns  de  famille  ou  d'inte- 
reft,  fans  inclination,  deviennent  rarement  de  grands 
hommes,  &c*efl  de  ce  nombre  que  fbntlaplufpart 
des  ouvriers  du  commun.  Il  n'y  a  rien  de  fi  beau  que 
l'inflifution  d'un  Architecfbe  félon  Vitruve  -,  &  fur 
tout  quand  il  luy  recommande  de  n'eflre  point 
adonné  à  l'interefl,  parce  que  les  Arts  font  le  plus 
fouvent  mal  exercez  par  ceux  qui  font  contraints 
d'en  fubfifter ,  puifque  cette  neceflité  étouffe  les  plus 
belles  conceptions  de  l'efprit  à  caufe  de  l'impofîî- 
bilité  qu'il  y  a  de  les  pratiquer  fans  s'incommoder  : 
cependant  quand  on  a  une  profefîîon ,  on  y  doit 
non  feulement  trouver  fa  fubfiflance  ,  mais  encore 
du  gain ,  pourveu  qu'il  foit  fans  reproche  de  la  con- 
fcience  &  de  fa  réputation. 

La  Nature  ayant  commencé  ,  TArt  doit  diriger 
enfuite.  Il  confifte  dans  les  Préceptes  &  dans  le 
Deffein.  Les  Préceptes  s'aquierent  par  la  leélure 
des  livres  &  par  la  converfation  des  fçavants  &  des 
gens  d'expérience }  &ledefîèin  par  une  application 
alfiduë  à  mettre  exadement  fur  le  papier  ce  que  l'on 
a  imag/né  tant  pour  fe  le  reprefenter  à  foy  mcfme 
que  pour  le  faire  connoiflre  aux  autres.  Ondefîine 
pour  apprendre,  lors  qu'on  copie  les  defîèins  des 

IxMaiftres,  ou  que  l'on  met  au  net  lesmefures  que 
l'on  a  prifesdes  plus  excellcns  ouvrages  >  &Ie  def- 


PREFACE. 

fein  d'invention  eft  lors  que  l'on  compofe  de  foy- 
mefme  des  baftimens,  mais  il  ne  fuffit  pas  de  gar- 
der fon  cabinet  &  de  ne  s'attacher  au  deilein  que 
par  patience  &  fans  jugement,  il  faut  encore  que 
rinfpc^flion  des  Edifices  bons  &  mauvais  faïïe  le 
goût  ,  de  forte  que  le  comparant  les  uns  aux  au- 
tres, on  fe  forme  une  diflinction  du  beau,  d'avec 
ce  qui  ne  Feil  pas  ,  qu'on  y  remarque  les  manières 
différentes  des  Architectes,  comme  les  Peintres  &  les 
Sculpteurs  djffinguent  les  ouvrages  de  ceux  de  leur 
profeiîion;  par  exemple  entre  les  Italiens  Moder- 
nes, Bramante  qui  eft  un  des  premiers  a  eu  une 
manière  féche,  parce  que  l'Architecture  de  fon  temps 
ne  commençoit  qu'à  fe  renouveller ,  &  tenoit  encore 
de  l'ignorance  des  derniers  fiecles^  au  lieu  que  celle 
de  Michel- Ange  efl:  ûçre  &  hardie  par  rapport  à 
fondeffeinj  comme auiîi  entre  nos  François,  celle 
dePhilbert  deLormc,  deJeanBulan&de  du  Cer- 
ceau, efl-  plus  mefquine  que  celle  de  Meilleurs  le 
Mercier,  Manfart&leMuetqui  les  ont  fuivis,  & 
ainli  des  autres. 

Or  comme  il  n'y  a  point  de  pais  qui  renferme 
entièrement  un  Art  qui  a  tant  d'étendue,  &:que 
les  nations  différentes  baftiffent  à  proportion  des 
diverfes  températures  de  l'air,  le  froid  &  le  chaud 
obligeant  à  une  grande  diflinction  tant  pour  la  for- 
me des  Edifices  que  pour  les  matières  dont  on  les 
confiruit,  il  faut  terminer  fes  études  par  les  voyages 
&  faire  des  recherches  curieufes  qui  puiflent  fcrvir 
pour  toujours,  afin  de  profiter  de  ces  pénibles  en- 


P  R  E  T  A  C  E, 


rtBBkMMteM 


MMk 


treprifes  &  de  ne  pas  revenir  comme  l'on  ell  party. 
L'Italie  fournit  aflez  de  fujets  à  la  curiofité  ,  &  au 
deiîr  d'apprendre ,  fiuis  aller  en  d'autres  pais  où  TAr- 
chite£lure  n'ed  pas  dans  la  mefrae  perfection.  C'eft 
en  cette  partie  de  l' Europe  oii  l'on  voit  les  plus  fu- 
perbes  monuments  delà  magnilicence des  Anciens, 
&  particulièrement  à  Rome  qui  renferme  encore  ce 
qu'il  y  a  de  plus  précieux ,  &  d'où  Ton  a  tiré  les  meil- 
leurj  principes  de  cet  Art,  eliant  difîîcile  de  croire 
que  les  Grecs  qui  ont  inventé  les  Ordres  les  ayent 
portez  à  un  pareil  degré  de  perfedlion  que  les  Ro- 
mains, tant  pour  la  correction ,  que  pour  la  grande 
manière  qu'ils  avoient  dans  leur  Archite£lure  com- 
me dans  toutes  les  autres  chofes. 
Il  faut  tenir  dans  l'examen  des  ouvrages  Antiques  Se 
des  Modernes  un  ordre  qui  rende  utile  la  peine  qu'on 
prend  à  les  regarder.  Il  les  faut  d'abord  confiderer 
dans  leur  tout-enfembleéc  remarquer  files  parties 
font  conformes  à  l'ufage  pour  lequel  on  a  fait  le 
Balliment,  fi  elles  ont  relation  à  la  Maffe  de  l'Edifi- 
ce ,  &  enfin  fi  l'harmonie  &  la  bienfèance  s'y  rencon- 
trent. Après  il  faut  entrer  dans  le  détail  des  parties 
&voir  files  ordres  font  réguliers,  &que  les  moin- 
dres moulures  Se  les  moindres  ornements  n'échap- 
pent pas  (ans  avoir  receu  quelque  coup  d'œil.  Il  efl 
bon  d'en  mefurer  quelques-uns  ,  &  principalement 
les  grandes  proportions  fans  employer  beaucoup  de 
temps  à  les  mettre  au  neti  œ  travail  ayant  efté  fait 
avec  exactitude  fur  les  Edifices  Antiques,  plus  que 
furies  Modernes  par  d'autres  Architectes  à  qui  l'on 


: 


a  une 


-•i^ 


P  n  E  F  A  C  E. 


a  une  grande  obligation  de  s'cflre  donné  cette  peine; 
&  enfuite  lorique  Timagination  eft  remplie  de  ces 
belles  idées,  on  peut  inventer  quelque  chofe  pour 
éprouver  fes  forces  &:  pour  voir  fi  Pon  a  fait  quel- 
que progrez.  Enfin  après  que  la  Nature  a  commencé 
&  que  TArt  a  conduit,  TExercice  achevé;  &  c'eft  dans 
la  pratique  que  les  autres  parties  deviennent  utiles , 
puifque  ny  l'érudition ,  ny  les  difcours ,  ny  les  voya- 
ges, ny  mefhie  enfin  les  deftèins  quelques  beaux  qu'ils 
foient,  ne  fervent  que  de  peu  de  chofe  5  fi  on  ne  les 
fçait  mettre  en  œuvre  :  c'efl:  cette  pratique  qui  fait 
le  véritable  Architecte ,  &qui  luy  fait  remarquer  la 
grande  différence  qu'il  y  a  entre  les  deffeinsà  l'ou- 
vrage :  c'eft  elle  qui  le  rend  maiftre  de  tous  les  au- 
tres ouvriers  lorfqu'il  a  la  connoifTance  de  leurs  mef- 
tiers,  eftant  necefîàire  qu'il  fçache  juger  non  feule- 
ment de  la  Sculpture ,  de  la  Charpenterie ,  de  la  Me- 
nuiferie ,  &  de  la  Serrurerie ,  mais  auiîi  des  prix  de 
toutes  CCS  chofespour  les  proportionner  à  la  dépenfè 
qu'il  a  deflein  de  faire.  Elle  fait  que  les  Ouvriers  ont 
une  déférence  aveugle  pour  fes  fentimens,  lorfqu'ils 
font  perfuadez  qu'il  fçait  joindre  la  pratique  à  la  théo- 
rie ,  &  enfin  avec  elle  on  baftit  &  on  arrive  à  la  fin  que 
l'on  s'efl:  propofée.  Il  eft  vray  que  les  difîicultez  qu'il 
faut  furmonter  pour  fe  rendre  habile  homme  en  cet 
Art  rebutent  ceux  qui  commencent ,  &  leur  fait  fou- 
vent  abandonner  la  théorie  pour  fe  jetter  dans  la  pra- 
tique, puifqu'il  eft  impoifible  d'y  exceller  fans  les 
Mathématiques  &  principalement  fans  la  Géomé- 
trie 5  l'Arithmedque  &  la  Perfpedtive  ,  &  fans  le 


. 


PREFACE. 

deflein  qui  eft  le  plus  necelfaire  de  tous  les  talents 
que  Vitruve  demande  pour  faire    un  Architcae 

accompli.  ^  ,     t        ,r 

L*  Architeaure  à  qui  la  neceilite  a  donne  ion  origi- 
ne,  &  la  commodité  Ton  accroiflement  eft  donc  une 
fciencequien  embrafle  beaucoup  d'autres  ,  àcaule 
du  rapport  qu'elle  a  neceflairement  avec  elles.  Tout 
le  monde  fçait  qu'elle  a  efté  inventée  par  les  Grecs, 
perfeaionnée  par  les  Romains ,  &  qu'étant  devenue 
enfuitel'objct'dela  magnificence  des  plus  grands 
hommes  elle  a  aufli  efté  fujette  aux  meftnes  chan- 
semens  que  leur  fortune.  Sans  m'arrêter  à  en  faire 
icy  un  long  détailjerapporteray  feulement  de  quelle 
manière  elle  a  efté  tirée  de  l'oubly  où  elle  eftoit, 
&  comment  elle  a  efté  reftablie  dans  fon  ancienne 

fplendeur.  .      ^      ,        •       j  i   j 

Les  Arts  ayant  efté  accable z  fous  les  ruines  de  la  de- 
folationque  les  Barbares  portèrent  dans  les  païs  ou 
les  Peuples  eftoient  les  plus  éclairez ,  commencèrent 
à  renaitre  il  y  a  environ  deux  fiecles,  foit  par  la  vicifli- 
tudc  des  chofes ,  ou  par  la  paix  qui  donnoit  le  tems  a 
de  Grands  Princes  depenfer  à  d'autres  foins  qu'a  la 
confervation  des  Eftats  qu'ils  s'eftoient  afllirez  par 
leurs  viaoiresi  les  Artifans  de  ce  tems-là  autant  pour 
leur  réputation  particulière,  que  pour  plaire  à  ces 
puillances  par  quelque  nouveauté  ,  fortirent  de  la 
manière  ordinaire  de  leurs  ouvrages  5c  fe  révoltèrent, 
pour  ainfi  dire  ,  contre  les  inftruaions  de  leurs  Mai- 
ftres  qu'ils  n'eftimerent  qu'une  routine  fans  Art,  & 
qui  ne  devoit  pas  contraindre  leurs  efprits  capables 


I 


P  R  E  F  A  C  E. 

de  produire  d'eux-mefmes  des  inventions  fingulie- 
res.  L*Archite£lure  changea  de  face  dans  cette  ré- 
volution &  à  la  Gothique  qui  s'aneantiflbit  infènfi- 
blement ,  on  vit  fucceder  TAntique  que  nous  avons 
aujourd'huy.  Ce  ne  fut  pas  fans  peine  que  ce  chan-    { 
gement  arriva,  car  d'abord  les  yeux  encore  pleins    J 
des  méchants  objets  que  Pufage  avoit  introduits, 
ne  confidererent  les  fragmens  antiques  que  comme 
des  ruines  inutiles,  dont  on  pouvoit  tirer  feulement 
quelque  matière  pour  baftirj  &  négligèrent  de  les  e- 
xaminer ,  quoy  qu'ils  enfermafîent  les  principes  de  ce 
qu'ils  cherchoient.  On  eut  recours  aux  écrits  de  Vi- 
truve  qui  eft  le  feul  des  Anciens  dont  il  nous  refte  des 
préceptes  de  cet  Art  j  ceux  qui  fuivirent  fa  do£lri- 
ne  imitèrent  jufques  à  fts  défauts  ,  perfuadez  que 
la  lumière  du  fiecle  où  il  avoit   vécu  efloit  le  flam- 
beau le  plus  afîeurépour  les  conduire.     L'Archite- 
cture alors  fe  trouva  contrainte  par  fes  règles  d'où  ils 
n'ofoient  fortir ,  de  forte  que  s'ils  y  méloient  quel- 
ques petits  ornements,  ils tenoient encore  dumau- 
vaisgouft&de  la  maniéré  Gothique.     Mais  des  ef- 
prits  plus  penetrans  firent  reflexion  à  la  différence 
qu'il  y  avoit  entre  ces  préceptes  Sclesbaftimens  an- 
ciens dont  ils  admiroient  les  moindres  refl:esi  le  Def- 
fein  dont  les  Arts  ne  font  que  la  production,  leur  en 
fit  connoifl:reles  beautez,  &  enfin  ils  en  mefurerent 
les  parties,  &  furpris  de  l'harmonie  quelles  avoient  .• 
entre  elles,  ils  crûrent  avec  raifon  qu'il  fefalloit  fer-  : 
vir  des  préceptes  de  Vitruve  ,  comme  d'un  grand 
Maiftrede  l'Art  en  ce  qui.  regarde  la  conftriiClion 


■^ 


PREFACE. 


des  anciens  Edifices  pour  en  fuivre  les  proportions  &: 
pour  donner  à  leurs  Baftimens  une  forme  aufïï  agréa- 
ble que  régulière.  Ainfi  avec  beaucoup  de  travail 
l'Architecture  fe  perfectionna  peu-à-peu  jufquesau 
point  où  nous  la  voyons  à  prefent  &  comme  l'Italie 
l'a  voit  receuë  la  première  de  la  Grece^ce  fut  aufli  chez 
elle  qu'elle  reprit  Ton  ancienne  vigueur,  &  peu  après 
paflant  les  Monts  i  ellcftitreceuë  avec  tantd'accucil 
par  la  magnificence  de  nos  Rois,  que  leurs  Balliincns 
pourroient  aifement  difputer  avec  les  Antiques,  & 
l'on  doit  efperer  que  dans  quelque  tems  ils  les  pour- 
ront mefme  furpafTer  de  beaucoup. 

Or  pour  conferver  la  bonne  manière  que  nous  a- 
vons  receuë  par  les  écrits  des  plus  excellents  Au- 
teurs ,  il  les  fiut  renouveller  de  tems  en  tems  afin 
de  retenir  les  efprits  changeants  dans  des  règles  gé- 
nérales, (du  moins  s'ils  ne  veulent  pas  s'afTujettiraux 
particulières)  &  tafcher  qu'il  n'arrive  pas  à  la  France 
aujourd'huy  fi  éclairée  ce  qui  cft  arrivé  à  l'Italie  où 
prcfentement  la  licence  dans  les  Arts  n'a  plus  de 
bornes:  puifqu'on  ne  voit  point  à  Rome  que  les  Bafti- 
men  ts,  depuis  ce  fiecle  feulement,  ayent  quelque  rap- 
port ni  aux  préceptes  ni  aux  exemples  de  la  véritable 
Architecture  j  ce  ne  font  que  Cartouches,  Frontons 
brifez  ,  Colonnes  nichées  &  autres  extravagances 
que  des  Architectes  tels  que  les  Cavaliers  Boromi- 
ni,  Pierre  de  Cortone,  Rainaldi&:  plufieurs  autres 
ont  mis  en  ufage,  au  mefpris  de  ces  monuments  fi  ma- 
gnifiques dont  ils  fontlesdepofitaires,  &  que  le  tems 
a  laifTé  devant  leurs  yeux  pour  les  inftruire  -,  &  ce  qui 


PREFACE. 


eftdeplus  remarquable,  c'efl:  que  leur  Peinture  Se 
leur  Sculpture  font  femblables  à  leur  Architcdure  : 
aufîi  a-t'on  toujours  obfervé  que  ces  trois  Arts  ont 
eu  le  meime  fort  dans  les  ditterens  tems ,  parce  qu'ils 
partent  d'un  mefmc  principe,  quieft  leDefTein  :  & 
puifque  ces  Architedtes  eiliment  leurs  caprices  des 
inventions  ingenieu  (es ,  &  difent  que  c'elt  une  erreur 
de  fe  contraindre  par  les  règles,  lorfqu'on  a  droit 
d'en  faire  de  nouvelles  ,  il  eft  évident  qu'ils  pren- 
nent le  chemin  de  tomber  dans  une  manière  de 
baftir  moins  artifte  que  la  Gothique ,  &  tout-à-fait 
oppofée  à  l'Antique  qui  eft  fans  doute  la  meilleure  & 
laplusaffurée. 

Il  eft  à  propos  de  faire  remarquer  les  changemens 
5c  augmentations  faites  à  ce  Livre,  dont  le  Volume 
eft  plus  commode  que  ceux  qui  ont  paru  en  grand ,  & 
les  Figures  plus  corredes  que  dans  les  autres  Edi- 
tions qui  ont  efté  données  en  petit:  outre  qu'y  ayant 
obfervé  la  propreté  dutrait&la  jufteftè  des  ombres, 
qui  ontefté  négligées  dans  l'Original,  j'ay  réduit  en 
grand  ce  qui  n'a  pas  pu  eftre  aftez  expliqué  en  pe- 
tit faifant  tous  les  grands  modules  égaux ,  &  mettant 
les  profils  à  droite ,  &  les  échelles  de  modules  aux 
endroits  neceftàires.  J'ay  de  plus  ajouté  les  trois  pre- 
mières Planches  qui  manquoient  à  l'Ordre  Compo- 
rte ,  auifi  bien  que  les  plans  &  les  titres  qui  font 
au  bas  de  toutes  les  Figures  que  j'ay  delîinées  avec 
exactitude  ,  &  qui  ont  efté  gravées  par  le  Sieur  le 
Pautre  le  plus  habile  Graveur  pour  l'Archite- 
dture  i  &  employé  à  graver  les  Baftimens  du  Roy. 
Ce  qui  eft  d'Italique  au  Texte,  a  efté  ajouré  pour 


PREFACE. 


■Mfe 


l'éclaircir  &  rendre  le  fens  complet,  ou  pour  faire 
connoiH^re  les  mots  changez,  parce  qu'ils  eftoient  im- 
propres ou  équivoques,  comme. Corniche ouOrne- 
mens  de  dejjus^  pour  fignifier  Entablement  :  &  T^ila- 
Jhe  5  pour  dire  ^P Hier  ou  Jambage.  J'ay  continué  de 
mettre  à  tous  les  Ordres  les  noms  des  membres,  mou- 
lures &  ornemens,  fui vant  l'intention  de  Vignole,qui 
n'en  avoitmis  qu'au  Tofcan.Mes  Notesjqui  font  d'un 
plus  petit  caradere  &  beaucoup  plus  amples  que  le 
Texte,  le  rendent  intelligible ,  &  les  exemples  que  je 
cite,  font  d'une  grande  autorité,  pour  faire  valoir  la 
doclrine  de  Vignole.  J'ay  aufîî inféré  les Defleins  de 
plufieursdefesBadimens,  auxquels  j'ay  jugé  à  pro- 
pos d'en  joindre  quelques-uns  de  Michel-Ange  le 
plus  grand  Architede  des  Modernes. 

Quoyque  ce  ne  fuft  pas  mon  defTein  de  faire  un 
Traité  complet  d'Architedlure ,  la  diverfité  de  la 
matière  &  la  connoifîance  de  l'Art ,  m'ont  infènfi- 
blcment  engagé  à  pafîer  les  limites  que  je  m'eftois 
prcfcritcs,  écàparlerdeprefque  toutes  les  parties  de 
J'Architedure,  comme  des  Portes,  Feneftres,  Ni- 
ches, Cheminées,  6cc.  de  la  Diftribution  &  de  la  Dé- 
coration des  Baftimens  &  des  Jardins  :  des  nouveaux 
Ornemens  de  Sculpture,  deMenuiferie,  de  Serru- 
rerie &c.  des  Compartimens de  Lambris,  Voûtes  & 
Pavé  :  &  de  la  Matière  &  de  la  Conftrudion  des 
Edifices:  &:mefme  à  expliquer  dans  une  Table  par 
ordre  alphabétique  prés  de  cinq  mille  Termes  concer- 
nant l'Art  de  ballir,  &  contenus  dans  lesdifcours  & 
les  figures  de  ce  Livre ,  dont  plus  de  la  moitié  n'avoit 
pas  encore  efté  definie,&  ce  qui  en  avoit  mefme  paru  j 


PREFACE. 


n'avoit  pas  efté  traité  afîez  à  fonds ,  ni  confirmé  par 
des  exemples,  comme  dans  cette  Table.  Ainfitout 
ce  qui  avoit  efté  obmis  par  les  autres  Auteurs ,  qui  la 
plus-part  n'ont  fait  que  des  Commentaires  fur  Vi- 
truve,  qui  ne  regardent  plus  nos  ufages  5  ni  l'Art  de 
baftir  d'aprefent ,  fe  trouve  renfermé  dans  ce  Livre  -, 
e'eftaulTicequienfait  l'avantage,  Se  ce  qui  le  rend 
non-feulement  necelTàire  aux  Architeéles  ,  aux 
Deiîinateurs  &  à  tous  les  Ouvriers  qui  travaillent  aux 
Baftimensi  mais  encore  utile  à  toutes  fortes  de  per- 
fonnes  qui  fouhaittent  avoir  une  parfaite  idée  de 
l' Architedurcjpour  en  parler  pertinemment,  ou  pour 
fe  communiquer  avec  ces  mêmes  Ouvriers. 

Enfin  j'avoiie  que  je  n'aurois  pas  ofé  entreprendre 
un  ouvrage  de  cette  étendue  fans  la  follicitation  de 
plufieurs  perfonnes  fçavantes  dans  l'Architedure , 
qui  m'ontperfuadé  que  pour  rendre  de  quelque  uti- 
lité le  fruit  de  mes  études ,  &  de  mes  voyages  ,  je  de- 
vois  traiter  les  matières  de  ce  Livre  auflî  amplement 
que  je  l'ay  fait.  J'avoue  encore  que  fans  me  prévaloir 
de  mes  propres  forces,  j'ay  confulté  fur  les  doutes 
que  je  pouvois  avoir ,  les  perfonnes  les  plus  éclairées, 
pour  éviter  la  prévention  dans  mes  fentimens ,  qui  eft 
le  défaut  ordinaire oij  tombent  ceux  qui  fe  mêlent 
d'écrire,  &  que  je  n'ay  eu  d'autre  intention ,  que  d'ac- 
quérir par  ce  travail  une  véritable  eftime  qui  efb  la  plus 
folide  recompenfe  de  la  vertu. 


wmmÊmmmm 


LA     FIE 

L  A  VIE 

» 
D  E 

JACQUES    BAROZZIO 
DE   VIGNOLE 

ARCHITECTE  ET  PEINTRE, 

U 1  s  Qjj  E  jufqu'à  prefcnt  aucun  de 
ceux  qui  ont  mis  ce  Livre  en  lumiè- 
re ,  n'a  pris  le  foin  de  donner  une 
idée  du  mérite  de  fon  Auteur  ,   j'ay 
crû  qu'il  eftoit  à  propos  ,   ayant  re- 
cueilli de  divers  endroits  les  allions 
de  fa  vie ,  de  faire  connoiftre  que  par  Ces  emplois 
&  fcs  ouvrages  il  a  efté  un  des  plus  grands  hommes 
defaprofelîîon. 

Les  guerres  civiles  de  Milan  ayant  ruiné  Clément 
Barozzio  Citoyen  de  cette  Ville  &  d'alTêz  bonne 
famille,  ilfc  vit  obligé  à  la  quitter  Se  à  préférer  ainfi 
fon  repos  domeftiqueau  fejour  de  fa  patrie  ;  ilchoi- 
fitpour  fa  retraite  Vignole  petite  Ville  du  Marqui- 
fat  du  mefme  nom  fituée  dans  le  Territoire  de  Bou- 
logne ,  où  il  eût  de  fa  femme  qui  eftoit  Allemande, 
un  fils  qui  naquit  le  i  .  jour  d'0£bobre  Tan  i  foj. 
&  fut  nommé  Jacques  Barozzio.  Clément  ne  fur- 


m 


^m 


vefcut 


T>  E    V  I  G  N  O  L  E. 


vefcucpas  long-temps  aux  premières  années  de  cer 
enfant  ■■,  ainfi  Vignole  (pour  l'appeller  du  nom  de 
fa  patrie  par  lequel  il  eft  le  plus  connu)  eflantrefté 
fans  père,  &  n'ayant  d'autres  moyens  que  ladifpo- 
lition  naturelle  qu'il  avoit  pour  le  DefTein ,  s'en  al- 
la à  Boulogne  pour  y  apprendre  la  Peinture,  dans 
laquelle  il  ne  fit  pas  grand  progrez,  parce  qu'il  n'en 
receut  pas  d'aflez  bons  principes  i  mais  comme  il 
avoit  une  forte  inclination  pour  î'Architedlure ,  dont 
il  avoit  fait  quelques  petits  Defleins  qui  réùilifloient 
aflez  bien ,  il  refolut  de  l'embrafîer  pour  en  faire  fa 
profefïïon,  6c ayant  aquis  quelque  réputation  dans 
Boulogne  il  s'adonna  à  derfiner  d^s  Edifices  pour 
plufieurs  perfonnes,  &  principalement  pour  Fran- 
çois Guichardin ,  alors  Gouverneur  de  cette  vil- 
le qui  envoyoit  ces  Defleins  à  Florence  à  un  cer- 
tain Frère  Damien  de  Bergame  pour  en  exécuter 
les  Modèles  en  bois  colorez  comme  les  matières 
dont  on  les  vouloit  baftir.  Mais  Vignole  voyant 
quel'Architedure  ne  confiftoit  pas  feulement  dans 
les  Delîèins  ni  dans  la  lecture  dts  écrits  de  Vitru- 
ve,  &  que  l'ouvrage  par  fa  grandeur  eftoit  fort  dif- 
férent de  ce  que  l'imagination  avoit  conceu  &  de 
ce  que  les  mains  avoient  exécuté  par  ces  fortes  de 
Defleins  ,  prit  refolution  d'aller  à  Rome  pour  y  ti- 
rer des  incomparables  Originaux  de  l'Antiquité  les 
règles  de  cet  Art  qu'on  y  trouve  dans  toute  leur 
pureté. 

A  fon  arrivée  en  cette  ville  il  fefervit  de  la  Pein- 
ture pour  fubfiiter  :  mais  comme  elle  luy  produifoit 


o 


L  A    V  1  E 


peu  de  chofe  ilfemit  à  delTiner  pour  Jacques  Me- 
lighini  Ferrarois  Archirecle  du  Pape  Faul  111.  & 
après  avoir  demeure  quelque  temps  dans  cet  exer- 
cice, comme  il  y  avoit  alors  dans  Rome  une  Aca- 
démie d'Archite6liire  compofée  de  plufieurs  per- 
fonnes  de  qualité  ,  donc  les  principaux  eftoient  Mar- 
cel Cervm  qui  fut  depuis  le  Pape  Marcellî.^  les  Sei- 
gneurs Maffei  &  Mazzuoli  ,  Vignole  le  donna 
au  fervice  de  cette  compagnie  à  qui  il  le  rendit  fort 
utile  pour  mettre  aunetlesrefolutions  quiyavoient 
efté  arrêtées  fur  les  difficultez  de  l'Art,  &àme- 
furcr  &  deliiner  les  anciens  Edifices  de  Rome: 
cette  pratique  le  fortifia  dans  le  bon  gouft  &  luy 
fit  prendre  la  manière  antique  à  laquelle  il  s'at- 
tacha de  telle  forte  qu'il  ne  s'en  elt  jamais  écar- 

îc.  .  . 

Il  arriva  enfuite  que  François  Primatice  Archi- 
tecle  &  Peintre  Boulonois,  qui  efloit  venu  en  Fran- 
ce au  fervice  de  François  Premier  ,  fut  renvoyé 
à  Rome  l'an  1^37.  avec  ordre  d'acheter  des  Statues 
antiques,  &  de  faire  mouler  les  plus  belles.  Vigno- 
le s'y  trouvant  pour  lors ,  Primatice  fe  fervit  de 
luy  dans  fesentrepnfes,  &  l'ayant  reconnu  pour  un 
homme  intelligent  &  d'exécution  ,  luy  propofa 
de  venir  en  Fiance  ,  ce  qu'il  accepta  volontiers. 
Pendant  deux  ans  qu'il  y  refta,  il  le  fecourut  dans 
tous  fes  Ouvrages  &  luy  aida  à  jetter  en  bronze 
ces  Antiques  qui  font  à  Fontainebleau.  Outre  plu- 
fieurs Pc  rfpedtives  qu'il  fit  dans  le  mefme  lieuoù 
le  Primatice  peignit  des  Hiftoires  ,  il  dellina  des 


T>  E    V  I  G  N  O  L  E. 

baflimenspourleRoy,  dont  les  Guerres  empefche- 
rent  Texecution.  On  tient  qu'il  adonné  un  Defîein 
de  Chambor;  mais  il  n'y  a  pas  d'apparence  que  ce 
Ibic  celuy-là  qui  ait  efté  exécuté,  parce  quel' Archi- 
te£ture  de  cette  Maifon  Royale  n'a  nul  raport  à  l'An- 
tique que  fuivoit  noftre  Architecte  :  aufll  dans  fon 
Livre  de  Perfpe(Sl:ive  où  il  parle  du  fameux  Efcalier 
de  ce  Chafteau  5  il  ne  paroit  point  y  avoir  eu  de  part 
non  pas  mefme  à  l'exécution. 

Il  retourna  enfuite  à  Boulogne  pour  s*acquiter  de 
la  parole  qu'il  avoit  donnée  au  Comte  Philippe 
Peppoli  Prefident  de  la  Fabrique  de  faint  Pétrone 
pour  travailler  à  l'Eglife  :  le  Deflein  qu'il  en  donna 
fut  tellement  approuvé  de  Jules  Romain  Peintre 
fameux,  &  de  Chriftophe  Lombard  Archite£l:e  du 
Dôme  de  Milan,  qu'ils  le  confirmèrent  parleurs  fi- 
gnaturcs,  &  Vignole  dans  cette  occafion  triompha 
de  l'envie  de  Tes  compétiteurs  qui  tafchoient  de  le 
traverfèr.  Pendant  Ton  fejour  dans  cette  ville  il 
fit  le  Portique  de  la  Façade  du  Change  ,  il  baftit  à 
Minerbio  le  Palais  du  Comte  Alamano  Ifolano  5c 
la  maifon  del  Bocchio  d'une  invention  particu- 
lière, &:  acheva  le  Canal  du  Navilio  jufques  dans 
Boulogne  qui  en  eftoit  encore  éloigné  de  plus 
d'une  lieuë.  Ayant  elle  mal  fatisfait  de  ce  tra- 
vail, quoy  que  fort  utile  ,  il  s'en  alla  à  Plaifance 
ou  il  donna  le  Deffein  du  Palais  du  Duc  de  Par- 
me ,  &:  après  avoir  commencé  l'ouvrage  il  en  laif- 
fa  la  conduite  &  les  Dcileins  chifrez  pour  en 
pourfuivre  la  continuation  à  Hiacinthe  Barozzio 


O    11 


L  A    V  1  E 


fon  fils  qui  eiloic  déjà  eneftat  de  le  foulager  dans  fes 
travaux. 

Après  avoir  fait  une  fort  belle  Chapelle  dans 
l'EgHTe  de  laint  PVançoisàPerouze,  &  après  avoir 
baiH  TEglife  de  Mazzano,  celles  de  faintOrefte  & 
de  Noftre-Dame  des  Anges  à  Aillfe  &  plufieurs 
Maifons  pour  des  particuliers,  il  revint  à  Rome  où 
le  Vazari  l'ayant  produit  au  Pape  Jules  III.  qui 
l'avoit  connu  pendant  Hi  légation  à  Boulogne ,  il 
fut  fait  Architecte  du  Saint  Pcre  Tan  du  Jubilé 
iffo.  il  baftit  la  Vigne  [ules  hors  la  porte  delPo- 
polo  ,  qu'il  enrichit  de  Fontaines  ingenieufes  pour 
i'ufage  &  l'ornement  de  cette  belle  maifon,  il  fît  le 
corps  de  logis  fur  l'entrée  &  le  petit  Temple  dédié 
à  faint  André  fur  la  voye  Flamine  au  Faux-bourg 
dcl  Popolo.  Depuis  la  mort  de  Michel-  Ange ,  il  fut 
le  reilc  de  fa  vie  Architecte  de  l'Eglife  de  faint 
Pierre  y  S>z  les  quatre  petits  Dômes  qui  accompagnent 
le  grand,  dont  il  y  en  a  deux  d'achevez,  font  faits 
fur  fon  Dcfîèin. 

Enfin  le  Cardinal  Alexandre  Farnéfe  connoif- 
fant  fon  mérite  le  préféra  à  tout  autre  pour  l'exécu- 
tion de  fes  magnifiques  entreprifes  :  il  acheva 
la  Face  de  fon  Palais  du  collé  du  Tibre,  &  fit 
la  Galerie  qui  a  eflé  peinte  parlesCaraches,  la  fenê- 
tre du  balcon  de  l'entrée  fur  la  place ,  plufieurs 
portes  ,  des  manteaux  de  cheminées  ,  &  des  orne- 
mens  dans  les  appartemens  -,  &  ce  Cardinal  ef- 
tant  Chancelier  luy  fit  faire  la  Porte  de  Saint 
Laurent  in  Damaffo  ,   &  un  Defîein   pour  celle 





M»^ 


"D  E    V  I  G  N  O  L  E, 


de  la  Chancellerie  qui  n'ajamais  efté  exécuté. 

La  Compagnie  de  Jefus  ayant  efté  favorable- 
ment receuëSc  eftablie  dans  Rome  par  le  Pape  Paul 
m.  le  Cardmal  Alexandre  Farnefe  fon  neveu  fît  ba- 
ftir  pour  les  Pères  de  cette  focieté  l'Eglife  de  leur 
maifon  Profeflè  dédiée  au  faint  Nom  dejefus.  Vi- 
gnole  fit  voir  la  capacité  dans  cet  ouvrage  j  le  grand 
Ordre  qui  eft  Compofite  eft  de  mefine  qu'il  l'enfei- 
gne.  Il  fit  aulîi  le  Deflein  d'un  Portail  qui  n'a  point 
efté  mis  en  œuvreàcaufe  de  fa  mort,  &  n'éleva  l'E- 
difice que  jufques  à  la  corniche.  Jacques  de  la 
Porte  fon  élevé  fit  la  Voûte,  le  Dôme,  le  Portail , 
la  Chapelle  de  la  Vierge  &  les  Autels ,  &  cette  Eglife 
fut  achevée  l'an  du  Jubilé  1 5-7  f. 

Entre  quantité  d'ouvrages  tels  que  l'Oratoire  de 
faint  Marcel  ,  la  Chapelle  de  l'Abbé  Riccio  dans 
l'Eglife  de  fainte  Catherine  des  Cordiers ,  celle  de 
fainte  Anne  au  Faux-bourg  Pie  ,  &  plufieurs  autres 
dans  l'enceinte  de  la  Ville  de  Rome  &  aux  environs  , 
le  plus  confiderable  Edifice  qu'il  ait  baftieftleChaf- 
teau  de  Caprarolle,  à  huit  ou  dix  lieues  de  la  Ville. 
Ce  fut  en  cette  occafion  que  le  Cardinal  Farnefe  luy 
donna  lieu  d'exercer  fon  génie  &  fon  expérience. 
Quoyque  cette  Maifon  foit  pentagone  auififîngu- 
liere  par  fa  figure  que  par  fa  fcituation  fur  une  col- 
line entourée  de  vallons,  elle  ne  laifte  pas  d'eftre 
commode  &  en  belle  expofition  :  la  Cour  en  eft 
ronde ,  &  communique  à  quatre  appartemens  à  cha- 
que eftage ,  avec  une  grande  Loge  fur  le  devant ,  par 
deux  Portiques  circulaires  l'un  fur  l'autre  couverts 

9  ly 


L  A    V  I  E 

wmmmÊÊÊmmmÊmmmÊÊiÊÊÊmmmÊÊÊÊmmmmÊÊmmmmmimmmaÊiÊaÊaamiÊmaÊÊÊÊÊÊÊmàÊm 

d'une  plate-forme  -,  les  Ecuries  &  les  Cuilîncs  font 
leparécs  du  corps  du  baftimentquiparoilluneFor- 
terefîe  au  premier  afpecl- ,  &  néanmoins  c'ell  un  Pa- 
lais que  des  Ordres  fort  réguliers  didinguent  de  la 
manière  des  vieux  Châteaux  qui  relie aibloient  plu- 
toft  à  des  prifons  qu'à  ces  Maifonsdeplaifance  ,  & 
les  Peintures  de  l'hiftoire  allégorique  de  la  Maifon 
Farnéle  des  fameux  Thadée  &  Frédéric  Zuccaro 
achèvent  la  magnificence  de  cet  agréable  féjour. 
Il  y  a  plufieurs  perfpeclives  de  Tinvention  &  du  pin- 
ceau de  Vignole  ,  il  eftoit  fort  entendu  dans  l'Op- 
tique qu'il  avoit  apprife  dés  fa  jeunefle ,  &  cette  con- 
noifîance  lu  y  a  voit  donné  une  grande  ouverture 
pour  l'art  de  baftir,  il  en  a  compofé  un  traité  dont 
Hiacinthe  Barrozio  donna  les  mémoires  au  Père 
Ignace  Panti  Dominicain  Profelîeur  de  Mathéma- 
tiques qui  l'a  mis  au  jour  avec  des  Commentaires 
l'an  1583. 

Le  Baron  Berardino  Martirano  eftant  arrivé  à 
la  Cour  d'Efpagne  pour  fes  affaires  particulières 3 
le  Roy  Philippe  Second  qui  le  connoiflbit  pour 
un  homme  éclairé  dans  les  Arts  plus  qu'aucun 
autre  de  fa  qualité  luy  donna  ordre  de  faire  tra- 
vailler par  toute  l'Italie  des  "  Architcdles  pour  un 
Deflein  de  l'Eglife  de  faint  Laurent  de  l'Efcurial , 
il  y  en  eut  à  Gènes  de  Galeazzo  Alefli ,  à  Milan  de 
Pellegrino  Thibaldi  ,  à  Venize  d'André  Palladio, 
&  un  de  l'Académie  du  Deflein  de  Florence  ,  ou-  I 
tre  un  autre  que  le  grand  Duc  fit  faire  à  Vincent 
Danti  qu'il  envoya  en  main  propre  au  Roy  :  enfin 


<D  n    V  î  G  N  0  L  E. 


ce  Seigneur  ayant  jufques  à  vingt  deux  DcfTcins 
de  differens  Archite£les ,  il  les  donna  à  Vignole 
qui  en  fie  un  fi  beau  ,  aidé  des  penfées  des  ancres, 
qu'il  fut  le  plus  agréable  à  Philippe  IL  &  à  tou- 
te la  Cour ,  ce  qui  fut  caufe  que  ce  Seigneur  luy 
propofa  des  conditions  avanrageulcs  &  des  ap- 
pointements confidcrables  pour  l'engager  au  1er- 
bice  du  Roy  Catholique  :  il  fit  ce  qu'il  peut  pour 
le  faire  venir  en  Efpagne  &  lui  faire  exécuter 
l'ouvrage  j  mais  V^ignole  le  remercia  .  autant  à 
caufe  qu'il  eftoit  trop  âgé  ,  que  parce  qu'il  travail- 
loit  avec  afrea:ion  à  TEglife  de  faint  Pierre  ,  auiïï 
l'on  ne  fuivit  pas  fonDeiîein  -,  car  on  tient  que  c'eil 
Louis  de  Foix  Parifien  qui  a  bafti  cette  Maifon 
Royale. 

Le  Pape  Grégoire  XI IL  &  le  Duc  de  Floren- 
ce ,  ayant  quelques  differens  pour  les  limites  de 
leurs  Éllats  dans  le  voifinage  de  Citta  di  Caliel- 
lo  ,  Vignole  fut  député  de  la  parc  de  fa  Sainteté 
pour  les  régler  ;  il  s'acquitta  de  cette  commifTion 
avec  la  fatisfaclion  du  faint  Père  ,  &  eflant  de  re- 
tour après  s'eflre  promené  plus  d'une  heure  avec 
ce  Pape ,  en  luy  rendant  compte  de  l'affaire ,  il 
prit  congé  de  fa  Sainteté  pour  aller  le  lendemain 
à  Caprarolle  i  mais  la  nuit  il  fut  furpris  de  la 
fièvre,  &  fa  maladie  dura  depuis  le  premier  jour 
de  Juillet  jufques  au  feptiéme  qu'il  mourut  ,  l'an 
15-73.  ^§^ ^^  foixante  &  lix  ans.  Son  corps  fut  ho- 
noré d'une  Pompe  funèbre  par  les  Académiciens 
du   Deflein   qui  raccompagnèrent    à  l'Eglife  de 


LA  VIE  T>E  VIGNOLE. 


■p 


iainte  Marie  de  la  Rotonde  ;  eftant  ordonné  par 
une  fecrette  providence  que  le  plus  célèbre  Ar- 
chitefl'c  de  Ton  temps ,  fufl  enterré  dansleplus  beau 
&le  plus  magnifique  Edifice  du  monde. 


■m 


TABLE 


TABLE 

DES 

TRAITEZ  ET  FIGURES 

o  u 
PLANCHES   DE  CE   LIVRE. 

PREMIERE    PARTIE. 


p 


R  E  F  ACE    pour  fêrvir  dlntrodLi£l:ion  à 
rArchite6lure. 


LJ  VIE  de  Vignole. 

T  RE  F  ACE  de  Vtg7iole. 

FI  G  UR  E  S  des  Principes  de  la  Géométrie.  Flan- 
elle t  page  j. 

T>ES  MOULURES  -i  &  de  la  manière  de  les  bien 
profiler,  p.j.  PI.  A. p.  iij. 

^es  Ornemensdes  Moulures,  p.  vj,  PI.  B.  p.  vij. 
T^u  choix  des  Profils,  p.x.  PI.  C.  xj. 
DES  CINQ^ORDRES  EN  GENERAL. 
pag.  I .  Planche  i .       - 

"DE  VORDRE  TOSCAN.  p.6.P1.2. 
Portique  Tofcanfans^iedefial.  p.  lo.  PI.  3. 
Portique  Tofcan  avec  Tiedeftal.  p.  1 2 .  PI  4. 
Tiedeftal&  Bafe  Tofcane.  p.  14.  PI.  f. 
Chapiteau  &  Entablement  Tofcans.  p.  1 6.  PI .  <>. 


u 


TABLE  DES  TRAITEZ 


■ 
i 


"DE  VORTDRE  'DORI^E.p.i'è.^Vy. 

ToniqîieT>oriquefa?is  Tiedeftal.  p.  24.  PI.  8. 
Tortrqtie  dorique a'vecTiedeftal.  p.  26.  PI.  p. 
Tiedeftal&  Bafe T>orique.  pag.  2  8 .  PI.  1  o. 
Entablements  '^Doriques,  p.  3  o.  PI.  1 1 .  p.  3  2 .  &  PI.  1 2 . 
'Plafonds des Corniches^oriques.'^.l^.  PI.  13. 6^14.. 

"DE  L'ORT>RE  IONIQUE. p.^ô.Flis. 

Tortiqiie  Ionique  fans  Tiedefial.  p.40.  PI.  i(5. 

T  or  tique  Ionique  avec  Tiedeftal.  p.  42  •  PI- 1  /• 

Tiede(lal-i  Baje  &  Impofte  Ioniques,  p.  44.  PL  1 8 . 

Entablement  Ionique,  p.  46,  PI.  19. 

Chapiteau  Ionique,  p.  48.  PI.  20. 

Manière  de  tracer  la  l^olute  Ionique,  p.  50.  PI.  2 1« 

Autre  manière  de  tracer  la  Volute  Ionique,  p.  5  2.  PI. 


22. 


Defcription  de  la  Volute  de  Goldman .  p .  5-4 .  PI .  2  3 . 
'DE  L'OR'DRE  CORINT HIEN.ip.  s<^. 

PI.  24. 

Tortiquc  Corinthien  f ans  Tiedeftal.  p.  60.  PI.  ^  f- 
Portique  Corinthien  avec  Tiedeftal.  p.  62.  PL  26. 
Tiedeftal  &  Bafe  Corinthienne,  p.  64.  Pi.  2  7. 
Tian  &  profil  du  Chapiteau  Corinthien,  p.  66.  PI.  2  8  • 
Chapiteau  &  Entablement  Corinthiens,  p.  7  o.  PL  29. 

T>E  L'ORDRE  COMTOSTTE.p.yz.Fl^o. 

T  or  tique  Compofitefans  Tiedeftal.  p.  76.  PL  3 1. 
Portique  Compofite  avec  Tiedeftal.  p.  7  8.  PL  32. 


ET  DES  FIGURES. 


Tiedeftal&  Bafe  Compofite.  p.  80.  PI.  3  3 . 

Tlan  &  profil  du  Chapiteau  Compofite.  p.  gi  -PL  3+- 

Chapiteau  à'  Entablement  Compofites.  p.  84..  Plane. 

3  f- 
Tlcifonds  des  Corniches  Corinthienne  &  Compofite. 

p.  88.  PI.  36. 

Impofies Corinthienne,  &  Compofite.  p. 92. 11. 37. 
Chapiteaux  Antiques  &  Bafe  Attique.  p.p6  &  99. 

PI.  38.  „. 

Manières  de  diminuer  les  Colonnes,  p.  1 00.  PI.  3  9. 
"DefcriptiondelapremiereConchoïdedes  Anciens,  p. 

10+.PI.40. 
Manière  de  torfer  les  Colonnes,  p.  106.  PI.  41 . 
T>es Colonnes  torf es orfiées.  p- 1 10.  PI-42. 
Entablement  de  Couronnement-  p.  1 1 2 .  PI.  43 . 

©£5'  TORTES  EN  GENERAL,  p.  114- 
PI.44.A.P.  117. 

Torte Ruflique d'Ordre Tofcan.  p.  1 2  2 . PI. 44.  B. 
"Forte  pour  le  Talats  de  la  Chanceler le.  p.  124.  PL 

45". 
Torte  du  Château  de  Caprarole.  p.  1 2  6.  PI.  46. 
Torte  de  l'Eglife  de  ^'.Ltf//r^«r  inDaniafo.  p.  128. 

1P1   4.7 
Torte  du  Salon  duTalaisFarnéfie.  p.  130.  PL  48. 

^DEJJ'  FENESTRES  EN  GENERAL. 
p.  132.  PL  49. 

Feneftredu Talats Sachetti.  p.  142. PL  50. 
Fenefîrede  Fignole,  p.  144.  PL  fi. 


\ 


^ 


^TABLE  DES  TRAITEZ 


J 


T>ES  NI  CHES  EN  GENERAL,    p.  1^6. 

PI.   f2.  &  p.  14.9. 

Niches  en  Retables  d'Autels,  p.  1 5-4.  PI.  5-3. 
Niche  du  Salon  de  Clagni.  p,  i  ^6.  PI,  5-4. 

T>ES  CHEMINE'ES   EN    GENERAL 
p.  158.  PI.  ff. 

Cheimnée  du Talals  Farnéfe.  p.  16^.  PI.  '^6. 
Grandes  Cheminées  pour  Salles  &  G  aller  les.  p.  i  ^^. 

PI.  57. 
Moyennes  Cheminées  pour  les  Chambres.  ^0.16%,  PI 

58. 

T  élites  Cheminées  pour  les  Cabinets,  p.  170.  PI.  5-9. 

D£    L^   DISJRIBVriON  DES  PLANS  ET  DE  LA 
DECORATION  DES  FAÇADES,  p.  172. 

Tla7î  des  Offices,  p.  1 74.  PI.  60. 

'Plan du ReZ'de-Chauffée.  p.  \j6.  PI.  ^i . 

Plan  du  premier  Etage,  p.  1 80.  PI.  62 . 

Elévation  du  grand  Corps  de  Logis,  p.  1 82.  PL  61 . 

A. 
Elévation  d'une  des  Ailes  &  Coupe  du  grand  Corps  de 

Logis,  p.  184.  PI.  63.  B. 
Explication  de  la  Charpeiiterie.  p.  1 8  (5.  PI.  64.   A.  & 

64.  B. 
T^elaT^ecoration  des  Jardins,  p.  190.  PI.  d^'.  A.  &: 

p.  200.  PI.  65".  B.. 


wmÊÊmmmmÊsmmmmammmKmmmmmmmÊmmmimm 


ij 


ET  DES  FIGURES. 


"DE  LA  MATIERE  ET  T>E  LA  CONS- 
TRUCTIOR  'DES  EDIFICES.  ^.201. 

Des  Tierres  propres  à  bâtir,  p.  202 . 

Des  Marbres  &  de  leurs  différentes  couleurs .  p .  2  o 5? . 

De  la  Liai f on  des  Tierres.  p.  2 1 3 . 

De  VU  (âge  du  Fer  dans  les  Baftimens.  p.  2 1 6.  PI.  6  f . 

C.&6f.D. 
Des  Bops  qu'on  employé  dans  les  Baftimens.  p.  22  o. 

DE  LA  COVrERTVRE  DES  COMBLES.^.iii. 

Du  Tlomb.  p.  224. 

Du  Cîiivre.  p.  225. 

De  l'Ardoife.  p.  Ibidem. 

DelaTuile.  p.  226. 

Des  J^ ITRES.  p. 227. 

De  la  Teinture  oulmpreffiondans  les  Baftimens.^. 

228. 
DE  LA  CONSTRUCTIONDES EDIFICES. 
p.231. 

De  la  manière  de  planter  les  Bàtimens.  p .  Ibidem. 
Des  Fondemensdes  Edifices,  p-  2  3  3  • 
De  la  Coupe  des  î*/>rr<?j-.p.2  36.PL<5(j.  A.&dd.B. 
p.  241. 

REMARmjES  SUR  §UEL^ES  B ASTI- 
MERS  DE  FIGNOLE,  p.  245-. 

De  VEglife  de  Saint  André  à  Ponte-Mok.p.  246. 
PI.  6j. 


• 


U  JIJ 


TABLE  DES  TRAITEZ 

I    iJedans  de  l'Eglife  de  S.  André,  p.  2  48 .  PI .  6  8 . 
^Dt'  l'Egiife  du  Grand  Jejî'i^  à  Rome.  p.  2  5'o.  PI.  6p. 

&70.  .  ^ 

De  la  Vigne  du  7ape  Jules  a  Rome.  p.  2  5'4,  PI.  71. 
^Du  Château  de  Capraroky  ô-c.  p.  2  56.  PI.  72. 
Elévation  du  Château  de  Carparole*  p.  2  fp .  PL  73 . 


SECONDE     PARTIE. 

np  REFACE  SUR  LA  VIE  ET  SUR  LES 
^  OUVRAGES  DE  MlCHEL'ANGE.^.î6i. 

TorteduTeupleàRome.  p.  2 68. PL 74. 

TorteTie^  à  Rome.  p.  270.  PL  7  f. 

'Porte  de  la  Vigne  du  Patriarche  Grimani  à  Rome,  p . 

Profils  de  s  Tort  es  ditTeuple  i  Pie^  &  Grimani.  p. 

274. PL  77. 

Porte  de  la  Vigne  du  Cardinal  Sermonette  à  Rome. 

p.  276.  PL  78. 
Porte  de  laVigneduT^uc  Sforce^  a  Rome.  p.  278. 

PI.  79. 

Profils  desPortes  Sermonette&  Sforce.^.2%Q>^V%o. 

Le Capitole ?noderne de Rome^irc  P.282.PL81.&82. 
porteprincipale duCapitole.  p.  2 86. PL  83. 


ET  DES  FIGURES. 

Tortefous  le  Tortique  du  Capitale,  p.  2  8  8 .  PI.  84. 

Feneftres  à  Balcon,  duCapitole,  p.  290.  PI.  8f. 

Chapiteau  Ionique  de  Michel- Ange  au  Capitale,  p. 
292.  Pi.  86. 

BASES  &  Chapiteaux  Corinthiens  ^  de  feiiilles 
dAchante  &  d'Olivier,  p.  2^^.  PL  87. 

Ba[es  &  Chapiteaux  Compofites-,  de  feuille  s  de  Terfd 
érdeLaurier.  p.icfô.FlSS. 

Bafes  Compofees  &  Chapiteaux  Symboliques,  p.  25)8. 
PI.  85?. 

Cannelures  rudentées  &  ornées,  p.  300.  PI.  90. 
COLONNE  avec diver/es bandes,  p.  302.  PI. 91. 

T)ifpo/itions  de  Colonnes  &  de  Tilajlres.p.^  04.PI.9  2 . 

T>iverfes  Efpeces  de  Colonnes  extraordinaires  & 

fymholiques.  p.  306.  PI.  93- 
T>iverfes  Efpeces  de  Tiedeftaux  extraordinaires,  p. 

312.Pi.94- 
Divers  Balujires  d'Apui.  p.  3.T  8 .  PI.  9  f  ► 

"Divers Entrelas d'Apui.  p.  324.  PL  9^- 
Diverfes Efpeces  de  Boffages.  3  2 6.  PI.  ^f. 
Entablemenspour  les  Façades ,  &  Corniches  pour  les 
Apartements.p.  3 2 8. Pi. 98» 


TABLE  DES  TRAITEZ,  S^c. 


"^m 


DES  COMPARTIMLNS  EN  GENERAL,  p.  3  3  5. 

T)es  Compartimens  des  Murs  de  face,  p .  3  3  (>. 

'Bes  Compartimens  des  Lambns.  p.  3  3  8.  PI.  5?p. 

T)es  Compartimens^  Ajfemblages^  &  profils  de  Me- 
nuiferie.  p.  340.  PI.  100. 

^es  Compartimens ,  des  Voûtes  &  Tlafondsp.  3  42 . 
PI.  lOI. 

"Bes  Compartimens  du  pavé.  p.  348. PI.  102.  &  103. 
P-3  5'3- 

AVERTI  SSEMENT.p.^S^. 

EXPLICATION  DES  TERMES  D'ARCHITECTVRJE, 
p.  $5i.&c. 


m 


TABLE 


TABLE 

DES    MATIERES 
contenues  en  ce  Livre. 

A 

Ai^ANT  HE  :  Tes  Efpeccs  &  fon  Ufage  dans  les  Chapiteaux, 
Page  25?4- 
Acouplement  des  Cûlonnes  :  défaut  dans  le  Dorique ,  avec  exem- 
ple. ;?■  zo.  comme  fe  doit  faire  celuy  des  Pilaltres  avec  les  Co- 

lonH€3-2I. 

jicrsteres ,  leurs  proportions./?.  2 7  2  •  ont  donné  origine  aux  Ba- 
luftrades.  518. 

Aires  y  comment  pavées  chez  les  Anciens-  p.  5  50.  comment  el- 
les le  font  aujourd'huy,  551.  é-c  celles  de  Plâtre  &  de  gyp 
pour  les  Planchers.  552. 

^//^'^j  dans  lesjardins:  leurs  efpeces,  &  moyens  de  les  confer- 
ver-/?.  195-  leurs  largeurs  &  leurs  iflfuës.  1 94- 

Amphithéâtre  ou  Arènes  de  Ntfmes ,  autrefois  Coloniedes  Ro- 
mainsen  Languedoc  :  fon  Tofcan  trop  ruftique./?-  8. 

Amphithéâtre  de  Pôle  en  Dalmatie-  Ibidem. 

Amphithéâtre  de  Vérone  en  Italie  :  confufion  de  fesBofTages. 

Apareil,  ce  qui  contribue  à  fa  beauté-;?.  557.  pratique  pour  fa 

propreté-  Ibidem- 
Apartement  ,   fa  diftribution-  p.  178-  quel  eft  le  moindre. 

ArbriJfeaHx,  ceux  qui  conviennent  aux  Parterres-  ;>•  1 9 1  - 
Arc  de  Conftantin  à  Rome  :  proportion  de  fon  piedeftal-  p. 
64.  difproportion  de  fon  Impofte-  91.  Ô^Bafe  de  fon  Co- 
rinthien. 99- 


aa 


TABLE 


fÊÊÊt 


u4rc  des  Banquiers  y  vulgairement  dit  des  Orphevres  dans  le 
Marché  Romain  :  confufîon  de  Tes  ornemens.  p.  1X.&75. 

j4rc  de  Gordien  i  aUtren:ient  Vylrcdes  Portugais  dans  le  cours 
à  Rome:  quand  &  pourquoi  démoli.  /?.  124. 

Arc  de  Jamsy  à  Rome:  difproportion de fes Niches,  p.  148. 

Arc  de  Septime  Severe ,  à  Rome  :  proportion  des  Clefs  de  fes 
Arcades  p.  6i.  de  Ton  piedeftal.  64.  de  fon  Ordre.  75. 
de  Ton  Chapiteau.  %z.  difproportion  de  fon  Importe.  92. 

Arc  de  Titm  ,  dans  le  Marché  Romain  :  proportions  des 
Clefs  de  fes  Arcades,  p,  61.  de  fon  Piedeft.1l.  64.  8c  8o.de 
fon  Ordre.  75-  beauté  de  fon  Chapiteau.  82.  relief  de  fa 
Frife.  84.  fes  Modillons  extraordinaires.  88.  fes  Niches. 

154. 
Arc deTrhfvpbe y^Vâvls  :  proportion  de  fon  Piedeftal.  p.  6\. 
Arcades ,  leurs  proportions  ordinaires,  p.  10.  &  40.  abus 

touchant  les   Arcades.  76.  réfutation  de  ce  que  dit  Sca- 

mozzi  touchant   les  piliers  des  Arcades  de  Vignole.  78. 

usages  contre  la  folidité  fur  ce  fujet  dans  des  Palais  &  Ba- 

filiques.  ibidem, 
yirchi[cB:e  y  les  qilaîitez  requifes  pour  le  rendre  accompli, 

Fref.icey  doit  ((javoir  l'Hiftoire.  p.  58.  $11. 

ArchiteEles^ScîiîpUurs&  Peintre  s^  dont  le  s  N^ms  & 
quc'lquesOuvragesfont  rapportez  dans  ce  Livre. 

Léon  Baptiste  Alburti  Florentin,  Architede 
qui  a  écrit  de  l'Architedtive  :  mutulcs  de  fon  Dorique. 
/>.  52.  fon  opinion  fur  la  conftrudion  des  Voûtes  dçs  An- 
ciens, p  545. 

Jacques  Androuet  dit  nyj  Cerceau,  Architcfte  :  fon 
goût  pour  l'Architeftare  dont  il  a  écrit.  Préface. 

Michel  Anguieru  ,  Sculpteur  François  a  travaillé  au  Val  i 
de  Grnce.  p.  i  io. 

J  ô  s  t  T' H  d' A  R  p  I N ,  Chcvalierde  S.  Michel ,  a  peint  dans  le 
Cspitole  p.  285. 


DES    MATIERES. 


Daniel  Barbaro  ,  Vénitien  Patriarche   d'Aquilée  ,  qui  a 
ti  aduit&  commenté  Vitruve  :  défaut  de  fa  Frife  Dorique. 

HiAciNTE  Barrozio,  Filsdc Vignolc ,  Architedc.  P'ie  de 
f^ignole. 

Pierre  Beretini  de  Cortone,  Peintre  &  Architecte  : 
fon  goût  pour  l'Archicedure.  Préface. 

Jean  Laurent  Bernin  Napolitain,  Chevalier  de  l'Ordre 
deChrift,  Architecte,  Sculpteur  &  Peintre  Tous  pluiîcurs 
Papes  :fes  Ouvrages  raportez  dans  ce  Livre.^.  25.  iio.  13(5. 
248.  &  258. 

François  Blondel,  Profefleur  d'Architedure  &  Maifîre 
de  Mathématique  de  Monfeigneur  le  Dauphin  :  fon  opinion 
furl'Architeduredontilaécrit./?.  4.  il  a  mis  en  ufageTIn- 
ftrumentdeNicomede.  104. 

François  Boromini,  Romain,  Chevalier  del'Ordrede 
Chrift,  Architecte  &  Sculpteur,  fon  goût  pour  T  Architeftu- 
re.?rf/<«c^.fes  Niches  à  S.Jean  de  Latran.;?.  154-  a  bafliSan- 
Carlino  aux  quatre  Fontaines  à  Rome-  248. 

Abraham  Bosse,  Graveur,  quia  écrit  de  l'Architedure, 

a  cherchéle  trait  de  la  Volute  Ionique.^.  50.&amisaujourles 
Oeuvresdu  Sieur  Defargues.  242. 

Bramante  Lazeri  d'Urbin,Architefle  de  la  Fabrique  de 
S-  Pierre  fous  plufieurs  Papes  :  fa  manière  de  Profiler.  Pré- 
face, a  bafti  laChancelerie  deRome. /?.  23-&  124.  Com- 
pétiteur de  Michel-  Ange-  265. 

Jacques  de  Brosse,  Architede  du  Roy  :  fon  Tofcan  à 
Luxembourg./?.  S.  Et  fon  Portail  de  S.  Gervais.  20. 

Jacques  Bruand  Architede  du  Roy  :  comme  il  a  traite  le 
Dorique./>-2i. 

Libéral  Bruand  Architefle  du  Roy ,  adonné  le deiTein 

de  l'Hôtel  Royal  des  Invalides.  />.  521. 
Jean  Bulan  Architede  ,   fon  goût  pour  l'Architeélure. 
Préface,  fes  Triglyphes./».  5 2 .  Et  ia  Bafe.  44. 

Pierre  Bullet  Architecte  du  Roy  ,  a  bafti  la  Porte 


a  a  ij 


TABLE 


de  faint  Martin  à  Paris.;.  9-  ,„r  j  /i  • 

CALLiMACHus,Sculptear  Athénien firmommel  Induitrieux, 

a  inventé  le  Chapiteau  Corinthien.  ;?.  56. 
Les  Carraches,  fameux  Peintres Bolonnois.r/<r^f^i;«o/f. 

Hannibal  a  peint  dans  le  Palais  Farnéfe.  Ibid.  ^p.    1  64. 
Pierre  Cataneo  Siennois,  Architeâe  qui  a  écrit  del'Ar- 

chite(ftare;SeaateurdeVitruve.;.  44.        ,    .     ,    ,,^     ,. 
RoLAKDFREARTSr.DECHAMDRAY,  quiaectit  dc  l  Archi- 

tedure  :  fa  divifion  des  Ordres.  Préface. 
Vincent  Danti  Architeae  duGrandDuc  deTofcane  ,  a 

faitunDelfein  pourTEfcuriaL/'^'t^f  ^/^«o/^. 
François  Derrand  JefuitequiaécritderArchiteaure;elti- 

mépourlaCoupedespierres.;?.  242.  ^    . 

Girard  Desargues  Lyonnois,  Géomètre,  quia  écrit  du 

Trait  &  de  la  Perfpedtive  :  pourquoy  peu  intelligible  aux 

Ouvriers./?.  241.  ■    /    •    j 

Antoine  Desgodez  Parifien  ,  Architede,  quiaecritde 
l'Archineaure,  a  mefuré  les  Edifices  Antiques  de  Rome. 

p.  46.  6^84.  -        ■   ^       ,r        J 

Louis  de  Foix  Parifien,  Architede  de  l'Efcunal.  K;f  de 

F'tonole,  »     t»  r 

Martin  des  Jardins  de  Breda  Sculpteur  du  Roy,  la 

StatuePcd(.{lredeLouisleGrand.;)-5i6. 
Gabriel  le  Duc,  Architede,  (es  Colonnes  du  Val  de  Gra- 

DominIque  Fontana  deMilienLombardie,  Architefte 

fous  Sixte  V.  à  Rome.;.  124. 
Galeasso  Alessi,  Architede  Génois,  a  fait  im  DefTein 

pourrEfcuria!.Ke^fA"?^«o/<?- 
François  Girardon  deTroyes,  Sculpteur  du  Roy ,  Ion 

Chapiteau  François. p.  298.  Sa  StaiiieEqueftre  de  Louis  le 

Grand.  31 5.  ,, 

Nicolas  Goldman  Holandois.  Geometre,Inventeurd  u- 

neVoluteTonicjue./?.  50.&  54. 
Mathurin  Jousse  de  la  Flèche  en  Anjou  Architecte  :  a 


B 


DES    MATIERES. 


Il 


écrit  de  T  Architedurc,/?.  z  5  5.  Jugement  du  Traité  qu'il  en  a 

fjit.r- 242. 
Jules  Romain  Peintre  fameux  ,   Difciple  de  Raphaël ,  & 

Architede.  y'ts  de  Vtgnole. 
Antoine  Labaco,  Architetflcquiaécritdel'Architedure. 

Léonard  de  Vinci  Florentin,  Peintre  fameux,  Competî- 

teur  de  Michel- Ange- /)•  262. 
Christophle  Lombard,  Architcde  du  Dôme  de  Milan. 

Vte  del'''tgKole. 
Philibert  de   Lorme  ,  Abbé  de   S.  Martin  lez- Angers, 
&Architeâ:e:  fon  goût  pour  l'Archircôure  dont  il  a  écrit- 
Préface,  a  recouvré  la  Volute  Antique,  p.  50.  S'eft  trompé 
au  quatrième  Ordre  duColi(ée.64.  Et  a  le  premier  écrit  du 
Trait.  242. 
Martin  Lunghi  le  Vieux  Milanois ,  Architede  fous  Clé- 
ment VIIL/>.  282. 
Charles  Maderne  de  Cofme  enLombardie,  Architede 
de  la  Fabrique  de  S.  Pierre,  fous  Paul  V.  en  a  augmenté 
laNef;».  265.  .  . 

François  Mansart  ,  Architeéle,  (on  goût  pour  l'Archi- 

tedure- /'rf)v?cc-;?.  50. 92.  &  1x5. 
Jules  Hardoûin  Mansart,  Chevalier,  premier  Archite- 
de  &  Intendant  des  Baftimens  du  Roy  :  fes  Ouvragesrapor- 
tez  dans  ce  Livre,  jo.  8.  155-  25$.  &  3  54. 
Martel  Ange  Frère Jefuite,  Architede,  fonDoriquedu 

NoviciatdesJefuitesàParis./».  52. 
Jacques  Melighini,  Ferrarois,  Architede  du  Pape  Paul 

III.  VtedeVionoie. 
Jacques  le  Mercier,  premier  Architede  du  Roy  ;  fon 
goût  pour  l'Architedure.  Préface,  Son  Tofcan  au  Luxera- 
bourg./?.  8.  Et  fon  Chapiteau  Ionique  au  Louvre-  292. 
Michel-Ange  Bonaroti,  Peintre,  Sculpteur  &"  Archi- 
tede, quand  ,  de  quelle  famille  ,  &  oii  il  eft  né.  />•  2 (Si. 
fon  inclination  pour  le  Deffein-  Ibidem-  ù  retraite  à  Bou- 

a  a  u] 


TABLE 


logne-  i6i'  fon  Voyage  à  Rome-  Ibidem-  Il  com- 
mence Je  Tombeau  de  Jules  Second-  Ibid-  IldonneleDef- 
feinderEglilede  S.  Pierre.  2(55.  Il  fe  retire  mécontent  à  Flo- 
rence. 11  revient  à  Boulogne  &  y  travaille.  /W.  Il  peint  h 
Chapelle  Sixte. /j.  2(54-  11  retourne  à  Florence,  y  travaille) 
&:yroûtiep.tle  Siège. /^/^.  H  s'enfuit  à  Venife,  y  travaille  & 
revient  à  Ferrare.  Ibid.  Il  revient  à  Rome  &  y  peint  le  Juge- 
ment Univerfel- 265.  llachevelePalaisFarné(e&fa  tleCa- 
pitole./^^/^.Ileftfait  ArchiteétedeS.Pierre-  Ibid.  Son  Mo-- 
dcllcpour  le  Domc  préféré  à  tous  les  autres.  255-  fa  mort 
Ibid.  fa  Stature.  2^7.  fes  Obfeques  &  où  enterré.  Ibid.  Cha- 
pelle de  fon  Deflein-  3;  9. 

Pierre  Mignard  Ecuyer  &  premier  Peintre  du  Roy,  a 
peint  la  Coupe  du  Val  de  Grâce. /^.  546. 

Frax(^ois  Mochi  Sculpteur,  a  travaillé  à  la  Porte  duPeu- 
ple.;?.  268- 

Pierre  le  Muet,  Architefte  &  Ingénieur  du  Roy,  fon 
goût  pour  l'Architedure  dont  il  a  écrit. /'r<ry^îi:^. 

NicoMEDE,  Géomètre  fameux  de  l'Antiquité,  Inventeur  de 
laConchoide./>.  104. 

Sebastien  d'Oya  Architecte  de  Philippes  Second  Roy 
d'Efpagne,  a  deflîné  fort  jufte  les  Thermes  de  Diocletien- 

André''  Palladio  Vicentin  Archirede  de  la  Republique 
deVenife,  quiaécritdel'Architedure,  proportions  de  fes 
Ordres.PrfJ^ff.  fa  manière  de  profiler./?.  X II .  fon  Tofcan.  8. 
fon  Chapiteau  Corinthien- 68.  &  fes  Niches.  148.  il  a  bafli 
rEglifedeS.GeorgesàVenife.  559. 

Claude  Perraut  de  l'Académie  des  Sciences  &  Médecin 
de  la  Faculté  de  Paris ,  a  traduit  &  comment  é  les  dix  Livres  de 
Vitruve&a  écrit  de  l'Architedure. />.  48.  fon  Chapiteau 
François.  298- 

BalthazarPeruzzi  dcSiennne,  Peintre, Sculpteur  &Ar- 
chitcde,  a  bafli le  Palais  MafTimi  à  Rome./),  z 2 • 

Germain  Pilon  Sculpteur  François,  a  fait  une  Co- 


DES    MATIERES. 


lonneTorfeauxCeleftim.;?.  io8. 

Jacques  de  la  Porte  Romain,  Architede,  a  achevé  TE- 
glifedugrandJefusàRome. /^^^^e^^«o/^,  & />.  2  5ô.ab3fti 
le  Dôme  de  S-  Pierre.  2  5  5.  &  a  fait  le  grand  Perron  &  la  Balu- 
ftradeduCapitole.  285. 

François  Pri:>iatice  Bolonnois,  Peintre?^  Architefte,  a 
travaillé  pour  le  Roy  François  Premier-  f^iedef^i^nole. 

Pyrro  Ligorio,  Peintre  &  Antiquaire,  fon  Profil  du 
Tempkdela  Fortune  Vifile./?.46.  Jaloux  delagloirede  Mi- 
chel-Ange.  2(56. 

François  du  Quesnoy  dit  le  Flamand,  Sculpteur,  a  tra- 
vaille au  Baldaquin  de  S.  Pierre  de  Rome./?,  i  ro- 

Charles  Rainaldi  Romain,  Archit£c5te,  fon  goût  pour 
l'Architecture.  Pr^yiïce.  a  achevé  une  Aile  du  Capitole-  /?. 

285. 

Jean  Antoine  Rusconi  a  commenté  Vitruve- ;j.  53 (^. 

Raphaël  Sancti  du  Duché  d'Urbin,  Prince  des  Pemtres 
&:  Architede  fous  Jule?  Second  &  Léon  X.  Papes ,  quel  Pa- 
lais il  a  bafti  à  Rome-;?.  23. 

François  Salviati  Peintre,  a  recouvré  la  manierc  de  tracer 

la  Volute  Ionique./?- 50. 
Antoine  Sancallo   Architcfte  de  la  Fabrique  de  S.  Pierre 

fous  plufieurs  Papes-/'.  265. 
Julien  Sangallo  Architefte  a  commencé  le  Palais  Farnéle 

àRorae./j- 1  !4-2r  265.  ^ 

Jacques  Sansovîno  Florentin,  Sculpteur  &  Architette,  a 

bafti  la  Bibliothèque  de  Venifc.  /j-  32  -  &  54. 
Vincent  Scamozzi  Vicentin,  Architeétc  de  laRepubîi 
que  de  Venifc:  le  rang  qu'il  donne  à  fes  Ordres-  Préface.  t\ 
kurdcfinirion.  f.z.  ce  qu'il  a  baftià  Venife.  22.  fon  Cha- 
piteau Ionique.  39.  fes  Volutes-  50.  il  blâme  les  Picdeflaux 
deVignole.  64.' ion  Chapiteau  Corinthien.  68.  commc 
il  nomme  l'Ordre  Conipofite.  72.  il  reprend  Vignole  iur 
les  Jambagesde  fes  Arcades.  78.  Enroulemcns  de  fcs  Mo- 
dillons.  90.  f  s  Portes  de  Menuiferie.  121.  le  raport  qu'il 

wmmmmmiammmmmmmm 


TABLE 


r 


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fait  de  l'Architecture  au  Corpshamain.  i  52- l'es  Niches-i48* 
&  (es  Cheminées.  158- 

SiiBAiTiEN  Serlio  Bolonnois  Architede  ,  qui  a  écrit  de 
l'Architeâiure  ;  fa  manière  de  profiler-  ^.x-  proportions  de 
fonTofcan.8.  Sénateur  de  Vitruve- 44-  fon Entablement 
compolite-255. 

Perugrino  Tibaldi  Génois  Architetfle,  a  fait  un  Deflein 
pourrEfcurial.  f^tede  f^i^nole- 

Georges  Vazari  Aretin  ,  Peintre  S:  Archite<5le,  qui  a 
écrit  les  Vies  des  Peintres  :  a  travaillé  à  la  Vigne  du  Pape 
Jules. />.2  54-  &  a  fait  la  Defcription  des  Peintures  deCa- 
prarole.  260.  ' 

Jacqiies  Barrozzio  dit  Vignole,  Architede  &  Pein- 
tre-quand  né.  /^<r  /:^f/^j^«o/f. fon  inclination  pour  les  Arts. 
Ihid.  fon  voyage  à  Rome.  Il^td.  Il  s'adonne  à  une  Académie 
d'Architedure-  Ihid.  fon  voyage  en  France  ;  fon  retour 
à  Boulogne,  &:  fes  ouvrages.  /i'/W.  Il  travaille  pour  le  Car- 
dinal Alexandre  Farnéfe  ,  &  baftit  l'Eglife  du  Jésus,  /l^id. 
fes  Ouvrages  à  Rome-  lùid-  Il  fait  le  Châtea  u  de  Caprarolc. 
Il;id-  fon  deflein  pour  l'Efcurial  préféré  aux  autres.  Ilfid. 
Il  établit  les  limites  des  Etats  du  Pape  &_du  grand  Duc //'W. 
fa  mort,  &  où  enterré.  lùid- 

Jean'  Baptiste  Villalpande  Jefuite,  Auteur  delaDe- 
fcription  du  Temple  de  Saloraon  :  fon  opinion  fur  l'Ordre 
Corintliien.;;.  56.  &  lyS* 
Viola  Zanini  Padoiian,  Architede,  quia  écrit  de  l'Ar- 
chitecture; fon  Ionique  imité  de  Palladio,  p.  58.  Seélateur 
de  Vitruve.44adonné  l'idée  du  Comble  brifé.  187. 
ViTRUvE  ,  Architede  d'Augufte,  le  feul  des  Anciens  dont 
il  nous  refte  des  Ecrits  d'Architedure.  Préface-  fonopinion 
fur  l'origine  de  l'Arcliitedure.  p.  2.  fa  BafeTofcane. 8-  fâ 
manière  d'efpacerlesColonnes.  9.  en  quel  temps  il  vivoir. 
50.  fi  Bafc  Ionique.  44.  fon  Entablement.  46.  fes  Volutes 
Ioniques.  50.  fon  opinion  fur  l'origine  de  l'OrdreCorin- 
thien.   ^6-  fon  fentiment  touchant  lesEntre-colonnes.  58. 


ri 

i 


la 


DES    M  A  T  I  E  R  E  S. 


h  hauteur  qu'il  donne  aux  Piededaux.  64.  les  feuilles  de  Ton 
Chapiteau  Corinthien.  66.  fa  doctrine  touchant  les  propor- 
tions des  Ordres 98.  defcription  de  fa  Bafe  Attiquc  99.  fa 
manière  derenflei  les  Colonnes.  105-  les  efpeces  de  Portes. 
114.  &:  Tes  Con  foies.  128 

Henri  Wotton  Anglois.quiaécritdel'Architedurejefti- 
mele  renflement  des  Colonnes,  un  abus. /).  105. 

Thade^e&Frederic  Zuccaro,  ont  peint  dans  Caprarole- 
Fie  de  Vignole.  &:p.  1 6o- 

Archite^ure  ,  fon  origine  &  en  quoi  elle  confifte-  Préface- 
moyens  pour  bien  juger  de  Tes  ouvrages.  il?iii.  différente 
félon  les  tems./W- différence  de  la  Gothique  d'avec  l'Anti- 
que./'. !• 

Architrave  i  efîet  de  fa  grande  faillie-  p- 16.  pourquoy  plus  haut 
quelaFrife.  46-  proportions  des  trois  faces  de  l'Architrave 
Ionique. /'W. 

^rc/jiW^^,  pourquoy  il  fefait-^.  94.  fa  proportion,  iùid.  défaut 
du  Théâtre  de  Marcellus  fur  ce  fujet.  95.  la  Corniche  fert 
quelquefois  d'Archivolte.  /W- 

Ardoife  y  fes  efpeces,  d'oii  elle  vient,  fes  grandeurs,  fes  formes 
&fesufages.;>.  225. 

ArithmsTi^ue^i  fcience  neceffairedans  l'Architedure-  Préface- 
Art  ^  CQ(\UQCc{\..  Préface,  en  quoyconiiile  la  difpoiition  natu- 
relle pour  les  Arts-  ibid- 

Afpe[i  d'un  Baftimenr,enquoy  ilconfifle-/?- 184.  &  190. 

AjfemhLige ,  pourquoi  le  meilleur  préférable  àlagrolîeurdes 
Bois.^.  1 89-  fes  diverfes  manières  dans  les  Lambris.  34 1 . 

Aflragale ,  quand  il  peut  faire  partie  du  chapiteau  ou  du  fuft  de 
la  Colonne  ionique  -/?-48-&  292- 

Aitic^ue^  fon  ufjge  &  fon  défaut-/?.  3  29. 

Attrii'Hs ,  differens  félon  les  fuiets./?- 1  ?- 

>^///^f/ de  S -Maurice  dans  S- Pierre  à  Rome,  fes  Colonnes-/'. 
108- 

Amel  des  Minimes  de  la  Place  Royale  à  Paris ,  défaut  de  fes  Ni- 
ches.;». 194. 


ee 


MT 


TABLE 


B 


B 


y4i»sde  Paul  .Emile  à  Rome,  défaut  de  leurs  Niches. 

^^      P.ige  154. 

BalHJlrades,  leurs  proportions.;?.  518.  ornement  de  leurs  Pie- 

deftaux&Acroteres.   320.   longueur  de  leurs  travées. /^/«. 

difpofition  des  feintes.  3  ii.  1 

Bahijtres,  leurs   proportions  car  rapport  aux  Ordres.;.  320   | 

leur  efpacement.  321.  leur  forme  &  difpofition  dans  les  Ef- 

caliers.  ibid.  mauvais  effet  des  ronds  qui  rampent.     522. 

leurs  ornemens./i'/W.  leur  matière  &  façon.  325.  manière  de 

les  arrêter. /^/<:^. 
g^W^;  de  Colonne,  leur  proportion  &leurdiverrité./>.  302. 
g.^/^,  retranchée  au  Dorique  chez  les  Anciens.  ;;.  28.  l'Ionique 
deVitruve  fans  exemple  antique.  44.  difproportion  de  fes 
membres,  ibid.  diverfité  des  opinions  des  Architedes  & 
exemples  raportez  fur  ce  fujet.?^/W.  les  Bafes  ainfi  que  les  Cha- 
piteaux contribuent  à  la  différence  des  Ordres.  80.  pourquoy 
la  Bafe  Attique  la  plus  belle  &  la  plus  ufitée  de  l' Architedu- 
re.  99.  contour  de  fa  fcotie.  ibii. 
Bajili^ue d'Anton'm  à  Rome,  fon  Architrave.^ .  84. 
BaftU^Hc  dnCâpizolQ,  fes  Figures  de  Papes. /?.  285. 
BjfîUcjue  deFano,  par  qui  bâtie,  p.  5 o. 
^.y/;7/<7^fdeVicence,rOrdrequiladecore./>.22. 
Bas-reltefs  de  l'Hiftoire  de  MarcAurele  ,  leu«  fujets.  p. 

«rffc  de  Fontaines,  leurs  bords  &  figure?.;?.  196. 

Bàtimens,  leur  différence  depuis  deux  fiecles.  Preface.Vour(\Mo\ 
ceux  qui  font  fans  Ordres  d'Architedure,  retiennent  le 
nom  des  Ordres.;?.  5.  manière  de  bâtir  à  Rome  différente 
decelle  de  Paris.  130.  raport  des  Baftimens  avec  les  Jar- 
dins. [90.  en  quoiconfifterArtdeplanterlesBallimens. 
233 'corn mcihdoiventeftre  fondez,  thtd.  pratiq^uedes  An- 
ciensfurcefujet.  234. 


DES    MATIERES. 

B^rcf^^x  dans  les  Jardins,  leurs  efpeces,  leur  décoration,  &de 
quels  arbres  on  les  couvre./?,  ipy- 

Bibliothèque  de  Saint  Laurent  à  Florence,  parquibaftie-/?. 
264. 

Bibliothèque  de  Saint  Marc  à  Venife,  par  qui  baftie./?.  51.  : 

Bois  qui  s'employe  dans  les  Baftimens.  p.  220.  d'où  pro-  i 
cèdent  {ts  qualitez.  ibid.  fon  mauvais  employ  fort  dom- 
mageable- ibid.  fes  défauts,  &  le  temps  de  fa  coupe.  221. 
Bois  de  brin  &  de  fciage ,  ce  que  c'eft,  &  comme  il  fe  débite. 
ibid-  grofïeurs  des  Bois  proportionnées  à  leurs  longueurs  • 
2  2  2.commeilsfetoirent.  225. 

5(>/j  de  haute  futaye,  fon  avantage. />•  195. 

5ç/^«f/j  dans  les  Jardins,  leurs  figures  &  leur  décoration./?- 

195. 

Bojfagesi  pourquoy  fifortenufage-/?- 254.  abus  de  cet  orne- 
ment- 255.  cequec'eft-  326-  doivent  convenir  aux  Ordres. 
/W.  quels  font  les  plus  ufitez-/^/^.  leur  proportion  ,  &ladif- 
pofition  de  leurs  joints . /W. 

Boulingrin,  ce  que  c'eft. /?-  1^5. 

Brique,  la  meilleure  matière  pour  voûter- /?.  251. 

Bronzée,  comme  elle  fepeut  imiter  en  couleur./?-  230. 


C^majieux,  leur  différence  ,  &  comme  ils  fe  font,  page 
221?- 

Campo  Fiiccino  Marché  de  beftail  à  Rome,  autrefois  Forum  Boa- 
rium,p-6S.  fes  trois  Colonnes.  90. 

Cannelures,  d'où  imitées-/?.  68-  leur  nombre  félon  les  Or- 
dres. 69.  leurs  proportions  &  leurs  ornemensM  ibid-  &  /. 
300. 

Capit 0 le  deKome,  par  qui  premièrement bafti,  &pourquoy 
ainfi nommé, /?-  282-  par  qui  augmenté  ,  &  par  qui  re- 
ftauré.  tbid,  fous  quel  Pape  rebafti ,  &  fa  difpofition  au  rez 
de  chauffée,  ibid.  fes  peintures-  283.  fa  décoration  exte. 


ce  i) 


TABLE 


itmmmm 


rieure.  //'i^- ftatuès  &ornemens du  dedans.  284.  &  185-  & 

parquiachevé.285. 
Carreau,  fes  cfpeces  &  où  chacune  eft  propre- />.  551.  manière  de 

l'afleoir- /^/<â^-  .         ^  1.  ' 

Carfoftche,  ornement  de  mauvais  goût  en  Architedure-  p- 

286. 

Cafcades,h\ir<i  efpeces.  ;•  198- 

Chapelle  de  Noftre-Dame  des  Infenfez  dans  S  aint  Pierre  de  Ro- 
me,  fa  Colonne  corfe./?.  io8- 

Chapelle  de  Sixte  au  Vatican,  fcs  Peintures./J.  2  6a. 

Chapiteau,  l'Ionique  Antique  en  quoy  fingulier  &  exemple. 
n.39.  difficulté  de  fa  veùe  d'angle-  tbid.  origine  du  Co- 
rinthien. 56-  le  Chapiteau  eft  la  marque  la  plus  efTentielle 
pour  la  diftinftion  des  Ordres ,  66-  différence  des  propor- 
tions de  Vitruve  &:  des  Anciens  fur  le  Corinthien,  tbid. 
re<'les  des  Modernes  fur  ce  fiijet.  (58-  Chapiteaux  Pila- 
ftres,  pourquoy  quand  ils  font  feuls,  plus  hauts  que  ceux 
des  Colonnes,  tbid.  pourquoy  la  feuille  d'Olivier,  y  eft  pré- 
férable 2  celle  d'Acanthe-  -'btd.  diverfité  des  Chapiteaux  qui 
fe  trouvent  dans  l'Antique.  96-  les  attribus  du  Chapiteau   j 
ne  peuvent  faire  changer  le  nom  qu'il  tire  des  proportions 
de  fa  Colonne.  98-  différence  de  l'Ionique  de  Michel- 
Ans;e  d'avec  l'Antique  &  celuy  de  Sc.imozzi.  202. quelles 
feuilles  conviennent  mieux  aux  Corinthien  &  Compofî- 
te.  294.  &  296.  l'Art  de  le  travailler.  296.  enquoiconfiftc 
fa  beauté.  310- 
Charpcntcrie,  plus  ancienne  que  la  Maçonnerie,  p.  20.  com-    | 
bien  neccffaire  dans  l'Architedure-   iS6.  explication  de 
les  parties.   187-  celle  des  Italiens  diiftrente  delà  nôtre. 

284- 
Chajfe  de  rainteCcneviéveà  Paris  par  qui  élevée./j.  292. 
Château  d'x-Vnct,  CompartimensduPavé&idela  Voûte  de  fa 

Chapelle- /3- 354- 
Chàtca'i  de  Caprarole,  fa  fituation ,  la  nature  de  fon  terrein  , 

&:  la  figure  de  fon  Plan.  p.  256-  la  manière  dont  les  pen- 


wmmmmÊÊimÊÊmmmimmammmmÊmmm 


DES    MATIERES. 

—------—-————— —^ ^ .^1 

tes  y  font  traitées.  2  5  8- idée  de  fa  décoration.  259.  nom- 
bre de  Tes  chambres.  i6o-  &:  richefïe  de  Tes  Peintures 

Châtem  de  Clagny  prés  Verfailles,  l'Ordre  de  fesVcftibulcs. 
p.zi-  les  Pikftres  defonSalon.  68-  fes  Niches.  155.  fes 
Cabinets  de  treillage.  197.  puifards  de  fes  Combles  &  leur 
inconvénient.  551. 

Chàteanâit  S.Cloud,balufl:resdefon  Efcalier.  ;?.  323. 

C/p^/frtAfde  S.  Germain  en  Layc,  Ton  Boulinj^rin.;?.  19(5. 

Château  du  Louvre  à  Paris ,  Rufliique  de  fi  Galerie./?.  9,  Ordre 
dcfaSallcdesSuiiTes.  54.  rang  dès  Ordres  qui  en  décorent 
la  Cour.  74.  fon  Ordre  Compofite.  81.  la  fculpture 
de  fa  Frife.  84.  l'enrahlementCorinrhienderaCoar.  8(5.  la 
corniche dtfi Galerie.  88.  fes  Croilées.  158.&  140.  fesfou- 
chcsdccheminées.  i  (j 5. les  Colonnes  de  fon  Vcftibule.  292. 
&  celles  du  Paflage  de  fa  Galerie.  302 . 

Chàfea:4de  Maifons  à  quatrelieùes  de  Paris,  fon  Dorique./?.  2  r . 

Chài  eau  de  ^arly  à  quatre  lieues  de  Paris,  dirpoiltiondefon 
Jardin,/?.  190.  corniche  de  fon  Salon.  ;?.  335. 

Château  de  Rincy  à  trois  lieues  de  j  Paris  ,     fon  Salon,  p. 

Château  de  Sceaux  à  deux  heùes  de  Paris,  fes  Berceaux  de  treilla- 
ge./). 107,  _ 

Château  des  Thuilenes  bafti  par  Catherine  de  Medicis  à  Paris , 
fcsCoIonnesIoniques.;'.  9.  &  leurBafe.44.fesPorriqucs. 
78.ornemens  dufufl:  de  fesColonnes  Ioniques.  82.  &  302. 
fesNiches.  150.  fon  Jardin.  190.  entrelas  de  fonEfcalierà 
deux  rampes  parallèles-  524. 

C/;.Trf4//deTfianondans  le  Parc  deVerfailîes,  fa  Pépinière  de 
fleurs./?.  193. 

Chàieau  de  Vaux  le  Vicomte  à  huit  lieiies  de  Paris,  fes  Cafcadcs. 
p.  2c8.  &  fon  Salon-  248- 

ChÀieaM  de  Verfailles  à  quatre  lieues  de  Paris  ,  fon  Atti- 
que-p.  î  12.  fes  ouvrages  de  Serrurerie-  118.  les  Portes  de  Te^ 
Apartemens.    119.   fes   Croifées-   138.  (on  Jardin.    190. 


a^ÊÊi 


BrewT— 1 


e  e  ii j 


TABLE 


couverture  de  fon  Aile  droite.  215.  baluftres  de  fon  grand 
Efcalier.   323.  compartimens  des  Marbres  de  fesEfcaliers. 

559. 
Chaux,  quelle  eft  lameilleure./».  2  T4. 

C/;<??»/»j,difFerens  noms  de  ceux  des  Anciens.;?.  348.îeurs  Aires 
comment  pavées./?.  $50.  conflrudion  des  Grands  pour  les 
rendre  plus  commodes. /^/W. 
Cheminées ,  pourquoy  plus  ou  moins  en  ufage.  p.  158.  leurs 
erpeces./^;'^.  leurs  tuyaux.  160.  leur  fituation  dan^les  Apar- 
temens.  161. leurs  ornemens.  162.  la  hauteur  de  kurs  Tou- 
ches.  165.  proportions  &  ornemens  des  grandes  Chemi- 
nées. 166.  des  moyennes  &  leurs  fujetions.  168.  des  peti- 
tes.  170.  quand  leurs  tuyaux  pris  dans  l'épaifleur  des  murs. 
179. 
G>»i?«r,  quel  eft  le  meilleur.;?.  2 14. 
Clefs  d'Arcades,  leur  faillie  &  leur  fculpture./?.  6i. 
Coliz,€e  Amphithéâtre  de  Rome  bâti  par  l'Empereur  Vefpa^ 
fien,  imperfection  de  fon  Dorique,  p.  2.  n'eft  pas  un  ouvra- 
ge correâ:.22.  proportions  de  fes  Arcades  &  Jambages.  42. 
fa  Corniche  de  couronnement.  85.  pourquoi  en  partie  démo- 
li. 124.  fes  Corniches.  529. 
Collège  Mazarin  ou  des  Quatre  Nations  à  Paris,  vitraux  de  fon 

Dôme.;?.  1 5  5.  mezanines de fonPavillon.  5 30. 
Colonades  Ioniques,  facilité  de  les  difpofer.;?.  40. 
Colonnes,  leurorigine.  p,  2.  leurs  efpeces-  5.  P/.i.  5:  p'  ^06. 
manière  de  les  efpacer  félon  Vitruve.  8.  &  9*  ïes  Dori- 
ques antiques  pourquoy  fans  bafe.28.  deux  manières  de 
diminuer  les  Colonnes  félon  Vignole.  1 00.  caufe  de  leur 
diminution.  102.  pourquoy  les  Colonnes  de  granité  moins 
belles  en  proportion  que  celles  de  marbre.  ihÛ.  les  Gothi- 
ques n'ont  point  de  diminution,  ibid.  le  renflement  des 
Colonnes  n'a  point  efté  pratiqué  par  les  Anciens,  &  l'opi- 
nion de  Wotton  furcefujet.  ihid.  manière  de  les  diminuer 
.       félon  Monfieur  Blondel.  104.  manière  de  tracer  les  Co-^ 
I       lonnes  torfe»;  félon  Vignole,   jr^^-  invention  &r  antiquité 


DES    MATIERES. 


de  cette  efpece  de  Colonne.  io8.  elle  a  plus  de  richeffe  qae 
de  folidité.  ibid-  il  s'en  trouve  de  cannelées  torfes.  109. 
exemples  des  plus  riches  entre  les  ornées,  iio.  &:  500- 
proportion  de  l'Entablement  qui  leur  eft  propre,  ibid.  dif- 
polition&  varietéde  celles  qui  ont  des  ceintures,  &  les  en- 
droits où  elles  conviennent-  302.  raifons  de  leurs  différen- 
tes difpoluions.  304.  défaut  d^s  groupées-  ibid.  leurs 
efpeces  &  leurs  divers  ufages.  ^oô.  ornemens  desCoIoffa- 
les-,  &:  comment  traitez,  ibid.  conftrudion  d'une  Roftrale- 
307.  utilité  qu'on  peut  tirer  des  Milliaires.  30p.  doiventcon- 
venir  aux  lieux  qu'elles  décorent. /^/df.  &:  51 1-  avantage  de  la 
Militaire.  3  1 1. 

Colonne  TrajaneàRorne,  eft  un  Tofcan  irregulier.  jo.  6.  &fa 
Bafe.  14- 

Combles  i  difFerens  fuivant  les  climats,  p.  i85-  leurs  efpeces. 
ibid.  avantages  &  défauts  du  Brifé.  tbid-  leur  alTemblage  & 
leur  couverture- 187- 

Compartimeyjt,  ce  que  c'eft-  p.  335.  raportdeceuxduPavé 
avec  ceux  des  Voûtes.  355.  &c-  manière  de  tracer  celuy  à 
points  perdus-  354-  comment  fe  font  les  petits  Comparti- 
mens.  355. 

Ordre  Compoji-te,  fon  origine-  p- yi-  fa  différence  d'avec  celuy 
qu'on  nomme  Compofé.  ibid-  les  premiers  Baflimens  où 
il  a  paru-  ibid-  Tes  proportions,  tbid.  &  75-  fon  mélange 
avec  leCorinthien  dans  l'Eglife  de  S- Pierre.  74.  en  quoy 
con  fifte  fa  richefle.  8 2  -  fes  plus  beaux  modelles  &  fes  propor- 
tions femblables  au  Corinthien-  ibid. 

ConfirH^tont  ce  q  ue  c'eft/?-  2  3  i .  &  fes  règles  générales,  ibid- 

Contre-cœHrsàQkï^ovLïhs  cheminées,  leurutilité&  leurs  or- 
nemens./?. i6z- 

Ordre  Corinthien  y  fon  origine,  p.  56-*  opinion  de  Villalpande 
fur  ce  fu  jet-  tbid-  fentiment  de  Vitruve  fur  cet  Ordre,  con- 
traire aux  Baftimens  Antiques.  58.  pourquoy  tant  répété 
par  les  Anciens  &  par  Michel-Ange.  59.  perfeélion.des 
proportions  Corinthiennes,  ibid-  ell  le  comble  de  la  per- 


wmmmm 


TABLE 


feiflion  &  de  la  richefle  de  l' Architefture-  74. 

Corniches-,  fervent  quelquefois  d'Archivoltes-  p.  95.  leur  utili- 
té fleurs  moulures-  5  2  8- leur  différente  conltrudiion  par  ra- 
portaux  lieux  où  elles  font  employées  &  aux  Ordres. ////W-  & 
51p.  oij  elles  peuvent  fervir  de  plinthe-  319-  leur  racorde- 
ment  contre  les  Pavillons. /^i<^- leurs  proportions.  350.  com- 
me elles  fe  font  à  Rome-  331. 

Comc^fj  de  couronnement,  fervent  quelquefois  d'égout.  p, 
330.  leur  conftruâ:ion  pour  les  murs  de  Maçonnerie  &  les 
pans  de  bois.  3  51.  abus  de  leur  interruption.  331. 

Corniches  de  dedans,  01^1  employées./?.  352.  leurs  ufagesdans 
leschambres,  &leurconflrud;ion-  /^/^.  &334.  leurspro- 
portions- 5 3 3. leurs ornemens.  ibid^  &  354.  leur  faillie.  334. 
ne  doivent  pas  eftre  interrompues,  ibid.  faillie  de  celles  des 
Coupes  ou  Culs  de  four.  345. 

Coupes  de  Voûte ,  leur  contour  pour  eftre  parfaitement  fpheri- 
ques.;?.  34<5. 

Cour,  fa  pente.;;.  17(5.  petite  Cour  pour  éclairer  les  Gardero- 
bes.   179.  pourquoy  les  Cours  petites  chez  les. Italiens. 

257- 
Cours  de  la  Reine  plantéau  bord  de  la  Rivière  de  Seine  fous  la 

Régence  de  Marie  de  Medicis,  fes  Portes./».  117. 
Croifées ,  leurs  efpeces./».  1 3  2. leurs  proportions.  134.  leur  dé- 

coration.  1 39.  &leurfermeture.  141. 
Crojfeîtes,  abus  pîûtoft  qu'ornement  en  Architedure./».  28^. 

D 

DEcoratiomi  en  quoi  confiftent  celles  des  Façades,  page 
182.  les  Ordres  ne  conviennent  pas  à  toutes  fortes  de 
Décorations. /^/W. 
Denticttles  afFedées  à  l'Ionique.;;-  3  8.  &  leurs  proportions.  45. 
Dejfein,  eft  le  principe  des  Arts.  Préface. 
Dt.imetre  de  la  Colonne  au  droit  del'Aftragale,  fouvent  égal  au 
•Diamètre  naturel  chez  les  Antiques./).  1 6- 


JDiminnfion 


DES    MATIERES, 


Diminution  des  Colonnes ,  de  deux  manières.^.  loo.  origine  de 
la  Diminutions:  du  Renflement.  102. 

Diflribution  ,  en  quoi  elle  confifte,  p,  172.  fe  traite  différem- 
ment. 173. 

Dômes  i  en  quoi  confifte  la  beauté  de  leurs  proportions.  ^.  251. 
qui  eft  le  premier  qui  a  fceu  les  décorer.  253. 

Dômes dff  Je/iadch  Maifon  Profeiïe  des  Jefuites  à  Rome,  fa 
décoration  ,  fa  lumière  &  fa  voûte,  p.  251.  figure  ue  Ton 
plan.  252. 

Dôme  des  Invalides  a'Pins,  Ton  diamètre,  fa  décoration  &  par 
qui  bâti.  z?.  255. 

Dôme  de  Saint  Marc  à  Venife  ,  de  Saint  Antoine  à  Pado  ûe ,  de 
A'ïihn,  ôcdePife,  leurs  proportions  &  décoration. /?.  252. 

Dôme  de  Saint  Pierre  à  Rome ,  Tes  lucarnes,  p'i^^'  fon  diamè- 
tre. 2  5  2.  par  qui  bâti.  253. 

Dôme  de  Sainte  Sophie  à  Conftantinople ,  fon  diamètre,  p* 

Ordre  Dorique ,  fon  origine  &  les  Bâtimens  où  les  Anciens  l'ont 
employé,  p.  i^.oii  il  convient-  tbid.  première  idée  del'Ar- 
chitedure régulière.  20.  le  plus  difficile  à  mettre  en  œuvre, 
&:  fcs  Colon  nés  accouplées,  ibid. 

Dorure,  de  différente  manière  dans  les  Bâtimens.  p.  22p.  com- 
me elle  fetoife.  230. 


EAuy  fesqualitezpourfaire  le  Mortier.  ^^^^214. 
Echafants,  comme  ils  fe  doivent  faire.  ^.244. 
Ecuries ,   leurs  efpeces ,  leur  grandeur  ,  &  leur  lumière. 

p.i-jC. 
EcariesdeP^erjaillesy  leurs  Croifées.  ^.138.  &  leurs  Combles. 

18^. 
Edition  de  ce  Livre  ,  pourquoi  préférable  aux  autres.     Pré- 
face' 


1  1 


TABLE 


m 


Eglife  de  fainte  Agnès  hors  de  Rome ,  ornement  de  Tes  Colon- 
nes, p'  300. 

EgUfe  de  S,  jindré  à  Ponte-Mole,  en  quel  tems,  fous  quel 
Pape  ,  &  par  quel  Architede  elle  a  été  bâtie,  p- 1/\6.  Tes 
proportions  par  dehors,  ibid-  &  fa  décoration  par  dedans. 
248. 

EglifedeS'  André  de  la  VaïUdei  Theatïm  à  Rome,  dudeflein 
de  Pierre  Paul  Olivieri  Architede  &  Sculpteur,  Ordre  de 
fon  Portail,  p-  74.  Vitraux  de  fes  Chapelles,  i  $  5.  &  beauté 
de  fa  Chapelle  de  Strozzi.  3  39. 

Egltfe  des  Grands  Angtijims  à  Paris  ,  défaut  de  fon  Jubé-  p. 

Egltfe  de  fainte  Catherine  de  la  Cotttare  à  Paris,  défaut  de  fon 
Portail  fur  la  rue.  ^.115* 

Eglife  de  Saint  Charles  alli  Catinari  des  Barnabites  à  Rome,  du 
deflfein  de  Rofato  Rofati  Architede,  les  Ordres  de  fon  Por- 
tail- />.  74- &  les  Vitraux  de  fon  Dôme.  135. 

Egltfe  des  Pères  Chartreux  à  Rome ,  quel  lieu  c'étoit  autrefois. 
p,  74. 

Egltfe  de  S.Eflienne  du  Mont  à  Paris ,  entrelasdesefcaliersde 
fon  Jubé. />.  324. 

Egltfe  de  Saint  EÙfiache  à  Paris ,  ornement  de  fes  Colonnes. 
;;.3ro. 

Eglife  des  Pères  Fettîllans  a  Paris,  entrelas  de  fes  Tribunes,  p. 

Egltfe  de  Saint  François  Xavier  du  Noviciat  des  Jefuites  à  Pa- 
ris, régularité  de  fa  Frife  Dorique.  ^.22.  &  par  qui  bâtie. 

y-' 

EgUfe  de  Saint  Georges  Major  à  Venife>  beauté  de  faconftruc- 
tion,  &  par  qui  bâtie.  pl^9- 

Eglife  de  Saint  Jean  de  Latran  à  Rome,  matière  de  fes  Portes. 
p.  110-  par  qui  rcftaurée.  i  54.  corapofition  de  fes  Niches. 
ibid,  &  beauté  de  leurs  Colonnes-  211- 

Egltfe  de  Saint  Jean  des  Florentins ,  commencée  par  Michel- 
Ange  à  Rome,  difpofition  des  piliers  de  fa  Coupe,  /•251. 


DES    MATIERES. 


Eglifedugrandjefus  à  I^ome,  quand  &  par  qui  bâtie,  p.  z  50. 
(ts  proportions ,  fa  difpofition  &  fa  décoration-  ihid,  fon  Dô- 
me. 2  5  2 .  &  fon  Portail.  255. 

EglifedeS-  Ignace  ^n  Collège  Romain  à  Rome,  dudeflein  du 
Dominiquin  Peintre ,  &  d'Alexandre  Algardi  Sculpteur, 
les  Ordres  de  fon  Portail,  f.  74.  &  fon  Vitrail  à  balcon. 

2pO. 

Egl'fe  de  l'uibba^e  de  Joyenval ,  Pavé  de  fes  Chapelles.  />. 

354- 

Egltfe  de  Saint  Laurent  in  Dama/h  dans  la  Chancellerie  à  Rome  , 
fa  Porte,  &  par  qui  bâtie.  p.izS. 

Eg  lije  de  Saint  Louis  des  Je  fuit  es  à  Paris ,  Ord  res  de  fon  Portail. 
/>.74  fes  Vitraux.  1 34.  &  décoration  des  piliers  de  fa  Coupe. 
251. 

^glife  de  Saint  Louis  des  Invalides  à  Paris ,  en  trelas  de  fes  Tribu- 
nes. /'•$24. 

Eglife  de  Saint  Marc  Ducale  cfr  Patriarchale  de  Venife ,  fon  Pa- 
vé.;;. 3  5  5. 

Eglife  des  Filles  de  Sainte  Marie  de  la  Vijttation  à  Paris ,  d  u  de  f- 
fein  de  François  Manfart,  défaut  des  Colonnes  de  fon  Por- 
tail.^. 103. 

Egltfe  de  Sainte  Aiarie  in  via  latà  dans  le  Cours  \  Rome, 
du  dciïein  de  Pierre  de  Cortone,  défaut  de  fon  Portail.  /?. 
-76. 

Eglife  de  Sainte  Marie  Majeure  à  Rome  ,  fa  difpofition.  p> 

78- 

Egltfe  de  Sainte  Marie  Egyptienne  à  Paris,  défaut  de  fon  Por- 
tail.;?. 75. 

Eglife  de  Sainte  Marie  de  la  Vi^oire  à  Rome ,  défaut  de  fon  Por- 
tai!./>•  321. 

Eglfe  des  PP.  Mathurins  ou  Trinttaires  \  Paris  ,  les  Colon- 
nes de  fa  clôture  du  Chœur.  p.^)5,  &  celles  de  fon  Autel. 
212. 

Edfe  des  Prejlres  de  COratoire  de  Jefus  rue  Saint  Honoré 
à  Paris ,  du  deffein  de  Jacques  le  Mercier,  diftribution 


U  IJ 


ï 


TABLE      ■ 

Des  Modillons  de  fon  Corinthien,  j).  60.  &ftuillcs  de  Tes 
Chapiteaux.   68. 

Eglife  de  Saint, P ad  à  Rome ,  fa  dirpofition.  p.  7  g. 

t'fitpdeSatnt  P/frrt  furie  Mont- Vatican  à  Rome  '  décoration 
de  la  Place  qui  eft  devant.  /?.  25.  pourquoi  le  Corinthien  y 
eftrepetc.  59.  défaut deî'lmpoftedu  dedans.  92.  beauté 
defaliafe  Corinthienne  du  dehors.  99.  fes  Colonnes  torfes. 
io5.  fon  Baldaquin.  1 10.  fes  Vitraux.  1 54.  &ri$6.  fa  Lo- 
ge delà  BLnc-diftion.  140.  proportions  de  fes  Nichts.  148. 
beauté  de  celles  de  dehori .  i  5  r .  quand  rebâtie.  263.  fon  dQ{- 
fein,   par  qui  changée  augmenté.  265. 

EglifedeS.Purrem  PtncoU  à  Rome,  fes  Colonnes  Doriques. 

Eg.tfe  de  S.  Ouentin  en  Picardie ,  fon  Pavé.  />.  3  5  5. 
Eglife  de fa:nte  Sophie  àConftantinople,  fon  Pavé.;?.  355. 
EgUfè  de  laSorbonne  à  Paris  bâtie  par  le  Cardinal  de  Richelieu 
furie dtfftindejacques  le  Mercier,  diftribution  de fçs  Mo- 
dillons du  dedans,  p.  60.  Ordre  de  fon  Portail.  74.  Archi- 
trave de  fon  Porche  dansla  Cour.  86.  Vitraux  de  fa  Nef.  1  34. 
ceux  de  fon  Dôme.  135  défaut  de  fes  Niches.  148.  &  déco- 
ration des  piliers  de  fa  Coupe.  251. 
EgHfe  de  fihue  Suz^anne  à  Rome,  abus  de  la  Baluflrade  defon 

Portail.  /?.  321. 
Egltfe  des  PP.Theatins  à  Paris ,  irrégularité  de  fes  Vitraux,  p. 

141.  &:  de  fes  Niches.  149. 
Eglife  du  Monajiere  Rojal  du  Fal  de  Grâce  à  Paris ,  du  dcffein 
des  fieurs  François  Manfart,  le  Muet,  &  le  Duc,  fcn  Im- 
pofte  Corinthien  du  dedans-  ;>•  94-  par  qui  fondée-  11  o. 
fon  Baldaquin,  ih.d-  fes  Vitraux-  134-  plate  bandes  de  fa 
Voûte.  544.  fa  Coupe  peinte- 34(5-  Pavé  de  fon  Dôme  &  de 
fes  Chapelles.  354- 
Entahlemi-ns-,  doivent eflre proportionnez  aux  Colonnes,  p- 
70.  d'où  Vignole  a  imité  fon  Compoflte.  86.  quand 
les  Mutules  où  les  Denticules  y  doivent  eflre  employez. 


wmmmumimHmmmmmmiÊmmmfÊÊmmmÊtmmÊmm 


DES    M  A  T  î  ERES. 


rt[^Ber 


ibid-^  les  Mutules  qui  n'y  font  pas  propres.  S-'î- beauté  de  ce- 
lui de  Vignole.  1 1 1-  ieursproportions.  5 zS-  &  ^ ^o.  convien- 
nent entiers  aux  édifices  publics.  5  50.  ce  qu'on  en  peut  retran- 
cher &  quand  on  les  doit  enrichir-  ibid.  leurs  défauts  en 
France  &  en  Italie.   531. 

Er.tre- Colonnes  y  doâirine  de  Vitruve  &  des  Anciens  fur  les 
Entre-Colonnes,  p.  58-  le  meilleur  exemplç, pour  en  don- 
ner la  règle  ,  &  l'opinion  des  Modernes  fur  ce  fujet.  ibi- 
dem. 

EntreUs  d' Afui  y  OÙ  ils  réufliffent  mieux-  /?.  324.  leur's  pro- 
portions, leurs  orncmens,  &  leur  folidité./W.  façon  &ufa- 
ge  des  Gothiques,  ibid- 

Efcaltersy  leur  hauteur  de  marches ,;  &  leur  giron-  p.  l'jj, 
nombre  des  degrtz  de  leurs  Rampes.  178.  leurs  efpeces- 
ibid.  &  241.  beai^tédes  Efealiers  de  Charpenterie-  ibid.  leur 
conftrudion.  187.  défautsdesEfcaliers  c.aufez.par  leur  fu- 
jedion.  241. 

Etage ,  diftribution  de  ['Etage  fouterrain  ou  des  OflSces.  p. 
^74-  pourquoi  l'Etage  au  rez-de-chauflée  plus  élevé  de  terre 
quelepavé.  I42.-&.I76.  celui  ci regleledefîus  &  le  deflbus. 
/W.  enquoiconlifteie  belEtage.  1 80- drftribution  de  l'E- 
tage et' galetas-  181.  .... 

fm/fdansunParc,  cequec'eft./?.  194.  • 

Examen  des  Ouvrages  d'Architedure,  comme  il fe doit  fai- 
re. Préface. 

^AT^rt/ftf  dans  la  pratique  des  Arts,  cequejc'eft-  Pref^c^. 


Façade ,  en  quoi  confifte  leur  décoration,  page  182-  ce 
qu'il  faut  obferver  en  les  regratant-  3 1 1.  moyen  de  rendre 
agréable  l'afpe(â  des  fim pies  Façades.  337. 
Fmjhes ,  leurs   proportions  8i  leurs  efpeces-  p.  152-  pro- 
portions des  grandes,  &  leurs  exemples.  134-  proportions 
des  Feneftres  d'un  Dame.  135.  Feneftre  du  milieu  d'une 


TABLE 


Façade  diftinguée  par  Tes  ornemcns*  i^â.  proportions  & 
fituations  des  moyennes  Feneftres,  1 37.  ufages  &  propor- 
tions des  Mezanines.  139.  décoration  des  Feneftres.  ihid. 
exemple  des  plas  belles.  140.  leur  fermeture  de  fer  ou  de 
bois.  141.  Peinture  &  Sculpture  de  leur  Menuiferi*.  M» 
oh.  celles  à  Balcon  peuvent  eftremifes à  propos.  290.  leur 
décoration  doit  porter  de  fond-  il^id. 
Fer  ,  peu  en  ufage  chez  les  Anciens-  p,ii6.  utilité'  du  gros 
Fer  dans  les  hâtimens.  ihid.  &  ziy.  moyen  d'en  empê- 
cher la  rouille,  ihid-  fa  quantité  n'eft  utile  que  dans  les 
grands  édifices,  ihid.  Tes  grofleurs  proportionnées  aux  lon- 
gueurs, iùid.  le  Fer  qui  eft  au  dehors  doit  être  imprimé  de 
couleurs.  218.  en  quoi  confifte  celui  de  menus  ouvrages, 
i^/^^.qualitezduFer.  2 19. 

FetiHUs ,  les  plus  propres  pour  les  Chapiteaux  ,  &  comment 
difpofées&refenduës.y>.  294.  296.  &  298. 

Figures  y  proportions  &  folidité  de  leurs  Piedeftaux.  />.  515. 
&  5 16.  proportions  qu'elles  doivent  avoir  pour  les  lieux 
qu'elles  décorent,  &leur  difpofition  dans  les  Places  publi- 
ques, ibid. 

Figures  raportées  dayts  ce  Livre.  Celles  de  Moïfe.  />.  1 5  4-  ^^  Nô- 
tre-Dame de  Pitié.  2^2.  de  deux  Efclaves.  282.  de  deux 
Sphinx.  211.  &  285.  du  Tigre  &  du  Tybre Fleuves.  M. 
&  des  Papes  Paul  III.  Grégoire  XIIL  Léon  X.  Sixte  V.& 
Urbain  VIII.  285. 

Fontaines  jalltffantesj  principal  ornement  des  Jardins.  ;>.  198. 
leurs  efpeces  &  leurs  décorations,  ibid. 

Fontaine  des  Saints Innocens  à  Paris,  proportion  du  Piedeftal de 
Ton  Ordre.  />.  80- de  fon  Chapiteau.  82.  de  faCorniche.  87. 
&deron  Importe.  94. 

Fouille  des  ferres,  comme  elle  fe  doit  faire.  }>.  175.  &350. 

Frife,  Origine  de  ce  nom.  ^.  H^.reglcdefesomemens.  ibid. 
beauté  de  celle  du  Louvre  ibid-  peut  recevoir  les  infcriptions. 
85. 

Frontiffice  de  Néron  rgrand  Bâtiment  Antique  à  Rome",  dif- 


DES    MATIERES. 


pofition  extraordinaire  des  feuilles  de  Ton  Chapiteau,  p-  58. 
ion  Architrave.  84.  &  Ton  Entablement  avec  mutules.  8(). 

G 

GEnie  dans  TArchitccflure,  en  quoi  il  confifle.  Vrifacc* 
Giaife ,    fa  qualité,  pa^e  25$. 
Goût  Si  pourquoi  difFerens  en  Architedure.  Préface. 
Grais  ,  fes   avantages  &  Tes  défauts,    p.  208.   utilité  du 
Grais  dur-  ibid'  la  meilleure  matière  pour  paver.  3  50.  & 

C7rortfj  dans  les  Jardins,  d'où  imitées. />•  1 95>.  leur  décoration  & 
leur  matière,  ibid* 

Groupes ,  en  q^uoi  ils  différent  des  Figures-  ^.15$.  proportions 
de  leurs  Piedeftaux.  5 1 4. 

Groupes  rapportez  dans  ce  Livre,  ceux  d'Alexandre  Faméfe. 
/?.  153.  du  Raviffement  de  Proferpine.  ibid.  &  514-  d'Apol- 
lon &  de  Daphné  par  le  Cavalier  Bernin.  ibid,  de  la  Re- 
nommée du  Roy  Louis  XIV.  par  Dominique  Guidi.  ibid. 
de  Perfée&  d'Andromède  par  Paul  Puget  deMarfeille.»^/^. 
de  Laocoon  antique  de  trois  figures.  1 54.  &  5  i4dela  Paix 
des  Grecs  antique  de  deux  figures  dans  les  Jardins  de  Verfail- 
les.  tbid»  de  Zethus ,  Amphion  &c.  antique.  /?•  3 14-  du  Ra- 
viflement  de  Pandore.  514. 

H 

HOteUAumotttmç.  dejoiiy ,  décoration  de  fa  Porte,  page 
116. 
Hôtel  de  Condé  rue  du  même  nom,  fermeture  de  fa  Porte,  p. 

1 16.  Se  zjo. 
Hôtel  de  Conù  à  Verfailles ,  compofition  de  fa  Porte,    p. 

117; 
Hêtel  de  Crf^«î,  devant  les  ThuilleriesàParis,  Donque  de 

fa  Porte./.  21. 


TABLE. 


Hôtel d* Ejjat  Tu'éda  Temple  à  Paris,  Pilaires  de  fa  Porte,  p- 
288. 

Hofel  Ro^al  des  Invalides  dude([çiadçM.Qn{le\irBm^nd  ,  Ba- 

ludndedefiCour.  p-iiî- 
HoteldeLouvoh  rue  de  Richelieu,  Treillage  de  fon  jardin-  p. 
roo. 

Hôtel  de  Pftifori  rue  Saint  Honoré  ,  décoration  de  fa  Porte, 
p.  \i6. 

Hôtel  Segttier ,  OU  des  Fermes  du  Roy ,  mauvais  effet  des  baluftres 
de  Ton  efcalier.  />•  522. 

Hôtel  de  faille  à  Paris,  du  deffein  de  François  de  Cortone,  dé- 
faut de  Tes  Niches-  /?.  149.&155.  compartimens  de  la  voû- 
te de  fon  efcalier.  545. 

HôteldeUyrilliere  prés  la  Place  des  Viâoires ,  du  deffein  de 
François  Manfart,  Dorique  de  fa  Porte,  p.zi^  &  entrelas 
de  fon  efcalier.  524. 


I 


Ardins ,  leur  terrein  de  trois  manières. />4^^  190.  leurs  efpe- 
ces.  191.  moïens  de  les  varier,  ip 3.  &  199- de  régler  leurs 
pentes.  194. 195.  &  196.  de  décorer  ceux  de  Ville.  199.  Le 


Potager-  ibid^ 


Impose  trop  faillant ,  pourquoi  abus  en  Architeélure.  p.  10. 

utilité  de  l'Impofte  aux  arcades  &  fes  proportions.  9  2.  trois 

manières  de  traiter  rimpofte.  94. 
Irifcripttom ,  de  quel  ufage  dans  les  Bâtimens./?.-28  5.  &  leur  uti- 
lité dans  les  piedeftaux.  517. 
Injlrument  pour  décrire  le  contour  de  la  Colonne,  comment 

compofé  félon  Monfieur  Blondel.  p*  1 04. 
'^otns  des  Pierres ,  leurs  efpeces.  />•  2  3  7. 
Ordre  lonicfue  ,   fon  Origine- ;>.  36.  les  Bâtimens  confidera- 

bles  où  il  a  été  employé,  tbid.  l'ufage  qu'on  en  doit  faire. 

jbtd.  fes  proportions.  38.  s'il  peut  y  avoir  deux  Ioniques 

réguliers.  59. 


JMfnhrii^ 


DES    MATIERES. 


L. 

LAmhrh  de  Revêtement ,  leurs  Compartimenschezies  An- 
ciens./^^^^  358.  comme  on  les  fait  aujourd'hui.  lùtd.Sc 
359.  leurselpeces,  &  leslieux  où  chacune  eft  propre.  il>id. 
Contrafte  de  leurs  couleurs. /^/^.  &3  59.  manière  de  les  faire 
de  marbre.  33p.  ufage  &  utilité  de  ceux  de  bois.  540.  leurs 
proportions.  34 1 .  leurs  afTemblages  de diverfes  manières ,  & 
leurs  Compartimens.  iùtd.  proportions  de  leurs  panneaux. 
/Â/W.qualitezduboisdonton  les  conftruit.  341.  ceux  qu'on 
nomme  Plafons  ou  Sofites.  347. 

Liaifotjy  ce  qu'on  entend  par  ce  mot.  />.  113. 

Lîttarnesy  kursproportions&  leurs  orncraens.  /.  139. 

M 

Myiçonnerle,  fes  efpeccs.  f'tge  336.  avantages  des  unes  & 
défauts  des  autres.   337. 

Aîatfon  Bl.r/jchede  Gaillon,  fes  Colonnes  ru  ftiquées-,/?.  510. 

Mafon  des  Marchands  Drapiers  à  Paris ,  Dorique  de  fa  Porte. 
/>.   2  1.     •  .  * 

Maifon quarrée de Nifmes i  fes  Modillonsàcontre-fens.  />.  88. 

A^aifon  de  F'dle  de  Lyon ,  défaut  de  fes  Baluftrades,  0.321. 

Manteaux  de  Cheminée  y  leurs  difFerens  Profils,  p.  166,  &: 
i<58.  leur  conftrudion  de  marbre  comment  variée.  ^îô. 
&c. 

Marbres^  ce  qu'on  entend  par  les  antiques  &  les  mo- 
dernes, p.  20p.  pourquoi  les  Anciens  les  employoient 
plûtoft  folides  que  par  incruftation.  210.  pourquoi 
quelques  Carrières  de  Marbres  antiques,  perdues.  211. 
noms,  qualitez  &  couleurs  des  Marbres,  ibid.  lieux 
d'où  ils  fe  tirent,  ibid»  ce  qui  en  augmente  le  prix  213. 


o  o 


TABLE 


défauts  des  Marbres,  ibid^  leur  imitation  en  Peinture-  250. 
commeils  doivent  être  variez  dans  la  Décoration.  339.  leur 
employ  dans  les  Lambris ,  &  les  lieux  qui  en  peuvent  erre 
entièrement  décorez,  éd. 

Marché  ou  PUce  de  Ncrva  Bâtiment  antique  à  Home,  fa  Cor- 
niche./». 70.  fa  Sculpture  &  fa  Frife.  84. 

Mentitferte,  Ton  Aflemblage. /;•  121.  &  541.  Tes  Lambris.  170. 
&  Tes  avantages.  185- 

Aiez^anmes,  commentpratiquéesdansIesFnfes.  ;>.  350. 

Maopes,  pourquoi  ils  doivent  être  quarrez-/)- 12.  leur  Sculptu- 
re. 32. 

Modelles,  leur  utilité-  Préface-  ^ 

WodUlons ,  leur  Divifion  négligée  par  les  Anciens.  />.  (îo- étude 
des  Modernes  fur  cefujet-  ibtd.  les  pointus  défedueux.  tbtd. 
forme  des  Caiflesdeleursrofes.;^;.^.  pourquoi  celles  des  En- 
tremodillons  de  Vignole  ne  font  pas  quarrées.  SSlcurs  Feuil- 
les fembhbles  à  celles  du  Chapiteau,  ibid-  différence  du  Mo- 
dillon  &  du  Mutule.  ibJ.  c^uxâ^cCampo  racd?to  e\\imez 
les  plus  beaux.  60.  manière  de  les  tracer  félon  Scamozzi. 

MoL'le,  redudionde  celuy de  Vignoleen3o.parties,  pour- 
quoi inutile.  Préface,  pourquoi  le  Module  préférable  aux 
mefures particulières,  comme  Pieds,  Brades,  Cannes, &c. 
Préface  de  F'tgnole, 

Mortier  ycomme  il  doit  être  fait  pour  être  bon./».  2 14.  le  meil- 
leur &  fes  militez,  î^/^.  fcsqualitez.  21 5. 

MofzïqHt,  fon  emploi  &  fa  durée.  /?.  34<5- 

Moulures,  leur  contour  établi  fur  la  Géométrie.  ;.  j- leurs  or- 
nemens.  v  i .  doivent  être  taillées  &  liffes  alternativement. 

vïii.  &'333. 
Mun ,  fcrvitude  des  Mitoyens,  />.  352.  efpeces  deCompar- 
timens  de  ceux  de  face.  33<5.  leur  ragrément^  &  recouvre- 
ment de  ceux  de  Moilon.  337. 


DES    MATIERES. 
N 

Niches,  leurs  efpeces ,  leurs  foi  mes  &  leurs  proportions 
page  14(5.  doivent  convenir  aux  Ordres  ,  à  leur  (i- 
tuation,  &  aux  Statues.  148-  celles  qui  font  e (limées  les 
plus  parfaites.  149.  doivent  porter  de  fond.  tbid.  pour- 
quoi elles  font  mal  aux  encognuies.  ibid.  ornemens  &  pro- 
portions des  Niches  ruftiques.  tbid-  Niches  quarréesles 
moins  en  ufage,  &  exemple-  150.  Niches  des  Groupes  au 
rez-de-chauffée  ,  &  exemple,  ibid,  &  151.  ornemens  des 
Niches,  &  à  quoi  ils  doivent  avoir  raport.  151.  abus  fur 
cefujet.  tbid.  Niches  ou  Kenfoncemeas  pour  les  Buftes 
151.  manière  de  voûter  ks  Niches.  i^.Y/.  Niches  appellées 
Tabernacles,  ce  que  c'eft,  &  exemples.  154.  Niches  fervant 
à  décorer  les  Autels,  éid. 
NivelUmmti  comme  iife  doit  pratiquer.  />.  ipj.  &  2  5  5. 

o 

ORayigerieSy  leurexpofition,  leurs  Serres,  &IeufsPartcr- 
ï^s- pa^el^J^^l';^%• 
Orangeriedef^ÉrfalLles  ,  fon  Ordre  d'Architedure.  p.  8.  Cûde 

four  de  fes  Niches- 1 5  2.  &  fon  Parterre.  198- 
Ordre,  principal  ornement  de  l'Architedure.  Pref-  Ordre  & 
Ordonnance,  ce  que  c'eft.  />.  i- mélange  des  Ordres  pour- 
quoyabusen  Architeâiure-  2.  leur  origine. /W.  leursnoms 
félon  Scamozzi-  4.  ceux  de  Vignole  pourquoy  faciles  à  exe- 
cuter.  5.  inconvénient  des  Ordres  les  uns  fur  les  autres.  76. 
attributs  &  ornemens  de  l'Ordre  François.  298. 
Ornemens,  pourquoi  indifferens  ou  fignificatifs.  />.vi.  doi- 
vent convenir  aux  Ordres,  vu  i.  &  aux  lieux  qu'ils  dé- 
corent. IX.  198.  &  302.  opinion  de  Vitruve  touchant  les 
Ornemens.  98.  leur  difpoûtion  fur  les  Colonnes.  500. 


00   IJ 


T  A  B  L  E' 

&  5  o  2.  ceux  qui  conviennent  aux  Entablemens  &  Corniches 
de  dedans.  3  55'&'3  34- 


ly^lats  Borghêft  à  Rome ,  bâti  par  le  Pape  Paul  V.  furie  deffein 
de  Charries  Maderne  &  autres ,  Tes  Portiques,  p.ige  78.  & 
Ton  grand  Efcalier.  257. 

Palais  de  la  Chanceierie  à  Rome,  fesPortiques  avec  des  Colon- 
nes./). 78.  Tes  Portes  de  Vignole.  114.  par  qui  bâti  &  d'où  les 
pierres  ont  été  tirées.  124.  fonEghle.  128.  goût  defon  Ar- 
chitedure.  255. 

Palais  Farnéfe  IKomo,  régularité  du  Dorique  de  fa  Cour.  p. 
22.  &  24.  proportions  de  fes  Arcades.  42.  ordonnance  du 
troinémeOrdredefa  Cour.  78.  Sculpture  de  fa  Frife  Ioni- 
que. 8($.  défautsdes  Portes  de  fes  Apartemens.  1 1 9.  fes  orne- 
mens  du  dedans  par  qui  "achevez.  138.  &  164.  fes  Fenêtres  au 
rcz-dc-chaufTée.  142.  fes  grandes  Niches.  151.  fon  étendue. 
265.  &  défaut  des  Fenêtres  de  fon  fécond  étage.  290. 

Paitis  Maffimi  prés  S.  André  dç  U  nUe  à  Rome,  régularité 
de  fon  Dorique  ,  &  beauté  de  fes  Colonnes.  /?.  22.  par  qui 

bâti.  ibid. 
Palais  de  Monte- Cavallo  à  Rome ,  du  defîein  de  Flamir.io  Pon- 

tio ,  fa  Loge  de  la  Benedidion .  /?.  1 40. 
PaUh  d'Orléans  dit  Luxembourg  à  Paris ,  fon  Tofcan  régulier. 

n.8.  fesColonnes  à  Boffages.  n.leurPiedeftal  femblable  à 

celui  de  Vignole.   12.  diftribution  de  fa  Frife  Dorique.  20. 

Terraflede  fes  Portiques.  78.  &  défaut  de  fon  grand  Efca- 

lier.  i''7» 
Palais  de  'PaltjhiKex  Rome ,  du  deflein  du  Cavalier  Bernin ,  fon 

Salon./?.  136.  •  i.'^  •         rr     J     rr 

Palais  du  Dhc  de  Parme  à  Plaifance  ,  par  qui  bati.     r^ede  Fi- 
çnole.  ,  o      1  /r        j     r 

PaUihRojall'^ànSy  fon  Tofcan  régulier,  p.  8.  défaut  de  les 


DES     MATIERES. 


grandes  Portes.  6i.  de  fon  grand  Efcalier.  lyy.&defesBa- 
iuftres.  522. 

Pa!:iij  Siichciti  à  Rome  ,  par  qui  bâti  &  fes  Croifées,  p. 
142. 

PaLuj  du  f<it!can  à  Rome-,  fes  Loges.  /?.  yS-  Voûte  de  Ton  Ef- 
calierenperiftyle.  5 15.  ' 

Pjusdcùos,  leurutilicé&'leur  aflemblage. />.  i88. 

Pafitheon,  le  plas  fameux  Temple  des  Anciens ,  aujourd'hui 
fainteM:riedclaR.otonde  à  Rome,  beauté  de  fon  Corin- 
thien./?. 58.  fesMôdillons-  60.  fa  Bafe.  64.  fes  Cannelures. 
6$).  infcription  de  fa  Frife.  86.  ufige  de  fon  Entablement 
Corinthien  du  dedans.  94.  fes  Portes  de  bronze,  iio-  fes 
Niches.  151.  fes  Tabernacles.  154-  défaut  de  fon  Pave- 
trient.   354. 

PM.]:iety  fesefpeces.  ;>.  185.  &oùpropre. 552.8: 555. 

P.irtcrres,  leurs efpeces.  ;>.  192. &c.leur décoration-  195. 

IPazé ,  ce  que  c'eft  ,  &  fes  efpeces.  p.  5  48.  5  50-  &  3  5 1 .  fon 
utilité  fort  eftimée  des  Anciens.  34S.  le  Grais  pourquoi  le 
meilleur.  3  50.  &  5  5 1 .  fes  grandeurs ,  &  011  propre.  551.  ma- 
nière de  l'affeoir.  :bid,  efpeces  SiTufagesdu  Pavé  poli.  ;i;/W.  di- 
verfes  ngurcsde  fcs  Compartimens.  ibid.  353. 5 54-  &:c.choix 
des  marbres  pour  fa  conftrudion./Z'iJ.  matière  &  figure  de  fes 
petits  Compai  timens-  3  54.  'S:  3  5  5. 

PemtHre,  owimprcjjîon,  en  quoi  necelTiire  dans  lesBâtimens. 
p.  2  2  8.avantage5decellequiefl:  blanche. //'/(^.  Compofition 
des  différentes  couleurs,  ibid.  ce  qui  en  détruit  le  bel  eifer. 
250. comme fetoifelaPeinture.  ibid. 

Perrons,  quels  font  les  plus  beaux  &  le  nombre  de  leurs  mar- 
ches, p.  196.  &:  197. 

Perfpe^tve  punte,  fon  effet.  />.  199. 

Pii.ijhçSy  leurs difpoIîtiofiS,  /?•  304.  défaut  du  plié. /^;W.  &:fu- 
jetiondeTebrafé.  ibid. 

Piede/laux  de  r>gnole  ,  blâmez  par  Scamozzi.  p.  64.  règle 
des  Anciens  fur  ce  fujet.  tbid.  méchant  profil  de  la  Bafe 
j        Corinthienne  de  Philibert  de  Lorme.  tbi.i,  diiTerentes  pro- 


00  11) 


TABLE 


«9 


portions  de  ceux  des  Statues.  312-  &  515.  lears  efpeces 
ibid.  les  triangulaires  d'où  imitez-  514.  leurs  ornemens& 
leur  folidité  par  raport  aux  Figures.  5i5-&  516. 

Pierres i  leur  Utilité,  &  leurs  qualitez- /?.  202.  leurs  différentes 
efpeccs,  &  les  lieux  d'oii  elles  fe  tirent,  ibid.  &cc.  Avanta- 
ges des  Pierres  tendres.  io6.  d'où  dépend  leur  bonté,  ibtd. 
avantages  des  Pierres  dures  &  ruftiques.  207.  Pourquoi 
le  ménage  fur  ce  fujet,  eft  un  abus  dans  la  pratique  de  bâ- 
tir. zo8-  deux  manières  de  les  tracer.  258- 

Places  publiques ,  riches  d'Architeélure  &  magnifiques  chez 
les  Anciens./?.  507.  &:  308.  d'où  procède  leur  beauté.  308. 
avantage deleur  Situation  &:  difpofition.  ibid, 

Plafonsj  leslambriffez  déplâtre  pourquoi  moins  durables  que 
ceux  de  boisapparens.  p.  188.  comme  ils  fe  font  en  France. 
346.  difpofition  des  Compartimens  &:  ornemens  de  ceux 
qui  font  cintrez  &c.  ibid-  &  347.  quels  font  \ts  plus  fu- 
perbcs.  ibid.  leurconftrudion./W. 

Plan  y  fes  différentes  figures.  ^.252.  comme  il  doit  être  cotte. 
ibid,  &  comme  il  fe  doit  racorder  fur  l'ouvrage.  255. 

Planchers ,  leur  différente  conftriidion  par  raport  aux  lieux-  p. 
5  3 2.  &  leurs  Aires  de  plâtre.  552. 

Plâtre,  fon  utilité,  &:fes  bonnes  qualitez.  ^.  ir  5.  d'où  vient 
le  meilleur.  »^»W.  où ,  &  comment  il  s'employe-  ibid.  fesdé- 
fauts,  &  comme  il  fe  mefure. /^;(^. 

Plor/jb ,  fes  qualitez ,  fes  efpeces ,  &  fes ufages. p-  z 24.  fon  poids 
fur  fon  épaiffeur.  tbid.  fon  mélange  pourlafoudure-/^;^.  & 
fes  défauts.  225. 

Poêles  y  leur  ufage  &  leur  matière.  p.i6l- 

Ponts  Aniiqtfes ,  leur  durée  &  leur  forme./»-  348. 

Portail  de  S.  Ej}:enne  du  Adontï  Paris,  fesColonnes  Coxnpofî- 
tes./>.  302. 

Portail  des  Ftuillatts  rue  S.  Honoré  à  Paris  ,  fon  Ordre  Ioni- 
que./?. 44-  beauté  de  fon  Entablement-  45- &  fes  Volutes. 

50- 
Portail  de  l'Eglife  de  S.  Gervais  à  Paris ,  difpofition  de  fes 


DES    MATIERES. 


Colonnes  Doriques,  p.  20.  leurs  Bifes-  28.  leur  Bura- 
blement.  52.  Tes  Volutes  Ioniques,  ^o.  choix  de  Tes  Or  ir. s 
74.  Ton  Fronton  fpherique.  76-  &  faillie  de  fonlmpoPtc  Do- 
rique. 94, 

PortaiLdeS.  L^«rtf«/ à  Florence,  par  qui  bafti./'.  254. 

Por:aiL du  Louvre ,  proportions  de  Tes  Chapiteaux- Pilaflrcs.^ 
6%.  fa  Corniche.  70.  fes  Niches.  150.  les  Cimaifcs  de  for 
Fronton.  2C  5.  &:  Tes  Entrclas.  524. 

Portad   dz  C Eglife    des  Minimes  de  la.  Place  Royale  à  Paris , 
divifion  de  fa  Frife  Dorique.;?.  20.raCimaife.  ^o.  Ton  Lai 
mier.  54.  fes  Gargouilles.  9 1 .  &  Maçonnerie  de  fes  Pavillons 

357- 
Portail dftFal  de GraceàPâUS,  Tes  Ordres. /?.  74.  fonFrontor 

Coraporite.7<5.faCroirée  du  milieu.  140.  &  290.  &  fes  Ni 

ches.  148. 

Portes,  leurs  proportions,  p.  114.  de  combien  de  fortes  en 
établit  Vitruve.  ihid,  doivent  convenir  aux  Ordres,  ihid. 
pourquoi  retrecies  par  le  haut,  exemples  antiques  &  mo 
dernes-  thid.  trois  différences  de  Portes,  ihid-  exemples  Se 
proportions  des  grandes.  1 15.  défauts  de  celles  qui  font  fer- 
mées a  pans  &  exemple. //'/W.&  120.  décorées  félon  la  gran- 
deur des  rues.  11(5.  celles  à  balcon,  ibtd.  les  Flamandes. 
117.  celles  de  fer- z/»^.  leur  iituation-  118-  leur  grandeur 
proportionnée  sux  Apartemens ,  &  comment  difpofées. 
119.  leurs  ornemens.  120.  &  121.  ufage  des  Anciens  fur 
les  mobiles,  ttid.  pratique  des  Modernes  fur  leurs  Com- 
partimens.  121.  Porte  Ruftique  avec  exemples.  122- quand 
elles  reçoivent  le  nom  des  Ordres.  128.  Porte  de  Clôture 
comment  décorée.  274. 

Portede la J^igKeGrtmamïKomQjpiî q\i\hi{ïiç,p.ljl»  fespro 
portions. //'/W.  Si  fon  profil-  274. 

Porte  Majeure  3i\itïçiois  Poria.Nœviaà.Koinç ,  fes  BofTages.  p- 
5>.  &  ij6- 

Porte  de  S- Martin  à  Paris,  par  qui  baftie,  &  fon  Ruftique. 
P-9. 


TABLE 

Porte  du  Peuple  à  Rome,  pir  qui  commencée  ,  quand  &  par 
qui  achevée,  p.  268.  fes  Figures,  thid,  l'Ordonnance  de  fa  dé- 
coration •/^/W.&:fon  Profil.  274* 

Porte  Pie  à  Rome  ,  par  qui  bâtie,  p.  270. fa Compofition ex- 
traordinaire, ibid.  &:fon  Profil.  274. 

Porte  de  U  ^^tgue  Sérmouctte  ,  faCompofition.  f.  2  76.fon  dé- 
faut./^/^.  &  Ton  Profil.  2  ^  o. 

Porte  de  Lik^!gneSforce,  pourquoi,  &  par  qui  bâtie./?.  278.  fa 
décoration,  & fes proportions. /^/'-s/.  fonProfiUSo. 

Portique  di  CEglife  de  S,  Ptsrre  à  Rome ,  par  qui  bâti.  p.  2  5 . 

Poutres ,  pourquoi  moins  en  ufage  qu'autrefois.;;.  118.  précau- 
tion pour  les  conferver.  189. 

PraticjNCi  necelTaireàl'Architede./».  loi.enquoielleconfifte. 
ibid. 

Procnrane  de  S.  A^arcW^Qmk  y  par  qui  bâtie,  &  de  quel  Or- 
dre./>.  22. 

ProjiUr  ,  pourquoi!  l'Art  en  eft  necefTaire  à  l'Architefte.  p. 
IV.  l'Art  de  profiler  participe  autant  du  Deiïeinquede  la 
Géométrie,  v.  pourquoy  les  Ouvrages  préférables  aux  Def- 
feins  pour  l'Art  de  profiler.  <W.  en  quoi  confifte  la  différen- 
ce des  manières  de  profiler,  x. 

Profils  de  rigmie,  imitez  d'après  l'Antique.  Pr^/^c^.  Profils  & 
Veues  des  cotez  des  Portes  de  Ville,  p.  274.  &  2  80.  obferva- 
tionsfur  ce  fujet.  ihid, 

Proportiofjs ,  raifons  de  leur  changement.  Préface,  celles  des 
Ordres  différentes  à  caufe  de  leur  fituation  félon  Vitruve. 
Préface  de  î^tgnole.  pourquoi  différentes  pour  les  Arcades,  p. 
40.  opinion tle  Vitruve  touchant  les  Proportions.  58.  les 
grandes  fuivies  par  les  meilleurs  Maîtres,  i  26. 

PmtSi  fafituation.p.  i74.^^commeildoitétre  fondé.  175. 


Q 


CL 

Vinconge^  fa  difpofition ,  page  196. 

^agrément: 


DES    MATIERES. 


^ 


R 


R 

u^grèment ,  comment  il  fe  fait,  &:  comme  il femarchan- 
_,     de.  /.^^e- 3  57. 
Re^leSi  lesgenerales  préférables  aux  particulière?.      Pr<'/.  celles 

de  Vignole  bonnes  pour  les  Ordres  au  Rcz-de-chauflee. 

/>.  42.  pourquoi  elles  doivent  changer  dans  une  autre  iîrua- 

tion.  ikd.  celles  des  Colonnes  les  unes  lur  les  autres,  il^id. 

pourquoi  les  Diamettres  des  Ordres  du  Colilée,  égaux,  ilptc^. 

règle  de  Michel- Ange  fur  ce  fujtt ,  &  autorité  du  Théâtre  de 

Marcellus.  lùtd» 
RemifesdeCarojfe-i  leur  grandeur.  /?.  ^J6. 
Rofci-i  pourquoi  celles  entre  les  Modillc^ns  différentes,  p.^o. 

exemple  de  faint  Pierre  de  Rome  fur  ce  fujet.  ibid. 
Ritdemnresy  leursefpeces,  &  comment  traitées.  /?.  500. 
Rues ,   ce  qu'il  faut  faire  pour  les  rendre  commodes.    j>. 

308. 


S^ble^  fesqualitcz,  &  le  meilleur  pour  bâtir. /7^^r  zi  ^.  oîi 
le  blanc  fert  au  lieu  de  plâtre.  z\6. 

Sacri/iie  de  S.  Laurent 'âVlorçnce,  parquibâtie.  p.  16^. 

SalledttPaUps2.  Paris,  Bafe  de  fon  Dorique.  f.i%.  &  défaut  de 
fa  Frifc.   34. 

Salle  Royale  du  l^aticAn  à  Rome ,  manière  dont  elle  eft  éclairée. 
/>.  141. 

Salan  de  Oagni^  difpofition  de  fes  Pilaflres.  />.  68.  &  fes Ni- 
ches.  156. 

ScHÏftures ,  celle  de  trop  de  relief  défaut  en  Architeélure.;».  6z . 
comment  traittée  par  les  Egyptiens.  06.  fon  utilité  dan-sla 
décoration.  p8.  comment  celle  des  dedans  doit  être  traitée. 
18  5.  &  celle  desjardins.  199. 

Septisjonede SeptimeSeverCy   fes  Ordres.  /'.  329. 


u  u 


TABLE 


SeprdtftredeUmaiJôyt  de  /l'ed  cis  ïï^lorencCj  parqui  bâtie,  p. 
25.}.  CompartimensdcTa  Voûte.  345. 

Socle,  radifFcrcnced'avecleDé&rlePitdeflal./?,  14.  fa  place  & 
[  fa  proportion.   80. 

Sofites,  leurconHrudiion  »  &  où  fort  ufîtéî.  p,  547. 

Sainte  Sophie Mofc^uée  du  Grand Seianeur  à  Conftantinople ,  fe": 
Colonnes  de  Porphyre.  j?.209.&  fon  Pavé  de  Mofaïque.  ■^  5  •) . 

Statues,  leursdiflferensnoms.p.  515.  proportions  de  leurs  Pie- 
deftauxpourla(immetrie./W.  &  5  14.  doivent  convenir  aux 
lieux  qu'elles  décorent.  315. 

Statues  raportéesdansce  Livre,  Cellesd'Hercules  antique  dans 
le  Palais  Farnéfe.;?.  148.  d'Apoilon  antique  eflimél' Apollon 
Pythien  des  Anciens,  i  50.  de  Flore,  ibid.  de  S.  André.  r/\6. 
deJulesSccond.  î^^.deS.Pierre&'deS.Paul.  268.  deRo- 
me  Triomphante.  281.  delà  Mufe  Uranie.  iSj.deMarc- 
Aur^le.  284.  &  515.  de  Cefar&d' A  ugufte.;/';W.  des  Géné- 
raux delà  fainteEglifc  Marc-Antoine  Colonise,  Alexandre 
Farnéfe  ,  Jean  François  Aldobrandin  &  Charles  Barberin. 
28  ) .  de  Caftor  &  de  Pollux.  ibid,  de  Louis  le  Grand ,  Equef- 
tre&Pedcftre.  51  (5. 

Stuc ,  à  quoi  propre,  p-ii^.  comme  il  fe  travaille  &  fa  durée , 
ihidt 

T. 

Tables  dans  les  Piedeftaux,  Comme  elles  fe  doivent  faire. 
pageSo. 
Taille  de  Pierre  ,  comme  elle  fe  doit  faire  ,  &  comme  eîlefe 

marchande./».  255. 
Tewple  d'ylutoyiin  or  de  Vauflme  à  Rome,  pourquoi  fon  Por- 

cheeftimé  Corinthien.;?.  66.  fimplicité  de  fa  Corniche,  ibid. 

SculpturedefaFrire.86.  &faBafe.  95). 
Temple  de  Bacchusa.Komc ,  fon  Ordre.  p.J^. 
Temple  de  la  Concorde  à  Rome,  IVl  odillons  de  fa  Corniche,  p.  xn. 
Ion  Chapiteau  Angulaire.  50.  &  matière  de  fes Colonnes.  210. 
Temple  de  U  Fortune  Firile  à  Rome ,  mauvais  go  ût  de  fon  Enta- 


DES    MATIERES. 


*<MBasaa»ii«<mij>ii.«i  in  an  iiiiiii  imii 


blement, ^.x.  &  xii.  Ton  Chapiteau  angulaire.  55).  ^  Ton 
Embarement.44. 

Temple  de  Jnpittr  Stator  2iJ\on\e  /es  Entrecolonnes.jp.  58.  &:  fa 
Corniche.  70. 

Temple  de  ^npuerTonnam  à  Rome,  fa  Corniche./?.  70. 

Temple  de  Neptune  à  Rome ,  Piafund  de  fa  Corniche./?.  88. 

Temple  de  la  Paix  à  Rome  ,  défaut  de  faCorniche./-'.  iv.fon 
Plafond.  8  8.  fa  Bafe  Corinthienne.  99.  &  fes  Niches.  150. 

Temple  de  Salomoyi-,  fes  Chapiteaux.;?.  56.  &  29S.&:  fes  Colon- 
nesTorfes.  108. 

Temple  de  Fefia  ou  de  Lt  Sibjlle  à  Tivoli ,  Cannelures  de  fes  Co- 
lornes./?,  48.  fa  Porte  114.  &  les  Croifctesdc  fon  Chambran- 
le. iZ<S- 

Temple  de  ^tjla  àRomc,  l'Abaque  extraordinaire  defonCha- 
'  pitcau.^.  66.  &  fa  Bafe.  99. 

Tenni'Uy  autrefois  les  Thermes  ou  Bains  de  DiocletienW^oxYïÇ  ^ 
Profil  Ionique  qui  s'y  voioir./'.  46.  le  mélange  des  Ordres  de 
fa  grandcSaile.7z.  fes  Chapiteaux  Compofites.  82.  fon£n- 
tahlement.  86.  lesDenticules.  90.  &  fa  Bafe.  99. 

Term/fes,  leur  utiiitédanslesjardins./?.  i9(5.&:furlesmairons. 
351.  leurs  Aires  comment  pavées.  :ùtd. 

Terre'm,  fes  différentes  efpeces.;?.  2  3  5.  fcsdéfauts.  348.&com- 
mentsiFermi.  550. 

Théâtre  de  MarcelhislKomt  i  beauté  de  fon  Dorique,  p.  lo- 
grolfeur  de  fes  Colonnes.  24.  fon  Profil  Dorique.  5oPlafond 
de  fon  Larmier.  34.  Modules  de  fes  Colonnes  Ioniques.  vS- 
largeur  de  fes  Arcades^o.  &  de  fes  Piliers  42  ■  fon  Profil  Ioni- 
que-46- &  fes  Volutes-  50-8^  292- 

Théâtre  de  ricenceiiius  l'Etat  de  Venife,  fon  Dorique  fans  Ba- 
fe./;.  2  8. 

Tombeaux,  ornemens  de  ceux  des  Anciens.  /?.  jjB.IesMar- 
bres  qui  leur  conviennent.  339. 

TumbeaHxraportez.  dans  ce  Livre,  Ceux  de  Paul III.  p.\x.  Si 
1 5 2 .  d' Urbain  VIII.   1 5 2.  de  Bacchus.  2 09-  de Patriciuf Se 


TABLE 


de  fa  femme. /^/4'.de  Jules  Second  255.  &c.  de  Michel-An- 
ge. 16-^.  &deh  Mufon  deStrozzi.   559. 

Ordre  fofca»,  le  régulier  ne  fe  trouve  point  dans  l'Antique. 
p.  (5.  employé  à  des  Bàtimensconliderab'es.  8.  Tes  Architra- 
ves de  bois  ne  font  plus  en  ufage.  iùtd.  plûtôcrul^ique  qu'a- 
vec desornemens.  9, 

Treillage,  fon  ufage  dans  les  Jardins./).  197.  &  200. 

ThiU,  fesefpeccs,  Tes  qu3htez&  grandeurs. /?.  2  Z(5.  où  fe  fait 
la  meilleure,  ibid.  fesCompartimens.  535. 

Tuyaux  de  defceme  t  leuravantage.  p.  351. 

V  Erre  plat,  de  deux  fortes,  page  227.  n:>n  ufagé  inconnu 
aux  Anciens,  ihid.  en  quoi  confiite  fa  beauté,  &  com- 
me il  s'employe,  fe  vend  &  le  toife.  thid. 

F'^.gmd'-iPapeynles,  par  qui  bâtie,  f^ie  de  Vignole-,  8ip.  254. 
par  qui  la  décoration  de  fon  Entrée,  ibid, 

Fby.jges,  neccd.uresàrArchitede.  Préface» 

Volute  y  manière  de  contourner  l'Ionique  félon  les  Auteurs  & 
félon  les  Oavriers.  p.  50.  Volures  ovales  de  Scamozzi&de 
Boffe.//'/V.  Volute  de  Vignoledécritededeux  manières.  52. 
pourquoi  celle  de  Goldman  plus  parfiite.  54.  comment  trai- 
tée dans  le  Chapiteau  Com  po(îte.  295. 

Fotitcs^  leurs  noms  &  leurs  efpeces. />.  238.  &c.  en  quoi  elles 
différent  des  Plafonds.  2^9.  quelle  eft  la  plus  parfai- 
te. 241.  Artifice  &  Compartimens  des  Gothiques.  342. 
&  343.  &  pourquoi  plus  harmonieufes  que  les  autres. 
343.    Compartimens   des   plus   belles  d'où  imités,  ibid. 

les  meilleures  &  les  plus  légères.  tb:d.  pratique pourleurcon- 

ftrudion,  &  leurs  ornemens.   544.  leurs  Compartimens  par 
;   raportauxOrdres./W.  Proportions,  Figures &rOrnemens de 

ces  Compartimens.  544.  &  345.  l'avantage  qu'elles  tirent  du 

mélange  de  la  Sculpture  &  de  la  Peinture.  345.  &  345.  Saillie 

de  leurs  Corniches.  345. 
«  Ftn  de  la  Table  des  Matières, 


r*** 


ifmaa 


PREFACE     DE     FIGNOLE, 


.^  E  prétends  donner  icy  une  intelli- 
^m  gence  parfaite  de  ce  petit  Ouvra- 
ge ,  Sz  rendre  compte  des  raifons 
!|'  qui  m'ont  engagé  à  le  faire ,  &:  à 
j  le  donner  au  Public.  Ayant  exercé 
j  pendant  plufîcurs  années  en  divers 
pais  l'Art  d'Architedlure  ,  j'ay  pris  plaifir  en  prati- 
quant fçs  Ornemens  d'apprendre  les  fentimens  de 
ceux  qui  en  ont  écrit,  &  les  comparant  les  uns  aux 
autres,  &  aux  Edifices  antiques  qui  fubliftent  en- 
core i  j'ay  taché  d'en  tirer  une  règle  à  laquelle  je 
mepûflearrefler ,  &qui  puftfatiafaire  entièrement, 
ou  du  moins  en  partie,  le  jugementdes  perfonnes 
intelligentes  fans  y  avoir  d'autre  veuë  que  de  m'en 
fervir  dans  mes  befoins. 

Pour  en  venir  à  bout  je  n'ay  point  eu  d'égard  aux 
opinions  qui  partagent  les  Auteurs  entr'eux,  & 
pour  appuyer  mon  defTein  avec  plus  de  fonde- 
ment, je  me  fuis  propofé  pour  modèle  les  cinq  Or- 
dres qui  fe  voyent  dans  les  Ant iquitez  de  Rome  -, 
&  les  confiderant  tous  enfemble  ,  &  les  exami- 
nant avec  des  mefures  exades,  j'ay  remarqué  que 
ceux  qui  au  jugement  de  tous  paroiflent  les  plus 
beaux  &:  qui  fe  prefentent  à  nos  yeux  avec  plus  de 
grâce  ont  une  certaine  harmonie  &  une  corref- 
pondance  iî  peu  embaraflee  de  nombres  ,  que  par 
les  moindres  Moulures  on  peut  exa6lement  mefu- 
rerles  plus  grandes  :  c'efi:  pourquoy  faifant  une 
plus  ferieufe  reflexion  furie  plaifir  que  nos  fens  re- 


mf^n^imifmimmafa 


mnmrjm 

fi 


/V- 


PREFACE. 

çoivent  de  cette  proportion  ,  &  combien  au  con- 
traire les  chofes  qui  en  font  éloignées  leur  font 
defacreables,  comme  lesMuficicns  le  connoiflent  à 
tout  moment  dans  leur  fcience.  J'ay  travaillé  de- 
puis plufieurs  années  à  réduire  fous  une  règle  cour- 
te &  facile  la  pratique  de  ces  cinq  Ordres  d'Archi- 
tedure  ,  &  le  moyen  dont  je  me  fuis  fervi  pour  y 
parvenir  a  efté  tel.  r     •    j 

Lorfque  j'ay  voulu  par  exemple  me  lervir  de 
l'Ordre  Dorique  par  ma  Règle,  j'ay  remarqué  que 
celuy  du  Théâtre  de  Marcellus  eftoit  le  plus  uni- 
verfellement  approuvé,  c'eft  pourquoy  je  l'ay  pris 
pour  fondement  de  la  règle  de  cet  ordre ,  fur  lequel 
ayant  déterminé  les  parties  principales,  lors  que 
quelque  Moulure  ne  s'eft  pas  trouvée  conforme  à 
la  proportion  des  nombres,  comme  il  arrive  le  plus 
fouvent  par  la  faute  des  Ouvriers,  ou  par  d'autres 
accidens  qui  ne  laiflentpas  d'eftre  confiderables  fur 
de  petites  parties ,  alors  je  n*ay  point  fait  difficulté 
de  les  accommoder  à  ma  règle,  fans  m'éloigner 
beaucoup  de  leurs  mefures ,  faifant  valoir  cette  li- 
cence par  l'autorité  des  autres  Doriques  qui  ont  le 
plus  de  réputation,  dont  j'ay  pris  quelque  petite 
partie  pour  fuppléer  à  celuy  du  Théâtre  de  Mar- 
cellus :  fi  bien  que  de  cette  façon  je  n'ay  pas  fait  com- 
me Zeuxis  des  filles  de  Crotone ,  mais  félon  que 
mon  raifonnement  m*a  pu  conduire  ,  faifant  choix 
fimplement  des  Ordres  antiques  tout  enfemble,  je 
n'ay  apporté  de  ma  part  que  la  diftribution  des  pro- 
portions fondées  fur  des  nombres  fimples  fans  me 


1 


DE     ri  G  KT  0  L  K 


fervir  deBrafles,  de  Pieds,  &  de  Palmes  d'aucuns 
pais  5  mais  feulement  d'une  mefure  arbitraire ,  appcl- 
lée  Module,  diviféeen  un  certain  nombre  départies 
égales ,  comme  il  fe  verra  dans  chaque  Ordre  en  par- 
ticulier. Cela  apporte  une  fi  grande  facilité  à  cette 
partie  de  TArchitedurc ,  qui  eftde  (by  afîezemba- 
raffée ,  que  quelque  médiocre  efprit  que  ce  foit , 
pour  peu  qu'il  ait  d'inclination  pourcet  Art,  pourra 
tout  d'une  veuë,  &  fans  prendre  la  peine  de  beau- 
coup lire,  comprendre  le  tout,  &  s'en  fervir  inge- 
nieufemcnt. 

Quoy  que  je  n*euiîè  aucun  deffein  de  rendre  cet 
Ouvrage  public ,  je  me  fuis  néanmoins  laifle  vain- 
cre comme  tous  les  Auteurs  aux  prières  de  mes  amis 
qui  le  fouhaitoient,  &  encore  plus  à  la  genereufe  li- 
béralité de  Monfeigneur  le  Cardinal  Farnéfc ,  qui 
outre  les  obligations  extraordinaires  que  j'ay  à  fon 
illuftre  Maifon,  m'a  facilité  le  moyen  de  faire  ces 
diligences  ,  &  a  voulu  qu'il  ne  manquaft  rien 
pour  donner  cette  fatisfadtion  à  mes  amis,  ôcellre 
en  état  de  vous  prefenter  encore  dans  peu  de  temps 
quelque  autre  chofe  de  confidcrable  fur  ce  fujet,  fi 
vous  recevez  celuy-cy,  comme  je  Tefpere  :  Cen'efi: 
pas  véritablement  mon  intention  de  répondre  aux 
objeftions  que  quelques  perfonnes  m'ont  préparées^ 
car  je  laifle  à  l'Ouvrage  mefme  le  foin  d'y  fatisfai- 
re,  appuyé  du  jugement  des  perfonnes  intelligen- 
tes qui  repondront  à  ma  place  ,  s'il  ell  afl!ez  heu- 
reux pour  leur  plaire.  Cependant  fi  l'on  croit  que  la 
peine  que  j'ay  prife  foit  inutile ,  parce  qu'on  ne 


U    il 


P  R  E  F  u4  C  E    DE    V I  G  N  0  L  E, 


peut  donner  de  règle  certaine  fur  cette  matière, 
puis  qu'au  fentiment  de  tous,  &  de  Vitruve  mcl^ 
me ,  il  faut  fouvcnt  augmenter  ou  diminuer  les  pro- 
portions des  membres  &  dcsOrnemcns,  pour  fup- 
pléer  aux  endroits  où  la  veuë  fe  trouve  trompée 
par  quelque  accident  -,  je  répondray  qu'il  eften  ce 
cas  abfolument  necelîkire  de  déterminer  au  jufte 
ce  qui  doit  paroiftre  à  noflre  œii ,  afin  que  cela 
puifîe  fcrvir  enfuke  de  règle  confiante,  &  qui  foit 
exactement  fuivie>  ce  qui  fe  peut  faire  par  de  bel- 
les règles  de  Perfpe»5live  qui  font  certaines,  &dont 
j'efpcre  vous  donner  dans  peu  de  temps  une 'prati- 
que fi  necefîaire  à  T Architecture  &  à  la  Peinture, 
que  je  fuis  perfuadé  que  vous  la  recevrez  agréable- 
ment. 

Mon  defîein,  comme  j'ay  déjà  dit,  n'ayant  efté 
que  de  me  faire  entendre  à  ceux  qui  ont  déjà  quel- 
que connoillance  de  cet  Art,  je  n'avoispasmis  de 
nom  aux  Moulures  particulières  des  cinq  Ordres, 
que  je  fuppofois  que  l'on  connoiflbit.  Mais  comme 
j'ay  veu  par  expérience  que  cet  ouvrage  plaid:  en- 
core beaucoup  à  plufieurs  perfonnes  de  qualité 
qui  font  bien-aifes  de  pouvoir  entendre  ians  peine 
le  détail  des  Ornemens  de  T Architecture,  dont  ils 
fouhaiteroient  fçavoir  les  noms  en  particulier  5  je 
les  ay  mis  en  la  manière  qu'on  s'en  fert  ordinaire- 
ment à  Rome,  &  dans  l'ordre  qu'on  pourra  re- 
marquer ,  avertiflant  que  l'on  ne  parlera  que  dans 
l'explication  du  premier  Ordre  des  Moulures  qui  fe 
trouvent  communes  à  tous  les  autres. 


mgmm 


Des 


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TYij,    riGURES  I>ES  FRI>JCIP£S  DELA  GEOMETRIE  EXPLiqUEESPAKS  EES  DEFIANT iTlpy S  .  /■.,,. 


Y 


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\.'i 


DES    M  0  V  L  V  R  E  S. 


Des  Moulures,  &  de  la  manière  de  les  bien 
profiler. 

COmme  ce  Livre  contient  les  principes  de  VAr- 
chîteBiirey  fay juge  à  propos  déparier  d'abord 
des  Moîduresqîiienfo/iîlesekmens^  &  delamamere 
de  les  profiler. 

L Es  Moulures  fontàî'Architeaure  ce  que  les  Lettres  font 
à  1  écriture.  Or  comme  par  la  combinaifon  des  caraâ:e- 
res  il  fe  fait  une  infinité  de  mots  en  diverfes  langues;  aufli 
par  le  mélange  des  Moulures  on  peut  inventer  quantité  de 
profils  difFercns  pour  toutes  fortes  d'Ordres,  &  decompofi- 
tions  régulières  &  irreguliercs  :  Mais  comme  en  Architedu- 
re  il  ne  fe  doit  rien  faire  qui  ne  foit  fondé  fur  la  Nature  & 
fur  la  Géométrie  ,  &  que  fes  règles  ne  font  pas  fi  arbitraires 
que  quelques-uns  fe  l'imaginent  ;  on  doit  fçavoir  que  le 
contour  de  chaque  Moulure  eft  établi  fur  la  Géométrie,  & 
que  de  mefme  qu'il  n'y  a  que  trois  natures  de  lignes  en  Géo- 
métrie qui  font  la  droite,  la  courbe  &  la  mixte  ;  auffi  n'y  a- 
t-il  que  trois  efpeces  de  Moulures,  fçavoir  des  Moulures 
quarrées ,  des  rondes ,  &  de  celles  qui  font  compofées  de 
ces  deux  natures  de  lignes.  C'eft  pourquoy  l'on  peut  remar- 
quer dansl'ArchitcâureGothique,  queceuxquil'ontinven- 
tée  s'efiant  voulu  éloigner  de  ces  figures  parfaites,  ne  les  pou- 
vant, ou  ne  les  voulant  pas  imiter,  &  ayant  aifedé  de  fe  fer- 
vir  des  plus  imparfaites  pour  diftinguer  leur  Architedure  de 
la  Grecque  &  de  la  Romaine,  ils  ont  inventé  une  manière 
de  Moulures  &  d'Ornemens  ridicules  -,  ce  qui  a  rendu  leurs 
Ouvrages  defagreables  à  voir,  fur  tout  quand  l'on  a  veu  les 
Ouvrages  antiques.  Des  Moulures  les  unes  font  erandes 
comme  les Doucines,Oves,  Gorges,  TalonsTores&  Scories, 
&  les  autres  font  petites  comme  les  Rlets,  A ftr égales  &  Con- 
gez.  Ces  petites  Moulures  fervent  à  couronner  &  à  feparer 


u  ii; 


DES    MOVLVRES. 


les  grandes,  &  pour  leur  donner  aufli  plusde  relief  &  dedi- 
ftindion.  Le  Cavet,  le  Qaart-de-rond  &  le  Tal  ;n,  fe  font 
auffi  quelquefois  fort  petits,  comme  entre  les  faces  des  Ar- 
chitraves &  des  Archivoltes,  &  aux  Chambranles.     ÎVlais 
pour  la  Doucine,  le  Larmier,  le  Denticule,  &  la  Platte- 
bande  de  modillons ,   ces  Moulures  font   toujours  gran- 
des ,  &  couronnées  de  plus  petites.     L'Ove   ou  Quart- 
de-rond  &  le  Talon  dans  les  Corniches  font  auflî  des  gran- 
des Moulures  &  couronnées  de  plus  petites.  Le  Tore  petit 
&c  grand,  ainfi  que  la  Sentie,  qui  fait  prefque  le  contraire 
effet  du  Tore,  ne  fervent  gueres  qu'aux  Bafes,  &  font  di- 
ftinguées  par  des  Liflels  &  Aftragales.  Toutes  ces  Moulures 
fe  tracent  différemment ,  félon   la  diftance  d'oii  elles  doi- 
vent eftre  veuës  ;  ce  qui  doit  régler  la  faillie  ou  retraite  qu'on 
leur  veut  donner.  Les  plus  belles  Moulures  font  celles  dont 
le  contour  efl- parfait,  comme  le  Quart- de-rond,  &  le  Cavet 
ayant  le  quart  de  Cercle,  &  le  Talon  &  la  Doucine  tracée 
de  deux  portions  de  Cercle  égales  par  un  triangle  équilateral, 
les  Moulures  quarrées  doivent  eftre  d'équerre  &  à  plomb. 
Les  Aftragales  dont  le  contour  eft  ordinairement  des  trois 
quarts ,  ou  des  deux  tiers  de  leur  circonférence ,  doivent 
eftre  dégagez  des  plus  grandes  Moulures  par  un  petit  filet 
enfoncé  qui  eft  prefque  imperceptible,  que  les  MalTbns  nom- 
ment le  coup  de  crochet,  &  les  Menuifiers  le  grain  d'Orge. 
Rarement  les  Moulures  excédent  en  faillie  leur  hauteur  ,  fi 
ce  n'eft  le  Larmier  ;  mais  alors  il  eft  bon  de  refouiller  fon 
plafond  en  canal,  &  faire  la  Mouchette  pendante.     Or  pour 
tracer  toutes  ces  Moulures,  il  eft  neceffaire  de  quelques  prm- 
cipes  de  Géométrie  pour  en  connoiftre  les  figures  ;  comme 
de  fçavoir  que  le  Triangle  équilateral  a  trois  coftez  &:  trois 
angles  égaux ,  que  le  quart  de  Cercle  eft  la  quatrième  partie 
de  la  circonférence  d'un  Cercle,  &  que  la  ligne  à  plomb  fur 
celle  de  niveau  forme  deux  angles  égaux  ,  &  sinfi  des  autres; 
ce  qu'il  eft  facile  de  comprendre  parla  planche  des  Moulures 
tracées  géométriquement,  ou  les  lignes  ponduées  fervent 


/»/.  ^.  DESMOVLVKhS. 


Vi 


Termes  de*  Ouvriers  Termes  des  Auteurs 


Qu^Z7~t  dit   Txrrui 


cnc   .   .  .  éscAirve  ^^ti'a^aUe.  JL  csàicn  . 


^^m^-c^e^4<x■,    Caueir 


Crirrt7£^ 


ri'fiucTve .  ortTvf 


O. 


ûXL- .   .   .  ùscafycûtt. 


j-tc.   ......   Cj^^m^use 2^esiz^n£ 


Ctu- &u^u/c&-ûr^e  et  Cym^ise 


o■<mt^^r•c    ^4l^Ttu:A£it£    .    .    .   .  ûv. Ccrur-imm  ,er  Zar-mter. 


\TLz/bn4 


S^fit^ 


^/tLmJure  inuLU.endemz-c^z^ur-.    .  cnc 'Turc    C-yrcnripu 


-7^:1 


^ 


MOULTJILXS  ATJ  TKAIT         MOTJX,XJTlIlS  o:MB»M-S 


iv  DESMOVLVRES. 

T^— ~T—*— wTwTin  r-' ■  —  ' ■iiM.«jLi.Tng-i5  ,*jiiS9:massmasmjn\  i—iiii  iiiiimaiiuiii. g,tj;jiiiij|> 

à  faire  l'opération  ,  comme  les  lignes  pleines  pour  mar- 
quer le  contour  des  Moulures  &  les  petites  croix  les  centres 
où  pofe  la  pointe  fixe  du  Compas.  Il  y  a  encore  d'autres 
Moulures  ,  qui  n'eftant  pas  tracées  avec  le  compas  font 
un  bon  effet  comme  celles  qui  reffemblent  à  la  moitié  d'un 
cœur,  les  Doucinesfort  baffes,  les  Scotiesen  demy  ovale  & 
traits  corrompus,  &  plufïeurs  autres  qui  reçoivent  leur  con- 
tour de  l'endroit  oii  elles  doivent  eflre  mifes  ;  Ces  fortes  de 
Moulures  fervent  aux  Profils  des  Chambranles,  aux  Qua- 
dres  de  Compartiments ,  &  de  Tableaux  &  aux  Bafïinsde 
Fontaines  où  les  Moulures  doivent  avoir  peu  de  relief. 

L'Art  de  bien  profiler  eft  une  partie  très  -  necelfaire  pour 
exceller  dans  l'Architedure  ,  puisque  tel  rtùffit  dans  la  dif- 
tribution  d'un  Plan  ,  &  dans  la  belle  çompofition  d'une  Faça- 
de, qui  diminue  fouvent  h  beauté  de  fon  ouvrage  par  le  mau- 
vais effet  de  fes  Profils.     La  manière  antique  efi  plus  hardie 
que  correfte  ainfl  que  celle  de  Michel  Ange.  Les  plus  beaux 
Profils  font  les  moins  chargez  de  Moulures,  où  elles  font  le 
moins  répétées  &  méfiées  alternativement  de  quarrées&  de 
rondes  j  mais  fur  tout  qu'il  y  en  ait  toujours  de  petites  entre 
les  grandes  pour  les  faire  valoir  par  leur  comparaifon  :  il  faut 
que  la  faillie  du  Profil  foit  proportionnée  à  fa  hauteur  par 
raport  au  corps  qu'il  doit  couronner:  &r  tâcher  qu'il  yaittoii- 
jours  quelque  grande  Moulure  qui  maiftrife  dans  le  Profil, 
comme  le  Larmier  dans  la  Corniche  qui  efl  la  Moulure  la 
plus  eflenticUe  &  qui  fe  trouve  obmife  dans  quelques  ouvra- 
ges de  grande  réputation ,  comme  au  Temple  delà  Paix  à 
Rome.     Il  efl  bon  d'éviter  l'égalité  des  Moulures  dans  un 
Profil,  en  forte  qu'elles  doivent  eflre  de  différentes  hauteurs, 
&  lors  qu'une  Moulure  en  couronne  une  autre  elle  ne  peut 
eflre  plus  haute  que  de  la  moitié  de  celle  qu'elle  couronne, 
ny  moins  du  tiers,  comme  le  filet  fur  le  talon,  &raflragale 
fous  l'Ove  ne  doit  eflre  moindre  du  quart,  ny  plus  fort  que 
le  tiers  del'Ove,  ledcnticuledoit  eflre  la  plus  haute  des  Mou- 
lures fous  le  Larmier  ,  &  le  Larmier  peu  moins  fort  que  la 


Cyraaife; 


DES    MOVLVRES. 


Cvinaife  ;  aulli  eit-il  trop  bas  aux  Ordres  Corinthiens  du 
Panthéon  tant  au  dehors  qu'au  dedans  :  le  Talon  ne  doi: 
point  eftre  arrondi  par  le  haut  conîme  celuy  de  TArchitrave 
de  l'Arc  de  Conftantin  ^  le  Contour  de  la  Doucine  doii 
eftre  coulant,  dont  la  partie  concave  doit  eftre  égale  à  la 
convexe.  Phiîbert  de  Lorme  &  plufieurs  autres  Architedes 
ont  incliné  en  dedans  le  haut  du  Larmier  des  Corniches ,  &: 
les  faces  des  Architraves,  pour  éviter  à  ce  qu'ils  prétendent, 
la  faillie  ;  cette  pratique  eft  défedueufe ,  (  quoy  qu'il  s'en 
trouve  quelques  exemples  Antiques  )  parce  qu'il  faut  que 
les  Moulures  quarrées  foient  à  plomb  &  d'équerre.  Jamais 
une  Corniche  ne  doit  eftre  couronnée  par  un  membre  rond  ; 
&  fans  arrefte  comme  une  Aftragale  (quoy  qu'il  y  en  ait  des 
exemples;)  mais  parunLiftel  &  Plattebande.  La  proportion 
des  Modillons  cft  telle  que  leur  efpace  qui  doit  eftre  quarré 
dans  le  Plafonds  du  Larmier  foit  le  double  de  la  largeur  de 
leurnud,  ainii  leur  faillie  fera  le  double  de  cette  largeur.  Les 
trois  parties  de  l'Hntablement  tiennent  la  proportion  que 
leur  donne  chaque  Ordre. 

Or  pour  bien  juger  du  choix  que  Ton  doit  faire  des  Profils, 
il  ne  faut  pas  feulement  s'arrefter  aux  Deffeins &: aux  Livres, 
mais  s'inftrUire  par  les  ouvrages  mefmes,  parce  que  la  fitua- 
tion  des  Profils  eftant  de  grande  confequence  pour  les  ren- 
dre propres  à  la  place  où  on  les  veut  employer,  il  faut  par  h 
comparaifon  des  ouvrages  fe  faire  une  bonne  manière  de 
profiler  comme  l'ont  eue  Vignole  &  Palladio. 

Quoy  que  l'Art  de  profiler  foit  ainfique  j'ay  ditcy-deffus, 
fondé  fur  la  Géométrie ,  comme  le  deiïein  y  doit  avoir  pour 
le  moins  autant  de  part  que  cette  fcience,  il  faut  accommoder 
fes  Profils  à  l'œil  &  n'eftre  pas  obligé  de  fe  fervir  du  Com- 
pas &  delà  Règle  pour  les  moindres  Moulures,  afin  de  prati- 
quer cette  partie  d'Architedure  fi  necelîaire,  avec  une  gran- 
de facilité  ;  ainfi  pour  s'inftruire  il  fe  faut  exercer  à  profiler 
plûtoft  en  grand  qu'en  petit ,  parce  que  l'effet  en  eft  plus 
le;ifible. 

mÊiÊmmmÊmmiÊmmÊmmmmmmmmmimimmmmtmmia^'^mÊmmmmmmm 


vj 


DES    ORNEMENS, 


Des  Ornemens  des  Moulures. 
T  E  nombre  des  Ornemens  eftant  prefqueinfini^jay 
Lj feulement  donne  les  plus  ujîtez  &  les  plus  conve^ 
nables  à  chaque  Moulure ,  &fay préféré  ceux  de  Fi- 
gnole à  ceux  des  autres  Architehes  i  parce  qu'il  a  le 
plus  fuivi  l'Antique  dans  f es  Ornemens ,  &  qu'il  le  s 
a  dejjînez,  d'une  grande  manière. 

COMME  il  efî  neceflaire  que  l' Architedure  foit  propor- 
tionnée à  la  dignité  du  lieu  qu'elle  décore  ,  fes  Or- 
nemens doivent  eftre  mis  fi  à  propos  qu'il  n'y  en  ait  aucun 
qui  ne  ferve  à  faire  connoître  le  jugement  de  l'Architeâie 
&  l'ufage  de  l'Edifice;  auffi  voit-on  que  les  Anciens  ne  les 
ont  point  employez  par  hazard,  puifque  parles  moindres 
fi-agmcns  on  a  connoifTance  de  leurs  Temples,  Bafiliques, 
Arcs  de  Triomphes,  &  autres  Edifices  qui  fervoientplûtoftà 
la  décoration  qu'à  l'utilité  publique.  Mais  fans  parler  de  tous 
les  Ornemens  qui  entrent  dans  la  compofition  des  Ordon- 
nances, je  diray  feulement  que  pour  ceux  qui  enrichiffentles 
Moulures;  ils  font  ainfi  que  les  autres  ouindifFerensoufignifi- 
catifs;  ceux  qui  font  indifFerens  fe  mettent  fur  les  Moulures 
fans  aucune  confequence  ;  mais  les  fignificatifs  doivent  eftre 
propres  &  fervir  de  fymboles  pour  faire  connoiftre  l'Edifice 
par  quelques-unes  de  fes  parties. 

Les  uns  &  les  autres  fe  travaillent  ou  de  relief  fur  les  Mou- 
lures, ou  fouillez  dan^  icelles ,  comme  le  Quart-de -rond  qui 
peut  eftre  orné  de  petites  feuilles  ou  coquilles  taillées  fur  le 
nud  de  Ton  contour ,  ou  bien  d'Oves  foiiillez  au  dedans  com- 
me on  les  fait  ordinairement,  parce  que  cette  Moulure  eftant 
circuliire  &  de  grand  relief,  elle  deviendroit  trop  pefante  fi 
elle  eftoit  ornée  par  le  deffus:  ainfi  que  les  Baguettes,  où  l'on 
taille  des  perles,Patenoftes,Olives  &  Cordelières.  On  fait  tout 
le  contraire  pour  les  Moulures  creufes  comme  le  Cavet  &  la 
Scotie  dont  les  Ornemens  font  plûtoft  taillez  en  dehors  de 


n  B,  DBSMOVLVRES. 


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YzX^'"^^^j:^^''^'^-^''''--^'-\^^^^  I  r...^.^?.^..^ 


BaçiuUe  jueé: nv  ''\^^uUtg  ar^c  ruAans        Canaux  au^^Tiû^e^iux etfiutlUjdi  rv/Yrn^ 


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mm^mÊmw^smWi 


MOILXJRBS  COI  RONNEKSKT  OR^EKS 


ORT^EMENS 


ieur  Contour.     Les  plus  communs  Ornemcns  &  d^  nt  on  (e 
•ert  indifféremment  pour  toute  forte  de  fujtts  font  les  Oves, 
qui  font  de  plufieursmanieres.lesRays  de  Cœur,  ks  Fleurs  & 
R  ailles  tant  naturelles  que  grotefques,  les  Fruits  de  diverfes 
espèces  desCanaux  qu'onnornme  Portiques,  &  une  infinité 
d'autres  qu'on  peut  voir  aux  Edifices  Antiques.    Toutefos  f  i 
ces  Ornemens  ne  font  ménagez  avec  beaucoup  d'Art ,  les  Pro- 
hls  en  reçoivent  plûtoll:  de  la  confufion  &  de  la  pefanteur 
que  de  la  richcirc&:  de  la  légèreté.     La  re^le  la  plus  générale 
efl     que  les  Moulures  foient  taillées  &  lifles  alternativement, 
afiV  que  cette  fimplicité  entre  celles  qui  font  ornéesdonncun 
repos  &  une  harmonie  dont  l'œil  refte  extrêmement  fatisf^it. 
Par  exemple ,  il  ne  faut  prefque  jamais  orner  la  face  du  Lar- 
mier d'une  Corniche  nycelled'un  Architrave  ou  d  un  A rchi- 
volte,  finon  aux  endroits  où  il  faut  une  grande  richelfed  Ar- 
.  hitedurccommeauxRetables  d'Autels  où  toutes  les  moulu- 
res peuvent  eflre  taillées,  excepté  celles  qui  les  feparent&  cou- 
ronnent  comme  les  Filets. Tous  les  Ornemens  comme  les  Oves, 
Ray  s  de  Cœur,  Denticules,  Perles ,  Olives  &  aiitres  qui  en- 
richiffent  les  Moulures,  doivent  répondreap  omb  lesunsfur 
les  autres  ;&  les  plus  grands  comme  les  Modillons&lesDen» 
ticules  règlent  les  plus  petits.  Il  faut  auffi  remarquer  que  es 
Ornemens   doivent  convenir  aux  Ordres  ;  de  forte  que  les 
plus  riches  foient  employez  aux  plus  délicats,  comme  au  Co- 
rinthien &  au  Compofite  :  &  qu'au  contraire  il  eft  prefque 
mutile  d'en  mettre  au  Tofcan  &  au  Dorique.  Il  faut  auffi 
dans  la  décoration  des  Façades  que  toutes  les  parties  en  foient 
ornées  par  proportion  des  unes  aux  autres  ;  de  forte  qu  il 
a'yenaitpas  de  fimples  &  deflituées  d'Omemens  lorlque 
quelques-unes  font  enrichies  avec  profufion  ;  parce  quel  Ar- 
chitedure  tirant  fes  proportions  du  corps  humain,  fes  Orne- 
mens lui  doivent  eftre  auffi  convenables  que  la  parure  dans  les 
habillemens;  auffi  comme  les  Anciens  ne  les  ontpointinven 
tcz  fans  raifon  :  on  peut  à  leur  imitation  en  inventer  qui 
ayent  rapport  au  fujet  qu'on  traite.  Outre  les  Orncmensdes 


DES    MOVLVRES. 


\x 


Moulures  jI  y  en  a  d'autres,  comme  ceux  de<:  Frifes,  où  les 
Anciensontreprefentéen  bas  relief  diverfes  Hiftoires  ,  Myf- 
teres&  Inftramens  de  leur  Religion  :  on  peut  faire  des  IVlaf- 
ques  &  des  Teftes  d'une  variété  prefque  infinie  ;  maib  il  eft 
extrêmement  contraire  à  la  bien-léance  d'en  mettre  de  opo- 
tefques  &  de  profanes  dans  des  lieux  Saints,  comme  a  fait 
Michel- Ange  au  Tombeau  du  Pape  Paul  Troifiéme,  dansl'H- 
glife  defaint  Pierre  de  Rome;  &  comme  on  voit  quel' Archi- 
tedure  Gothique  ef> remplie  de  Chimères,  Harpies  &  Ani- 
maux difformes  qui  ne  fîgnifient  rien  :  puifque  dans  les  Egli- 
fes  il  ne  doit  y  avoir  que  des  Images  de  Chérubins,  de  Ver- 
tus &  autres  Attributs  de  la  Religion.  Les  Confoles  font  auf- 
fî  employées  avec  beaucoup  de  grâce  pour  porter  les  Corni- 
ches, ou  fcrvir  de  Clefs  aux  Arcades:  &  leurs  feuilles  doivent 
eftre  de  la  mefme  efpeceque  celle  du  Chapiteau,  s'il  y  a  un 
Ordre  à  la  Façade.  11  fefautauffi  garder  de  mettre  des  Anges 
&  autres  figures  de  Saints  pour  porter  des  Entablemens  à  la 
place  des  Thermes,  Perfans  &  Cariatides.  Les  Trophées, 
Feftons,  Buftes,  Vafes  &  plufieurs  autres  Ornemenscontri- 
buent  beaucoup  à  la  décoration  des  Façades,  comme  on  le  fera 
voir  dans  la  fuite  de  ce  Livre.  Il  it  trouve  des  Fragmens 
antiques  qui  marquent  que  les  Edifices  en  ont  efté  d'une  ri- 
chefle  tropconfufe,  comme  on  voit  par  un  Profil  Corinthien 
des  Thermes  de  Diodetien  rapporté  dans  le  Parallèle  &  à 
l'Arc  des  Orphévres  à  Rome. 

II  faut  remarquer  dans  la  manière  de  tailler  les  Ornemens, 
que  ceux  des  Profils  du  dedans  doivent  a  voir  moins  de  relief 
que  ceux  du  dehors  :  à  quoy  la  grandeur  de  l'ouvrage  contri- 
bue encore,  par  ce  que  fi  l'Edifice  eft  Colofîal,  il  n'a  pas  be- 
foin  de  quantité  d'Ornemens,mais  beaucoap  fouillez ,  fur  tout 
au  dehors,  pour  leur  donner  un  grand  relief.  Toutes  ces  ob- 
fervations  font  générales,  laifïant les  particulières  à  la  corre- 
dion  &  au  bon  gouftde  l'Architede. 


DV    CHOIX, 


DU    CHOIX    DES    PROFILS. 

C±*Ay  crû  ajCil  eftoiî  ne  cejf aire  pour  faire  voir  le 
J différent  goût  qui  fe  trouve  dans  les  Trofils^d'en 
donner  deux  exemples  Antiques  &  deux  Modernes^ 
par  lef  quels  on  pût  juger  de  leur  dijiin^ion. 

A  Prés  avoir  parlé  des  Moulures  en  gênerai  &  des  Orne- 
mens  qui  leur  conviennent,  pour  faire  connoître  que  la 
différence  des  Profils  confilte  dans  le  différent aflembl âge  de 
ces  mefmes  Moulures,  j'ay  choifi  quatre  Profils  de  l'Ordre 
Ionique  ,  quieft  celuy  qui  tient  la  moyenne  proportionelle 
entre  le  folide  &  le  délicat,  le  fimple  &  le  riche.  J'en  ay  mis 
deux  antiques  dont  le  plus  beau  efttiié  des  Thermes  de  Dio- 
cletien,  Sd  par  confequent  bâti  dans  un  temps  où  l'Architec- 
ture eftoit  encore  dans  fa  pureté:  &  l'autre  du  Temple  de  la 
Fortune  Virile  qui  a  efté  fait  à  ce  qu'on  tient  bien  auparavant 
&  fous  les  Rois  de  Rome,  où  la  connoiilance  que  les  Ro- 
mains pouvoient  avoir  des  Arts  efloit  proportionnée  à  la 
puiffancede  leur  République  nailfante.  J'en  ayauffi  rapporté 
deux  Modernes  dont  le  moindre  eft  celuy  de  Serho,  qui  n'a 
pas  acquis  ce  goût  excellent  qui  fe  trouve  dans  les  Ouvrages 
de  Palladio.;  ainfi  on  peut  dire  que  ces  Profils  font  de  quatre 
différentes  manières,  dont  celuy  des  Thermes  de  Diocletien 
fera  nommé  de  manière  proportionnée,  comme  celuy  de  la 
Fortune  Virile  eft  au  contraire  fort  difproportionné:  &  le 
Profil  de  Serlio  fe  trouvera  d'une  manière  (eche  &  mefquine 
en  comparaifon  de  celuy  de  Palladio,  qui  eft  d'une  manière 
gratieufe  &  d'une  élégante  proportion. 

Pour  faire  une  jufte  Critique  de  ces  quatre  Profils,  il  les 
faut  obferver  l'un  après  l'autre  ;  &  commençant  par  celuy  du 
Temple  de  la  Fortune  Virile  fans  avoir  égard  à  l'Ordre  qu'il 
couronne  dont  il  ne  s'agit  pas  à  prefent,  mais  le  regardant  par 
luy-mefme,  on  trouvera  que  les  trois  parties  qui  lecompofent 


PL  C 


V  E  S    PROFILS. 


n 


Du  T^etnple  de  la  Forhuie 
Vtri/e   a  Jtcrme  .. 


Profil  Ionique 
de  Ser-lio  . 


__9 
JZ)<^j-  U h.'r-mes     oe 

Dtocletien  a.    Rome 


Frofil  Jcniiûue  de  PaUadt< 


L^ 


T 


pxtc><«~t^-^'gv^->A.xjvx^xW>.y<^>'^;^  • 


pRoriLS  loyiqxjji^s  ANïiqrEs  ET  ^toPEuisrils 


j^,       B  V     C  H  O  r  X    DES    PROFILS. 


n'ont  point  de  rjpnort  entre  elk-s  :  que  h  Frifeeft  extrême 
ment  petite  n'ayant"  que  les  deux  cinquièmes  de  h  hauteur  de 
h  Corniche,  &  environ  les  deux  tiers  de  celles  de  l'Architra- 
ve: &  que  cette  Corniche  eft  plus  de  la  moitié  de  l'Entable- 
ment; que  le  Larmier  n'a  pas  la  moitié  delaCymaife  :que  le 
Talon  qui  le  couronne  eft  prefque  auflî  puiOTant  que  le  Lar- 
mier :  que  les  Denticules  font  quafi  quarrées  &  plus  hautes 
que  le  Larmier:  que  les  trois  fafces  de  l'Architravefontà  peu 
prés  égales  &  auffimal  feparées  par  des  Chamfrains,  que  mal 
couronnées  par  un  Talon  dont  le  Filet  eft  auflî  haut  que  ce 
Talon;  &  qu'enfin  cet  Aftragale  taillé  d'Olives  &  de  Perles  à 
la  deuxième  fafce  eft  mis  fort  mal- à- propos. 

Quant  à  l'Entablement  des  Thermes  de  Diocletien  l'Archi- 
trave eft  plus  haut  que  la  Frife  qui  eft  liffe  &  bombée ,  &  la 
Corniche  plus  haute  que  l'Architrave ,  comme  elle  le  doit 
eftre  :  la  faillie  de  cette  Corniche  eft  égale  à  fa  hauteur,  auflî 
Vi^nole  a-t-il  imité  ce  Profil  pour  fa  beauté.  J'aytiré  ce  mor- 
ceau d'après  une  Eftampe  très-rare  gravée  à  Anvers  en  l'année 
1 558.  fur  les  defleins  de  Sebaftien  d'Oya  Architede  de  Phi- 
lippe IL  Roy  d'Efpagne. 

Pour  ce  qui  eft  du  Profil  de  Serlio,  on  remarque  que  bien 
qu'il  ait  fuivy  la  doctrine  de  Vitruve ,  il  eft  pourtant  fort 
éloigné  de  Palladio  qui  s'eft  toujours  conformé  aux  plus  par- 
faits Antiques  ayant  imité  les  Modillons  du  Temple  de  la 
Concorde,  &  d'une  Antiquité  prés  faint  Adrien  rapportée 
par  Serlio;  mais  que  fon  Profil  furpaffe  en  beauté  ces  Anti- 
ques,  au  lieu  qu'à  ceîuy  de  Serlio  la  Corniche  eft  tropfoible 
dans  le  tout  (  n'étant  gueres  plus  haute  que  l'Architrave)  & 
dans  les  parties  par  de  petits  Filets  qui  la  rendent  chetive  & 
le  Profil  affamé.  Le  Filet  far  laCymaift  eft  trop  petit  de  la 
moitié  ainfi  que  les  autres:  la  Plate- bande  des  Denticules 
rrop  faillante  de  la  largeur  d'une  Denticule  :  ce  Membre  tail- 
lé eft  mal  couronné  &  malfoûtenu  par  depetits  Talons j  &:  le 
bec  de  la  Mouchette  pendante  eft  trop  foible. 


wfmmmmmmmmmm 


DES 


D  ^  s    CINQ     ORDRES, 


DES    C  I  N  Q^  ORDRES 

en  gênerai 

AY  A  N  T  à  traiter  des  cinq  Ordres  de  Colon- 
nes, qui  font  LE  Toscan  ,  le  DoRiqLTE, 
l'Ionique,  le  Corinthien  &  le  Composite, 
j'ay  crû  qu'il  eftoit  à  propos  pouren  donner  d'abord 
une  idée  générale  d'en  delîiner  les  Figures,  fans  pour- 
tant y  marquer  leurs  mefures  particulières ,  parce 
qu'en  cecy  mon  defTein  n'eft  autre  que  de  rcprefen- 
tertout  d'un  coup  l'effet  d'une  règle  générale  dont 
je  feray  dans  la  fuite  l'application  à  chaque  Ordre 
en  particulier. 

COmme  il  faut  que  la  connoifTance  générale  de  chaque 
chofe  précède  la  particulière  ,  &  qu'il  s'agit  icy  des  Or- 
dres dont  Vitruve  ,  Daniel  Barbaro,  Scamozzi  &  plufieurs 
autres  ont  donné  des  définitions  encore  plus  obfcures  que  s'ils 
n'enavoient  point  parlé,  on  doit  fça  voir  que  le  mot  d'Ordre, 
qui  eft  oppofé  à  celuy  deconfufion  ,  ne  fignifie  autre  chofe 
qu'un  arrangement  régulier  départies  pour  compoferun  beau 
tout-enfemble  ;  cette  définition  eft fi étendue,  quedanstou- 
tes  chofes ,  s'il  n'y  a  de  l'ordre  ,  de  l'arrangement  &  de 
la  régularité  ,  le  cahos  qui  s'en  forme  les  rend  impénétrables  à 
l'intelligence.  Le  mot  d'Ordonnance  dont  fe  fert  Vitruve  a 
tant  de  fignifications  en  François  Coii  il  eft  un  terme  de  Pa- 
lais,  de  Médecine  &  de  Finance)  qu'on  ne  peut  pas  dire  qu'il 
foit  propre  à  TArchiteâure,  fi  l'on  ne  s'enfert  au  mefme  fcns 
que  ks^  Peintres  s'en  fervent  lors  qu'ils  veulent  parler  de  la 
compofition  d'un  Tableau;  caries  Architedes peuvent  par- 


*    >  <    I"  ^^imrmmmmm 


wmi^mmmm^mmmmmmÊÊm 


DES     C  J  N  O     ORDRES 


Lrde  lamcrme  manière  de  h  compofition  d'un  Bafliment, 
mais  en  ce  fens-là  ce  terme  ne  fera  en  uL.ge   qu'en  parlant  de 
tout  l'Edifice  &  non  pas  d'une  Colonne  feparce  avec  Ton  En- 
tablement; c'eftpourquoyfanss'arrefter  à  unmotquerufage 
aconfirmé,  ilfuffitde  connoiftrequ'ily acinq  Ordres  dont  il 
y  en  a  trois  Grecs  qui  font  le  Dorique  ,  l'Ioniqe  ,  &  le  Co- 
rinthien ;&  deux  Italiens  LE  Toscan  &  le  Composite: 
que  les  troii  Grecs  repreCentent  les  trois  manières  de  baftir, 
hfolide  ,  la  délicate  &  la  moyenne  ;  &  que  les  deux  Italiens 
font  des  produdions  imparfaites  de  ces  Ordres.     Ce  qui  fait 
connoiftre  le  peu  d'eOime  qu'en  ont  fait  les  Romains,  c'eft 
qu'il  ne  fe  trouve  point  d'exemple  Antique  où  ils foient méf- 
iez enfemble,  &  quoyque  le  Dorique  du  Colizée  à  Rome 
n'ait  point  de  Triglyphesny  de  Métopes,  fanslefquelsilfem- 
ble  que  le  Dorique  ne  peut  pas  eftre  appelle  de  ce  nom,  ce- 
pendant le  Profil  en  eft  Dorique  plûtoft  que  Tofcan.     L'abus 
que  les  Modernes  ont  introduit  dans  le  mcfiange  des  Ordres 
Grecs  &  Latins,  vient  de  leur  peu  de  reflexion  fur  l'ufage  qu'en 

ont  fait  les  Anciens. 

L'origine  des  Ordres  eft  prefque  auffi  ancienne  que  la  io- 
cieté  des  hommes.  La  rigueur  des  faifons  leur  fit  d'abord  in- 
venter de  petites  cabanes  pour  fe  retirer  &  avoir  du  jour  à  la 
diifcrence  des  cavernes  des  bcftes  féroces  qui  font  obfcures. 
Ils  les  firent  au  commencement  moitié  dans  la  terre,  &  moi- 
tié dehors  &:  les  couvrirent  de  perches  avec  du  chaume  ou  de 
la  terre  comme  font  couvertes  les  glacières ,  enfuite  devenant 
plus  induftrieux  ils  plantèrent  des  troncs  d'arbres  debout  & 
en  mirent  d'autres  en  travers  pour  porter  la  couverture  ,  ce 
qui  donna  l'idée  d'en  redifier  la  conftrudion  ;  caries  troncs 
d'arbres  debout  reprefentent  les  Colonnes  ;  les  liens  ou  hares 
de  bois  verd  qui  fervoient  pour  empefcher  les  troncs  de  s'é- 
clater ,  expriment  les  Bafes  &  les  Chapiteaux  ;  &  les  Som- 
miers de  travers  ont  donné  lieu  aux  Entablements,  ainfique 
les  couvertures  en  pointe  aux  Fronton  s,  ce  que  l'on  peut  voir 
dans  Vitruve  oii  la  conjeaure  qu'il  tire  pour  donner  l'ongme   I 


^mmmmtmmmmmmff^'^* 


£  i\r    G  E  N  t  K  A  Ll 


<j^ue       ConuHiicu    Compoilt-e;î 


XES  Ciyq^  QIIDRE^  Dj:  XATtCHITECTlTRxl) 


^  D  E  s     C  I  N  O     O^R  D  R  E  S 

ic  l'Architedure  eft  fort  Yrsy-fcmblable,  Ce  que  Monlkin 
lilondd  Diredeur  de  l' Acidcmie  Royale  d' Architedure  a  fort 
clairement     expliqué    dans   le    Cours  qu'il  en  a  compoîe. 
Il  y  en  a  d'autres  qui  ont  crû  que  les  colonnes  venoicnt  des 
Pyramides  que  les  Anciens  clevoient  fur  les  Tombeaux  ,   & 
que  les  Urnes  oii  eftoient  renfermées  leurs  cendres  rcprefen- 
roient  le  Chapiteau  dont  le  Tailloir  étoit  une  brique  qu'ils  met- 
toient  pour  couvrir  ces  Urnes:  mais  l'opinion  de  Vitruve  ef> 
plus  recevabic  que  celle-cy ,  qui  eft  plus  éloignée  de  la  natu- 
re &  de  Tordre  de  la  conftruftion  ;     enfuire  les  Grecs  plu? 
éclairez  que  les  autres  peuples,  ont  réduit  la  h;mteur  des  Co- 
lonnes fur  les  proportions  du  corps  humain.  Le  Dorique  re- 
prefente  la  taille  d'un  homme  d'une  nature  forte,  l'Ionique 
celle  d'une  femme  ,   &  le  Corinthien  celle  d'une  fille.     Les 
Bafcs  &  les  Chapiteaux   font  comme  leur  chauflure  &  leur 
coéffare;  &  ces  Ordres  ont  tiré  leurs  noms  des  peuples  qui 
les  ont  inventez.     Scamozzi  fe  fert  de  termes  fignificatifs 
pour  exprimer  leur  caraftcre  ,     lors  qu'il  nomme  le  Tofcan 
le  Gigantefque,  le  Dorique  l'Herculéen,  l'Ionique  le Ma- 
tronal,  le  Compofite  l'Héroïque  ,  &  le  Corinthien  le  Vir- 
ginal. 

Et  afin  de  donner  une  idée  générale  des  Ordres  pour  m- 
flruire  les  perfonnes  qui  n'eftans  pas  de  la  profefTion  fe  con- 
tentent d'en  avoir  une  légère  connoifTance  pour  en  parler  ju- 
fte,  il  en  faut  faire  connoiftre  la  diPcincftion ,  qui  eft  que  tout 
Ordre  eft  compofé  de  deux  parties  au  moins,  qui  font  la 
Colonne  &  l'Entablement^  &  de  quatre  parties  au  plus,  lors 
qu'il  y  a  un  Piedeftal  fous  la  Colonne  &  un  Acrotere  ou  petit 
Piedeftal  au  delTus  de  l'Entablement;  que  la  Colonne  a  trois 
parties,  fçavoir  la  bafe  ,  le  Fuft  ou  la  tige,  &  le  chapiteau i 
l'Entablement  en  a  trois  auffi  ,  l'Architrave  ,  la  Frife  &  la 
Corniche,  &ces  parties  font  différentes  dans  tous  les  Ordres. 
Le  Tofcan  quieftleplusfimple,  n'a  de  hauteur  que  fept  de 
fes  propres  grofteurs.  Le  Dorique  qui  en.a  huit  a  fon  Cha. 
pitcau,  plus  riche  de  Moulures  avec  des  Métopes  &  dej 


EN    GENERAL.  ^ 


Triglyphes  dans  la  Frife  &  des  Goûtes  dans  l'Architrave; 
l'Ionique  qui  a  neuf  diamètres  fe  diftingue  par  (a  Bafe  ,  qui 
eft  différente  des  précédentes,  par  fon  Chapiteau,  qui  a  des 
Volutes ,  &  par  les  Denticules  de  fa  Corniche  &  le  Corin- 
thien qui  en  a  dix,  par  fa  Bafe  &  fon  Chapiteau  avec  deux 
rangs  de  feuilles ,  des  Volutes  ,  &  des  Modillons  dans  fa 
Corniche;  enfin  le  Compofice  qui  a  aulTî  dix  diamètres  eft 
différent  des  autres  par  fa  Bafe  &  fon  Chapiteau  qui  partici- 
pe des  beautez  de  l'ionique  dont  il  a  les  Volutes ,  &  de  la  ri- 
cheffe  du  Corinthien  dont  il  retient  le  nombre  des  feiiillcs, 
ayant  des  Denticules  ou  des  Modillons  dans  fa  Corni- 
che. 

Il  y  a  auffi  des  Baftimens  fans  ordre  de  Colonnes  & 
qui  ne  laiffent  pas  d'en  recevoir  les  noms  parce  qu'ils  ont 
quelques  parties  qui  en  font  les  caradieres ,  comme  les  Enta- 
biemens ,  Couronemens  de  Façade,  Chambranles,  &c.  par 
exemple  le  palais  Farnefe  eft  Corinthien  par  dehors  parce 
qu'il  retient  la  Corniche  de  cet  Ordre,  &  ainfi  des  au- 
très. 

Ce  qu'il  y  a  de  remarquable  dans  les  Ordres  de  Vignole , 
eft  qu'ils  montent  avec  proportion  de  la  fimplicité  à  la  ri- 
cheffe;  &  li  noftre  Auteur  n'a  pas  fuivi  la  dodrine  de  Vi- 
truve  fur  la  diftance  des  Colonnes  (qui  veut  que  les  grcfles 
foient  plus  ferrées  que  les  groffes)  c'eft  qu'il  a  imité  les  An- 
ciens qui  ont  fait  leurs  Entre-colonnes  prefque  égaux  dans 
tous  les  Ordres,  lorfque  les  Colonnes  ont  été  fans  arcades 
entr'elles,  parce  qu'alors  c'eft  la  largeur  des  arcades  qui  en  dé- 
termine les  diftances.  La  facilité  d'exécuter  ces  Ordres  con- 
fifte  en  ce  que  quelque  hauteur  déterminée  que  l'on  ait  lors 
qu'on  veut  un  Piedeftal  à  quelque  Ordre  que  ce  foit  il  ne 
faut  que  divifer  cette  hauteur  en  19.  parties  dont  le  Piedeftal 
en  aura  4.  qui  eft  le  tiers,  TEntablement  en  aura  3.  qui  eft 
le  quart  de  iz.  qu'on  donne  à  la  Colonne;  &  n'y  voulant 
de  Piedeftal  il  faut  partager  cette  hauteur  en  5.  parties,  dont  une 
àr£ntablemcnt&:les4.autresà  la  Colonne. 

AÛj" 


■ 


DE    V  0  R  D  R  E 

aaiilM— Mil  ir-i    m    I         I  II  ,,^àiiijnaaiiiaMÉgBiiiltÉiMir 


m     i     .  .1111        I    .    !!■  -       -    Jlf  II  I  Hi.l^l^iW^'-'^^i^f^W^^— W^ppMUpi 

DE    VORDRE    TOSCAN. 


JE  n'ay  trouvé  parmyles  Antiquitez  de  Rome 
aucuns  reftes  d'Ornemens  de  l'Ordre  Tofcan 
fur  qui  je  pufîe  me  faire  une  règle  comme  je  l'ay 
pratiqué  à  l'égard  des  Ordres  Dorique  ,  Ionique, 
Corinthien  &  Compofite,  c'efl  ce  qui  m'a  obligé 
d'avoir  recours  à  l'autorité  deVitruve  &  demefer- 
vir  de  la  règle  qu'il  donne  dans  lefeptiéme  Chapi- 
tre du  Livre  4.  où  il  dit  que  la  hauteur  de  la  Co- 
lonne Tofcanedoit  eftre  haute  de/,  fois  fa  Grolîèur 
y  compris  la  Bafe  &  le  Chapiteau  j  pour  ce  qui  regar- 
de le  refte  des  parties  de  cet  Ordre ,  qui  font  l'Ar- 
chitrave, la  Frife  &  la  Corniche,  je  crois  qu'il  eft 
à  propos  d'y  obferver  la  mefme  règle  que  j'ay  trou- 
vée pour  les  autres  Ordres,  fçavoir  que  toia  l' En- 
tablement ^  c'eft  à  dire^  l'Architrave  ,  la  Frife  &  la 
Corniche  foit  du  quart  de  la  hauteur  de  la  Colon- 
ne qui  eft  de  14.  Modules  y  compris  la  Bafe  &  le 
Chapiteau.     Ainfi  l'Entablement  doit  en  avoir  trois 
&  demi  qui  font  le  quart  de  14.  à  l'égard  des  me- 
fures  particulières  de  {ç.s  membres  elles  feront  mar- 
quées dans  la  fuite. 


L 


HP 


'Ordre  Tofcan  efl:  ainfi  appelle,  parce  que  des  Anciens 

Peuples  de  Lydie  eftant  venus  d'Afie  pour  peupler  la 

Tofcane,  qui  eft  une  partie  d'Italie,  ils  baftirent  les  premiers 
des  Temples  de  cet  Ordre.  Il  n'y  a  point  de  Monumens 
Antiques  oii  l'on  puilTe  trouver  un  Ordre  Tofcan  régulier. 
La  Colonne  Trajanc  qui  a  huit  diamètres  fans  Entablement 


TL  2. 


TO  S  C  A  K 


DE    V  O  R  D  R  E 

M  dfjnt  l<  Picûeltal  elt  Cormthi.n  ne  pCut  lervir  de  Modeli. 
pour  cet  Ordre  ;  celuy-cy  eft  compofé  de  plufieurs  parties  d'au- 
tres Ordres  qu'on  pourroit  plûtoft  appeller  des  Doriques  doni 
les  proportions  font  altérées,  quedesTofcans;  &  les  Amphi 
théâtres  de  Vérone  ,   de  Pôle  &  de  Nifmes  font  trop  rufti- 
ques  pour  fervir  de  règle  à  la  compofitionTofcane,  &  pour 
avoir  rang  entre  les  autres  Ordres:  il  eft  bien  proportionné  fé- 
lon Vitruve  quidonneàlaBafeunePlinthe  ronde,  cependant 
Scrlio  l'un  de  Tes  Sectateurs  ne  Fait  la  Colonne  haute  que  de 
(îx  diamètres,  Palladio  en  donne  un  Profil  à  peu  prés  comme 
celuy  de  Vitruve  &  un  autre  trop  riche,  au(ïi-bien  queceluy 
deScamozzi;  c'cTtpourquoy  celuy  de  Vignole  qui  a  rendu  cet 
Ordre  régulier  a  efté  le  plus  fuivy  des  Modernes  ,  &    quoy 
que  d'ordmaire  on  ne  s'en  ferve  point  dans  les  Villes  mais 
feulement  aux  Maifons  de  Campagne  &  aux  Grottes  ,    tou- 
tefois Meffieurs  de  Brofîe  &le  Mercier,  deux  des  plusconfi- 
derables  ArchitecS-es  de  noftre  fiede  ,  l'ont  employé  le  pre 
mier  au  Palais  de  Luxembourg  &  l'autre  au  Palais  Royal  :  & 
depuis  peu  Monfieur  Manfardl'a  mis  en  oeuvre  à  l'Orangerie 
de  Verfaiiles,oijron  peut  juger  qu'il  n'eft  pas  indigne  des  Bafti- 
mens  les  plus  magnifiques. 

De  tous  les  Ordres,  leTofcan  eft  le  plus  facile  à  exécuter, 
parce  qu'il  n'anyTriglyphesnvDenticulesnyModillons  qui 
puiffent  contraindre  fes  Entre-colonnes.  Ce  qui  fait  qu'on  peut 
fcfpacer  les  Colonnes  félon  les  cinq  manières  de  Vitruve, 
qui  font  le  Picnoftyie  de  5.  Modules,  le  Siftyle  de  4.  Mo- 
dules, î'£uftyle  de  4.  Modules  i,  le  Diaftyle  de  6.  Modu- 
les ;  &  l'Areoftyle  de  8. Modules:  ainfi  dans  les  Ordres  fai- 
vans  lors  que  je  me  fervirai  de  ces  termes  ,  il  faudra  enten- 
dre que  ce  font  les  efpaces  des  Entre-colonnes  de  Vitruve. 
Dans  cet  Ordre  il  eft  de  quatre  Modules  l  &  approche  le  plus 
de  l'Euftyle  qui  eft  la  meilleure  manière.  Vitruve  dit  que 
l'Areoftyle  luy  convient  plus  particulièrement  qu'à  tout  au- 
tre Ordre  ,  parce  que  les  Architraves  fe  font  de  bois;  mais 
cela  fe  pratique  rarement  ,    comme  cet  Ordre  doit  eftre 


^mmisff^t^m^mgmmssmsmmmsmmimmmmmmmm 


pluftoll 


T  O  s  C  A  7^. 

pluftoll  ruftique  que  rcinpli  d'Orncmcns ,  on  peur  quelque- 
fois reveftir  fes  Colonnes  de  Boffages  (comme  elles  font  à 
Luxembourg  )  ou  de  Ceintures  &  Bandes ,  comme  les  Colon- 
nes Ioniques  des  ThuUIeries  ,  pourveu  qu'elles  foicnt  rufti- 
quées  &  fans  Sculpture,  &  ce  Kuftique  fe  fait  ou  pointillé  e- 
ealcment  comme  il  eft  au  Louvre  en  plufieurs  endroits ,  ou 
pointillé  en  Tortillis  comme  les  pierres  mangées  &  mou- 
linées par  la  Lune  ou  les  vermoulures  du  bois  ;    ce  qu) 
peut  eftre  appelle  Ruftique  vermiculé,  amfi  qu  il  paroi-t 
à  h  Porte  Saint  Martin  de  Monfieur  Bullet.   Il  fe  voit  encore 
en  plufieurs  Edifices  des  Figures,  Armes  &  Chiffres  pointu- 
Icz,  mais  ils  ne  fe  doivent  faire  qu'à  propos  &  pour  les  per- 
fonnes  qui  les  font  baftir.     Ces  Colonnes  à  Boflages  font  em- 
ployées particulièrement  aux  Portes  de  Villes  dont  h  conf- 
truâion  doit  paroiftre  forte  ,  &  Tafped  terrible  &  avec  peu 
d'Ornemens.  Cependant  comme  ces  Boflages  augmentent  le 
Module  de  la  Colonne,  &  la  rendent  plus  courte  ,   il  luy 
faut  donner  un  peu  plus  de  7.  Diamètres,  quoy quelevray 
Diamettre    foit    déterminé   par   l'endroit   où   la    Colonne 
fort  de  h  Ceinture.  Toutefois  il  y  a  peu  d'Edifices  An- 
tiques où  l'on  voye  des  BoîTages  fur  les  Pilaftres  ou  furies 
Colonnes;  la  Porte  Majeure  à  Rome  autrefois  Porta  Na- 
via  en  cd  un  des  plus  confiderables  ;  &  fes  Boflages  reffem- 
blent  à  des  paniers  mis  l'un  dans  l'autre  :  L'Amphithéâtre 
de  Vérone  en  eft  tout  couvert ,  ce  qui  met  delaconfulion 
dans  PArchitedure  ,  qui  en  perd  fa  forme  &  devient  îout- 
à-fait  ruftique  ,  mais  cela  rei^ffiroit  beaucoup  mieux  s'il  n'y 
avoit  deBoffages  qu'au  corps  du  Baftiment ,  fans  qu'il  y  en 
eût  fur  les  Pilaftres,  ce  qui  les  feroit  détacher. 


8\Mûd.  lili      '      ^^}       '''" 


^Ji^n,/LC.4ipJuh  .  ou  d,mt-dutmctre  d^  U  Cdcnrm 


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10  Jn  K    V  0  P  D  R  E 

portique  Tofcan  fans  Tiedejîal. 

QU  A  N  D  on  voudra  fe  fervir  de  TOrdre  Tof- 
can fans  Piedeftal ,  on  divifera  toute  la  hau- 
teur qu'on  aura  à  luy  donner  en  17.  parties  &  de- 
mie ,  que  nous  appellerons  Modules ,  &  chaque 
Module  en  12.  parties  égales  qui  ferviront  à  for- 
mer tout  cet  Ordre  ,  &  à  déterminer  lagrandeur  de 
chacun  dejes  membre  s -^coxùm.ç,  on  le  voit  marqué  dans 
le  dclfein  en  nombres  entiers  &  rompus. 

r  A  Règle  la  plus  générale  des  Portiques  efl:  que  leurs  Arcades ayent  de 
'-  hauceui  deiij:  fois  leur  largeur  ,  &  quecefoit  pour  les  Ordres  les  plus 
maffif';  comme  cciuy-cy  où  cette  proportion  fe  rencontre  à  6.  Modules  & 
demy  lur  1 5.  dehauteuridefortequ'il  en  refte  encore  un  jufques  fous  l'En- 
tablement. Les  Arcades  de  T Amphithéâtre  de  Veronne  qui  ont  11.  pieds  de 
large  fur  1 5 .  pieds  &  demy  de  haut  approchent  le  plus  de  cette  proportion  , 
&  celles  dedellus  s'en  éloignent  davantage  ,  quoy  que  vrayfemblablement 
elles  devroient  cftre  plus  hautes  pour  conferver  leur  belle  proportion  ,•  dans 
la  plufpart  des  Edifices  Modernes  l'Arcade  excède  plutoft  en  hauteur  deux 
fois  fa  largeur  que  moins.  L'Impofte  qui  n'eft  qu'une  Platebande  à  un 
quart  de  Module  de  faillie  ,  Se  la  Colonne  fort  de  ce  quart  de  plus  de  fon 
demy -diamètre  ;  c'eft  une  règle  de  Vignole  qu'il  obfervc  dans  tous  les  Or- 
dres fuivans,  ne  voulant  pas  que  l'Importe  palfe  le  demy-diametre  ,  quoy 
que  la  plufpart  des  Anciens  n'ayent  pas  obfervé  cette  règle,  &  qu'il  y 
ait  au  contraire  des  Importes  qui  couvrent  la  Colonne  à  un  quart  pre's, 
ce  qui  ne  re'iiiîir  nullement  ,  parce  que  cette  interruption  dans  le  con- 
tour de  la  Colonne  luy  ofte  toute  la  grâce  qu'elle  pourroit  avoir ,  lorf- 
qu'ellene  faille  quelquefois  que  de  la  moitié  de  fon  diamètre  hors  du 
mur.  Pourles  Alertes  ou  Pieds-droits,  ils  ont  un  Module  ,  cufbrte  que  le 
Tremcau  a  5.  Mod.  de  face  fut  1.  Mod.  de  flanc  :  pour  ce  qui  ert  de  la 
largeur  du  flanc  elle  n'eft  pas  d'une  précilion  li  jufte  qu'on  ne  puiflè  donner 
un  peu  plus,  mais  jamais  moins ,  ce  qui  dépend  de  la  charge  du  delTus  ; 
ainfi  aux  Ordres  de  delFus  ,  ilfaudroit  faire  le  tremcau  au  moins  quatre' 
fans  un  petit  Pilartre  qui  peutertre  oppofc  à  la  Colonne  pour  porteries 
Bandeaux  des  Arcs  de  la  Voûte:  Mais  files  Portiques  crtoient  fermez,  il 
faudroit  au  moins  un  mod.  &  demy  ou  au  plus  z.  mod.  du  Tableau  juf- 
ques à  la  feiiillure. 


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f^-  5- 


TOSCAN. 


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PORTiqxJE  TOSCAT^^  SAINTS  PIEDESTAL  || 


Bij 


Tortique  Tofcan  avec  Tiedeftal. 

Aïs  quand  on  voudra  conftruire  Icmefme 
^  ^  ^  Ordre  avec  fon  Piedeflal ,  il  faudra  divifer 
toute  là  hauteur  en  22.  parties  &  un  fixiéme,  par- 
ce que  la  hauteur  du  Piedeftal  doit  eftre  le  tiers  de 
celle  de  la  Colonne  avec  fa  Bafe  &  fon  Chapiteau , 
ainfi  comme  cette  hauteur  eft  dansTOrdrc  Tofcan 
de  i+.Modulesjlc  tiers  de  cette  hauteur  fera  4.  Mod. 
2.  tiers  qui  eftant  adjouftez  à  17.  Mod.  &  demy 
que  nous  avons  donné  a  cet  Ordre  fans  Tiedefial^  don- 
nent les  2  2 .  Mod.  &  un  fixéme. 

Comme  la  grofTeur  du  xModuIe  de  la  Colonne  diminue  lorfqu' on  y 
mec  un  Picdeftal  afin  que  le  jambage  de  l'Arcade  aitfuffilammenc 
de  folidite  pour  porter  la  charge  qu'il  peut  avoir  ;  au  deOus  il  a  4- Modu- 
les de  largeur ,  enforce  que  le  Bandeau  de  l'Arc  a  un  Module,  &  l'Arcade 
coiifcrveîa  même  proportion  que  laprecedente,ayanc  8.  Modules  j .  quarts 
de  larcreur  fur  i  y.mod.  &  demy  de  hauteur.L'ImpoIte  eft  un  peu  plus  orne, 
de  forle  que  la  Platebande  du  bandeau  de  l'Arc  pourroit encore  avoir  un  Fi- 
icc.  Gril  arrive  rarement  que  les  Ordonnances  foicnt  potées  a  cru  fur  le 
Rez-dc-chaurtee  fans  quelque  élévation  de  dcgrez,  Soclc,ou  Piedeftal  i&  on 
les  mec  moins  fur  un  Piedeftal  que  fur  un  Socle,  principalement  en  de- 
hors ,  parce  que  les  Corniches  &  Bafes  des  Piedeftaux  font  plus  facilement 
juïnces  fi  elles  ont  beaucoup  de  faillie,  mais  dans  cet  Ordre  il  fufic  d  y 
mettre  une  Platebande  en  bas  fcrvanc  de  Plinthe,  &:  une  autre  en  haut  5 
n'eftant  jamais  plus  eleve  que  le  Rez-de-chaufle'e  ;  cependant  au  Palais 
de  Luxembourg  il  y  a  un  Piedeftal  à  l'Ordre  Tofcan  avec  les  melmcs  mou- 
dures  que  celuy-cv  donc  le  Dé  a  une  table  foiiiHée  qui  feroit  mieux  en 
BolVac^e  ,  à  la  différence  des  autres  Ordres.  Les  Arcades  ont  plus  de  hau- 
teur i^ue  le  double  de  leur  largeur  ,  parce  qu'elles  fcroient  devenues  ttop 
balles  fur  le  Jardin  où  il  n'y  a  point  de  Piedeftal ,  quoy  qu'elles  foient 
l'une  &  l'autre  d'une  mcfme  largeur ,  le  Picdeftal  citant  tait  pour  gagner  la 
hauteur  du  Peron  du  grand  Palier  pavé  de  marbre. 

J'ay  adjoùcé  les  Plans  aux  Portiques  avec  des  Piedeftaux  quoy  qu'il  n'y 
en  ait  p-is  dans  l'Original,  parceque  je  les  ay  pu  mettre  à  la  place  des  dil- 
cours  qui  ne  font  pas  fur  les  planches. 


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TOSCAN» 


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DE    V  0  R  D  R  E 

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^^iedejlal  &  Bafe  Tofcans. 

f^JJoY  q  ril  foir  r.ire  de  donner  un  Piede- 
^^J  ftal  à  rO-vire  Tofcan  ,  je  n'aypas  laifle  tou- 
cefois  de  le  dcillner  icy  en  fa  place ,  afin  de  fuivre  la 
méthode  que  je  me  fuis  prefcrite  :  à  l'occafion  de- 
quoy  l'on  peut  remarquer  que  la  Règle  générale 
que  j'ay  obfervée  dans  tous  les  Ordres,  eft  de  don- 
ner au  Piedeftal  &  à  fes  Orne  mens  le  tiers  delà  hau- 
teur de  fa  Colonne  prife  avec  la  Bafe  &  le  Chapi- 
teau; de  mefme  que  toute  la  hauteur  de  TEntable- 
ment  (c'eft  à  dire  l'Architrave  ,  la  FrifeSc la  Corni- 
che) doit  en  eftre  le  quart;  &fupporé  cette  Règle 
renerale  ,  il  eft  facile  de  diftribuer  lequel  on  voudra 
des  cinq  Ordres  dans  une  hauteur  donnée  -,  pour 
cela  il  faut  divifer  la  hauteur  donnée  en  15?.  parties, 
&  après  cela  divifer  ce  Module  en  fes  parties  ,  &: 
prendre  la  mefure  de  tous  ks  membres ,  ainiî  qu'il 
eft  marqué  chacun  en  fon  lieu. 

LOtfque  Vignole  die  qu'il  faut  divifer  la  hauteur  donnce  en  19. 
.parties,  i!  ne  s'explique  pas  afTez,  &  il  faut  adjoûter  ,  dont  les  4.  de 
dcfTous  feront  la  hauteur  du  Piedcllal ,  les  5,  dedelfus  celle  de  l'Entable- 
ment,  &  les  II.  autres  celle  de  la  Colonne.  Les  Socles  fontplusbas  que 
leur  largeur,  &  lors  qu'ils  font  quarrez  ils  font  appel  lez  Dez,  &  Piede- 
ftaux  quand  ils  ont  Bafe  &  Corniche ,  ou  l'un  ou  l'autre.  Celuy-cy  eft  plus 
haut  qu'aucun  Exemple  qu'il  y  ait  des  autres  Archiredes,  parce  que  Vi- 
gnole fe  contraint  dans  fa  reî;le  générale  du  tiers  de  la  Colonne  pour  la 
hauteur  du  Picdeftal  qui  n'efl  tire  d'aucun  Antique.  L'Architede  du  Palais 
de  Luxembourg  l'a  imité,  où  l'on  peut  voir  comme  ilréiiiHt.  Pour  la  Bafe 
c'eft  la  mcfme  que  celle  de  la  Colonne  Trajane.  Elle  a  un  Module  de  hau- 
teur ,  &  la  Ceinture  eft  comprife  dans  la  douzième  partie  de  ce  Module  ,  le 
Tore  a  un  dixième  de  faillie  plus  que  le  centre  de  fon  contour  pour  le 
df'rrager  de  dcflbus  la  ceinture  ;  &  fur  le  Plinthe  il  doit  terminer  aplomb 
de  fon  centre  :  quoy  que  la  ceinture  falTc  partie  du  Fuft  de  la  Colonne, 
toutefois  dans  cet  Or  ire  &  au  Dorique  elle  appartient  à  la  Bnfe. 


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TOSCAN, 


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PIEDESTAL  XT  BASK  TOSCANE     ^^ 


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Chapiteau  &  Entablement  Tofcans, 

APre's  avoir  donné  en  gênerai  les  principa- 
les mefures  de  l'Ordre  Tolcan  ,  j*enaydelllné 
les  parties  en  grand  dans  cette  figure  &  dans  la 
précédente,,  afin  qu'on  puiflè  voir  plus  diftin^e- 
mentla  divifion  de  fes  moindres  parties  avec  leur 
faillie.  La  netteté  du  Defîein  &  des  Nombres  qui 
y  font  marquez  en  donneront  aflez  Tintelligence 
pour  peu  qu'on  veuille  s'y  appliquer  ,  fans  qu'il 
foit  befoin  pour  cela  de  s'eftendre  dans  un  plus 
Ions;  difcours. 

T  A  diminution  de  la  Colonne  de  cet  Ordre  eft  de  i.  parties  &  demie  de 
L  Module  de  chaque  côté,  de  forte  que  de  14.  parties  qui  compolent  les 
1.  Modules  il  n'en  rcfte  que  19-  TArtragale  qui  fait  partie  du  Fuft  n'a  qu  u- 
ue  partie  &  demie  de  faillie  ,  &  ii.  parties  de  Diamètre,  ce  qui  cltluigulier 
à  cet  Ordre  ,  parce  que  dans  les  autres  la  faillie  de  TAftragale  prilc  du  cen- 
tre de  la  Colonne  eft  égale  au  demy-  diamètre  inférieur  fur  lequel  on  tormc 
le  Module.  Cette  mefure  eft  prefque  dans  toutes  les  Colonnes  Antiques 
dont  on  a  juoe  de  la  grofleur,  3c  mefure  les  autres  parties  par  l'Aftraga- 
le  lorfque  leljas  du  tronc  a  elle  perdu  ou  trop  enterre  dans  les  ruines. 
Ladivifion  du  Chapiteau  eft  fi  facile,  qu'il  n'y  aautrc  chofeacblerver 
lorfquon  fait  les  Chapiteaux  Tofcans  ou  Doriques  que  l'Ab.que  ou 
Tailloir  faille  plus  que  l'Ove  d'environ  un  quart  départie,  parce  que  s'il 
cftoit  a  fleur  du  poiut  où  la  circonférence  de  l'ove  le  touche,  dans  les 
Pli  ftres  de  ces  Ordres  il  n'y  auroit  pas  de  diftinflion.  Pour  l'Entablement 
n  n'cft  pas  alfez  fimple  pour  eftre  cftimé  Ruitique  ,  ny  trop  riche  pour  ref- 
Icmbler  au  Dorique.  La  Cimaife  eftant  un  ovc  eft  particulière  a  cet  Or- 
dre ,  &  quoy  qu'il  n'y  ait  pas  de  Filet  ,  cette  moulure  eftant  forte  peut 
fubfifter.  Pour  ce  qui  eft  du  Larmier  il  eft  bon  de  le  refouiUer  de  quelque 
canal ,  &  comme  dilent  les  Ouvriers  ,  faire  la  mouchette  pendante  ,  parce 
au'il  deviendtoit  trop  pefant ,  eftant  laiflé  maffif.  La  faillie  de  la  Corniche 
ai.  parties  plus  que  fa  hauteur. 


fU^ 


TOSCAN, 


CHAPITEAU  i:T  ï,:N^TATiLKMinsrT  TOSCANS 


V  O  R  T)  R  E 


VE    L  ORDRE   V  0  R  l  %U  E. 

Pour  faire  le  partage  de  la  hauteur  de  l'Or- 
dre Dorique  fans  Piedeftal ,  il  faut  en  divifer 
toute  la  hauteur  en  20.  parties  -,  une  defquelles 
fera  le  Module  quel'ondiviferaen  12.  parties  éga- 
les comme  celuy  de  l'Ordre  Tofcan.     Ondomiera 
.jn  Module  à  la  Bafe  &  à  l'Orle  inférieur  de  la  Co- 
lonne  La  hauteur  du  Fuft  delà  Colonne  fans  y  com- 
prendre cet  Orle  fera  de  14.  Modules ,  &  le^Ch^pi- 
ceau  d'un  Module.     Les  4.  Modules  qui  reftent  (& 
qui  font  le  quart  de  la  hauteur  de  la  Colonne  avec 
îk  Bafe  &  fon  Chapiteau  comme  nous  1  avons  dit 
cv-deffus)  feront  pour  l'Entablement ,  c'eft  a  dire 
pourl' Architrave,  la  Frife  &  la  Corniche;  enforte 
que  l'on  donneun  Module  à  l'Architrave  ,  un  Mo- 
dule &demy  à  la  FrifeSc  autant  à  la  Corniche    llejt 
nfe  de  voir  me  ces  hauteurs particulmes  delà  Lor- 
niche,  delaVrife&del' Architrave  font  les4. Mo- 
dules de  l'Entablement  ,  &que  ceux-cy  jomts  avec 
ceux  de  la  Colonne  ,  delà  Bafe  &  du  Chapiteau  font 
les20.  danslefquels  nous  avons  dît  qu  il  faut  divijer 
toute  la  hauteur. 

^-X  O  R  u  s  Roy  d' Achaïe  partie  de  h  Grèce ,  ayant  bafti  le 
DpremierdansArgosunTemplcdecer Ordre  ,  qu^dedia 
^  Trnion  ,  donna  occafion  de  l'appeller  Dorique  ;  les  Olym- 
iiins  en  baftirent  à  Olympia  un  à  Jupiter  ;  &  les  hab.tans 
ïe  Delos  un  à  Apollon  ,  où  à  la  place  des  Tngly  phes  il  y 
;vo  t  des  Lyres.  Virnive  dans  h  Préface  de  fon  leptieme  L i- 
.re  rapporte  plufieurs  Temples  de  cet  O rdre.  Ce  quujnd  le 
Dorique^  confiderable  eft  qu'U  a  donné  h  première  idée  de 


wmmmmm 


^/,  7. 


X>  0  R  I  QJOE. 


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.Sspace  aùi  azntuiuiianj. 
iùs  Lûlcnims    ■ 


espace 


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Ssf>acc 


j.2^ 


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1 
^ 


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^/^KyTRX-coxorsrEivix^srT  DORiqjjj:  .^^^^ 


C    M 


îo  DETORDRE 


l'Architedure  régulière j  &  que  toutes  Tes  parties  font  fon- 
dées fur  h  pofition  naturelle  des  corps  folides.    Les  maifons 
n'ayant  d'abord  cfté  faites  que  de  bois  ,  l'Architedure  s'eft 
réglée  pour  la  pierre  fur  cette  première  matière,  de  forte  que 
l'art  de  Charpenterie  efl:  plus  ancien  queceluy  de  Maçonne- 
rie.    Les  Exemples  confîderables  qui  nous  reftent  des  iCo- 
mains  qui  l'ont  mis  régulièrement  en  œuvre,  fontaffez  connoi- 
tre  quel  eftat  ils  faifoient  de  cet  Ordre  quoy  qu'il  fuft  originaire 
de  h  Grèce.   Le  Théâtre  de  Marcellus  eft  le  plus  antique  & 
le  plus  régulier,  parce  que  la  diftribution  des  Métopes  &des 
Triglyphes  y  eft  jufte,  ce  qui  eftoit  bien  facile  à  faire  dans  la 
partie  qui  refte  en  pied  ,  parce  qu'on  ne  voit  pas  les  Re- 
tours par  où  les  Portiques  fe  joignoient  au  Théâtre.     Cet 
Ordre  eft  le  plus  difficile  de  tous  à  mettre  en  œuvre  ,     par- 
ce que  la  diftance  de  {es  Colonnes  eft  déterminée  par  les  ef- 
paces  des  Triglyphes  &  des  Métopes  ;     de  forte  qu'elles  ne 
peuvent  eftre  efpacées  félon  les  cinq  manières  de  Vitruve  : 
auffi  excepte-t'il  cet  Ordre  de  la  règle  générale  qu'il     pref- 
crit  pour  tous  les  autres.     L'Entablement  a  le  quart  de  tou- 
te la  Colonne  ,     qui  ne  peut  eftre  augmentée  ny  diminuée 
pour  quelque  raifon  quecefoit  ;  &  cette  précifion  eftli  avan- 
tageufe,  que  dés  que  l'on  en  fort  il  y  a  autant  de  différence 
que  de  la  perfedio.n  à  fon  contraire.     Ses  Entrecolonnes  ne 
fe  règlent  pas  tant  parles  Modules  que  par  les  Triglyphes;  de 
forte  qu'entre  deux  Colonnes  il  ne  peut  y  avoir  que  depuis  un 
Triglyphe  jufques  à  cinq,  parce  qu'on  ne  compte  quejes 
Triglyphes  qui  portent  fur  le  vuide  ,  &  non  pas  ceux  qui 
font  à  plomb  fur  les  Colonnes.     L'accouplement  des  Co- 
lonnes dans  cet  Ordre  eft  plus  contraire  à  la  régularité  que 
dans  aucun  autre  ,     &  il  ne  fe  peut  faire  fins  tomber  dans 
l'un  des  deux  défauts,  ou  du  Portail  del'Eglife  defaintGer- 
vais ,    ou  de  celuy  des  Minimes  ,     quoy  que  ce  foicnt 
les  Ouvrages  de  Meffieurs  la  Brolîe&Manfard  deux  des  plus 
grands  Architecfces  de  ce  fiede;  au  Portail-de  faint  Gervais, 
l'Architede  n'ayant  pas  fait  le  Métope  quarré,  ne  s'eft  pas 


D  O  R  I  O  V  E.  ir 

■■■■■■■■■■■■■■MM—— —————— IMîMHaaKMMJMilMM—^afc—^ 

- --        _     ;  ...  ^ 

voulu  afTujettir  à  cette  p'  écillon  qui  en  lait  la  principale  beauté, 
&  fans  laquelle  cet  Ordre  ne  feroit  pas  plus  difficile  que  les 
autres.  Ce  mefme  Architefte  ,  quoy  que  fort  éclairé  dans 
fa  profeffion  ,  n'ayant  apparemment  pomt  fait  de  difficulté 
défaire  la  mefme  chofe  au  Dorique  duPalaisde  Luxem- 
bourg, a  eftimé  cette  règle  d'Architedure  n'eftre  pas  capa- 
ble de  contraindre  les  Ordonnances.  Quant  au  Portail  des 
Minimes  pour  affiijettir  la  Frife  dans  fes  règles  nonobftant 
les  Retours  ;  les Bafes Arles  Chapiteaux  ont  efté  confondus, 
&c'eft  le  premier  exemple  oîi  cette  licence  ait  efté  pratiquée 
avec  une eftude& une  exécution  particulière,  &  par  le  foin 
que  l'Architedey  apportoit,  eftimantcet  Ouvrage  le  meil- 
leur de  ceux  qu'il  eût  fait  auparavant  ;  on  voit  auffi  à 
l'Hoilel  de  l3Vrilliere&:  au  Chafteau  de  Maifons ,  du  fieur 
François  Manfard  comme  les  diliributions  de  fes  Métopes  & 
de  fes  Triglyphes  font  juftes  dans  le  mefrHC  Ordre.  A  la 
Porte  de  la  Maifon  des  Marchands  Drapiers  rue  des  Lavan- 
dières à  Paris  faite  par  M.  Bruant  l'aifné  ,  les  Métopes  font 
quarrez,  &IesBafes  ny  les  Chapiteaux  ne  fe  confondent  pas, 
parce  que  les  partiesde  l'Ordre  font  diminuées  à  proportion. 
Cependant  il  cft  évident  qu'aucune  de  ces  manières  n'eft 
recevable  ,  &:  que  l'accouplement  des  Colonnes  ne  fe  peut 
faire  dans  cet  Ordre  ;  mais  s'il  y  avoit  un  Pilaftre  accouplé 
avec  la  Colonne ,  il  faudroit  un  Retour  dans  l'Architrave  & 
la  Frife,  au  moins  afin  de  former  un  avant-corps  furlenuddu 
Pilaftre  ;  &  de  l'angle  rentrant  faire  un  Métope  quatre  juf- 
qu'au  Triglyphe  à  plomb  fur  la  colonne  ;  alors  il  n'y  a 
plus  d'erreur  contre  la  règle  ,  &  les  Chapiteaux  &  les  Ba- 
fes  reftent  dans  leur  entier.  Une  fepulture  Antique  prés 
d'Albane  raportée  dans  le  Livre  du  Parallèle  de  l'Archi- 
tcdure  ,  la  Porte  de  l'Hoftel  de  la  Vrilliere  &  les  Vefti- 
bules  ou  Portiques  du  Chafteau  de  Clagny  ,  font  des 
exemples  Antiques  &  Modernes  qui  ont  aftez  d'autho- 
rite  pour  en  confirmer  l'ufage.  Une  autre  difficulté  qui  fe 
rencontre  dans  cet  Ordre,  eftlorfque  l'Entablemept  fe  tour- 


îi  DE     V  ORDRE 


ne  en  Angle  obtus  par  une  ligne  faifant  le  cofté  de  quel- 
que  Polygone ,   comme  d'un  Odogone  ou  autre  ,   par- 
ce  qu'alors  il   faut    qu'il   y   ait   dans  l'Angle  un  Piiaftre 
brifé  comme  au  Portail  de  l'Eglife  des  Minimes,  ce  qui 
donne  auffi  un  Triglyphe  plié  au  deflus ,  contre  les  règles 
naturelles  de  la  folidite'  (fur  lefquelles  cet  Ordre  cft  efta- 
bly)  qui  ne  peut  fouffrir  d'autres  Angles  que  le  droit  hors 
de  la  figure  circulaire.     Cependant  lorfque  l'occafion  fe  ren- 
contre de  s'en  /ervir  comme  aux  quatre  Piliers  d'un  Dôme 
ou  Vouce  en  cul  de  four  ,  ainfi  que  l'exemple  en  paroifi:  à 
l'Eglife  du  Noviciat  des  PP.  Jefuires  ;  il  eft  abfolument  ne- 
ceifaire   que  les  Triglyphes  &  Métopes  plies  foient  félon 
leur  proportion  dans  tous  leurs  retours,  afin  de  faire  fubfifter 
cette  règle  inviolable  qui  en  cft  la  beauté  la  plus  elTentielle, 
&  fans  laquelle  cet  Ordre  feroit  aufli  facile  que  le  Tofcan. 
Il  fiut  auffi  en  ce  cas  éviter  les  Modillons  dans  la  Corniche 
qui  feroient  un  fort  mauvais  effet,  outre  que  les  gouttes  fous 
les  Modillons  s'il  y  en  avoit,  &  les  Ornemens  fous  le  Plafond 
du  Larmiern'auroient  aucune  grâce.     Le  Dorique  de  la  Cour 
du  Palais  Farnefc  à  Rome  qui  eftdeMichel-Angeeftfort  ré- 
gulier, auffi- bien  que  celuy  de  la  Procuratie  neuve  de  la  pla- 
ce de  Saint  Marc  à  Venife  qui  eft  de  Scamozzi,  &  un  autre 
de  la  Bafilique  de  Vicence  qui  eft  un  ouvrage  de  Palladio. 
Bjltazar  de  Sienne  dans  la  Cour  du  Palais  de  Maffimi  prés 
de  Saint  André  de  la  Valle  à  Rome  a  efté  fi  exad  ,  que 
n'ayant   fait   qu'une  Corniche  architravée,  il  a  efpacé  les 
Gouttes  dans  l'Architrave  avec  autant  de  juftelTe  que  fi  la 
Frife  y  eut  efté  ;  Les  quatre  Colonnes  qui  font  dans  cette  Cour 
font  d'une  admirable  proportion.     La  précifion  que  cet  Ordre 
demande  ayant  rebuté  plufieurs  Architectes,  a  fait  qu'il  fe 
trouve  quantité  d'Ordres  Doriques  Antiques  &  Modernes 
fans  Triglyphes  ni  Métopes,  ainfi  qu'il  fe  voit  au  Colifée, 
qui  ne  doit  pas  eftre  cité  comme  un  chef-d'csuvre  d' Archite- 
cture ,  mais  qui  doit  eftre plùîoftr^ardé comme  un  Coloffe 
de  Maçonnerie.     Plufieurs  Architedes  Modernes  fondez  fur 


mmm 


DORT  OJU  E. 

cet  exemple,  ont  négligé  de  diiinbuer  leur  Frife,  &  il  s'en 
voit  plus  de  cette  manière  que  de  l'autre  i  comme  Bramante 
a  fait  âu  Palais  de  la  Chancellerie  à  Rome  ,  &  Raphaël  au 
Palais  Cliigi  dans  la  Longare  ;  &lepIuscon{iderablede  tous 
eft  le  Poiiique  de  la  grande  Place  de  l'Eglife  de  S.  Pierre  du 
Vatican,  où  le  Cavalier  Bernin  euft  euafTczdepeine  s'ileuft 
voulu  faire  la  diftribution  de  fa  Friie  jufte,  parce  que  les 
Colonnes  eftant  fur  une  ligne  circulaire,  celles  de  dedans 
font  plus  ferrées  &  d'un  plus  petit  diamètre  que  celles  de 
dehorsqui  font  plusgrofles,  t^lesunes  &  les  autres  font  fur 
m  mefme  Plan  ù.  ibus  un  mefme  Entablement,  &  toute  la 
difficulté  confifte  en  ce  que  les  deux  portions  du  cercle  qui 
ferment  ces  Portiques  ne  rentrent  pas  dans  elles-mefmes, 
mais  le  terminent  par  les  Façades  où  font  les  Entrées ,  outre 
qu'il  y  a  encore  des  Colonnes  accouplées  dans  les  avant- 
corps.  Pour  leColifée  il  euft  efté  très-facile  d'en  faire  un 
Dorique  régulier  ,  parce  que  c'eft  un  ovale  parfait.  Je  ne 
rapporteray  pomt  icy  quantité  d'Edifices  où  cet  Ordreaefté 
mal  exécuté  ,  parce  queplufîeurs  Architedesfe  font  relâchez 
des  bonnes  règles,  où  leurs  Ouvrages  n'ont  point  eu  de  fuc- 
cés  ;  ce  qui  arrive  lorfqu'on  fe  veut  rendre  fîngulier  contre 
leschofes  fondtesfurlaraifon,  &  confirmées  par  l'ufage. 


mmmgmimimmmmmmmimmm 


J4  DE    V  ORDRE 

.^,^^— MMi—— —  — — — — M— ^an— r 

Tortique 'Dorique  fans  TiedeliaL 

QU  A  N 15  on  voudra  faire  des  Ornemens  de  Galeries 
ou  Portiques  d'Ordonnance  Dorique,  il  faudra  (com- 
me l'on  a  dit  cy-defTus)  divifer  toute  la  hauteur  en  20.  par- 
ties ,  l'une  defquelles  fera  le  Module  ,  &:  diftribuer  enfuite 
les  largeurs  de  telle  forte  qu'il  y  ait  7.  Modules  entre  deux 
Pilaftres,  &  que  chaque  Pilaftre  en  ait  trois  de  largeur  j  ainfi 
il  arrivera  que  les  hauteurs  &  les  largeurs  feront  bien  pro- 
portionnées ,  que  la  hauteur  des  jours  ou  des  vuides  fera 
double  de  leur  largeur,  &  que  les  Métopes  &  Triglyphes 
fe  trouveront  exaftement  diftribuez  ,  comme  il  eft  aifé  de  le 
voir  dans  le  deiïein  ;  après  quoy  il  faut  feulement  obferver 
que  h  faillie  de  la  colonne  hors  du  Pilaftre  foit  d'un  tiers  de 
Module  plus  grande  que  le  demy-diametre  de  la  mefme  co- 
lonne, afin  que  la  faillie  des  Importes  n'en  paiïe  point  le  mi- 
lieu ;  &  cecy  eft  une  rcgle  qu'il  faut  univerfellement  obferver 
en  pareil  cas  dans  tous  les  Ordres. 


C 


, 


Ette  Arcade  conferve  encore  la  mefme  proportion  que  laTofcane 
_  qui  a  le  double  de  fa  largeur,  mais  il  refte  deux  Modules  jufques  fous 
rEntablemeiu  -,  ainli  lorfqiîe  l'occalîon  demanderoit  de  la  faire  plus  haute, 
cela  fc  pourrou  fans  faire  une  faute ,  parce  qu'il  vaut  mieux  qu'une  arcade 
ait  en  hauteur  plus  du  double  de  fa  largeur  que  moins  ^  &  fi  on  faifoit 
l'Entrecolonne  de  quatre  Triglyphes  comme  au  Palais  Farnefe ,  il  fau- 
droit  alors  mettre  un  focle  fous  la  bafe  de  la  Colonne  ,  afin  de  rendre 
l'arcade  d'une  plus  belle  proportion,  &  elleferoit  à  un  Module  prés  de 
délions  l'Architrave.  La  grande  hauteur  qui  refte  à  celle-cy  donne  lieu 
de  faire  régner  i'Aftragalc  j  cependant  comme  cet  Ordre  eft  de  foy  allez 
folide,  lUautporterl'Arc  le  plus  haut  qu'il  fc  peut,  afin  de  rendre  l'ou- 
vrage plus  léger  •  toutefois  au  Colifée  l'Arcade  Dorique  a  encore  plus  de 
diftancejufqu'à  l'Entablement,  puifque  laColonnca  16.  pieds,  &  l'Ar- 
cade n'en  a  que  1 1.  &  5 .  pouces.  Au  Théâtre  de  Marcellus  les  Colonnes 
ont  1 }.  pieds  &  7.  pouces,  &  les  Arcs  zo.  pieds  II.  pouces,  &  ces  Colon- 
nes ne  faillcnt  que  de  la  moitié  ,  de  forte  que  l'Impofte  excède  le  demy- 
diametre  ,  ainfi  qu'à  Farnefe  où  l'Impofte  qui  eft  une  Corniche  Dorique 
archirravée  d'un  petit  Ordre  du  veftibule  coupe  prefque  la  Colonne  en 
deux  ;  les  Colonnes  du  Colifée  faillent  d'un  fixiéme  de  Module  qui  eft  la 
moitié  moins  que  celle  de  cette  Ordonnance. 


fU  t* 


P  0  R  /  QV  E. 


H 


PQRTiqiTE  DORIQlJi:    SAXS    PIEDKSTAL 


Portique  Dorique  auec  Piedejlal, 

SI  l'on  veut  baftir  des  Portiques  ou  Galeries 
d'Ordonnance  Dorique  avec  Piedeftal ,  il  faut 
diviter  toute  la  hauteur  en  vingt-cinq  parties  &  un 
tiers ,  &  de  l'une  de  ces  parties  en  faire  le  Module. 
La  didance  d'un  Pilaftre  à  l'autre  fera  de  dix  Modu- 
les ,  ^  la  largeur  ôqs  Pilaftres  de  cinq,  par  ce  moyen 
l'on  trouvera  la  jufte  dilbibution  des  Métopes  & 
des  Trigly plies,  &  levuide  des  Arcades  fera  d'une 
bonne  proportion.  La  hauteur  fera  double  de  la 
largeur  ,  &  aura  par  confequent  vingt  Modules, 
comme  on  le  peut  voir  en  cette  figure. 


C 


O  M  M  E  j'ay  dit  cy-  deiïus  que  les  Entrecolonncs  de  plus  de  cinq 
Triglyphcs  ne  font  gueres  recevables,  on  peut  juger  parce  Purnquc 
Cl  on  en  'mcctoii  jufques  à  fir  combien  l'Ordonnance  paroiftroic  foible, 
quelque  folidité  qu'elle  put  avoir  ,  à  caufe  de  la  grande  porte'e  des 
Architraves  -,  puifque  celle-cy  fans  Arcades  ne  feroit  pas  fupportable, 
&  mrfme  Ci  les  Colonnes  ciloient  ifolées  il  faudroit  que  les  Clavcaui 
des  Architraves  euflent  une  grande  portée  dans  le  mur  pour  fubfifter. 
Cette  grande  faillie  des  Architraves  a  obligé  des  Architedes  à  faire  un 
retour  en  avant-corps  fur  la  Colonne  :  cette  manière  elt  plus  folide  ; 
mais  l'Ordonnance  devient  mclquine  par  ces  Entablemens recoupez  ,  & 
particulièrement  lorfqu'il  n'y  a  qu'une  Colonne  montée  fur  un  Piedcltal, 
elle  forme  un  avant-corps  étroit,  comme  onlcpcut  remarquer  aux  Arcs 
de  Triomphe  à  Rome  :  Or  le  plus  que  l'on  peut  faire  dans  les  Por- 
tiques quel' Entrecolonnc  ait  le  double  de  fa  largeur  ,  c'eft  le  plus  approu- 
vé ,  comme  celuy  du  Portique  cy- devant  fans  Piedeftal ,  qui  devient 
juftcment  Arcoftyle  avec  cetce  proportion,  parce  qu'il  y  a  huit  Modules 
d'une  colonne  à  l'autre  qui  en  a  feize  de  haut,  les  jambages  paroilTent 
trop  forts  ,  parce  que  la  Colonne  n'en  clique  le  tiers  :  félon  la  charge  qui 
fcroitau  deilus,  l'on  pourroit  donner  plusde  largcurà  l'Arcade.  Il  eft 
bon  de  mettre  ce  petit  focle  au  pied  de  l'Arcade  pour  luy  fervir  de  retraite 
afin  qu'elle  ne  femble  pas  pofci  à  cru. 


.1  ■        ■■■ri'-'j"  --■■«<■  inirminnaair 


fl,   10 


D  0  R  I  Q^V  E. 


PORTiqtJE  DOlilQIJE  AVEC  PTEDXSTAL 


D  i; 


tî  DE     V  0  R  D  R  E 


Piedefial  ^  Bafe  Dorique. 

LE  Piedefial  Dorique  doit  avoir  cinq  Modules 
&  un  tiers  de  hauteur,  Plmpofte  de  TArc.  qui 
e(l  ici  defliné  fera  d'un  Module  ,  &  Tes  moulures 
le  diviferont  de  la  manière  qu*on  les  voit  marquées 
par  les  Nombres  t^u  dejfein. 

BI E  N  loin  de  trouver  des  Piedeftaux  à  l'Ordre  Dorique  dans  les 
Baftimens  anciens,  il  ne  (è  rencontre  pas  mefme  de  Bafe  j  celle  du 
Dorique  du  Colife'e  eftant  capricieufe  iàns  pouvoir  faire  règle  de  Bafe; 
Vitruve  ne  donne  point  de  bafe  particulière  à  cet  Ordre ,  &  il  n'y  en 
a  ni  au  Théâtre  de  Marcellus ,  ni  à  celuy  de  Yicence ,  m  à  ce  morceau 
Antique  pre's  de  Taracine  ,  rapporte'  dans  le  Parallèle  ,  ni  au  Temple  de 
la  Pieté  dont  Palladio  fait  mention.  Il  eft  difficile  de  juger  de  la  raifon 
de  retrancher  cette  partie  de  la  Colonne  qui  luy  eft  fî  necelTaire  ;  car  fi 
c'eftoit  à  caufe  qu'ordinairement  cet  Ordre  eftant  fur  le  rez  de  chauflee, 
la  Bafe  feroit  facile  à  fe  ruiner,  il  n'en  eut  point  efté  befoin  non  plus  en 
d'autres  Ordres  plus  délicats  &  fur  le  mefme  Plan  :  C'eft  pourquoy  les 
Modernes  qui  ont  eftime  cetufage  un  abus  de  l'Antiquité',  fefontfervis 
de  la  B*.fe  Attique ,  oudecellede  Vignole,  quicft  le  premier  qui  l'ait  mis 
en  œuvre  à  cet  Ordre,  où  elle  reiiflir  fort  bien  ,  &  fe  diftingue  afiez  de  la 
bafe  Tofcanc  ;  elle  eit  au  Portail  de  S.  Gervais  ,  dans  la  grande  Salle  du 
Palais  à  Paris  ,  &  à  Rome  au  Portique  de  l'Eglife  de  faint  Pierre  du  Vati- 
can ,  fans  tant  d'autres  Ordonnances  où  elle  fe  rencontre  ;  il  faut  obser- 
ver que  l'Anneau  du  bas  du  Fuft  de  la  Colonne  y  fait  partie  du  Module  qui 
donne  la  mefure  de  la  bafe  j  ce  que  quelques  Architedcs  n'approuvent 
pas.  Pour  les  Cannelures  ,  elles  font  particulières  à  cet  Ordre ,  &  ce  font 
celles  de  Vitruve,  pareilles  à  celles  de  certains  troncs  de  Colonnes  ,  qui 
fervent  dans  l'Eglife  de  faint  Pierre  aux  Liens  à  Rome  où  il  y  en  a  de  creu- 
fées  félon  le  Triangle  équilateral  ,  &  d'autres  félon  la  fedion  des 
Diagonales  du  carre' ,  qui  eft  la  manière  de  Vitruve  ,  &  la  plus  profonde: 
peu  de  Modernes  s'en  fontfervis,  parce  que  fi  elles  ne  font  point  taille'es 
dans  du  marbre  ou  de  la  pierre  dure  ,  les  arreftes  fe  pouvent  e'mouller 
d'autant  qu'elles  font  vives  ,•  &  aux  Pilaftres  il  faut  neccirairement  une 
cofte  fur  l'Angle.  L'Orlc  inférieur  eft  encore  la  douzième  partie  de  la 
Colonne ,  coinmcileft  dit  cy-dcllus  au  Tolian,. 


//•  IIj 


D  0  R  1  QJU  E, 


iP 


7»/:^^  PIEBESTAI.  XT  BASK  DORIQIJX  ^^^^ 


30  DE    V  O  R  D  R  E 


Entablement  Dorique, 

CE  Morceau  d'Ordre  Dorique  a  efté  tiré  du 
Théâtre  de  Marcellus  à  Rome  que  j'ay  cité 
pour  exemple  dans  ma  préface.  Il  retient  dans  le 
defïèin  la  mefme  proportion  que  Je  Itiy  donne, 

LA  Diminution  de  cette  Colonne  eftdc  deux  parties  de  chaque  cofté, 
de  forte  que  le  Diamètre  fuperieur  relte  de  vingt  parties  ;  le  Chapi- 
teau eft  divisé  en  trois  parties  égales,  ainfi  que  l'ordonne  Vitruve,  dans 
le  chap.  j.du  quatrième  Livre.  Ce  profil  qui  eft  tiré  du  Théâtre  de 
Marcellus  &  dont  la  Corniche  a  des  Denticules  fait  voir  que  Vitruve  n'a 
point  efté  l'Architedlede  cet  Ouvrage,  comme  quelques-uns  l'ont  crû, 
parce  qu'il  eftoit  contemporain  &  Ingénieur  d' Augufte  ,  puifque  dans  fon 
Livre  il  ne  met  point  de  Denticules  à  cet  Ordre.  De  plus  citant  allez  avancé 
en  âge  quand  il  offrit  à  Augufte  fcs  dix  Livres  d'Architedure,  il  n'eut 
pas  manqué  de  faire  mention  d'un  baftimentficonriderable,  n'ayant  pas 
oublié  de  parler  de  fa  Bafilique  de  Favo ,  qui  eft  le  feul  Ouvrage  que  nous 
fçachions  avoir  efté  fait  par  luy  ,  &  dont  il  ne  refte  aucun  vellige  dans 
cette  Ville.  Dans  le  choix  que  Vignole  a  fait  des  Profils  antiques ,  il 
s'cft  peu  éloigné  des  mefures  générales,  il  a  feulement  rendu  les  mem- 
bres de  chaque  partie  proportionnez  entr'eux  ,  comme  dans  ce  Dorique 
où  il  a  donné  plus  de  hauteur  au  Larmier  qui  eftoit  trop  mince  pour  fa 
faillie.  Ce  qu'il  a  augmenté  fur  quelques  Moulures  rend  la  Corniche 
égaleàlaFrifc,  comnicelle  doireftre:  il  faut  remarquer  que  la  Placte- 
bandc  ou  Chapiteau  des  Triglyphes  fait  icy  partie  de  la  Corniche  ,  &  non 
pas  delà  Frile  ,  comme  au  Théâtre  de  Marcellus  :  que  les  Triglyphes  de 
Vignolc  n'ont  pas  unt  de  faillie,  &  que  les  deux  canaux  des  collez  n'ont 
pas  la  mefme  profondeur  des  deux  anciens  ,  qui  font  ou  qui  doivent  eftre 
en  Angle  droic  ,•  ne  donnant  que  deux  dem y-parties  à  toute  fon  épailleur  : 
ainfi  ils  font  enfoncez  danslaFrife,  ce  qui  eftdefedueux,  outre  qu'ils 
font  ceintrez  par  le  haut  &  non  pas  à  ligne  droite:  pour  les  Gouttes 
elles  font  rondes  ,  ainfi  que  Michel- Ange  les  a  faites  au  Palais  Farnefe^ 
la  Cimaifc  de  cette  Corniche  luy  eft  propre.  Au  Portail  des  Mmimcs  Mon- 
ficur  Manfard  y  a  mis  une  doucine  à  la  place  de  cette  Cnr.aife,  avec 
trois  faillies  différentes,  une  pour  la  Corniche  du  niveau,  une  autre  pour 
le  Fronton,  &  celle  des  coltezdu  Froncon  qui  eft  prelque  à  plomb  pour 
éviter  de  faire  une  crocetce  ,  ou  d'avoir  la  Cimaife  du  fronton  plus  haute, 
(  comme  au  Portique  de  Septime  Severe  à  Rome  ,  )  &  il  aaufTi  mis  Jes 
Gargoiiilles  ou  Muffles  de  Lion  à  cette  Cimaife  rampante  ,  comme  il  yen 
avoir  au  Frontiipicc  de  Néron. 


LnrTTrTi«rT''"^'"'"''*'^''''"^''^'^^^*''^^7niiffT^'*'^'"'*' 


T>  0  R  I  QJU  E, 


IMoului'es  d 
Cliapiteavi 

I>.  0>-e  ou  Sscàzjt^ 

delà  Colonne 
ou  C^m^c  . 


P/  ^, 


^/•Tn  du    C/iar>iliiaii.  ■ 


IMouLures  de   ^    *,  ,^ 
l.'Aa'cliiti-ave  .  '>»  J";^ 

O  iS-ûuit&f  ou  C/oc/ii^t£s 

C^  s  aftt/^A'ff^,  o!J  dniatsa . 
AÎoului'esdelaTrise  <. 

S  .17^- te  Je  ùœuf  SccAe  , 
T.2Jenii^4(etojje  . 
"V".  L^utsses  ou  Cojfcej,  cf 
X.  i^rayeuTVj'  ou  Canaux  . 
Y,  Jes  Tl't.y/ji'p/ies .  iTi- 
Z  .  .ierni  i^anau^'c  . 

Moulures  delà  Comiclie 

,2  ^û.nJc/4:ttes  J^s 

/•   cA  ,2/fi/iTalAV  Je  Thi^/yyt:f/i 

i  '  Taloit .  J .  ItefUzou  Iat  . 

e.  ù-ouMesjouj /eLartnier. 

/'.  Cour-onn-e  . 
IZi/on.  h  Fclct- 
ùiyetr.  L^eolei- . 


r-ifs-" 


•si 

V 


H'A^^iJ^^-^^  ^^  x:NT^3ii.i::MEi^T  dork^ji^s 


5B  BEV  ORDRE 


Entablement  Dorique, 

"'  A  Y  compofé  cet  autre  morceau  d'Ordre  Do- 
rique de  plufieurs   fragmens   d'Antiquitez   de 
Rome  j  j'ay  reconnu  par  expérience  qu'il  réùflit 
parfaitement  eilant  mis  en  œuvre. 

TL  femble  que  Vignole  ait  tiré  les  Mutules  ou  Modillonsdcce  Profil 
i  d'une  Aiitiquiré  qui  eft  aupre's  d'Albane  rapporte'e  dans  le  Parallèle,  & 
qui  a  efte'  ponduel  iement  exécutée  à  la  porte  de  l'Hofte!  de  Crequy  devant 
le  Chafteau  des  Thuilleries  ;  &  quoy  que  ce  Profil  ne  fe  foit  pas  rencontré 
juftement  copié  d'après  aucun  autre  ,  la  compofition  en  eft  fi  belle 
qu'elle  pourroit  laifTer  douter  lequel  des  deux  Entablemens  qu'il  propofe 
eft  le  plus  beau,  slî  n'eftoit  vray-femblable  quele  précèdent  peut  plùtoft 
fervir  pour  un  Ordre  de  dedans,  &:qui  apeudediftance  pour  eftre  veu, 
&  celuy-cy  pour  un  Ordre  de  dehors  qui  n'a  pas  de  point  d'éloigncment 
fixe,  il  a  efté  mis  en  œuvre  avec  fuccés  au  Portail  de  faint  Gervais ,  exce- 
pté que  les  Mutules  font  malîlfs&fans  Gouttes,  ainfi  que  Léon  Baptifte 
Alberti  les  a  faits.  Le  Chapiteau  n'a  de  différence  que  l'Aftragale  avec  le 
Filet  ,  au  lieu  des  trois  ainielets  de  l'autre.  LaFrifeadeux  faces,  & 
les  Gouttes  font  encore  rondes  ,  comme  les  ont  fait  Palladio  &Scamozzi, 
cftant  plus  raifonnable  de  les  faire  rondes  que  carrées  ,  puifqu'elles 
reprefentent  l'eau  qui  tombe  des  Canaux  des  Triglyphes.  Les  deux  demi 
canaux  font  aulîl  ceintrez  par  le  haut  ;  Jean  Buland  les  a  fait  ceintrez 
par  leur  Plan  &  par  le  haut.  Le  Triglyphe  icy  n'a  pas  plus  de  faillie  que 
le  précèdent.  Qiiant  aux  Métopes  lorfque  les  ornemens  ont  trop  de 
faillie  pour  faire  leur  effet  ,  on  les  peut  refoiiiller  dans  un  carré  fait 
dans  le  Métope  fi  l'Ordre  ett  grand,  comme  on  le  peut  voira  TEo-life 
du  Noviciat  des  Jefuites  du  Frère  de  Marcel  Ange;  cet  Entablement  cit 
réduit  fous  les  mefmes  proportions  que  celuy  du  Thea're  de  Marcel  lus, 
ne  pouvant  eftre  ni  plus  ni  moins  ,  &  non  pas  comme  l'a  fait  Sanfovino 
à  la  Bibliothèque  publique  de  faint  Marc  à  Venife  où  il  a  le  tiers  de  la 
Colonne  ,  ce  qui  eft  fans  exemple  Antique  ni  Moderne  pour  peu  qu'il 
foit  approuvé.  Il  y  a  des  occafions  oii  l'on  retranche  la  faiJlicdc  cette 
Corniche,  &  où  il  ne  rcfte  qu'une  face  depuis  l'Ove  jufqu'en  haut  pour 
éviter  la  communication  du  dehors  dans  les  Appartemens  ,  ainfi  qu'il 
eftdanslaCouf  du  Chafteau  de  Vincennes  ,  dans  celles  des  Cuifines  du 
Louvre  ,  &  à  l'Fioftel  de  Lionne ,  &  pour  lors  on  appelle  cette  Corniche 
mutilée. 


//.    Il, 


//.    12. 


D  0  R  I  Q^V  B, 


^Mouli4.i-es  d 
Chapiteau 

■A.  .^  as  <f  <Ju.,S-irTy  efin 
'Rô-jTy^rin  CcCat~in 

Mouliu'es  Au.  1l£ 
delà  Colonne 

m:,  ^j  troc  a//: . 


foulures  de  n^    1  ^ 

O .  û-û%ittej  Ou  Cùyc/i£ltej' . 
"F .  Tû/ci-  d&f  û-ûzUtes .     . 

IMoului-es  delaTrxse 

S  .  77s  te  ^^  èauif  Se^A^ 

V.  i^uisses  ^ru  C^stej,  ef 
X.  G-ray^ur-ej'  eu  Canaux, . 
Y,  desTri^i^y>A£s.  ef 
Z  .  dcnn  L4Xn4ZU,;v-  . 

Moultines  delaComicte 

J  Biin^ic/^ttes  des 

i-7~a£Tn  J  ZDentù-u/Af . 

c'  ti-û-uUtsJû-us  ^2^armnrr: 
Z'.  Cirurimne- , 
j  TaLm.  k.2^iic^. 


S 


\ 


P/.L. 


CA^pit-caij. 


/"^S' 


CHAPITEAT7ET  X:N^TABLi:iVIElsrT  I>OE  iqiJE  S 


U  D  F     r  O   I^  D   R  E 


Plafonds  des  Corniches  Doriques. 

La  grandeur  de  ce  volu?ne  ne  m^ a  pas  permis  de  met- 
tre tes  Plafonds  de  ces  Corniches  avec  les  Trofls  com- 
?ne  ils  font  dayis  l'Original  qttï  efl  in  folio-,  c'ejt  ce  qui 
m'a  obligé  pour  éviter  la  confufîon^  d'en  faire  uîte  plan- 
che a  part  fur  la  mej'mé  échelle. 

r   A  haureurde  la  Corniche  de  cet  Ordre  eft  déterminée  par  celle  de  la 
1- «Fille  à  laquelle  elle  doit  cflre  égale  ,  ainfi  elle  eft  trop  baflè  pour 
foufrrir  une  plus  grande  Saillie  que  celle  d'un  denrii-moduleplus  que  fa 
hauteur  •  c'eit  pour  cette  railbn  que  le  Plafond  du  Larmier  incline  par  de- 
vant en  la  Corniche  du  Théâtre  de  Marcellus  ;  ce  qui  augmente  l'apa- 
rcnce  de  la  Saillie  ,  &  ce  qui  avec  la  Mouchetre  pendante  &  le  Canal  re 
fouillé  fous  le  devant  du  Larmier  ,  rend  le  Profil  plus  gigantefque  & 
plus  noble  ,  comme  ou  le  peut  voir  à  la  Corniche  du  Portail  des  Minimes. 
On  orne  rarement  le  Chapiteau,    fi  ce  n'eft  de  quelques  petites  rofes  ; 
Les  fleurs  de  lys  qui  font  icy  &  dans  le  Plafond  du  Tailloir  font  les  ar- 
mes de  la  Maifon  Farncfe  ,  qui  en  porte  fix  d'afur   en  champ   d'or. 
D'autres   ont   mis  dans  le  Gorgerin  de  la  Colonne  une  Couronne  de 
Laurier,  comme  à  la  Porte  du  Palais  Juftiniani  à  Rome,-  d'autres  ont 
augmenté  le  Gorgerin  du  Chapiteau  pour  y  mettre  des  feuillages ,  dont 
on   voit  des  exemples  confiderables  dans  la  Salle  des  SuiiTes  au  Lou- 
vre.    Les  Pilaltres  avec  ces  Chapiteaux  ont  quelque  reflemblancc  aux 
Pilaftres  Attiques  ,  ce  qui  peut  faire  un  genre  d"Ordre  qu'on   nomme 
Attique  en  luy  donnant  la  bafe.     Pour  les  Métopes  ornez  à  l'Antique  de 
Vafesoude  Baflinsdefacnfices,  &  de  teftes  de  bœuf  décharnées,  ils  peu- 
vent tirer  leur  origine  de  l'ufage  qu'on  faifoit  de  ces  Entrevous  dans  les 
Temples  où  les  Sacrificateurs  mettoient  les  inftrumens  des  Sacrifices  , 
&  les  dépouilles  des  Vidimes  ,-  mais  fur  le  Métope  brifc   du   retour 
d'Angle,  ilnefaur  pas  mettre  un  petit  balfin  ou  bouclier  dont  il  ne  pa- 
roift  que  la  moitié  à  chaque  face,  comme  a  fait  Sanfovino  à  la  Biblio- 
thèque publique  de  faint  marc  à  Venife  ,  &  Daniel   Barbare  dans  fon 
Livre.     Les  fleurs  de  lys  de  blafon  y  viennent  encore  bien  ,  parce  qu'el- 
les font  contenues  dans  un  Lozange  régulier  .;  mais  il  faut  que  le  Métope 
fou  quatre,  carautrement  ontomberoit  dansle  défaut  de  la  grande  fal  le 
du  Palais,  où  les  deux  Arcades  du  fond  font  inégales,  &  où  il  y  a  un  demi- 
Pilaftre  de  moins  du  codé  de  la  plus  petite  ;  amfi  U  diftribution  de  la  Frifc 
ne  s'y  rencontre  plus. 


^mm^m^mmmmmmmiÊmim'mmmmmmmÊmimmif^ 


fl.  14. 


I>  0  R  I  O  V  E. 


55 


KKK>OOOn  " 


Sûus  les  ^-^u/u/es 


^ty.^y-l 


5^ 


V  E     V  0  R  D  R  E 


T>E  VORT>RE  IONIQUE. 

L'Ordre  Ionique  (ans  Piedeflal  fe  difpofe 
en  cette  forte  ,  on  divife  la  hauteur  donnée  en 
vingt-deux  parties  &  demie  ,  &  une  de  ces  parties 
fervirade  Module.  Et  parce  que  cette  Ordonnan- 
ce eft  plus  égayée  que  la  Tolcane  &  la  Dorique, 
&  qu*ainfi  elle  demande  plus  de  précifion  dans 
la  mefure  de  fes  membres  5  on  diviferale  Module  en 
dix-huit  parties ,  la  Colonne  comprife.  Le  Chapi- 
teau &  la  Bafe  eft  de  dix  huit  Modules  ,  T Archi- 
trave contient  un  Module  &  un  quart,  laFrifeun 
Module  &  demy ,  la  Corniche  un  Module  trois 
quarts  :  ainfi  tout  l'Entablement  eft  de  quatre  Mo- 
dules &  demi ,  qui  eft  le  quart  de  la  hauteur  delà 
Colonne. 


L 


duite 


E  s  Athéniens  par  le  commandement  de  l'Oracle  d'A 
pollon  envoyèrent  en  Afie  tréze  Colonies  fous  \\  con 
e  d'Ion  ,  qui  fonda  tréze  grandes  Villes  dans  la  Cari 


qu'il  avoit  conquife  ,  &  cette  Province  fûtappellée  lonie  de 
fon  nom.  Une  des  plus  confiderables  de  ces  Villes  eftoit 
Ephéfe  où  l'on  baftit  un  Temple  à  Diane  autre  que  le  Dori- 
que, &  ce  fut  l'Ionique  dont  je  vais  parler.  On  y  en  éleva 
auflTi  un  du mefme Ordre  à  Apollon,  &unàBacchus.  Ce 
qui  fait  voir  que  les  Ordres  particuliers  aux  Nations  n'ont 
pas  efté  aflPedez  aux  Divinitez  ;  contre  l'ufage  que  nous  pré- 
tendons en  devoir  faire  qui  eft  pourtant  judicieux.  Ainfi 
lorfque  l'on  confacre  une  Eglife  à  quelque  faint  Martyr,  on 
affeÂe  avec  raifon  d'y  employer  l'Ordre  Dorique,  parce  que 
c'eft  l'Ordre  des  Héros  ;  &:  que  les  Martyrs  font  les  Héros  du 
Chriftianifme  :  de  mefrae  que  l'on  met  en  œuvre  l'Ionique 


I  0  N  I  Q^V  E. 


I y>/, , i::n^tre-c o i.q:s-b:me:n^t  lo^iqxji:^ 


r-^j7 


?  "i 


ss 


DE    V  0  R  D  R  E 


&  le  Corinthien,  pour  les  Vierges  &  les  Convents  de  Reli- 
gieufes.  Ainfiil  ne  faut  confîderer  les  Ordres  que  par  leur  for- 
ce ou  par  leur  delicatefle,  &  à  caufe  de  leurs  proportions;  les 
Ornemens  anciens  &  qui  reiïentent  le  Paganifme  non  feule- 
ment ne  font  plus  d'ufage  pour  nos  Baftimens,  mais  encore 
nous  doivent  eftre  odieux ,  fi  ce  n'eft  dans  quelque  décoration 
de  Théâtre  ,     lorfqu'on  y  reprefente  une  Tragédie  tirée  de 
la  Fable  ou  de  quelque  Hiftoire  Ancienne.  C'eftpourquoy 
Vitruve  demande  que  l'Architede  ait  connoiffance  de  î'Hi- 
ftoire,  eftant  indigne  qu'un  homme  d'une  fi  excellente  pro- 
fcffionaitbcfoindu  fecours  étranger,  &de  l'efprit  des  autres 
pour  orner  les  Edifices  qu'il  conftruit.  L'Ordre  Ionique  peut 
encore  tirer  fon  origine  des  Cariatides ,  puifque  fes  Volutes 
imitent  les  treiïes  des  cheveux  de  ces  femmes  captives.  Sa  pro- 
portion eft  de  huit  diamètres  &demy,  félon  Vitruve;  mais 
laplufpartdes  Anciensluy  en  ont  donné  fouvent  plus  de  neuf 
que  moins,  comme  il  eft  au  Théâtre  deMarcellus  où  la  Co- 
lonne avec  la  Bafe  &  le  Chapiteau  a  vingt  &  un  pieds  & 
onze  pouces  de   hauteur  fur  deux  pieds  cinq  pouces  de 
diamètre  :  mais  Vignole  en  a  réglé  la  jufte  hauteur  à  neuf 
diamètres ,  eftant  raifonnable  que  cet  Ordre  qui  tient  le  milieu 
entre  le  Dorique  &  le  Corinthien,  ait  auffi  une  hauteur  pro- 
portionelle  entre  les  deux.  Ses  Entrecolonnes  font  de  quatre 
diamètres  &  detni ,   &  par  confequent  Euftyles ,  qui  eft  la 
meilleure  manière;  l'Entablement  a  le  quart  de  la  Colon- 
ne commeaux  autres  Ordres.  Mais  il  fautobferver  que  la  di- 
ftribution  des  Denticules  fe  doit  rencontrer  la  plus  jufte  qu'il 
fe  pourra  faire,  quoiquecela  ne  paroiflepasdeconfequence, 
&que  cela  ne  foitprefquepasfenfible.  Cependantles Archi- 
tedes  qui  font  jaloux  de  la  juftefTedans  l'exécution  de  leurs 
Ouvrages  n'obmettent  aucun   foin  pour  la  rendre  parfai- 
te. Palladio,  ScamozziSd  Viola  ont  mis  des  Modillons  au  lieu 
desDenticules  dans  la  Corniche  de  cet  Ordre,  contre  lefenti- 
ment  de  Vitruve  qui  prétend  que  les  Denticules  le  rendent 
différent  des  autres  Ordres;  ce  que  ces  Archireâes  ont  fait. 


I  O  N  I  O  V  E,  , 

— M^.,— :r:-  ?9 

londez  fur  l'exemple  du  Temple  de  la  Concorde  derrière  le 
Capitole  à  Rome  qui  n'eft  pas  receu  avec  la  mefme  appro- 
bation que  le  Théâtre  de  Marcellus  ;  parce  que  cet  Edifice 
ayant  eflé  brûlé  dans  un  tems  fort  éloigné  de  celui  où  il  avoit 
elté  bafti  ,   &  ayant  égard  aux  Bafes  angulaires  différentes 
des  autres,  il  femble  qu'il  ait  cftéreftauré  des  débris  deplufieurs 
Edifices,  ce  qui  n'eft  toutefois  qu'une  conjeâure  qu'on  peut 
tirer  de  fa  mauvaife  exécution.     Ce  que  cet  Ordre  a  de  f]ngu- 
her  au  deffus  des  autres,  eft  que  les  faces  de  devant  &  de  der- 
rière de  fon  Chapiteau  font  différentes  de  celles  des  coftez; 
toutefois  de  cet  avantage  qui  lui  efl:  propre  il  reçoit  une 
difficulté  lorfqu'il  faut  que  l'Ordonnance  retourne  de  la  face 
intérieure  d'un  Edifice  à  la  latérale  ,  à  quoyonatrouvé  pour 
Lxpedient  de  faire  le  Chapiteau  Angulaire  comme  il  aefté 
pratiqué  au  Temple  de  la  Fortune  Virile.     Il  y  a  encore  un 
lemblable  Chapiteau  de  marbre  plus  beau  que  celuy  dont  je 
viens  de  parler,  qui  fert  de  liège  dans  le  Jardin  des  Char- 
rreux  de  Termini  à  Rome.     Scamozzi  &  plulieurs  Architec- 
es  Modernes  ont  introduit  pour  Chapiteau  de  l'Ionique  ,  la 
jartie  fuperieure  de  l'Ordre  Compofite ,   imitant  celuy  du 
Temple   de   la   Concorde   dont  les  quatre  faces  font  pa- 
reilles ,•  &  alors  pour  luy  donner  plus  de  grâce  il  faut  que  la  Vo- 
lute foitun  peu  pendante  &  ovalle.Il  me  femble  qu'il  feroir  auffi 
à  propos  de  donner  à  ce  Chapiteau  le  Tailloir  du  Com- 
pofite, qu'à  l'autre  qui  eft  quatre  :  ainficomme  il  yacy-de- 
van  t  deux  Ordres  IJoriques  qui  ont  chacun  leur  beauté  particu- 
lière, il  peutyavoirauffi  deux  Ioniques;  &:  celuy  de  Vi^^nole 
fubfiftera  avec  beaucoup  de  différence  de  l'autre  ,  dontleCha 
>iteau  a  les  quarre  faces  égales,  le  Tailloir  Compofite,  laFrife 
bombée,  &  la  Corniche  avec  des  Modillons  ,  outre  qu'on  luy 
lonnera  la  Bafe  Attique,  quoy  qu'elle  appartienne  à  J 'Ionique 
Antique. 


40 


V  E    V  0  R  D  R  E 


Tortique  Ionique  /ans  ^iedeflal. 

LEs  Portiques  ou  Galeries  d'Ordonnance  Ioni- 
que feront  ainfi  difpofez.  Les  Piliers  auront  trois 
Modules  de  groffeur  -,  la  largeur  des  vuides  fera  de 
huit  Modules  &  demi,&  leur  hauteur  de  dix-leptMo- 
dules,  qui  eft  le  double  de  Ja.  largeur  ,  &qui  eftla 
règle  générale  qu'il  faut  régulièrement  obferver  en 
coûtes  les  Arcades  de  c^s  fortes  de  Portiques, 
routes  les  fois  que  par  quelque  raifonparticuliereVon 
n'eil  pas  obligé  de  s'en  éloigner. 


■ 


A  Près  rOrdre  Tofcan  ,  rionic|ue  eft  le  plus  facile  daas  la  dirpoGciou 
de  les  Entiecoloniies&  Portiques,  parce  que  les  Dencicules  ne  font 
pis  lî  fujecs  à  la  preciiïon  que  demandent  les  Triglyphes  du  Doriqie  ,  & 
les  Modi  lions  du  Corinthien.  Ce  Portique  a  un  demi  Module  d'A'c.re  ou 
pied  droit,  &  un  Module  depuis  le  deflbus  de  l'Arcadejufqu'à  l'Entable- 
ment :  ce  qui  luy  refte  de  dix-huit  qu'a  la  Colonne  ,  eft  la  hauteur  du  vui- 
dede  dix-fept  Modules.  La  plus  belle  proportion  des  Arcades  eft  d'avoir 
dehauteur  le  double  de  leur  largeur  ;  mais  noftreArchitedle  n'y  contraint 
pas  avec  tant  de  fe  vérité'  quand  la  necelfue'  oblige  d'en  ulèr  autrement.  Cet 
Ordrepouvanteftree'leve' au  deilus  du  Dorique  ,  afin  de  retenir  cette  pro- 
portion qui  doit  paroiftreauilî  agréable  que  celle  du  premier  Ordre  fur 
lequel  il  porte  ;  il  luy  faut  donner  un  peu  plus  dehauteur  que  le  double  de 
fa  largeur  comme  au  Théâtre  de  Marcellus  où  l'Arcade  à  neuf  pieds  de 
large  fur  dix-neuf  de  haut,  ce  qui  n'a  point  efté  fait  au  Colife'e  où  cel- 
le du  fécond  Ordre  eft  plus  bafle  que  la  première  fur  lamefme  largeurjmais 
au  Théâtre  de  Marcellus  l'Arcade  Ionique  eft  plus  large  de  plus  de  trois 
pouces  que  la  Dorique,  ce  qui  a  eite' fait  pour  rendre  les  Alertes  ou  Pieds- 
droits  proportionnez  à  la  Colonne  fans  s'arrefter  à  faire  porter  à  plomb  le 
vuide  fur  le  vuide  ,  &  le  malTîf  fur  le  maflif.  Ce  qui  fe  rencontre  rarement 
imite'  par  les  Modernes  qui  ont  fuivi  le  Colife'e  pour  la  largeur  des  Arca- 
des ,  &  le  Théâtre  de  Marcellus  pour  la  proportion  du  Rcz-de-ChaulTe'e  à 
celuy  de  deffus.  Mais  fur  tout  il  faut  e'viter  de  faire  les  Arcades  des  Ordres 
délicats,  plus  eftroics  que  celles  des  plus  malfifs  lorfqu'elles  font  l'une  fur 
l'autre,  parce  que  les  Pieds-droics  du  delfusferoient  plus  larges  que  ceux 
du  dcflbus;  alors  outre  que  l'Alette  ne  feroit  pas  proportionnée  à  la  Colon- 
ne ,  ce  feroit  uue  faute  contre  la  foUdite'. 


fi.  i6» 


fLi6. 


I  0  N  I  OV  E, 


PORTiqtJE  io:viqtTE  saints  piedestaj. 


4* 


DE    V  0  R  D  R  E 


Tortiqtée  lomqiie  avec  Tiedejtal. 

MAt  s  pour  faire  des  Galeries  ou  Portiques  de  l'Ordre 
Ionique  avec  Piedeftal,  il  faut  divifer  toutela  hauteur 
donnée  en  vingt-huit  parties  &  demie.  Le  Piedeftal  avec  les 
OrnemCTis  en  contiendra  lix  qui  font  le  tiers  de  la  hauteur  de 
la  Colonne  avec  fa  Bafe  &  Ton  Chapiteau,  fuivant  ce  que 
nous  avons  dit  devoir  eftre  obfervé  pour  tous  les  Ordres  ;  la 
largeur  des  vuides  ou  des  jours  fera  d'onze  Modules  &  leur 
hauteur  de  vingt- deux.  Enfin  la  largeur  des  Piliers  fera  de 
quatre  Modules  ,  comme  on  le  voit  marqué  par  nombres 
dansle  deifein. 

LEs  règles  générales  que  donne  Vignole  ne  font  que  pour  les  Baftimens 
d'un  feul  Ordre  &  fur  le  rez-de-chaullee  ,  parce  que  s'il  eftoit  befoin 
d'en  mettre  plufîeurs  les  uns  fur  les  autres ,  il  leroit  impoflible  de  les  exé- 
cuter avec  la  pre'cifion  de  fcsmefures,  &  il  faudroit  qu'ils  eufïent  tous  un 
Piedeftal  ou  qu'ils  n'en  eulîent  point  du  tout ,  fi  on  vouloir  que  les  vuides 
des  arcs&  lesmalTlfs  des  jambages  (è  re'pondilîent  à  plomb  ,  ce  qu'il  eft 
facile  de  connoiftre.  Par  exemple,  fi  on  vouloit  faire  un  Portail  comme 
ccluy  de  faint  Gervais,  &  que  l'Ordre  Dorique  n'euft  qu'un  focle  comme 
à  cet  ouvrage,  &  l'Ionique  un  Piedeftal,  fuppofé  d'ailleurs  qu'il  fût 
nccellaire  de  faire  des  Arcades  de  mcfme  largeur  à  chaque  Ordre  :  alors 
les  Alettesou  Pieds-droits  feroient  bien  plus  larges  à  l'Ionique  &  encore 
plus  au  Corinthien,  &  les  diamètres  des  Colonnesne  dimioueroient  pas 
proportionellement  ;  cependant  il  faut  que  le  diamètre  inférieur  du  Corin- 
thien foit  plus  petit  que  le  fuperieur  de  l'Ionique  ,  &  ainfi  du  refte ,  quand 
l'occafion  fe  prefcnteroit  de  les  mettre  tous  cinq  en  œuvre  ;  ce  qui  n'a  point 
elte  faitau  Colifée  dont  les  quatre  Ordres  ontles  diamètres  égaux  ,  afin 
d'avoir  les  Arcades  égales  de  treize  pieds  fept  pouces  de  large  chacune  :  Ce 
que  n'a  point  aufTi  fuivi  Michel- Ange  dans  la  Cour  du  Palais  Farnéfe,  par- 
ce que  les  Arcades  du  rez  de  chaulïée  ont  dix  pieds-un  pouce  &  demi ,  & 
cel  les  du  premier  étage  onze  pieds  quatre  pouces ,  ce  qu'il  a  fait  afin  que  les 
Aîcttes  de  fes  Arcades  fullènt  proportionnées  à  leur  Ordre;  le  Dorique 
ayant  Jeux  pieds  quatre  pouces  &  demi  de  diamètre  ,  &  l'Ionique  deux 
pieds  feulement,  quoyque  cette  manière  fe  pratique  rarement  par  les  Mo- 
dernes. Les  jambages  diminuent  comme  les  Ordres  &  les  Arcades  font 
plus  larges  à  proportion  de  la  hauteur  que  leur  donnent  les  Ordres  plus  dé- 
licats dont  le  Theatre.de  Marcellus  eft  un  exemple  d'autorité. 


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fllj. 


T  0  N  I  OV  F; 


F  ij! 


44 


DE    V  0  R  D  R  E 

Tiedeftal-i  Bafe  &  Impofte  Ioniques. 

LA  Corniche  de  Tlmpode  quieft  ici  defllné  a  un 
Module  de  haut,  &  la  faillie  eftd'un  tiers  de 
Module.  On  peut  voir  par  les  nombres  qui  font  mar- 
quez au  deflein ,  la  mefure  de  fes  Moulures  pardcu- 
li  ères,  auifi  bien  que  celles  du  Piedeflal  &delaBafe. 

L£  s  Piedeftaux  Antiques  de  cet  Ordre  font  ou  continus  comme  celuy 
du  Temple  de  la  Fortune  Virile  ,  ou  par  Avant- corps  &  Airiere-corps, 
ou  Efcabeaux  impairs, (comme  les  nomme  Vitruve)ain(î  que  ceux  duThea- 
tre  de  Marcellus  6c  du  Colirée,&  il  n'y  a  que  celuy  du  Temple  delà  Fortune 
Virile  qui  ait  une  Bafe:  car  celuy  du  Théâtre  de  Marcellus  n'en  a  point. 
Pour  le  Colifee  il  n'a  qu'un  Chamfrain  à  toutes  les  Bafes  de  fes  Piedeftaux. 
PhilbertdeLormeauChâteaudesThuilleriesa  fait  un  Piedeftal  continu 
à  l'Ionique  quieft  au  rez-de-chaulfée,  &  qui  peut  palTer  pour  un  des  plus 
beaux  Modelles  de  cet  Ordre,  l'Ionique  de  Vignole  qui  a  efté  alTez  exade- 
ment  mis  en  œuvre  au  Portail  de  l'Eglife  des  PP.  Feiiillansdans  la  rue  faint 
Ho5ore  a  le  mcfme  Piedeftal  que  celuy-cy,  excepte  que  le  Dé  n'en  eft  pas 
fi  haut,  mais  le  Socle  de  dellous  la  Bafe  fait  qu'il  approche  de  la  proportion 
du  tiers  de  la  Colonne. 

Cette  Bafe  de  la  Colonne  (qui  eft  celle  de  Vitruve)ne  fe  rencontre  à  aucun 
Edifice  Antique. Les  Architedes  Modernes  font  allez  partagez  fur  le  choix 
de  celle-cy  ou  de  l'Attique  ,  &  les  Sénateurs  de  Vitruve  l'ont  employée 
comme  finguliere  à  cet  Ordre;  ainfi  elle  fe  trouve  dans  Serlio,  Barbaro,Ca- 
taneo,  Viola,  Bulant  &  de  Lorme;  à  laquelle  le  dernier  a  ajouté  deux  Aftra- 
c^ales  au  defTous  du  filet  fur  la  Plinthe.  Ceux  aufli  qui  ne  s'éloignent  pas  de 
l'Antique  ont  employé  la  Bafe  Attique  à  l'imitation  du  Temple  de  la  Fortu- 
ne Virile,  du  Théâtre  de  Marcellus&  du  Colifee  ,  &  n'ont  pu  fupporter  ce 
oïos  Tore  fur  les  petites  Moulures  de  delTous  qui  paroift  extrêmement  dif- 
proportionné.  La  plupart  des  Ioniques  Modernes  ont  la  Bafe  Attique  que 
Michel-Ange, Palladio,Scamo2zi  &plufieurs  autres  ont  mife  en  œuvre  dans 
tous  les  baftimens  qu'ils  ont  faits,  &  où  cet  Ordre  s'eft  rencontré;  toutefois 
il  (e  trouve  à  Paris  beaucoup  d'exemples  entre  des  Edifices  confiderablesde 
la  Bafê  de  Vitruvc  ,  puilqu'elle  eft  au  Palais  de  Thuilleries ,  au  Portail  des 
Feiiillans,  aux  Eglifes  des  Petits  Percs  &  des  Barnabires,  &  au  Palais  Brion 
dans  la  rue  de  Richelieu.  Cependant  il  faut  dtre  perfuadé  après  tout  cela, 
que  la  difproportion  des  Moulures  de  cette  Bafe  fans  exemple  Antique ,  ne 
doit  pas  prévaloir  fur  l'Attique,  quoique  ce  foit  la  doitnne  de  Yitruve,  qui 
eft  feul  de  Ion  opinion. 


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l  0  N  I  QJU  E, 


JV.3     PIEDESTAL  XT  liASE  lO^IQtTE      /^^ 


Fii) 


4< 


DE    V  0  R  D  R  E 


Entableme?it  Ionique, 

y^ay  reporté  audifcoiirs  piùvantle  texte  qui  efl  en 
cet  endroit  à  foriginaltparce  qtCil  ne  parle  pas  de  l^  En- 
tablement ^mais  lentement  du  Chapiteau  dont  le  ^ro- 
fil fe  "Voit  à  la  figure  fuivante, 

COmme  le  plus  feur  moyen  d'eftimer  avec  jugement  dans  tous  les  Arts 
l'excellence  de  leurs  prodiidlions  ,  eft  de  comparer  les  plus  belles  avec 
les  moindres,  il  ne  faut  que  faire  le  parallèle  de  ce  profil  avec  celuy  de  Vi- 
truve&ceiix  du  Théâtre  de  Marcellus ,  du  Colifée  &  du  Temple  de  la 
Fortune  Vinle,  pour  voir  combien  la  proportion  relative  des  parties  au  tout 
s'y  rencontre  dans  un  degré'  inférieur  à  celuy-cy  j  &  fi  ou  doit  s'arrefter  à 
quelque  exemple  dont  Vignole  ait  pu  tirer  les  Moulures  les  plus  propor- 
tionne'es,il  faut  clioifir  celuy  du  Profil  des  Thermes  de  Diocletien  qui  ne  le 
voit  plus,  &  qui  eft  rapporte'  dans  le  Livre  du  Parallèle  de  l'Architedure , 
pour  veu  que  Pirro  Ligorio  l'aie  mefuré  plus  fidèlement  que  celuy  du  Tem- 
ple de  la  Fortune  Virile,  qui  eft  bien  différent  de  celuy  du  Livre  des  Edifices 
Antiques  de  Rome  du  fieur  Defgodets.  Pour  le  Profil  du  Thearre  de  Mar- 
cellus il  paroift  matériel  pour  un  Ordre  fi  délicat ,  parce  que  l'Edifice  eft 
Colo(lal,&  que  les  Corniches  qui  régnent  circulairement  femblent  deman- 
der d'autres  proportions  que  celles  qui  font  fur  une  ligne  droite.  Pour  celuy 
du  Colife'e  il  ne  s'y  faut  pas  arrefter,eftant  prefque  femblablc:  au  Profil  Do 
rique  de  deflous.  Un  des  plus  beaux  Profils  Modernes  de  cet  Entablement 
eft  celuy  du  Portail  des  Feiiillans  qui  eft  imite'  avec  exaeftitude  fur  celuy  de 
VignoIe,àla  referve  de  la  Frife  qui  eft  bombée. Les  trois  faces  de  l'Architra- 
ve doivent  eftre  tellement  proportionnées  qu'elles  foienr  comme  de  cinq  à 
fept,&  de  feut  à  neuf,  félon  l'ongine  de  l'Architrave  &  de  la  Frife.L'Archi- 
trave  doit  élire  plus  haut  que  la  Frife  ;  parce  qu'il  reprefeute  la  poutre  qui 
eft  plus  grofic  que  les  folives  qui  portent  deiïus,  &  dont  fe  fait  laFrifcsainfi 
Vitruve  qui  donne  aux  Frifes  qui  n'ont  point  de  fculpture  le  quart  de  hau- 
teur moins  qu'à  l'Architrave,  femble  s'eftre  fondé  fur  ce  raifonnement;  ce- 
pendant on  eft  obligé  de  leur  donner  davantage  de  hauteur  qu'à  l'Architra- 
vejparce  que  la  Saillie  de  li  Cimaife  de  cet  Architrave  emporte  de  la  hauteur 
de  la  FriléjOutre  qu'elle  a  toujours  meilleure  grâce  lorfqu'elle  eft  plus  gran- 
de, quand  melme  elle  feroit  fans  ornement.  La  proportion  que  Vignole 
donne  aux  Denticules  eft  difF*: rente  de  celle  de  Vitruve ,  &:  celle-cy  s'accor- 
de plus  avec  les  Antiques  :  leur  Plan  eft  quarré  ,  &  leur  hauteur  eft  fefquial- 
tere  de  leur  largeur  &  l'efpace  a  la  moitié  de  cette  largeur. 


fL  if* 


I  0  N  I  QJU  E. 


47 


J^  F 


F  Handes  ^ru  Canal  Jes^ 
G-  yclut&sSL.lalmieA 

«le  l'Arcliitra-v-e 

O  Frijc  arec  û-ruinu  ce. 
3,  int^njn  ctJc2'j/i/h'nc 


~2*lan.  Ju     '*    r    cAapitvaic 


CHAPITEAU  ET  E:N^TABL]£,3lKyT  lO^igT'i: S 


4S 


DE     L'  0  R  D  R  E 


Chapiteau  Ionique, 

QUo  Y  QU  E  l'on  ait  delTiné  dans  cette  Figure  la  manière 
de  faire  le  Chapiteau  Ionique,  &  que  l'on  en  ait  donné 
le  Plan  &  le  Profil,  néanmoins  pour  en  faciliter  l'intelligence 
nous  dirons  qu'il  faut  tirer  deux  Bgnes  à  plomb  ,  éloignées 
l'une  de  l'autre  de  deux  Modules  qui  paffent  par  le  milieu  des 
yeux  des  Volutes,  &  s'appellent  Cathetes.  Toute  la  Volute 
doit  avoir  de  haut  feize  parties  de  Modules,  defquelles  il  y  en 
aura  huit  au  dellusde  l'œil  qui  fera  de  deux  de  ces  mefmes  par- 
ties, &  les  fix  qui  relieront  feront  au  deffous  de  Cœ'd de  U  mefme 
P  ointe.  L'on  a  delTiné  dans  la  figure  fuivante  la  manière  de  décri- 
re cette  Volute  où  l'on  a  brièvement  expliqué  (autant  que  le 
peu  d'efpace  a  pu  le  permettre)  de  quelle  manière  il  s'y  fal- 
loit  prendre  pour  la  tracer, 

PU  I  s  QU  E  j'ay  dit  cy-deïïus  que  le  Chapiteau  Ionique  eftoitfingulier 
en  ce  que  les  faces  des  coltez  eftoient  diiFeremcs  de  celles  de  devant 
&  de  derrière;  aufliille  fautconfiderer  parle  devant  où  font  les  Volutes, 
ou  par  les  coftez  qui  reflemblent  à  un  oreiller  ;  ce  que  les  Ouvriers  appel- - 
lent  le  Balultre,que  la  hauteur  des  Volutes  détermine.  Le  Tailloir  doit  eflre 
toujours  quatre  ,  &  l'Aftragale  du  haut  de  la  Colonne  ne  fait  pas  partie  du 
Chapiteau,  mais  il  appartient  au  Fuft  félon  Vitruve,  &  comme  Monfieur 
Perrault  l'a  interprété  dans  fes  Notes.  Or  il  eft  neceflaire  d  eftre  inftruit  de 
cette  difficulté  ,  parce  que  le  Fuft  de  la  Colonne  peut  eftre  d'autre  matière 
Se  couleur  que  le  Chapiteau.  Cependant  fi  l'Aftragale  eftoit  taillé  de  quel- 
que Ornement  il  pourroit  appartenir  au  Chapiteau  ce  qui  arrive  rarement  , 
&  il  ne  s'en  trouve  point  d'exemple  Antique  &  peu  de  Modernes  ;  il 
faut  obferver  que  quand  le  Fuft  eft  de  marbre,&  que  l'Aftragale  en  f  .it  par- 
tie leChapiteau  étant  de  pierre  paroît  bas  comme  on  en  peut  juger  par  ceux 
de  la  fermeture  du  Chœur  de  i'Eglife  des  Mathurins  rue  faint  Jacques. 

Il  y  a  des  Editions  de  Vignole  où  les  Cannelures  ne  font  pas  quarrées  par 
le  bas  comme  elles  font  a  la  figure  du  Piedeftal  ;  mais  j'ay  crû  que  je  de- 
Yois  fuivre  le  Livre  premicir  &  Original  de  cet  Auteur  ;  c'cft  pourquoy  je 
les  ay  fait  quarrées.  Il  n'y  a  point  d'autre  exemple  Antique  de  ces  Canne- 
lures que  les  Colonnes  du  Temple  de  Vefta  à  Tivoli  qui  font  encore 
quarrées  par  en  haut ,  &  on  ne  toic  point  que  les  Modernes  les  ayent  imi- 
tées. 


IP«i 


fl.lO* 


pi  zo. 


I  O  N  I  QJJ  E, 


Manière  de  tracer  la  Volute  Ionique, 

AYANT  tiré  la  Cathere  de  cette  première  Volute  &  une 
autre  ligne  qui  la  coupe  à  Angles  droits  au  centre  de  1  cri' 
le  U  VolHte ,  on  divife  l'œil  de  la  manière  dcffin ée  en  cette  hgu^ 
re  à  l'endroit  marqué  A:  on  commence  par  le  point  marque  i; 
de  ce  point  Ik  comme  centre  &  de  U  dtjUncede  ce  f  oint  a  la  par- 
tie ftiperienre  de  U  Cathete,  on  décrira  un  quart  de  cercle,  ^u: 
irt  rencontrer  U  ligne  qm  coupe  U  Cathete  a  Angles  droits  i  en- 
fuite  tranfportant  la  pointe  du  Compas  au  pomt  marque  u  er 
l'ouvrant  en  telle  forte  quil  reprenne  la  fin  de  l' Arc  preceaent , 
on  décrira  un  autre  Arc  jnfcjH'a  lapartie  inférieure  de  la  Lathete, 
&ron  fera  ainfi  trois  tours  de  fuite  descentres  3,4,  5,6,7,  b, 9, 
10  11,12.  La  g^-offeur  du  Lifteau  qui  efl  le  quart  de  la  hauteur 
que  la  première  révolution  laiflTe  audeffus  de  foy  ,fe  trouvera  ai- 
fement  en  partageant  en  4.  chacune  des  parties  qui  ont  fervi  de 
centre  alai^  T.  to,  &  l'on  décrira  fur  ces  12.  points  12.  Arcs 
de  Cercle ,  qui  achèveront  les  5 .  contours  de  l  epaijfeur  du  LijteaH. 

DLufieurs  Architeftes  fe  font  attribuez  le  recouvrement  de  la  Volute 
1    de  Vitruve,  SalviatL  Peintre  fameux  en  a  écrit,  Philbert  deLorme 
dit  IW  trouvée  à  un  Chapiteau  ébauchd  dont  la  Volure  é-c  tracée  av^ 
les  I  ;  Centres,dans  TEMife  de  fainte  Marie  delà  le  Tibre,  qui  elt  batic  des 
d"brL  de    kifi'eurs  Edifî'ces  Ann,ues.Enfin  Goldman  Géomètre  en  a  inj.i^ 
ré  une  fi  parfaite  que  nous  avons  trouvé  à  propos  de  l^^PP^"^;,  ^^P^f  ;  ^^ 
s'en  trouve  rarement  du  deflein  de  celle  du  Théâtre  ^^  ^^^^^^^^^'^Z. 'l^^^^ 
arafée  par  le  devant  comme  celles  de  Vitruve    de  Tes  I"[«P;;;«  f^^J^^  ; 
gnole  :  &  cet  arafement  ayant  paru  trop  plat  a  fait  que  pl"[^^""^^^^^^ 
Tes  ont  fait  fortir  en  dehors  comme  les  Cor  jnthiemies  ,  ce  ju  fe  rencon^ 
aux  Thuillerics  .  au  Port.il  de  S.  Gervais,  &  a  celuy  ^"J^.'^^j'^"^:^/^^"^^ 
les  ont  renfoncées  au  dedans.  Les  Sculpteurs  qui  en  «"^^f  ^f^^^/^^^^^^^^ 
rœil  voyant  que  le  contour  n'en  eftoit  pas  agréable     y  ont  ^""O'i^^^  ''^  P; 
tSbSnchel  de  Laurier ,  de  Chefne  ou  de  Lierre,qui  partant  d  une  fleur  du 
milieu  viennent  fimr  auprès  de  l'œil.  „       ,       ,       j    x^r^nl^  rlp  la 

Scamozxi  a  fait  fon  chapiteau  angulaire  d'aptes  celuy  d^J;»^!^^  ^^^^ 
Concorde     les  Volutes  en  font  ovales  en  hauteur  avec  beaucoup  de  grâce, 
ÏÏque  -uns  comme  le  fleur  Bo^-e  fe  font  efforcez  d'en  donner  le  tr    ce 
Ltriquement  ,  mais  outre  qu'il  ne  fe  trouve  P^J  ^^"^  ^^  P^f  ,^  j"  ^'f  ^ 
le  contour  en  devient  tres-ditforme,  ainfi  il  le  faut  tracer  a  1  œil  avec  la 

crrace  du  deffein 


1 


pt  IX, 


10  N I  QJV  T. 


5t 


Si  l  cm  -yezct  decrtre  cette  première  nianterc  de  7'ovutc   sanc^ 
jarets .  au  lieu  de  commencer  Us  arcs  de  cercle  sur  ta.  Catkete  et: 
sur  la,  ligne  qm.  Ici  ccrupe  a.  anales  drcnts  ;  tirez^  les  Itane^ 
pcmctuees  x^,  x.%^.%,^  C ,j  ,4,D.et  terminez^ a,  ces  Laizes  autdt 
-proïûTtgees  cjuil  leJhudrcL  .dans  les  arcs  de  cercle  quvjèrrmentr 
le  contour  de  la.  volute . parcequ^e  r>ar  ce  moj'en-  les  deuoc  arcs 
qwv  se  suvyent  ojyctnt  toujours  Leurs  centres  dans  la.  mesme  u^  f 


se  touchent  necessatrement  sans  se  couper  . 
Fl  xj 


Pajc  gx 


MAFIEUX  DE  TRACEltXA  VOI.I7TE  lOlSriqUE^ 


5î 


B  F    V  o  n  D  R  n 


Autre  manière  de  tracer  la  Volute  Ionique, 

L'O  N  peut  encore  décrire  la  Volute  en  cette  manière ,  tirez 
laCathetede  16.  parties  dt  Module,  ily  en  aura  9.  au  def- 
fus  du  centre ,  &:  7.  au  deffous.  De  ce  Centre  ttre^,  8.  itgnei  qui 
divifcnt  la  circonférence  du  Cercle  en  8.  parties  égales  k  com- 
mencer par  la  partie pperieure  de  la  Catkete  :  faites  enfuite  le 
Triangle  reBangle  BCD  dont  le  côté  BC  contienne  9.  parties 
deModule,  &:lecofl:é  CD.  7,  de  ces  parties.  LaFiguremar- 
quée  dénombres  en  expliqueaflez  la  conftruflion.  Ce  Trtari' 
gie  ejlant  a.n^î  achevé  avec  les  divtJjonsdH  cofté  BC,  il  les  faut 
rapporter  fur  les  8.  lignes  qui  divifent  la  circonférence  félon 
l'ordre  qu'on  les  voit  marquées  par  nombres,  dans  ledeffein, 
&  l'on  trouvera  le  contour  d'un  point  à  Y ^niittCommc par  exem- 
ple de  i.  a  2.  en  cette  forte  :  on  mettra  le  pied  du  compas  au  point 
I.  on  l'ouvrira  jufqu'au  centre  de  l'œil  de  la  Volute,  &de  cet 
intervalle  on  décrira  un  Arc:  gardant  enfuite  le  mefme  inter- 
valle du  point  i .  &  rinterfedion  de  ces  deux  arcs  fera  le  centre 
de  la  partie  delà  Volute  comprife  depuis  i ,]  ufqu'à  z.Dela  même 
manière  pour  trouver  le  centre  de  la  partiedela  Volute  com- 
prife entre  2.&3.  mettant  le  pied  immobile  du  Compas  fur  le 
point!,  on  le  fermera  jufqu'au  centre  de  l'œil  de  la  Volute;  de 
ce  point  comme  centre,  &  de  cet  intervalle  on  décrira  un  Arc, 
&  enfuite  dumcfme  intervalle  &  du  point  5.  on  fera  un  autre 
Arc  qui  coupera  le  précèdent  en  un  point  qui  fera  le  centre  de 
r  Arc  de  la  Volute  compris  entre  2.  &  3.  on  pratiquera  la  mefme 
chofe  à  l'égard  de  tous  les  autres  points. 

DEs  deux  manicres  que  donne  Vignole  pour  décrire  la  Volute,  la  précé- 
dente cit  la  plus  facile  à  comprendre.  Il  faut  obferver  que  le  Centre 
de  l'ccil  de  la  Volute  n'eft  point  celuy  de  l'Aftragale  ,  ce  qui  rend  le  Chapi- 
teau plus  haut,&  comme  il  fe  trouve  à  celuy  du  Temple  de  la  Fortune  Viri- 
le. Pour  ce  qui  cd  de  l'autre  manière  par  le  Triangle  elle  eft  fort  ingenieu- 
fc  ;  mais  l'éxecution  en  eft  tres-difïîcile  àcaufe  de  ces  Centres  qu'il  faut 
trouver  avec  les  fed  ions  qui  fc  font  dans  l'œil  de  la  Volute.  Nôtre  Auteur 
l'a  explique'  afTezclairemcnt,quoy  que  d'abord  ilparoilîe  aflèzobfcur ,  & 
pour  peu  qu'on  y  faile  réflexion,  on  le  pourra  concevoir  facilement. 


mtmmmmmmmmmmmmmÊmmmmm 


fl»lll 


l  0  N  1  ÇIV  E, 


^^^^^^^^^^^ô^r^^^^^ 


G  iij 


V  O  R  D  R  E 


mÊÊÊÊÊÊif 


Defcription  de  la  Volute  de  Goldman. 


QVoyciHe  les  deux  manières  dont  Fignole  fe  fer t  pour  trac 
uZme Ionique  fotent  bonnes  &  facUes ,  parttcuUeremn 
U  preJ^re  de  la  flçoJ  qu.  je  l'ay  corrigée.  &  expUqueeau  bas 
de  U  planche ,  neaLoL  celle  ^ue  Goldman  ajnvente  &  q^'t 
telle  U^olm  de  P^.truve  recouvré  étant  abfolnment  la  pin 
!Mtc.tantparcequ\lleeflGeometrique,^ 
7eÏam!tej  eji  tracé  avec  lamefme  j.Jiefi  que  le  premier  contour, 
j'ay  jugé  a  propos  d'en  donner  icj  la  defcription. 


D 


Ivifez  l'œU  de  la  Volute  dont  le  Diamètre  AB  fera  comme  ^^ns  les  pte- 
1^'c  d  nterdet  partes  de  module  en  4.  ^f^^^^J^^^^^^^ 
AB,  DE  :  enfuue  fur^e  Dumetre  AB  preng^d^  pa^^^^^^^^ 

ég.ln.ent,acain(llaUsne  -^4 /^a -.f  -  ^^^^^  P^^lau 

crivez  le  quarte  i.i.  Î-.4- 'io"^  ^^<^°"^ ''  ^^    .,„,,  c  x  C;.  enfuitedi- 

DomtF.Ducentre  C.  tirez  aux  angles  i.  3.  les  lignes  '-^•'-3 

S  le  cofté  1 .  4.  en  fix  parties  égales  aux  pou.ts  5.  9  •  C  ,  i  x-  8,  par  c^s 

omtsVrezaux'D.gonaesC.C3des,gnes^ 

eles  au  Diamètre  D>E,&  es  hgii^   6  ^  -      jP-lle^^^^^  ^^  ^^^^^^^^  ^^ 

lespoints  i'i'î'4'5'6,7>«'?-i°'^;'  ;-'         DuDomti  commecentreôc 
VoLedontvousvousfervirezencerteforte^D^^^^^^^^  ^^^^1^  PG 

de  rmtervalle  i  F  ,  de  9  parties  de  modu  e  decme^^^  q  ^  ^^ 

qui  finira  à  la  ligne  i,x,prolongee  :  ^f -^  f^ J"^"^,:  v'us  terminerez  à  la 
l'intervalle  i  G  décrivez   e  quart  de  Cercle  G  ^JT  jj^  ,, h, faites 

hgne  ^,,  P-longée^^femblablement  du  poin   3  ^^^^fid    autres     &  après 

cherchez  une  hg„e  qui  fou  a  C  .  comme  A  S  e"  a  ^  l  «  qu 
fauesan,m„gMue,co,^uedo»=ccft^t^fo^^^^^^^^^ 

trecoftef,u,  ^'S-^  ^ '^i'S^^Ci,  prenez  1  n^ne  ferala^.  proportio- 

F  S  par  le  point  S  tirez  f,  t  parallèle  a  f  u,  &  ""^  ' ^-'^  d "utre'du  centre  C 

nelle  que  vouscherchez  ,  portez  cette  1^"^^^?  P^^J^if^^'.^.T.s  points  de  la 
auleDumetre  AB&  ladivi  czcturoispar   es^^^^^^^^^^^^ 

divifion  tirez  fur  les  Diagonales  C  i,  ^  3' ^e   P^^^^'^'^^     j   -^^i^,,  i„,e- 
é,&c.&  vous  aurez  ix  points  ^1^^ ^°"^ '"^î^°"\^ ''" 
rieure  de  la  melme  manière  que  l'on  a  trace  1  extérieure. 


^/.Iji 


I  0  N  I  Q^V  E. 


0  BEV  ORDRE 

T>E  VORDRE  CORINTHIEN. 

PO  u  R.  faire  l'Ordre  Corinthien  fans  Piede- 
flal,  on  divifera  toute  la  hauteur  donnée  en 
vingt-cinq  parties  égales  ,  Tune  defquelles  fera  le 
Mo  dule  que  l'on  partagera  en  dix-huit ,  comme  l'on 
a  divifé  celuy  de  l'Ordre  Ionique  -,  l'on  peut  voir  dans 
la  figure  les  autres  divi fions  principales ,  &  la  largeur 
des  Entrecolonnes  qui  eft  de  quatre  Modules  deux 
tiers ,  tant  pour  cmpefcher  que  l'Architrave  ne  fouf- 
fre  par  une  trop  grande  portée  ,  que  pour  diftribuer 
les  ModiUons  de  la  Corniche  de  telle  forte  qu'entre 
leurs  compartimens  égaux,  il  y  en  ait  toujours  un 
qui  réponde  fur  le  milieu  de  chaque  Colonne. 

UNe  jeune  fille  de  Corintheeftant  morte,  fa  nourrice  mit 
fur  fon  Tombeau  un  panier,  dans  lequel  eftoient  quel- 
ques petits  vafes  qu'elle  avoit  aimé  pendant  fa  vie;  &  pour 
empelcher  que  la  pluye  ne  les  gataft  ,  elle  mit  une  Tuile 
fur  le  panier,  qui  par  hazard  ayant  efté  pofé  fur  une  racine  d'A- 
canthe, il  arriva  qu'au  Printemps  les  branches  venant  à  pouf- 
fer à  l'entour  du  panier  fe  recourbèrent  fous  les  coins  de  la 
Tuile  &  formèrent  une  manière  de  Volutes.  Le  Sculpteur 
Callimachus  furnommé  l'induftrieux  par  les  Athéniens ,  en 
conceut  l'idée  d'un  Chapiteau  qu'il  accommoda  avec  la  grâce 
dudelTcin;  c'eft  de  cette  occafion  félon  Vitruve  ,  que  l'Ordre 
Corinthien  prit  fon  origine.  Villalpande  traite  de  fable  l'Hi- 
ftoire  de  Callimachus,  &afl'eure  que  le  Chapiteau  Corinthien 
tire  fon  origine  de  ceux  du  Temple  de  Salomon  ,  dont  les 
feiiilleseftoient  de  Palmier.  Quoy  qu'il  en  foit,  il  eft  confiant 
que  l'Ordre  Corinthien  eft  le  chef  d'oeuvre  de  l'Architedure. 
Vitruve  ne  luy  donne  point  d'autres  proportions  que  cel- 
les de  l'Ordre  Ionique  ,  ainfi  le  Fuft  de  la  Colonne  ne  pa- 

wmmmÊÊimaammmmmgmmmÊÊÊimmmmmmm^^ 

roilt 


fl  24. 


CORINTHIEN. 


17 


H 


5?  DE    V  0  R  D  R  E 

^^tmmÊÊÊÊÊm^ÊÊÊmÊÊmiÊÊÊimÊmÊmmÊmmmÊmmÊmmÊammÊÊÊammÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊm 


ro'dl  plus  grand  qu'à  caufe  que  le  Chapiteau  en  augmente  la 
hauteur.  L'Entablement  eft  auflî  le  mefme ,  &  la  Bafe  Attique 
y  peut  fervir  auffi  bien  qu'au  Dorique  &  à  l'Ionique.  Le  fenti- 
ment  de  Vitruvelur  cet  Ordre  ell  extrêmement  éloigné  des 
Exemples  antiques  qui  nous  en  reftent ,  dont  les  plus  beaux 
ont  une  Bafe  particulière  :  leur  Colonne  avec  la  Bafe  &  le  Cha- 
piteauquieftdefeiiillesd'Olives,  a  dix  Diamètres.  LeChapi- 
teau  eft  plus  haut  d'un  tiers  de  Module  que  celuy  de  Vitruve, 
qui  eft  de  feuilles  d'Acanthe,  &  l'Entablement  qui  adesMo- 
dillons  en  confoles ,  &  quelquefois  des  Denticules  avec  des 
Modillons ,  eft  bien  différent  de  l'Entablement  Ionique. 

Vitruve  prétend  que  les  efpaces  d'entre  les  Colonnes  grefles 
foient  plus  ferrez  que  ceux  des  groffes.  Ce  qui  ne  fe  trouve 
point  pratiqué  par  les  Anciens  &  peu  par  les  Modernes,  &qui 
fe  doit  feulement  entendre  des  Colonnes  ifolées.  Les  An- 
ciens Architeétes  qui  avoient  pour  objet  la  durée  dans  leurs 
Edifices  ,  obfervoient  principalement  dans  leur  conftrudion 
de  leur  donner  beaucoup  de  folidité  fans  avoir  égard  à  ladé- 
penfe.  Les  Colonnes  ferrées  qu'ils  ont  affectées  montrent  le 
foin  qu'ils  apportoient  à  rendre  leurs  ouvrages  capables  de 
refifter  à  la  ruïne  qui  arrive  par  la  trop  grande  portée  des  En- 
tablemens,  &  il  fe  trouve  encore  dans  les  reftes  de  l'Antiquité 
plus  dePycnoftyles&de  Syftyles,  que  des  trois  autres  maniè- 
res :  comme  il  y  a  peu  de  Colonnes  Doriques  &  Ioniques  Ifo- 
lées, les  Corinthiennes  fembîent  avoir  déterminé  leurs  efpa- 
ces, ce  qu'il  eft  neceffaire  d'eftablirpar  les  exemples  les  plus 
approuvez ,  entre  lefquels  le  Panthéon  qui  tient  le  premier 
rang,  peut  donner  des  règles  de  la  bonne  compofition  des 
Ordonnances.  Pour  les  Entrecolonnes  ceux  du  Porche  font 
prefque  Syftyles  ou  de  deux  Diamètres ,  &  ceux  du  dedans 
Diaftyles,  ceux  du  Temple  de  Jupiter  Stator  dans  le  Mar- 
ché Romain  font  plus  aprochans  duPycnoftyleque  du  Syfty- 
le,  auffi  les  Architraves  font  la  plufpart  d'une  pièce.  Cepen- 
dant les 'Modernes  n'ont  pu  fouffrir  cette  difpofition  de  Co- 
lonnes Cl  ferrées,  parce  qu'il  leur  a  femblé  que  c'eftoit  une 


riiTMmitngrTippraiw 


I 


r^    K    Tî  "i"  P^^i'^de  voir  des  Colonnes  cacher  le 
Chambranle  de  la  Porte  ,  outre  qu'il  s'eft  rencont  e'  d,ns 
leurs  Ordonnances  des  Portes  ,    des  Arcades  &  d.s  croiféë 
qu.  les  ont  contraint  de  les  élargir  ,   ce  que  l'on  ne  peu 
faire  autrement  lors  que  l'Ordre  n'occupe  qtt'un  étaç;e  p^a  ce 
que  s  .1  rervo,t  au  rez-de-chaulTée&au  premier  étage    "^^  or 

dan^m?dJV""»"v"''"  ''f  '•A^^l'iteaure  paroift  plus 
dans  1  Ordre  Corinthien  que  dans  tout  autre  ,  auffi  a-il  efté 
employé  prefque  dans  tous  les  Temples  &  les  Palais.  Ce? 
Ordre  a  elle  m,s  au  dehors  &  au  dedans  du  Panthéon  ,  &  à 

oa?  t'd  <^"i:^";P'"  ^""<î"«  qui  ont  efté  baftis  dans  l'ef! 
pace  de  deux  Siècles ,  au  moins  ceux  qui  font  d'une  ex. 

M^h  î  An?/'."*""  =  ^'^«  P-«l"oy  i'  ne  faut  s'eflonner fi 
M  chel.Ange  n  apomtfa.t  dedifficulté,  non  feulement  d'en 
Pier r!  P""'^'P^'i"?7ent  du  magnifique  Temple  de  faint 
Te^oH  ™;^="'["'^'^  «peter  dans  le  mefme  lieu,  puifque 
les  Ordres  du  dehors  &  du  dedans  de  cette  Eslife  la  oluf 
part  de  ceux  des  Autels,  &  ceux  de  la  Co  ippf/on't  Co  „«: 

nt'êfté  f  ft""r  ''"  ^"'^"  '^'  '^°™^^  "^'"  de  Pans  qui 
nhK  o      /^"     'P""  ^'  '^'"''"  ^'^^'^  '  en  reçoivent  leur 

fik  nSfd  °""°"-  ^"^"^^  '^  ''^'^^  '^'  ^  "ouveauté  a 
lait  naiftre  des  mventions  particulières  pour  mettre  au  iour 
quelque  Ordre  qui  par  fes  ornemens  fit  une  diftinfibi  ou 
de  la  nation  ou  de  l'ulage  pour  qui  il  avoit  efté  invemé  l" 
a  fallu  quil  ait  efté  reftraint  dans  les  proportions  &  le 
mefures  des  plus  parfaits  modèles  Corinthiens ,   tant  il    ft 

d'ex  ellencr'"^''^""  ^'"^  ''^"  ^'S^'  ''=  prftaon  & 


H 


6q 


D  K     V  O  R  D  R  E 

T  or  tique  Corinthien  fans  TiedeftaL 

LEs  Arcades  des  Galeries  -de  cet  Ordre  fans 
Piedeftal  fe  font  de  la  manière  qui  eft  mar- 
quée par  les  nombres  du  deflein  ,  enforte  que  les 
vuides  ayent  neuf  Modules  de  large  fur  dix-huit 
de  haut ,  &  que  la  largeur  des  Piliers  foitde  trois 
Modules. 

C'Êftuncchore  aflez  particulière  que  les  Anciens  quieftoientfîexa(^s 
dans  les  moindres  ornemens  ayent  négligé  de  faire  tomber  les  Modil- 
lons  de  la  Corniche  Corinthienne  perpendiculairement  fur  l'axe  de  la  Co- 
lonne, &:  que  de  tous  les  exemples  antiques  il  ne  s'en  trouve  de  cette  maniè- 
re qu'aux  trois  Colonnes  qui  fout  reftc'es  dans  le  Marché  Romain.  Il  faut 
qu'ils  ayent  crû  cette  précifion  inutile  ,  puifqu'au  Panthéon  ils  font  pofez 
indifféremment.  Cependant  les  Architedes  Modernes  s'en  font  fait  un  tel 
fujet  d'eitude,  que  ceux  qui  ont  travaillé  leurs  ouvrages  avec  plus  de  foin 
ont  deffiné  un  Plan  gênerai  du  plafond  de  leur  corniche,  afin  d'accorder  les 
ModiIloiisS:  leurs  efpaces  dans  les  retours  &:  avant- corps  pour  n'en  pas 
rencontrer  qui  fe  confondilTent  cnfemble  ;  &  lorfqu'on  eft  obligé  de  faire 
recrner  une  Corniche  fur  une  ligne  Diagonale  ,  comme  dans  les  Plans  de 
figures  à  pans,  &  aux  Piliers  quiportent'les  quatre  pendentifs  ou  fourches 
d'"un  Dôme,  il  faut  pliitoft  rendre  le  Modilloa  parfait  que  l'efpace  quatre, 
comme  il  eft  à  tous  les  plus  beaux  exemples,  de  là  on  peut  juger  de  l'efFet 
que  peut  faire  un  Modillon  pointu  afin  de  conferver  la  rofe  dans  un  paneau 
quarré,  comme  il  eft  à  un  Portail  latéral  del'Eglife  defaintSulpice  à  Paris. 
Mais  lorfquela  Corniche  règne  circulairement  dans  quelque  Edifice,  en 
ce  cas  il  femble  qu'il  eit  à  propos  d'imiter  les  Modillonsdu  Panthéon  qui 
font  plus  eftroits  à  la  tefte  qu'à  la  partie  attachée  à  la  Corniche,  de  laquelle 
la  ligne  des  coftez  desModillons  &  despaneaux  des  rofes  eft  tirée  :  ce 
qui  eft  d'autant  moins  fenfiblc,  que  le  Diamettre  de  cette  circonférence 
eft  plus  grand.  Cependant  fi  la  Corniche  circulaire  règne  extérieurement, 
il  vaut  mieux  laifler  les  Modillons  Parallèles,  &  ne  pas  obferver  que  les 
Paneaui  des  rofcs  foient  tout  à  fait  quarrez.  Pour  ce  qui  eft  de  la  diftri- 
bution  des  Modillons  à  plomb  fur  les  Colonnes  &  de  leur  jufte  efpace 
fur  les  Entre-colonnes  ;  le  mefme  Architedequi  Icsafi  juftementdiftri- 
buez  dansl'E<»lifedelaSorbonnen'apaseftéfiexad:  dans  celle  des  Pères 
de  l'Oratoire^  car  outre  qu'ils  ne  répondent  pas  furies  Colonnes  ,  ils 
font  efpacez  inégalement. 


mm 


//.  2  s: 


COR  /NTJE  j^. 


H    ill 


V  0  RT)  R  E 


Tortiqne  Corinthien  avec  Tiedefid. 


MAIS  les  Galeries  du  meftne  Ordre  avec  Piedeftal  fe 
conftruifent  en  cetre  forte.  On  divife  toute  la  h™teur 
donnée  en  "parties  égales,  l'une  defquelles  eft  le  Module; 
M  riurdcs  vuides  eftde  ,  z.  Modules  &  leur  hauteur  de  z,. 
&  qloique  cette  hauteur  foitplusqueledouble  de  h  largeur, 
dle^ne  biffe  pas  d'eftre  tres-propre  à  cet  Ordre  qm  demande 
d  eftre  plus  égayé  que  les  autres.  LesP.hersont^.  Modulesde 
large,  comme  on  le  voit  marqué  la  celle fiime. 

i^ET  Orare  eft  le  feul  où  Vis-nole  forte  it  la  jiifte  mcfure  de  la 
Chauteur  des  A  cade,  qui  dofvent  avoir  le  double  de  leur  largeur, 
cT^^^ïa  faiffor.  à  propos\ancpoat  reudre  l'ouvrage  plus  delicacqu  a- 
S,Te1aîi^peu  d'eVf  <|ep£'e^^eaç.sde   'Arc  .u^^^^^^^^^^ 

tt^à:t^ô4^o:t:i.  compara.ron  des  conlbles  des  Arcade^  de 
rFrrhfede  faiiit  Pierre  avec  celles  des  Arcs  de  Triomphe  de  Titus  &  de 
ScpameSeveVqu^  outre  leur  grand  relief  ont  encore  l'une  la  figure  de 
RoCtriomphàiue,  &  l'autre  la  ftatuë  d'un  Empereur ,  &  ces  figures  font 
T,.  Ses    ceouelcsModernesontjudicieufementévite.     Comme 
Snïrvôupas  le  p?ofil?.  k  Confole  quedonne  V.gnole  on  peur  juger 
nue  fontXr  eftantàflcurde  l'Architrave,  elle  aautantde  ailhecjuc 
?evifde  la  Colonne,  ce  qm  eft  extraordinaire  pour  fon  peu  de  largeuSc 
de  hauteur  ,  &  celles  de  Michel-Ange  aux  Arcades  Doriques  du  Pala 
Farnefe  qui  n'en  ont  pas  tant  ,  en  ont  encore  plus  qu  il  "e^^"^-  ^      ^ 
auTàpVs  de  parler  d'une  licence  mrroduite  de  noftre  temps  par  ceux 
cui  avant  coupé  l'Architrave  &  la  Frife  fur  deux  ou  quatre  Colonnes  ont 
?aTt  rS  cr  la  Corniche  fans  retour  pour  luy  faire  porter  un  Balcon  met- 
ta^Se  confole  avec  deux  ou  quatre  claveaux  aux  coftez:cet^ 

de  pierre  devient  infuportable  à  voir.  Les  grandes  Portes  du  Palais  Royal 
font  connoiftre  le  mauvais  elFet  de  cette  pratique. 


//.  16, 


€0  R  I  NTH  I  E  N. 


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ZQg^TlQTJi;  CQRiyTHii::>jA-VUC  pixt)£5Tai.. 


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j)  n    V  O  R  I)  R  E 


MdadM 


L 


Tiedeftal  &  Bafe  Corinthienne. 

SI  le  Piedeftal  Corinthien  avoit  comme  dans  les  antres  Or- 
dres le  tiers  de  la  hauteur  de  la  Colonne,  ilferoitdc  6  Mo- 
dules deux  tiers  ;  maisonluy  peut  donner  7  Modules,  tant 
pour  le  rendre  plus  fveke&plus  convenable  à  h  dehcatelTe  de 
cet  Ordre,  que  pour  faire  enforteque  fa  hauteur  foit  double 
de  fa  largeur  fans  v  comprendre  la  Cimaife&laBafe,  comme 
on  lepeut  voir  par  les  nombresdela  figure  :  je  ne  p3rle  point 
du  refte  ,  fçavoir  de  la  Eafe  &  de  la  Corniche  du  Piedeftal, 
parce  queleurs  mefures  font  marquées  en  détail  dans  le  deiiem 
aufli  bien  que  celles  de  l'Impofte  de  l'Arc. 

A  ptufpart  des  Architeftes  qui  fuivent  les  Ordres  de  Vigiiole ,  comme 
d'un  crrand  Maiftrc ,  n'appro'uvent  pas  la  hauteur  de  fes  Piedellaux  que 
Scamozzfne  peut  fouffric.     Cependant  la  règle  générale  du  tiers  delà  Co- 
lonnepour  la  hauteur  du  Piedeftal  eft  celle  que  luy  donne  Vitruve,    orfque 
parlant  des  Théâtres  il  d.t  qu'il  faut  que  le  Piedeftal  ait  en  hauteur  le  dou- 
zième du  Diamètre  de  l'Orcheftre,  dont  la  Colonne  doit  avoir  le  tiers  pour 
fa  hauteur.   Cette  mefme  proportion  eft  difFeicnte  de  celle  que  leur  ont 
donne  les  Anciens  qui  ont  diftingué  leurs  Piedeftaux  en  cette  forte  ,  lorl- 
nu'ils  ont  fervi  d'appuy  aux  Arcades  de  leurs  Amphitneatres  ils  ne  leur  ont 
-ue-es  donné  que  le  quart  de  la  Colonne ,  mais  quand  ils  ont  porte  les  Lo- 
fonnes  des  Arcs  de  Tromphe,  alors  ils  ont  eu  plus  du  tiers,cc  qui  autorile  les 
7  Modules  de  ce  Piedeftal  Corinducn;  &  pour  faire  connoiftre  cette  même 
■nefure  aux  Piedeftaux  Corinthiens  &  aux  Compofues  de>.  Antiques,celuy 
de  l'Arc  de  Titus  a  8  pieds  &  i  pouce  ,  Scia  Colonne  lo  pieds  j  al  Arc  de 
Septime  Severe  le  Piedeftal  a  1 1  pieds  5  pouces,  &  la  Colonne  17  P^eds  &  i 
pouce-,  &celuyderArcdeConftantina  11  pieds  &  i  pouce  &  la  Colonne 
lépieds  10  pouc.  Mais  quoy  que  ces  Piedeftaux  foient  plus  hauts  que  celuy 
de  V.enole  ^  cependant  ils  ne  le  paroilTenc  pas  tant,parce  que  les  Bafes  &  les 
Corniches  font  plus  hautes  &  que  leDé  n'a  pas  p  us  d  ime  fois  &  demie  de  la 
largeur,  ce  qui  a  efté  obfervé  à  l'Arc  dcTriomphe  du  Fauxbourg  S  Antoine 
aux  Pideftauxdes  faces  latérales  oùIeDéii'apomt  une  fi  grande  hauteur. 
Pour  la  Bafe  de  cet  Ordre,  elle  luy  eft  propre,  &  participe  de  1  Ionique  &  de 
r Attique  ;  elle  fe  trouve  dehors  &  dedans  le  Panthéon  d  une  dégante  pro- 
portion &  aux  trois  Colonnes  du  Marche  Romain  avec  une  Aftragalc  tur  le 
Tore  fuperieur.  Philbert  de  Lormeen  donne  une  à  cet  Ordre  qui  elt  extra- 
vagante ayant  3  Tores,  qu'il  dit  avoir  vcu  dans  la  Rotonde,  le  crois  qu  .1    a 
aulfi  bien  obfervc'e  que  le  4'^e.  Ordre  du  Colifee  qu  1!  dit  eftrc  Compofue. 


pi  27. 


\co.K,j[.Mrfi  I  Ei^, 


:<i>ulune^  delà  Bare  de  la  C  oïonue 

;  i>  Plinthe  "t  Tore  inférieur- 
jy.  Ft/et.  X^  •J'>/7|v  xiiferieure  :  W 
^i^Srcù£  Supérieure  '.  -''^ 


delà  Coi^mcheduPiéde. 


I  T- ■  ^'Lstraa aie  li.    True 
'\\  ■  ^^^'f-  '^'i^i-.^str-àoale   .  '  'i 
'  ■"    "^^y^^  ,  I*   Grcnxiîere  .       ; 

;  i*  .rUet  o-u  Reflet-  .   ^ 


I .  (  W^'"'-/*^  CkaptteaVi  fi 


îJ 


ïb:^ 


Moultuie^  delaBaie, 

diç^Redeita.I  \|      ,       | 

r^  ■■^''"f^''  ^    î"-^  '"<?  ■TT-zu-  deiytreUti 

C  Sec/etT»  &ueuU  ren  versée  ^yec' 

f~t^^fs4e,rerend-£.U^-traj,aU  ■ 

larties  du  De'        "  ! , 

^ JRe^U et Ccm^e au-dessus  Cr^Jieî 

^S^lf  etcon^e  azcdesso-uj-  .  ^ii. 


|j,^JIgJ)i:STAX  XT    BASE    CORlls^THIi::b^:NE 


yPag   <f<- 


TUn  &  Trojîl  du  Chapiteau  Corinthien. 

T  L  fuffic  de  jetterles  yeux  fur  lePlan& le  Profil  de 
1  ce  Chapiteau  Corinthien  pour  en  connoiftre  tou- 
tes les  mefures.  L'on  trouve  la  largeur  du  Plan  en 
faifant  un  quarré  dont  la  Diagonale  foit  de  quatre 
Modules.  Sur  l'un  de  fescoftezon  feraunTrmngie 
éqmlateral comm^  on  le  voit  marqué  dans  le  deliein: 
enfuite  du  fommet  de  ce  Triangle  marqué  t  pns 
comme  centre,  &  de Fintervalle  t  j^on  décrira  un  Arc 
■^e  Cercle  qui  fervira  à  former  le  creux  de  l'Abaque, 
bans  le  Profil  on  peut  trouver  la  hauteur  des  feuilles , 
des  Tigettes  &  de  l'Abaque  j  la  Saillie  des  feuilles 
&  des  Tigettes  fe  termine  à  une  ligne  tirée  de  la  poin- 
te de  l'Abaque  al' Aftragale  de  la  Colonne,  comme 
onlcvoitdansledeffein  duProfil.^Le  refte  s'entend 
aifément  pour  peu  qu'on  y  fafie  de  reflexion. 

T  E  Chapiteau  eft  la  partie  la  plus  eflèntielle  pour  diftinguer  un  Ordre 
1-d'iiu  autre,  c'eft  pourquoy  ompeut  afieurer  que  le  Porche  du  Temp^ 
d'Anronin  &  de  FaulHne  elt  Corinthien  quoyque  la  Bafe  fou  Attique  & 
que  l'Entablement  a  au  ni  Mod.llons  mDenticules.  La  doftrine  de  Vi- 
truverarcefujetelUort  éloignée  de  celle  des  Anciens  ,  puilqu  i  les  fut 
de  fenilles  d'Acanthe,  &  qu  il  s'en  trouve  peu  de  cette  plante  ^ftant  prefquc 
tous  de  branches  d'olivierioucre  qu'il  ne  donne  a  ce  ChapKeau,ron  Taillo  r 
compris,  que  deux  Modules.  Les  Chapiteaux  Antiques  qui  reftent  ne  fon 
pas  exccu:czdans  de  fi  juftes  mefures  que  celuy  de  Vignole  ;  mais  ils  s  en 
doionent  (i  peu  que  cela  n'eft  pas  (infible  :  pour  ce  qui  eft  de  1^ /^^"^^r^^e 
tracer  l'Abaque  félon  Yitruve,  ,1  lemble  que  les  Angles  en  foient  a.gus  com- 
ir.e  ceux  du  Tcmrle  de  Vefta  à  Rome,  ce  qu'aucun  Moderne  n  a  fair,&.  qm 
ne  doit  pomr  e  J  pratique'.Pour  la  difpoûtion  des  feuilles  elles  font  rcffen- 
dues  en  cinq  comme  les  doigts  de  la  main,  celles  qui  ne  le  lont  qu  en  trois 
font  de  laurlr  dont  le  rever'^'courbé  e(l  reffendu  en  cinq,  &  celles  d  Ohvier 
en  onze  •  quant  à  leur  hauteur  ,  elles  font  à  peu  près  comme  celles  du  Pan- 
heon  mal  pour  la  SaUHe  des  fécondes  el  le  elt  trop  for.e,^mft  qu  il  paroilt 
au  Chapue.u  veu  de  front,  ce  que  Y.gnole  a  fait  pour  1  égayer  davantage. 


pt.zB; 


C  O  R  l  NTH  I  E  IZ 


Parties  dit 
Clia.pxteau.  i^euversel 
'^^■S^^^^^^Tls■  au  c/rtnt— 


'■ — — ■f'  «^^^Z&^.f >        ^v  ffj  . 

PLA>rETPB.oriI.T)V  CHATITXAVCOMNTHIEÏÏl 


lij 


^8  r>  F   r  o  R  T)  R  E_ 


I 


Palladio  a  auflTi  trop  reflcrré  ces  feuilles  contre  le  Tambour ,  ce  qui  fait  pa- 
roître  fon  Chapiteau  pcfaiiti  mais  Scamozzi  qui  tient  la  Saillie  de  ces  feuil- 
les dans  une  moyenne  proportion  a  le  mieux  réiiflî.  Il  faut  oblerver  dans 
tous  les  Chapiteaux  Antiques  qui  font  de  branches  d'olivier,  (car  il  y  en  a  peu 
de  Corinthiens  qui  en  ayent  d'Acanthe)  que  la  dilpofition  des  feuilles  eft 
prcfque  toute  différente  tant  pour  la  hauteur  que  pour  la  faillie  ,•  &  mefme 
il  y  en  a  qui  ont  trois  moyennes  feiiilles  de  front  aux  Chapiteaux  des  Pila- 
ftres,  comme  on  le  peut  voir  au  Frontifpice  de  Néron  ,  &  aux  Thermes  de 
Dioc'letien  ;  mais  il  faut  imiter  les  Anciens  qui  ont  fait  les  Chapiteaux  des 
Pi'aftres  qui  font  fans  Colonnes,  plus  hauts  que  les  deux  Modules  &  un 
tiers  ,  que  l'on  donne  à  ceux  de  la  Colonne  ,  parce  que  le  Pilaftre  qui  n'a 
point  de  diminution  rend  fon  Chapiteau  trop  large  par  en  bas,  &  le  fait 
paroiftrerropquarré  ;  cet  alongementa  elle  pratiqué  dans  les  plus  belles 
EaUfes&  au  Portail  du  Louvre  ,  &  cela  rend  les  Chapiteaux  des  Colonnes 
un  peu  plus  hauts  que  de  deux  Modules  &  un  tiers  i  ainfi  la  Face  qui  regar- 
de l'eau  (où  les  Pilaftres  font  fans  Colonnes)a  fcs  Chapiteaux  Corinthiens 
d'une  belle  proportion. Quant  au  choix  des  feiiilles  d'Olivier  ou  d'Acanthe, 
il  eft  conftant  que  celles  d'Olivier  ne  femblem  pas  fi  confufes,  &  les  grands 
Chapiteaux  de  l'Eglife  de  faint  Pierre  font  de  feiiilles  d'Ohvier  comme 
ceux  du  Val-de-Grace:Pour  ceux  de  la  Sorbonne  &c  des  Pères  de  l'Oratoire, 
ils  font  de  feiiilles  d'Acanthe.  ^    .■,,         i    r^  j 

II  elt  afTez  difficile  de  pouvoir  bien  faire  les  feuilles  &  les  Ornemens  du 
Chapiteau  de  Pilaftre  Icrfque  les  Chapiteaux  font  pliez  dans  les  angles 
rentrans ,  ou  lorfque  les  Pilaftres  font  entiers  dans  l'angle ,  &  que  les  deux 
Faces  font  égales  au  diamètre,  ainfi  que  ceux  du  grand  Sallon  deClagny} 
car  foit  que  le  Pilaftre  foit  plié  de  fa  moitié  en  angle  droit ,  comme  dans 
prefquetous  les  Edifices  ou  il  eft  employé;  ou  qu'il  foit  plie  en  angle  ob- 
tus,  comme  ils  font  fous  le  Dôme  du  Val-de  Grâce ,  &  ailleurs:  il  faut 
tafcher  que  les  feiiilles  qui  font  dans  l'angle  falTent  le  mefmc  effet  que  fi 
elles  n'écoient  point  pliées.  Pour  cet  effet  il  faut  élargir  les  demi-feuilIes 
qui  font  dans  l'angle,  afin  que  le  revers  courbé  qu'elles  forment  foit  de  mel- 
me  largeur  que  celuy  des  autres  feiiilles. Pour  les  Volutes  lorfque  le  Pilaftre 
eft  plié  dans  fa  moitié  ou  en  angle  obtus  ou  droit,il  feroit  a  propos  de  faire 
entrelafler  les  Hélices  ou  petites  Volutes,  comme  elles  font  a  celles  de 
Campo-Facchw  iKomt,  quand  mefme  celles  des  Chapiteaux  a  face  droite 

neleferoientpas.  .    ,.^  /-     , 

Pour  ce  qui  eft  du  Tailloir  il  ne  peut  avoir  d  Ornemens  que  fur  le  quart 
de  rond  qui  le  couronne,  parce  qu'autrement  il  y  auroit  de  la  confufion} 
ce  qui  fe  peut  remarquer  au  Corinthien  desThermes  de  Diocletien  rappor- 
tez dans  le  Parallèle.  .     .     •       1       ,•    T        n. 

Il  refte  à  parler  des  Cannelures  qui  font  une  imitation  des  plis  des  velte- 
mens  dont  font  reveftuës  les  Figures  que  les  Colonnes  reprefentent,  elles 


C  OR  I  NT  H  I  E  AT. 


^0. 


doivent  eftre  en  plus  grand  nombre  aux  Colonnes grefles  qu'aux  plus  ^rof. 
les:  c  elt  pourquoy  il  y  en  doir  avoir  vingt-quacre  'au  Fuft  des  plus  de'lica 
te.,  &melme  trente  auifi  qu'il  s'en  voit  à  de  certaines  Antiques.  Pour 
les  Pila  très  i  s  en  doivent  avoir  fept ,  parce  que  de  mefme  que  le  Diame 
tre  de  la  Colonne  elt   à  (a  circonfer^ce  àVeu  pr^s  com\.e  de  fc"  à 
vingt-deux,  a.nlîlePilafttequ,  a  la  largeur  du  DiLetre,  aura  fept  On 
nelures&  fera  comme  de  fept  à  vingt-quatre:  or  ce  nombre  qu, ne doii 
eltre  jamais  moindre  (comme  il  s'en  trouve  en  quelques  Colonnes  qui  font 
de  fort  mauvais  exemples)  eftplus  proportionné  que  celuydeneuf,  qui 
rend  les  Cannelures  des  Pilaftres  de  beaucoup  plus  e'troitesLe  celle  -de 
Colonnesoutrecju'aui  Angles  des  Pilaftres  où  la  largeur  delà  côte  de  la 
Canneluren  eft  pas  fuffilante  pour  la  folidité,  il  eft  bon  d'y  mettre  un 
Altragale  ou  baguette,  comme  ilfe  voit  au  Panthéon.  La  profondeur  des 
Cannelures  doit  eftrc  dune  portion  de  cercle,  dont  le  centre  eft  pris  fur  la 
j    Jjgne  de  la  Circonférence  de  la  Colonne  ,  &  non  pas  fur  une  ligne  droite 
I    conime  fi  la  Colonne  avoit  efté  taillée  à  pans3  cela  fe  voit  à  celles  du  dedanj 
du  Panthéon,  qmont  alTezdeprofondeurquoy  qu'elles n'ayent pas  Je  de- 
mi-cercle.  Il  fe  trouve  plufieurs  Ornemens  dans  les  Cannelures,  comme  des 
Koleaux  qui  montent  jufques  aux  tiers  du  Fuft  feulement.defquelles  il  fort 
de  petites  branches  de  Laurier  ou  de  Lierre  :  il  y  en  a  aliffi  qui  oni-  de  eroiTes 
baguettes  arondies  par  les  bouts,  &  qui  occupent  le  tiers  ou  la  Cannelure 

outeentiere.CesColonnesfontalorsappelléesrudentées.maisccsruden! 
tures  &  ces  ornemens  qui  font  pour  affermir  &  rendre  plus  folide  la  partie 
d  en  bas  des  Coloimes ,  ne  doivent  eftre  misaux  Colonnes  que  lorfqu'étant 
Tut  le  rez-de-chauflée  les  côtes  des  Cannelures  font  en  danger  d'cftre 
rompues.  v^ti'j^cj.  u  cure 


•m 


7)  E     V  0  R  D  R  E 


BÊiÊm 


Chapiteau  o' Entablement  Corinthiens, 

CEt  Entablement  eft  tiré  de  plufieurs  endroits  de 
Rome ,  mais  principalement  de  la  Rotonde  & 
des  trois  Colonnes  qui  font  dans  le  Marché  Romain: 
j'en  ay  comparé  les  principales  parties,  &j'enay  fait 
une  regk  qui  ne  s'éloigne  point  de  l'Antique.  Cette 
reek  me  donne  une  telle  proportion,  qu'il  fe  trouve 
toujours  un  Modillon  fur  le  milieu  de  la  Colonne ,  & 
que  fes  Oves,  Denticules,  Arceaux ,  &  Fufaroles  font 
exa6lementpofezl'un  furl'autre,  commeonlepeut 
voir  en  cette  figure.  Les  nombres  qui  y  font  marquez 
par  Modules  6c  par  parties  de  Modules  fuppléent 
aifément  aune  plus  longue  explication  de  fes  mefu- 
res.  Le  Module  e(t  diviié  en  dix- huit  parties  comme 
onl'aditcy-devant. 

C'EsT  le  fcntiment  des  meilleurs  Arclilteifles ,  que  laîiauteur  SesTlnta- 
blemens  doic  diminuer  à  proportion  que  les  Colonnes  font  grefles, 
parce  qu'elles  font  moins  capables  de  porter  un  lourd  fardeau  ;  ainfi  félon 
cette  opinion  fi  l'Entablement  Dorique  aie  quart ,  le  Corinthien  ne  doit 
avoir  que  le  cinquième,  &  l'Ionique  la  moyenne  proportionelle  entre  les 
deux.  Toutefois  la  hauteur  que  Vignole  donne  à  fon  Entablement  Corin- 
thien ,  elbnt  tirée  de  deux  Modèles  de  cet  Ordre  les  plus  umverfellemenc 
apprpuYcz,  doit  prévaloir  fur  tout  autre  règle  d'Auteur  ou  d'Exemple. 
L'Architrave  &  la  Frife  ont  la  mefme  hauteur,  quoyque  la  dernière  foit  or- 
née de  Sculpture  ;  &  ce  qu'il  y  a  dans  la  Corniche  de  remarquable  ce  font 
les  ModilIonsSc  les  Denticules  enfemble,  contre  l'opinion  de  plufieurs  & 
de  Vitruvc  mefme,  qui  prétend  que  ces  deux  Ornemensfont  incompati- 
bles ,'puifqu'il  n'cft  pas  raifonnable  de  mettre  les  Denticules  qui  font  com- 
me les  Chevrons  fous  les  ModiUons  qui  tiennent  lieu  de  forces.  Ces  deux 
Ornemens  fe  rencontrent  toutefois  enfembic  au  Temple  de  Jupiter  Stator 
dans  le  Marche  Romain, au  Temple  de  la  Paix,  à  celuy  de  Jupiter  Tonnant, 
à  la  Place  de  Nerva,  à  l'Arc  de  Conftantin  ,  &à  quantité  de  Baftimens 
Modernes  j  &  s'il  y  avoit  quelque  raifon  pour  retrancher  les  Denticules ,  ce 

i    (croit  lorfque  la  Corniche  eft  taillée  ,  pour  éviter  la  confufion ,  comme  on 

I    a  fait  au  Portail  du  Louvre. 


COR  I  NT  H  I E m 


CHATITZAU  XT  E^ TabT  r^ir^r~rV;^f^rT.^r^lY-7 


"71 


DE     V  O  R  D  R  E 


DE     VORT>RE   COMPOSITE, 

T/^IGNOLE  7i' a  point  donné  le^  Entrecolonne  s  y  ny 
^  les  Arcs  de  cet  Ordre ,  auquel  il  a  crû  que  l'onpou- 
voit  appliquer  tout  ce  qu'il  dit  du  Corinthien-^  &  il  s*eft 
contente  de  raporter  les  différentes  Moulures  dont  f es 
membres  particuliers  font  accompagnez  s  fay  cru 
neanmoiiis  que  pour  laperfe^ion  de  l' Ouvrage  il Jer  oit 
bon  den  donner  les  figures  comme  dans  les  autres  Or- 
dres. 

LEs  Romains  quife  font  rendus  recommandables  par  leur 
Politique  &par  leurs  Armes,  fe  voulant  auiTi  dilHnguer 
des  autres  Nations  dans  leurs  Edifices,  inventèrent  l'Ordre 
Compofite  que  l'on  appelle  Italien,  &que  Scaraozzi  appelle 
l'Ordre  Romain,  qui  eft  Ton  véritable  nom  ;  celuy  deCompofé 
peut  être  donné  à  toute  autre  compolition  d' Architefture ,  ou 
c  jpricieufe  ou  régulière;  toutefois  les  mefures,  les  proportions  & 
les  Orneraens  du  Corinthien  &  de  l'Ionique  qu'il  garde ,  font 
voir  qu'on  n'a  pu  s'éloigner  des  Ordres  Grecs  fans  tomber  dans 
une  manière  de  baftir  aullî  déréglée  que  nouvelle. Le  Corinthien 
avoit  toujours  été  l'ornement  des  Temples  &  des  Palais,  &Ies 
Architedes  de  cette  Republique  l'avoient  toujours  employé 
dans  leurs  Ouvrages,  jufqu'à  ce  que  Titus  ayant  ruiné  la  ville  de 
Hierufalem,  il  luy  fut  élevé  par  le  Sénat  &  le  Peuple  Romain  un 
Arc  de  Triomphe,  quifut  un  genrede  Bâtiment  au  (Ti  nouveau 
quel'Ordredont  ils  en  décorèrent  lesFaçades.  Cependant  cet 
Ordre  reftraint  dans  les  mefures  Corinthiennes  en  retint  en- 
core la  Bafe  &  l'Entablement,  de  forte  qu'il  n'y  eut  que  le 
Chapiteau  qui  en  fift  la  diftindion  :  Il  ne  fe  trouve  toutefois 
aucun  exemple  où  les  Ordres  Grecs  ayent  efté  mêlez  avec  les 
Latins  :  Il  eft  néanmoins  vray  que  dans  la  grande  Salle  des 
Thermes  de  Diocletien ,  de  huit  grandes  Colonnes  de  Granité 
de  4  pieds  4  pouces  de  Diamètre ,  il  y  en  a  quatre  Corinthien- 


m^ 


pt,lo. 


fl  30, 


COMPOSITE. 


^4 


D 


E     V  O  R  D  È  E 


nés  &  quatre  Compoiites ,  dont  les  Chapiteaux  tont  la  feule 
diflfcrencc.     LesChapiteaux  Compofites  de  cet  édificeayant 
tfti  ruinez  ils  furent  reftaurez  par  Michel-Ange  ,  lorlque 
ces  Thermes  furent  donnez  aux  PP.  Chartreux  pour  en  faire 
leur  Eglife.  Ce  mélange  d'Ordres  fur  une  mefme  ligne  eft 
bien  différent  de  la  manière  dont  les  Modernes  en  ont  ufé 
lorfqu'ils  ont  mis  le  Compofite  fur  le  Corinthien.     Michel- 
An^e  dans  l'Eglife  de  faint  Pierre  a  imité  cette  licence  puil- 
que^de  trois  Chipelles  qu'il  y  a  dans  chaque  fond  circulaire, 
celle  du  milieu  a  des  Chapiteaux  Compofites  fous  un  mefme 
Entablement  que  les  Corinthiennes  qui  font  à  côté  ,  ce  que 
Charles  Miderne  a  continué  de  faire  dans  la  prolongation  de 
la  Ntf  de  cette  Eglife  où  des  trois  Chapelles  qui  font  dans 
trois  Arcades,  celle  du  milieu  eft  d'Ordre  Compofite  comme 
les  précédentes.     Il  tft  confiant  que  le  Compofite  eft  moins 
délicat  qae  le  Corinthien  ,  &  que  c'eft  avec  raifon  que  Sca- 
mozzi  le  met  après  l'Ionique  ,  &  qu'il  prétend  que  le  Corm- 
thien  eft  le  comble  de  la  perfedion  &  la  richeffe  de  l'Archi- 
tedurc  ;  mais  l'ufage  prévaut  fouvent  furies  meilleures  maxi- 
mes.?,: fur  les  raifons  les  plus  folides,  puifqu'on  voit  à  Ro- 
me que  les  plus  belles  F.3(^ades  d'Eglifes  font  ornées  du  Co- 
rinthien  &  du  Compofite  par  deiTus ,  &  qu'il  n'y  a  pas  un 
Compofite  qui  porte  un  Corinthien.     Le  Portail  de  l'Eghfe 
de  S.Ignace  du  Collège  Romain,  ceux  des  Eglifes  du  Grand 
[cfus ,  de  S''  Marie  /«  Cawpaelli,  de  S.  André  de  la  f^alle, 
dcS.CharIesdeCx'/«^r/,deS.Vincent,  &S.Anaftafe,   de  S^' 
Martinet  S.  Luc,  &deS"  Marie /«^^  lata,  font  des  exem- 
ples modernes  qui  peuvent  avoir  aftez  d'autorité  pour  établir 
cetufa:je,  qui  eft  encore  confirmé  par  le  Louvre  ,  lesThuille- 
ries&fesEc^IiresdelaSorbonne,  du  Val-de-Grace,  &desje- 
fuites  rue  S^  Antoine.     Il  paroift  pourtant  que  les  trois  Ordres 
Grecs  du  Portail  de  Saint  Gervais  font  fuffifans  pour  or- 
ner quelque  bâtiment  que  ce  foit  en  leur  donnant  la  richeffe 
des  Ornemens  qu'ils  peuvent  recevoir  fans  confufion  chacun 
félon  fon  caradere.     M  lis  ceux  qui  ont  mis  le  Compofite  fur 


I 


IMSi 


COMPOSITE, 


lÊÊmm 


7% 


le  Coiiiichien  ont  prétendu  ramallcr  toute  Ja  richefle  de 
l'Architeclure;  outre  qu'après  avoir  fait  régner  le  Corinthien 
dedans  &  dehors  les  Temples  qu'ils  ont  élevez,  &ncrcihnt 
plusquc  le  Portail  à  terminer,  ils  ont  efté contraints  d'y  met- 
tre le  Corn  pofite  pour  atteindre  à  la  hauteur  du  comble  ,  ou 
bien  repeter  le  Corinthien,  comme  il  efi:  au  Portail  desjefuites 
rue  S.  Antoine  ,  qui  avec  b  quantité  de  Tes  Ornemenseft  bien 
inférieur  à  celuy  de  S.  Gervais.  Les  plus  beaux  Modtîes  Anti- 
quesdecet  Ordre  font  les  Arcs  de  Triomphe  de  Titus  &  de 
Septime  Severe  ,  aufquels  ceux  du  Temple  de  Bacchus&de 
l'Arc  desOrfévresnefont  pas  comparables. 

Nôtre  Architefte  a  exécuté  l'Ordre  Compofite  de  fon  Livre 
dans  l'Eghfe  du  Grand  Jefus  à  Rome,  où  l'on  peut  juger  du 
bon  effet  de  fes  proportions  &  Profils.     Yitruve  qui  prétend 
avec  juftice  qu'on  ne  peut  pas  pouffer  plus  avant  la  magnifi. 
cencedel'ArchiteaurequedansleCorinthien ,  nedonnepoint 
d'autres  proportions  à  de  certains  Ordres  qu'on  pourroit  nom- 
mer Compofez  ,  que  les  Corinthiennes  i&  ces  fortes  de  compo- 
fitions  ne  font  diftmguées  que  par  les  divers  Chapiteaux 
qu'on  peut  mettre  fur  la  tige  de  la  Colonne  Corinthienne  i 
ainliiln'a  point  eu  connoilfance  du  Compofite  régulier  dont 
le  premier  Modelé  efl l'Arc  de  Titus  bafti  depuis  la  mort  de 
cet  Auteur.     Palladio  donne  moins  de  hauteur  au  Corinthien 
que  les  plus  beaux  exemples  Antiques ,  pour  élever  davantac^e 
le  Compofite.     Cependant  Vignole  qui  atoûjours  (uivil' An- 
tique le  plus  qu'il  luyaécépoflible,  adonné  auCompoficeles 
proportions  du  Corinthien ,  parce  qu'il  a  crû  avec  Vitru  ve  qu'il 
ne  changeoit  que  parla  figure  du  Chapiteau  j  &  s'il  luy  a  donné 
un  Entablement  différent  &  d'autres  parties,  il  les  a  renfermées 
dans  les  mefures  Corinthiennes.     La  précifion  des  Denticuks 
fur  les  Entrecolonnes,  cft  encore  plus  à  examiner  en  cet  Ordre 
qu'à  l'Ionique  ;  parce  que  le  membre  oii  elles  font  taillées  eft 
plus  fort  dans  cette  Corniche  ,  &  il  faut  faire  tomber  à  plomb 
une  Dentjcule  fur  l'axe  de  la  Colonne  comme  il  efl  à  l'Arc  de 
Septime  Severe.     Pour  le  détail  de  ks  proportions  il  cfl:  ex- 
pliqué dans  la  fuite  des  Figures. 


DE    V  0  F  D  R  E 


itnmeÊÊm 


1 


Portique  Cornpolite  fans  Pieddial. 

IL  fembîe  qu'après  avoir  parlé  des  proportiov s  des 
J^  Arcades  Urinthiennes ,  il  ne  refte  nen  a  dire  de  cel- 
les-cy,  pti'M elles  font  renfermées  dans  les  me  [mes 
met  tires-,  toutefois  il  m'a  paru  necejjaire  de  parler  en 
cet  endroit  des  Arcades  en  gêner  al 

r  E  plus  erand  inconvénient  qui  arrive  lorfqu'on  merles  Orarcs  les  uns 
L. fur  les  autres  ,  eft  que  les  Arcades  qui  font  bien proportionnéesdans  le 
pTem.  er  Ordre,quand ?ar  exemple  U  ell  Donque,  deviennent  defedueufes 
EcroifiémesMIe(koiuuhien,parcequel-Entrecolonn^ 
\Lc  à  caufe  qu'il eft  nccellaire  que  les  Arcades  &  les  Jambages  repondent 
àXmb  ks  m.s  fur  les  autres.     Ou  remédie  à  ce  défaut  par  une  licence 
dontm  voit  peu  d'exemples  Antiques  ;  qui  eft  de  recouper    Entablement 
Se  e  renrer  entre  les  Colonnes  ,  de  manière  qu'il  n'au  pas  plus  de  la  Saillie 
oue  le  Pilaftr-  lorfou'il  y  en  a  derrière  !a  Colonne  ,  &  qu  i  y  en  ait  moins 
?orfqu'il  n'y  à  point  de  Piluftre-,car  cela  eftant  ainfi  lor  fqu'il  y  a  un  F  ronton 
'eTurpan  eft  bnie',&  le  maffif  qui  refte  fur  les  Colonnes  en  torrne  de  deux 
co  ns ,  lerr  à  fuporter  la  Corniche  :  ce  qu'on  peut  voir  au  Portail  de  S  Ger- 
v!     au  Val-de-Grace,&  à  plufieurs  autres  Façades.Sc  cette  manière  eft  plus 
fuppoLble  que  celle  que  l'on  a  pratiquée  avec  autant  de  licence  qu  elle  eft 
cc^r^e  h  raifon  ,  qui  eft  de  lever  l'Arcade  dans  la  partie  de  1  Entab  ement 
COUP 'ou  ne  reone  plus  ,  m.is  fe  termine  dans  le  n:ur  :  parce  qu'il  n  eft  pas 
probabeqtTelal-eneftre  excède  la  hauteur  du  plancher  ,  aulTi  ces  fortes  de 
rrnim  es  ne  fetrouvent  point  dans  les  baltimens  reguhers.   Au  Capitole  a 
Kla  orande  feneftre  duBalcon  du  milieu  eft  d'une  compofinon  bilarre, 
PFnt.b'emcnt  des  petites  Colonnes  retournant  en  dedans,quoy  que  le  plan- 
l      1    r  ^i;  nû    haut     Puifqu'.l  dï  au  niveau  de  la  Corniche  Conncbicniie  : 
&Ta        t^Ar      e\'ui  elt  au  Portail  defainte  Mane.  ^./...eltenco- 
fe  mon    fupponablel  puifqu'elle  entre  dans  le  ïronton.    H  y  ^,encore  des 
ArSësqui  ontun  double  bandeau  ,  comme  les  croifees  cintrées  des  gros 
pIv  Sde  la  Cour  du  Louvre  -,  dcforte  que  lesOrnemensqu,  l  environ- 
nent ont  le  tiers  de  la  largeur  du  vuide,  ce  qui  rend  pefante  une  petite  Ar- 
ade    &  lorfqu'elle  eft  grande  dlcdevientauir.  ncicule  h  l'Entablement 

reounfeenbaVau^ 

tove,  il  faut  voir  une  Porte  faite  depuis  peu  a  l'Eghfc  de  famcMar.e 
Favotienne  rue  de  la  JulTiene.  H  y  a  au/Ti  d'autres  Arcades  ou  le  bandeau 
?aTc  e"omb  fm-  l'impofte  qui  eft  porte  par  des  Con  oies  ,  &parconfe- 
quent  porf  à  faux  ,  j'ay  parlé  de  ces  abus  afin  de  les  éviter  autant  qu  U  fc 

peut  faire 


fl.lt 


COMPOSITE, 


P'^n 


=^£^^i^iL££i£5osïTË"^XNi¥ïi5Ë5ï3ï: 


K  iii 


Portique  Compofite  avec  Piedeftal. 

f^E  difcours  eft  pour  répondre  a  Se amozzh& pour 
^ faire  voir  que  Vigiiole  a  fmvi  l'Antique  tant  dans 
la  dilpofitiondeJes'Fortiquesque  dans  l'epaijTeur  de 

fes  T  Hier  s. 

C-Cauozzï  reprend  Vignole  d'avoir  fait  les  Piliers  ou  Jambages  de 

S£  Arcades  cop^L^^ 

de  arVe  ï  particulièrement  dans  les  Ordres  Coruuh.en  &  Compofite.  A- 
p  is  avok  fait  reflexion  fur  la  force  des  Jambages  qui  dépend  de  la  Charge 
mu  cft  au  defius,  on  conviendra  qu'ils  font  fuftilans  pour  y  élever  )ufques  a 
?ro  s  Ordre  parce  que  ceux  de  defTous  feront  plus  courts,  &  le  plus  de hcat 
eTon  raque^^^^^^^^^^  avec  quelque  baluftrade  ,&:  s'ils  ne  (ont 

ne  por:eia  que  1  I  ^.^  ^^^^  fulliiamment  de  face  ,  parce 

qu  au  rez-de  ^^au  lee  lan ne    p  ^^^^  ^^  p^^^^^  ^^^^ 

?rrcal  iriU^q  "  !:.i"S^^^  d'un  Module  pour  le  bandeau 
^fl'Arc  eft  cleTepTfque-'tous  les  Antiques.  Maisce  qui  m'a  femb  e 
de  l  Arc ,  et  cène  u  p  ^^.^^^     ^^^^^^^  ^^^  ^^^  j 

contre  la  fohdite  ,  c  et  ^°^  S^^^  ç  ^  ^^J^  ,o„,i^e  au  CoUfe'e,  où 
croife'es  ,  ^JÎ^^^^^.^f^^.^a^fi  ^^Jau^  eft  un  mur  perce  de  feneftres 
après  trois  O'^''' ^^f^'^f!}^^^^  Cour, 

alVez  petites  •  ce  qu  a  imi  e  Miche    An  yienole.  Il  femble  que 

&  qui  n'eft  pas  de  mefme  du  ^«ttc'iu  Tibre  t^.par^^^^^        Tbuillenes'  & 

les  Portiques  ne  doivent  P°""^^  ^^^^  ^^  ^  .^^efam  au  delTus,  comme 
à  Luxembourg,  «^^^^u  moins  navoruen^^^^^^^^^^  ^  ^^^ 

aux  loges  du  Palais  Vatican .  O^j^^^^^^j^;^"  f^,,,  j,,  Colonnes  feules  qui 
Portiques  de  V.gnolcquel  )"S^"^,<^';^f^^ 'ifiVpù'voir  dans  !e  Palais  de  la 
portent  des  appartemei^e^^^^^^^^^  ^,  ,  ..^^ 

Chancellerie  qui  etoit  taitde  10"^^™^^  .  le  (econd  Portique  il  y  a  des 
ciu'une  Colonne  entre  deux  A'^'^^f  "'f  °^Cobm  e  d^  front  entre  chaque 
appartemens,  s'il  y  ayoït  au  mo  ns  ^e"^  ^o  °'me  d  ^^^^J^^^ 

Arcade  comme  au  Palais  ^^^Sl^^^f  '  j\^^7,,  ,,,?es  que  font  celles  de  fainte 
plus  de  grâce.  Enfin  quoyquees^fi^^^^^^^^^^^ 

kar.eMa,cure,delaintlau,&p^u^^^^^^ 

d'Archucauic  regulieie,  ^^^f'  /^'^^^^^^^^^  des 

cependant  depuis  le  ^^^-J^^^lf^^^^^^  &  à  plus  forre 

Colonnes  Iculcs  qu.  P"^^  "^1^  .gT,  Portiques  de  Vignole  ,  qui  ont  non 

quarrez  dans  leur  Plan  fans  aucune  Colonne. 


fU  31 


COMPOSITE. 


I^^^_J^o^^^ïrïrj^Fx^'^^^^sr^^ 


8o 


DE    V  0  R  D  R  B 


^iedeflal  &  Bafe  Compqfite, 

CE  Pledeftal  Compofite  garde  les  mefures  du  Corin- 
thien, &  n'en  eft  différent  que  par  les  membres  de  h 
Corniche  &  de  la  Bafe  ,  comme  on  le  peut  aifément  remar- 
quer ;  c'eft  par  cette  raifon  que  je  n'ay  pas  jugénecefTaire  de 
faire  des  Entrecolonnes ,  ny  des  Arcs  propres  &  particuliers 
à  cet  Ordre  ,  m'en  rapportant  à  ce  que  j'en  ay  dit  du  Corin- 
thien ,  &  j'ay  marqué  feulement  la  différence  de  la  Bafe  du 
Chapiteau  &  de  fes  autres  Ornemens,  comme  on  le  voit  en 
fon  lieu. 

LE  Picdeftal  de  l'Arc  de  Titus  efl:  un  des  plus  beaux  qu'on  puifle  trouver 
pour  cet  Ordre  ,  &  particulièrement  la  Bafe  f]ui  eft  la  mefmc  que  Sca 
mozzi  donne  au  Corinthien  ,  &  qui  eli  riche  de  Moulures.  Or  comme  il 
arrive  rarement  que  cet  Ordre  foie  au  rcz-de-chaullée  s'il  n'eft  feul,&  rnef- 
mequandily  feroit,  il  ftut  toujours  un  Socle  pour  l'élever  ,  &  il  eft  alors 
prefque  impofflblc  de  fe  fervir  des  proportions  de  Vignole  lorfqu'on  veuc 
confcrver  le  De  de  la  hauteur  qu'il  eftrmais  il  faut  prendre  garde  aulli  de  ne 
pas  faire  le  Socle  fi  haut  qu'il  diminue  la  hauteur  du  P!edeftal,comme  il  eft 
dans  la  Cour  du  Louvre  au  fécond  Ordre,  où  le  Socle  &  la  Bafe  font  plus 
de  la  moitié  de  la  hauteur  du  Piedi.-ftal  dont  le  Dé  n'a  pas  mefme  autant  de 
hauteur  que  de  largeur  j  &  lorfque  le  Piedeftal  ne  peut  pas  cftre  plus  haut 
que  la  fixiémeparc'ie  de  la  Colonne  ,  il  vaut  mieux  ne  mettre  qu'un  Socle 
comme  au  Portail  du  Louvre  ;  mais  celuy  de  la  Fontaine  des  faints Inno- 
cents rue  faint  Denis  eft  un  des  mieux  proportionnez. 

La  plufpart  des  Architedes  mettent  des  tables  ou  en  faiUie  ou  en  creux 
dans  le  Dé  des  Piedcftaux  ,  fans  confiderer  le  caradere  de  l'Ordre.  Pour 
celles  en  faillie ,  elles  ne  conviennent  qu'aux  Ordres  Tofcan  &  Dorique  ;  & 
pour  celles  des  trois  auircs  Ordres  elles  doiventeftreprifes  en  dedans  ;  ce 
que  les  anciens  n'ont  prefque  point  pratiqué  de  l'une  ni  de  l'autre  manière, 
parce  qu'il  femble  que  cela  répugne  à  la  foliditc  :  elles  ne  font  à  propos  qu'à 
des  Acroteres  de  Frontons  &  à  des  Piedeftaux  de  baluftres  ou  de  figures. 
Pour  la  Bafe  de  cette  Colonne  elle  paroift  plus  belle  que  la  Corinthienne  , 
parce  qu'il  n'y  a  pas  cette  double  aftragalc  qui  a  quelque  chofe  de  chctif  :  ce 
peu  de  diftinclion  en  fait  la  différence,  &  cette  Bafe  elloit  à  un  Ordre 
Corinthien  des  Thermes  de  Dioclctien.  Or  il  eft  bon  dans  tous  les  Or- 
dres que  lesbafes^c  autres  partiesconcourcnt  aies diltinguer  comme  les 
Chapiteaux. 


mmtsm 


mmKmmmmmm 


pi'lh 


f^'  ^3 


COMPOSITE, 


FLzn  duTtecUstal au  dr-ctt 
lù  la  base  de  la  Ccriorine   , 


%l 


^/^,    PIEDX  S  TALE  T  BASIC  COxMPOSITI^S 


/^q^^ 


a   3^ 


■$z 


DE     V  O  R  D  R  E 


Tlan,  &  Trofil  du  Chapiteau  Co?npofite. 

E  Plan  &:  le  Profil  de  ce  Chapiteau  Compofire  fe  font 
de  la  merme  manière  qu'on  Ta  expliqué  à  l'Ordre  Co- 
rinthien :  la  ieule  diflference  qui  s^y  trouve  confifte  en  ce 
qu'au  lieu  des  Caulicoles  qui  font  au  Chapiteau  Corinthien, 
celav-cy  a  des  Volutes  faites  à  la  manière  de  celles  de  l'Or- 
dre Ionique.  Les  Anciens  Romains  ayant  pris  une  partie  du 
Chapiteau  Corinthien  &  une  partie  de  l'Ionique  ,  en  firent 
un  Compolé  dans  lequel  ils  afïemblerent  ce  qu'il  y  avoit  de 
beauté  dans  l'un  &  dans  l'autre  de  ces  deux  Ordres. 

SI  ce  que  Vlcriive  dit  pour  expliquer  l'intention  des  Anciens  Romains 
fur  l'invention  du  Chapiteau  Compofite  eftoit  vray  ,  il  faudroit  inférer 
que  le  Chapiteau  Compofi te  feroit  plus  beau  que  le  Corinthien  ,  puifqu'il 
renferme  les  beautez  de  l'Ionique  avec  celles  de  cet  Ordre,-  néanmoins  il 
paroilt  plus  pefant  que  le  Corinthien  \  mais  il  a  tant  de  beauté  &  de  richef- 
(è ,  qu'après  le  Corinthien  il  a  eflé  depuis  impoffible  de  trouver  un  Chapi- 
teau qui  cuit  plus  de  grâce  que  celuy-cy.  Les  marques  particulières  de  fa 
diltindion  font  les  Volutes  &  les  Oves  du  Chapiteau  Ionique  ;  les  Anciens 
l'ont  ordinairement  enrichi  de  feuilles  d'Acanthe  ou  de  Perfilpluftoltque 
d'Olivier-,  les  trois  plus  beaux  Modèles  de  ce  Chapiteau  font  les  Arcs  de 
Titus  &  de  Septimc  Severc  &:  les  Thermes  de  Diocktien.  Entre  les  excni- 
p'c5  Modernes  un  des  plus  coniiderables  de  l'Ordre  Compofite  eft  celuy  tle 
la  grande  Gallcrie  du  Louvre,  ouvrage  e'galemcnt  grand  &  magnifique. 
Parmi  les  Chapiteaux  de  cette  Gallerie,  il  y  en  a  de  mieux  taillez  les  uns 
cjLie  les  autres  ,  ^'  particulièrement  quatre, où  à  la  place  de  la  fleur  il  y  a  une 
H  couronne'equi  eft  la  première  lettre  du  nom  d'Henry  Quatrième  qui  l'a 
fait  bàtir.  Cependant  l'Ordre  Compofite  de  la  Cour  du  Louvre  eft  taillé 
defciiillcs  d'Olivier,  parce  que  le  Corinthien  eft  de  feiiillcs  d'Acanthe. 
Pour  la  Saillie  des  feiiillcs  ,  il  y  faut  faire  les  mefmes  remarques  qu'au  Co- 
rinthien \  mais  pour  la  hauteur  du  Chapiteau  des  Pilaftrcs  il  me  femble  à 
propos  de  luv  en  donner  plus  qu'au  Corinihien  ;  parce  que  ce  Chapiteau 
devient  trop  quarrc  ,  comxne  il  paroilt  à  la  Fontaine  des  faints  Innocents  j 
à  l'Arc  de  Titus  il  eft  plus  haut  de  deux  patries  ,  quoyque  ce  foit  le  Cha- 
piteau d'une  Colonne.  Quant  aux  Cannelures  elles  font  au  nombre  de 
vingt-quatre  comme  au  Corinthien  ,  &  pour  ajouter  quelque  chofe  à  leur 
richefle  on  y  peut  mettre  des  roleauxjufqu'au  tiers  du  Fuft,defquels  fortent 
lie  petites  branches,  ainfiqu'il  y  en  à  l'Ionique  de  Philbertde  Lormeau 
Palais  des  Thuilierics  ;  ce  nui  fera  devenir  cet  Ordre  le  plus  riche  comme 
'e  Corinthien  ^.ft  le  plus  délicat  de  l'Archited:ure. 

mmmmmmm^ÊmmmÊtmÊmÊÊmmmÊÊtmmmÊÊÊmÊimmmÊÊÊ^mÊÊmmÊmiiàÊmmtmi^matÊÊm 


^mimm 


ik  34- 


COMPOSITE. 


PIvAX  XT  PROTlIv  DU  CHAPlTliAV  COKPOSlTÊ 


L  i] 


«4 


T>  E     U  O  R  D  R  E 


Cloapteaii  &  Entablement  Compojites, 

CE T  T E  partie  d'Ordonnance  Compofire  qui 
comprend  le  Chapiteau  5  l'Architrave,  la  Frife 
&ia  Corniche  eli  tirée  de  pluficurs  morceaux  qui  fe 
trouvent  parmy  les  Antiquitez  de  Rome  j  je  l'ay 
réduite  aux  mefmes  proportions  que  dans  l'Ordre 
Corinthien  ,  &  parce  que  les  mefures  de  ces  parties 
font  exaflement  marquées  dans  la  figure  elles  s*y 
font  afléz  connoiftre  par  elles-mefmes. 

LEs   proportions  de  cet  Entablement  font  (i  femblables  à  celles   de 
l'Ordre  Corinthien  ,  que  la  Corniche  de  ce  Comporte  n'a  de  faillie 
que  deux  minutes  de  moins  ;  pour  les  ha.uteurs  des  trois  principales  parties 
elles  font  pareilles  au  Corinthien.   L'architrave  dont  Vignole  fe  lert  eft 
imité  duFrontifpicedeNeron&d'nn  Temple  que  Palladio  dit  avoir  eft^ 
dédié  à  Mars  ,  &  qui  eft  appelle  la  Bafilique  d'Antonin  dans  le  Livre  des 
Edifices  Antiques  de  Rome  du  fieur  des  Godets  :  la  Frife  de  cet  Edifice  eft 
bombée,  mais  d'une  manière  alTcz  particulière,  la  partie  courbe  eftant  en- 
tre deux  Liftcaux,ainfi  cette  Frife  a  trois  parties  -,  pour  ce  qui  eft  de  la  Fri(è 
bombée  laplufpart  des  Architcdes  Modernes  l'ont  donnée  à  cet  Ordre  à 
caufe  qu'elle  clt  ordinairement  à  l'Ionique:  cet  adouciiïementde  la  Frife 
fur  l'Architrave  eft  pratiqué  par  Palladio  à  fon  Corinthien  ,  &  elle  eft  de 
mênieàrArc  de  SeptimeSevere.     La  Frife  doit  eftre  ornée  dans  cet  Or- 
dre lorfque  les  Moulures  font  taillées  puifqu'il  renferme  la  plus  grande 
richelle  de  l'Architedure.     Pour  ce  qui  eft  de  la  fculpturc  des  Frifes  dont 
il  cit  à  propos  de  parler  ,  les  Anciens  ne  luy  ont  pas  donné  un  grand  relief 
lorfqu'il  n'y  a  eu  que  des  rinceaux  d'Ornemens  ,  &  en  cela  ils  ont  imité 
la  broderie  dont  elleapri'sfon  origine  &  le  nom  de  Frife,  parce  que  les 
Phrygiens  excclloient  dans  cet  Art.  Mais  lorfqu'ils  ont  voulu  exprimer 
des  Sacrifices  &  des  Hiftoires  j  les  figures  ont  eu  tant  de  relief  qu'elles 
ont  quelquefois  des  parties  entières  détachées  comme  on  voit  à  l'Arc  de 
Titus,  &  à  la  Place  de  Nerva,  cela  fait  que  la  plufpart  font  ru ïnées,  &  elles 
feroient  dans  leur  entier  fi  elles  n'avoientefté  qu'en  bas  relief.     Cegrand 
rchcf  a  elle  imité  dans  la  Cour  du  Louvre  à  l'Ordre  Compofite  ,  où  on 
voir  des  enfans  enti  elaflez  avec  des  Feltons  qui  font  taillez  avec  tant  d'Art, 
que  cette  Frife  elfc  eftimée  par  les  connoiilcurs  un  des  beaux  morceaux 
de  Sculpture  qui  ait  eftéfait.    Mais  il  faut  avouer  que  cette  richelTe  ap- 


^fm 


fl,  24. 


COMPOSITE, 


CHAPiTXAUET  xxtabi:ï3ii:isï  composites 


»^ 


86 


DE     V  0  R  D  R  E 


porte  ouciqiic  confLifion  pour  peu  que  l'on  (oit  éloigne  de  l'objei.  Lafrifc 
>^uc  Michcl-Ai)f^e^a  taillée  à  Ton  Ionique  du  Palais  Farncfc  n'a  pas  un  fi 
■ranci  relief,  &^e  crois  eue  la  Sculpture  ôes  Frifes  ne  doit  pas  avoir  plus  de 
ixlicfouc  celle  du  Temple  d'Antonin  &  de  Fauftinedont  Viguolcaorné 
("on  Ionique.  Ce  relicfdoit  eftrc  rcj^lc  par  la  grandeur  de  l'Edifice,  par  la 
.iiRancc  du  lieu  dont  il  doit  eftre  vcu  ,  &  par  le  caradere  de  l'Ordre 
auquel  il  eft  employé.  Il  faut auHî que  les  Ornemensy  foient  mis  avec 
lu^Tcment  ,  cnlo:te  qu'ils  diftinguent  le  genre  d'Edifice,  &  que  l'on 
puUlé  deviner  par  cette  feule  partie  l'ufage  auquel  il  eftdelhné  ;  ainli  on 
connoid  que  trois  Colonnes  qui  font  enterrées  fur  te  penchant  du  Mont 
Capitolin  fervoicnt  à  unTemple  ,  par  Icsinftrumens  de  la  Religion  qui 
s'y  voycnt  dans  laFrife  ;  &  de  mefnie  des  autres  baftimens  dont  l'on  a 
jugé  del'ufac^e-'ar  quelques  fymboles  qui  en  font  reftez.  La  Frife  peut 
■lufll  recevoir  dés  infcriptions  comme  celle  du  Portique  du  Panthéon,  & 
d'une  infinité  d'autres  baftimens  tant  anciens  que  modernes  ;  &  lorfque 
l'infcription  ne  peut  tenir  toute  dans  la  Fnfe  &  qu'on  n'en  veut  mettre  que 
quelqucpartie  dans  les  Faces  de  l'Architrave  commeau  mefme  Panthéon, 
il  faut  rabattre  ces  Faces  &  Moulures  au  mefme  arazement  que  la  Frife, 
com  me  il  a  cfté  pratiqué  au  Temple  de  la  Coucotde,&  au  grand  Porche  de 
la  Sorbonne  dans  la  Cour. 

Après  avoir  donné  un  Chapiteau  à  cet  Ordre,  loifqu'ilaefté  befoin  de 
le  couronner,  les  Architccl:cs  ont  efté  de  differens  avis,  entre  lefquels  Serlio 
s'dt  rendu  fiiigiilicr,cnluy  donnant  la  Corniche  du  Couronnement  du  Co- 
liléc  qui  elt  mefme  trop  ruitiquc  pour  un  Ordre  Tofcan  :  ccluy  de  l' Arc  de 
Titus  qui  cft  le  premier  qui  a  efté  fait,  a  retenu  l'Entablement  Corinthien 
parce  que  (a  Colonne  gardoit  les  mefmcs  proportions  ainfi  que  dans  les 
Thermes  de  Diocletieii  à  caufe  des  autres  Chapiteaux  Corinthiens ,  ce  qui 
.1  cfté  imité  dans  la  Cour  du  Louvre ,  parce  que  l'Entablement  Corinthien 
de  Vitruve  (  qui  n'clt  autre  que  l'Ionique  )  avoir  efté  dé)a  mis  à  l'Ordre 
k  deiïbus.  Poux  la  grande  Gallcrie  elle  cft  couronnée  de  l'Entablement 
Corinthien,  afin  d'avoir  une  plus  grande  Saillie  par  la  portée  des  Modil- 
lons  qui  font  en  ce  b.iftiment  les  plus  longs  qui  ayciit  eité  faits  ,  parce 
qu'il  falloir  que  cette  Corniche  parut  Gigantcfquepour  eftrc  veuc  en  de- 
hors au  delà  de  la  rivière  ,  &  en  dedans  de  la  Cour  qui  a  plus  de  cent 
quarante  toifes  de  large.  Vignole  a  pris  la  Corniche  de  l'Arc  de  Scptime 
Scvcre  dont  il  a  mieux  dcllïné  le  Profil.  Enfin  d'autres  Architeéles  ne 
voulant  pas  fe  fcrvir  de  l'Entablement  Corinthien  ,  &  trouvant  que  celuy 
de  Vignole  approchoit  trop  de  l'Ionique  ,  luy  en  ont  donné  un  particulier 
Icniblable  à  ccluy  du  Frontifpice  de  Néron  ,  &  avec  des  Mutules  fans 
orncmens  ,  ce  qui  eft  plus  à  propos  pour  les  dehors  que  pour  les  dedans  : 
cette  forte  de  Corniche  ne  pouvant  pas  eftre  ornée  félon  la  delicatefle  con- 
venable à  cet  Ordre  ,  comme  on  le  peut  voir  au  Portail  de  l'Eglife  de 


COMPOSITE. 


87 


Sorbonne  ,  a  celuy  du  \aI-de-Grace ,  &en  quantité  d'autres  baltimens 
a  Rome  &  a  Pans  ;  cette  Corniche  au/Ti  devient  trop  fimple  lorfqu'il 
n  y  a  ny  Modillons  ny  Denncules  comme  à  la  Fontaine  des  faints  In 
noccnts ,  ainfi  tout  ce  qu'on  peut  conclure  eft  de  mettre  rEntabiement 
de  Vic^iiole  dans  les  dedans  comme  cet  Architede  a  fait  à  rEelifedu 
grand  Jelus  a  Rome  ,  &  celuy  du  Frontifpice  de  Néron  dans  les  dehors, 
particulierernent  orfqueladiftance  dont  on  le  dok  voir  eft  confiderable 
&  cjue  1  Ordre  eft  elcve'. 


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88  D  E    V  0  R  D  R  E 


Plafonds  des  Corniches  Corinthienne  &  Compofite. 

yjFm  d'éviter  la  co7ifîi(îon  fay  tranfpofté  icy  les 
-^  ^Plafonds  des  Corniches  Corinthienne  &  Com- 
pofite fur  la  7nefme  ejchelle  'ipoiir  en  remarquer  plus 
dtjlincfemeîit  les  parties. 

LE  Plafond  dans  la  Corniche  eftantcequi  paroift  davantage  &  ce  qui 
eft  le  plus  à  couvert,  on  ne  peut  pas  douter  qu'il  n'ait  du  avoir  tous 
les  Onieinens  donc  l'Art  le  peut  enrichir  j  c'eft  pourquoy  dans  la  Corliiche 
Corinthienne  qui  eft  la  plus  belle,  outre  les  Modillons  on  a  encore  mis  des 
rofes  dans  de  petits  paneaux  ou  quailles  ;  quelques  Anciens  ont  pris  le  foin 
de  les  rendre  parfaitement  quarrées  parce  que  les  rofes  font  rondes  ,  &  je 
croi  qu'ils  ont  préfère'  cette  raifon  à  celle  de  mettre  les  Modillons  à 
plomb  fur  Taxe  de  la  Colonne  ,  &  Vignole  en  métrant  les  Modillons  per- 
pendiculaires fur  les  Colonnes  a  néglige'  de  faire  les  quailTes  de  fes  rofes 
quarre'es,  ce  que  l'en  n'approuve  pasj  c'eft  pourquoy  pour  la  perfedlion  du 
Corinthien,!  I  faut  faire  répondre  les  Modillons  fur  le  milieu  des  Colonnes, 
&  rendre  les  quaiffes  des  entre- Modillons  parfaitement  quarrées ,  comme 
i!  a  efté  obferve'  dans  les  ouvrages  Modernes  faits  avec  exadlitude  ;  d'autres 
ont  ferre  les  Modillons,  de  forte  qu'il  n'y  aeugueresquel'efpaced'un  Mo- 
dillonen're-deui  ;  &  ce  Plafond  aefte'fans  rofes  comme  à  la  grande  Gal- 
leric  du  Louvre,  où  jenefçay  fi  l'Architedei/auroit  point  prcrcndu  que  les 
Modillons  fullent  les  fol:ves  du  plancher  fous  le  comble, &qu'ainfi  ils  deuf- 
feurcftrccfpacez  tant  plein  que  vuide  ,  car  il  n'y  a  des  rofes  qu'aux  retours 
des  avair-corps&  aux  angles,  &  ces  rofes  comme  au  Temple  de  la  Paix  & 
au  Colifée  n'ont  point  de  quailles  ,  parce  que  le  Larmier  eft  un  peufoible  : 
&  la  plufpart  de  CCS  rofes  font  appliqiie'es  à  ce  Plafond  &  tiennent  avec  des 
boulons  de  fer.  Pour  lesOrnemens  dont  les  Modillons  doivent  eftre  tail- 
lez ,  ce  font  ordinairerrent  des  feiiilles  pareilles  à  celles  du  Chapiteau  ,  ou 
bien  quclqu'autre  figure  comme  à  l'Arc  de  Titus  où  il  y  a  des  Dauphins  & 
à  la  Corniche  Corinthienne  qui  fertd'impofteà  l'Arc  du  Conftantin,  où  il 
y  a  de  petits  aigles  «Scdcs  coquilles  comme  il  y  en  avoit  au  Temple  de  Nep- 
tune. Il  y  auHl  des  Modillons  qui  font  attachez  à  une  petite  table,  com- 
me au  Portique  du  Panthéon  ;  &  enfin  je  ne  fçay  pourquoy  l' Architedle  de 
la  maifon  quarrç'e  de  Nifmcs  lésa  mis  àconcre-fens  de  ce  qu'ils  doivent 
eltie  ,  faifant  paroiftre  par  le  devant  la  partie  par  laquelle  ils  (ont  attachez 
à  la  Corniche,  exemple  unique  &  extravagant.  Le  Modillon  eft  différent 
du  Mutulecn  ce  qu'il  reffemble  à  une  Confole  pofée  en  encorbellement. 
Il  y  a  deux  enroulemens  &  l'un  &  l'autre  doit  eftre  trace  avec  beaucoup  de 


6, 


C  0  MP  0  SITE, 


^o  D  E     V  0  R  D  R  E 


grâce,  principalement  lorfque  l'Ouvrage  efl  grand:  les  Nervures He ces 
eiiroulemens  c^ui  viennenr  former  le  baluftre  a  la  reRe  du  Modillon  doi- 
venc  paroiftre  (ous  la  feiiillc  de  revers, ealbrte  que  la  légèreté  de  cette  feiiil- 
!e  n'en  cache  point  le  contour  ,  comme  on  les  voit  travaillées  avec  beau- 
coup de  propretc  aux  trois  Colonnes  de  Campo  Vacano  à  Rome.  Sca- 
mozzi  euleignele  moyende  tracer  ces  enrouleraens  >  mais  il  s'en  faut  p!u- 
tod  rapporter  à  la  grâce  que  le  delTein  y  doniie  lorfqu'il  flaift  à  l'œil  , 
qu'au  contour  Géométrique  qui  en  ofte  toute  la  légèreté  ;  toutefois  pour 
latisfaire  ceux  qui  en  voudroient  faire  l'opération  en  grand  fur  le  carton, 
i'yay  joint  la  manière  de  Scamozzi  réduite  danslesmefuresde  Vignole. 
Les  Anciens  ont  affcdé  défaire  les  rofes  différentes  dans  le  Plafond  d'u- 
ne Corniche  ,  &c  cette  variété  efl:  allez  agréable  ,  ce  que  les  Modernes  ont 
aulTiimité.  Dans  le  Plafond  de  la  Corniche  du  dedansde  l'Fglife  defaint 
Pierre,  elles  font  prelque  toutes  différentes  j  &;  cette  Corniche  avec  fes  re- 
tours a  plus  de  trois  cens  toiles  de  continuité  fans  interruption  ,  &  rentre 
dans  elle  mefme.  Il  faut  obferver  de  donner  aux  quailles  des  rofes 
plus  de  profondeur  qu'à  la  Moulure  qui  en  fait  la  bordure  ,  comme  elles 
font  dans  ce  Profil  ,  parce  que  l'obfcurité  que  caufe  cette  profondeur 
contribue  à  faire  dérachcr  la  rofe  du  fond  de  la  quaiffe ,  &  ces  rofes  ne  doi- 
vent jamais  remplir  tout-à-fait  l'efpace  du  fond.  On  les  fait  de  différentes 
manières  comme  i'ay  déjà  dit,  les  unes  font  renfoncées  en  dedans  comme 
des  BaflTins  de  facrifices ,  &  du  milieu  des  autres  il  pend  une  graine  qui 
femble  former  un  gros  bouton  j  mais  fur  tout  lorfque  la  quantité empef- 
che  de  les  pouvoir  faire  toutes  différentes  ,  il  eft  à  propos  que  celles  qui 
font  répétées  foient  des  m  efmes  feiiilles  que  le  Chapiteau  &  les  Modillons; 
(i  les  Ouvrages  eftoient  de  marbre  &  que  les  Chapiteaux  de  bafcrs  fulfent  de 
bronze,  on  pou rroit  alors  faire  les  Modillons  de  rofes  de  mefme  metail. 

La  Saillie  du  Plafond  au  delà  des  Modillons  a  efté  faite  au  Frontifpice 
de  Néron  ,  dont  Scamozzi  s'eft  fervi  au  Corinthien  &  au  Compolite  j 
cette  Saillie  eft  inutile  au  Corinthien  ,  fi  ce  n'eftdans  un  Coloile  de  bafli- 
ment,  comme  à  la  Corniche  de  l'Eglife  de  faint  Pierre,  où  il  s'en  faut 
prefque  la  largeur  de  la  tcfte  d'un  Modillon  qu'elle  ne  vienne  au  devant  du 
Lirmier;  aulfi  pour  avoir  cette  Saillie  le  Modillon  eft  retiré  en  arrière  de 
telle  foneque  par  le  Profil  fon  enroulement  ne  paroift  qu'à  moitié,  ce 
qui  eft  défectueux.  Le  Plan  desDenticules  de  la  Corniche  eft  quarré  & 
à  (ix  parties,  l'efpace  entre  deux  en  a  trois  ,  &  leur  hauteur  doit  eftre 
toujours  fefquialtere,  ou  une  fois  &  demi  de  leur  largeur ,  &  non  pas  com- 
me aux  Thermes  de  Diocletien  où  elles  font  plus  larges  que  hautes.  Il  y  a 
icy  une  pomme  de  pin  à  l'Angle  de  retour  comme  à  l'Arc  de  Septime  Sé- 
vère, &  il  faut  faire  enferre  qu'il  y  ait  toujours  une  Denticule  à  plomb 
fur  l'axe  de  la  Colonne  comme  à  cet  Arc  ;  ce  que  Vignole  qui  eft  fi  régu- 
lier n'a  pas  fait:  quoyqueces  minuties  foient  de  peu  de  confequcnce  el- 


COMPOSITE: 


les  marquent  dans  un  Ouvrage  l'eflude  de  l'Architecte  ^l'exaditude  des 
Ouvriers. 

A  regard  du  Plafond  de  la  Corniche  Compofite ,  fa  beauté  confifte  à 
contourner  avec  grâce  la  grande  doucine  qui  foùtient  le  Larmier  ou  la 
mouchette  pendante.  Cette  Moulure  peut  recevoir  plufieurs  fortes  d^Or 
nemens  comme  des  canaux  avec  des  rofeaux  ou  bafhons&  des  feuilles  de 
diverfes  fortes  ,  particulièrement  comme  celles  du  Chapiteau  •  &  il  (» 
met  toujours  une  grande  feiiille  dans  l'Angle  pour  cacher  le  vuide  qui  fe 
feroit,  les  canaux  ne  fe  pouvant  racorder. 

Les  Gargoiiilles  qu'on  met  aux  Cimaifes  doivent  eftre  à  plomb  furies 
Colonnes  ,  ou  fur  les  ModiUons  lorfqu'on  en  met  autantqu'il  y  a  de  Mo- 
dillons ,  comme  à  la  Corniche  du  Palais  Farnefe ,  &  à  l'Entablement 
Corinthien  de  Vignolc  ;  leur  ufage  eft  pour  égoûter  les  eaux  de  la  Cor- 
niche par  une  petite  rigole  qu'on  taille  dans  la  Gmaife  :  il  n'y  en 
doit  avoirqu'àcellesqui  l'ont  de  niveau,  ainfîiln'en  fautpoint  aux  Cor- 
niches rampantes  ou  circulaires  des  Frontons  ,  comme  il  s'en  voit  au  Por- 
tail des  Minimes;  parce  que  cet  Ornement  tirant  fon  origine  de  la  necef- 
fîté  ,  il  faut  toujours  y  conferver  de  la  vray-femblance  ,  quand  mefme  ces 
Gargouilles  ne  ferviroient  que  d'Ornement:  il  ne  les  fautnullement  em- 
ployer dans  un  lieu  couvert ,  on  fe  fert  ordinairement  de  Mufles  de  Lions; 
mais  on  y  peut  mettre  toutes  autres  figures ,  comme  raafques  &  telles  d'a- 
nimaux ,  comme  on  voit  de  petits  foleils  dans  des  fleurs  aux  trois  Colonnes 
de  Cam£0  yaicino„ 


91 
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DE     V  0  R  D  R  E 


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Impoftcs  Corinthienne  &  Compofite. 

J'ay  reporté  icy  VImpofte  Corinthienne  qui  eft  à  l'O- 
riginal avec  le 'F iedeftal pour  en  faire  paraître  les 
parties  plus  engrandy&fy  ay  ajouté  une  Impofle  Com- 
pofite qui  manquait  au  Livre  de  Vignote  dans  les  mef- 
mes  mefures  de  la  Corinthienne. 

r  Importe  cft  une  partie  fi  eflentielle  dans  laCompofîtion  des  Ordon- 
nanccs  ,  que  lorfqu'il  n'y  en  a  point  il  arrive  qu'à  l'endroit  où  la 
ligne  courbe  de  l'Arc  le  joint  à  laligne  à  plomb  de  l' Alerte  ou  pied  droit  il 
fcmblc  qu'ilyait  unjaret  ou  coude  ,  quelque  exaditude  que  l'on  au  ap- 
porte' dans  l'exécution  de  l'ouvrage  ■  ce  qu'on  peut  oblerver  à  la  Porte  neu- 
ve du  Louvre  du  côte'  de  la  rivière,  au  foubalTement  de  l'Ordre  Corm- 
thien  i  à  la  Porte  du  ralaisFarnefe  ,  à  celle  des  Ecuries  de  Verlailles  &  à 
une  infinité  d'autres.  Cette  furprile  delaveuë  elt  femblable  àcellequi 
arrive  aux  Frontons,  où  ce  filet  fur  le  Larmier  ,  qui  elt  la  bafe  du  Trian- 
gle fi  le  Fronton  ell  pointu  ou  la  corde  de  l'Arc  s'il  eft  rond ,  paroilt 
(e  courber  infenliblement  vers  le  milieu  quoy  qu'il  (bit  effedivement 
droit.  Feu  Monfieur  Manfard  s'eftoit  apperceu  de  cette  faulle  apparen- 
ce, &foit  qu'il  y  ait  voulu  remédier  ou  du  moins  rendre  ce  défaut  moins 
Tcnfible ,  il  aaugmenté  de  grolléur  ce  filet  au  dedus  du  Talon  qui  couron- 
ne le  Larmier  à  l'Ordre  Dorique  du  Portail  des  Minimes,  ce  qui  néanmoins 
n'empeiche  pas  tout  à  fait  la  courbure  que  l'Optique  fait  paroiftre  à  cette 
Corniche,  aufli  je  ne  crois  pas  que  ce  (oit  pour  cette  feule  raifon  ,  mais 
plultoft  pour  fortifier  ce  petit  filet,  qui  eftaut  la  dernière  Moulure  de  la 
Corniche  fcmble  eftre  trop  kc  &i.  facile  à  fe  ruiner,  ce  qui  n'eft  pas  lorfqu'il 
ell  fous  la  Cimaife.  Mais  pour  revenir  aux  Impolies  on  peut  dire  que  celles 
de  Vignole font  très  régulières,  en  quoy  iln'a  pasfuivi  laplufpart  desba- 
Ihmens  Antiques  où  elles  ont  une  fi  grande  Saillie  qu'elles  femblenteltre 
pluftoft  des  Corniches  d'Entablemens  que  des  Coulfmetspour  recevoir 
la  retombée  des  Arcades  ,  deforte  que  celuy  de  l'Arc  de  Septime  Sé- 
vère a  plus  de  Moulures  qu'une  Corniche  Ionique,  &  celle  de  l'Arc  de 
Conltantin  efl:  une  Corniche  Corinthienne  avec  des  Modillons.  C'eft  delà 
qu'eft  venu  l'abus  que  les  Modernes  ont  introduit,appuyez  fur  ces  exemples 
anciens,  où  l'Importe  excède  la  Saillie  du  Pilartre  ,  &  ce  qui  crt  de  plus  fin- 
gulier  elt  que  Michel- Ange  n'a  point  évité  ce  défaut  dans  l'Eglile  de  faint 
Pierre  où  l'impofte  ert  p'ius  iàiHante  une  fois  que  le  Pilartre ,  parce  qu'il  a 


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/^•57. 


C  0  M  p  0 


Par-txes  d-e 
lArcliivolte 
Cor-iiitlneii  . 

\A  i  ''''ou  peti  tejh  ce 
couronnée  d'un 
^straociU  taiilc 
2  'oliycj  . 

'R  x*:  cru.  rnoxcnne 
Jcice  ccuroTime 
d  cves 

C  2  'ô  «  crrande  face 
ccur-cmnee  d  un 
talon  ayecHats 
de  coeur . 


Partie*  ie 
llmpo^te 

jyj'rise  ayecCttrut, 

et  roseaux^ 
E  ^ylstroffale  taille 

de  perUs  . 
F  Ores  .     , 
G-  Talon  a  vec  J£aw 

de  coeur    . 
KTrtse  de  LJmposte 
I  Cortuche  delJm  ■ 

poste    . 
Sil^ofils  des  ^Archt 

yoUxJ^  . 


iMPosTi^s  colî.Ils^THIXl^:^^I:I:T  COMPOSITE 


M  ii; 


94 


DE     I'  O  R  T>  n  E 


donné  un  Plafond  à  la  Mouchetce  pendante  de  cet  Importe  dont  la  Sai! 
lie  cu(t  été  fuffifante  fi  !e  Pilalhe  en  eud  eu  un  peu  plus:cela  fut  tout  efi:  del 
agréable  à  »oir  parleProfi!.  Cette  defcauofité  fe  trouve  encore  à  1  Ordre 
Dorique  du  Portail  de  faintGervais,  quoy  que  ce  ne  foit  que  Tlmporte 
deVi^nolequi  n'a  de  faillie  qu'un  tiers  de  Module;  mais  le  Pilaltrc  cf> 
moindre  que  cette  Saillie.  U  y  a  trois  manières  de  fe  fervir  de  l'Impode 
pour  éviter  cette  Saillie  au  delà  du  corps  du  Pilaftre:  la  première  eft  de  fc 
contenir  dans  la  règle  de  Vignole  ;  ainfi  il  faut  donner  le  fixiéme  du 
Diamètre  à  la  Saillie"du  Pilaftre,  &c'en:  la  meilleure  manière;  la  féconde 
eft  de  tailler  rimpoite&  le  Bandeau  ou  Archivolte  de  l'Arc  dans  le  maffif 
du  mur  donnant'de  largeur  à  l'avant-corps  à  cofté  du  Pilaftrc  ,  la  Saillie 
de  la  Bafe  ,  comme  aux  Arcades  de  l'Eglife  du  Val  deGracc:&  latroifié- 
me  manière  eft  de  mutiler  l'Impofte,  &  faifant  une  platte  bande  continue 
l'orner  de  quelques  Moulures  qui  fadeur  de  petits  cadres,ainfi  qu'il  fe  voit  à 
la  Fontaine  des  Saints  Innocens ,  ou  les  remplit  de  Poites,  Guillochis  ,  En- 
trclas,  &  autres  Ornemens,  comme  à  la  Façade  du  Louvre  du  coftc  de 
la  rivière  &  dans  la  Cour.  Quelquefois  l'Entablement  d'un  Ordre  de- 
vient l'Impofte  d'une  Arcade  ou  d'une  voûte  ,  comme  il  eft  au  Panthéon, 
au  Temple  de  la  Paii ,  &  aux  Thermes  de  Diocieticn  ,  ce  qui  réiilTit  avec 
fuccc's  dans  les  Eglifcs  modernes  ;  &  pour  lors  il  faut  conformer  la  Sail- 
lie de  la  Corniche  de  l'Ordre  avec  la  grandeur  du  lieu,  &  c'eft  en  cela 
queconfifte  la  plus  belle  proportion  des  Temples  ,  dont  la  hauteur  doit 
le  plus  qu'il  fe  peut  approcher  du  double  de  leur  largeur.  Ueft  necedai- 
re  que  l'Impofte  quin'eft  point  pris  dans  le  mafTif  du  mur  règne  entre 
les  Colonnes  ouPilaftres  quand  mefme  il  n'y  auroit  point  d'Arcades  ,  & 
qu'il  ferve  de  Corniche  de  Couronnement  aux  niches  ou  croifées  ,  ce  qui 
contribue  beaucoup  à  la  décoration  des  Façades,  &  que  Scamozzi  recom- 
mande fort. 

Pour  l'Impofte  pris  dans  le  MafTif  du  mur  ,  comme  il  eft  au  Val-dc- 
Grâce ,  c'eft  une  licence  des  Architedles  Modernes  qui  n'eft  pas  tout-à-fait 
approuvée  dans  la  feverité  des  règles  de  l'Art ,  parce  que  cette  manière  al- 
tère la  folidiré  du  Maflif  où  il  ne  doit  avoir  aucun  ornement  fouillé ,-  mais 
pluftoft  ralliant  comme  on  le  remarque  aux  Renommées  &  autres  Sculptu- 
res que  les  Anciens  ont  mifes  aux  Ti  m  pans  des  Arcades  des  Arcs  de 
Triomphe. 

L'Archivolte  ou  Bandeatr  d'Arc  fert  à  cacher  les  joints  des  claTcaux 
d'une  Arcade  lorfqu'on  n'en  veut  pas  faire  voir  l'appareil ,  .es  joints  eftant 
bien  remplis.  Il  conferve  ordinairement  le  mefne  profil  que  l'Aichitrave: 
ainfi  que  les  Chambranles  des  Portes.  Il  doit  avoir  un  peu  moins  de  Saillie 
que  l'Impofte.  Vignole  en  détermine  la  largeur  à  un  Module  qui  eft 
une  fort  belle  proportion  ,  parce  que  s'il  eftoit  plus  large  l'Arc  paroi- 
ftroit  trop  pefant  &  ne  feroit  pas  proportionné  aux  Alettes  &  aux  Colonnes; 


COMPOSITE. 


&  fi  au  contraire  il  efto.t  plus  étroit ,  il  ne  fembleroit  pas  qu'ij  puft  recou 
vnrIescrocettesdesChveauxc]ui  ferment  l'Arc.  II  y  a  nuelques  EdTikc' 
atuigues  ou  cette  partie  a  efté  obm.fe  comme  au  Théâtre  de  Marccllus  œ 
qui  fa.t  un  fi  méchant  effet  qu'il  femb'e  que  ce  foit  uneArcade  ruftmuc  dà>'s 
un  Ordre  délicat  tel  qu'eliriomquequien  eft  l'Ordre  lupeneur    Ilvè, 
a  d  autres  qui  ont  voulu  fe  (ervir  de  la  Coruiche  d'un  Ordre  pour  retourner 
en  Archivolte  ,  ce  qui  ne  fe  doit  mettre  en  œuvre  que  lotfque  la  Corniche 
dumelmeOrdrefertdlmpofteàl'^rc,  a.nliqu  ileft  àlaPorte  de  VHo. 
Itel-DieuruedelaBuchene,  &  au  Portail  des  Invalides.  Je  ne  parle  point 
icydcsdiverfes  manières  d'orner  ks  Arcades,  comme  des  Plaue-bandes 
avec  des  Feltons,  des  GuiUochis  &  autres  Ornemens  qui  fervent  d'Archi  vol 
tes  .  parce  qu'il  s'agit  icy  des  Ordres,  où  toutes  les  parties  doivent  avoir  re- 
bnonentr  elles  par  une  régularité  dont  on  cil  convenu,  afin  que  chaque 
Ordre  ait  toutes  les  dépendances  conformes  à  foncaradere  ■  de  forte  que 
voyant  le  Chambranle  d'une  Feneftre  ou  d'une  Porte  ,  l'ArchiVolte  &  l'Im 
pofte  d'une  Arcade,  on  puifle  dire  cette  Feneltre,  Porte  ou  Arcade  ett  Dori 
que  ou  Ionique,  &c.  Ce  que  Vitruvea  eu  intention  de  faire  connoiftre  lorf 
qu  il  nous  a  donné  des  Portes  Doriques ,  Ioniques  &  Attiaur^es      Qooy 
qu'il  en  fou,  ces  parties  doivent  eftre  ornées  félon  la  richellc  oiTla  fim^ci- 
te  de  l'Ordre  dont  elles  font  tirées.  * 

L'Irapofte  &  l'Archivolte  Compofites  que  je  donne  fiir  les  racfures  de 
Vignole,  peuvent  recevoir  des  Orncmens  fur  leurs  Moulures  comme  les 
Corinthiennes,  ce  qui  ne  fe  pratique  que  lorfque  les  Moulures  de  l'Entable 
nieru  font  ornées. 


S>5 


^SîSSmSmmmïîSfX 


(^6  DE    V  ORDRE 

-^mamtÊÊâÊÊÊÊÊÊÊÊmÊÊÊÊÊÊÊÊmÊÊmÊimÊÊmÊÊmÊÊmÊÊmÊÊ^mmÊÊÊÊÊiÊÊÊiÊÊÊÊiÊÉÊÊÊÊm 


r 


Chapiteaux  A?ttiques  &  Bafe,At  tique. 


L*On  trouve  parmy  les  Antiquitez  de  Rome 
une  divcrfîté  prefque  infinie  de  Chapiteaux 
qui  n'ont  point  de  noms  particuliers  ,  &  que  l'on 
peut  tontefois  comprendre  fous  le  nom  gênerai  de 
Chapiteaux  Comportes,  d'autantplus  qu'ils  fui  vent 
les  principales  mefures  de  ceux  qui  tirent  leur  origi- 
ne de  l'Ionique  &  du  Corinthien.  Dans  quel- 
ques-uns de  ces  Chapiteaux  il  y  a  des  Animaux  au 
lieu  de  Tigetesôc  de  Volutes,  &  dans  d'autres,  des 
Cornes  d'Abondance  ,  ou  d'autres  Ornemens  con- 
venables au  fujet  auquel  ils  eftoient  deftinez  j  ainli 
l'on  peut  voir  par  les  Aigles  qui  font  au  lieu  des 
Volutes,  &  par  les  telles  dejupiter  qui  font  à  la  pla- 
ce des  fleurs,  avec  des  Foudres  au  deflbus  dans  le 
premier  des  Chapiteaux  qui  font  deiîinez  en  cet 
endroit,  qu'il  eft  tiré  de  quelque  Temple  confacré 
à  Jupiter  :  de  mefuieTon  peut  dire  que  cet  autre  qui 
a  quatre  Grifons  au  lieu  de  Volutes,  &  quatre  Ai- 
gles au  milieu  qui  tiennent  chacun  un  Chien  dans 
leurs  ferres,  eiloit  employé  au  Temple  de  quelque 
autre  Divinité.  La  proportion  de  cqs  Chapiteaux 
efl:  la  mefme  que  celle  du  Corinthien ,  dont  il  eft  dif- 
férent par  ces  animaux  qui  y  ont  efté  adjoûtez. 

LEs  Egyptiens  ont  cfté  les  premiers  qiii  ont  grave  leurs  penfe'es  fur 
les  pierres,  &  cpii  faifaiit  parler  les  marbres  par  leurs  hierogliphcs 
oiitlaifle'àla  pofterité  les  principes  de  leur  Philofophie.  La  Sculpture 
alors  fans  dcllcin  fignifioir  beaucoup  de  chofes  qu'elle  ne  pourroit  pas 
exprimer  à  prcfenr  par  de  grands  Bas  reliefs  :  ainfi  cette  Nation  fça- 
vaiue  a  fait  connoiftre  qu'on  ne   devoit   jamais   épargner  ny    travail 


/■..36\ 


Lnafulc.in   ? 'un  Temple  de  lu  pi  ter    . 


n 


ciiAFiTEAr-a:  antiques  et  ba5E  attiqxje 


>i 


jg  DES    CHAPITEyiVX    j^NTlOVES 


ny  maticre  pour  rendre  e'ternelles  les  belles  conceptions  de  l'eCpric.     Oi 
comme  la  mémoire  des  grands  perfonnages  fubfiftepar  les  monumen»; , 
on  a  depuis  recherche  avec  foin  de  marquer  par  des  Ornemens  ,  pour  qui 
ces  bâtimens  avoienc  cité  conllruits  ;  &  on  ne  s'cft  pas  contenté  de  leurs 
images  ,  mais  les  Architectes  fc  font  étudiez  à  faire  paroilirre  dans  les 
moindres  parties  de  l'édifice  des  fimboles  quifuifcntlecaraftcre  de  leur 
dilVindion.     C'eft  par  les  reftes  de  la  Sculpture  antique  que  nous  jugeons 
de  la  confecration  des  Temples  &  des  Arcs  de  Triomphe,  &  après  les 
infcriptionsc'elt  le  plus  allure  moyen  d'avoir  une  entière  connoifiance  de 
l'Antiquité.     Chaque  Religion  &  chaque  Peuple  a  tâché  de  fe  diltinguer , 
tant  par  les  fimboles  des  Divinitez  qui  eftoicnt  l'objet  de  leur  culte  que 
par  leurs  armes  &  devifes.     Apres  que  les  Grecs  fe  font  fait  connolrre 
par  leurs  Ordres ,  Dorique  ,  Ionique  &  Corinthien  ,  &  que  les  Latins 
fe  (ont  diftinguez  des  Grecs  parleTofcan&  leCompofue,  ilsontaulli 
atfeclé  les  uns  &  les  autres  de  donner  aux  Ornemens  de  ces  Ordres  les 
attributs  de  leurs  Divinùez  ,  comme  on  le  peut  voir  par  ces  Chapiteaux 
&  cant  d'autres,  dont  il  fcroit  trop  long  de  faire  le  dénombrement  ;  & 
il  eft  arrivé  dans  la  fuite  que  les  Ordres  n'ont  retenu  leurs  noms  qu'à 
caufe  de  leurs  Proportions  :  auffi  Vitruve  prétend  que  nul  Ornement  ne 
peut  faire  changer  ces  Proportions ,  quand  il  dit  que  l'on  peut  mettre  fur 
la  ticre  de  la  Colonne  Corinthienne  des  Chapiteaux  de  toute  forte  ;  ainfi  les 
Pc<Tàfcs  ou  Chevaux  aîlez  qui  y  étoicnt  aux  Colonnes  du  Temple  de  Mars , 
comme  le  rapportent  Palladio  &  Labacco  ue  les  ont  point  fait  nommer 
l'Ordre  de  Mars,  mais  cette  Colonne  eft  réputée  Corinthienne.      Sur  ce 
principe  il  elt  difficile  de  fiire  quelque  Ordre  nouveau  qui  puille  retenir 
le  nom  de  la  Nation  qui  l'a  inventé  ou  du  Prince  pour  qui  il  a  efté  fait. 
Si  le  jugement  de  l'Architede  paroift  dans  la  difpofition  de  l'Edifice  ,  il 
ne  fe  reconnoift  pas  moins  dans  le  choix  des  Ornemens  ,  qui  doivent 
eltre  adaptez  fi  à  propos  qu'il  foit  toujours  preft  à  rendre  raifon  de  la 
fin  qu'il  s'eft  propofée  ,  en  les  faifant  de  telle  manière .    Et  fi  le  fujet  n'eft 
pas  capable  d'Ornemens  fignificatifs  ,  alors  il  fe  faut  contenter  des  Orne- 
mens propres  &  particuliers  à  chaque  Ordre.     Enfin  ,  quelques  ingé- 
nieux &  fin<Tuliersqu'ayente(lé  les  Ornemens,  il  les  a  fallu  toujours  reri- 
fermer  dans^les  proportions  antiques ,  defquelles  il  cil  difficile  de  s'éloi- 
gner fans  quicter  la  belle  manière. 


""■""""^^^^^^  iMnwj-i — T n — I x~r 


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B  A  s  E    A  T  T  I  G)  u  E 

CEtte  Bafe  que  Vitruve  appelle  Attique  au  Chapitre 
troifiéme  de  Ton  troifîéme  Livre  ,  paie  que  les  At  è 
mens  lont  inventée  &  s'en  font  fervis  les   premiers      fê 
met  en   œuvre  indifféremment  fous  les  ColSnnes  Corin- 
thiennes,  Compofites,  Ioniques  &  Doriques  ;  néanmoins 
elle  convient  mieux  à  l'Ordre  Compofite  qu'à  aucun  autre- 
ce  qui  n  empêche  pas  qu'on  ne  puiffe  la  tolérer  dans  l'Ordre 
Ionique  quand  on  n'y  employé  pas  celle  qui  luy  eft  propre. 
Pour  ce  qui  eft  des  autres  Ordres ,  j'eftime  qu'elle  ne  leur 
convient  en  aucune  manière  ,  &  il  ne  me  feroit  pas  difficile 
d  appuyer  mon  fentiment  par  beaucoup  de  bonnes  raifons, 
mais  je  ne  veux  pas  contredire  une  licence  fi  Pcnera'emen 
receuë  :  il  me  fuffit  de  faire  voir  avec  l'ordre  que  i'ay  tenu 
jufqu  a  prelent  qu'elle  eft  la  diviiîon  defes  parties  /dont  les 
grandeurs  proviennent  du  Module  divilé  en  dix  huit  minu 
tes,  comme  dans  les  Ordres  Ionique  &  Corinthien. 

QUoy  que  cette  Bafe  ne  foit  pas  fi  riche  de  Moulures  que  la  Corin 
thienne     elle  ne  lailTe  pas  d'eflre  la  plus  belle  de  I  ir  Sure     & 
on  voit  par  la  quantité  d'exemples  qui  s'en  trouvent  d.^s  rAnna  ,iV^ 
quelle  a  Icrvi  encore  plus  à  rOrdreCorinrlHen  qu'à  tous  1«  autre  •^fV 
le  eft  aux  Temples  de  Vefh,  delaPa.x,  d'Antonu   &  deFiumnV 
Fronnfpice  de  Néron  &  aux  Thermes  de  Dioclctien     outre  on t M     ?V  '"^ 

faim  Pierre  avec  une  proportion  admirable  :  elle  mZvTJ  -X     1 
au  dedans  du  Val-de.Grace.    Le  Profil  delà  Sco.ieeltd  un,ra,ra'^/eV 

coniervee  dans  les  ouvrages  qui  font  au  rez-de-chaunée  &  à  la  main     ce 
?a"o[;;'rd:" Per.irp/réf  "=  ^'"'''"''^  -^  ES-.rcslcs^P.If0- 


ÏOÔ 


DE    LA    -p  I  M  I  NVr  1  0  Kt 


Manière  de  diminuer  les  Colonnes, 

LA  diminution  des  Colonnes  fe  fait  en  plufîeurs 
manières  ,  parmy  lefquelles   je  décriray  les 
deux  qui  paflênt  pour  les  meilleures.   La  première 
&  la  plus  commune  fe  pratique  ainfi  j  après  avoir 
déterminé  la  hauteur  &  la  groflèur  de  la  Colonne 
avec  la  quantité  dont  on  veut  qu'elle  diminue  de- 
puis le  tiers  jufqu'au  haut,  on  décrit  un  demi-cercle 
A  A  fur  le  diamètre  de  la  Colonne  à  Tendroit  où  el- 
le commence  à  diminuer,-  &  Ton  divife  en  autant 
de  parties  que  Pon  veut  TArc  de  ce  demi-cercle 
compris  entre  l'extrémité  du  diamètre  delà  Colonne -^ 
&la  perpendiculaire  BB  ,  tirée  du  haut  du  Fuft  fur 
ce  diamètre  :  enfuite  Ton  divife  les  deux  tiers  de  la 
hauteur  de  la  Colonne  en  autant  de  parties  égales 
que  Ton  a  divife  cet  Arc  i  &  les  interfeaions  des 
perpendiculaires ,  tirées  par  les  points  de  divifion  de 
l'Arc ,  &  des  tranfverfales  qui  paffentpar  les  points  de 
dtvifion  de  la  hauteur  de  la  Colonne  donneront  autant 
de  points/'^r  lef quels  la  courbure  que  l'on  cherche  doit 
pajfer  ;  ainfi  qu'on  le  peut  voir  dans  la  figure  :  & 
cette  manière  peut  fervir  pour  les  Colonnes  Tofca- 
nes  &  dans  les  Doriques. 

Autre  manière  de  diminuer  les  Colonnes, 


l 


I'Ay  trouvé  de  moy  mefme  l'autre  manière  de  di- 
minuer les  Colonnes  ,  &  quoy  qu'elle  foit  moins 
connue  que  la  précédente  ,  ileft  pourtant  aifé  de  la 


pi'  39* 


^  ^  S    COIONNES, 


lOI 


N  ii; 


lOl 


D 


E    LA    D  I  M  I NVr I O  N 


comprendre  par  la  figure.     Les  mefures  de  la  Colon- 
ne eftant  déterminées  comme  il  a  efté  dit  cy-devant , 
tirez  au  tiers  de  la  hauteur  la  ligne   ED  indéfinie 
é-  perpendiculaire  à  l'axe  de  la  Colonne ,  laquelle  paf- 
feraparlepointD  j  prenez  la dirtance  DC  &lare- 
porcez  du  point  A  au  point  B  de  Taxe  de  la  Colon- 
ne i  tirez  la  ligne  A  B  &  la  continuez  jufqu'en  E  : 
de  ce  point  E  tirez  autant  de  lignes  qu'il  vous  plaira, 
qui  couperont  l'axe  de  la  Colonne  en  autant  de 
points  difterens  :  fur  chacune  de  ces  lignes  Mande- 
la de  l'axe  vers  la  circonférence,  portez  de  ce  coiié 
la  diftance  C  D  tant  au  deffus  qu'au  defTous  du 
tiers  de  la  Colonne  i  &  cette  diftance  vous  donnera 
autant  de  points  que  vous  voudrez /^r  lefquels  paf- 
fer  a  une  ligne  courbe  qui  fera  le  Renflement  &  U'Ui- 
minutiondela  Colonne  i  &  cette  manière  peut  fervir 
pour  les  Ordres  Ionique,  Corinthien  &  Compo- 
iite. 

TL  y  a  deux  chofes  à  remarquer  dans  laTigedelaCoIomie,  fçavoir  la 
i  Diminution  Scie  Renflement  :  la  Diminution  imite  le  tronc  des  arbres 
dont  apparemment  les  premières  Colonnes  elloient  faites  ;  &  le  Renfle- 
ment imite  le  corps  humain  ,  quieft  plus  large  \ers  le  milieu  que  vers 
les  extrcnntcz.  La  Diminution  le  fait  en  deux  manières  ,  ou  dés  le  pied 
comme  font  la  plufpart  des  Colonnes  antiques  de  granité  ,  ou  du  tiers 
en  haut  comme  le  font  généralement  toutes  les  Colonnes  de  marbre  & 
de  pierre.  Qiiant  à  celles  degranite  il  ne  s'en  trouve  gueres  qui  ayent  un 
contour  agréable;  parce  qu'on  les  cnvoyoït  des  carrières  d'Egypte  tou- 
tes taillées  fans  cxaclitude  ;  &  ce  qui  fait  voir  le  peu  de  foin  des  Ou 
riersquilestailloient,  c'eftrAftragale&  les  Ceintures  du  haut  &  du  bas, 
ainfi  que  les  Copgez  mal  profilez!  La  diminution  depuis  le  bas e(t  plus 
naturelle  ,  mais  moins  agréable  que  depuis  le  tiers.Pour  les  Architcdes 
Gothicues  ils  n'ont  point  obiervé  la  Diminution  &:  leurs  Colonnes  font 
cilmdricucs  ;  aulfi  elles  font  appellc'es  Piliers  à  la  didin^ion  des  Co- 
lonnes/ Or  cette  Diminution  cft  plus  ou  moins  fenlible  félon  la  grofleur 


DES    C  0  L  O  N-  N  r  s. 


ou  la  ddicatefTe  des  Colonnes,  lesTofcanncseftanc plusiederréesparle 

haut  que  les  Doriques,  Scainfi  des  autres.  ^rcuerrees  parie 

Pour  ce  oui  eft  du  Re.iîemenc  des  Colonises  les  Archiredes  font  fort 

An   que,  &  que  nous  nen  avons  cownoifFance  dans  Vicruve ,  que  lorf- 
qu  .1  dit,  qu  ,[  faut  ajouter  quelque  chofc  au  tiers  de  la  Colonne  ;  on 

f:.   n         ■'   ?V\  ^   a"'    "^'""'"^  ^"^  ^"^'^"^-     Henry  Wotrondans 

•L iv'iï'  '^  Architecture  traute  ce  Renflement  du  plus  abfurde  abus  de 

1  Architcdure  ;  routctois  l  alage  de  renfler  les  Colonnes  à  leur  t,er.  eft  (î 

pratique  parmy  les  Modernes  ,  qu'on  ne  vo>t  preH^ue  pouu  deColon- 

lTrJ'^  r""'  "'^^  P'^?'^!""^  on  a  cherché  plulieurs  man.cres 

pour  rendixce  Renhenu.-nt  agréable  ;  ma.s  il  faut  fur  tout  obferver  que 
mon,s  I  eftfenfible  &  plus  il  eft  beau,  commeonpeut  au  contraire  m- 
gcr  de  fon  mauvais  etfet  lorlqu'.l  eit  trop  rellenci  ainfi  qu'aux  Colon  , es 
Corinthiennes  du  Portail  de  Vl^:(,  des  Filles  de  Sainte  Mane  rué  fanu 
Antoine  Vignole  ei^rend  que  fur  les  points  donnez  pour  la  diminution 
&  e  renflement  de  la  Colonne  on  pofe  une  reale  mince  d'une  pièce 
s  11  le  peut  ou  a  deux  ou  trois  rcprifes ,  &  qui  fe  courbe  félon  lefdits  pomcs  , 
par  laquelle  on  trace  la  ligne  du  contour,  &  cette  opération  eft  pour  fai- 
re 1  Epure  (quieft:  le  delTeinau  trait  du  Profil  fur  un  mur  enduit  de  plâ- 
tre) de  tous  les  Archicedes  Anciens  3c  Modernes  Vignolc  elf  le  premier 
qui  au  donne  des  Règles  du  trait  de  Diminution  &  du  Renflement  des 
Colonnes  :  La  manière  eit  fort  facile  ,  S:  elle  eft  fort  receué  de  tous  les 
Archueéles  &  pratiquée  des  Ouvriers  de  la  grandeur  effedive  de  la  Co- 
,"  ?-rV''  F^lteftdeplulîeurspieces&partambours,  ilfautmar- 
quer  les aflifes fur  1  Epure,  afin  de  guider  les  Apare.lleurs  ;  Ma^slorfoue 
la  Colonne  elt  en  pied  ,  comme  il  eft  impoffible  que  la  Pofe  (oit  bien 
juftc,  il  eft  necedaire  de  la  r'agréer  ;  &  pour  cela  il  faut  prendra  une 
règle,  fur  laquelle  on  aura  t.iillé  le  contour  en  dedans  ,  &  la  pofer  de 
champ  contre  le  Fuft  de  la  Colonne  j  &  cette  recle  doit  eltre  d'une  ncce 
de  bois  fcc  &  également  flexibles  partout  ,  ou  de  plufieurs  bien  aflem- 
blecs. 


105 

7j 


»Mrwi«...ii   ..  iijT^^^i ^^ 


,04  ^  ^    ^  ^    D  I  M  I  NVr  I  0  N 


Defcription  de  la  première  Conclioidc 
des  Anciens. 

T  A  manière  que  Vignole  a  inventée  pour  la  diminu- 
'—^tion  des  Co  tonnes  Ioniques  ^Corinthiennes  ô"  Com 
pojîtes  ejtfort  ingenieufe  -,  mais  elle  ne  fait  que  marquer 
les  points  de  la  'Diminution  en  certains  endroits  Jur 
lefquels  il  faut  pofer  la  règle ,  fuivant  laquelle  il  faut 
décrire  mécaniquement  le  contour  du  Fuji  de  la  Colon- 
7ie.Qn  a  obligation  à  Monfieur  Blondel  de  nous  avoir 
fait  remarquer  que  f  injirument  dont  Nicomede  s'tfi 
fervipour  tracer  cette  ligne  ejioit  propre  à  décrire  tout 
d'un  coup  cette  ^Diminution,  Voicy  quelle  en  efi  la  con- 
jtruction  &  l'ufage, 

CET  luftrument  cfl:  compole  de  trois  règles  de  bois  oa  de  mctail  G  F , 
I  D ,  HA,  dont  les  deux  G  F   &  I  D  font   attache'es    enfemble  à 
angles  droits  en  quelque  point  de  la  règle  F  G  comme  icycn  D.  Dans 
le  milieu  de  la  règle  FG  on  entaille  fuivant  fa  longueur  un  canal  à  queue 
d'arondci  on  eu  fait  autant  le  long  de  la  règle  HA>  &  cette  cannelure 
s'étend  indéfiniment  vers  l'extrémité  H  ,  mais  elle  fc  termine  en  K,  en- 
forte  que  la  diftance  AK  foit  égale  à  la  diftance  CE.  Cetinftrument 
étant  ainfi  prépare',  la  grofleur  de  la  Colonne  &  le  point  E  étant  aulTi  déter- 
miné comme  Vignole  l'enfeigne  i  prenez  dans  la  règle  HA  la  ligne  AB, 
égalez  à  la  ligne  CD,  &  attachez  au  point  B  par  deiïbuSjUn  bouton  de  bois 
ou  de  métail ,  qui  coule  jufte  dans  le  Canal  de  la  règle  FG;  attachez  en 
un  autre  femblable  au  point  E  delaregle  ID,  quiremplifle  juftcment  la 
gtandcur  du  Canal  de  la  règle  H  A  :  fi  vous  difpofez  la  règle  F  G  le 
long  de  l'axe  de  la  Colonne;  enforte  que  le  point  B  réponde  a  l'endroit 
du  Renflement;  il  cfl:  évident  que  la  règle  AH  efl:ant  mué  fur  les  Pi- 
vots B,  E,  l'extrémité  A  décrira  la  ligne  courbe  dont  Vignole fe fert 
pour  la  Diminution  &  le  Renflement  des  Colonnes  Ioniques  >  Corinthien- 
nes &  Compofites.     Car  fuivant  la  conft:ruâ:ion  &  l'ufage  de  cette  machi- 
ne, le  point  E  eft  toujours  l'origine  d'une  infinité  de  lignes  dont  les  parties 
B  A  ,  comprifes  depuis  l'axe  de  la  Colonne  jufqu'au  contour  de  fou  Ren- 
flement, lont  égales  entr 'elles. 


ft,  -^o^ 


//.  4©. 


DES    COLONNES. 


"T 


Œ'aae  -tog. 


io<J  J^BS    COLONNES 


Manière  de  torfer  les  Colonnes, 

PO  u  R  décrire  le  contour  des  Colonnes  Torfes 
icmblables  à  celles  qui  font  dans  l'Eglife  de 
irant  Pierre  de  Rome,  il  faut  premièrement  en  fai- 
re le  Plan  comme  vous  le  voyez  dans  la  figure,  d^ns 
laquelle  le  petit  cercle  du  milieu  marque  de  com- 
bien l'on  veut  que  la  Colonne  foit  torfe,  divifèz  ce 
petit  cercle  en  huit  parties ,  &  de  chaque  point  de 
divifion  iiKQzàais  lignes  parallèles  à  Paxe  de  la  Co- 
lonne, que  vous  partagerez  au  Oi  en  48.  parties  égales 
par  autant  de  lignes  perpendiculaires  à  l'axe  par  les 
points  d'interfttlîon  :  de  ces  lignes  &  de  celles  qui 
pajfant  par  les  points  de  divifion  du  petit  cercle  ont 
ejle  tirées  parallèles  à  l*axe,  vous  formerez  la  fpirale 
du  milieu  qui  vous  fervira  de  centre  de  la  Colonne 
«Se  fur  laquelle  vous  rapporterez  \qs  groffeurs  corref- 
pondantes  à  chaque  ligne  tranfverjale^   comme  il 
efè  ailé  de  le  voir  dans  le  à^^ç:\n.     Il  faut  feulement 
remarquer  que  les  quatre  nombres  j  i.  2.  3.4.  qui 
font  marquez  fur  le  petit  cercle  du  deflein  ,   ne 
fervent  qu*à  décrire  la  première  moitié  de  circon-    } 
volution  en  montant  ,   parce  que  c'efl  du  centre   j 
qu'il  fiut  commencer  la  première  montée.     Il  faut 
iuivre  dans  tout  le  rede  la  circonférence  du  petit  cer- 
cle, hormis  à  la  dernière  moitié  de  circonvolution 
d^enhaut ,  où  il  faut  derechef  fe  fervir  àçis  quatre 
points  dont  on  s'efl  fervi  pour  la  première  demie 
circonvolution  d'embas. 


//.  il. 


TORSES. 


5oy 


\A.J)ta.ni£tre  d^la.Co^c^^ne 
B  ^etit  dvcLnietrè  îicUmt  {a. 
laraeur  mai~ûuc  de 
ccrmi/ten  la.  Cotimne. 
cott  estfc  txjrs&e.  . 
Ç-Ittqnc Spirale  interne 
para /le le  aux,  lianej 
Spiralles  du.  eantcntr 
ID .  ^ùce  ait  Catkete    de 
la  CûloriTLe  , 
~ij.Itiane.s  parallèles  a 
J^' acce  peur  tracer  de: 
puis  le  tiers jusqiL  'au. 
hautr  de  la.  Colonne 


>i  a:s^  I  EU  %  j:)T,  t  oit  si:ii  XK  s  coi.  o:n  :n^i!;  s  , 


O 


ioS  T)ES    COLONNES 


I'iDvciuion  delà  Colonne  torfe  cft  extrêmement  ancienne  ,  puisque 
~^\cs  premières  dont  on  ait  connoiflànce  eftoicnt  dans  Je  Temple  de 
Silomon  ,  dont  quelques-unes  Ibnt  aujourd'huy  dans  l'Eolife  de  faine 
Pierre  :  cIJcs  furent  apportées  de  Jerufaiem  par  Titus  ,  avec  les  autres 
de'poiiilles  de  ce  Temple  ,  &  furent  mifcs  dans  celuy  de  la  Paix  ,  qui 
ayant  cfté  ruiné  ,.  elles  furent  reportées  dans  la  BafilK|^ue  defaint  Pierre 
oiiilyenade  torfes  de  différentes  manières  ;  on  ne  Içait  pas  fl  touts 
celles  qui  font  de  marbre  viennent  du  Temple  de  Salômon,  toutefois 
on  efl:  affeuré  d'une  qui  efl  dans  une  petite  Chapelle  de  Xoitre  Dame  des 
Infeiifez  ,  à  code  de  celle  du  Crucifix,  &  pour  laquelle  on  a  une  grande 
vénération  ;  il  y  en  a  aulTi  deux  autres  dans  la  Chapelle  du  faint  Sacre- 
ment à  l'Autel  de  faint  iMaurice ,  &  huit  aux  quatre  Balcons  des  pilliers  du 
Dôme  :  mais  les  plus  belles  &  les  mieux  proportionnées  font  les  quatre 
de  bronze  du  grand  Autel  de  la  même  Eglife.  Il  yen  a  une  à  Paris  dans 
la  Chapelle  d'Orléans  aux  Celeftins  ,  qui  porte  dans  une  urne  le  cœur  de 
François  II.  elle  e(t  de  Pilon  fameux  Sculpteur  -,  enfin  il  y  en  a  fix 
au  grand  Autel  du  Val-de-Grace  qui  comblent  la  richelfe  de  ce  fuperbc 
Temple.  On  donne  ordinairement  à  cette  Colonne  les  Ornemens  de 
l'Ordre  Compofite  ,  ainfiquele  Pié-d'eftal,  comme  le  plus  riche  ,  & 
l'on  Cl)  peut  encore  augmenter  la  richclle  fi  l'on  mec  dans  fes  Tables  des 
Ornemens  convenables  au  fujec  ,  ainfi  que  doivent  eftre  ceux  de  la  Co- 
lonne. Ces  Colonnes  ne  font  pas  propres  dans  la  compolîcion  d'un  bafti- 
ment  ;  parce  qu'elles  ne  peuvent  porter  que  leur  entablement,  ayant  plus 
de  richelfe  que  de  folidité  ;  mais  l'on  en  ufe  avec  une  licence  à  celles  que 
Ton  prend  pour  le  Chapiteau  Corinthien  qui  ne  paroift  point  avoir  de 
foy  aucune  force  ,  eftanc  fait  d'un  panier  orné  de  feuilles.  Ces  fortes 
Je  Colonnes  font  plus  magnifiques  qu'un  Obelifque  dans  une  place  pour 
porter  quelque  ftatuë  ou  quelque  vafe.  Vignole  cft  le  premier  qui  aie 
donné  des  règles  pour  tracer  cette efpece  de  Colonne  ,  &  lorsqu'il  parle 
de  cel|es  de  faint  Pierre  ,  ce  font  les  petites  des  Balcons  des  quatre  Piliers 
du  Dôme.  Or  afin  de  faire  voir  la  manière  dont  il  les  faut  ombrer  , 
je  donne  une  Colonne  avec  fes  ombres  oc  fans  Ornemens  pour  faire  con- 
noiltre  l'effet  de  fon  contour,-  &  pour  plus  grand  éclairciflemenc  il  faut 
remarquerquefil'on  veut  faire  ces  Colonnes  plus  ou  moins  torfes,  il  faut 
augmenter  ou  diminuer  le  petit  cercle  marqué  B;  parce  que  les  circon- 
volutions de  la  Spirale  interne  ou  Axe  Spiral  s'éloignent  plus  ou  moins  de 
la  Cathete  de  la  Colonne ,  &  par  confcquent  des  Spirales  du  contour,  parce 
qu'elles  font  parallèles  à  la  Spirale  interne  ,  en  forte  que  le  renflement 
que  fait  chaque  circonvolution  clt  égal  au  Diamettre  du  petit  Cercle  B. 
Les  deux  lignes  parallèles  EE.  font  diltantes  de  l'Axe  de  la  Colonne  de  la 
largeur  du  Diamettre  du  petit  Cercle,  &  marquent  que  le  contour  de 
l'Axe  fpiral  ne  les  doit  pas  excéder  j  comme  les  deux  autres  Parallèles 
FF.  font  voir  que  l'Axe  fpiral  doit  rentrer  en  dedans  pour  en  donner  la 


TORSES. 


diminution  ;  mais  cela  paroift  mieux  quand  l'opération  eft  faite  en 
plus  grand  -,  &  pour  peu  gue  l'Edifice  foie  confidcrabJc  ,  il  eft  abfo- 
lument  neceflaire  de  faire  un  modèle  grand  comme  l'ouvraoe,  particu 
hcrement  lorsque  ces  Colonnes  font  de  plufieurs  blocs  de  marbre  pour 
conduire  les  appareilleurs.  Vignole  remarque  encore  que  les  vifics  de 
deux  Colonnes  en  fimmecrie  doivent  toujours  eftre  torfes  ,  au  coiuiairc 
l'une  de  l'autre  ,  comme  il  a  toujours  efte  pratique  ,  afin  que  les  orne 
mens  fe rencontrent  de  fimmetrie  }  car  rarement  on  fait  ces  Colonnes 
fans  les  enrichir  de  quelque  ornement ,  qui  eft  toujours  plus  fort  dans  le 
creux  du  contour  de  la  ville  que  fur  ce  qui  eft  renflé  ,  &  elles  font  canne- 
lées julques  au  tiers.  Il  fe  trouve  auifi  de  Colonnes  Antiques  de  mar- 
bre &  de  porphire  qui  font  canncUées  depuis  le  bas  jufques  en  haut  & 
iiont  d'autre  ornement  que  la  richefTe  de  leur  matière  &  la  patience 
de  leur  travail.  * 


lo 


iio  DESCOLOJVN'ES 


a:r:^emKjiji*<miiu»jm^mmimm»9  *iMv 


Des  Colonnes  torfes  ornées. 

^'Ay  cm  qu'il  efloit  a  propos ,  pour  faire  connoître 
J  que  cette  Colonne  reïtjjit  avec  des  ornemens  tr es-ri- 
che s  y  d'en  donner  deux  des  plus  beaux  exemples. 

LE  Pape  Urbain  VIII.  ayant  fait  enlever  la  bronze  du  Porche  ic  la 
Rorondc,  en  fi:  faire  des  Canons  pour  leChuitcau  S.  Ange  &  des  Co- 
lonnes pour  le  Baldaquin  de  S.  Pierre.  Le  Cavalier  Bernin  en  fut 
rArchitcdc  :  ladifpofîtion  de  cet  Autel  eft  de  quatre  Colonnes  qui  portent 
un  Dais,  elles  ont  plus  de  quatre  pieds  de  diamètre,  elles  font  torres& 
cannelées  jufqu'au  tiers,  le  relie  eft  enrichi  de  pampres  de  vigne  &  de 
r.'uUla(Tes ,  avec  des  enfansdela  main  de  François  du  Quefnoy  ,  dit  le 
Flamand.  Le  Chapiteau  &  l'Entablement  font  Compolitcs,  &  il  n'y  a 
que  la  Corniche  qui  paiVe  d'une  Colonne  à  l'autre  ;  car  à  la  place  de 
l'Architrave  &  de  la  Frife  il  y  a  une  campane  attache'e  fous  la  Corni- 
che. La  porportion  de  cet  Entablement  eft  entre  le  quart  &  le  cinquie'me 
de  la  Colonne  ,  &  le  piedeftal  qui  eft  de  marbre,  a  de  hauteur  prés  dn  tiers 
de  la  Colonne.  Enfin  toute  cette  machine  depuis  le  pavement  de  l'Eglife 
jufqaes  au  fommet  de  la  Croix  qui  eft  au  delTus  des  amortiflemens  en 
confoles  à  plus  de  feize  toifes. 

Pour  combler  la  magnificence  de  rEgUfedu  Val-de-Gracequela  Reine 
Aime  d'Autriche  a  fait  bacir,  on  a  élève  au  tour  du  principal  Autel  fix 
Colonnes  de  marbre  pareilles  à  celles  de  faint  Pierre.  Ces  Colonnes  font 
plus  tories  que  celles  de  Vignole  &  cannelées  jufques  au  tiers  ,  le  Piede- 
ftileneft  Corinthien  haut  environ  du  tiers  de  la  Colonne  ;  la  Bafe  eft 
attique&  ce  Chapiteau  compolîre  :  elles  ont  un  peu  plus  de  deux  pieds  de 
diamecre  ,  &  font  ornées  de  fciiillages  de  Laurier  ,  de  Palmier  &  de 
Grenadier.  L'Architrave  eft  Compofite  ,  &  la  Corniche  Corinthienne 
avec  des  modilloiis:  tout  l'Entablement  eft  le  cinquième  de  la  Colonne; 
elles  font  fur  un  Plan  circulaire  ,  &  chaque  Colonne  porte  fon  Enta- 
blement qui  fe  communique  par  un  gros  faideau  de  branches  Je 
Palmier.  Cet  excellent  ouvrage  eft  digne  de  la  pieré  d'une  fi  grande 
Reine  &  de  la  capacité  des'  Sieurs  le  Duc  Architecte  &  Enguicre 
Sculpteur. 


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fl.  4î. 


TORSES, 


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^v  uoMi;  . 


paJc    :iii 


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5^ 


Entablement  de  Cotironnement, 

CEt  Entablement  reùflît  fort  bien  eftant  mis  en 
œuvre  ,  ainfi  que  je  l'ay  éprouvé  l'ayant  em- 
ployé plu  fleurs  fois  pour  fervir  de  couronnement  à 
les  façades.  Quoy  qu'il  foit  de  mon  invention  j'ay 
crû  qu'il  elloit  bon  de  le  mettre  à  la  fin  de  cet  Ou- 
vrage pour  la  fatisfaâ:ion  de  ceux  qui  voudront  s'en 
fervir  :  la  proportion  qu'il  a  avec  le  refte  de  la  faça- 
de, eft  telle  que  toute  la  hauteur  eftant  diviiee  en 
II.  parties,  l'Entablement  en  contient  une  &  le  refte 
de  la  façade  les  dix  autres  :  fes  mefures  particulières 
fe  voycnt  aifémcnt  dans  le  delTein. 

QUoy  cju'il  y  ait  des  Baftimens  qui  portent  pour  couronnement  des 
Corniches  ou  Entablemens  de  quelque  Ordre  dont  ils  retiennent 
le  nom  (comme  j'ay  dit  dans  la  Préface  ^  ileft  toutefois  plus  àpiôpos, 
(î  lonadeflèin  d'inventer  quelque  Corniche  particulière,  de  l'employer 
en  cette  occafion  ,  &  c'eft  en  ce  genre  d'ouvrage  où  le  génie  de  l'Ar- 
chitede  paroît  beaucoup  ,  parce  qu'on  en  peut  inventer  une  infinité  , 
comme  il  s'en  voit  à  la  plupart  des  Palais  à  Rome  &  ailleurs.  Mais  i! 
faut  que  cet  Entablement  ou  Corniche  ait  la  même  proportion  avec  la 
mafl'e  de  l'édifice  ,  que  s'il  y  avoir  un  Ordre  au  dellous  qui  embralTàft 
au  moins  deux  étages  ,  outre  ccluy  du  rez-de-chauflee  ;  car  c'eft  un 
abus  qui  s'eft  introduit  de  nos  jours  que  la  Corniche  qui  environne  le 
bâtiment  ait  moins  de  faillie  que  celle  qui  efb  au  dcflou> ,  commeilaeRé 
pratiqué  en  plufieurs  édifices  ;  ce  qui  ne  fe  peut  foufFrir  que  lorfqu'il 
y  a  un  Ordre  qui  règne  «Se  qu'on  élevé  au  dellus  un  atcique  pour  mar 
qucr  les  Pavillons  du  milieu  ou  des  Angles  comme  aux  a'iles  du  Château 
de  Vcrfailles.  L'Entablement  que  donne  icy  Vignolc  ,  eft  d'une  fort 
b.'llc  compofition  ,  il  elt  mêlé  du  Corii.thicn  &  du  Dorique  ,  aulïi 
avoue- t-il  qu'il  s'en  eft  fervy  en  plufieuts  occafions  fort  avanragcufe 
ircnt  ;  la  largeur  du  triglypheen  confolequi  n'a  que  deux  gravcurcs, 
elt  égale  à  celle  du  iMoùillon.  L'Architrave  c(t  un  impoftc  Dorique  , 
ayant  dix-huit  parties  de  hauteur,  qui  eft  le  module  dont  les  minutes 
divilent  les  autres  parties. 


W-^rji^ri:v'r^i^Xy^^r^~^;:>^^y<^~rBr^ 


f'    45' 


;,/.  4|i  15  £    C  0  V  É  0  N  N  £  M  E  NT.        iij 


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DES    PORTES 


Des  Portes  en  gênerai. 

TZlGNOLE  a  donné  des  deffeins  de  Tort  es  fans  les 
1^  expliquer  :  c'eft  ce  qui  m'a  obligé  d'en  traiter  en 
gênerai  &  défaire  la  defcription  de  chacune  de  ces 

Portes  en  particulier. 

VItruve  établit  de  trois  fortes  de  Portes,  fçavoir  la 
Dorique,  l'Ionique,  &  l'Attique  ou  Attiurge  ,  mais 
fon  texte  eft  fi  obfcur,  qu'il  femble  avoir  efté  corrompu, 
à  caufe  du  peu  de  rapport  qu'ont  les  proportions  &  les  orne- 
mensqu'illeur  donne,  avec  ce  qui  nous  en  refte  de  l'Antiqui- 
té :  Cequ'ildit  de  plu  s  à  propos  fur  ce  fuj  et,  eft  qu'il  faut  fai- 
re des  Portes  propres  à  chaque  Ordre,  qui  parunecompo- 
fition  particulière  puifTent  faire  reconnoître  qu'elles  appar- 
tiennent au  Dorique  ou  au  Corinthien  ,  &  ainfi  des  autres, 
quand  mefme  elles  ne  feroient  pas  renfermées  dans  une  or- 
donnance de  Colonnes  ou  de  Pilaftres.  Scamozzi  eft  celuy 
qui  a  traité  le  plus  amplement  des  Portes.     Pour  ce  qui  eft  du 
retrcciffement  des  Portes  par  le  haut ,  dont  parle  Vitruve , 
&  dont  nous  n'avons  d'autre  exemple  antique  que  celuy  du 
Temple  de  la  Sibylle  à  Tivoli  ;  il  eft  difficile  de  fça voir  pour 
quelle  raifon  les  Anciens  ont  pratiqué  cette  difformité; 
la   plus  vray-femblable  paroît  avoir  efté  pour  faciliter  les 
Ventaux  de  la  Porte  mobile  à  fe  fermer  d'eux- mefmes. 
Julien  Sangallo  en  a  fait  deux  de  cette  forte  fous  le  Portique 
Dorique  du  Palais  Farnefc,  &  l'on  tient  que  celles  qui  fé 
voyent  dans  le  Palais  de  la  Chancellerie  font  de  Vignole  : 
enfin  fi  cette  manière  de  Porte  eftoit  fupportable  ,  ce  feroit 
plùtoft  dans  le  mur  en  talus  d'une  Citadelle  ,  qu'à  la  façade 
d'un  bâtiment  d'Architedure  civile  ,  parce  que  les  Piédroits 
font  difpofez  à  arbouter  contre  la  Platte-bande. 

Les  Anciens,  comme  nous,  avoient  des  Portes  de  dif- 
férentes grandeurs  pour  des  lieux  fervans  à  divers  ufages: 
celles  des  Temples ,  &  des  Bafiliques  eftoient  quarrées  ou  à 


r  ;V    GENE  R  AL}  ,,j 


Pktte-bande  ;  pour  les  Portes  publiques,  comme  les  Arcs  de 
Triomphe,  celles  des  Théâtres ,  Amphithéâtres  &  Portiques 
qui  nefermoient  pas,  elles  efloient  formées  en  plein  cintre. 
Ainfi  fans  s'arrefter  aux  préceptes  des  Anciens  fur  les  Portes, 
puis  que  la  diftribution  de  nos  Plans  &  la  décoration  des  h- 
çades  de  nos  Edifices  eft  bien  différente  de  leur  Architedu- 
re ,  il  eft  neceflaire  de  fçavoir  qu'il  y  a  de  trois  fortes  de 
Portes  qui  font  les  Grandes,  les  Moyennes,  &  les  Petites  : 
entre  les  grandes  on  compte  les  Arcs  de  Triomphe,  comme 
à  Rome  ,  ceux  de  Titus  ,  de  Septime  Severe  ,  &  de  Con- 
ftantin  ;  &  à  Paris  ceux  du  Fauxbourg  faint  Antoine,  &  de 
la  rue  faint  Denis  ;  outre  plufieurs  autres  Arcs  qu'on  voit  tant 
en  Italie  qu'en  France.    Après  fontles  Portes  de  Villes  qui  Te 
ferment  comme  celles  de  faint  Bsrnard  ,  de  faint  Martin  & 
autres  :  enfuite  les  Portes  des  Eglifes,  celles  des  Palais,  Ho- 
ftels  &  Maifons  confiderables ,  &  après  celles  qu'on  nom- 
me Cocheres  :  Enfuite  il  y  a  des  Portes  de  Cloftures,  com- 
me celles  des  Monaftercs ,  Cours  &  Parcs  qui  peuvent  eftre 
décorées  fort  à  propos  d'un  Ordre  Ruftique ,  ou  de  BofTages. 
Il  eft  neceffaire  qu'elles  foient  couronnées  d'un  Fronton  pour 
y  placer  les  armes  du  Maiftre ,  &  que  ce  Fronton  foit  orn  é  de 
fa  Corniche  en  dedans  comme  en  dehors.     La  Platte-bande  de 
ces  fortes  de  Portes  doit  eftre  plûtoft  courbée  par  deflbus  que 
droite,  elles  doivent  au  plus  avoir  de  hauteur  une  fois  & 
trois  quarts  de  leur  largeur.     Il  eft  neceffaire  que  ces  Portes 
foient  foûtenuës  de  Piliers-boutans  derrière  leur  ouverture , 
qui  ayent  autant  de  faillie  depuis  la  feuillure  jufques  à  leur 
face,  que  la  largeur  d'un  des  Ventaux  ,  pour  les  ranger  dans 
l'einbrafure  qui  doit  eftre  hors  d'équerre  au  moins  de  l'é- 
paiffeur  des  Battans.    Les  cotez  du  dehors  des  piliers-boutans 
doivent  eftre^  d'alignement  avec  le  corps  qui  porte  le  Fron- 
ton,  pouréviterunretourdanslaCornichedecôté.     Toutes 
les  Portes  oii  paffent  des  Charrois ,  doivent  avoir  neuf  pieds 
de  largeur  au  moins.     Entre  les  Portes  moyennes  il  y  a  les 
Bourgeoifes  ou  Bâtardes  qui  ne  doivent  avoir  plus  de  (ix 
pieds  de  largeur,  ny  eftre  moindres  de  quatre,  pour  eftre  d'u 


niS  DES    PORTES 


ne  belle  proportion  ;  car  je  ne  parle  pas  ici  de  cqs  petites 
Portes  de  deux  pieds  &  demi,  ou  trois  pieds,  quoy  qu'elles 
fervent  d'Entrée  principale  aux  Maifons  des  Particuliers. 

Pour  parler  des  grandes  Portes  ,  tant  quarrécs  que  cin- 
trées ,  il  eft  confiant  que  leur  plus  belle  proportion  cft  d'à- 
voir  en  hauteur  le  double  de  kur  largeur  dans  l'ordre  Ioni- 
que; ainll  un  peu  moins  pour  les  Ordres  maffifs,  &  un  peu  plus 
pour  les  Ordres  délicats  :  &  quand  merme  il  n'y  auroit  point 
d'Ordre  à  la  façade  d'un  bâtiment ,  la  Porte  doit  n  t-înir  la 
proportion  de  la  fimplicité  ou  de  la  richefle  de  tout  l'édifice. 
Outre  les  Portes  rondes  &  quarrées ,  il  y  en  a  d'autres  qui 
approchent  de  ces  figures ,  comme  celles  dont  le  cintre  eft 
en  anfe  de  panier,  &:lurbaifré;  &  enfin  d'autresqui  font  bom- 
bées ou  un  peu  cintrées  dans  leur  Plattebande,  &dontletrdir 
le  plus  parfait  eft  la  portion  de  cercle  qui  fe  fait  fur  la  Bafe 
d'un  Triangle  équilateral ,  dont  le  fommet  eft  le  centre. 
Pour  les  Portes  à  Pans  ,  &  celles  dont  le  Linteau  a  trois 
parties,  comme  celle  de  l'Hoftel  de  Condé  ,  elles  font  répu- 
tées imparfaites. 

Or  comme  la  principale  Porte  d'un  Edifice  eft  la  partie  la 
plus  remarquable  dans  la  Façade;  on  peut,  lors  que  le  lieu  le 
permet,  en  faifant  faillir  quelque  Architedure  au  dehors,  di- 
ftinguer  la  Porte  d'une  maifon  confiderable  d'avec  celle  d'un 
particulier.  Si  la  rue  eft  large,  elle  peut  eftre  ornée  de  Co- 
lonnes, comme  celle  de  l'Hoftel  de  Puffort ,  ou  fi  la  rue  eft 
étroite,  prendre  la  Porte  dans  un  renfoncement  au  mur  de 
face  ,  comme  feu  Monfieur  Manfardl'a  pratiqué  à  l'Hoftel 
d'Aumont  rue  de  Joiiy  :  &r  lors  que  le  ménage  de  la  Place 
ne  permet  pas  de  faire  ce  renfoncement ,  il  fe  faut  conten- 
ter de  quelques  Pilaftres  ou  Avant-corps  de  peu  de  faillie, 
ce  qui  eft  beaucoup  mieux  que  de  la  décorer  par  des  Co- 
lonnes ovales  ifolces ,  Se  qui  font  nichées  dans  le  maffif  du 
mur,  comme  celles  de  l'Èglife  de  fainte  Catherine  du  Val 
desEcoliers,  rue  de  la  Couture. 

Quant  aux  grandes  Portes  qui  font  couronnées  d'un  Bal- 

■  iiaiiii  liBan      I  II     ■  ■■       -  -■■■-...     .>...-         ■  ■-     —.■..,.    .    , 


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ne  bell 
Portes 
fervent 
Poui 
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voir  en 
que;  ai 
pour  le 
d'Ordr 
propor 
Outre 
approcl 
en  anfe 
bées  01 
le  plus 
d'un  1 
Pour  1 
parties 
téesim; 
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plus  re: 
permet 
ftingue 
particu 
lonnes. 
étroite 
face ,  « 
d'Aum 
ne  per: 
itr  de 
ce  qui 
lonnes 
mur,  < 
desEcc 
Qua 


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con,  ildoit  y  avoir  un  Avant-corps  au  delà  du  Chambranle, 
qui  foutienne  la  naifl"ance  de  la  faillie  du  Balcon  quand 
mefme  il  porteroicfurdesConfolesouEncorbellcm-ns  qu'il 
faut  éviter  d'attacher  à  crû  au  mur  de  face,  parce  que  la 
faJ  le  aoit  fembier  porter  de  fond  ,  quoy  quele  Balcon  por- 
te a  faux.  i     J   -1  f^- 

Il  y  a  encore  d'autres  grandes  Portes  qui  ne  font  compo- 
sées que  de  deux  Rédroits  ou  jambages  pour  en  porter  la  fer- 
meture,  avec  un  Linteau  de  fer  pour  en  recevoir  le  batte- 
ment :  ces  Portes  que  quelques-uns  nomment  Flamandes, 
comme  ceUedu Cours  de  la  Reine,  celle  del'HofieldeCon- 
cy,celle  du  Chenil  à  Verfaillcs,  &c.  conviennent  aux  maifons 
de  Campagne  &  aux  Jardins ,  &  peuvent  élire  ornées  de 
quelque  Ordre  Ruftique,  dont  l'Entablement  couronne  cha- 
que jambage,  avec  quelques  figures  ou  vafes  au  deffus  •  &: 
lors  que  le  mur  de  Clofture  eft  fort  bas  ou  feulement  fermé 
d  une  grille  ,  on  peut  mettre  avec  afîez  de  grâce  un  Amor- 
tillement  a  chaque  côté. 

A  ce  fujet  il  eft  à  propos  déparier  des  Portes  &  cloftures 
de  fer  qui  ferment  un  lieu  fans  ofterlaveuë  du  dedans,  dont 
les  barres  de  fer  ont  differens  noms,  félon  leurs eroffeurs  qui 
femefurenr  par  lignes  :  le  Chaffis  qui  enferme  le  battant  d'une 
Porte  eft  compofé  d'une  traverfe  en  haut  &  d'une  en  bas, 
d  un  barreau  montant  de  coftiere  &  d'un  barreau  montant  de 
battement,  qm  font  ordinairement  de  fer  quarré  bâtard,  de- 
puis quatorze  jufqu'à  vingt-quatre  lignes  de  pros,  &  ks  au- 
tres barreaux  font  de  ferquarrécommun  d'un  pouce,  ou  de 
Carillon  de  neuf  à  dix  lignes,  qu'il  faut  ferrer  plus  ou  moins 
lelon  lesOrnemensquienrichiffent  lesefpaces  comm^l^s  An- 
fes  depanier,  les  Confoles  adoffées  avec  graines,  dards&fîa- 
mes,  les  Entrelats  &Pof}es  de  diverfes  manières  &  encore  une 
mhnite  d  autres  qui  fefont,  avec  de  la  tôle  relevée,  corn- 
me  fleurs  ,  fruits  &  feuillages.     On  fait  les  Enroulemens  des 
paneaux  avec  du  fer  en  lame  de  trois  lignes  d'épaiffeur,  lur 
la  largeur  du  Chaffis  du  paneau  ou  du  barreau  ;  les  Ventaux 


ii8 


DES    PORTES 


S 


mettent  dans  le  Chaflîs  dormant ,  compofédefesdeuxmon- 
tans  de  coftiere  &  de  Ton  fommier  ou  barre  d'Entablement, 
&  s'arreftent  fur  le  Battement  de  fer  plat.  Les  Portes  confide- 
râbles  font  ordinairement  terminées  par  un  couronnement 
pour  mettre  les  Armes  ou  Chiffres  du  Maiftre  de  la  maifon. 
Enfin  ces  fortes  d'Ouvrages  peuvent  recevoir  des  Ornemens 
magnifiques  qu'il  feroit  trop  long  d'expliquer,  &  qu'on  peut 
voir  au  Château  de  Verfailles  qui  renferme  tout  ce  qui  fe  peut 
de  plus  rare  fur  cette  forte  de  travail. 

Les  Moyennes  Portes  confervent  les  mefmes  proportions 
que  les  Grandes  ;  on  met  au  nombre  de  ces  moyennes  celles 
des  grands  appartemens ,  celles  des  principaux  Efcaliers  &  des 
Veftibules,  celles  qui  accompagnent  la  grande  Porte  d'une 
Eglife,  &  une  infinité  d'autres,  qui  font  proportionnées  à  la 
grandeur  du  bâtiment ,  &  à  l'ufage  du  lieu  auquel  elles  fer- 
vent. Quant  aux  petites  Portes,  comme  celles  desgardero- 
bes,  petits  cabinets ,  efcaliers  de  dégagement,  &  toutes  cel- 
les d'appartemens  des  moindres  maifons  ;  elles  doivent  avoir 
fept  pieds  de  hauteur  fur  deux  à  trois  pieds  de  largeur  pour  y 
pafler  plus  commodément. 

Voila  ce  qui  regarde  les  proportions  générales,  qui  ne  font 
pas  déterminées  fi  précifement ,  qu'on  n'en  puifTe  fortir  fé- 
lon l'occafion  ôc  le  befoin. 

La  Situation  des  Portes  dans  un  Bâtiment  n'efl:  pas  de 
moindre  confequence  que  leur  Proportion.  Dans  la  façade 
la  principale  Porte  de  l'édifice  doit  toujours  eftre  au  miUeu, 
puis  qu'elle  reprefente  ,  comme  dit  Scamozzi ,  la  bouche 
qui  cft  au  milieu  de  la  face;  mais  lors  qu'il  arrive  que  la  diftri- 
bution  de  la  place  nepermetpasdeluy  donner  cette  fituation  , 
il  eft  à  propos  d'en  feindre  une  pareille  à  côté  ,  d'égale  di 
fiance  du  milieu  du  mur  de  face.  Il  faut  éviter  de  faire  de 
ces  Portes  cocheres  bafles  qui  n'ont  gueres  plus  de  hauteur 
que  de  largeur  ,  mais  plûtoft  faire  une  Arcade  de  belle  pro- 
portion ,  &  y  pratiquer  une  Entre-foie  ,  dont  le  Bâtiment 
ne  reçoit  pas  peu  de  commodité  &  la  face  ou  Croifée  de 


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2  N    GENERAL: 


cette  Entre-foie  eft  de  beaucoup  mieux  revêtue  de  Menuife- 
rie  avec  des  Compartimens  qui  ont  rapport  à  ceux  des  Ven- 
taux  de  la  Porte  ,  que  non  pas  de  MaiTonnerie  ,  qui  piroift 
toujours  pefante ,  particulièrement  lorfqu'elle  eft  mal  defli- 
née  comme  celle  de  l'Hoftel  de  Vie  rue  faint Martin.  Ces 
Portes  ne  peuvent  avoir  moins  de  huit  pieds  de  large  dans 
unegranderuë  :  Il  faut  aulï  prendre  garde  de  mettre  les  Por- 
tes principales  trop  prés  des  encoignures  de  l'édifice  ,  parce 
que  cela  eft  contraire  à  la  foîidité;  pour  les  Portes  de  de- 
dans, elles  fe  doivent  rencontrer  de  fuite  dans  les  pièces  de 
l'appartement,  &  avoir  une  feneftre  au  bout,  lorfque  le  Bâ- 
timent retourne  d'équerre.  Cette  grandeur  de  Porte  doit 
eftre  proportionnée  aux  pièces,  &  n'avoir  gueres  plus  de 
quatre  pieds  de  large  dans  des  appartemens  confiderables; 
celles  du  grand  Appartement  du  Chafteau  de  Verfailles  ont 
cinq  pieds  fur  dix,  &  reùffiflent  fort  bien  ;  comme  au  con- 
traire celles  du  Palais  Farnefe  à  Rome  qui  n'ont  que  trois 
pieds  &  demy  fur  fept.     Ces  petites  Portes  eftoient autrefois 
fi  fort  à  la  mode,  que  dans  la  plufpart  des  réparations  des 
vieux  Hoftels  &  Chafteaux,  on  commence  par  aggrandir  les 
Portes,  ce  qu'il  a  efté  neceffàire  de  faire  àceluydesThuille- 
ries,  où  elles  n'avoient  que  fix  pieds  de  haut.     Les  Portes 
doivent  eftre  rangées  en  enfilade  à  diftance  égale  du  dedans 
du  mur  de  face  :  &  fur  tout  il  faut  obferver  queleDofferet 
ou  piédroit  attenant  le  mur  de  face,  ait  depuis  le  Tableau  de 
la  Porte  jufqu'au  nud  du  dedans  du  mur  deux  fois  la  largeur 
duChambranle,  pour  peu  que  les  pièces  foient  grandes;  afin 
que  le  milieu  de  Tenfilade  fe  trouve  direftement  vis-à-vis 
le  Mefneau  de  la  Croifée  du  bout,  dont  le  Tableau  doit 
eftre  éloigné  de  l'encoignure  plus  que  la  largeur  de  la  croifée 
du  bout.     Les  Portes  dans  les  étages  les  uns  fur  les  autres  doi- 
vent répondre  à  plomb,  afinque le vuide porte  furlevuide; 
&  aux  grandes  Portes  pour  décharger  la  Platte-bande  d'un 
mur  épais,  on  peut  faire  en  Arriere-vouffure  le  deffousde 
la  Platte-bande  depuis  la  feuillure.    Les  Portes  des  pièces 


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i2è  DES    PORTES 


principales,  comme  des  Veftibuks  ,  Salons,  ô^  Salles,  v>iPi 
à  l'entrée  qu'à  rifTuë  des  grands  Efcaliers ,  doivent  edre  en 
face  d'une  feneftre  ,  &  le  plus  qu'il  fe  peut  au  milieu  de  la 
pièce  ,  quand  elle  ne  fert  qu'à  dégager  deux  grands  Appar- 
temens.  Dans  les  pièces  qui  font  plus  de  parade  que  d'u- 
fage,  quand  les  portes  ne  peuvent  pas  eftre  au  milieu,  & 
qu'on  eft  obligé  de  les  ranger  auprès  des  feneftres,  il  en  faut 
feindre  d'autres  àl'oppofite,  &  à  coftédecelles  qui  s'ouvrent 
qu'on  enrichit  à  prefent  de  miroirs  qui  rendent  le  lieu  clair 

èc  agréable. 

Les  Ornemens  qui  accompagnent  ces  Portes  font  les  Cham- 
branles, Frize,  Corniches,  Frontons  &  Confoles,  qui  doi- 
vent eftre  mis  fort  à  propos  ;  comme  les  Frontons  ne  con- 
viennent pas  fi  bien  aux  dedans  qu'aux  dehors  des  apparte- 
mens,  les  Corniches  y  doivent  avoir  peu  de  faillie,  ainfi 
que  les  Confoles  qui  doivent  porter  les  Corniches.     Ces 
Confoles  font  mal  pofées  à  crû  fur  le  mur  fans  quelques  avant- 
corps  ou   Montans  parallèles   aux  Chambranles   pour  les 
foûtenir  :  il  faut  aufli  éviter  de  mettre  de  la  Sculpture  trop 
pefante  fur  de  petits  Frontons,  comme  il  s'en  voit  en  beau- 
coup d'endroits  à  Venife.     La  Frife  au  deffus  de  la  Porte 
entre  la  traverfe  du  Chambranle  qui  fert  d'Architrave  &  la 
Corniche,  doit   avoir  les  proportions  d'un  Entablement, 
réglé  félon  le  caradere  de  l'Ordre  ;    ces  fortes  de  Frifes 
peuvent  recevoir  quelques  ornemens  de  Sculpture  fort  à  pro- 
pos. 
I       II  refte  à  parler  des  Portes  mobiles  qui  fermentlaBayè  ou 
[   l'ouverture  de  la  Porte.     Les  Anciens  les  faifoient  ordinaire- 
ment de  bronze,  où  ils  imitoient  les  compartimens  de  pa- 
neauxdemenuiferie,  comme  font  celles  du  Panthéon,  &  de 
faint  Jean  de  Latran  ;  orcetufage  n'eftplus,  tantàcaufedela 
dépenfe  que  de  la  pcfanteur  decesPortes  :  ainfi  il  faut  expli- 
quer celles  deMenuiferiedontonfe  fert  à  prefent.  _  Les  Por- 
tes au  deflus  de  trois  pieds  de  largeur  font  ordinairement  à 
deuxVéntauxou  Battans,  tant  pour  en  foulager  la  chargg 


I 


^  ^  n  R  A  L, 


Tableaudcla  bnye.     Pour  les  ^^Int^î^,^^^^^^^ 

qu  ^irepeut,laifTer/es  Ve«tauxde  Jcur  hauteur  '  à  m  ^  "î 

n  y  ait  une  Entrefn!^    RrCv         "^  "^"f^""^»  a  moins  qu'i 

elhnt  ronde      rdo'ocltL°l/  *"''  ""  °°™-^"^  '^P°"e 
continue' fert  de  L,„'e°uP      ^"'"  '"«^''' "ù  Ilmpolle 

Na'^;r,S:rdr;t:^L^''^=^r<^^^T^^ 

l'£mbrafure  eft  cintrée  comm.".' '^"î'"'''"'''''  ^■ 
Louvre  ;  il  faut  alorrqL-,  y  "t  un  0?"""^^  ''T'^'^'' 
cintrée,  pour  ,,ifc  l'^uv^u"  "d  f  V^'u^'h"  '  %"!^ 

loriquecctted  ffinilr^  n<- cNr  "cmaux  jiDre.   Mais 

Vcnluxdeleur  1  au  e„r  p^r  "rS"  '  "  ^^"^  '"^^  '« 
qne  petit  &  inutile,  comme ïw„,>^7™'"^"'Pf"'^'*''' 
l'Hoftel  de  Conti  '  ^  ''  S""'*'^  Po"e  de 

rem'^rderp^o^rœ:^  t;r  "-"'j'^''  p^"-'-- 

I^Eaye,  & c,ue  Llcleff^d^s  Z^T té  '"""-«"V^ 

^:t?^?^;t-^t-£ë;?Cii^: 

bl.ge  delà  mS  ^^  tf^T'-ot^',''  "."^""^  '•^'^- 
^erdonluttooSuT^er^u^^lS^^^^^^^ 


J2Î  DES    PORTES 


Porte  Ruftique  d'Ordre  Tofcan. 

r  'O  N  n*a  pas  de  connoijfance  que  cette  ^orte  ait 
^-^eftè  m'tfe  en  œuvre  par  Vignoie  ,  mais  phtjïeurs 
Architectes  s'enjontfervis  en  divers  Edifices  avec 
fuccés. 

CE T T E  Porte eft  appelée  Ruftique ,  parce  que  les  pare- 
mens  des  pierres  fontenbofifage  piquez;  &  d'Ordre  Tof- 
can, parce  qu'elle  eft  couronnée  de  l'Entablement  de  cet  Or- 
dre. La  Proportion  en  eft  telle  que  fa  hauteur  étant  détermi- 
née, il  la  faut  divifer  en  trois  parties,  dont  deux  font  pour  la 
hauteur  de  l'ouverture  ,  &  la  troifïéme  depuis  le  deflous  du 
Linteau  jufques  au  defiTusde  la  Corniche.  La  hauteur  du  vuide 
double  de  fa  largeur  dont  chaque  Jambage  fait  la  moitié. 
Les  Joints  des  Boilâges,  lorfquelcsarreftes  ne  font  pas  arron- 
dies doivent  eftre  enfoncez  à  angle  droit ,  de  forte  que  le 
refend  puiffe  eftre  rempli  par  l'équerrc ,  comme  on  le  voit  à 
la  figure  A.  lln'yaqueles  pierresà  bofl'agequi  doivent  eftre 
piquées ,  afin  que  les  autres  parties  comme  l'Architrave  &  la 
Frife  fe  détachent.  Le  Socle  qui  eft  icy  trop  bas,  doit  eftre  à 
hauteur  de  retraite  d'environ  5.à4.pieds.  Les  Claveaux  delà 
pktte-bande  font  tirez  du  même  centre  B,  qui  eft  le  fommet 
d'un  Triangle  équilateraldont  la  platte-bande  fait  la  longueur 
de  la  Bafe  ,  &  tous  ces  claveaux  font  à  croflettes ,  dont  deux 
montent  dans  l'Architrave,  la  Clef  dans  la  Frife,  &  les  autres 
fc  vont  raccorder  avec  les  alTizes  de  niveau  ,  en  forte  que 
par  l'appareil  ces  pierres  fe  peuvent*  entretenir  fans  aucun 
mortier  :  il  le  trouve  à  Paris  trois  Portes  de  cette  manière  , 
dont  l'une  eft  dans  la  rue  Coquilliere,  l'autre  derrière  la  maifon 
Profefle des  Jefuites  rue  S.  Antoine,  &:îa  dernière  qui  eft  la 
plus  belle,  &  qu'on  tient  du  Sieur  de  Brofle,  eft  dans  la  rue 
des  Auguftins  du  grand  Convent  ;  elle  eft  couronnée  d'un 
Entablement  Dorique  :  Mais  toutes  ces  Portes  ne  font  pas 
d'une  fi  belle  proportion  que  celles  de  Vignole. 


r>£    r  l  G  N  0  L  E. 


lié. 


DES     PORTES 


Œ>One  dejjinéepour  flUuftriJJime  &  ReverendiJJî- 
^  nie  Cardinal  Farnéfe  pour  fervir  d'Entrée  prin- 
cipale au  'Palais  de  la  Chancellerie. 

LE  Cardinal  Raphaël  Riario  Neveu  du  Pape  Sixte  IV. 
fit  bâtir  le  Palais  de  la  Chancellerie  ,    des  pierres  qui 
furent  enlevées  d'une  partie  du  Colifée &: de  h  démoli- 
tion de  l'Arc  Gordien.     Bramante  en  fut  l'Architeâ-c.     Il 
refta  pluficurs  Ornemens  à  faire  au  dedans  de  ce  Palais  que 
le  Cardinal  Alexandre  Farnéfe  étant  Chancelier  donna  ordre 
à  Vignole  d'achever  ;  ce  qu'il  fit  &  donna  même  ce  deffein 
pour  la  principale  Porte  qui  n'a  point  efté  exécuté  ,  &  que 
)e  rapporte  icy    :     celle  qui  y  ell  à  prefent  a  efté  bâtie  par 
Dominique  Fonrana  pour  le  Cardinal  Montalte.     Il  fâut 
obferver  à  cette  Porte  de  Vignole  qu'elle  a  de  hauteur  le 
double  de  fa  largeur  ,   &:  deux  Modules  depuis  le  Linteau 
jufques  fous  la  Plattebande  de  l'Entablement,  le  Chambranle 
a  un  Module  ;    elle  eft  éevée  de  fix  degrez  rampans  qui 
n'empêchent  pas  l'entrée  des  carroiïes  ,    parce  qu'ils  n'ont 
au  plus  que  1  à  5.  pouces  de  haut  fur  deux  pieds  de  giron  : 
à  Rome  ces  fortes  de  degrez  font  de  brique  pofée  de  champ, 
retenue  par  une  bordure  de  pierre  dure  ou  de  marbre.     Le 
Chambranle  tombe  à  crû  fur  le  feiiil  fans  retraite  au  niveau 
du  Socle  ,  mais  il  feroit  mieux  que  le  Socle  fous  la  colonne 
fût  continue  fous  le  Chambranle.     L'Architedure  faille  en 
avant-corps  pour  avoir  un  Balcon  plus  fpacieuxau  niveau  du 
premier  étage  ;    &  le  maffif  de  la  Porte  s'avance  jufques  à 
l'Alignement  de  la  moitié  des  Colonnes  qui  font  ifolées  de  la 
faillie  du  Tore  de  leur  Bafe.     Ce  maflîf  en  avance  fous 
l'Entablement  foulage  la  Plattebande  :  par  la  diftance  qu'il  y  a 
entre  le  mur  &  le  milieu  de  la  Colonne  ;  le  Métope  en  retour 
eft  trop  large  d'un  demi  Module.  La  Baluftrade  a  de  hauteur 
prés  de  la  fixiéme  partie  de  tout  l'Oidrc. 


//.  45. 


-D£     f^I  a  N  O  L  E. 


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:P0ILTB  T»OT^It  LE  PAX^IS  DELA  CTTA^CELXXIMK ! 


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1^6  DES    PORTES 

wm^mmmmmÊmÊÊmamm^ÊÊammÊÊmÊaÊÊÊmÊÊmmiÊaÊmÊÊmÊÊÊÊÊÊÊaÊÊÊÊÊÊm 


^ryOrU  du  Bâtiment  de  l'IHuftrifftme  &  Revcren- 
-*    dijjime  Cardinal  Farnéfe  à  Caprarole. 

CEtte  Porte  eft  encore  Dorique  comme  la  précéden- 
te ,  mais  plus  haute  n'ayant  que  cinq  Triglyphes  dans 
fa  Frife  ;  fa  proportion  eft  telle  que  l'ouverture  a  de  iiau 
•reur  i  de  Module  plus  que  le  double  de  fa  largeur  ;  les 
Jambages  ont  enfemble  la  largeur  de  l'ouverture  ;  l'Archi 
volte  règne  en  arriere-corps  fur  fes  Alettes  fims  moulures. 
L'Architedure  eft  en  avant -corps  au  delà  du  mur  de  face 
d'un  Module  de  faillie  ,  la  hauteur  depuis  la  f.rmeture  du 
Cintre  jufques  au  defTus  de  l'Entablement  eft  li  moitié  de 
la  hauteur  de  l'ouverture  :  cette  Corniche  a  des  Mutules 
qui  font  efpacez  également  comme  s'il  y  avoit  un  Triglyphe 
à  la  pla:e  de  la  CUf ,  qui  eftant  plus  large  qu'un  Triglyphe 
rend  les  Métopes  des  cotez  plus  étroits  :  Les  pierres  de  re- 
fend qui  compofent  le  Ruftique  font  divif'ées  avec  afltz d'Art, 
&  ont  de  hauteur  prés  d'un  Module  ,  de  forte  qu'il  y  en  a 
1 5.  fur  le  nud  du  pilaftre  ,  la  14.  étant  pour  les  rtfjnds,  ce 
qui  fait  avec  la  Bafe  &:  le  Chapiteau  16.  Modules  que  doit 
avoir  de  hauteur  le  Pilaftre  entier  ;  la  Corniche  eft  recouverte 
d'un  glacis  pour  l'écoulement  des  eaux  :  aufli  n'y  at'il  point 
de  gargouilles  dans  la  Cimaife.  L'Attique  qui  fert  d'A.pui 
au  premier  étage  eft  le  tiers  de  la  hauteur  de  l'Ordonnince 
fans  fon  Socle:  &  la  Corniche  qui  termine  dans  le  Socle  de  cet 
Attique  marque  le  niveau  du  premier  étage  &  fert  de  cordon 
aux  cinq  Baftions  qui  flanquent  les  encoignures  de  ce  Château. 
Mais  ce  qu'il  y  a  de  plus  remarquable  ,  c'eft  que  Vignole  & 
les  plus  grands  M  titres  ne  fe  font  jamais  éloignez  des  grandes 
proportions ,  comme  du  double  ,  du  tiers ,  du  quart  ,  du 
cinquième,  &c.  &  c'eft  la  caufe  fondamentale  de  la  beauté 
cfFeflive  qui  paroift  dans  leurs  Ouvrages,  quoyque  le  détail 
n'en  foit  pas  toujours  aufli  correâque  leur  manière  eft  grande 
&  hardie. 


. 


SSSSSi 


■Tf-af  i^gaBMfcT'JtaJ 


pi.  45. 


t>  E    r  l  G  N  0  L  E, 


i#7 


7-Licis 
ittuTue 


Fl. 


,POItTX  X>^^  CHATÏ^^OT  DU  CAPRAUOXX^ 


iiS  DES    PORTES 


^TjOrte  de  l'Eglife  de  Saint  Laurent  in  Damafo 
-^    Ouvrage  de  fignole ,  quoique  le  Valais  f oit  bâti 
par  d* autres  ArchiteBes. 

SA  I  NT  DamafePape  fonda  l'Eglife  de  S.  Laurent  que  le 
Cardinal  Raphaël  Riario  fit  bâtir  dans  la  forme  qu'elle  elè 
à  prcfent ,  &  la  renferma  dans  fon  Palais  de  la  Chancellerie. 
Pailque  j'ai  dit  cy-devant  que  les  portes  reçoivent  le  nom  de 
l'Ordre  dont  elles  ont  quelques  parties  pour  ornement  :    cel- 
le-cypeut  ctreappellée Corinthienne  ,  (a  Corniche  eftant  or- 
née des  Modillons  de  cet  Ordre.    La  hauteur  de  l'ouverture  a 
plus  du  double  de  fa  largeur,  &  l'Entablement  depuis  le  defîbus 
du  Linteau  jufqu es  fur  la  Corniche  eOle  tiers  de  la  hauteur  de 
l'ouverture:  chaque  jambage depuisles  pierres derefend  jus- 
qu'au Tableau  a  le  tiers  de  h  largeur  de  la  Baye  j  ÂrtouteTAr- 
chitcdure  n'a  d'autre  faillie  au  delà  du  mur  de  face  que  fes 
moulures,  le  Chambranle  eft  Corinthien  ayant  trois  faces,  & 
chaque  Montant  a  de  largeur  la  moitié  du  Chambranle;  &:run 
&•  l'autre  tombe  à  crû  fsns  Socle  fur  le  feùil  quieftune  marche 
moulée.  LesConfoles  font  icy  leur  véritable  effet,  comme  on 
le  peut  voir  par  le  Profil,  ne  fervant  pas  feulement  à  décorer,  mais 
à  porter  &confoiider  la  Corniche  quiefl:  d'une  élégante  com- 
pofîtionavecce  cavet  qui  fe  contourne  fur  le  grand  Enroule- 
ment des  Conroles,8(:  la  platre-bande  des  Modillons,  qui  forme 
un  petit  Plafond.   Ces  Confoles  font  étroites  pour  leur  hauteur 
&:  rcflemblcnt  à  celles  que  Vitruveappelle  Prothindes,  dont  le 
Profî!  eft  arrafé.  La  Frife  eft  bombée  &  peut  être  taillée  de  Scul- 
pture de  peu  de  relief.  Il  faut  remarquer  que  les  pierres  au  mur 
de  face  qui  eft  fans  retraire  font  pofées  de  liaifon  comme  l'or- 
dre delà  conffruélion  le  demande.     Ce  dciftin  efl  mefuré  par 
Modules  déterminez  parla  largeurde  l'ouverturedela  Porte 
qui  en  a  cinq  ;  la  faillie  de  la  CorniLhc  en  a  un.  La  Compofition 
de  cette  Porte  fe  fait  bien  diftinguer  de  l'i^rchiteélure  du  Palais 
de  la  Chancellerie,  &fait  connoître  la  différence  qui  efl  entre 
les  Ou  vraî^es  de  Bramante  &  ceux  de  Vi"nole. 


/^'47- 


V  E  fignole: 


i^$ 


p piLTx  Dx  i<x&xisx 3>x  s''xatjri::ntixd.43iaso 


i;o  DES    PORTES 

Ci"Ette'Forte  eftanSaionditTalaisFarnefe.  Elle  ^ 
ejt  de  f  invent  ion  de  fignole  qui  n'apaspeu  contrï-  j 
bité  à  rendre  ce  'Palais  magnifique  par  plttfîeurs  orne-  ! 
mens  de  Portes-,  de  Fenejtres  ér  de  Manteaux  de  Che-  1 
minées  qu'il  y  a  fait  es.  | 

L£s  proportions  de  cette  Porte  font  telles.  Elle   a     de  i 
hauteur  ,     le  double  de  fa  largeur  comme  les  autres ,  \ 
r£ntablement  a  les  trois  onziénes  de  cette  hauteur  ,     &  le    j 
Chambranle  les  deux  onzièmes  ,     chaque  Jambage  a  deux   j 
feptiémes  de  la  largeur  de  la  Baye;  la  Corniche  dont  h  faillie    \ 
eft  éça.le  à  la  hauteur  eft  Compolltcayant  des  matules&  des    j 
dentîcules  ;  quelques  moulures  en  font  taillées  ;    elle  paroift 
un  peu  forte  pour  eftre  fous  un  Portique  au  premier  étage. 
La  Frife  eft  ornée  d'un  Fefton  de  feuilles  de  laurier  :  il  eft  à 
propos  d'obferver  à  ces  fortes  de  Frifes  que  le  Relief  de  leur 
Sculpture  n'excède  gueres  k  renflement  d'une  Frifc  bombée; 
parce  qu'autrement  elle  paroift  pefante  ,   comme  on  le  peut 
voir  aux  Croifées  de  la  Gallerie  d'Apollon  au  Louvre  ,  qui 
a  efté  brûlée,  &  qu'on  a  rétablie  avec  un  Ordre  loniq  ue. 

Comme  j'ay  dit  cy-deifus  que  Vignole  a  rendu  ce  Palais 
magnifique  par  plufieurs  ornemens ,  il  eft  necelTaire  en  cet 
endroit  d'informer  ceux  qui  n'ont  pas  vu  baftir  à  Rome,  de 
la  manière  dont  on  y  élevé  les  Edifices.  A  Paris  on  taille 
dans  le  Chantier  l'Architedure  &  les  faillies  d'une  Façade, 
6:  on  les  pofeàmefure  que  le  mur  s'érige;  mais  à  Rome  le 
corps  des  murs  eftant  ordinairement  de  brique  ,  on  adapte 
après  coup  les  faillies  &:  les  ornemens  par  incruftation  avec 
des  crampons  de  f=r  comme  on  fait  icy  du  marbre.  Ce  qui 
eft  caufe qu'il  refte aux  Bâtimens  qui  n'ont  pas  efté  achevez 
de  ces  ornemens  à  pofer  ,  comme  au  Portail  de  l'Eglife  de  S. 
Jeande^  Florentins  dans  la  Jirada  J-alia  ;  c'eft  pourquoy  le 
Palais  Farné^e  ay.mt  efté  long-temps  commencé  avant  que 
Vignoleycûcmis  la  main,  il  eftoitrefté  plufieurs  de  ces  orne- 
mens à  incrufter ,  que  les  Cardinaux  Alexandre  &  Ranuce  Far- 
néfe  ont  fjit  achever  p^r  cet  Archircé^e. 

t;aPMga»iyawHMBaaw(>MaBWMgwwM»P'iwniiiriiiiiiaiWiMwaw«Mii«iiiiwnin*nï»niBniMi^ 


pl'^î, 


DE    r  I  G  N  0  L  E, 


13 1 


Fl  4-^ 


"ace    J  i-i 


Çj^kcJie  Jcjo  Fa /mes 

-<        i      J        4-      [<         .       ^ 
Sscfietlc  de  S  pteds 


A.T'rure  avecj^cstort  de  Xaumr.l}    Ccniscle  arasée  par-  les   ca,ït&z^. 
C  -.yflutu/eJ.J).^  Hantans  avec  ravalement  JE,  ^Harchc  mculee  j-ervant  deSe^ul 

TOB.T1  PU  SAXOy  DU  PALAIS  Ta:R.TJ£SE  ■ 

R  ii 


iji  DESFENESTRES. 


Des  Feneflres  en  General. 

/^X)  MME  les  Feneflres  ne  font  pas  moins  ne  ce  (faire  s 
^  (lue  les  'Fortes  dans  la  compo(ition  des  Edi.fices;fay 
crû  qu'il efl oit  aiiffi  utile  d'en  expliquer  les  efpeces  dif- 
férentes &  lesproportions'y  que  celles  des  Fortes. 


P 


A  R  la  mefme  coraparaifon  que  Scammozzi  fjit  de  la 
„  principale  Porte  de  J'£difice  avec  la  bouche  ,  il  dit  auffi 
que  les  Feneftres  font  femblables  aux  yeux  ,  puifqu'clles  re- 
çoivent la  lumière  de  dehors ,  &  qu'elles  l'introduifent  au 
dedans.  Cette  partie  du  baftrment  fi  utile  ,  &  qui  fait  la 
différence  de  la  demeure  des  hommes  d'avec  les  cavernes  des 
beftes  féroces ,  doit  avoir  Tes  proportions  &  Tes  ornemcns, 
auffi  bien  que  les  Portes.  Il  faut  d'abord  confiderer  que  la 
grandeur  de  leurs  ouvertures  ,  doit  eftre  proportionnée  aux 
lieux  qu'elles  éclairent,  parce  que  fi  elles  font  petites  &  trop 
éloignées ,  elles  rendent  le  lieu  obfcur  :  &  fi  elles  font  trop 
grandes,  &  trop  proches  les  unes  des  autres,  elles  afFoibliflent 
le  mur  dans  lequel  elles  font  percées,  &  caufent  l'excez  du 
froid  ^  du  chaud,  &:  la  ruïnede  l'Edifice. 

Les  Feneftres  de  mefme  que  les  Portes  font  Grandes, 
Moyennes  &  Petites,  les  Grandes  font  les  Vitraux  desFglifes 
&  des  Bafiliques,  les  Arcades  des  Galeries  ou  Loges  &'  Cor- 
ridors qui  font  l'office  de  Croifées  &  les  principales  Feneftres 
des  Salons  plus  grandes  que  celles  du  refte  delà  Façade. 
Les  Moyennes  font  toutes  celles  qui  éclairent  les  Apparte- 
mens:  Et  enfin  les  Petites  font  les  Croifées  d'Entrcfoles,  ou 
Mezanines,  les  Lucarnes ,  lesYeuxdeBœufjksS'oupirau.v^ 
&'  autres  petits  jours  fervant  à  éclairer  les  moindres  pièces, 
comme  font  les  petits  Cabinets,  &:  les  Garderobes ,  ou  les  lieux 
qui  n'ont  pas  befoin  de  grande  lumière,  commie  font  les  Celiers, 
\t%  Bûchers  &  les  Caves. 


;/.4<5- 


EN    GENERAL. 


î$S 


TZ'2sri:>sTRJS^^^^jsrTRjè]sfIi::sr:ËsTiiX  X-n  ti^a^ttie-iba-i^dz 


ILucar~ne 
bcmhee  ■ 

cintrée 

quarree  . 
iZil  de  oaïuf 
rond  . 
Cletide  bizuf 
oya.l^ 

CZilJe  i?^^ 
bcmjjée 


R  ilj 


i;;4  B  E  S    F  E  NE  S  T  R  E  S 

—————— Il  — Mi«M— — a 

Quant  aux  difîtrentes  rigurcs  des  Feneftres;  les  quanée^ 
longues  en  hauteur  ,  &  celles  qui  font  cintrées  dans  leur 
fermeture,  font  les  plus  parfaites,  car  il  y  en  a  de  rondes, 
d'ovales,  &  de  quarrées-îongues  en  largeur  ,  dont  il  ne  fe 
faut  fervir  que  rarement,  &  quand  on  y  efl.  alTujerti  par  le 
racordcmcnt  du  dehors  au  dedans  de  quelque  nouveau  Ba- 
ftiment  avec  un  vieux,  les  quarrées  font  pour  les  Attiques. 

Entre  les  grandes  Feneftres ,  les  Vitraux  des  Êglifes  qui 
font  les  principales,  font  ordinairement  percez  dans  la  Voûte, 
&  déterminez  par  la  grandeur  des  Lunettes  qui  répondent  à 
plomb  fur  les  Arcades,  &  l'arreftc  de  la  clef  de  ces  Lunettes 
doit  eftre  éloignée  de  chaque  cofté  du  milieu  de  la  clef  de 
la  Voûte  d'un  fixiéme  de  fa  circonférence ,  afin  qu'il  refle 
entre  deux  Lunettes  le  tiers  du  Berceau  de  la  Voûte  dans 
fon  entier  :  Et  ces  Vitraux  ayant  environ  de  hauteur  le  dou- 
ble de  leur  largeur  ,  font  fufîif\mment  grands  pour  éclairer 
la  Nef;  leur  Chambranle  doit  eftre  à  plomb,  orné  de  fortes 
moulures.  Les  Feneftres  de  la  Croifée  de  l'Eglile  ainli  que 
celles  du  bout  de  la  Nef,  derrière  le  Portail  font  toujours 
cintrées  félon  le  cintre  de  la  Voûte  ,  avec  un  appuy ,  &:  ont 
beaucoup  plus  de  grâce  que  celles  qui  font  ovales  en  hau- 
teur,  comme  à  la  Croifée  &  Portail  de  l'Eglife  faint  Louis 
des  PP.  Jefuites  rué  Saint  Antoine  ;  ces  fortes  de  Feneftres 
peuvent  eftre  plus  larges  fur  leur  hauteur,  félon  la  profondeur 
delà  Croifée  ;  &  quelquefois  occuper  toute  la  partie  cin- 
trée au  deffus  de  l'Entablement ,  comme  à  l'Eglife  de  Sor- 
bonne.  Plus  les  Arcades  de  la  Nef  font  larges,  comme  cel- 
les de  Saint  Pierre  du  Vatican  ,  plus  la  retombée  des  Lu- 
nettes eft  éloignée  des  Arcs  doubleaux  ,  ainli  les  Lunettes 
font  plus  étroites ,  &  les  Vitraux  comme  les  Lunettes  font 
cintrez  dans  leur  fermeture.  Il  y  a  aulTi  des  Lunettes  dans 
le  Berceau  d'une  Voûte  dont  le  cintre  n'eft  gueres  plus 
élevé  que  leur  naiffance,  &  font  par  confequcnt  formées  de 
peu  plus  d'un  demy  cercle,  comme  celles  du  Val-de- G  ra- 
ce ;     les  Vitraux  percez  dans  ces  Lunettes  deviennent  trop 

mÊÊmmÊmmaammimmmmimmmmmmmmmigmmÊÊÊmmaÊmmiÉmmm^m^' 


E  I<r    GENERAL. 


bas  pour  leur  largeur  qui  tlt  prcqu'égale  à  l'Arcade  de  del- 
fous.   Jlert  plusà  propos  lorfqu  on  veut  donner  du  jour  par  le 
Cul-de-four  d'une  Eglife  ,  de  mettre  un  Vitrail  qu'un  tre- 
meau,  comme  à  celle  de  faint  Louis  des  PP.  Jefuites:  fi  l'il- 
ghfe  eft  petite  ,   il  vaut  mieux  n'en  point  mettre  comme  au 
Noviciat.     Il  ftuc  éviter  de  faire  les  Vitraux  des  Chapelles 
des  a;fles  ,  ou  bas  coftez  ,  trop  bas  depuis  leur  appuy  ju(. 
ques  fur  Taire  de  l'Eglife,  ni  les  éhver  au  defTus  de  l'Importe 
de  l'Arcade,  comme  aux  Eglifes  du  grand  [efus  &  de  Saint 
André^t'Aî/^i//f  àRome.  Or  ces  fortes  de  Feneftres  doivent 
ertre  plus  grandes ,     s'il  y  a  des  bas  coftez  ,     que  s'il  n'y 
avoit  que  des  Chapelles  feules  le  long  de  la  Nef.     Il  eft  auffi 
inutile  de  mettre  dans  la  Croifée  d'une  Eglife  des  Vitraux 
au  dcffous  de  l'Entablement  du  grand  Ordre,  y  en  ayant 
audeffus;  parce  qu'outre  qu'ils  ne  fervent  de  rien,  ils  oc- 
cupent la  place  d'un  autel  qui  peut  eftre  orné  de  colonnes 
ou  de  Pildftres  pour  décorer  le  mur  qui  refte  grand  &  fim- 
ple  dans  cm^  partie.     Les  Feneftres  d'un  Dôme  qui  font 
élevées  au  deffus  de  l'Entablement  du  Couronnement  Ats 
Pendentifs ,   font  beaucoup  mieux  d  eftre  cintrées  dans  leur 
fermeture,  quoyque  tournante  fur  leur  plan  (comme  celles 
des  Dômes  de  h  Sorbonne  &  du  Collège  des  quatre  Na- 
tions à  Paris,     &:de  Saint  Charles  de  Catmari  à  Rome) 
que  d'eftre  fermées  en  pla;te-bande,  comme  à  la  plufpart 
des  autres  Dômes  :  elles  doivent  avoir  en  hauteur  deux  fois 
&dcmy  de  leurhrgeur,  parce  que  leur  élévation  les  fait  pa- 
roiftre  baffes;  &l(,ur  déorationfur  IcsOrnemens  des  Ordres 
d'Architedure  qui  cnrichilTent  tant  le  dehors  que  le  dedans 
delà  Tour  du  Dôme. 

Outre  le?  Egliiés ,  il  y  a  encore  de  grands  lieux,  comme 
les  Sdcs  publiques  ou  Bafiliques,  qui  peuvent  recevoirieur 
lumière  des  jours  pratiquez  dans  leurs  Voûtes:  Celles  du 
Palais  3  Paris  font  des^plus  confiderables  pour  leur  gran- 
deur, &  font  fort  mal  éJairécs,  quand  mefme  l'on  ouvriroit 
•es  rords  qui  font  dans  la  Voûte,  dont  les  joues  des  Lucarnes 
ddp^   le  comble  feroient-  fort  j^nndes  .    c^mme  on  le  ricut 


T7,6  DES    FENESTRES 

remarquer  à  celles  qu'on  a  percées  nouvellement  pour  éclai- 
ler  l'Autel.  C'eft  pourquoy  pour  donner  du  jour  à  ces  deux 
■îerceaux,  il  eût  efté  plus  à  propos  de  laifler  ouverte  la  par- 
tie cintrée  au  defTus  de  l'Entablement  des  deux  fonds  de 
la  Voûte ,  par  un  grand  ArCj  que  non  pas  de  pratiquer  ces  deux 
ronds,  ce  que  l'Archireâie  a  fait  pour  donner  plus  de  force 
m  pignon  du  comble,  en  y  mettant  un  Pilier- boutant  au 
dehors,  mais  on  eût  pu  mettre  deux  jimbagcs dans  le  cin- 
tre, &  faire  trois  grands  Vitraux  au  lieu  d'un  fcul,  comme  l'a 
pratiqué  fort  judicieufement  le  Cavalier  Bernin  à  la  Nef  de 
S.Pierre  qui  n'eftoit  pas  auparavant  fuffiamment  éclairée. 
Pour  les  grands  Salons,  comme  ceux  de  Thuilleries,  de  Cia- 
^i^ny ,  &  des  Palais  de  Farnéfe,  de  Paielbine ,  &  plufieurs  autres, 
ils  doivent  eftre  éclairez  par  deux  Ordres  de  Croifées  l'un  fur 
l'autre  ,  dont  les  appuis  font  de  Niveau  avec  les  autres  Croi- 
fces  des  appartemens,  quoique  ces  Feneftresfoient  plus  gran- 
des &  de  différentes  figures  que  les  autres ,  fi  ces  grandes  pièces 
font  au  milieu  de  la  Façade  du  bâtiment  qui  ell  leur  véritable 
place. 

Après  les  grandes  Feneftres  fuivent  les  moyennes  qu'on 
nomme  croifées  ,  parce  qu'autrefois  on  en  partageoit  la 
baye  par  plufieurs  Croifillons  ou  Meneaux  de  pierre,  com- 
me il  s'en  voit  encore  au  vieux  Louv  re  &  ailleurs  :  ce  qui 
étoit  aulfi  pratiqué  aux  Vitraux  des  Eglifes  dont  ces  Croifil- 
lons oftoient  beaucoup  de  jour ,  aufquels  à  prefent  on  en 
fait  de  fer.  C'eftpar  les  moyennes  Croifées  que  les  appar- 
temens des  eftagesquarrez  reçoivent  du  jour.  Leur  propor- 
tion dépend  de  leur  lituation  fi  elles  fontsuRez-de-chauf- 
fée  ,  au  premier  ,  au  fécond  ,  ou  troifiéme  efrage;  &  de  la 
hauteur  de  l'cflage  ,  qui  eft  différente  félon  la  grandeur 
des  Edifices.  Toutes  les  Feneflres  des  baftimens  particuliers  & 
des  autres deftinez aux  ufiges ordinaires,  font  toûjonrs  depuis 
qU3tre  jufques  à  cinq  pieds  de  largeur,  fur  une  hauteur  pro- 
portionnée à  celle  du  p'aacher,  de  forte  que  leur  PJatte- ban- 
de doit   eftre   éloignée  du  Plafond  autant  que  la  hauteur     |« 


E  N    G  E  N  E  R  ^  L.  r,' 


d'une  Corniche  le  pourra  permettre.  Ces  Croifées font pref- 
que  toujours  fermées  quarrément  :  leur  appuy  doit  cllre  haut 
de  deux  pieds  neuf  pouces,  ou  trois  pieds,  contre  l'ufa- 
ge  qu'on  a  introduit  mal-à-propos  dele  faireplus  bas,  fsnsune 
baluftrade  de  fer  ou  de  pierre,  qui  n'empêche  pas  que  le  jour 
n'éclaire  le  plancher  de  la  Chambre  au  droit  de  l'appuy  dcia 
Feneftre;  &  pour  peu  que  le  mur foit épais,  onabbatTappuy 
dans  rembrafure  pour  regarder  facilement  au  dehors ,  &  cet 
I  appuy doitavoirun  peudepentepourjetterleseaux. 

Pour  régler  généralement  la  hauteur  des  Croifces ,  fi  l'E 
Rage  3  par  exemple  douze  pieds  fous  fohve,  la  Corniche  de 
la  Chambre,  ayant  un  pied  de  haut  ou  environ,  &  l'.ip- 
puy  trois,  ilen  reflera  huit  pour  la  hauteur  de  la  Croiîée,  qui 
iera  le  double  de  quatre  qu'elle  doit  avoir  de  largeur;  ^'aind 
à  proportion  des  £l]:sges,  plus  ou  moins  élevez.  La  meilleu- 
re règle  pour  ninger  les  Croifées ,  eft  de  les  efpacer  tant  pkin  que 
vuide  j  c'eft-à-dire  que  la  largeur  du  Tremeau  foit  égale 
à  celle  de  la  Croifce,  &  que  vers  les  Encoignures  il  y  ait  de 
diftance  de  l'anqlc  du  baftiment  au  tableau  de  la  Croifce  un 
tiers  ou  un  quart  plus  que  la  largeur  de  la  Croirée. 

Pour  les  Croifées  des  grands  Edifices,  celles  del'Eflageau 
rez-de- chauffée  ne  doivent  avoir  que   trois  pieds   de  h:u 
teur  d'appuy  en  dedans,  quoiqu'il  en  paroifle  davantage  au  de 
hors,  parce  que  l'aire  de  cet  Eftage  eftfouvent  élevé  à  hau- 
teur de  retraite  :  ce  qui  ne  doit  pas  eftre  de  mefme  pour 
les  baftimens  particuliers,  où  elles  doivent  eftre  élevées  du  pa- 
vé de  la  rue  de  plus  de  cinq  pieds  pour  ne  point  expofer  le  de- 
dans à  la  veuë  des  paflans ,  &  grillées  pour  la  fureté.     Dans  les 
corps-de- logis  fimples  &  les  baftimens  en  ailles,  les  Croifées 
doivent  eftre  diredement  oppofées ,  tant  à  caufe  des  poutres 
que  des  fermes  du  comble.  Les  Croifées  au  Rez-de- chauffée 
font  mieux   d'eftre  à  platte-bande   bombée  ,   que   d'autre 
manière ,  parce  que  cet  Eftage  eftant  voûté ,  les  arrière- vouffu- 
res  fe  racordent  plus  facilement  avec  les  Lunettes  des  Vou-   j 
tes,  dont  la  retombée  eft  au  deffous  de  la  fermeture  des  Fe 


158  FENESTRES 


MM 


neftres.  Souvent  auffi  on  prend  ces  fortes  de  Croifées  dans 
des  Arcades  dont  elles  fuivent  le  cintre,  comme  au  Chafteau 
&  aux  Efcuries  de  Verfailles  :  la  largeur  de  leur  Baye  doit  a- 
lors  avoir  environ  les  trois  cinquiefmes  de  celle  de  l'Arcade  ; 
de  forte  que  fi  l'Arcade  a  dix  pieds  de  largeur  ,  la  Croifée  en 
aura  fix,  le  Chambranle  fera  d'un  pied  de  chaque  cofté,  &  le 
Champ  reftera  aufli  d'un  pied  de  chaque  cofté  :  Ces  fortes  de 
Croifées  n'eftant  pas  dans  une  Arcade  ,  n'ont  gueresde  hau- 
teur plus  de  deux  fois  leur  largeur  prife  fous  l'angle  du  fom- 
mier  de  leur  fermeture.  Les  Croifées  du  premier  ou  bel 
Eftage  doivent  eftre  les  plus  hautes,  &  il  eft  neceflaire  que  le 
Chambranle  du  dedans  foit  au  deflbus  de  l'Entablement  qui 
reçoit  les  courbes  du  Plafond  ,  dont  l'élévation  fait  parconfe- 
qucnt  la  hauteur  des  Croifées ,  qui  nedoivent  pas  eftre  moins 
larges  de  cinq  pieds,  ny  pluslargesde  fix  ,  ayant  de  hauteur 
un  fixiefme  plus  que  le  doublede  leur  largeur,  commecelles 
du  Baftiment  neuf  du  Louvre  qui  ont  fix  pieds  fur  quatorze, 
fermées  quarrément  :  Mais  fi  elles  font  cintrées  comme  au 
Chafteau  de  Verfailles,  oùelles  ont  beaucoup  de  grâce,  elles 
peuvent  avoir  de  hauteur  deux  fois  &  demy  leur  largeur,  le 
Chaffiseftant  dormant  dans  la  partie  cintrée.  LesCroiféesdu 
fécond  Eftage  doivent  avoir  de  hauteur  une  fois  &  deux  tiers 
de  leur  largeur;  &:  celles  du  troifiéme  une  fois  &  demy  de 
cette  largeur ,  qui  doit  eftre  égale  à  toutes  les  Feneftres  de  fim- 
metrie  d'une  Façade,  &  les  Feneftres  répondre  à  plomb  les 
unes  fur  les  autres  :  Il  faut  mefme  pour  la  régularité  en  fein- 
dre, s'il  eft  befoin  à  caufe  delà  fujettion  du  dedans,  leurs 
appuys&  linteaux  eftant  au  mefme  niveau  en  chaque  eftage. 
Il  faut  obferver  pour  les  Feneftres  en  Attique  au  defTusd'un 
Ordre,  la  proportion  de  celles  du  troifiefmeeftaged'un  grand 
Edifice.  Acefiijetilfautériterunabusquin'eftpasdepeude 
confequence,  c'eft  de  couper  la  Frife  &  l'Architrave  d'un 
grand  Entablement  pour  y  élever  les  Feneftres,  comme  à  la 
grande  Gallerie  du  Louvre  &  à  d'autres  grands  Edifices. 

Enfin  les  petites  Croifées  appllées  Mczanines  ou  Baftar- 


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9^33 

EN    GENERAL. 


des  qui  ont  plus  de  largeur  que  de  hauteur,  &  qui  fervent 
pour  les  petits  Ethges  au  deflus  des  grands ,  doivent  eflre 
auffi  larges  que  les  grandes  de  defTous.     Pour  les  Lucarnes  des 
Eftages en  Galetas,  (î elles fontdeMafTonnerie,  elles  doivent 
avoir  un  cinquième  moins  de  largeur  que  celles  de  defîous, 
8c  celles  de  bois  reveftuës  de  plomb,  un  quart  moins  delar- 
geur  que  les  autres  de  la  façade,  pour  paroiftre  plus  légères; 
elles  font  ordinairement  bombées ,  ayant  de  hauteur  environ 
une  fois  &  demy  leur  largeur,  quelquefois  auffi  on  les  fait  en 
plein  cintre,  dont  les  plus  belles  font  celles  des  petites  Cours 
desEfcuriesduRoyà  Verfailles  :  mais  fur  tout  il  faut  éviter 
de  couper  la  Corniche  au  devant  de  chaque  Lucarne.     Il  v  a 
auffi  de  petites  Lucarnes  appellées  yeux  de  Bœuf  comme  F, 
G,  H,  ou  petits  jours  ronds  ou  ovales  fur  les  combles  &  fur 
les  Dômes,  tant  pour  donner  dcl'airàla Charpente quepour 
égayer  un  Dôme  à  caufe  de  la  convexité  de  fa  figure  courbe 
qui  le  rend  pefant.     Il  y  en  a  dautant  de  fortes ,  qu'il  y  a  de 
Dômes  differens ,  où  l'on  n'en  met  ordinairement  qu'un 
rang  ou  deux ,  comme  à  celuy  du  Val-de-Grace.     Le  Dôme 
de  S.  Pierre  du  Vatican  en  a  trois  rangs  de  feiee  à  chacun , 
qui  font  un  merveilleux  effet ,  parce  qu'il  elU'unique  dans  fi 
grandeur,  ayant  hors  oeuvre  plus  de  vingt-cinq  toifes  de 
Diamètre.     Il  eft  inutile  de  faire  mention  des  jours  pris  dans  la 
Frife  d'un  Entablement  de  Couronnement ,  comme  il  s'en 
voit  en  plufieurs  Palais  d'Italie,  ny  auffi  d'autres  petits  jours 
en  ovale  couchez  dans  lesTimpans&audeifus  des  Frontons, 
ces  fortes  de  jours  n'eftant  que  de  petits  trous  qui  diminuent 
la  beauté  du  bâtiment,  &  dont  on  ne  reçoit  qu'une  médiocre 
commodité  :  Quant  aux  demi-Croifées,  elles  ne  font  plus  en 
ufage;  celles  qui  font  coupées  en  biais  par  la  rampe  d'un  Ef- 
calier  ne  font  pas  fupportables,  &  il  vaut  mieux  les  rendre 
parfaites ,  &  fermer  ce  qui  refte  au  deffous  de  la  Rampe.     Les 
Lucarnes  Damoifelles  ,  Flamandes  &  Capucines ,  auffi  bien 
que  les  moindres  yeux  de  Bœuf  font  peu  confiderables. 

II  refte  à  parler  de  la  décoration  des  Feneftres.     UnCham- 


b  1) 


T40  1-)ESFENESTRES 


^;anic  uni  lait  i'ornenitiu  des  pius  liiTipits  ,  enlu^re  ionc  cel- 
les qui  ont  un  Cham  )ranie  avec  des  Moulures  &  une  Corni- 
che au  defius  ;  puis  celles  qui  on:  un  Chambranle  avec  des 
Confolcs  &:  un  Fronron  f^ns  monnns  aux  codez  du  ChaŒi- 
branle,  comme  il  s'en  voir  derrière  le  vieux  Louvre  :  &'cnfin 
les  plus  riches  fonr  celles  qui  ont  des  Colonnes,  des  Fion 
tons  &  des  Balufirades,  comme  celles  de  Michel  Ange  au>. 
aifles  du  Capitole  ,  &  ce  font  les  plus  magnifiques  de  cette 
forte,  qu'on  employé  au  Portiil  d'une  Egliî'e,  comme  cJIe  de 
la  Loge  de  la  Bénédiction  à  S.  Pierre  de  Rome  ,  celles  de  S 
André  de  U  f^xlle  ,  &  celles  du  Collège  Romain,  &  à  Parib 
celles  du  Portail  du  Val-de-G'-ace.  On  peut  auflî  fort  à  pro- 
pos introduire  ces  fortes  de  Ftnefîires  dans  la  façade  d'un  Pa 
Lus,  dont  la  compolîtion  plus  riche  ferve  à  difbnguer  le  mi- 
lieu, oùilyafouventunSalonau  deffus  du  Veflibule,  la  Fe- 
neftre  peut  eftre  en  cet  endroit  plus  grande  &  cintrée,  quoi- 
que les  autres  foient  quarrées  :  il  faut  autfi  que  la  Porte  au 
deiïous  foit  enrichie  à  proportion,  comme  celle  qui  fertd'en- 
tre'e  principale  au  Palais  é^  AJonte-Cavalloy  qui  porte  une 
grande  Croifée  à  Balcon  ,  d*oi;i  le  Pape  donne  la  benediiftion: 
Les  Orncmcns  de  ces  fortes  de  Feneflres  portent  de  fond  & 
non  pas  en  faillie,  êjpar  Encorbellement  comme  celles  du 
fécond  Eftage  du  Palais  Farnéle  dont  les  Colonnes  portent 
àfauxfurdesConfoles.  Les  proportions  du  Chambranle,  des 
Montans,  Corniches,  Frontons  &  Consoles  font  prefque 
femblables  à  celles  des  Portes.  Il  eft  à  propos  de  méfier  alter- 
nativement les  Frontons  triangulaires  èc  les  cintrez  ,  ainfi  il 
faut  que  le  nombre  des  Croifées  foit  impair  dans  les  Façades 
des  Edifices.  Outre  ces  fortes  de  Feneflrcs  qu'on  peut  rendre 
fort  régulières,  il  y  en  a  d'autres  que  h  lituation  faitfortirde 
la  proportion  ordinaire,  comme  celles  qui  font  compofées 
d'une  Arcade  portée  par  des  colonnes,  dont  l'Entablement 
retourne  dans  l'épaifleur  du  mur,  de  la  diftance  quiefi  entre 
les  colonnes  ifolées  &  les  Pilaflres  contre  répai'Jcur  du  mur, 
il  fe  forme  deux  Feneltres  qui  accompagnent  l'Arcade;   on 


>  jBE«*||«ipMpiiippppMP«tRawf«llx  ijHÏI  ftipjlPippHppnHapMl^piJiMPHH 


E  l\r    GENERAL. 


T4T 


en  voit  un  exemple  dans  Palladio  au  Porrique  debBafihque 
de  Vicence  :  il  y  en  a  aulTi  une  de  cetremr.niere  dans  la  Salle 
Royale  du  Vatican,  &  une  autre  dans  rUglife  des  Theatins  à 
Pans  qui  eft  autant  ridicule  qucics  autres  font  bdles. 

Après  avoir  traité  des  ouvertures  &:  des  ornemcns  des  Fe- 
ncftres,  il  fuit  expliquer  leurs  fermetures  qui  fj  font  ordi- 
nairement de  bois  :  h  meilleure  pratique  pourleurconftruc- 
tion,  cftd'en  rendre  les  parties  légères  d'ouvr.r<^es  pour  con- 
ferver  la  lumière,  en  lorte  qu'ii'y  ait  le  m-.ins  de  carreaox 
que  faire  fe  peutj  que  les  Croifillons  qui  lesfep.ircntroient 
forteftroits,  ainfi  que  les  Mefccaux  montans  &  traverfins, 
&  que  les  Guichets  (oient  beaucoup  plus  hauts  que  hrges. 
Ces  règles  font  générales  :  Les  pArticulicres  dépendent  de  la 
grandeur  du  lieu ,  acderufagedeseftaî^es.  On  fait  à  prefent 
plus  de  Chalîls  à  verre  que  deCroifées  à  panneaux  de  verre, 
p:^rce  que  ces  Chaflis  fe  peuvent  ouvrir  par  deux,  quatre, 
ou  hx  Ventauxquiportentieurbattement,  iansavoirdeMef- 
neaux  montans  dans  le  Dormant ,  ce  qui  é:t  defagreablc  à 
voir,  fur  tout  dans  un  bel  Eftage.  Il  y  a  plufieurs  fortes  de 
feuillures  pour  empêcher  le  vent  de  pafTer,  oc  Ton  met  une 
Gorgeàlatraverred'embas,  ou  pièce  d'appuy  pour  jetter  les 
eaux  au  dehors  de  la  fciiillure.  Pour  les  Volets,  il  eft  à  propos 
de  les  br.fer,  s'ils  ne  ptuvent  pas  tenir  dansl'embrafure,  les 
ornemens  de  fculpture  qui  doivent  avoir  peu  de  relief,  font 
pris  dans  l'épaiffeur  des  Panneaux  ,  ce  qui  ne  fe  fait  gucres 
qu'aux  grands  Hdilkes,  parce  qu'à  prefent  on  les  peint d'or- 
nemens  Grorefqucs  en  Camaycux  ou  enrouleurs  différen- 
tes, dontlespIusrichesfonràf:)ndsd'or:  le  Parement  des  Vo- 
lets eft  ce  qui  pôle  contre  le  ChaOîs  &  eft  veu  îorfqu'il  fait 
jour.  Pour  /es  compartimens  &:  les  divifions  des  Panneaux 
des  Guichets  des  Carreaux  &  des  Volets,  ils  changent  com- 
me j'ay  dit  cy-delfus  à  proportion  de  l'ouverture  delaFene- 
ftre,  ce  qu'il  feroit  impofiïble  d'expliquer  en  particulier  fans 
un  grand  difcours  qui  ieroit  inutile  ,  puifque  la  pratique  fur 
ce  lujet  eft  beaucoup  plus  fçavante  que  les  reoies. 


mm 


14^ 


TE  NE STR E S 


Feneftre  du  Palais  Sachetti. 
QV oi que  cette  Feue fire  r,e  foi t  pas  de  f^ignole ,  comme  elle  fe 
^ trotivc  dans  flffums  Editions  de  [on  Livre  i  ^^n-j  cru,  ne  la 
devoir  pasfuppnrKcr. 

CEtte  Feneftre  eft  une  de  celles  de  l'Eftage  au  Rez- 
de-chauflec  du  Pahis  Sachetti  dans /4y?r^*î  JultalKomç, 
Elie  eft  du  deflein  d'Antonio  Sangallo,  auQî  reflemble-t'el- 
le  fort  à  celles  du  pareil  Eftage  du  Palais  Farnére  ,  qui  a  efté 
commencé  par  ce  même  Architecte. 

La  composition  de  fon  Architedure  eft  afTez  belle ,  mais 
d'une  proportion  pefante,  le  Chambranle  ayant  de  largeur 
prés  du  cinquième  de  l'ouverture,  quoy  qu'il  ne  doive eftre 
quedufixiéme  :  chaque  Montant  a  environ  le  cinquième  de 
cette  ouverture  ,  &  eft  plus  eftroit  que  le  Chambranle  comme 
il  le  doit  eftre.  La  Corniche  eft  un  peu  plus  haute  que  la  Frife , 
&  l'une  &  l'autre  avec  le  Linteau  du  Chambranle  font  trop 
hauts,  ayant  plus  des  deux  cinquièmes  de  la  hauteur  de  la 
baye,  les  Confoles  font  paralklles  &  arrafées  par  les  coftés  ; 
pour  celles  d'embas,  elles  font  d'une  hauteur  exceffive,  ayant 
plus  que  la  largeur  de  l'ouverture,  elles  fontaufli  larges  que 
le  Chambranle  :  on  peut  voir  par  le  Profil,  la  grande  Saillie 
de  l'appuy,  dont  la  tablette  eft  ornée  de  Moulures  trop  che- 
tives  &  trop  confufes. 

J'ay  changé  les  proportions  de  cette  Feneftre  en  confervant 
la  mefme  compofitionj  le  Chambranle  marqué  B  n'a  quele 
fixiéme  de  l'ouverture,  comme  il  doit  avoir,  l'Entablement 
eft  plus  bas  d'un  huitième  de  la  largeur  de  la  Baye.  Les  Con- 
foles qui  portent  l'appuy  font  d'un  plus  beau  Profil,  &:  moins 
hautes,  leurs  coftez  ne  font  pas  parallelles  ,  elles  font  plus 
étroites  que  le  Chambranle;  &  portent  fur  un  Socle  plus  haut. 
L' Abajour  eft  fermé  en  Platte-bande  bombée.  C'eft  à  prefent 
l'ufage  d'élever  de  terre  l'Eftage  au  rez-de- chauffée  pour  le 
rendre  plus  fain  &  plus  agréable,  &  pour  profiter  de  l'Eftage 
fouterrainpourlesneceflîtezdela  maifon.  J'ay  marqué  dans 
la  Baye  les  Compartimens  de  trois  Volets  pour  trois  Guichets  à 
carreaux  de  verre. 


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pi*  io, 

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DV  VALAIS  SACHETTL 


Ï44 


F  E  N  E  STR  E 


C 


Feneflre  de  Vignole. 

ETTE  FeneftreeftdudeffeindeVignole^   qnoy 
qiCon  ne  fait  pas  affuré  du  lieu  ou  elle  aeté  exécutée. 

X   A  Compofition  de  cette  Feneftre  eft  plus  fimple  &plus 
Lreeuliere  que  h  précédente  :  elle  a  beaucoup  moins  de 
hauteur  ,  que  le  double  de  fa  largeur  ,  parce  qu'elle  peut  a- 
voir   cflc   faite  pour  un  Eftage  voûté  au  rezde-chauiïee. 
Son  Chambranle  (dont  le  profil  eft  prefque  femblableàceluy 
de  l'Archivolte  Dorique)  a  un  peu  moins  que  le  quart  de  h 
larceur  de  l'ouverture  :  l'Entablementeftunpeufort,  ayant 
en  fes  trois  parties  les  deux  cinquièmes  de  la  hauteur  de  la 
Baye.     Il  faut  obferver  au  Profil  quele  Chambranle  a  trop  de 
faillie'  &  qu'il  cache  une  partie  de  la  Frife.     Or  pour  éviter 
cette  Saillie  ,  il  faut  qu'elle  foit  à  plomb  fur  le  filet  qui  cou- 
ronne la  grande  Face ,.  &  que  la  petite  foit  d'alignement  avec 
le  nud  du  mur  :  les  feuillures  doivent  eftre  d'équerre,  abn 
qu'elles  foient  remplies  par  la  menuiferie  :  ce  qu'on  ne-^.ge 
en  Italie,  aifi  qu'on  le  peut  remarquer  fur  les  Plans  des  Por- 
tes de  Vignole  &  de  Michel- Ange  :  l'appuy  eft  trop  firap^e, 
ileftallegé  dansl'embrafure.  Les  Confoles  qui  le  portent  font 
moulées  avec  nervures  &  arrofees  par  les  coftez. 

Mais  afin  de  rendre  cette  Croifée  d'une  plus  belle  propor- 
tion, j 'en  ay  changé  les  mefures,  auCTi  bien  quedecelîesdela 
précédente  :  J'ay  réduit  fa  hauteur  au  double  de  fa  largeur: 
[•Entablement  en  eft  moins  pefant ,  n'ayant  gueres  plus  de 
hauteur  que  la  moitié  delà  largeur  de  la  Baye  :  La  Corniche 
eft  m.ieux  profilée,  le  Chambranle  porte  furun  arnere-corps 
au  niveau  de  la  Frife,  l'appuy  eft  orné  de  Moulures  ,  &  les 
Confoles  font  beaucoup  moins  hautes  &  moins  faillantes;^  la 
i'.aye  eft  remplie  de  dtuxGuichetsàcarreauxde  verre.  J'ay 
delTméle  plan  du  Piédroit  d'une  Croifée  pour  en  faire  connoi- 
ftre  le  détail'des  parties ,  &  les  noms  ufitez  par  les  Ouvriers. 


iCPP 


^/.  5 


fl.  su 


DE    r  I  G  N  0  L  E. 


«45 


|ri:yKSTRxi>EA^i&:N^oxi:J  rE^ESTHE  corri&^k  ,  ^ 


,4(î  V  E  S    N  I  C  H  E  S 

Des  Niches  en  General. 

JDJE  Nqu'il  nefe  trouve  point  de  Niches  dans  le 
^  Livre a'Architetîure de i^igmle -.Cependant piiif-  \ 
que  cet  ornement  contribué  notablement  à  la  décora-  | 
tion  des  Edifices^  &  que  leurs  proportions  aprochent  de  \ 
celles  des  Fenefires  :fay  creu  qu'il  fer  oit  utile  d'en  par- 
ler. 

C^  O  MME  la  régularité  de  l'Architefture  vient  de  l'har- 
^^  rnonie  des  belles  proportions  ;  aulïi  tire-t  elle  fa  richef- 
fe  de  l'excdknre  Sculpture,  dont  elle  peut  eftre  ornée:  or 
le  corps  humain  eftânt  le  plus  parfait  objet  de  la  vSculpture, 
on  a  ti^hé  d'en  placer  la  reprefentation  en  plufieurs  endroits 
des  Edifices  dans  des  renfoncemens  pris  dans  les  épaifleurs 
des  murs  appeliez  Niches.  C'eft  ce  que  les  Anciens  avoient 
coutume  de  faire  dans  leurs  Temples,  BafiUques ,  Palais, 
Biins,  &  autres  Baftimens  magnifiques,  où  ilsmettoientles 
images  de  leurs  Divinitez  ,  &  des  grands  Perfonnages  :  & 
c'eft  ce  que  nous  pratiquons  encore  aujourd'huy  dans  nos 
Palais  &  dans  nos  Eglifes. 

Il  y  a  de  deux  fortes  de  Niches  :  fçavoir  les  Petites  &  les 
Grandes  :  &:les  unes  &:  les  autres  ont  des  proportions  &  des 
ornemens  diiferents  ,  &  font  (impies  ou  riches  conformé- 
ment à  la  décoration  du  refte  de  l'Edifice.  Les  Petites  Ni- 
ches font  pour  les  Statues  en  pied ,  nues  ou  vêtues  &  poférs 
feules  :  &rles  Grandes  pour  les  Groupes ,  ou  Figures  jointes 
enfemble  par  quelques-unes  de  leurs  parties,  ou  pour  des  Co- 
lofTcs.  Quant  à  leur  forme,  il  y  en  a  de  cintrées  par  leur 
plan  &  par  leur  fermeture  ;  &  ce  font  les  plus  ordinaires, 
dont  la  plus  belle  proportion  eft  que  leur  hauteur  ait  le  double 
&  demi  de  leur  largeur,  &  qu'elles  foient  creuféesendemy 
cercle.  Il  y  en  a  d'autres  qui  font  quarrées,  &  qui  font  un 
renforcement  d'une  certaine  profondeur  dansle  corps  du  mur, 
&  font  fermées  quarrément. 


//.JZ. 


EN    GENERAL. 


148  BES    NICHES 


Les  proportions  générales  des  Niches  fe  prennent  du  ca- 
radere  de  l'Ordre  qui  décore  l'Edifice  ,  de  celuy  de  la  Sta- 
tue ,  &:  de  fa  fituation.  Du  caradere  de  l'Ordre,  s'il  eft 
ruftique  ou  délicat ,  dcceluy  delaStatue,  iielleeft  pefanteou 
fvelte,  nue  ou  drapée  ;  &:  de  fa  fituation,  fi  elle  eft  au  rez 
de  chauflee,  ou  beaucoup  plu5  élevée.  Comme  il  eft  plus 
à  propos  de  mettre  la  Statue  d'Hercule  au  rez  de  chauffée 
qu'ailleurs  ,  &  plûtoft:  dar^s  une  compofitioQ  Dorique  que 
Corinthienne  :  auffi  fa  Niche  ne  ck>it  avoir  que  deux  lar- 
geurs, &:un  quart  de  hauteur  j  ainjî  les  figures  les  plus  lege- 
res  fe  mettent  avec  les  Ordres  les  plus  dehcats,  &  aux  lieux 
les  plus  élevez;  &:par  confcquent  les  Niches  y  doivent  eftre 
les  plus  hautes.  Mais  il  faut  obferver  que  plus  les  Niches 
font  élevées ,  plus  les  figures  doivent  eftre  baffes  ;  parce 
qu'au  rez  de  chauffée  les  yeux  de  la  figure  doivent  eftre 
au  niveau  du  dcfTus  del'Impofte,  quoique  Palladio  ait  mis  le 
deffus  de  l'Importe  au  nœud  de  la  gorge,  comme  on  le  peut 
voir  dans  fon  livre  aux  Salles  des  Anciens  à  la  manière  Co- 
rinthienne, &  à  l'Egyptienne,  ouïes  figures  font  trop  puiT- 
fintes  pour  les  Niches,  quoyquc  de  belle  proportion.  C'eft 
pourquoy  les  Niches  élevées  doivent  avoir  plus  de  hauteur; 
&  félon  Scamozzi  deux  fois  &  trois  quarts  de  leur  largeur, 
bien  que  la  figure  ne  foit  qu'à  hauteur  au  deffus  de  ITm- 
poftc,  ce  qui  change  à  la  veuë,  faifant  paroiftre  toute  la  tête 
dans  le  cul- de- four  de  la  Niche  :  auffi  dans  faint  Pierre  du 
Vatican  ,  entre  les  grands  Pilaftres  Corinthiens  du  dedans, 
les  fécondes  Niches  font  plus  hautes  que  les  premières  d'une 
demi  largeur,  quoy qu'elles  foicnt  égales  en  largeur:  &  l'on 
peut  remarquer  à  l'Arc  de  Janus  à  Rome  ,  &:  dans  la  Cour 
clu  Louvre  le  mauvais  effet  des  Niches  du  fécond  &.-du  troi- 
fiéme  Ordre,  qui  font  par  trop  petites.  Mais  il  t'aut  ob'crvcr 
de  ne  point  mettre  de  Niches  entre  les  Pilaftres  ou  Colon- 
nes, lorfqu'elles  font  trop  ferrées,  comme  au  Portail  du  Val 
dcGrace.  Il  fautauffi  prendre  garde  lorfqu'elles  font  les  unes 
fur  les  autres  qu'il  y  doit  rcfter  entre  deux  l'efpace  au  moins  de 


GENERAL, 


^gcurs  ,  parce  qu'autrement  elles  font  trop  proches 
celles  de  l'JZglife  de  laSorbonne.  Quant  au  plan  des 


deux  largeurs 

comme  celles  uc  i  i^gme  ae  laiorbonne.  Quant  au  plan  aes 
Niches ,  le  demi-cercJe  eft  le  plus  partit  ,•  parce  que  fi  elles  font 
plus  profondes,  comme  celles  de  ITglife  des  Theatins,  la  fiou- 
rcneit  pas  allez  découverte;  &  fi  elles  ne  font  pas  aiïez  pm 
fondes,  &  que  b  figure  avance  en  dehors  fur  quelque  Cul 
de^lampe,  comme  au  principal  Autel  des  Minimes,  ou  fur 
uneConfolerenverfée,  comme  àTHoftel  de  Ville  de  Paris 
elles  portent  à  ftux.  Mais  furtoutil  faut  éviter  de  mettre  les 
Niches  fur  des  encoignures,  parce  que  cela  deftituë  l'Ande 
de  la  fofiditc  qu'il  doit  avoir.     Lorfqu'il  7  a  des  Boffages  qui 
régnent  dans  une  Façade,  &qu'H  s'y  rencontre  des  Niches, 
comme  celle  marquée  I.     Il  eft  plus  à  propos  de  termi- 
ner tes  Boffages  à  l'entour  de  la  Niche,  que  de  les  faire  re- 
gn^rpardemere  la  Statue,  (fi  ce  n'eft  à  des  Grottes;  ,  afin 
d'éviterlaconfuiion  de  cette  rufticiré,  avec  la  dehcatelTe  de 
la  Sculpture,     ^  pour  lors  il  faut  entourer  la  Niche  d'un 
Chambranle  uni  où  puiiïent  terminer  les  refends  comme  à  la 
figure  IL  ou  bien  les  terminerprés  de  l'arrefte  de  la  Niche  de  leur 
efpaiifeur,  commeàla  figure  III.  ou  arrefter  les  refends  contre 
le  fond  delà  Niche,  comme  à  la  figure  I  V« 


H 


149 


jv 


NICHIEj  igjSTiqUXS  AVXC  BOSSAGiS<.^lLXTE^Di 


I50 


DES    NICHES 


Les  Niches  quarrécs  font  les  moins  en  ufage  ,  quoiqu'il 
s'en  trouve  à  des  Baftimens  antiques ,  comme  dans  le  Tem- 
ple de  la  Paix  ,  à  l'Arc  de  Titus  ,  &  à  quelques  ouvrages 
modernes,  ainlîque  l'ont  pratiqué  Michel- Ange  dans  l'elca- 
lier  du  Capirole,  Jacques  de  la  Porte  au  Portail  de  Jefus  à 
Rome,  &  Philibert  de  Lorme  au  Chafteau  des  Thuilltries. 
La  proportion  de  ces  Niches  approche  de  celle  àcs  ron- 
des. Celie  de  l'efcalier  du  Capitole  où  eft  l'Uranie  a 
de  hauteur  deux  fois  fa  largeur ,  &  le  tiers  de  l'ou- 
verture de  profondeur.  Mais  je  crois  que  l'ufage  de  ces 
fortes  de  Niches  dépend  de  l'Attitude  de  la  figure,  delà- 
quelle  fi  les  parties  font  faillantcs ,  comme  à  l'Apollon  de 
Belvédère  ,  la  Niche  quarrée  luy  convient  mieux  que  la 
ronde  qui  eft  bien  remplie  d'une  figure  ,  dont  !a  contenan- 
ce eft  modefte  ,  comme  celle  de  l'Uranie,  de  la  Flore,  & 
autres. 

Lorfque  dans  une  Façade  les  Feneftrcs  font  alTez  éloignées 
pour  avoir  des  Niches  d'une  grandeur  proportionnée  aux 
Feneftres ,  &  qu'elles  font  au  mefme  niveau  que  leurs  ap- 
puis ,  on  les  peut  décorer  de  mefme,  &  les  placer  dans  un 
petit  renfoncement  de  la  grandeur  des  Croifées  ,  comme 
celles  du  grand  Portail  du  Louvre  qui  réùiriiïent  avec  fuc- 
cés  de  cette  manière  j  mais  lorfque  l'efpace  qui  eft  entre  les 
Croifées  n'cft  pas  aflez  hrge  pour  donner  aux-Niches  cette  dé- 
coration ,  elles  doivent  eftre  plus  petites  &  un  peu  plus  élevées 
que  l'appuy  dss  Croifées,  &  d'une  Architedure  particulière 
qui  foit  peu  chargée  de  moulures  &  d'ornemens;  parce  que 
la  Figure  en  fait  la  plus  grande  richefle  :  elle  y  doit  tou- 
jours eftre  élevée  fur  un  Plinthe  ,  &  quelque  fois  fur  un  petit 
Pied'eftal  en  adoucilTant  comme  D,qui  a  plus  de  grâce  qu'au- 
cun autre  ,  ainfi  qu'on  le  peut  remarquer  aux  deux  Niches 
entre  les  Colonnes  Ioniques  de  l'avant-corps  du  milieu  du 
Château  de  Verfailles  du  coftéduj^rdin. 

Les  grandes  Niches  pour  mettre  des  Groupes  ou  des  Fi- 
gures Coloffales,  font  ordinairement  au  bas  étage,  elles  font 


ouvertes  ,u(qu  a  1  aire  du  pavement,  comme  ce^ks  du  Port  - 
que  du  Panthéon  ,  celles  du  Portique  de  Farnéfe  ,  du  cofté 
du  Tibre     &'cellesderOrangenedeVerr.ii]es;  aux  Port! 
qucs  du  Panthéon  &  du  Palais  Farnéfe  ,  elles  ont  le  double 
de  leur  largeur.     La  hauteur  du  Piedeftal  dépend  de  h  figure 
dont  on  les  remplit ,  parce  que  fi  c'eft  une  figure  en  pied ,  le 
Piedeft.I  ou  Socle  doit  eflre  moins  haut  que  pour  un  Groupe. 
Ces  fortes  de  Niches  eftant  dans  une  f.ç,de  où  il  y  a  de<= 
Arcades,  retiennent  les  mêmes  Importes  &  Archivolt-s    On 
met  au  rang  de  ces  grandes    Niches    celles  qu'on  nomme 
labernacles,  comme  les  petits  y^utelsdu  Panthéon,  dont 
je  parleray  cy-aprés  ;  mais  entre  les  grandes  Niches,  celles 
dont  Michel-Ange  a  décoré  le  dehors  de  l'Eçlife  de  Saint 
Pierre  font  des  plus  belles ,  elles  ont  efîé  faites  pour  des 
Oroupes  de  Figures. 

^   Les  Orneme^ns  des  Niches  doivent  eflre  proportionnez 
a  leur  grandeur,  comme  ceux  des  Portes  &  des  Fenefîres 
elles  peuvent  eftre  ornées  d'un  Piedeftal  par  bas  de  la  lar- 
geur de  leur  ouverture  d'une  médiocre  faillie  en  dehors    à 
moms  que  la  figure  n'avance  beaucoup  le  pied  en  devant 
on  y  peut  tailler  un  bas  rehef ,  comme  à  la  Niche  B  •  rare' 
ment  on  y  met  un  Cantalabre  ou  Chambranle  fimple  fans 
Impofte,  Il  elles  font  cintrées:  Et  lors  qu'on  n'eft  pas  allu 
jettià  le  fervir  de  l'Importe  de  quelque  Arcade,  dont  on  re 
tranche  les  moulures,  il  faut  prendre  la  Niche  dans  un  ren 
foncement  quatre  avec  un  beau  ChambranledeMontans  d-s 
Confoles,  des  Corniches  &  un  Fronton  qui  ne  foit  ni  bri^é 
mtropchargé  d'Ornemens  dans  Ton  tympan,  nideFcrtons 
fur  (on  Archivolte  qui  doit  avoir  environ  un  fixiéme  del'ou- 
verrure  ;    alors  l'Importe  terminera  dans  les  cotez" du  ren" 
foncement.     Il  n'eft  pas  befoin  de  Clef  f.ilbnre  ;    ou  du 
moins  h  l'on  en  met  une  ,  elle  doit  ertre  de  peu  de  n'rf  • 
il  ne  faut  jamais  mettre  un  mafque  à  la  Clef  d'une  Niche  ' 
mais  plutoft  uneConfole  de  Sculpture  ,  parce  oue  lemafqu» 
fe  trouvant  au  deffus  de  la  tête  de  la  Statue  ,  fm  un  mauvais 


1 


içi  VES    NICHES 


wm 


effet.  On  y  retranche  fouvent  Tlmpofte  &  l'Archivolte,  com- 
me à  la  Niche  A.  On  peutavec  beaucoup  de  grâce  placer  une 
Coquille  dans  le  Cul- de-four  des  Niches,  pour  peu  qu'elles 
(oient  enrichies  à  proportion ,  ce  qui  eft  pratiqué  en  beaucoup 
d'endroits.  Il  y  a  encore  des  Niches  dont  les  jambages  font 
ornez  de  deux  Pilaftres,  avec  une  petite  corniche  architravée 
pour  importe  :  Mais  ces  Pilaftres  ne  peuvent  eftre  que  chet  fs, 
&  cette  manière  eft  mefquine.  Enfin  s'il  y  a  quelque  occafion 
d'enrichir  une  Niche  ,  c'eft  lors  qu'elle  termine  quelque 
fuperbe  Gallerieou  Portique,  &  qu'elle  eft  feule  dans  une 
façade  ,  comme  la  Niche  B, 

Outre  ces  fortes  de  Niches  dont  je  viens  de  parler ,  il  y 
en  a  encore  d'une  autre  compofition  aufquellesonpeutaufli 
donner  ce  nom,  à  caufede  leur  figure  ,  comme  les  Arcades 
renfoncées  en  ligne  circulaire  ,  ainfi  que  celles  du  bout  de 
l'Eglife  de  faint  Pierre  où  font  les  Tombeaux  des  Papes  Paul 
III.  &  Urbain  VIII.  les  fix des  petits  Autels  de  la  Croifée, 
&:les  quatre  qui  font  fous  les  Piliers  du  Dôme  où  font  quatre 
Statues  coloflales  en  pied. 

C^n  fait  encore  de  petites  Niches  ou  renfoncemens, ovales, 
ronds  ou  quarrez,  pour  placer  des  Buftes,  comme  H  &  I, 
afin  de  les  mettre  plus  à  couvert ,  ainfi  qu'à  l'Hoftel  de  la 
Vrillicre&au  Pilais  Royal;  &il  ne  faut  pas  que  le  Bufte  y 
foit  tellement  caché  qu'il  ne  foit  point  veu  de  profil  ;  c'eft 
pourquoy  U  porte  en  partie  fur  une  Confole.  Ces  fortes 
de  renfoncemens  fe  peuvent  faire  plus  à  propos  entre  les 
Archivoltes  dt:s  Arcades  que  dans  des  Tremeaux  &  autres 
Jambages. 

Les  Coquilles  ou  culs -de-four  des  Niches  fe  voûtent  de 
diverfes  manières  ftlon  leur  grandeur,  8<:  félon  ce  que  peuvent 
porter  les  pierres;  les  petites  font  fermées  d'une  Pièce,  mais 
les  grandes  fe  voûtent  en  trompe  par  claveaux,  comme  elles 
le  font  ordinairement  ;  ce  qui  ie  voit  à  la  F^ure  E  ;  ou  en  tas 
de  charge  ,  lorfque  lesaflifes  régnent  de  niveau  ,  &  qu'elles 
font  fermées  par  une  clef  qui  fait  le  mefme  effet  du  couffinet, 


comme 


E  N     G  E  KT  E  R  A  U 


155 


comme  à  l'Orangerie  de  Vcifailles  ,    ainfi  qu'à  la  Fieu- 
re  G. 

Qnoyquela  quantité  des  Statues  augmente  notablement  la 
décoration  d'un  Edifice ,  toutefois  le  trop  de  Niches  dans  une 
Façade  (comme  à  celle  de  l'Hôtel  de  Ville)  eft  défedueux 
c'eft  pourquoy  on  peut  fort  à  propos  dans  les  Cours  &  dans 
les  Jardins  mettre  des  Figures  fur  des  Piedeftaux  hors  d'œuvre 
devant  les  plus  larges  tremeaux  à  cofté  des  Portes  ou  entre 
les  Colonnes  fans  renfoncement  dans  le  mur,  &  il  faut  alors 
que  ces  Figures  foient  bien  terminées  de  tous  coftez.  Quant 
aux  Groupes  de  Figures,  comme  leur  Plan  a  plus  d'étendue, 
&  que  toutes  les  veuës  en  font  ordinairement  riches,  com- 
me celuy  d'Alexandre  Farnéfe  dans  le  Salon  de  ce  Palais , 
ceux  du  raviffement  de  Proferpine  dans  la  Vigne  Lndovijîy 
&  d'Apollon  &Daphné,  dans  celle  de  Borghefe,  ainfi  que 
celuy  de  la  Renommée  du  Roy  à  Verfailles ,  il  eft  mieux  de 
mettre  ces  Groupes  fur  des  Piedeftaux  ifolez  que  dans  des 
Niches  ;  &  au  contraire  celuy  de  Perfée  &  d'Andromède 
dans  le  mefme  Jardin  pourroit  eftre  placé  dans  une  grande 
Niche,  parce  queJaveuë  de  derrière  ne  reprefente  qu'un 
Rocher  aride. 

Il  faut  encore  remarquer  aux  Niches  que  celles  qui  font 
élevées  de  terre  font  fîtuées  le  plus  à  propos.  Que  le  mur 
doit  eftre  fuffifamment  épais  pour  n'en  pas  altérer  la  (olidi- 
té,  &  que  quelques  belles  qu'elles  foient  elles  font  toujours 
un  mauvais  effet  fans  une  Statue.  Qu'il  y  a  des  endroits 
oLi  elles  font  mal  placées ,  comme  dans  le  berceau  d'une  voûte 
d'Eglife  ainfi  qu'à  la  Sorbonne  ,  parce  que  les  figures  n'y 
peuvent  pas  efrreà  plomb,  &  auffi  qu'il  eft  ridicule  de  mettre 
une  Niche  entre  les  Corniches  rampantes  ci'un  Fronton 
brifé. 


^ 


154  DES    NICHES 


Niches  en  Retables  d'Autels. 

/iTANT  confideré  l*ufage  que  nous  pouvons f ai- 
-^re  des  Niches  pour  fervtr  de  Retable  d'Autels^ 
dont  celles  du  Tantheon  à  Rome  ont  fait  naître  l'idée  y 
fen  donne  deux  dijferentes  de  cette  jorte. 

IL  y  a  dans  le  Panthéon  huit  grandes  Niches  quarre'es  appellees  Ta- 
bernacles où  eftoient  des  Idoles  \  leur  renfoncement  tombe  jutqu'à 
rerre  :  elles  ont  trop  de  hauteur  le  double  &  deux  tiers  de  leur  largeur,  & 
de  profondeur  le  tiers  de  cette  largeur.  Ces  fortes  de  Niches  avec  un  Pie- 
deltal  de  la  hauteur  de  ceux  des  Colonnes  font  propres  pour  recevoir  quel- 
que noble  figure  afTife ,  comme  le  Moïfe  de  Michel- Ange  qui  eftau  tom- 
beau de  Jules  fécond  à  Saint  Pierre  in  Vlncoli ,  ou  un  Groupe  comme  celuy 
du  Laocoon  de  Belvédère  ,  ou  comme  un  autre  de  deux  figures  appelle 
vulgairement  la  Paix  des  Grecs.  Il  y  a  aufTi  de  ces  fortes  de  Niches  dans  les 
Bauisde  Paul  ^mile  à  Rome  dont  la  proportion  eft  au  contraire  trop 
balle.  Le  Cavalier  Boromini  en  a  fait  de  cette  manière  qui  font  un  effet 
furprenant  dans  la  Nef  de  l'Eglifede  faint  Jean  deLatran  que  le  Pape 
Innocent  X.  a  fait  reftaurer.  Leur  plan  eft  ovale  ,  elles  font  ornées  de 
Colonnes  de  marbre  verd  antique  :  dans  l'Entablement  il  y  a  une  couronne 
antique,  mais  les  Profils  en  font  aufli  irrcguliers  &  imaginaires  que  la 
coinpofition  en  eft  ingenieufe.  "  • 

A  l'imitation  de  ces  fortes  de  Tabernacles  ,  les  proportions  de  ceux  que 
je  donne  en  Retables  d'Autels  font,  qu'après  15.  pouces  de  hauteur  pour 
trois  degrcz  ,  il  y  a  trois  pieds&  un  quart  de  hauteur  pour  la  Table  d'Au- 
tel qui  peut  avoir  huit  pieds  de  longueur,  &  un  pied  pour  deux  gradins,- 
au  Corinthien  !e  piedeltal  eft  aulTi  haut  que  les  gradins,  &à  l'Ionique  les 
oradins  terminent  dans  un  fode  audellusdu  Pie'deftal,  fondé  fur  l'exemple 
de  l'Ordre  de  l'Arc  de  Titus  &  de  plufieurs  Retables  à  Rome ,  où  cette 
licence  a  pillé  en  ufage ,  les  deux  Niches  font  aufll  larges  l'une  que  l'autre, 
leur  plan  dépend  de  la  difpofition  du  Groupe  &  peut  fuffire  d'un  demi 
ovale.  Pouriaronde,  on  y  peut  mettre  divers  fujets ,  coromcun  Batéme 
de  faint  Jean,  &c.  &  les  colonnes  peuvent  eitre  ifolées  ou  attachées  au 
mur,  au  lieu  defquelleson  peut  mec-^redes  pilaftres  fclon  la  commodité 
du  lieu;  &  des  Tableaux  à  la  place  des  renfoncemens.  J'ay  cho.fi  deux 
Ordres  qui  leur  peuvent  convenir  ;  ces  deux  Retables  qui  n'ont  dans  leur 
compofition  rien  d'extraordinaire  que  la  régularité  de  l'Architefture 
peuvent  eftrc  enrichis  d'ornemens  convenables  au  fujet.  Et  pour  contra- 
llcr  on  doit  mettre  à  la  Niche  quarrée  un  Fronton  cintré ,  &  à  celle  qui  elt 
ronde  un  Fronton  triangulaire. 


fU  fj.        EN  RETABLES  D\AVTEL$.  155 


NICHES    EN    RETABLES    D'AUTELS. 

V  ï] 


j^a  NICHiË.T>V    SALON 


Niche  du  Salon  de  Clagni. 

Ç^OMME  les  Niches  fervent  non  feulement  a 
^^ décorer  les  dehors  des  Edifices^  mais  encore  à  en 
enrichir  les  dedans  &  particulièrement  dans  les  Vefli 
bules ,  Salons  &  Galleries ,  fay  rapporte  cette  Niche 
pour  fer  vir  d'exemple^  &  pour  faire  connoître  l'effet 
de  fes  proportions  particulières. 

LE  Château  de  Clagny  auprès  de  Verfailles  peut  pafTer 
pour  une  des  plus  accomplies  &  des  plus  régulières 
Maifons  Royales,  à  caufe  de  la  décoration  du  dehors 
accommodée  aux  ufages  du  dedans.  Monfieur  Manfart 
qui  l'a  faite  a  donné  en  cette  occafion  des  preuves  de  l'ex- 
cellence de  Ton  génie  :  cette  Niche  avec  la  pareille  vis- à  vis 
eft  fous  le  Dôme  dans  le  grand  Salon  du  milieu  ,  qui  fert  de 
Veftibule  pour  feparer  deux  grands  Appartemens  ,  &  de 
paffàge  pour  aller  au  Jardin.  Il  eft  décoré  par  dedans  de 
Pilaftres  Corinthiens  de  deux  pieds  de  diamettre  ,  &  d'un 
Ordre  Attique  au  deffus ,  &  éclairé  par  douze  Feneftres  , 
fix  fur  la  Cour,  &  autant  fur  le  Jardin  :  La  proporion  de 
cette  Niche  eft  de  deux  fois  fa  largeur ,  &  environ  d'un  tiers 
de  hauteur  ,  fur  un  demi -cercle  de  profondeur  :  elle  eft 
élevée  à  prés  de  cinq  pieds  de  terre.  L'Archivolte  a  de 
largeur  la  fîxiéme  partie  de  l'ouverture  qui  détermine  la 
largeur  du  Piedeftal  ,  &:  ITmpofte  aufli  haute  que  l'Archi- 
volte règne  dans  le  fond  de  la  Niche.  II  n'y  a  point  encore  de 
Statue  dedans ,  &  je  me  fuis  fervi  de  celle  de  la  Flore  du  Palais 
Farnéfe  pour  la  remplir,  la  fuppofant  réduite  à  cette  mefure, 
parce  qu'elle  paroift  y  convenir  fort  à  propos  ,  &  que  b 
Niche  n'ayant  pas  de  hauteur  deux  fois  &  demi  de  fa  largeur, 
la  grande  draperie.de  cette  Figure  convient  fort  à  propos  à 
cette  proportion. 


;/'  54'  - 


DE    C  L  ji  G  N  r. 


JVIÇHE.3>TJ    gALQN  DIT  CHA^TIIAV  DE   tl^A^ClSTY 


y  m 


S5t  DES    CHEMIN  TES 


WÊÊÊÊm 


Des  Cheminées  en  gênerai. 

fsj*  ATANT  trouvé  qu'un  dejjeinde  Cheminée 
■^  ^dans  Vignole ,  comme  fay  cru  que  cela  nefuffifoit 
pas  pour  donner  une  parfaite  intelligence  de  cette  par- 
tie fi  neceffaire^^f  en  traite  en  gêner  al  &  enparticulier-^ 
pourfuivre  la  manière  dont  fay  expliqué  cy-  devant  les 
autres  parties  les  plus  confiderables  de  l*  Edifice, 

LA  différente  température  de  l'air  contribue  à  l'ufage  plus 
ou  moins  fréquent  des  Cheminées  dans  les  Edifices  ;  le 
peu  d'exemples  qui  nous  en  reftentdes  anciens,  S'iobrcurité 
des  préceptes  de  Vitruve  fur  ce  fujet  font  juger  que  l'ufage 
desEftuves  dont  ils  avoient  des  Appartemens  entiers  échauf- 
fez pardesPoëfles,  leur  faifoit  négliger  cette  partie  du  Eafti- 
ment  que  la  neceffiié  en  noftre  climat  nous  a  contraint  de 
rendre  un  des  principaux  ornemens  de  nos  habitations.  Scam- 
mozzi  donne  trois  fortes  de  Cheminées ,  mais  leurs  propor- 
tions font  bien  différentes  de  celles  qu'une  pratique  confom- 
m ée  a  rendu  parfaites  chez  nous ,  parce  que  tous  les  Ornemens 
de  celles  qu'il  nomme  à  Pavillon,  qui  eftoient  fort  à  la  mode 
de  fon  temps ,  font  de  grande  dépenfe  ,  chargent  beaucoup 
les  planchers ,  &  diminuent  notablement  par  leur  faillie  la 
capacité  du  lieu  oia  elles  fervent  :  ainfi  fans  s'arrefter  àfado- 
drinefurce  fujet,  nous  diftinguerons  trois  fortes  de  Chemi- 
nées ;  des  grandes  pour  les  Cuifmes ,  les  Galleries ,  les  Salles, 
&  Salons:  des  moyennes  pour  les  Anti-chambres,  les  Cham- 
bres &  les  grands  Cabinets  :  &  des  petites  pour  les  petits 
Cabinets  &  les  Garderobes. 

Pour  les  grandes,  celles  des  Cuifines  n'ont  befoin  d'aucun 
ornement  ;  leur  Manteau  fe  fait  en  hotte  ou  fi-ure  pyrami- 
dale, élevé  environ  à  fix  pieds  de  l'aire  du  pavé  ;  leur  Atre 
eft  haut  de  lix  pouces  :  &leur  Contrecœur  doit  eftre  de  bri- 
que ,  pour  refifter  à  la  grande  chaleur.    On  met  ordinaire- 


fl  jy. 


EN    GENERAL. 


\i.Sclù'£s  2  En  - 
<  ckeucTtr&r  oit. 

deuhleaitX  . 
cUBoT-r-fr     ?r_ 

JLMc 


ris^        TIJVAX^X  DI.   CHEMINEES    DXX^OYEZ 


■Pi^  jgj> 


,^o  r>  E  s     C  H  F^^  I  N  £'  E  s 

---  -     — ' — - — ^-— i— 


mciu  le  potager  à  code  ,  luus  le  manteau  q.a  occupe  lou- 
vcnt  la  longueur  du  mur ,  contre  lequel  il  eft  adoflé  Jans  les 
grands  Edifices  ;  la  Phtte-  bande  eit  fermée  de  pierres ,  & 
plus  élevée  que  le  Manteau  qui  eft  de  bois  dans  les  médio- 
cres. Celles  des  Salles  ,  Salons  &  Galleries  font  les  plus 
magnifiques  ,  elles  peuvent  avoir  fix  àfeptpieds  d'ouverture 
entre  leurs  jambages,  &  quatre  à  cinq  pieds  depuis  le  defTous 
de  leur  Platte  bande  ,  &  deux  à  deux  pieds  &  demi  de  pro- 
fondeur d'Atre.  La  Corniche  de  la  gorge  en  doit  eftre  fort 
élevée,&:  hors  de  la  portée  de  la  main.  La  corniche  du  Couron- 
nement du  manteau  doit  être  h  même  que  celle  qui  règne 
au  pourtour  du  Plafond  de  la  Salle,  &  il  faut  obferver  fi  ce 
Plafond  eft  cintré  avec  des  courbes ,  qu'elle  doit  avoir  peu 
de  faillie  ,  &  cetre  Corniche  ne  peut  pas  être  retournée  au 
droit  de  la  Cheminée  ,  parce  que  le  Tuyau  qui  paroîrroir 
dans  la  partie  cintrée  feroit  un  mauvais  effet  :  lorfquela  Salle 
eft  longue  en  manière  de  Gallerie ,  comme  celle  de  l'Hollel 
de  Vilîe  de  Paris ,  on  peut  mettre  une  Cheminée  à  chaque 
bout.  Pour  les  Moyennes ,  elles  ne  différent  des  Grandes 
que  dans  les  proportions  qui  diminuent  félon  que  le  heu,  eft 
moins  grand. 

Dans  les  grands  Baftimens  les  Tuyaux  font  pris  dans  l'é- 
paiffeur  des  murs ,  qui  doivent  avoir  plus  de  deux  pieds  & 
demi  ;  ce  qui  ne  fe  peut  faire  folidement  dans  les  médio- 
cres oii  il  n'y  a  d'cpaiffeur  que  deux  largeurs  de  brique  ,  & 
le  pafljge  du  Tuyau  de  la  largeur  d'un  pied  ;  en  forte  que 
les  murs  de  refend  qui  doivent  entretenir  ceux  de  Face  font 
fort  affoiblis.  Autrefois  les  Cheminées  dans  les  Baftimens 
particuliers  étoient  adoiïées  les  unes  devant  les  autres  ,  mai 
comme  elles  chargcoient  les  Planchers ,  &  avançoicnt  trop 
dans  les  Chambres  on  a  corrigé  ce  défaut ,  en  les  rangeant 
le  loni^  du  mur  ,  &:  en  dévoyant  les  Tuyaux,  comme  on 
le  peut  voir  dans  la  figure  oii  le  plan  eft  celny  au  niveau  de 
riintablement  O.  &  par  confequent  de  ITirase  en  Giletas, 
&le  cinquième  compris  celuy  durezde  chauffée,les  Fuyiux 


^ 


B.  C. 


EN    GENERAL,  i6i 


V>,  C.  des  chambres  ,  &  ceux  E.  G.  des  Cabinets  font 
dévoyez  ,  &  les  autres  montent  tout  droit.  Pour  les 
Tuyaux  de  l'étage  en  galetas  dont  les  Encheveftrures  aa, 
portent  les  atres  ils  font  doublez  fur  les  autres,  ainli  que  les 
Tuyaux  H.  &  G.  Or  comme  le  devoyement  eft  déHigrea- 
ble  à  voir  dans  une  chambre  ,  on  peut  pratiquer  des  ar- 
moires dans  les  vuides  K.  qui  rendent  la  chambre  régulière; 
&  la  Cheminée  n'a  de  Saillie  qu'un  petit  corps  d'un  ou  de 
deux  pouces  qui  peut  eftre  couronne  fous  le  larmier  fans  ref- 
faut  dans  la  corniche  de  la  chambre.  On  peut  auiîi  laiiTer 
les  vuides  I.  pour  foulager  le  Tuyau.  Quant  à  la  conftru- 
dion,  il  faut  éviter  que  les  bois  ,  comme  les  poutres  &  les 
folives  d'Enchtveftrure  b.  qui  pafTent  auprès  ou  entre  les 
Tuyaux  foient  apparens;  car  ils  doivent  eftre  recouverts  de 
plaAre  de  quatre  à  cinq  pouces  avec  des  chevilles  de  fer,  ellant 
les  Atres,  portez  fur  des  barres  de  fer  d.  ce  crainte  des  acci- 
dens  du  feu.  Les  Tuyaux  peuvent  avoir  trois  ou  quatre 
pieds  de  longueur  fur  ic.  12.315.  pouces  de  largeur:  les  foli- 
ves d'Enchevcflrure  b.  ne  peuvent  porter  que  dans  la  moitié 
du  mur  mitoyen,  &les  autres  folives  dans  des  cheveftresC. 
ou  fur  des  fablieres.  Les  Tuyaux  &  les  languettes  e.  doi- 
vent avoir  trois  pouces  d'épaifleur  &eftre  de  plaftre  pur,  & 
les  languettes  de  pierre  ou  de  bricques  de  quatre  pouces  dans 
les  grands  baftimens. 

Quant  à  la  lituation  des  Cheminées  ,     il  fe  faut  donner 
de  garde  de  les  adofler  contre  le  mur  de  face  entre  les  Fe- 
nefires  ,  parce  qu'elles  chargent  le  mur,    &  que  leur  fouche 
paroifl  trop  hors  du  comble  ,     elles  doivent  autant  qu'il  eft 
poflîble  fe  prefenter  en  entrant  ,     mais  rarement  devant  une 
Porte, parce  qu'il  doit  y  avoir  une  Feneftre  ou  une  Porte.  Ij 
eft  plus  à  propos  que  là  Cheminée  foit  contre  le  mur  de  re- 
fend de  la  Salle,  que  dans  le  fond  desappartemens,  &devant 
lesCroifées,  &  quelle  occupe  le  milieu  du  mur,  ainfique 
dans  un  cabinet;  iMaisdans  une  grande  Chambre  elle  doit  oc- 
cuper le  milieu  du  mur  depuis  le  pied  du  lit  jufques  au  der- 

X 


1(51  D  E  S     C  H  E  M  F  N  E^  E  S. 


rieredumurdeface.     La  grandeur  des  moyennes  Cheminées 
cft  environ  de  quatre  pieds  de  largeur  fur  trois  pieds  de  hauteur, 
^rdeiS.àio.  poucesde  profondeur.     La  hauteur  de  la  cor- 
niche doit  élire  élevée  de  (ix  pieds  ,     afin  qu'on  ne  puiffe 
pas  renverfer  les  vafes  dont  elle  peut  eftre  ornée.  Lecham- 
branle  d'une  i;rande  Cheminée  peut  avoir  i  de  la  larijeur 
de  l'ouverture  ,     &  les  petites  i  tk  le  foyer 'aufTi  long'que 
le  Chambranle  fur  quinze  à  dix  huit  pouces  de  lan^e."^  Les 
Gorges  fe  font  de  diifcrens  profils  :  celles  en  adouciflement 
font  les  plus  ordinaires  ,    on  les  fiit  auifi  en  Frife  à  plomb, 
^' alors  il  relie  une  tablette  fur  le  chambranle.     La  corniche 
de  la  gorge  ne  doit  pas  avoir  plus  de  faillie     que  de   hau- 
teur.    Lors  que  le  plancher  efl  fort  élevé  ,   &  que  refpKC 
qui  refte  depuis  la  corniche  de  la  gorge  jufques  fous  celle 
qui  couronne  le  manteau  eft  trop  haut  &  étroit  ,     n'eftant 
que  de  la  largeur  du  Tuyau  ,     il  faut  mettre  au  deflbus  du 
quadre  quelque    bas  relief  en  longueur  qui  luy  ferve  de 
foubaffement.     La  largeur  des  petites  Cheminées  efl:  au  def- 
fous  de  quatre  pieds  jufques  à  deux  &  quelque  fois  dans  cet- 
te  largeur  de  quatre  pieds  on  n'en  donne  que  deux  de  lar- 
geur d'Atre  pour  un  petit  Cabinet,     &  dans  les  efpaces  des 
Niches  qui  reftent  dans  les  coflez,  on  met  les  uftencilesde 
la  Cheminée  ;     leur  platte-bande  eft  ordinairement  cintrée, 
ainfi  que  leur  plan  dans  les  encognures  de  l'Atre,  ou  à  pans', 
avec  trois  plaques  de  fer  fondu  ,     afin  que  la  chaleur  eftant 
reOerrée,  fe  porte  avec  plus  d'effet  au  dehors.  On  nomme 
ces  fortes  de  Cheminées  à  l'An^loife.    'La  manière  la  plus 
ordinaire  eft  de   faire   les   Cheminées   quarrées   avec     un 
Contrecœur  de  fer  fjndu  qui  eft  de  peu  dedepenfe&de 
grande  utilité  ,     tant  pour   la  refledion  de  la  chaleur  que 
pour  la   confervation   du   mur.     Ces   Contrecœurs     font 
;  ornez  de  Sculpture  en  bas-relief,  &  comme  il  y  en  a  où 
l'année  courante  eft  marquée,  on  s'en  fert  auffi  pour  mar- 
quer le  temps  que  le  baftiment  a  efté  conftruit.     Lors  que 
le  Baftiment  eft  confiderable,  on  enfaitfondre  exprés  avec 


mmmmm 


^  A^     a  E  N  K  R  yi  r. 


ks  armes  ou  les  chifres  du  maiftre  de  la  maifon  j|  y  en  a 
depuis  deux  pieds  de  large  jufques  à  quatre  qui  Tuffifent  pour 
une  Chemniee  de  fîx  pieds  d'ouverture.  Pour  l'ufaae  des 
Poèflcs  ,  j1  eft  à  prefent  adcz  commun  ,  &  on  les  me?  dan. 
les  Chcmuiees:  Les  meilleurs  font  de  fer  fondu,  parce  qu'ils 
confomment  moins  de  bois.  Pour  ce  qui  rej^arde  les  orne 
mens  des  manteaux  de  Cheminées,  j'en  parleray  dans  l'expli- 
cation des  planches  fuivantes. 

Puifque  les  Cheminées  font  abfolument  necefTaires  ,  &- 
qu  elles  accorent  le  dedans  ,  il  faut  auffi  que  leurs  Tou- 
ches ne  caufent  aucune  difformité  au  dehors.  Celles  oui 
font  fur  le  courant  du  comble  &  ifolées  doivent  eflreles  plus 
égales  en  grofleur  ,  &  le  plus  de  fymmetrie  que  faire  fe  peut, 
&:  toutes  de  pareille  hauteur,  trois  pieds  au  defTus  du  faifle 
dont  elles  doivent  eflre  le  plus  proche  qu'il  efl  pofTible  ,    & 

M      '/?    n  'r^"^f  '"''  ^^^^'"^  paflerdans  le  faux  com- 
ble, &  f,  elles  font  le  long  des  murs  mitoyens,    il  faut  les 

ranger  fur  leur  longueur  &  toutes  enfemble,  quand  mefme 
le  Corps  de  logis  feroit  double,  comme  dans  la  fî^ure-  leur 
fermeture  doit  efîre  d'environ  quatre  à  fix  pouces  de  jour 
pour  1  echapee  de  la  fumée  fur  la  longueur  proportionnée  à 
celle  du    ruyau  ,     avec  un  petit  adouciffement  au  deHus. 
Quand  elles  font  trop  hautes,  parce  qu'on  y  efl  contraint 
par  les  Bafhmens  voifms  ,     on  les  doit  retenir  avec  des  bar- 
res de  fer      Les  Languettes  ainf]  que  les  Tuyaux  fe  font  de 
pierre  ou  de  brique  dans  les  grands  Baffimens,  &  de  plaQre 
pour  les  maifons  particuheres  ,     &  les  uns  &  les  autres  font 
entretenus  de  fentons  de  fer.  Les  fouches  n'ont  befoin  d'au- 
tre ornement  que  de  quelques  tables  avec  plinthe  &  larmier, 
&rarementavecde  la  Sculpture  ,   comme  celle  du  Louvre 
ou  la  confufîon  des  ornemensempefche  qu'on  n'en  puiffedi- 
Ihnguer  Je  travail.  ^  fun.Lui 


i<: 


154  C  H  E  Ai  T  N  E^  E 


Cheminée  du  Valais  Farnéfe, 

CETTE  Cheminée  efl:  dans  la  Chambre  oh 
couchoit  riIIuilrillime&Reverendilîimc  Car- 
dmal  Ranuce  Farnéfe  du  titre  de  S.  Ange  ,  &  ou 
couche  àprefent  Monjieur  le  "J)uc  d'EJîrees  Ambajfa- 
deur  de  France  qui  occupe  ce  ^Palaù.  Elle  eft  faite  de 
Marbres  de  diverfcs  couleurs. 

LE  Portique  ou  Gilerie  du  premier  Eftage  du  Palais 
Farnéfe  ne  règne  que  dans  trois  coftez.  Le  quatriéine 
à  main  droite  en  entrant  du  cofté  de  la  Place  ell  occupé  par 
un  petit  Appartement  de  trois  ou  quatre  pièces.  Cette 
Cheminée  eft  dans  la  plus  grande  Chambre  quia  deux  Croi- 
fées  de  cinq  d'une  des  faces  de  la  Cour  ,  dont  h  Voûte  eft 
peinte  par  Hannibàl  Carrache,  qui  y  a  reprefenté  les  travaux 
d'Hercules.  Cette  Cheminée  eft  prifedans  l'épaifleur  du  mur 
de  re^end,  qui  fepare  ce  petit  appartement  d'avec  le  grand. 
Sa  largeur  peut  avoir  un  peu  plus  de  quatre  pieds.  La  hauteur 
a  les  cinq  fixiémes  de  l'ouverture  ,  &  le  Chambranle  un 
(ixiéme.  La  Frife  &  la  Corniche  font  d'égale  hauteur, 
cette  Cheminée  eft  travaillée  avec  beaucoup  de  propreté, 
de  marbres  précieux  &  rares ,  &  le  Fefton  eft  fait  de  pierres  de 
couleurs  naturelles  des  fruits  qu'il  reprefenté.  Il  n'y  a 
point  de  Bufte,  mais  feulement  une  petite  Niche  uns  figure. 
Cette  Cheminée  peut  convenir  à  une  petite  Chambre  fans 
tuyau  apparent,  &  peuteftre  exécutée  de  bois  peint  en  mar- 
bres de  diverfes  couleurs  ,  mais  le  Chambranle  doit  eftre 
de  marbre  autant  qu'il  fc  peur. 

N'ayant  trouve  que  cette  Cheminée  dans  Vignole,  j'^ay  def- 
finé  de  mon  invention  les  autres  qui  fuivent,  tant  pour  rendre 
plus  intelligibles  les  difcours  qui  en  traittent  ,  que  parce 
qu'elles  font  plus  félon  l'ufaged'aprefent. 


mmm 


pl.'i6. 


DV  ?  AL  Aïs  FARNESE, 


Xif; 


T^^>  r>K  S     GRANDES 

G  randes  Cheminées  pour  Salles  6c  Galleries. 

^UlS§lUEles  Cheminées  contribuent  hlade- 
^  coration  des  Appartemens  ,  il  eft  facile  de  con- 
nottrepar  les  figures  fmvantes,  que  les  ornemensdont 
onles  enrichit  leur  doivent  être  aujji  convenables  que 
leur  grandeur  doit  ejlre  proportionnée  aux  lieux  ou  el- 
les Jtrvent. 

r^  Es  deux  Chemindcs  font  de  celles  qu'on   peut   appeller    Grandes 

la  p.us  grande  a  feptp.eas  de  largeur  d'Atre,  fur  quatre  de  hauteur  ,  &  la 
mon^dre   l:x  p.eds  iur  trois  p.eds  neuf  pouces  •.  les  Entableme.s  c  u 
les  couronnent  (ont  les  melmes  cjue  ceux  des  Salles,  &  ils  ont  de  h2u 
teur  deux  p.eds  qu,  elt  la  dixième  partie,  qui  ne  peut  e(he  moindre' 
mais   plutôt   plus  haute  lelon   la   grandeur  du   pL  de  la  pi  ce     S 
manteau  de  la  plus  grande  peut  eftre   en   faillie  de  Tepaifleur  d^  foi 
Tuyau ,  a.nfi  la  Corniche  touchera  le  Plafond  :  mais  ircorniche  de  là       1 
moindre  ,  fi  on  remarque  foii  profil  couronne  par  une  moulu  e  ronde       I 
peut  recevoir  un  cmtre  ,  dont  les  courbes  ne  doivent  pas  répondre  au 
nud    du  mur,  mais  porter  à  faux  d'un   tiers  ou  d'un  ^quart Tla  por- 
t  e  de  la  Corniche  ,     afin  que  la  faillie  cache  moins  de  la  partie  ^cu  - 
re   denviron    trois   a   quatre  pieds  du  dellus  de  la  Corniche  au  Pla- 
ond  :    amh  h  pièce  aura  vmgt-tro.s  à  vingt  q  ,atre  pieds  fous  folives 
Le  Chambranle  eft  a  chacune  de  ces  Cheminées  la  (epticme  partie  de 
leur  ouverture  .    la  Corniche   de   la  Porae  eft    élevée   d.  Lir       ^ 
celle  de  la  plus  grande  eft  en  Frife  afec te  Con  iX  cmt    ^  ^t; 
bas  re  lef  rond .   au  dellus  eft  une  PInnhe  portée  fur  des  con  oies ,  fu 
aquede  poleun  quadre  à  crollettes ,  &  la  Sculpture  porte  fur  u     peci 
iode  :  la   gorge    de  1  autre  elt  en  adoucilTement  avec  une   table  Jour       I 
un  bas  relief  ,    le  quadre  eft  ovale  ,  qu'on  peut  remplir  d'un  tableau         I 
Les  Entablcmens  ont  des  confoles   &  leur   Sculpture    comme  celle  dei 
A,g!es,  maques&fcftons,  doitavoir  beaucoup  de  relief  à  clufe  de 
capacité  du  lieu.     Les  Chambranles   des   Cheminées     uffî  r  clés    J 
celle-cy  doivent  eftre  de  marbre  ,  &  le  refte  de  la  gorge  de  mefme  ma 
nc^re     oudemenu.Iene  penue  de  marbres  de  divcries  couleurs  ,  &  to^'e 
la  Scu  Ip,,re  dorée  ou  façon  de  bronze.  J'ay  fait  les  profils  des  Cormches  & 
gorge  par  inorceaux  du  double  de  l'Efchelle  des  manteaux  pour  eimar 
qucr  plus  diftinaement  les  parties.  ^  "^cumar- 


pi.  ^6. 


C  H  E  M  l  N  E'  E  S, 


iC-j 


GRANDES  CHEMXNEESPOTJR  SAXtESc^GAIXEILlESi' 


,68  DES    MOYENNES, 


Moyennes  Cheminées  pour  les  Chambres. 

f^Omme  il  arrive  fou-vent  que  dans  les  réparations 
^  des  vieilles  rnaijons  il  faut  faire  de  neuf  des  Che- 
minées ,  &  qu  'on  ne  peut  y  changer  les  poutres-^  la  Che- 
minée B  de  cette  figure  fait  voir  le  moyen  de  remédier  a 
la  difformité  qn' apporte  cette  fujetion. 

LE  s  Chambres  des  plus  belles  maifcns  particulières  n'ont  guercs 
plus  de(îouzeà  treize  pieds  d'e'levacion  de  plancher,  laplus  i^rande  de 
ces  deux  Cheminées  qui  a  quatre  pieds  &  dcmy  d'ouverture  peut  fervir 
dans  une  Chambre  dont  le  plafond  eft  cintre'  de  deux  pieds  j  deforte 
qu'il  y  auroit  quinze  pieds  fous  folives  ,  la  Corniche  delagorge  eftc'leve'e 
prés  de  llx  pieds,  &  le  Profil  de  cette  gorge  eft  endoucine,  ou  cloche 
qui  va  terminer  pardevant  dans  un  avant-corps.  Pour  l'autre  Chemi- 
née, elle  n'a  que  quatre  pieds  d'ouverture.  La  Corniche  de  la  gorge  eft  éle- 
vée de  cinq  pieds  &  dcmy,  (on  Profil  elt  en  baluftre,  le  manteau  eu  couron- 
né par  un  Fronton  cintré  ,  la  Corniche  de  la  Chambre  en  renfon- 
cement entre  les  poutres  ,  peu:  eftre  comme  un  architrave,  &  retour- 
née derrière  le  Fronton  du  manteau  ,  ou  comme  le  plus  riche  Profil , 
mais  il  faut  charger  les  poutres  de  plaftre  le  moins  qu'on  le  peut  ; 
puifque  ce  n'eft  plus  gucres  l'ufage  de  laiffer  les  bois  apparens  :  les 
lambris  axix  coltez  de  ces  Cheminées  font  de  deux  différentes  hau- 
teurs d'appui.  Il  faut  remarquer  que  les  Profils  des  Chambranles, 
tant  de  ces  Cheminées  que  des  autres  ,  font  de  riches  &  fortes  mou- 
lures qui  fe  doivent  faire  tout  du  moins  de  bois,  ou  pluftoft  de  marbre, 
pour  peu  que  le  logement  (oit  coiifiderable  ,'  &  toute  la  gorge  de  la 
Corniche  de  menuiferle,  &  rarement  de  plaftre,  fi  ce  n'eft  pour  des  Che- 
minées communes,  le  relie  du  manteau  de  mefme  que  la  Corniche  de  la 
Chambre  fe  peut  faire  de  plaftre.  Pour  les  or..emens  donc  la  plufpart 
font  moulez,  ils  font  à  boninarché;  mais  ils  doivent  convenir  à  l'Ar- 
chiteâ:urc,  &  fur  tout  il  faut  éviter  de  mettre  de  la  Sculpture  de  grand 
relief  dans  de  petites  pièces;  comme  on  le  pratique  mal  à  propos  tous  les 
jours  i  &  on  doit  orner  principalement  les  grandes  parties ,  comme  les 
Gorges  &  Frifes  -,  mais  jamais  les  Chambranles.  On  peut  peindre  les 
manteaux  de  Cheminée  de  quelque  couleur  ,  &i  ne  laiffcr  que  les  bas- 
rclicfs  blancs  dans  les  moindres  apparcemcns  ,  parce  que  les  couleurs 
s'accordent  fort  bien  avec  les  meubles. 


1 


//.  jS. 


C  H  E  M  I  N  B  E  s. 


iC^ 


•Y 


ï^o  DES     PETITES 

mjmjmmmBamKmBmaam.ima.miumÊÊimmÊÊmmmmiÊmmmMm 


Petites  Cheminées  pour  les  Cabinets. 

l  Es  Chambres  médiocres  étant  plus  habitées  que 
^-^ les  grandes  ,   on  a  recherché  de  leur  donner  au- 
tant de  commoditez  que  les  grayides  ont  de  magni- 
ficence. 

CEs  quatre  Cheminées  ne  peuvent  pas  fervir  aux  grands  Cab)t;ecs  qui 
conlervent  Ja  même  hauteur  de  plancher  que  les  principales  pièces 
d'un  Appartement  ,•  mais  elles  font  deftine'es  pour  les  perus  Cabinets, 
les  Eiitrefolles  ,  &  les  Garderobes.  Ces  pentes  pièces  font  ordinaire- 
ment lambriire'es  de  bois  pour  les  rendre  plus  chaudes  ,  parce  qu'elles 
font  plus  fréquentées  en  Hyver  qu'en  Eflé.  Les  Corniches  fe  font  plullofl: 
de  marbre  que  de  bois  ,  les  compartimens  des  Lambris  de  ces  quatre 
Cabinets  font  de  diverfes  fortes:  les  deux  plus  grands  ont  dix  pieds  fous 
foUve  :  la  Cheminée  du  Cabinet  marque'e  A.  a  trois  pieds  &  demi  d'ou- 
verture &  e(t  cintrée  dans  fa  fermeture,  le  pouvant  être  aulfi  dans  fon 
plan  vers  les  coins  de  l'atre.  Le  premier  lambris  elt  à  hauteur  d'appuy 
de  deux  pieds  neuf  pouces  de  haut:  celuy  de  dedus  eftacinq  pieds  qui 
eft  la  hauteur  de  la  Corniche  de  la  gorge  avec  panneaux  pour  des  orne- 
mens  :  &  celuy  de  deifus  eft  avec  pilaltres  &  quadres  pour  des  ta- 
bleaux raportez  ou  peints  furie  lieu.  Le  Lambris  de  la  pièce  marquée 
B.  eft  à  placart  feint  ou  vray ,  &  de  fymme'trie  avec  un  autre  placart 
à  côte  ,  la  Cheminée  étant  au  milieu.  Les  deux  autres  Cabinets  ont  9. 
pieds  fous  folive;  le  lambris  de  celuy  marqué  C  eft  à  placart  avec  15. 
glaces  d'environ  un  pied  de  haut  fur  dix  pouces  de  large.  La  Cheminée 
eft  cintrée  en  anfe  de  panier.  La  Cheminée  du  Cabinet  D.  eft  à  l'An- 
gioi  fc  ,  n'ayant  que  deux  pieds  ^  demi  de  largeur,  avec  deux  petites  niches 
aux  coftez  pour  mettre  les  ufteiiciles  ,  dont  on  attife  le  feu  ,  ion  plan 
eft  à  trois  pans  avec  trois  plaques  de  fer  fondu.  Cette  pièce  n'eft 
boifée  qu'à  hauteur  de  la  Corniche  de  la  gorge  ,  ou  ne  le  peut  être 
que  jufques  à  la  tablette  fur  le  Chambranle  :"les  Corniches  architravées 
de  ces  4.  Cabinets  ont  la  dixième  partie  de  la  hauteur  du  plancher  qui 
eft  en  plafond  ,  &  quelquefois  cintré  pour  être  à  pareille  hauteur  que 
les  pièces  d'un  médiocre  Appartement.  Pour  les'  Entrefolles  qui  ne 
partent  pas  fouvent  6  à  7  pieds  de  hauteur  ,  leurs  cheminées  n'ont  que 
la  Gorge  &  la  Corniche  ,  &  quelquefois  que  le  Chambranle  arrafé  avec 
le  lambris  ,  lors  qu'elles  font  pnfes  dans  l'cpailleur  des  murs  ,  ou  à 
cofté  des  Tuyaux  dévoyez. 


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C  H  E  Aï  I  N  E'  E  s. 


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^.;J]l»ETll  ils  rHKVUNEES  POl   K  L E jjJ^AgTNj^j^j^ 


V  u 


17^  ^ ^    ^^ ^    vrsTRrBvriON 


De  la  Didribution  deî>  Plans  &  de  la  DecoratiOn 
des  Façades. 

^Omme  il  eft  difficile  de  juger  de  la  proportion  rela 
'^îi've  que  les  parties  d^iin  Edifice  doivent  avoir 
entf elles J ans  en  voir  quelque  compofition  entière^ 
après  avoir  traite  cj -dejftts  feparcment  de  (es  par- 
ties^ 072  peut  facilement  connoître  par  le  de/Je  in  delà 
Mai f on  qui  fuit  ^  combien  leur  véritable  fituation 
fait  valoir  la  beauté  des  proportions  &  des  ornemens 
qui  leur  conviennent. 
» 

LEs  Règles  particulières  de  l'Architecture  eAant  d'une  fi 
grande  eftenduë  ,   qu'il  s'en  trouve  toujours  de  nouvd- 
les  rdon  les  nouveaux  fujets  que  l'on  traire  ,  afin  de  pouvoir 
dire  quelque  chofe  de  celles  qui  font  générales  ,   je  me  fiijs 
reftraint  dans  deux  termes,  qui  font  la  Diftnbution  des  Plans 
&h  Décoration  des  Façades  ,  qui  comprennent  tout  ce  que 
l'on  peut  dire  fur  cette  matière  ;    &  pour  y  parvenir  je  me 
fiiis  propofé  pour  exemple  un  grandCorps  d'hôtel  de  mon 
invention  ,   où  j'ay  tâché  de  renfermer  beaucoup  de  parties 
<ans  confufion.     Ce  Bâtiment  eft  moindre  qu'un  Palais  que 
la  grandeur  de  ce  volume  ne  m'a  pas  permis  de  pouvoir  fiiire, 
&  il  eft  auflTi  plus  confiderable  que  la  maifon  d'un  particulier 
dont  on  ne  pourroic  tirer  que  peu  de  préceptes.     J'ay  choifi 
plûtoft  un  Edifice  propre  pour  l'habitation  ,    qu'un  autre, 
parce  quelebeloin  qu'on  a  de  ceux  de  certe  efpere  ,  en  rend 
utile  la  compofirion  ,  &  je  l'ay  fait  de  mon  invention,  afin 
d'avoir  la  liberté  de  le  tourner  d'une  manière  où  les  tommodi- 
tez  les  plus  en  ufjge  Te  puflent  rencontrer. 

Je  ne  doute  pas  qu'on  ne  s'apperçoive  d'abord  que  dans 
certe  difpofition  j'ay  prcfisré  la  Symmétrie  &  la  magnificen- 
ce à  une  diftribution  plus  ménagée  ,  comme  par  exemple, 


ET    DE     LA     DECORAT  ION.  175 


s'il  y  avoir  fur  la  même  étendue  de  place  une  Bafle-cour 
fcparée  pour  les  Ecuries  &  Rcmifes ,  où  fi  le  bâtiment  n'cT- 
toit  point  doub'c  ,  n'ayant  que  deux  eftages  quarrez  fans 
les  Offices  &  le  Galetas  ,  ou  enfin  s'il  n'y  avoit  qu'une 
Aifle  ce  feroit  toute  une  autre  difpofition  :  mais  j'ay  ciû 
que  dans  ce  Deiïîn  je  devois  propofer  un  exemple  où  la 
beauré  de  l'Architecture  l'emportaft  fur  l'œconomie  d'un 
père  de  famille  qui  diftribuë  plûtoft  fa  place  fuivant  les 
ufages  qui  luy  conviennent  que  félon  les  règles  de  la  belle 
Décoration.  Outre  que  cette  raaifon  tient  beaucoup  du 
Palais  par  le  dehors  ;  les  Appartemens  &  leurs  degagcmens 
s'y  trouvent  aflcz  heureufement  tournez  ,  &  les  pièces  n'en 
font  point  fi  grandes  qu'elles  confomment  la  place  ,  ni  fi 
petites  qu'elles  ne  foient  proportionnées  à  la  maffe  extérieure 
de  l'Edifice,  ainfi  l'acquifition  de  quelque  phce  à  cofté 
pour  une  Baffe- cour  rendroit  cette  IMaifon  un  Hôtel  ac- 
comply.  C'eft  pourquoy  fans  s'arrtfter  aux  différentes 
diflributions  qu'on  pourroit  faire  fur  cette  place  :  comme 
de  laifTer  le  grand  Corps-de-logis  fimple  ,  de  doubler  une 
des  aifles,  &  de  tant  d'autres  façons.  J'ay  crû  que  ceîle-cy 
ferait  plus  avantageufe  pour  inflruire  en  termes  généraux 
des  préceptes ,  qui  deviennent  infinis  par  des  règles  par- 
ticulières- 

Or  pour  revenir  à  la  defcription  de  cet  Edifice  :  il  eft 
fuppofé  fur  une  place  de  vingt- deux  toifes  &  demie  de  lar- 
geur ,  fur  environ  foixante  &  quinze  toifes  de  longueur  , 
dont  le  Bâtiment  en  occupe  vingt-cinq,  à  l'encognure  d'une 
rue  d'un  cofté  &  d'un  mur  mitoyen  de  l'autre  :  il  confifle 
en  un  petit  Corps  de  logis  fur  le  devant  ,  communiqué 
par  deux  aifl^'s  à  un  grand  Corps -de-  logis  double  qui  ren- 
ferme une  Cour  de  quatorze  toifes  &  demi  de  largeur  fur 
quinze  toifes  de  profondeur,  fans  y  comprendre  les  Avant- 
corps  tant  de  l'un  delà  Façade  du  fond,  que  la  faillie  des  plus 
hautes  Aîles.  • 


lAI 


Y   ii] 


174  I>^     LA    DISTRIBVr  ION 

*■**■*———■—'——'  "■  '■  "  '■     I         —1—1——» 


Plan  des  Offices, 

L'Etage  fou -terrain  ou  celuy  des  Offices  n'a  que  lo.  pieds 
&  demi  fous  Clef,  auquel  on  en  peut  donner  12,  au  cas 
que  le  terrain  ne  foit  point  trop  humide  :   il  eft  diflribué 
en  deux  fuites  de  pièces  necefTaires ,  de  forte  qu'il  y  a  deux 
Cuinnes  &  toutes  leurs  dépendances  avec  des  Caves  fuffi- 
famment.     La  defcente  aux  Offi.es  marqué  M.  fert  pour 
les  pièces  P.  qui  font  plus  grandes  que  celles  de  la  defcente 
N.  pour  les  pièces  Q.  &  pour  le  plus  petit  logement.    Les 
marches  de  cqs  defcentes  ont  6.  pouces  de  hauteur  fur-  12.  à 
13.  pouces  de  giron.  On  entre  à  laCuiiine  P.  i.  par  deflbus 
U  rampe  ponftuée  ,    cette  Cuifine  a  fa  cheminée  en  hotte- 
marquée  P.   10.  un  four  &  un  potager,   le  Garde-manger 
P.  2.  eft  plus  petit ,  comme  il  doit  être  ,  que  la  dépenfe  P. 
5.  degagéepar  un  Corridor.  Le  paffige  P.  dégage  la  Cuifinp, 
l'Office  ,  la  SJle  du  commun  ,   &:  la  plus  gVande  Cave  qui 
pourroit  fcrvir  de  Serre  à  des  fleurs  pendant  l'Hy  ver.     La 
Salle  du  commun  eft  fort  éclairée  étant  dans  l'encogneure. 
La  defcente  aux  Offices  marquée  N.  conduit  à  toutes  les 
pièces  marquées  Q.  La  Salle  du  commun  m;?rquée  Q.  eft 
dégagée  de  la  Cuifine  comme  elle  doit  être.  LeGsrde-maneer 
Q.   5.  eft  fermé  par  une  cloifon  à  barreaux   éclairée  par  le 
paflTage  Q.  4.  avec  le  Bûcher  Q.  10.  à  cofté.     La  Cuifine 
Q.   6.  a  fa  cheminée  en  hotte  Q.  9.  dont  le  manteau  peut 
être  fermé  en  platte-bande  de  pierre  phuôt  qu'avec  un  poi- 
trail ,  elle  a  four  &  potager.     La  Dépenfe  Q.  7.  eft  dégagée 
de; l'Office  Q.  8.  par  l'Efcalier  O.  11  y  a  trois  Fofiés  d\i- 
fances,  deux  fous  les  defcentes  M.  A  N.  ^^  la  foffe  P.  i  i.eft 
fort  éloignée  du  puits ,  où  il  faut  remarquer  que  les  puits 
doiv^ent  toujours  être  éloignés  des  fofles  d'aifance  de  trois 
toifes  au  moins.     Les  Abajours  qui  éclairent  les  pièces  de  cet 
Etage  ont  4.  pieds  de  large  fur  2.  pieds  &  demi  de  haut 
bombez  dans  leur  fermeture  ,   &  doivent  être  en  ebcis  de- 
puis  leurs  appuis  ju.ques  à  4.  pieds  de  l'aire  du  bas /'tous  ces 


-T-rTfTi|-  I  ilfFlliii     t 


TT    V)  E     LÀ     DECORATION 


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1       Màiîif  de  Penxjn 

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z  E,7ip>inreriW7it  auI*uUs.    q.  Cn^Tncrie^^  . 


""■xBudier 


'fO-tauf 


f .  Glacis  . 

$  ^Pierre  a  tûtrct^ . 

7.  Fotaqenr. 


u .  Jtlrajûurs  (^TiMâs 
22, .  Yout&r  i^iùrstz  . 
±1 .  berceaux  en 
vlain  cifzù'c  . 


.dAiiance 


./'   9  S 


\ 


cl     CtuVtine 
/ 

';aeatn£t  \ 


PLAN  DEl.  ZTACE  SOUTERRAIN 

i  OU  DES  orncE^s . 


"1. 


■Effaiier] 


jtplomos  auMez  de  chnnssed  . 


I 


Tl.  fc 


I        I        I ^- 

X         3         f^        s 


^ic.T^t 


*is 


F.T    r>  E     LA     DECORATION.  ^n^ 


lieux,  excepté  les  bûchers  &  caves  doivent  être  pavés  de 
périt  pavé  de  grais  avec  mortier  de  chaux  6i  ciment  ,  ^l'on 
peut  paver  de  pierre  les  Ofïices  &  Salles  du  commun  pour 
plus  grande  propreté.  Il  faut  fiire  des  pierrées  pour  con. 
duire  les  eaux  des  Cuifines  dans  les  terres  ,  ou  mener  ces 
pienées  jufques  au  Cloaque  public  ou  à  la  rivière  fi  elle 
n'elt  pas  éloignée.  Cet  Etage  fouflerrain  eft  voûté  de  trois 
cfpcces  de  voûtes,  les  pièces  marquées  P.  i.  P.  4.  P.  y. 
P.  8.  P.  9.  £<<:  Q^  I.  Q.  6.  ainfi  que  la  defcente  M.  font 
voûtées  en  voûtes  d'arreftes,  &  les  pièces  P.  5.  Q.  5.  Q.  7. 
Q.  8.  &  Q.  10.  avec  la  defcente  N.  font  voûtées  en  ber- 
ceau avec  Lunettes,  &  les  autres  avec  les  paflages  font  voû- 
tées en  berceau  en  plein  cintre.  La  lettre  R.  marque  les 
maffifs  de  la  fondation  des  perrons  ,  qui  doivent  toujours 
être  fondez  de  4  à  5.  pieds  au  dcffous  de  la  première  mar- 
che. Quant  aux  fondations  de  tout  le  bâtiment,  la  profon- 
deur dépend  de  la  fituation  j  il  fuffit  de  dire  que  la  fouille 
en  doit  être  faite  jufques  fur  le  bon  &  vif  fond  :  &  il  faut 
faire  les  tranchées  de  la  largeur  feulement  des  murs  ,  qui 
doivent  avoir  4.  pouces  d'empâtement  au  delà  de  la  pre- 
mière afîîfe  de  pierre  dure,  qui  doit  être  enterrée  de  <5. pou- 
ces au  moins.  Le  Puits  doit  être  fondé  fur  un  bon  roiiet 
de  bois  de  chefne  bien  aifemblé.  Il  faut  obferver  fi  la  F-.fle 
d'Aifance  ne  peut  pas  eftre  éloignée  du  Puits  à  caufe  du  peu 
de  place  qu'en  ce  cas  outre  le  mur  du  Baftiment  contre  le- 
quel la  FoûTe  eft  adoflee  ,  il  faut  faire  un  Contre- mur  de 
moilon  avec  morrier  de  chaux  &  ciment  de  dix-huit  pou- 
ces d'efpaifTcur  &  le  pavé  du  fonds  de  la  Fofle  doit  eftre  en 
glacis  depuis  ce  contre  mur. 


>• 


DE     LA    niSTRIBVTlO  N 


Flan  du  Rez  -de'  Chaujfée, 

LE  Plan  de  cet  "Ctage  eft  celuy  qui  détermine  la  diftribu- 
tion  de  toute  la  Place  ,  &:  qui  règle  les  autres  Plans  , 
tant  du  defTous  que  du  delfus  :  il  doit  toujours  être  élevé 
de  terre  ,  autant  pour  tirer  les  appartemens  de  l'humiditc, 
&  pour  empêcher  qu'on  ne  puifle  regarder  du  dehors  au  de- 
dans ,  que  pour  faciliter  la  lumière  aux  Abajours  de  l'Etage 
fouterrain.  L'aire  de  cet  Etage  eft  élevé  de  trois  pieds  & 
demi  de  terre  par  fept  degrez.  Et  les  Ecuries  &  Remifes 
fuivent  la  pente  du  pavé  de  laCour  qui  peut  être  d'un  pouce 
par  toife  pour  l'écoulement  des  eaux  ,  &  afin  que  le  bâti- 
ment du  fonds  de  la  Cour  paroifle  élevé  en  fcene  de  théâ- 
tre. C'eft  pourquoy  il  eft  toujours  à  propos  de  faire  la  Cour 
plus  profonde  que  large  ,  afin  qu'elle  paroifte  quarrée  en 
entrant. 

Le  Bâtiment  de  l'Entrée  n'eftpas  plus  élevé  que  le  premier 
Etage  ,  il  a  i8.  pieds  d'épaiffcur  ,  &  il  eft  flmqué  par  les 
aides  au  dehors  de  t8.  pouces  :  la  principale  Porte  marquée 
i6.  a  dix  pieds  de  large,  l'Ecurie  n°  18.  peut  tenir  huit 
chevaux  &  l'Ecurie  14. cinq  chevaux,  donnant  quatre  pieds 
de  lars^e  qu'il  faut  pour  un  cheval  de  caroffe  ,  comme  trois 
pieds  &  demi  fuffifcnt  pour  les  coureurs  ,  fur  huit  pieds  de 
longeur  ,  compris  h  mangeoire  &  5.  pieds  d'éch^.pée  au 
derrière;  ainfi  une  Ecurie  fimple  doit  avoir  au  moins  15. 
pieds  de  large,  &  la  double  21.  pieds,  &  il  reftera  6.  pieds  de 
paflagc  entre  les  deux  rangs  ;  mais  fur  tout  il  faut  obfcrver 
pour  règle  générale  que  le  jour  doit  venir  d'enhautc^  frapper 
fur  la  croupe  des  chevaux  ,  &  jamais  au  deffus  de  la  man- 
geoire, fi  ce  n'eft  à  l'Ecurie  double  qui  feroit  mieux  éclairée 
par  les  deux  bouts.  Dans  les  petites  aides  qui  le  communi- 
quent aux  grandes  qui  flanquent  de  chaque  cofté.  Les  Re- 
mifes de  carofle  marquées  11.  ont  8.  pieds  de  largeur  iur 
prés  de  20.  pieds  de  profondeur,  &'  ce  font  autant  d'Arca- 


des* 


u 


T>V    JARDIN 


Ariti  CKiunljre 
C  .i  . 


B    mmÊÊÊÊÊÈn 

r- t 

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f 

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>- .-i 

iGaraerobe 

"■    C.6  ■ 

i>.. 

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-Js 

a. 
iCoucnerj 


Grand 
Cabinet 
^3 


a-M.a.nper. 


C  .7 


- -—- =y-- 


■13 -  I 


Veftitule  El 


n — è^ m 


u  .^l'ancct-ps  .  y.  ^n.arxh^U'  eiil'cur 
X.^iiantjâCif^  des  Cnûiyatix.B  .  CUiis^ns  .y.fjtuhrojSijLrcS 

X.Pcteaitx  et  Perches  .  jo  ■FcrÙAS'  FecJttes   . 

f,.IUinâttss    c/^tLsaiices  .  21.  Cheiizirtee  aflûAir^ee   ■ 

S  Chausses  J^iisanc^s  de  im  Cheminée  eii  saillie 

bcLSSeaiiA'  de  J^oterie  .  1^  .  S  ailltes  des  Ce  miches 

o/Ttt^iiu.r  de  c/ieniui^ees  Jtd,.Cnais£  de   cetmncdite  . 


PLAN  DU  RtZ  DE  CHAU5  SEE 


jAnti  chamtre 


vur 


CêLros  se  s 


.ALafftUe 
etBoadtc£Pui 


■^  I  r  Toirej- 


%MiM 


^r    DE    LA    DECORATION, 


177 


des.  Il  ruHic  de  7.  pieds  de  largeur  pour  chaque  carofTe  dans  une 
balle-cour  lorfqu'clles  font  fous  un  même  poitrail  fans  fcpara- 
tioniainfic'eftafTez  de  21.  pieds  pour  trois  carofles  fur -o 
pieds  de  profondeur.     11  y  a  des  Entrefolles  au  delfus  de  ces 
Kemifes  auffi  bien  que  fur  l'Ecurie  marquée  li?.  où  l'on  mon 
te  par  lesEfcaliers  10.  &  17.     La  diftribution  de  cet  Etaçe 
eleve  confifte  en  deux  grands  appartemens  C  &  D,  &  un  petit 
enaifle  E.  Le  grand  corps  de  logis  tft  double  ayant  8.  toifes  2 
pieds  d'epaiflTeur,  fans  la  faillie  des  avant-corps  qui  flanquent 
furlaCourde  20  pouces,  &d*autant  furie  Jardin;  ainfi  il  a 
8.toifes5  pieds 4.  pouces,  leroutprisaunuddumuraudefTus 
de  la  retraite.     Le  Veftibule  A,  qui  n'a  que  18.  pieds  dans 
œuvre  fur  12.  eft  beaucoup  augmenté  par  le  grand  Elcalier  B 
dont  il  n'eft  feparé  que  par  une  grande  Arcade,  &  les  trois 
Portes  qui  percent  le  Bâtiment  au  point  milieu  font  égales    Ce 
grand  Efcaher  B  art.  pieds  de  longueur  de  marche  furenv'iron 
y  pouces  5.  lignes  de  hauteur  ,  &  fur  prés  de  14.  pouces  de 
giron,  ce  qui  eft  une  belle  proportion  pour  la  facilité  de  mon- 
ter  ;  Il  conduit  par  trois  rampes  au  premier  Etage  avec  trente- 
fept  marches  ,  compris  les  trois  du  Veftibule  qui  font  partie 
de  la  première  rampe  :  Les  marches  font  ornées  de  moulu- 
res,&  ont  chacune  deux  lignes  de  pente,  enfortequ'aj  devant 
elles  n'ont  environ  que  5.  pouces  Si  un  quart.     L'appuy  de 
la  rampe  de  2.  pieds  p.  pouces  à  5.  pieds  doit  eftre  plûtoft  de 
ferquedepierre,  tant  pourgagner  de  la  place,  quepourrendre 
I  ouvrage  plus  léger. 

^  Pour  la  RegL-  générale  des  Efcaliers  dont  on  ne  doit  gueres 
s  éloigner,  c'eft  de  donner  aux  marches  <5.  pouces  de  hauteur 
Hirun  pied  de  giron  &•  4.  pieds  de  longueur;  Maii  fur  tout  il 
faut  éviter  les  reffauts  dans  les  appuis  rampans  ,  comme  au 
grand  Elcaiier  du  Palais  Royal.  Dans  les  quartiers  t«ur- 
nans  dont  il  faut  tacher  de  k  p^HTer  le  plus  qu'il  fe  peur,pour 
les  principaux  Efcaliers ,  le  giron  des  marches  tournantes 
doit  au  milieu  eltre  ég^l  au  giron  des  marches  drnires.  Le 
nombre  des  marches  de  chaque  rampe  doit  eftre  impair  félon 


i-g  VE     LA     B  I  STR  I  BVT I  0  N 

Vitruve  ,  afin  que  le  pied  droit  qu'on  pofe  fur  la  première 
marche  fe  trouve  le  premier  fur  le  palier.  Il  ne  faut  pas  que 
les  rampes  foicnt  fort  nombreufts  en  marches  fans  palier,  &: 
elles  ne  doivent  pas  paiïer  17  à  19  dcgrcz  :  Ainfi  dans  les 
maifons  ordinaires  on  peut  bien  monter  à  chaque  Etage  en 
deux  rampes.  Les  grands  Efcaliers  ne  doivent gueres  monter 
plus  hruc  que  le  premier  Etaee  ,  comme  on  le  voit  aux  plus 
beaux  Edifices  qui  ontefté  conftruits  depuis  quelque  temps. 
Cependant  en  Italie  les  grands  Efcaliers  montent  jufquesen 
haut ,  comme  ccluy  de  Luxembourg  à  Paris ,  parce  que  les 
Appaitemcns  audclTus  du  premier  Etsge  font  cnc(^re  confî- 
derables  ;  ['ay  fait  monter  celuy-cy  jufques  au  fécond  Etnge, 
ce  qu'on  peut  retrancher  en  augmentant  l'Efcalier  de  de'ga- 
^emtnt  S  ,  le  faifant  plus  large  depuis  le  premier  Etage. 
Quoy  que  l'tfcalier  E  2.  en  aifle  monte  au  premier  Etage 
tout  d'une  rampe,  il  ne  laifTe  pasd'cftre  fortaife',  parceque 
les  marches  dro  tes  en  font  auÎTi  faciles  que  celles  du  grand 
Efcalier,  &  que  les  tournantes  ne  font  pas  pointues  au  droit 
du  Noyau  qui  eft  évidéj  Ce  que  j'ay  fait  auffi  pour  faire  voir 
un  beau  Trait  de  charpenteric  decette  efpece.  Pour  les  marches 
des  Efcaliers  de  dégagement  il  fufht  qu'elles  ayent  depuis  20. 
pouces  jufques  à  2.  ?  pieds  de  longueur  de  marche. 

Les  plus  grandes  pièces  font  fur  le  Jardin  ,  cinq  occupent 
l'ctenduë  de  toute  la  façade  ,  la  grande  Salle  fepare  &  com- 
munique les  deux  Appartcmens  C  &  D  ,  elle  a  54.  pieds  de 
longueur  fur  23.  pieds  de  largeur,  &  15.  pieds  &  demi  fous 
folivfs  comme  toutes  les  pièces  decet  Etage.  L' Anti-Cabi- 
net D  2.  eft  égal  à  l'Anti-Chambre  C  2.  le  grand  Cabinet  D 
5.elt  quarrc,  dont  on  peut  fupprimer  les  deux  croifées  fur  la 
rr.ë,  ^  la  Chambre  de  parade  C  5.efl:plus  profonde  que  les 
autres  piecf  s.  La  Salle  pour  manger  C  7.  peut  fervird' Anti- 
Chambre  à  la  Chambre  pour  coucher  C  4.  avec  Alcôve:  ^ 
laGarderobe  C  6.  fera  éclairée  par  un  jour  de  coutume  ,  en 
cas  qu'il  n'y  ait  point  de  Bâtiment  adoffé  contre  le  mur  mi 
f  ven  T,  ccrreGirdcro'^ea  Ton  dégigementpar  l'EGnlier  C 


t 


éM 


8.  dans  le  Veftibule  E  i.ainfique  Je  Cabinet  C  5.  De  J'a-itrc 
I  cote:  la  Chambre  pour  coucher  D  4.  a  fa  GarderobeD<  dé- 
gagée par  l'Bfcahcr  de  fond  S.  Ec  on  peut  encore  entrer 
dans  cet  Appartement  par  Je  Veftibule  D  9.  Ôc  par  l'Anti- 
ChambreD5.  Pour  les  deux  petites  pièces  D  7.  &D  8  elJes 
doivent  avoir  des  entrefollcs  audefTus.  L*Appartem£nt*Een 
aifleafon  Anti-Chambre  E  3.  la  Chambre  E  4.  communique 
a  la  Gardcrobe  E  5.  par  Je  paflage  E  7.  &  cette  Garderobe& 
1  Anti-Cabmet  E  8.  font  dégagez  par  l'EfcalierEp.  par  Jequel 
on  monte  à  des  EntrefoIJes  fur  ces  pérîtes  pièces. 

Le  moindre  Appartement  pour  eftre  complet  doit  avoir 
4.  pièces  i  fçavonune  Anti-Chambre,  une  Chambre,  un 
Cabmet ,  &  une  Garderobe  qui  doit  toujours  efîre  déc^a^^ée 
par  quelque  petit  Efcalier.     Et  Jorfque  ces  Garderob^es'^ne 
le  peuvent  pas  rencontrer  au  même  pJain-pied  que  les  autres 
pièces ,  on  Jes  peut  prendre  à  J'Etage  de  defllis,  ou  à  celuy 
de  deffous  en  entrefoile  ou  autrement,  d^  il  faut  des  Chemi- 
nées  dans  toutes  ces  pièces.     Souvent  Jes  Garderobes  ne  font 
pas  fort  éclairées ,    parce  qu'elles  font  enfermées  entre  Jes 
autres  pièces  ,  &  contre  un  mur  mitoyen  ,   comme  Ja  Gar- 
derobe C  6.     On  fait  queJquefois  une  petite  Cour  pour 
ecJairer  toutes  ces  Garderobes.     Mais  ces  petites  Cours  de- 
viennent ordinairement  des  cloaques  par  Ja  négligence  des 
domeftiques  qui  y  jettent  des  ordures.  Toutes  les  Portes  des 
Appartemens  C  &  D  ont  4.  pieds  de  largeur:  &  lesCroifécs 
5.  pieds.   IJ  eft  neceffaire  de  mettre  dts  grilles  de  fer  à  celles 
qui  font  fur  la  rue  ,  ainii  qu'aux  Abajours.   Les  Cheminé-^s 
font  prifes  dans  l'épailTeur  des  murs  de  refend,   parce  qu'i'^s 
ont  deux  pieds  &  un  quart  qui  eft  une  grolTeur  fuffifar^te 
pour  n'eftre  pas  aff.ublis  par  les  tuyaux  qui  padenr  par  de- 
dans :    outre  qu'il  fiut    encore  à  chaque   Etage  des  ancres 
v.^  des  tirons  pour  retenir  les  murs  de  face.     Les  trois  Pcrors 
de  la  Cour  &  celuy  du  Jardin  marquez  20.  font  quarrcz  , 
parce  que  de  cette  figure  ils  font  Jes  pJus  commodes  &  les 
plus  durables. 


Z    ij 


ï8o  r>  E     LA     DISTRfBVTION 


L 


PLAN  DV    PREMIER    ETAGE, 

E  premier  Etage  eft  aufli  appelle  le  bel  Etage,  puifqu'il 

contient  l'Appartement  de  cérémonie  &  les  pièces  de 

parade  ;  en  Italie  il  tft  le  mieux  meublé  &:  le  moins  habité, 
dautant  que  le  Maître  de  la  maifon  eft  toujours  logé  audeflus 
pour  avoir  du  repos  ;  en  France  il  eft  occupé  parles  Dames. 
11  doit  aufli  avoir  au  même  plain-pied  un  petit  appartement 
pour  la  commodité.  La  diftributionde  cetEftageeftprefque 
pareille  à  celle  de  defTous ,  elle  eft  réglée  par  les  murs  de  re- 
fend qui  ne  peuvent  pas  changer.  La  hauteur  fous  folives 
eftdeio.pieds;  le  grand  Palier  fert  de Veftibule,  &lepalier 
en  retour  dégage  l'Appartement  par  l'Efcalier  S  :  la  grande 
Salle  G,  H  eft  aufli  la  principale  pièce  de  cet  Eftage  .  elle 
eft  de  même  grandeur  &fait  le  même  office  que  celle  du  Rez- 
de- chauffée,  &  lors  qu'on  y  veut  manger  on  drelfe  le  buffet  fur 
le  grand  Palier.  Les  deux  Antichambres  G.  2.  &  H.  2.  font 
égales  ,  &  la  Chambre  de  parade  G.  3.  fe  communique  en 
retour  avec  le  baftiment  en  aifle.  De  l'encognure  on  peut 
voir  avec  plaifîrles  deux  fuites  de  pièces  en  enfilade  de  22.  & 
24.toifes  de  longueur;  c'eft  ce  qu'il  faut  le  plus  obferver  dans 
les  Diftiibutions"",  de  faire  paroiftre  autant  qu'il  fe  peut  ces 
fortes  de  points  de  veuë  ,  &  profiter  de  toute  l'eftenduë  du 
baftiment  :  &  l'on  prolonge  encore  cet  éloignement  par  des 
placards  de  miroirs  que  l'on  met  aux  extremitez.  La  Chambre 
G  4  pour  coucher  eft  cintrée  dans  les  angles  du  fond  ,  pour 
faciliter  le  dégagement  ;  &  à  l'autre  encognure  il  fe  trouve 
dans  h  Garderobe  la  place  d'une  chaife  de  commodité.  Le 
Cabinet  G.  5.eftauffi  dégagé  par  le  pafTage  G.  7.  Enfuite  on 
entre  dans  le  Salon  G.  8.quiVait  partie  de  la  Gallerie  G.  9.  qui 
ont  enfemble  quinze  toifes  Ik  demi  de  longueur  :  on  les  peut 
décorer  avec  peinture &fculpture.  La  Terraffe  L,  qui  doit 
eftre  couverte  de  plomb  ,  communique  les  deux  aifles  & 
dégage  l'appartement  K,  par  le  Salon  K  5. qui  peut  fervirde 
Chapelle  ;  il  eft  communiqué  à  la  chambre  K.  2.  pardeffous 


■^ 


Z  lij 


ET    DE     LA    DECORAT/ON, 


rEfcalier  K.  6.  fans  paflfer  par  le  Cabinet  K  5.  l'Antichambre  II 
K  I.  pins  grande  que  la  Chambre  fcrt  de  Salle.  L'appartement 
H  eft  dégagé  par  l'Efcalier  I ,  &  peut  communiquer  à  YE- 
ftage  duRez-de-chauiïéepar  l'Efcalier  H  9.  qui  montera  auffi 
au  deiïus.     L'Antichambre  H  7.  peut  fervir  de  Salle  pour 
manger  :  la  Chambre  de  parade  H  j.refte  prefque  quarrée  le 
lit  placé  ,  quand  mefme  il  n'y  auroit  point  d'Alcove  ,    h 
cheminée  eltau  milieu  ,  &  cet  efpace doit  eftre  quané  depuis 
le  pied  du  lit.     Il  y  a  des  Armoires  aux  codez  de  la  cheminée 
de  cette  Chambre  pour  cacher  la  Saillie  du  tuyau  de  celle  de 
deflous  qui  ne  peut  pas  eftre  pris  dan  s  le  mur  mitoyen  T.  La 
Chambre  pour  coucher  H.  4.  avec  Alcôve,  à  fa  Garderobe 
H.  5.  éclairée  par  un  jourdc  coutume;  elle  fert  pour  les  deux 
Chambres  à  Alcôve  &  eft  bien  dégagée.     Si  on  veut  faire  un 
petit  appartement  dont  le  Cabinet  H  6.  foit  la  Chambre,  l'An- 
ticabinet  H  10.  fera  l'Antichambre  avec  fa  Garderobe  H.  8. 
ayant  des  Entrefolles  fur  les  deux  petites  pieces.L'Efta^e  quarré 
audeflus  eft  encore  confiderable  ayant  15.  pieds  fous^folives; 
&la  Diftribution  ne  peut  pas  s'éloigner  de  celle  de  defïous! 
Toutes  les  lignes  ponduées  à  l'entour  de  ces  deux  Plans  mar- 
quent la  faillie  des  Corniches  des  Plafonds.  L'Eftagc  en  galetas 
aonze  pieds  fous  l'entrait  qui  eft  au  droit  du  brifis  du  comble. 
Les  murs  de  refend  qui  fervent  de  ferme  &  de  demi-ferme* 
marquent  encore  la  mefme  Diftribution  ;  mais  la  pJufpart  des 
grandes  pièces  y  font  diviféesen  de  plus  petites,  excepté  celle 
qui  eft  fur  les  Salles  qui  peut  fervir  de  Gardemeuble,  &  il  doit 
avoir  un  Corridor  qui  pàfle  fur  toute  la  longueur  du  corps-de- 
logis  pour  dégager  les  petites  pièces  à  une" feule  croifée.   Les 
Cabinets  d'ayfance  doivent  eftre  pris  dans  cet  Eftage audeflus 
des  grands  Efcaliers  au  droit  dtfquels  padent  les  chauffes  : 
&  les  ventoufcs  fortironr  avec  un  tuyau  de  plomb  un  peu  ou 
deflus  des  combles.     Voila  ce  qui  regarde  la   Diftribution 
du  plan  de  cet  Edifice  i  il  faut  paffer  à  l'explication  des  Elé- 
vations. 


Z  lij 


LA    T>lSTRIT,VT!ON 


ELirATlON  m  GRAND  CORPS  DE  LOGIS. 
„Ar  la  décoration  f  F^^^/"  ^^/^SV^  ccU: 

des  murs  des  faces  ««"™["       ^       ^y^  toutes  les  parties 

en  eftle  principal  r'"','ent  déliantes  du  milieu  ,  & 
parallèles' doivent  être  ^f ="';«  ^^^"^",,  ,  de  ces 

Lreillcsen  hauteur.     ^,^„P"'"^èTEnfembleT  l'Edifice, 

^parties,  "«••^/"'^"^^"T.onseftle  fondement.  Les  Or- 
Sont  l'harmonie  des  proportion  ';Y?^°^,„,>,u décoration; 
dres  d'Architeaurecontribuen  1  o^ablem  nt.  ^^_^_ 

mais  il  faut  q^  les  P«""  ^"f '^"hef  &c.  ayent  les  pro- 

melesPortes,  lesFeneftres,  l"î5'7;;j;„,  convenables  à 

portionsquileurfont  propre.  &le^~ 

l'Ordre  ,  fans  lefquels  1  Ord  e  e  mie  ^^j,  obferver 

delaconfufionplûtôtquedebrich  ffe^^^  .  ^^^^^^ 

que  les  Ordres  d'Architeftu  e  ne  con  V   ^^  ^^^.^^ 

?ortcs  d'Edifices ,  P-"  ^;;/^'^:  Snce  :  C'eft  pourquoy 

de  l'étendue  ,  de  '^.^  fi"^e  d   la  maifon  d'un  Bourgeois 

,1  eft  ridicule  de  voir  l^f/S^^^fd    grands  pil.ftres  qui  em- 

dans  une  médiocre  rue  decorce  de  gr         V        ^^^  ^     j^ 

briffent  deux  Etages  : .  P"  ^rdre  CanUautfu.poferque 
fortàproposfanslefervirdunOrd^^Car^^^     j^^ 

ccbaftimentn'cftpas  f'=»'^"^"^î.°"■X^  du  quar.ier,  la 
l^f"P-fiff='?fA\C'^dSexciteràun2auaibe!le 
';;?::;MÙrcdltcV:rnsLVaie  cette  difpofuion  ne  feroit 

^^dS'e  ia  Bccora,ion  ^e  -Bdificc  n'c^  au^  c^^^^ 
e,uun  foubaffcn-.ent  °"  ^"t^f'^^^Z!.  ^renferme  l'Etage 
^.vcau  de  retraite  au  df  °;  «^j^J";^,  ^  couronne  marque 
duRcxdeChauacc,  ''™'     P  '"'''s^f,   j^  cet  Hôtel 

le  plain-picd  du  premier  Etage.     *"[„  ^       ç^^  ,„  petites 
ceVoubafTemcnt  ne  porte  qu  une  bJullr  de  r^.^^^ 

Aifles  une  Architcau.c  (■.mpl-  •  &  lur  i 


A.  GuuJutJeLtParU  C^cAere 
B     TVijnhe^  suspendu 
C     Trûj}héf  ^soù-' 

r.     TubUj  en  saJùe 


T     Remise  de  CaroJse 
G.    Entres^plU  ■ 
H.    OûUerte  etéllU  . 
I     Càaroe  Je  Ptancher- . 
JC.  Tesù-  de  mur  nntmen. 


L     I>oss^^rdt  ch£n 

M.  ^ttiaue 

N.  Zu-car'ne.  . 

O .  Yeuix.  d£  beitf. 

P     S  juches  de  cheminée. 


l8i 


1E.T    DE     LA    DECOR  ATIO  N. 


un  Ordre  de  Pilaftres  Ioniques  qui  embrafTe  deux  Effages  & 
eft  couronné  de  Ton  nntablcmentcompofe'  de  Tes  rrois  parties  j 
la  grande  Porte  eft  ornée  de  deux  piédroits  en  faillie  oui  por- 
tent des  trophées  :  la  décoration  du  dedans  en  eft  femblable 
à  celle  du  dehors  :  le  mur  de  cette  façade  eft  fimple  n'eftant 
omé  que  de  chaînes  de  pierres  de  refend  avec  des  tables  à  la 
tefte  de  chaque  Aifle.  Le  Fronton  qui  couronne  un  Avant- 
corps  fert  de  pignon  au  comble. 

La  Cour  eft  décorée  de  deux  manières  :  h  partie  du  fond 
^  les  grandes  Ailles  en  retour  font  orn^s  au  foubafTement 
d'une  Porte  cintrée  de  fept  pieds  de  lai^e  fur  treize  pieds  fous 
Cief,  &  de  lix  croifées,  &en  retour  trois  de  chaque  cofté; 
elles  font  bombées  dans  leur  fermeture  ayant  cinq  pieds  de 
large  fur  dix  pieds  de  haut  j    au  delTus  le  locle  de  trois  pieds 
de  haut  (  qui  renferme  les  baluftrades  d'appuy  )  porte  des 
Pilaftres  Ioniques  avec  des  chapiteaux  angulaires  de  trois  pieds 
deux  pouces  de  diamètre,  &de  vingt,  neuf  pieds  de  hauteur. 
Les  Croifées  du  premier  Eftage  ont  douze  pieds,  &  celles  du 
fécond  huit  de  hauteur.     Ces  deux  Eftages  ne  font  point  fe- 
parez  par  un  Plinthe  ,   parce  qu'ils  font  renfermez  dans  un 
même  Ordre  ,  &  des  Confollcs  avec  des  Feftons  fous  l'appuy 
des  croifées  du  fécond  rempliflent  le  nud  qui  refteroit  dans 
cette  partie.     L'Entablement  n'a  que  le  cinquième  de  la  hau- 
teur du  pilaftre,  l' Avant-corps  du  milieu  fait  faillie  du  demi- 
pilaftre ,  il  porte  un  Attique  de  la  hauteur  du  brihs  du  comble, 
ayant  environ  le  tiers  de  tout  l'OrJrc,  le  Fronton  qui  le  cou- 
ronne détermine  la  hauteur  du  faux- comble,  deforte  qu'avec 
un  pareil  Fronton  fur  le  Jardin  il  fe  forme  quatre  noiies  d'une 
pente  égale  :  les  Timpans  de  ces  Frontons  font  ornez  des  armes 
&:chifresduMaiftre  de  la  Maifon  :  les  Lucarnes  du  Comble 
ont  quatre  pieds  de  largeur  far  cinq  pieds  de  hauteur,  depuis 
le  deflus  du  chefneau,  elles  fort  bombéesavecCimaife&  Con- 
folies ,  &  font  de  bois  reveftu  de  plomb  ;  les  cheminées  font 
rangées  de  Tymmetrie  fur  le  courant  du  comble  dont  elles  fur- 
paflcnt  le  Faifte  de  trois  pieds. 


DE    LA    DISTRIBUTION 


ELEVATION  D'VNE   DES  MISEES  ET  COVPE 
du  grand  Corps  de  logis. 

L'Autre  pirtledehCoureft  ornée  de  cinq  Arcades  de  cha- 
quec^t  éJespctiresaifle  ,&aefix  autres  pareilles  derrière 
Jebaflimcnrlu.  iVnt.ée;  ks  Arcades  ont  huit  pieds  de  largeur, 
&  leurs  jambages  5.  pieds;   elles  ''^^^'^''^' ^''    'if''' 
bombées  comme  les  autres,  qu  ^  quedececoftelesKemifes 
^le^Feneftres  mezaninesdes  bncrefolleseuflent  du  paroirre, 
i'av  delfiné  les  Cro  fées  entières  pour  plus  grande  beaure. 
L'Htage  audelfus  n'a  que  des  coifées  limples  avec  un  adou- 
ciffement  fur  lesCorniches .  ^  U  Porte-croifee  ell  au  miheu 
d'unpetitcorpsdedeux  ou  trois  poucesde  faihie  ;  elleellplus 
richequeUs  autres  étant  ornée  d'un  Fronton  avec  des  confolles 
&  des  montans.  La  façade  ^ur  la  rue  n'a  point  d  autres  crorees 
que  celles  du  bout  des  aîles&  dans  l''.tagedu  rez-de-chauflee, 
iln'yapoint  d'O-dre,  puiS  qu'»l  ne  p  mrro.t  eftreque  chetif 
fansceurand  Ordre  Ionique.  La  décoration  dudehors  des  pe- 
tit: .  aïOesell  femblableàcdledudedans,  excepte  qu  au  fou- 
bafTen-.ent  il  n'y  apomrdecroifées,  m.isdes  ^h^.es  de  pierres 
de  refend  &  des  tables  comme  au  mur  de  face  ;  le  grand  Ordre 

règne  fu.  la  façade  du  J.rdm  avec  onze  croifées,  eV  fur  la  rue 
en^etour  avec  7.     Ih.'y  a  point  d'autre  faillie  fur  le  Jardin 
quel'avant-corps  pareil  à  celuydelaCour:  ainh  cette  décora- 
tion  paroill  unih>rme&  de  grande  manière  n  ayant  point  de 
petites  parties.     Quant  à  l'afped  toute  la  bcene  de  la  Fabrique 
paroît  riche  par  cette  gradation  de  terraiïe  ,   de  petites  &  de 
orandes  ailles  &  d'Attique  fur  l'Avanr-corps  du  m.heu  ,   la 
I   îcuc   latérale  de  dehors  eft  encore  belle     particulièrement  a 
'    l'encoenureqmfm  découvrir  la  façade  fur  le    a.  dm  pardefTus 
le  mur  de  clofture  V.  qui  ne  doit  pas  clbc  plus  haut  que  le 
plinthe  du  foubailcmcnt  qui  luy  ftrtde  chaperon  couvert  tn 
bahu      ParlesCoupeson  voitla  hauteur  des  Lftages,  tant  les 
lambrisà  hauteur  d'appuy  ,  queceuxqui  revêtent  les  embra- 
(ures  de^  Portes  &' les  Cro:féts.  Les  Placards  des  P.ntes&les 


MatiCeaux 


B  .  Etaçe  dit  rez.  di  a 

C  .  Premier  iru   he/  £l 

n   Second  Stape  . 

E  .  Htai^e  en  jale 

F  .  Greniers  dans  le^auJC  ccnnSte 

G  .  Bûcher.  H  .  GranJe  Ca-ye 

I  .  âcfufre  dt^scalier 

J^.&rankcs  SnUes 

Iv  .  Vestibule  êru  arand  Palur  . 

■SlMiu-s  Jcjhie  . 

"N" .  ijtur  de  refend 


„    -""JTU  de  Fartts 
^  Grande  ^Je 


V ,  TasscLpe  de  l'Snl 
X  ^ij>ajtntrs 
'^  .^aistfi  des  PerrvT, 
f    -^'us;/i  de,  TenJo, 
"'■  ^ur  de  ctcn.r 


ELEVATION  D'UNE  DES  AILES  ET  COUPE  DE  LEl^TRKE  ET  DU  GRA^ID    CORPS    DE    LOGIS 


1 


ET    D  E    LA    EfECORATTON-, 

"— — ^— — ^— — — —-  r  mil  

iManteaux  de  cheminées  font  autant  en  détail  que  l'échelle  Ta 
pu  permettre.     L'étage  au  rez-de-chaufTée  n'a  que  des  plafonds 
retenus  par  des  corniches  ,  &  ks  deux  étages  au-deffus  font 
cemtrez  avec  des  courbes  portez  fur  les  corniches ,  &  ces 
plafonds  peuvent  ertre  peints  de  compartimens  &  dorne- 
mens  rehaulFez  d'or  ;  Il  ne  faut  pas  que  dans  les  quatre coini 
de  la  partie  ceintrée  de  la  pièce  l'angle paroiiTe  fenlible,  mais 
au  contraire  il  doit  eftre  adouci.     Dans  les  Salons ,  Galleries 
&  pièces  élevées  on  peut  fort  à  propos  faire  des  Comparti- 
mens d'Architedure,  avec  des  ornemens  de  Stuc  &  même 
des  figures.     Mais  il  eft  d'une  grande  confequence  de  traiter 
avec  jugement  le  relief  de  ces  ornemens ,  qui  doit  eftre  plus 
ou  moins  fort  félon  la  grarideur  du  lieu  qu'ils  décorent.     Les 
planchers  qui  paroiflent  à  ce  profil  ont  peu  d'épaiffeur  eftant 
fans  poutres ,  mais  feulement  avec  des  foHves  de  brin  d'un 
pieddcgros.     Entreles  plus  grandes  pièces,  leVeftibule,  les 
pahers  des  efcalicrs  &  les  Salles,  doivent  eftre  pavez  de  mar. 
bre  ou  de  pierre  de  liais  avec  de  la  pierre  de  Caën.     Les  autres 
pièces  pnncipalesdoiventeftre parquetées.     Aufujet  dequoi 
il  eft  à  propos  de  faire  obferver  que  l'ufage  de  la  Menuferie 
eftplusfrequentàprefent  qu'iln'a  jamaisefté,  tant  pour  la  fan - 
te  que  parce  que  les  Compartimens  en  peuventeftre  ornez  de 
Pantures&deSculpturesaulieudeTapilferies.     Danslaplus 
belIeMenuferieIespanneauxdoiventeftregrands,d'une  bonne 
epaifteur  ,  &  alfemblez  avec  des  clefs.     Les  Lambris  font  ou 
feulement  à  hauteur  d'appui,  oùilsmontentjufqu'àlaCorni- 
che  de  la  Gorge  de  la  Cheminée,  ou  enfin  jufques  fous  le  Pla- 
fond :  ileftalors  plu^à  proposd'enfairelesCornichesdebois 
que  de  plâtre  dans  les  lieux  médiocres.     Le  Parquet  fe  fait  ou 
en  Echiquier  ou  en  Lozange,  &  fouvent  on  les  inefte  cnfemble; 
Il  doit  avoir  un  pouce  &  demi  d'épaiffeur  fur  trois  pieds  en  tout 
fens,  pofe  fur  des  Lambourdes  de  5.  à  4.  pouces,  kélé^s 
diagonalement.     Quand  même  la  Chambre  neferoitpasd'é- 
querre,  le  Parquet  doit  eftre  quatre,  parce  que  les  Frifes&  les 
Fiattebandes  qui  l'enferment  rachètent  le  biais. 


rg^ 


A  a 


lJ<5  T^  £     ^  ^    DISTRIBVTION 


EXPLICATION  DE  LA  CHARPENTERIE, 

A  Prés  avoir  parlé  de  la  forme  du  Plan  &  de  l'Elévation ,  il 
faut  maintenant  expliquer  l'alTemblage  de  la  Charpen. 
terie,  qui  paroifl:  par  les  Profils,  &  cet  Art  n'eft  pas  moins  nc- 
cefTaire  à  connoiftre  que  les  autres  parties  de  l'Architedure. 
Les  Ouvrages  le  plus  confiderables  de  cette  nature  font  les 
Toits  ou  Combles ,  &  les  Efcaliers  ;  par  les  combles  on  en- 
tend tout  ce  qui  couvre  les  Edifices,  même  les  Dômes  des 
Eglifes.     On  les  fait  plus  ou  moins  roides  félon  les  climats  oii 
l'on  baftit  ;    &   comme   dans  les  Régions  Septentrionales 
ils  font  fort  élevez,  que  dans  le  Levant  il  n'y  en  a  point ,  & 
que  ce  font  des  Terrarfes ,  qu'en  Italie  les  toits  font  fort  bas,  ils 
peuvent  être  en  France  d'une  fort  belle  proportion.   Il  eft  conf- 
tint  que  les  plus  hauts  font  fuffifamment  pointus  d'avoir  leurs 
coftez  égaux  à  leur  bafe  ,  &  former  un  triangle  équilateral 
par  leur  profil;  &:  les  plus  bas  doivent  fuivre  la  propor- 
tion des  Frontons.     Le  Comble  à  deux  égouts  eft  le  plus  fim- 
ple  &  le  meilleur ,  il  doit  plutôt  être  en  croupe  qu'en  pignon  fur 
le  bout  d'un  Baftiment,  à  moins  qu'il  ne  foit  arrefté  par  un 
fronton  qui  luy  ferve  de  pignon.     Ccpendantdepuis  quelque 
tems,  on  a  mis  fort  en  ufage  les  Combles  brifez;  qu'on 
appelle  auCTi  à  la  Manfarde.     Lorfqu'ils  font  d'une  aufiî  belle 
proportion  que  ceux  du  Château  de  Clagny  ,  &  des  Ecuries 
du  Roy  à  Verfailles,  ils  terminent  l'Edifice  avec  beaucoup 
de  grâce,  &  au  contraire  lorfqu'ils  font  trop  hauts,  ils  pa- 
roiflent  l'accabler.     Le  Comble  brifé  a  cet  avantage  de  ren- 
dre l'Etage  en  galetas  fort  habitable  &  prefque  quarré  ,  &les 
jouées  des  lucarnes  fort  petites  ;  mais  aufiî  l'inégalité  de  la 
pente  de  fes  deux  égouts  eft  un  grand  défaut  ,  puifque  le 
comble  depuisleChefneau  ou  Egouft  jufqu'au  Brifis  eftroi- 
de  comme  un  talut  &   le  faux-comble  doux  comme  un 
glacis ,  de  forte  que  les  neiges  qui  font  fur  I»  faux-  comble 
reftent  long-tems ,  &  ks  autres  s'écoulent  promptemenc  & 
même  ne  s'y  arreftent  pas;  ainfi  ceux  qui  condamnent  les 


j*4p««*Miiii!fiPiw^iMOTmiiiiisiiMiiiiin^ 


3 


du  Comble 


=f7JfT^^f^^^^^ff7J^cËsDU^^^BLE  BRISE  ou  COUPE   DIT  ^  LA  MANSARDE 

lofUf  pan.  Ji^paee.'neni^^ 


Fia  .n.  ^.Chet-rert^  de  l 


_fT_L^    Z.^    DECORATION. 


un  peu  .e  raup.fet'u^^^nrfe^?^  57/3 
defece,  &ceremunCombIe  à  Malienne,  &?£,  eeen^aïe 
ta  deviendra  quarré.     Mais  fans  m'arrêter  datSe  à  f   t^ 

La  première  figure  reprefen  te  le  Plan  drefft  fiir  l'etelon  au  -on 
nomme  cnrayure.  aui  <■(>  l'.ni™ui  """ J '"".  «eion  qu  on 
reforme.!  n,,i  f  .  Tl  l  ""«niblage  pofeau  niveau  des  P  at- 
defrusl  „^  ^^  K^^^^"  ^°"''''^'  &  ks  autres  parties  au 

lontmën  des h^H.  ^  ?'°"'^^  "^^ure  donneleProfiloura" 
antŒmb  e    H    "7  ^l™'  ^"'^  leur e'tenduèavecle cou- 
nl^r,    I    n      '•  ''""""'^''«vrons&lesempanonsrontbran 
d  sfurlesPannes&lesEremersefpacésdequawà  h  a"e    [e 
Plat  eformes  dont  on  fe  fert  à  prefent  font  fort  utiles     parce 

que  le  pL  de^r.  '  ^''  ^"^'r  "î"'  ^  f°n"ntaille.au(r,bien 
dehors  ^  Tn,  ,il     °"'  '  '*'  "^"^  qu'ilsnepouflentpointau 

notreparlafi2e  "lV"l"P^''"''''^^"'"^f^'"°""^^^ 
n^!?  ^^      '    '  '""''  feulement  détenir  pourReele  ee- 
ne   le  de  la  proportion  du  Comble  brifé,  que  le  vrayœX 

ImhÏÏ"  ;"'?'.^'''^"''^^'»'"°«''e'''ef»hauteur?i^  efiux! 
combleeleveauflidelarooitiédelaIargeurd'undefesVôter& 
ou"n„?T"'°"  ^'^.P'"'  'S'-^^'''^  lue  celle  dudemTce/cfe 
tTàfo^Al'l^-P"""^S^'^'v"™"^  Viole  donne™  c"n 
La  tr^fi^l  p'^'"  P?  '  ^™  'f<'urnid'id&  au  Comble  brife'. 
ft  &  «rd  d!!,^'  k"  ™''  '^^°"''^'=  couvert  d'ardoi- 
liLn,^        >      P'"'"''  <'°'""'«  ■'  '«'•oit  fur  un  pareil  bâ- 

rr^Tdor  •  ""^  '"  ""■"^  ^°«  ^"^^  --««^- 

fil  de  ttvîr"  \ '•  ^^  ^"^'  '^  cinquième figurele pro- 
cL.nrî.  "'  ^  "  "'''^  P^^  un  ouvrage  peu  aiffi- 

fçavoiremployerlebois  avec  ménage  pour  trouver  les  limons 


Aa  ij 


3B 


TRIBVriON 


.S: les  appuis  en  courbes  rampantes,  le  tout  de  bon  aflcrabla- 
oe     fans  autre  fer  que  les  boulons  qui  retiennent  les  rampes 
dans  les  murs  de  la  cage  de  l'Efcalicr ,  les  Baluftres  iont  ou  tour 
n  zouquarrez,  droits  ou  rampans,   &  faits  à  la  mam  qui 
font  le  mieux;  les  marches  des  Efcaliers  font  tou)ours  mou 
lées    &  doivent  être  délardées  pardelTous,  afin  que  la  coquille 
en  puilTe  eftre  ravalée  proprement  ;  il  y  a  de  pludcurs  autres 
formes  d'Efcaliers  de  bois  aulli  bien  que  de  pierre,  comme 
c-^ux  a  vis  &  en  UmaObn  ,  mais  les  plus  beaux  font  évidez  dans 
le  milieu  &  portent  en  l'air.     Outre  ces  figures  jedonneunpan 
de  bois  marqué  VI.  quoy  qu'il  n'y  en  ait  pomt  dans  ce  bâtiment 
mais  feulement  pour  en  faire  voir  les  pièces,  qui  ont  des  noms 
particuliers,  au  fujet  dequoyileft  bon  d'avertir  que  les  pans 
de  bois  pour  les  Façades  de  maifons  ne  fe  doivent  pratiquer 
due  pour  épargner  la  dépenfe  ,  éviter  la  charge  &  gagner  de 
la  place  ,  comme  ileneitneceffairepour  les  bâtimens en  aille, 
afin  qu'ils  ayent  moins  de  faillie  ,  pour   ne  pas  diminuer  la 
Cour.     Les  pans  de  bois  &  cloifonsfepofent  au  premier  Etage 
fur  un  Poitrail  &  dans  les  moindres  bâtimens  au  rez-de 
chauffcefur  une  âlTifede  pierre,  ou  fur  deux  ,  loriquil  hut 
qu'cllesfoientàhauteurderetraited'un  murde  face  de  maçon- 
nerie. Autrefois  les  Poutres  eftoient  plus  en  ufage  dans  les  Ap- 
partemens ,  à  prefent  on  fe  fert  de  folives  de  brin  depuis  8. 
pouces  de  gros  jufqu'à  un  pied  qui  fuffifent  pour  des  pièces 
Je  24.  pieds  dans  ceuvre;  or  comme  les  boisde  brin  ne  iont 
pas  toujours  équaris  &  avivez  ,  ayant  un  peu  de  flalche  on 
les  recouvre  de  plâtre,  &  l'on  fait  des  Plafonds  qui  font 
plus  beaux  que  de  laiffer  les  bois  aparens,  mais  qui  ne  Iont  pas 
fi  durables  ;  parce  que  le  bois  enfermé  s'échaufe  &  fe  pourrit 
plus  facilement  ;  aulTi  ces  fortes  de  Plafonds  font  rarement 
n  ufage  dans  les  bdtimens  publics  &  les  Maifons  de  Commu- 
nautez,  oii  h  durée  ert  préférable  à  cet  embeliflement  :  &  li 
ces  Plafonds  ne  font  pas  bien  latrcz  à  lattes  jointives  avec 
deux  doux  à  chaque  folive,  &  que  même  le  pUare  n'y  foit 
)as  employé  de  fuite,  ils  font  fujets  à  s'éclater.     Si  toutefois 


ZT    DE     LA    DECORATION. 


18^ 


oneft  obligé  de  fefervir  de  poutres,  il  faut  garnir  de  plomb  les 
bouts  qui  portent  dans  le  m  ur ,  ce  qui  fe  doit  faire  auffi  aux  foli- 
vesdebrin,  à  moins  qu'on  ne  les  pofe  fur  des  fabliercs.  Les 
poi"  très  doivent  eftre  bien  équaries  avec  moulure,  fur  l'arefte  & 
poféesfurleurfortainfi  que  toutes  les  folives  des  planchers  qui 
feront  pofées  de  champ  &  non  de  plat.  Les  travées  feront  les 
plus  égalesque  faire  fe  pourra,  &  elles  doivent  répondre  milieu 
pour  milieu  aux  Croifées.  11  y  a  des  aflemblages  de  pluficurs 
manières ,  &  les  meilleurs  font  les  plus  j  uftes  avec  des  tenons  & 
mortoifes  bien  chevillez  :  ce  qui  ne  (e  pratique  prefque  pas  en 
Itahe  où  les  bois  des  combks  ne  font  entretenus  que  par  des  en- 
tailles &  des  liens  de  fer.  Quant  aux groffeurs  de  bois ,  il  eft 
confiant  qu'on  les  doit  employer  de  groffeur  convenable  à  leur 
longueur,  ce  que  la  pratique  montre  affez  aux  ouvriers ,  &ce 
qu'il  efl  toutefois  neceffùre  d'expliquer  dans  le  devis  ,  &cet 
ufage  fe  trouve  bien  différent  félon  l'interefl  de  ces  mefraes  Ou- 
vriers. Sur  quoy  on  peut  dire  que  depuis  qu'ils  fourniffent  le 
boisaucenr,  au  bas  prix  qu'on  leur  demande,  iisnepeuventy 
trouver  leur  compte  qu'en  les  mettant  d'une  grofleur  inutile 
(qui  charge  trop  les  bâtimens)  &  avec  le  moins d'affemblage 
qu'ils  peuvent,  afin  d'avoir  beaucoup  de  cents  de  bois  &  peu 
de  journées  d'Ouvriers. 


A  a  u; 


ïp* 


jy  E  L  ^  D  E  c  0  R  ^  rio  ^r 


^ 


DE  LA  DECORATION  DES  JARDINS. 

LA  fcience  de  l' Ar  doit  e  Bure  embrajfant  toutes  les 
connoiffances  qui  fervent  tant  à  la  Conftrn^ion 
qu'à  la  "Décoration  des  Edifices,  comme  les  Jardins  en 
font  infeparables  &  contribuent  notablement  à  leur 
embelli  ffement ,  fay  crû  qu'il  eft  oit  utile,  en  parlant  de 
celuy  quipourroit  convenir  à  cette  Maifon  ,  de  traiter 
en  gênerai  de  la  manière  de  les  décerer. 

LEs  fituations  différentes  des  Parcs  &  Jardins ,  tant  pour 
leur  étendue  que  pour  l'inégalité  de  leur  plan,  donnent 
plufieurs  moyens  d'en  varier  la  dirpofition.  Mais  le^us  grand 
Art  confifte  à  bien  connoiftre  les  avantages  &  les  défauts  du 
lieu,  afin  de  profiter  des  uns  &  de  corriger  les  autres  :  &  fur 
cette  règle  former  fon  deflfein  en  ne  remuant  que  le  moins  de  ter- 
re que  l'on  pourra,  parc€  que  cette  dépenfe  ,  qui  eft  toujours 
tres-forte,  neparoiftquepeudechofeàceux  qui  n'ont  pas  veu 

auparavant  l'eftat  des  lieux.  j  zr    j 

Orcommelcbaftimentdoittoûjourseftreéleveau-deflusde 

tout  ce  qui  en  efl:  proche,il  eft  conftant  qu'il  faut  defcendre  dans 
lejardin  tant  de  front  que  par  les  coftez. 

Le  terrain  des  Jardins  eft  de  trois  manières ,  ou  de  niveau 
parfait  un  peu  plus  bas  que  l'Edifice ,  comme  celuy  des  Thui- 
leries  :  ou  avec  une  pente  douce,  réglée  par  l'obligation  de 
deuxRez-de-chauflee,  comme  le  Parterre  des  Couronnes, 
&  l'allée  d'eau  à  Verfailles  :  ou  enfin  par  chutes  de  Perrons  & 
de  Glacis  avec  des  pentes,  comme  le  Jardin  de  Marly.  Etil 
faut  tenir  pour  règle  générale  de  ménager  les  plus  belles 
vcuës  qu'on  peut  remarquer  du  Bâtiment ,  duquel  eftant  le 
plus  éloigné ,  on  ne  perde  point  l'afped.  Deux  chofes  con- 
tribuent à  cette  pratique  :  la  première  eft,  que  les  allées  foient 
percées  avantageufement ,  afin  d'en  rendre  les  ifluès  agréa- 


.i 

% 


^ 


bles  par  la  découverte  qui  eft  d'autant  plus  belle  ,  qu'elle  a 
plus  d'éloigneraent,  &  que  les  objets  en  font  plus  variez, 
&  la  féconde  chofe  à  obferver  ,  eft  que  les  pentes  foient  ré- 
glées de  telle  manière  ,  que  nonobftant  les  Perrons  &  le  s  Gla- 
cis on  découvre  du  bout  de  l'allée  principale  la  maffe  de  tout 
l'Edifice,  cequi  s'entend  des  Jardins  de  Campagne,  où  l'air 
libre  donne  moyen  de  s'étendre  &  de  profiter  de  l'éren- 
duëdulieu  :  Carpourles  Jardins  qui  font  renfermez  dans  les 
Villes,  il  faut  s'accommoder  à  la  place  qui  en  eft  ordinaire- 
ment petite,  parce  que  le  terrain  y  eft  cher,  &  qu'on  y  eft 
ferré  de  prés  par  les  maifons  voifines  qui  en  bornent  la  veûë. 
Ces  petits  Jardins  de  Ville  font  ordinairement  dreflez  de  niveau 
parfait. 

Mais  pour  revenir  aux  Jardins  dont  l'étendue  permet  une 
ingenieufe  compofition  :  Le  Parterre  qui  eft  la  première  pie- 
ce  qui  fe  prefente  en  entrant,  doit  eftre  de  la  largeur  du 
corps  du  Bâtiment,  les  allées  des  coftez  prifes  en  dehors,  & 
h  longueur  de  telle  proportion  ,  que  du  bout  on  puiffe  di- 
ftmguer  toutes  les  parties  de  l'Edifice.     Il  faut  que  les  orne- 
mens  de  broderie  foient  fans  confufion  ,  &  pour  les  remar- 
quer plus  diftinftement,  lefondsendoit  eftre  labouré,  &  de 
terre  noire  ,  &  le  dedans  des  feiiilles  fable  ,  ce  qui  fe  doit 
faire  ainfi  aux  Parterres  dont  les  Plattebandes  font  coupées, 
&  qui  ont  un  petit  chemin  qui  les  détache  de  la  broderie  :  & 
au  contraire  à  ceux  dont  les  plattebandes  ne  font  point  cou- 
pées, &  qui  n'ont  point  de  chemin  qui  les  fepare,  il  faut 
que  le  dedans  des  feuilles  &  des  fleurons  de  la  broderie  foit 
noir,  &  le  champ  du  Parterre  fable  comme  les  grandes  allées. 
Le  Buis  doit  eftre  petit  &  bien  garny  ;  il  eft  de  peud'entre- 

k^"j^  j^  ^°"^"^  ^^^^^'  ^^  Parterre  eft  entouré  de  platte- 
bandes de  quatre  pieds  de  largeur  pour  les  petits,  &  decinq 
a  fix  pieds  pour  les  grands  :  on  les  garnit  de  fleurs  &  d'ar- 
brifleauxverds,  comme Picias,  Ifs,  Houx,  Buiffonsardens 
&c.  &  les  encognures  font  de  diverfes  figures  avec  enroule- 
mens  qui  forment  des  fpirales  à  chaque  tournant.    Cette 


mummmÊÊÊmmmmmk 


ne  f,au,-o,t  do""".^;:,^?  Cf  oCce  qu'on  en  peut  dire 
portionscommealArcmte-ijr  parterres  eftant 

la  que  cette  Art  v.ent  ^e  >a  G  om^tm,  les  ^,^ 

cor^pofez  ,  P-"\tc'dTsSquet  Morefques.  Arabef- 

répétez.  _      ,    ,„„:  «n- Tait  de  broderie  entoure 

•'LeprernierParterreeftceluyqmeaf.tde^^^^^ 

d'une  plattebande  deco"P««  '  ^lebande      Ce  Parterre  doit 

S,afiif placé,  font  «™P'if^f  ^J^fjoùpées  en  compartimens 
LetroifiérneParter^eftdep.^^^^^^^^^ 

pour  mettre  ''^^"'""'..-uXnfe  peut  promener  par  les  fen- 
droitcs& courbes,  °a"*"^1""^",'7.„„  Lces.  Ce  Parterre 
tiersfaits  à  ce  fujet  en  hgnes  parai  les  »^  P^'  j^  ^^^^,  en  di- 

eft  entouré  «"■"^^^.X^.l^.^&l fleurs-    ToLlesche- 
versendroits,  garnied  "°"  '""^,„oiecesducompartiroent 
mins  en  doivent  eftre  ^^^1^.  &l«P;^f^ 
remplies  de  bonne  terre ,  meleede  terreau  o 
ksdétacherdufond.  .     compartimens  de  ga- 

La  quatrième  eft  un  ^"""^ J^^.^  ^  tionquelespie- 
.oncompofécommeceluycy-deffu  .àUxc^P       H         ^^^ 

CCS  en  doivent  eftre  beaucoup  P'^^S""^';  ?,,  phtte-bande 
d'avoir  au  tour  de  chaque  P'^"""'P'„oi4our  mettre 
de  deux  pieds  feulement .  '^""P  ',\'^„  "'Ca^on  que  l'on 
ae.fleursV?^,.'ft-XurrctÏ:Vfecf,   ce  Parterre 


coupe 


parallèle 


Passao  r 


a  .  ^iUe'ii^i^e  front. \>..4Uee~s  de  cote 
c  .  CcrOcn  ?e  jazonA  .  Tahlctte  . 
e  .  I>ez..£ Plate />ande  corUvaue  . 
^  .  Pljt&é>"'^cciipce  \\^'trhrùseaux,taiU^j 


1  .  Rinceau  deyrten/a  a  es  .^s, .  J^/e  u  i  on 

a  araincs  V.rteuron  simple  . 
m  ,  j^read ou  Rosette  u  Cérames  . 
o     Bec  Je  Ce r'/un  ^  La rmes  ■ 


-  _ri-r: 


S,.:, .ri 


^-n:: 


> 


.iPARTERRi:    ALA^'GLOISE.    et    7?    PARTEJniX  DE  BRODERIE 


■  p>ir 


DES    JARDINS, 


195 


a  fa  Plate-bande  comme  les  autres  ,  &  les  fenticrs  plus  lar- 
ges que  ceux  du  Parterre  de  fleurs,  à  caufe  que  les  compar- 
timens  font  plus  étendus;  auffi  ne  fe  peut-il  faire  que  dans 
un  grand  efpace  ,  &  c'eft  ce  qu'on  appelle  Parterre  à  l'An- 
gloife. 

On  peut ,  quand  la  faifon  eft  douce  ,  changer  la  décora- 
tion des  Jardins  ,  en  y  mettant  des  caifTes  d'Orangers ,  de 
Grenadiers,  de  Jafmins,  de  Lauriers- ro  fes  ,  &c.  (dont  on 
fait  des  Allées  )  &r  en  garniffant  les  Parterres  &  les  planches 
de  vafes  de  diverfes  fleurs  avec  des  cailTes  aux  encôgnures 
des  carreaux;  &lors  queles  fleurs  commencent  à  fe  faner,  s'il 
y  en  a  une  pépinière  de  referve  dans  des  pots  ,  on  les  peut 
changer,  enterrant  les  pots,  comme  on  le  pratique  aux  Jar- 
dins de  Trianon,  &  cette  variété  efl  la  plus  magnifique  qui  fe 
puifTe  imaginer. 

Les  Allées,  tant  celles  qui  fcparent  les  Parterres,  que  cel- 
les qui  difliinguent  les  Bofquets,  font  ou  parallèles  à  la  ligne 
qui  pafTe  par  le  milieu  du  Bafl:iment,  oudetraverfe,  retour- 
nées d'equerre  ,     ou  biaifes  fur  cette  ligne,  ou  diagonales. 
Les  Allées  entre  les  Parterres  ou  à  l'entour ,   ne  doivent  pas 
avoir  moins  de  douze  à  quinze  pieds ,     &  peuvent  eftre 
beaucoup  plus  grandes  &:  proportionnées     tant  aux  Parterres 
qu'aux  autres  pièces  qui  les  accompagnent  ,  &  qui  forment 
l'étendue  de  ce  qui  fe  prefente  à  découvert  en  defcendant  au 
Jardin.     Les  Allées  font  ordinairement  de  niveau,  &•  quel- 
quefois avec  de  la  pente,  qui  ne  doit  jamais efl:re trop  roide; 
I     parce  que,  quand  elle  excède  trois  pouces  par  toife,  les  ra- 
vines les  gâtent  ;     à  quoy  on  peut  remédier  par  du  gazon 
qu'on  met  au  milieu  des  plus  grandes  ,     &  au  pied  de  leurs 
pahlTades,  comme  à  l'Allée  Royale  de  Verfailles.  Il  faut  que 
les  Allées  foient  fablées,  &un  peu  élevées  au  milieu  de  leur 
Iirgeur  ,     afin  que  l'eau  puifle  s'écouler  des  deux  cotez.  La    I 
meilleure  précaution    dont  on  fe  puifTe  fervir  pour  confcr- 
ver  les  Allées  ,  c'efl:  de  faire  un  Aire  de  recoupes  de  pierres 
de  dix  h'iit  pouces ,     bien  battue  &■  réduite  à  un  pied  d'é. 


Bû 


194 


D^     LA    pnCORATION 

nnffeurou  environ,  fur  laquelle  il  ne  faut  que  peu  de  fable 
0  urks  entretenir  dans  une  grande  propreté  ;  parce  qu  ,1  n  y 
^oift  quclrt  peu  d'herbes .  &  les  taupes  ne  les  peuvent  endom- 

""tTs'Cours,  Avenues,  &  Allées  principales,  tant  de  front 
aue  de  trafe  fe,  font  fouvent  accompagnées  de  Contre^al- 
?&s  de  k  moite  de  leur  largeur  .  à  moms  que  étendue 
de  la  faç' deTu  baftiment  ne  faffe  fortir  de  cette  règle ,  parce 
nue  la  Xs -rande  beauté  des  Avenues  d'ormes ,  eft  que  les 
?    n.l,^    des    arbres  des  principales  Allées  fe  touchent  par 

?et?C:nr:néeToi;enfeflreVtét.^^^^^^^^^ 

ec  les  Allées     afin  d'y  pouvorr  .ouvet  1  ^^^^^^ 

refteCl'atfa    deVderPalais.  font 'plantées  de  Maron- 
;trd'lnde.d'lft  entr^deu.,  P^e.ue    es  ^s    <,.^^^^^^ 

"u  eue  ?oit  termrn'ée  parl'horrxon  du  'onta-n  .  -"  -ffi  un 

"%"^^r.lT'dt;  rdTCelfe'r'fa;^^^^^^^^ 
1" fbeTu:         t's  d^  ":ri>ourl  pen;edesRoa.s,  corn 
^:efouventW.édute„;^.es^^^^^^^^^^^^^^^ 
n'y  peut  avoir  de  gazon,  d  Aire  ae  rctuup    ,     ; 


VES    JARDINS.  i^ 


puisqu  on  s  y  doit  promener  en  carolTe;  il  les  fautaccommo- 
der  de  telle  forte ,  qu'avec  la  terre  qu'on  ofte  de  la  crefte  ou 
fommetd'uneéminencelelong  d'une  Allée,  on  en  comble  le 
fonds,  quandmefmeondevroitun  peu  enterrer  les  arbres  des 
coftez.  Il  fauttafcberenaplanifTantle  tout,  que  la  pente  foit 
d'une  feule  ligne  ;  c'eft  pourquoy  afin  de  connoiftre  la  quantité' 
de  terre  qu'on  en  doit  ofter,  il  fe  faut  fervir  d'un  bon  niveau ,  & 
enuneouplufieurs  flations  marquer  exaftement  la  pente  natu- 
relle de  l'état  du  terrein ,  parce  que  c'eft  par  ces  profils  qu'on  re- 
gle  les  pomts  de  veuë,  en  forte  qu'un  objet  ne  nuife  point  à  l'au 
tre ,  &  qu'on  apperçoive  tout  ce  qui  peut  eftre  veu  d'un  mefme 
afped. 

Les  Bois  font  anciens  ou  nouvellement  plantez  :  &  com. 
me  c'eft  un  grand  avantage  de  trouver  un  vieux  plant  de  hau- 
te fûtaye  ,  psrce  qu'on  poffede  ce  qui  ne  peut  croiftre  qu'a- 
vec beaucoup  d'années ,  il  en  faut  abbattre  le  moins  qu'on 
peut  lors  qu'on  y  taille  des  Allées,  des  rvoutes&  desBofquets: 
&  fi  ces  Bois  font  à  claire  voye  en  certains  endroits ,  c'eft' 
dans  ces  Clairières  qu'on  peut  faire  des  Bofquets  fans  couper 
beaucoup  de  Bois,  ny  remuer  quantité  de  terre,  parce  qu'il 
en  faut  accommoder  les  figures  aux  différentes  lituations 
qui  ont  toujours  leurs  avantages  ,  lors  qu'on  en  fcait  profil 
ter.  IlyapIufieursmanieresdedécorercesBofquets,  com- 
mede  Théâtres,  de  Labyrinthes,  de  Salles  de  Bal,  &  de  Fe- 
ftm  ,  de  Belvédères ,  &  de  plufieurs  autres  figures  dont  on 
voit  affez  d'exemples.  Mais  fi  l'on  plante  un  jeune  Bois  fur 
un  terrein  inégal ,  il  faut  planter  les  plus  grands  arbres  dans 
les  fonds ,  parce  qu'ils  s'y  portent  mieux  à  caufe  de  l'humi- 
dite,  &  les  Bofquets  figurez  fur  les  hauteurs  pour  jouir  de 
la  veuë.  ^ 

On  fait  aufTi  dans  les  Bofquets  de  certains  Parterres  de 
gazon  en  comparcimens  de diverfes  figures,  enfoncez  ou  re- 
levez en  glacis  couverts  de  gazon,  &  bordez  d'arbres  verds, 
qu'on  nomme  Boulingrins,  &fous  ce  nom  on  en  comprend 
d'autres  qui  différent  plus  ou  moins  de  cette  compofition  ,   I 

Bb  i; 


ipg  DE     LA    DECOR  ATION 


■r 


dont  les  plus  riches,  qui  font  entourez  de  paliffades  de  char- 
mille, pcrcéesd'arcades  forment  un  Jardin  particulier,  com- 
me le  Roiilingnn  de  Saint  Germain  en  Laye.  Les  Quinconges 
reprcfentent  alIc  z  bien  le^  Promenoirs  des  Anciens  raportcz  par 
Vitruve;  ce  font  des  Allées  d'arbres  égales  &:  parallèles,  croi- 
fées  par  d'autres  Allées  en  échiquier  pour  remplir  quelques 
efpaces ,  comme  celuy  qui  refte  entre  les  bouts  des  avenues 
d'une  Pate-d'oye. 

Si  les  Jardins  de  niveau  ,  ou  avec  une  pente  réglée  ,  ont 
leur  beauté,  à  eau fe  de  l'uniformité  de  leur  terrcin  ,  qui 
eft  pl'is  f.icilc  pour  la  promenade  &  de  moindre  entretien: 
Ceux  au'Ji  oii  il  fe  rencontre  des  chutes  &  delcentes,  n'ont 
pas  moins  d'avantage  par  leur  variété  ,  &  leur  veuë  en  eft 
d'autant  plus  riche  qu'il  fcmble  que  ce  foient  plulieurs 
Jardins  qui  fe  communiquent  par  des  glacis  &  des  perrons, 
mais  il  ne  faut  pas  que  qq'î,  chûtes  &  delcentes  foient  fi  pré- 
cipitées ,  qu'il  y  ait  trop  à  defcendre  dans  un  médiocre  ef- 
pace.  On  retient  les  terres  par  des  glacis,  ou  par  des  ter- 
rafles  de  -Maçonnerie  ,  le  ralut  des  terrafles  doit  eftre  à  pro- 
portion de  leur  hauteur  ,  &  les  murs  en  doivent  eftre  garnis 
d'arbres  verds  en  paliflade  ,  ou  de  charmille.  Les  glacis  font 
couverts  de  gazon  pour  entretenir  les  terres  j  leur  pente,  pour 
n'eftre  pas  trop  roide  ,  doit  eftre  au  deflous  de  la  diagonale 
du  quarré,  parce  que  l'humidité  tombe  en  bas ,  &  que  le 
haut  devient  aride  pendant  l'Efté.  Lors  que  les  TerralTes  font 
élevées,  il  ell  necclfaire  d'y  mettre  un  appuy ,  ou  une  balu- 
ftrade  de  pierre  ou  de  fer  ,  mais  fi  elles  ne  font  hautes  que 
de  fix  à  fept  pieds  ,  il  fuffit  d'une  tablette  de  pierre  dure. 
Les  plus  beaux  Perrons  font  quarrez ,  &  il  faut  qu'ils  foient 
doux  &  peu  nombreux  de  marches  j  ainfi  leurs  degrez  peu- 
vent avoir  quinze  à  feize  pouces  de  giron  ,  fur  fix  pouces  de 
hauteur  ,  compris  trois  lignes  de  pente  que  doit  avoir  cha- 
que marche,  afin  que  l'eau  ne  pouriifTc  pas  les  joints  de  re- 
couvrement, Les  rampes  ne  doivent  gucres  paffer  le  nom- 
bre de  treize  à  quinze  marches  fans  un  palier  de  deux  pis 

mmmmmmÊmÊmmmÊÊmmÊmmmmmmmmmmmmmÊmmmmmmmmmmSS^ 


PAKTF.RKE  DE  PIECES  COtrPEXS.  ■•>■  n  pat;  TEHRE  DE  GAZOSCOM.TAXrlfiJjil 


11 


r-kT"^/^"       >in-r^ 


DES    JARDINS.  'T97 


de  largeur  aufli  long  que  le  Perron,  qui  quelquefois  eft  retenu 
entre  deux  échifres  qui  terminent  par  des  focles,  ou  par  des 
mursdererrâffe,  commeceluy  du  JirdindeVeifailles,  par  le- 
quel on  defcendà  la  fontaine  deLatone,  ou  qui  eft  retourné 
d'équcrre,  comme  le  grand  Perron  deMarly. 

Les  Berceaux  qui  non  feulement  ornent  les  Jardins,  mais 
y  apportent  encore  beaucoup  de  commodité,  font  ou  natu- 
rels, ou  artificiels.  Les  naturels  fe  font  p^r  les  branches  en- 
trelaflées  des  arbres,  &:  les  artificiels  font  faits  de  fer  avec  des 
treillages  d'échalas  de  cœur  de  chefne  bien  planez  ,  &  dref- 
fez  qui  forment  des  pilaftres ,  des  montans  ,  &  autres  corps 
d'Architedure.  Il  ne  faut  pas  que  les  Berceaux  foicnt  fort 
élevez  y  pour  eftre  plûtoft  couverts  de  verdure  &  conferver 
la  fntcheur  :  &il  fuffit  qu'ils  ayent  de  hauteur  un  tiers  plus 
que  leur  largeur  ,  &  que  le  cintre  en  foit  furbaifle,  comme 
ceux  de  Sceaux,  qui  font  d'un  beau  contour.  Les  Berceaux 
font  terminez  par  des  Portiques  ou  des  Cabinets  de  treilljge 
décorez  d'Architedure  &  couverts  en  Dôme,  avec  quelque 
vafe  pour  amortilTement  :  les  Cabinets  de  treillage  de  Clagny 
ornez  de  colonnes  Ioniques,  font  des  plus  beaux.  Ongarnit 
les  Berceaux  de  chevreftiiille,  de  vigne-vierge  ou  de  jafmin 
commu.n.  Outre  les  paliffjdes  de  charmille  pour  revenir  les 
murs,  on  fe  fert  encore  de  trcilbges  qui  feracordent  avec  les 
Berceaux,  &  font  garnis  dcsmefmes  arbrifleaux  ;  ainfi  un  mé- 
diocre Jardin  de  Ville,  eft  bien  terminé  par  un  berceau ,  avec 
deux  cabinets  de  treillage. 

Comme  l'Oranger  efl  un  des  plus  beaux  ornemens  des  Jar- 
dins, à  caufe  de  fa  fîeur,  de  fon  fruit,  de  fon  odeur,  &  de 
la  verdeur  de  fes  feuilles ,  qui fubfîfient pendant l'hy ver,  on 
a  recherché  de  conferver  cet  arbre  avec  beaucoup  de  foin, 
parce  qu'il  vient  d'un  climat  plus  chaud  que  le  noflre.  On 
baflit  pour  cet  effet  des  Serres  appellées  Orangeries,  où  l'on 
peut  fe  promener  Thyver,  comme  dans  une  gallerie.  Il  sfn 
voit  prefque  dans  tous  les  Jardins  pour  peu  qu'ils  (oient  con- 
fiderables,  fleurs  croiiées  doivent  tftre  expofées  au  midi, 

S5S5555S5iES55S555SSS^^— ' 

Bb  jij 


198  DE    LA    DECORATION^ 


&bien  fermées  de  chaflris&  de  contre,  chaflîs  pendant  l'hy  ver. 
Les  Parterres  des  Orangeries  doivent  eftre  fîmples,  parce  que 
les  Orangers  qui  en  font  la  plus  grande  beauté  forment  les  Al- 
lées; ainfî  il  n'eft  pas  neceflaire  de  broderie,  ny  de  fleurs,  mais 
feulement  de  compartimens  de  gazon  avec  divers  enroule- 
mens  ,  comme  au  Parterre  de  l'Orangerie  de  Verfailles  qui 
cft  la  plus  grande  &  la  plus  magnifique  qui  ait  efté  faite  j ufques  à 
prefent. 

Quelque  bien  cultivez  que  foient  les  Jardins,  ils  paroif- 
fent  peu  agréables  fans  les  fontaines  d'eau  jailliffante,  qui  en 
animent  h  beauté.  L'induftrie  dans  la  diftribution  des  eaux, 
confifte  à  faire  en  forte  qu'une  petite  quantité paroifle  beau- 
coup. Et  comme  un  petit  baffm  pour  le  milieu  d'un  grand  Par- 
terre eft  ridicule ,  il  ne  faut  pas  auffi  qu'une  grande  pièce  d'eau 
en  confomme  la  meilleure  partie.  La  grofleur  de  l'ajutage  & 
la  hauteur  du  jet  doivent  eftre  proportionnées  à  la  grandeur  du 
baflin,  afin  que  le  vent  ne  chaffe  pas  l'eau  au  dehors  :  la  fi- 
gure ronde,  quoy  que  la  plus  commune,  eft  la  plus  belle;  les 
bords  en  peuvent  eftre  revêtus  de  gazon  ou  de  marbre,  avec 
un  beau  profil,  oudumoinsd'unefimpletablettedepierre,  &: 
l'eau  qui  refte  dans  le  baffin  doit  venir  jufques  au  deflbusde 
la  tablette  ,  &  le  fonds  doit  eftre  pavé  de  caillou  de  vigne, 
ou  de  petit  grais  avec  du  mortier  de  ciment ,  ou  bien  revêtu  de 
plomb. 

Dans  les  Allées  en  pente  on  peut  faire  des  Cafcades  par 
baflins,  qui  fe  communiquent  par  des  rigoles  ou goulettes, 
ou  par  napes  ou  chûtes  dans  un  balTm  continu.  JI  faut  que 
toutes  ces  pièces,  fur  tout  les  napes,  foient  fuffifamment  gar- 
nies d'eau.^  Avant  que  toutes leseauxdesfontainess'écoulent 
par  leur  décharge,  elles  fe  peuvent  rendre  dans  un  grand  baf- 
fin ,  dont  on  peut  faire  une  pièce  d'eau  ,  ou  mefme  un 
Canal,  s'il  y  a  de  la  longueur  dans  le  plus  bas  du  jardin  :  & 
pour  cet  eflPet  il  feroit  à  propos  de  réduire  en  canal  un  ruif- 
feau,  Qu  une  petite  rivière  qui  pafferoit  par  le  Parc,  comme 
à  Chantilly.     Les  Refervoirs  qui  font  au  plus  haut  du  Jar- 


^  E  s    y  ^  ILD  I  N-  s. 

dm     doivencfornier  quelque  figure,  qui  ferve  d  ornement  à 

•unParterre.  QuantauxJardinsquinonrpascctavanraaT  on 
peu  t  y  reçue,  hr  les  e.ux  pluviales,  ou  en  tirer  d'un  puits  avec  une 
pompe  au  défaut  d'une  fource. 

.nn?iL'?^1'''  '"'''''  les  Jardins  par  de  petits  Bartimens 
appeliez  Grotes ,  imitées  des  antres  qui  font  dans  les  mon 

''^"''i  ^  aZ  q^.i  les  décore  par  dehors,  doit  eflre  rufti'- 
que,  &  le  dedans  enrichi  dornemens  maritimes,  depetrifica- 
tions ,  de  glaçons,  de  mafques ,  &  de  feftons  de  coquillage  s  fans 

nnn  Lft  \î  R  ^^u'  ^'^'4^'^^^"^^  "^  perde  point  faVorme 
nonobftan  la  Rocaille.  On  les  orneauffi  de  Figures  &  de  Fon- 
taines, &  elles  doivent  eftre  expoféesauNordpourconferver  la 
frailcheur.  ^ 

Les  Ouvrages  de  Sculpture  contribuent  avec  beaucoup  de 
magnificencealarichefîedes  Jardins,  comme  les  Figuresi  & 
les  Groupes,  auxquels  une  Niche  de  treillage  ou  une  Palida 
de,  eftavantageufepourlesfaire  détacher.  Les  Vafes  lesCo 
lonnes  &  les  Obehfques  qui  doivent  eftre  ifolez ,  fe  mettent  aux 
bouts  des  Rampes,  aux  coins  des  Perrons,  auxBaffins,  aux 
encognures  de  Parterres  de  broderie  ,  &  au  milieu  de  ceux  de 
gazon. 

Le  Jardin  Potager,  quin  eftoitautrefoisqu'un  Ver^erfans 
aucune  décoration  ,   eft  devenu  auiïi  régulier  que  les%utres 
Jardins  :  &  outre  1  utilité  des  fruits  qui  en  proviennent ,  il 
aencorede  lagrementpar  fadifpofition:  fes  carreaux  font  bor- 
dezde  plantes  odoriférantes  &  de  fim  pies,  fes  couches  couver- 
tes  de  légumes  ,  &  fes  planches  &  compartimens  en  pièces 
coupées,  garnis  d  arbres  fruitiers  nains.  Les  Efpaliers  déco- 
rent fes  murs  de  clôture.  SilePotagereiMunegrandeétenduë 
on  le  fepare  en  plufieurs  Jardins,  pourpartager  lesefpecesdes 
fruits,  &  pour  avoir  plus  d'arbres  en  Efpaliers.  La  Melonnie- 
re&la  Figuerie  font  placées  feparement,  &  dans  la  plus  belle 
expolition.  *■ 

Pour  décorer  l'extrémité  d'un  Jardin  de  Ville  ,    dont  la 
veue  elt  fouvent  bornée  par  le  pignon  d'une  maifon  voifine. 


200       BE  LA  DECORATION  DES  JARDINS. 


on  y  peut  faire  un  Portique  de  treillage;  comme  il  fe  pra- 
tique afftz  fouvent  lors  que  ce  n'eft  qu'un  mur  de  clôture. 
Ccluy  duJdrdindel'HofteJ  deLonvois,  eft  un  des  plus  par- 
faits exemples  de  cette  efpece  de  de'i  oration  :  mais  quand  le 
pignon  efl:  bien  haut,  on  y  peut  peindre  à  l'huile,  ouàfrefque 
quelque  Perfpeftive  d'Architedure,  comme  il  s'en  voit  d'u- 
ne grande  beauté  à  quelques  Hoftels,  lefquels  auroient  tour  le 
fuccés  poU)  ble,  fi  les  enduits  en  avoient  efté  auITi  bons  que  ceux 
d'Italie. 

Pour  lejardin  de  cette  Maifon,  jeTayrariéde  plufieurs  fa- 
çons, autant  pourdonner  à  choifir,  que  pour  reprcfenter  les  qua- 
tre cfpeces  de  Parterre-  Le  premier  Deflein  a  45.  toifes  delon 
gueur  fur  la  largeur  de  plus  de  zi.&:  renferme  entre  une  Teria^ 
fe  de  4.  toifes  de  largeur  &  un  Treillage  des  plus  riches  qui  fc 
puiiïent  faire,  un  Parterre  de  broderie  avec  un  maflîf  tournant 
de  gazon, &:  un  Rondd'eauquiaunjet. 

Lefeconda  furb  mefme  largeur,  enviroj:?  50.  toifes  de  lon- 
gueur avec  une  Allée  au  milieu  qui  partagé  deux  fortes  de  Par- 
terre :  ceîuy  marqué  A  ,  eft  de  la  mefme  efpece  que  le  précèdent 
&  fe  nomm.e  à  l'Angloife  :  l'autre  marqué  B ,  eft  de  broderie 
renfermée  d'une  p!ate- bande  coupée:  Le  Baffm  de  différente  fi- 
gure eft  un  peu  grand,  eu  égard  au  Paherre;  mais  bien  propor- 
tionné à  la  Demi-lune  en  Amphithéâtre  quitermine  avantc^eu- 
fementceJârdin,&dontîa  diftribution  du  Baftiment  elHuffi- 
famment  expliquée. 

Enfin  letroifiéme  à  peu  prés  de  la  mefme  difpofitionquele 
précèdent,  a  du  co  fié  C,  un  Parterre  de  gazon  comparti,  ren- 
ferméd'une  plate- bandecoupéegarnied'arbriireaux:&:  du  côté 
marqué  D,  un  Parterre  de  pièces  coupées,  formées  de  traits  de 
buis  nain  pour  des  fleurs,  auflTi  avec  desarbriffeaux.  On  voir  de- 
vant le  Baffin  de  deux  façons,  d'un  cofté  un  magnifique  Treilla- 
ge, &:de  l'autre  une  Orangerie  décorée  d'un  ordre  Dorique. 
Ain  {]  on  peut  tirer  par  la  variété  de  ces  trois  figures,  les  règles  gé- 
nérales de  la  Décoration  de  ce  Jardin. 


VE  LA  MAIILKE 


I 


2or 


•*M«Mfl«MM|iriMil^i^ 


T>  E    LA    MATIERE 

ET  DE  LA  CONSTRVCTION  DES  EDIFICES. 

Alantfait  connohre  dans  la  Treface  de  ce  Livre 
^^  combien  la  pratique  eft  utile  à  lArchitene  :  6- 
après  avoir  ci-devant  parle  en  général  de  la  Forme  des 
Edifices:]  e  me  fins  trouvé  infenfiblement  engagé  à  dir  e 
quelque  chofe  de  leur  Matière  &  de  leur  Conjtruèïion 
dont  la  connoijfa-nce  efl  infeparable  des  aiitresTarties, 
quico7itribuent  àrendre  lArchiteèle  autant  intelli- 
gent dans  l'Ouvrage, qu'il  le  doit  efire  dans  le  dejfein. 

LA  Pratique  du  Baftiment  ne  confifte  pas  feulement  dans 
h  parfaite  connoiflance  de  la  qualité  &  du  prix  de  tous 
les  Matériaux  qui  entrent  dans  la  compofition  des  Edifices: 
mais  encore  dans  l'art  de  les  fçavoir  employer  aux  endroits 
où  ils  font  propres  &  fclon  les  règles  de  la  bonne  Conftru- 
c'iion.  De  forte  qu'il  ne  lufiit  pas  feulement  de  bien  drefler 
un  Devis ,  mais  il  eft  encore  nccefî'aire  d'entendre  bien  l'A- 
telier, c'eft  à  dire  de  veiller  à  l'exécution  de  rOuvrac^e,  de 
telle  forte  qu'il  n'y  ait  point  de  matière  dilTipée  ni  d?  tems 
perdu,  &  que  les  chofes  les  plus  difficiles  fepuilTent  condui- 
re par  le  plus  court  chemin  avec  le  fecours  de  l'induftrie: 
afin  qu'on  puiffe  reconnoiftre  la  diligence  &  lapropretéavec 
laquelle  l'Ouvrage  a  elle  fait.  Le  meilleur  moyen  pour  par- 
venir à  la  connoiflance  des  Matériaux,  c'eft  de  les  travailler: 
parce  qu'il  eft  conftant  que  perfonne  ne  connoift  mieux  la 
pierre  que  celuy  qui  la  taille,  ni  le  fer  queceluy  qui  le  for- 
ge ;  mais  comme  chacun  ne  peut  pas  eftre  Ouvrier  de  pro- 
felîion,  on  peut  néanmoins  acquérir  cette  connoilfance  par 
les  recherches  qu'on  en  fait.  Ainfi  je  traiteray  des  Matériaux, 
&  en  fuite  de  leur  ufage  dans  laConftrudion  d^s  Baftimens. 


Il 


Ce 


lôî  DE     LA    MATIERE 

T>E  LA  MATIERE  "DES  ETflFlCES. 

DES  PIERRES  PROPRES  A  BASTIR. 

LEs  Matériaux  ainfi  que  les  manières  de  baflir  font  dif- 
ferens  félon  les  divers  Païs  :  mais  comme  il  fcroir  pref- 
qu'infini  &:d'uné  trop  longue  difcinion  dVn  faiie  If  dénom- 
brement, jenem'attacheray  qu'à  parler  de  ceux  dont  on  fe 
ferràParis,  dont  la  fitusnon  avantageufe  a  contribué  le  plus 
àfonaccroinement,  puifque  les  matières  les  plus  neceffaires 
pour  baftir  n'en  font  pas  éloignées  ,  &  que  celles  qui  luy 
manquent,  y  peuvent  efire  facilement  apportées  parla  navi- 
gation. La  matière  la  plus  urilc  dans  les  Edifices,  c'efl  la  Pierre, 
&rouscegenreony  comprend  lesMarbres  de  différentes  cou- 
leurs ,  les  roches  de  diverfes  efpcces ,  &i  les  pierres  de  carrières. 
Les  dernières  font  dures  ou  tendres  Rapprochent  plus  de  la 
blancheur  que  d'aucune  autre  couleur ,  &  font  diverfement  em- 
ployées félon  leurs  qualitez  &  leurs  grandeurs. 

Entre  les  Pierres  d'ires  celle  d'Arciieiî  qui  eft  proche  de 
Paris,  eft  la  plus  recherchée  à  caufe  de  fes  bonnes  qualirez;  car 
elle  eft  propre  dans  l'eau  &  à  l'injure  du  tems ,  &•  elle  refifte  au 
fardeau,  aulTis'en  fert-ondans  les  fondemens&pour  les  pre- 
mières alTifes  des  baftimens.  La  meilleure  eft  la  plus  dure, 
ia  moins  coquilleufe,  fansmoyenimoliere:  Il  s'en  trouve  de- 
puis 14.  jufques  à  20.  &:  21.  pouces  de  hautetir 
nette  &:  taillée.  Les  Bas  appareil  eft  de  9.  à  10.  pouces  fans 
bouzin:  Il  s'en  trouvoit  autrefois  d'un  pied  de  cette  forte,  mais 
à  prefcnt  il  eft  rare ,  &  ce  bas  appareil  fert  à  faire  des  marches,  des 
feiiils,  desappuis,  tablettes  &  cimaifes.  Jl  fc  trouve  encore 
à  Arcùeil  un  autre  bas  appareil  appelle  CU^junrt  de  6.  à  7. 
pouces  plus  blanc  que  l'autre  ,  qui  relïemble  au  Liais  &  qui 
fert  aux  mefmes  endroits;  cette  pierre eftant  graffe eft  fu jette 
à  la  gelée ,  c'eft  pourquoy  il  faut  qu'elle  foit  tirée  t<.  employée 
en  eftc. 

mmmtmmmmmgmÊmÊÊÊÊÊÊÊgmmmmÊmmmm 


ET  DE  LA  CONSTVCT/ON: 


mojeo.dehtc.parcetju'ellenes'tmploycpasdecc-ttchauterr- 
qu.nd  elle  eft  b,en  choKie  elle  eft  plus  blanche  &  Me  "u  'm 
au  hrdcau  quelcS.Lcu  "•"■itiiiieautanc 

d  Arc^    l'  '"  *^.  "'"-^  '^  (^"t  lettezducofte'  deBar^neux  près 

dArcucl,  ou  Ils  trouvent  de,  malTts  moins  profondes  dont 

ej  bancs  fe  connnuentplusloin  :  elle cft de mefme qualité q"e 

led  Arcucl ,  ma.selleeft  plusrempliedemoye.plus  fujet te 

a  la  gclee&  moins  propre  au  fardeau.  ^    '^    «lujetie 

La/W^.^.A7„^auboutduParcdeVerC,illes  eft  auafi 
de  mefme  qualKé  que  celle  d'Arcuell  :  elle  eft  »,  re&coq" 
eufe,  fon  banceft  prefqueauŒ  haut  quele  S.  cfoûd,  &  ons  'n 
Icrtpourlespremieresallires.  uu,  ixunstn 

La  P.crrtdiLah  fe  trouve  hors  delà  porte  S.  [acques  der- 
r  ère  les  Chartreux  :  elleeftpleine,  dure&  blanc^he,\-reço  t 
bienlepoh;  elle  fertàfaire  desbaluftres,  des  entrelas ,  ^des 
appuis,  des  tablettes,  des  rampes  des  échifres  d'Efcaliers  & 
du  pave:  on  en  fi.tdesbafes,  des  chapiteaux  &  des  corniches 
danslespluspropresOuvrages,  &on  y  taille  de  la  (culpture- 
cettep,erre  porte  depuis «.  jufques  à  ,o. pouces  de  hauteur 
UL:m>  '•«/ïeftiepîusbianc&leplusplein  L.  Lm,  ft,,«,  eft 

pmdupremierbancdelamefme  carrière:  il  eft  17  dui&fidf! 
hcileatailler.quelespointesd'aderrebrourrcnt,  ilporteû.7  à 

ô.  pouces  de  hauteur.  ^  '' 

tou^'^'^sî^r'a m' ■'?''"'  '^'  ^.C/.,<ieft  la  meilleurede 
toutes,  Srelleeft blanche,  unpeu  coquilleufe.ayantquelques 
r X  ^"'-f^'^'^^'f  difficilement  ;  elle'e(?bonn\  S 

f  çades  des  baft.mens  :  on  en  tire  aulTi  des  colonnes  d'une 

f,,,!      ,'■  "^    ^  ^^-  ^'T^"^  *°"  ™  f^'f  des  baffins  &des 

auge  ;  ,  yenadepuisig.poucesjufquesàî.piedsdehautnet. 
te  «taillée.  ^ 

Au  Faubourg  S.  Jacques  il  fe  trouve  de  la  Pierre  grifeap. 


Ce  Jj 


J.34  T>  E     LA     A'f^TÎFRE 


ï 


|)Cilce  SoHcheti  qui  ell  trouée  &  poreufe,  &qui  reflemblcà 
cel  c  d'Arciieil,  mais  elle  n'eft  bonne  ni  à  l'eau  ni  au  fardeau, 
âuffi  on  nes'en  fert  que  pour  les  moindres  baftimcnsj  elle 
porte  12. 14. 15.  à  16.  pouces  de  haut. 

Au  même  Faubourg  il  fe  trouve  du  Bas  appareil  de  pierre 
dure  qui  n'eft  pas  (i  beau  que  l'Arcùeil  :  il  fert  à  faire  des 
oetircs  marches,  des  appuis  Ô<:  des  tablées,  ilporte^.y.S.àp. 
pouces  de  haut. 

On  cire  aufl'i  de  la  Lambourde  de  deux  fortes  au  Faubourg 
S.Jacques ,  dont  l'une  ell  gr-aveleufe  &  fe  mouline  à  h  lune,  &; 
l'autre  qui  eft  verte  nereliite  pisà  la  gelée  &  Te  feuilleté:  elles 
s'employ ent  particulièrement  aux  Façades  ;  leur  banc  cft  de  1 8. 
20.  21.  à  14.  pouces. 

Au  Faubourg  S.  Germain  jufqucs  à  Vaugirard  il  y  a  des 
carrières  ,  où  le  trouve  une  autre  pierre  de  Smchet  c^-  dft 
Bon-banc.  Ce  Souchet  eft  une  pierre  dure,  grife,  poreufe  ^ 
pleine  de  fils,  elle  fe  prend  au  delfus  du  bon-banc,  elle  fert 
aux  fondations  des  grands  édifices  ,  &  dans  les  baftimens 
médiocres  on  l'employé  aux  vouiïbirs  &  foijpiraux  de  caves 
&  aux  jambages  de  portes  &  croifées  ;  elle  porte  1 8.  à  20..pou- 
ces  de  hauteur. 

Le  5o«-/'rf;îc  eft  une  pierre  fort  blanche  qui  fe  mouline 
&  qui  ne  refifte  pis  trop  au  fardeau  ,  elle  fubh'fte  n'crant  ni 
àl'humidité,  ni  au  dehors;  le  meilleur  eft  celui  qui  a  un  lit 
coquilleux&qudquesmolieres,  il  eft  auffi  le  plus  blanc  :  on 
s'en  fert  aux  façades  de  dedans  des  baftimens&:pour  faire  des 
appuis  &  rampes ,  on  en  tire  auffi  des  colocnes  ;  fa  hauteur  eft 
depuis  i5.jufquesà  24.  pouces. 

La  Pierre  grifcdare  de  raagirard  fert  aux  premières  afiTifes: 
cllecftgraffe,  fuietteàhgeiée&femangeàialunei  elle  porte 
18. à  19.  pouces  de  haut. 

La  Pierre  de  Meuàcn  eft  femblable  en  qualité  à  celle  d'Ar- 
ciieif  mais  ellen'eft  pas  fi  bonne  pour  rcfiftersux  injures  du  tcms 
elle  fert  à  faire  des  premicrcsallifes,  des  marches  &  des  tablet- 
tes, la  moindre  eft  fort  troiice,  &  porte  14.  à  1  8.  pouces  nette 


PT  Df  Lyf  roVSTVCTION'. 


20Ç 


&  taillée;  ils'en  trouve  des  morceaux  d'une  «ran-leur  ex 
traordinaire  :  les  deux  cimaifcs  des  corniches  rampantes  du 
Fronton  du  Portail  du  Louvre  chacune  d'une  pièce ,  font  de 
cette  pierre.  ^ 

Le  RhJIic  de  Mendon  eftrougeâtre .  fortcoquilleux&n'efl 
propre  qu'à  fervir  de  liba-e  &  de  g.rni  dans  \^z  fondations 
des  piles  des  Ponts  &  des  Quais,  c\'auxcncognures  des  autres 
batimens,  fa  hauteur  eft  de  i  5.  à  1 8.  pouces. 

La  Pierre  de  Montcjjon  prés  de  Nanterrê  efî  blanche,  d'un 
fort  beau  grain  :  elle  porte  9.  à  10.  pouces  nette  &  taillée;  on 
s  en  fcrt  pour  faire  des  baluftres,  cntrelas&  autres  Ouvrages 
des  plus  délicats.  ° 

A  h  vallée  de  Fécamp  au  delTus  du  Faubourg  S-  Antoi- 
ne, il  y  a  auffi  delà  pierre  dure  qui  gelé  quand  elle  n'a  point 
jette  fon  eau  de  carrière  :  û\^  eft  auffi  haute  que  le  Mcu- 
don. 

Il  ^t  trouve  à  la  chauffée  prés  de  Bougival  une  nature  de 
pierre  approchant  du  Liais  &  qui  a  le  mefme  forain;  mais  il 
faut  obferver  que  du  cofté  du  lit  dur  ou  de  dcffous,  il  eft 
néceffaire  de  moyer  cette  pierre  de  4.  pouces  â  eau fe  de  l'in éga- 
lité de  fa  dureté  :  amli  elk  ne  porte  plus  que  1 5 .  à  i  Cu  pouces  net- 
te &  taillée. 

Toutes  les  Pierrescy-deffLismentionnéc.sfe  vendent  an  pied 
fuperficiel  fur  leur  hauteur,  ou  à  la  voye  compofée  de  m. 
a  zo.  pieds.  ' 

Outre  la  Pierre  franche  des  Carrières,  il  y  a  \t  Moïlon 
qui  en  eft  le  plus  tendre,  &  le  Ubage  qui  en  eftle  plusdur- 
Lemoilon  eft  quelquefois  de  la  mcfme  qualité  que  la  pierre 
dune  Carrière  &  quelquefois  plus  tendre:  le  mieux  équarri 
^^'  le  mieux  giffant  eft  le  plus  recherché  ,  y  ayant  moins 
a  rallier.  Il  y  a  auffi  d,t%  moilons  durs  de  Meptliere,  comme 
ccluy  de  Verfailles  qui  rient  de  la  nature  du  caillou  :  il  efl  bon 
pour  les  fondations,  n'étant  pas  fujet  à  pourrir  dans  l'humi- 
dite. 

Le  Motion  à'Arciteil  eft  de  même  qualité  que  la  pierre 

Ce  iJj 


■      „■  ,Li'    ,  ..■  '  ,      ■■      •    '     ■"  ^ 

il  ctr  Don  pour  les  fondations  &  fc  rire  des  vieilles  tor  i  c 
^  ciel  de  carrières;  celuy  des  carrières  des  L^rKhotirdej  d-^ 
Faubourg  S.  Jacques,  efl.  bon  pour  fonder,  vouera"  fdiic; 
des  puits.  Le  A4otlon  de  la  vallée  de  Fécamp  elt  de  m^  Ime  qua  i- 
ré  que  la  pierre,  ilefl:  bien  fait  &:  bien  giflant  comme  celui  a'Ar 
LÙeil.  Le  <4/o//c'«i/£'iS'./l/^?«reft  encore  de  bonne  qu.^lité. 

Comme  il  n'y  a  point  de  Carrières  oii  il  n'y  aitdu  Moi'on  , 
celuy  qui  n'ell  pas  bon  pour  baftirfert  à  faire  de  la  chaux  ou  du 
plaftrc,  dont  le  meilleur  eftcelny  de  Montmartre,  oubieneft 
rebuté  comme  îoz^.îrt  &  du  tout  inutile.  Tout  le  moilon  fcpay  e 
à  la  roife  cube,  &  l'Entrepreneur  le  fait  entoifer. 

Le  L//'4^feft  une  pierre  imparfaite  qui  eft  employée  brute 
ncpouvant  eftre  tailléeproprement  :  c'ell:  la  plus  dure  eftant  or- 
dinairement faite  des  vieilles  formes  &  ciel  de  carrières,  elle 
fe  paye  àla  voye  qui  en  porte  5. (5.ou  7, quartiersj  on  l'employé 
dans  les  fondations. 

Les  Pierres  les  plus  éloignées  dont  on  fe  fert  à  Paris ,  font  cel- 
les de  Scnlis,  de  Vtmon^  &  de  Tonnerre. 

La  Pierre  de  Senlis ,  à  10.  lieues  de  Paris  qui  efl:  auffi  appellée 
Liais,  eftbîanche,  dure  &  pleine  relie  porte  14.  à  15.  pouces  de 
haut  ;  elle  eft  propre  à  faire  des  plus  beaux  Ouvrat;es ,  S:  même 
de  la  fculpture;  elle  vient  à  Paris  par  la  Rivière  d'Oife  dans  celle 
de  la  Seine.    . 

La  Pierre  de  rernon  à  1 2.  îieuës  de  Paris  eft  dure  &:  blanche 
comme /f  S.  Clo^td,  il  s'y  trouve  des  cailloux  qui  la  rendent 
difficile  à  tailler  :  on  s'en  fert  à  plufieurs  ufages ,  mais  principale- 
ment pour  faire  des  Figures;  elle  porte  depuis  2.  iurquesà5. 
pieds  de  haut. 

La/^/(rrrf^tfTô;7«errtfà  50.]ieuës  dePariseft  plus  blanche; 
suffi  pleine,  &:n'eft  pas  fi  dure  que  le  Liais  telle  porte  i6.ài8. 
pouces  de  hauteur;  comme  elle  eft  chère,  on  ne  s'en  fert  que 
pourdesfigures, des colonnes,desretablesd' Autels,  destom- 
beaux &:  autres  Ouvrages  curieux. 

Les  Pierres  tendres  font  faciles  à  tailler  &:fe  durcidcnt  or- 
dinairement à  l'air;  la  meilleure  eft  celle  de  S.  Lf/^  à  10.  Iieuës 


.une  e.  d.  ;ro,tb;;^?;:  S"--f;.;f-,'ic.uce;p^^ 

voûtcsdePonrs,  dTcu-ies    dcplv^  /;i^     '   ""^"f^'^i" 

quiconticnt  ,4.  piedscubës    "     '  '""  "  ™"'^"'^"°n„eau 
b.n!ihncS"ct"ets"r''''  ^-'irZ-'W^  dont  le 

eft  important  H   f""*^"^  ".^l'",'  »"  P™t  obfervet  combien,! 

decSrp     ;eX;S^ 
P'"'^"'"°""tD"nnes  en  certains  endroits;  mais 


DE     LA    MATIERE 


aun;  q'ie  d'autres  pierres  y  fcroient  incomparablement  mcil-  i 
leiires-  ce  que  l'expérience  montre  afTez,  &ce  que  ceux  qui 
font  baftir  ne  confiderent  pas  par  trop  de  ménage,  parrruliere- 
ment  pour  des  Edifices  qui  ne  fubfifteront  )amais  affe^pour 
conierver  la  mémoire  des  grands  Perfonnages  qui  les  ont  élevez, 
& l'ufpse pour lequelils  ont eflébaftis. 

Le  Gum  qui  eft  une  efpece  de  roche ,  fe  trouve  en  divers  en- 
droits-  il  Te  coupe  &  fe  débite  comme  les  pierres  des  autres 
Carrières ,  &  fe  taille  avec  une  pioche  &  à  reoours  il  y  en  a 
de  doux  entendre,  &de  ruflique  ou  dur.  C  eft  dece  CFr... 
..«.^r.qu'on  voit  des  Ouvrages  taillez  avec  une  grande  adrclTe 
&  l'Architedure  y  peut  ef^re  coupée  proprement  :  Le  plus  beau 

&lemeilleureflleplus blanc,  fansfïls,  cgal  en  couleur &du- 
'eté  •  fes  paremens  doivent  eftre  piquez.  Avec  Tes  avan- 
iaces,  le  erais  a  ce  défaut  qu'il  efl  d'une  grande  charge,  quil 
ne'fai  pas  bonne liaifon  &  glifTe  ;  &  que icsarettes  s  en  emouf- 
?ent  •  aufli  n'eft-il  propre  qu'à  faire  dc^  Ouvrages  rulhques, 
commedesCafcades,  des  Grottes  &  des  Fontaines,  ainfi  qu  a 
Vaux  le  Vicomte.  Toutefois  la  necefTite  quia  contraint  de  fe 
fcrvirdecettepierre,faitqu'ils'envoitdes  baf^imens  confide- 
râbles  particulièrement  à  Fontamebleau. 

l^^GralUnr  n'eftbon  que  pour  paver  :  il  fe  taille  de  trois 

grandeurs,  les  plus  gros  quartiers  font  de  8.  a  9.  pouces  cubes. 

f  s'affit  àfecavecdufablederiviere,  &c'ef^de  cette  groffeur 

dont  on  pave  les  rues  &  les  grands  chemins  ;  1  échantillon  corn- 

munef^deô.ày.  pouces  &fepofe  avec  du  mortier  de  chaux  & 

^ble,  ^fertàpaverles  Cours;  &  le  petit  échantillon  eft  de 

A  à  <. pouces,  s'emploie  avec  du  mortier  de  chaux  &de  ci- 

ment,  pour  paver  les  écuries,  cuifines  &  autres  lieux  fervans 

auxneceffitezdesMaifons.  ,  ,.    •  j 

LesPalicrs,  Ve(libules&  Sales  font  ordinairement  pavez  de 

purrUeUm,  ^vccâch  pierre  deCac».  ou  d' Arda. fe  m ckc 

avec  celle  de  Liais  de  plufieurs  grandeurs  &  figures.  Toute  forte 

de  pavé  fe  toife  à  la  toife  fuperficiellc. 


Df.5  MARBRES 


s: 


ET  DE   LA    CO  N  STRV  CrrO  N. 


"DES     MARBRES 

ET  DE  LEVRS  DIFFERENTES  COVLEVRS, 

Ous  Je  genre  de  Marbre  on  comprend  le  Proph.re  ,  h 
Hrpcntrrt,  &  le  Gramte  ,  qui  ne  différent  des  autres  Mar- 
l'^^^Ai  ^"^P^'''^'"^^"''"é  extraordinaire.  Ilfaut  confide- 
rer  les  Marbres  comme  antiques,  ou  comme  modernes.  Par 
les  antiques  on  entend  ceux  dont  les  Carrières  font  perdiies 
ou  inaccelhbles  à  noftre  égsrd  ,  &:  dont  on  ne  voit  que  des 
morceaux  reftés  des  anciens  Baft.mens  ;  &  par  les  modernes 
ceux  dont  es  Carrières  font  ouvertes  &  dont  on  peut  tirer  des 
blocs  d  échantillon. 

Entre  les  Marbres  antiques  ,  le  Porphire  qui  eft  eftimé  le 
plus  dur,  fetiroit  autrefois  de  la  Numidie  en  Afrique:  &: 
es  plus  grands  morceaux  qui  fe  voient  encore  à  prefent,  font 
les  colonnes  de  fainte  Sophie  à  Conftantinople  qui  pafTent 
40.  pieds  de  haut.     Les  Anciens  en  faifoient  des  badins  de 
Fontaines,  des  Cuves  de  bains,  &desTombeaux  comme  celui 
de  Bacchus  à  S'<=  Agnes  hors  des  murs  de  Rome  :  un  autre 
fous  le  Porche  de  la  Rotonde  qui  eftd'un  excellent  profil,  &' 
auquel  relTembleceluydeLibenus&defafemmedans  YEsIIÇq 
S     Marie  Majeure  ,   &  la  Cuve  de  Da-obert  à  S.  Den^s  en 
France  :  outre  quantité  de  colonnes  ,  .de  tables  &  de  vafcs,  il 
le  voit  encore  des  Figures  &  des  Buftes  de  la  même  matière 
Cette  Pierre  reçoit  bien  le  poli,  &la  plus  belle  eft  celle  dont 
le  rouge  eft  le  plus  vif,  &  les  taches  les  plus  blanches  &  les 
plus  petites. 

Il  y  a  auffi  du  Porphire  gris,  dont  les  taches  font  noires,  & 
qui  elt  moms  dur  que  le  rouge. 

Lç  Serpentin  eft  une  autre  Pierre  qui  fe  trouvoit  en  Egyp- 
te :  "S  en  voit  encore  dans  quelques  Edifices  antiques,  à  des 
compartimens  de  pavé  &  de  Lambris  ,  mais  les  morceaux 
n  en  (ont  pas  fort  grands  :  les  Italiens  â  caufe  de  fa  rareté 
ne  1  employentquepar  incruftation.  Sa  couleur  eft  d'un  verd 


2,09 


iimiiiiimwnw    iiiiriii    iimiiii  hiiihb  ,  n    -, 

Dd 


2IO  T>E     LA     MATIERE 


brun  avec  de  petites  taches  quarrées&  rondes,  méltesde  quel- 
ques vénes  jaunes  &  d'un  verd  pâle  ou  verd  de  ciboule.  Cette 
Pierre eftaufli  dure  que  le  Porphtre^  &  retravaille  de  même. 

Le  Granité  qui  Te  tiroit  de  la  Thebaïde  ,  eft  de  deux 
fortes ,  l'un  dont  le  fonds  eft  rougeâtre  &  tacheté  de  blanc, 
&  l'autre  bleuâtre  &  tacheté  de  gris  :  cette  Pierre  eft  fort 
dure  &  reçoit  mal  le  poli.  Les  Obelifques  du  Vatican  , 
de  S.  Jean  de  Latran  ,  de  la  Porte  du  Peuple  &  tant  d'autres, 
ainfi  que  les  Colonnes  du  Porche  de  la  Rotonde,  du  Temple 
de  la  Concorde  ,  &  de  la  plufpart  des  Baiiliques  à  Rome , 
font  connoître  qu'il  n'y  a  point  de  pierre  dont  on  ait  tiré  de 
fi  grands  morceaux  ;  &  par  la  quantité  des  troncs  de  Co- 
lonnes qui  fervent  encore  aujourd'hui  de  bornes  dans  tous 
les  quartiers  de  cette  Ville  ,  on  peut  juger  qu'elle  eftoit  fi 
commune  ,  que  non  feulement  les  Edifices  pubhcs  ,  mais 
encore  la  plupart  des  Maifons  des  particuliers  en  étoient 
ornées.  11  y  a  encore  une  autre  pierre  dont  on  ne  voit  que 
les  Colonnes duPorcheduTemple  d'Antonin&deFauftine  : 
elle  eft  prefque  aulTt  dure  que  le  Grantte  ,  &  fa  couleur  eft 
par  ondes  mêlées  de  vénes  bleues  &  grifes.  Plufieurs  ont 
crû  que  c'eftoit  une  compofition  ,  &  qu'elles  avoient  efte 
fondues  :  mais  ce  n'eft  effedivement  qu'une  pierre  particu- 
lière qui  tient  plutôt  de  la  Roche  que  d'aucun  autre  Marbre 
dont  on  ait  connoiftance. 

11  paroift  par  la  qu.mtité  de  fragmens  qui  reftent  de  divers 
marbres  que  les  Anciens  qui  en  avoient  en  abondance  ,  les 
employoient  plutoft  folides  que  par  incruftation.  Ce  qui 
fait  qu'on  ne  voit  plus  de  grandes  pièces  de  marbres  pretieux; 
c'eft  qu'ilsonteftédebitezpouren  reveftirparcompartimensle 
dedansdes£dihcesmodernes;carilyauneinfinitedediftcrens 
marbres  antiques  ,  que  les  Italiens  ne  connoilTentque  lous  le 
nom  de  Aitlchiatt  ou  mêlés  quand  il  s'y  rencontre  des  taches 
ou  des  vénes  de  différentes  couleurs  :  &  fi  quelque  couleur 
y  domine,  comme  le  rouge  ouïe  verd,  ilslesappellent alors 
RofJo.A-^uquo,  ou  ver  a'  Antico  ,  telles  font  les  colonnes  des 


-^^    P  ^    T^^    CO  N STRV  Cr  TON. 

^N^.che.  de  l'tglKe  de  S.  j  cân  de  Latran  dune  finguliere  beauté, 
dont  le  verd  tire  fur  l'Emeraude. 

Le  Adarbrenotr  des  Anciens  n'eftoit  autre  chofc  que  la 
/  terre  de  touche  ou  de  Paranaon  :  il  venoit  d'Epy pte ,  auOi 
voit.on  encore  au  pied  de  J'Efcalier  du  Capitole,  des  Sphinx 
tailles  de  cette  pierre.  Quant  au  Marbre  blanc  ,  il  fe  tiroit 
de  plufieurs  endroits  de  la  Grèce  ;    mais  celui  de  Tlfle  de 

I  aros  11  renomme  par  les  Auteurs  de  l'antiquité  &  dont  la 
plufpart  des  Statues  antiques  font  faites,  efloit  le  plus  confi. 
derable  ,  il  eftun  peu  jaunâtre  &tranrparent,  &  plus  tendre 
que  celui  que  nous  avons  à  prefent,cequi  fait  qu'il  approche 
de  1  Albaftre  ,  quoy  qu'il  ne  foit  pas  fi  blanc 

Si  les  Anciens  n'ont  rien  épargné  pour  la  découverte  des 

Marbres ,  les  Modernes    (  particulièrement  en  France  &  en 

Italie  )  n  ont  pas  eu  moins  de  foin  de  les  rechercher  •  &ce 

qui  fait  qu'on  a  tant  découvert  de  Marbres  inconnus  aux 

Anciens ,  c'tfl  que  la  plufpart  des  terres  d'où  les  Grecs  &  les 

Romains  faifoient  venir  ceux  dont  ils  fe  fervoient  ,    font 

aujourd'huy  poffedées  par  des  Peuples  avecqui  nous  n'avons 

point  de  commerce  :  ainfi  la  neceflité  nous  a  fait  rencontrer 

chez  nous,  ce  que  l'ing^-^titude  des  Barbares  nous  auroit  pû 
refuier.  ^ 

Le  plus  beau  A^arbre  blanc  vient  aujourd'hui  de  Carrare, 
ou  ,1  s  en  trouve  des  blocs  de  telle  grandeur  qu'on  veut:  il 
y  n^  °''^.  ^^'"^  '  quelquefois  il  s'y  rencontre  des  ÛU  & 
des  criftahns  durs.  Il  vient  auffi  du  AUrbre  blanc  des  Pire, 
nées  ,  qui  n'eft  pas  f^  beau  que  celuy  de  Carrare  ,  &  qui  efè 
de  même  qualité  que  le  Marbre  blanc  Antique  ,  quoiqu'il 
nefoitpar  fidur.  ^     ^ 

_  Le  Marbre  noir  qui  vient  de  Dytan  ef^  plus  parfait  quece- 
iuy  de  Namnr ,  qui  fe  débite  la  plufpart  en  Hollande  pour 
au  Carreau ,  dont  on  fait  un  grand  trafic. 

Prés  de  Carrare,  il  fe  trouve  du  Marbre  blanc  véné  de  noir, 
comme  3  Bmb.mçon  du  rmr  véné  de  blanc. 

II  fe  trouve  dans  les  Pirenées  un  marbre  appelle  Brefche 


2Tr 


Dû  ïi 


2ii  DE     LA     MATIERE 


deplufieurs  fortes.  11  yen  a  delagrire&dehnoire;  à  U grïje 
le  gris  domine  ,  mêlé  de  blanc  &  de  jaune  pr.le  :  ^  U  noire 
d  des  vcnes  bhnches.  La  Brejthe  a' Italie  eft  noire  &  blanche, 
&  quelquefois  mêlée  de  violet  ^  ÔcU petite  Brcfche de Sarave^e 
eft  blanche,  violette  &  jaune. 

Le  Ponoro  eft  un  marbre  noir  véné  ou  taché  de  jaune  :  le 
plus  beau  eft  celui  ou  le  noir  &  le  jaune  font  plus  vifs  ,  ^' 
plutoftpartaches  que  par  veines:  il  fe  tire  des  Pirenées ,  près 

de  Carrare.  ,  .       «        j 

Le  Marhe  de  SkVe  eft  rouge  brun ,  blanc  &  verd  raye. 
Le  Serancolm  eft  gris ,  jaune  &  rouge  ,  Se  tranfparcnt  en 

quelques  endroits  comme  del'Agathe,  le  plus  beau  eft  tort  rare 

&  fort  cher  :  il  vient  auflî  des  Pirenées. 

Le  Verd  de  C^mpan  eft  rouRe  &  blanc  :    &  le  verd  qui  y 

dominceftvéné,  tacheté  &  inégal  ;  il  fe  trouve  auffi  près  de 

Carrare  du  l^erd  qu'on  nomme  à'Ezjpte  en  Italie,  &d  autre 

verd  appelle  Tr/^  ^e /l^^^.  ,    tv,    i      ui 

on  tire  prés  de  la  S'^  Baume  en  Provence  du  Marbre  blanc 
^  rouge  melédejauneprefque  kmhlMeù^Brocatelle;  mais 

il  eft  filardeux.  ^ 

Le  M.rhre  de  Languedoc  a  le  fonds  rouge,  vene  &  tache  de 
blanc  :  &  celui  ^^  Mrr/'^^^^f  eft  d'un  rouge  pâle,  couleur  de 
chair,  mêlé  de  taches  blanches.  ^ 

Le  Marbre  de  R^nce  eft  rouge  avec  des  venes  blan- 
ches ;  il  s'en  trouve  des  blocs  de  telle  grandeur  qu  on  veut. 
Celui  de  HoH  eft  mêlé  de  rouge  &  de  blanc  qui  y  domine, 
il  eft  auffi  dur  que  XtRance  ;  mais  il  s'y  rencontre  des  fautes 
8c  ccluy  de  GAHchenet  eft  blanc  &  rouge  ,   plus  tanne  que 

^'  Lrg'lc^/e//.  vient  d'Efpagne  du coftéd'AndalouHe:  elle 
eft  mêlée  par  taches  de  gris,  debhnc&de  jaune.  CeîVlarbre 
ell  rare  S^lt-s  quatre  colonnes  du  principal  Autel  de  1  Lghiedes 
Mathurins  à  Paris  font  des  plus  beaux  &  des  plus  grands  mor- 
ceaux qu'on  voye  de  cette  efpece.  a/i  u  ^ 
Par  le  dénombrement  que  je  viens  de  faire  des  Marbres 


PMI 


ET   B  E    LA    COPJsrnvCT  10 


AT. 


onpcutavoirconnoil]ancedcJaplulnarcdecei.v  nn>  n 
pnx  dépend  de  la  >arctc  du  marbre,  &deh  Lffcmd,'  Mrr 

clurete.      Le  Marbre  généralement  n'a  point  de  lit     &  ,J  1 

^ujet  as  eclKer  à  caufedcs  filscjuis  y  rencontrent,  iuTrcq^^^ 
I  inégal. te  de  fa  dureté  c^  les  doux  qii  s'y  trouvent  le  r  nde  u 
ci.ftc,Ie  a  ra,ller,  particulièrement  celui  d'une  même  couleur 
commdeblanc^TouslesMarbresreçoiventaiTezbienlepon' 
mais ,]  eft  necefTairequeles  paremensen  foient  bien  drS 
-reauquoyquefçKz.  parce  qu'eftant  lu.fant,  le.na  men" 
gauches&parondesyfontfortfenfibles.  ^^i^^'^^mens 

"BE  LA  LIAISON  DES  TIERRES, 

P  Ar  le  mot  de  liaifon  on  entend  deux  chofes  dans  l'art  de 
L  baftjr,  dont  lune  eft  la  manière  d'arranger  les  pierres 
enfemble  de  telle  forte  qu'eftant  enclavées  les  unes  avec 
j^utres  ,  elles  ne  faflent  qu'un  corps:  Et  l'autre  fe  prend  pour 
ie  mortier  ou  matière  qu'on  employé  humide,  autant  pour 
remplir  hs  joins  &  Je  vuide  qui  fe  rencontre  entr'elJes  ,  que 
pour  les  lier  les  unes  avecles  autres  ;  &  c'eR  de  cette  der 
n.erel.aifon  dont  je  pretens  parler  en  cet  endroit,  parce  que 
Jes  bonnes  qualitez  nefont  pas  moins  neceffairesquele  choix 
des  pierres.  ^ 

Le  Mortier  qui  compofe  la  meilleure  liaifon,  eft  ordinai- 
rement h.t  de  chaux  &  de  fable,  &  ces  deux  matières  s'umf- 
|cnt  enfemble  de  telle  forte  ,  qu'elles  entretiennent  auffi  les 
lierres  &  les  Moilons  :  d'où  il  arrive  aflTez  fouvent  que  dans 
la  démolition  des  anciens  Edifices  ,  ils  fe  calTent  plutofi  que 
de  fe  leparer.  '  ^ 

Le  meilleur  fable  eft  celuy  de  rivière  qui  eft  graveleux  : 
enJuite  le  fable  rouge  ou  blanc  ,  mais  qui  a  le  grain  le  plus 
gros;  &enfinlefable  noir  de  cave.  11  faut  fur  tout  obferver 
nue  le  plus  fec,  ^qui  s'attache  le  moins  à  tout  ce  qu'il  touch 


Dd  il) 


,,.  D  E     L  ^     M  y^  r  r  E  R  E 

^   "r  ■iiiM n 


eft  le  plus  propre  pour  baftir:  &  la  meilleure  chaux  eft  la  mieux 
culte,  la  plus  blanche  ,  la  plus  grafre& celle  qui  n'eft  pomt 
eventte  ;  Il  s'en  fait  en  divers  endroits  où  la  pierre  fe  trouve 
propre  pour  cet  effet ,  &d'où  le  bois  à  brûler  n'eft  pas  loin, 
parce  que  la  cuiffon  rend  cette  matière  fort  chère  ;  C'eft  aulh 
pourquoy  l'Entrepreneur  rabat  au  Marcliand  les  bifcuis  ou 
caillouxquireftentdanslebaffin  lorfqu'on  efteint  la  chaux 
Celle  de  Melun  eft  fort  eftimée,  parce  qu'outre  qu'elle  eit 
de  bonne  confiftance  ,  elle  foifonne  plus  qu'aucune  autre. 
La  chaux  fe  mefure  avec  une  efpece  de  muid  compoiedelix 

futailles.  r,  ^    ^        •      j    r. 

Il  faut  quelebon  Mortier  foit  compofe  de  deux  tiers  de  la- 

ble&d'un  tiers  de  chaux,  ce  qui  dépend  aufli  delà  bonté  du 

fable  •  &  il  y  a  autant  de  défaut  à  mettre  trop  de  chaux  qu  a 

l'épargner,  parce  que  moinsle  fable  fe  rencontre  des  qualitez 

cy.deffus  déclarées,  plus  il  faut  de  chaux;  c'eft  pourquoy  on 

met  quelquefois  deux  cinquièmes  de  chaux,  fur  trois  de  fable, 

mais  jamais  la  m.oitié  :  outre  la  quantité  de  ces  deux  matières, 

il  faut  la  qualité  de  l'eau  pour  les  détremper  :  la  meilleure  elt 

celle  de  rivière,  de  puits  ou  de  cîterne:  celle  des  marais,  ni  de 

la  mer  n'eftant  pas  propre.     Le  Mortier  pour  eftre  bon ,  doit 

eftre  broyé  &  corroyé  dans  le  baflin  ,  afin  que  la  chaux  & 

le  fable  foient  bien  incorporés  enfcmble,  ce  qui  fe  connoit 

lorfque  n'eftant  pas  trop  abbreuvé  ,  ceux  qui  le  broyent  ont 

de  la  peine  à  retirer  le  rabot  du  baffin. 

Il  fe  fait  auffi  du  Mortier  de  ciment  pour  les  Ouvrages 
qu'on  fonde  dans  l'eau,  parce  qu'il  refifte  plus  à  l'humidite 
nue  celui  de  fable;  le  tuilleau  ayant  déjà  cfte  cuit.  Le  ciment 
de  tuillcaux  concafTés  eft  mtiUeur  que  celui  de  brique ,  il  le 
brove  avec  de  la  chaux  vive  dont  un  tiers  fuffac  lur  deux 
tiers  de  ciment  :  outre  qu'il  fert  à  la  liaifon  des  pierres. 
On  fait  aulTi  des  aires  ou  couches  de  mortier  de  chaux 
&  de  ciment,  qui  ne  faifant  qu'un  corps  fort  dur  ,  fervent 
à  conferver  le  dcffus  des  voûtes  expofécs  à  Tair.  On  peut 
encore  paver  les  Aqueducs,  Canaux  &  baffms  de  Fontu- 


mmsmmmmÊm 


fj^^  ^^  coNsTRvcrrojv, 


iicmcur  le  fait  a  Montmartre  prés  de  Paris      II  .r  o      rr 

pourrit  à'^i^uj.ditr^vrjift''"?  ''"'''  'f '"""'■"^  «^r^ 

lescrefpis;,  endd  &  ravl^:^.  ^"^"-^'^ '-ifon  ,  pour 
aupani'^r,  ouauf*fdon  eTd    eVsô  ^Ti^r^^^^^ 
mieux  fecher  ;     Quand  le  Plaft  e  pur^Hi     1  eft  d' 
dureté  extraordinaire,   comme  on  oeut  il  r^n^  "' 

tuyaux  &  languettes  d'e  chemmée?qKbfift:„TXT:u^ 
fort  mmces.  Le  Plaftre  eft  fujet  à  fe  gerc  r  &  à  2  ?eX 
orfqu-.!  eft  employé  dans  la  gelée ,  sf qu"  ne  fe  h/pas  à 
oifir ,  ou  b,en  lorfqu'il  n'eft  pas  travaillé  de  fuite     &^avec 

L^ula^rui'rstt;o,e?  ""-'''"^^  '-'^«-" 

Au  défaut  du  plaftre  on  fe  fert  de  Stuc,  particulièrement  en 

fi»    e's&tr  P°"'"  *"!,'"'"  d-Architea'ire;,  fpo^TS 
t^f^res&Ies  ornemcns  de  Sculpture  •  mai\  il  n'.a  ,^ 

ré  paliule^T/K  P;?P'7^""r">'Sf"^1"'''e  travaille  nvec 
Cet'^^emati'eif  r'  ^  .l''^'^""  ""ges  rudes  pour  fin.r. 
fieutsEd  fi'/  °"'^"'  '°"?-''"'  "™™^i'  P^roftcnplu- 
de^iu'^pSrslX.'  °"°"  """  "^^  °^" ''"^"^  "'«- 


iT(^ 


r>  f,     7.  A    M  A  T  T  E  n  E 


^fia^aai 


Il  y  a  encore  des  Mortiers  de  moindre  qualités  conliftan- 
ce  que  ceux  dont  il  eft  parle  ci-deflus ,  mr.is  dont  on  ne  Te 
fcrt  que  par  épargne  ,  ou  parce  que  les  niatieres  ne  fe  ren- 
contrent pas  pour  les  faire  auOï  bons  .que  les  autres  ;  le 
moindre  e(t  celui  de  terre  franche  détrempée  avec  de  l'eau , 
ou  de  terre  jaune  avec  un  peu  de  paille  hachée,  &  quelque 
peu  de  chaux,  on  nomme  ce  mortier,  de  la  bauge.  Il  le  fait 
aulTi  du  mortier  de  chanx  &  de  fable  bhnc  ,  au  heu  de  pla- 
lire,  pour  les  enduis  &:ravaleraens,  comme  àFontamebleau. 
Il  n'y  a  que  la  neceffité  qui  doive  contraindre  de  fe  fervir  de 
ces  fortes  de  matières. 

T>E    UUSAGE    "DU    FER 

VANS    LES    BASTIAÎENS. 

N  connoît  par  les  reftes  des  Edifices  antiques  que  l'u- 
>^^  faî^e  du  Fer  n'eftoit  pas  fi  commun  qu'il  eft  à  prefenr, 
parce  qu'on  fe  fervoit  alors  plutoftde  la  bronze  qui  eft  plus 
durable  que  le  Fer  :  outre  que  les  Anciens  ne  l'tmployoïent 
pas  en  fi  grande  quantité  que  nous,  ne  faifam  que  quel- 
ques crampons  de  bronze  pour  entretenir  &  lier  enicmble  les 

pierres.  r      s  i 

Tout  le  Fer  qui  s'employe  dans  les  Baftimens  lert  a  la 
fohdité,  ouàlafeureté:  ou  à  l'un  &  à  l'autre.  Celui  qui  fert 
à  la  fohdité,  eft  réputé  gros  fer,  comme  lesTirans,  Ancres, 
Linteaux,  Platebandes,  Boulons,  Manteaux  de  cheminées, 
Barres  de  Trémies  &c.  Et  celui  qui  fert  à  la  feureté  pour  la 
fermeture  deslieux,  eft  appelle  Fer  de  menus  Ouvrages,  com- 
meSerrures,  Pantures,  Fiches,  Targettes,  Loquets &c.  Ce 
n'cft  pas  qu'il  n'entre  du  gros  Fer  dans  ce  qui  regarde  h  feuretc, 
comme  les  Barreaux  des  Croifées  ,  &  les  Barres  &  Fléaux 
pour  fermer  les  portes. 

Le  Fer  dans  les  Edifices  a  cet  avantage  que  par  fon  moien 
un  mur  de  moindre  épailTeur,  fubfifte  mieux  qu'un  plus  gros 


mmifm 


mm 


ou 


a 


«■'Wto^'waaFr  ; 


£T DE  LA  COTVSTRVCrrON-. 

ou  lin-yen  a  point.     On  met  à  pre/cit  le*a,-,cr,.    ,  , 

aux  murs  de  face  &  ent.illfe  Vn     /et  ch;^;;!"""' 

Pourrevenir  à  l'ufjne  <1ii  Por    ;i.n-  . 

tre  aue  dan.  I«  V„T  "  '    '  ^"  ™Po«ant  de  n'en  met- 

tre  que  dans  les  endroits  qui  en  ont  befoin,  &  qu'il  foit  d'une 

fft^Îrandf  "''"'";*/""  -^"^  "°"  feulementia  delfcen 
r  f r   r  •  f  """^  ''"  P°"*5'  "^is  auffi  parce  au-^ldl 
vieUhaifondansIespeiitsmu..     AinfiIaq„a„^i";dr.rosf  ; 
n  eft  utile  que  dans  les  grands  Edifices,  où  les  pierœfeftan 
d.splusgrosquarticrs ,  l'alrcration  qui  s'y  fait  pourTes percer 
&  boulonner,  n'eft  pas  fenfible.  "«  pour  les  percer 

Le  Fereftprincipalement  nccelTaire  Pourempêcher les  Arcs 

ivée    fi  n!r  ,n.    V  ■"%"'""'  ••"■'"^'  1"'  "=  reroit  pasar- 
iS'n    '^<^.  a  ""^'^'™'^  précaution  on  en  euft  mis  en  les 
batiffant.     C  eft  encore  par  le  moyenduferqueles  Suvrâee 
Gothiques    quenousappellonsmodernes,  fSbfiften"  yecad 

miration.  Cequonreconnoîtparleurdemôlirion    oJiïnet 
t  ou.epasune  pierre  au  deffus  desMaOîfsqui  ner^i^fcéléeen 

plombavecdesboulonsoudesgoujonsde  fer  ""°"'""""" 


ii  e 


21! 


DE     LA     M  AT  l  E  R 


vriernc  s'attache  qu'à  multiplier  les  cents  de  fer  ;  ainfiilfaut 
que  l'Entrepreneur  fçache  ce  qu'un  Ancre,  un  Tirant  &  les 
autres  pièces  doivent  avoir  de  gros ,  &  par   confequenr  de 
ooids  fur  leur  longueur  à  proportion  de  !a  grandeur  de  l'E- 
difice     Les  manteaux  de  cheminées  ont  ordinniremcnr  de 
<^ro(rêur  iz.  Ugnes  fur  4.  à  5.  pieds  ,  les  Linteaux  &  Plarc- 
bandes  15.  lignes  ,  &  les  barres  de  Trémies  qui  font  de  fer 
plat  5.  pouces  fur  <J.  lignes  d'epaifleur  :  maisileftimpolTible 
d'écrire  fur  ce  fujet,  fansundcrail  ennuyeux  ,  à  caufe  de  la 
variété  des  Ouvrages  &  de  la  différente  pratique  des  Ou- 
vriers. ,    •      n       •         •     /   J 
Tout  le  Fer  qui  paroift  au  dehors  doit  eltre  imprime  de 
quelque  couleur  pour  éviter  !a  rouille,  comme  deverdpour 
les  Jardins  &  de  noir  pour  les  Portes  de  Veftibules ,  &  Rampes 
d'Efcaliers,  &  pour  les  cloftures  de  Cours,  Chœurs  d'Egli- 
fes  &  grilles  de  Couvens,  dont  on  peut  dorer  fort  à  propos 
les  liens  &  les  ornemens ,  tant  de  fer  enroulé  ,  que  de  tôle 
relevée,  félon  la  dignité  du  lieu  &  la  dépenfe  qu'on  veut 

faire.  ji-r   r 

De  tous  les  Ouvrages  de  Serrurerie  les  Rampes  d'Elcahers 
&  les  Balcons ,  font  les  fujets  où  le  defTein  a  le  plus  de  part  : 
On  les  fait  par  grands  panneaux  ou  par  pilaftres  en  manière 
de  baluftres  qui  répondent  à  chaque  marche  ;  mais  fur  tout 
il  faut  éviter  le  travail  inutile  ,  qui  ne  fait  que  de  la  confu- 
fion ,  &  obferver  qu'il  y  ait  plûtoft  des  enroulemens  que  de 
la  tôle  relevée  ,  parce  que  les  ornemens  de  tôle  rendent 
l'Ouvrage  moins  à  jour,  amaffent  de  l'ordure,  &acrochent 
les  habits  en  paflant  ;  leur  hauteur  doit  efti  e  de  1 .  pieds  8 .  pou- 
ces, ou  de  3.  pieds  avec  une  petite  frife  de  polies  ou  d'entrelas 
fous  la  barre  d'appuy. 

Le  Fer  de  menus  Ouvrnges  qui  fert  à  la  feureté  ,  confifte 
en  plufieurs  pièces  qui  n'ont  d'autre  ufage  ,  que  d'ouvrir  & 
fermer  les  lieux,  comme  les  ferrures ,  verroux,  targettes, 
loquets ,  fiches  fimples  à  doubles  noeuds ,  &  à  vafes ,  heurtoirs , 
bourons,  rofeites,  entrées,  crampons  &  autres  qui  font  pro- 


ET  DE  LA  CONSTRVCTTON. 


5Tn 


I 


portionnes  aux  portes,  croifces  &  placarts,  oùon-lesmeten 
ufage.  II  dt  neceflnire  qu'ils  foient  du  mdIJeurfer  qui  ne 
foit,  maigre,  nicafTant  :  mais  bien  forge,  bienlirîie'!  poli 
&rivé,  que  les  refTorts&mouvemens  en  foient  faciles  &foIi- 
des;  quelesclefsdesferruresnefoientnitroppefantes,  nitrop 
courtes,  &  que  le  paneton  en  foit  bien  évide'.  ' 

On  a  depuis  quelque-tems  fait  beaucoup  de  menus  Ouvra 
gesaudehors,  que  les  Marchands  vendent  à  la  douzaine,  ce 
qui  eft  de  grand  foulagement  pourceux  qui  font  baftir  ,  tant 
à  caufe  du  bon  niirché  ,  que  parce  qu'il  ne  faut  que  Je  tems 
de  les  pofer.     On  trouve  des  garnitures  pour  les  plus  grands 
placarts,  &  cela  a  efté  fi  avantageux,  qu'on  s'cft  même  fervi  de 
CJt  expedientpourquelquesMaifons  Royales.     Ilfauttoute- 
fois  avouer  que  ces  fortes  d'ouvrages,  ne  peuvent  eftre  ni  fi 
bons  ,  ni  ^\  convenables  aux  endroits  où  on  les  veut  placer, 
que  ceux  que  font  les  Serruriers  qui  y  apportent  d'autant 
plusdefoin  qu'ilsy  fontengagéspar  un  plus  gros  intereft^  mais 
il  faut  auffi  avouer  qu'ordinairement  les  Serruriers  fe  fervent 
de  ce  mefme  expédient,  &  vendent  ces  Ouvrages  de  dehors, 
comme  s'ilseftoient  faits  entièrement  de  leurs  mains,  après  y 
avoir  feulement  poli  ou  changé  quelque  chofe. 

Quant  aux  qualitez  du  Fer  ,  pour  eftre  bon  ,  il  doiteftre 
d'un  grain  petit,  clair  &  égal ,  fans  pailles  ,  doux  à  la  lime, 
fans  fautes  dans  la  longueur  de  fes  barres,  bien  droit  &  bien 
équarri.  Je  ne  pretens  pas  parler  ici  du  fer  dont  on  fe  fert 
pourles  machines,  parce  qu'il  n'eft  point  des  groffeurs  ordi- 
naires,  &  qu'il  le  faut  forger  exprez  &  de  figure  bien  différen- 
te de  celui  des  Baftimens.  Pour  ce  qui  eft  de  l'Acier ,  il  n'eft 
d'aucune  utilité,  que  pour  les  outils  dont  d'autres  ont  traité 
affcz  amplement. 


JUe  i; 


2Î0 


DE     L  u4     MATIERE 


T>  ES  BOIS  ^U*  ON  EUT  LOT  h 

DANS    LES     B  ASTI  MENS. 


LA  necefTité  qu'on  a  du  Bois  pour  la  conftiuâ:ion  des 
Edifices,  a  donné  lieu  à  plufieurs  Ordonnances  de  nos 
Rois,  pour  la  confervation  des  Forefts,  afînqueles  proprié- 
taires n'en  puflfent  pas  difpofer  félon  leur  volonté,  au  domma- 
ge defdites  Forefts,  &:  qu'il  n'arrivât  aucun  déperiflement,  en 
fiifant  couper  les  Bois  hors  de  l'âge  &  de  la  laifon  qu'ils  doi 
venteftreabatus.  Entre  tous  les  Bois  propres  à  baiUr,  lecherne 
tient  le  premier  rang,  autant  pour  la  bonté  de  fa  confiftan- 
ce  ,  que  pour  la  durée,  eftant  bon  dans  l'eau,  à  l'air,  &au 
dedans  des  Baftimens,  félon  qu'il  eft  mis  à  propos  en  fa  pla- 
ce. 

Toutes  les  efpeces  de  chefne  fe  reduifent  principalement  à 
deux,  qui  font  le  bois  tendre  ou  gras ,  qui  eft  propre  pour  les 
O  uvrages  de  Mcnuiferie ,  &  celui  qui  eft  ruftique  &  dur ,  pour 
la  Charpenterie  :  fes  qualitez  dépendent  autant  du  terrain 
où  il  eft  crû,  que  de  l'expofition  du  Soleil  qu'il  a  receu  ;  c'eft 
pourquoi  le  bois  tendre  eft  celui  qui  croift  au  dedans  des  Fo- 
refts dans  un  bon  fonds  de  terre,  fans  eftre beaucoup  expofé 
aux  rayons  du  Soleil,  &  le  ruftique  au  contraire  vient  dans 
une  terre  forte,  ou  dans  un  fonds  pierreux  &  fabloneux,  & 
au  borddes  Forefts ,  recevant  l'ardeur  du  Soleil  une  grande  par- 
tie du  jour. 

Or  comme  le  mauvais  employ  des  Bois  dans  lesBaftimens 
eft  fort  dommageable,  on  ne  fçauroit  y  apporter  trop  de  pré- 
caution, afin  de  n'eftre  point  obligé  de  retirer  de  méchantes 
pièces  de  bois  pour  en  mettre  de  meilleures,  comme  il  arrive 
affez  fouvent ,  peu  de  tems  après  que  le  Baftiment  eft  achevé  ; 
c'eft  pourquoi  la  connoiffance  des  bonnes  ou  mauvaifes  qua- 
litez du  bois  eftabfolument  neceflaire  -,  parce  quel'Entrepre- 


^T  T>E  LA  CONSTRVCTION. 

^  "  t 


neur  dt  garant  pendant  qud^ues  années  du  deperilfement  (en- 

La  mauvaile  qualité  du  Bois,  procedededeuxcaufes ,  on 
de  fa  propre  confticution ,  ou  de  ce  que  Ta  coupe  n'a  pas  cft  ■  A 
ceapropos  :  Detousiesdéfautsdanslebois,  la  roulure el  le 
plus  confidmblc.     Le  bois  roulé  feconnoiftlorfqu  ony  e 
marque  pluheurs  cernes  dans  Ton  pied,  &qu'ilnef.irp-sde 
l.aifon  ,  enforte  que  h  fève  de  la  croifTance  d'une  année,  ne 
^a.t  pas  corps  avecl.  précédente,  &ainli  des  autres.     LeBois 
gchj  cft  encore  une  efpece  de  roulure ,  que  la  ?elée  a  faitgercer, 
6.'n  eflpasencorebonàbaft.r.     LeBoistranché  eft  celui  qu 
n  eftant  pas  de  1,1     eft  ru;et  à  fe  cafTer ,  car  ,1  y  a  ^,s  nœuds  vi- 
cieux qui  coupent  la  pièce ,  ainfi  que  les  raalandres  qui  font  de. 
nœuds  pourris.     Pour  le  Bois  mort  en  pied  il  n'eft  nullement 
bon,  parce  qu  il  fe  pourrit  dansleslieuxhumides,  àqu'ilTe 
pulverife  dans  ceux  qui  font  {qz%,  ^ 

Quant  à  la  coupe  des  Bois ,  il  eft  autant  dommageable  de 
les  abbatre  dans  leur  ;eunefle,  que  lorfqu'ils  font  fort  âgés , 
&furIeurretour.  Le  chefne  pour  eftre  de  longue  durée!  & 
enavoirdegrandespieces,  doit  eftre  coupé  dans  fa  force  de- 
puis  environ  60.  ans  jufques  à  200.  parce  qu'il  deperit\oû- 
jours  au  de.a  de  zoo.  ans  la  nature  ne  lui  fourniîrant  plu. 
cettefevequilefaifoucroiftre,  &l'entretenoitenbon  état.  11 
faut  auffi  obferver  qu'il  doit  eftre  coupé  en  decours  de  la  Lune 
&  pendant  lesmoisdeDecembre,  Janvier  &  Février,  &peut 
eitreemploye  la  même  année  pour  la  Charpenterie,  &  l  ou 
4.  ans  après  pour  \,  Menuiferie  ,  pour  [.quelle  il  ne  fçauroir 
tx^"^^^'^  '  f  pourquoi eftant gardé  1  ^.  ou  .  5.  ans  dans 
t^:':^^^'^'^'''^  neftencoremeille^r,  ^^plus 

Tous  les  Bois  dont  on  ufe  dans  les  Baftimens font  ou  de 
bHn,ouderciage.  On  entend  par  Bois  de  brin  un  arbre  dont 
la  t,ge  de  ro.de  qu  elleeftoit  eft  équarrie  &  réduite  à  quatre 
^"^'^  en  oftant  les  quatre  dolfes  flaches  :  Les  pièces  les  plu^ 


A:e  i\) 


j 


2ÎÎ 


D£     LA    MATIERE 


m^ 


oarfaires,  font  les  plus  droites ,  fans  aubier,  ni  flnches ,  ni 
rœods  vicieux  ,  &:  dont  les  arreftes font  bien  avi\ées  :  fi  la 
^ieceeft  forte,  on  peut  tirer  des  doflesflaches  quelques  plate- 
formes. Le  Bois  en  grume  eft  celuy  qui  eft  abbaru  fans  eftre 
équarri  ,  &  cet  équarriflement  réduit  la  pièce  aux  deux 
tiers  de  fa  grofîeur;  lorfque  la  pièce  n'eft  pas  droite,  ou  qu'- 
elle a  quelques  nœuds  vicieux,  onladebire,  &deceboistor- 
tu  on  tire  des  courbes  qui  fervent  aux  Dômes,  ou  aux  combles 
arondis,&  aux  plafonds.  ,,  ,      .. 

Le  Bois  eftant  donc  une  matière  fi  utile,  on  tache  d  avoir 
peu  de  déchet  en  le  débitant;  c'eft  pourquoy  il  y  en  a  de 
plufieurs  échantillons  ou  grofTeurs  ordinaires ,  dont  on  fe 
fert  dans  les  Baftimens  communs,  &  qu'on  trouve  chez  les  Mar- 
chands. Car  pour  les  Ouvrages  extraordinaires ,  il  faut  en  voyer 
dans  les  Forefts  des  perfonnes  intelligentes,  qui  le  faflent  dé- 
biter desgroffeursdontabefoin,  &rurtout  obferver  que  le 
bois  de  charpente  ne  fe  fait  point  de  branchage,  fi  ce  n'eft  pour 

quelques  courbes. 

Les  plus  grandes  poutres  ne  peuvent  gueres  avoir  que   7. 
à  8.  toifes  de  longueur  ,  fur  2.  pieds  de  gros  ,     &  les  plus  - 
petites    appellées  poutrelles  15.  à   16.  pouces  de  gros  fur 
quatre  toifes  de  longueur,  &  ainfi  des  autres  à  propornonj  pour 
le  bois  d'un  pied ,  on  en  fait  les  fermes,  des  grands  Combles , 
a^  les  Planchers  des  grandes  Pièces,  où  on  employé  aulii  des 
folivesdefapin,  maislechefne  eft  toujours  meilleur,  &  tous 
ces  bois  doivent  eftre  de  brin  :  on  fe  fert  auffi  de  bois  de 
brin  court  pour  les  courbes  rampantes  &  limons  des  Eka- 
liers  ,   &:  autres  endroits  qui  fe  taille  par  un  grand  delarde- 
ment.  Quant  au  Bois  de  fciage,  on  le  débite  ordinairement  de 
bois  courts  &  gros,  &  des  pièces  qui  font  les  moins  famés,  pour 
eftre  mifes  en  œuvre  de  leur  grofleur  :  onenfaitdes  folives 
depuis    5.&7. pouces  de  gros,  jufques  à  8.   à   10.  pouces, 
fur  12. 15.&  18.  pieds  de  longueur.   Les  poteaux  de  cloifon 
&d'huifleries,  font  de  5.  a  7.  pouces   de  gros  fur  diverfo 
longueurs,  &  ceux  de«;  cloirons  oui  portent  à  faux  &:  qu  on  bille 


Bi 


FT  DE  LA  CONSTRVCTION, 


creufes  afin  de  les  rendre  légères  ,  font  de  tiers  poteau  r>  fen- 
du qui  a  4.  &  5.  pouces  de  gros.  Lechevron  eft ordinaire- 
ment de  4.  pouces  de  gros  fu  r  1 2 .  pieds  de  longueur.  Ces  Bois 
fe  trouvent  de  toutes  ces  groiïeurs  fur  les  Ports  ou  dans  les 
Chantiers. 

Le  Bois  fe  toife  à  h  picce  ,  qui  eft  réglée  à  12.  pieds  de 
long,  fur  (î. pouces  de  gros,  enforte  quelesquantitezauder- 
fjus&audeflusfereduifent  à  celle-ci,  pourla  facilité  du  Toi- 
fé.  Lemarchéfefaitau  ccntde  ccspieces,  dontdixrompo- 
fent  le  millier. 

"DE  LA  COUVERTURE 

^D  E  s    COMBLES. 


ON  couvre  les  Edifices  de  différente  manière  eu  égard  à 
leur  dignité,  à  h  dépenfe  qu'on  veut  faire  ,  &  aux  ma- 
tières que  le  pays  produit,  &  à  la  pente  des  Combles.     Les 
plus  bas  qui  font  prefque  en  terraffe  ,  &  qu'on  ne  découvre 
pas  du  pied  du  Baftiment  ,  à  i'ufage  du  Levant  &  de  l'Ita- 
lie j  doivent  eftre  couverts  de  cuivre  ou  de  plomb  ,  qui  fe 
peut  employer  à  des  combles  roides,  ainli  qu'il  fe  voit  fur 
quelques  Eglifes  &  autres  Edifices  confiderables.     Quant  à 
l'Ardoife,  onencouvrelesHoRels  S^Maifonsdediftindion  j 
car  pour  les  Maifons  particulières,  elles  font  couvertes  de 
tuile  ,  qui  fe  peut  faire  facilement  en  beaucoup  d'endroits  : 
On  fe  fert  auffi  de  bardeau  pour  les  appentis  à  caufe  de  ù 
légèreté.     Pour  ks  autres  matières  dont  on  couvre ,  camme 
les  Ecailles  de  roches  dont  on  fe  fert  dans  les  Alpes,  dans  les 
Pyrénées  Vautres  Pays  de  montagnes,  elles  ne  font  pas  confi- 
derables» 


'DU    T  LO  MB. 

T  E  meilleurplombquivientd'Argkterre,  eftlep1us|u. 
T  -  Il  .  Ar^vx  dont  les  tab  es  font  bien  liées  &  fans 
h'I:  '"iTetToy.  ou  noir  ou  bUn.hi.  Le  Plomb  non- 
calTure.  ''//fî^,,  chêneaux,  canons  de  Gout.eres, 
'V  ^T^rd'AVrcs  r  ellements  de  cr,,mpons  de  bronze  ou 
'.  f  l  itr  Ouvra.es  où  l'utilité  eft  plusneceffa.requela 
de  '",«^,^^"'^""1  "  te  forte  de  Plomb  fuffitde  lo.  à  u. 
beauté..  '^P^'"^"/'''""!'r  Onant  aux  Tuyaux  de  Fon- 
Uvres  pour  le  ped  ^n  q-rre      Q"»    -^  ^  l^  ,^  de 

taines,  l™"- «P^f '"' '''P'"  ,  wR  ffervoirs ,  eu  égard  à  la 
h  conduite  ,  ^i"fi,q"^  .P°" '"  ^eXft  une  connoiffan- 
qu.n„té  d'eau  ^<1"  ^  Jf  ^  !ûi  f^nT^oliffion  de  la  fc.en- 

^"°"''l  fo^à  ,  '  ï^re^    LrPlombfertauDr.?ntablem.nce 
quatre pefesi.  ai o. livres      l.  ^^  ,^ 

pour  les  joints  des  pierres  &  '^«^.""''.'ff-  ,„.„„  qu'on  noin 

réparer,  &  ^^  ^«"^^'^'■^'^n'^"':°r^^^  Le  Plomb  fe  paye 

douterdequellematiereeftcettcf^^^^ 

au  millier  de  livres,  compris  la  façon  ^  laP?^^'         .  v 

quieftdedeuxlivresdcPlombrurunelivredEftam,  le  paye 

la  livre  fepareracnt. 


£T  DE    LA    CONSTRVcriON. 


T>  U    CUIVRE. 

T  E  Plomb  a  fes  défauts  comme  fon  utilité;  car  outre  qu'il 
l^eft  d  un  grand  poids,  il  eft  fujet  à  fe  cafTer ,  &  par  con- 
fequcnt  d  un  grand  entretien  ;  c'eft  pourquoi  on  fe  peut 
fervir  comme  en  Suéde  de  cuivre  réduit  en  tables  minces 
d  environ  2.  pieds  de  large  ,  dont  on  couvre  fort  à  propos 
les  combles ,  quelques  pentes  ou  inclinaifons  qu'ils  aient 
II  entre  fortpeu  de  foudure  pour  joindre  ces  tables  ,  parce 
quelles  saffemblent  par  des  replis  qui  forment  des  areftes 
en  leurs  joints  montans  environ  d'un  pouce  de  haut,  ce  qui 
facilite  1  écoulement  des  eaux  pluviales  ,  on  peut  remar- 
quer  combien  cette  pratique  réuffit ,  par  la  dépenfe  que  le 
Roi  a  depuis  peu  faite  pour  couvrir  l'aile  droite  de  fon  Châ- 
teau de  VerfaïUes. 

"DE    V  A  RT>  O  1  S  E. 

TLyadedeuxfortcsd'Ardoife,  la  dure  &  la  tendre.  La 
Adure  qu  on  nomme  pierre  d'Ardoife  ;  fert  pour  faire  du 
pave  &des  tables  ,  &  la  tendreeft  c,\h  qui  fe  débite  de  telle 
epa|(reur  qu  on  veut,  &  fert  pour  la  couverture  des  combles. 
.1  en  trouve  en  France  dans  l'Anjou  &  à  Mezieres  mais 
celle  d'An;oueft  la  meilleure ,  parci  que  celle  de  Me  i  reTeft 

1  Ardoife  confifte  a  eftre  bien  noire  ,  bien  équarie  &  d'eVale 

S'a'  rf/^^'"'^  ';  Plufieurs  gran'deurs  :  la  qS!! 
rec  torte  a  1 1.  a  12.  pouces  de  long  ,   fur  7.  à  7.  pouces  & 

ch'tiltn T;  ?  'r.^\'}  ^'  P^""^  ^'  pureaS  ou  d v' 
tTZ      ^/^°^^%^"^^'ft  ^^  rnemegrandeur,maismoins 

même  grandeur     &  le  rebut  de  la  forte  ,   dont  on  fe  fert  h 
tongdelarivieredeLoire.  L'ArdoifeaDpelléegrofle  ou  rou- 


Ff 


2l6 


DE     LA     MATIERE 


ge  noire  cft  de  quatre  fortes,  la  plus  grande  a  i  5.  pouces  de 
long,  à  laquelle  on  donne  le  tiers  de  purcau.  La  féconde  a  un 
pied  avec  4.  pouces  d'échantillon.  La  troifiéme  i  o.  pouces  fur 
5.  pouces  &  demi  de  pureau,  &  enfin  la  petite  8.  pouces  de 
long  fur  3.  pouces  de  pureau.  OnfaitlaCartelette  delà  plus 
belleArdoife,  elle  a  8.  pouces  de  longueur  fur  4.34.  pouces 
&  demi  de  large  avec  5.  pouces  &  denni  de  pureau.  On 
taille  ces  Ardoifes  en  écailles ,  pour  les  Dômes ,  Clochers, 
Combles  courbes,  &  à  l'Impériale.  Onemployel'Ardoifefur 
des  lattes  de  fente  ,  avec  contrelattes  de  fciage.  Les  lattes 
de  fente  ont  4,  pouces  de  largeur  fur  4.  pieds  de  longueur, 
attachées  avec  deux  clous  fur  chaque  chevron.  Les  Contre- 
lattes  de  fciage  font  de  même  longueur  &  largeur,  &  de  4.  à 
5.  lignes  d'épailTeur. 

"D  E    LA    TUILE. 

A  Prés  r  Ardoife  la  Tuile  plate  eft  la  plus  prope  matiè- 
re dont  on  couvre  les  Maifons ,  parce  qu'en  plulieurs 
endroits  il  fe  trouve  de  la  terre  propre  pour  la  faire  ,  mais 
elle  efl:  beaucoup  meilleure  en  certains  lieux  qu'en  d'autres. 
La  meilleure  Tuile  vient  dePaffy  prés  de  Paris,  &de  Bour- 
gogne, pourcelle  du  Fauxbourg  S.  Antoine, elle  eft  fuiette  àfe 
ïtiiillcter  &  à  venir  en  pourriture.  Il  y  a  de  deux  fartes  de 
grandeurs  de  Tuile  ,  celle  du  grand  &  celle  du  petit  moule, 
car  pour  le  moule  baftard  on  ne  s'en  fert  plus.  La  Tuile  du 
grand  moule  porte  un  pied  de  long  fur  8.  pouces  &  demi  de 
large  avec  4.  pouces  de  pureau  ,  &  celle  du  petit  moule  a  9. 
à  10.  pouces  de  long  fur  5.  pouces  &  demi  de  larqe  ,  à  la- 
quelle on  donne  5.  pouces  un  quart  de  pureau.  La  Tuile  pour 
eftre  bonne  doit  cftre  bien  cuite  ,  bien  droite,  &  doit  fonner 
clair  lorfqu'on  la  frape.  Il  y  a  auffi  des  Tuiles  creufes  ou  flî- 
mandes,  mais  elles  ne  font  ici  guéres  en  ufage.  La  latte  à  Tuile 
à  2.  pouces  de  large  fur  4.  pieds  de  long  ,  &  la  contrelatte 
pour  la  Tuile  autant  ,  s'il  y  a  4.  chevrons  à  h  latte,  mais  s'il 


I 


ET  DE    LA    CONSTRVCriON. 


iij 


L 


n'y  en  a  que  5.  il  faut  delà  contrelatte  de  (cisge.  Toute  latte  & 
conrrclattc  tant  defenteque  de  fciage,  doiteftrc  fans  aubier 
les  Couvertures  fe  mefurentàla  toiferuperficielle.  Or  comme' 
ces  fortes  d'Ouvrages  font  fujets  à  de  grandes  réparations,  ,1 
eftplus  avantageux  aux  Bourgeoisde  donncrauCouvreurune 
fomme  par  ma.fon  pour  l'entretien ,  aHn  de  n'eftre  pas  obLé 
de  la  reparer  fi  fouvent.  '    "ui'gc 

'DES    VITRES. 

■Ufage  du  Verre  plat  a  efté  inconnu  aux  Anciens:  nuifau' 
_  .Is  le  fervo,ent  d'Albaftre  ou  de  Corne  fort  mincie  pour 
fermer  leurs  Croii&s&fedefendredes  injures  de  l'air      iZ 
mat,eres  quoique  prétieufes,  eftoient  bien  moins  prop'resque 
le  verre     puifqu'elks  font  plus  obfcures.  Il  y  en  a  enFrance 
de  deux  fortes ,  le  commun  &  le  blanc.   Les  dI,k  hl„v  ^r 
res  viennent  de  Cherbourg,  qu'on  r^on^n^^vt^é^Zl^ù 
les  momdresde  Lorraine.  La  beauté  du  Verre  confifteàefîre 
droit,  clair,  fans  bouillonsni  boudins:  on  l'emplove en oan 
neauxouen  carreaux.  Les  Panneaux  font  ou  à  petits'^carrfaux 
ou  a  panneaux  de  bornes.  On  donne  à  ceux-ci  diverfes  foure^ 

decompartimens.&lesplombsdanslefquelsilsfontalTeible" 
doivent  avoir  au  moins  5,  lignes  &  5.  au  plus.  Pour  e"c  r 
reauxon  les  met  en  plomb  aux  chaffis  des  appartemens  un  peu 
confiderables,  &  en  papier  à  ceux  des  moindres,  &auxconf,e" 
.haffisd  hiver      Le  principal  appartement  d'un  Palairneut 
eftre  vitré  fort  à  propos  de  verre  blanc,  &  quelqucfoi  de  gh 
ces.  Le  Verre  de  France  fe  vend  au  panier  qui  eAd^L  n!  ts 
de  ».  pieds  &  demi  de  diamètre  ,  dont  on  peut  tire^^nu  ? 
pieds  de  verre.  Le  Verre  de  Lorraine  quielf  jette'enfaWe  f! 
vend  au  balot  qui  eft  de  ^,.  liens,  &chaque  i™de  «  1  We 
de  Vittnëf'  :"  '-'P"^*  ^i*^"^'  '^'  V"^^-  LesOuvr'tes 

que  espanne:.ux.  Les  carreaux  qui  palfent  un  pied  ausmentont 
b.au.oup  de  prix  &  fe  payent  à  la  pièce;  les  Vitriers  font  obli- 
gezalapofe,  aux  liens,  pointes,  &  va-es  de  fer  f.iSfjntcs. 


228 


DE     LA     MATIERE 


T>E  LA  TEINTURE  ou  IMPRESSION 


DANS    LES    BASTJMENS, 

FA  R  le  terme  de  Peinture  dont  on  fe  fert  ici ,  on  ne 
prétend  pas  parler  des  diverfes  parties  de  l'Art  de 
peindre  ,  mais  feulement  des  couleurs  qu'on  employé 
fur  le  bois ,  le  fer,  le  plomb  &  toute  matière  qu'il  convient 
peindre  ou  imprimer  d'une  ou  de  plufieurs  couches,  autant 
pour  la  conferver  que  pour  la  rendre  plus  d'union  par  une 
feule  couleur. 

La  plus  belle  couleur  eft  le  Blanc  ,  parce  qu'il  augmente 
la  lumière  &  réjouit  la  veuë.  Il  y  en  a  de  plufieurs  fortes.  Le 
blanc  de  Cerufe,  &  le  blanc  de  plomb  s'employent  à  l'huile: 
pour  les  détremper  après  qu'ils  font  broyez  on  y  ajoute  un 
poiiïon  d'huile  de  noix  par  livre,  ou  demi  poiiTon  avec  autant 
d'huile  de  Therebentine.  Le  blanc  de  Rouen  s'employe  à  dé- 
trempe avec  la  colle  de  gans ,  &pourle  rendre  plus  beau  on  fait 
la  féconde  couche  de  blanc  de  plomb  ou  de  cerufe. 

Le  Blanc  qu'on  nomme  des  Carmes  fe  fait  fur  des  murs  bien 
fecs  avec  de  la  chaux  de  Senlis  éteinte,oii  l'on  m  éle  de  l'alun  :  on 
prend  le  deffus  qui  eft  le  plus  pur  dont  on  met  5 .  ou  6.  couches, 
&  quand  il  eft  fec  on  y  palTe  la  main  avec  un  gant  blanc  pour  le 
rendre  plus  luifant. 

Le  Gris  fe  fait  de  blanc,  avec  du  noir  d'os,  de  charbon,  ou 
de  fumée.  Il  eft  neceftaire  de  pafler  un  lait  de  chaux  furies  vieux 
murs  avant  que  de  les  peindre  en  détrempe. 

Le  Jaune  refait  d'ocrequi  s'employe  à  l'huile  &  en  détrem- 
pe, il  faut  plus  d'un  poiflbn  d'huile  par  livre  de  couleur,  &on 
en  met  deux  couches,  la  première  eft  plus  forte  d'huile  que  la 
féconde.  La  couleur  d'olive  fe  fait  avec  de  l'ocre  jaune,du  blanc 
&du  noir  de  charbon.  Le  Brun  rouge  ou  rouge  brun  eft  un 
ocre  brûlé  &  s'employe  comme  l'ocre  jaune.  Le  Bleu  dont  on 
peint  des  Grotefques&  des  ornemens  fur  le  blanc,  fe  fait  de 


ETDE    LA    CONSTRVCTION. 


2  2^ 


bleu  dinde    -OU  d'email,   ou  avec  de  la  cendre  blciie 

Le  Verd  dont  on  fe  fert  pour  peindre  les  Treillaees  '  \e^ 
Portes ,  Gr,lles&:  Bancs  des  Jardins,  fe  fait  de  verddemon 
ragne  qui  s  employé  avec  du  blanc  decerufequieftb  féconde 
couche  (la  première  eftant  de  blanc  pur,  )    &  après  on  me? 
le  verd  pur  de  montagne  ,  qui  devient  plus  beau  avec  le  tems 
Le  verd  de  gris  eft  moindre  &:  noircit  davantage  que  celui  dé 
montagne.   Le  tout  s'employe  avec  l'huile  de  noix  ,  qui  eft 
meilleure  que  celle  de  lin  :  on  fe  fert  d'huile  graflfe  ,  de  mi 
ne  de  plomb  &  de  couperofe,  pour  faire  fecher  ces  couleurs 
qui  peuvent  eftre  couchées  fur  la  pierre,  le  phftre  ,  le  bois 
le  fer  &  le  plomb.     Tout  ce  qui  eft  expofé  à  l'air  ,  fe  fait  à 
1  huile  ,  comme  les  blancs  qui  font  fouvent  en  détrempe  au 
dedans.  ^ 

Lorfque  la  Menuiferie  eft  propre,  &  que  le  bois  en  eft  d'une 
belle  couleur,  on  y  donne  feulement  quelques  couches  de 
vernis ,  qui  fe  fait  avec  de  la  gomme  adraganthe  &  l'e'prit 
de  vin  après  y  avoir  pafTé  une  colle  de  gans ,  ain(7  que  pour 
le  vernis  de  Venife.  Onfaitaufli  un  vernis  d'huile  ^raffe  & 
delitarge  bouillis  enfemble,  lorfque  les  lieux  font  humides, 
&  pour  les  dehors. 

Pour  peu  que  les  Appartemens  foienr propres,  on  y  peut 
dorer  quelques  filets  &  baguettes ,  laift-ant  les  panneaux  &  le 
refte  blanc  ,  ainfi  pour  dorer  en  feuilles  fur  les  couches  de 
blanc,  on  pofe  une  couche  d'ocre  jaune  ou  de  rouge  brun, 
&  on  palîe  un  or- couleur,  furquoi  on  applique  l'or  en 
teuilles.  Il  fuffit  qu'il  y  ait  deux  Impreflions  fur  le  bois  ,  & 
trois  fur  le  plomb ,  mais  fur  le  fer  pour  le  garantir  de  la  rouille 
il  en  faut  cinq  oufix,  donrla  première  eft  de  blanc  fort  léger-,  j 
&les  autres  d'ocre  ou  de  rouge  brun  ,  furquoi  on  pofe  l'or  I 
couleur,e..fuitel'oren  feuilles.  Quanta  l'or  bruni,  furie  boi?, 
on  met  cinq  on  fix  couches  légères  de  blanc  .  puis  l'affietre, 
.ompofcc  de  bol  d'Arménie  ;  les  ornemens  de  couleurs  peu- 
vent eftre  à  fonds  d'or  mat  ou  bruni. 

Les  Camayeuxfe font  d'une  même  couleur,  enyobfervant 

li  ii; 


1 


^\o 


DE     LA    Ai  AT  I  E  R  E 


les  jours&  les  ombres,  mais  les  pins  riches  font  ceux  dont  le 
fondeft  d'azur  &  les  figures  rehauflees  d'or,  lesjaunesfe  nom- 
ment Cirage  &  on  en  peint  de  plufieurs  fortes  félon  le  gouft 
de  celui  qui  les  fait  faire,  ou  l'union  que  demande  le  refte  des 
Ornemens  de  la  pièce.  .    r-    i      i  r 

On  peut  aufli  imiter  la  Bronze  ,  qui  fe  fait  de  plulieurs 
manières,  fçavoir  rougeâtre,  jaunâtre  &  verdâtre.  Pour  faire 
la  bronze  onfe  fert  de  cuivre  battu  &broyc,  qui  plus  eft  au 
feu,  plus  il  rougit.  Cette  couleur  fe  peut  employer  fur  le 
plâtre,  le  bois,  le  fer  &  le  plomb  :  Pour  la  rendre  rougeâtre.on 
y  mêle  du  rougebrun  ;  pour  la  faire  jaunâtre ,  on  fait  la  couche 
d'ocre  jaune  pure  ;  &  enfin  lorfqu'on  la  veut  faire  verdâtre, 
&re(rembler  à  la  bronze  antique,  il  faut  y  paffer  une  couleur 

d'ocre  jaune  avec  du  noir  d'os.  , 

Non  feulement  la  Peinture  contrefait  les  Métaux,  maiselle 
imite  auffi  les  Marbresau  fujet  dequoi  il  faut  obferver  dene 
point  feindre  de  marbre  ce  qui  n'en  peut  pas  eftre  efte(5tive- 
ment  comme  les  Ventauxdes  Portes,  &  les  Guichets  des 
Croifées.  Il  faut  varier  les  marbres  félon  les  parties  del'Archi- 
tefture  ,  en  forte  que  l'Architrave  &  la  Corniche  eftant  d'une 
couleur,  la  Frizefoit  d'une  autre:  Comme  dans  les  Lambris 
le  batti  doit  efh-e  différent  des  quadres  ,  &  les  quadres  des 
panneaux  ;  &  aux  cheminées  le  chambranle  eft  d'un  marbre 
différent  de  la  Frife&de  la  Corniche. 

On  doit  prendre  garde  en  variant  les  marbres  que  les  cou- 
leurs ne  fe  détruifent  point  par  un  trop  grand  contrafte;  &  que 
les  parties  remplies  de  moulures  foient  peintes  de  couleurs 
tendres  pour  en  mieux  diftinguer  les  profils. 

Touslcs  Ouvrages  de  Peinture  en  Impreffion,  femelurenta 
latoife  fuDerficielle,  ou  fe  marchandent  par  travées  de  plan- 
chers,  toifes  de  lambris ,  par  placards  &  croifées.  Quant  à  la 
Dorure  on  la  toife  au  pied  &  pouce  fuperficiel. 

Voila  en  gênerai  ce  qui  concerne  h  muiere  desBaftimens, 
qui  peut  fuffire  pour  en  avoir  une  idée.  U  eft  enfuite  à  propos 
de  connoiftre  l'emploi  de  ces  matériaux,  &c'tften  quoi  con- 
fifte  la  Conftrudion. 


ETDE    LA    CONSTRVCriON 


25r 


DE  LA   CONSTRUcriON 
"D  E  s    E  T>I  FI  C  E  s. 

IT)  A  R  la  Conftruaion  on  comprend  autant  la  Forme  que 
JI7  reçoit  en  particulier  chaque  partie  feparée  ,  que  l'Art 
d  .fTembler  toutes  ces  parties.  Les  règles  générales  de 
la  Conftrudion  font  que  tous  les  Murs  foientbien  dreffez 
de  niveau  &  d  alignement ,  à  plomb  en  dedans  &  avec  les 
retraites  ,  fruits  ou  taluts  neceflaires  au  dehors ,  &  bien  re- 
tournes d  efquerrc  :  que  les  moiJons  &  les  pierres  foient  bien 
en  liaifon  avec  mortier  en  quantité  &  qualité  ruffifantes.  bien 
fichées  &jomtoiees,  les  paremens  des  pierres  bien  unis-  Que 
les  voûtes  &  plattebandes  foient  bien  en  coupe  ,  &  le  tout 
ragree  proprement.  '^ 

T>E  LA  MANIERE  "DE  TLANTER 

LES    BASTIMENS, 

r  E  premier  foin  qui  regarde  la  Con^ruaion  eft  de  bien 
L^planter  le  Baftimcnt  lorfque  la  htuation  en  eft  détermi- 
née ,  or  comme  dans  les  Plans  qu'on  levé  journellement  , 
on  remarque  par  les  inegahtez  qui  s'y  rencontrent,  que  cette 

ZTr        vfç^'^^T'^  '"^'"^^'^  '  particulièrement  d.n. 
les  anciensEdihces&  fur  tout  dans  les  Gothiques  :  il  eft  bon 

davert.rquel-ArtdepbnterunbaOimentconfifteaut.ntdan. 
lePhnb.en  cotre,  que  dans  l'exaôitude  de  ceux  qui  ont  ^a 
conduite  d  en  efpacer  les  juft.s  diftances  furie  terrain.  Qu.nt 
nu  Pian  qui  eft  uniquement  du  fait  de  l'Architede  ,  iTfaut 
obferver  que  plus  il  y  ademcfures  fans  confufion,  plus  il  eft 
'ntelligiblej   c  eft  pourquoi  outre  les  mefures  générales  des 


^l^ 


DE     LA    Aï  AT  I  E  R  E 

lorr^ueurs  des  Façades  &  des  autres  grandes  mefures  du  mi- 
lieu^des  Portes  &  des  Croifées  ;  il  faut  encore  qu8  la  preci- 
fion  des  mefures  en  détail  quadreavecles  générales.  Ileftaufli 
necefT^ire  de  cotter  les  points  &  les  ouvertures  des  figures 
circulaire?  ,  les  épailTeurs  des  folides  en  tous  leurs  retours, 
&  les  diftances  des  vuides  :  &  ne  point  feindre  de  repeter  les 
mefmes  mefures,  parce  qu'on  ne  peut  aflez  par  preuve  & 
contrepreuve  du  général  &  du  détail  s'affurer  qu'il  n'y  ait 
point  d'erreur ,  pour  ne  laiCfer  aucun  doute  aux  Entrepre- 
neurs. .,  ^  rr     i       1  1 

A  l'égard  de  l'ouverture  des  terres ,  ilfuffit  de  planter  les 
piquets  ou  jalons  &  tendre  les  lignes  de  la  largeur  desempjate- 
mens  marquez  fur  le  Plan  :  &  lorfque  la  fondation  ett  à  hau- 
teur pour  recevoir  la  pierre  dure  ,   on  doit  apporter  toute 
l'cxaditude  polTible  à  pofer  la  première  aflife  ;   c'tft  pour- 
quoi  il  faut  fcellcrdes  fapines  quarréesplutoftque  desper.hes 
rondes  &  bien  étallonner  les  mefures  par  des  hoches  fur 
lefquelles  pdiTent  les  lignes  bien  jaugées  parallèles,  &  rerour- 
ner  d'elquerre  ce  qui  le.  doit  eftre  &  fur  tout  obferver  l'ou- 
verture des  Angles  gras  ou  maigres ,  félon  qu'ils  font  marquez 
parle  Plan  ,  &  enfin  s'étendre  autant  qu'on  le  peut  ,  parce 
que  plus  l'opération  eft  grande,  plus  elle  eft  feure;  amd  les 
pofeurs  doivent  commencer  parles  Hncôgnures  desextremi- 
tez,  par  les  Avant-corps  &  par  les  picdroits  des  Portes.  Lorf- 
qu'il  y  a  beaucoup  de  fujetion  dans  les  Plans  par  leurs  retours 
&  leurs  figures  extraordinaires ,    il  eft  neceCaire  pour  plus 
grande  fcureté  de  faire  un  enduit  fur  le  maflîfdela  fonJauon 
où  l'efpure  eftant  tracée  les  AppareilleurspuifTent  en  lever  des 
panneaux  &  après  avec  des  cartons  tracer  leurs  pierres  :    aulTi 
lorfqu'on  a  quelque  figure  elliptique  à  décrire ,  il  ne  faut  pas 
attendre  à  la  tracer  fur  l'enduit  ;  mais  en  avoir  fait  auparavant 
l'opération  fur  le  carton  le  plus  en  grand  qu'il  ie  peut  ,   & 
cotter  les  centres  &  les  points  de  dilhnce  afin  qu'elle  fe  puiffc 
tracer  au  premier  coup  pour  éviter  la  confufion  des  traits  qui 
trompent  fouvent  les  Appareilleurs. 


r  \ 


"^T    r>E    LA  CONSTRVCriON, 


25? 


Or  comme  il  arrive  quelquefois  que  le  teruin  fur  lequeJ 

on  tr.cen  eft  pas  de  niveau,  maisavecde  la  pente,  ou  des  ref 

I     ^'^''l  ^^.^^  '^Pj^"  ne  fe  doir  rocorder  qu'au  plein  pied  d'un  rez 

'     dechauffee;  ilfautcondnireb  I.gne  du  talur  en  telle  forte  que 

k  ,uge.int  par  les  encôgnure^  le  mur  du  talut  fo.t  dégauchi 

bien  paralleie  dans  toute  Ton  étendue  nonobftant  la  W  de 

pente  des  terres;  carledeTautencecasefifortfenfible.  Pource 

quieftdunivellement,  il  faut  qu'il  Toit  bien  retourné,  parce 

quonnepeuteftrefeurd'untraitdeniveauqueparcetteopéra- 
tionqu,  refait  pofantdeuxdoires  ou  jalons  contre  lefquels  on 

venfieparlesrepairesiesmermeshauteursquel'on  a  prifesavec 
le  niveau  de  part  &:  d'autre. 

Voila  en  partie  ce  qui  regarde  l'Art  de  planter  les  Bà- 
timens,  ^ 


i:>ES    FONDEAÎENS 

DES     EDIFICES. 

A  Prés  toutes  ces  précautions ,  le  plus  efTentiel  eft,  que  l'E- 
dihce  foit  bien  fondé,  au  fujet  dequoyil  va  beaucoup 
de  choies  a  remarquer  fefon  les  difFerens  terrains  qui  fe  ren- 
contrent j  car  autre  chofe  eft  de  fonder  dans  un  lieu  fec,  au- 
tre chofe  dans  un  heu  humide:  &cependant  il  faut  trouverau- 
tant  de  fol.dite  dans  l'un  que  dans  l'autre  ,  c'eft  pourquoy 
on  fe  fert  de  p.lotis  &  mefme  de  grilles  dans  l'eau,-  dans  les 
terrains  marecageaux  ,  &  où  il  fe  rencontre  de  la  -laife  qu'il 
clt  bon  de  ne  pas  trop  éventeravec  lesPiIotis,  qu'on  ne  doit 
pas  employer  il  frequens  que  dans  un  terrain  où  il  n'y  a  point 
deglaile.  "^     '^ 

Les  terres  font  ou  naturelles  ou  raportées  &  le  bon  et  vif 
tonds  n'eft  réputé  que  fur  un  terrain  maffif&folide  qui  n'a 
^^f^^^^  découvert.  Il  fe  trouve  divers  terrains  dont  le 
Tuf  eft  le  meilleur;  il  y  a  pourtant  des  terrains  fabionneux 


î^4 


VE     LA    MATIEPE 

fur  lefquels  on  peut  fonder  folidement  lorfque  le  fable  fait 
corô'  L'ouverture  des  terres  ne  fe  doit  faire  que  de  la  grandeur 
n-ccffaire  pour  lesépa.deurs des  murs;  deforte  que  les  tranchées 

&  aoles  ne  doivenîavoir  que  la  largeur  de  celle  des  Murs,  &  en 
casquelesterresfo.entfuiettes%ébouler,  aies  fautemrctenir 

avec  des  étrefiUons  &  des  dofles. 

Quelquefois  .1  arrive  dans  les  Edifices  qu.  ont  une  gran- 
de étendue  ,  que  le  terrain  n'efl  pas  de  niveau  ;  mais  avec 
dtverfes  pen  es  (elon  les  accidens  de  fa  l.tuat.on  ce  qu.  fau 
te    bontondsfetrouveplus  oumoins  en  contrebas  dansdes 

endroits  que  dans  d'autres  ;  cequi  oblige  alors  de  fa.relesf  on- 
dado°  s  par  redens  oureffauts ,  autant  po"' nié"'|5'-.'^,'^5°"- 
.S.  Lut  ne  oas  éventer  le  bon  fonds.  Mais  il  eft  plus 
::rntaSd\Zrrlafonda,ionfurunfondsbiendre(rédeni. 
veaud?nstoute  l'étendue  du  Baftiment,  parce  qu  a  taffe  égale- 

"  QTnVàb'conftruaion  des  fondations,  les  principales  En- 
cô^ures,  &  celles  des  Avantcorps  dans  les  Baftimens  confi- 
de?abTes  doivent  être  de  libage;  &les  murs  de  mo.lon  qu. 
garniffent  entre  ces  libages,%e  doivent  pas  eftre  boquez 
fontre  les  terres,  mais  levez  d'alignement  bien  parallèles  & 

es  moi  ons  pofez  en  mefme  temps  ftir  leur  plat ,  à  bam  de 
momer.     Ces  fortes  de  Baftimen,  eftant  beaucoup  plu  fo- 

Hdes  que  ceux  qui  font  faits  à  diverfes  repnfes  &  par  épaulées; 

ce  que  les  Anciens  ont  évité,  dautant  qu'on  remarque  que 

UMaffifdeleurfondationformeuneplatéede  toute  1  étendue 

''"Lef  E^patemens  des  Murs  doivent  eftre  obfervez  tant  au 
dedansqu'audehors&proportionnezàleur  epaiffeur.  quire- 

v^  OTdinairement  au  rez  de  chauffée  du  quart  plus  a  la 
fondation  qu'à  la  largeur  delà  première  affifede  pierre  dure, 
de  forte  que  fi  lemSradeux  pieds  d'epa.fleur  ,  la  fonda- 
tion aurai,  pieds  &  demi  V  pouces  d'empâtement  de  chaque 
codé  •  &  lorfque  les  murs  palTent  5.^4-  P'"!'  ^  'f''^'"''; 
'    cette  règle  n'a  plus  de  lieu  ,  parce  que  cet  empâtement  de- 


ET    DE    LA  CONSTRVCTION, 


Qaott 


'^\% 


pendautantdelachargedudefrus,quedela  hauteur  delafonda 
non  &  des  voûtes,  dont  il  faut  retenir  Japoufîée. 

Les  premières aflifes  doivent  faire  parpin  dans  lesmedio- 
cresmursou  du  moins  de  deux  pierres  l'une,  c'eftàdiredc 
deux  quarreaux&d  une  boutilTe,  le  tout  en  bonne  Scfuififan- 
te  haifon.  Les  affifes  doivent  régner  le  pins  qu'il  fe  peut  d- 
mefme  hauteur  ,  autant  pour  la  bontédelaConftrucftion  que 
pour  la  beauté  de  l'appareil.  Les  pierres  dures  dansles  ouvra 
gespropresfonthyéesjtravera^cs&poliesau  grais,  &lespier- 
res  tendres  bien  ragréécs  au  fer;  &les  unes  &  les  autres  en  ks 
taillantdoiventeftreébouzinées  jufqucs  au  vif,  en  fortequ'il 
n  y  refte  m  bouzm  ni  tendre,  &  qu'il  n'y  ait  ni  fil,  nimovc, 
m  veines  jaunes.  Or  comme  on  employé  les   plus   "rândcs 
pierres  aux  encôgnures  &  piédroits,  aulTi  les  moindres  fe  ré- 
pandent danslecoursdel'Amfc,  dontleclauroimedoitavoir 
moins  de  largeur  que  de  hauteur ,  de  forte  q ne  s'il  eft  neceffaire 
deboulinspouréchafauderfaute  de  bayes  ,  les  trous  doivent 
eftre  de  la  grandeur  de  ce  claufoir,  afin  qu'ils puiffent  eilre  rem- 
plis d  unquarreau. 

On  laiffe  quelquefois  l'Architeaureen  bofTages,  tant  aux 
Chambranles  qu'aux  Archivoltes,  Bandeaux,  tables  &  peti- 
tes Corniches,  ainfi  que  pourla  Sculpture  ;  parce  que  zt^  nïou 
lureseftant  coupées  fur  le  tas,  elles  en  font  plus  propres-  ce 
qu'on  reconnoifi:avoireftépratiquéauxbaftimensantiques:& 
ce  qaife  pratique  encore  lailTant  les  pierres  en  boffage  de  deux 
1  une,  dautancquel'ouvrageenparoiftplusuniformeque files 
pierres  avoient  efté  taillées  dans  le  Chantier,  &Iesareftesen 
font  plus  vives.  II  arrive  fouvent  que  des  hauteurs  d'AlTifes  ne 
reviennent  pas,  parce  que  les  Appareilleurs  ne  s'accordent  pas 
en  leurs  mefures,  &  que  les  Pofeurs  n'ont  pas  tout  lefoinne- 
■T^  ^"^"^^P'^a^q'-^eenreigneuneinfinitédefoinsqu'ilTe. 
roit  difficile  d'expliquer,  ce  qui  dépend  autant  de  la  capacité  que 
de  1  mtcreft  des  Entrepreneurs. 


Gg  ij 


DE     L  ^     MATIERE 


DE     LA      COUPE 


L 


DES     PIERRES. 

A  plus  confidcrable  partie  de  UConftmaioneft  l'Art  de 
«_,  la  coupe  des  Pierres,  autrement  le  Trait,  queMathurin 
[oufTenommelefecretde  l'Architeâurc.     Les  principes  de 
cettefcience  font  fondez  fur  la  Géométrie;  &de  1  opération 
qu'onfaitavecrEfpureonpafle  à  l'exécution,  entravant  des 
Pierresquidoiventremplirle  vuideauqael  elles  font  deftinees, 
quelque  irregulier  qu'il  foit.  Les  meilleurs  Ouvriers  font  leur 
capital  de  cette  pratique,  &font*  d'autant  plus  recomrr.anda- 
blesqu'ils  font  bons  Apparcilleurs;  c'eftpourquoy  un£ntre- 
rrenneur  fans  cette  connoilTanceeft  moins eftime  que  Ion  Ap- 
pareilleur    Elle  eft  auffi  fort  necelTaire  à  l'Archif efte ,  afin  qu  il 
nefafreriend'impofllble  à  voûter  dans  fesdeffeins;  &  qu'en 
propofint  quelque  Ouvrage  extraordinaire  de  cettenature,  il 
donnedes  moyens  de  rendre  les  Voûtes  autant  agréables  & 
!e"cres,ouerclides&:  hardies. 

°Mon  intention  n'efl:  point  de  m'étendre  fur  une  matière 
auiïi  ample  que  celle- cy,  qui  demanderoit  un  Volume  en 
ti°r,  &dont  il  y  a  des  Auteurs  qui onttraitéàfonds  :  Jen'ay 
point  eu  dcfîein  de  donner  la  Conftrudion  ni  le  develo- 
pcment  d'aucune  pièce  de  Trait,  parce  que  je  ne  feroisque 
repeter  ce  qui  fe  trouve  dans  les  autres  livres  ;     mais  je 
me  contenteray  d'expliquer  les  termes  de  cet  Art  &  de  la 
nature  des  Voûtes,  afin  de  faire  naiftre  dans  l'efpnt  de  ceux 
qui  liront  cet  Ouvrage,  Icdefirde  pénétrer  plus  avant  dans 
la  connoiOCince  d'une  partie  fi  utile  à  l'Architeaure,   pour 
laquelle  les  difcours  ne  fuffifent  pas  feulement,  mais  ou  les 
opérations  font  abfolumcnt  neceflaires.     Le  plus  feur  moyen 
crt  de  couper  les  pièces  de  trait  avec  des  folides,  dont  le  meil 


'ET  VE  LA  CONSTRVCTION. 


I 


pour  fe conduire,  parce  qu',I  fou l.^e  ^  mftru^  en  me  me  ce^ 
U  ieveriredes  règles  de  hCeornernceft  inférieure  à  la  Z' 
que  con.mclamethodedcscherch.sralongéesvautm    urque 
Icshgaresgeometnques,  dautantqu'encec Art lapranqueTft 
préférable  à  Ja  Théorie.  ^  ^^i^uceit 

La  Pierre  fur  le  Chantier  efîant  brure  ou  velue ,  fa  premiè- 
re préparation  eft  de  l'équarir  &d'en  tacher  les  lits  &  les  pl 
remens,  qu  elle  loit  bien  rerournée,  &qu'ellene  foit  point 
g.uche    afin  quel  Appareilleury  trace  cequ'il  convient  félon 
lagrandeur  delapierre  qu'il  doit  ménager,  parce  que  le  déchet 
d     grolTes  recoupes  ed  une  pure  pcrt'e  pour  l'Entrepreneur: 
Les  Ouvrages  de  moindre  appareil  font  les  carreaux  &  les  bou- 
tilles,  dontonenge  les  Murs  continus,  les  piédroits  &  les 
encognures.     Toutes  les  bayes  fe  ferment  ou  par  cintres ,  dont 
lespierresfenommentvoufToirs,  ou  par  Platebandcs  avec  des 
c laveaux.     Les  Cintresfont  ou  en  demi-cercle  parfait,  ou  en 
pleincintre     oufurbai(re2,oufurmontezen  tiers  point  ou  li- 
gnes parabouhques,  ou  biais  ou  rampans,  ou  l'un  &  l'autre.  Les 
Platebandcs  font  ou  droites  ou  bombées,  êV  quelquefois  avec 
arnerc-voulfure  par  derrière. 

Les  Voûtes  peuvent  eftre  nommées  régulières  ouirrcPuIie- 
res  dans  leurs  formes,  àcaufe  des  fujetionsde  leur  ufale  & 
deleurracordement.  On  entend  parvoûtes  régulières  celles 
quinoncmbiars,  m  rampant,  nitalut,&parIesirrePuIieres, 
lecontraire.  Çh.que  Vouflbir  a  fix  faces,  'deux  panneaux  de 
douelle,  dont  1  un  eftmterieur  ou  d'intrados,  &  l'autre  ex- 
teneur,  ou  d'extrados,-  deux  panneaux  de  teffe,  dont  l'un  de 
front  hit  le  parement  de  l'Arc  par  devant  ,&  l'autre  paroift  der- 
nerefilapierrefaitpnrpin.  &  deux  panneaux  de  lits  qui  font  ca- 
chez dans  le  corps  de  la  Maçonnerie,  tous  ces  panneaux  font  op- 
pofez.  Lesjointsfont  oudehtoudetefîe,qu'onnommeanfli 
lointsdecoiipe,  qui  font  les  joints  en  rayons  tirez  du  centre 
des  arcs  de  plein  cintre.  Il  y  a  aulfi  des  joints  montans  &  des 
lomts  délit  oudeniveau  dans  le^coursd'affifes,   ^'cedernier 


LA    MATJERt 


joint  doit  fuivre  le  lit  de  la  carncre ,  car  autrement  h  pierre 
feroitmife  en  délit;  cequi  s'obferve  auffi  aux  Arcs  &  Voûtes 
où  les  jointsdelitfont ceux  delà  carrière,  fans  quoy  la  ruine 
des  voûtes  de  Plattebandes  arrive  fouvent  par  cette  mal  ta- 

6n  fe  fert  de  divers  inftrumens  pour  tracer  les  Voûtes  & 
leurs  vouffoirs,  &  outre  la  règle,  kfaulTe&h  vraye  équerre, 
le  ni  veau  ,  le  plomb  ^  les  a  utres  outils  communs  dans  1  art  de 
baRir  ;  on  met  en  uCige  la  Sauterelle  qui  eft  une  équerre  mobi- 
le pour  prendre  l'ouverture  des  angles.     Le  Beuveau  dont  un 
bras  fert  à  tracer  la  curvité  du  panneau  de  doCielle ,  &  l'autre  le 
ioint>delit,  quelquefois  les  deux  bras  en  font  creufez  ou  bom- 
bez     &  toujours  mobiles.  Les  Echalfes  font  des  lattes  ou  règles 
minces,  fur  lefquelles  on  marque  avec  des  hoches  d'un  cofte  les 
VoufToirs  &  de  l'autre  les  retombées.  Le  Couffinet  d'un  arc  ou 
voûte  efl  la  dernière  pierre  ou  impofte  qui  couronne  le  piédroit, 
&  reçoit  les  premières  retombées. 

On  trace  les  pierres  par  panneaux  ou  par  équarrilTement 
ou  dérobement,  la  manière  par  panneaux  eft  plus  ingenieu- 
fe,  &  plus  entendue  que  celle  par  équarriffemcnt,  avec  laquel- 
le'on  ne  peut  pas  toujours  faire  ce  qui  fe  fait  par  panneaux. 
L'Efpureoule  deflein  de  la  pièce  du  trait,  eftant  trace'e  aufli 
grande  que  l'ouvrage,  on  en  levé  les  panneaux  avec  ducarton, 
du  fer  blanc,  ou  quelque  autre  matière  mmce  ,  puis  on  les 
applique  fur  les  pierres  pour  les  tracer.     Il  faut  auffi  avoir 
recours  à  l'Efpure  pour  tracer  par  équarriffement ,  parce  qu'en 
pofant  le  beuveau  fur  la  Figure ,  on  le  raporte  fur  la  tefte  du  pa- 
remcntpourytracerlacurvitédel'Arc,  &lebras  quieftdroit 
marque  le  joint  de  lit  ou  de  coupe.  Dans  les  traits  difficiles  on 
n'arrive  pas  tout  d'un  coup  à  tracer  jufte,   &  comme  il  faut  re- 
couper de  la  pierre,  on  laiffe  plûtoft  les  joints  gras  que  mai- 

grès. 

Les  Voûtes  prennent  leurs  noms  des  différentes  Figures 
qu'elles  reçoivent  de  leur  planfoit  quatre  ou  barlong ,  rond  , 
ou  ovale  ,  droit  ou  biais  :  &  de  leur  profil  comme  en  plein 


wmmm 


[ 


^T  T)E  Lj4  CONSTRVCTION. 


cintre  ou  furbaifTez  &:  en  anfe  de  panier,ou  rampant  Les  Voûtes 
différent  des  Plafonds  encequ'elles  ^o^tto^ounc^ZT^ 
leurprofilantre  &lesphfons  font  droits  ou  en  pbteba  de 
quelquefois  bombée.  ^     t'Jdiiue 

La  plus  fimple  voûte  &  qui  pouffe  le  moins  eft  le  berceau 
en  plem  entre,  &  pour  le  déchargera  en  empefcher i'écarte- 
ment,  auffibien  que  pour  y  donnerdu  jour,  fi  l'on  en  abc- 
u       °"yA^'^^^s  Lunettes  de  diverfes  grandeurs.  Lors  qu'un 
berceau  eft  rampant  par  fon  profil  &  qu'il  n'eft  pas  parallèle  à  la 
furfacede  la  terre,  il  eft  appelle  defcente  qui  eft  biaife  quand 
les  jambages  de  l'entrée  &  de  la  foriie  ne  font  pas  d'équerre 
avec  les  murs  latéraux  du  berceau  :  &  en  talut  quand  le  devant 
de  I  entrée  eft  incline  :  &  rampant ,  fi  le  cintre  en  eft  corrompu 
&trace  avec  une  cherche:  ces  defcentes  rachettent  ordinai 
rement  un  berceau  en  plein  cintre,  comme  celuy  d'une  cave 
d  une  voûte  fphcriquc,  ou  fur  le  noyau  ou  de  quelque  autre 
hgure.     Il  fe  trouve  dans  les  Auteurs  de  différentes  manières 
pour  tracer  une  mefme  pièce  par  panneaux  ou  par  équarrifïe- 
ment.  *■ 

Il  y  a  quelquefois  des  fujetions  qui  obligent  à  prendre  des  pa f- 
fages  ou  des  jours  de  cofté ,  pour  cela  on  fe  fert  d'un  trait  nom- 
me biais  pafTe,  dont  le  plan  des  piédroits  parallèles  eft  biais,  di 
lArcqui  ferme  la  baye  eft  auffi  biais  &  parallèle,  &lacornede 
bœuf  en  eft  difrerente,en  ce  qu'elle  prend  fa  naiffanced'un  point 
&s  augmente  de  la  largeur  du  piédroit  oppoféqui  eft  biais  par 
f  on  plan,  ainli  c  eft  une  moitié  d'un  biais  paffé. 

Pour  foulager  lesLarmiers  &  les  Platebandes  &  retrancher 
dumaflifdepuisla  feuillure  d'une  porte  ou  croifée,  jufques 
dans  Ton  embrafure,  on  les  bombe  par  ledehors,  ou  bien  on 
fe  iert-de  1  Arriere-vouffure  de  JMarfeilîe  pour  faciliter  l'ou- 
verture des  ventaux  d'une  Porte  mobile  cintrée  par  le  haut.  Car 
pourlarriere-vouffuredeS.  Antoine,  non  feulement  elle  dé- 
charge la  platebande,  mais  fa  fîgure  qui  eft  le  plus  Touventen 
pem  cintre  &  bombée  par  fon  profil  plûtoft  que  réglée,  eft 
plus  agréable;  &lorfquc  les  murs  font  épais,  &quelaferme- 


24© 


B  E     LA    MATIE-RE 


ture dansl'embrafure des Croifces  efl:  cintrée,  la  lumière  e ré-  l 
pand  plusabondamment  vers  le  cintre  ou  le  plafonds  de  la  c  ham-  j 
bre.  Ces  arriere-voufTures  rachettent  quelquefois  un  berceau    \ 

droit  ou  rampant.  •      .    i     i 

Il  faut  remarquer  que  fouvent  les  plus  beaux  traits  de  la    : 
Coupe  des  pierres  n'ont  pas  toute  la  grâce  du  defïein,  &quele    \ 
merveilleux  qui  s'y  rencontre,  femble  répugner  à  la  fohdité,    i 
comme  il  paroift  aux  portes  furie  coin,  dont  une  Trompe  porte 
Tencôgnure  en  l'air  &  aux  portes  dans  l'angle,  qui  font  encore 
quelquefois  biaifes,  de  forre  qu'elles  paroiflent diftormes  à  caufe 
deleurfujetion,  &  moins  naturelles  que  celles  qui  font  en  tour 
ronde  ou  en  tour  creufe. 

Pour  lesTrompes  il  faut  qu'il  n'y  aitquela  necefiite  qui  les 
fa  lie  mettre  en  œuvre,  comme  celle  dans  l'angle  qui  fert  de  cabi- 
net ou  de  dégagement  pour  ne  point  repafler  par  les  principales 
pièces  d'un  appartement.  Quant  à  la  Trompe  fur  le  coin,  on 
s'en  fert  ordinairement  lorfque  la  Porte  eft  dans  l'encôgnure 
pour  faciliterle  tournant  aux  charrois,  elleporteen  l'air  l'encô- 
gnure d'une  Maifon,&  eft  fort  hardie;  maiselletireauvuide.il 
y  a  à.ti  Trompes  de  plufieurs  figures ,  comme  de  rondes ,  d'on- 
dées, ou  à  pans  par  le  devant,  &:  bombées  ou  réglées  par  leur  pro- 
fil, ScmeCme  des  rampantes,  &  plus  elles  ont  de  montée,  plus 
elles  font  folides  :  &  à  bien  conlîderer  ces  fortes  de  traits  hardis, 
ils  fervent  moins  à  décorerleBaftiraent  qu'à  faire  paroiftre l'in- 
duftrie  de  l'Ouvrier. 

Les  V  oûtes  d' Areftes  font,  ou  quarrces  ou  barlongues,  com- 
mcccllesen  Arc  decloître,  qu'on  nomme  maitlrefles voûtes, 
&  leur  différence  confifteen  ce  que  les  voûtesd'areftes  font  for- 
mées de  deux  berceaux  qui  fe  croifent ,  &  comme  des  lunettes 
forment  des  areftes  qui  fe  coupent  en  un  point,  &les  Voûtes 
en  arc  de  cloître  à  la  place  des  areftes  Taillantes,  ont  des  an- 
gles rentrans  en  diagonales:  les  vouffoirs  s'en  font  par  enfour- 
chemens&  elles  font  fermées  pardesclefs  en  croix,  il  y  en  a  de 
droites,  de  biaifes,  de  rampantes,  &  d'autres  figures.  Lorfqu'on 
ncvcutpasfurbaiffer  ces  voûtes,  &  qu'elles  n'ont  pas  affez  de 


montte 


F.T  DE  LA  CONSTRVCTION: 


i\\ 


montée,  pour  leur  donner  le  plein  cintre,  on  en  ferme  le  mi- 
lieu par  des  plafonds  quarrés  ou  à  pans. 

La  plus  pa-fute  Voûte,  c'cft  la  fpherique  ou  en  plein  cin- 
tre, &  quoy  qu'elle  forme  un  hémicycle  concave,  cJIefèfer- 
II   me  de  diverfcs  manières,  comn:ie  en  triangle  ou  en  quarré,  par- 
fait ou  bariong,  ou  à  plulîeurs  pans,  &  demêmequand  elle 
eft  furbaiffée.     Ces  fortes  de  Voûtes  qui  forment  afTez  fou  vent 
la  Coupe  d'un  Dôme,  portent  fur  une  tour  ronde  décorée  d'Ar- 
chitedure,  &  cette  tour  efl  foûcenuë  par  quatre  Pendentifs 
fourches  ou  panaches,  dont  le  plan  de  fond  eft  quatre,  &de 
chaque  angle  d'un  ou  de  deux  points  naiffent  ces  Penden- 
tifs creufcz  en  cul-de  four  qui  terminent  dans  le  haut&  vers 
la  fermeture  de?  quatre  grands  Arcs  qui  portent  le  Dôme.   Les 
affifes  régnent  de  niveau  ,  &  les  joints  de  lit  font  en  coupe 
comme  ceux  d'une  voûte  en  cul-de-four.     C'eftundesplus 
parfiits  &  des  plus  utiles  traits  de  maçonnerie.     On  nom- 
me Voûte  fur  le  noyau,  lorfqu'un  Berceau  règne  à  l'entour 
d'un  piiieren  tout  ou  en  partie,  commeendemi,  ou  en  quart 
de  cercle  fur  fon  plan. 

Entre  tous  les   ouvrages  d'Architedure ,  les   Efcaliers 
font  les  plus  confidérables  à  caufe  de  leur  utilité,  à  laquelle, 
nonobftant  les  fujetions ,  il  faut  joindre  toute  la  grâce  dont 
l'Art  eil  capable  :  le  befoin  qu'on  a  de  la  coupe  dts  pier- 
res pour  leur  conftrudion,  donne  plufieurs  moyens  pour  les 
rendre  agréables ,  furprenans  &  folides  dans  quelque  cage 
qu'ils  foient  renfermés.  On  les  di  vife  généralement  en  grands  &: 
en  petits,  &  ils  font  quarrés ,  oubarlongs,  ronds,  ou  ovales: 
les  quarrés  ou  barlongs  ,  font  ordinairement  à  repos ,  parce 
qu'il  n'ya  rien  de  plus  difforme,  &  de  plus  incommode  que  les 
quartiers  tournans  dans  les  Efcaliers  un  peu  conlîderables;  ils 
font  voûtez  en  lunettes  &  en  arc  de  cloiftre  avec2.ou4. 
noyaux,  &  les  berceaux  en  décentes  furies  rampes.     Les  plus 
beaux  font  fufpendus  enarcdecloiftreàrepos,  &fansrefrauts 
en  leurs  retours. 

Il  y  a  dans  les  grands  Efcaliers  plufieurs  accidens  qui  en 


irlii 


^^^ 


D  E 


LA     Af  /f  r  !  E  R  E 


rendent  la  conllruaion  dithcile,  comme  lorfqu  on  a  peu  de 
Montée  pour  fermer  un  Arc  qui  doit  fouremr  le  grand  Paher 
r communication  qui  reçoit  la  butée  de  la  rampe,  &quil 
y  fut  encore  confetver  àans  le  deffous  des  Lunettes  pour 
fui    que  jour  ou  paiïage,  on  eft  oblige  de  fermer  en  Plate- 
b  nde  bombée  les  Arcs  dans  le  tiers  au  moins  de  leur  etcn- 
Mmp      PourlesEfcaliersrondsouovales,  qu  onnommeavis, 
les  ;ius  beaux  font  à  jour  &  fufpendus  en  l'air  ,  enforte  que 
'eft  un  vuide  à  la  place  du  noyau  ;  ce  qui  non  feulement  les 
end  plus  aifés,  mais  auCTi  far prenans  &  agréables  en  voyant 
duhautenbas.     La  Vis  de  S.  Gilles,  quicftundesplasdiffi- 
riles  traits,  (e  fait  ronde  ou  quarrée.  r  ^      j 

Vmla  le  dénombrement  des  Voûtes  les  plus  ufitees  dans 
les  Baftimens,  &  fur  les  principes  qui  fervent  aies  conltrui- 
e     on  en  peut  établir  une  infinité  d'autres  qui  tiennent  de 
a  nature  de  celles-ci,  &  qui  n'en  différent  que  par  la  fuje- 
on  de  quelque  racordement.     Quant  à  la  conftrudion  de 
èurs  trai  s,  il  faut  voir  les  quatre  principaux  Auteurs  qui  en 
on   traité;  Philbert  de  Lorme  eft  le  premier  qui  ait  ouvert  le 
chemin  à  cette  fciencc  inconnue  aux  Anciens ,  &  qui  l  ait  redui- 
e  pT  ?edes    mais  .1  ne  s'explique  pas  affez  clairement.     Ma- 
huC  Touffe  s'eft  rendu  plus  intelligible  aux  Ouvriers,  & 
1  narnîr  oar  fon  traité  ,  qu'il  eftoit  confommé  dans  la  prat  - 
tr&l  Girard  D^efargues  dont  Abraham  Boffe  a  mis 
les  écri^au  jour ,  il  femble  qu'il  ait  voulu  eftant  bon  Geo- 
mètre,  cacher  la  connoiffance  de  ce  qu'il  enfe.gne  par  fa  ma- 
niere  univerfelle,  &  par  l'affedation  destermesdont,  fefert, 
quinefontpointenufageparmiles  Ouvriers.     Le  m.lkur  de 
?ous,  au  eouftde  ceux  qui  joignent  la  pratique  a  la  Théorie, 
eft  lePereFrancoisDcrandJefuite,  qui  en  a  fait  un  ample  vo. 
lume  avec  tous  les  éclairc.llemens  neceffaires  par  difcours  & 
oar  figures,  auffieft-ce  celui  que  les  Ouvriers  recherchent  le 
nlus    &  on  le  donne  aux  Apprentifs  commele  plus  feur  guide 
pour  parvenir  à  la  connoiffance  de  cette  partie,  qui  n  eft  pas 
h  moins  difficile  de  l'Architeôure  ;  mais  <iuoi  que  ces  livres 


^TDE  LA  CONSTRVCTION, 


24^ 


loient  d'un  grand  fecours ,  les  Apareilleurs  o..c  depuis  peu  trou- 
peau: 3^0:^;^  ^^^  '  —'  paroL./sle7noT 
Ilrelleà  parler  des  Machines  &  des  E'chafaudages,  qui  font 
commelesbrasdelaConftrudion,&dontrEntr?pr  ne\  d^^^^^ 
ftreaumoinsinformé,  s'il  n'eft  pasMachinifte;  parcequ^^e 
ferviced  un  Attcherpublic  ou  particulier,  n'avance  qu'autan 
qu  I  eft  bien  équipé.  Les  plus  fimples  Machines  font  le  Levier 

donrl3batapabeaucoupdeforce;i'L'charpe,quiavecunc.- 
bl    fertàcnleverlesmediocres  fardeaux,  &la  Chèvre  les  plus 
pefantsi  leSinge,  qu.  agit  par  le  moïen  d'un  treuil  à  bras;  les 
Vcrnns,  pour  travailler  par  fous-ccuvre;  &leVindas,  pour 
tirerlesgrosfardeauxqu'onnepeutcharier.  LesautresMachi 
nés,  qui  fervent  auffi  par  le  guindage  à  enlever  les  fardeaux  &- 
qu  on  peut  appeller  compofees ,   font  celles  qui  tournent 
verticalement  avec  une  crapaudine  fur  un  pivot  ou  tounllon 
entefurunarbre  commcIaGrùe  à  tambour,  dontlecolpeut 
eftre  augmente  d  une  ecoperche  :  celle  qu'on  nomme  EnL  , 
quinedifFeredela  impie  Griie  à  tourniquet,  queparfon  fau^ 
conneau;  &  enfin  la  Sonnette  .  avec  laquelle  on  enfonce  iuf- 
qii  au  refus  du  Mouton ,  les  pieux  fou  vent  cercelés  d'un  cercle 
deferenleurcouronne.  ToutescesMachinesfemontent&dé- 
montent  pour  les  ferrer  avec  les  équipages  dans  les  Magazins  & 

Les  plus  difficiles  Machinesfont  les  Hydrauliques,  qui  fer 

ventpourlaconftruaiondesPiles&desCuléesdePont\our 
les  Quais,  Rampar5,  Châteaux  d'eau,Chaufrées,Digucs,  Tetrées 
JouillieresdE  clufe,  Mursdedouve,  &  autres  ouvrages  fon 
dez  dans  1  eau  fur  des  pilotis,  patins,  plateformes,  &raanaux, 
parlemoiendeBaftardcauxrempIisd'uncorroydeterreglaif. 
LesEclufesfefontdediverfesfortes,  comme quarrées,  à  van- 
nés,  a  tambour,  a  éperon,  à  chambre  entre  deux  portes,  &c. 
&iesPertuis,  qui  font  de  moindres  paifages  que  lesEclufes , 
s  ouvrent  &  fe  ferment  avec  des  aiguilles  pofécs  fur  un  feuil ,  & 


H  h 


t44 


VE  LA  MATIER.  ET  DE  LA  CONSTRVCT. 


retenues  par  une  brife.  Les  Pompes  font  de  diverfes  efpeces  8^ 
d'une  grande  utilité  pour  la  décoration  des  Jardins ,  puifqu  elles 
Icrvc-.rtàtirerleseaux  des  Puifars  &  dc^Sources,  &  a  les  ren- 
voyer dansdesRelervoirs,  Regards,  ou  Réceptacles  telles  le 
peuvent  toutes  réduire  à  qustre,  fçavo;ràla  Pompe  Arpirantc, 
àlaSouîevanre,  àla  Refoulante,  &àlaMixte. 

Les  plus  légers  Echafauts,  qu'on  nomme  volans,  ionttaits 
de  do{fes  portées  fur  des  efcoperches ,  baliveaux  &  bouhns  fcel- 
l^zdansdestrous,ouétrefi;ionne7,danslesbayesdeMurs,  ou 

fafpcndus  avec  des  cordes,  &  ils  fervent  pour  ériger  les  murs 
des  moindres  édifices.  Ces  fortes  d'Echafautsfut^lent  pour  por- 
rerenfeuretélesPûfeurs,  Contrepofeurs,  Ficheurs,  &<:.  qui 
reçoivent  des  Louveurs  &  Bardeurs ,  les  pierres  du  pied  du  tas , 
pour  les  mettre  en  place  :  ils  fervent  auffi  aux  Tailleurs  de  pierre, 
pour  ra^réer  les  balévres  des  Façades  de  pierre  de  taille  :  &aux 
Maçon?,  qui  font  les  ravalemens,  avec  les  Maneuvres  qui  les 
fervent.     Les  grands  Echafauts  d'affemblage  ,  qui  portent 
de  fonds,  font  conltru  its  de  pointais  pofez  fur  des  coiiches  ou 
chantiers,  &  contreventcz  avec  des  arcboutans  pour  foutenir  les 
travons  fur  lefquels  pofent  des  Planchers  continus  à  une  hau- 
teur de  plinthe  ou  d'entablement ,  comme  il  a  efte  fait  avec 
une  dépenfe  toute  roiale  dans  la  confiru^ion  de  la  F^Çj'^'^ 
du  Louvre  dont  l'Echafaut  avoit  fa  longueur,  c'elta-dire 
plus  de  90.  toifes.     Les  Etayes  ,  Etançons ,  &  Chevalemens 
carnis  de  leurs  chapeaux  &  couches,  fontcncore  des  elpeces 
d'Echafauts,  qui  fervent  à  étrefillonner,  &  à  étayerdans  les 
rcprifes  &  referions  des  Edifices  dépéris  en  leurs  fondations, 
&  empatemens.  _ 

Voila  une  partie  de  Machines,  dont  la  connoiflance  ell 
abfolument  neceffaire  aux  Architedes,  Ingénieurs,  Entre- 
preneurs, Charpentiers,  Infpecî:eurs,&:mémcauxPiqueurs, 
Tcrrafliers,  &  autres  perfonnes,  qui  font  profefhon  de  F  Art 
de  bâtir. 


'BASTTMT.NS  HE  ^TGAmi^E. 


REMARQUES 

SUR  QUELQUES  BASTIMENS 


JTrés  avoir  fait  connoîftre  l'excellence  de  VArchi- 
■^-'-teBiire  de  Vignole  par  l' explication  de  f es  Ordres 
&  de  quelques  parties  tirées  de  fes  Ouvrages ,  com7ne 
cet  étude  n'efl  utile  par  cofnparaifon  àl'ArchiteBure, 
que  de  même  que  le  de(fein  des  parties  du  corps  humain 
l'eJiàlaTeinture,  &  qtt' il  eftnecejlfaire  pour  parve- 
nir à  laperfe^ion  de  cet  Art  ^déjuger  de  la  compofition 
entière  des  Edifie  es, je  n'ay point  fait  de  difficulté.non- 
obflant  la  petitejfe  de  ce  Volume  de  donner  la  reprefen- 
tation  de  quelques  Bâtimens  entiers  de  Fignole ^afin  de 
faire  connoître  qiCil  avoit  l'idée  aujji grande  pour  l'or- 
donnance générale  de  fes  Edifices ,  qu'il  efioit  corre6î 
dans  le  détail  des  parties  qui  les  compofent^  &  quoy  que 
dans  fa  vie  il f oit  fait  mention  deplufieurs  autres  Ou- 
vrages ,  ils  ne  fe  trouvent  point  dans  les  autres  Edi- 
tions de  f  on  Livre:,  ou  parce  qu'ils  ne  font  pas  afifez 
confiderables  y  ou  qu'ils  font  refiés  imparfaits. 


^î 


titi  ni 


B  A  s  T  I  M  E  N  s 


'DE  U  EG  LIS  E  "DE  S.  ANT>RE 

A    P  0  NT  E-M  OLE. 

C^E  petit  Temple  hm  des  premiers  Ouvrages  de  Vï- 
gnok  ejtjîtue  au  Faubourg  du  Teu^le  auprès  de 
Poate-Mole  à  Rome. 

L'An  1462.  on  envoya  de  Modon  Ville  delà  Morée,  la 
tefte  de  S.  André  au  Pape  Pie  II.  qui  fut  au  devant  avec 
le  Clereé  prés  de  cette  Eglife  pour  la  recevoir  jufqu'à  cet 
endroit,  où  a  efté  depuis  élevé  un  Autel  &  une  Statue  de  mar- 
bre en  l'honneur  de  cet  Apoftre  ,  à  la  même  place  où  repofa 
fa  Relique.     Enfuite  fous  le  Pontificat  du  Pape  Jules  lU.  la 
Confraine  de  la  Trinité  des  Pèlerins  ,  de  qui  dépend  cette 
Eglile ,  la  fit  rebaftir  en  l'eftat  qu'elle  eft.     Vignole  qui  ba- 
ftfiioit  alors  h  Vigne  du  Pape  Jules ,  fut  l'Architefte  de  ce 
petit  Temple  qui  eft  ifolé  &  balH  de  Tevertin  &  de  brique 
fort  proprement  exécuté  ;  fon  plan  eft  quarré-lcngôc  porte 
fur  quatre  pendentifs,  une  Coupe  ovale;  l'Autel  eft  pris  dans 
un  renfoncement.     La  proportion  de  cette  Eglile  par  le  de- 
hors, eft  telle  que  la  Façade  qui  en  fait  toute  la  largeur  ,  elt 
égale  à  la  hauteur  de  l'Ordre  &  du  MalTif  au  deffus  qui  por- 
te la  tour  rondedu  Dôme,  fansy  comprendre  le  Peron.     Et 
cemalTif  a  les  deux  cinquièmes  de  l'Ordre,  &  la  Tour  ronde 
eft  prefqu'aulTi  haute  que  le  malTif  qui  luy  fert  de  bafe.     Le 
Dôme  fort  lurbailfé,  eft  porté  fur  5.  degrez,  comme  1  s  en 
voit  au  P.ntheon.     Les  Pilaftres  font  d'Ordre  Corinthien , 
dont  l'Entablement  a  le  cinquième  de  la  hauteur.     Le  profil 
de  U  Corniche  eft  fort  fimple  fans  modillons  m  denticules, 
'    &leFronton  eft  d'une  belle  proportion,  deforte  que  letout 
eft  a(rez  bien  enfemble.     Les  feneftres  font  de  beaucoup  trop 
étroitesfur leur h.iuteur&  fermées  au  lieu  d'une platebande en 
coquille  de  niche. 


i>£    FIGNOLE. 


q)ET)ANS  'DE  L'EGLISE  'DE  S.  AND  RE. 

Le  dedans  de  cette  Eglife  eft  décoré  d'un  Ordre  de  pareille 
efoece  &  hauteur  que  ctlui  du  dehors  ,  &  dans  ks  angles^  le 
Pi'laftre  eft  pUé  en  retour  de  fa  moitié  .  n'ay-int  qu  un  Ar- 
chitrave de  prés  de  i.  modules  pour  Entab  cment.     Le  refte  de 
rArclutcaure  eft  fort  fimple,  &neconl,ftequ'enravalemens 
&    impofte  de  celui  du  milieu  eft  mutUe.     L^  renfonce- 
ment ePt  ouvert  par  une  arcade  qui  a  dehauteurplusdudou- 
Se  fa  largeur.     La  Corniche  du  couronnement  desPen- 
demiïse    Corinthienne  «.  au  niveau  de  celle  du  Maffif  de 
U  Tour  ronde  du  dehors.     L'enfoncement  de  la  coupe  ou 
cul-de-.^our ,  eft  picfque  en  plein  entre  fur  l/.long»™rae 
rovale     &c  fait  environ  le  tiers  depuis  le  pave  jufques  a  la 
def  de'  la  voûte.  Ce  lieu,  quoi  que  petit    n'eft  éclaire  que 
nar  une  médiocre  croifée.  qui  paro.ft  par  le  prohl,  car    es 
S-nx  oetites  du  Poitail  ne  donnent  pas  beaucoup  de  lu- 
mière'^Tparoift  par  ce  profil  que  ce  Temple  eft  fondé  dans 

%tut';:marq;er  à  ce  fuiet  lorfque  le  Plan  ou  laCoupe 
d'une  Eelife  eft  ovale,  qu'il  eft  plus  à  propos  d  entrer  par 
Fa  point!  comme  à  celles  de  faint  Jacques  des  Incurables 
dans    e  Cours,  &  de  Saint  Charles  aux  Quatre  fontaines 
àRome  (qui  eft  du  deffein  du  Cavalier  Borom.ni)  que- 
padecofté     ainli  que  l'a  pratiqué leCavalierBernin  al  Egl.fe 
5e  S.  André  du  Noviciat  des  Pères  Jefu.tes  à  Monte- Ca- 
vallo,  parce  qu'en  entrant  la  vue  refte  plus  fat.sfaite ,  le 
Ueu  pa?o.irant  de  plus  belle  proportion;  ce  qu.  fe  doit  auffi 
entendre  des  Veftîbules  &  Salons,  comme  ceux  de  Vaux 
&  de  Rincy.  * 


DE    f^  I  G  N  0  L  B: 


^49 


II 


B  ji  ST  I  M  E  N  s 


DE  L'EGLISE  DU  GRAND  JESUS 
A    ROME. 

c^£'Ay  rapporté  dans  la  vie  de  Vignole,  qu'ejîantpre- 
T  Jnu  de  la  mort.  Un' éleva  cette  Egltfe  quejufques 
au-defTus  de  l'Entablement  du  grand  Ordre  de  dedans, 
&auelacquesde  la  Torte l'acheva.  Ceft pourquoy 
elle  ne  le  trouve  point  dans  aucune  des  Editions  dejon 
livre.  Cependant  faurot^  crû  faire  tort  afamemone 
après  J^ avoir  mejurée  &  dejfinée  dans  Rome,  de  la 
fupprimer,  cet  Ouvrage  eftant  un  des  plus  conjidera- 
bles  quirejlent decet  Archite6fe, 

LAn   i^<$8.  le  Cardinal  Alexandre  Farnéfe  commença 
cette  Eglife  de  la  maifon  Profefle  des  PP.  Jefuites  far 
une  place  qui  fat  acqaife  pour  ce  fujet  du  vivant  de  faint 
Tenace.     Le  Portail  eft  fur  la  Place  des  Altieri  entre  le  Cours 
&  le  Capitule.     La  Maifon  n'a  efté  achevée  qu'au  commen- 
cernent 'de  ce  fiecle  par  le  Cardinal  Odoard  Farn^^fe.     La 
longueur  dans  œuvre  de  cette  Eglife  eft  de  ^6.  toifes ,  lalar- 
peur  delà  croifée  eft  de  dix  fept  toifes  ;  celle  delaNefde  8. 
Foifes  5.  pieds  ;  les  Arcs  doubleaux  qui  portent  la  Coupe 
ont  7.  toifes  4.  pieds;  le  diamètre  de  a  coupeeftdeS.toife 
&:dtmie,  &celuide  la  lanterne  de  8.  pieds.     LegrandOrdre 
compofite  qui  règne  au  pourtour  de  l'Eglife  eft  de  même 
prZrtion?  &  les  profils  en  font  femblables  à  celui  du  livre 
ie  Vienole.     lia  rroi^  pieds  onze  pouces  de  diamètre,  &hut 
toifes  de  hauteur,  compris  fon  entablement  qui  en  elt  la 
quatrième  partie.     La  hauteur  fous  clef  de  la  voûte  eft  de 
prés  de  quinze  toifes  ;  ce  qui  eft  en  proportion  a  la  largeur 
ie  la  Nef  une  fois  &  trois  quarts.     Depuisle  pavedel  Eghle 
jufques  à  l'ouverture  de  la  lanterne,  il  y  a  vingt-fept  toiles 


PLAN    DE  LEGl-lSE    DU    S.  NOM  DE     IZSVS    AROMI^ 


i5 


■^  ^    y  I  G  N  0 


L  E. 


Mï 


yat^enee.troistofeŒl""^"'^  ^ufon:metdelacroix,  ,1 

en  for  e  que  les  alëttes  dT„  V  '"  *?"'  ""  P'"  '^P  ^'"-"i" 
ffre.;      x^  ]■  T  1-     ,         Piedroits  des  Arcades  reftent  mai 

trepil^du'DTmë&rSiventCrc^drM"^"™''".''"^- 
enrctourdansquatrepcmsZ  d^r  "^'T'^,'/'™'"^'" 
la  bafe  paroilTent  mS7  .1'  "^^ '?"'=  <1"« '"=  chapiteau  & 

donne/^oins  deS^^Jêa^x^pë^dnliaVou'e''^ 
a  vv^upc.     »_ecrc  aecoration  de  di  lers  a  pft«  tr-^\fA^  a 
mamere  à  TEglife  de  S.Louis*^     PP    T;rSës  df,      '■' 
S.  Antoine  ,  mais  elle  fe  rmt,„.  l        '  J^""="  °«  'a  rue 
modeeauxÈcIifesdeS  rln.ï    n,   '"'?"P  ""''"^  ''^^°"- 
Sorbonne  à  P  ris    n^l'^fl'  Horentms  à  Rome ,  &  de  la 

demi.di"metrf  &^ccouplé    :ec"f"  "^^  f  P."^'^^'"-   i 
lesbafesa^IeschapiteauxTetoX  :  /„^in  it^^^^^^^ 
Ïrrt  dt  Sefr  '  ^^"  '  P'-  "^  S--;ânt  de  t 

com^oSrafcVt^^rn-efteVr^  '^  'T'  ''  ?"'«- 

«rm^  rrptt  ^-  '^'"-  AueT  et  bief™':; 

ches  aveVde^fc'u'i^.rfc^tTV'"""^  '  "  ^  ^  ''"  "'■- 
l'Architeâurf      r,      î"'.'""  <>«  lue  comme  lerefte  de 

pen^'ctme to  sTeral';   D°"''^ eftdebnquefanschar- 
niatiereDourI,\-^nn    i-       j     °"'"''c  Rome;  Et  cette 

"ldelmcend.e,  que  parce  que  le  «cordement  de  la  déco- 


25i 


Bu^sriMENS 


ra'  ion  dudehors  avec  celle  du  dedans  ie  fait  avec  plus  de  hciluc. 
Quant  à  la  décoration  extérieure  de  ce  Dôme  ,  elle  n'a  nulle 
crace;  la  Tour  en  eft  trop  baffe  pour  fon  plan,  &  ne  .embjc 
norterqucfurlecomble;  leslucarnesen  font  trop  limples ,  le 
contourduDômeeftécrafé,  &  fa  figure  odogone  eft  moms 

b  :11e  que  la  ronde. 

Comme  les  Dômes  font  les  plus  magmfiques  ornemens 
dont  on  pui(fe  terminer  les  Egliles  ,    il  But  qu  ils  foient 
bien  proportionnez  ,  &  qu'autant  qu'ils  paroilTent  iurpre- 
n,ins  au-dedans,  &  fc  foûtenir  en  l'air,  jls  fem^^^'^t  ^^^^^^ 
par  le  dehors  porter  de  fond  &  fur  un  maQif  fuRirûnc,  com- 
me fur  un  zocle  quarré  où  vont  terminer  les  combles,  en- 
fuite  fur  un  autre  malfif  à  pans ,  &  enfin  fur  un  rond  qui 
fertdebafeàhTour.     Li  hauteur  de  l'Ordre  dépend  en  pa,-- 
tiedelagrandeurdudiametreduDôme.  en  ce  que  plus  ilelt 
srand,  plus  l'Ordre  femble  petit.     Mais  fi  le  diamètre  du  Do- 
meeftexceffif,  cette  règle  n'a  plus  de  lieu  :  parcequeh  (par 
e-iemple)  l'Ordre  de  la  Tour  du  DômedeS.Pierreavoitmel- 
meproportion  à  fon  diamètre  extérieur  ,  que  celui  du  Yal-de- 
Grice  l'a  aufien  ;  commecelui  dudernier  a  trente-un  pieds, 
quieftprésdehmoKié  de  dix  toifes^:  demie  qu'il  a  de  diame- 
tre  extérieur,  il  faudroit  que  l'Ordre  de  celuy  de  S.  Pierre  au 
lieu  de  fepttoifes  &  demie  qu'il  a  ,  en  euft  treize,  quieltla 
moitié  de  vinot-fix  qu'il  a  de   diamètre   extérieur  ,    &  il 
feroit  alors  d'une  pefantcur  &  d'une  proportion  a  ne  pouvoir 

fubfifter.  j  M        K 

Si  la  belle  décoration  rend  les  Dômes  recommandables ,  la 
grandeur  du  diamètre  intérieur  n'eft  pas  un  moindre  avan- 
tage.  Un  des  premiers  &  des  plus  grands  qui  ait  efte  hit , 
eft  celui  de  fainte  Sophie  à  Conftanrinople  ,  qui  a  dix- huit 
toifes  de  diamètre,  ceux  de  S.Marc  à  Venife,  deS.Antomc 
à  Padouë,  &  ceux  de  Milan  &  de  Pife  font  encore  allez 
<.rands,  mais  la  proportion  n'en  eft  nullement  belle  ;_  ilsiont 
fort  mal  éclairez  ,  &  leur  décoration  tient  de  la  manière  î^o- 
thique.     Bien  que  Michel- Ange  n'ait  pas  invente  les  Dômes 


a52 


T>  E     ri  G  N  O  L  E. 


M5 


dont  le  merveilleux  confîfte  à  porter  fur  les  quatre  Arcs  dou- 
bleaux  de  la  cioifte  d'une  Hglife  ,  &  dont  le  pian  circulaire 
racheté  quatre  pendentifs,  il  cfi:  le  premier  qui  lésa  frcu  déco- 
rer ^  ce  qui  paroift  à  celuy  de  S.  Pierre,  qui  outre  qu'il  eft  le 
plusgrand  qui  ait  erté  fait ,  ayant  vingt-deux  toifcs  &  demie  de 
diamètre  dans  œuvre ,  il  eA  orné  des  plus  riches  ordres  de  l' Ar- 
chite(fture,  d'un  contour trcs-agrcable  &:  lerminéparunelan- 
terne  bien  proportionnée.  Par'  là  on  peut  juger  delà  beauté 
des  penlées  d'un  auffi  grand  perfonnage  que  Michel- Ange, 
puifquclong  temps  après  fa  mort  Jacques  de  la  Porte  afiic^ce 
Oome  fur  Ton  modèle  fous  le  Pontificat  de  Sixte  V. 

Quoique  le  Dôme  de  ITglife  de  l'Hôtel  Royal  des  Invalides 
à  Pans  foit  inférieur  en  grandeur  à  ceux  de  fainte  Sophie  &  de 
/amtPierre,  n'ayant quedouzetoifes  &demiedansceuvre,  il 
les  égale  néanmoins  en  magnificence.  Il  n'y  a  rien  de  mieux 
traité  que  fa  décoration,  tant  intérieure,  qu'extérieure.  Le 
piédeftal,  Tordre,  l'attique,  la  baluflrade&  les  autres  parties 
qui  portent  la  coupole,  fontpar  retraites  &  empatemens  ;  au- 
cun corps  ne  nuit  à  l'autre,  &  toutes  les  parties  pargradation 
tendent  à  la  figure  pyramidale  qui  donne  lagrace&lalegerct^ 
aux  Dômes.  MonfieurManfartquieneftl'ArchiteAe,  s'eft 
eflorcé  de  répondre  en  cette  occafion  à  la  pieté  &  à  Jamaenifi- 
cenceduRoy. 

J'ay  bien  voulu  donnerenpalTant  quelque  idéedelacompo- 
htion  des  Dômes,  afin  de  faire  connoiftre  en  quoi  confifte  leur 
beauté.^  Mais  pour  revenir  aTEglife  du  grand  Jefus,  j'en  ay 
'upnmé  le  Portail ,  quoy  qu'il  fe  trouve  dans  ouelquesEdi- 
rions,  parcequ'iln'eftpasde  Vignole,  mais  de'jacquesdela 
Porte,  &  qu'il  ne  répond  nullement  à  la  beauté  &  au  bon  goût 
del'ArchiteauredecetteEglife.Ce  qui  le  peu t rendre confide- 
rable ,  c'cft  qu'il  eft  exécuté  fort  proprement  de  pierre  de  Te- 
vertin.  ^         • 


L 1  lij 


B  j4  ST  I  M  -E  N  s 


DE  LA  VIGNE  DU  PAPE  JULES, 
A    ROME. 

n  Uoique  ce  Baftiment  {l'un  des  premiers  que  Vignole 
"^  ait  fait  à  Rome)  nejoitpas  d'une  manière  aufficor- 
retîe  que  celle  qu'on  remarque  dans  je  s  autres  Ouvra- 
ges 5  toutefois  comme  il  y  a  du  bongoîï  t  dans  fa  difpo- 
fttton  5  faycrû  qu'il  71e  ferait  pas  def avantageux  à 
cet  Archite^e  de  le  rapporter  en  cet  endroit. 

CEt  Edifice  fert  d'entrée  à  la  Vigne  du  Pape  Jules  au  Fau- 
bourg du  Peuple  prés  de  Ponte-Mole  à  Rome.  Le  princi- 
pal Pilais  de  cette  maifon  de  campagne  eft  fur  un  coteau  qui  eft 
le  commencement  du  mont  Ptncio.  Il  eft  en  partie  du  deflfein 
de  Georges  Vazari.  Celui- cy  avec  quelques  bâtimens  en  aile 
forme  une  avant-cour  dont  le  plan  n'eft  pasconfiderable  ,  & 
n'eft  diftribué  que  pour  quelques  neceffitez  d'une  maifon  rufti- 
que ,  le  tout  à  prefen  t  eft  fort  mal  en  ordre. 

Toutes  les  faillies  de  l'Architefture  de  cette  Façade  font  de 
pierre  de  Peperin ,  &  les  murs  de  maçonnerie  avec  un  crefpi. 
Le  corps  de  logis  eft  fimple  ,  ayant  un  Portique  au-dedans. 
I  La  décoration  du  dehors  confifte  en  un  ordre  Tofcan  orné 
de  boflages  avec  un  avant-corps  de  deux  pilaftres  &  de  deux 
colonnes  engagées  d'un  quart  de  leur  diamètre  dans  le  mur. 
Les  boiïages  ont  moins  d'un  module  de  hauteur,  &  neré- 
gnent  point  au  droit  de  l'impofte  qui  eft  commun  pour.la 
grande  porte  &  pour  les  niches;  ce  qui  interrompt  le  con- 
tour du  fuft  de  la  colonne.  Les  chambranles  des  croi  fées  avec 
des  boflages  font  trop  étroits,  &  les  boflages ne  conviennent 
point  en  cet  endroit ,  mais  plûtoft  aux  encognures  :  il  faut 


remarquer  que  1  ufage  que  l'on  fait  de  cet  ornement  eftplûtoft 
fondefurl  habitude  d'en  voir,  que  fur  quelque  raifon  valable, 
puifqu  il  n  eft  propre  qu'aux  Baftimens  ruftiques  qui  doivent 
^bler,  n  avoir  pas  été  faits  avec  toute  b  propreté  que  la  con- 
Itrudion  demande  ,  puis  qu'en  foy  le  bolTage  ou  la  pierre  de 
Refend  eft  pjutoft  un  défaut  qu'un  ornement  dans  une  Façade 
parcequ'ilfaitparoiftrelesjointsplus^randsqu'ilsnelefontef- 
fedtivement,  &labeautéd'un  Baftimenrconfifte à lailTer dou- 
ter, lors  qu'il  eft  bien  appareillé,  s'il  eft  fait  d'une  feule  pierre. 
Lespilaftres  angulaires  Ci  éloignez  de  l'avant-corps  du  milieu, 
fomdifpofezd'unemanieremefquine&rqui  tient  encorede  cel- 
le de  plufieurs  Palais  de  Rome,  &  particulièrement  de  celui  de 
h  Chancellerie,  où  l'Entablement  auOi  retourné  fur  chaque 
pilaftre  forme  un  avant-corps  trop  étroit  ;  l'Ordre  au  deiTus  eft 
Corinthien ,  avec  des  pilaftres  feulement  ;  fon  Entablement 
a  vec  des  confoles  qui  couronne  la  façade  eft  imité  du  quatrième 
ordre  du  Colifée  que  Serlio  donne  à  fon  Corapofite.     Toutes 
les  portes,  feneftres&  niches  font  bien  proportionnées  :  mais 
les  croifées  du  premier  étage  font  mal  décorées;  leschambran- 
les,  lesconfoles&lesmontans en  font  trop  étroits,  l'adoucir. 
fement  au  deflfus  de  la  corniche  eneftpefant,  &  le  couronne- 
ment de  mauvais  goûr,  ainfi  que  le  cartouche  dans  la  table  d'a- 
puy.     Les  fouches  des  cheminées  font  beaucoup  trop  hautes 
au-de(îus  du  faifte ,  &  les  chapiteaux  qui  les  couvrent  pour  em- 
pêcher que  le  vent  ne  faiTe  rentrer  la  fumée  ,  font  d'un  pauvre 
d-fTein.    L'Embafement  de  toute  la  façade  eft  un  fiege  conti- 
nué en  toute  l'étendue;  il  eft  orné  d'un  profil  prefquefembla- 
ble  à  celuy  qui  eft  en  pareil  endroit  au  Palais Farnéfe.     Enfin 
quoiquelcspartiesdecet édifice prifesfeparément  ne  foientpas 
d'unegrandecorredion,  le  tout  enfembleréùflTitaflTez  bien,  <^ 
particuheremenil'avant-corps  du  milieu  qui  eft  d'une  élégante 
proportion. 


^.  B  A  ST  I  M  E  N  s 


DUCHASTEAU  DE  CAPRAROLE, 
DANS  LE  PATRIMOINE  DE  S.  PIERRE. 

JZignole  ayant  terminé  le  cour  s  de  fa  vie  en  ache- 
^  vaut  cet  Ouvrage^  je  l'aj  refervé  aujfi  pour  le 
dernier  de  fon  livre\&  comme  ileft  leplm  conjiderable 
qu'Hait  bâti ,  fay  tâché  d'en  donner  la  reprefentation 
autant  exacte  &  intelligible^  que  la  grandeur  de  ce 
volume  me  l'a  pu  permettre. 

LA  fituation  extraordinaire  de  l'endroit  où  efl  bafti  le 
Château  de Caprarole,  àvingt-iîx  milles  de  Rome,  prés 
de  Viterbe,  engagea  le  Cardinal  Alexandre  Farnéfe  à  fai- 
re une  dépcnfe  aulTi  confiderable  que  celle-cy,  &  donna  lieu 
à  Vi^^nole  d'employer  toute  la  force  de  fon  génie  pour  con- 
ft  ruiVe  un  Edifice  autant  admirable  dans  la  compofition  de  tou- 
te fa  malTe,  qu'il  eft  bien  pratique  dans  le  détail  de  fes  parties. 
Ce  Palais  eft  bafti  fur  une  colline  environée  de  précipices  &  de 
rochers ,  qui  font  renfermez  par  d'autres  montagnes  à  l'en- 
tour  plus  hautes  que  la  colline  ;  de  forte  qu'en  y  arrivant  par 
une  vallée  oii  vient  terminer  la  principale  avenue  ,  on  refte 
étonné  de  la  fcenefurprenante  qui  prefente  un  fi  fuperbeBaiU- 
ment  dans  un  lieu  fi  foluaire.     La  beauté  de  cette  lituation  eft 
beaucoup  augmentée  par  les  differens  rezde-chauftées  racor- 
dées  par  des  chûtes  de  Perons&deTerraffes  qui  montent  juf- 
ques  au  plus  haut  du  Jardin,  qui  fe  termine  à  la  cime  de  la 
montagne. 

La  nature  du  terrain  eft  un  Tuf  fort  dur,  dans  lequel  on  a 
raillé  toutes  les  commoditez  qui  font  voûtées  ailleurs  par  ar- 
tifice. Les  deux  b:ftimens  des  baffe-cours  des  cotez  font  beau- 
coup plus  bas  que  le  rez-de-chauffée  du  Château ,  &  ne 


iont 


m 


<r^M 


^T-pjiicBa. 


tpCi 


cur/,., 


^4u.ti'e pareil baJtimcnt  /'.' 

^    Cimrs  deces  hasttmtAj  dont 
la  ClcJtzu-e  ejtjbndêe,  Juf  U-t 

S-  Escalurs  £a  rampcdimce  pc 

montxrsur  IcLjrande  Pla^f 

S.  Stutt  des  imJmeJ  £jcalicrA 


y.Tcri 


Uj  JTvjjcj 

Ure pardcJ  mcAiJ-j  m- 

acccj^ihles  . 
8.  Chcmtii  dificiU  a.   mcnUr . 

diuiu^l  enjuite  (m.déc£nti  a 

Vtierùe  . 
_y.  Sscalicr  cnferacJuyaUye< 

dejre^  rampons 

1  PaliCf  jcnu  Usftut  est  U  peu 
jai!ip<niraJ/irau.-c  CiUerc^ 
e^carcs  t^Us  dAJuU  Tuf. 

X.  ô-ratuicTlacc  parec  de  bn 

j.RiSCrycirs  des  awx  de  /."n 
4.  &randPeriSTLendcux  ram 
y  TaluTj^U^Ml 

Taias  du  l'oJse 
S  JPer^ncyaU  dent  la  mcUte 
des  devrez,  ejt  ensatUieet  Ua 

U  cnrrea  du.  cAâtxau.  - 
■  8  Pajsa^c  seryant  di  Portujue 

sur  U^uelcst  la,£TraruU  lo^t 

du  premier  6/ta^e    . 
ip   Ccitr  ronde  dent  les  jcvpt 

rati.xjrdîes  ec/aircit  un  luu 

destine  pour  une  Cuterne  en 

l'ùtage  des  Qffïcej  - 
\o.For^uecircuiaire  qui  n^'f 
pas  YtJlemesit  aupranf^éj  tatf  e 


Oflu 


M  ElcaUcr 

z.  chambre  ronJe-rui-  la^uillc 
est  ta  Cha^etU 
13   Pcntv  Clmmtrc  .j„r  laquIU- 

eL-Sacrulu 
T.4.  Appartement  ?  (jte 
'■S-^^lt-'CceiTumuu.  ent£ifa^i    1 
t  .lupUs  Uut  Ju  cU ,[ 

"  ~ipparteme,it..J/,y,.^r  . 

■I  Estut'c  pi^r  Itj  btuu 

S  Fourneau   p,,,rrùn,y,  , 

0  M,JC,lllcy  a  yudefimdaiiit 

duit  depuis  leboj  esta^e  di, 

O0e^_'us^u.:ui  Behederc 

^O.'EjCnliers  a-yu  ^ux  mimUnt 

puis  U  re=.  de  chaussée    de  U 

Ccrurriisijuesauj-^.esfnje  du. 

Palais.  Us  autres  petites  ru. 

mantznt  tju  au-x  6ntresoUes 

Bctlion  au  haut  duquel  es 

le  Bclycderc  >jiu  donne  un  t 

omet  a  cAaifue  estaae .  otm 

pare  L  appartement  d'ùte  9 

ycc  celui  dhyytr  . 

Petites  pièces  aveà  des  éiUré 

solles.s.nij  les  Ter, 

j^    PimtS .  ijutse  éatssentpintrp, 
ser  du-premier  estaae  aux  Ja 

Ternisse .  qm  rc.7ne  a  fenUm 
destvsse::.  .        "' 
P^SSc'ZSCCS.t^dlc^  dan.^U 
Tuf 
^S  Terrasses  .sous  (esi]ucl(esse 
les  passaj  e-f  poi 

f  7  Voiliers  de  rampe  dousx  pù\ 
des  Terrasses  j^    a> 
larduis 
Zaniins .de  4.   Parterres n 

j^  P^te  Place  rondc.payèe  p^ 

desUu.x.  d'eau 
40  LaTantaine  du  Bercer . 


Il 


mmtÊÊBmmm 


tiers  a.  ris  qui  mcntet 
c  rez-  de  chaussée  de 
iisques  aiL^"^.  estaxfe  t 
f  ,  les  autres  petites  n 
mt  au  'aux:  antres o LU 
OTL .  aw  haut  duquel 
h'edere  ■  qut  demnc  ta 
a  chaque  estetae  ,  qu 
l'dppartement  déiste 
?/ui  d  hiver  . 
es  pièces  ayec  des  Sn 
.  s  crus  les  7^crrcissec<- 
7ns  ■ 

S ,  quvse  baissent  poux 
premier  es  taae  aujc 


^-f-f/"  aui  reqne  a 


len, 


I— M— — J^ 

ioi>t 


T>  E    r  I  G  N  O  L  -E, 


Î7 


I 


lontpas  parallèles  à  la  ligne  du  milieu,  parce  qu'elles  font 
ferrées  par  des  rochers  inaccelTibles.     La  figure  pentagone 
du  Palais,  repond avantageufement  par  chique  face  à  tout  ce 
qu'il  regarde ,  &  ks  Baftions  qui  flanquent  les  courtines 
avec  les  follez ,  luy  donnent  un  certain  air  de  grandeur  q  ui  ne  fe 
trouve  point  en  quelque  Château  que  ce  foir,  ce  qui  pro 
vient  de  l'union  &  du  raport  qu'ont  enfcmble  cespanies 
de  l'Architedure  militaire  avec  les  ornemens  delà  Civile  ,  & 
les  grands  efpaccs  marqués  54.  qui  leftent  en  terraflfe  de- 
puis la  contre/carpe  du  foiïéjurques  à   la  clôture,  &  qui 
lent  dtftinés  pour  quelques  parterres  &  jeux  d'eau  artifi- 
ciels  ,  étant  achevés ,  enrichiroicnt  beaucoup  la  veuë  de^ 
étages  de  deflus.     Les  Jardins  font  ornés  de  terraffes.  Porti- 
ques &  Fontaines,  &  particulièrement  d'une  GroteSatyrique, 
ou  la  nature  cft  imitée  avec  beaucoup  d'artifice,  &  dont 
le  Han  n'a  pu  entrer  dans  cette  planche.     Les  Parterres  (ont 
prefque   au   niveau  du  premier  étage  ,   n'étant  qu'un  pied 
plus  bas  que  les  terraiïes  des  Baftions,  &  les  Ponts  pour 
ydefcendre,  s'abbattent  en  bafcule.     llyaàchaque  bout  de 
ces  Ponts  deux  grandes  Statues  pofées  fur  des  piedeftaux  au  ni- 
veau delà  baluftrade. 

».'uanc  au  Château,  la  Cour  en  eft  petite,  n'a)^3nt  que  u. 
toifes  de  diamètre,  ce  que  les  Italiens  afFedent  pour  don- 
ner de  la  fraifcheur  au  dedans.     Elle  eft  fupportable  de  cette 
grandeur,  lebaftimcntn'aiantque  deux  étages,  dautant  qu'el- 
le ne  fert  qu'à  éclairer  deux  Portiques  circulaires  l'un  fur  l'autre 
de  ii.picdsunquartdclarge.     Le  grand  Efcaîier  à  vismontc 
depuis   le   bas   étage  jofques   aux  plus  hauts  appartemcns 
du  troifiéme ,  par  quatre  Ordres  de  colonnes  qui  en  foûtiennent 
la  rampe ,  les  premières  font  Doriques  &  les  autres  Ioni- 
ques ,  Corinthiennes  &  Compofites.     Il  s'en  voit  un  de  pa- 
reille ftrudure  avec  Af^  colonnes  doriques  dans   le  Palai' 
Borghefe  i  Rome.     Toute  l'étendue duPlan  n'eft  diftribuée 
qu'en  deux  grands  appartemcns  avec  toutes  leurs  commodi- 
rez,  la  Chapelle   &  la  grande  Loge  font  au  premier  étage. 


K  k 


S 


BASTIMENS 


Le  r:  fte  s'explique  afifez  par  les  renvois  de  la  Table  qui  eft  à  cofté 
du  Plan. 

Les  Charrois  peuvent  monter  parles  rnmpesdu  fer  achevai, 
&  parlesrampes  5.  &  6.  &  les  chevaux  feulement  par  le  grand 
Peron  14.  &parlesrampes  57.  Orcommeunedes  principales 
beautez  de  cette  Maifon  confifte  dans  la  manière  dont  les 
petites  &  les  chûtes  y  font  traittées;  pourrendre  le  Plan  in  tel  îi- 
î^ible ,  les  lettres  y  marquent  les  difFérens  rez-de-chaufTée.  Ain- 
(ï  A.  oii  finit  l'avenue,  eft  plus  bas  que  B.  de  2  r.  pieds  qu'il 
faut  monter  par  le  fer  à  cheval,  &  B.  plus  bas  que  C.  de  4. 
pieds  8.  pouces  qui  eft  la  pente  de  la  grande  place  marquée  i  z .  & 
C.  eft  plus  bas  que  D.  de  21.  pieds  qu'il  faut  monterparle 
grand  Perron,  &  D.  rez-de-chaufteedesTerradesàrentourdu 
foiïé  eft  plus  bas  de  21.  pouces  que  E.  derez-de-chaufleedela 
Cour  du  Château,  &  E.  un  peu  plus  élevé  que  les  Parterres, 
eftplushautque  D.  de  26.  pieds  &  4  pouces,  &  G.  oùl'on 
monte  par  des  efcaliers  plus  loin  qui  ne  peuvent  pas  tenir  dans 
cette  planche ,  eft  plus  haut  que  F.  de  22.  pieds  4.  pouces  ;  ain- 
fi  G  eftplushautque  A  de  95.  pieds,  &  le  refte  de  la  pro- 
fondeur du  Jardin  fuit  la  pente  de  la  Montagne,  &  c'eft  de  ce 
point  de  veuë  que  par  un  contraire  effetàceluiquiparoîteny 
arrivant,  on  voit  ce  bâtiment  en  contrebas  del'endroit  G  qui 
eft  prefque  de  niveau  avcclcfaifte  des  Combles. 


::: 


ELEVATION  ET  COUPE  cSCE^^OGRAEl 


Tlan-  Mtres.  ^e  cKa, 

Plan  du  pr'emtcr  ent  heléi  ta/jc 
C    Ccrrutcr 
UE  Sjtn^r  quarre 
F  Chambra  <-«  ani. 

H  Bemi  cûmiies  fn 
I  PiTte  d^l^taçc. 

m*«    Y 
R  &randp£i 
I. .  Pc^Tcn  araii 
M  Hastiens  . 


T)  r    ri  G  N  0  L  E, 


ELEVATION  T>U  CHASTE  AU  T^E 
CAPRAROLE. 

P  Our  fe  faire  une   idée  de   la  décoration  de  ce  Châ- 
teau ,  on  doitfuppoferquelahauteurduTalut  fuffic  pour 
un  Ordre  Tofcan,  &  que  le  Dorique  de  la  Porte  pourroit 
régner   a   l'entour  des   BalHons   &:   du   foubaffement    de 
1  Ionique  qui  porte  le  Corinthien.  L'érage  des  offices  efl  échi- 
re  par  des  Abajours  qui  ont  leurs  glacis  en  dehors.  Les 
iiollages  qui  font  entre  les  Baftions  font  bien  partagés ,  comme 
on  le  peut  voir  à  la  grande  Porte  dorique  qui  eft  ci-devant 
raportee  page  127.     Les  autres  ordres  en  font  fort  réguliers, 
&  au-defTus  des  terrafTes  des  Baftions,  de  petits  corps  ornés 
de  bolTages  aux  Angles  du  Baftimeiît,  flanquent  mieux  les 
façades  que  des  pilaftres  angulaires ,  dont  le  plan  feroit  en 
angle  obtus.     L'entablement  avec  confoles  &  métopes  eft 
prefque  femblable  à  celui  de  couronnement  de  la  page  115. 
&  convient  fort  à  propos  pour  couronner  toute  la  maffe  de 
l'Edifice,  ainfi  que  la  baluftrade  pour  le  terminer  :  A  cha- 
que angle  de  cette  baluftrade  font  les  armes  du  Cardinal  Far- 
néfe.     Pour  le  dedans  il  feroit  difficile  de  mieux  faire.     Des 
pierres  de  refend  ornent  le  foubaffement  qui  porte  un  or- 
drede  colonnes  Ioniques  engagées  du  quart  de  leur  diamètre, 
&  la  difpofition  du  Plan  circulaire  de  l'un  &  de  l'autre  éta- 
ge eft  fort  riche.     On  ne  peut  voir  les  combles  du  dedans 
de  la  Cour.     Ils  font  difpofésid'une  manière  que  toutes  les  eaux 
fe  viennent  rendre  dans  un  canal  qui  les  conduit  dans  des  tuyaux 
de  defcente,  de  forte  que  les  Façades  du  dedans  &  du  dehors  ne 
peuvent  eftre  endommagées  de  l'eau  par  égoutsny  par goutie- 
res,  •&  le  Corridor  de  l'étage  des  galetas  eft  ingenieufement 
éclairé. 

Quoi  que  ce  baftiment  ne  foit  pas  d'une  grande  étendue, 
les  parties  en  font  fi  bien  groupées,  qu'il  renferme  beaucoup 


Kk 


î6o 


s-^r^re':::-nfd^^^^^^^^^^ 

-•  P'^'^'* ,  u        '  ^.  l' Architedure  oui  rend  cette  Maifon  in- 

fuftres  ,  &  les  alliances  de  '^  M«fc"Jarn^_  e  ^  ^^^ 
chambresontleursnoms       sun    fon^^^^^^^^        ^  ^^^  ^^^(.^_^^ 

"""'  :  tdeta;stt^bus     ec  des  h.ftoires  convenables 
accompagnées  de  leurs  aKuuuî  fameux 

auxfu/etrquifurentordonnespar  Ann.bal  Ca«.  l^»e 

peimire,  queles Anceiuou         ,    •        .  .j^^maanihcence. 
tient ,  y  ont  laillé  un  monument  glorieux  ûe  icur  mag 


DE    MICHE  L'A  N  G  E, 

PREFACE 

SUR  LA  VIE  &  SUR  LES  OUVRAGES 
DE     MICHEL-ANGE. 

JE  rapOTt  qiCily  a  entre  les  Ouvrages  d'Architec- 
^-^ture  de  Michel- Ange  &  ceux  de  Vtgnole ,  fait  que 
dansplufieurs  Editions  on  voit  des  dejfeins  de  ces  deux 
Archite£les joints  enfe?nble  >  c'eft  dans  cet  ef prit  que 
fay  crû  eftre  obligé  de  donner  au  public  quelques  Bafti- 
mens  de  Michel- Ange  avec  des  explications  ,  ce  qui 
n  'avoit  point  ejiéfaitjufques  àprefent ,  &  comme  par 
la  vie  de  Vignolefayfait  connoijirefon  mérite ,  je  me 
fuis  aujfi  ejforcé  en  donnant  une  idée  de  celle  ae  Mi- 
chel-Ange 5  de  la  propofer  comme  un  mode  lie  accompli 
de  vertu -^  aceuxquifemefent  dudejfein. 

Quoique  le  travail  folt  un  puiiTant  moyen  pour  deve- 
nir habile  dans  les  Arts,  toutefois  lorfque  la  Nature 
s'ell  déclarée  en  faveur  de  ceux  qui  les  embraflent ,  ils  ont 
un  double  avantage  qui  leur  facilite  le  chemin  pour  y  excel- 
ler. 

Michel-Ange,  qui  fut  de  ce  nombre  ,  nâquitl'an  1474. 
dans  le  Pais  d'Arezzo  de  noble  famille  ,  ifluë  des  Comtes  de 
Canofle.  Son  Père  Loiiis  Simoni  Bonaroti  le  voulut  faire 
inftruire  dans  les  Lettres  &  dans  les  exercices  convenables 
à  fa  qualité  ,  mais  la  forte  inclination  qu'il  apporta  en  naif- 
fant  pour  le  defïein ,  fît  bien  voir  par  des  effais  prodigieux 
pourfon  âge,  qu'ilen  vouloit  faire  fa  profeflion.  Il  fut  mis 
chez  un  Maître  dont  il  furpafla  en  peu  de  tems  la  capacité, 


2(5r 


2^i 


BASriMENS 


de  forte  qu'à  15,  ans  il  moddloit  &  travaiiloit  de  marbre 
avec  admiration.  L'accez  qu'il  eut  dans  la  Mr.ifon  de  Medi- 
cis  &  l'eftime  que  Laurent  Protcdeur  des  Arts  faifoit  de  lui 
fans  diftindion  de  Tes  propres  enfans ,  l'encouragea  de  telle 
forte  qu'il  profita  par  fon  travail  des  belles  chofesquele  Grand 
Duc  y  conlerve  encore  aujourd'hui. 

Aiant  fait  un  Crucifix  de  bois  pour  l'EglifedufaintEfprit 
à  Florence  ,  il  trouva  moien  par  !e  crédit  du  Commandeur 
de  cet  Hofpital ,  dj  deffiner  d'après  nature,  &par^étudede^ 
corps,  dont  on  lui  permettoit  la  diffedion  ,  il  fe  rendit  fi 
fort  dans  l'Anatomie  quedeflinant  toutes  fes  figures  à  fonds, 
&  plaçant  les  muf.les  dans  leur  fituation  ,  il  devint  le  plui 
hardi  deîfinateurquiait  jamais  efté.  Dans  les  premiers defor- 
dres  qui  arrivèrent  à  Florence  au  fujet  de  la  famille  de  Me- 
dicis  qui  en  futchalTée,  il  fe  retira  à  Boulogne  où  il  firplu- 
fieurs  figures  de  marbre.  Mais  l'envie  qui  luy  fufcita  des 
Compétiteurs ,  lui  aiant  fait  quitter  cette  Ville  ,  il  retourna 
à  Florence  pour  y  peindre  en  concurrence  de  Léonard  de  Vm 
Cl.  Il  n'avoit  pas  encpre  efté  à  Rome  lorfque  le  Cardinal  de  S. 
Georges  l'engagea  d'y  faire  un  voyage.  La  beauté  des  plus 
parfaits  Antiques  confervés dans  les  Jardins  de  Belvédère,  l'é- 
tonna  de  telle  forte  que  reconnoiflant  qu'il  étoit  encore  bien 
éloigné  de  la  perfedion  de  fon  Art,  il  fe  mit  à  étudier  tout 
de  nouveau  &  s'efforça  de  joindre  à  laconnoiffancedelanatu 
re,  la  belle  manière  de  l'Antique.  Il  ne  manqua  pas  d'abord 
d'ouvrage  dans  Pvomc ,  &  le  Cardinal  de  Rouen  lui  fit  faire  une 
Notre-Dame  de  Pitié  de  marbre,  qui  eft  dans  la  Chapelle  des 
Chanoines  de  S.  Pierre  à  Rome.  Il  fit  auOi  un  Cupidon  qu'il 
vendit  pour  Antique  au  Cardinal  de  S.Georges ,  un  Bacchus 
de  10.  palmes  de  haut,  &  plufieurs  autres  Ouvrages  dont  par- 
tie fut  envoyée  en  France. 

Le  Pape  Jules  IL  ayant  fuccedé  à  Pie  III.  qui  mourut  en 
1503.  propofa  d'abord  à  Michel- Ange  de  faire  fon  Tombeau 
orné  de  40.  figures  fans  les  bas  reliefs  &  les  ornemens, 
le  tout  de  marbre.     Il  entreprit  cet  Ouvrage  à  l'âge  de  29.  ans. 


D  E    M  I  C  H  E  L-A  NG  E.  i^^ 


Le  Pape  1  envoya  à  Carrare  avec  de  l'argent ,  chercher  des 
marbres  dont  il  fit  venir  une  grande  quantité  ;  mais  fa  Sain- 
rete  ne  trouvant  point  dans  la  vieille  Bafilique  de  S 
Pierre,  de  place  propre  pour  mettre  fa  fepulture,  elle  refolut 
de  h  faire  rebaftir ,  &  en  pofa  la  première  pierre  l'an  1 5  08.  furies 
aelims  de  Bramante. 

Michel.  Ange  ne  pouvoit  s'accorder  avec  cet  Architeae, 
dont  les  manières  préfomptueufes  eftoient  tout-à-fait  oppo- 
lees  aux  fiennes,  &  Bramante  auffi  ne  pouvoit  fouffrir  les 
vilites  que  le  Pape  rendoit  à  Michel- Ange  ,  &  les  bienfaits 
dont  il  le  combloit  :  C'eft  pourquoi  il  arriva  dans  la  fuite, 
que  foit  que  le  Pape  eut  changé  de  refolution  ,  ou  qu'on  eut 
rendu  auprès  de  fa  Sainteté ,  de  mauvais  offices  à  Michel- 
Ange,  il  ne  fut  plusreçûàla  Cour  avec  la  même  liberté  qui 
lui  avoit  efté  accordée,  &l'entréeluiayant  eftébrufquemenr 
refufée,-  il  quitta  Rome  de  s'en  alla  à  Florence,  il  efioit  mê- 
me rcfolu  d'aller  trouver  Soliman  qui  le  demandoit  pour 
hireunPontdcConftantinople  à  Pera  ;  mais  il  en  fut  détour- 
ne par  fes  amis.     Le  Pape  tacha  en  vain  par  divers  Couriers 
de  le  faire  revenir,  &  ne  pouvant  rien  g-igner  dans  un  voia- 
ge  qu'il  fit  à  Boulogne ,  il  envoya  ordre  à  Michel-Anee 
de  le  venirtrouver,  maisaprésce  qui  s'efloit  paffén'ofantpa 
roiftre  devant  le  Pape ,  il  fur  envoyé  par  les  Florentins  en  quali- 
ted  Ambaffadeur,  afinquelecaraaeredeperfonnepubhque 
le  mit  à  l'abri  de  la  colère  du  S.  Père.     Quand  il  fut  aux  pieds  de 
.'aSainteté,  elle  lui  ht  un  reproche  de  ce  qu'elle  avoit  eftéobli- 
geedelevenirchercher,  &raviedejoyedele  pofleder,  elle  le 
renvoya  avec  des  prefens.     Pendant  foîi  fejoiir  à  Boulogne,  il 
ht  de  bronze  la  ftatuë  de  ce  Pontife  de  grandeur  du  triple  du  na- 
turd  pour  mettre  au  Portail  de  S.  Pétrone;  Mais  quelque 
rems  après  cette  figure  fjt  tn^înée  par  la  Ville  &  mi^e  en 
pièces  par  la  fadîon  des  Benri  voles,  &  le  metail  en  fut  vendu  au 
Duc  (k  Ferrare  qui  en  fit  faire  une  pièce  d'Artillerie ,  q u'il  nom- 
inaia  Julienne.  1 


î^4  BASriAÏENS 

Bramante  difluada  le  Pape  de  faire  travailler  à  Ton  tombeai, 
jomme  un  fujct  de  mauvais  augure,  &  pour  lui  fiireconnoi- 
tre  que  Michel- Ange  eftoit  inférieur  en  l'art  de  peindre  à  Ra 
phaël  fon  neveu,  il  perfuada  à  fa  Sainteté  de  faire  peindre  la 
Chapelle  Sixte.  Michel- Ange  entreprit  avec  chigrin  cet  ou- 
vrage, auquel  il  travailla  feul ,  &  qui  fut  découvert  après  20. 
mois  le  jour  de  la  Touffaints  avec  l'admiration  de  Rome.  11  con 
tinuaenfuite  le  Tombeau  de  Jules  qui  mourut  en  1515.  Léon 
X.dela  MaifondeMedicisquilui  fucceda  ,  l'obligej  d'aller  à 
Florence  pour  faire  le  Portail  de  l'Eglife  de  S.  Laurent,  il  quitta 
avec  regret  le  Tombeau  de  Jules,  dontilyavoit^  Hgureshnies 
ii.2>.  ébauchées,  outrequ'ileftoitperfecutépourl'acheverpir 
le  Duc  d'Urbin  neveu  de  ce  Pape. 

LconX.  mourut  en  1521.  &  Adrien  VI.  qui  lui  fucceda 
n'avoit  aucune  affeclion  pour  les  Arts ,  il  fut  Pape  peu 
de  temps  &  en  fa  place  fut  élu  en  1525.  Clément  VIL  de  Me- 
dicis  qui  envoya  encore  Michel. Ange  à  Florence  pour  faire 
:a  Bibliothèque,  la  Sacriftie  de  S.  Laurent ,  &  la  Sépulture 
de  Tes  Anceftres.  On  y  peut  voir  aujourd'hui  la  pluf- 
jart  de  ces  Ouvrages  prefque  achevés,  qui  font  des  plus  beaux 
de  Michel- Ange.  Sous  ce  Pontificat  la  Ville  de  Florence  fouf^ 
trit  un  grand  fiége ,  parce  que  le  Pape  s'interefloit  au  retabliffc- 
ment  de  la  Maifon  de  M..dicis  qui  en  avoit  efté  chafTée 
à  caufe  qu'elle  empieroit  fur  la  liberté  des  Florentins.  Michel- 
Ange  fortifia  cette  Ville  ,  &  défendit  par  Ton  induftrie 
.rendant  un  an  le  clocher  de  S,  Mmiate ,  de  l'Artillerie  des  enne- 
mis. Le  fiegen'eftant  pas  encore  fini,  il  fut  obligé  de  b'enfuir 
iVeni'e,  oiiàla  follicitationdu  DogeGritti,  ildonnaledef 
fiin  du  magnifique  Pont  à  Rialto.  PalTant  par  Ferrare  le  Duc 
Alfonce  luy  ayant  dit  galamment  qu'il  eftoit  fon  priion- 
nxr,  le  retint  auprès  de  lui ,  &  le  traita  avec  tant  d'hon- 
.eré,  qu'en  rcconnoiflance  il  lui  fit  un  tableau  de  Leda  avec 
quelques  autres  Ocivrag'- s.  Enfin  les  troubles  eflantapp<iifés 
àFlorencc,  &Clement  VIL  ayant  délivré  Michel- Ange,  de 
h  pourfuite  des  fuccelTeurs  de  JulesII.  qm  fe  contentèrent 


de 


■k 


TfE    M  ICHEL-ANGE, 


de  la  figure  de  Moïfc  avec  un  Tombeau  à  l'ordinaire  tel  qu'il 
efl:  à  San  Pietro  in  l^mcoU^  pour  l'aquitter  de  feize  mille  ccus 
qu'il  svoit  receus.  Ce  Pontife  luy  ordonna  d'aller  achever  h 
fepulture  desMedicis.  II  peignit  enfuite  le  Jugement  univcr- 
fel  dans  le  fond  de  la  Chapelle  Sixte.     Mais  ce  Pape  n'eut  pas 
la  fatisfac^ion  de  le  voir  parfait ,    car  il  mourut  en   1554.  ^ 
Paul  111.  de  laMaiTon  Farnefe  luy  ayant  fuccedc,  fitachever 
par  Mil hel- Ange  fon  Palais  qui  avoit  eilé  commencé  par 
I  julien  Sangallo  ,  en  forte  qu'il  fit  les  trois  Ordres  d'Archite- 
cture qui  en  décorent  la  Cour ,    &  enfuite  le  Veftibule  de 
r£ntrée  principale  fur  la  Place  ,  &:le  grand  Entablement  qui 
termine  (1  heureufcment  le  Corps  de  ce  Palais,  qui  bien  que 
petit  dans  fons  étendue  ,   n'ayant  que  trente  toifes  de  face 
fur  trente-huit  de  profondeur  ,  eft  toutefois  le  plus  magnifi- 
que de  Rome.   Michcl-Ange  baftiffoit  auffi  alors  leCapitole 
moderne  ,  que  le  Pape  avoit  deflein  de  remettre  dans  fon 
ancienne  fpleiideur. 

En  ce  tems-là  mourut  Antoine  Sangallo  Architef^e  ,  &  le 
Pape  rebuté  des  conteftations  qui  naiffoient  tous  les  jours  au 
fujet  de  la  Fabrique  de  S.  Pierre  ,  fit  un  Bref  autentique  par 
lequel  il  declaia  Michel-Ange  Architede  de  cette  Eglifc,  & 
approuva  fon  rnodclle  bien  différent  de  celuy  que  Bramante 
avoit  commencé,  &  de  ce  que  Sangallo  avoit  continué  ,  en 
forte  qu'il  reduifit  ce  chef-d'œuvre  d'Architedureàlaforme 
que  nous  le  voyons  aujourd'huy,  excepté  que  fon  Phn  eftoit 
en  croix  greque,  &:  qu'il  eft  prefentement  en  croix  latine.  Ce 
que  le  Pape  Paul  V.  a  fait  autant  pour  augmenter  la  gran-  | 
deur  de  ce  Temple  ,  qu'afin  qu'on  ne  fe  trouvait  pas  d'abord 
fous  la  Coupe  en  y  entrant.  Charles  Maderne  fut  i'Archi- 
tcde  de  cette  augmentation  ,  &  termina  le  Corps  de  l'Eglife 
en  i6i2. 

Michel-Ange  eftoit  abfclu  fous  Paul  III.  lors  que  ce  Pape 
mourut,  &:  que  Jules  m.  luy  fucceda  en  1550.  Jlnereceut 
pas  moins  des  marques  d'affection  de  ce  nouveau  Pontife 
que  de  ces  Predcccfieurs,  &:  il  en  fut  puilT^mment  protège 

Ll 


2^(5  B  A  s  T  T  Ai  T.  N  s 


contre  les  Fdbriciens  de  S.  Pierre,  toujours  portez  pour  les 
V  '  cal  lires  de  Sargallc^  Jiiits  luy  propofa  de  conftrMJrc  un 
l'alai:-  fjr  le  Mauz>)lee  d'ALî^juile;  maiscegrand  projet  s'é- 
vanouit p:r  li  mort  de  ce  Pape  arrivée  en  1555.  Mjrcel  II. 
qui  luy  fncceda  ,  eut  encore  beaucoup d'cftime  pour  Michel- 
Ange,  auflî-bicnquePaullV.  qui  ie confirma  Archicede de 
S.  Pierre  par  un  nouveau  Bref  contre  les  Fabriciens,  &  contre 
Pirro  Ligorio  Peintre  &  Antiquaire  qui  failoit  courir  le  bruit 
que  Michel  Ange  ,  âgé  pour  lors  de  81.  ans,  eftoit  tombé 
en  enfance.  Le  Pape  luy  envoya  mefme  quelques  quartiers 
de  fes  penfions  qui  eftoient  échus  pour  les  foins  de  la  Fabrique 
de  S.  Pierre ,  mais  fon  definterellement  les  luy  fit  refufer, 
difint  qu'il  ne  travailloit  à  cet  Edifice  que  pour  la  gloire  de 
Dieu.  Fie  IV.  qui  fuccedaàPaul  IV.  decedé  en  15  59.  ap- 
prouva le  modelle  qu'il  fit  pour  Je  Dôme  de  S,  Pierre  prefe- 
rablement  à  ceux  qui  luy  furent  prefentez,  &  le  voyant  fort 
avancé  en  âge ,  il  luy  donna  Vignole  pour  le  foulager  dans  les 
fatigues  qu'il  prenoit  à  la  Fabrique  de  S.  Pierre,  dontceluy-cy 
fut  enfuite  élu  Architede. 

Enfin  Michel- Ange  mourut  le  17.  Février  1 564.  âgé  de  88. 
ans&r  8.  mois  ,  après  avoir  paffé  la  plus  glorieufe  vie  ,  dont 
un  homme  de  fa  profelTion  puifle  jouir.  11  fut  confideré  de 
tous  les  Souverains  de  fon  tems,  &  comme  il  n'avoit  ni  am- 
bition ni  avarice  ,  &  qu'il  n'eftoit  attaché  qu'à  fon  travail, 
aulfi  n'amaiïa-t-il  pas  de  grands  biens  pour  les  occafions  qu'il 
eut  d'en  gagner.  \\  cheriffoit  la  retraite  preferablement  à  la 
Cour,  quoy  qu'il  y  fuft  bien  receu,  mais  fon  humeur  parti- 
culière le  faifoit  quelquefois  paffer  pour  fupcrbe  &:  bizarre, 
bien  qu'il  fuft  naturellement  humble  &  timide.  Il  aimoit  la 
ledure  ,  faifoit  affez  bien  des  vers  ,  &  frequcntoit  les  plus 
beaux  efprits  de  fon  temps.  Ileftoic  pprtcà  fccourirlajcu- 
nefle  ,  &  eut  volontiers  fait  des  Elevés  ,  s'il  eût  trouvé  des 
fujetsdifpofez  pour  profiter  de  fesenfeignemens.  Aufli  difoit- 
il  qu'il  n'appartenoit  qu'aux  Nobles  d'exercer  les  Arts.  Il  ai- 
moit fur  tout  la  fobrieté'^-  la  conrinence,  vertus  neceflaires 


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à  ceux  qui  font  profeŒon  des  Arts,  parce  qu',1  n'eftrien  de 
fi  contrane  aux  exercices  de  rEfprit  que  les  débauches  du 
corps.  Michel  Ange  eftoit  de  moyenne  taille,  lirce  d'épau- 
es,  de  forte  complexion,  &  d'un  travail  infatigable    IJavoit 
le  vifage  grand  ,  les  yeux  vifs ,  le  front  larj^e  ,  le  nez  gaHé 
d  un  coup  qu'il  avoit  receu  dans  fa  jeuncffe  ,    &  h  barbe 
claire  &  fourchue.     Il  fut  fujet  à  la  pierre  fur  la  fin  de  fes 
jours,  &faveuë  qui  cftoit  diminuée  ,  luy  fervit  de  prétexte 
pour  ne  plus  travailler  ,  afin  de  ne  rien  fiire  d'inférieur  à  ce 
qu'il  avoit  fait  dans  la  force  de  Ton  âj^e  ;    &  comme  il  avoit 
eu  la  prudence  de  fe  retirer  du  travail  fort  à  propos  ,  il  fe 
contentoit  de  dire  fon  avis  fur  tous  les  Ouvrages  qui  fe  fai- 
foient  dans  l'Eglife  S.  Pierre.     Il  n'y  eut  pas  d'Homme  fça- 
vant  dans   l'Italie  qui  ne  luy  donnaft  des  Eloges  après  fa 
mort  :  &  Benedetto  Varchi,  Poètefameux,  fut  chargé  par 
J  Académie  du  DelTein,  de  compoferfon  Oraifon  funèbre, 
dont  la  Pompe  fe  fit  en  l'Eglife  des  faints  Apôtres,  d'où 
fon  corps  fut  porté  à  Florence  ,   où  fe  firent  encore  d'autres 
Obfeques  plus  magnifiques  dans  l'Eglife  de  fiinte  Croix  , 
&  la  il  fut  mis  dans  le  Tombeau  de  fes  Anceftres.  Le  Grand 
Duc,  pour  marquer  la  reconnoiiïance  qu'il  devoit  à  la  Mé- 
moire d'un  homme,  qui  avoit  efié  l'honneur  de  fon  Eftat, 
voulut  bien  donner  les  marbres  qui  font  aujourd'huy  l'orne- 
ment de  fa  fepulture. 


Ll  ij 


I  m  ii^^M-TI • • ^^^^^a,.am^ 


^T^Orîe  au  bout  de  la  'voye  Flamifie ,  àprefent  le 
faux -bourg  du  Peuple  ^    à  la  tejle  du  Cours 
à  Rome. 

CEtte  Face  de  la  Porte  du  Peuple  eft  celle  qui  regarde  le 
faux- bourg.  Le  Pape  Pie  IV,  donna  ordre  à  Michel- 
Ange  de  la  décorer  ,  comme  l'Entrée  la  plus  belle  &  la  plus 
fréquentée  de  la  viile  de  Rome.  L'autre  face  du  cofté  du 
dedans  n'eft  qu'une  efpece  de  ravalement  ,  que  le  Pape 
Alexandre  VIT. iy  fit  faire  l'an  1655.  pour  recevoir Chriftine 
Reine  de  Suéde.  Mais  le  Cavalier  Bernin  en  a  traité  l'Ar- 
chitefture,  quoique  fimple  ,  d'une  manière  qui  n'a  rien  de 
petit.  L'ordonnance  de  cette  Porte  de  Michel- Ange  eft 
Dorique  ,  &  le  diamètre  de  fes  colonnes  d'environ  2  pieds, 
eft  dérermiiié  par  des  colonnes  de  granité  antique  ,  qu'il  a 
efté  obligé  de  mettre  en  œuvre.  Le  peu  de  grofleur  de  ces 
colonnes  fait  que  la  baye  n'eft  que  médiocre  ;  l'entablement 
eft  recoupé  par  deux  avant-corps ,  dont  l'intervalle  eft  de  7. 
triglyphes  :  les  cfpaces  entre  les  colonnes  font  ditriglyphes 
de'belle  proportion  ;  ce  qui  a  donné  place  pour  mettre  deux 
ftatuës  de  marbre  blanc  de  S.  Pierre  d<  de  S.  Paul  de  Fran- 
ccfco  Mochi.  Les  piedeftaux  font  par  efcabeaux  impairs. 
L'Attique  eft  un  peu  fort ,  ayant  plus  du  tiers  de  l'Ordre. 
Les  A  rmes  &  les  Cornets  d'abondance  pofez  fur  un  champ  de 
brique  font  de  marbre  blanc,  artifteraent  travaillez  d'après  le 
Modelie  de  Michel  -  Ange. 


1 
m: 


-P/.  74-  DE   MICHEL-ANGE. 


KTp 


T        *  •  • 


2^0  BASTIMENS 


'HDOne  Pie  appellde  autrefois  Viminale  ,  au  bout 
de  la  "voye  Momentané ,  à  la  te  fie  de  Strada 
Julia  ,  qui  co7iduit  à  Monte -cavallo  ,  fur  le 
§jùri7ial  à  Rome. 

LA  Porte  qui  eftoit  en  cet  endroit  fe  nommoit  ancienne- 
ment Viminale,  à  caufe  qu'elle  eftoit  fur  le  Mont  Vimi- 
nal,  &Nomentane parce  qu'elle  conduifoità  NomentOi  péri- 
te  ville  dans  le  Lattum,  aujourd'hui  la  Campagne  de  Rome. 
Mais  elle  a  changé  de  nom  lors  que  le  Pape  Pie  IV.  a  fait 
dreflerla  grande  rue  &  le  chemin  ,  &rebaftir  la  Porte  en  l'état 
qu'elle  eflicy  reprefentée.  Au  premier  afpedde  cette  Porte 
on  n'y  trouvera  pas  toute  la  régularité  de  l'Architedure  j 
mais  elle  eft  du  nombre  de  ces  produdions,  oii  il  eft  permis 
à  des  Maîtres,  tels  que  Michel- Ange,  de  fortir  des  règles  or- 
dinaires fans  s'égarer.  La  compoficion  en  eft  fort  ingenieufe 
&fi  convenable  à  l'endroit  oh.  elle  eft  placée,  qu'elle  fait  un 
effet  furprenant.  Labayen'eft  pas  grande  ,  n'ayant  que  12. 
pieds  de  largeur  fur  une  fois,  &cinqiixiémes  de  hauteur.  La 
fermeture  eft  à  pans,  &  un  peu  trop  (urbailfée.  Cette  plate- 
bande  en  trois  parties,  quoy  que  d'un  mauvais  gouft,  a  efté 
imitée  au  Chafteau  deChilly ,  &  aux  Portes  de  l'Hoftel  de 
Condc,  &  du  Collège  desjefuites  dit  de  Louis  le  Grand 
à  Paris.  Les  Pilaftres  approchent  de  la  proportion  Tofcane. 
L'Entablement  ou  fauxAttique  eft  d'une  compoficion  qui  ne 
tient  point  des  Ordres ,  &  l'Arc  dans  la  Frife  foulage  la 
Platebande.  Quant  au  Fronton  il  eft  affez  en  proportion ,  mais 
les  Con  foies  font  du  gouft  du  refte. 


^^-  75-  DE    MIC  HE  L.ANGE 


'SiJ'ila.str^x  tUttt^.'cann^-. 
C.FaiiX  ûttifuf  . 

"S^îèdotiche  soms  la.  taJ> 


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rORTE    PIE 


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j,^  BASriMENS 


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^Orîe  de  la  VigJie  du  Patriarche  Gr'mani  dans 
la  Strada  Pia  à  Rome, 

AUdefTus  des  quatre  fontaines  plus  loin  que  Termini  , 
tirant  vers  la  Porte  Pie,  il  yala  VigncGrimanidont  Mi- 
chel-Ange a  fait  la  Porte.  L'ouverture  en  efl:  petite  n'ayant 
que  7  pieds  de  Urgeur  ,  &  ù  proportion  eft  en  hauteur  le 
double  de  cette  largeur  :  la  décoration  en  eft  ruftique,  ^  l'Or- 
dre qui  n'eft  Dorique  que  par  fon  profil ,  n'a  point  de  tri- 
gly  phes  dan  s  fa  Frife.  Les  colonnes  font  attachées  d'un  tiers 
de  Module  fur  deuxPilaftres,  dont  les  moulures  qui  font  aux 
bafes  &  chapiteaux,  fe  continuent,  ou  fe  confondent  avec 
celles  des  colonnes  ,  outre  que  l'importe  ne  devroit  pas  paf- 
fer  delTus  les  Pilaftres.  Les  bofTages  ont  plus  d'un  Module. 
Le  petit  Attique  eft  dans  fon  nud  de  la  largeur  de  la  baye  , 
&  égal  en  hauteur  à  l'efpace  qui  eft  depuis  le  dtlTous  de 
l'Arc  fur  la  corniche.  Les  Acroteresou  petits  piedeftaux  ont 
quelque  chofe  de  chetif,  &:leur  véritable  proportion  eft  qu'ils 
ayent  dans  leur  nû  ,  un  peu  moins  que  la  largeur  du  haut 
du  faft  de  la  colonne.  On  monte  à  cette  porte  par  quatre 
degrez  rampans  ,  &  le  zocie  qui  fert  de  fiegle&  de  piedeftal 
aux  colonnes,  n'eft  pas  d'un  beau  profil  ayant  trop  de  mou- 
lures ,  &:  reflemblant  à  un  baflïn  de  fontaine  ;  en  forte  que 
ces  colonnes  font  fort  mal  pofées  ,  &  un  fimple  focle  leur 
conviendroit  mieux. 


3; 


inajft-<K'TrimHiiTr-*^'"''*t*'~'*"*'"^*'''^™"'  ="■"'' 


pl.-jô.  DE    M  I  Ç  H 


E  l'A  N  G  E. 


«75 


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î74 


D 


Bj^STTMENS 

en  Rofils  de  la  Tarte  du  Teufile,  de  U  Torte  T,e  & 
1    de  ceUe  de  la  Vigne  Grima,  m  a  Rome. 

?e  eft  magnifique  par  celles  qui  regardent  la  Ville  &  e  tau 
bourg.  Pour  la  décoration  de  ce5  fortes  de  Po  tes    lorfque 
h  rue  du  Faubourg  eft  continuée  parallèle  a  celle  de  la  ViUe, 
&  nue  la  Porte  n'eft  point  ifoléeries  faces  en  doivent  eftr. 
diff^ntes^U  plus  ricV  veuë  à  l'abord  &  du  cofte  du  Fau- 
bourg. A  régara  des  Portes  de  clôture  qui  fervent  d  ewree  pr  " 
cipak  ,  elletdoivent  avoir  deux  paremens,  ^^^^^f^^^f^^-^ 
ment  belles  du  côté  de  la  Cour,  puis  qu'elles  font  refpedives  à 
laprincipalefacedelaMaifon.  •«■.„■•  nnolaPorte 

■^La  Porte  du  Peuple  a  un  peu  plus  d'^P.^.''^^"' ^^^  '^^^^^^^^^^^ 
Pie,  &  renferme  quelques  logemens;  maisle  «ueyatera  e 

n'en  font  pas  décorées,    F^"  <!" f  "„'^^,'",fi!it /d^  d^ 
murs  de  face  de  la  rue  duFaubourg  du  Peuple&de  celui  de 

Pie. 


fl-j-j.  DE    MICHEL-ANGE. 


^75 


TROriL                    ï»ILOÏII.  PILOTIX 

T)E  X A  P  ORTIS         DZ  X  A  P  OE-TE  DX  X A  PoILT  X 

DEXAVIG:NXGiLI3I.A3«^I.     PiX  .  DTJPXUPXE  . 

^^77 ^'^^  ^7S 


PROTII.5  Di:s  pouTXs  pileci:d£:n^tiis 


Mm    y 


27^ 


tJÎSriMENS 


CT)  Or  te  de  la  Vigne  du  Cardinal  S er  manette  qui 
^  commence  depuis  le  bas  du  Mont  ^irinal  & 
s*  et  end  juf que  s  au  Jommet  de  la  voje  Tie  nommée 
anciennement  Alta  Semita  h  Rome. 

QUoyque  cette  Porte  foit  d'une  compofition  tout  à  fait 
ruftique ,  elle  eft  cependant  d'une  belle  proportion,  aiant 
de  hauteur  le  double  de  fa  largeur  qui  eft  de  fept  pieds  &  demi; 
l'Ordre  eft  Compofite  avec  une  bafe  Tofcane&les  Boftages 
en  pierres  brutes  ,  font  imitez  de  ceux  de  la  Porte  majeure 
autrefois  Voru  Nœvia.  L'Entablement  (compris  la  cimai- 
fc)  eft  le  quart  de  toute  la  colonne  &  les  piliers-buttans  ou 
contrefors  des  coftez  avec  les  confoles  bien  proportionnées, 
luy  donnent  beaucoup  de  grâce  &  de  folidité.  On  y  monte  par 
quatre  degrez  rampans  de  brique  polée  de  champ  &  retenue  par 
une  bordure  de  pierre  dure-  Le  Fronton  eft  brifé  avec  enroule- 
ment, mais  la  table  fur  ce  petit  piedouche,  a  quelque  chofe  de 
m'efquin.  L'Attiqueavec  l'amortilTement  termine  aflez  bien; 
fi  ce  n'eft  qu'on  pourroit  trouver  à  redire  à  cette  répétition 
d'enroulemens;  les  teftes  qui  n'y  font  pas  un  ornement  fort 
convenable,  font  Antiques.  Enfin  tout  ce  qu'on  peuttrouver 
de  defedueux  à  cette  Porte,  eft  que  la  baye  en  eft  petite  pour 
la  mafte ,  &  que  la  charge  au  deflus  plus  haute  que  l'ouverture 
mcme,  en  eft  trop  forte. 


fl-r^.  DE    MICHEL. AN'CE. 


VOK.rX  DE  X  A^ 


Mm  iij 


iyS 


BASTIMENS 


cp  Orte  de  la  Vigne  du  "Duc  Sforce  au  Faubourg  ^ 
J^  du  Teuple. 

LE  Cardinal  de  Carpi  nomma  cette  Vigne  Horti  PU  Car- 
penfis ,  en  mémoire  de  ce  que  Pie  IV.  l'avoit  fait  Cardinal 
Cette  Porte  peut  eftre  appellée  Dorique  ,   fi  on  a  égard  à 
l'Ordre  qui  la  de'core ,  &  ruftique  à  caufe  de  fes  Bofïages  j  elle 
a  de  hauteur  le  double  de  fa  largeur  ,  qui  eft  de  prés  de  fept 
pieds.  Les  Boflages  des  Contrefors  font  en  pointes  de  dia- 
mant,  qui  doivent  toujours  être  en  angle  droit  :  la  bafe 
eftTofcane,  ainfi  que  le  Chapiteau  avec  la  proportion  Dori- 
que,de  huit  diamètres  pris  au  nud.  Les  Vouflbirs  en  boflages  ru- 
ftiques  terminent  fort  à  propos  &  rendent  la  manière  de  cette 
Architedure  grande  ;  l'Entablement  efl  trop  fort  ayant  plus  du 
quart.  L' Attique  a  les  deux  tiers  de  tout  l'Ordre,  &  le  Fronton 
à  trois  pans ,  qui  pourroit  être  fuprimé ,  n'eft  pas  du  gouft  du 
refte ,  non  plus  que  les  trois  pommes  de  pin.  Quant  aux  Con- 
foles  ruftiquées,  elles  font  foibles  fous  cet  Entablement,  les 
Aigles  &le  Fefton  font  antiques  de  marbre  blaac&  la  Porte 
eft  de  pierre. 


iLiâà, 


nP      A^rr^TT      ^i^rnrr 


Porte  nu  Jardin 
Duc 


r^ 


nR  iIIll.  Seigneur 

S  FORCE  . 


p'^'^'-iâ 


Q)  Rofils  de  U  Tarte  de  la  Vigne  Sermonette^  &  de 
-^  celle  du  Jardin  du  Duc  Sforce» 

PAr  les  Profils  des  murs  de  clôture  de  ces  Portes,  on  voit 
que  le  mur  de  h  première  315.  pieds  &  deroy  de  hauteur, 
&celuy  de  la  deuxième  en  a  12.  à  prendre  au  rez  de  chauffée 
de  la  rue ,  qui  eft  différent  de  celuy  de  la  Cour  à  l'un  &  à 
l'autre  de  3  ■  pieds  &  demy  qui  efl  une  grande  hauteur ,  n'ayant 
que  4.  ou  5.  degrez  pourles  racorderj  c'eft  pourquoy  cesdegrez 
avec  beaucoup  de  giron  &  de  pente  font  encore  difficiles  pour 
les  charois.  Les  murs  ont  environ  deux  pieds  d'épaiffeur  fans 
chaperon.  Il  fcroit  à  propos  qu'ils  euffentaumoins  un  profil 
en  bahu  pour  l'écoulement  des  eaux.  Ces  deux  Portes  ont 
au  dedans  une  décoration  femblable  à  celle  du  dehors,  exce- 
pté les  colonnes  à  celle  de  Sermonette,  &lesPilaflresàcelIe 
deSforce.  Quoy  qu'elles  ne  prefentent  pas  beaucoup  de  lar- 
î^eur  de  face  par  les  coflez;  comme  elles  ne  font  pas  proches 
d'aucun  bafliment,  &  qu'elles  font  percées  dans  des  murs  de 
clôture  bien  d'alignement,  on  les  découvre  de  fort  loin,  bel- 
les font  une  grande  diftindion» 


?l,  So. 


D  £     MICHE  L'A  N  G  E. 


281 


r 


PROFIL   DE-  LA 
PORTL  SeRMONLTTL 


1 


PROriL   DL  LA 

Porte    S  force 


Ta^  xâi.. 


Nfî 


jji  BASTIMEN^ 


LE  Capitule  moderne  de  Rome  baftifur  lesruïnes 
de  l'ancien-,  eft  aiijottrdhuy  nommé  leTalats  des 
Confervateurs  du  Teu^le  Romain. 

LA  première  ceinture  de  murailles  que  baftit  Romulus, 
n'enferma  que  le  mont  Capitolin.  Le  Baftiment  qui  fut 
élevé  defllis ,  &  qui  fervit  le  premier  d'afy le,  fut  appelle  Ca- 
pitule; parce  que  lors  qu'on  en  fouilla  lesfondemens,  on  y 
trouva  la  tefte  d'un  homme  :  ce  qui  fit  augurer  que  Rome 
feroit  la  Capitale  du  Monde.  Les  Tarquins  augmentèrent  cet 
Edifice,  qui  ayant  efté  trois  fois  confumé  par  le  feu,  futaufli 
rebafti  trois  fois  par  Sylla  ,  par  Vitellius ,  &  par  Vefpafien. 
Après plufieursreftaurationseftant enfin  ruiné  parla  fuccelïion 
des  tems  ,  il  fut  refait  fous  le  Pontificat  de  Paul  III.  fur  les 
delTeins  de  Michel- Ange,  qui  commença  par  le  grand  Perron 
à  deux  rampes  du  fondsde  la  Cour,  oii  eft  au  milieu  une  figu- 
re affife  de  porphyre  ,  qui  reprefente  Rome  Triomphante  : 
aux  coftez  font  deux  Efclaves  ébauchez  de  Michel- Ange, 
&  contre  les  murs  d'échifre  des  rampes ,  il  y  a  deux  figures  cou- 
chées, dont  l'une  reprefente  le  Tigre  &  l'autre  le  Tybre.  Pour 
la  Bafilique&  la  Tour  de  l'horloge  bafties  fous  Clément  VIII. 
elles  font  de  Martin  Lunghi  le  vieux.  Le  deffein  que  je  don- 
ne ,  eft  la  moitié  du  plan  &  de  l'élévation  du  baftiment  en  aîle , 
ce  qui  eft  proprement  le  Palais  des  Confervateurs  du  Peuple 
Romain,  ouvrage  de  Michel- Ange  autant  remarquable  par  la 
belle compofition,  queparl'exceîlencederexecution. 

La  difpofition  du  rez-de-chauflée,  eft  un  Portique  double 
interne  &  externe  de  foixante-huit  colonnes  de  trevertin  d'une 
pièce,  d'Ordre  Ionique  d'une  finguliere  invention,  déplus 
de  deux  pieds  de  diamètre ,  qui  font  ifolées  quoy  qu'elles  Sem- 
blent toucher  au  mur,  eftant  nichées,  pour  donner  une  lar- 
geur fufBfante  au  Portique.  Lesplatebandesont  présdedou- 
ze  pieds  de  portée,  &  des  jambages  reveftus  de  tables  entre 


T\  r     ^-rrr'WF  r..-'»'''^  r? 


Flan  d'une  partie  du  Capitole 

MODERNE   DE  ROME 


^ 


Petite  Ccrur  entre  le 
rez.  de  chaicssée-etle 
pre'rvier  esta.of  . 


\,sccLlter.Q 


Chc 


>•-- f 

Cam.mM.ricLute'i. 


N 


A  .  Moitié  de  ùzPûrte 
qiu.  s^voit  dans  La. 

B  .  Portes  se^mhLcLbie-r  a 

celle  de  Lctpa^-e  2.  8^  . 
C  .  Statue  djLu^xiste   ■ 
D .  Fastes   CortsuloÀJ'ef  . 
E. .  Co^Lcnne  rcstrvle.  . 
F .  Vranie  ■ 
G  .  ^tittre    M.use   ■ 
Vl.Neptune   . 
\.L'0 Ce^ZTL  . 

Basrhefs      de  M  Aurele  ■ 
L    Forita.ùn.e    . 
M .  Tb  mb^au  d  AçripLnâ  ■ 
K .Tcmb-eeiu  de  Mamme&  . 
O.  Teste  de  brcmjze  du.  Colosse 

de  Ccrrfrnù-de   .  , 

P  .  Groupe  du.  Lion  et  du  Ch.evti.L 
O .Tombectu   antiaiLe, 


P  oydbicjiLe  I    dit 


j>cu^  les  Artis^ftns 


W^- 


\pij.bli6'\ 


pa^e  i-d}  ■■ 


T>  E    M  I  C  H  E  L'A  N  G  E.  jg. 


les  colonnes ,  font  fermez  d'une  platebande  de  mefme  décora- 
tion, dont  h  portée  efl:  égale  à  celle  des  colonnes.  Lesfoffites 
ou  plafonds  font  ornez  de  grotefques  deftuc,  fort  proprement 
travaillez.  Toutes  les  pièces  de  cet  étage  foat  voûtées;  il  y  en 
a  fix  pour  les  Chambres  de  Communautez  d' Artifans ,  &  le  refte 
eft  pour  des  Bureaux,  &  autres  Appartemens  neceflaires  à  un 
Hôtel  public  ou  Maifon  de  Ville. 

On  monte  au  premier  étage  par  deux  rampes  ,  dont  les 
voûtes  font  fort  riches  defcuipture,  &  la  petite  cour  de  plain 
pied  avec  le  palier  interpofé  entre  les  deux  rampes,  donne  du 
jour  fuffifamment.  On  voit  dans  cette  cour  quatre  grands  bas 
reliefs  de  Sacrifice  &:  de  Triomphe  de  Marc- Aurele,  &  fur  le 
palier,  Uranie,  &  une  autre  Mufe.  La  grande  SalledesCon- 
fervateurs  qui  paroifl:  icy  coupée ,  &  qui  précède  la  Salle 
d'Audience ,  eft  ornée  des  peintures  du  Cheval'ierjofeph  d' Ar- 
pin,  où  font  reprefentées  les  principales  Aârions  des  premiers 
Romains,  &aucofté  F.  eft  le  combat  des  Horaces&:  des  Cu- 
riaces.  Les  plafonds  des  pièces  de  cet  Appartement  retenus 
avecaflezd'induftrie,  font  portez  pardes  corniches  &  lambris 
dorez,  &  tout  le  refte  eft  d'une  magnificence  convenable  à  la 
dignité  du  lieu. 

Quant  à  la  décoration  extérieure  ,  ce  qu'il  y  a  déplus  re- 
marquable, eft  le  mélangedes  Ordres  Corinthien  &Ionique, 
qui  réuffit  en  cet  endroit  avec  tout  le  fuccés  poflible;  les 
grands  pilaftres  Corinthiens  foûtiennent  toute  la  mafle  de 
cette  Ordonnance;  leurs  piedeftaux  ornez  des  moulures  con- 
venables à  cet  Ordre  ,  ont  environ  de  hauteur  deux  neuviè- 
mes du  pilaftre ,  dont  la  bafe  pofe  fur  une  double  plin- 
the, comme  à  l'Arc  de  Titus.  Les  chapiteaux  font  un  peu 
plus hautsquela  proportion  ordinaire,  afin  de paroiftre moins 
quarrez.  L'entablement  a  plus  du  quart  du  pilaftre  ,  qui  eft 
un  excès  dans  la  proportion  ,  &  la  baluftrade  ,  qui  a  un  peu 
plus  que  le  cinquième,  a  trop  de  piedeftaux,  ce  qui  rend  les 
travées  des  baluftres  trop  petites,  quoy  que  les  pilaftres  foient 
diftanslesunsdes  autres,  de  fept  diamètres.     L'entablement 

Nn  ij 


2^^  -B^STÏMET^S  

n'ed  pas  recoupé ,  mais  continué  fur  une  mefme  ligne 
avec  plus  de  grâce.  La  corniche  Ionique  n'excède  point  le  nud 
du  pilaftre  Corinthien  ,  &les  renfoncemens  pris  dans  le  corps 
du  mur ,  qui  portent  de  fonds  far  les  jambages ,  déchar- 
crentnon  feulement  les  plarebandcs,  mais  donnent  moyen  par 
une  large  retraite,  de  décorer  les  feneftres  à  balcon.  Pour  la 
croiféedu  milieu,  diftinguée  des  autres  par  fes  deuxfrontons 
&  fes  confoles  de  mauvais  gouft ,  elle  n'eft  point  de  Michel- 

An^'e» 

On  voit  par  le  profil,  le  peu  de  roideur  du  comble, 
qui  n'a  de  pente  que  la  moitié  de  fa  hauteur  :  &  par  l'erquiffe 
de  l'aflTemblage  de  la  Charpente ,  on  peut  remarquer  la  pratique 
des  Italiens,  différente  de  la  noftre  fur  ce  fujet.  Les  fer- 
mes font  alTemblées  fans  mortoifes  ny tenons,  maisfeulement 
par  des  entailles  &  embrevemens.  £t  par  l'intervale  qui  relie 
entre  le  poinçon  &  le  tirant,  on  peut  voirque  toute  lafermeeft 
en  décharge  furletijant;  car  pour  l'entrait,  il  eft  coupé  au 
droit  du  poinçon,  &c  fe  foûiient  en  décharge.  Quant  aux 
mortoifes  &  tenons  ,  les  Italiens  ne  s'en  fervent  point,  parce 
qu'ils  prétendent  que  les  raortoifcs  coupent  la  pièce.  Pour  les 
forces,  elles  font  quarrées,  &  les  pannes  ne  font  autres  quedes 
plateformes  proches  les  unes  des  autres  :  Ainfi  les  chevrons  qui 
font  comme  des  membrures,  &  tous  ces  ouvrages  de  charpen- 
te, font  fort  légers,  &d*unegrande  portée,  particulièrement 
fur  les  grands  falons,  parce  qu'on  ne  fefert  que  de  fapin  ,  &  ra- 
rement de  chefnc. 

Mais  ce  qui  rend  ce  Palais  confiderable,  efl  qu'il  renferme 
les  plus  précieux  reftes  de  l'Antiquité  ,  comme  la  Statue 
équeftre  de  bronze  de  Marc-Aurele,  qui  eft  au  milieu  delà 
Place,  celles  de  Ce  far  &:  d'Augufte  de  marbre.  La  Colonne 
RoftraledeDailius,  IcsFaftesConfulaires,  lesTablesdesan. 
ciennesLoix  des  Romains,  &plulîeurs autres monumens.  Or 
comme  h  plus  grand  honneur  que  pouvoicnt  recevoir  les  an- 
ciens  Roraai^.s  conhftoit  à  îaifler  leurs ftatuës,  ou  leurs  noms 
dans  le  Capitole,  cet  avantage  a  efté  aulTi  recherché  avec 


PROFIL  ET  ELEVATIOM  DU>fË  DES  AISEES  DU  CAPITULE  , 


DE    MICHE  L-u4  N  G  E, 


2R5 


emprefïement  par  les  modernes  depuis  deux  ou  trois  fiecles. 
C'cft  pourquoy  on  voit  dans  la  grande  Bafilique  du  fonds 
de  la  Cour,  lesStatuësdes  Papes  Pa'ul  III.  &  Grégoire  Xill.  &: 
dans  la  Salle  des  Confervateurs ,  celles  de  Léon  X.  de  marbre , 
de  Sixte  V.  d'Urbain  VIII. de  bronze,  &  lalVledaiHedeChri- 
ftineRernedeSuede;  &: dans  le  Cabinet  du Confeil,  fetrou- 
ventcellesdeM. AntoineColonne,  d'Alexandre Faméfe,  de 
Jean  François  Aldobrandin,  de  Charles  Barberin,  &  d'autres 
Généraux  de  la  fainteEglife,  qui  ont  rendu  fervice  au  S.  Siège 
dans  divers  emplois.  Les  Infcriptions  qui  accompagnent  ces 
Figures  font  connoiftre  les  adions  les  plusconliderabUs  de  t  eux 
qu'elles  reprefcntent. 

Le  Pape  Clément  VIIL  avoit  commencé  de  faire  baftir 
l'autre  aîle  femblable  à  celle  du  Palais  des  Confervateurs; 
mais  cet  Ouvrage  ayant  efté  interrompu.  Innocent  X.  le  fit 
acheverparle  Cavalier  Carlo  Rainaldi.  Legrand  Perron  à  de- 
grez  rampans,  &  la  baluftrade  qui  porte  les  Statues  de  Caftor 
k'dePollux,  les  Trophées  de  Marius&  de  Sy  Ha,  &  la  Colon - 
neMilliaire,  font  du  deffein  de  Jacques  de  la  Porte,  &aubas 
de  ce  Perron  les  deux  Sphinx  d'Egypte  antiques,  qui  font  dt 
pierredeparangon  ou  de  touche,  fervent  de  Fontaine.  Voilà  en 
gênerai  ce  qui  concerne  le  Capirole.  Je  donne  enfuite quel- 
ques parties  en  grand  du  Palais  des  Confervateurs, 


z%6 


BASTIMENS 


CQOrte  principale  du  Talais  des  Confervaîeurs  dti 
-L    peuple  Romain  au  Capitale. 

CEtte  Porte  eft  la  plus  grande  des  fept  qui  font  fous  le  Porti- 
que du  Capitule  ,  elle  a  de  hauteur  plus  du  double  de  fa 
lar^^eur  qui  eft  environ  de  fept  pieds,  &  le  chambranle  a  deux 
treizièmes  de  cette  largeur ,  les  confoles  qui  foûtiennent  les 
crofTettes,  font  arafées.  Pour  les  croflettes,  qu'on  prétend 
eftre  un  ornement,  il  eft  conftant  quec'eft  plûtoft  un  abus 
qu'une  beautédans  l' Architedure,  quoi  qu'elles  foient  fondées 
fur  un  exemple  antique,  qui  eft  le  Temple  de  la  Sibylle  à  Ti- 
volij  Mais  enfin  cela  a  paru  fi  beau  aux  Architectes  modernes, 
qu'il  fe  trouve  des  feneftrcs  de  Palais  où  il  yajufquesà  huit 
crofTettes.  L'erreur  d'avoir  introduit  les  Cartouches  comme 
il  en  paroift  un  au  deftus  de  cette  Porte ,  n'eft  pas  moindre ,  & 
cette  maniereoriginaire  des  Peintres  &  des  Sculpteurs  d'Italie , 
eftoit  paffée  jufques  en  France  ,  oii  l'on  remarque  des  Bafti- 
mensdebongouft,  dont  la  régularité  eft  fort  altérée  par  ces  fi- 
gures difformesqui  ne  fignifient  rien.  Ce  n'eft  pas  qu'à  la  pla- 
ce d'une  table  un  cartouche  bien  deffiné  &  mis  à  propos ,  n'ait 
de  la  grâce ,  mais  il  n'appartient  qu'à  ceux  qui  ont  un  jufte  dif- 
cernemcnt,  des'enfervir. 


/A  Sii 


Z>  £     MICHEL-ANGE. 


2S7 


.ss 


BJSTJMENS 


cpOrte  d'une  des  Chambres  de  Communauté  d*Ar- 
t^  ttfayisjoiis  le  Tort: que  du  C apitoie. 

IL  y  a  fix  Portes  pareilles  à  celles-cy  fous  le  Portique  du  Ca- 
pitule, qui  font  d'une  affez  belle  compofition,  l'ouverture 
de  cette  Porte,  a  le  double  de  û  largeur,  &  le  Chambranle  eft 
un  gros  talon  avec  un  filer.     Les  deux  Pilaftres  font  en  guefne 
de  therme  avec  des  canaux  &  des  rudentures.     On  trouve  peu 
d'exemples  de  ces  Pilaftres ,  &  il  s'en  voit  deux  à  la  Porte  de 
l'Hôtel  d'Effiat  dans  la  Vieille  rue  du  Temple  à  Paris.   Le  petit 
Entablement  &  le  Fronton  font  d'un  bon  gouft ,  &  les  Confo- 
les  plates  en  manière  de  corbeaux ,  y  conviennent  afïez.     Il  y 
a  dans  la  Frife  le  nom  de  la  Communauté  à  qui  la  Chambre  eft 
deftinée.   Le  centre  du  Fronton  qui  eft  au  deftbus  de  la  moitié 
delà  lorigueur  delà  Platebande,  eft  mis  de  telle  forte,  que  fi 
au  lieu  d'une  Platebande  la  Porte  eftoit  fermée  en  plein  cintre, 
ce  même  pomt  de  centre  ne  fortiroit  pas  de  fafituationpouren 
tracer  l'arc.     Le  Tympan  du  Fronton  eft  à  jouravecun  orne- 
ment de  fer  affez  bien  travaillé;  tous  ces  Frontons  font  triangu- 
laires, &  ceux  du  premier  étage  cintrez. 


m 


//•  «4-  J^E   MICHEL'ANGE.  iZf 


PORTE    SOUS  I^E  PORTIQUE   DIT  CAPITOLE 


Od 


jpo  H  A  s  r  I  AI  F  N  s 


T^Ene[lre  à  Balcon  au  premier  étage  du  Palais  des 
Confewateurs  au  Capitale. 

CES  Feneftres  portent  fur  les  phtebandcs  des  colonnes 
Ioniques  du  rez-de-chauflée  ;  leur  ouverture  eft  petite 
pour  la  façide  d'un  fi  grand  Palais,  n'ayant  que  quatre  pieds 
un  quart  de  large  fur  un  peu  plus  du  double  de  cette  largeur 
prife  depuis  le  deiïus  de  h  Tablette  d'appui  du  Balcon.  Le 
Chambranle  n'a  que  le  cinquième  de  l'ouverture.  La  déco- 
ration en  eft  riche  ,  &  Ton  Ordre  eft  une  efpece  de  Dorique 
compose  par  le  proHl  de  Ton  Chapiteau  ,  &:  Ionique  dans  fa 
proportion  ayant  neuf  diamettres.  L'Entablement  a  la  cin- 
quième ,  compris  le  focle  fous  labafe  qui  eft  attique,  &  la 
corniche  retournée  fous  le  Fronton  donne  de  la  légèreté. 
La  diftince  depuis  le  deffous  de  la  platebande  jufques  fous 
l'Entablement ,  eft  égale  à  la  hniteur  du  mefme  Entablement  ; 
ce  qui  paroift  un  peu  pefant.  On  fepeut  fervir  de  ces  fortes  de 
Croifées  pour  le  milieu  d'une  Façade ,  comme  au  Portail  d'une 
H<^life,  ainfi  qu'il  s'en  voit  au  fécond  Ordre  du  Val-de-Grace, 
de's.  André  de  laValîe,  &de  S.  Ignace  du  Collège  Romain. 
Mnis  il  faut  fur  tout  obferver  de  ne  pas  faire  porter  aucune 
partie  de  cette  décoration  à  faux  ,  ou  par  encorbellement 
de  confoles,  comme  au  Palais  Farnéfe.  En  ce  cas  lors  que  la 
faillie  n'cft  pas  fuftifante,  ksPilaftresyconviendroient mieux 
que  les  Colonnes. 


PI'  8y. 


DE    MlCBEL^ANOn. 


^$\ 


Oo   i; 


BASriMENS 


ULe^vation  de  front  &  de  cojlé  imt  des  Chapi- 
teaux Ioniques  du  Portique  du  Capitole. 

LA  figure  extraordinaire  de  ce  Chapiteau  m'a  fait  naiflre 
l'envîed'en  donner  la  reprefentation,  pour  faire  connoître 
qu'il  y  a  des  compolîtions  heureufes  hors  de  la  feverité  des 
règles,  lors  qu'elles  partent  d'un  grand  fond  de  deffein.  Ce 
Chapiteau  a  comme  l'antique,  les  deux  faces  différentes  ;  fes 
volutes  ovales  &  pendantes  rentrées  en  fpirales&coutournées 
avec  grâce ,  font  un  effet  plus  riche  que  fi  elles  eftoient  arafécs, 
comme  au  Théâtre  de  Marcellus.  Sa  hauteur  efl  d'un  module 
deux  tiers  ,  dont  le  tambour,  compris  fon  orle,  fait  prefque 
la  moitié  du  tout ,  &  l'abaque  eft  auffi  haut  que  l'ove,  &  l'orle 
au  deflous.     Cette  partie  depuis  le  deifus  de  l'aflragale ,  &  qui 
détermine  la  hauteur  du  Chapiteau  ,  peut  eflre  d'une  autre 
matière  comme  de  bronze,  quoyqu^lefuflde  la  colonne  foit 
de  marbre  ;    fans  craindre  la  difficulté  qui  arrive  aux  autres 
Chapiteaux  Ioniques,  oiàraflragalen'efl  point  réputée  du  fuft, 
quand  elle  eft  taillée  de  grains  &  d'olives.     La  veuë  de  cofté 
ne  paroifïant  pas  alTez  riche  pour  celle  de  front,  j'ay  orné  de 
feuilles  d'eau  &  de  refend  une  des  Campanes  qui  forment  le 
Baluffre,  &  j'ay  laifïé  l'autre  liffe  pour  donner  à  choifjr.  M. 
le  Mercier  Architecte,  a  mis  en  œuvre  ce  Chapiteau  à  l'Ordre 
Ionique  du  Veflibule  du  grand  Pavillon  du  Louvre  ,   avec 
la  Bafe  Dorique  de  Vignole  moins  foibie  que  l'Attique  , 
parce  que  ces  colonnes  (ont  pofées  au  rez-de-chauflfée  &fans 
focle.     On  en  voit  encore  un  exemple  aux  quatre  colonnes 
qui  portent  la  Charte  de  fainte  Geneviève  ,  que  le  Cardinal 
de  la  Rochefoucault  AbbéCommendataire  de  cette  Abbaye 
a  fait  élever. 


?l.  85. 


DE    MICHEL. ANGE, 


0&  iij 


2P4 


BASES    ET  CHAPITEAVX 


mÊSmoÊ^asm 


BASES  ET  CHAPITEAUX  CORINTHIENS 

de  feuilles  d'Acanthe  &  d'Olivier. 


/j'Trés  avoir  fait  réflexion  combien  il  efl  utile  à 
■^  ceux  qui  dejjinent  ou  qui  mode  lient  l'Archite^îti- 
re ,  de  joindre  l'exaBitude  des  ornemens  à  la  beauté 
des  proportions;  fay  crû  qu'il  et  oit  nece (faire  de  don- 
ner en  grand  deux  des  plus  beaux  mode  lies  du  Chapi- 
teau Corinthien  &  deux  autres  du  Compofite ,  afln 
de  rendre  plus  Jenfible s  les  efpeces  de  feuilles  quiles 
décorent. 

Y.  Ntre  une  variété  prcfquc  infinie  de  Chapiteaux  de  Sculpture  qui  (e 
C-  rencontrent  dans  les  Ouvrages  anciens  &  modernes ,  dont  les  feiiiU 
les  font  naturelles  ou  imaginaires  j  il  eft  confiant  que  celles  d'Acanthe 
&  d'Olivier  font  préférables  à  toutes  les  autres  pour  leur  beauté'  particu- 
lierequiena  confirme'  l'ufige.  La  feuille  d'Acanthe  qui  a  efte'  le  fujet 
de  l'invention  du  Chapiteau  Cormthien  ,  fe  trouve  de  deux  efpeces,  la 
Cultivée  &  l'Epineufc  dont  parle  Pline  Liv.  zi.  ch.  ii.  }  c'cft  de  cette 
dernière  qui  elt  la  moindre ,  que  fe  font  fervis  les  Sculpteurs  Gothiques 
&  qu'ils  ont  mal  imitée.  Pour  l'Acanthe  cuUive'e,  qui  eft  plus  refen- 
due, plus  de'coupe'e  &  aifez  femblableau  pcrfil ,  ainfi  qu'elle  a  efte'  'ail- 
lée aux  Chapiteaux  Compofites  des  Arcs  de  Titus  &  de  Septime  Severe  à 
Rome,  &  au  Corinthien  de  la  Cour  du  Louvre;  elle  eft  la  plus  parfaite, 
&  a  fa  fleur  par  chute  de  gros  boutons  ,  comme  elle  a  efte'  imice'c  aux 
qvands  Chapiteaux  Corinthiens  de  l'Eglife  des  PP.  de  l'Oratoire  rue  Saint 
Honore'  ,  &  comme  j'en  ai  veu  à  Alger  fur  les  coftes  de  Barbarie  où 
cette  plante  fertdehayc  aux  Jardins.  Quant  à  la  feii  il  le  d'Olivier ,  elle 
fe  trouve  employée  à  prefque  tous  les  Chapiteaux  Antiques  les  plus  ap- 
prouvez Seaux  plus  beaux  Modernes:  les  grandes  feuilles  font  forme'es 
par  pluheurs  bouquets  de  cinq  petites  feiiiiles  chacun  ,  il  s'en  trouve 
même  de  quatre  feiiilles  ,  comme  aux  Temples  de  Vefta  &  de  Mars  le 
Vangeur.  Les  canaux  des  tigettes  font  quelquefois  tors  ,  comme  aux  trois 
Colonnes  de  Campo  Vdccino  à  Rome  où  les  hélices  font  eiitrelafle'es  &  la 
fleur  eft  une  Grenade. 

J'ay  fait  ces  Bafes Corinthiennes ,  l'une  femblable  à  celle  du  Panthéon, 
&  l'autre  à  celle  du  Temple  de  Jupiter  Stator  à  Rome  :  celle-ci  a  un  altra- 
ga.'e  de  plus  au  defTus  du  tore  fuperieur. 


n  87. 


C  O  R^I  NT  H  I  E  N  s. 


ByîSES    ET   CHAP  ITE  AV  X 


lÇ(y 


BASES  ET  CHATITEAUX  COMTOSITES 

de  feuilles  de  Terfd  &  de  Laurier. 

LE  Chapiteau  Corapofice   recient  la   même  difpofuion  &  le  même 
.nombre  de  grandes   feuilles  que   le  Cormthien  ;    mais  au  lieu  de 
feuilles  d'Acan:he&  d'Olivier,  celles  de  Perfil  &c  de  Laurier  y  font  em- 
ployées plus  à  propos  pour  le  diftinguer  du  Corinthien.    La  kuille  de 
per'ûl  ell  b  plus  découpée  de  toutes,  &  celle  qui  convient  le  mieux  aux 
ouvraces  délicats  &  de  métal.  Pour  la  fciiiUe  de  Laurier,  elleelt  prelque 
femblable  à  celle  d'Olivier i,  excepté  quelle eft  plus  grande  &  un  peu 
ondée  :  c'eftpourquoyilnefautfaire  fes  bouquets  que  de  trois  ou  quatre 
fei'illes.     Les  Volutes  du  Chapiteau  Compofite  (  qui  lont  les  loivques 
angulaires  )  doivent  eftte  des  plus  riches  &  fleuronnées  ,  parce  qu'elles 
font  Ja  principale  différence  d'avec  le  Corinthien.     Elles  fe  traitent  de 
deux  manières,  ou  ouand  elles  femblent  fortirdu  vafe  ou  tambour  du 
Chapiteau ,  &  pour  lôrs  elles  font  apellées  Volutes  naifïaates  ,   comme 
celles  de  l'Arc  de  Titus,  de  VIgnole,  de  Palladio  &  de  Scamozzi  :  ou 
lors  que  leurs  tiges  fout  droites  &  qu'elles  partent  de  derrière  la  fleur  de 
l'Abaque  ,  comme  aux  Arcs  de  Septime  Severe,   &  des  Orfèvres.   Les 
Oves  de  ce  Chapiteau  peuvent  cftre  fleuronnez  quand  l'ouvrage  eit  riche 
&  grand  ,  &  la  rofe  qui  luveltlaplus  propre,  eftuneefpece  de  fleuron 
panaché,  comme  il  s'en  voit  à  la  plulpart  des  Antiques.     Pour  ce  qui 
regarde  le  travail  des  Chapiteaux,  il  faut  que  le  Galbe  qui  en  eft  l'ébauche 
foTt  bien  contourné  ,  &  que  dans  les  feiiilles  il  y  ait  de  la  légèreté  par 
leur  dégagement  ,    &  de  la  foîidité  ,    par  le  moyen  des  tenons  qu'on 
laillo  dernere.     On  doit  éviter  fur   tout  de  donner  dans  le  goût  fec  , 
c'eft  à  dire  défaire  les  arêtes  du  contour  des  feiiilles  trop  vives,  ce  qui 
les  fait  reflémblet  à  de  la  tôle   découpée.     Quelquefois  au  contraire 
ks  Chapiteaux  deviennent  pefans  lorfque  les  feiiilles  n'en  fout  pas  affez 
délacées  &  évidées. 

J'cmploye  ici  pour  le  Chapiteau  de  feuilles  de  perfil ,  laBafe  Compo- 
fi:e  uc  Vic'nole  ,  oui  a  une  atlragale  moins  que  la  Corinthienne  ,  & 
pourcclurdcs  feiiilles  de  laurier  je  me  fers  de  la  Bafc  AttiqiiC  ,  comme 
la  plus  régulière  de  l'Architedture. 


FL  8 S. 


fh  8î; 


composites: 


1P7 


ipS 


nASES  COMPOSE'ES 


1  BASESCOMPOSE^ESETCHAPITEAUX 
*  SYMBOLIQUES. 

c^E  donne  feulement  deux  efpeces  de  Chaçheaux  fjmhoUqties, 
J  parce  Jd  eftprepiue  tmpgible  d'epmfer  U  dtverfue  des  or- 
Jmens  dont  on  les  peut  décorer.  La  Bafe  ornecejl  extr..ord,natre,^ 
a  moins  de  rr.  ouïmes  cjue  la  Corinthienne. 

T-  Es  meilleurs  Architedcs  conviennent  qu'on  ne  peut  inventer  de  dif- 
LpofLn  plus  agréable  que  celle  du  chapiteau  Corinthien  ,  &  tout  ce 
qui  si  pu  Lire  a'eltéd'ei  changer  feulement  les  efpeœs  de  feuilles,  8^ 
ly  mê°er  quelques  ornemensfignificatifs  pour  fervirdatributs  aux  Eifi- 
ce  C  eft  pourquoy  Jofeph  rapporte  que  l'Ordre  du  Temple  de  Salo- 
monétoi  Connîhien  ce  qm  fembleeftre  confirme  par  Vilalpande  ,  qui 
do"  ne  aux  Colonnes  myrteneufes  du  Porche  de  ce  Temple  qui  avoient 
Sx  coudéesdediametre,  les  proportions  Corinthiennes,  &  il  prétend 
comme  rav  dit  cy-devant,  que  les  Grecs  ont  pris  leurs  proportions  fur  ce 
"rModlude^aplusparliteArcImea 

•Livre  des  Rois,  e'toient  faits  de  branches  de  Us  avec  des  grenades  ,  &  a 

peu  près  de  la  manière  qu'ils  font  deflinez  dans  Vilalpande  ;  mais  comme 

?!s  n'ont  pas  la  -race  de  celuy  du  Livre  du  Parallèle,  qui  eft  de  feuil- 

dep    ri    r    a'rbrefortcommundans  la  Paleftme,  j'ay  fu.vx  ce  dernier 

xer^pleTsc    'ay  pns  la   liberté   d'y  mettre  des  cornes  de  bélier  pour 

voUues     comme  f\-mboles  des  vidimes  de  la  Religion  Judaïque.Ces  or- 

ita^'peu'em  convenir  aum  fort  à  propos  aux  Egliles  des  SS  Martyrs 

pa^ce  qiL  le  palmier  eft  le  Symbole  delaViftoire,  &  de  la  Conftancc 

avec  laquelle  ces  Héros  du  Chriftunifme  ont  comme  des  Yidimes ,  repan- 

du  leur  fans  pour  la  Foy.  „  . 

Lors  quits'eft  agi  d'inventer  un  Chapiteau  qu  on  put  nommer  d  Or- 
dre  Frai  cois,  entre  plufieurs  produdions  qui  parurent  alors  j  celles  qui 
ont  le  plus  aproche'dela  difpofition  &  des  melures  Corinthiennes ,  ont 
X'  eceuësrvecleplusd'apr'obation.  On  s'eft  fervi  de  Panaches  au  heu 
de  Feuilles,  difpofées  de  la  mefmc  manière  que  celles  d  Acanthe&d  Oli- 
vier    Laplumc  d'Autruche,quieftflexible,  fait  un  revers  aflez  narureli 
mai^  cette  quantité  de  petits  brins  a  quelque  chofe  de  chetif,  fi  elle  n  eft 
iccompocrnée  d'autres  ornemens  -,  c'eft  pourquoy  outte  la  Couronne  de 
Prince  qui  M.  Peraut  avoit  mis  fur  l'aftragale  de  la  Colonne ,  ,  y  ay  a,ou  - 
té  les  Cordons  des  Ordres  Militaires  de  S.  Michel  &  du  S.  Efprir ,  que  M. 
Girardoiravoit  introduit  dans  un  Chapiteau  qu'il  inventa  alors  i  ainh  les 
Volutes  eftant  ornées  de  plumes  de  Coq ,  avec  la  refte  de  cet  oifeau  ,  ou 
un  Soleil  pour  fleur,  ce  Chapiteau  fera  aulli  Royal  que  François.      - 


tmmm 


PI,S9'  ^T  CHA?irEAVX  STMBOL. 


ip^ 


BASXS  C O:\rPO  SXX  s  et  CH  ATITEA-UX  S  Y^IB  OXiQTJB  S 


Ppij 


^  J  N  K  £  tV  Ji  E  s 


CANNELURES    RUDENTEES 

ET    O  R  N  E'  E  S. 

r^Omme  lesRudentures&  mtresfemhlablesOrne- 
^  mens  enrkhtjfent fort  à  propos  les  Colonnes  délica- 
tes, fay  choijî  les  plus  convenables  par  rapportai  Or- 
dre &  a  la  largeur  des  Cannelures. 

F.  rolonnes  Antiques  de  marbre  font  la  plafpart  cannelées,  &qucl- 
T  Le  .TfrX^e'es  avec  des  bâtons  jufques  au  tiers,  comme  les 
X^  qoes  -  unes  [^^f f^^' ^'  nftannn  OU  avec  des  rudentures  plates , 
Corinthiennes  de  1  Arc  de  C°"i^^^"";i°^^^e7trouve  peu  dont  les  can- 
comme.I  y  en  adansle  P^"^^X^,3"^^^^,;^endrt  c^^^^^^  n'eftant 

nelures  foient  remplies  ^^.[^"^l'^S^'i^pru  'ofent  efttc  les  feuilles  du 
pas  plus  contraires  a  la  ^  ^^^^  ^^  1^^  Colonnes  les  plus  fvdtes 
?^P'rLaUtT"e""oùvra;e  &Tla  ^an^  &  les  Colonîies  de  de- 
î;:;strl^^^rlXe^usricb.que.lles^e^de^ 

-17'"  '^;\^urnrT;:r^S  -uli^er'ne;?  LiUe'erl  la  Fnfe 
Tl  e^ïïspXes'd«ïambris  de  revêtement,  &  les  Colon- 
fculpee.    Les  maures  "  rl'Aurcls  ,     &  autres  morceaux     de 

Menu,ler,equ  1  fau  ca> me  c  ,  p  ^^P^  ^^  ^^^^  ^^^^  ^^ 

ncmcns,  parce  qu  ils  P="J"'  =  «nvaui  font  à  jour  comme  les  tu- 
t  PT^'lÎ'ustSuest «"s "il?  Je'  baguLes.  Uc  fubfiftcu 
bans  tortiUeî,  ^",Y'ii",  ,„  -^q-  de  bac^uettes  les  cannelures,  &  on 
n..eux  f-«j--^;j-,^Sescommèaux  Colonnes  de  l'Egl.fe  de  Sainte 
en  met  encore  ^^^^^  *=°^'     ^,^  en  devient  trop  confus.    H  faut 

Agnes  h°^\^;/°"^;,;Xe  ?o>t  moindre  lors  qu'on  y  raille  de  ces  or- 
cjue  le  "<>";^b;;j^^  7~^  ,    en  forte  qu'au  Ueu  de  x4.  qui 

nemens,  pour  les  d^S^p".^  ,  ■  »■,  .  en  ait  que  lo.&mefmc  que 
font  ordinairement  au  ^«""fhien      1  n  y  en  .^^^elure.  On 

chaque  cofte  n'ait  ---°"  ^^^  J^^^  „1  /e/f  ou  1  s  fa.lant  fortir  de 
d.fpofe  ces  ornemens  de  diftcrentcs  '^^nieres  ,  Colonnes  Ioniques 

rofeauxde  la  lo^S^^^^^^^^    "n      e  m^ere      en  ^^^^^^^  T^ns 

f^lcrl^^eU^"^:v;  a^=isi -t 

-.t^^Ir^eSol^"^^^^^^^^^^^^ 


p/.5J0t 


RVD  ENTETES  ET  ORNE' ES. 


3-01 


i  'Rudent-  a  bas  ton. 
j  .^ud  a.  haauette. 
4.  Jtoseau  âtXauricA 

ôHudent  a.  cabtc  . 

y.Huden  jJiuMes 
Je  refend.  . 

S  IRud.  j.  cordelette 

o  ■l'euiues  tenir nan 

tes  a.  f<rur 
xo.Ituoans  tzrrtdles 
iJ.  Ter/es  et  O lires 
13.  Rtnceaiux,  ■ 
J.J .  Culots  ■ 
±4.!l.tge  dejèuules 

g.Tiae  d^4caiUhe 
±  ôlioe  de  rosettes 
ly  Falmettes  . 
i3 Xaumret  roses 
t  a  J'euiUes  de  Cfiesiu  ■ 
z  o  loncs fieu^bines 
XX  Sntrel  dejèuiiles 

de  rcfènd 
iiSatre/as  aye 
COiTut/les  . 
■),7^0uqtÀetsJeI,aur 
j,  4.  FostesjTeuro  nne 
%^  G-rotesiju-  ~etrroseJ 
xSIones  coudes  etr 

r'oses'    ■ 
T.'j  £n trel  aw!c  roses 
%8  Ti^e-deXis 


\\pioe  c^:srNi:xT^uxs  iiuDX:NrTï:xsi:T  oicxiïv^j. 


Pp  ii; 


^Oî 


COLONNE 


m0 


l^a 


COLONNE    AVEC   DIVERSES 
BANDES. 

-p  len  que  les  Colonies  de  cette  efpece  ne  [oient  pas  fort  en  ff^ge , 
comme  il  s' en  voit  cependant  de  treS' belles  ou  la  richejfe  (jr  le  ^f^*'- 
vatl  -n  ont  point  été  épargnez.,  f  ay  jugé  que  celle-cy  neferottpas  a  re~ 
jet  ter  y  la  variété  de  fes  ornemens  pouvant  la  faire  mettre  en  œuvre 
avecfuccés  dansplufieurs  Ouvrages, 

ILcft  confiant  que  la  beauté  naturelle  d'une  Colonne  cft  d'eftrc  d'un 
feul  bloc  de  pierre  ou  de  marbre,  fans  autre  ornement  que  la  ^race 
de  fou  contour  i   mais  comme  la  matière  ne  repond  pas  toujours  a  cet 
avaiuai;e  ,  &  qu'on  clb  (bavent  oblige  de  la  faire  de  pluficurs  tambours  : 
les  Archicedes  fe  font  avifez  pour  en  cacher  les  joms  d'interrompre  la 
lont^ueur  du  fuft  par  des  bodages  ou  pareils  ou  mêlez  pour  la  rendre 
rultique,  ou  par  des  Bandes  cfpace'es  fur  un  fuit  cannelé  pour  la  faire  plus 
riche.  Il  y  a  deux  chofes  à  remarquer  dans  ces  Bandes ,  leur  difpofidon 
&  leur  variété  •  elles  fe  trouvent  dilpofe'es  de  différentes  manières  félon 
lecaraftcre  de  l'Ordre  &  la  richefle  du  trayail.  Aux  Colonnes  Ioniques 
desThuillcriesilyacinqBandcs  dans  la  hauteur  du  fuft,  dont  îhacune 
ell  couronnée  d'une  ceinture  de  feiiilles  d'eau,  &  la  première  Bande  cft 
au  deflusdela  naiflance  des  cannelures,  ce  qui  n'eft  pas  de  mefmeaux 
Tofcanes  duPaffage  de  la  Galerie  du  Louvre,  où  la  première  Bande  des 
fixquien  ornent  le  fuft  cannelé  pofe  immédiatement  fur  la  bafe  ;  ni  aux 
Comportes  du  Portail  de  S.  Efticnne  du  Mont  ,  où  il  y  en  a  huit  qui 
laiflentneufefpaccs  ou  tambours  dont  les  cannelures  terminent  quarré- 
ment.  La  variété  de  ces  Bandes  confifte  dans  la  diverfité  de  leurs  orne 
mens  &  profils  fur  une  mefme  Colonne,  comme  lors  qu'elles  font  enri- 
chies d'Armes ,  deDevifcs,  de  Symboles,  de  Compartimens,  &c.  le  tour 
hill:orié&  accommode  aux  lieux  &  aux  perfonnes ,  en  forte  que  ces  or- 
nemrns  fans  cflre  répétez  en  deviennent  fîgnifîcatifs.     Cette  Colonne 
peut  encore  cftre  confiruite  d'une  autre  manière,  en  faifant,  ou  fon  fuft 
cannelé  de  marbre  blanc  &  fes  tambours  de  marbre  de  couleur ,  ou  le  con- 
traire. Quant  à  la  proportion  des  Bandes  ,    elles  ne  doivent  pas  avcir 
plus  d'un  module  de  hauteur ,  afin  que  le  nû  du  fuft  pareille  davanta- 
ge. Enfin  quoy  que  ces  Colonnes  ne  fbient  pas  des  exemples  de  la  plui 
régulière  Architeiilure  ,  elles  peuvent  néanmoins  fervir  fort  à  propos , 
étant  Ruftiques  aux  Grotes  &  Jardins ,    &  étant  délicates  aux  décora- 
tions des  Scènes  des  Théâtres,  des  Arcs  pour  les  Entrées  publiques,  de 
Catafalques  pour  les  Pompes  funèbres,  &c. 


?/.9i- 


uiFEC  DIVERSES  BANDES. 


303 


Jcincle    a  Ba 
l'ec  Cfcius  Ccru. 
'dcts  etrcses  _/  . 
^'iscs   de  paiiLCt 


i  ande  a  LiAel 
;<'^^  /<?i"  ytr-ni^s  de. 
'  'LUice  sx/ute^iiics 
'.Là  Pahne-T  et  de 
Lauriers     C  • 


Bande  alalon 
axLec  ccurcniies  et 
qtLeiteJ  cLi  Pac  jiD 
Rj^es,  Gulots  et 
dtb'e.lcLS  •  Er 

Bande     ave 
Asti-aaale 
atlL  a.  AnSescLev  a . 
nt£r  etculûti  <}cu 
blesF.  ccmparti 
mens  àe  Listels 


Bande  aCa\'et 

a  ut  a  entrelas  et 
culcts  H  Icncs  et 
fLettrcms  I  . 


Bande     avec 
C^art*  de  rond 

CfiLL  a  entr^elas 
liens  et  If  u  eue  s 
de  Pacn      K    . 


\AŒC      DIVERSES     BANDE5r 


304 


D  l  S  P  O  S  I  T  r  0  N  S   -DP. 


DISPOSITIONS  DE  COLONNES 
ET  DE  PILASTRES. 

<>f^Ay  reprefenté  ces  Colonnes  par  leur  plan ,  parce 
J  qu'elles n'auroient]pû être  conceu'és par  leur  ele 
vatton  ',  ce  qui  m'a  donné  iinfujet  de  critique  de  quel- 
ques difpojîtions  qui  ne  font  pas  à  imiter ,  qiioy  qu'elles 
fe  trouvent  dans  des  Ouvrages  approuvez» 

Toutes  les  Inventions  dans  les  Arts  ayant  eu  pour  principe  le  defir 
de  la  nouveauté,  les  Architedles  qui  ne  fe  font  pas  contentez  des 
figures  ordinaires  ,  en  ont  cherche'  d'extraordinaires,  autant  pour  le  di- 
(tinguer,    que   pour  quelque  raifon  particulière.  Ainfi  ils  ont  fait  des 
Colonnes  ovales,  pour  en  dimniuer  la  faillie  ;  des  Colonnes  à  pans ,  pour 
recevoir  plufieurs  retombées  ;  &  des  Torfes  à  jour  à  deux  ou  à  trois  ti- 
ges ,  pour  faire  paroître  la  delicateflc  du  travail,  &  mefme  ils  ont  prati- 
qué des  Elcaliers  à  noyau  ou  fufpendus  dans  les  Colonnes  Cololfales 
pour  y  monter  comme  dans  une  Tour.   Quant  à  la  difpofition ,  la  ne- 
cefTité  contraint  quelquefois  de  prendre  des  licences  ;   mais  il  faut  évi- 
ter celles  qui  font  poiitivement  contre  les  règles  de  l'Art,  ^omme  de 
doubler  ou  de  flanquer  les  Colonnes  &  les  Pilaftres  ,    parce  que  cette 
pénétration  de  Corps  mutile  les  Chapiteaux  &  les  confond.  Pour  les  Co- 
lonnes liées  &  cantonnées,  comme  il  n'y  a  aucune  neceflltéde  les  faire 
de  cette  forte  ,    c'cfl:  un  abus,  parce  qu'on  doit  plûtoft chercher  àifo- 
ler  les  Colonnes  qu'à  les  trop  engager  ou  nicher  ;   c'eft  pourquôy  lors 
qu'il  n'y  a  pas  fuftifamment  de  place,  il  y  faut  pliltoit  mettre  un  Pi- 
laftre.    Les  Groupes  de  Colonnes  femblent  encore  aulît  inutiles ,  dau- 
tant  que  cette  multiplication  de  corps  ôte  le  plus  bel  effet  des  Porches  Pe- 
riftyles ,  Colonnades ,  &  autres  Colonnaifons ,  qui  ell  de  pafler  Hbre- 
ment  entre  les  Colonnes.  Aulli  Vitruve  dit  qu'on  ne  doit  ferrer  les  Co- 
lonnes plus  prés  que  le  Picnoftyle.   Le  Pilaflre  plié  cft  auffi  faux  dans 
fon  principe,  que  celuydans  l'angle  eftvray  ;  parce  que^Je  Pilaftre  ifo- 
Ic  appelle  Ante,  eftant  parfaitement  quatre,  on  doit  fuppofer  qu'il  eft 
dans  le  corps  du  mur,  &  que  ce  qui  en  excède  le  nCi  n'en  eft  qu'une  face 
ou  une  encognure.  Pour  les  Pilaftres  ébrafez ,  c'eft:  une  fujetion  d'un  pan 
coupé,  où  il  faut  obfcrvcr  que  les  deux  moitiez  foient  chacune  plus  lar- 
ges que  le  demi -diamètre  pour  dégager  les  hélices  &  la  fleur;  comme 
il  a  efté  pratiqué  à  l'Eglife  de  S.  Pierre  de  Rome  :  &  lorfqu'il  ny   a 
point  de  tribune  ny  de  niche  ,   comme  à  la  Sorbonne ,  l'entre -pilaftre 
doit  avoir  au  moins  un  dcmi-diametre. 


i"<.i?2. 


Pi  $z  COLONNES  ET  PILASTRES. 


3^5 


Colonne 


5 ,  .  Colonne 

OVaie    .  Colonne  arans.  lumelec  . 


f°ri?n?f  Colonne  Ter. 


Col. 


CoIonneA«.,uIax.e  .  ^e   dera;xi.rpffire. 


Colonnes   Groupées 

Colonne 
Attiq^ue 


ilaftre 
axi5  lAnole 


Colonne^  Cantonnées 


Paais    Coupei 


,^^piSFOSITIOyS?.  C QLOyXES  .  ^  PI L  ASTRE S^,  ,,^ 


Pilailre 
PKe 


^q 


COLONNES 


IdIVERSES  ESPECES 

D  E 

COLONNES 

Extraordinaires  ôc  Symboliques. 


OUTR  E  les  Colonnes  ordinaires  dont  il  a  efté 
parle  dans  le  cours  de  ce  Livre,  voici  le  deffein 
de  plufteurs  autres  ejpeces  de  ce  principal  ornement  de 
l'ArchiteEitire ,  autaiitpour  en  faire  connoître  la  va-^ 
rieté ,  que  pour  exciter  ceux  quife  mêlent  du  depin  a 
produire  quelque  chofe  de  nouveau  &  de  raifonnable 
fur  cefujet. 

LE  s  Colonnes  qui  n'avoient  d'abord  fervi  aux  Edifices  que 
parneceOTité,  fuient  enfuite  employées  par  magnificence, 
qui  alla  à  un  tel  excès  qu'on  en  éleva  des  Colofles  pour  fervir  de 
Monumens.  Jedivife  ces  Colonnes  extraordinaires  en  trois 
claiTes ,  dont  la  première  eft  des  plus  grandes appellées CololTa- 
les,  qui  font  toujours  rolitaires&  font  un  ornement  particulier 
détaché  de  toute  ordonnance  d'Architedure.  La  féconde , 
des  moyennes  qui  entrent  dans  la  compofitiondes  Baftimens, 
&  ont  leur  ufage  comme  les  ordinaires.  Et  la  dernière,  des  pe- 
tites qui  fervent  à  enrichir  les  Tabernacles ,  Cabinets  de  Mar- 
queterie, Buffets  d'Orgues,  Horloges,  Pendules,  &autrcs 
Ouvrages  délicats. 

Les  Colonnes  Coloffales  font  Maflîvcs  ouCreufes,  Statuai- 
res ou  Zophoriques ,  Triomphales  ou  Hiftoriques  ,  ou  en- 
fin Aftronomiques.  De  toutes  ces  Colonnes  l'Hiftorique 
peut  palïer  pour  la  plus  augufte,  parce  qu'outre  la  Statue 
d'un  homme  illuftre  qu'elle  porte,  elle  reprefcnte  encore fes 
lâions  héroïques  :  mais  il  faut  avouer  que  nonobftant  cet 


h' 


^XTRAOR-DINAIKES.  307 


avantage  \\  y  a  quelque  confulion  dans  la  richefle  de  Ton 
'  travail  ,  principalement  lors  que  les  fujets  y  font  traitez 
dans  un  J3as-relief  continu  en  ligne  fpirale  ,  comme  aux 
Colonnes  Trajane  &  Antonine  ;  au  lieu  que  fi  zt%  fujets  en 
eftoient  feparez  par  bandes  avec  infcriptions  elle  feroit  en- 
core Chronologique ,  parce  qu'elle  contiendroit  les  Faftes 
d'une  vieauffiheureufequeglorieufe.  I 

Pour  la  Colonne  Triomphale,  il  n'eft  pas  neceflaire  quel- 
le foit  creufe  :  &  entre  les  couronnes  qui  marquent  les  ex- 
péditions militaires,  &  qui  cachent  les  joins  des  tronçons, 
il  pourroit  y  avoir  des  Armes  de  Provinces  &  des  Profils  de 
Villes  conquifes  :  ce  qui  rendroit  encore  cette  Colonne  Ho- 
norable. 

Pour  la  Colonne  Aftronomique  elle  doit  eftre  creufe, 
parce  que  ce  n'eft  qu'une  efpece  de  tour  ronde  pour  fervir 
d'Obfervatoire  fur  les  mouvemens  de  la  Sphère  &  des 
Aflrss.  La  Colonne  Phofphorique,  qui  eft  aulTi  Coloiïale , 
peut  eftre  d'une  énorme  grandeur  ,  &  baftie  à  la  tefte  d'un 
Mole  ou  devant  la  Chaifned'uneDarceoud'unBaffindePort 
de  mer,  pour  luy  fervir  de  Fanal. 

Quoy  que  la  Colonne  Roftrale  foit  petite  dans  fon  ori- 
gine, on  pourroit  néanmoins  fur  cette  idée  en  ériger  une 
Coloffale  de  marbre  de  couleur  ,  dont  le  piedeftal ,  la  bafe , 
&  le  chapiteau  feroient  de  marbre  blanc  ,  &  les  poupes  & 
proues  de  vaifleaux  &  de  galères  avec  la  Statue  feroient  de 
bronze  doré  \  &  il  n'y  a  point  de  doute  que  ce  monument 
conviendroit  mieux  à  la  gloire  du  Roy  dans  quelque  Ville 
Maritime ,  devant  un  Arfenal,  une  Maifon  de  Ville,  ou 
quelqu'autre  Edifice  public ,  qu'aucune  Statue  Equeftre  qu'on 
luy  pût  élever. 

Or  comme  les  Colonnes  Coloiïalesfont  purement  de  ma- 
gnificence, il  eft  neceffaire  qu'elles  foient  élevées  dans  de 
grandes  places  pour  eftre  veuès  d'une  diftance  proportion- 
née ,  &  que  ces  Places  ayent  une  décoration  conforme  à  la 
dignité  du  Monument ,  comme  le  Marché  de  Nerva  & 


SLq  >i 


■k 


,o8  COLONNES 


celuy  de  Trajan  ,  qui  clloii:  aulïi  riche  d'Architecture  que  h 
Colonne  Teftde Sculpture. 

On  voit  encore  par  les  ruines  de  plufieurs  Antiquitcz, 
combien  ces  Places  accompagnées  de  Colonnes ,  eftoient  en 
recommandation  chez  les  Anciens ,  &  même  on  juge  par 
ce  qu'en  ont  écrit  les  Hiftoriens ,  &  par  de  certains  efpaces 
•  qui  font  reftez  vuides ,  de  la  figure  &  de  l'ufnge  de  ces  Pli 
ces,  qui  fervoient  d'Hipodromes  ,  de  Cirques  ,  de  Xyftes , 
de  Paleftres,  de  Naumschies,  de  Viviers,  &'c.  plûtoft  pour 
le  plâifirque  pour  l'utiHté  ,  comme  nos  Halles  ,  Foires ,  & 
Marchez. 

La  beauté  des  Places  publiques  procède  de  leur  régulari- 
té &  de  leur  fymmetrie  :  par  leur  régularité  on  entend  qu'el- 
les foient  comprifes  dans  des  figures  pirfaites  ,  comme  ron- 
des ou  ovales,  quarrées  ou  oblongues,  en  forte  que  les  an- 
gles  &  les  cotez  en  foient  droits  :  &  par  leur  fymmetrie, 
que  l'Architedure  en  foit  ou  uniforme  ,  c'efl-à-dire  qu'elle 
règne  également  à  l'entour  avec  un  Portique  public  ,  ou  ref- 
peélive  ,  les  Bdtimens  des  cotez  oppofez  efiant  égaux  ,  ou 
rnémc  differens,  pourveu  que  ce  foient  des  Palais,  des  Hôtels, 
&  d'autres  Bâtimens  confiderables.  Quant  à  la  fîtuation  d'une 
Place  il  efl  avantageux  qu'elle  foit  plûtoft  devant  une  grande 
rue,  com  me  celle  qu'on  bâtit  OLieftoit  l'Hôtel  de  Vandôme  à 
Paris ,  parce  qu'on  la  découvre  plus  facilement  ;  que  fi  elle  eftoit 
renfermée  dans  une  ifle  de  Quartier,  comme  la  Place  Royale 
qu'il  faut  aller  chercher. 

La  meilleure  difpofîtion  d'une  Place  ,  c'eft  quand  elle  efl 
traverfée  d'une  grande  rue  par  le  milieu  ,  qui  fouvent  eft 
croifée  d'une  autre,  ainfi  qu'on  le  pratique  dans  les  nouvelles 
Villes  plantées  de  fymmetrie  ,  comme  celle  de  Verfailles. 
Quant  aux  retranchemens  qui  fe  font  autant  pour  l'utilité 
publique,  que  pour  l'embelliflement  des  anciennes  Villes;  il 
faut  que  non  feulement  les  maifons  des  rues  dreffées  d'Ali- 
gnement fe  bornoyent ,  en  fupprimant  les  faillies  &  avan- 
ces fuperfluës  au  delà  des  murs  de  face  réglez  par  le  Voycr: 


E  rr  R  ^  o  p  D  r  AT  ^  /  R  E  s.  ^^  >. 

maison  doit auUif.ire  de. entré-coup,  s  en  certains  Carrefours 
&  des  pans  coupe,  auxenrognures  des  Rues,  pour  faciliter  le 
rournant  des  charois  &  en  rendre  les  entrées  &  les  ilTuës  corn- 
modes. 

Us  Colonnes  Milliaires  à  l'exemple  de  cellc-cy  ne  font 
pasColoflales,  quoy  qu'elles  foient  Solitaires  :  &  fi  l'on  en 
introdmfoit  l'ufage  comme  autrefois  chez  les  Romains,  qui 
es  plaçoient  fur  les  grands  chemins  pour  marquer  ainfi  que 
les  Pierres  &  Termes  milliaires  les  diffances  des  lieux  & 
dans  leurs  Carrefours  pour  enfeigner  les  différentes  routes',  il 
hudroit  pour  les  rendre  plus  utiles  qu'elles  fuflent  auffi 
Gnomiques  avec  des  Cadrans  fobires  ,  parce  qu'elles  mar- 
queroient  encore  les  heures  du  jour  aux  Voyageurs.  Les  Co- 
lonnes Funéraires  &  Sepulchrales  font  ordinan-ement  feules  & 
d'une  moyennegrandeur,  ainfi  que  les  Limitrophes  &  les  In- 
dicatives. 

Les  moyennes  Colonnes  extraordinaires ,  qui  font  celles 
qm  entrent,  comme  j'aydit,  dans  la  compofition  des  Edi- 
fices fe  peuvent  varier  de  plufieurs  façons  :  on  peut  faire  les 
Rufliques  d'autant  d'efpeces  qu'il  y  a  de  Bolfages.     Les  Co- 
lonnes Bandées  ont  de  la  Sculpture  fur  leurs  bandes  ,  &  ce 
qui  paroift  du  fuft  eft  cannelé.     Mais  toutes  ces  Colonnes, 
de  quelque  matière  qu'elles  foient ,  mêmeFufibles,  ne  doi 
vent  efire  employées  que  par  rapport  au  lieu  qu'elles  déco- 
rent, comme  les  Colonnes  en  balufires  fervent  aux  Clô-    i 
tures  de  bois,  de  fer  ,  ou  de  bronze;  les  Belliques  qui  ont    {| 
la  forme  de  Canons  conviennent  aux  Portes  des  Citadel-    ( 
les,  des  Arfenaux&  des  Fonderies  :  celles  qu'on  nomme 
Menianes,  aux  Balcons  ou  Menianes  qu'elies  foûtiennent  : 
les  Marines  couvertes  de  glaçons  ou  de  coquillages,  aux 
Grotes ,  Fontaines,  Nymphées  &  Pifcines  :  les  Colonnes 
Feuillues  &  Pjftorales ,  aux  Portiques  des  Jardins,  Grotes 
fatyriques  ,  Laiteries ,  &:  autres  Bâtimens  Champêtres  ,  & 
celles  de  Treillage  aux  Berceaux  ,  oî:i  les  Pilaftres  convien- 
nent mieux  &  font  de  moindre  faillie  &  dépenfe  :  &  en- 


^j^  COLONNES 


fin  les  Hydrauliques  aux  Cafcades;  ces  dernières  fe  font  de 
plufieurs  manières,  &  il  fort  du  haut  de  quelques-unes  un  . 
Bouillon  ou  Jet  d'eau ,  qui  en  retombant  forme  de  Na- 
pes  droites  ou  en  fpirale  ,  comme  celle-cy  qui  eft  à  Frefcati. 

Les  petites  Colonnes  font  le  plus  fouvent  Prétieufes  à 
caufc  de  leur  matière ,  comme  de  Lapis,  d'Agathe,  d'Avan- 
turine,  ou  de  divers  Jafpes  rares;  furquoy  ilfautobferverque 
les  veines  ou  taches  de  ces  pierres  choifies  foient  petites  à 
proportion  des  Colonnes ,  &  que  les  couleurs  détachent 
du  fond  contre  lequel  elles  font  pofées  :  Ilyen  a  même  de  Dia- 
phanes, comme  celles  de  Criftal,  d'Albâtre,  &  d'autres  pier- 
res tranfparentes.     Ces  petites  Colonnes  font  ordinairement 
faites  au  tour,  &  la  plus  finguliereeftlaTorfeévidée  à  jour, 
qui  fe  fait  de  deux  manières ,  ou  de  deux  tiges  torfes  à  l'entour 
d'un  noyau ,  ou  de  trois  tiges  tournées  en  fpirale.     Il  s'en  voit 
de  marbre  de  cette  dernière  forte  qui  peuvent  palTer  pour  un 
chef-d'œuvre  en  ce  genre.     Les  Colonnes  de  Bas-relief  fer- 
vent de  fond  à  la  Sculpture,  &  les  Feintes  à  la  Peinture.     Et 
il  s'en  fait  aufli  qu'on  peut  appeller  Lumineufes ,  pour  les  Fêtes 
&  Illuminations,  &deCorolitiques  pour  les  Décorations  de 
diverfes  fortes. 

Voila  une  partie  des  Colonnes  Extraordinaires ,  qu'on 
peut  appeller  Ingenieufes ,  fans  parler  de  tant  d'autres  qui 
palTent  fous  le  nom  de  Compofées,  qui  outre  qu'elles  font 
éloignées  des  proportions  ordinaires ,  font  encore  chargées 
d'orncmens  confus  qui  oftent  la  grâce  de  leur  contour.  Teb 
font  les  Ceintures  à  l'endroit  du  renflement ,  comme  il  s'en 
voit  à  l'Eglife  de  S.  EuftacheàParis  :  d'autres  qui  font  rufti- 
quées  avec  de  petits  boffages  en  pointes  de  diamant  )  com- 
me à  la  Maifon  bhnche  de  Gaillon  prés  de  Roiien.  Or 
comme  le  Chapiteau  eft  le  principal  ornement  de  la  Colon- 
ne, &  que  fa  beauté  confiftc  dans  la  proportion,  le  choix, 
&  l'arrangement  de  fes  feuilles ,  aufli  ne  faut-il  pas  fubfti- 
îuerà  la  place  de  ces  ornemens  qui  luy  font  propres ,  des  Fi- 
gures, des  Animaux,  des  Trophées,  Mafques,  &  autres  ca- 

wmiÊmmmmmmÊmmmmmmmmmmmimmmmmmimmmmm^ 


^XTRA0RT>INA1RES 


3ït 


pncesqmne  font  que  des  produdions  imparfaites,  fansdeffcin 
m  rapport  d'ufage,  &:  dont  les  Bâtimcns  gothiques  &étran- 
gers,  aufli-bien  que  plufieurslivres  font  remplis.  Ilfautnean- 
iT.oins  excepter  de  ces  Colonnes  les  Symboliques,  lefquelles 
quoyquecompoféesont  leur  beauté  particulière,  à  caufe  des 
attributs  convenables  dont  elles  font  enrichies.  C'eft  pourquoy 
lors  qu'on  regratte  les  Façades  pour  quelque  racordementou 
réparation ,  il  'aut  retondre  tontes  ces  faillies  inutiles  ;  &  s'il  eft 
poir]ble,plûtoftincrufter  des  bafes,  chapiteaux  &  autres  mem- 
bres, que  de  repeter  ce  qui  eft  de  mauvaisgouft  dans  la  partie 
neuvequieftàconftruire. 

Il  feroit  aifé  d'accomm  oder  à  nos  ufages  la  plufpart  de  ces  Co- 
lonnes extraordinaires,  &:parexemplel  onpourroit  fort  à  pro- 
pos élever  une  Colonne  Militaire  dans  un  endroit  fignalépar 
uneviâoire,  parce  que  la  Colonne,  particulièrement  l'Atti- 
que,  eftant  un  monument  durable  &ifoIé,  elle  recevroit  avec 
ordre  fur  fon  Fuft  &  fon  Piedeftal  des  Infcriptions  &  Trophées, 
pour  marquerlesplus  notables  circonftancesd'uneExpedition. 
Onpeutdoncconclureparcequieftdit  cy-delTus,  combienil 
eft  important  à  ceux  qui  ont  h  diredion  des  Ouvrages,  aux 
Architedes  qui  les  inventent  &  aux  Sculpteurs  qui  les  exécu- 
tent ,  d'avoir  connoiiïance  de  l'Architedure  antique ,  foit 
parles  voyages,  foit  par  l'hiftoire,  ou  du  moins  de  s'en  faire 
mftruire,  parce  que  les  Ouvrages  doivent  eftreplûtoftconlî- 
derez  par  leurs  convenances  aux  lieux,  aux  ufages &: aux per- 
fonnes,  quepsr  la  matière,  le  travail,  &ladépenfe. 


'v- 


TIEDESTAVX 


DIVERSES   ESPECES 

DE      PIEDESTAUX 
EXTRAORDINAIRES. 

T  Es  ^lans  &  les  Elévations  des  Tiedejlaux  ex- 
'—^traordmaïres  que  je  donne  icy ,  font  'voir  que  cet 
Ornement  d'Architecîtire  peut  eftre  traité  dtfftreni' 
ment  fdon  les  fiijets  qu^il  porte» 

IL  n'y  a  gueres  de  partie  dans  1' Archite(5lure  qui  foit  plus  arbi- 
traire que  le  Piedeftal ,  &:  où  Ton  puifle  prendre  plus  de  li- 
cence fans  s'écarter  des  règles,  puifqu'il  n'y  en  a  pointdeprel- 
critesparlesexemplesdel'Antiquité,  ni  par  les  préceptes  des 
Architeftes  modernes ,  qui  n'en  ont  pas  fuffifamment  écrit, 
(car  je  ne  parle  pas  icy  des  Acroteres  &  desPiedeûauxdes  Or 
dres:)  C'eftcequim'afaithazarder  ces  defleins,  pour  donner 
fujet aux  Architea:es&  Sculpteurs,  non  feulement  d'inventer 
de  nouveaux  Piedeftaux  ,  mais  encore  fe  fervant  de  ceux- 
cy,  d'en  faire  les  profils  en  grand  ,  &  d'ajouter  les  Socles  qui 
manquent  à  quelques-uns ,  &  que  le  peu  degrandeur  de  ce  Vo- 
lume ne  m'a  pas  permis  d'inférer  icy. 

Quoy  qu'il  n'y  ait  point  de  proportion  déterminée  pour 
le  Piedeftal ,  &  que  fa  hauteur  dépende  de  la  firuation  ôj  de 
h  figure  qu'il  porte,  cependant  quand  il  eft  au  Rez-de-chauf- 
fée  de  dehors  ou  de  dedans ,  on  luy  donne  ordinairement  les 
deux  tiers  ou  les  deux  cinquièmes  de  la  haureur  de  la  figure: 
&pluselleeftmaffive,  plus  le  corps  du  Pied.ftal  doit  eftre  fort 
&bas,  comme  on  le  pratique  dans  les  Ordres,  oiileTofcan, 
qui  eft  le  plus  court  &  le  plus  maffif ,  eft  toujours  au  Rez- 
dc-chauflée. 


Avant 


E  XTR  yiORT)  TN  u4  TRE  s.  515 

Autant  que  les  Piedcftaux  des  Ordres  doivent  eftre  fimples 
&  réguliers ,  autant  ceux-cy  peuvent  avoir  à  proportion  des 
formes  ingenieures&  extraordinaires  fclon  le  caradere,  l'atti- 
tude &  la  fituation  des  figures.  Les  moindres  Piedeftaux 
fervent  à  porter  les  Statues  en  pied  qui  font  antiques  parfai- 
tes, ou  torfes  reflaurés,  ou  enfin  modernes  ;  entre  lefquelles 
il  y  en  a  de  nues  comme  la  plufpart  des  Grecques ,  &  de 
vetuës  comme  les  Romaines  :  &  les  unes  &  les  autres  font 
Divines,  Héroïques,  Auguftes,Symboliques,ou  Allégoriques. 
Mais  parce  que  de  toutes  ces  figures  les  unes  font  de  propor- 
tion pefante  &  les  autres  fveltes  par  rapport  au  fexe,  à  l'âge 
&  à  la  qualité  ,  il  faut  auffi  que  le  Picdeftal  en  foit  différent 
de  hauteur  ,  de  profil  ,  &  d'ornemens.  Quant  aux  Piedc- 
ftaux figurez  ,  qui  ont  des  retours  ou  pans  coupez,  ou  qui 
font  flanquez  ,  arondis  ou  échancrez  en  leurs  encogneures; 
ils  fervent  plus  ordinairement  à  des  figures  légères:  &  ceux 
avec  avant-corps  cintrez  ou  droits  ,  à  celles  qui  ont  des  ani- 
maux ou  des  attributs  à  leurs  pieds,  qui  portent  avec  grâce  fur 
ces  parties  faillantes. 

Les  Piedeftaux  des  figures  affifes  ou  I  genoux,  comme  font 
celles  des  Papes  &  Prélats ,  des  Hommes  de  lettres  &  de  robe, 
qu'on  érige  dans  les  Parvis  ou  Places  devant  les  Eglifes,  dans 
les  Chapelles,  &  prés  des  Maufolées,  Sépultures,  &  autres  en- 
droits, doivent  être  moins  hauts  que  larges,  ces  figures  ayant    i 
plusdeplan,  que  celles  qui  fontenpied.     Si  l'on  a  plufieurs    || 
figures  d'une  même  hauteur  à  placer  ,  il  eft  plus  à  propos 
pour  la  variété  de  fe  conformer  à  leurs  caraderes  efe  à  leurs 
attitudes ,  aue  de  fuivre  une  uniformité  de  fymmetrie  pour 
les  Piedeftaux  ;   principalement  lors  que  ne  faifant  point  par- 
tie d'une  ordonnance  d'Architeâure  ,  ils  font  répandus  dans 
un  grand  efpace  ,  &  étant  ifolez  font  un  fujet  feparé  &  in- 
dépendant.    Mais  il  faut  au  moins  obferver  dans  les  Salons, 
Galeri.s  ou  Allées ,  que  les  Piedeftaux  des  figures  refpedi- 
vemenc  oppo;ées  foient  pareils. 

Les  P.edeftaux  des  figures  couchées ,   telles  que  font  les 


5T4  PIEDESTAVX 


Fleuves ,  Rivières,  &:c.  comme  l'Océan,  le  Tigre,  ie  Nil 
&  le  Tibre  qu'on  voie  au  Capitole  &  au  Palais  Farnéfe  à 
Kome  ,  doivent  eftre  en  longueur  avec  peu  de  hauteur,  & 
peuvent  avoir  leur  dé  en  faiut ,  &  leur  corniche  &  leur  bafe 
peu  chargée  de  moulures.  Mais  à  l'égard  de  ceux  qui  portent 
des  figures  de  femmes,  comme  delà  Cleopatre,  de  la  Nymphe 
à  la  coquille,  &  autres  délicates,  les  profils  en  doivent  eftre 
légers  avec  des  ornemens  dans  leurs  tables. 

LesPjedeftaux  triangulaires,  qui  font  les  plus  extraordinai- 
res &  le  moins  en  ufage  ,  fervent  pour  porter  les  Colonnes 
funéraires  avec  des  vertus ,  des  génies,  ^  autres  attributs  à 
leurs  encognures,  les  Lutrins  d'Hglife,  les  Statues  Hydrauli- 
ques,  &les  Obelifques  d'eau  comme  à  l'Arc  de  Triomphe 
d'eau  de  Verfaillesj&c;  ils  fe  font  de  divers  profils ,  comme  à 
plomb,  en  adoucifTement ,  en  baluftre  ,  &  ces  derniers  font 
imitez  des  Autels  antiques  desPayens,  &  particulièrement  du 
Trepié  d'Apollon  Pythien  à  Delphes. 

La  grandeur  &  la  forme  des  Groupes,  qui  font  ordinaire- 
mentifolez  ,  règlent  le  plan  &  la  hauteur  de  leurs  Piede- 
ftaux  :  par  conséquent  ceux  qui  ont  plus  de  figures  &  plus 
d'étendue,  doivent  avoir  des  Piedeftaux  moins  hauts  que  les 
autres  ;  fur  ce  principe  s'il  faloit  faire  un  Piedeftal  pour  le 
grand  Groupe  quieft  au  Palais  Farnéfe,  où  font  reprefentez 
Zethus&  Amphionqui  s'efforcent  d'attacher  par  les  cheveux 
Djrcé  aux  cornes  d'un  Taureau,  il  faudroit  qu'il  euftpeu  de 
hauteur ,  &:  que  ce  ne  fût  qu'une  manière  de  focle  avec  bafe 
&  corniche  ;  parce  qu'autrement  la  terrafTe  de  ce  Groupe 
étant  trop  élevée,  une  partie  de  l'Ouvrage  feroit  au  deifus  de 
la  veuë.  Mais  au  contraire  un  Piedeftal  pour  le  Groupe  de 
Laocoon,  &defesdeux  enfans,  feroit  à  proportion  plus  haut, 
le  dé  étant  un  parallelograme  en  longueur  ,  fur  la  face  de  de- 
vant, qui  auroit  une  fois  &  le  quart  de  fa  hauteur  ;  ainfi  on 
peut  étabhr  pour  précepte  que  plus  les  Groupes  font  hauts 
avec  peu  de  plan,  comme  un  Raviflement  de  Proferpine  par 
Pluton  ,  ou  de  Pandore  par  Mercure  ,  plus  leurs  Piedeftaiix 


^Pi«P 


EXTRAORDINAIRES, 


?TÎ 


doivent  eftre  hauts,  &  b  figure  ronde ,  échancrée,  ou  arondie 
par  les  cncognures  ,  leur  convient  mieux  qu'un  plan  quarré, 
parce  que  toutes  les  veuès  en  font  riches. 

Les  Figures  Equeftres  qui  font  de  tous  les  monumens  fia- 
tuaires  les  plus  fuperbes,  doivent  eftre  montées  fur  des  Pie- 
deftaux  d'une  magnificence  convenable  à  leur  fujet  &  à  leur 
fituation.  La  proportion  de  ces  Piedeftaux  dépend  abfolument 
de  la  grandeur  de  la  figure  pour  laquelle  le  Piedcftal  eft  fait; 
ainfi  il  ne  doit  pas  eftre  trop  haut ,  de  crainte  que  cette  éléva- 
tion ne  diminue  l'excellence  du  travail  &  la  reflemblance  du 
Héros.  C'eftpourquoy  ces  Statues,  quelques  grandes  qu'elles 
foient ,  ne  font  jamais  un  bon  effet  pour  terminer  un  Edifice. 
Ainfi  parce  qu'il  y  aune  fenfible  différence  entre  une  grande 
&:  une  médiocre  Statue,  les  Piedeftaux  en  doivent  eftre  propor- 
tionnez de  telle  forte,  que  la  figure  comme  principal  objet  du 
Monument,  attire  plus  les  yeux  de  ceux  qui  la  regardent,  que 
fon  Piedeftal,  qui  ne  fertqu'à  la  porter. 

Les  Ornemens  qui  conviennent  à  ces  fortes  de  morceaux 
d' Architecture,  font  les  confoles,  montans,pilaftres,feftons, 
tables,  bafreliefs,  &  autres  qui  doivent  eftre  fignificatifs,  com- 
me attributs  du  fujet.  Il  faut  que  le  tout  foit  élevé  fur  un  focle 
&  un  ou  deux  dcgrez  en  manière  de  fieges  avec  un  embafement 
fuffifant  s'il  y  a  des  groupes  aux  faces  ou  des  figures  aux  enco- 
gneures.  Ces  fortes  de  Piedeftaux  doivent  aufli  eftre  entourez 
de  bornes  avec  chaînes  de  bronze,  comme  on  le  pratique  aux 
Places  &  Palais  d'Italie  ;  ce  qui  a  effedivement  un  air  de  gran- 
deur que  n'ont  point  nosHerfes  &  Barrières  d'Hôtels ,  plus 
propres  pour  des  Carrières  ou  Lices  de  Manège,  que  pour  ga- 
rentirdescharoisle  pied  des  murs  de  face. 

Il  faut  que  la  grandeur  des  Statues  Pedeftres  ou  Equeftres, 
foit  proportionnée  à  l'étendue  de  la  Place  qu'elles  décorent. 
Or  comme  une  grande  Statue  conviendroit  mal  dans  une  pe- 
tite Place,  parce  qu'il  n'y  auroit  pas  un  éloignement  fuififant 
pourlabien  confidererj  auffiune  petite  Sratuèdans  un  grand 
efpace  paroiftroit  chetive  ,  quelque  belle  qu'elle  fuft.   C'eft 


m 


Rr  ij 


5T(î  PFEDESTAVX 

pourquoy  il  la  Statue  Hqueftre  de  bronze  de  Marc- Aurcle,  qui 
n'a  que  1 1  pieds  i  de  longueur  fur  iz  pieds  de  hauteur,  convient 
dans  la  Pl3ceduCapicole,  qui  eft  médiocre,  oii  Michel-Ange 
l'a  élevée:  auUictllede  Loù  is  le  Grand,  que  Fait  le  fieur 
Girardon,  ayant  19  pieds  de  longueur  fur  loi  de  hauteur,  iera 
proportionnée  àlaPhce  oiicftoit  l'Hôtel  de  Vendôme,  qui  a 
78  Toiles  de  hrgeur,  fur  8(5  de  profondeur.  Ilfautauffi  obfer- 
ver  que  la  face  de  la  Statue  fe  prefente  au  plus  bel  afpecft,  plutoft 
par  rapport  aux  avenues  les  plus  pafTantes  ,  qu'aux  bdtimens 
qui  font  devant:  ainfi  la  Statue  Pedeftre  dulvoy  ,  que  M.  le 
Duc  de  la  Feùillade  a  fait  ériger  dans  la  Place  des  Vidoires, 
&  qui  eft  faite  par  le  fieur  des  Jardins,  eft  mieux  tournée  par 
rapport  aux  deux  rues  des  Petits-Champs,  dont  elle  termine 
agréablement  les  ilfuës ,  qu'à  l'Hoftel  qu'elle  regarde. 

Or  comme  dans  ces  Monumens  on  fe  propofe  une  durée 
égale  à  la  mémoire  des  grands  Perfonnages  pour  qui  on  les 
élevé  ;  il  eft  befoin  que  la  folidité  des  Piedeftaux  réponde  à  la 
charge  des  Statues.  C'ell:  pourquoy  non  feulement  le  malîîfau 
deffous  du  Rezde  chauffée  doit  eftre  bien  fondé,  avec  beau- 
coup d'empâtement;  mais  il  faut  aulTi  que  le  corps  du  Piedeftal 
foit  des  plus  grands  blocs  de  marbre  qu'on  puifl'e  tailler,  po'ez 
en  liaifon  fufhfante,  &  retenus  en  leurs  lits  par  des  crampons 
de  bronze.  De  forte  que  fi  la  maiTe  en  eft  fi  grande,  queles 
quartiers  de  marbre  n'en  puifîcnt  pas  traverfer  la  longueur, 
ils  faflent  au  moins  parpain  fur  la  largeur  ,  &  que  le  garni  ou 
noyau,  s'il  y  en  a,  foit  d'une  pierre  très  dure,  &  bien  enliée  avec 
les  quartiers  de  marbre.  Enfin  tous  les  Piedeftaux  expofez  à 
l'air  ne  doivent  jamais  eftre  faits  par  incruftation  ,  ou  plaquis; 
parce  que  cette  pratique  eft  abfolument  vitieufe  dans  tous  les 
ouvrages  de  dehors. 

Il  refte  à  parler  des  Ornemcns  &:  des  Infcriptions  qui  con- 
tribuent à  la  richefle  des  Piedeftaux.  Les  principaux  orne- 
mens  après  ceux  qui  font  propres  à  l'Architeélure  ,  font  les 
Bas-reliefs  hiftoriez,  les  Trophées,  &les  Attributs,  qui  doi- 
vent répondre  aux  fujets  que  portent  les  Piedeftaux  ,    &  oii 


^  XT R  ^  O  R  D  r  N  y4  l  P  F  s.  ^  ^7 


il  faut  toujours  obicrver  peu  de  rchef  pour  empeJier  qu'ii^ 
fe  ruinent  facilement ,  &  pour  ne  pas  diminuer  la  folidi'é 
apparente  &efFcâ:ive  que  doit  avoir  un  Piedeftal. 

Les  Inscriptions  dans  les  tables  desPiedeftaux  fervent  non 
feulement  à  donner  quelque  notion  de  l'Hiftoire  d'une  figure 
ou  d'une  groupe,  &  à  en  expliquer  les  attributs  ,  m:is  aufl]  r. 
faire  valoir  l'excellence  du  travail  ;  en  forte  que  l'efprit  relie 
encore  plus  fatisfait ,  lors  que  l'interprétation  eft  jointe  au 
fujet.  Car  quoy  que  la  Sculpture,  toute  muette  qu'dle  ell, 
donne  une  grande  intelligence  à  ceux  qui  la  regardent  avec 
attention,  il  efl  neanm.oins  confiant  qu'une fçavante  &  tourte 
Infcription  en  Vers  oucn  Profeôteles  doutes  qu'on  pourroit 
former  fur  la  difpofition  ,  les  habillemens  ,  les  armes ,  & 
autres  fymboles  d'une  figure  ,  qui  ne  s'expliquent  pas  àffez 
d'eux-mêmes.  Les  Ituhens  font  fort  curieux  de  fiire  valoir 
par  ces  fortes  d'Epigraphes  ou  Infcriptions  ,  des  fragmcns 
antiques,  quelquefois  auili  peu  confïderables que  des  Ouvra- 
ges modernes  d'une  médiocre  beauté. 

On  met  auflî  au  rang  des  Piedeftaux  les  pieds  on  rfaes 
percées ,  qui  portent  au  milieu  des  Baffins  figurez  les  Cou- 
pes, Champignons,  Coquilles,  &c.  des  divtrfes  fonraine<; 
jailliiïantes  rapportées  cy-aprés  dans  la  Table  des  Termes. 
&:  d'où  fortent  divers  Jeux  d'eau,  comme  Girandes,  Gerbes 
Chandeliers,  Cierges,  Lances  d'eau,  &c.  qui  f^nt  Tembel- 
lifîement  des  Jardins. 

Le  Scabellon,  qui  fert  à  porter  un  Buftcefl  encore  uneefpece 
dePiedelkl ,  dont  la  propoition  eft  haute  &:  menue  en  ma- 
nière de  Gaine  de  Terme.  Ils'enfaitde  marbre,  ou  de  bois 
peint  en  njarbre.  Les  Scabellons  doivent  eflre  fans  ornemcns, 
fî  ce  n'eft  les  attributs  des  Buflcs  qu'ils  portent,  comme  un  Ca- 
ducée pour  Mercure,  un  Trident  pour  Neptune,  &'c.  ce  qu'on 
peut  en  roreobferver  fur  les  Gaines  des  Termes.  On  nomme 
aullî  Scabellons  certaines  faillies,  qui  au  lieudeconfoles  fer- 
vent  à  porter  des  Bufle^  dans  les  Façades  ,  comme  au  Palais 
des  Tuilleries. 


Rr   iij 


5i8  B  j4LV  STRES    D^APVL 


DIVERS  BALUS- 

TRES    D'APUL 

T  Es  Tiedeftatix  des  Baîujlrades  étant  une  fuite  des 
-^-^  Acroteres  qui  font  la  quatrième  partie  d'un  Ordre 
avec  ^tedeftal^  les  Baluftres  qui  en  doivent  remplir 
les  intervalles^  font  des  Ornemens  autant  utiles  pour 
la  diftinBion  de  chaque  Ordre  ^  que  pour  les  diverfes 
comportions  où,  ils  font  employez ,  comme  on  le  peut 
conno lire  par  les  dejfeins  de  ceux-cy* 

IL  y  a  fujet  de  s'étonner  qu'entre  tant  d'Architedes  qui 
ont  écrit,  il  s'en  trouve  peu  qui  ayent donné  les  propor- 
tions &  les  profils  des  Baluftres  &  des  Piedeftaux  qui  en  ren- 
ferment les  travées  ;  Peut-eftre  qu'ils  ont  négligé  cette  partie 
de  l'Architeâure  ,  ou  parce  qu'elle  leur  a  paru  peu  confide- 
rable  ,  ou  parce  qu'il  n'eft  refté  aucun  fragment  antique 
dont  ils  ayent  pu  tirer  quelque  exemple.  Cependant  après 
qu'on  aura  fait  reflexion  fur  fon  ufage  d'autant  plus  neccf- 
faire  ,  qu'il  fert  à  renfermer  les  Balcons  &  Terraiïes  avec 
quelque  feureté ,  &  à  augmenter  la  légèreté  &  la  richefle 
des  Façades  ;  on  ne  trouvera  pas  inutile  que  je  me  fois  ex- 
pliqué furunepartie  qui  eft  devenue  auflî  confiderable qu'au- 
cune autre. 

Il  faut  d'abord  confiderer  la  proportion  des  Baluftrades , 
qui  n'eft  autre  que  celle  de  l'Apui  ou  Acoudoir  que  Vi- 
truve  nomme  Podium  ,  &  dont  la  hauteur  eft  à  un  peu  plus 
ou  moins  de  trois  pieds  d'enfeiiillement,  quelque  grand  que 
foit  l'Edifice  :  &  cet  Apui  eft  élevé  par  dehors  fur  un  focle 
fuftifant  pour  dégager  la  bafe  de  la  faillie  de  la  corniche 
qui  confommeroit  la  meilleure  partie  de  la  Baluftrade.    Les 


PL  P4, 


h  ALV  STRES    D'APVL 


112. 


'    I    '  I  r— ^-a IH,lllll!ll!l||lilliHlllil!il [.■-"■"^'■'   < r^-^™^...™, 


Tojfcan  .         Donq^ue  .        louiq^ue,      ConntlxieiL .  Composite 

—  ïïEBr 


TT^TTrrïïTïïïïlTnT 


BeuPiedouclieB  Cannelé. BaDouWepoire.B.aCeizitux'e.  B.a  Pans  . 


BE-tilliq^ue .   B  enUi-ne     Baltetoui-s.      BaJuilies  envase 


^/^y  T3IVXRS    BAIvTJ>STItXS   P  APUI/>^  j.^^ 


3io 


B  ALV  STRES   D' A  P  V /. 


profils  de  ces  Piedeftaax  ouAcrcteres  doivent  eftrc  fimples 
ou  riches  de  moulures  par  proportion  à  l'Ordre  fur  lequel 
ils  portent ,  comme  on  le  peut  remarquer  au  Torcan  de  l'O- 
rangerie de  Verfailles,  où  la  tablette  n'a  qu'une  (impie  face, 
&:  au  contraire  au  Perillyle  du  Louvre  la  bafe  &  la  tablette 
font  ornées  de  moulures  avec  des  tables  dans  les  piedeftaux. 
Or  comme  la  longueur  des  travées  des  Baluftrades  eft  déter- 
minée par  les  maliifs  &  les  vuides  des  façades  ;  lors  qu'il  y 
a  un  Ordre  &  que  fes  Colonnes  ou  les  Pilajflres  embraflant 
deux  étages  ,  les  tablettes  ont  une  portée  qui  ne  permet  pas 
de  les  faire  d'une  pièce  ;  on  peut  mettre  un  petit  dé  au  mi- 
lieu de  la  travée  ,  fur  lequel  portent  les  deux  tablettes,  fans 
taire  retourner  au  droit  de  ce  dé  les  moulures  de  la  bafe  & 
de  Ja  corniche.  Mais  fi  la  portée  eft  médiocre  ,  il  n'eft  pas 
befoin  de  tant  de  piedeftaux  ,  comme  aux  Baluftrades  des 
Ailes  du  Capitole  ,  où  ils  font  fi  frequens  que  les  travées 
n'ont  que  trois  ^  quatre  baluftres  ;  au  lieu  que  pour  eftre 
d'une  belle  proportion ,  elles  en  devroient  avoir  au  moins 
lix  ou  fept. 

Puifque  l'on  peut  établir  une  règle  de  proportion  pour 
les  Ealuftres,  comme  il  a  efté  fait  cy-devant  pour  les  Colon- 
nes ;  leBaluftre  eftant  une  efpece  de  petite  Colonne  ronde, 
quarrée  ou  à  pans  :  il  faut  donc  que  les  proportions  &  les 
profils  en  foient  differens  pour  chaque  Ordre.  Ain  fi  il  y 
aura  cinq  Baluftres  réguliers ,  quoy  que  d'une  même  hauteur, 
dont  le  plus  maffif  &  quarré  (era  propre  au  Tofcan  ,  l'octo- 
gone au  Dorique  ,  &  le  rond  de  plufieurs  fortes  aux  trois 
autres  Ordres,  Mais  entre  ces  Baluftres  le  Corinthien  doit 
eftre  eftimé  le  plus  parfait.  Le  culot  de  la  poire  de  l'Ioni- 
que &  du  Compofite  peut  eftre  foûtenudc  godronsoude 
feuillages ,  &c  le  plinthe  de  leur  bafe  doit  avoir  plus  de  plan 
que  l'abaque  de  leur  chapiteau  avec  gorgerin;  &  le  col  d'u- 
ne telle  proportion  ,  qu'il  air  le  tiers  de  la  grofleur  de  la 
pance  qui  aura  les  deux  cinquièmes  de  la  hauteur  de  tout  le 
Baluftre  pour  les  plus  raaflifs ,  &  le  tiers  pour  les  délicats 


^**^!*»**T'miiTWTfci^inr"''~éi't'Yif*"TV^™°"''""'-'^rT*T^'mwr"''^**i 


ôc 


B  yi  T  7j  ^^  V  F  .ç    ry  .-4  PV  l. 


Il 


l 


&  qui  /era  égale  a  la  largeur  du  plinthe  de  la  baie  ;  Airquoy 
on  e'nblira  le  diamètre  ou  groffeur  du  Baluflire.  Voila  Jcs 
maximes  générales  pour  les  Baluftres  des  Ordres  :  la  grâce 
de  leur  galbe  de'pend  du  bon  goût  du  dcflein, 

La  difpofition  Se  i'efpacement  des  Baluftres  font   restiez 
par  leur  proportion,  &:  comme  ils  n'ont  guère  que  depuis  20 
jufqu'à  24  pouces  de  hauteur,  &  qu'ils  ne  font  afTujettis  à 
aucun  ornement  ,  tel  qu'eft  le  triglyphe  ,  le  modillon  ,  ou 
autre  partie  d'entablement  :   il  les  faut  efpacer  en  forte  qu'il 
y  ait  au  plus  entre  deux  poires  la  largeur  de  leur  col.    11  faut 
encore  éviter  de  mettre  deux  moitiez  de  baluftres  aux  ex- 
tremirez  des  travées  ;    parce  que  cette  mutilation  ne  fait  pas 
un  Cl  bon  effet  que  s'ils  étoient  tous  ifolez  ,  quoy  qu'elle  fe 
rencontre  à  prefque  toutes  les  Baluftrades.     Quelquefois  on 
feint  des  BaluOrades  en  taillant  dans  des  Apuis  des  baluftres 
de  demie  épaiffeur  ou  un  peu  plus,  comme  on  en  peut  voir 
à  la  Demi-lune  &  au  Quay  du  Collège  Mazarin  ;  mais  cette 
manière  n'a  point  de  grâce  ,  parce  que  les  Baluftres  ne  fe  dé- 
tachent pas  aflez  de  leur  champ,  &  qu'ils  paroifTent  plûtoft 
maflîfs  que  légers.     Enfin  lors  que  la  tablette  a  beaucoup  de 
largeur  &  point  de  moulures  ,    mais   feulement  une  fimple 
face  ,  &  qu'ainfi  l'épaifl^eur  des  Baluftres  n'eft  pas  fuffifante 
pour  la  porter;  on  peut  mettre  derrière  un  parpain  d'apui  en 
manière  de  devanture  qui  fert  de  fond  à  ces  Baluftres  quoy 
qu'ifolez  ,  comme  dans  la  Cour  de  l'Hôtel  Royal  des  Inva- 
lides du  deflein  de  M.  Bruand.     Comme  les  Baluftres  doi- 
vent toujours  eftre  devant  des  vuides  &  répondre  à  des  in-   1 
tervalles  de  Pilaftres&de  Colonnes,  c'eftun  abus  de  feindre 
des  baluftrades  devant  les  tremeaux  &  piliers  d'une  Façade, 
ainfi  qu'à  la  Maifon  de  Ville  de  Lyon  :  de  mefme  que  d'en 
mettre  fur  lescorniches  rampantes  d'un  fronton  pointu,  com- 
me aux  Eglifes  de  Sainte  Marie  de  la  Vidoire  &  de  Sainte 
Suzanne  devant  la  Place  de  Termini ,  &:  les  Greniers  publics 
de  Rome. 

Les  Baluftres  des  Efcaliers  doivent  eftre  quarrez  ,  pnrce 


Sf 


BALVSTRES     U  A  F  V  I. 


que  les  rons  qui  font  rampans  font  un  mauvais  effet ,  com- 
me on  le  peut  remarquer  à  l'Efcalier  de  l'Hôtel  Seguier  à 
prelent  des  Fermes  du  Roy  ,  &  on  re  s'en  peut  ftrvir  de 
cette  forme  ,  qu'en  y  laifTant  de  petits  focles  de  pierre  en 
forme  de  coins ,  comme  il  a  efté  pratiqué  au  grand  Efcalier 
du  Palais  Royal.  Les  Bj.luftres  de  bois  font  tournez  ou  faits 
à  la  main  •  les  derniers  qui  font  quarrez  fuivent  la  rampe  , 
&  leurs  moulures  inclinées  font  parallèles  aux  limons.  Or 
parce  qu'on  ne  fe  fert  de  ces  Baluftres  que  dans  les  médiocres 
Hfcaliers  ,  on  leur  donne  d'épaiffeur  un  peu  plus  que  la 
moitié  de  leur  largeur  ,  &  on  les  fait  contourner  félon  le 
delardemenr  des  Courbes  rampantes  des  limons  &apuis,  lors 
que  le  jour  de  l'Efcaliereftfuffifamment  grand  j  mais  s'il  eft 
petit,  &que  le  plan  de  cette  Cherche  ralongée  foit  dans  une 
tronche  ,  c'eft  à  dire  une  courte  pièce  de  bois  de  18  ou  20 
pouces  de  gros ,  on  laifle  le  tournant  maffîf  fans  baluftres, 
comme  aux  petits  Efcaliers  rons  &  ovales  de  dégagement 
qui  font  d'une  grande  fujetion  ;  c'eft  pourquoy  les  Experts 
roifent  quarrément  de  leur  groifeur  ,  ces  bois  afFoibhs pour 
les  évaluer. 

Outre  les  Balcons  ,  Terrafles ,  FofTez  à  fond  de  cuve, 
Fauffe-brayes ,  &c.  &  toutes  fortes  d'Efcaliers  où  les  Balu- 
ftrades  font  abfolument  neceflaires  ,  parce  qu'elles  leur  fer- 
vent d'apui  ou  de  garde-fou  ,  il  y  a  encore  d'autres  endroits 
oii  elles  ne  fervent  que  d'enceintes  ,  comme  aux  Sanduaires 
&  aux  Autels,  aux  Trônes  &  Tribunaux  ,  aux  Credences  & 
Buffets  des  Salles  de  Feflin  &  de  Bal  ,  aux  Chambres  de  pa- 
rade où  elles  renferment  l'eftrade  du  lit ,  &  dans  lesjardins 
aux  bords  des  Baffins  de  Fontaine  ,  à  l'entour  des  Salles, 
Allées  &  Bufets  d'eau,  &c.  &  ces  Baluftrades  n'eftant  point 
affedées  à  aucun  Ordre  ,  leurs  Baluftres  peuvent  avoir  des 
figures  particulières  &  des  ornemens  convenables  au  lieu 
qu'ils  décorent,  &  à  la  matière  dont  ils  font  faits;  Auffi  s'en 
voit-il  à  double  poire,  en  vafe,  en  piedouche,  &  mefme  en 
gaine  deTerme,  qui  ayant  la  partie  d'enhaut  plus  forte  que 


B  ALV  STRF  s    D"  A?V  I. 


5i'5 


celle  d'en  bas,  ont  cependant  beaucoup  de  grâce  Telon  l'Art 
dont  ils  font  dslTinez.  On  en  fait  encore  de  Ruftiqucs  avec 
des  gla^'ons  &  rocailles  ,  comme  on  en  voit  à  des  Grotes  ât 
Baflins  de  Fontaine. 

Les  Baluftres  font  ordinairement  faits  de  pierre  dure  & 
pleine,  comme  de  Liais  &  de  Tonnerre,  parce  qu'elle  fe  taille 
&  tourne  proprement ,  &  qu'ainfi  leurs  moulures  petites 
&  délicates  en  ont  le  facome  ou  profil  plus  vif.  Et  comme 
il  ne  faut  que  de  petits  morceaux  de  pierre  ,  un  Entrepre- 
neur peut  fe  fervir  des  refies  &  bilboquets  de  fon  Attelier, 
pourveu  qu'ils  foient  de  pierre  dure  &  pleine.  Pour  arrefter 
les  Baluftres  de  pierre,  la  meilleure  manière  eft  de  leur  bif- 
fer un  tenon  d'environ  un  pouce  d'épaiffeur  à  un  pouce  & 
demi  prés  du  bord  de  leur  plinthe  &:  abaque  pour  encafîrcr 
par  entaille  dans  les  focle  &  tablette  :  mains  cela  doit-eflre 
fijufte,  que  n'y  ayant  ni  regain  ni  refuite,  il  ne  foit  befoin 
de  caîe  ni  de  goujon  pour  les  arrefter  &  empefcher  de  branler. 
Les  Tablettes  font  retenues  avec  des  crampons  de  fer  ou  de 
bronze  coulez  en  plomb.  Les  Baluftres  des  plus  fuperbes  Ef- 
caliers  fe  font  de  marbre  ,  comme  ceux  de  l'Efcalierde  Saint 
Cloud ,  ou  de  bronze  à  jour  ,  ou  maffifs ,  comme  au  grand 
Efcalier  duRoy  à  Verfailles,  ou  enfin  de  fer  doré,  commeà 
la  Fontaine  des  Bains  d'Apollon  dans  le  petit  Parc  du  mefme 
lieu. 

On  nomme  encore  Baluftres  les  pieds  des  Bénitiers  ifolez, 
parce  qu'ils  en  ont  la  figure  ,  &:  ceux  des  Cuves  de  Fonts 
Baptifmaux  ,  qui  font  dans  les  Chapelles  des  Fonts  ouBapti- 
fteres  des  Eglilës. 


Sf  i; 


5Z4  ENTRE  LAS    B' A  P  V  L 

DIVERS    ENTRELAS 

D'  A  P  U  I. 

(^Ormne  les  Entrelas  font  une  fuite  de  Vinvention 
^^  des  Balufires ,  &  qu'ils  conviennent  particulière- 
ment aux  Rampes  des  Efcalters  j  fay  choifi  ceux  qui 
peuvent  efire  exécutez,  avec  plus  defuccés^ir  omi  l'ont 
eflè  à  quelques  Ouvrages  de  confideratton. 

LEs  Entrelas  ne  font  pas  moins  propres  que  les  Baluftres  pour  remplir 
les  Apuisévidez:  &  comme  ils  font  formez  en  manière  de  Guillochis, 
de  plate-bandes  &d'ornemens  entrelallez  &  répétez  ,  ils  font  un  bel  efièt 
&  rciifliircn:  pour  les  Efcaliers  ,  parce  qu'ils  rampent  facilement.  Il  fe 
faitdeplufieurs  fortes  d'Entrelas,  ou  de  tout-à-fait  évidezavecdefiroples 
Plate-bandes ,  comme  ceux  des  Efcaliers  à  jour  du  Jubé  de  S.  Eftienne  du 
Mont,  &  des  Tribunes  de  l'Eglife  des  Pères  Feiiillans  rue  S.  Honore', 
ou  d'ornez  de  quelques  feiiilles  ou  culots  ,  comme  ceux  des  Tribunes 
de  l'Egiitedcs  Invalides  ;  ou  enfin  d'e'videz  en  partie  avec  des  gravures 
&  ornemens  de  bafrelief  dans  les  endroits  les  plus  maflifs  ,  lelquels  ne 
pourroient  fubfifter  s'ils  ëtoient  en  l'air  ,  comme  ceux  du  Portail  du 
Louvre.  On  peut  aufîi  nommer  Entrelas  les  Baluftres  qui  font  liez& 
entreialFez  en'femble  par  quelque  ornement ,  comme  ceux  de  l'Efcalier  à 
deux  Rampes  parallèles  des  Thuileries. 

Les  Entrelas  aind  que  les  Baluftres  doivent  eftre  de  pierre  dure  &  pleine, 
&  la  même  pièce  doit  porter  le  focle  &  la  tablette  ,  &  chaque  travée  eftre 
d'un  feul  morceau  entre  deux  piedeftaux ,  comme  au  grand  Efcalier  de 
l'Hôtel  de  la  Vnllicre  à  Paris  ,  où  elles  onr  plus  de  douze  pieds  fur  trois 
pieds  de  haut,  àquoyj'ay  réduit  ces  Entrelas,  bien  qu'ils  foient  de  diffé- 
rentes hauteurs.  La  folidité  qui  leur  convient  demande  peu  de  moulures 
à  leurs  foclcs  &à  leurs  ublettes  j  &  fi  j'en  metsicy  divers  profils,  c'eft 
pour  donner  à  choifir. 

Les  Entrelas  &  Baluftrades  des  Baftimcns  gothiques  font  faits  en  ma- 
nière de  petits  poiciques&  trèfles,  &  fervent  fur  les  Tours  &  au  pied  des 
flèches  des  Clochers,  aux  Voûtes  ou  Galeries  de  dedans  des  Eglifes,  &à 
celles  de  dehors  pour  pal'cr  entre  les  culées  des  piliers  &  des  arcboutaus, 
aux  pignons  &  aux  frontons  de  moderne.  Les  Architedles  de  ces  temps-là 
fe  plaiibient  aufll  à  les  faire  porter  à  faux  fur  l'extrémité  d'une  corniche, 
ainlî  que  les  Créneaux  &  Machecoulis  des  vieux  Châteaux. 


PL  5)5. 


ENTRELAS    D*APVL 


m 


s      Xiitrela-s  ovaies.eUÎ.C^aj-rcz  avec  Culots  etHeixroxis 

*•  ■  Miiiiiiiiiii.:i;iii.;'iiiii!ii'!l:i  :' .ct;:i'!I'"'i:!-:ii!!|I!i    |yii:ï''!|i|||iiiinn'H!iii!'i!l!iîi;'-'''iinii'iiiilii!li!hii:iilli|l!ll[!illl[|lil|»  ' 


\  ïriiti-eias      en     Cî^uillocliis     a^ec     Gri-a^^yxJrcs . 


■»■  n,:i,,  .: ; i iimimii       i     i 'm  "Tuuiiir  nii'h.iiiiiii:'ii'iiii..iii •-     . '.  iimn ' " ' 

Xiitrelas   de  Platebandes  ,       Exiti-elas    de    Balustreg 


Tl.o.     DIVEHS      E:NTILXIvAS    PlAPTJI     />a^jx^ 


Sr   iii 


32<5 


DirERSUS    ESPECES 


tm 


DIVERSES   ESPECES 

DE     BOSSAGES. 

G)Uoy  que  les  BoJJages  ne  f oient  pas  un  des  plus 
'^^'^reguliers  orîiemens  de  P Architeôfure  y  jene  lai/Je 
pas  de  donner  le  deffein  de  quelques  efpecesqiConpeut 
mettre  en  œuvre ,  ô"  qui  font  le  plus  approuvées  par 
l'ufage  &  les  exemples. 

LEs  Ordres  d'Architecture  ne  font  pas  toujours  les  £èuls  ornemcns 
qui  décorent  les  Façades  ,  on  fe  fert  aufTi  quelquefois  de  certaines 
faillies  qu'on  nomme  généralement  BofTages  ou  Pierres  de  Refend  ,  qui 
fervent  à  décorer  toutes  les  Jambes  d'encognures ,  Boutiflcs  ,  Etrieres, 
Soufpounes  ,  &c.  mais  il  eft  neceflaire  de  les  adapter  h  à  propos  ,  qu'el- 
les conviennent  au  caradere  de  l'Edifice  j  c'eft  pourquoy  il  y  en  a  de 
Ruftiques  ,  &  d'autres  qui  le  font  moins.  Et  comme  on  fe  fert  de  dif- 
ferens  Ordres  pour  divers  Etages  ,  il  faut  aufli  pratiquer  la  inefme  chofc 
pour  lés  BoiTages  ,  en  forte  que  les  plus  Rudiques  ,  comme  les  troiiez 
&  vcrmiculcz  foient  mis  aux  murs  des  folIez&  foubaiïemens  des  Edi- 
fices, &  aux  Grotes&  Fontaines  :  &  les  autres  à  proportion  de  leur  re- 
lief aux  étages  de  deifus ,  comme  il  s'en  voit  au  Louvre ,  où  l'on  a  eu 
cet  égard  en  certains  endroits  ;  ce  qui  n'a  pas  efté  obfervé  en  d'autres. 
On  fe  fert  auffi  quelquefois  d'un  mefme  Boflage  pour  toute  la  façade 
d'un  Baltunent  ,  comme  de  la  Pierre  de  refend  &  du  Bollage  à  anglet 
qui  font  les  plus  à  la  mode  :  car  pour  ceux  en  pointe  de  diamant  & 
quarderonnez  avec  liftel ,  ils  ne  font  plus  en  ufage.  Les  Bollages  à  dou- 
cine&à  cavet  font  des  plus  légers  par  le  profil' de  leurs  Moulures,  & 
peuvent  eftre  employez  à  des  Ordonnances  Ioniques  &  Corinthiennes, 
comme  à  des  chaînes  d'encognures,  quand  il  y  a  quelque  avant-corps 
de  ces  deux  Ordres.  II  s'en'fait  quelquefois  de  fort  riches  taillez  de 
Sculpture  ou  Gravure  dans  de  petites  tables  ,  &  qui  font  encore  Bofla- 
ges  parce  qu'ils  excédent  le  nud  du  mur,  &  font  répétez  dans  une  déco- 
ration. Toutes  les  pierres  des  Eoflages  dans  une  façade  doivent  eftrc 
réduites  à  une  mefme  hauteur  ,  quand  ils  ne  font  pas  mêlez  ,  fans  avoir 
égard  au  déchet  de  la  pierre,  parce  qu'il  faut  que  les  joints  de  lit  foient 
dans  le  haut  du  refend,  &  les  joints  montans  à  cô'-é.  Enfin  fi  l'ufage 
de  cet  ornement  eft  fupportabîc  ,  c'eft  pliitoft  dans  le^  Façades  fimples, 
que  dans  celles  dont  les  Ordres  font  le  principal  ornement ,  &  où  les 
Bûilages  apporteroieut  de  la  confufion. 


■Mu.^.».^  wi~niWiiirMfnnrf  fi  i  J 


fl.  P7. 


DE    BOSSAGES. 


317 


A-  lioiT  a  Doucine  ~&  a  Talon 

J«ii'riHiii:iiinniiiiini::::::(!'riiiiiiiiii:|jj:iii[iii,iiiiii,'i,.:.,,.:: r 


s< 


C  Iio«sa<îe5 ravale zD  Saillans. 


IBoJjr<juâ_ri'eà7<7u  Pierr^e^efeml 


-R 


ofîaoe«  a  Anolet-Pigixes  . 

'!B|i|ll)illi[[lfmlllilll,i;!)r:.  '",ii.ii'.'ii*''i!,'J||i:.:i'!:  M;   |!j;:i,,i.'  i,]iii--«. 


Bofr  gToiirtre  Ae  Dj-ajnant-.  3    Borrc^uaixleroJine»  avec  Xillel 


tBoiT  :B.u£tiqt..eaTei-xtiiculea  Pofrage8:B.ttilxqtteg  Troiteg 


p/  o  7  DI^KTL  SX  S  X  SPH  C  E  S  DE  li  O  SSAGXS    ^y  j*/ 


y^^  -ENrABLEMV..N.S    T>n    FAÇADES 


ENTABLEMENS 

POUR    LES    FAÇADES 

ET    CORNICHES 

POUR  LES  APARTEMENS. 

T  'Entablement  de  Couronnement  de  Vignote ,  rap' 
■^ porte  cy  'devant  à  la  ^Planche  43' ,  m'a  donné 
occafion  Rajouter  icy  quelques  profils  pour  les  En- 
tahlemens  des  Façades  ,  &  pour  les  Corniches  des 
Apartemens. 

DE  toutes  les  Saillies  qui  décorent  les  Baftimens ,  les 
Corniches  font  les  plus  utiles  ,  parce  qu'elles  confer- 
vent  en  quelque  façon  les  paremens  des  murs  &  les  cou- 
ronnent avec  grâce.  La  proportion  de  la  hauteur  &  faillie 
des  Entablemens  dépend  de  rexhauflement  de  l'Edifice,  de 
la  diftance  d'oii  il  doit  eftre  veu,  &  de  fon  cara6lere,  s'il  eft 
fimple  ou  riche  ,  public  ou  particulier.  Les  moindres  Cor- 
niches font  en  chamfrain ,  ou  n'ont  qu'une  moulure  couron- 
née, comme  un  gros  talon,  un  quart-de-rond,  ou  une  dou- 
cine  avec  quelque  filet  ou  aftragale,  elles  fervent  aux  Bafti- 
mens  Rulliques  des  Fermes  &  Maifons  de  Campagne  ,  com- 
me Granges ,  Erables,  Colombiers,  Preflbirs ,  Moulins  à 
eau,  Tours  de  Moulins  à  vent,  &c.  &  à  quelques  Edifices 
deftinez  à  des  iifages  particuliers ,  comme  font  les  Manufa- 
ébares  de  toutes  fortes,  les  Plltrieres  ,  Tuileries  ,  Salpétrie- 
res.  Fonderies,  Corderies,  Savonneries,  Ecorciers,  Bouche- 
ries, Echaudoirs,  Bralferies ,  Verreries,  Crônes ,  &c.  auf- 
quels  une  Corniche  délicate  &  riche  de  moulures  convien- 
droit  fort  mal,  &:  qui  bien  loin  d'avoir  quelque  décoration 
doivent  faire  paroitre  par  l'extérieur  une  folidité  efFedive. 


Ces 


m 


"        ENTABLEMEN5     POTrR     LE.5    rACADt  S       et       CORNKHLa    ROUR      rF^S     \p'àKt  LMCN^TH 


CesfimpIesCorniLhesqijifcfont  d'une  sfllfe  ne  fervent  qu'à 
ibûtfnir  un  cgout  de  tuile  qui  en  augmente  la  faillie. 

Vitruve  parle  de  diverfes  fortes''d'Egoufts&  de  Corniches 
des  Avant-Iogis,  mais  fans  rapporter  icy  celles  du  Corin- 
thien &  du  Tetrafîyle  dont  les  proportions  font  déter- 
minées, àcaufe  tieIeursColonnes&EntabIemens,onpeutre 
marquer  que  la  Corniche  duTeiludiné  eft  petite,  &rqueré- 
gout  du  Tofcan  n'eft  qu'une  efpece  d'auvent  ou  d'abavent  por- 
te fur  des  potences  &racmaux,  fembJable  à  ceux  qui  dans  des 
HoitelJeries  fervent  à  couvrir  les  Menianes ,  Galleries,  &  autres 
efpeces  de  Corridors  extérieurs  qui  en  dégagent  les  cham- 
bres. Ainficesavancesnepeuvenr  pointpafler  pourEntable- 
raens  ni  Corniches. 

II  n'y  a  que  des  Ordres  d'Architcaure  par  étages  qui 
puifFent  obliger  de  mettre  des  Corniches  à  la  place  des  cours 
deplmthe  dans  la  décoration  des  Façades,  comme  cela  s'eft 
pratiqué  au  Louvre  où  il  y  a  trois  Ordres,  èc  au  Colizée  où 
il  y  en  a  quatre;    Jl  s'eftmefme  veu  des  Edifices  qui  en  ont 
eu  jufqu'àfeptles  uns  fur  les  autres,  comme  le  Septizone  de 
Septime  Severe ,  qui  eftoit  un  Mole  ou  Sépulture  que  cet  Em- 
pereur fit  élever  à  Rome.     Ainfi  c'efl  un  abus  de  mettre 
des  Corniches  aux  endroits,  où  un  cours  de  plinthe  fuifit;  & 
quand  mcfme  cette  décoration  pourroit  eftre  tolérée,  ce  ne 
feroit  qu'aux Pavillonsd'unBaftiment  qui  s'élèvent  plus  haut 
que  le  refte  ,  &  en  ce  cas  il  feroit  à  propos  fi  le  flanc  d'un 
Avant-corps  ou  Pavillon  eftoit  affez  large,  d'y  faire  mourir 
oii  terminer  la  faillie  de  la  Corniche  &  d'en  retrancher  en- 
fuite  quelque  membre  pour  la  faire  régner  en  manière  de 
plinthe  au  pourtour  de  ce  Pavillon,  où  ce  retranchement  de 
faillie  empefcheroitla  communication  du  dehors  par  hs  fenê- 
tres :  Mais  fi  l'Attique  eftoit  continu  ,  &  qu'il  n'y  eût  point 
d'Ordre  au  delTus  ,    il  ne  faudroit  pas  d'autre  Corniche  de 
couronnement  que  celle  du  pied  du  comble;  parce  que  cette 
forte  d'exhauflement ,  qu'on  nomme  mal-à-propos  Attiquc, 
n'eft  qu'une  reduélion  du  galetas  en  étage  quarré,  comme  on 


350  ENTABLEMENS  DE  FAÇADES 


le  pratique  en  Italie;  ce  qui  contribue  à  la  grande  manière  de 
leurs  Palais,  qui  n'ont  fouvent  d'ailleurs  ni  la  corredion  des  pi  o-   l 
fils,  ni  lajufteapplication  des  ornemens. 

Lors  que  leBafliment  eft  fort  exhaufleS.' d'une  grande  di- 
ftindion,  commeun  HofteldeVille&deMonnoye,  un  Pa- 
lais pour  rendre  la  Juftice  ,  ou  quelqu'autre  JLdiHce  public, 
un  Entablement  entier  luy  convient  beaucoup  mieux  qu'une 
Corniche  feule,  &  h  MafTe  en  efl:  au(fi  mieux  couronnée; 
car  pour  les  Baftimens  facrez  ,  comme  lesEglifes  fimples ,  à 
bas-coftez  &:  à  doubles  bas-coflez,  ils  doivent  eftre  décorez 
des  Ordres  d'Architecture  à  l'imitation  des  Temples  tels  que 
leTetraHyle,  leProiiyle,  l'Amphiproftyle,  &:  autres  dont 
Vitruve  donne  (es  proportions.  Mais  pour  revenir  à  ces  Enta- 
blemens,  il  femble  que  la  proportion  en  foit  déccrminceen 
donnant  aux  Corniiihes  de  couronnement  la  mefme  que  s'il  y 
avoit  un  Ordre  au  deflous  de  la  hauteur  de  tout  l'Edifice,  & 
qu'on  en  eijt  fupprimé  la  Frife,  &  pour  les  Entablemens  en- 
tiers, on  en  peut  diminuer  l'Architrave  &:  la  Frife  comme 
Mi^hel"x\nge  l'a  fait  au  Palais  Farnefe,  oii l'Architrave n'eft 
qu'un  aftragale  avec  un  filet,  &  la  Frife  affez  petite  eft  ornée 
de  fleurs  de  lis,  &  la  Corniche  Corinthienne.  Mais  fi  l'Enta- 
ûiement  eft  tout  entier,  on  doit  enrichir  la  Frife  de  confoles 
^- la  Corniche  de  Modillons,  à  l'imitation  des  Palais  de  Ro- 
me, où  l'on  voit  de  beaux  Entablemens  de  cette  efpece,  &:on 
peutpratiquerd'efpaceen  efpace  dans  les  Métopes  barlongs  de 
petites  feneftres  en  travers  pour  un  étage  en  mezanine,  pîûtoft 
quedeprendrecesforre<:dei  '>urs  dans  une  Frife  lifte ,  commeà 
l'un  des  Pavillons  du  Collège  Mazarin  ;  ce  qui  paroift  un  perce- 
nent  fait  après  coup. 

Dans  les  Pays  chauds OLi les  combles  font  fort  bas,  on  ne 
fait  point  dechefneau,  mais  un  fimple  égout  au  niveau  de  la 
Corniche,  renvoyé  les  eaux  loin  des  murs  de  face.  Pour  les 
grands  Edifices  on  taille  des  rigoles  ou  goulcttes  fur  les  ci- 
maises de  pierre  dure  qui  font  les  dernières  arafes,  &  1<'S  eaux 
Tortcnt  p.r  les  canons  des  gargouilles  :  mais  lors  que  la  chû- 


-Et  CORNICHES  B' A P ^ RTE ME N S.  ^j^t 


te  de  ces  eaux  eft  trop  rapide  à  caufe  de  la  roideur  du  com- 
ble, &  qu'un  chcfncau  eft  abrolument  recefTaire  pour  les  re- 
cueillir, il  faut  qu'il  paroifTe  le  moins  que  faire  Te  peut,  &  l'eau 
feperd  dans  des  puifards  faits  dans  l'cpaifTeur  des  murs  avec 
des  tuyaux  de  bronze,  comme  il  a  elté  pratiquéau  Château 
deClagny.  Mais  il  arrive  un  inconvenientde  cette  pratique, 
quieft  que  fi  ces  tuyaux  ne  font  pas  fuffifarnmcnt  larges,  ils 
s'engorgent  pendant  les  gelées  ;  c'eft  pourquoy  lors  que  les 
murs  font  médiocres,  il  vaut  mieux  pour  la  confervation  du 
Baftiment  mettre  les  tuyaux  de  defcente  en  dehors  avec 
uneculiereau  bas,  parce  qu'on  peut  plus  facilement  reparer  ces 
tuyaux. 

La  plufpart  des  Corniches  des  Palais  de  Rome  font  taillées 
de  fculpture  ,  parce  qu'elles  fe  font  de  ftuc  fur  un  noyau 
de  brique  ou  de  tuf,  aveclemortierdechaux&depouflblane, 
qui  avec  les  pierres  artificielles  a  une  qualité  toute  particu- 
lière pour  retenir  les  enduits  de  ftuc.  Enfin  fi  les  Italiens  font 
leurs  Entablemens  exceflifs  en  hauteur  &  faillie,  demeurons 
aulTi  djaccord  que  ceux  qu'on  fait  en  France  fonttropche- 
tifs  :  à  quoy  manquent  la  plufpart  de  nos  Architectes,  qui 
ayant  affez  bien  conduit  leurs  Edifices  les  terminent  mal  par  de 
petites  Corniches.  Cependant  quelque  petite  que  foit  une  Cor- 
niche,  il  faut  toujours  que  la  mouchettemaîtrife  dans  le  profil, 
&:  qu'elle  foit  pen  dante  pour  empefcher  les  eaux  de  couler  con- 
tre les  murs  deface. 

Les  Corniches  de  plâtre  qui  font  fous  les  égouts  fe  font  fur 
les  murs  de  Maçonnerie  &  les  pans  de  bois  ;  lors  que  celles  des 
murs  de  Maçonnerie  ne  font  pas  de  pierre  ,  on  les  fait  de 
moilons  pofez  en  faillie  &  bien  enliez,  avec  queue  &  portée 
fuffifante,  &  recouverts  de  plâtre  pour  traifner  ces  Corniches 
au  calibre  ;  celles  des  pans  de  bois  font  retenues  au  chapeau 
avec  des  harpons,  chevilles  &  dents  de  loup  de  fer,  &:cecha- 
peau  eftant  fait  d'une  plate-forme  ou  madrier,  &  ayant  plus 
de  faillie  que  le  pan  de  bois  eflchamfrainé  pour  recevoir  une 
corniche.  Or  puifque  la  Corniche  efl:  eftimée  un  ornement 

Tt   ij 


3?* 


ENTABLEMENS  LE   Fu4Cj4DES 


utile,  c'eft  un  abus  d'en  interrompre  le  cours  au  droit  des 
lucarnes  d'un  étage  en  gilctas  ,  auflî  cela  ne  fe  pratique 
qu'aux  moindres  Maifons ,  &  pour  peu  qu'un  BAriment  foit 
confiderable,  on  laifle  régner  la  Corniche  &  l'on  retranche 
la  faillie  de  l'égout  au  droit  des  lucarnes  des  murs  de  fa- 
ce feulement;  car  pour  les  mitoyens  aucun nepeutavoir gou- 
tiereniégoutfur  Ton  roifin,  fi  ce  n'eftparundroitdefervitu- 
dequidonncladéchargedesedux  d'un  comble  ou  d'un  évier 
fur  l'héritage  contjgu;  mais  comme  cette  charge  oufervitude 
apporte  beaucoup  d'incommodité ,  il  en  naift  fouvent  des  con- 
teftations  pour  l'interprétation  des  titres,  qui  obligent  à plu- 
fieursdefcentes&vifites  d'Experts  pour  les  régler  par  leurs  rap- 
ports, qui  doivent  eftre  félon  la  Coûtumelocale&laneceffité 
de  la  lituation. 

Les  Corniches  de  dedans  ne  fervent  que  pour  les  plan- 
chers lambriflez,  cintrez,  ou  à  fofites,  &  non  pour  ceux 
dont  les  bois  font  apparens  ;  les  plus  limples  font  ruinez  &  tam- 
ponnez, &  ceux  qui  dans  les  Bitimensconfiderables  font  en- 
foncez, doivent  eftre  conftruits  de  bois  d'équariffage,  fain  & 
net,  bienrefait,  lavé,  corroyé  &quard€ronné  avec  lambour- 
des contre  les  poutres  &  fablieres  pour  recouvrir  les  folins. 
Ce«  bois  apparens  fe  confervent  plus  long-temps  que  lors 
qu'ils  font  renfermez  fous  un  lambris  de  plafîre  ;  c'efl  pour- 
quoy  onfait  de  cette  forte  les  planchers  des  Maifons  deCom- 
munauté,  comme Monafteres,  Presbytères,  Séminaires, In- 
firmeries, Salles  d'Académie,  Claffes  de  Collège,  Ouvroirs, 
Hôpitaux,  Hofpices ,  &  autres  lieux  où  la  durée efl:  préféra- 
ble à  l'ornement.  On  peut  faire  quelquefois  des  Corniches  de 
Menuiferie  qui  couronnent  les  lambris ,  comme  aux  Refeftoi- 
res  de  l'Hôtel  Royal  des  Invalides  ,  appelle  aufTi  l'Hôtel  de 
Mars. 

Les  moindres  Corniches  des  Chambres  fervent  à  cacher 
les  fablieres  entaillées  fur  des  corbeaux  de  fer  qui  les  por- 
tent :  celles  des  Cabinets  qui  font  les  plus  petites  n'ayant  que 
5.  à  5.  pouces  fe  font  de  bois,  fi  b  pièce  eftboifée  :  &:parce 


^pw—lPWmJLJl  llliULJmiJilW'^F^WiWWi 


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ET  CORNICHES  B' A? ARTEMENS, 


que  cespetitslieux  font  auplaih-picddcs  Apartemens ,  on  en 
diminue lexhauflement  ou  en  ftifant  un  cintre  en  manieredc 
voûte  d'arere  ,  ou  bien  un  faux  plancher  ,  autant  pour  emp^- 
cher lebruit parce  vuideou  foupente,  que  pour  rendrele  Jieu 
plus  chaud. 

Quant  à  la  hauteur  des  Corniches,  la  plufpart  desArchi- 
tedes  donnent  à  celles  des  Chambres  plafonnées  un  dixié 
me,  &  cependant  une  Corniche  d'an  pied  paiïera  pour  for- 
te  dans  une  Chambre  de  dix  pieds  d'exhaufTement  •  c'eft 
pourquoy  le  douzième  qui  eft  un  pouce  par  pied  femble  une 
plus  julte  proportion  pour  les  pièces  depuis  huit  pieds  juf 
qaesàquinzed'exhaufiTement,  enforeequece  ne  feroit  qu'u- 
ne Corniche  architravée  de  quinze  pouces.     Pour  les  pièces 
qui  font  au  deflfas  de  cette  hauteur,  &  où  l'on  acoûtumede 
faire  des  Entablemens,  un  dixième  conviendroit  mieux  ,  & 
la  faillie  de  celles  qui  font  fous  les  plafonds  doit-eftre  plus 
grande  que  fous  les  cintres  :  ainfi  les  derniers  auront  un  peu 
moins  de  faillie  que  leur  hauteur,  &  les  cintres  doivent  pren- 
drenaiffance  &  porter  à  faux  environ  au  tiers  de  cette  failli'- 
depuis  le  nu  du  mur.     Il  faut  que  les  architraves  de  cesEn-'^ 
tab!emens  de  dedans  foient  petits  avec  deux  faces  au  plus,  & 
les  frifes  médiocres  qu'on  peut  enrichir  d'ornemens  conti- 
nus, comme  rinceaux,  feuilles  d'eau  &  de  refend,  &c.ouin. 
terrompus  par  des  confoles  feules  ou  accouplées  de  diverfes 
efpeces  ornées  d'écailles ,  déboucles  ,  &demafques  avec  des 
feftons,  trophées,  &c. en  bas-relief  danslesmetopesquirrez 
oubarlongs.     Ces PrifespeuventaufiTieftre Marines,  Hiftori- 
ques&  Symboliques.     Les  moulures  enfonttaillécsalternari- 
vement&  le  larmier  ravalé  avec  poftes ,  guillochis  ouentrelas 
moulez  ou  taillez  furie  tas  :  un  cordon  de  fleurs  ou  une  moulu- 
reronde  avec  desgodrons  de  reliefou  en  creux  y  convient  aflez 
pourcimaife  lors  qu'elles  font  fous  des  cintres.  Il  fe  fait  quel- 
quefoisdes  Corniches  à  des  renfoncemens  quarrez ,  ou  en  eu 
defouravecungros  failfeau  de  fleurs  foûtenu  de  quelque  mo- 
lure,  comme  au  Salon  odogone  de  Marly. 


.354 


ENTJBLEMENS  DE   EACADES 


II  y  a  aufTi  des  Corniches  particulières  pour  les  renfonce- 
mens  des  quadres  des  plafonds,  &pour  les  ouvertures  ron- 
des ou  quarrées  des  Lanternes  de  pierre  ou  de  charpenterie 
qui  terminent  les  Dômes  &  fervent  à  éclairer  des  Efcaliers, 
des  Salons,  des  Dortoirs  interpofez  entre  deux  rangs  de  Cel- 
lules ,  &  des  Combles  entrapetez  fur  des  Corps  de  Logis 
doubles;  mais  on  ne  peut  fixer  de  proportion  pour  ces  fortes 
de  Corniches,  parce  que  leur  hauteur  &  faillie,  auffi  bien  que 
leur  profil  ,  dépend  de  l'exhauffement  &  de  la  capacité  du 
lieu. 

Les  Corniches  de  dedans  fe  font  ordinairement  de  ftuc  ou 
de  plâtre  traîné  avec  un  calibre  chantourné,  &  les  ornemens 
en  font  moulez  &poftiches;  rarement  fe  font  elles  de  pierre, 
fi  ce  n'eft  aux  Veftibules  ,  Efcaliers ,  &  autres  lieux  ou- 
verts. On  peut  dorer  les  Corniches  tout-à-fait  ou  en  partie, 
ou  les  feindre  de  marbre ,  &  les  ornemens  de  couleur  de  bron- 
ze. Il  faut  que  la  faillie  d'un  Architrave  &  d'une  Corniche 
foit  fuffifantepour  excéder  le  nû  d'un  lambris  de  revêtement, 
s'il  y  en  a ,  &:  qu'elle  ait  environ  un  pouce  dans  les  pièces 
tapiffées  où  l'on  fcelle  des  tringles  au  defTous  dans  des  tran- 
chées pour  y  attacher  les  tapifferies.  La  Corniche  qui  efl  in- 
terrompue dans  le  pourtour  d'une  pièce  fait  un  mauvais  effet, 
&  celle  d'un  petit  Entablement  doit  au  moins  régner  dans  ce 
pourtour  fi  la  plate-bande  des  croifées  n'efl  pas  aflez  haute,  & 
l'Architrave  &  la  Corniche  eflre  feulement  coupez  au  droit  de 
ces  croiféesj  ce  qu'on  peut  quelquefois  pratiquer  aux  vieilles 
Maifons,  où  l'on  fait  des  réparations,  changemensSc aug- 
mentations. 


T)E  LA  nir^ERS.  DES  COMP ART! MENS. 


^U 


DES 

COMPARTIMENS 

EN  GENERAL. 

TEs  Compartimens  étant  des  Ornemens  con^vena- 
btes  atomes  fortes  deT:)ecoratio7is,  faycrûque  je 
nepouvois  mieux  terminer  cet  Ouvrage  que  par  un 
Chapitre  qui  traitât  de  leur  diverjité.         ^     ^ 

IL  n'y  a  point  de  terme  qui  ait  plus  d'étendue  dans  l'Art  de 
décorer  les  Edifices  que  celuy  deComp.irtimcnt,  car  on 
comprend  fous  ce  nom  tout  ce  qui  fe  peut  diftinguer  par  faillies 
ou  par  couleur  pour  revêtir  les  murs  extérieurs  &  intérieurs, 
les  Voûtes ,  Plafonds  &  Sofites ,  &  les  Aires  ou  Surfaces  fur  lef- 
quelles  on  marche. 

On  appelle  aulll  Compartiment  toutcequi  forme  en  ma- 
t.crede  Vicrene  non  feulement  les  panneaux  de  bornes  &  au- 
tres figures  qu'on  peut  géométriquement  compaffer  fur   le 
lignage&le  verre  pour  ertreenfuitemifcs  en  plomb,  maisen- 
core  entre  les  verres  peints  ceux  qui  peuvent  cftre  cavcz&pre- 
fezpouren  recevoir  d'autres  de  différente  couleur  par  encaftre- 
ment,&' former  diverfes  figures,  comme  pièces  de  Blazon,  Hi- 
itoRes,  &c.   tant  de  vetre  d'une  feule  couleur  que  de  cduy 
qu  on  nomme  d'Apreft.  Ces  Panneaux  compofent  les  formel 
qui  garmffcnt  les  vitraux  des  fenétr^ges  des  E^lifes,  &  font 
bordcz^dePilaftres,frifesfilotieres,entrelas,  guiïlochis,  à-c^- 
Ieschahisr  efer.quireriennentcesPanneaux,  fonrquelquefois 
difttrens  dms  un  me<me  vitrage,  commeà  celuydela  Sainte 
CnapclIedeP.ris. 

On  appelle  encore  Compartiment  ,     la  difpofition  &r  le 


55<5  DE    LA    D  irERSITE' 

mélange  figuré  de  tuiles  rouges,  blanches  &  verniflees  fur 
les  Couvertures ,  comme  il  s'en  voit  à  quelques  ancien- 
nes £glires&  aux  tourelles  de  plufieurs  vieux  Châteaux,  dont 
les  Chapiteaux  couverts  de  tuiles  gironnées  ,  ont  de  deux 
rangs  l'un  rouge  &  l'autre  vernifle.  On  eft  mefme  foi- 
gneux  de  conferver  ces  fortes  de  Compartimens  quand  on 
remanie  à  bout  les  Couvertures  pour  les  reparer  &  en  refaire 
lesfolins,  ruilées,  areftieres,creftes  de  tuiles  faiftieres,  Vau- 
tres plâtres. 

Enfin  le  mot  de  Compartiment  s'entend  auflî  delà  divi- 
fion  des  Rues  &  Quartiers  d'une  Ville  ou  d'une  Carrière, 
des  Sentiers  d'un  Parterre  &  des  Allées  d'un  Jardin,  ou  d'un 
Parc ,  &  c'eR  dans  ce  fens  que  le  prennent  hs  Italiens  pour 
Signifier  la  diftribution  du  Plan  d'un  Palais,  d'un  Conclave,  d'u- 
ne Chartreufc,&c. 


DES   COMPARTIMENS 

DES  MURS  DE  FACE. 


L 


Es  Paremens  extérieurs  des  Murs  n'ont  aflez  fouvent 
d'autre  Compartiment  que  l'arangement  des  matériaux 
bien  enliez  dont  ils  font  faits  ,  &  par  les  Ecrits  de  Vitruve 
on  peut  remarquer  avec  quel  foin  les  Anciens  faifoient  leurs 
différentes  Maçonneries,  dont  les  unes  efloient  recouvertes 
par  Ruderation ,  &  les  autres  par  Trullization  félon  que  l'on- 
vrage  le  requeroit;  ce  que  fes  Commentateurs  ^particulière- 
ment Jean- Antoine  Rufcoui ,  qui  eu  afait  des  figures ,  ont  affez 
amplement  expliqué. 

Il  fefùt  aujourd'huy  de plufieurs  fortes  de  Maçonnerie; 
celle  de  Blocage  ou  de  Limofinage  gobeté  ou  crépi  eft  la 
moindre  ,  &  après  celle  de  quartiers  de  pierre  en  liaifon  qui 
ell:  la  plus  confiderablei  celle  de  moilons  d'appareil  efl  la 


plus 


DES     COAiT>  ARTI MEN  S.  ^37 


plus  propre  lors  qu'ils  font  bien  ébouzincz&:Ii3ironne2,-  que 

bs bords  des  paremcns  en  font  relevezavec  des  cifelurcs ,  &  que 

ierertecneftrudiqué,  commeauxPavillonsdu  Portail  des  PP. 

Minimes  de  la  Phce  Royale  à  Paris.     La  Maçonnerie  de  bri' 

que  apparente  qui  eft  avantageufe  pour  la  variété  des  Comparti- 

niens  dans  les  Fjç  ides  (c  fait  de  deux  manières ,  ou  en  con  (trui 

Tant  Tes  piédroits  &:  faillies  de  pierre  &fes  panneaux  de  brique  j 

ou    fes    faillies    de    brique    &    fes   panneaux  de   moilon 

couvert  d'un  crépi.     La  Maçonnerie  qu'on  fait  de  quartiers  de 

graisefmil]ez&  piquez,  n'eft  pas  d'un  bon  ufage,  parce  que  le 

grais  étant  poufd:  ne  tenant  pas  bien  fes  arrêtes,  fes)  oints  feca- 

vent  facilement. 

La  propreté  du  ragrément  fait  valoir  la  beauté  de  l'A  pareil  ; 
c'eftpcurquoy  on  marchande  aux  Tailleurs  de  pierre  le  Ra^'C- 
menc  des  Façades  &  des  Voûtes,  les  Refends,  les  Bolfa- 
ges,  &  les  Cannelures  des  Colonnes  &:PiIafi:res,  11  faut  non 
feulement  retondre  les  bolTcs  &  baiévres,  &  tailler  les  Ornc- 
mens  à  la  place  des  boflfages  qu'on  y  a  laifTez  ;  mais  on  peut 
..utri  obfervtr  des  Compaitimens ,  particulièrement  dans  \ts, 
Voûtes;  ce  qui  fe  doit  non  feulement  pratiquer  aux  Bâtim.ns 
neufs  qu'on  ravale,  mais  aufli  aux  vieilles  Façades  qu'on  re- 
grate. 

Les  murs  de  moilon  peuvent  eftrc  proprement  recouverts  de 
tables  de  crépis  ou  d'enduits  de  mortier  ou  de  plâtre  renfermez 
par  des  corps  ou  par  des naiflances badigeonnées,  ourecevoir 
dcs  faillies  comme  bandeaux,  cours  de  plinthe,  apuisféparcz 
ou  continus  &  quadres  bien  proportionnez  &  prohlczavec  Ja 
propreté  dont  les  Maçons  travaillent  le  plâtre  à  Paris ,  &  les  Stu- 
cateurs  le  ftuc  en  Italie  ;  &'  les  panneaux  entre  ces  nailTances  ou 
f'illies peuvent  auffi  eftre  briquetez;  ce  qui  rend  l'afped  des 
Façades  limples  fort  agréable.  Quand  les  murs  de  Maçonne- 
rie  ne  font  ni  pendans  ni  bouclez  avec  ventre  ,  '&  qu'ils  n'ont 
que  quelques  crevafles  ou  lézardes ,  on  obferve  en  les  reparant , 
des  Compartimens  dans  leurs  renforrais,  crépis  &  enduits, 
comme  à  un  mur  neuf. 


V  u 


5^« 


DE     LA    T>  I  r  E  R  S  I  T  E^ 


DES    COMPARTIMENS 


DES    LAMBRIS, 

LEs  Compartimens  des  Lambris  étoîent  aufiTi  différents 
chez  les  Anciens,  queJes  matières  dont  ils  les  failoient 
étoient  diverfes ,  eu  égard  à  l'ufage  des  lieux.     Dans  les  Sépul- 
tures ,  Catacombes ,  &  autres  endroits  foûterrains  ils  fe  fer- 
voient  plûcoft  de  Stuc  &  de  Peinture  à  frefque,  quedcMo- 
iaïque  &  autres  Ouvrages  de  pierres  de  raport  dont  il>  déco- 
roient leurs Cyzicenes,  Cénacles,  Odées ,  Exedres ,  Mufées, 
Salles,  Etuves,  &  Repofoirs  de  Bains  &  autres  lieux  de  pure 
magnificence  ,  &  parmi  ces  Compartimens  ils  employoient 
l'or,  l'argent  &  la  bronze  par  lames,  parce  que  l'ufage  de  l'or 
enfcilille  n'étoit  pas  pour  lors  inventé,  &  qu'ils  fefervoient  ra- 
rement de  tapi(Terie  :  Ainfi  la  variété  &  la  richeffe  s'y  rencon- 
trolent  tout  enfemble. 

Les  Lambris  de  revêtement  des  Murs  intérieurs  fefontau- 
jourd'huy  par  compartimens  de  pierre,  deftuc,  déplâtre,  de 
marbre,  ou  enfin  de  bois.  Ceux  de  pierre  font  propres  aux 
Veftibules  limples  &  figurez ,  aux  Efcaliers  de  diverfes  efpcces, 
aux  Salons ,  &  autres  lieux  qui  n'ont  pas  befoin  de  meubles  ;  &: 
ces  Lambris  font  renfermez  dans  quelque  Ordonnance  à  la- 
quelle ils  fervent  de  fonds.  Les  Lambris  de  ftuc  ou  deplârre 
font  ou  coupez  ou  traînez  fur  le  tas,  &  leurs  orneraens  font  le 
plus  fouvent  ou  moulez  ou  poftiches. 

Comme  l'on  bâtit  félon  les  lieux  &  la  matière  qu'ils  pro- 
duifent ,  lors  qu'il  fe  trouve  des  pierres  de  différente  couleur, 
on  s'en  peut  fervir  avec  avantage  pour  les  faillies ,  comme 
pilaflres ,  entablemens,  impolies,  archivoltes,  Comparti- 
mens, &  autres  parties  qui  forment  ce  qu'on  appelle  Archi- 
tedure,  en  forte  que  du  blanc,  du  gris  ou  durougeâtrequi 
ne  font  pas  fioppofez  que  le  blanc  YqH  au  noir,  il  fe  fait  une 


fm 


T>  E  s     COMVARTIMENS 

--—-*— •^— —————— 


?^9 


union  de  couleurs  &  un  détachement  de  parties  dont  la  déco 
ration  ne  reçoit  pas  peu  de  beauté;  ce  qui  fe  rencontre  heu- 
reufement  pratiqué  à  i'EglifedesPP.  Benedidiis  de  S.Geor- 
ges Major  à  Venife  bâtie  par  André  Palladio,  qui  eflun  Ou- 
vrage digne  de  la  mémoire  de  ce  grand  Architede.  Et  au  con- 
traire, on  peut  voir  leméchant  effet  du  blanc  prochele  noir 
par  les  colonnes  &:  les  tables  poftiches  du  Jubé  de  l'Eolife 
des  grands  Auguftins  de  Paris.  C'eft  pourquoy  lors  qu'on  fe 
lert  de  marbre  noir,  il  faut  que  le  champ  foit  de  brèche  ou 
de  blanc  vêné  de  gris ,  afin  que  le  contrafte  de  ces  couleurs, 
qui  conviennent  particulièrement  aux  Sépultures,  ne  foit  pas 
h  violent.  Un  des  plus  beaux  exemples  de  cette  union  des 
marbres ,  eft  la  Chapelle  de  Notre-Dame  de  Pitié  dans  l'E- 
ghie  de  S.  André  de  la  Valle  à  Rome  ,  laquelle  renferme  les 
Tombeaux  des  quatre  Seigneursde  la  Maifon  de  Strozzi ,  &  eft 
un  Ouvrage  de  Michel- Ange. 

Le  marbre  s'employe  de  deux  manières  pour  les  Compar- 
timens  des  Lambris ,  ou  par  un  revêtement  de  toute  leur  éten- 
due, ou  par  incruftation  de  tables,  quadres  &  faillies  pofti- 
ches  fur  la  pierre  ou  fur  le  ftu(^  qui  leur  fert  de  fond ,  &  l'u- 
ne &  l'autre  de  ces  manières  fe  font  encore  ou  avec  des  fail- 
lies de  divers  marbres  fur  un  fond  d'une  même  couleur, 
comme  aux  grands  Efcaliers  du  Château  de  Verfailles,  ou 
avec  des  marbres  arafez  ,  polis  &  maftiquez  fur  des  daies  ou 
tranches  de  pierre,  ainfi  qu'aux  embrazures  &  jouées  des 
portes  &  croifées  du  mefme  Château.  Les  lieux  qu'on  peut 
revêtir  entièrement  de  marbre  font  les  Eglifes ,  Chapelles, 
Velhbules,  Salons  &  Salles  à  manger,  comme  celle-cyoLi 
il  y  a  un  renfoncement  pour  le  Bufet  :  car  pour  une  pièce 
d'Apartement  fervant  à  l'habitation  ,  ce  n'eft  pas  l'ufage  de 
la  revêtir  de  marbre  dans  toute  fa  hauteur  &  fon  étendue, 
&  on  ne  fait  ordinairement  le  Lambris  que  jufques  à  hauteur 
d'apui ,  en  obfervant  néanmoins  que  les  Placards  des  por- 
tes &  fenêtres  le  foient  de  toute  leur  hauteur.  Quant  aux 
Manteaux  de  cheminée,  il  eft  bonpourplus  de  variété  que  le 

Vu  \] 


340 


P  F     LA     D  irER  S  11   E' 


chambrailc  étant  d'un  marbre,  la  bare&' la  corniche  de  l'aui- 
que  (oient  d'un  autre  différent  de  celuy  de!a  gorge  ou  du  nud  de 
l'attique;  parce  qu'un  Oa\  rage  fait  d'une  m cf me  forte  de  mnr- 
Drt  Dàroilt  plus  pe'.int  que  cdiiy  quieftdiftinguéparladiverll- 
[é  dcs  couleurs  de  ch  ique  partie. 

Il  fe  voit  en  quelques  Villes d'Efpagne& de Porrugal,  des 
Compartimcnssfiezbizirrcs,  qui  font  imitez  de  ceux  des  Ba- 
timens  des  TvLures,  dont  ks  autres  Barbares  orncntaulli 
I  h-urs  Pagodes  ,  Morquées,  Lavoirs,  Minarets,  Senaiîs  , 
K^ofques,  &  autres  Edifices  rapportez  dans  les  Relations 
mais  il  eft  inutile  d'en  faire  aucune  dcfcription  ,  parce  que  ce 
ne  font  que  des  carreaux  de  porcelaine  &  autres  terres  cuites 
répétez  de  diverfes  formes  ôc  couleurs ,  femblables  à  ceux  du 
pavé. 


D£S   COMPARTIMENS 

ASSEMBLAGES, 

ET  PROFILS  DE  A^ENVISERIE. 


L 


QUoy  que  dans  ks  Païs  chauds  ks  Lambris  de  bois  ne 
foi.nr  pas  en  ufage  à  caufe  de  la  vermine  qu'ils  engen- 
drent, &  de  la  fraîcheur  qu'ik  ôtent  ou  diminuent ,  ils  ne  iaif- 
ientpasd'ctreicyd'unegrandcutilité,  parce  qu'ils  rendent  les 
lieux  {ecs&:  chauds ,  &p3rconrequent  fains  &c  habitables  peu 
de  temps  après  qu'ils  ont  eflc  bâtis,  outre  qu'ils  épargnent  des 
meubl-js  dans  ks  nièces  d'une  m.cdiocre  grandeur  &  les  plus 
f.equentées;  car  fi  elles  font  boifées,  il  ne  faut  pour  ks  meu- 
bler que  quelques  miroirs  &  tableaux  qu'on  attache  fur 
les  panneaux.  Les  Lambris  de  bois  fervent  encore  à  corriger 
des  dér^uts  dans  ks  pièces ,  comme  un  biais  ou  une  enclave  eau 
fée  par  quelque  tuyau  de  cheminée,  àcoréduqucl  on  pratique 
des  armoires  dont  les  guichets  confervent  la  n;cme  fymme 


DES     C  0  M  P  A  R  r  T  M  F.   N  S. 


^41' 


tne  que  le  refte.    Tous  ces  Lam  bris  foor  à  hnureur  d'apui  ou  de 
dimi  revêtement  jniqucsàlahauteurderattique  d'une chemi 
ncc,  ou  enfin  de  revêtement  tour  cntierjulqnf.sfousbcorni- 
chedu  plancher  ,   crmme  dansla  figure prectder.to. 

L'Aiîembl.)ge  du  B.Ûi  des  Lan.'bris  refait  dediverfcs  ma- 
nières, con^mcquarrer.ent,  àbouëmenr,  àappler,en  adcnt, 
a  queue  d'aronde,  &c.  &  ce  baffi  qui  rcnRrme  les  panneaux', 
dcit  cfrre  forn-ié  de  crmpartimens  proportionnez  &  fepartz 
par  des  corps  ou  pilafircs  pliuoll  ravalez  que  cannelez,  ^' 
avoir  fcs plus  riches  quadres  &  bordures  taillées;  mais  il  faut 
fur  tout  éviter  les  petites  parties  djns  les  Lambris ,  comme  on 
ks  pratiquoit  autrefois  pour  faire  fervn- tous  îcs  bouts  de  bois, 
cnlorte  qu'il  y  avoit  des  panneaux  li  petits  qu'ils  étoientélej^is 
^  poullez  à  la  main  fans  alTemblage ,  &  jes  plus  c;rands  n'ctoient 
que  de  bois  de  5.  à  6.  lignes,  ?ppci;é panneau  ou  mairain.  On 
fait  à  prefcnt  les  panneaux  d'un  pouce  d'épais  aiTembiez 
à  clef,  &  collez  d'ais  fort  larges  &  fans  aiaife  poureiire 
plus  propres. 

11  faut  cbfervcrdans  les  profils  des  Lambris,  qne  ceux  des 
chambranles  ay-fnt  plus  de  relief  que  les  quadres  desven- 
taux,  de* placards  (impies  &  à  doubles  pareAiens  &  de  leur? 
tmbrarures,    psrce  qu'il  n'y  a  rien, qui  lende  la  Menui- 
ferie  plus  pc!ânre  que  les  quadres  dont  les  moulures  excédent 
les  autres  parties  qui  les  renferment.      Ces  profils  doivent  cflre 
élcgis  dans  la  mefme  pièce  ,    &  pouiïe?  dans  une  membrure 
d'une épaiiTcurfufSfante,  &n'ef^re jamais  plaquez.     Lorsque 
le  bois  de  ces  Lam.brisn'ef}  pas  d'une  belle  couleur  ,  on  le  p 'ut 
peindre  en  marbre ,  ou  en  façon  de  bois  véné ,  ou  enfin  de  blam 
avec  quelques  filets  d'or.    Mais  fi  la  Menuilcrie  en  eft  très- pro 
pre,  il  furnt  d'y  paflerun  vernis  clair  pour  luy  donnerplusd'u 
nion  &  d'apsr,'iice. 

Les  plus  beaux  Ouvrages  de  Menuiferie  font  ceux  qu'on 
fjit  pour  les  EgUres,  &  ^om  les  Maifons  de  Communaoré. 
On  voit  dans  quelques  Eglifes  des  Retables,  Tabernacles, 
Credences  d'Autel,    Oeuvres,    Formes,  Confeifionnaux , 


\  u  nj 


34^ 


DE    LA    DIVERSITE' 


Bancs,  Chaires  de  Prédicateur,  à  rampe  courbe ,  &c.&dans 
quelques  Monafteres  lea  Lambris  de  revêtement  des  Chapitres 
&  llefcdoires,  des  Armoires  &:  Tablettes  de  Bibliothèque,  & 
aucrcs  morceaux  de  Menuiferie  qui  pour  avoir  t'àé  travaillez  à 
loirir&  de  bois  fort  Tec,  font  d'une  propreté  achevée  ,  &  peu- 
vent paffer  pour  des  Chef- d'oeuvres.  Ainfi  ce  n'eft  pas  fans  rai- 
fon  qu'on  ne  doit  employer  que  du  bois  bien  fec  pour  les  Affera- 
blages ,  puifqu'autrement  les  panneaux  venant  à  fe  dejetter  ^  à 
fe  cambrer,  les  languettes  quitteroient  leurs  rainures.  Il  ne 
doit  aulTi  y  avoir  ni  nœuds  vicieux  ,  ni  tampons ,  ni  futée  qui 
en  diminuent  la  propreté. 

Les  Moindres  AfTemblages  de  Menuiferie  font  les  volets  & 
contrevents  fufpendus  &  à  couliffe ,  les  portes  collées  &  emboi- 
tces,  celles  qui  font  brifées  ou  coupées  pour  les  fimples  ferme- 
tures de  Boutiques,  Magazins,  Echopes,  &c.&  comme  ces 
Ouvrages  font  arafez  &  feulement  garnis  d'emboitures ,  ils  ne 
peuvent  recevoir  aucun  Compartiment. 


DES  COMPARTIMENS 

DES  rOVTES  ET  PLAFONDS. 

LEs  plus  riches  Compartimens  fe  font  aux  Voûtes,  Cin- 
tres, &:Plafonds;  parce  que  quand  on  entre  dans  un  lieu, 
laveuëfe  portant  d'abord  à  cequieftaudeffus,  ellerefte  ex 
trémement  fatisfaite.  C'eftpourquoy  quelque  difforme  que 
foit  l'Architedure  Gothique  par  le  mauvais  goût  defesMaf- 
carons ,  Chimères,  Harpies ,  Guimberges  &  autres  fembla- 
bles  ornemens,  elle  eft  néanmoins  digne  d'admiration  dans 
les  Compartimens  de  fes  Voûtes ,  formez  par  des  arcs  dou- 
bleaux  ,  liernes  &  tiercerons  qui  prennent  naiffance  de  bran- 
ches &  croifées  d'Ogives.    Il  y  a  mefme  de  ces  faillies  ou  ner- 


1/     1  oMP  uu  i\u  \  s  rot  R  1  r  s  ARi\s  ])ouTû.r.At:x j)r.s  voûtes,  kt  rr.NPEy tifs  Dr.sj:ourEs^y> 


DES     C  0  M  ?  A  R  r  I  Aï  E  N  S. 


H5 


vûres  qui  font  détachées  de  la  doùelle  des  pendentifs ,  &  qui  ne 
Jaiflcnt  pas  de  porter  des  culs  de  lampes ,  lanternes  à  jour ,  & 
autres  caprices  retenus  par  des  boulons  de  fer  avec  un  travail  & 
un  artifice  extraordinaire.  Ces  Nervures  font  ordinairement 
de  pierre  dure,  &  les  pendentifs  de  moilons  d'apareil  bien  en 
coupe,  ou  de  brique,  ou  de  plâtras  bien  maçonnez  à  bain  de 
mortier  ;  il  s'en  voit  mefme  qui  font  épigeonnez  de  plâtre 
pur,  &iî  minces  qu'ils  n'ont  que  5. à4.  pouces  d'épaiffeur  fur 
u[ie  aff.z  grande  étendue.  Ces  Voûtes  ont  une  harmonie  par- 
ticulière quand  il  y  a  des  vafes  &  ventoufes  cachées  dans  les  vui- 
des  de  leurs  reins  pour  augmenter  la  repercution  de  la  voix,  & 
former  des  Echos. 

Les  Compartimens  des  Voûtes  des  Eglifes  à  la  Romaine, 
font  la  plufpart  imitez  de  ceux  des  anciens  Edifices  comme  du 
Temple  de  la  Paix,  des  Arcs  de  Triomphe,  &deplufieurs  au- 
tres Monumens  prefèntement  ruinez,  &dontonn'aconnoir- 
fance  que  par  les  Deffeins  &  les  Livres  des  Architeâ:es  &des 
Antiquaires  qui  ont  eu  foin  de  les  recueillir.  Or  comme  la  ma- 
tière ne  contribue  pas  peu  au  choix  &  à  la  difpolîtion  des  Com- 
partimens, il  faut  d'abord  confiderer  la  conftrudion  des  Voû- 
tes félon  la  diverfité  desmatêriaux. 

Les  meilleures  &  les  plus  légères  Voûtes  fe  font  de  brique 
ou  de  moilon  ,  &  après  que  les  cintres  en  font  démontez,  & 
qu'elles  ont  receu  un  enduit  de  ftuc  ou  de  plârre,  on  y  trace 
avec  la  pierre  noire  des  Compartimens  félon  le  racourci  de  la   I 
cherche  qu'on  en  a  fait  :  &  c'eil  là  l.i  pratique  des  Stucateurs& 
des  Maçons  pour  toutes  fortes  de  Voûtes,  même  pour  les  irre- 
gulieres  comme  les  biaifes ,  les  rampantes  ,  &  celles  qui  font 
en  canonnière.     Léon  B;.ptlfl:è  Alberti  eftime  fort  une  inven- 
tion dont  il  croit  que  les  Anciens  fe  font  fervis  pour  conftrui- 
re  &  divifer  avec  facilité  les  Compartimens  de  leurs  Voûtes, 
&  qui  fe  pratique  ainfi.     Les  armatures  ou  fermes  des  cin- 
tres étant  établies  de  diftance  en  diftance  fur  les  travées  de 
foliveaux,  de  doffes,  ou  de  cannes,  on  fait  imeefpecede 
noyau,  où  font  en  nlief  les  renfoncemens  &  en  zx'  ixîcsor- 


?J4 


DE    LJ    DIP'ERSITE' 


baindemortierdecMuxocu  K  ..^fe  trouve  fat  avec 
monte  &  le  noy^^b'^"  d^?°"  '^'  '  °;  ™f  .  Les  Orneme,>s 
juftcile  &  propreté  &  .1  y  a  foi  ?["";»;",;  étant  dorez  à  fond 
des  Comp^rtimens  de  ftuc .  ont  plus  de  S  «  ^  entièrement 
blanc,  &<i^--'hent davantage.  qus^^«°^^^^^^  ^^^^^ 

couverts  d'or,  ~'""'f  .''"    .P^^VeTeS  WedeR-ome  eft 
ffiSïaC:v':î^:i»:rSepourcec,u.regarde 

"llîv:utrâ:Ï;rrefecon|^rn.™^^^^^^^^ 
cédantes,  P^'"  qu'on  la.iTel^  bouges  c  ^^  ^^^ 

'°t''rAo':'  ti:isï Bu  o  «èrv^rdanscetapare,!.  que 
pes  &  culs  de  tour.     iMais  l '^  ■  j    ornemens  fur  leur 

«i--"S'rCnCe  la  cTi—  de  ces  Voûtes 
longueur.  Or  comme  '"  ,  -J^^^rç  d'où  les  arcs  dou- 
doiventrépondreat.xco.psd  A^h>t  aure         ^  ^^  ^,^^^_.^^ 

bleaux  prennent  na.iïancc  '  f  ,^""^1'  ^oprcsau  Dorique, 

ainf,  il  lero.t  à  P'°P°^^1'^^  "^1 '!™ues    que  ceux  deHoni- 
n'euflent  que  quelques  tables  b^rlot^S""  -  <i;'       ^,,,„„i,e. 

que  fallent  avec  ravalcmens  &  °'"''"'f„„r„n,emens garnis 
lent,  &ccuxduCor,ntlMenavec-^divers^enionc^^^^^ 

derolcs,  ouavecdesentrelasdoub les  ou  d  snnce  ^^ 

lages.     Il  rfeft  pas  n^^ff^'^.rl^^firptnea^^^^  foient  trop 
guiUochis  &  d'entrelas  q^'^fP";"   '"Sonquiarrivedela 

?har£;éesd'ornemens,  =«"<!  ^"'"'';°";„™t  remarauerà 
troplrandericheffedeleurtrava^,  cequ  on  peut  rc        ^^^^^^ 

UVoVdel'EgUfeduVal.de-G..^^   C"^^^^^^^^^ 
fontproprement  extradoffees ,  particulicremc 
mesàcaufedeleursEntrecoupes.  ou  petits  ;  les 

Tous  ces  Compartimens  ^°f°",j;;qui  en  renferment 
grands  font  formez  de  grands  panneaux  qui 


d'autre! 


^v.. 


DES  COAîVJRTIjMENS.  ,4^ 


d'autres  plus  petirs  differens  &  ornez  dcGrotcfques ,  Chi- 
fres.  Médailles,  Devifes  &:c.  en  force  que  ceux  cy  ne  fervent 
que  pour  accompagner  les  plus  grands  qui  contiennent  les  prin- 
cipaux fujets  de  Bas-relief  ou  de  Peinture.  Les  petits  Comparti- 
mens  font  quarrez  ,  lofanges, ronds, ovales, hexagones,  odc- 
gones^  &  d'autres  figures  parfaites,  &  remplis  d'autant  defor- 
cesd'érofes,  qu'on  en  peut  imaginer  qui  conviennent  à  chacu- 
ne de  ces  figures:  &  comme  ils  fe  répètent,  ils  doivent  dans  les 
Coupes  diminuer  de  grandeur  &  de  rehef,  à  mefure  qu'ils  ap- 
prochent de  la  fermeture  ,  &  mefmc  par  raifon  d'Optique , 
il  faut  que  le  profil  de  l' enfoncement  àz^  quaiiTes ,  foit  un 
peu  en  glacis  par  en  bas  (mais  non  pas  fi  fenfÎLjlement  qu'au 
Panthéon)  afin  qu'une  partie  des  ornemens  n'en  foit  pas  ca- 
chée. Les  caiffes  des  Comparcimens  des  Voûtes  rampantes 
des  Efcaliers,  font  mieux  eftant  creufées  d'équerre  d'après  la 
douelle du  Berceau,  comme  à  l'Lfcaher  en  perillyle droit  du 
Vancan  à  Rome,  que  d'eftre  à  plomb  comme  à  celai  de  l'Hôtel 
de  Ville  de  Palis. 

Si  les  Compartimens  de  Sculpture  font  avantageux  pour 
accompagner  l'Architeaure,  ceux  de  peinture  ne  le  font  pas 
moins  ;  puifqu'ils  femblent  par  leur  légèreté  augmenter  la 
hauteur  de  la  Voûte.  Cependant  comme  une  Voûte  char- 
gée de  Sculpture  paroît  pelante ,  &  que  celle  qui  eft  entièrement 
peinte,  femble  n'avoir  pas  une  véritable  folidité  ;  il  eft  con- 
fiant que  du  mélange  de  la  Sculpture  &  de  la  Peinture  ,  il  fe 
peut  faire  un  compofé  bien  parfait ,  fi  la  difpofition  en  eft 
heureufe;  c'eft  pourquoy  il  eft  à  propos  d'enrichir  de  Scul- 
pture les  Arcs  doubleaux  qui  prennent  naiflancedefond.  On 
peut  auffi  pofer  des  figures  de  ftuc  fur  les  corniches  &  at- 
tiqucs,  d'oiî  partent  les  premières  retombées,  &  peindre 
le  nud  de  la  Voûte  &  de  fes  lunettes  ,  comme  il  a  été  pra- 
tiqué avec  fuccés  à  plufieurs  Eglifes  &  Palais,  particulière- 
ment en  Italie.  A  l'égard  des  Compartimens  peints  de  gri- 
faille  ou  de  marbre  ,  &  rehauffez  d'or  fur  une  Voûte  ou  fur 
un  lambris  de  plâtre,  tout  ce  qu'on  y  peut  faire  de  mieux  eft 


Xx 

< 


34^ 


DE     LA     DIVERSITE' 


d'imiter  le  relief  de  h  Sculpture,  &d*y  joindre  la  légèreté  de 

]a  peinture. 

La  Peinture  à  frefque  a  cet  avantage,  qu'elle  confcrve  long- 
temps Ton  co'oris,  c:ant  au  dedans  des  lieux  j  pourveu  que  l'en- 
duit en  foit  bon  &  fait  avec  les  m.itieres  &  ks  précautions  neccf-  i 
faires,  comme  on  le  pratique  en  Italie.  La  coupe  du  Val  de  Grâ- 
ce, peinte  par  M.  Mignard,  eft  un  des  plus  beaux  Ouvragées  de  \ 
cette  efpece  qui  foit  à  Paris.  Outre  la  Peinture  à  l'huile  &  à  fi  el- 
que,  on  fefert  encore  de  Mofaïque  faite  de  petits  morceaix  de 
verre  de  diverfes  couleurs,avec  quoy  l'on  imite  d'après  un  car- 
ton peint,!es  teintes  &  dégradations  de  la  Peinture.Cette  matiè- 
re eft  fi  durable,qu'aprés  pluiieurs  iiccles  elle  reprend  Ton  luftre, 
étant  lavée  fimp'lcment  avec  de  l'eau.  Lorsqu'une  Voûte  n'eft 
pas  de  grande  étendue ,  pour  la  rendre  extrêmement  riche ,  on 
lapeutmcrufter  de  marbre  avec  dcsCompaitimens  de  pierres 
deraport,  comme  il  s'en  voit  à  la  Chapelle  de  la  Sépulture  des 
Grands  Ducs  a  Florence. 

Les  Coupes  ou  Culs  de  four  doivent  non  feulement  eftre  fnr- 
montcz  de  la  hauteur  d'un  Socle  fulïi'ant  pour  les  dégager 
de  la  SaïUie  delà  Corniche  qui  couronne  l'Architeâure^  mais 
encore  avoir  leur  contour  formé  par  deux  lignes  paraboli- 
ques, afin  qu'ils  paroiflent  parfaitement  fpheiiques  de  leur 
point  de  veuë.  Il  faut  donner  peu  de  faillie  à  fes  corniches; 
&  il  s'en  voit  à  quelques  Eghfes d'Italie,  dontlaprojeéture, 
qui  n'a  pas  lamoitiédelahauteurdelaCorniche,eftaugmen- 
tée  par  des  ombres  peintes,  qui  donnent  une  apparence  de  relief 
aux  moulures  qui  ne  font  pas  affez  Taillantes.  Cette  pratique 
réuflît  particulièrement  lors  quel' Architeâure  eft  peinte  de 
couleur  de  marbre. 

Ilrefteà  parler  des  Plafonds,  qui  fervent  aux  pièces  des 
Apartemens.  llsfe  font  enFrancefurunlatis,  contrelequel 
on  fouette  du  Plâtre  pour  faire  un  lambris  bien  uni.  La 
■  dirpofition  la  plus  agréable  qui  fe  puiffe  faire  des  Com- 
partimens  de  ceux  qui  font  cintrez  en  manière  d'anfe  de 
panier  fort    furbailTée,     eft  de  laifTer  la  partie     du   milieu 


I 


occupée  par  ungrandfujetd'Hiftoireou  d'Archittau,  e  feinte 
cnperfpeaive,  qui  par  l'apparence  d'un  renfoncement  femble 
augmenter  h  capacitédulieu  ;  cequieft  avantageux  pour  les 
pièces  qui  n'ont  pas  un  grand  cxhaufTement.  Dans  la  partie 
cintrée  on  met  desCompartimens  ou  des  fujets  en  longueur 
a v^ec  quadres de  di verfcs  figures ,  &  on  en  arondit  les coimpour 
ofterladifFormitederangierentrant,  &yplacerdesornemens 
enbasrelief  ouen  camayeu,  oubiendesFigureid-cftuc-mais 
il  faut  fur  tout  éviter  de  donner  trop  de  faillie  aux  profils  des 
quadres.  ^ 

Les  Plafonds  droits ,     appeliez  aufTi  Sofites  &  Lambris 
peuvent  palier  pour  les  plus  fuperbes.     Cependant  comme 
Ils  ne  font  gueres  en  ufage  ,   je  n'en  ay  point  donné  de  fi^u- 
re.     Ceux  dont  les  Compartimens  font  en  faillie  par  quadVes 
urunfondsuni  ,   p:,roi{fent  les  plus  pefants;   mais  les  plus 
beaux,  qu'on  nomme  à  l'Antique  ,     fembîent  faits  d'un  a f- 
fembhge  de  poutres  en  Compartimens  réguliers,"  qui  hident 
dcsrenloncemens  bordez  de  Corniches  architravées  avec  des 
rofons  dans  les  plus  petits  cfpaces ,  &dans  les  plus  grands, 
des  Génies,  Guirlandes,  Grotefques,  Devires&  autres  orne' 
mens  peints  à  fonds  d'or  ,  ou  d'or  à  fonds  d'azur.     La  Pla- 
te-bande en  manière  d'architrave  du  delTous  de  ces  efpecesde 
poutres,  eft  enrichie  de Guillochis,  Entrelas  &:r.  continus 
entre  deux  liftels  avec     Ats  rofes  en  forme  de  culs  de  lam- 
pe  aux  endroits  où  elles  fe  croifent.     La  conftruftion  de  ces 
Sofites  fe  fait  avec  des  corniches  volantes  de  bois  de  fapin 
retenues  par  des  liens  &  harpons  de  fer  à  des  poutrelles  oii 
fohves  paffantes  ;     en  forte  que  l'ouvrage  eftant  fort  Ic^er  ,1e 
plancher  n'eftpointfujetà  s'arener,  outre  que  le  dcffus  n'eft 
pas  ordinairement  habité.     II  fe  voit  beaucoup  de  ces  So- 
fires  ou  Plafonds  en  Italie,  où  ils  fervent  à  des Bafiliques &: 
à  des  Salons  de  Palais  :&  on  en  peut  remarquer  la  conftrudion 
auProfil  duCapitoIeraportécy-devantPl.82.  pag,  285.  Il  y 
en  a  aulTi  au  Louvre  &  à  Fontainebleau,  qui  font  d'une  gnn  de 
étendue. 


Xx  i; 


' 


34?  DE    LA     -DIVERSITE* 

DES    COMPARTIMENS 

vu    PAVE'. 

LE  mot  de  Pavé  fe  doit  entendre  icy ,  autant  de  toutes  les 
Aires  pavées  fur  lefquelles  on  marche ,  que  des  matières  qui 
IcsafFermiiïent.  Je  divife  ces  Aires  pavées  en  deux  efpeces;  la 
première  comprend  toutes  celles  qui  peuvent  fupporter  les  cha- 
rois,  &  la  féconde  celles  de  Pavez  polis  qui  fervent  tant  au  dedans 
qu'au  dehors  des  Bâtimens. 

La  neceffité  qu'on  a  duPavé,  &  l'utilité  qui  en  provient, 
ont  fouvent  obligé  à  ne  rien  épargner  pour  fa  conftrudion 
&  fon  entretien.  On  peut  mefme  connoiftre  par  quelques 
Chemins  Antiques ,  efcarpez ,  fendus  &:  percez  qu'on  voit  en- 
core, &  par  d'autres  qu'on  découvre  tous  les  jours ,  &  qui 
avoient  été  comblez  par  la  fucceflîon  des  temps ,  combien  les 
Anciens  ,  &  particulièrement  les  Romains  ,  eftimoient  uti- 
les les  dépenfes  extraordinaires  qu'ils  faifoient  pour  rendre 
leurs  Chemins  plus  pratiquables  ,  &  en  faire  de  nouveaux. 
Lf  s  fleuves ,  les  étangs  &:  les  marais  n'eftoient  pas  mefme 
des  obftaclcs  affez  puifTans  pour  les  empefchcr  d'y  conflrui- 
re  des  Chemins,  comme  il  paroïc  par  plufieurs  Aqueducs  en  ter- 
reou  élever.,  fimples ou  doubles,  fur lefquels  on  marche  en- 
core; &:  par  les  Ponts  Antiques,  qui  fubiïftcnt  avec  étonne- 
ment ,  &  dont  les  arches  font  la  plufpart  en  plein  cintre  Se  extra- 
doffées,  &  les  avantbecs  des  piles  plûtoft  arondis  qu'en  trian- 
i^le.  Jls  appclloient  ces  fortes  de  Chemins,  Aquatiques:  & 
c'eft  ainfi  que  nous  pouvons  auflî  appeller  nos  Ponts,  Chauf- 
fées, Turcies,  Levées,  Moles,  Digues,  Abreuvoirs,  Grèves, 
Ports  de  Mer  &  de  Kiviere&tous  les  autres  Chemins  fondez 
dans  l'eau. 

Le  Soldecesgrands  Chemins  Antiques,  de  quelque  mau- 
vaife  conliftence  qu'il  fût ,  comme  de  glaife  de  vafe  ,  ou  de 


I 


mmmm 


plioi". 


DES    COMPJRTlMEISrS, 


h   Udc^  de  Chaussée        I  ^ Hey^ens  dcTay^  .         h  Cartn^ej^m^Uesx^^r^es 


ir,  ^w/,""^  ^"^  P^"*-^     ■  I  ^''^^  '^ntt^e  cru.  pierre  ?e    Hose  de  Tare  de  g 
Tv    y\     X'^^/v"'  ^^'^^A,f''!^^  a-faintî    incertains    et  de  pierre  de  "Ce 


.  g  rats 
'aerv  . 


Carr  a  hatcms  r-emipus  .        Carreaux,  actv 


^Uox^SVXZ  DX  GRAI5  BTlIQIJi:  XT  CARUXAT 

Xx  ii| 


5  50  DE     LA     DI  TER  SITE' 


■MMMi 


tout  autre  terrein  peu  folide  ,  étoit  affermi  par  les  decom 
brcs  &  tcires  jtdiiïcs  des  Vj!I;s  voilines  ,  &:  par  des  mn- 
tcriaux  qui  fe  trouvoient  fur  les  lieux  ,  eu  q'.ii  pouvoicnr  y 
cftre  apportez  des  plus  proches.  Les  Aires  des  uns  ,  croient 
faites  de  gravois  &  de  cailloux  maçonnez  avec  chaux  &  ci 
ment;  celles  des  autres,  d'écaillés  &  d'éclats  de  roche  ,  ou 
de  rabot;  &  celles  des  plus  magnifiques  Chemins'de  quar- 
tiers de  pierre  dure  a  joints  incertains,  qu'on  nomme  au- 
iourd'huy  Pierre  de  pratique.  Il  y  avoir  même  des  Chemins 
doubles,  où  la  voye  des  charois  étoit  feparée  par  une  berme 
ou  banquette  élevée  au  milieu  pour  les  gens  de  pied  avec 
des  montoirs  à  cheval,  &  des  Pierres  Milliaires  d'efpace  en 
efpace. 

Le  premier  travail  pour  drefler  les  Grands  Chemins,  eil 
le  tranfport  &  vuidange  des  terres  ,   dont  il  faut  ménager  la 
dépenfe  en  telle  forte,   que  pour  les  régaler  ,  le  déblai  d'un 
cofté,  fafl'e  le  remblai  de  l'autre,  ce  qui  feconnoît  par  les  té- 
moins; que  les  berges  ayentaflez  de  glacis  pour  ne  fe  pas  ébou- 
ler dansles  tranchées;  &que  les  fondis foient  comblez,  &  les 
endroits  efcarpez,  foûtenus  de  fils  de  pieux  couronnez  d'un 
chapeau  fuffifant  pour  fervir  de  bordure  &  retenir  les  der- 
nières morfes  :  ou  plûtofl:  de  murs  de  maçonnerie  en  talut 
avec  des   contreforts  qui  buttent  les  terres,  &desbarbacanes 
d'efpace  en  efpace  pour  en  empêcher  lapouffée,   ou  dts  chan- 
tepleurespour  l'écoulement  des  eaux  des  débordemens  &  àcs 
ravinesc     Or  quand  les  Chemins  n'ont  point  de  berges  & 
qu'ils  ont  beaucoup  d'étendue  au  delà  des  chauffées  de  Pavé, 
pour  les  maintenir  d'une  égale  largeur  ,   il  efl:  neceflaire  que 
les  bornes  &:  témoins  des  héritages  qui  leur  font  contigus, 
foient  fixez  par  les  Arpenteurs  &  Grands  Voyers  des  Ponts 
&  Chauffées  ,     afin  que  par  fuccelfion  de  tems  ou  par  au- 
torité ,   les  particuliers  n'anticipent  pas  fur  les  Voyes  publi- 
ques. 

Le  Grais  efl:  la  meilleure  de  toutes  les  matières  pour  pa- 
ver,    parce  qu'il  rend  les  Chemins  autant  commodes  pour 


t^l^mm^ummmfimm^mmmmm 


DES     C  O  AI  P  ^  R  r  I  M  E  N  S. 


(harier,  qiiepcurailcràpied  &àchcva] ^  pourvcu que fcn pa- 
rement Toit  bien  uni ,  fans  hoflcs  ni  flaches  ;  queJorsqiie  ks 
Paveurd'afFeoient  fur  une  forme  oucouchisdefable  ou  de  gra- 
vier, ils  obrcrvcnt  les  pentes ,  revers,  pointes,  ^ruiffe^nux 
rufli'ans;&qu'cnyf^iTe  fouventdes  recherches.  LePavédonr 
on  affermit  les  Aires,  eft  de  trois  fortes;  le  plusgros,  qui  e  11: 
prefquc  cubique  &  qu'on  aflcoit  à  fec,  tft  employé  pour  les 
Grands  Chemins ,  Rues,  Cours  &c.     Le  moyen,  qu'on  af- 
fcoit  à  bain  de  mortier  de  chaux  &:  de  fable,  fcrr  pour  les  Ban- 
quettes des  Quais,  les  TerrafTes,  Arriéres- cours  ,  &  auîrrs 
lieux  à  découvert;  Et  le  petit,  maçonné  à  bain  de  mortier  de 
chaux  &  déciment,  pour  les  lieux  humides,  comme  Ecuries, 
Fourrières,  Angars,  Buanderies,  &  pour  les  Cuifîncs,  Boii- 
langeiies.  Fournils,  Sommelleries,  Communs,  &  autres 
pièces  du  département  de  la  Bouche.     On  mêle  aufïî  avec  ce 
petit  Pavé,  d'autre  de  pierre  à  fuzil ,  ou  de  pierre  de  Caèn  pour 
faire  des  rofes,  des  lozanges  &  autres  Compartimens  dans  les 
Grotes,  Fontaines,  Cafcades ,  Crypto-portiques,  &  autres 
Bâtimenshydrauliques.     La  brique pofée  de  champ  en  liaifon 
ou  en  c  pi ,  Jcrt  de  Pavé  dans  les  Rués  des  Villes  où  il  n'y  a  point 
dccharois,  commeà  Vcnifc,  aux  banquettes,  &  autres  Che- 
mins relevez  pour  les  gens  de  pied. 

La  féconde  efpece  de  Pavé  concerne  ccluyqui  eft  poli  au  de- 
dansou  au  dehors  des  Bâtimens  ,  &  fur  lequel  il  ne  palTe  point 
de  charois ,  &  elle  eft  de  trois  fortes  ;  fçi  voir  de  Carreau  de 
terrecuite,  dédales  de  pierre,  &  de  tranches  de  marbre.  Les 
Terrafles  qui  font  élevées  fur  un  terre-plein,  ou  fur  des  voûtes, 
peuvent  eftre  pavées  de  toutes  ces  matières;  mais  il  fautobfer- 
verqu'à  celles  qui  le  font  de  pierre,  &  qui  fervent  de  couver- 
tures aux  Maifor.s ,  les  joints  foient  coulez  en  plomb.  On 
couvre  nuffi  ces  Terrafles,  ou  de  tables  de  plomb  ,  qui  font 
mieux  jo'nrcs  à  rurlet  que  fondées  à  couture,  ou  de  Carreaux 
debriquepolcedcplat,  ouenBnd'une  Aire  dem.ortierfa  tdt 
ciment  mcléavec  de  la  chaux  ou  du  bitume,  comme  on  le  pra- 
tique chez  les  Levaitit  s. 


551 


DE     LA     T>  IVtRSîTE' 


Le  Carreau  de  terre  cuite,  qui  eftaujourd'huy  d'un  grand 
ufage,  fe  fait  de  diverfes  formes  &  grandeurs;  le  plus  ordi- 
naire eft  à  lix  pans,  grand  ou  petit,  &fert  pour  toutes  fortes 
de  planchers .  Le  grand  Carreau  qui  eft  à  8.  pans  eft  employé 
avec  un  petit  Carreau  verniiïé  entre  quatre.  On  fe  (ert  en- 
core de  la  brique  uniede  8.  pouces  de  long  fur  4.dcldrge,  po- 
féc  de  plat  avec  un  petit  carreau  verniflc  au  milieu  de  quatre 
de  ces  briques,  dont  le  Compartiment  eft  en  manierede  barons 
rompuf.  Pour  les  Carreaux  de  fayence,  qu'on  nomme  d'Hol- 
lande, qui  font  la  plufpart  quarrez  ,  fervent  pour  les  petits 
Cabinets ,  les  Apartemens  de  Bains ,  les  Grotes ,  &  autres 
lieux  frais.  La  meilleure  figure  de  Carreau,  eft  celle  qui  fait  le 
plus  d'enclave  &  de  liaifon,  comme  l'hexagone:  &pour  af- 
feoir  le  Carreau,  le  plancher  eftanthourdi,  onmetunpeude 
charge  ,  &  on  établit  des  cueillies  r^e  plâtre  pour  les  drefter  de 
niveau;  mais  parce  que  le  plâtre  renferme  eftfujet  à  boufer,  les 
Carreleurs  gâchent  du  pouffier  ou  rtpous  avec  le  plâtre  en  car- 
relant j  dont  cependant  la  force  eft  diminuée  parce  mélange. 
Pour  le  grand  Carreau  quarré,  il  ne  fert  qu'aux  Terraffes ,  &  aux 
moindres  Jeux  de  Paume. 

On  fait  aufli  des  Aires  de  plâtre  fur  le  hourdi  des  plan- 
chers, qui  bien  dreffez,  bien  fecs,  imprimez  d'une  ou  plu- 
fieurs  couches  de  couleur  à  l'huile  &  frottez,  font  affcz  pro- 
pres ;  mais  ils  ne  font  pas  comparables  à  la  compolition  du 
Gyp,  dont  on  fait  des  Compartimens  de  diverfes  couleurs, 
femblables  aux  marbres  &  cette  forte  d'Aire,  qui  eft  un 
marbre  artificiel,  ne  faifant  qu'un  corps  &  recevant  le  poli, 
feroit  d'un  bel  &  grand  ufage,  fi  elle  n'étoit  pas  fujette  à 
s'ccaillcr  &:  à  s'éclater  ,  particulièrement  lors  que  les  plan- 
chers s'afFaiflent.  On  plancheye  les  Aires  de  certains  lieux, 
comme  de  S.illes,  Dortoirs,  Cellules,  Parloirs,  Ouvroirs 
de  Couvent  &c.  avec  des  planches  de  fapin  ou  de  chefne  à 
rainure  &  languette,  qu'on  chaffe  &  fait  joindre  à  force  de 
coins;  ou  du  moins  avec  des  ais  de  bateau.  Pour  le  Par- 
quet, qui  eft  le  plus  propre  aflcmblage  ,   il  fert  pour  les 


Cabinets» 


r)I\ER>E>        E.srLLba       PL        LUMFARTIALEKS      DE      TAVEZ     PE      MARBRE 


m- 


DES     CO  MV  ARTIMEN  S.  \S\ 

Cabinets,  Oratoires,  Chambres  à  coucher ,  &:  autres  pièces  nc- 
ceflaires  à  l'habitation. 

Le  Pavé  poli  de  pierre  efl  ordinairement  en  ufage  au  rcz  de- 
chauflee.  On  employé  dans  les  EglifeSjTrefors,  Charniers  de 
Cimetières,  Cloiftres,  Chapitres,  Chaufoirs&c.  des  Tombes 
avec  des  dales  de  pierre  de  pratique.  Le  pavé  régulier  fe  fait 
de  Carreaux  de  pierre  pofez  quarrément ,  ou  en  lozange  & 
bordez  de  plate-bandes;  &  on  s'en  fert  dans  les  lieux  oiiTon 
répand  de  l'eau,  comme  les  Cuifines,  Salles  du  Commun, 
Lavemains ,  &  Refe<5toires ,  &  dans  ceux  où  il  faut  de  la  fraî- 
cheur &de  la  propreté,  tels  que  font  les  Apoticaireries,  La- 
boratoires, Répertoires  &  Théâtres  A natomiques.  Ecoles  évc. 
Le  Carrelage  de  pierre  de  Liais  &  de  Carreaux  à  8.  &:  à  ^. 
pans  avec  de  petits  Carreaux  quarrez  ou  triangulaires  de  pier- 
re de  Caèn  ,  efl:  propre  pour  les  Vefliibules ,  Galeries  baf 
fes ,  Paliers  &  Salles  à  manger.  Il  fe  fait  auffi  des  Com- 
partimens  en  manière  de  Labyrinthes,  compofez  defrifes  & 
de  fentiers  en  guillochis ,  &  il  s'en  voit  un  de  cette  forte 
dans  la  grande  Eglife  de  S.  Quentin  en  Picardie.  Ces  for. 
tes  de  Pavez  de  pierre,  doivent  eftre  pofez  fur  des  aires  de 
moilon,  &  après  qu'ils  font  dreffez  de  niveau  par  des  repai- 
res ,  il  les  faut  arrefter  par  des  cueillies  d'efpace  en  efpace ,  & 
les  caler  en  forte  qu'avec  de  petits  abreuvoirs  on  puifTe  reiripljr 
le  deflbus,  de  coulis  ou  de  mortier  clair,  j  ufques  à  ce  qu'il  n'y  r  e- 
fle  plusdevuide. 

Les  Pavez  de  marbre  fe  font  par  grands  ou  par  petits  Com- 
partimens.  Les  Plate-bandes  des  grands  Compartimens  font 
réglées  par  lesdimenfions  des  Avant- corps  &  Arriere-corpç 
des  Pilaftres ,  par  les  pans  coupez  ,  portions  de  cercle,  & 
autres  accidens  des  plans  figurez.  Les  panneaux  répondent 
aux  Compartimens  des  Voûtes  &  Sofites  avec  des  marbres 
de  diverfes  couleurs,  comme  il  s'en  voit  dans  les  belles  Egli- 
fes.  Il  fe  fait  dansles  figures  rondes  ou  ovales,  des  Compar- 
timens de  rofesde  diverfes  manières,  comme  en  étoile  fim- 
ple  &  double,  en  feuilles  de  rofe,  en  queue  de  paon,  &  en 


Y 


^mm^ÊÊasaÊÊÊÊmmmÊmamÊBmÊmÊÊÊiÊÊÊimaamÊmÊÊmmmmmmmÊÊÊÊm 


lozanges  curvilignes  ,  que  Ips  Marbriers  nomment  à  points 
perdus  ,  qui  font  marquez  Y  dans  la  Planche  105  :  &  c'eft 
de  cette  dernière  manière  qu'eft  le  pavé  de  la  Chapelle  du 
Château  d'Anet ,  qui  répond  à  de  pareils  Compartimcns  de 
la  Voûte,  &  qui  ell:  peut-eftre  l'un  des  premiers  de  cette  ef- 
pece.  Or  comme  ce  Compartiment paroifl:  d'abord  d  fficile 
à  comprendre,  voicy  la  manière  de  le  tracer.  Le  grand  dia- 
mètre ejftant  déterminé  par  la  Plate  bande,  ainfi  que  le  périt 
rond  du  milieu,  on  partage  refpace  entre  les  deux  cercles, 
en  deux  parties  égales  ,  &:  enfuite  on  trace  un  cercle  qu'on 
divife  en  autant  de  parties  ou  degrcz  qu'on  veut  ;  &  de  ces 
parties  comme  centres  de  l'ouverture  du  compas  jufques  à 
l'extrémité  du  petit  cercle  ,  on  trace  les  arcs,  qui  recroifcz 
donnent  les  lozanges  curvilignes.  Il  faut  obferver  que  plus 
le  cercle  de  la  divilion  eft  grand  ,  plus  on  y  doit  divifer  de 
parties ,  afin  que  les  carreaux  foient  proportionnez  ,  comme 
fous  le  Dôme  &  dans  les  Chapelles  de  l'Eglife  du  Val  de 
Grâce. 

Il  faut  fur  tout  éviter  de  faire  des  Compartimcns  quarrez 
dans  une  figure  circulaire,  qui  n'ont  nulle  grâce,  comme  le 
pavement  du  Panthéon  ;  c'ell  pourquoy  il  n'y  a  pas  d'appa- 
rence que  ce  pavé  foit  auffi  antique  queTArchiteduredece 
Temple:  &  il  ert:  évident  par  les  Plinthes  des  Colonnes  Co- 
rinthiennes ,  qui  font  prefque  enterrez,  que  ce  n'eft  qu'une  re- 
ftaurarion  faite  du  temps  de  Septime  Severe. 

Or  comme  les  grands  Compartimensne  font  pas  bien  pro- 
portionnez dans  un  médiocre  efpace,  auflî  les  petits  ont  quel- 
que chofe  de  chetif  dans  un  grand  lieu  ;  particulièrement 
ceux  qui  reflemblent  à  ces  figures  que  les  Vitriers  employent 
dans  le-; panneaux  des  vitres,  comme  il  y  en  a  dans  l'Eglife 
de  l'Abbaye  de  Joyenval  prés  Saint-Germain  en  Laye.  Cet- 
te iVlarqueterie  n'a  pas  le  bon  gouft  du  deflein  qui  fe  trou- 
ve aux  pavez  des  Eglifes  à  la  Romaine,  &  à  ceux  des  Châ- 
teaux de  Vcrfailles,  deClagny,  &deTrianon  ,  où  l'on  peut 
voir  des  plus  beaux  modelles  de  cette  forte  d'ouvrage.  Pour 


«» 


DES    COM?  ARTIMONS. 


3Sf 


les  petits  Compartimens  de  marbre,  ils  fe  font  de  Mofaï  juc, 
ou  de  pierre  de  rapport  par  platte-bandes  entrelaflécs  quart  c- 
ment  ,  ou  en  rond,  qui  renferment  des  figures  exrraordinai 
res:  le  tout  arrêté  avec  un  bon  maRic,  &  polipardeffus,  com- 
melepavédel'Eglire  de  Sainte  Sophie  ,  aujourd'hui  la  M  )!"- 
quée  du  Grand  Seigneur;  &  celui  de  l'Eglife  Patriarchale  &: 
Ducale  de  S.Marc  à  Vcnife. 

Quant  au  choix  des  Marbres,  non  feulement  il  faut  que 
l'union  &:  lecontrafte  des  couleurs  s'y  rencontrent ,  comme  au 
lambris  de  revêtement  ;  mais  il  eft  encore  neceflaire  qu'ils  foicnt 
approchans  de  même  dureté ,  parce  que  les  uns  s'ufant  plus  fa- 
cilement que  les  autres,  ils'y  fait  des  inéjalitez  :  &:commela 
pierre  &  le  marbre  ne  conviennent  pas  enfemble  ,  le  porphyre 
&Ie  granité  ne  conviennent  pas  non  plus  avec  d'autres  marbres 
plus  tendres,  ainfi  qu'on  le  peut  remarquer  à  quelques  Pavez 
antiques. 

Voila  une  bonne  partie  des  règles  qui  concernent  la  M  atiere , 
la  Conftrudion ,  &:Ja  Forme  des  Edifices.  Maiscommcl'Art 
de  bâtir  eft  infini  par  raport  à  la  diverfité  des  lieux  &  de  leurs  ufa- 
ges  qui  demandent  des  formes  différentes,  &  aux  matières  que 
chaque  Pays  produit  en  particulier  \  je  déclare  que  les  maximes 
que  j'ay  avancées,  ne  font  que  des  règles  générales  fondées  fur 
les  meilleurs  exemples  :  que  jen'aypoint  eu  defleind'épuifer 
chaque  fujet,  mais  feulement  d'en  traiter  fuffifamment  pour 
exciter  ceux  qui  en  voudront  faire  leur  profeffion  &  y  réûffir ,  à 
joindre  la  pratique  à  cette  théorie  :  &  qu'enfin  les  préceptes 
que  je  donne  dans  cet  Ouvrage ,  fuffifent  à  toutes  fortes  de  per- 
fonnespourparlerpertinemment  de  l'Archireâiure  ,  qui  eft  le 
plus  neceflaire  de  tous  les  Arts  pour  le  fecours  de  la  Vie  civile. 


FIN, 


Yy  i| 


!^ 


DICTIONNAIRE 

D'ARCHITECTURE, 


OU 


EXPLICATION  DE  TOUS  LES  TERMES, 

dont  on  fe  fèrt  dans 

L'ARCHITECTURE,  LES  MATHEMATIQUES,  LA 

Géométrie,  la  Mécanique  ,  l'Hydraulique,  leDeffein,  la  Peinture  ,  la 
Sculpture,  lesMefures,  leslnftrumens,  la  Coutume,  &:c. 

LA  MAÇONNERIE,   LA  COUPE,    ET  L'APAREIL 

des  Pierres,  la  Charpenterie ,  la  Couverture,  la  Menuiferie  ,  la  Serrure- 
rie, la  Vitrerie,  la  Plomberie,  le  Pavé,  la  Fouille  des  Terres ,  le  Jardi- 
nage, &c. 

LA  DISTRIBUTION,  LA  DECORATION,  LA  MATIERE 

&Ia  Conftrudion  des  Edifices  &  leurs  défauts. 

Les    BaSTIMENS,    antiques  ,    sacrez  ,     profanes,    CHAMPESTRESi 

(de  Marine,  aquatiques,  publics,  &  particuliers. 

£nfcmhle  les  BtimologieSi  &  les  Noms  latins  des  Termes ,  avec  des  Exemples 
(^  des  Préceptes:  Le  tom  par  raport  k 

LART  DE  BATIR. 

Tat  A,  C.'DAVILER  Archïte^e  du  Roy. 
TOME    SECOND. 


A    parts; 
Chez  NICOLAS    LA NGXOTS>  rue  S.  Jacques. 

M.    D  C    XCIIL 
^uiVEC  PRIFILEGE  W  ROT» 


AVERTISSEMENT. 


I  'Obscurité'  des  Termes  étant  un  des  plus 
grands  obftacles  pour  arriver  à  laconnoilTanced'un 
Art  j  après  avoir  fait  reflexion  combien  il  fcroit 
difficile  d'entendre  fans  quelque  éclaircifTement, 
la  plufpart  de  ceux.de  ce  Livre  ,  qui  en  contient 
plus  de  cinq  mille  appartenant  à  TArt  de  bâtir  &  à 
ceux  qui  en  dépcndent>  j'ayjugé  qu'il  étoitabfolumentneccflai- 
re  d'en  donner  une  Explication  en  forme  de  Dictionnaire,  qui 
renfermât  des  définitionsjufles  &  concifes.  II  n'étoit  pas  pofTible 
de  le  faire  dans  le  difcours  >  l'Explication  des  Termes  en  auroit  in- 
terrompu la  fuite,  &caufédelaconfufion  &derobfcurité:  Les 
Planches  même  ou  figures  n'auroient  pu  y  fuppléer  entièrement, 
toutes  exades  &  corredes  qu'elles  font.  Ainfi  le  feul  party  que 
j'aye  pu  prendre,  a  été  de  travailler  à  ce  Didionnaire,  ouj'ay 
tâché  d'éclaircir  les  mots  qui  ne  font  point  de  l'ufage  ordmaire ,  &: 
qui  appartiennent  à  l'Art  de  bâtir. 

-  Mais  parce  que,  quelque  exa£te  que  foit  une  définition ,  elle 
ne  reçoit  une  entière  clarté,  que  par  une  figure  ou  par  un  exem- 
ples j'ay  eulefbinde  renvoyer  aux  Planches  de  ce  Livre,  &de 
raporter  à  des  exemples  connus,  tous  les  Termes  qui  pouvoient 
en  recevoir  quelque  éclairciffement.  Je  me  fuis  fervi  pour  cet  effet 
des  beaux  morceaux  de  l' Architedture  antique ,  &  des  tdifices  les 
plus  confiderabies  de  Paris ,  des  environs  &  même  des  Pays  étran- 
gers :  &  les  reflexions  qu'ils  m'ont  donné occafion  de  faire,  peu- 
vent fervir  de  règles  pour  fe  former  le  bon  goût,  &  pour  connoî- 
tredans  les  Bâtimens  antiques  Ô;  modernes  les  plus  approuvez, 
ce  qu'il  y  a  de  beau  &  de  défe6tueux. 

/'avoué  queplufieursdifficultezfe  font  oppoféesà  l'exécution 
de  ce  travail  parla  prodigieufe  quantité  de  recherches  qu'il  a  fallu 
faire,  tant  furies  lieux,  que  dans  prefque  tous  les  Livres  qui 
traittent  de  l'Architeclure  ou  .des  autres  Arts  qui  y  ont  raport, 
pour  autorifer  mes  Remarques  &  les  confirmer  par  les  exemples  & 
les  préceptes  des  meilleurs  Auteurs.  Mais  j'ay  eu  cette  facilité  de 
trouver  chez  le  Sieur  Langlois  ces  Livres,  aufiî  bien  que  toutes 

*  2  fortes 


AVERTISSEMENT 

fortes  de  Figures ,  qu'il  a  en  plus  grand  nombre  &  en  meilleur  or- 
dre que  nulle  part  ailleurs,  &  qui  m'ont  été  d'un  grand  fecours 
pournelaifl-eraueun  Terme  équivoque,  &  pour  divifer  exaâe! 
mentchaque  genre  dans  toutes  fesefpcces ,  en  donnant  à  chacu- 
ne la  notion  qui  lui  convient.  ilWMCU 

ti.S''l'L''"'  "''''°''  P°'"'  "'^  ^f  '"^1"''  P^«'"^"t  fur  cette  ma- 
tiere,  &  ce  que  j'ay  cm  être  en  droit  de  faire ,  non  feulement 

parce  quec'eftmaprofeilîon,  mais  encore  parce  que  mes  voyages 
&Ics  emplois quej'ayeus  dansles  BâtimensduRoy,  m'ontcon- 
firme  dans  quelque  expérience  ;  auffi  ay-je  taché  d'écrire  en  Ar- 
rawrc         ^"  0"™er  ,  pour  me  faire  entendre  de  l'un  &  de 

La  connoilTance  des  Termes  étant  donc  fi  necelTaire  dans  le» 
Arts,  &  fur  tout  dans  l'Architeaure.  à  caufe  de  la  relation  S 
a  avec  tous  les  autres;  je  n'ay  pu  me  difpenfer  d'inférer  &  expli- 
quer dans  cette  Table ,  ceux  qui  concernent  la  Géométrie,  Scien- 
ce l3  plus uti  epour  la  théorie  &pour  lapratiquede  l'Architeftu- 
Te,  &dont  la  plufpart  étant  dérivez  du  Grec,  font  difficilement 
entendus  par  reux  qui  lifent  les  Auteurs ,  &  particulièrement  Vi- 
truve,  faute  de  fçavoir  leurs  étymologies,  qui  renferment  pref- 
que  toujours  leurs  définitions  ,  comme  on  le  peut  voir  Dar^ces 
mots  d  ^/tmetrie ,  Vlammetrie,  Longimetrie,  Ichnographie,  Or- 
thographie, Scénographie,  Sciographte ,  Stéréométrie,  Stenoto- 
mteà-c.  J  ay  expliqué  demefme  quelques  Termes  d'Architeflu- 
/f    T'^Tà  /^°T^  Eurythmie  ,  Exaftjle,  Oiîoftyle,  Tlecafty- 
li.)f^oJ}fyle,Moriotr,gfyfhe,Euripe,  Lycée, Tretoire,ChJJps 
Elyfees,  Camp-Pretone»a-c.   quelquesautresd'ArchiteaureSa- 
cree,  comm<,  Calvaire ,  Echelle  Sainte,  Evêché,  Conclave,Her. 
nutage  &c^  De  plus  ceux  des  lieux,  qui  font  partie  des  Palais  des 
Grands,  &  qui  font  purement  d'Architcaure,  comn-^c Fruité- 
ne ,  Fend,  Seller, e ,  Haras ,  Ménagerie, Fa,[anderie ,  Fauconnerie, 
<.rurte,Heromere,Muete,  Mail  &c.  &  quelques-uns  d'Archi- 
teaureNavalc,  comrr^zFondicine,Entrepos ,  EtuvedeCorderie, 
Bar  ce ,  Lar^aret ,  Magaz.m ,  Parc  &  Forme  de  Marine  &c 

linfincet  Ouvrage  n'étant  pas  feulement  fait  pour  les  Ouvriers, 
mais auflipour ceux  qui  fontbâtir,  &quifc  pbifent  à  l'Archite- 

fturej 


AVERTISSEMENT. 

^ure;  i'ay  encore  expliqué  en  leur  faveur  certains  Termes  de  la 
Coutume  de  Paris  utiles  àfçavoir,  tels  que  font,  "Paffage  de  fer- 
vitude&defouffrance.  Treillis-,  Fer  maille  ,  Verre  dormant  ^ 
Héberge ,  Lunette ,  &  toutes  les  fortes  de  Bées  ou  Veu'es  &c.  ainfî 
que  les  mots  dont  les  Ouvriers  iè  fervent  communément,  &  qui 
n'ayant  d'autre  origine  que  la  métaphore  ou  l'habitude ,  paroiflént 
entièrement  barbares  à  qui  ne  \ç:s  entend  pas,  comme  ces  verbes 
fouchever^gobeter:,  haler  ^  tringler,  dégroffir  ^  démaigrir  .refeuil- 
1er  y  ruiner,  tamponner ,  enfaiter , peupler ,  medioner  ^edaircir  érc. 
Se  comme  ces  noms  Epa/frure,  Miroir  ^Tlumée-,  TU  y  Coude\ 
Corvée,  Etanfiche,  Filières,  Epi,  Foreft,  Bloc,  "Dame,  Laye ^ 
Feiiillée,  Micôte,  Hortolage ,  Vertugadin,  &  quantité  d'autres 
inféparablcs  de  TArchite^ture ,  comme  font  ceux  de  la  Maçonne- 
rie, delà  Charpenterie,  de  la  Serrurerie,  de  la  Menuiferie ,  du 
Jardinage  &c.  qui  fe  voycnt  dans  le  cours  du  Livre.   Ceux  qui 
commencent  à  s'mftruire  y  trouveront  auflî  les  Termes  qui  con- 
cernent le  DefTein ,  entr'autres  les  différentes  fortes  de  Compas, 
de  Règles,  de  Crayons,  d Encres  &c.  Ils  y  apprendront  ce  que 
c'eft  que  calquer ,  graticuler ,  cont retirer ,  mailler  ,paffer  à  l'Encre, 
hacher,  &  laver  un  T>ejfeins  fefervir  de  differens  Niveaux^  du 
"Tantometre ,  du  Grapbometre ,  &c  autres  inftrumens  pour  lever  un 
Pian,  &  ^// i^^ï/z^rr^ar  pour  connoître  l'ouverture  des  Ano-lesj 
ce  que  c'eft  encore  que//^//,fr//«^/>/><r^^,?^/-^/>;  enfin  beaucoup 
d'autres  chofes,  autant  utiles  qu'agréables,  pour  entendre  par- 
faitement toutes  les  parties  de  l'Architecture. 

J'ay  de  plus  ajouté  dans  cette  Table  la  plufpart  des  mefures, 
dont  on  fe  fert  chez  les  Nations  policées,  comme  les 'P/>^j-,'P^/- 
fKes,  Touces,  Onces,  T>oigts,  &  T)egrez,  qui  font  les  parties 
AcsCoudées,Bra(fts,  Cannes,  Verges,  Terches,  Arpens,  &  au- 
tres quantitez  neceflàires,  tant  pour  trouver  les  dimenfions  des 
Edifices,  quepourfaire  l'Arpentage  des  Terres,  &comparerles 
diverfes  mefures  des  lieux,  où  l'on  fe  rencontre,  avec  celles  qui 
font  familières.  II  feroit  difficile  de  trouver  plus  àc  7  ermes ,  quoy 
que  Je  n'aye  expliqué  que  ceux  qui  font  contenus  dans  ce  Livre  : 
&  j'ay  même  inféré  pour  l'intelligence  des  Auteurs  tous  les  Ter- 
mesLadns,  quej'ay  pu  recueillir  de  Vitruve,deV^arron,  de  Fe- 

*  3  ftus. 


*      j  „,.    ^  ^  E  R  T  I  s  s  E  M  E  N  T 

mentateurs.  Quant  aux  Etymoloeies  ou?rP  „,  ■?  ''"''^°'"- 
plus  commun«7  jcn'av  pas  troSnr^^      ?"^-'  ^^  '■^J"^^  '«« 

ceux  cu:r,gnorenc,  nelsl-fcntpas  &  queceu"°oui  if  ^  ^"' 
s'en  fouaent  fort  peu  :  ,1s  font  donc  m  s^re  Italmue  .n^îl^'v"' 
guetouslesauttesTer.es  qut  crent  Icur^^rgï-^^SV^: 

roSr^rdtzi^^t^ 

pourra  voir  dans  cetteTable,  combien  ks  excmalL  &  t     ''  ''■  °° 

quiyfontrapportées,  font  valoir leursfuietslr^!^      T'T'  ' 

resquifemblentauderrusdelaconSIceô^^^^^^ 

batir,  fervent  a  relever  l'excellence  de  l'ArchitXre    i^  ^  r 

On;errat.SÏLfSr;deT^^^^^^^^^^^ 

exemple,  qu'aucun  Architefte  qui  aTlcT  1  .""""'''^^'P" 

ded.x  oud'ouze  Colonnes,  &?u',  s'en'ÏC  Src:^^.!^ 

P^cfo^sTlonrrmÏ^^^^^^^^ 


r^nïr^SctSè"^^^ 

icsay  tra.téesVji  -n^^-  uiîl^s"ft  t  oXt« à mS^^ 
que  letcmps  me  l'apû  permettre:  cequej'efpëre  ^ZTntreaf 
tier  a  1  avcmr,  fi  mon  travail  donne  quelauc  r.rl-;f-,  Ç^„ "  • 

prendront  lapeine  dele  regarder  ftns  enTeftemem  Ijlnl"''*"' 
pouren  profiter.  A:nfidans  cette  conSl^  m'èft^eraïh"' 
reux  fi  l'on  porte  un  pareil  jugement  de  l'Auteur  dec^ÔZÏ^^^ 
que  Balzac,  de  Michel  de  Montagne,  lorsqu',1  dit,  qt^c'eK 
gmdequ.  égare,  mats  quimene  dans  des  Pays  plus  ag?éàbîesai"n 

E  X- 


Pag.i 


>mw iMP'tMmmu'jjummiiiujaijfivj 


EXPLICATION 

DES     TERMES 

D'ARCHITECTURE,&c. 

Contenus  en  ce  Livre. 


A. 

B  A  J  O  U  R.  Efpece  de  Fenêtre  en  manière  de  grand  foupirail ,  dont  l'Ebra- 
lemen:  de  l'Apuieft  en  talut  entre  deux  Jouées  rampantes  par  dedans,  Se 
eft  au  defTus  de  h  veùe  ;  il  fert  à  éclairer  l'Etage  fouterrain  ou  des  Offices. 
jp^^ei4i.  Planche  50.  &  pa^e  174.  Planche  65  B.  On  appelle  aufli  -^i<z- 
]our  ,  la  Fermeture  en  glacis  d'un  Vitrail  d'Eglife  ou  de  Dôme  ,  qui  fe  faic 
pour  en  racorder  la  décoration  intérieure  avec  l'extérieure,  comme  aux 
Eglifes  de  la  Sorbonnc  &  des  Invalides  à  Paris.  Planche  6^  B.  pag.  189. 
A  B  A  QU  E  ;  c'eft  la  partie  fupcncure  ou  le  couronnement  d'un  Chapiteau.  Il  efl;  cjuarrc 
auTolcan.  page  16.  Planche  6.  au  Dorique  &  à  l'Ionique  antique.  P/.  ii.p.  3  5.  &  P/.  19. 
p.  47.  &  échancré  fur  fes  faces  aux  Chapiteaux  Corinthien  &  Comporte,  f.66.  PL  28.  &: 
34.^.85.  Le  mot  d'zJbaqiic  vient  du  Latm  ^bacus,  fait  du  Grec  c^^i.i\  qui  fîgnifie  un 
petit  Butet  quarré  &  aufll  une  Table  pour  apprendre  les  principes  de  l'Arithmétique  ,  que 
les  Italiens  nomment  ^bachina.  Foye:;.  TAILLOIR. 
ABATAGE.    ^^jf:^  L  E  V  I E  R. 

A  B  A  T I  S.  Les  Carriers  appellent  ainfi  la  Pierre  qu'ils  ont  abbatuc  dans  une  Carrière  ,  foie 
la  bonne  pour  bâtir ,  ou  celle  de  rebut  qui  ne  fert  de  rien.  Ce  mot  fc  dit  aulli  de  la  démoli- 
tion &  des  décombres  d'un  Bâtiment.  On  appelle  encore  ,_yibatis  ,  les  Arbres  qu'on  a  ab- 
batu  dans  la  Coupe  d'une  Forelt.  page  106. 
ABAVENTS;  ce  font  dans  les  ouvertures  de?  Tours  d'Eglife&  Clochers  ,  de  petits  Au- 
vents taits  de  chaflîs  de  charpente  couverts  d'ardoife  ,  qui  fervent  pour  empccner  cucle 
Ion  des  Cloches  ne  ie  diflipe  en  l'air ,  &  pour  le  renvoyer  eu  bas.  P-  3 1^. 

Tome  IL  ^  '  ^g. 


-  EXPLICATION   DES  TERMES 

com.ncalo^^i^jfdeS.GermaindesprcsàPans    p  zJ  ^  ^^?^'^^  ^ '^Lais  abbatial , 

qui  fc  ftit  avec  acsco,„s&a,,rrcsrnl    é„Ll„7^I        B'i?''=ï"'P'"='''''°«i  " 

fc.».,  du  mot  £p;,,i„ ,  ;eunc  garço7;f,  ;,'*"'•  ^  '"  ''  'î"=  ^""'^  ^PH''  ^A" 

Fiteau  Corinth:en.  /  5  ^p/l  8    ^.^    ,?  p/t""  ''"'P^'"'  ^^^'"^^"  ^  "^^^"^^'  ^^  ^ha- 
ACOUDOIR.    Foycl  A^Vl    ^  ^- -94- i /•  87. 

%|rau\t=afAo^|;;'--^^^^ 

ADENT,    roye^:  Assemblage   en   A  dent  ^' 


bleiiatrc. 


D'A  R  C  H  r  T  Fi  C  T  U  R  E  ,   ScC.  ^ 

bleiiatrc.  Les  tJ.m€s  fervent  à  enrichir  les  Tabernacles ,  &  les  Cabinets  de  marbre  &  de 
marqueterie,  pjç.  m.  &  5  lo. 

AGRAFES.    Voyex  CRAMPONS. 

AIDE.  On  appelle  amfi  tous  les  petits  lieux  qui  font  à  côte'  de  plus  grands  pour  leur  fervir  de 
de'charge  ,  comme  ceux  prc's  des  Offices  ,  Sommeleries  ,  Dc'penics,  Garderobes  ,  &c. 
PL  60.  p.  ly).  Lat.  B^coiditorium. 

AIGLE.  Oifcau  qui  fervoit  anciennement  d'Attribut  aux  Chapiteaux  des  Temples  dédiez 
à  Jupiter ,  &  qui  fert  encore  d'ornement  à  quelques  Chapiteaux ,  comme  aux  loiuques  de 
i'Eghfe  des  PP.  Barnabites  à  Paris,  p.  96.  PI.  58. 

AIGUILLE.  Pièce  de  bois  debout ,  qui  fert  à  entretenir  le  Soùfaite  avec  le  Faille  dans 
rAflTemblage  d'un  Comble  ,  &  qu'on  nomme  aulfi  Poinçon.  Lat.  Columen.  yhyc^ 
POINC,  ON. 

AIGUILLE,    royex  OBELISQUE. 

Aiguilles  de  Pertuis;  ce  Ibnt  des  pièces  de  bois  rondes  ou  quarre'es  de  trois  i 
<]uatre  pouces  de  diamètre  &  de  cinq  à  fix  pieds  de  long,  qui  font  retenues  en  tcte  par  la 
Brife  &  portent  par  le  pied  fur  le  Seiiil  d'un  Pertuis  ,  qu'elles  fervent  à  fermer  pour  hâullèr 
l'eau  ,  $c  à  ouvrir  pour  le  paflage  des  Bateaux,  p.  145 . 

AILE.  Ce  mot  fe  dit  par  métaphore  ,  d'un  des  cotez  en  retour  d'angle  qui  tient  au  corps 
du  milieu  d'un  Bâtiment.  On  dit  Aile  droite  &  ^ile gauche  par  raport  au  Bâtiment  où  elles 
tiennent,  &  non  pas  à  la  perfoniK  qui  le  regarde,  ainfi  la  grande  Galerie  du  Louvre  eft 
Vi_Jile  droite  du  Palais  des  Thuileries.  On  donne  encore  ce  nom  aux  Bas-côtcz  d'une  £gU- 
fe.  fhiges  175.  &  i8z.  P/.  65  A  &  ^5  B. 

AitES  DE  Mur.    Voycx   Mur  en  Ailes. 

Ailes  de  Cheminée;  ce  font  les  deux  cotez  de  mur  dans  l'étendue  d'un  pied,  qui  tou- 
chent au  Manteau  &Tuïau  d'une  Cheminée  &  dans  lefquels  on  fcelle  les  boulins  pour 
échafauder.  Ces  ^iles ,  auifi-bien  que  l'endroit  où  la  Cheminée  eft  adofléc  ,  doivent  être 
payez  au  Propriétaire  du  Mur ,  s'il  n'eft  pas  mitoïen.  P/.  5  5.  p.  1 59. 

Ailes  de  P  a  v  e';  ce  font  les  deux  cotez  en  pente  de  la  Chauffée  d'un  Pavé  depuis  le  Taf- 
droit  jufqu'aux  bordures.  PI-  loz.p.  549. 

AILERON    DE  Lucarne.   Efpece  de  Confole  en  amortiffement  à  chaque  côté  d'une 

Lucarne.  P/,^4A.  p.  187. 
Ailerons  de  Portail.   On  peutappellerainfi  les  Confolesavecenroulemensdcplufieurs 

manières  qui  fervent  pour  racorderk  fécond  Ordre  d'un  Portail  avec  le  premier,  comme 

il  s'en  voit  à  prefque  toutes  les  nouvelles  Eglifes.  On  ne  doit  pas  eftimer  cet  ornement  un 

des  plus  réguliers  de  l'Architeclure.  P/.  78.  p.  177. 
AIRE,  du  Latin  c/^rfri,  une  Place;  c'eft  toute  Superficie  plane  fur  laquelle  on  marche. 

Ce  mot  fe  dit  plus  particulièrement  de  l'endroit  fur  lequel  on  bat  le  grain  dans  une  Grange. 

Il  fe  dit  encore  d'un  enduit  de  plâtre  drcffé  de  niveau  pour  tracer  une  Epure.  pa?.ixz, 

PL6S.pag.i^.,.  ècc.  r         r^     ) 

Aire  de  Plancher,  fe  dit  autant  de  la  charge  qu'on  met  fur  les  folives  d'un  Plancher, 

que  d'une  couche  de  plâtre  au  lieu  de  carreau,  p.  35Z.   C'eft  ce  que  Vitruve  entend  par 

iîtati4me>i. 
Aire  d;-:  Moilon  ;  c'eft  une  petite  fondation  au  rcz-de-chaufféc,  fur  laquelle  on  pofe  les 

Lambourdes ,   le  Carreau  ou  les  Dales  de  pierre ,  5c  qui  eft  de  moindre  épaillèur  fur  les 

Voûtes  que  fur  la  terre.  PI.  64  B.  p,zç.  189. 
Aire  de  Ch  ^ux  ,  &  de  Ciment;  c'eft  un  maffif  de  certaine  épaiffeur  en  manière  de  Ch.v 

pe  pour  conlerver  le  delVus  des  Voûtes  à  l'air  ,  comme  il  en  a  été  fait  un  fur  l'Orangerie 

deVcrfailles.  p.  114.  &551. 

Aire  de  Recoupes  ,  c'eft  une  épaifleur  d'environ  huit  à  neuf  pouces  de  Recoupes  de  pierre, 

pour  affermir  les  Allées  des  Jardins,  f .  19?. 
AÏS,  du  Latm  ^xis ,  une  planche ,  félon  Feftus  ;   c'eft  du  bois  débité  long  &  mince ,  oui 

A  1  feu 


4  EXPLICATION  DES  TERMES 

fcrt  dans  la  Menuifcric.   Les  plus  épais,  qui  s'employent  pour  les  Trapes  &  autres  oa- 
vragcs  ,  ont  deux  pouces  d'cpailFcur.    Les  moindres  lonc  appeliez  PUnchcs.  pM.  xa.i 
&  351.  f  6    Jt 

Aïs  d'Entrevous  ;  ce  font  les  Planches  qui  couvrent  lescfpaces  d'entre  les  folives  &  qui  en 
ont  ordinairement  la  même  longueur  avec  un  pouce  d'épais  lur  neut  à  dix  de  large.  IH  6 1 
B.  p.185.  .  r  r  &  > 

Aïs  DE  Batkau;  cc  font  des  Planchcs  de  chêuc  OU  de  fapin  ,  qu'on  tire  des  débris  des  Ba- 
teaux déchirez ,  &  qui  fervent  à  faire  des  Cloifons  légères ,  Limbrillees  de  plâtre  des  deux 
côccz  pour  empêcher  le  bruit  &  le  vent,  &  pour  ménager  la  place  &  la  charge  dans  les 
lieux  qui  ont  peu  de  hauteur  de  Plancher,  p.  351. 

.AISANCE.  Lieu  commun  ou  de  commodité  ordinairement  au  rez-de-chaulTée  ,  ou  au- 
près d'une  Gar  Jcrobe  ,  ou  au  haut  d'un  Efcalier.  Pi.  61.  p.  177. 
AJUTAGE.  Morcciu  de  cuivre  tourné  &  percé  en  manière  de  canon  de  fouflet ,  qu'oa 
ajufic  à  vis  fur  une  Tige  foudée  fur  la  Souche  du  Tuyau  d'un  Jet  d'eau  ,  &  qui  en  détermi- 
ne la  groifeur.  Il  y  a  des  :^j:itages  fans  vis  qui  tiennent  avec  du  feutre  &c  fervent  à  former 
divcrfcs  figures  fclon  ladiverfité  des  Jeux  d'eau,  p.  198. 

A  L  A  I  S  E  j   c'cft  dans  une  Porte  colée  Se  emboitée  ,  ou  dans  un  Panneau  d'alTem.blage  ,  la 

Planche  la  plus  étroite  qui  achevé  de  le  remplir,  p.  341. 
ALBATRE.    Foye^   MARBRE. 

A  L  C  O  V  E  ;  c'cft  la  partie  d'une  Chambre  à  coucher  où  eft  le  lit  fur  une  Eftrade  &  qui  efl: 
diltinguce  par  quelque  décoration.  Ce  mot  félon  Monlîeur  Ménage  ,  vient  de  l'Arabe  El- 
cobbat,  qui  figaifie  une  tente  fous  laquelle  on  dort,  en  Lat.  Zf^a.  P/.  6i.p.  177.&  i  78. 

AL  EG  ES  ;  ce  ibnt  des  pierres  fous  le  Piédroit  d'une  Croifée  qui  jettent  des  Harpes  pour 
faire  liaifon  avec  le  Parpain  d'apui ,  lorfque  l'Apui  cftévidé  dans  l'Embrafure.  On  les 
nomme  ainfi ,  parce  qu'elles  ale^oit  ou  foulagcnt ,  étant  plus  légères  à  l'endroit  où  elles 
entrent  fous  l'Apui.   PL  51.^.145. 

A  L  E  T  T  E  ,  de  l'Italien  c^lettu  ,  petite  Aile  ,  ou  côté  ;  c'cft  la  face  d'un  P;cdroit  depuis 
«n  PilaftreouuneColonnejufqu'au  tableau  d'une  Arcade,  p.  10.  P!.  5.&C. 

A.  L  I G  N  E  M  E  N  T.  Donner  tm  ^U'^ncment  ,•  c'cft  régler  par  des  Repères  fixes  le  devant 

■  d'un  Mur  de  face  fur  une  rue  en  prefence  du  Voyer  ;  ou  marquer  la  fituation  d'un  Mur  mi-- 
toïcn  entre  deux  héritages  contigus  pour  le  rétablir  fur  fcs  anciens  veltigcs ,  ou  de  fonds  en 
comble ,  félon  le  jugement  d'Experts  de  part  &  d'autre  ,  dont  il  fe  fait  un  Procez  VerbaL 
Prendre  un  Clignement  -,  c'eft  en  faire  l'opération,  p.  115.  &  508. 

ALIGNER;  c'eft  réduire  plufieurs  corps  à  une  même  faillie  >  comme  dans  la  Maçonne- 
rie pour  drcllèr  les  Murs ,  &  dans  le  Jardinage  pour  planter  des  Allées  d'Arbres.  Ce  qui  fc 
fait  quand  ,  après  avoir  jaugé  les  largeurs  déterminées  par  des  Jalons  aux  encognures ,  on 
plante  de  ces  Jalons  d'efpace  en  efpace ,  de  telle  manière  qu'en  les  bornoyant  ils  paroillent  à 
l'ceil  fur  une  même  ligne,  p.  308. 

ALLE'E,  eft  un  PalTage  commun  pour  aller  depuis  la  Porte  de  devant  d'un  Logis  jufques  à 
1»  Cour  ou  à  la  Mcwitée.  C'eft  auffi  dans  les  Maifons  ordinaires  un  l'allàge  qui  communi- 
que &  dégage  les  Chambres,  &  qu'on  nomme  aufïï  Corridor.  PL  61.  p. 177. 

ALLE'E  DANS  UN  Jardin;  c'eft  un  chemin  droit  &  parallèle  de  certaine  largeur  ,  borde 
d'arbres,  d'aibrllfcauxoiide  buis,  &  couvert  ou  découvert  On  appelle  Contrallees, 
les  deux  petites  dlces  ,  qui  font  à  côté  d'une  grande  &  de  difFercnte  largeur  fuivant  le  cou- 
vert ou  l'ombre  que  donnent  les  divcrfcs  cfpcccs  d'Arbres.  P/.  65  A.  p.  191.  &:c. 

AtLEE  DE  FKONT,  cellc  qui  cft  droite  eu  facc  du  Bâtiment,  p.  194.&C. 

Alle'e  de  traverse,  celle  qui  coupe  d'équerre  une  c^iZff  tir  frû«f,  ibidem. 

Alle'e  diagonale,  cellc  qui  coupe  un  quarré  de  Bois  ou  de  Parterre  d'angle  en  ang'e. 
ibid. 

AtLEE  biaise  ,  celle  qui  par  fujetion  comme  d'un  Point  de  veuc  ,  ou  d'un  Terrain ,  ou  d'un 
Mui  de  clôcurc ,  n"elt  pouir  pai-allde  à  l'i/il(à  de  Front  ou  de  Travcrfe,  ibid. 

Allée 


D'  A  R  C  H  I  T  n  C  T  U  R  E  ,   &c.  y 

Alle'e  rampante  ,  celle  i.]iii  a  une  pente  fenfible.  Lorfque  cetre  pente  efl:  au  defTus  de  fix 
pouces  par  toile ,  les  Carroilès  n'y  peuvent  monter  qu'avec  beaucoup  de  peine,  ihid. 

Alle'e  en  zic-zac,  celle  qui  étant  trop  rampante  &  fujetc  aux  ravines  ,  eft  travcrfe'e 
d'efpace  en  efpacc  par  des  pbtebandes  de  gazon ,  en  manière  de  Chevron?  brifez ,  ou 
de  Zic-zacs  de  point  d'Hongrie  pour  en  retenir  le  fable.  Comme  V^llce  qui  elt  de- 
vant rOrangerie  de  Meudon.  On  appelle  auill  z^llée  en  Zic-7ia.c -,  celle  qui  dans  un 
Bofquet  ou  un  Labyrinthe,  c(V  formée  par  divers  retours  d'angle  pour  la  rendre  plus  foli- 
tairc  5c  en  cacher  rHluë. 

Allée  en  perspective,  celle  qui  efl:  plus  large  àfpnentre'e  qu'à  fbn  iffuë  pour  faire  pa- 
roîtrc  les  parties  fuïantes  des  cotez  &  luy  donner  line  apparence  de  longueur.  Cette  iortc 
d'i^^llée  fert  aux  décorations  des  Théâtres  d'eau  ,  comme  il  s'en  voit  à  Verfaillcs. 

Alle'e  couverte,  celle  qui  elt  bordée  de  grands  Arbres  ,  comme  Tilleiiils  ,  Ormes, 
charmes.  Sec.  qui  par  rentrclallement  de  leurs  branches,  donnent  du  couvert  &  de 
la  fraîcheur.  On  appelle  auili  ^ilce  couverte,  celle  qui  eft  faite  d'un  Berceau  de  treil- 
lage. P/.  65  B.  pag.  ICI. 

Allée  découverte,  celle  qui  Icpare  les  quarrés  des  Parterres  par  des  bordures  de  buis  ou 
d'arbres  verds ,  ou  les  Bofquctsd'un  Jardin  par  des  palillàdes  de  haute  futaye  ,  &  quiell  le 
plus  fbuvent  accompagnée  de  Contrallces  fort  étroites  pour  y  avoir  plus  d'ombre.  PL  65  A. 
p.  191.  &c. 

Allée  laboure'e  et  h  erse'e  ,  celle  qui  eft  repalTée  avec  la  HerfeSc  ou  les  Carrofles  peu- 
vent rouler,  p.  194. 

Allée  sablée  ,  celle  où  il  y  a  du  Sable  fur  la  terre  battue  ou  fur  une  Aire  de  recoupes 
ordinairement  de  huit  à  neuf  pouces  d'épaillèur.  p.  195. 

Alle'e  bien  ti.'ie'e  ,  celle  que  le  Jardinier  a  nettoyée  des  méchantes  herbes  avec  la  chanie 
&  qu'il  a  enfuitc  repalléc  avec  le  râteau. 

Alle'e  de  compartiment.   Large  fcntier  qui  fepare  les  carreaux  d'un  Parterre,  p.  191. 

Alle'e  d'eau.  Chemin  bordé  de  plufieurs  Jets,  ou  boiiillons  d'eau  fur  deux  lignes  parallè- 
les ,  comme  V<^llcc  d'eau  qui  elt  depuis  la  Fontaine  de  la  Pyramide  ,  juiqu'à  celle  du 
Dragon  dans  le  Jardin  de  Verfailles.  pag.  190.  &  5  ir. 

ALTIMETRIE;  c'cft  l'Art  de  melurer  les  hauteurs  droites  &  inclinées  ,  acceiïibles  & 
inacceiïibles ,  comme  une  tour  ,  une  montagne  ,  &c.  Ce  mot  eft  fait  du  hsxin  z^ltimc- 
tria  ,  compofé  de  altus ,  haut  &  du  Grec  mctron,  meiure.  p.  }  57. 

AMAIGRIR.    Vuye:^   DEM  AIGRIR. 

AME;  c'eft  l'ébauche  d'une  Figure  ,  qui  fe  fait  fur  une  armature  de  fer,  avec  mortier  com- 
pofé de  chaux  &  de  ciment ,  pour  être  couverte  ôc  terminée  de  ftuc.  On  la  nomme  aulîl 
Noyau,  p.  zi<^. 

A  M  O  IS  E  ;  c'eft  une  pièce  de  bois  ,  qui  eft  interpofée  entre  deux  Moifes  pour  entretenir 
l'AiTemblage  d'une  Ferme.  PL  6^  A.  p.  187. 

AMORTISS  E  MENT  ou  COURONNEMENT;  c'eft  tout  corps  d' Architedu- 
re  ou  ornementde  Sculpture  de  pierre  ,  de  bois,  de  Serrurerie,  &c.  qui  s'élève  en  dimi- 
nuant pour  terminer  quelque  décoration.  Les  Ouvriers  appellent  Chapiteau,  l'c^mor- 
tiffemoit  ou  Couronnement  d'un  Micoir,  d'un  Dollkr  de  Ut,  d' ma  Tableau ,  Sic.  p.  iio.  3c 
P/.  44  A.  p.  117.  &:c. 

A  M  P  H  I  P  R  O  S  T  Y  L  E.    Fbyex  TEMPLE. 

AMPHITHEATRE;  c'ét'oi:  chez  les  Anciens  un  Bârtiment  fpatieux  rond  ,  ou  ovale , 
dont  l'Arène  ou  place  du  milieu,  étoit  entourée  de  plufieurs  rangs  de  ficges  de  pierre  par 
degrcz  avec  des  Portiques  tant  au  dedans  qu'au  dehors ,  pour  voir  les  combats  des  Gladia- 
teurs &  ceux  des  'octes  féroces.  V amphithéâtre  deVefpalien,  appelle  le  CoA/cf,  &  ce- 
lui de  Vérone  en  Italie  ,  font  les  plus  célèbres  qui  nous  reftcnt  de  l'Antiquité.  Ce  mot 
eft  fait  du  Latin  .^4mphitheatrum  compofé  du  Grec  ^mphi,  à  l'entoiir  &  tbcatrov ,  théâtre,. 
p.  64.  &  Il  5. 

A.  i  AMPHi- 


<5  EXPLICATION   DES   TERMES 

^IZ'V'V^  DE  COMEDIE  i  c'eft  la  partie  quarrce  ou  circulaire  oppofe'e  au  The.tr. 
laquelle  renferme  plusieurs  rangs  de  fîegcs  par  devrez   p   ii<  "Ppoite  au  Théâtre, 

ANCRE.  Ce  mot  fe  du  par  métaphore",  d'une  b^rre  de  fer  qui  retient  un  r.^.n^  . 
chaîne  de  fer  pour  empêcher  l'ecartement  d'un  Mur  ou  la  poulSSie  Vout     T  ""' 
garantir  une  Cheminée  de  l'effort  des  vents.  p.iyç.&xTg.     """^ '^  ""'^  V°"^e ,  &  pour 

ANC  AR,  de  l'Alcmand  Hanzen,  un  Apentis,  félon  Nirnr  •  r'^n- ..     r 

ANGLE  ?.7''  °'''''''^'  °"  ''''^''  celui  qui  e(t  plus  grand  que  le  droit,  ^bid 
ANGLE  A  Gu,  SERRE  OU  MAIGRE     cdui  OUI eft  moindre  que  le droit.  .b,d 
ANGLE  RECTiLiGNE,  celui  qui  eft  fait  par  le  co.icours  de  deux  lignes  di'oites    ihid. 
Angle  curviligne  ,  celui  qui  fe  forme  de  la  rencontre  de  deuxîi..nes  courbe    1 ./ 
Angle  MxxxxLiGNE,  celuiquieftforméd'unelignedroite&d'u-Ieo^^^^^^^^^^ 
Angl       aillant,  ou  extérieur:  8c  jientran?,  ou  intérieur.  ...40        ^' 
ANGI  F    T-:^"'.^^'"^^"î,^ft°PP«f"'-^^l^Bafed'un Triangle.  1,1 
A  i\  u  L  h.    Les  Ouvriers  appellent  généralement  ainfi  tous  le  Trianajes  n.,  mV.     j.       « 
gnure  qui  fervent  dans  les  Compartlmens.    Ce  qui  fe  dit  aulT  en  Sure  &  S  u  1  nr    '"f ' 
figures  ou  ornemens  qui  rempliflent  lesTim]>a„s  des  Arcad  s  &     sTeifdenfc'n '^ 

^T ^'i i^.'' ' ' ' •    °'"'^^'"' ^^  ^'''''''''' ^^"^P^^'^'  '^^ '^^"^ enroulcmens oppofez.   PL 44 
ANTES,  du  Latin  ._Antc ,  devant;  ce  font  les  Pilaftres  Angulaires  du  Porche  Tnfr.,  r 
lonVitruve,.  ce  qui  le  peut  entendre  dans  tous  lesOrdres^  des  PiXs  d  e.lf. 

p!^  181  Grande  pièce  entre  la  Salle  &  le  Cabinet.  P/.  6i.^  1,7.  &  P/  ^z 

ANTI-COUR.   ^j.«  AVANT-COUR 

A  N  T I Q  U  E.   Ce  mot  fe  du  d'un  Bâtm.cnt  ou  d'une  Figure  faite  du  temps  que  les  Arts 


etoicnt 


D'  A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  ïin  ,   &:c.  7 

étoient  dans  leur  plus  grande  perfedion  chez  les  Grecs  &  les  Romains.  On  dit  aullî  .yir- 
chiteclure  antique  j  &i.  Manière  ^ntifue  -,  pour  fignifîcr  ce  qui  eft  travaille' dans  la  corre- 
(flion  &  le  bon  goût  de  Vz^ntique.  Préface  &  pag.  16 1. 

A  N  T  I QJJ  1  T  E  Z.  Ce  mot  le  dit  par  raport  à  l'Architedurc  ,  autant  des  anciens  Bâti- 
mens  c]ui  fervent  encore  à  quelque  ufage  ,  comme  les  Temples  des  Payens  dont  on  a  fait 
desEglifes,  que  des  fragmens  de  ceux  qui  ont  e'te'  ruinez  par  le  temps  ou  par  les  Barba- 
res ,  comme  à  Rome  les  relies  du  Palais  Major  fur  le  Mont  Palatin.  Ces  (_JntiquitcK. 
ruinées  s'appellent  en  Latin,  B^.dera  ,  à  caufe  de  leur  diformice'  qui  les  rend  me'con- 
noillables  à  ceux  qui  en  ont  Icu  la  defcnption  dans  les  Aureurs  ou  qui  en  ont  veu  les 
figures,  p.  31  &  308. 

A  P  A  R  E I  L  j  c'cft  l'Art  de  tracer  les  pierres ,  &:  de  les  bien  placer  &  pofcr.  Ainfl  on  dit 
qu'««  Bâtiment  cj}  d'un  bel  ^pareil ,  quand  il  ell  conih'uit  avec  le  foui  &  la  propreté  que  cet 
Art  demande,  comme  le  Portail  du  Louvre,  p.  357. 

A  P  A  R  E  I  L  ;   c'eft  aufli  la  hauteur  que  porte  une  pierre  nette  &  taille'e.   C'eft  pourquoi  on 
*      dit  que  le  Liais  eft  une  pierre  de  bas  ^pareil  &  la  pierre  de  S.  Cioud  ,  de  haut  ^pareiL 
p.  101.  Sec. 

APAREILLEUR.  Principal  Ouvrier  d'un  Attelier  ,  qui  conduit  les  pièces  de  Trait ,  Se 
trace  les  pierres  fur  le  Chantier,  pag.  1 3 1.  &  13  6. 

APARTEMENTi  c'eft  une  fuite  de  pièces  necelTaires  pour  rendre  une  habitation  com- 
plette,  qui  doit  être  compofe'e  au  moins  d'une  Anti-chambre,  d'une  Chambre ,  d'un 
Cabinet  &  d'une  Garderobe.U  y  en  a  de  grands  Se  de  petits.  Ce  mot  vient  du  Latin  l^artimen- 
tum  fait  du  Verbe  Partiri  divifer ,  ou  bien  à  parte  manlionis ,  parce  qu'il  fait  partie  de  la 
demeure,  p.  179.P/.  61.  Se  61. 

Apartement  de  parade,  celui  qui  comprend  les  grandes  pièces  du  bel  Etage  d'un  Logis. 
p.  180.  P/.  61. 

Apartement  de  commodité',  celui  qui  eft  de  moycmie  grandeur  Se  le  plus  habite'. 
ibidem. 

Apartement  d'Esté  ,  celui  qui  eft  expofe' au  Nord  :  Se  u^partemeut  d' Hi^ver  ,  celui  qui 
eftexpofe  au  Midi.  P/- 71.^.157. 

Apartement  de  plain  pied,  s'entend  des  pièces  d'un  ou  de  deux  Corps  de  logis,  dont 
le  Plancher  eft  de  niveau  fans  reilauts  ni  feiiiis  au  deflus  du  carreau  ou  parquet,  pag.  1 80. 

Apartement  des  Bains;  c'eft  une  fuite  de  pièces  ordinairement  au  rez-de-chauife'e,  qui- 
comprend  !es  Salles,  Chambres,  Garderobes  ,  Salles  de  Bain,  &  Etuves  :  le  tout  décore' 
&  enrichi  de  marbre ,  de  ftuc ,  Sec.  de  peinture  avec  des  compartimens  de  pave  fort 
riches ,  comme  au  Château  de  Yerfailles ,  &  au  Louvre  à  Paris  dans  le  lieu  appelle  les  Bums 
de  la  I{ei>ie.  p.  551. 

APENTIS,  du  Latin,  z^ppendix  ,  de'pendance  ;  c'eft  un  demi-comble  en  manière  d'Au- 
vent, qui  n'a  qu'un  e'goût,  comme  il  s'en  voit  qui  fervent  de  Remifes  dans  des  bade- 
cours.  p.  115.  &  P/.  75.  p.  159. 

APLANIR.    Fbyez  REGALER. 

APLOMB.  Terme  d'Ouvrier  qui  lignifie  Perpendiculaire  ou  Vertical.  Enfurplomb,  c'eft 
n'être  pas  à  plomb  Se  deverfer  en  dehors  ou  en  dedans.  Plomber,  c'eft  vérifier  ce  qui  eft 
à  plomb  :  Se  Conîre-plombcr ,  c'elt  par  une  opération  contraire  s'aficurer  de  ce  qu'on  a 
plombe',  p.  v.  &  P/.  68./'.  149. 

APOPHYGE.    Foye:^   CONGE'. 

APOTICAIRERIE,  du  Grec  ^potheca ,  Boutique  ou  Magazin  ;  c'eft  par  raport  à 
l'Architedlure  une  Salie  dans  une  Maifon  de  Communauté  ,  ou  dans  un  Hôpital ,  où  l'on 
tient  en  ordre  Se  avec  décoration  les  medicamens.  Celle  de  Lorctte  en  Italie ,  ornée  de  va- 
fes  du  deifein  de  Raphaël ,  eft  une  des  plus  belles,  p.  353. 

A  P  U  I ,  du  Latin  podium  ,  qui  félon  Vicruve  fignifie  Baluftrade  ;  c'eft  le  petit  mur  qui  eft 
élevé  entre  les  deux  Piédroits  d'une  Croilée ,  &:  à  une  celle  luateur  qu'on  s'v  peut  apuver. 

lielt. 


8  EXPLICATION   DES   TERMES 

Il  cil  orJiiiaircmcm  recouvert  d'une  tablccte  de  pkrredure,  &  il  iè  nomme  amllo^fo/i- 
doir.  p.  157. 

Apui  continu  ;  c'cft  unc  efpece  de  Plinthe  fouvcnt  orne' de  moulures  &  ravale' ,  qui  fertdc 
Tablettes  d'^4f>ui  aux  Croife'es  d'une  FaçaJe  ,  comme  il  s'en  voit  à  la  plupart  des  Palais 
de  Rome.  f.  ^37. 

Arui  AtEGE',  celui  qui  eft  diminue' de  la  profondeur  de  rEmbrafure  autant  pour  reo-arder 
plusfacilemcntaudehorsque  pourfoulagcr  iedeflous.  pc^.  1  57. 

Arui  EN  PiF.DfSTAL,  cclui  qui  cft  en  manière  de  Piedeftol  double  pouT  porter  de  fonds  Ics 
ornemens d'une  Croifte.  P/.  (J5  B.^.  185. 

Arui  E  VI  de'.  On  doit  entendre  par  ce  mot  non  feulement  les  Baluftrades  &  les  Entrelas  à 
jourdediverfescfpeces,  raa!saurtilcSc^;'/</V,  où  il  y  a  fous  la  Tablette  un  grand  Abajour 
quarrc  ,  comme  il  s'en  voit  à  plufieurs  Palais  de  Rome.  FI.  50./?.  145. 

Apl'i  p'Escalier.  Pièce  de  bois,  de  fer,  ou  de  pierre  qui  fuit  la  rampe  d'un  Efcalier. 
pd^^  1yj.Pl.64B. p.  1S9.&  P/.  65  D.  p.  119.  &  3 18. 

AQ_UEDUC;  du  Lâtin  ^qu,i:dui!}i'.s,  conduite  d'eau  ;  c'eft  un  Canal  fait  par  artifice  en 
terre  ou  c'Ievc',  pour  conduire  de  l'eau  d'un  lieu  à  un  autre  félon  fon  niveau  de  pente,  non- 
obftant  l'incgalite  du  terrain.  Les  Romains  entre  les  autres  Nations  ,  en  ont  fait  bâtir  de 
conliderabks  Jansla  Ville  de  Rome -,  Jules  Frontin  qui  en  avoit  la  dirc(5lion  ,  en  raporte 
neuf  qui  fcrepandoientpar  1 5  5 14.  Tuyaux  d'un  pouce  de  diamètre,  éc  Blaife  de  Vi'^cnc- 
rc  fur  Tite-Live  remarque  qu'il  entroit  dans  Rome  par  ces  c^l/;if(i;<c; ,  plus  de  cinq  cens 
mille  muids  d'eau  en  24.  heures,  p.ii^.&c  348. 

Aqueduc  en  terre,  celui  qui  eft  bâti  au  dcflbus  delà  fuperficie  de  la  terre  ,  ouquieftper- 
cc'  à  travers  une  montagne  pour  abréger  la  longueur  Je  fon  Canal  &  eft  voûte'  dans  fon  éten- 
due avec  des  puifards  d'elpace  en  efpace  pour  en  exhaler  les  vapeurs,  ibid. 

AQ.UEDUC  e'leve',  celui  qui  pour  conferver  fon  niveau  de  pente  à  travers  des  Vallc'es&  Fon- 
drières ,  elt  conlkuit  fur  un  corps  de  Maçonnerie  perce  d'Arcades ,  comme  V aqueduc 
d'Arcueil  pre's  Paris ,  Se  celui  que  le  Roy  a  iàxt  bâtir  dans  le  fonds  de  Maintcnon.  On  ap- 
pelle encore  ainfi  un  z^qucduc  porte  fur  un  mur  maflîf ,  comme  celui  <le  Verfaiiles  depuis 
la  montagne  de  Picardie  )ufques  aux  Refervoirs  de  la  Bute  de  Monboron.  ibid. 

Aqueduc  double  ou  TRii'Lt,  celui  qui  a  fon  Canal  porté  fur  deux  ou  trois  rangs  d'Arca- 
des, comme  le  Pont  du  Gard  en  Languedoc,  &  l'aqueduc  de  Belgrade  à  trois  ou  quatre 
Jicucs  de  Conlfantmople ,  qui  fournit  de  l'eau  à  cette  grande  Ville.  Mais  on  peut  plutôt 
donner  ce  nom  à  un  ^4qncd:tc  qui  a  trois  conduites  fur  une  même  ligne  l'une  au  defius  de 
l'autre,  comme  celui  qui  félon  Procope,  fut  bâti  parCofroës  RoiJePerfc  pour  la  Ville 
de  Petree  en  Mingrelie ,  afin  que  le  cours  de  l'eau  ne  fût  pas  fi  facilement  coupé  à  cette  Vil- 
le en  cas  de  fîcge.  tbid. 

ARABESQJU  ES  ou  RABESQ^UES,  qu'on  nomme  suÇCi Àforefques t  font  des  rin- 
ceaux de  feiiillagcs  imaginaires,  dont  on  fc  fcrt  dans  les  frifes  &  panneaux  d'orncmen  s , 
&:  pour  les  Parterres  de  buis.  Ces  mots  viennent  de  ce  que  les  c^ratc/  ,  Afcrcs  ,  &  autres; 
Mahometans  emploient  ces  ornemens  ,  parce  que  leur  Religion  leur  défend  de  reprefenter 
des  figures  d'hommes  &c  d'animaux,  p.  191.  &P/.  65  B.  p.zoï . 

ARASEMENT,-  c'e(t  la  dernière  Alliie  d'un  mur  arrivé  à  hauteur  de  Plinthe  ,  de  Cou- 
roni.caient,  Sec.  ou  ceiîé  â  une  certaine  hautc^ur  de  lu  veau  a  caufe  de  l'hiver,  ou  pour 
quelque  autre  rnifon.  PI.  66  A.  p.  z  37. 

ARASER;  c'eft  conduire  de  même  hauteur  une  allifc  de  Maçonnerie.  On  arafe  de  niveau , 
lorfqu'on  conduit  horizontalement  les  Aififes.  On  ditaulTi  qu'un  L.imbiis  de  pierre  ou  de 
marbre,  ouqu'un  AircmblagedeMenuifer:efjr.îri/yc',  lorfqu'il  n'y  a  point  de  faillie,  & 
<jj'i!  eii  comme  du  parquet.  Pi.  100.  p.  341.  &  541. 

ARASES  j  ce  font  des  pierres  plus  baifcs  ou  plus  hautes  que  les  autres  cours  d'affife  pour 
parvenir  à  une  ceïtaine  hauteur  >  comme  celles  d'un  Cours  de  Plinthe  &  des  Cimaifes  d'ua 
Entabicaiciit.  P.  550, 

ARBA^ 


D'A  11  C  H  1  T  E  C  T  U  R  E  ,   &:c.  9 

ARBALESTRIERS  On  nomme  ainfi  toutes  les  MaîtrcfTes  pièces  de  bois  qui  fer- 
vent à  foûrenir  &:  contreventer  les  Couvertures.  Mais  ce  mot  fe  prend  en  particulier  pour 
les  petites  Forces  d'un  Faux-Combie.  PL  6^  h.  ^.ig.  187. 
ARBRE;  c'cfl:  dans  les  Machines  la  plus  forte  pièce  Je  bois  du  milieu  pofc'e  à  plomb  ,  fur 
la>.]iiclle  tournent  les  autres  pièces  qu'elle  porte  -,  c'cll  pourquoi  on  dit  l'o^r^rc- d'une  Grue, 
d'un  Moulin  ,  &c.  p.  24;. 
ARBRE,  Principal  ornement  des  Jardins  ,  qui  fert  pour  former  les  Alle'es  &  Bofquets ,  & 
pour  donner  du  trais  &  de  l'ombre.  Ses  parties  font  la  Racine  avec  chevrin&  pivot  :  la 
Tiç^e  avec  tronc  &  colet  au  bas  :  &  le  Branchage  ou  Tête  garnie  de  fes  fciiilles.  Les  ^rbrcr 
fedrclTcnt  en  bouquets  efpacez  à  égale  diftance  dans  les  Alle'es  ,  comme  les  Ormes,  Ma- 
ronicrs  Tilleuls,  Sec.  ou  ils  le  taillent  en  Palidade  avec  le  croiflant,  comme  le  Charme  > 
le  Bouleau  ,  le  Ficcre  ,  &  autres  qui  font  garnis  dés  le  pied.  p.ig.  196. 

Arbres  de  haute  futaye  ;  ce  font  les  grands  :^r6rej  de  Tige  qui  forment  les  Bois ,  les 
grandes  Allées ,  Cours,  Avenues,  &c.    ybye:^  Bois  de  haute  futaye, 

Anbres  de  brin  :  On  appelle  ainii  les  zydrbres  de  Tige  droits  ôc  de  belle  venue,  dont  ou 
peut  tirer  le  Bois  le  plus  propre  pour  les  ouvrages  de  Cbarpenterie.  p.  zii. 

Arbres  de  plein  vent,  de  haut  vent,  ou  de  tig-.  On  appelle  ainfi  les  arbres 
fruitiers  les  plus  hauts  ,  dont  on  fait  quelque-fois  des  Allées  dans  les  Vergers  &  dans  les 
Jardins  de  Campagne.  Ces  Arbres  font  efpacez  de  trois  à  quatre  toi  fes  félon  leurs  gran- 
<ieurs,  pour  mieux  recevoir  l'ardeur  du  Soleil,  &  ils  doivent  avoir  au  moins  fept  pieds  de 
Tige  pour  palier  dedous  facilement.  Fi.  6^B.p.  101. 

Arbres  nains.  Petits  o^r6rfj/rK/f;fr/ en  buillon  &:  fort  bas ,  dont  on  garnit  les  plateban- 
des  des  îardins  Potagers  &  qui  doivent  être  éloignez  les  uns  des  autres  d'environ  deux  toi- 
fes.  P/.é5  A. p.  191. &  197 

Arbres  verds  ,  ceux  qui  confervent  leur  verdure  pendant  l'hiver  ,  comme  les  Epicéas,  Ifs, 
Houx,  Buifions  ardens  &  autres  qu'on  taille  en  cône  ,  en  pyramide,  eu  boule  ,  en  bou- 
quet, &c.  pour  orner  les  Parterres,  pag.i^i. 

ARBRISSEAUX  ou  ARBUSTES;  ce  font  de  petits  ^Jrbrcs  à  fleurs ,  comme 
Rofiers,  Chevres-feiiilles,  Lilas de Perfe  ,  &c.  qu'on  arrête  ou  uille  à  quatre  ou  cinq 
pieds  de  haut ,  &  qui  fervent  pour  garnir  les  Platebandes  des  Parterres,  ibid. 

ARC;  c'eft  une  portion  de  cercle,  dont  la  Bafe  fe  nomme  Corde.  PL  f.  pag.  j.  &  30. 
P/.  ii.&c. 

ARC  ou  ARCADE;  c'cft  toute  fermeture  cintrée  de  Voûte  ,  de  baye  de  Porte  ,  ou  de 
Cioifée.  f.  10.  PL  5.  p.  14.  PL  8.  &:c. 

Arc  en  plein  cintre  ,  celui  qui ell  formé  d'un  demi-ccrcle  parfait.  PL  5.  p.  11.  6c  PL 
66  A.  p.  157.  Lar.  a^rcus  hemi-cyclicus. 

Arc  en  anse  d€  pANitR,  celui  qui  eft  furbaifTé  ,  5:  qui  fe  trace  par  trois  centres ,  ouaa 
fimbleau  par  deux  centres.  PL  6(>  A. p.  157.  &  159.  Lat.  c^rcus  delumbdUis. 

Arc  biais,  ou  de  côte',  celui  dont  les  Piédroits  ne  font  pas  d'équerre  par  leur  plan.  ;è/W. 
Lat.  zy^rciis  obliquus. 

Arc  ram  pant  ,  celui  qui  dans  un  mur  à  plomb ,  eft  incliné  fuivant  une  pente  donnée,  ibid. 
Lat.  zyircus  declivis. 

Arc  en  talut,  celui  qui  efb  percé  dans  un  mur  en  talut. 

Afc  en  DECHARGE,  ccIui  qu'ou  fait  pour  foulager  une  Platebande ,  ou  un  Poitrail,  Se 
dont  les  retombées  portent  fur  les  Sommiers. 

Arc  A  l'envers  ,  c'eft  fclon  Léon  Baptilte  Albert  Liv.  3.  Chap.  5.  un  -^rc  bandé  en 
contre-bas  ,    qui  fait  l'effet  contraire  de  l'c^rc  cm  décharge.   Il  fert  dins  les  Fondations 

{  pour  entretenir  des  Piles  de  Maçonnerie ,  &  pour  empêcher  qu'elles  tallcut  dans  un  terreiii 
de  foiblc  conliftence. 

Arc  doubleau  ,  celui  qui  excède  le  nu  de  la  doiielle  d'une  Vo're,  &  on  l'on  taii'e  leplus 

fouvent  de  la  Sculpture  par  ccmpr.rtimcns  ,   comme  à  l'Eg'ife  du  dedans  de  l'Fiôtel 

Tome  II.  '  B  Royal 


jo  EXPLICATION   DES  TERMES 

Royal  des  InvaHdes,  ou  bien  en  manière  de  Frife  continue  avec  rinceaux  de  feuillages 
commealEghfcdcS.SulpiceaPans.  PL  66 B.  p.  z^i .  Se  PI  loi  p   ,.,  "^  ^euiuages  , 
Arc  doubleau,  en  tiers  point  ou  Gothique,  celui  ciui  eft  flic*  de  Jeux  poraons  de 
cercle  qui  fe  coupent  au  point  de  l'Angle  au  fomniet  d'un  Triangle  ,  &ouiexœde  enù 
des  Pendentifs  avec  nervures.  PL  66  A.  p^i^.  137.  &  341.  *&    >  "■  4"^  cxceae  le  nu 

Arc  de  cloître.   Voye::  Voûte  en  arc  de  cloître 

ARC   DE   TRIOMPHE,   c'eft  une  Porte  de  Ville  détache'e  de  tout  autre  Bâtiment 

^  magmficjuement  decorce  d' Architedure  &  de  Sculpture  avec  Infcnptions!kqacik  S^^^^ 

.  bat^^e  de  pierre  ou  de  marbre  ,  fcrtautant  pour  un  Triomphe  au  rerLrd'uVeEx-peàK^^^^^^ 

vidoneule  ,  que  pour  conlcrver  à  la  polleriJe'  la  mémoire  d^u  Vainqueur.  Lrprusîamux 

.  ^rcs  ac  Tnoyke  qui  reftent  de  l'Antiquité  ,  font  ceux  de  Titus ,  de  Scptime  Severe     de 

Conftantm   ^.c.  a  Rome.  Celui  du  Faubourg  S  Antoine  à  Paris     du  delIeiTde  Moniteur 

Perrault,  (croit  un  des  plus  magn.hques  fi  fon  modeile  étoit  exécute'.    On  compendaurt 

fous  ce  genre  les  Portes  de  Ville  luperbement  décorées  qui  ne  ferment  pomt ,  cZme  celles 

,  des  rues  S.  Denis  &:  S.  Martm  à  Pans,  pag,  v i .  64.  1 1 5  &c 

Arc  de  triomphe  d'eau.  Morceau  d'Arcliiteaure  en  manière  de  Portique  de  fer  ou  de 
bronze  a  jour  ,  dont  les  nus  des  Pilaftres  ,  des  faces ,  &  des  autres  parties  renfermées  par 
des  ornemens ,  font  garnis  par  des  Napes  d'eau  ,  lorfqu'on  les  fait  jiier  ,  comme  ce.^^de- 
Verfaiiles,  quicftdudeilemdeMonlieurleNautre.V.  314.  ^nc  ceiui  ae 

Arcade  feinte;  Ceft  un  renfoncement  cintré  de  certaine  profondeur  ,  qui  fe  fait  dans  un 
mur,  ou  pour  repondre  a  une  ^.rcade  percée  ,  qui  lui  elUppofée  ou  parallèle  ,  ou  feule 
}^U.7l  i'  B.^'Ts"!"        '  """'  °'^'  '  '""''"'  ài'Orangerie  de  Chantilly  du  côte  du.. 
ARCBOUTANT,  ou  pour  mieux  dire  ARCBUTANT;   c'eft  un  ^rc  ou  por 
tion  d  un  ^rc  rampant  qui  bute  contre  les  reins  d'une  Voûte  pour  en  empêcher  la  pouiîée  & 
lecartement,  comme  aux  Eglifes  Gothiques.  Lat.  £n/^;a  félon  Vitruve.  p   ,1/ 
ARCBOUTANT  rn  Charpenterie  ■  c'eft  toute  pièce  de  bois  qui  fert  à  contretenir  les  pointais  des 

.  Echafauts ,  les  Arbres  des  Grues ,  Engins  ,  Sonnettes ,  &c.  p.  244  ^ 

ARCBOUTANT  enSerrurene^  c'eft  une  barre  de  fer  inclinée,  ou  une  grande  confole  avec  en- 
^Z^Zrt^t'''^^''"^''  ^"  a'unMontantde.e?....,  fe.  ,  contre- 

^nn^/^  n,'^^^'/'  CONTREBOUTER;   c'eft  contretenir  la  poufTée  d'un  .^rc 

A  Tr  r/r^     J-        '  V'^"  ';'"  P'^^'^  '  ""  -^'-^^"«'-'^  '  o"  une  étaye.  ..114.  "^  ' 

Voufef  P/;6?B"'°.'l4f       ^^  courbure  du  cmtre  parfait ,  furbaiiré'oufurmonté  d'une 

^  ï  ^  V\t  "[    Ornemens  de  Sculpture  en  manière  de  trèfles,  paz.  70. 

fS  ^yn°"  ARCENAL,du  Latin  ^rx  ,  Citaddle  ,  ou  de  l'Italien  .^rfenale  ■ 

celrd?nTd  f^rî""',"^^'""^^^"'!"^  ^  °^  '''^"  nentMagazind'Arnies,  &i    ou; 

^'^ct'r^l'^J'  Marine  Grand  Bâtiment  présd'un  Port  de  Mer,  où  demeurent  les  Offi- 
c  ers  de  Marine,  &  oui  on  tient  toutes  les  choies  necelîkires  pour  conftruirc ,  équiper  & 
armer  les  Vaifleaux.  Lat.  Navdium  félon  Vitruve.  p   507  ^    ^ 

"'^nen.^^'-  ^Jr^""^/^"^';,^"»  porte  fur  les  piles  &  les  culées  d'un  Pont  de  pierre.  Onap- 
peile  Maurcfje^rche,  celle  du  milieu  ,  parcequ'elleeft  ordinairement  plus  haute  &  plus 
large  que  les  autres.  ;>.  548.  ^  ^i^*us 

Arche  EN  plein  cintre,  celle  qui  cft  formée  d'un  parfait  demi-cercle  ,  comme  à  quel- 
ques  Ponts  antiques  &  a  la  plupart  de  ceux  de  Pans.  ,bU.  ^ 

rn!^'m"i''"V'^'"'j  '^^^^  '^°"'  ''  "^''  "^  ""  demi-oralc  ou ellipfe  tracée  au  fimbleau , 
comme  les  arches  du  Pont  Royal  des  Tuileries  à  Pans. 

Arche  surbaisse'e  ou  en  ansï  de  panier,  celle  qui  cft  delà  plus  baOè  proportion  & 


.avec 


D'ARGHITECTUREi  Sec-  îi 

'  avec  moins  de  montée ,  comme  au  Pont  bâti  fur  l'Ame  àPi(èquin'aque.troiS(i>^rffcfr, 
dont  la  courbure  e(l  lî  j-^u  fcniîble  ,  qu'elle  paroîcunc  Platebandc  bombée  ,  quoi  que  l'ou- 
veiturc  en  foit  fort  grande.  PL  66  A.p.  t^j. 

Arche  en  portion  de  cercle,  celle  qui  eft  tracée  par  un  centre  ,  &  dont  la  corde  eft 
beaucoup  moindre  que  le  demi  diamètre  ,  comme  il  s'en  voit  à  la  plupart  des  Ponts  Anti- 
ques ,  &  à  celui  de  B^ulto  à  Venile  qui  a  d'ouverture  d'Arc  ou  longueur  de  ba(e,  plus  de 
}i.  Toifes. 

Arche  extra.dosse'e,  celle  dont  les  Voufloirs  font  égaux  en  longueur  &:  parallèles  à  la 
doiiellc ,  &  ne  font  point  liaifon  avec  les  Alfifes  des  reins  ,  qui  rcgr.cnt  prefque  de  niveau , 
comme  font  conftruits  la  plupart  des  Foiïts  Antiques,  &  celui  de  Notre-Dame  à  Paris, 
p.  548. 

Arche  d'assemblage  ,  le  dit  de  tout  cintre  de  Charpente  bombé  Se  tracé  d'une  portion  de 
cercle  pour  faire  un  Pont  d'une  z^irchc  ,  comme  il  s'en  voit  dans  Palladio  Liv.  5 .  Chap.  8. 
Et  comme  il  avoit  été  propole  d'en  faire  un  à  Sève  prés  Paris  par  Monfîeur  Perrault.  Voyez 
MonÇieur  Blondel  Cours  d'^rchitcfture  cinquième  Partie  Liv.  premier ,  O'c. 

ARCHITECTE;  c'eft  celui  qui  fait  le  Deilcin  des  Edifices  -,  qui  les  conduit  &  qui  or- 
donne à  tous  les  Ouvriers  qui  y  font  employez.  Ce  mot  vient  du  Grec  <^rchos  &  leElon , 
c'eft  -à-dire  le  principal  Ouvrier.  On  appelle  Ingénieur^  un  Architecle  Militaire.  Prcf\  Sec. 

ARCHITECTURE,  fe  définit  l'Art  de  bien  bâtir.  Préface,  &c.  Ce  mot  s'entend 
auffi  de  l'Ouvrage  même,  comme  lorfqu' on  dit  :  yoilk  un  beau  morceau  d'architecture, 
p.  11.  Et ilfe  dit  encore  de  toute  Saillie  au  de-là  du  nû d'un  Mur.  p.  155.  &  558. 

^ARCHiTECTURt  CIVILE,  Celle  qui  a  pour  objet  les  Edifices  d'Habitation  &  de  Magnifi- 
cence. Ceux  d'Habitation ,  doivent  être  Jains  par  leur  fituation  avantageufe  &  leur  belle 
cxpofition  ,  folides  par  leur  bonne  conflruftion  ,  commodes  par  la  proportion ,  rufage  &  le 
dégagement  des  pièces  qui  les  compofent ,  &  agréables  par  la  fimmerrie  &  le  raport  des  par- 
ties au  tout  &  du  tout  aux  parties  :  Et  ceux  de  Magnificence  doivent  être  décorez  conformé- 
ment à  leur  ufage.  p. 157. 

-Architecture  militaire,  celle  qui  regarde  la  feureté  &  enfeigne  l'Art  de  fortifier  les 
Places  pour  reiifter  aux  infultes  des  Ennemis ,  &  à  la  violence  des  Armes.  On  l'appelle 
communément  Fortification,  ibid. 

^RCHiTïCTURE  NAVALE,  Celle  qui  montre  l'Art  de confttuïre  les Bâtimens  dc Mer  ,  com- 
me VaifTeaux,  Galères,  &c.  ou  plutôt  ceux  dc  Marine  ,  comme  Ports,  Moles,  Darfes, 
Arcenaux,  &:c.  f.  J  57. 

■Architecture  antique;  c'eft  la  plus  excellente  par  l'harmonie  de  Tes  proportions,  le 

.  bon  goût  de  fes  profils ,  la  jufte  application  &:  la  richeflè  de  fes  ornemens ,  S:  la  «grande  ma- 
nière autant  dans  le  tout  que  dans  les  parties.  Les  Romains  l'ont  augmentée  fur  l'invention 
<ies  Grecs  :  aulfi  cft-elle  appellée  Grecque  &  Romaine.  Elle  a  fubfiiïé  chez  les  Romains  juf- 
qu'à  la  décadence  de  leur  Empire  ,  &.  elle  a  fuccedé  chez  nous  à  la  Gothique  depuis  le  fie- 
clepallé.  Préface.  &  p.  557. 

Architecture  ancienne  ;  c'eft  la  Grecque  moderne  ,  qui  diffère  de  V^r.tique  par  les 
proportions  pefantes  de  fa  conftrudlion  ,  S:  par  le  mauvais  goût  de  fes  ornemens  & 
profils  ,  outre  que  fes  Bâtimens  font  mal  éclairez  ,  comme  on  le  peut  remarquer  à 
rEgUfe  de  S.  Marc  de  Venife  &  à  fainte  Sophie  de  Conftantinople  bâtie  par  des  Grecs 
&  des  Arméniens  :  AulH  cette  forte  d'Architecture  tiret-elle  fou  origine  de  l'Empi- 
re d'Orient  ,  où  l'on  bâtit  encore  aujourd'hui  de  cette  manière  ,  ainh  qu'on  le  peut 
voir  par  la  Solimanie  ,  la  Validée  ,  &:  autres  Mofquées  conltruitcs  à  Conltantinople, 

.    Pref.  &  p.  15t. 

Architecture  gothique  ,   que  les  Ouvriers  appellent  aulfi  Moderne-,    celle  qui  éloi- 

•  gnée  des  proportions  antiques  &  fans  correction  de  profils  ni  bon  goût  dans  les  onie- 
•iTiens  chimériques ,  a  toutefois  beaucoup  de  folidité  '&  de  merveilleux  à  caufe  de  l'ar- 
tifice dc  fon  travail  ,  comme  on  le  peut  voir  aux  Eglifes  Cathédrales  de  Paris ,  de 

B  X  Reims, 


ï2  E)^PLrCATION   DES   TERMES 

^•n!!";!.'  °^^^^"'^«'.'î^  Strasbourg,  &:c.   Cette  Archiredure  e(t  originaire  du  No^d, 

^"fu'^'V'l,^  '^''^7^"-   Manière  de  bâtir  avec  auffi  peu  de  de/Tein  quelaGo^^W. 
a  laquelle  elle  a  guelciue  raport  par  h  dcl.cateire  de  Ces  Portiques  &  Galènes  ,   X' 

-ctc'.  V  1  ^^°f  ^°"'  ^''''^-  '^'J''''''  '^""'  ^"""^  P°»^  '^  f'"'^'^^"^  que  pour  la  feu! 
'^^l.:^  '^^■^'^''S^'-^  contraire  fort  ouverts  &  décorez  de  Compartimens  de  carreaux  de 

a  nnS  T^  '  ''?  des  Morefques  &  Arabefques.  C'cft  de  cette  Arch.teclure  qu'ol; 
f.r  T  I  T''  ^^''^"'l^'  Perrons,  &  autres  parties  fa.ilantes  au  de-là  des  Murs  de 
tacc.   Les  p.us  beaux-  Edifices  de  cette  efpece  font  les  Palajs  des  Clienfs  à  .Maroc  en  Afri- 

^to^nflSkrlT"     '^''"^"^'^  '^"'  ^"  ^°'"  ^  °"'  ^^'''  ^°^%^^^sea 

Architecture  EN  perspective,  celle  dont  les  membres  font  de  differens  modules  &r 
mciures,  &  diminuent  par  proportion  d'éloiçrnemcnr  pour  rendre  l'objet  plus  lono- 
a  la  veue  ,  comme  l'Elcalier  Pontifical  du  Vatican  bâti  fous  le  Pape  Alexandre  Vif 
par  Je  Cavalier  Bcrnin  On  appelle  au iTi  ^rchiteciure  en  perjpcaàe  ,  celle  qui  cfi  un  peu 
oe  '^frchct,  Se  qui  fe  pratique  ,  ou  pour  quelque  racordcment,  comir^e  les  deuv  n.r-.-es 
Arcade,  des  Arles  du  Velhbulc  du  Palais  FarneTe  ,  racordées  avec  celles  d'Ordre  Dorique 
<^uiomquedelaCour  ,  ou  pour  faire  un  fonds  à  quelque  (ujet  de  Sculpture  ,  comme  les 

rteux  Tribunes  feintes  de  la  Chapelle  des  Cornaro  à  l'Eglife  de  famtc  Marie  de  la  Vidloire 
3-  K.ome.  p.  147. 

Architecture   peinte  ,  celle  qui  fait  paroîrre  des  faillies  peintes  de  grifaille  ou  colorées 
ae  divers  marbres  &  métaux,  comme  il  fe  pratique  en  Italie  aux  Façades  des  Palais,  & 
particulièrement  fur  la  Côte  de  Gènes ,  &  comme  font  les  Pavillons  de  Marly.  Cette  Pein- 
ture fe  fait  afrcfquefurlesMursendmts,  &  à  l'huile  fur  ceux  de  pierre.    On  comprend 
au  h  fousce  nom  les  Perfpedives  peintes  contre  les  pignons  des  Murs  mitoïens ,  comme 
celles  desHocels  de  Fieubet ,  de  S.  Poiianges  ,  &c.  peintes  par  le  Sicur  Rouffeau.  p.  100. 
i5.  3  47.  On  appelle  encore  •^rchncftnre  faute ,  celle  qui  eft  établie  fur  un  bâti  de  Charpen-' 
te  Jcgerc,&  faite  de  toile  peinte  fur  des  challls  par  tringles ,  en  forte  que  les  corps  ,  Co- 
lonnes ,  Pilaftres  &:  autres  faillies  pavoilîent  de  relief-,  les  Cormches  font  même  pouf- 
lees  a  quelques  unes,  &lesBafes,  Chapiteaux,  Mafques,  Trophées,  &c.  font  de  cas- 
ton  moule.    Les  Figures  qui  accompagnent  cette  forte  d'^rchitechre,  fe  font  fur  un  ma- 
iiequin  d  Oder  &  ont  leurs  parties  moulées  déplâtre  ,  &  leurs  draperies  de  to.lc  trempée 
dans  du  p.atre  clair  ;  le  tout  en  couleur  de  divers  marbres  &  métaux.   Elle  ferr  aux  Déco- 
rations  de  Théâtre,  Arcs  de  Triomphe,  Entrées  pubhques,  Feux  d'Artifice  ,  Fêtes, 
Pompes  funèbres,  Catafalques,  &c.  ^^         i  >  , 

^^S^}J^^^^  '  ^'^^  '^  principale  Poutre  ou  Poitrail  &  la  première  partie  de 
f  Entablement  ,  qui  porte  fur  les  Colonnes  ,  &  qui  eft  faite  d'un  fcul  fommier, 
comme  il  fe  voit  a  la  plupart  des  Bâtimens  Antiques  :  ou  de  plufieurs  claveaux, 
comme  1  ont  pratiqué  les  Modernes.  II  eft  différent  félon  les  Ordres.  Au  Tofcan  il 
M  a  qu  une  bande  couronnée  d'un  filet.  PI.  6.  pa^.  17.  deux  faces  au  Dorique  &  au 
Compofitc  P/.  II.  p.  53.  &  P/.  35.^.  85.  &  rrois'à  l'Ionique  &  au  Corinthien.  PL  19. 
f.  47.  &  PL  19. p.  71.  Ce  mot  eft  compofé  du  Grec  ^rchos  ,  principal,  &  du  Latin 
Trabr,  une  poutre.  On  le  nomme  aulfi  Epiflile,  du  Latin  EvillyUum,  fait  du  Grec  rp/, 
lur,  &  Stylos ,  Colonne.  '  ^ 

Architrave  mutile',  celui  dont  la  faillie  eft  rctranchéc,  &:  qui  eft  arafé  avec  la  Frifc  pour 
recevoir  une  infcription,  comme  au  Temple  de  la  Concorde  à  Rome,  &  au  Porche  de  la 
Sorbonne  à  Paris,  p.  86. 
Architrave  coupe',  celui  qui  eft  interrompu  dans  une  décoration  pour  facihterl'exhauf- 
lement  des  Croif  écs  l'Entablement  étant  d'une  grande  hauteur ,  comme  à  l'Ordre  Com- 
pofitc de  la  giviadc  Galerie  du  Louvre,  p.  62^ 

ARCHl- 


D'ARCHITECTURE,   &:c.  i^ 

ARCHIVOLTE  ,   du  Latin  ■_Jrcus  volutus -,  Arc  contourne  ;  c'eft  le  Bandeau  orné 
de  moulures  qui  règne  à  la  tête  des  VoufToirs  d'une  Arcade  ,    &  porte  fur  les  Impo- 

iies.    Il  eft  différent   félon  les  Ordres.    Il  n'a  qu'une  (impie  face  au  lolVan.    PL  4. 

fag.  15.   deux  faces  couronnc'es  au  Dorique  &  a  l'Ionique.  Vl.  10.  p.  19.  &  Fi.  18. 

p.  45.    Et  les  mêmes  moulures  que  l'Architrave  dans  le  Corinthien  &  le  Conipolite. 

pj^.  91.  P/.  37. 
Archivolte  retourne',    celui  dont  le  bandeau  ne  finit  pas  ,  mais  retournant  fur  l'Impo- 
lie fe  joint  à  un  autre  bandeau ,   comme  il  le  voit  aux  Ecuries  du  Fvoi  à  VerfaUles.  p.  9  5 .  & 

P/.  99.  p.  539. 
Archivolti:  rustique  ,    ccIui  dont    les   moulures    font  interrompues  par  une  clef  & 

des  bollàges  lîmples  ou  rulliques  ,    en  forte   que    de  deux  Voullbirs   l'un  eft  en  bof- 

fage. 
ARDOISE,    Pierre  d'un  bleu  noirâtre,  dont  la  meilleure  fc  tire  des  Perriercs  ou  Ar- 

doilieres  d'Anjou  ,    &  qui  fc   debire    par   fciiillcts  pour  fervir   fur  les  couvertures  des 

Bàtimcns.    Les  Anciens  n'avoient  point  l'ufage  de  i'Ardoife.    Ce  mot  vient  du  Latin 

^rdnfia.  p.  115, 
Ardoise  fine,  celle  qui  eft  mince  :  Et  Ardoise  forte  ,  celle  qui  a  d'e'pailfcur  le  dou- 
ble de  la  fine.  ihid. 
Ardoise  grosse,  ou  rouge  ,   ou  plutôt   xousse  noirej  c'eft  la  plus  commune. 

ibid. 
Ardoise  cartelette,  celle  qui  eft  la  plus  petite,  &  qu'on  raille  quelquefois  en  e'caille 

pour  le^  Dômes  ,  comme  il  s'en  voit  à  celui  de  la  Sorbonne.  p.  iz6. 
Ardoise  dure  ,   celle  dont  on  fait  du  Carreau  &  des  Tables.    Il  fe  tire  de  cette  efpeoe 

d'^rdoije  fur  les  Côtes  de  Gènes,  de  laquelle  tes  Italiens  fe  fervent  pour  peindre  delFus. 

p.  115. 
AREN  E,  du  La.tm  zy^rena ,  du  fable  ;  c'e'ioit  dans  un  Amphithéâtre  chez  les  Anciens, 

le  champ  du  milieu  oii  combattoient  les  LuiteursSc  les  Gladiateurs.  Quelquefois  le  moc 

d'o-/rfwf  fc  prend  pour  tout  l' Amphithéâtre  ,  comme  celui  deNifmesqui  eft  le  plus  en- 
tier de  ceux  qui  relient  de  l'Antiquité,  p.  8. 
AREOSTYLE   ou   ARiEOSTYLE,   du  Grec  c^mw,  rare,  &%/oy.  Colonne  ; 

c'eft  félon  Vitruve  la  plus  grande  diftance  qui  peut  être  entre  les  Colonnes  ,  fçavoir  de  huit 

module,^  ou  quatre  diamètres,  p.  8.  &  9. 
AREOSYSTYLE   ou   AR.-ËOSYSTYLE;  c'eft  auffi  félon  Vitruve  une  difpofî- 

tion  de  Colonnes  dont  les  efpaccs  font  Syjiyles  Se  c^reojlyles.  p.  5  57. 
ARES  TE;  c'eft  l'angle  vit  d'une  pierre,  d'une  pièce  de  bois,  d'une  barre  de  fer ,  &c 

Arnfi  on  dit  que  du  Bois  eft  ci  vive tÂrcjîe ,  lorfqu'il  elt  bien  avivé,  p.  1,%.  S>c  ■^t.j. 
Areste  de  lunette  i   c'eft  l'angle  où  une  Lunette  fe  croife  avec  un  Berceau,  p.  240.- 

P/.éôB. 
ARESTIER,   ou  félon  les  Ouvriers  ERESTIER  ;   c'eft  la  pièce  de  bois  delar- 

dce  qui  forme  l'angle  d'une  Croupe  &  fur  laquelle  font  attachez  les  Empanons.  P/.  6^ 

A.  f.  i?7. 
Arestier  de  PLOMB;  c'cft  un  bout  de  table  de  plomb  au  bas  de  V^rcftierào.  la  croupe 

d'un  comble  couvert  J'ardoife.   Dans  les  grands  Bàtimens  fur  les  Combles  en  Dôme  ,  ces 

i_Arejliers  revêtent  toute  l'cncôgnure  «Se  font  faits  de  diverfcs  figures  ,  ou  en  manière  de  Pi- 

laftre,  comme  au  Château  de  Clagny,  ou  en  manière  de  Chaîne  de  bollàges  ou  pierres  de 

refend,  comme  il  s'en  voit  aux  gros  Pavillons  du  Louvre,  ihid, 
ARESTIER  ES;  ce  font  les  cueillies  de  plâtre  que  les  Couvreurs  mettent  aux  angles  de  la 

Croupe  d'un  Comble  couvert  de  tuile,  p.  53^. 
ARITHMETI  QU  E  ,  du  Grec  z^rithnws ,  nombre  ;  c'eft  la  fcience  qui  confiderc  les 

nombres  &  qui  fcrt  en  Architecture  pour  les  opérations  Géométriques  ,  les  cottcsdes  Def- 

fans,  &  les  calculs  des  Toifes.  Préface. 

B  3  ARMA" 


14  EXPLICATION  DES   TERMES 

A  RM  A  T  UK  E.    On  entend  par  ce  mot ,  les  barres ,  clefs  ,  boulons .  e'triers  &  autres  Ii^«c 

de  fer  qui  fervent  a  retenir  un  grand  AlFemblage  de  Charpente  ,  &  à  fortifî^r  nnf 
A  Tm^V  ^'^''tpourquo,ondit^"r..M...Po«.r.rLat.  CaJJo/piXB'fsT^" 
ARMES  ou  ARMOIRIES.   Ornement  de  Sculpture  quon  me    aux  end,,!;  I       ) 
apparens  d'un  Bâtiment  rour  defigner  celui  quiTaVau  ba^nr.    oTiK^^  fce^  "' 
Blazon  dans  divers  membres ,  comme  dans  les  Métopes  ,  Clefs  d'Arcade    Caifles  de  r" 
a£TtT;VÏ^°"^''  ""'•  P-^y^^^v.rdatcnb.us.V.;x8.  &P/.4^  ..'..^    "'^^  ^°'^- 
AKMILLES.   ^>::  ANNEE  ET  S.  ^       '^' 

ARPENT.    Ce  mot  félon  Scaliger  vient  du  Latin  ,^rv/;,eW//.«,,  la  mefure  d'un  rh.mo 
ceft  aux  environs  de   Pans  un  efpace  de  terre   de  cent  P^rhcs  quarre^:s  de  xf  0?^^' 
de  long,  chacune  defquclles  contient  en  fuperficie.   ^4    pieds  oui  font  LrJr  ^      ' 
ll'Z'r'rA''^-  -^".^---^  Pou/l-Arpent^.    Il  f^dlvliren  ^^ï^^t^^^ 
,U:t%f9  "  '"''""  ^   '""  '''^f""^Se  Royal  aie  eflT^mg' 

ARPENTAGE;  ceft  l'Art  qui  enfeigne  à  mefurer  la  fuperficie  des  terres  &-  Anni-  !•«« 
ration,  qu'on  appelle  encore  ^r;,....^ ,  fe  f.i:  avec  une  ^petite  clSpSee  de  llel^ 
les  Arpenteurs  compolent  les  To,fcs&  les  Perches,  en  l'arrêtant  d 'efpace  en  cf^^^^^^^ 
encognures  avec  des  piquets  appeliez  ^/.c/..  L'^^^^^^^ 

ARPFNTrrTp^''''^V^^""r^-^^     &duGrec^f/r.«:  mefure.  p.  5^9.         """''  ^"^ 

ARl  ENTEUR  ;    ceft  un  homme  intelligent  en  Géométrie  pratique ,  qui  men,rM.o 

pïïrB.^:':^^ "^'"'"^'  ^"  ^""""^  -^«mbee^sd-une  VoilteencLveesda"^^^^^^ 

^  DiL^^Tv^fM'  J?^'"°^^'f  «^-'ide  plufieurs  manières  dans  l'Art  de  bâtir,  arrêter  une 
pierre,  c  eft  1  afleurer  a  demeure,  arrêter  des  Solives,  c'eft  en  maçonner  IrVsni,". 
^rrererdc  la  Menu.fene  ,  c'eft  attacher  des  pâtes  5c  des  compons  po"  x  a  "e  1  ir  ^17 
ter  f.gmfie  au  nfccller  en  plâtre,  en  ciment,  en  plomb,  &c.   Et  ^^mî'.  u    Arb^ft. 

AP  R%  pfp'^t'AVTi'^'  ^"   ^'^ftl^^-li-àunecert'amehaute^r.  ;.  5 ,3     ^'^"^'' 

A?R      FP  ?'^2^7r^^^-    ^'-^^^   ^^^^^^'^    ^^   MARCHAND.      ^    ''' 

ARRIERE-CHOEUR.    %f;ï  CHOEUR. 
^^^JERE-CORPS.    r.j.^   AVANT-CORPS. 

..m.  ^  ^  "  f  °  "^  ^  '  '''^  ""'  P"' ''^  ^°"^  ^"'  ^^"5  ""  ^«rps  c^e  Bâtiment  fert  à  éclairer 
les  moindres  Apartemens,  Garderobes ,  Efcaliers  de  dégaoemenr,  &c     Vtr.v/.ntu 
u^efaulx ,  ces  fortes  de  Cours,  p.  5  5 1  ^•*.,'-men. ,  :scc.    \  itruve  appelle 

'^  InJ  ^  ^^r  ^'  O  U  s  s  U  R  E  ,  c'eft  derrière  le  tableau  d'une  Porte  ou  d'une  Croifee  une 

Aprieke-voussure  de  Marseille,  celle  qui  eft  cintrée  par  devant  &  bombée  par  derric 
ZrrU  P""'  ^""^'r  ^  «"^'^""^'^  des  Ventaux  cintrez  d'une  Porte  ronde.  Elle  eft  Lnf 
Eft-H^.X^r  ''  ^"""^^  ''  '''''  efpece  aetéfaiteàunedes  Porte'sd^e'la  Vm^d^ 

ARRIERE-VOUSSURE  DE  S.  ANTOINE  .   Celle  qui  eft  en  plein  cintre  par  derrière  &  bomb^ 

Arrure-voussure  regle'e,  celle  qui  eft  droite  par  fon  profil,  p.  1,9 

Siaii'i    c'eT'Jf  '^'^  '"'""i''  P'f ''P''^  ^"'^  des  opérations  ou  l'ef-prit  a  plus  de  part  eue  la 
inain    c  eft  pourquoi  on  dit  qu'un  ouvrage  eft  profilé ,  deiriné  ,  ou  modellé  Le  'Z 
iorfqu  on  y  recomioît le;ugemeat &  U corr"clio/d. celui qm l'a flit.  Pn/Tce'  &c  ' 

ARTI- 


D'ARCHITECTURE,  &c.  i) 

ARTISAN,  s'entend  d'un  Ouvrier  de  quelque  Art  mccânic|ue,  comme  d'un  Maçon  , 
d'un  Serrurier,  d'un  Menuifier ,  &c.  Il  fe  dit  quelque-fois  au  figure  d'un  excellent 
Ouvrier  dans  les  Arts  libéraux  ,  comme  d'un  Arclucedte  ,  d'un  Peintre  ,  d'un  Sculpteur, 
Sic.  Préface. 

ASPECT.  Ce  mot  fe  dit  de  la  veuë  d'un  Bâtiment  par  raport  à  ceux  qui  le  regardent.  Il  fe 
prend  aulfi  pour  une  principale  Façade  ou  pour  un  Portail,  p.  184.&  190. 

ASSEMBLAGE;  c'eft  l'Art  d'aflèmbler  &c  de  joindre  plufieurs  morceaux  de  boi  ;  enfem- 
ble,  qui  fe  fait  de  différentes  manières  en  Charpenterie  &  en  Menuifcrie.  p.  izo.  &  liô. 
C'eft  ce  que  Vitruve  appelle  Coaxatio. 

ASSEMBLAGES  en  Charpenterie. 

Assemblage  par  tenon  &  mortoise,  celui  qui  fe  fait  par  une  entaille  appelle'e  Mor- 
toife ,  laquelle  a  d'ou  erture  la  larcreur  du  tiers  de  la  pièce  de  bois  pour  recevoir  l'about  ou 
tenon  d'une  autre  pièce  ,  taillé  de  jufte  grolfeur  pour  la  Mortoife  qu'il  doit  remplir,  &: 
-    dans  laquelle  il  eft  enfuite  retenu  par  une  ou  deux  chevilles,  vag.  189. 

A.semb'.age  a  clef,  celui  qui  pour  joindre  enfemble  deux  plateformes  de  Comble  ou  deux 
moifes  de  Fil  de  pieux  ,  fe  fait  par  une  morroife  dans  chaque  pièce  pour  recevoir  un  tenon- 
à  deux  boucs  appelle  Clef.  TL.  64  A.  p.  187. 

Assemblage  par  entaille,  celui  qui  fe  fait  pour  joindre  bout-à-bout ,  ou  en  retour  d'e'- 
querre,  deux  pièces  de  bois  par  deux  entailles  de  leur  demi-épaifieur,  qui  font  enfuite  re- 
tenues avec  des  chevilles  ou  des  liens  de  fer.  Il  fe  fait  aufTi  des  entailles  à  queue  d'aronde  ou 
en  triangle  à  bois  de  fil  pour  le  même  ^^Jjcmbiaç^c.  p.  iS  9. 

Assemblage  I'ar  embkevement.  Efpece  d'entaille  en  manière  de  hoche,  qui  reçoit  le 
boutdemaigri  d'une  pièce  de  bois  fans  tenon  ni  mortoife.  Cet  ^jfcmbla^e  fe  fait  aulh  par 
deux  tenons  frotans  pofezen  décharge  dans  leurs  mortoifes.  Fi.  64  B.  fe.  1 89. 

Assemblage  en  cremiliere,  celui  qui  fe  fait  par  entailles  en  manière  de  dents  delà  de- 
mi-épailTeurdubois,  qui  s'encaftrent  les  unes  dans  les  autres  pour  joindre  bout  à-bouc 

■  deux  pièces  de  bois ,  parce  qu'une  feule  ne  porte  pas  allez  de  longueur.  Cet  Ajfemblage  fe 
pratique  pour  les  grands  Entraits  &  Tirans. 

Assemblage  en  triangle,  celui  c|ui  pour  enter  deux  fortes  pièces  de  bois  à  plomb  ,  fe 
fait  par  deux  tenons  triangulaires  à  bois  de  fil  de  pareille  longueur  ,  qui  s'encaltrent  dans 
deux  autres  femblables ,  en  forte  que  les  joints  n'en  paroillènt  qu'aux  arêtes. 

Assemblage  en  e'pi.   Voye:;,   EPI. 

ASSE.WBLAGES  en  Menuijerie. 

Assemblage  quarrl',  celui  qui  fe  fait  quarrément  par  entailles  de  la  demi-épailTeur  du 
bois,  ou  à  tenon  &  mortoife.  P/.  ico.pjg-.  541, 

Assemblage  A  boùement  ,  celui  qui  ne  diffère  de  l'ç^jfcmblagequarrê  ^  qu'encequela 
moulure  qu'il  porte  à  fon  parement,  eft  coupée  en  Ano-let.  ibid. 

Assemblage  en  onglet,  ou  plutôt  en  anglet,  cefui  qui  fe  fait  en  diagonale  fur  la  lar- 
geur du  bois  ,  &■  qu'on  retient  par  tenon  &  mortoife.  ibid. 
Assemblage  en  pausse  coupe,   celui  qui  étant  en  Anglet  &  hors  d'équerre ,  forme  un 

Angle  obtus  ou  aigu.  ibid. 
Assemblage  a  clef  ,  celui  qui  pour  joindre  deux  Ais  dans  un  panneau,  fefaitpardes 
clefs  ou   tenons  perdus  de  bois  de  fil  à  mortoife  de  chaque  côté  collez  &  chevillez. 
ibid. 

Assemblage  a  queiie  d'aronde  ou  d'ironde  ,- celui  qui  fe  fait  en  triangle  à  bois  de 
fil  par  entaille ,  pour  joindre  deux  Ais  bout-à-bout.  p.  541. 

Assemblage  a  queiIe  percée,  celui  qui  fe  fait  par  tenons  4  ^«raêci'jro^Jf ,  qui  entrent 
dans  des  mortoifes  pour  alTeinbler  quarrément  &  en  retour  d'équerre,  deux  Ais.  ibul. 

Assemblage  a  clueiIe  perdue,  celui  qui  n'eft  différent  de  la  Ji^cHepcrccV,  qu'eu  ce  que 
fcs  tenons  font  cachez  par  un  recouvremciit  de  demi-e'pailTeur  à  bois  de  fil  &  en  an- 
glet. ibid. 

As- 


16  EXPLICATION   DES   TERMES 

Assemblage  en  apfnt,  que  les  Mcnuificrs  apj'ellent  auHI  Grain  d'orge,  celui  qiii 
pour  joindre  deux  Ais  par  leur  c'paiireur ,  fe  fait  par  une  languette  triangulaire  ,  qui  entre 
dans  une  rainure  en  anglct.  On  fe  fcrvoic  autrefois  de  cet  ^jjimb.agc  ^  pour  joindre  les  pe- 
tits Ais  de  Mairain  ,  dont  on  piafonnoit  les  vieilles  Eglifcs.  p.  541. 

ASSEOIR  ;  c'e(l:  pofer  de  niveau  &  à  demeure  les  premières  pierres  des  Fondatioiis ,  le 
Carreau,  le  Pave,  &c.  p.  108.  154.  &c. 

ASSISE,  fe  dit  d'un  rang  de  pierres  de  même  hauteur  polees  de  niveau  ou  en  rampant,  qui 
cft  ou  continu  ou  interrompu  par  les  ouvertures  des  Portes  &  Cioifces.  p.  1  iz.  C'eft  ce  que 
Vitruve  nomme  Co m w. 

Assise  de  pierre  dure,  celle  qui  fe  met  fur  les  fondations  d'un  Mur  de  Maçonnerie  où  il 
n'en  faut  qu'une,  deux,  ou  trois  jufqu'à  hauteur  de  retraite,  pag  101.  &:c. 

Assisk  de  l'ARi'AiN  ,  celle  dont  les  pierres  traverfent  l'e'pailfeur  du  Mur,  comme  les 
t_ÀJ]ifcs  qu'on  met  fous  les  Muxs  d'Echifre ,  les  Cloifons  &  Pans  de  bois  au  rez-de- 
chaufTee.  f.  z;  5. 

ASTRAGALE  du  Grec  z^ftragalos -,  l'os  du  talon  ;  c'eft  une  petite  moulure  ronde  qui 
entoure  le  haut  du  fuit  d'une  Colonne.  FI.  6.  p.  17.  &c.  Quaiid  il  elt  ailleurs ,  on  l'ap- 
pelle ZJa^.Yc-//e',  &:  quand  on  y  taille  des  grains  ronds  ,  ou  oblongs ,  comme  des  perles  ou 
des  olives-.  Chapelet,  p.j-  PL  A.  /j.iij.&c. 

Astragale  lesbien.  Les  Commentateurs  de  Vitruve  font  de  différente  opinion  fur 
Je  profil  de  cette  moulure.  Baldus  croit  que  c'eft  un  Ove  ,  &  Earbaro  unCavet  ;  mais 
M.Perrault  prétend  avec  plus  de  raiibn,  que  c'eit  un  petit  talon.  f^'iye::Jcs  Notes  Liv, 
4.  ChiJp.-6. 

ATRE,  du  Latin  _^fr«w ,  noir;  c'eft  la  partie  de  la  Cheminée  ,  qui  eft  entre  les  jamba- 
ges ,  le  Contre  cœur  &c  le  Poycr  ,  &  oii  l'on  fait  le  feu.  p.  158. 

ATT  ELI  ER.  Ce  mot  fe  dit  d'un  Bâtiment  qu'on e'icve.  Quelques-uns  écrivent  Hâte- 
lier  ,  parce  qu'on  y  hâte  les  Ouvriers  de  travailler.  On  dit  auiîi  qu'un  homme  en- 
tend V^tteltcr  t  quand  il  eft  intelligent  dans  l'exécution  des  ouvrages,  p.  ici.  &  145. 
Lat.  njfuina. 

Atteliir  public,  celuv  où  l'on  travaille  à  tranfporrer  des  terres  ou  à  conftruire  &  repa- 
rer des  Murs,  Quais,  Chaullees  &  autres  ouvrages  publics  autant  pour  l'utilité  &  l'embe- 
Jifl'ement  d'une  Ville  ,  qucpouroccuper  pendant  la  Paix  les  Pauvres  qui  n'ont  point  d'em- 
p!oy  ,  comme  il  a  e'te'  fait  à  Paris  pour  élever  «Se  régaler  une  partie  des  Ramparts  où  l'on  a 
planté  des  Allées  d"arbres.  Le  Pape  Alexandre  VII.  ne  fit  bâtit  phifieurs  Edifices  publics, 
que  dans  l'intention  d'occuper  la  plupart  des  Pauvres  de  l'Etat  Eccleliallique  ,  &  du  temps 
même  qu'on  élevoit  la  ColoniU'îe  de  S.Pierre  du  Vatican  ,  il  contraignit  les  vagabonds 
&  gens  làns  aveu  d'y  travailler  fous  peine  de  bannillemcnt.  p.  145. 

Attilier  df.  PiiNTRE  OU  dc  ScuLPT£uR,  lé  dit  aulli-bicn  du  licu  où  ils  travaillent  chcz 
eux ,  que  de  celui  qu'ils  décorent. 

ATTENTE.   Vojic::  Pilrre  &  table  d'attente, 

ATTICURGE.   Foye-  Bask  &  Porte  Attiqu;  s. 

A  T  T  I  QU  E  ;  c'étoit  autrefois  un  Bâtiment  fait  à  la  manière  Athénienne ,  où  il  ne  pa- 
roiiloit  point  de  toit,  &;  c'eft  aujourd'hui  l'exhaullcnicnt  d'un  petit  Etage  décoré  de  Pila- 
ftresqui  lui  conviennent ,  &  même  fans  Pilafties,  qu'on  élevé  au  deflus  des  Pavillons  an- 
-^uUiresi:  furie  milieu  d'un  Bâtiment.  On  n'en  de  vroit  point  vo:r  le  comble,  parce  qu'il 
femble accabler  ce  petit  Etage.  P/.  6 3  A.  p.  18;.  &:  168.  PL  74.  On  appelle  i'"j;ix-_^///<^«f, 
un  Entablement  irregulicr  plus  haut  que  la  proportion  ordinaire  &:  qui  tient  dc  V^-îttique, 
p.x-jo.Pl.y^. 

Attique  continu  ,  celui  qui  environne  le  pourtour  d'un  Bâtiment  fans  interruption, 
&  fuit  les  corps  &  retours  des  Pavillons  ,  comme  à  l'Hôtel  Royal  des  Invalides  & 
dans  la  Cour  neuve  du  Palais  à  Paris,  p.  319. 

Atti- 


D'ArvCHITECTURE,   5rc.  17 

Atticipe  interpose',  celui  qui  cft  fitiié  entre  deux  grands  Etages  quelque  fois  décorez  de 

Colonnes  ou  de  Pilaftres ,  comme  à  la  jurande  Galerie  du  Louvre. 
Attique  CIRCULAIRE;  c'cft  uu  exliauflement  cu  formc  de  grand  Picdefta!  Toud  ,  fouvent 
perce'  de  petites  Croifces ,  comme  au  Dôme  de  l'Eglife  de  Jclus  à  Rome  ,  ou  même  d'Ai - 
cades ,  comme  à  celui  de  S.  Louis  des  Invalides  à  Pans.  PL  67.  p,  147. 
Atticjue  de  comble,  fc  dit  de  tout  petit  Etage  ou  Piedeftal  de  maçonnerie  ou  de  bois 
revêtu  de  plomb  ,   qui  fert  de  garde-fou  à  une  Terradè  ou  Plateforme  ,   ou  de  Bel- 
veder,  comme  à  quelques  Palais  d'Italie  &  aux  Combles  en  Dôme  du  Louvre  à  Paris. 
P/.  64  A.  p.  187. 
Attique  de  chemine'e;   c'eft  le  revêtement  de  plâtre,  de  bois,  ou  de  marbre  depuis  le 
Chambranlejufques  fur  la  première  Corniche,  &  qui  fait  la  Gorge  droite.  PI.  57.0.1^7, 
&  540. 
ATTITUDE,  de  l'Italien  ,  ^nitiidine ,  pofture  -,  c'cft  un  terme  de  Peinture  &  de  Scul- 
pture pour  exprimer  le  gefte  &:  la  contenance  d'une  Figure,  f^ag.  1 50. 
A'TTRIBUS}  ce  font  en  Sculpture  &  en  Peinture ,  des  fymboles  qui  marquent  le  caiad:e- 
Te  &  l'office  des  Figures ,  comme  la  Majjuë  à  Hercule ,  I2. Palme  à  la  Vn^oire  ,  &cc.  p.  ix. 
&i98.  P/.  89. 
AVANCE,  s'entend  non  feulement  de  tout  ce  qui  eft  porte'  par  encorbellement  au  de-li 
<i'un  mur  de  face  ,  comme  e'coient  autre-fois  certains  Pans  de  bois  fur  les  rues  publiques  ; 
mais  aulfi  de  tout  coude  qui  anticipe  fur  quelque  rue  &c  qu'on  retranche  pour  l'élargir  &  lai 
rendre  d'aligiiCmeiit.  p.  308. 
AVANT-BEC.   On  nomme  ainfi  les  deux  Eperons  de  la  Pile  d'un  Pont.   Leur  plan  eft  le 
plus  fouvent  un  triangle  cquilateral ,  comme  aux  Ponts  de  Paris ,  ou  en  angle  droit,  com- 
me au  Pont  antique  de  Rimiiii  en  Italie":  quelque-fois  ils  font  ronds  ,  comme  au  Pont  S. 
Ange  à  Rome.  Il  s'en  trouve  aufiî  où  l'o^vj^JZ-ifc  (i'c^wowf  eft  aigu  pour  refifter  au  fil  de 
l'eau,  &  celui  d'c^va/ rond  ,  comme  au  Pont  de  Pontoile.  p.  348.  Lat.  c^nteris. 
AVANT-CORPS-,  c'eft  dam  la  décoration  des  Edifices ,  une  partie  en  faillie ,  comme 
un  Pilaftre,  un  Montant,  Sic.    Et  Arriere-corps,  la  partie  recule'e  qui  lui  fert  de 
fonds,  p.  44.  &  116.  Pi.  60.  p.  175.  &c. 
AVANT-COUR  ou   ANTI-COUR-,   c'eft  la  CoKr  qui  précède  la  principale  d'une 
Maifbn  ,  comme  laCo«rdes  Miniftres  à  Verfailles  ,  &  la  preniere  Cour  au  Palais  Royal 
à  Paris.  Cette  forte  de  Cour  eft  appeliée  en  Lat.  c^triuni.  p.  254. 
AVANT-LOGIS;  c'c'toit  chez  les  Anciens  le  Corps  de  logis  de  devant.  Il  y  en  avoir 
•<k  cinq  efpeces  ;  le  Tofcan  qui  n'avoit  point  de  Colonnes ,  mais  feulement  un  Auvent  au 
pourtour  de  fa  Cour  :  le  Tetrajlylc ,  qui  avoir  quatre  Colonnes  qui  portoienc  cet  Auvent  :  le 
Corinthien ,  qui  croit  décoré  d'un  Periftyle  de  cet  Ordre  au  pourtour  de  la  Cour  :  le  Tejlitu- 
àl:c -,  dont  les  Portiques  avec  Arcades  étoient  couverts  de  Voûtes  d'arête  ,  ainfi  que  l'Etage 
-du  defliis  :  Et  le  Découvert ,  dont  la  Cour  n'avoit  ni  Portique  ,  m  Perifty'e  ,  ni  Auvent  eu 
faillie.    Voyez  Vilruve  Liv  vi.  Ch.i,.  Palladio  Liv.z.Ch.  6.  vdi^oneV  ^Avant-logis  Corin- 
thien qu'il  a  bâti  à  la  Charité  deVenife  pour  des  Chanoines  Réguliers ,  oti  il  a  imité  la 
difpofition  de  celui  des  Romains  dont  parle  Vitruve.  f.  319. 
AVANT-PIEU;   c'eft  un  bout  de  poutrelle  ,  qu'on  met  fur  la  couronne  d'un  Pieu  pour 
le  tenir  aplomb,  quandonlc  batà  lafonr.ettc.  On  nomme auffi <_^Vii«/-p;hv  ,  une  efpccc 
ck  pince  de  fer  pointue  ,  qui  fert  à  faire  des  trous  pour  planter  desjalons ,  des  piquets  &  des 
«chalas  de  treillage ,  particulièrement  quand  la  terre  eft  trop  ferme  ou  couverte  d'une  aire 
de  recoupes. 
A  V  A  N  T  U  R  IN  E.  Pierre  pretieufe  d'un  rouge  brun  femée  d'une  infinité  de  petits  points 
d'or  très  brillans.    On  en  fait  de  petites  Colonnes  pour  les  Tabernacles ,  Cabinets  de  Mar- 
queterie, &c.  &  on  !a  contrefait  de  verre.    Il  le  trouve  en  Provence  une  efpcce  A'^Avantu- 
r.ine ,  qui  étant  calTée  fait  un  fable  doré  qui  reluit  au  Soleil ,  &  donc  on  fe  lerr  en  ce  pays-li 
.  poiu:  fabler  les  Allées  des  Jardins,  p.  510. 

Tome  IL  "  C  AU- 


i8  EXPLICATION   DES  TERMES 

A  U  B  I  E  R  ou  A  U  B  O  U  R  du  L^tm^lburnur. ,  qui  félon  Plu^e  ^gnific  blanc  :  c'c/l 
dans  e  Bois,  un  tendre  de  couleur  blanche  prés  de  l'écorce  fujec  à  fe  corrompre  &  à  é^e 
pique  de  vers.  pag.  izi.  Lac.  Tondus  ,  félon  Vitruve.  conomprc  ôc  a ccre. 

AUDITOIRE.    K'>;<':ï  Barre  d'audience. 

AVEN  UE.   Grande  Allej;  d'Arbres  avec  Con:rallées  ordniairement  de  la  moitié  de  fa  lar 
geur    Elle  fe  plante  de  difFerens  Arbres  fuivant  lescerrcn.s.   On  fe  fert  pou    es  endro^^^^ 
aquar.ques  de  bo.s  blanc  comme  le  Peuplier  ,  le  Tremble  ,  le  Bouleau,  &c    dans    a 
a-rre  gralle  &   franche  ,   d'Ormes  &  de  Chefnes  .-    &  dan    le  terrein  ûblo n^ux     de 
Clutaiçrniers,  Noyers  Se  autres  Arbres  fruitiers.    Les  ^V venues  fnnr  nr  in.irl  V 

t;^  à  l.rrivée  d'une  Ville  ou  d'un  Château  ,  co^Jl^Z^.;^^:^^^ 

AvENiiE  EN  PERSPECTIVE,  Celle  qui  eft  plus  large  par  un  bout  que  par  l'autre     ou  pour 
p::rboriete-^  ''''''''''  ''  ^°"^"""  o^^pourparoltle  pLaller^i  ^egS. 
AUGE,  c'eft  une  Cuve  de  pierre  dure  ,  qui  fe  met  dans  une  Cuifine  prés  du  Lavoir     &- 

AUGMENTATIONS,   ce  font  dans  l'Arc  de  bâtir ,  des  ouvrages  faits  au  de  là  de  k 
c^oTS.',""  3T"''  '  ''^^  ''  "^^^"'^^^^  ''  P^>'^  ''  P^-  ^—  plr  e  Wioii  d^ îei: . 

AUTEL,  du  LatnO/.^r.,  qui- vient  d'.^/W,  haut,  parce  qu'il  eft  élevé  de  terre-  c'eft 
a  proprement  par  er  chez  les  Chrétiens  une  Table  d'une  Lie  p  erre  quarrée  longue  fur  la 
queHe  on  célèbre  le  Sacrifice  de  la  Meile.  On  appelle  Grand  Jutel  oS LZXelcï^^ 
dlln^fl^Llorl^^^t.  l::::^^^'  ^^^^^co....  ArchiteaJrefrket^iï 

Autel  isole',  celm  qui  n'elt  pomt  adofié  contre  aucun  mur  ni  pilier,  fc  qui  a  un  Contre 
dout:;^"""  '  '"  plupart  des  Eglifes  Cathédrales,  ou  qui^efl  fans  crtrere.atS  &  à 
double  parement ,  comme  à  S.  Germain  des  Prez  à  Paris.   On  aDoelle  auHi     2Z/  n 
ce  ui  ,,,  eft  fous  un  Baldaquin  ,  comme  l'Autel  de  S.  Pier.  à  RoTel^r,  1  if '^'  '^'''  ' 
omélf  l"        T^  "«/^""^"^^'"^^rederiedeftalquarré,  rond'ou  tnanculafre 
qu'onlS^^^^^^^^  '"^"'^'--^  '-  '^^-^  -  ^^^ûloit  les^ieCes 

A  U  y  E  NT  i  c'dl  une  avance  faite  de  planches  pour  couvrir  la  montre  d'une  Boutique   les 

ucs  Z^T  TfriT'",  ^cT  '■ ,','  '''"  ^"'  ^■''°'"''''""  ^'  '»">''"  •  <i=  cmtrez^rd'au 

.     lies  ngures.  Lat.  i«6^n<W<z  félon  Vitruve  ^^^u. 

"'^u'^cilindnour  ^omm.^'î""  '  f'^  V'^""'  ^"'  l'^^^  l'^^  ^'  ^"^^^^  d'""  ^«^F  rond, 
ou  cumduquc  ,   comme  dune   boule  d'une  Colomie  ,  &c.   PL  39.  p.  loi.  &  104. 

^  vol^^a^^:^^!';/:^^^"^  '-'^^  ^°"^"'  ^"  ^^^  P°"^  ^"  --  ^™' 
-^^'£  DE  LA  VOLUTE  IONIQUE,   ^byei^  CATHETE. 


■B.BADi; 


D*  A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E  ,  &c.  r^ 

B. 

BADIGEON.  Couleur  jaunâcre  ,  qui  fe  fait  de  poudre  de  pierre  de  S.  Leu  detrempcc 
avec  de  l'eau,  &  donc  les  Maçons  fe  fervent  pour  diltmguer  les  nallFanccs  d'avec  les 
panneaux  fur  les  enduits  &ravalemeiis.  Les  Sculpteurs  s'en  fervent  aulîî  pour  cacher  les 
défauts  des  pierres  coquilUeres  remplis  avec  du  plâtre,  &  les  faire  paroure  d'une  même 
couleur.  Badi'^eonner  ^  c'cll  colorer  avec  du  5a^/^fon.  p.  5^7. 

BAGUETTE.  Petite  moulure  ronde  moindre  qu'un  Aitragale ,  fur  laquelle  on  taille 
quelque-fois  des  ornemens ,  comme  des  rubans  ,  des  feuilles  de  chefne  ,  des  bouquets  de 
laurier,  Sec.  P/.  A.p.iij.  &  Pl.B.  pa^.yii. 

BAHUj  c'eft  le  profil  bombe' du  Chaperon  d'un  Mur  ,  de  l'Apui  d'un  Quay  ,  du  Parapet 
d'une  Terralfe  ou  d'un  Folle ,  Sec.  p.  184. 

B  A  H  u.  On  dit  en  terme  de  Jardinage  qu'une  Platebande  ,  qu'une  Planche  ou  qu'une  Cou- 
che de  terre  eft  en  5d/j«  ,  lorfqu'elle  e(t  bombe'e  fur  fa  largeur  pour  faciliter  l'e'coulcment 
des  eaux  &  mieux  élever  les  fleurs.  Les  Platebandes  fe  font  aujourd'hui  en  Dos  d'^jncy 
c'ell-  à-dire  en  glacis  à  deux  e'gouts. 

BAIN  ou  BOUIN.  On  dit  maçonner  à.  Bain  ou  ÀBoïtin  de  mortier-,  lorfqu'on  pofè  les 
pierres  j  qu'on  jette  les  moilons  &  qu'on  alfied  les  pavez  en  plein  mortier,  j^ag.  134. 
&  344. 

BAINS;  c'étoient  chez  les  Anciens  de  grands  Edifices,  qui  avoient  plufieurs  Cours  & 
Apartemens  ,  dont  les  principales  pièces  étoient  les  Salles  du  Bain ,  l'une  pour  les  hom- 
Tties  &  l'autre  pour  les  femmes  ,  &  au  milieu  de  chaque  Salle  il  y  avoir  un  grand  Baflin  en- 
touré de  Sièges  &  de  Portiques  ;  &  à  côté  du  Babi ,  des  Cuves  d'où  l'on  tiroit  de  l'eau  froi- 
de &  de  l'eau  chaude  pour  compofer  la  tiède.  Ces  Bains  e'toient  éclairez  par  en  haut  &  fer- 
voient  plutôt  à  la  propreté  ou  a  la  volupté  ,  qu'à  la  fànté,  Pre's  de  leurs  Salles  étoient  les 
Etuvcs  feches  pour  faire  fuër.  Voyez  l^itruve  Liv.v.  Chap.  10.  Les  plus  magnifiques 
B^tnsy  dont  il  reftc  des  fragmens  ,  étoient  ceux  de  Titus,  de  Paul  Emile  &  de  Dioclecien, 
où  eft  à  prefent  le  Monaitere  des  PP.  Chartreux  à  Rome ,  lequel  eft  encore  appelle  Termi- 
vi ,  du  nom  de  Thermes ,  que  les  Romains  donnoient  à  ces  fortes  de  Basns  Se  qu'ils  avoient 
emprunté  du  Grec  r/serwe,  qui  fignifie  chaleur.  Publius  Victor  dans  fa  Topographie  de 
Rome  raporte  qu'il  y  zyoit  ^^6.  Bains  tant  publics  que  particuliers.  Ces  Bains  ,^rt/fcieh 
font  aujourd'hui  fort  en  ufage  chez  les  Levantins  qui  en  font  le  plus  confiderable  de  leur 
logement ,  &  qui  en  ont  aulîi  de  Publics  comme  chez  les  Anciens,  p.  1 46.  &  3  5  8 . 

Bains  naturels;  ce  font  auprès  des  Sources  d'eaux  minérales  &medecina!cs,  desBâti- 
mens  qui  renferment  des  Balfnis  pour  fe  baigner,  comme  les  Bains  de  Poulfoles  &  de 
Bayes  dans  le  Royaume  de  Naples ,  &  ceux  de  Bourbon  ,  deVichi,  Sec.  en  France. 

BALCON,  de  l'Italien  Baicone ,  Avance  ;  c'eft  une  faillie  au  de-!à  du  nu  d'un  mur  por- 
tée fur  des  Confoles  ou  fur  des  Colonnes ,  &  fermée  par  une  Baluftrade  de  pierre  ou  de  fer. 
On  appelle  aulfiiJj/ft»!,  la  Baluftrade  même  de  fer  compofée  de  balullrcs  plats  ou  ronds 
ou  de  panneaux  avec  Frifcs  fous  l'Apui  &:Pilaftres  de  fer  auxencôgnurcs.  Les  grands  5<j/- 
cons  font  ceux  qui  portent  en  faillie  6c  (ont  plus  larges  que  les  Croilées ,  &  les  petits  ,  ceux 
qui  font  entre  les  tableaux  des  mêmes  Croifées ,  &  fervent  d'Apui.  p.  114.  Fi  45.61:  85. 
p.  191.  ScPl.  65  D.p.  119. 

•B  À  L  D  A  QJJ  IN,  de  l'Italien  Baldacchino ,  un  D  a  i  s.  On  appelle  aiofi  le  principal  Au- 
tçl  d'une  Eglife  ,  quand  il  eft  ifolé  Si  couvert  d'un  dais  ou  amortiirement  porté  fur  des  co- 
lonnes, comme  celui  de  S.  Pierre  de  Rome.  p.  iio. 

BALEVRE,  du  Latin  Bijlabra,  qui  a  deux  Lèvres ,  c'eft  ce  qui  pafie  d'une  pierre  plus 
qu'une  autre  prés  d'un  Joint  dans  la  douelle  d'une  Voûte  ,  ou  dans  Je  parement  d'un  Mur , 

Ci  Se  qu'o» 


!•  EXPLICATION   DES   TERMES 

&  qu'on  retaille  en  ragrcant  :  c'eft  aufli  un  éclat  prés  d'un  joint  crevé  parce  qu'il  étoit  trop* 
ferré.  ;..  144.  &  }  3  7.  1  r 

BALIVEAU  Xi  ce  font  de  jeunes  Chênes  au  dcflbus  de  40.  ans ,  qui  ont  depuis  1 1.  juf- 
qucs  à  14.  pouces  de  tour ,  &  que  les  iMarchands  de  bois  laiflcnt  ordinairement  pour  repeu- 
pler dans  chaque  vente  qu'ils  ulcnt  ou  coupent ,  &  la  quanticc  qu'ils  en  doivent  laillcr ,  elt 
fpecifiée  par  leurs  marchez. 

Baliveaux,    ybycz  Echassfs. 

BALUSTRADE;  c'elt  la  continuité  d'une  ou  de  plufieurs  Travées  de  5<!/«/?m  de  mar- 
bre ,  de  pierre,  de  fer  ,  ou  de  bois  qui  fervent  ou  d'apui ,  comme  aux  Fencrres  ,  Balcons,, 
Tern.fles ,  Sec.  ou  de  clôcure ,  comme  à  qucl(]ues  Autels,  p.  z^j.Pl.  j-^.Scp.  318.&C. 
Vitruve  apj>clle  la  Balufrrad? ,  Podium  ,  &  quelque  fois  Pulteus. 

Balustrade  ou  Balustre,  eft  aulfi  une  clôture  de  B.ilufncs  à  hauteur  d'apui  ,  qui 
dans  une  Chambre  de  parade  environne  le  lit  chez  les  Princes  &  les  erands  Seio-neurs 

Balustrade  feinte,  celle  oi\  les  BaUtjlres  font  tailicz  ou  attachez  de  leur  demi-épaifiéur 
fur  un  fonds  ,  comme  il  s'en  voir  à  quelques  Apuis  de  Croifée.  p.  3 1 1 - 

B  A  LU  ST  RE.  Petite  Colonne  ou  Pilaftre  orné  de  moulures ,  tourné  en  rond  ou  quarré  , 
pour  remplir  un  Apui  à  jour  fous  une  Tablette.  Il  a  quatre  parties,  \t  Pteaouche  iui  anoi 
porte  la  Poire  ou  la  Pâme  qui  en  eft  la  plus  grolle  partie  :  la  plus  étroite  au  deflus  fc  nomme 
C'o/,  qui  eft  couronné  àxiCha^ttedu  qui  le  termine.  Le  mot  de  Bi7/«//rr  vient  du  Latin  £(î- 
Ur.flrum  fait  du  Grec  BuLiuJlion  ,  fleur  de  Grenadier  fauvage  à  laquelle  il  rellérnble.  p  :  1  8 
PL  95. 

Balustres  de  bronze,  ceux  qui  fontou  de  fêiiilles  de  bronze  cifelées,  Sràjour,  ou  fon- 
dus, reparez  &:  maffifs,  comme  les  Bdiuflres  du  grand  Efcalier  du  Roi  à  Veriàilles.p.  513. 

Balustres  de  fer,  ceux  qui  font  contournez  de  fer  quarré,  oudefcrplac,  «Se  qui  fcrvenc 
pour  les  Balcons  Scies  Rampes  d'Efcalicr.  Il  s'en  fait  aufîl  de  fer  fondu  qui  font  plats  Scre- 
tenus  dans  des  ehaffis  de  fer  forgé,  p  2 1 8 .  P/.  ^  5  D.  &:  f .  3 15 . 

Balustres  de  bois,  ceux  qui  font  tournez  ou  faits  à  la  main  ,  droits  ou  rampans  pour  les 
Efcaliers  &  Galeries  en  dehors,  p.  188.  P/.  64  B.  &  p.  311. 

Balustres  de  fermeture,  ceux  qui  font  les  plus  ralongez  en  manière  de  Colonne  en  U^z- 
iiifire  y  &  qui  fe  font  de  bronze ,  de  fer  forgé  ou  fondu  ,  ou  enfin  de  bois  pour  les  clôtures 
de  Chœur  d'Eglife&  de  Chapelle,  p.  509. 

Balustres  entrelassez,  ceux  qui  font  joints  enfemble  par  quelque  ornement  &  taillez 
comme  les  entre'.as  dans  un  même  bloc  de  pierre  ou  de  marbre,  pj^.  314.P/.  96. 

Balustre  de  chapiteau.    Voye:^  Coussinet. 

Balustre  de  modillon  ;  c'elt  le  devant  du  petit  enroulement  qui  eft  à  la  tête  du  Modil- 

lon  Corinthien.  PL  36.  p.  89.  &  90, 
BANC;  c'eft:  la  hauteur  des  pierres  parfaites  dans  les  Carrières .  p.  10  3 .  &c. 
Banc  de  vole'e  ;.  c'eft  le  5.?. v  qui  tombe  après  avoir  fouchevé. 
Banc  de  ciel  j^  c'eft  le  premier  &  le  plus  dur  qui  fe  trouve  en  foiiillanrune  Carrière,  Se 

qu'on  laitlc  foûtenu  fur  des  piliers  pour  lui  fervir  de  Ciel  ou  de  Plafond,  p.  z.06. 
Banc  d'Eglisl-;  c'eft  un  Siège  de  pluficurs  places  pour  une  famille,  fermé  d'une  cloifon  à 

hauteur  d'apui.  Ces  fortes  de  Bancs  doivent  être  d'alignement  &  de  pareille  hauteur  autant 

pourla  fy.iimcrrie,  que  pour  ménager  la  place  qu'ils  occupent,  comme  il  a  été  fait  à 

l'Eglifc  de  Saint  Germain  l'Auxerrois  à  Pans,  p.  54». 
Banc  de  Jardin.  Siège  qui  fe  fait  de  gazon  ,  de  bois,  de  pierre  ,  ou  de  marbre,  p.  229. 
BANDE  ;   c'eft  en  Architedure  tout  membre   plat  en   longueur  fur  peu  de  hauteur, 

qu'on  nomme  auffi  Face  ,   du  Latin  Fafcia  ,  qui  dans  Vitruve  figuifie  la  même  chofe. 

page  9. 
Sande  de  colonne.   Efpece  de  bolTagc,  dont  on  orne  le  fuft  des  Colonnes Ruftiques  3c 

Bandées,  &  qui  eft  quelquefois  fîmplc,  comme  aux  Colonnes  Tofcanes  de  Luxem- 
bourg^ 


D' ARCHITECTURE,   &c.  it 

bour<y  >  ou  pointillé  ou  vcnniculé  >  comme  à  celles  de  la  Galerie  du  Louvre,  ou  enfin  raillé 
d'ornemens  de  peu  de  relief  ditfcrcns  dans  chaque  fi.iiicfr,  comme  aux  Ioniques  des  Thui- 
kries  &  au  Portail  de  S.  Elhemie  du  Mont  à  Paris.  Ces  ba>ides  font  bordées  d'un  Lirtel  ou- 
autre  moulure,  p.  501.  P/.  91.  Lat.  Zona. 

Bande  de  carreaux;  c'cll  un  rang  de  Carreaux  quarrcz  ,  petits  ou  grands,  quiautrc- 
fois  fè  faifoit  environ  de  trois  pieds  en  trois  pieds  entre  les  Carreaux  à  (îx  pans  fur  un 
plancher. 

BANDEAU.  ChambranlefimpleàTentour  d'une  Porte  ou  d'une  Croifée.  p.  337.  ^vfÀ 
CHAMBRANLE. 

BANDELETTE.  Petite  Bande  ou  moulure  plate,  comme  celle  qui  couronne  l'Archi- 
trave Dorique.  On  l'appelle  aufll  Tenic ,  du  Latin  Tccnia,  qui  dans  Yitruve  a  la  même 
fignification.  Pi.  A.  p.  iij.  &  P/.  11.  f.  51. 

BANDER  UN  Arc,  ou  une  Platebande;  c'eft  en  alTembler  IcsVouflbirs  6c  Claveaux 
fur  les  cintres  de  charpente  ,  &:  les  fermer  avec  la  clef.  On  dit  auflî  Bander  un  Caole ,  quand 
on  le  tire  pour  élever  un  pefant  fardeau,  p.  245. 

BAN  Q^U  ETT  E  ;  c'eit  un  petit  chemin  relevé  pour  les  gens  de  pied  le  long  d'un 
Quay  ou  d'un  font  &  même  d'une  rue  ,  à  côté  du  chemin  des  charois,  comme  les 
Banquettes  du  Cours  à  Rome,  &  celles  des  Ponts  fans  maifons  â  Paris.  On  nomme 
Tablettes  i  les  plus  balles  Banquettes  qui  ne  font  que  d'un  cours  d'afTile  ,  comme  celles 
duPontRoval  desThuileries.  Les  Romains  appelloientDf cwr/or/d,  toutes  fortes  de  Bun- 
quettes.  p.  3  50.  &  3  51. 

BAPTIS  TAIRE,  du  Grec  Baptifierion ,  Lavoir  ;  c'étoit  anciennement  une  petite  Eg'i- 
fe  auprès  d'une  grande ,  où  depuis  que  l'exercice  de  la  Religion  Chrétienne  fut  permis  p.^r 
Ifs  Souverains  j*^  on  adminiftroit  le  Baptême,  comme  le  i)upfi/?erf  de  Conllantin  près  S. 
Jean  de  Latran  à  Rome*  Ce  nom  étoit  même  donné  à  une  Chapelle  qui  dans  une  Eglife 
fcrvoitau  même  ulagc.  p.  51',  • 

BARAQUE  ou  HUTE.  Petite  Maifon  couverte  de  dofTcs  ,  ordinairement  prés  d'un 
«rrand  Artelier  pour  la  commodité  des  Ouvriers £c  pour  fervir  quelque-fois  de  Magazin  pen- 
dant l'hiver,  p.2.45-  'L^i.Tugurium. 

B  A  R  B  A  C  A  N  E  ,  de  l'Italien  Barbaca>ie,  qui  fignifie  la  même  chofe  }  c'éft  une  ouvertu- 
re étroite  &.  lono-ue  en  hauteur  qu'on  lailfe  aux  murs  qui  foiitiennent  les  terres  ,  pour  don- 
ner de  l'air  &  pour  écouler  les  eaux.  On  la  nomme  auili  Canonnière  Se  Vcntoufe.  Lat.  Cotlu- 
\iarium.  p.  3  ^0. 

BARDEAU.  Petit  ais  de  mairain  fait  en  forme  de  tuile  ,  dont  on  couvre  les  Apentis  ,• 
Moulins,  &c.  p.  115.    Vitruvc  appelle  cette  forte  de  couverture  5r<î>ici«/.fjî//î/o-. 

B  A  R  D  E  LUI  S.  On  nomme  ainfi  les  hommes  qui  tirent  les  pierres  fur  un  chariot ,  ou  qui 
les  portent  fur  un  5.!r  ou  Civière,  du  Chantier  au  pied  du  Tas.  p.  144. 

B  A  R  L  O  N  G.    Figure  quadrilatère  plus  longue  que  large,  p.  X3  8.  Lat.  OWo«^«^. 

BARRE;  c'eft  toure  pièce  de  bois  longue  &  menue  qui  fert  à  entretenir  les  ais  d'une  Cloi- 
fon  &:  à  d'autres  ufagcs.   Ce  mot  vient  ièlon  M.  Ménage  du  bas-Latin.  Varra. ,  perche. 

Barre  ou  Barreau  de  fer  ,  fe  du  du  fer  employé  de  fa grofleur.  p.  zi6. 

Barre  de  trémie,  celle  qui  eît  de  fer  plat  &  fert  à  foîuenir  un  Atre  &  la  Hotte  d'une  Che- 
minée de  Cui  fine.  P/.  5  5.p.  i  ^9.  &  118. 

Barre  d'apui  ;  c'eft  dans  une  Rampe  d'Efcalicr  ,  ou  un  Balcon  de  fer  ,  la  Barre  de 
fer  aplati,  fur  laquelle  on  s'apuïe ,  &  dont  les  areftes  doivent  être  rabatuës.  PL  65  D>- 
pjç.  119. 

Barre  de  croise'e,  fe  dit  de  toute  Sarrf  de  bois  ou  de  fer  qu'on  met  en  dedans  fur  les  vo- 
lets &  contrevens  de  Croifée  &  fur  les  fermetures  de  Boutique. 

Barre  d'audience;  c'eft  dans  une  Chambre  ou  l'on  rend  la  Juftice  ,  l'enclos  du  Parquet, 
fait  d'une  forte  cloifon  de  bois  de  chêne  de  trois  à  quatre  pieds  de  hauteur  ,  où  les  Avo- 
cats fe  rangent  pour  plaider  les  Caufes ,  comme  à  la  Grande  Clumbre  du  Parlement 

G  3  à^ 


2î  EXPLICATION  DES   TERMES 

de  Paris.    Oit  la  nomme  en  quelques  endroits  auditoire ,  &  c'eft  ce  que  les  Anciens  aooel 
Joienc  Cz.v/7(/,fa  fdon  Vitruve.  '^icu>appei- 

BARREAU.    Voye:^    BARRE. 

Barre.-.u  montant  de  costiere,  c'eft  le  Barreau  ou  une  Porte  de  fer  eft  p-nduë  •  V 
Barreau  montant  de  battement ,  celui  ou  la  Serrure  eft  attachée.  Pl.^^h.paa   117 

^  ^Î^V'  ^  ^  ^  '  ^'^^  ^  ^^"^  ""  P"''  Pavillon  en  manière  de  Boutique  ,  ou  fe  tiennent  de^ 
HuiiT^crsouScrgcnspourleferviccdupublic.  ^"cnnentdes 

Barrière  de  bois.  A/remblage  de  pièces  de  bois  de  bout  &  couchées  ,  qui  fcrt  de  bornée 
ou  de  chaînes  au  devant  &:  dans  les  Cours  des  Hôtels,  Palais,  &:c.  p.  ,  m  Lat  R^o/ 
^ulum.  '■     ^    )•*-'»«■•  A^pa- 

B  AS-COSTEZ  ou  AILES.  On  appelle  ainfi  les  Galeries  baffes  d'une  £glife,  d'une 
Bafihque  ,  ou  d'un  Vclèibule.  p.  1 5  5.  5  "«- ,  a  une 

BASCULE.  Efpece  de  Pont-levis  qui  fe  hauflb  &  fe  baille  par  le  moïen  d'un  eflleu  qui  le 
traverfe  au  milieu  de  Ik  longueur.  ^.  157.  ^     "^ 

BASE,  du  Grec  ,  Bajn ,  Apui  ou  foûtien.   Ce  mot  fe  du  de  tout  corps  qui  en  porte  un  au 
treav-ec  empâtement,  mais  particulièrement  de  la  partie  inférieure  de  la  Colonne  &  du 
licdeltal.   On  nomme  aulH  la  ^a/f  de  la  Colonne,  Spire,  du  Latm  Smrx,  qmlîamfîeles 
tours  d  un  lerpent  couche  qui  taie  à  peu  prés  cette  figure,  p.  4.  &c.  ^ 

Base^  TOSCANE;  c'eft  la  plus  fimple  de  celles  des  cinq  Ordres,  laquelle  n'a  qu'un  Tore. 

Base  dorique  ,  celle  qui  a  un  Aftragale  plus  que  la  Tojcane ,  &  qui  a  été  introduite  par  les 
Modernes,  p^^.  18.  P/.  10.  l'^i  ics 

Base  lONiauE  ,  celle  qui  a  un  gros  Tore  fur  deux  foibles  Scories  feparées  par  deux  Aftra-^a- 
les ,  &  qui  eft  raportée  par  Vitruve.  pa^.  44.  P/,  1 8 .  ^ 

Ba^e  corinthienne,  celle  qui  a  deux' Tores  ,  deuxScotics  &:deux  Aftragales.  fag.  64, 

Base  composite,  celle  qui  a  un  Aftragale  moins  que  la  Comffc/fm/f.  p.  80  PI  ;, 

Base  compose-e,  celle  dont  le  profil  eft  extraordinaire  &  fort  différent  de  ceux  des  Ordres 
comme  la  Bafe  du  grand  Ordre  Compofé  de  l'Eglife  de  S.  Jean  de  Latrau  à  Rome  ,  qui  a 
ete  reltauree  par  le  Cavalier  Boromini,  p.  198.  P/.  86.  >  ^     •» 

Base  attique  ou  atticurge,  ainfi  iromméc  parce  que  les  Athéniens  l'ont  mife  les  pre 
miers  en  œuvre ,  celle  qui  a  deux  Tores  &  une  Scotie  ,  &  eft  propre  fous  les  Coionues  lom- 
que&Compofitc.  P/.  58.  p.  97.&99. 

Base  rudente'e  ,  celle  dont  les  Tores  font  tailleren  manière  de  cables  ,  comme  il  s'en  voir 
quelques  antiques.  PI  86.  p.  199. 

Base  continuée.  Efpece  de  retraite  ornée  de  quelque  moulure ,  comme  d'un  Tore  Supé- 
rieur avec  fi.et&adoucillement  d'une  5a/.  de  Piiaftre  ou  de  Colonne  qui  fertde  cemture 
au  pied  d  un  Bâtiment  ou  d'un  Etage  ,  ainfi  qu'il  s'en  voit  au  dehors  de  TEoUfe  du  Colle- 
ge  Romain.  >=>       ""^"^"= 

Base  mutile'e,  celle  qui  n'cft  profilée  que  par  ks  cotez  d'un  Pilaftre  ,  &  n'eft  qu'une  face 
par  devant ,  comme  il  s'en  voit  a  l'Hôtel  de  Longueville  rué  S.  Thomas  du  Louvre  bâti  par 
Clément  Metczeau.  p.  1 5 1 .  •»'-j  i^«u. 

Base  DE  TRIANGLE  c'eft  la  ligne  de  niveau  qui  eft  oppofée  à  l'Angle  au  fommetd'un 
1  nangle  ,  comme  la  Corniche  droite  d'un  Fronton  ou  d'un  Pignon  trunoulairc 

Base  d  Arpentage  ;  c'eft  la  ligne  fur  laquelle  on  établit  des  mefures  certaines  dans  un  ^r- 
peutaj^e.  On  prend  le  plus  lou vent  pour  Baje  ,  quelque  muraille  ou  le  plus  grand  côté  de  la 
luperficie  qu  on  veut  mefurer.  r      s 

BASILIQUE,  du  CxccBaflhkç,  Maifon  Royale  ;  c'étoit  chez  les  Anciens  une  grande 
ttZ'"  ^°"'^y"'  ^''"'  Tribunes  &  Tribunal ,  ou  les  Rois  rendoienc  eux-mêmes 
Ja  Jufhce.  FiyrK  Fitruve  L>v.  f.  Chap.  , .  Enfuite  on  a  donné  ce  nom  aux  grandes  Salles 
des  Cours  Souveraines ,  on  le  peuple  s'allemble  &  ou  fe  tiennent  des  MAichî^ids ,  comme 


celics 


D'  A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E  ,  &c.  25 

celles  du  Palais  à  Paris.  On  appelle  auHi  de  ce  nom  les  Egîifes  de  Fondation  Royale ,  com- 
me celles  de  S.  Jean  de  Latran  &  de  S.  Pierre  du  Vatican  à  Rome  fondées  par  l'Empereur 
Conftantin.  p.  vi.&  i6^. 
BAS-RELIEF.  Ouvr.ige  de  fculpture  qui  a  peu  de  faillie,  &  qui  eft  attache  fur  un 
fonds.  On  y  reprelènte  des  hiltoircs ,  des  ornemens  ,  des  rinceaux  de  feuillages ,  Sec. 
comme  on  en  voie  dans  les  Frifes  :  &  lorfque  dans  les  Bas-nUefs ,  il  y  a  des  parties  (aillan- 
tes &  détachées ,  on  les  nomme  Dcmi-bojjcs.  p.  168.P/.  58.  &:  94.^.  j  ij.  Lat.  Sigillum 
félon  Vitruve. 

BASSE-COUR;  c'eft  une  Cour  feparée  de  la  principale  ,  &  qui  lèrt  pour  les  e'curics  ,  les 
carrolles  &  les  gens  de  livrée,  p.  1 7  3 . 

Basse  COUR  de  Campagne  ;  c'eft  la  Cour  où  fe  tient  l'attirail  d'une  Maifon  ruftique , 
comme  les  beftiaux  ,  volailles,  &c.  &  où  font  les  granges ,  Sec.  p.  156.  C'eil  ce  que  Vi- 
truve nomme  Chors. 

BASSIN  ;  c'eft  dans  un  Jardin  ,  un  efpacc  creufe'  en  terre ,  de  figure  ronde  ,  ovale  ,  quar- 
rée  ,  à  pans  ,  &c.  revêtu  de  pierre  ,  dépave,  ou  de  plomb,  &  borde' de  gazon  ,  de  pierre 
ou  de  marbre  pour  recevoir  l'eau  d'un  ;et ,  ou  pour  Icrvir  de  Rcfervoir  pour  arrofer.  Les 
Jardiniers  appellent  Bac  ,  un  périt  BuJJin  avec  robinet ,  comme  il  y  en  a  dans  tous  les  petits 
Jardins  du  Potager  à  Verfailies.  p.  10g.. 

Bassin  de  fontaine,  s'entend  de  deux  manières,  ou  de  celui  qui  eft  feulement  à  hauteur 
d'apui  au  deflùs  du  rez-de  chauflée  d'une  Cour  ou  d'une  Place  publique  :  ou  de  celui  qui 
eft  élevé  fur  plufieurs  dcgrezavec  un  profil  riche  de  moulures  &  de  forme  régulière  ,  com- 
me ceux  de  la  PlaceNavoneà  Rome.  p.  109. 

Bassin  figure',  celui  dont  le  plan  a  plufieurs  corps,  ou  retours  droits ,  circulaires  ou  à 
pans ,  comme  ceux  de  la  plufpart  des  Fontaines  de  Rome,  f  •  5 1 7. 

Bassin  a  balustrade,  celui  dont  l'enfoncement  plus  bas  que  le  rez-de  chaufTie,  eft  bor- 
dé d'une  Bcilujîrade  de  pierre  ,  de  marbre  ou  de  bronze  ,  comme  le  B.ijjin  de  la  Fontaine  des 
Bains  d'Apollon  à  VeriaiUes.  p.  jir. 

Bassin  a  rigole  ,  celui  dont  le  bord  de  marbre  ou  de  caillou,  a  une  rigole  taillée 
d'où  fort  d'efpace  en  cfpace  un  jet  ou.  boiiillon  d'eau  ,  qui  garnit  la  rigole  Se  forme 
une  nape  à  l'cntour  de  la  Balultrade ,  comme  à  la  F-ontame  du  Rocher  de  Belveder  à 
Rome. 

Bassin  en  coqoilxe,  celui  qui  eft  fait  en  conque  ou  coquille  ,&  dont  l'eau  tombe  par 
napcs  ou  gargouilles  ,  comme  la  Fontaine  de  Paleftrine  à  Rome,  pa^,  317.  Lat. 
Concha. 

Bassin  de  de'charge;  c'eft  dans  le  plus  bas  d'un  Jardin,  une  Pièce  d'eau  ou  Canal ,  dans 
lequel  fe  déchargent  toutes  les  eaux  après  le  jeu  des  Fontaines ,  &  d'où  elles  fe  rendent  en- 
fuite  par  quelque  Ruilfcau  ou  Rigole  dans  la  plus  prochaine  Rivière. 

Bassin  de  partage-,  c'eft  dans  un  Canal  fait  par  artifice  ,  l'endroit  où  eft  le  fom  met  du  ni- 
veau de  pente ,  &  où  les  eaux  fe  joignent  pour  la  continuité  du  Canal.  Le  Repère  où  fe  fait 
cette  joiicftion,  eft  appelle  le  Point  de  Partage. 

Bassin  de  Port  de  Mer  ;  c'eft  un  efpace  bordé  de  gros  murs  de  maçonnerie  ,  où  l'on 
tient  des  Vaiiîèaux  à.  flot.  p.  307. 

Bassin  de  Bain  ;  c'étoit  dans  une  Salle  de  Bain  chez  les  Anciens,  un  enfoncement 
quarré  long  où  l'on  defcendoit  par  dcgrez  pour  fe  baigner.  C'eft  ce  que  Vitruve  ap- 
pelle Labrum. 

Bassin  a  chaux.  VaifTèau  bordé  de  maçonnerie  &plancheyé  de  dolTes  ou  maçonné  de  ii- 
bages,  dans  lequel  on  détrempe  la  chaux,  p.  114.  Ahrtartum  dans  Vitruve,  hgnifie  au- 
tant le  BaJ]i>i  que  le  Mortier. 

BASTARDEALF.  Ouvrage  de  charpenterie  conftruit  dans  Peau  avec  deux  fortes  doifons 
d'aisfoùtenuësde  pieux  ,  entre  lefquelle?  eft  un  maffif  de  terre  glaife  qui  défend  l'enrrée 
dt  l'eau  dans  l 'efpace  où  l'on  veut  fonder  à fec.  p.  143.  Lat.  (^rca  aquaria, 

BASTI, 


^4  EXPLICATION   DHS   TERMES 

B  A  s  TI.  Ce  mot  fe  dit  en  Mciiuifcrie  ,  de  l'Aircmblage  des  montai  Se  traveifaiis  nu-  ren 

i{™r""°"^^  ^"''"^'''"'"''''^'''^"^'^  C-dtcequcVuniveappelk 

B  A  S  T  I  M  E  NT  ,  fe  dit  de  toutes  fortes  de  lieux  élevez  par  artifice  ,  foit  pour  la  Reliaion 

pourla  magnificence  ou  pour  l'unlitc.  p.  ICI.  &c.  '^       i"*  ivcu^ion, 

Bastiment  REGtTLiER     cehi.  doMt  k  plau  elt  d'cquctre ,  les  cotez  oppofez,  c'aauv  ,  &  les 

parties  dilpofccs  avec  rynimctric.  ;'.  171.  &c.  ^,«i"-\  ,  «  les 

Bastiment  irregulier,  celui  dont  le  plan  ncft  pas  contenu  dans  des  lignes  égales  ni  oa 

rallelcs  par  quelque  fuiecion  ou  accident  de  fa  fituation  ,  &  dont  les  partie! ne  font  pas  rela 

civcs  les  unes  aux  autres  dans  Ion  élévation.  t"*^!"-!*- 

Bastiment  isole',  celui  qui  n'eft  attaché  à  aucun  autre  ,  &  eft  entouré  de  rues  &  de  o/a 

ces  publiques,  comme  a  Pans  l'Hôtel  Royal  des  Invalides  &  à  Rome  le  Palais  Farnélî 

p.  146. 

BASTiMEhir  îngage';  c'cft  uiic  MaifoH  entourée  d'autres,  laquelle  fans  avoir  face  fur  au- 
fczlV7  "^  ^'^^'^  publique ,   n'a  communication  avec  le  dehors  que  par  un  paflage  de 

Bastiment  ruine',  celui  qui  par  fuccefïïon  de  temps,  mauvais  entretien  ,  méchante  fon- 
dation ,  conftrudion  ou  matière,  ou  enfin  par  la  defolation  de  la  guerre,  eft  peri  en  partie 
ou  tout-a- fait  inhabitable,  p.  181.  ^  peu  tn  partie 

Bastiment  DECHIRE'.  On  appelle  ainfi  une  Maifon  ouverte  ,  dont  on  voit  les  planchers  & 
Je  comb,e.fur  des  ctayes  &  chevalemens  pour  y  être  refait  un  mur  de  face  ou  de  Lnon ,  ou 
quelqu  autre  réparation  ou  racordement.  '^^  ^        ' 

Bastiment  enterre',    celui  dont  PAire  eft  plus  balTe  que  le  rez-de-chau/Tée  d'une  rué 
""n  ^°"j-'  °"  '^'"'^  J^^^"^  '  &■■  '^o"t  1"  premières  Alllfcs  de  pierre  dure  font  cach-'es    On 
appelle  mih  B.tinim  ctcrrc ,  cdm  qui  eft  dominé  par  quelque  hauteur  voiline  quï  lui  fait 
lunette,  &  dont  il  reçoit  la  décharge  deseaux.  ^'^  luiimt^ 

Bastiment  feint  5  c'elUlir  un  mur  de  clôture  ou  mitoYen,  une  décoration  d'Archiredure 
de  pierre  ou  d  autre  matière,  femblable  à  celle  qui  lui  eft  refpedive  ,  pour  conferver  a 
fymmetnedu  pourtour  d'une  Cour  ou  d'un  Jardin,  comme  à  l'Hôtel  de  Beauvilli^rs  rué 
S.  Avoyeoule5^r,;^..  n'a  qu'une  Aile.    Ce  qui  fe  pratique  encore  aux  EaUfesqui  n'on^ 
qu  un  rang  de  Chapd  es ,  à  l'oppofite  duquel  oli  feintées  nîémes  clôtures  &^^^^^^^^ 
Chapelles ,  comme  a  l'Eghfc  des  Carmélites  du  Faubourg  S.  Jacques  à  Pans.   Les  Ouvriers 
appellent  J^en^rd ,  ces  fortes  de  décorations ,  parce  qu'elfes  trompent. 
Bastimens  publics,  ceux  qui  fervent  ou  à  la  Religion,  commeleslempîes ,  EMifes,  Hô 
p.raux,  Sépultures     &c    ou  à  la  feureté,  comnie  les  Murailles ,  Tours,   Balhons&au 
très  parties  de  l'Architedure  Militaire  :  ou  à  l'utilité ,  comme  les  Ponts ,  Chaulées,  Ports 
Aqueducs,  Bad liques,  Marchez,  &c.  ou  enfin  à  la  Magnificence,  comme  les  A  es  de 
Triomphe,  Obelifques,  Amphithéâtres,  Porncues,  &c 
Bastimens  particuliers,  ceux  qui  fontdelhnez  à  l'habitation  ,  proportionnez  à  l'état 
^d^^s^ic^  ''  comme  les  Hôtels,  les  Maifons  de  Coliimuiuuté,  celles  des 

Bastimens  rustiques  ou  champestres,   ceux  qui  compofent  les  Fermes ,  Métairies 

Bastimens  HvDRAULiciUEs  ,  ceux  qui  renferment  les  machines  qui  fervent  aux  mouvemens 
Sot^^:  tXLtt.^;^;;/^^'^'^-  comme  .s  Pompe?,  Refervoirs,  .Z^l 

^'&au^r  ^"^'^T"'  OndoitappellerainfilesEdificesoùl'on  conftruit  les  Vaireaux  , 
Ton  et"  &  "I',tl7'^"  '  ["""'  ^"  P-cs,  Arcenaux,  Corderies,  Magazins,  Form^ 
fonderies ,  &c.  8.  les  lieux  ou  1  on  tient  ces  Vaifieaux  delarmez ,  à  flot  &  eu  feureté  tels 
^^uefontles  Ports,  Moles ,  Darces ,  Balîins ,  &c.  On  peut  au  lîi  donner  cVi/omTuxm^^^^ 


t)*A  RCHITECTURE,"  &c.  i^ 

où  l'on  tient  la  Juflice  de  rAmirautc  ,  aux  Lazarets  ,  Maifcns  de  fante' ,  Hôpitaux,  &c. 
On  nomme  Bathncns  de  Mer -,  les  Vaifl'caiix ,  Galères,  &c,  parce  qu'ils  font  purement 
d'Archicedure  Navale,  p.  357. 
BASTION,   fe  prend  eu  Archicc£lure  Civile  pour  un  Pavillon  couvert  en  terrafTè  à  i'cn- 
côgnure  d'un  Bâtiment  ,  comme  il  s'en  voit  au  Château  de  Caprarole.  ^ag.x^-j.  Pl.ji. 

&'75. 

B  A  S  T  I  R.  Terme  qui  a  plufieurs  fignifications ,  &  qui  fe  prend  autant  pour  faire  la  dc'- 
'pealc  d'un  Bâtiment,  que  pour  en  niventcr  le  defTcinSc  l'exécuter  ;  c'efl  pourquoi  011  dit 
qu'un  tel  Prince  a  bii\}i  cet  ÉJifice  >  parce  qu'il  en  a  fait  la  dc'penfe  ;  qu'un  tel  Arcliitedte 
l'a  aufll  bajlif  parce  qu'il  en  a  donne' le  deflèin.  Ondit  encore  qu'un  Entrepreneur  èj///t 
bien ,  lorfque  les  Bâtimens  font  couftruits  avec  choix  de  bons  matériaux  <3c  avec  le  foin  &  la 
propreté  que  l'Arr  demande.  Préface. 

B  ASTON.   FoyeK  TORE. 

EATTANS;  ce  font  dans  les  Portes  &  les  Croife'es  de  Menuiferie  ,  les  principales  pièces 
de  bois  en  hauteur ,  où  s'airemblent  les  rraverfes  ,  &  que  Vitruve  nomme  Sca^i  cardinales. 
On  appelle  auffi  2Jaff<i>w ,  les  ventaux des  Portes.  P/.  4^. p.  127  &  P/.  100.  p.  341. 

BAT  T  ELEMENT;  c'eft  le  dernier  rang  de  tuiles  doubles  ,  par  où  un  toit  s'c'goutc 
dans  un  chcneau  ou  une  goutiere.  Lat.  Stiilicidium. 

BATTEMENT.  Tringle  de  bois  on  barre  de  fer  plat ,  qui  cache  l'endroit  où  les  ventaux 
d'une  Porte  de  bois  ou  de  fer  fe  joignent,  pag.  ni. 

BATTRE  UNE  ALLE'E;  c'eft  après  qu'elle  eft  régalée  ,  en  affermir  la  terre  avec 
la  baite  pour  la  recouvrir  enfuite  de  fable.  On  ne  bat  qu'une  volée  fur  le  fable  des  Allées  (im- 
pies, c'ert-à-dire  qu'une  fois  toute  l'e'tenduë  de  chaque  Alle'e -,  mais  celles  qui  pour  être 
propres,  ont  une  Aire  de  recoupes,  font  battues  à  trois  volccs ,  pour  réduire  cette  Aire 
d'environ  douze  pouces  d'epaifleur  à  neuf,  dont  fept  &  demi  font  de  groflcs  recoupes  Sc 
le  deflus  d'un  pouce  &  demi ,  de  menues  recoupes  paflees  à  laclaye.  On  arrofe  à  chaque 
volée,  Sc  quand  on  met  du  falpetre  fur  ces  recoupes  ,  on  les  6df  à  neuf  volées,  comme 
pour  un  Mail.  p.  195. 

BAVETTE.  Bande  de  plomb  blanchi  au  devant  d'un  Chêneau  ,  ou  au  delîous  d'un  Bour- 
feau.  PL  64  A.  p.  187. 

BAUGE.  Mortier  de  terre  franche  &  de  paille  ou  de  foin  ,  corroyc  comme  celui  de  chaur 
&  de  fable.  On  s'en  fert  faute  de  meilleure  qualité  de  liaifon.  pag.  z  1 6.  Lat.  Liitum  Pa- 
Icatum. 

BAYE,  B  E'  E  ,  ou  JOUR.  Ces  mots  fe  difent  de  toutes  fortes  d'ouvertures  percées  dans 
les  Murs,  conmie  des  Inertes  &  des  Croife'es,  &  même  des  pafiages  de  Chemine'e.  Lat. 
Lumen,  p.  144.  &  558.  VbycK  FENESTRE  &  VEUE. 

BEC;  c'eft  le  petit  filet  qu'on  lailTe  au  bord  d'un  Lurnier,  qui  forme  un  canal  &feit  la 
Mouchetrc  pendante,  p.  x  1 1 .  P/.  i } .  &  14  p.  5  5 .  Vitruve  le  nomme  Mentum. 

B  E  F  R  O  Y.  Elpece  de  Donjon  c'ieve'  pour  découvrir  de  loin,  &  où  l'on  tient  une  cloche  pom 
fonner  le  todinencas  d'alarme  ou  de  joye  publique.  P/.  75.  p.  159.  Lat.  Spécula. 

B  E  F  R  o  y.  Allèmblagc  de  Charpcnterie  itble'  qui  porte  des  cloches  dans  le  corps  d'une  Tour 
ou  dans  la  cage  d'un  Clocher,  &  qui  doit  être  revêtu  de  plomb  ou  du  moins  peint  à  l'huile, 
lorfque  cette  cage  étant  petite  ,  il  eft  trop  cxpofê  à  la  pluyc.  Pi.  jo.  p- 15 }  ■ 

BEL  VED  ER.'Mot  Italien  qui  lignifie  belle  vcuë  ;  c'elt  un  Donjon,  ou  Pavillon  e'ieve'. 
P/.  7  3 .  p.  z  5 9.  On  nomme  aulfi  Belveder ,  une  êminence  en  manière  de  Plateforme  revê- 
tue d'un  mur  de  terraflë  ou  foùtenuc  d'un  glacis  de  gazon  pour  jouir  dans  un  Jardin  du  plai- 
fir  d'une  belle  veuc.  p.  i o  5 . 

B  E  N  I  T  I  E  Pv  ;  c'eft  par  raport  à  l' Architedure  ,  un  vafe  rond  &  ifole'  ordiiuirement  de 
marbre ,  porte  fur  une  efpece  de  baluftre  ,  coaime  dans  l'Eglile  des  grands  Auguftins  :  ou 
raille'  en  manière  de  coquille  fur  quelque  confole  &  attache  à  un  pilier  à  l'enticc  d'une  Egli- 
iè ,  comme  dans  celle  de  S.  Germain  l'Auxerroi^  à  Paris,  p. }  2.5 . 

Tûnie  IL  D  B  E  R- 


2(f  EXPLICATION   DES   TERMES 

BERCEAU  On  appelle  ainfi  une  Voûte  en  plein  cintre,  comme  celle  d'une  Cave  d'un^ 
Ecurie,  d  une  Orangerie  ,  Sec.  p.  139.  '        "^ 

Bhrceau  de  verdure,  ert  une  Alice  ou  les  branches  des  arbres  encrelaffe'es  donnent  du 
couvert  dans  la  Jardins,  f.  1 97.  Lat.  Umbr.icuium  frondcum 

Berceau  de  treillage  Ail e'e  couverte  en  cintre,  faite  de  barreaux  de  fer  &  dechalas 
maillez  &  garnis  de  Chevre-feuille  ou  de  Vigne  Vierge  ou  de  Jafmni  commun     &c! 

Berceau  d'eau.    Alle'e  dans  un  Bofquet,  où  plufieurs  Jets  difpofez  fur  deux  lienes ,  for 
ment  par  leurs  courbures,  des  Arcades,  fous  lefquelles  on  peut  pa/fer  fansé^remo S  I 
VerSlTcr      "       '  '"''^  ^      '  ^"   ^"^^"'^  ^'  ^"^^"^^^  '^^  ^'^  '^  Montagne  d  eau  à 

BERGES;  ce  font  les  bords  ou  levées  des  Rivières  &  grands  Chemins  ,  qui  étant  tail- 
lées dans  quelques  Cotes  font  efcarpces  en  contre  haut"  ou  dielle'es  en  contre-bas  avec 
talut  pour  empêcher  1  eboulement  des  terres ,  &  retenir  les  Chauiîées  faites  de  terre 
raportees.  p.  550. 

BERME;  c'eft  un  chemin  qu'on  laiflTe  entre  une  Levée  &  le  bord  d'un  Canal  ou  d'un 
Foflc  pour  empêcher  que  les  terres  de  la  Levée  venant  à  s  ébouler,  ne  le  remplifient. 

BEU  VE  AU  ou  BU  VEAU.  Efpece  d'Equcrre  mobile  dom  un  bras  eft  bombéfelon 
ia  courbure  de  la  douelle  d  un  Arc  ou  d'une  Voûte  ,  &  l'autre  droit  félon  le  jomt  de  coure  • 
&  quelque-fois  un  brasen  eft  bombé ,  &  l'autre  creufé  félon  le  befoin  qu'on  en  a    P/  6^  A 

p.  137. &  258.  ^  -ti.ObA. 

^  fu^eaon  '"'^  ""  ^<^"^ent  à  un  Plan  ou  à  un  Corps  qui  le  rend  de  travers  à  caufe  de  quelque 

Biais  gras  ou  maigre,  c'eft-à-dire  d'angle  obtus  ou  aigu,  pa^.i^j. 

Biais  par   teste.    Accident  à  un  Plan  caufé  parce  que  le  mur  de  l'entrée  d'une  Voûte  droi- 

te  ou  rampante ,  n'efl;  pas  d'cqucrre  avec  ceux  qui  portent  la  Voûte,  ibid 
Biais  passe',  fe  dit  de  la  fermeture  d'un  Arc  ou  d'une  Voûte  fur  des  Piédroits  de  travers  par 

pT/Jp     '  «pommeaux  deux  Chapelles  les  plus  proches  du  Chœur  des  PP.  Mimmes  de  la 

Place  Royale  a  Pans.  P/.  6^  A.p.  137.  à  139. 

^iveL^r?r.\"r  ^^-^V''']^  "",f '"'^  ^^^'''''  ''^  ^^''"='  «"^  ^°"^  rangez  des  Livres 
Z^f  7  c  ^,^'f*""°"  ^^^  '^^  tMcucs  ,  comme  ia  Bibliothèque  du  Vatican  à  Rome  ,  & 
ceue  de  i.  Victor  a  Pans.  La  meilleure  expofition  pour  une  Bibliothèque  eft  le  Le- 
vain. Ce  mot  eft  fait  du  Grec  BibUon  Se  theke  ,  c'eft-à-dire  Armoire   à  livres,  p.  jz. 

^  r^^^^7^^"  ^^^O^V^'^"  appellent  ainfi  tout  petit  quartier  de  pierre  qui  ayant  été 
f cie  d  un  plus  gros ,  refte  dans  le  Chantier.    Ils  donnent  encore  ce  nom  aux  moindres  car- 
^^^^^  ^^  P'cn-e  ,  piovenus  des  démolitions  d'un  vieux  Bâtiment.  ;^.  3  -  3 
B  1 N  A  R  D    Chariot  fort  à  quatre  roiies  qui  fert  pour  porter  de  grofïès  pierres  ,  ou  des  blocs 
^  j  ç^'f'ff.'^  ecnantillon  ,  &oules  chevaux  lont  attelez  deux  àdcux.  p.  107. 

V    n     lï'  ^^        "^^  "'^^°"''  ^^''^  '"  P'"'"  ^  ^^^"^  '  ^"1  ^e^tent  dansle  baffin  après 
qii  elle  elt  détrempée,  p^jç.  114,  ^ 

BISEAU.    Voye^  CHAMFRAIN. 

B  I  T  U  M  E.  Terre  gralle  qui  tient  de  la  nature  du  fouphre ,  &  qui  fert  de  mortier  aux  envi- 
rons de  Bagdnt  en  Syrie.  II  y  en  a  >!e  deux  efpeces  :  Le  Bitume  dur,  qui  fe  tire  des  Car- 
rières,  &c  le  liquide  qui  le  forme  fjr  le  Lac  Afplialade  -,  c'eft  de  ce  dernier  que  Semirami. 

BLANC   &   BLEU.   VoycK  COU  L^UKS. 

^  n.^M,  ^^}^''  ^y^  ^"  Maçonnerie  faire  une  ou  plufieurs  imprelïïons  de  blanc  à  cole  fur 
un  Mur  laie ,  après  y  avoir  pafle  un  lait  de  chaux ,  pour  rendre  quelque  lieu  plus  clair  & 

plus 


D'ARCHITECTURE,  &rc.  27 

plus  propre.   On  blanchit  tous  les  ans  dans  les  Villes  des  Païs-Bas ,  les  façades  des  Maifons 
pour  les  embellir;  &:  dans  les  Paï^  chauds ,  on  W<imc/);/ les  dedans  pour  conferver  IcsTa- 
pilTcries  &  rendre  les  lieux  plus  frais,  p.  2X8. 
Blanchir  en  Mciuifene  ^  c'ell  raboter  de  fil  les  Planches  avec  la  Varlope  pour  en  ofter  les 
traits  de  fcie ,  ce  qui  les  rend  plus  blanches  ,•  &  en  Serrurerie ,  c'eft  limer  le  Fer  avec  le  eroj 


carreau. 


BLOC;  c'eft  un  gros  quartier  de  pierre  ou  de  marbre  qui  n'a  point  été  taille.  On  appelle 
Bloc  d' Echantillon ,  celui  qui  étant  commandé  à  la  Carrière  ,  y  eft  taillé  de  certaine  forme 
&  grandeur.  Ce  mot  peut  venir  du  Lann  G/ot»/,  boule,   p.  109. 

Bloc,  fe  dit  aulïï  d'un  marché  de  maçonnerie  ou  autre  ouvrage  concernant  les  Bâtimens . 
fans  s'arrêter  au  détail  des  matériaux  &  desjouruées  des  Ouvriers.  On  dit  aufll  faire  mar- 
ché en  tâche  O"  en  bloc.  p.  558. 

BLOCAGES;  ce  font  de  menues  pierres  ou  petits  moilons  qu'on  jette  à  bain  de  mor- 
tier pour  garnir  le  dedans  des  murs,  ou  fonder  dans  l'eau  à  pierres  perdues.  C'eft  ce 
que  Vitruve  appelle  Camenta  ,  ainfi  que  toute  pierre  qu'on  employé  fans  l'équarrir.  Pi.  66 
B.f.i4i-&  554- 

BLOCHETS.  Petites  pièces  de  bois  qui  portent  des  chevrons ,  &  font  entaillées  fur  les 
plateformes  :  On  nomme  Blochet  d'^rejlier  ,  celui  qui  pofé  à  l'encôgnure  d'une  Croupe , 
reçoit  dans  fa  mortoife  le  tenon  au  pied  de  l'Areftier  :  Et  Blochet  mordant ,  celui  dont  les 
tenons  &  entailles  font  à  queue  d'arondc.  PL  64  A.  p.  187.  &  P/.  <>4  B.  p.  189. 

B  L  O  QU  E  R  ;  c'eft  dans  la  Conftrudion  lever  les  murs  de  moilon  d'une  grande  épailTeur 
le  long  des  tranchées  fans  les  aligner  au  cordeau  ,  comme  on  fait  les  murs  de  pierres  feches. 
C'eft  aulîi  remplir  les  vuides  de  moilon  &  de  mortier  fans  ordre  ,  comme  on  Je  pratique 
pour  les  ouvrages  fondez  dans  l'eau,  p.  134. 

BOIS.  Matière  tirée  du  corps  des  arbres ,  qui  fert  à  divers  ufages  dans  ks  Baftimens  ,  &qui 
doit eftreconfiderée  félon f es  efpeces,  fes  façons  &  fes défauts,  p.  no.  Sec.  Nicotprétcnd 
que  ce  mot  vient  du  Grec  fioy^c/«,  qui  iignifie  lamêmechofe.  Tout  le  bois  à  bâtir  eft  ap- 
pelle par  Vitruve  Materies. 

"BOIS  félon  fes  efpeces. 

Bois  DE  HAUTE  TUTAYE,  eft  un  Bi)/r  planté  dc  grands  atbres  de  tigc ,  tels  que  font  le  Chef- 
ne  ,  le  Heftre  ,  le  Charme  ,  le  Tilleul ,  le  Pin ,  &c.  qu'on  laiflé  croiftre  fans  y  rien  cou- 
per jufqu'à  ce  qu'ils  approchent  de  leur  retour.  Quand  un  Bots  occupe  une  grande  étendue 
de  pays ,  on  l'appelle  Forep  ,  &  on  en  tire  le  Bois  à  baftir.  p.  1 9  5 . 

Bois  DE  TOUCHE  OU  MARMENTEAux.  On  appelle  ainfi  les  Bois  qui  contribuent  à  la 
décoration  des  Jardins  fou  par  Bofquets  ou  par  Bouquets,  Taillis  ou  haute  Futaye- 
ou  à  l'embellifrement  des  Villes,  Maiibns ,  &  Châteaux,  comme  les  Cours,  Avenues 
&c.  p.  194. 

Bois  DE  CHESNE  RUSTIQUE  OU  DUR ,  ccIui  qui  a  le  plus  gros  fil ,  Se  fert  pour  laChar- 
penterie.  p.  iio. 

Bois  DE  CHESNE  TENDRE,  celui  qui  eft  gras  ,  c'eft-à-dire  moins  potcux  quc  Ic  dur  &  avcc 

peu  de  fil.  Il  eft  propre  pour  la  MenuifeiK  8c  la  Sculpture,  ibid. 
Bois  LEGER;  c'eft  tout  Bois  blanc  tel  que  le  Sapin  ,  le  TiUau  ,  le  Tremble  &c.  qui  fert  à 

faire  les  Cloilons  &  les  Planchers  au  défaut  du  Chefne. 
Bois  DUR  ET  PRETiEux.    Ou  appelle  ainfi  les  différentes  Ebenes,  Boïs  de  la  Chine,  de 

Violetc,  de  Calembourg ,  de  Cèdre  &  autres  qu'on  debiteparfeiiiiles  pour  les  ouvrages 

de  placage  &  de  marqueterie  &  qui  reçoivent  un  poli  fort  luilànc. 
Bois  SAIN  ET  NET  ,   celuj  qui  cft  fans  malandrcs,  neuds  vicieux,  fiftuies,  gales  &c 

pa^.  iii.  .  ^ 

BÔ I S  félon  fes  façons. 

Bois  EN  GRUME,  celui  q«i  eft  ébranché  &  dont  la  tigcn'cft  pas  équartie.  Il  fert  de  fa  erof- 
Icur  pour  les  pieux  des  Paléesà  Pilotis,  p.  i2i.     °  '■       -  & 

D  z  Bois 


îS  EXPLICATION   DES  TERMES 

Bois  de  srin  ou  de  tige,   celui  dont  on  a  feulement  ofté  les  quacic  doflc^  flaches  pour 

J'et.]uarnr.  p.  zii. 
Eois  DE  SCIAGE,   cclui  qui  cfl  pi'opre  à  refendre  ou  quleft  debite'àlafcieen  che-vrons , 

membrures ,  ou  planches,  tbiil. 
Bois  d'ëquarrissage  ,  celuiquieft  f<2Mrn  au  deffus  de  fîx  pouces  &  cjui  a  différents  noms 

fuivantfcs  f^rofl'eurs.  p.  332. 
Bois  DE  UF5tND,  celui  qui  fc  rry^nt/ par  éclats  pour  faire  du  mjùraiii,  des  lates^  des  e'char 

las,  du  bois  de  boidcau  pour  les  treillages,  &c. 
Bois  me'plat  ,  celui  qui  a  beaucoup  plus  de  largeur  que  d'épailleur  ,  comme  les  Membru- 
res pour  la  Mcnuiferie.  Pi.  100.  p.  341. 
Bois  d'échantillon.  On  appelle  ainfi  les  pièces  de  bois  de  certaines  grolTeurs  &c  longueurs 

ordinaires,  comme  elles  font  dans  les  chantiers  des  Marchands    p.  ziz. 
Bois  refait,  celui  qui  de  gauche  ou  flache  qu'il  eltoit ,  eluiquarri  &  drc/Te' au  cordeau  fur 

fcs  faces,  p.  3  5r.  " 

Bois  lave',   celui  dont  on  ofte  tous  les  traits  de  la  fcie  &  rencontres  avec  la  bciaisuë. 

ibU. 
Bois  corroyé';   c'cfl  en  Charpenterie  ,  celui  qui  eft  repafle  au  rabot  :  &  en  Menuiferia, 

celui  qui  eft  aplani  à  la  varlope,  tbid. 
Bois  vif  ,  celui  dont  les  areftcs  font  bien  vives ,  &  fans  flâche ,  &  dont  il  ne  refte  ni  écorce 

ni  aubier,  p.  zti.  " 

Bois  flache,  cclui  qui  ne  peut  cftrc  e'quarri  fans  beaucoup  de  dcchct  &  dont  les  are  fie  s  ne 

font  pas  vives.    Les  Ouvriers  appellent  Cantibay  ^  celui  qui  n'a  du  Hache  que  d'un  coltc. 

ibid. 
Bois  tortu,  celui  qui  n'efè  bon  qu'à  faire  des  Courbes,  ibidi 
Bois  gauche  ou  déverse',   celui   qui   n'eft   pas  droit  par  raport  à  fes  angles  &  à  (es 

cotez. 
Bois  BOUGE  ,  celui  qui  a  du  bombement  ou  qui  courbe  en  quelque  endroit. 
Bois  AFFoiELi,  celui  dont  on  a  diminue  confiderablcmcnt  de  la  lormc  d'équarriflage  poul- 
ie rendre  d'une  figure  courbe ,  droite  ou  rampante  ,  &  pour  laifler  des  boilàges  aux  poin- 
çons des  corbeaux,  aux  poteaux  de  membrure  ,  &c.    Ces  ^ow  fe  toifcntdeiagtoll'eurde 

leur  equarrifl'agc  pris  au  plus  gros  de  leur  bolfage.  f.  311. 
Bois  apparent  ,  celui  qui  mis  en  œuvre  dans  les  Planchers,  Cloifons,  ou  Pans  de  bois  , 

n'elb  point  recouvert  de  plâtre.  ^\  168.  &  188. 
J<,  OIS  félon  fes  dcfaiits. 
Bois  roule',  celui  dont  les  cernes  font  feparez  &  qui  ne  faifant  pas  corps ,  n'efl  pas  bon'à 

débiter,  p,  xzi. 
Bois  GtLiï  ,  celui  qui  a  des  gerfures  ou  fentes  caufe'es  par  la  gelée,  ibid. 
Bois  tranche',   c-elui  dont  les  neuds  vicieux  ouïes  fils  obliques  coupent  la  pièce,  2:  qm  à 

caufe  de  ces  défauts ,  ne  peut  pas  refiiler  à  la  charge,  ibid. 
Bois  carie' ou  vicie',   celui  qui  a  des  malandrcs  &  neuds  pourris,  ibid,. 
Bois  vermoulu,  celui  qui  ert  pique  des  vers.  p^;^.  9. 
•Bois  ROUGE,  cclui  qui  s'cchaufe  &  eftlhjet  à  fe  pourrir,  p.  188. 
Bois  BLANC  ,  cclui  qui  tient  de  la  nature  de  l'Aubier ,  &  fe  corrompt  facilement. 
Bois  qui  se  tourmente,  celui  qui  le  dejette,  n'e'tant  pas  feclorfqu'on  l'employé. 
Bois  mort  EN   l'iED,  celui  quicit  fans  fubitaiice,  &  n'ell  bon  qu'à  brûler,  p.  m. 
BOISER  ;   c'cll  revêtir  des  Murs  &  Cloifons  par  dedans,  de  Lambris  de. Menuiferie., 

pa^.  1  70. 
B  O  f  S  S  E  A  U   DE   POTERIE,   cft  un  corps  rond  &  creux  de  terre  cuite  en  forme  de 

Boijfcdu  fans  fond,  dont  plufieurs  emboitcz  les  uns  dans  les  autres,  forment  la  chauffe 

d'une  Aifance.  P/.  ^i.  p.  177. 
BOMBE  ou  COURBE',  fc  dit  (Ton  trait  de  portion  circulaire  fort  plate,  commeceîui 

qui. 


D'  A  Pv  C  H  î  T  E  C  T  U  R  E  ,   &c.  t^ 

qui  fe  Tait  fur  la  Baie  d'un  Triangle  c'quilaceial ,  donc  l'angle  au  fommetefl  le  centre. 

BOMBEMENT,  le  dit  pour  Curvicé,  Convexité,  &  P>.enflement.  VI.  66  A.  p.  157. 

B  O  M  B  E  R  i  c'eft  faire  un  trait  plus  ou  moins  renfle,  p.  259. 

BONBANC.   Voycx   Pierre  de  Bonbanc. 

BORD  DE  BASSIN;  c'eft  la  tablette  ou  le  profil  de  pierre  ou  de  marbre,  ou  le  cor- 
don de  gazon  ou  de  rocaille ,  qui  pofe  fur  le  petit  mur  circulaire  quarre'  ou  à  pans  d'uu  Baf- 
fîn  d'eau,  p   198. 

BORDER  UNE  ALLEE;  c'cft  dans  un  Parterre  planter  une  Bordure  de  buis  ou  de 
fines  herbes  ,  comme  tim,  fauge,  marjolaine,  Sec.  pour  feparer  la  planche  ou  la  pîate-bau- 
de  des  Carreaux  d'avec  l'Alic'e.  p.  199. 

BORDURE;  c'cft  en  Architcvlnre  un  profil  en  relief,  rond  ou  ovale,  le  p!us 
fouvent  raille'  de  fculpture  qui  renferme  quelque  Tableau  ,  Bas  relief  eu  Panneau  de 
Compartiment.  On  appelle  Cudres ,  ïcs  Bordures  quarre'es.  PI.  57.  p.  167.  &  PL  5 S. 
pu?.  169. 

Bordure  de  pave'.  Les  Paveurs  appellent  ainfi  les  deux  rangs  de  pierre  dure  &  rufti- 
quc   qui   retiennent  les  dernières  morccs  &  font  les  Bordi  du  Pave'  d'une  Chauffée. 

B  O  R  N  E.  Pierre  qui  fert  de  terme  &  de  limite  à  un  Héritage  ,  ou  qui  marque  l'e'teiiduë  5c 
les  cenlivcs  d'une  Terre  Seigneuriale.  Sur  celles-ci  font  ordinairement  grave'es  les  Ariv es 
ou  Chiffres  du  Seigneur.  Les  Arpenteurs  plament  les  Bonis  aux  encôgnures  des  terres ,  Se 
mettent  des  tc'mcins  deifous  ou  à  certaine  uiilance.  p.  550. 

Borne  de  eastiment.  Efpcce  de  Cône  cronqu(^  de  pierre  dure  à  hauteur  d'apui ,  à  l'en- 
côgnure  ou  au  devant  d'un  mur  de  face  pour  le  défendre  des  charois.  Ces  Burics  font 
adolfe'es  aux  murs  ou  libiees ,  &  quand  elles  renferment  une  place  au  devant  d'un  Bâ- 
timent fur  une  voye  publique  ,  elles  déterminent  la  pofTefTion  de  cette  place  au  parti- 
culier qui  les  a  fait  planter,  fans  quoi  elle  reflcroit au  Public.  PL  64B.p.  189. 

Borne  de  cirque.  Pierre  en  manière  de  Cône,  qui  fervoit  de  but  chez  les  Grecs  pour 
terminer  la  longueur  de  la  Stade,  Se  qui  rcgloit  chez  les  Romains  la  courfc  des  che- 
vaux dans  les  Cirques  &  les  Hipodromes  •  ce  qu'ils  nommoient  Meta.  p.  315. 

BoRf4ES  de  vitre.  Pkccs  de  verre  hexagones  barlongues ,  qui  entrent  dans  les  Com- 
partimens  de  Vitres  :  les  unes  font  debout,  les  autres  couchées  ,  &  les  autres  accouplées. 
pa^.  117. 

BOR  NOYER  ;  c'eft  d'un  coup  d'otil  juger  par  trois  ou  plufîeurs  jalons  ou  co-ps , 
de  la  droiture  d'une  ligne  pour  ériger  un  mur  droit ,  ou  planter  des  arbres  d'aligne- 
ment, pa^.  ^08. 

BOSEL.  >ovf;ï  TORE. 

BOSQUET.  Pcri:  Bois  planté  de  fymmetrie  avec  petites  Allées  en  compartimer.t,  qui 
forme  quelque  figure ,  comme  ronde  ,  quarrée  ou  polygone  &  qui  fait  partie  de  la  décora- 
tion d'un  Jardin  ,  comme  les  Eofquets  du  petit  Parc  de  Verfailles,  qui  font  tous  de  diffé- 
rente ligure,  p.  19  5. 

BOSSAGE.  Ce  mot  fe  dit  dans  l'Apareil  de  toutes  les  pierres  pofées  en  place,  où  les 
moulures  ne  font  point  coupées  8z  où  la  Sculpture  n'eft  point  taillée.  Il  le  dit  auflide 
certaines  pierres  avancées ,  qu'on  laii'lé  au  deflbus  des  Conflinets  d'un  Arc  ou  d'une  Vnurc , 
&  qui  fervent  de  corbeaux  pour  porter  les  cintres  ,  au  lieu  de  faire  des  trous  de  bou- 
lin. On  donne  encore  ce  nom  à  certaines  boffes  qu'on  laifle  aux  tambours  des  Colon- 
nes de  plufîeurs  pièces,  pour  confervcr  les  arcfles  de  leurs  joints  de  lit,  que  les  brayers 
&  autres  cordages  pourroient  émouiler  ,  Se  pour  en  faciliter  la  pofe.  p.  i  j  5.  &  344.  Lat. 
Emincntia. 

BOSSAGES  ou  PIERRES  DE  REFEND;  ce  font  les  pierres  qui  fcmblent  ex- 
céder le  mi  du  mur,  à  caufe  que  les  joints  de  lit  en  font  marquez  par  des  renfoncemens 

D   }  oa 


3T9  EXPLICATION   DES   TERMES 

ou  canaux  quarrez.  PL  45.  pa^.  115.  &   316.  Ft.  97.  Lac.  Lapides  eminentcs  félon  Vi- 
truve. 

Bossage  rustique,   celui  qui  cft  arondi  &  don:  les  paremensparoiffent  brutes  ou  pointil- 
kzegalcment,  comme  il  s'en  voit  au  Louvre  en  plulicurs  endroits,  d.  9.  ôc  111    P/  4.^8 
&  /'.  3i().  PL  97.  "     "'t'+    • 

Bossage  ou  Rustique  vermicule',  celui  qui  eft  pointillé  en  tortillis ,  comme  à  la  Porte 

S.MaitinàPans.  p.  9.  S: p.  ^16.  PL  97. 
Bossage  arondi  ,   celui  dont  les  arelles  font  arondies  ,  comme  aux  bandes  des  Colonnes 

Kulhques  du  Luxembourg  à  Paris,  p.  iit.  P/.  44  B.  &p.  316.  P/.  97. 
Bossage  a  anglet,  celui  qui  étant  chamfrainé  &  joint  à  un  autre  de  pareille  manière, 

forme  un  angle  droit,  comme  il  s'en  voit  en  plufieurs  endroits.  P/.44B,p.  iiz   Scp.ii6. 

PL  97.  c'  j     ' 

Bossage  a  chamfrain,  celui  dont  rareftecfl:  rabatuë,  &  ne  fe  joint  pas  avec  unautre, 
mais  lai/Te  un  petit  canal  de  certaine  largeur ,  comme  il  s'en  voit  à  la  Place  Dauphine  à  Pa- 
rjs.  p.  ^16.  PL  97.  '■ 

Bossage  ql^arderomne'  avec  listel,  celuiqui  rcflèmble  à  un  panneau  en  faillie  bordé 
d  un  QuartJcrorJ  &  renfermé  dans  un  Liftel ,  comme  il  s'en  voit  aux  Pilaftres  Tofcans  de 
la  grande  Galerie  du  Louvre,  ibid. 

Bossage  en  pointe  de  diamant,  celui  donc  le  parement  a  quatre  glacis  oui  terminent 
a  un  point,  lorfqu'il  eft  quatre  ,  Scàunearelèe,  quand  il  eft  barlon^.  ibid^ 

Bossage  a  cavet  ,  celui  dont  la  faillie  efl:  terminée  par  un  C-îWcntre'cieux  filets,  ibid. 

iJOssAGE  A  DouciNE,  cclui  dout  rarefte  rabatuc cft  iTiouIce  d'une  Do«f/«f>.  ibid. 

Bossage  ravale',  celui  qui  a  une  table  foiiiUée  en  dedans  de  certaine  profondeur  &  bordée 
d  un  liflel ,  Se  efl;  fcparé  d'un  autre  Bojja^c  par  un  canal  quarré.  ibid. 

Bossages  me-^lez,  ceux  qui  font  de  deux  ditferentes  hauteurs  mêlez  alternativement  ,&  qui 
rcprefcntent  les  Alîifcs  de  haut  &  de  bas  aparcil.  pa?.  3  8 1.  &  3 16.  C'eft  ce  que  Vitruve  ap- 
pelle Ifodomm  &  Pfeud-Ifodomum.  ^ 

Bossage  continu,  celui  qui  dans  l'étendue  d'un  mur  de  face,  efl  continué  fans  interrup- 
tion que  des  chambranles  ou  corps  où  il  va  terminer ,  comme  aux  Ecuries  du  Roi  à  Ver 
laillcs.  p.->)X6. 

Bossage  en  liaison,  celui  qui  rcprefentc  les  carreaux  &  les  bouti/Tes ,  &  efl  feparé  par  des 
jomcsmontans  dépareille  largeur  &  renfoncement,  que  ceux  de  Ut ,  comme  au  Palais  de 
la  Chancellerie  à  Rome.  PI  45.1».  115. 

Bossages  EN  ch  arpenterie  ,■  ce  font  de  petites  Boffcs  quarrées  qu'on  lailTe  aux  Poinçonsr 
Arbre^  de  Grues,  d'Engins,  &c.  pour  arrêter  les  Moif^s.  • 

B  O  S  S  E  5  c'eft  dans  le  parement  d'une  pierre ,  un  petit  BQJfa<^e  que  l'Ouvrier  y  lailTe  pour 

marquer  que  la  caille  n'en  cil  pas  toifce  ,  &  qu'il  ôte  après  en  ragréaot.  f .  ;  3  7. 
Bosse  db^  tave^}  c'efl  une  petireéminencc  fur  le  parement  d'un  Revers  ou  d'une  ChaufTée 
dePave  caufée,  ou  P.-;rce  que  l'Ane  ou  la  Forme  n'en  efl  pas  atlermie  également,  ou 
parce  que  la  pcfantcur  dci  charois  a  fait  quelque  flache.  p.  }  5 1 .  C'efl  ce  que  Vitruve  nom- 
nie  Tumulus, 
B0SS8  ou  RONDE  BOSSE;  c'efl  cn  SculptuiT  Un  ouvrage  dont  toutes  les  parties  ont  leur  veri- 
ublc  rondeur  &  font  ifolées ,  comme  les  Figures.  On  appelle  Demi-Boile  un  Bas-relief,  qui 
a  aes  parties  f.îi!l3ntcs&  détachées.  '  ^ 

BOUC  M  E.  Terme  métaphorique  pour  fignifîer  l'ouverture  ou  l'entrée  d'une  Carrière 
d'un  Puits,  d'un  Four,  d'un  Tuyau,  Ôcc.  P/.  61.  p.  177.  * 

B  O  U  C  H  E  i  c'efl  chez  le  Roi  &  les  Princes ,  un  département  compofé  de  plufïeurs  pièces , 
comme  de  Cujlîncs,  Offices  &c,  où  l'on  apprefte&dreflèfcparément  les  viandes  des  pre- 
mières Tables,  On  appelle  en  Cour  ce  I:cu ,  /..■  BjHche  du  P^^oy.  pag.  3^1. 
BOUCHERIE;   c'ell  Dar  raport  à  l'Archireclurc ,  un  Ballimeut  public  en  manière  de 

grande  fitUe  au  rcz-dc-chaii/ree ,  contenant  plufieurs  Eiaax ,  où  l'on  expofc  ks  grofies 

viandes 


D'A  R  C  H  r  T  E  C  T  U  Pv  E  ,   8^c.  -^r 

viandes  pour  cftre  vendues  en  détail ,  comme  h  Boucherie  du  Marche'  neuf  à  Paris  baftie 
fous  le  Roy  Charles  IX.  par  PhiUbcrt  de  Lorme.  On  appelle  aufTi  £rd;/ ,  une  Bouriqiie  où 
l'on  vend  de  la  grolTe  viande  en  différents  endroits  d'une  Ville  pour  la  commodité  du  pu- 
blic, pag.  518.  Lat.  Curnarium. 

BOUCLE.  Gros  anneau  de  fer  ou  de  bronze ,  qui  fert  pour  heurter  à  une  Porte  cochcre. 
Il  y  en  a  de  fort  riches  de  moulures ,  &  d'autres  avec  fculpture.  On  l'appelle  vulgaire- 
ment Heurtoir.  PL  6<j,  C.p.  ii-y.  Lat.  Cornix. 

BOUCLES.   Petits  ornemens   en  forme  d'anneaux  ,   laffez  fur  ime  moulure  ronde. 

P'^Ji-  Î55- 
BOUCLIER.   Ornement  qui  dans  l'Architefture  fert  pour  les  Frifes  ,    les  Trophées 
&c.    Le  Bouclier  naval,  e(l  un  ovale  couche'  avec  deux  enroulemens.  PL  11.  pag.  j^. 
Lat.  Parma. 
BOUDIN.    Voye::   TORE. 

BOUEMENT.    Foyez   Assemblage  a  BoiiEMENT. 

BOUGE.    Petit  Cabinet  ordinairement  aux  coltez  d'une  chemine'e ,  pour  ferrer  des  uften- 
ciles.  Ce  mot  fe  dit  aulfi  d'une  petite  Garderobe  ,  où  il  n'y  a  place  que  pour  un  petit  lit. 
•    PI. 61. p. 177. 
Bouge.  Terme  de  Charpenterie  qui  fignifie  une  pièce  de  bois  >  qui  a  du  bombement  &  qui 

courbe  en  quelque  endroit. 
BOUILLONS   D'EAU.   On  appelle  ainfi  tous  les  Jets  d'eau  qui  s'élèvent  de  peu  de 
hauteur  en  manière  de  Source  vive.  Ils  fervent  pour  garnir  les  Cafcades  ,  Goulotes ,  Rigo- 
les, Gargoiiilles,  &c.  p.  310. 
BOULANGERIE;  c'elt  dans  un  Palais ,  ou  dans  une  Maifon  de  Communauté  ,  le  lieu 
où  l'on  fait  le  pain:  dans  un  Arcenac  de  Marine  ,  le  bifcuit  ;  &  dans  un  Chenil ,  le  pain 
pour  les  chiens,  p.  5  5 1 .  Lat.  Pijlrma. 
BOULE  D'AMORTISSEMENT;  c'eft  tout  corps  fpherique  qui  term  ine  quelque 
décoration ,  comme  il  s'en  met  à  la  pointe  d'un  Clocher  ,  ou  fur  la  lanterne  d'un  Dôme , 
auquel  elle  cft  proportionnée.   La  Boule  de  S.  Pierre  de  Rome  ,  qui  eit  de  bronze  avec  une 
armature  de  fer  en  dedans  faite  avec  beaucoup  d'artifice  ,  &:  qui  eft  à  67.  toifesdehaut,  a 
plus  de  huit  pieds  de  diamètre.  Il  fe  met  auffi  des  Boules  au  bas  des  Rampes  3  &  fur  des  Pie- 
deftauxdans  les  Jardins.  PI.  646.^.  189.- 
BOULINGRIN.  Efpece  de  Parterre  de  pièces  de  gazon  ,  découpées  avec  bordure  en  gla- 
cis ,  &  arbres  verds  à  fes  encôgnures  &  autres  endroits.  On  en  tond  quatre  fois  l'anne'e  le 
gazon  pour  le  rendre  plus  velouté.  L'invention  de  ce  Parterre  eft  venuë^d'Anglcterre  ,  auiïi 
bien  que  fon  nom  ,  qui  a  eflé  fait  de  Boule  qui  fignifie  Rond ,  &  de  grin  ,  pré  ou  ^azon. 
L'un  des  plus  beaux  Boulingrins  eft  celui  du  Parc  de  S.  Cloud.  p.  195. 
BOULINS.   Pièces  de  bois  ,  qu'on  fcelle  dans  les  murs ,  ou  qu'on  ferre  dans  les  bayes  avec 
des  étrefillons  pour  échafauder.   On  appelle  Trous  de  Boulin  ,  les  trous  qui  relient  des  écha- 
faudages ,   &  que  Vitruve  nomme  Columbaria  ,  parce  qu'ils  font  femblables  à  ceux  où  ni- 
chent les  pigeons  daus  les  Colombiers,  p.  15  5 .  &  144. 
BOULON.    Grofl'e  cheville  de  fer  avec  une  tefte  ronde  ou  quarrée  ,  qui  retient  le  limon 
d'un  EfcJier,  ou  un  tirant  avec  un  poinçon  par  le  moyen  d'une  clavette  qu'on  met  au 
bout.  pii^.  18?. 
BOULONNER;  c'eft  arrefter  avec  un  Boulon,  p.  117. 
BOURSE,    ybye:^   CHANGE. 
B  O  U  R  S  E  A  U.  Moulure  ronde  fur  la  Panne  de  brifis  d'un  Comble  d'ardoifc  coupé,  qui  eft" 

recouvercc  de  plomb  blanchi.  On  en  mettoit  autrefois  fur  les  Faiftcs.  FI.  64  A.  p.  187. 
BOUTEE,    yoye::   BUTER. 

BOUTIQ^UE.  Salle  ouverte  au  rez-de-chau(Iée  de  la  rue  ,  qui  fert  pour  les  Mar- 
chands &  Its  Arnfans.  Ce  mot  vient  du  Latin  Botheca  fait  du  Grec  zJpotheca,  Maga- 
zin.  P/.  64B.^.  189.  &  341. 

BO»y 


^^  EXPLICATION   DES   TERMES 

^?>7  Vrl^  '  c'dt  une  pierre,  donc  la  plus  grande  longueur  eft  dans  le  corps  duMur 
Elle  cftdiJîcrente  du  Carreau,  en  ce  queUeprefcn  ce  moins  de  parement,  &  qu'elle  a  plus 
de  queue.  P/.  44  B./;.  115.  ^  **  i"u» 

BOUTON.    Pièce  ronde  de  menus  ouvrages  de  fer  ,  qui  fert  à  tirer  à  foy  un  ventail  de 
fcnes  ^Tl  é'  C  ""'il    ^  '"  '  '^^"'  ^  '^^  "^'^''  '  ^"  ""'  ^  ^''  '''"''  ''''''^-■ 

«  ?  ^^l^rVi""^  ''^  '^''^'^  '^^  ^"  '^'""^  P'^''^*'  '  ^""0"  oft'^  en  lequarrilTanc.  p.  10^. 
BK  A.s'CHES   D'OGIVES;  ce  font  les  Arcs  en  diagonale  des  Voûtes  Gochiques.  II  y 
a  de  ces  fîra.f/jf.decachees  des  Pendentifs  de  la  Doiielle  qui  en  rachecccnt  d'autres  fufpen- 
dues  .  d  ou  pend  quelque  Cu  de  lampe  ou  Couronne.   On  voit  un  ouvrage  conliderabie  de 
cette  forte  dans  une  Chapelle  derrière  le  Chœur  de  S.  Gervais  à  Pans    0   xai 
BRANDI,    f/byci  CHEVRONS.  r- )^  • 

^  v^i^^^;   ^.^'=^'^^^l"V,'''^.de  la  longueur  du  Bras  ,    de  laquelle  on  fe  fert  en  quelques 
Vi  es  d  Italie  ,   ou  elle  tient  lieu  de  Pied  ,    &  qui  eft  ditîcrenie  dans  chacune  de  ces 
Villes  ,   comme   on  le  peut  voir  par  les  Braff.s  fuivances  raporte'es  au  Pied  de  Rov 
l'ref.  de  Vis,"-  &  p.  359.  '* 

Brasse  de  Bergame,  eft  félon  ^camo^ï^  de  19.  pouces  &  dem.  &  félon  ^W.  P«// ,  de  16 
pouces  8.  parties  de  ligne.  j  ^'-  10. 

Brasse  de  bou-logne,  de  14.  pouces  félon  5f,zwo^^/. 

Brasse  de  eresse  félon  Scamo:^Ki ,  de  17.  pouces  7.  lignes  &  dem.  &  felon^/.  Pfwde  it 
pouces  5.  lignes  4.  parties.  '" 

Brasse  de  mantoue,  de  17.  pouces  4.  hgnes  félon  5azwo;r:ï/. 
Brasse  de  i/ilan,  de  ii.  pouces. 
Brasse  de  Parme,  de  10.  pouces  4.  lignes. 
Brasse  de  sienne,  de  11. pouces  8.  lignes  4, parties. 

Brasse  de  toscane  ou  de  plorence,  de  10.  pouces  8.  lignes  6.  parties  félon  Af^a./. 
de  1 1 .  pouces  4.  lignes  &  dem.  fclon  Lonm  :  de  ii.  pouces  8.  lignes  félon  Suimo^.i  ■  &  de 
1 1 .  pouces  4.  lignes  (clon  Al.  Pic^rt.  ^^  .  «.  uc 

-B  R  AS  S  E  R I  E  Grand  Baftiment  qui  confifte  en  Cours ,  Puits ,  Germoirs ,  grande  Salle 
balle  avec  Moulin  a  cheval ,  Cuves  ,  &  Chaudières  pour  fane  la  Biere  ,  CellTers  pour  la 
Ecuries'  ^^^^7°"' '''^  ^"'^^''^^  '  Gremers  pour  ierrcr  i'orge  3c  le  hou'blon  i  Logemens  , 

BRAYERS.    Voye:i   CABLES. 
LRAYETTE.    Vbyex  Tore  corrompu. 

BRECHE.   Ouvercure  caufc'e  à  un  Mur  de  clôtura  ,  par  violence,  mal-façon,  ou  cadu- 
cité. Ce  mot  vient  de  l'Allemand  iircc/;?»),  qui  ùguifie  rompre. 
Brèche.    Vbye:::  Marbre  de  Brèche. 

BR.ETELER;  c'eft  dreher  le  parement  d'une  Pierre  ,  ou  regratter  un  Mur  avec  une  outil 
a  dents ,  comme  laLayc  ,  le  Rifflard  ,  la  Pupe  &c 

BRINS   DE   FOUGERE.    l'oycK   Pan  de  bois. 

BRIQUE  Terre  grafiè  &  rougcatre ,  q.u  après  avoir  été  paierie  &  moulée  de  certaine 
:;iandeur&epaileur,  &  lechee  quelque  temps  au  Soleil,  eft  enfuite  cuite  au  four ,  &ferc 
tant  au  dedans  des  murs,  qm  doivent  être  revêtus  &  incruftcs  de  pierre  ou  de  marbre  , 
pour  en  faire  le  noyau  ,  qu'au  dehors  de  ceux  dont  elle  fait  le  parenicnt  des  panneaux.  Il 
le  lait  des  Dcmi-bri^ucs  pour  fervir  de  chufoirs  aux  rangs  de  Buque.  pofees  de  plat  dans  ces 
panneaux.  La  Bn^ue  de  Pans  eft  ordinairement  de  S.  pouces  de  long  fur  4.  de  larae  &  de 
i.  d  épais  ou  environ,  p.  130.  Lat  l.atcr.  "        ^  ft 

Brique  de  ckantignole,  ou  demi-erique,   celle  qui  n'a  qu'un  pouce  d'épais  fur  la 
même  grandeur  qiie  la  i:îr/?,vc  entière  ,  &  qui  fert  à  paver  entre  des  bordures  de  pierre  ,  Sc 
a  taiic  des  Atres&  des  Contrecœurs  de  Cheminée.  Lat.  Laterculus 
^Brique  crue,  celle  qm  fc  fait  de  terre  bJauchîtrc ,  comme  la  crayc,  &  qu'on  lailTe  fecher 

pendant 


D'ARCHITECTURE,  &c.  35 

pendant  cinq  années  (clon  Vitruve  Liv.  8.  Cha^.  3 .  avant  cjue  de  l'employer.  Il  s'en  fait  de 
terre  i;ra(Tè  paîtrie  avec  du  foin  hache' ,  &  cette  compofition  s'appelle  Torchis. 

"Briques  en  liaison  ,  celles  qui  font  pofe'es  fur  le  plat,  enlie'es  «le  leur  moitié' les  unes  avec 
lesautres,  &  maçonne'js  avec  plâtre  ou  mortier.  l'I.  101. ^u^-.  549. 

Briques  de  champ,   celles  qui  font  pofccs  fur  le  coItc  pour  fervir  de  pave',  ^ag.  ijg. 

&  549- 
■Briques  en  e'pi  ,  celles  qui  font  pofe'es  dia<TonaIement  fur  le  coflé  en  manière  de  point 
d'Hongrie  ,  comme  eft  le  l'ave  de  Vcnife.  FI.  ici.  paç.  549.  Se  551.  Lat.  Spicau 
Teflacca. 
BRI  QJJ  E  T  E  R  j  c'eft  contrefaire  la  Brique  fur  le  plâtre  avec  une  impreiïion  de  couleur 
d'ocre  rouge  ,  Se  y  marquer  les  joints  avec  un  crochet  :  ou  faire  un  enduit  de  plâtre  mélc 
avec  de  l'ocre  rouge,  Cependant  qu'il  eH:  frais  employé' ,  tracer  les  joints  profondement, 
puis  les  remplir  avec  du  plâtre  au  fas.  On  peut  enfin  palfcr  une  couleur  rouge  fur  h  Brique 
même  &  refaire  les  joints  avec  du  plâtre,  p.  337. 

BPvIQUETERIE.    FoycK  TUILERIE.' 

BRISE;  c'eft  une  poutre  pole'e  en  bafcule  fur  la  refte  d'un  gros  pieu ,  fur  laquelle  elle  tour- 
ne, &qui  (èrt  à  appuyer  par  le  haut  les  aiguilles  d'un  Permis,  p.  143. 

BRISE-COQ.  Terme  vulgaire  pour  fîgnilier  un  défaut  dans  un  Efcalier ,  comme  une 
Marche  plus  ou  moins  haute  que  les  autres  ,  un  Giron  plus  ou  moins  large  ,  un  Palier  ou 
un  Quartier  tournant  trop  étroit ,  une  trop  longue  fuite  de  marches  à  coiet  dans  un  Eicalier 
à  quatre  noyaux  ,  &c. 

BRISE-GLACE;  c'eft  devant  une  Pale'e  de  Pont  de  bois  du  côte'  d'amont ,  un  rang  de 
pieux  en  manière  d'Avant-  bec  ,  lefquels  citant  d'inégale  grandeur ,  enferre  que  le  plus  pe- 
tit feit  d'Eperon,  font  recouverts  d'un  Chapeau  pôle' en  rampant  pour  briier  les  glaces  &: 
confervcr  la  Pale'e. 

B  R  I  S  I  S  ;  c'eft  l'endroit  qui  forme  l'angle ,  où  dans  un  Comble  coupe' ,  le  rrai  Comble  fe 
jointaufaux.  p.  186.  P/  64  A.  ' 

BROC  AT  EL  LE.    P^jye:;:   Marere   de  brocatelle. 

BRODERIE;  c'eft  dans  un  Parterre  ,  un  compole'  de  Rinceaux  de  feiiillages  avec  fleu- 
rons, fleurs,  tigettcs,  culots ,  rouleaux  de  graines ,  Ôcc.  Le  tout  forme'  par  des  ttaits  de  buis 
nain  ,  qui  renferment  de  la  terre  noire  pour  détacher  du  fonds  qui  eft  fable'.  Il  y  a  des  pic- 
ces  de  broderie  qui  font  interrompues  par  une  Platebande  en  enroulement  de  fleurs  &  d'ar- 
brilleaux  ,  ou  par  un  Maflif  tournant  de  buis  ou  de  gazon.  P/.  6  5  A.  ;>.  1 9 1 .  &c. 

BRONZE.  Metail  avec  alliage  d'airain  &  de  potin  ,  do  nt  on  fonden  eue  perdue  des  Fi- 
gures,  des  Bas-rcIiefs  oC  des  ornemens.  p.  iio. 

Bronze  en  couleur.    Vbyc:^  COULEURS. 

BRUT,  fe  dit  de  tout  ce  qui  n'cft  point  degroffi ,  comme  de  la  Pierre  &  du  Marbre  au  foc- 
tir  de  la  Carrière,  f.  137. 

BUANDERIE.  Efpece  de  Salle  au  rez-de-chauffée  dans  une  Maifon  de  Communaut<f , 
ou  de  Campagne ,  avec  un  fourneau  &  des  cuviers  pour  faire  la  lefli  ve.  p.  551. 

BUCHER.  Lieu  obfcur  dans  l'Etage  foucerrain  ,  ouaurez-de-chaufTc'e,  oùl'onlèrrele 
Kois.  On  donne  aufli  ce  nom  aux  ^n'^ars ,  qui  fervent  au  même  ufage.  Les  Buckcrs  s'ap- 
pellent Po«r/rrfj- chez  les  Princes,  p.  ij'^.l'L6o.  Lat.  CeRa  itgmiri.i. 

EUFETi  c'eft  dans  un  Veftibule  ou  une  Salle  à  manger ,  une  grande  Table  avec  des  gra- 
dins en  manière  de  Crcdence  ,  où  l'on  dicllè  les  Vaies,  les  Bàlliiis  &  les  Cri ftaux  autant 
pour  le  fcrvice  de  la  Table  ,  que  pour  la  magnificence.  Ce  jB///ff  que  les  Italiens  nomment 
Crcdence-,  eft  ordinairement  chez  eux  dans  le  grand  Sallon,  &  renfrmé  d'une  Balultradc 
d'apui.  Ceux  des  Princes  &  des  Cardinaux  ,*^  font  fotis  un  Bais  d'ctoîe.  p.  lic.^  PI.  99. 
K?-  5  5';-  ^ 

EuïET  d'eau  ;  c'cft  dans  UH  Jardin  Une  Table  de  marbtc ,  fur  laquelle  font  élevez  pluiieurs 

graduis  en  pyrairiidc  avec   des  garnitmcs  de  vafes  de  cuivre  doré  ,   dwit  k  corps  de 

Tme  II.  '  E  chacun 


54  EXPLICATION   DES  TERMES 

chacun  cft  forme  par  l'eau,  en  forte  qu'ils  paroinènc  de  cnft.lgarm  de  vermeil,  comme 
Jcs  deux  li.jas  d  eau  dans  le  Bofquet  du  Marais  à  Vcrfailles ,  &!eux  de  Trianon    p   V^^ 

.    J^jf^ï  Fontaine  en  bupet.  i^au^n.  /'.  32.3. 

BurET  d'Orgues.    VbyeK  ORGUE. 

BUREAU.  Chambre  où  l'on  règle  des  comptes  &  où  l'on  fait  des  payemens  On  donne 
Hrl'n  T  V^"  ^-^'^^.b^'î"  P^^j  Ifs  Porres des  Villes,  ou  desCoLn^r  .""et  "' 
droits  du  Roi.  Ce  mot  ie  du  encore  du  lieu  ou  s  allemblenc  les  Diredeurs  des  Hôpiïux  & 
dcsCoramunautez.  p.  185.  "'-^i-iwi'iutux  oc 

B  U  S  T  E ,  de  l'Itahen  Builo ,  Corfage  ;  c'eft  la  partie  fuperieurc  d'une  Figure  fans  bras  de 
puis  la  poitrine     poke  iur  un  Piedouche  :  &  c'eft  ce  que  les  L.ans  appe-rozer.c  XI     du 
Glcc/.™     Mercure,  parce  que  l'Lnage  de  ce  Dieu  croitfouveucreprefenSe  de  cette 
manière  chez  les  Athéniens.  PL  51.  p.  147.&  164  Pi  u  F^-ientce  de  cette 

B  UT  E  R  i  c'efl  p.r  le  moyen  d'un  Arc  ou  Piher  ...-u-.  ,_  contretemr  ou  empêcher  la  poufl^'c 
d  un  .uur ,  ou  1  ecortcment  d'une  Voûte.  On  dit  5./rrou  Bouue ,  pour  ftmifier  l'eSe 
cet  Arc  ou  Pilier  b:,tant.  p.  141.  &  ,  ^o.    r.ycx  CULEE  "^ 

^ZZ  ""l-"'^'"'/   r'^  ^'T  '^"'^^  '^'  P''^"^^'  ^  ^^"^--"^^^'  ^'^'^^^^^  ^vec  des  motes  de 


C^  AB  ANE,  du  Latin  Capana,  Chaumière;  c'cfl  un  petit  lieu  bâti  de  baucre  &  couve-t 
>>     ^^?,<^*^^^"^e  a  la  Campagne  ,  pour  fe  mettre  à  l'abri  des  injures  du  temps.%t.  i    Lat 
v-,7/a  itlon  Vitruve.  r     r  a   ■^-  ''^'■<■■ 

CABINET    Pièce  la  plus  fecretc  de  1"  Apariemenr ,  pour  écrire ,  étudier  &  ferrer  ce  qu'on 
a  de  plus  prétieux.  Lat.  Tabt.n.nn  O'  A4uf^ur,.  p.  i  70.  P/.  5  9  •  &  60.  p.  177  &c  ^ 

derT.Tl'''  ^:^^"^"^-/'^^^  ^u  bout  d'une  Galerie  ou  d'un  Apartemeu;,  ou  l'on  tient 
Buftes  &c  Figures  de  niarbre  &  de  bronze ,  &  autres  curiofitez.    Il  y  a  quelque  lois  plu- 

Ir'TT  '  t^'"'"  '  '"^^  ''^'-'  '  ^"'  ^°"^"  ^"^^^^ble  s'appellent  LuLt  ou  I/.- 

^'^ ,  -«  /.  5 8 .  p.  1 71 .  Vitruve  nomme  Pmachothecx  ces  fortes  de  Cabinets 

.^^^'^•''5  ?/"'  '   '^'".'  '^°"'  '^  P""'""?^^  ornement  confifte  en  un  Lambris  de  revére- 
X   I       u  ?'"  P°"'  "^"""^  P'"'  d'apparence  de  grandeur  au  lieu  ,  réfléchir  &  m ulti- 

p.  i7o"p/  ^'"Sm^n^er  la  lumière ,  comme  il  s'en  voit  à  Tnanon  &  à  Meudon. 

Cabinet  de  marq.ueterie  ■    c'eft  une  Armoire  en  manière  de  Bufet,  décorée  d'Archi- 
edurc  avec  Colonnes,  Pilaftres ,  Termes  &  autres  ornemens  de  bois  de  diverfes  cou- 
i^r^l'  rr^'n    r"P?'^'  ^°"^"i^  Lapis,  Agathes,  &c.  &  de  métaux  gravez  ou  fculpez 
de  re  .et  :  laque  le  f  ert  plutôt  d'ornement  que  de  meuble  dans  les  beaux  Apartemens ,  com- 
me il  s  en  voit  chez  le  Roi,  p.  5  o  ^.  ^ 

*^''\'''rp°^''^'''o'  '  /^^""  l'eu  de  commodité  avec  un  fiege,  qu 'on  appelle  auffiG^îrc/e- 
robe  ^Prtvc.  p.  i^i.Lzt.  ScUafamiliarica.  ^^ 

Cabinet  de  Jardin.  Petit  Bâtiment  ifolé  en  manière  de  Pavillon  de  quelque  forme  a^rrea- 

rnl'...  T7'   VT  '°'f ,'  T  '"'  '^V"^^^^^  PO"^  ^e  mettre  à  l'abri  &  prendre  le  ^'^ais . 

comme  les  deux  Cab.uets  de  la  Fontaine  des  Bains  d'Apollon  a  Verfaillcs ,  qui  font  de  mar- 

bie  enrichis  d  ornemens  de  bronze  doré.  P/.  65  A.  p.  191. 
Cabinet  DE  treillage.    Petit  Berceau  cjuarré ,  rondou'àpans,  compofé  de  barreaux  de 

fermaihe  d  cchalas  &  couvert  dc  Chcyrc-feùille,  Jafmm  commun,  L.  p.  197  &  zoo! 

Cabi- 


D'ARCHITECTURE,  &'c.  55 

Cabinet  de  verdure.  Efpecc  de  Berceau  fait  par  l'emrelaflcment  de  branches  d'arbres. 
Lac.  Tabernaculum  rdmeum. 

CABLES.  Ce  mot  fe  die  généralement  de  tous  les  Cort/jçw  necellaires  pour  traîner  &  en- 
lever les  fardeaux.  Ceux  qu'on  nomme  ^r^zjyfry  ,  fervent  pour  lier  les  pierres  ,  baquets  à 
mortier,  bouriquecs  à  moilon,  &c.  Les  Ha-.ibans ,  pour  retenir  &c  haubaner  les  engins, 
gruaux,  &c.  Et  les  Fintaina  ,  qui  font  les  moindres  Curf^çry  ,  fervent  pour  conduire  les 
fardeaux  en  les  montant ,  &  pour  les  détourner  des  faillies  &  des  c'chafauts.  On  dit  Bandery 
pour  tirer  un  Cable.  Ce  mot  vient  du  Latin  Capulum  ou  Ca^lumiixt  du  verbe  c.zprrc ,  pren- 
dre, f.  145. 

CACHOT.   VoycK  PRISON. 

CADRAN  ;  c'cit  la  décoration  extérieure  d'une  Horloge  enrichie  d'Archite£lure  &  de 
Sculpture,  comme  le  C.zcirj«  du  Palais  à  Paris,  oiiil  y  a  pour  attribus  laLoy  &  lajuftice 
avec  les  Armes  de  Henri  III.  Roi  de  France  &  de  Pologne.  Cet  Ouvrage  eit  de  Germain 
Pilon  Sculpteur. 

Cadran  solaire.  Efpece  d'Horloge  qui  marque  toutes  les  différentes  heures ,  &  même 
hs  fignes  où  le  Soleil  fe  trouve,  par  le  moïen  de  la  lumière  ou  de  l'ombre.  11  y  en  a  de 
^r//c<i;(X  de  plufieurs  fortes ,  qui  fe  tracent  fur  une  muraille  ,  &  qui  marquent  les  heures 
par  un  ftyle  :  &  d'autres  qui  font  ifolez ,  &  que  l'on  pofc  fur  un  Piedeftal  au  milieu  d'un 
Jardin,  comme  V  Horizontal ,  VE^iiimxial,  le  Spherique  convexe  &  concave ,  \tCilindn-. 
que-,  \z  Croix  Gnomomque  ■,  \q  Corp  u  facettes -,  8cc.  qui  defignent  les  heures  par  le  moïen 
d'unftyle,  ou  d'un  point  de  lumière.  P/.  95.  p.  507. &  509. 

Cadran  anemonique,  duGreCo^/zfwo^,  vent;  celui  qui  par  le  moïen  d'une  giroiiette  , 
fert  à  marquer  le  vent  qui  foufle ,  comme  il  s'en  voit  au  Jardin  de  la  Bibliothèque  du  Roi , 
&  à  la  Samaritaine  à  Paris. 

•Cadran  ou  Horloge  hydraulique,  celui  qui  fert  à  marquer  les  heures  par  le  mou- 
vement de  l'eau  ,  comme  la  Clepfydre  de  Ctelîbius  raportc'e  par  Vitruve.  Liv.  9. 
Chap.  9. 

CADRE  ;  c'eft  en  Menuiferie  la  bordure  quariée  d'un  Tableau,  d'un  Bas-relief ,  d'un 
..Panneau  de  compartiment,  Sec.  PI.  57.  ^■'.  167.  &  P/.  100.^.341. 

Cadre  a  double  parement,  celui  qui  a  un  Profil  femblable  ou  diiFcrent  devante  der- 
rière une  Porte  à  placard.  PL  100.  p.  541. 

Cadre  de  maçonnerie.  Efpece  de  bordure  de  pierre,  ou  de  plâtre  traîne' au  calibre  ,  la- 
quelle dans  les  Compartimens  des  Murs  de  face  &  les  Plafonds,  renferme  des  Tables  ,  &: 
dans  les  Chemine'cs  &  deflus  de  Portes ,  des  Tab'eaux  ou  Bas-reliefs,  p.  537. 

Cadre  de  charpente.  AlTemblage  quarré  de  quatre  grolfcs  pièces  de  bois,  qui  fait 
l'ouverture  de  l'enfoncement  d'une  Lanterne  pour  donner  du  jour  dans  uii  Sallon ,  uu 
Efcalier,  &c.  &  qui  fert  de  chaife  à  un  Clocher  ou  à  un  Atti que  de  Comble.  P/.  64A. 
pag.  187. 

•Cadres  de  platond  ;  ce  font  des  renfoncemens  caufez  par  les  intervalles  quarrez  des 
poutres  dans  les  P/j/ô>îc/j  lam brillez  avec  delà  fculpture,  peinture  &  dorure,  p.  334.  yôye:^ 
Renioncement  de  soriTE. 

CAGE.  Efpace  entre  quatre  murs  droits ,  ou  bien  un  circulaire  ,  qui  renferme  un  Efcalier , 
ou  quelque  divifion  d'Apartement.  p.ig.  188.  PI.  64  B.  pw^.  189.  &  PL  66  B. 
paç^.  141. 

Cage  de  croise'e  ;  c'eft  le  Bâti  de  menuiferie  qui  porte  en  avance  au  dehors  la  fermeture 
d'une  Croifce.  Ces  diges  fuivant  l'Ordonnance ,  ne  doivent  avoir  que  8.  pouces  de  faillie. 
P/.  70.  p.  155. 

Cage  de  clocher  ;  c'eft  un  AlTemblage  de  charpente  ordinairement  revêtu  de  plomb  ,  & 
compris  depuis  la  Chaife  fur  laquelle  il  pofe  ,  julqu'à  la  Baie  ou  le  Roiiet  de  la  Plêche  d'un 
Clocher.  P/.  64B  p.  189. 

Cage  de  moulin  a  ventj  c'eft  un  Allernblagequarre  de  charpeme  en  manière  de  Pavil- 

E  2.  Ion, 


S6  EXPLICATION  DES   TERMES 

Ion  ,  rcv(*ti:  d'ais  &  couvert  de  bardeau  ,  qu'on  fait  tourner  fur  un  pivot  pofe  fur  un  Ivlaf- 
l'if  ro;id  de  maçonnerie  pour  expofcr  au  vent  les  volans  du  Alouiin. 
CAILLOU.    Petite   pierre  dure  qu'on   employé  avec  le  ciment  pour  paver  les  Aque- 
ducs ,  Grotes  &  Bailms  de  Fontaine  ,  &  qui  fciée  &  polie   fcrt  aux  ouvrages  de  Mo- 
faïque  &  de  raport.    Ce  mot  eft  fait  du  Latin  Calculus ,  qui  fignifie  la  m'éme  cholè. 
/'.  198.  &  il  5. 
CAISSE,  duLat'mCapfa,  Coffre  ou  Boëre  j  c'efl:  dans  chaque  intervalle  des  Modillons 
du  Plafond  de  la  Corniche  Corinthienne  ,  un  renfoncement  quarre'  ,  qui  renferme  une 
rofe.    Ces  renfoncemens  qu'on  nomme  auffi  Pdueaux-,  font  de  diverfes  figures  dons  les 
Compartimensdes  Voures  &  Plafonds,  p.  88.  PI.  56.  &  loi.p.z^.  34^  &  545. 
Caisses  de  Jardin.   Vailièaux  quarrez  de  bois  ,  oùl'onmctdes  Orangers     Grenadiers>- 
Jafmins,  Lauriers  rofcs ,  &c.    Les  pedtes    .aijles  fe  font  de  douves,  'es  nioïenncs,  de 
mairain  ou  panneau  ,  &•  les  grandes ,  d'une  cage  de  chevron  garnie  de  gros  ais  de  chcfne 
avec  e'queires  &  liens  de  fer.    Elles  doivent  cm- go.ironne'es  par  dedans  &  peintes  à  l'huile 
par  dehors,  autant  pour  les  con/èrver  ,  que  pour  les  décorer.  /'.  I95• 
C  A  L  E  R  ;  c'eit  pour  arrêter  la  pôle  à'\i\\ç.  pierre  ,  mettre  une  Ciile  de  bois  mince  qui  de'rer- 
mine  la  largeur  du  joint ,  pour  la  ficher  avec  facilite'.   On  fe  fert  quelquefois  de  Cj/c.j- de 
cuivre  p^ur  pofcr  le  marbre,  pag.  5  i  3 .  &  555. 
CALIBRE.   Profil  de  bois ,  de  to'c  ,  ou  de  cuivre  chantourne'  en  dedans  pour  traîner  les 

Corniches  &  Cadres  de  plâtre  &  de  ftuc.  p.  534. 
CAL  Q^U  ER,  de  l'Italien  Culcare  ,  contretircr  ;  c'eft  copier  un  defiein  trait  pour  trait  ; 
ce  qui  fe  fait ,  ou  en  frottant  le  deflèin  par  derrière  ,  de  fanguine  ou  de  pierre  de  mine  pour 
le  tracer  lur  un  papier  blanc  avec  une  pointe  :  ou  en  le  polànt  fur  un  autre  papier  pour  le 
dclîiner  à  la  virre.  Décalquer ,  c'eft  tirer  une  contre-preuve  d'un  deilcin  en  pofant  un  papier 
blanc  deflus  &  le  frottant  avec  quelque  cholè  de  dur  ,  comme  le  manche  d'un  canif  pour 
lui  faire  recevoir  l'imprefhon.  j\  3  58. 
CALVAIRE;   c'eft  pre's  d'une  Ville  Catholique,  une  Chapelle  de  dévotion  e'ieve'e  fur 
un  tertre  en  mémoire   du  lieu  où  Nôtre-Seigneur  fut  crucifie  proche  de  Jerufalem  3. 
comme  l'Eglife  du  Mont  Valenen  près  Paris ,  accompagnée  de  plufieurs  petites  Chapelles 
au  dehors,  dans  chacune  dcfquclles  eft  reprefenté  en  îcuipture  ,  un  Myftere  de  la  Paillon^ 
Le  mot  de  CalViZire  vient  du  Latin  Calvarium  ,    fait  de  Calvns  ,  Chauve  ,  parce  que  le 
haut  de  ce  tertre  etoit{l:eriIe&:  delHtué  de  verdure  ;  c'eft  aulll  ce  que  figiufie  le  mot  Hé- 
breu Go/^o?fc<i.  /'.  357: 
€  A  M  A  Y  E  U  ;  c'eft  une  Peinture  d'une  feule  couleur  ,  où  les  jours  &  les  ombres  font  ob- 
Tervez  fur  un  fonds  d'or  ou  d'azur ,  &c.    On  appelle  Grifaille ,  un  Camaycu  ,  peint  de  gris,- 
&  Cira^^e ,  celui  qui  eft  peint  de  jaune.  Les  plus  riches  Camayeux  font  rehauficz  d'or  ou  de 
bronze  par  hachures.   Ce  mot  peut  venir  àuLâtinCamcus ,  toute  pierre  dont  les  couleurs 
naturelles  augmentent  le  relief  qu'on  y  taille  en  le  de'tachant  du  fonds  ,  ou  du  Grec  ]\amai-y 
«]ui  figiufie  bas  î  parce  qu'ordinairement  on  y  reprefenté  des  Bas-reliefs,  p.  119.&  547^. 
C'eft  ce  que  Pline  appelle  A^oncchroma. 
CAMBRE   ou   CAMBRURE,  du  Latin  Camcratus ,  courbe  ;  c'eft  la^courbure  d'une 

pièce  de  bois  ou  du  cintre  d'une  Voûte. 
CAMBRER;   c'eft  courber  les  membrures ,  planches  &  autres  pièces  de  bois  de  Menui- 
icrie  pour  quelque  ouvrage  cintré  ;  ce  qui  fe  fait  en  les  prefentantau  feu  ,  après  les  avoir 
ébauchées  en  dedans ,  &  les  laifl'ant  quelque  temps  entretenues  par  des  outils  nommez  Scr-- 
,Çf«y.  p.  34t-. 
Cambre'.    Voyc^  CONCAVE. 

CAMP   P  R  E'T  O  R  I  E  N  ;  c'étoit  chez  les  Romains  une  grande  enceinte  de  Bâtiment  ^ 
qui  renfermoitplufieur>  habitations  pour  loger  les  foldats  de  la  Garde  ,  comme  pourroic 
être  aujourd'hui  l'Hôtel  des  Moufqucraires  du  Roi  à  Paris,  p.  5  57. 
C  A  M I?  A  N  E  i.  du  Latin  Campana ,  Cloche.  Ce  mot  fe  dix  du  corps  du  Chapiteau  Corin^ 

ihieiti 


D'ARCHITECTURE,  8cc,  57 

thicn&deceluiciuCompofite,  parce  qu'ils  reflemblent  à  une  Cloche  rcnverfe'e.  On  l'ap- 
pelle auffi  Fàfe  ou  Tambour  ,  Si.  le  rebord  qui  touche  au  Tailloir ,  le  nomme  Lcvre.  PLzS. 

pa^.  67.  &P^.  34-f'- 83- 

Campane.  Ornement  de  fculpture  en  manière  de  crefpine,  d'où  pendent  des  houpcs  en 
forme  de  clochettes  pour  un  Dais  d'Autel ,  de  Trône,  de  Chaire  à  prêcher ,  &c.  comme 
]a  Campane  de  bronze  qui  pend  à  la  Corniche  Compofuc  du  Baldaquin  de  S.  Pierre  de  Ro- 
me, p.  110. 

Cai.ii'ane  de  comble.  On  appelle  ainfi  certains  ornemens  de  plomb  chantournez  &evide7-, 
qu'on  met  au  bas  du  Faifte  Se  du  Brifis  d'un  Comble ,  comme  il  s'en  voit  de  dorez  au  Châ- 
teau de  Verfail  les.  P/.  <Î4  A.p,  187. 

Campanes.   Fôyc:::  GOUTES. 

CANAL,  du  Latin  Canalis ,  Tuyau  ;  c'efl:  dans  un  Aqueduc  de  pierre  ou  de  terre ,  la  partie 
pnr  où  palîe  l'eau  ,  qui  le  trouve  dans  les  Aqueducs  Antiques ,  revêtue  d'un  corroy  de  ma- 
ftic  de  certaine  compofition,  comme  au  Pont  du  Gard  en  Languedoc,  p.  214. 

Canal  de  communication;  c'elt  un  Cj/w/ d'eau  fait  par  artifice  le  plus  fouvent  avec  des 
Eclufes,  &  foûtenu  de  Levées  &  Turcics  pour  communiquer  &  abréger  le  chemin  d'un 
lieu  à  un  autre  par  le  fccours  Je  la  Navigation. 

Canal  de  Jardin.  Pièce  d'eau  fort  longue  ,  revêtue  de  gazon  ou  de  pierre,  comme  I2 
Cwal  du  Parc  de  Verfailks.  p.  i  98 .  Lat.  ^^Iveus. 

Canal  de  larmier;  c'efl  le  plafond  creafe  d'une  Corniche  ,  qui  fait  la  Mouche  tte  pen- 
dante. FI.  13.&  14.  p.  5  5-  -, 

Canal  de  volute;  c'efl  dans  la  Volute  Ionique,  la  face  des  circonvolutions  renfermée 
par  unliftel.  P/.  îo  p.49. 

CANAUX.  Efpeces  de  Cannelures  fur  une  face  ou  fous  un  Larmier  j  qu'on  nomme  aufli 
Portiques  ,  &  qui  font  quelquefois  remplies  de  rofeaux  ou  fleurons.  Pi.  B.  p.  vi  i.  &  vi  1 1,- 
On  appelle  auili  Canaux  ,  les  cavitez  droites  ou  torfes  ,  donc  on  orne  les  tigettes  des  caulico- 
lesd'un  Chapiteau,  pag.  294.  FL  87. 

Canaux  de  triglyphe.   p'byex  TRIGLYPHE. 

CANDELABRE,  du  Latin  :.andcldbru»i  y  chandelier  ;  c'efl  un  Chandelier  en  ma-' 
riere  de  ^rand  Baluftre ,  qu'on  met  pour  amortillèment  à  l'entour  d'un  Dôme,  com- 
me il  s'en  voit  aux  Dômes  de  laSorbo.jne  Se  du  Val  de  grâce  à  Paris.  PL  1 9.  p.  47.  &  PL 

64B.P.  189. 
CANIVEAUX;  ce  font  les  plus  gtos  pavez ,  qui  eftant  alîis  alternativement  avec  les 
Contrejumellcs ,  traverfent  le  milieu  du  ruifleau  d'une  rue  ,  dans  laquelle  pallcnt  les  cha- 

rois.  PI  101.  p.  349-  , 

CANNE.  Mefure  Romaine  compofée  de  dix  Palmes  ,-  qui  font  fix  pieds  onze  pouces  de- 
Roy.  PL<^i.p.ii<^.Sic.  ,   j  n- 

Cannes.  Efpeces  de  grands  rofeaux  ,  dont  on  fe  fert  en  Italie  &  en  Levant  au  heu  de  dolles, 
pourgarnir  les  Travées  entre  les  Cintres  dans  la  conflrudion  des  Voûtes,  p.  H3- 

CANNELER;  c'efl  creufer  des  Cannelures  aux  Fufts  des  Colonnes,  Pilaihes,  Gaines 
de  Terme,  Confolcs,  &c.  p.  500. 

CANNELURES,  du  mot  Canal ,  auquel  elles  font  fcmblables  ,  ou  de  celui  de  Cannes , 
ou  rofeaux  cui  les  remplilTent;  ce  font  à  l'entour  du  Fuft  d'une  Colonne ,  des  cavitez  à 
plomb  arondies  par  les  deux  bouts.  On  les  nomme  au iTi  i'mHyeJ,  du  Latin  J'/r/^fi ,  les  plis 
d'une  robe,  parce  qu'elles  imitent  les  plis  droits  des  vcftemens.  p.  68.  &  69. 

Cannelures  a  costes  ,  celles  qui  font  feparecs  par  des  liflcls  de  certaine  largeur  ,  quionf 
quelquefois  des  aflragales  ou  baguettes  aux  coflez  ou  dellus  ,  comme  il  s'en  voit  aux' 
deux  Colonnes  du  Sanduaire  de  l'Eglife  de  fainte  Marie  de  la  Rotonde  à  Rome.  P/,  I8.- 
f.  45.&:48.  P/.  lO. 

Cannelures  avec  rudentures,  celles  qui  font  remplies  de  baflons ,  de  rofeaux  ou  de 
cables  iufqu'au  tiers  du Full.  f.  69.  &  xoo.  PL  90. 


IfS  EXPLICATION  DES   TERMES 

Cannelures  ORNEES,  celles  qui  ont  dans  la  longueur  du  Fuft,  ou  par  intervalles     n„  .V 
pu.slcncrsdenb.s,  de  petites  branches  ou  bouquets  de  Liurier  .  deJierre.  decrelieTr' 
ou  de  lîcurons  &  autres  ornemcns  qui  forcent  le  plus  Ibuvent  des  rofeaux.  p  Jo  p/  «' 

Cannelures  a  vive  areste,  celles  qui  ne  font  pomc  feparees  par  des  colles    k^  fA. 
près  au  Dorique.  /..X8.P/.  10.  "F-^^  ^es  col  tes,  &  font  pro- 

,Cann  h  lçrbs  .la  tes  ,  celles  qui  font  en  manière  de  pans  coupez  au  nombre  de  felze     com 
n.e  1  eba.che  d  ur,e  Colonne  Dorique.  On  pet  t  aulU  appeîler  C..;r/.re.wJ.  'celles  oui 
font  creufces  quarrément  en  mamere  de  petites  faces ,  ou  demi-  baftons  da    le  t  .rfj  ? 
d'un  Fuit ,  comme  aux  Pilaflres  Conndiiens  du  Val  de  grâce  à  pIiL    /"  o  p/"/"  ^^ 

Cannelures  DE  gaine  de  terme  ou  de  console,  celles  qui  font  plis  e'troites  parle 
bas  que  par  le  haut.  />.  1 88.  P/.  84.  ^     ^  «-^luites  parie 

''cXne''pC;;;;. ;:^^"  '^'^  '°"'"'"'  '"  "''  °"  ^'S^'^^^^'-^'^^i'-^^^-^dufuftd'une 

^  amS^;!^I^J^^'    ^^^'^'   BARBACANE&  Voûte  en  Canonnière 

C  A  N  O  N  S  p  E   G  O  U  T I  E  R  E  ,   ce  font  des  bouts  de  tuyaux  de  cuivre  ou  de  plomh 

^oiiîfie^'vrrinr^^ 

■C  A  N  T  A  L  A  B  R  E    Ce  mot  neft  ufité  que  parmi  les  Ouvriers ,  &  lignifie  le  Chambranf. 
ou  bordure  fin^ple  d'une  Porte  ou  d'une  Croile'e.  Il  peut  avoir  été  fait  du  Grec  Catautou 
&  du  Latin  Ubrim ,  lèvre  ,  ou  bord.  p.  1 5 1 .  '  ^"^'^"^' 

CANTONNE'.    On  dit  qu'un  Bâtiment  td  Ca>:to>mc\  quand  fon  encôc^nure  eft  orne'e 

ref'nd    n?T%''n-'^  "'   '''^t'  ^'/■^"'""  '   °"  ^'^  ^h^""  -^  l-'iou  d    P  erre  '1 
reraid,  ou  de  Boflages,  ou  de  quelque  autre  corps  qui  excède  le  nû  du  Mur"   304 

CAPITULE.   Bâtiment  fameux  fur  le  Mont  Capitolin  à  Rome  ,    où  s'alTembloit  f^ 
Sénat,  &  qu.  fert  encore  aujourd'hui  d'Hôtel  de  v'iUe  pour  les  C^nfervateurs  du  Peu 
pie  Romain.    Il  y  avoit  autre-fois  des  Cavuolcs  dans  la  plufpart  des  Colonies  de  l'Fm 

^^r;:.!i't^  ^"^  ^'^°"  '  ^°"'°"^^'  ^  -'-^  '--'  ^^  "omdrs;t/!  âS; 

^fean'J^f-"^-^"  ^^^'r'  "'r^'  '°"''  compofition  hors  des  règles  ordinaires  de  l'Archi- 
tedture  ,  £.  d  un  goût  fingulier  &  nouveau  ,  comme  font  les  ouvrages  du  Cavalier  PnJ.      ■ 
.  &  de  quelques-autres  Arautcdesqui  ont  affecté  defe  diftincuer  X  i  ,  It'     ^''''''"'"' 
CARAVANSERA.    F'oye:^  HOSPICE.  ^^^'^-  ^rej.  &cp.  ^lo. 

CARCASSE.    Fbycz  PÀRQ^UET. 
CARDERONNER.    f/bye^   Q^U  ARD  E  RON  NER 

i^  m^r^i^'   ^'f  "r"  P'f"^  "^"^  ^  P'"'  ^'  '^''§""'  ^"  parement  que  de  queue  dans 
p.  TzTsc  %T  ^^^^-^^^-^"-"^  ^vec  la  BoutilleVur  faire  haifon.  PT44S! 

^^^'^l'^^r  ^^   ^LANCHER.     Terre  moulée  &  cuite  de  différente  grandeur 
&  epaiffeur  fuivant  les  lieux  où  on  l'employé.    Le  Q^urré  orand  de  8    i     o  ^nn 
lert  pour  paver   les  Jeux  de   paume  &  ^TeLffes  :  ^eloi  df     à  7    pou  es' 00"^  les 
i^  Til      Jru^  Carreau.  6    pans  de  6.  à  7.  pouces  ,  &  le  petit  de  4    iSv^K  pour 
les  Salles  &  Chambres  :   ces  fortes  de  Carreaux  i  lix  pans  étoient  appelez  deHnaens 
Favt  ,^de  P.v«.  qui  figmfie  un  rayon  de  miel  ,    auqiel  ils  relIembL.Ceu.ro 
pan.  le  nommo.ent  Tugona    Se  les  quarrez,  ^drata,  &  TeHer^.    Il  y  a  aulli  du  pe- 
m  Carreau  a   8.  pans  de  4.  à  5-  ?ouc,s  ,  dont  le  compartiment  eft  tel  ,    ou  au  £ 
lieu  de  quatre  ,   il  s'en  met  diagoiulement  un  plus  petit  quatre,  &  verniW.  P^iot. 
?•  349-  "^  3  S-* 
Carreau  vernisse'.    Grand  Carreau  plombe  qui  fe  met  dans  les  Ecuries  au  de/Tus  des 
M  ngeoires  de.  chevaux  pour  les  empêcher  de  iccher  le  mur.  Il  fe  fair  auHl  du  petu  ÏÏ  .1" 
ycrmjjc^  pour  ks  Comparumetis,  ihid.  ^  ^ 

Car. 


D' A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  F. ,  Sec.  39 

Garreau  de  tayence  ou  d'HoLANpE  ,  cclui  qui  a  ordinaiiement  quatre  pouces  eu 
quarré  ,  &  ferc  à  faire  des  Foyers  ôc  revêtir  les  Jambages  de  chemine'e.  Ou  s'en  lert  aulli 
pour  paver  &  revêtir  des  Grotes ,  Salles  de  Bains  &  autres  lieux  frais,  ibid. 

Carreau  de  parquet.  Petit  Ais  quarre  ,  dont  pluficurs  fervent  à  remplir  la  Carcaffe  d'u- 
ne Feuille  de  Parquet. 

Carreau  de  verre.  Pièce  de  Virre  quarre'e,  mife  en  plomb  ou  en  bois.  f.  144.P/.  51. 
&  f .  117. 

Carreau  de  parterre.  Efpace  quarte'  ou  figure  avec  bordure  de  buis  nain  ,  rempli  de 
fleurs  ou  de  gazon  dans  le  compartiment  d'un  Par.'fnf  de  pièces  coupées.  P/.  65  A.pû^. 
191.  &c. 

Carreau  de  broderie,  celui  qui  faifant  partie  d'un  Parterre  ,  renf;rnieune  Sroa'tT/Vde 
traits  de  buis.    Ces  lorces  de  Currcaux  ne  font  plus  en  ufage. 

Cakreau  de  potager,  celui  qui  fait  partie  d'un  Jardin  pj^r^er,  &:  qui  eftfemê  de  légu- 
mes .^vec  bordure  de  fines  herbes,  p.  19;. 

Carrefour,  fe  dit  dans  une  Ville ,  de  l'endroit  où  deux  rues  fe  croifent  &  où  plu- 
fieurs  aboutifient.  Les  Romains  nommoicnt  Trivmm ,  la  rencontre  de  trois  rues ,  Q^i^' 
drivium  ,  celle  de  quatre ,  Sec.  Le  mot  de  Carrefour  a  la  même  fignification  pour  les  grands 
chemins  &  pour  les  rues,  fouterraines  des  Carrières.  H  vient  du  Latin  Clouter  oi.  tores , 
c'eft-à  dire  quatre  portes  ou  forties.  p.  ^509. 

CARRELAGE,  feditde  tout  ouvrage  fait  de  C.irreau  de  terre  cuite ,  de  pierre  ,  ou  de 
marbre    p.  ^  5  ;• 

CARRELER;  c'efl:  paver  de  Carreau  avec  du  plâtre  mêle'  de  poullîere  de  recoupes  de  pier- 
re, p.  1151. 

CARRELEUR,  fe  dit  autant  du  Maître  qui  entreprend  le  Carreau  ,  que  du  Compagnon 
qui  le  pofe    tbid. 

CARRIERE  ;  c'eft  un  lieu  creufé  fous  terre  d'où  l'on  tire  la  pierre  pour  bâtir,  ou 
par  un  puits  comme  aux  environs  de  Paris  :  ou  de  plam  pied  le  loiig  de  la  côte  d'u- 
ne moiiragn  •  ,  comne  à  S.  Leu  ,  Trocy  ,  Maillet  ,  &c.  Les  Carrières  d'où  l'on  tire 
le  Mar'ore  ,  font  appellèes  en  quelq  es  endroits  de  France  Muibriens  ,  celles  d'où 
l'on  tire  la  Pierre  terricres  &  celles  d'Ardoife  .-^rdoiiteres  ,  Se  quelque  fois  Fer ricr es , 
comme  en  Anjou.  Le  mot  de  Carrure  vient  félon  M.  Me'nage  ,  du  Latin  Ç^uadraria  ou 
Qjiadratana ,  fiit  de  Q^adratus  Lapis ,  Pierre  de  taille,  pa^.  lOi.  207.  &  109.  Lat.  Lapi- 
dieina  félon  Vitruve. 

Carrière  de  manegf.  Efpece  d'Alice  longue  Se  e'troite  bordée  de  Lices  ou  Barrières 
&  fable'e ,  qui  fert  pour  les  courfes  de  bague.  Ce  mot  peut  venir  du  Latin  Carrer  e  y 
courir.  On  nommoit  dans  les  Cirques  anciens  Carr/rrf,  le  chemin  que  dévoient  faire  les 
Biges  &  Quadriges ,  c'efl:  à  dire  des  chariots  attelez  de  deux  ou  de  quatre  chevaUX ,  qu'on 
faifoit  courir  à  toute  bride  jiifqu'aux  bornes  de  la  Stade  pour  remporter  le  prix.  p.  315. 
Lat.  Cdiadromus. 

CARRIERS.  Ce  mot  fe  dit  auflï  bien  des  Marchands  de  pierre  ,  que  des  Ouvriers  qui  la 
coupent  &  la  tirent  de  la  Carrière,  p.  105. 

CARTON.  Contour  chantourne'  fur  une  feuille  de  Canon  ou  de  fer  blanc ,  pour  tracer  \ts 
profils  des  Corniches  &  pour  lever  les  panneaux  de  deilus  l'Epure,  p.  158. 

Carton  de  peintre;  c'efl:  le  deilein  qu'un  Peintre  fait  fur  du  fort  papier  pour  calquer  le 
trait  d'un  Tableau  fur  un  enduit  frais  ,  avant  que  de  le  peindre  à  frefque.  C'ell  aufli  le  def- 
fein  coloré,  quifert pour  travailler  la  Mofaïque.  pag.  546, 

CARTOUCHE.  Oriiement  de  fciilpture  en  manière  de  table  avec  cnroulemens ,  pour 
recevoir  quelque  infcription  ou  Armoine.  Ce  mot  vient  de  l'Italien ,  Cartoccio ,  qui  figni- 
fielamêmechofc.  P/.  74.  p.  269.  &  286.  P/.  85. 

Caryatides,  du  Grec  i^anatydes  ,  Peuples  de  Carie  ■  ce  font  des  Figures  de 
femmes  captives  vécues  ,  qui  fervent  à  la  place  des  Colonnes  pov\r  porter  les  Èntable- 

mens. 


40  EXPLICATION   DES   TERMES 

mens,  comme  celles  de  la  Salle  des  Suiflcs,  &  du  gros  Pavillon  du  Louvre,  p.  38.    Vôyc 
Yitnive  Liv.  i.Ch.  1.  ^ 

CASCADE,  de  l'Italien  Cafcata,  cliùte  ;  c'cft:  toute  chute  d'eau  naturelle  ,  comme  cel- 
le de  Tivoli ,  &:c.  ou  artificielle  par  goulcrtes  &  napcs ,  comme  celles  de  V'-riailics  de 
S.  Cloud,  &c.  p.  198.&  208.  "  ' 

CASSOLETTE.    Efpcce  de  Vafc  de  fculpture  avec  des  fiâmes  ou  de  la  fumc'e  ,  qui  fcrt 
d'amortiirement  Se  qui  fe  fait  le  plus  fouveiit  ifole  ,  comme  fur  le  Château  de  Marly  ,  & 
quelquL-fois  en  bas-relicf,  comme  au  grand  Autel  de  l'Eglife  des  Petits  Percs  àPa'ris 
PL  ^7.  p.  167. 

CATACOMBES;  ce  font  à  Rome  des  Cimetières  foutcrrains  en  manière  de  Gro- 
res  ,  comme  celui  i]ui  eft  prés  de  l'Eglife  de  S.  Sebaltien  ,  où  les  Chrétiens  fe  ca- 
choient  pendant  la  pcrfecution  de  la  Primitive  Eglife  ,  Se  où  ils  enterroient  les  corps 
des  Martyrs.  Ce  mot  vient  du  Latin  Catûcumba  ,  fait  du  Grec  IÇata/{ûmbe  ,  Retraite 
ibuterraine.  p.  3  58. 

CATAFALQUE,  de  l'Italien  Catafalco,  e'ch.ifaut ,  ou  élévation;  c'eft  une  décora- 
tion d'ArcKirctlure ,  Peinture  &;  Sculpture  ,  établie  fur  un  Bai ti  de  charpente ,  pour  l'a- 
pareil  d'une  Pompe  funcbxe  dans  une  Eglife.  p.  501. 

CATHETE,  du  Grec  Kathetos ,  perpendiculaire;  c'eft  la  ligne  qu'on  fuppofc traverfer 
à  plomb  le  milieu  d'un  corps  cilindrique  ,  comme  d'une  Colonne,  d'unBaluftre,  &c. 
P/.  59.p.  101.&  io<;.  P/.  41.  C'eft  auiîî  dans  le  Chapiteau  Ionique ,  la  ligne  qui  tombei 
plomb  ,  &  palIe  par  le  milieu  de  l'œil  de  la  Volute,  p.  48.  PI.  xo.  Sec.  On  appelle  encore 
cette  forte  de  ligne  ,  .^xc  ou  Ejjieii. 
CAVE;  c'eft  un  lieu  voûté  dans  l'Etage  foutcrrain  ,  qui  fert  à  mettre  du  bois,  du  vJn , 
■de  l'huile ,  <S:c.  Ce  mot  vient  du  Latin  Cuvea,  lieu  creux,  p.  174.  PI.  60.  Yitruve  appelle 
Hypo^^Xii ,  tous  les  lieux  voûtez  fous  terre. 

Cave  d'église.  Lieu  foutcrrain  dans  une  Eglife  voûté  &  deftiné  aux  fepultures  ,  comme  la 

grande  Cuv.  de  l'Eglife  de  S.  Sulpice  à  Pans. 
CAVE  A  U.    Petite  Ca\e  dans  rEtac;e  foutcrrain.  On  donne  aicore  ce  nom  à  la  Sépulture 

d'une  £\mille  fous  une  Chapelle  particulière  dai^.s  une  EgUfe.  PI.  60.  pa^.  175. 
C  A  V  E  R.  "Terme  de  Vitrier  ,  qui  fîgnifie  é vider  dans  un  morceau  de  verre  de  couleur  pour 
y  en  cnchallcr  d'autres  de  diverfes  couleurs ,  qu'on  retient  avec  ciu  plomb  de  chef  d'ctuvre. 
On  Cave  par  le  moyen  du  diamant  &  du  grefoir  qu'on  doit  conduire  avec  adrelfe  ,  de  crain- 
te de  Faire  des  langues  5c  étoiles  qui  callent  la  pièce  ;  mais  cela  ne  fe  pratique  o-uere  que  pour 
les  Eyperiences  &  Chcf-d'œuvres  de  Vitrerie.  /'.  3  3  5 . 
CAVET,  du  Latin  Gnw  ,  creux.   Moulure  ronde  en  creux ,  quifaitl'cfrct  contraire  du 

Quart-de-rond.  p.  ij.  PL  A.  Se  11./^.  31. 
CAULICOLES,  du  Latin  dmlis,  tige  d'herbe  ;  ce  font  de  petites  tiges  qui  lemblent 

foutenir  les  huit  Volutes  du  Chapiteau  Corinthien.  PL  18.  p.  67. 
CAZERNES;  ce  font  dans  une  Place  de  guerre  ,  des  logemens  d'un  Etage  avec  Grenier 
au  delîus  baftis  exprés  pour  les  OJtciers  &  les  Soldats  ,  &  qui  environnent  ordinairement 
la  Place  d'armes.  Les  Cuxenies  fervent  le  plusfouvent  pour  la  Cavalerie. 
CEINTURE;  c'eft  l'Orle ,  ou  l'Anneau  du  bas  ou  du  haut  d'une  Colonne.  On  nomme 

encore  celui  d'en  haut  Cû/ûra  ou  Co//r?-.  p.14.  P/.  y  &:  6.  p.  ly.  Sec-  "Lui.  ~^,nnulus. 
Ceintura  on  Echarpe;  c'eft  dans  le  Chapiteau  Ionique,  l'ourlet  du  cofté  du  profil  ou  Ba- 
luftre  ,  ou  le  Liftel  du  parement  à:  la  Volute  ,  que  Vitruve  appelle  Baitheus ,  un  Baudrier. 
PL  zo.p.  49. 
Ceinture  ,  fe  dit  aurti  de  certains  rangs  de  feuilles  de  refend  de  métail  pofées  fur  un  Aftra- 
gale  en  manière  de  couronne  ,  qui  fervent  autant  pour  fcpaier  fur  ujie  Colonne  Torfe,  la 
partie  cannelée  d'avec  celle  qui  eft  ornée ,  que  pour  cacher  les  joints  des  Jets  d'une  Colonne 
4e  bronze ,  comme  celles  du  Baldaquin  de  S.  Pierre  de  Rome  ;  ou  les  1  ronçons  d'une  Co- 
Mme  de  marbre  j  comme  celles  du  Val  de  grâce  a  Pans.-  PL  '^i.p^^.in.Se  }oi. 

Ce  IN- 


D' A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E,  &rc.  4t 

Ceimture,  cfl:  encore  une  enceinte  ou  circuitde  Murailles  qui  renferme  un  efpace.  p.itg. 
Lar.  Peribolus. 

CELIER,  du  latin  CelUrium  ;  c'eft  un  lieu  voûté  dans  l'Etage  fouterrain  ou  un  peu  au  def- 
fbus  du  rez-de-chauflee ,   pour  lèrrerlaprovifiondu  vin.  p.  iji.Lat.  cellaVtnaria. 

CELLULE,  du  latin  Cellub  y  petite  chambre;  c'eft  dans  une  MaifonReli^ieufe  ,  une  des 
chambres  qui  comporent  le  Dortoir ,  &  dans  les  Couvens  de  Chartreux  &  ^e  Camaldules  , 
un  petit  logement  au  rez-de-chaullécaccompagné  d'un  Jardin.  On  appelle  encore  Cellules, 
les  petites  chambres  fepare'es  par  des  cloilons,  où  logent  les  Cardinaux  pendant  le  Con- 
clave à  Rome.  |?.  j  54.  &  5  51. 

CENACLE  du  latin  C^nacutum  y  lieu  où  l'on  mange;  c'eftoit  chez  les  Anciens  une  Salle  i 
manger.  Elleeltoitappelléerr^W/^imw,  c'cft  à  dire  lieu  à  trois  lits,  parce  que  comme  les 
Anciens  avoient  coutume  de  manger  couches ,  il  y  avoit  aumilicu  de  cette  Salle  une  table 
quarre'e  longue  avec  trois  lits  en  manière  de  larges  formes  au  devant  de  trois  coftez ,  le 
quatrie'me  cofté  reftant  vuide  à  caufe  du  jour  &  du  lèrvice.  Ce  lieu  chez  les  Grands  eftoit 
dans  le  logement  des  Etrangers  pour  leur  donner  à  manger  gratuitement.  Il  fe  voit  à  Rome 
prés  S.  Jean  de  Latran  ,  les  relies  d'un  Tndimum  ou  Cénacle  orné  de  quelque  Mofaï- 
que  ,  que  l'Empereur  Conftantin  avoit  fait  bâtir  pour  y  nourrir  des  pauvres, 
p.  558. 

CENOTAPHE.  VoyeK  TOMBEAU, 

CENT  DE  BOIS  ;  ce  font  dans  la  mefure  des  Bois  de  Charpente  en  œuvre ,  de  différentes 
longueurs  &  grolTeurs,  Cent  fois  la  quantité  de  11.  pieds  de  long  fur  fix  pouces  de  gros, 
qui  font  Cew^pieces  de  bois ,  àquoi  on  les  réduit  pour  les  eftimer  par  Cent. p.  189.  &  iij. 

CENTRE,  du  latin  Ce«fr«;K  fait  du  grec  i^M/î-oH,  un  point;  c'eft  le  point  du  milieu  d'une 
figure  circulaire,  qu'on  appelle  aulli  Po/«fce>«ra/.  P/.  tp.i.&  50P/.  11. 

CERCE.  VoyeK.  CHERCHE. 

CERCLE,  du  latin  Drc«/«i  fait  du  grec  i<^r^oj ,  quialamêmefîgnification  ;  c'eft  une  ligne 
circulaire  parfaite  qui  enferme  une  efpace  rond.  PL -f  p.],  Fbycx  Ligne  circulaire. 

Cercle  de  îer  ;  c'eft  un  lien  de  fer  en  rond ,  qu'on  met  au  bout  d'une  pièce  de  bois  pour 
empêcher  qu'elle  s'éclate.  On  en  met  aufïî  aux  Colonnes ,  lorfqu'elles  font  caflees  à  caufe 
du  grand  fardeau  qu'elles  portent,&  qu'elles  font  pofées  en  délit,  comme  il  s'en  voit  à  quel- 
ques Piliers  ronds  de  l'Eghfe  de  Noftre  Dame  de  Mantes,  p.  145 . 

CHAINES  DE  PIERRE  j  ce  font  dans  la  conftrudlion  des  Murs  de  moilon  ,  des  Jambes 
de  pierre,  élevées  à  plomb  d'efpacc  en  efpace  pour  les  entretenir.  On  appelle  Chaîne 
d'Encognurcy  celle  qui  eft  au  coin  d'un  Pavillon  ou  d'un  Avant-corps.  PI.  6)  A. p.  183. 
&  J16. 

Chaîne  en  liaison.  On  appelle  ainfî  certains  boflages  ou  refends  pofés  en  manière  de  car- 
reaux &  boutilTes  d'efpace  en  efpace  dans  les  murs  ou  aux  encôguures  d'un  Baftiment  pour 
le  cantonner.  P/.  45.^.115. 

Chaîne  de  bronze  ou  de  fer.  Efpece  de  Barrière  faite  de  plufieurs  Cfcai'wj  attachées  à 
des  bornes  efpacées  également,  qui  fert  au  devant  des  Portes  &  Places  des  Palais  pour  Cft 
empêcher  l'entrée,  comme  au  Palais  Borghéfe  à  Rome.  p.  515. 

Chaîne  de  port.  On  appelle  ainfiplufieursCW««  de  fer  qu'on  tend  au  devant  d'un  Port 
pour  en  empêcher  l'entrée.  Quand  la  Bouche  en  eft  grande ,  ces  Chaînes  portent  fur  des 
piles  d'efpace  en  efpace.  p.  507. 

Chaîne  de  fer  ;  c'eit  un  alTemblage  de  plufieurs  barres  de  irr  liées  bout-à-bout  par  clavet- 
tes ou  crochets,  qu'on  met  dans  l'épailTeur  des  murs  des  Bâtimens  neufs  pour  les  entrete- 
nir, ou  à  l'entour  des  vieuxou  de  ceux  qui  menacent  ruine  pour  les  retenir  ,  comme  il  a 
été  pratiqué  à  l'entour  du  Dôme  de  S.  Pierre  de  Rome.  Ce  qui  fe  nomme  encore  armatu- 
re.   Lat.  Catenatio. 

Chaîne  d'Arpenteur.     Mefure  faite  de  plufieurs  morceaux  de  fil  de  laiton  ou  de  fer, 

longue  d'une  certaine  quantité  de  Perches  ou  de  Tpifes  marquées  par  des  âiuieaux  , 

Tome  II,  F  J^ 


^z  EXPriCATION   DES    TERMES 

de  laquelle  les  '_Jrpeme!irs  fc  fervent  pour  mefurer  les  fuperfîcies ,  &  les  Archite<5bc$  les  lutr- 
teurs.  Elle  efl  plus  feiirc  que  le  Cordeau  ,  parce  qu'elie  r.'cfl  pas  fuje:re  à  s'écendre  ni  à  fc 
racourcir.     C'elt  fclon  !c  Père  Mcrfeniie  ce  que  les  Latins  appelioientc^a'rv;i;r«J,w; 

CHAIRE  DE  PREDKATEUR.    Sie^c  cJevé  avec  devanture  &  dcfTier  ou  lanbni,  orn-^ 
dArdutedurc  &  de  Sculpture,  de  figure  ronde,  quarrc'e  ou  àpans ,  depierre,  de  mar" 
bre,  deboi^oudefer,  couvert  d'un  Drus,  &  foutenu  d'unCùde  lampe,  ou  l'on  n^oncc 
par  i,i,e  R^mpe  courbe  pour  prêcher.     Celles  des  Eglifes  de  S.  Efliennedu  Mont  &  de  S 
EuRache,  font  des  plus  belles  qui  fe  voient  à  Paris,  p.  342. 

CHAISE.  AHemblage  de  Cluipentcrie  de  quatre  fortes  pièces  de  bois,  fur  lequel  eftpofe'.' 
ou  alfife  la  Cage  d'un  Clocher  ou  celle  u'uu  Moulin  à  vent.  P/.  64  B.  p.  I  g  9. 

Chaises  de  choeur.  Vlyc:^  Formes  d  église. 

CHaLCIDIQUE,  quoi)  prononce  adctûiqn ,  s'entend  dans  Vitruve  derAuditoirede'a 
Bafihque  j  &  chez  d'autres  Auteurs,  ce  font  des  Salles  particulières  où  les  Paycns  feidiiùieûr 
que  leurs  Dieux  mangeoicnt.  Ce  mot  vient  du  Latin  Ch^Uidicim  dérivé  du  Grec  UuU;s  '' 
Ville  en  Grèce  ou  en  Syrie,  parce  qu'on  croit  que  les  premières  SJIes  de  cette  eWey 
avoient  ete  bâties:  eu  bien  du  Grec  ,  Chalkps ,  Airain,  &  Ot/^os  ,  Maifon  ,.  ce  quia  fai- 
croire  a  Philander  que  c'étoit  dans  ces  Salks  qu  on  fiappoit  la  monnce.  K>f  ^  Vitru  V 
Liv.  I,  Ch.  5.  ;  y  •  • 

CHAMBRANLE.  Bordure  avec  moulures  au  tour  d'une  Porte ,  d'iu:c  Croife'e  ou  d'une  Che 
minée.     Il  eft  différent  félon  les  Ordres,  &  quand  il  cftfimpic&faus moulure,  on  le 
nomme  Bandeau.    Le  Chanihranic  a  trois  parties  ,  les  deux  côttz  ,  qu'on  appelle  les  Mùh- 
tans,  &lehaut,  la  Truvcr/f./;.  lig.  P/.  47.^.  141.  P/.  jo.p.  16^.  P/.  <t.  &  58.    C'cftce 
que  Vitruve  nomme  c/^«/f/'d^w;f«iKw. 

Chambranle  a  cru,  celui  qui  porte  fur  l'Aire  du  Pâvé  ou  fur  un  Apui  de  Croife'e  fan-î 

plinthe./'.  128.  P/.  47.  ^ 

Chambranle  a  crossettes  ,  celui  qui  a  des  Croffettes  ou  Oreillons  à  ^ts  encô-^nurcs. 

CHAMBRE.     C'eft  la  principale  pièce  d'un  Apartemenr  &  la  pIusnecelTairede  l'habitation 
Ce  mot  vient  du  Latin  Caméra,  Voute  furbaiifée,  qui  dérive  àizCumurus ,  Courbé  ou' 
Canibre,  parce   qu'anciennement  la  plufpart  des  Chambres  étoient  voûtées  en  Arc  d-- 
cloirre.  Pi.  6 1 .  p.  1 77.  &  P/.  éi.  p.  1 8 1 . 

Chambre  de  parade  j  c'eft  la  plus  grande  du  bel  Etage,  où  font  les  plus  riches  meuble?. 

Chambre  a  coucher,  celle  où  l'on  couche  ordinaiiement&dontleliteft quelQue-fnT- 

dans  un  Alcôve. /^/J.  Vitruve  l'appelle  Tfta/awwi-.  ^ 

Chambre  en  galetas  ,  celle  qui  eft  pratiquée  Se  lambrifTéc  dans  le  Comble   PI   7- 
p.  159.  '      '  /i' 

Chambre  DE  communauté',  eft  une  Salle  où  plufieurs  perfonnes  de  mêmeprofeffîon  , 
s  allemblent  pour  traiter  de  leurs  affaires.  On  lanommeauffi^jwa;/.  P/.  81  p  18' 

Chambre  CIVILE  ou  criminelle.  Salle  avec  Tribunal ,  dans  laquelle  un  Lieutenant  C/v/7 
on  Criminel,  rend  laJuUice comme  au  Chàtelct  de  Paris. 

Chambre  de  i>oRt  ;  c'elt  la  partie  du  Balîl..  d'un  Por'/ de  Mer  la  plus  retirée  &  la  moins 
[.j^/p  f2.°"    °"  "'"'      Yaillcaux  defarmez  pour  les  reparer  ôc  calfater.  On  la  nomme 

f^r//;fr D  v''tÏ''""A  ?^P''^  ^^  ^'"'^  ^"^P"'  '''''"  '"  ^'^"'^  P*^"es  d'une  Eclufc.  p.  245 . 

CHAMFRAIN,  ceft  le  pan  qui  fe  fait  par  l'areftcrabatiie  d'une  pierre  ou  d'unep.cce  de 
bois,  &  qu  on  nomme  communément  ^/yM.v.  Chamfrainer,  c'eit  rabatre  cette  afefte    p 
44.&331.  '  t 

CHAMP)  c'eft  l'efpace  qui  reftc  au  tour  d'un  Cadre ,  oulcfonds  d'un  ornement,  &d'u» 

compartiment,  p.  168. 
Champ,  Foji(k  Pomr  de  champ. 

CHAMP, 


D'AUCHITECTURE,  &c.  4^ 

CHAMP.  Ce  mot  qui  vient  dn  Latin  C-r^pj/y,  fe  prenoit  chez  les  Romains  pour  une  Place 
publique,  parce  qu'on  y  faifoit  des  Comb.its&  des  Jeux  publics,  commee'toient  à  Rome 
Je  Champ  de  Alurs -,  le  Champ  de  Flore,  &c.  appeliez  encore  aujourd'hui  Cj«pOi'./ar:ï&, 
Campo  dt  Flore  ,  &c. 

CHAM.rs  elyse'es  ,  ou  ELYSiENS;  r.'éroicnt  chez  les  Payens  les  Cimetières  où  ils  entcrroienc 
lepatément  leurs  morts  dans  des  Tombeaux  de  pierre,  comme  on  en  peut  voir  des  reftes 
enttela  Ville  d'Arles  &  le  Couvent  des  Minimes  delà  Craux  en  Provence.  Les  Turcs  imi- 
tent ces  fortes  de  Cimetières  ,  n'enterrant  jamais  un  corps  fur  un  autre ,  &  ce  grand  cfpacc 
avec  les  Tombeaux  élevez,  fait  unafpedfemblable  à  une  Ville,  p.  3  57. 

CHAMPIGNON.  Efpece  de  Coupe  renverfée,  taillée  d'e'caillcs  par  defius,  qui  fertaux 
Fontaines  jaillillances  à  faire  boiiillonner  l'eau  d'un  Jet  ou  d'une  Gerbe  en  tombant ,  com- 
me aux  deux  Fontaines  de  la  Place  de  Saint  Pierre  à  Rome. p.  317. 

CHANCELLERIE  i  c'elt  par  raport  à  l'Architecture,  le  Palais  ou  l'Hônel  tant  dans  la  Ville 
que  pre's  d'une  Maifon  Royale,  où  loge  le  Chancelier-,  &  qui  conlifte  en  grandes  Salies 
d'Audiance  &  de  Confeil ,  Cabinets  Se  Bureaux ,  outre  les  pièces  necelTaires  à  l'habitation. 
Ce  mot  de  Chancellerie ,  peut  venir  du  Latin  Cancelli ,  Treillis  ou  Barreaux  ,  parce  qu'an- 
ciennement le  ChanceLlicr  faifoit  délivrer  devant  lui  les  expéditions  au  Peuple  à  travers  les 
barreaux  d'une  Cloifon  àjour.p.  114.  FI.  45. 

CHANDELIER  D'EAU  ;  c'eft  une  Fontaine,  dont  le  Jeteft  élevé  fur  un  pied  en  manière 
de  gros  Ballultre  ,  qui  porte  un  petit  Baflin  comme  un  plateau  de  guéridon  ,  dont  l'eau  re- 
tombe dans  un  autre  Balfin  plus  grand  au  niveau  des  Allées ,  ou  avec  untord  de  marbre  on 

■    de  pierre  au  dellus  du  fable. /?.  317. 

CHANGE.  Edifice  public  quiconfifteen  un  ou  plulîeurs  Portiques  au  rez-de-chaufleeavcc 
Salles  &  Bureaux,  où  des  Marchands  &  Banquiers  s'aflemblent  à  certains  jours  pour  le 
commerce  d'argent  &  de  billets.  On  le  nomme  P^ûc  e  à  Paris  ,  Loge  du  Chang';  îLion  ■,  Sc 
Bourje  à  Londres ,  Anvers ,  &  Amfterdam  ,  où  ce  Bâtiment  eli  des  plus  beaux  de  la 
Ville. 

CHANLATE.  Petite  pièce  de  bois,  comme  une  forte  Z«?e  de  fciage ,  qui  fert  à  foûtenir  les 
tuiles  de  l'égout  d'un  Comble.  PL  64  A.  p.  187. 

CHANTEPLEURE.  Efpece  de  Barbacane  ou  Veutouze,  qu'on  fait  aux  Murs  de  clôture 
conftruits  prés  de  quelque  eau  courante,  afin  que  pendant fon débordement  ,  ellepuiflc 
entrer  dans  le  Clos  &  en  fortir  librement,  parce  que  ces  Murs  étant  foibles,  ils  ne  lut 
pouiroient  pas  refifler.  p.  5  50. 

CHANTIER,  du  Latin  C  amer  tus -,  Magazin  à  bois  j  c'eft  prés  d'une  Foreft  l'cfpace  où  l'on 
c'quarrit  &  débite  d'échantillon  le  Bois  en  grume  pour  bâtir  :  Et  c'eft  dans  une  ViHe .  ^c 
heu  où  un  Marchand  de  Bois,  tient  du  bois  en  ordre  &  en  vente.  *?.  213. 

Chantier  d'attelier  ;  c'eft  l'efpacc  où  l'on  décharge  &  l'on  taille  la  pierre  prés  d'un  Bâ- 
timent qu'on  conltruit.  C'eft  aufli  le  lieu  où  les  Charpentiers  taillent  &  alTemblentleBois 
pour  les  ouvrages  de  Charpcnterie ,  tant  chez  eux  que  prés  d'un  o^f/cZ/rr.  On  appelle  en- 
core Chantier,  toute  pièce  de  bois  qui  lèrt  à  en  porter  OU  en  élever  une  autre  pour  la  tailler 
&  la  façonner. /•.  130. 157.  &  144. 

CHANTIGNOLE.  Petit  corbeau  dcbois  fous  un  taflêau ,  entaillé  ôc  cheville  fur  une  force 
de  ferme  pour  porter  un  cours  de  pannes.  PL  64  A.  p.i  87. 

Chantignole.  FoyeK-  Brique  de  Chantignole. 

CHANTOURNER;  c'eft  couper  en  dehors  une  pièce  de  bois  ,  de  fer,  oudeplombfuivant 
un  profil  ou  deffeiii  ,  ou  l'évider  en  dedans.  PL  58.^.1^9. 

CHAPE.  Enduit  fur  l'Extrados  d'une  Voûte  ou  Lunette  Gothique,  fait  de  bon  mortier  & 
quelque-fois  de  ciment.  Pi.  66  A.  p.  157.  C'eft  ce  que  Vitruve  appelle  Lorica  tejia- 
cea. 

CHAPEAU;  c'eft  la  dernière  pièce  qui  termine  un  Pan  de  bois  ,  &  qui  porte  un  chamfrai» 
pour  le  couronuci:  &  icccvoir  une  Corniche  de  plâtre,  p.  3  3 1 . 

F  i  Cha- 


44  EXPLICATION   DES  TERMES 

Chapeau  de  lucarne;  c'efl  une  pièce  de  bois  qui  fai:  la  fermeture  d'une  Z«c-jr«f  &  eflaf- 

fcmblc'e  fur  les  poteaux.  PL  64  A.  p.  187. 
Chapeau   d'escalier.     Pièce   fervant   d'apui  au   haut  d'un  EfcaUer  de  bois.  PL  64  B. 

r  •  I  "  9  • 

Chapeau  DE  fil  de  pieux.  Pièce  de  bois  attachée  avec  des  chevilles  de  fer  Tjr  les  cou» 
lomics  d'un  Fil  de  pieux.  j\  350. 

Chapeau  d'etaye.  Pièce  de  bois  qu'on  met  au  haut  d'une  E'taye  ou  d'une  Potence,  p.  144 

CHAPELET.  Baguette  taillée  de  petits  grains  ronds,  comme  d'olives,  dearelots'/deHeû- 
ron";  ,  de  parenô  res&c.  Pi.  B. p.  vii.  ^ 

CHAPELL'  i  c'clt  U!i  lieu  avec  uu  ^utc!,  qui  fait  partie  j'u   eEgîife,  &  nuieltdeltiné 
pour  quelque  dévotion  particulière,  comme  la  :fc -pr/Zr  de  la  fiinte  Vierge  à  S  Euft-cheà 
Pans  Sec.  Ou  bien  qui  ci.  fern.é  d'unec:ôture  de  fer  ou  de  bois  ,  &  qui  renferme  les  Tom- 
beaux de  quelque  famille,  coamie  laO:^pw/rri'Or/f,m  au.N  Celeitins&  celledc  ia  Vieu 
ville  aux  Minimes  à  Pans.  PL  6^f  p-i-^i.  Se  PL  yo.p.  i^?. 

Chapelle,  eft  auHi  dans  une  Maifon  Roiale  ou  un  Château  ,  une  petite  E<Wire  au  rez  de 
chaunée  avec  Galeries  hautes  &  Tribune  pour  laMuiique.  Ces  ./'^Ma  fervent  autant 
pour  le  Peuple,  que  pour  le  Prince  ,  comme  celles  de  Vcrfailles,  de  Fontainebleau  8cc 
Il  y  a  aufTi  de  ces  CUpelles  de  Fondation  Roiale ,  Seigneuriale  ,  &c.  a  la  campagne  ',  oui 
lont  de  petits  Baftimens  ifole's ,  où  Tondit  la  Mellc  à  de  certaines  Fcftes  ,  commeils'en 
voit  dans  les  Forefts  de  S.  Germain  &  de  Fontainebleau,  f .  j  5  5. 

Chapelle  ;  c'elt  encore  dans  un  Palais  ou  dans  un  Hôtel  ,  une  falle  ou  chambre  avec  un 
Autel  prés  un  Apartement  pour  entendre  la  Melfe  fans  lortir.  Elle  doit  eftrc  décorée  par 
proportion  au  refte  de  la  Maifon  ,  &  peut  avoir  quelque  diftindlion  extérieure,  comms 
celle  du  Palais  d'Orléans  qui  eft  dans  le  Pavillon  en  faillie  de  la  face  fur  le  Jardin  L'une  des 
plus  belles,  eft  celle  du  Château  de  Frefbe  en  Brie,  laquelle  eft  du  deiFem  de  Eranmic 
Manfart  Architedle.  ;;.  180.  -"^«i» 

CHAPERON;  c'eft  la  couverture  d'un  Mur  qui  a  deux  égouts  ou  larmier?,  lorfqu'ileftde 
clôture,  ou  mitoïen  &  qu'il  appartient  à  deux  Propnetaires;  mais  qui  n'a  qu'un  égout 
dont  la  chute  eft  du  cofte  de  la  propriété  ,  quand  il  appartient  à  un  feul  Propnetaire  On 
appelle  Chupero»  eu  bahu ,  celui  dont  le  centour  eft  bombé.  Ces  fortes  de  Chaperoris  font 
quelquefois  faits  de  dales  de  pierre,  ou  recouverts  de  plomb,  d'ardoife,  ou  de  tuile 
p.  I  84.  &  i8o.  On  dit  chaperonner ,  pour  faire  un  Chaperon. 

^^J'^^'^^,^?  '..'"'"  ''  P'"'.'  ^^^P^^'^"^^  '^^  ^^  Colonne.  On  appelle  Chapiteaux  de  moulure  le 
Tolcan&c  le  Donqueqm  n  ont  point  d'orncmens  :  &  Chapiteaux  defeulpture ,  tous  ceux  où 
.1  y  a  des  feuilles  &  des  ornemens  taillés.  Ce  mot  vientdulatmC^p;Vf//«,„,  lefommetde 
quelque  choie  que  ce  fou.  p.  <î<î.&c.  *  ^""itiuc 

^1vt"''^\rpTT  '  "''''  "^"^  '^^  ^'  Plusfimplc  ,  &  qui  a  fon  Tailloir  quarré  &  fans  mou.. 

^"'Ove.'p^.''5 o^pI^i  & "'""i %]  '[°" '^''^^°^' '°"'°"'''' '^'"" "^"^^^ ^ "°^^ ^""^^«^ ^°"S. 

Chapiteau  ioxique  ,  celui  qui  eft  diftingué  par  fes  Volutes  &  fesOves.  p.  48  PI  20 

Ch  A  PiTE  AU  corinthien  ;  c'eft  le  plus  riche  de  tous ,  qui  eft  orné  de  deux  rangs  de  feiiillc?, 

^d:/v:-;::.;7:.T3V.iî 

CHAPITEAU  ATTiQUE,  celui  qui  a  de  feuilles  de  refend  dans  le Gorgerin ,  commeils'ea 
voit  dans  la  Salle  des  SuilTes  au  Louvre,  qui  onteftéfaitspar  Jean  Goujon  ScuTpteur  du 
Roi  Henry  Second  ,  &  dans  la  Cour  du  Val  de  grâce  ,  dudelIe.nduSieurleDuc  Ih'en 
voit  aulTi  au  Château  de  Meudond'afTez  beaux  de  cette  efpece.  PI  ,9  p  171 

Chapiteaux  symboliques  ,  ceui  qm  font  ornes  d'actrib us  de  Dmnitez ,  cJmmc  les  CA*_ 

gneaux 


D*  A  R  C  H  I  T  F.  C  T  U  R  E  ;  &c  45 

piteatix  Antiques,  qui  ont  des  Foudres  &  des  Aigles  pour  Jupiter,  des  Trophe'es  poui 
Mars,  des  Lyres  pour  Apollon  &c.  ou  entre  les  modernes  ,  ceux  qui  prrrent  des  Arme*.  & 
Devifes  d'une  Nation,  d'une  Vidoire,  d'une  Dignité  &c.  f>aç.  ^6.  PI.  :8    Scpa?  zog 
P/.  89.  '  y         r  s-    ^   ■ 

Chatiteau  colonne,  celui  qui  efl- rond  par  Ton  plan.  P/.  18.  p.  67.  Sec.  PL  87.  ».  îgc.&c 
Chapiteau  pilastre  ,  celuiquieft  quarré  par  Ion  plan  ,  ou  fur  une  lignedroite    p  68 

Pi  19.  ^' 

Chapiteau  angulaire,  celui  qui  porte  un  retour  d'Entablement   à  l'encôgnure  d'un 

Avant-corps  ou  d'une  Faç.'dc.  f.  ^9.  &  P/.  71.  p.  15  ^. 

Chapiteau  plie',  celui  d'un  Pilafhe  ,  qui  eft  dans  un  Angle  rentrant  droit  ou  obtus    pa^. 

68.      ■  ^  ^ 

Chapiteau  galbe',  celui  dont  les  feiiilles  ne  font  qu'e'bauche'es ,  comme  les  Chapiteaux 

LJ'ii.thiais  àuCohfée.  P/.  28. /».  67.  &  P/.  34.  ;•.  83. 
Chapiteau  revendu,  celui  dont  la  fculpture  des  feiiilles  eft  terminée.  P/.  87.  p.  195.  &c. 
Chapiteau  écrase  ,  celui  qui  eft  trop  bas ,  parce  qu'il  eft  hors  de  la  proportion  antique^! 

comme  le  G  r/x/h/oi  de  Vitruve  qui  n'a  que  deux  modules  en  toute  fa  hauteur&  quiaefté 

imité  à  l'Hôrel  d'AngouIefme  à  Paris. 

Chapiteau  mutile  ,  celui  qui  a  moins  de  faillie  d'un  côtéque  d'autre,  parce  qu'il  eft  trop 
présd'un  corps  ou  d'un  angle.  /.'.  151.  &  304. 

Chapiteau  de  balcstrej  c'eft  la  partie  qui  couronne  un  5<i/«/7rf&  qui  refTemble  en  quel- 
ques-uns,  aux  C/?jp/ffj;(x  des  Ordres,  comme  à  celui  de  r/o>j/ç«e.  PI.  95.  p.  ^19. 

Chapiteau  de  triglyphe.  Platebande  fur  le  Triglyphe  appelléede  VitruvcT^n.d.  C'eft 
aurtl quelquefois  un  Tr/^ç/vpfce  qui  fait  l'orfice de  Chapiteau  à  un  Pilaftre  Dorique,  comme 
il  s'en  voit  à  la  Porte  de  l'Hôrel  de  Condé  à  Paris.  PI.  11.  fag.  3 1 .  &c. 

Chapiteau  de  niche.  Efpece  de  petit  Dais  au  delTus  d'une  A^cAf  peu  profonde,  qui  cou- 
vre une  Statue  portée  fur  un  cil  de  lampe  en  encorbellement.  Il  fe  voit  de  ces  Chupiteaux 
décorés  de  petits  Ordres  &  Portiques,  comme  à  l'Eglife  de  S.  Euftache  àParis ,  &  dans 
l'Architeélure Gothique  ils  font  en  manière  dePiramides  â  jour  artiftement travaillées, 
comme  aux  Eglifesde  Milan  &deStrasbourg. 

Chapiteau  de  lanterne;  c'eft  la  couverture  qu'on  met  pour  terminer  une  I^jw/fr^é-  de 
Dôme,  &  qui  eft  de  différente  figure,  comme  en  Cloche,  ainfi  qu'à  la  Sorbonne  :  en 
adouci fjcment ,  comme  au  Val  de  grâce  ;  en  Dôme  ou  Coupole  comme  à  l'Eglife  des  Filles  de 
fàinte  Marie  rue  S.  Antoine  à  Paris ,  &  mefme  contourné  en  Spirale  ,  comme  à  l'Ec^life  de 
S.  Léon  de  la  Sapience  à  Rome.  P/.  64B.  f.  189. 

Chapiteau  de  moulin  ;  c'eft  la  couverture  en  forme  de  cône  qui  tourne  verticalement 
fur  la  Tour  ronde  d'un  Moulin  pour  en  expoferles  volans  au  vent. 

Chapiteau.  Fojyr?  AMORTISSEMENT. 

CHAPITRE;  c'eft  par  raport  à  l'Architednre  dans  un  Couvent  ou  une  Maifon  de  commu- 
nauté ,  une  grande  Salle  avec  des  bancs,  ou  s'afTemblent  les  Chanoines,  Religieux  &c. 
pour  traitter  de  leurs  affaires,  p.  342. &  553.  Lat,  Capitulum.  ^ 

CHARDONS.  Pointes  de  fer  en  manière  de  dards  qu'on  met  fur  le  haut  d'une  Grille,  ou- 
fur  le  Chaperon  d'un  mur  pour  empêcher  de  pafier  pardeffus.  P/.  44A.  p.  117. 

CHARGE  ;  c'eft  la  maçonnerie  de  certaine  épailTeur ,  qu'on  met  fur  les  foli  ves  Se  ais  dentre- 
vousoufurle  hourdi  d'un  Plancher  pour  recevoir  l'aire  de  plâtre  ou  le  carreau.  P/.63  A. 
f/jç.  183.&  351.  Lat.  Statumen. 

Charges;  c'eft  félon  la  Coutume  de  Paris  Article  197.  l'obligation  de  payer  &  rembourfet 
par  celui  qui  fe  loge  &  héberge  fur  &  contre  le  Mur  mitoïen  ,  de  fix  toifes  l'une  de  ce  qu'il 
baftitau  dcffus  de  dix  pieds,  depuis  le  rez-de-chaulfée ,  &  au  de/Tous  de  quatre  pieds  , 
dans  la  fondation. /?.  332.  ' 

CHARNIER  ;  c'eft  un  Portique  voûté  en  manière  de  Cloître  ,  qui  renferme  un  Cime- 
tière.. C'elt  auffi  une  Galeue  fermée  de  vitres  au  rez-de-cha«fl"cc  proche  d'une  Eglife 


46  EXPLICATION   DES   TERMES 

Paroi/fiale,  où  l'on  communie  auxFctes  foicmnellcs.  p.  555.  Le  Ch.irn:er  de  Cimetière 
■vient  AwLximCarn.iriufH-,  c]ui  dan>  Plauteala  mcn.e  fii;iiifîcation, 
CHARPENTE  ou  CHARPENTERIE ,  s'enrcndaulTi-biei.  de  l'Art  d'afTembler  les  pièces 
de  bois  pour  les  Bâcimcus ,  c]ue  de  l'Atlèmblage  mcme.  fu^.  186.  Pi.  6^  A.  6x  !>.  &c. 
Lac.  Aidicriitio  ou.  Alateriatiiru  félon  Vuruve. 
CHARPENTIER,  fc  du auuiic du  Maicre  qui  entreprend  &:  conduit  les  ouTraoes  de  Char- 
peutcric,  que  des  Ouvriers  qui  trjvaillenc  fous  lui,  comme  les  PiquatYs  dcbots^  qui  tra- 
cent les  pièces  ,  d'autres  qui  les  taillent  &  les  afremblent ,  &  les  Scieurs  de  lon^  qui  les  dé- 
bitent, p.  144.  Lat.  Àliitoiùïius. 

CHARTREUSE.  On  nomme  amfi  un  Couvent  de  l'Ordre  de  Saint  Bruno,  qui  elt  un  wrand 
Hcrmicage,  dont  l'Avant-cour  qui  lui  fert  d'Entrée,  eft  appellée  Mxl^ouvcrnc  ,%iiZcQ. 
que  les  domestiques  &  les  gens  du  dehors  y  mangent  delà  viande,  &que  les  femmes 
ont  la  liberté  d'y  entrer  pour  y  aller  faire  leurs  prières  dans  ui.c  Chapelle.  L'Eglife  qui  efl: 
au  dedans  confille en  un  Chœur  des  Pères  plusgrand  que  celuides  Frcres,  qmlui  ferc  de 
Nef.  D'un  côié  font  plufieursthapclles  parciculiercs  ,  ou  les  Pères  difent  chacun  la 
MelTe  à  une  même  heure:  &  de  l'autre  un  peut  Cloître  ferme  de  vitres,  qui  eft  joint  par 
un  bout  de  Corridor  à  un  grand  Cloicre  en  manière  de  Portique  ,  au  miheu  duquel  e(t  le 
Cimetière.  Les  Cellules  qui  environnent  ce  Cloitre  font  au  rez-dc-chaullce'Sc  conti- 
guës ,  aïant  chacune  un  Jardin  particulier  avec  fa  fontaine  :  Et  le  Chapitre  &  le  Refedoi- 
re  font  en  Communauté.  Letoutefl;  renfermé  d'un  grandClos  de  murailles  avec  Baflè- 
cours,  &:  des  lieux  fuffifuispour  les  provifions  necelîaires.  Le  nom  de  Chartreufe  vienc 
d'un  Defert  prés  de  Greuob.'eainiï  appelle',  queS. Hugues  Evéquc  de  cette  Ville  donna 

.  à  S.Bruno  pour  y  c'tablir  fa  retraite  &  fa  Rcglc  ;  c'ell  où  re'lidele  General  de  l'ordre, 
p.  3  3  6.  Lat.  Chartufta. 

.CHASSE,  du  Latin  Capfa^  un  Coffre;  c'efl  par  raport  à  l'Architcdurc  ,  un  Coffre  en 
manière  de  Tombeau  le  plus  fouvcnt  d'Oiphe  vrerie  pour  reiîerrer  les  Reliques  d'un  Saint. 
On  fjifoit  autrefois  ces  Chajfes ,  comme  des  petites  Eglifes  Gothiques,  fuivant  cette  ma- 
xime Chrétienne,  que  les  Saints  aïant  été  le  Temple  vivant  du  Saint-Efprit ,  ils  meri- 
to:entaulli  après  leur  mort,  que  leurs  oilémeusfullènt  renfermez  dans  la  Figure  de  la 
Maifon  vifiblede  Dieu.  p.  192. 

CHASSE.  Terme  de  Mécanique,  quifignifiele  mouvement  devib-i-ation  quifaitaoir.  Par 
exemple,  une  Scie  pour  fcier  du  marbre  ou  de  la  pierre  ,  doit  avoir  depuis  unpiediufqu'à 
djx-huic  pouces  de  Chujfe  ,  c'eft-à-dire  plus  de  longueur  au  de-là  du  Bloc  qui  eft  à 
fcier. 

CHASSER.  Ce  mot  fe  dit  parmi  les  ouvriers  pour  pouffer  en  frapant  ,  comme  lorfqu'on 
frape  avec  coins  &  maillets  pour  joindre  les  Affembiages  de  Menuiferie.  p,  552. 

CHASSIS;  c'elUa partie  mobile  de  la  Crouée  qui  porte  le  verre,  p.  141.  Lat,  Canceili.      ■" 

Châssis  a.  panneaux,  celui  qui  eft  rempli  de  Carreaux  ou  de  Pumieaax  de  bornes  en 
plomb,  p.  Z17. 

Châssis  a  carreaux,  celui  qui  eft  partage  par  des  Croifillons  de  petit  bois,  &  garni  de 
grandsCdrrfawxde  verre  en  plomb,  ou  en  papier,  p.  ttj.  Se  PL  loo.  p.  341. 

Châssis  a  pointe  de  diamant,  celui  doue  les  petits  bois  fe  croil'ent  à  onglet.  £>.  141, 
&P/.  100.  p.  341. 

Châssis  a  couiisse,  celui  dont  la  moitié  fe  double,  eu  lahauffantfur  l'autre,  p.  141. 

Châssis  a  ïiches,  celui  quis'ouvre  comme  les  Volets  écpliuôten  dedans  qu'en  dehors. 
PL  100.  p.  541. 

Châssis  double  ou  contrechassis  ,  celui  qui  étant  de  verre  ou  de  papier  cole' ,  eft  mis 
devant  un  Chajjis  ordinaire  peiida:it  l'Hiver.  On  appelle  aufii  ChaJj'iS  doubUs ,  ceux  qui 
font  de  papier  colé  des  deux  cotez  &  calfeutrez  pour  les  Serres  &  Orangeries,  p.  i4;8.  & 
2.17. 

Châssis  dormant  ;  c'eft  en  Meauifcric  lc£Àftidaiis  lequel  eft  ferrée  à  demeure  k  Fer- 
meture 


D'ARCHITECTURE,   &rc.  .. 

jneturc  mobile  d'une  Baye,  &  qui  eft  retenu  avec  des  patres  dans  la  feiiilItTre.  On  appelle 
aulfi  Chajjxs  dormant  y  celui  qui  ne  s'ouvre  point ,  étant  fcellé  en  plâtre  à  caufe  d'un  jour 
de  coutume,  f.  138.  Se  PL  100.  p.  341.  ' 

Châssis  de  Jardin,  c'eft  un  Bafti  de  bois  de  chcfiie  peint  devcrd  à  I  huile&  c»arni  de 
panneaux  de  vitres  pour  fervir  dans  les  farJnscndiCpoùnz  deux  ou  plulicurs  de  ces  CW- 
(a  en  manière  de  Comble  à  deux  c'gours ,  qu'on  boi:che  par  chacune  de  ks-cxaemitez 
d'un  Panneau  triangulaire  fur  les  Couches,  k^Platebandcsde  fleurs  &  les  Pépinières  pour 
garantir  les  plantes  du  froid  >&  faire  avancer  les  fleurs  &  les  fruits. 

Châssis  de  ier;  c'efl:  le  pourtour  dormant  qu-  reçoit  le  battement  d'une  Porte  de  Fer 
C'eft  aulÏÏce  qui  en  retient  les  barres  &  traverfes  des  Ven;aux.  FI.  44  A  pa^  117  & 
355.  '^û' 

Châssis  de  tierre.  D;ile  de  p/mf  percée  en  rond  ou  quarre'ment  pour  recevoir  une  autie 
Daie  en  feuillure,  qui  fcrt  aux  Aqueducs ,  Regards,  Cloaques  &  Pierrées  pour  y  travail- 
ler ,&  aux  FoHcsd'Ailànce  pour  les  vuider. 

CHASJEAU  ;  c'efl  une  Maïf on  Royale  ou  Seigneuria'e  bâtie  en  manière  de  ForterefTe  avec 
rofiez&  Ponr-Levis.  On  appelle  auITi  Château  ,  une  Mailon  de  Phifimce  fans  défei.fè  ef- 
fective ou  les  Fodcziic  fervent  que  d'ornement,  comme  au  Château  de  Richelieu  &  à 
celui  de  Mai ("01  îs.  p.z^6.Scc.  P/.71.&7; 

Chasteau  d'eau;  c'cft  un  Pavillon  différent  du  i^gjr<i,  en  ce  qu'ilade  pIusunRefervoir 
&  quelque  Façade  d'Architedure  ei,rich:e  de  Napes  d'eau,  ^e  Cafcade^ ,  &c.  comme 
celui  de  r£.;«Pj,7//V;f  lur  le  Mont  janicule  à  Romej  ou  c'efl  un  corps  de  Bàtin.entqui  a- 
unefimple  décoration  de  Croiftes  feintes,  parce  qu'il  ne  renferme  que  des  P^efervoirs  , 
commeleC/:<rt/f^.7  d'ea«  àVerfai'ics.  p.  24^. 

CHAUFOIfl;  c'efl  dans  uneMaifo  R-Iigieufeou  autre  Communauté ,  une  Salle  avec  une 
cheminée  adoflée  ou  ifoléeau  mil  eu  pourfe  <:/?rf.'</fr  en  commun,  p.  353. 

CHAUFOUR;  c'eit  autant  le  heu  où  l'on  tient  le  bois  &  la  pierre  à  C/jrtwx  ,  que  le  fùttr  où 
on  lacuit,  &  le  Magazin  couvert  où  on  la  confcrve.  On  non  me  Chaufournier .  ■,  aufTi- 
bien  les  Ouvriers  qui  fontlaC/wwx,  que  les  Marcbandsqui  la  vendent,  f.  114  Lat.  For- 
vax  calcartj. 

CHAUSSE  D'AISANCE;  c'eft  un  Tuyau  fait  de  plomb,  de  pierre  percée  en  rondouquar- 
rément,  &:p!us  fouvent  de  boifFeaux  de  poterie.  La  Chauj,e d'aijance doit  avoir  3.  pouces 
d'ifolement  contre  un  murmitoien.  P/.  61.  p.  177,  &  181. 

CHAUSSE  E  i  c'eft  une  élévation  de  terre  Ibùtenuë  de  Berges  en  talut  ou  de  Fils  de  pieux  , 
ou  de  murs  de  maçonnerie,  laquelle  ferr  de  chemin  à  travers  un  Marais,  ou  des  eaux 
dormaïues,  comme  un  Et.;ng,  &c.  ou  aux  bords  des  eaux  courantes  pour  en  empêcher 
lesdebordcmeiis.  C'efl  ce  que  les  Latins  appellent  ^^/^cr.  Le  mot  de  Chdttjjce  vien:  félon 
MonfieurM-nagcdu  Latin  Calaata  ou  Calceata,  deriTe  de  CaUare  )  marcher  ou  fouler 
auxpiecs.  p.  143.  Se  348. 

Chaussée  de  pave'  ;  c'tftdans  une  brgcriie,  l'efpace  cambré  qui  eft  entre  deux  Revers. 
Ce  mot  fe  du  aufll  du  Pavé  d'un  grand  chemin  avec  bordures  de  pierre  ruflique.  Les 
Chiiufjces  des  grands  chemins  doivent  avoir  au  moins  15.  pieds  de  large  fuivant  l'Ordon- 
nance. P'.  1  oi,  pj^,  349.&  3  50. 

CHAUX.  Pierrccalcinéc  ou  cuite  dansun  four,  laquelle  fc  détrempe  avec  de  l'eau  &  du 
fable  pour  faire  le  mortier,  p.  114.  Lat.  Calx. 

Chaux  vive,  celle  qui  boiiilt  dans  le  Baffîn  où  on  la  de  trempe.  Ibid. 

Chaux  éteinte  ou  iuse'e,  celle  qui  eflconfervée  dans  une  FofTe  après  avoir  été  détrem- 
pée. On  appelle  aufriC/j<2;<x/;//ff,  celle  qui  n'a  point  été  amortie  ni  détrempée,  &  qui' 
s'érant  d'elle-même  réduite  en  poudre ,  n'efl  pas  bonne  à  employer,  p.  zi  5 . 

CHEF  D'OEUVRE;  c'eft  un  ouvrage  de  difficile  exécution  pour  être  reçu  Maître  dans  cer- 
tains Arts  &  Métiers.  Par  exemple,  c'eft  dans  la  Maçonnerie,  une  Pièce  de  Trait  telle 
qu'une  Deiccme  biaifc  pariefte  &cn  talut  qui  rachctteunBçiccau,  DaDsJa  Charpcnterie  ,■ 


4S  EXPLICATION  DES    TERMT^S 

Ja  Courbe  rampante  d'un  Efcalieràvis  bien  Hegauchie  fuivanr  fa  cherche.  Dans  la  S'orw- 
rerie,  une  Ferrure  de  Coffre  fort  ou  quelque  Panneau  de  Rampe  d'Efcalier.  Dans  la  Me- 
tiuiferiey  une  Armoire  ou  un  CofFre  de  moderne  à  fonds  de  cuve.  Dans  la  Couverture  une 
Lucarne  proprement  racordée  en  fa  Fourchette  avec  un  Comble.  Dans  la  Plomberie^  une 
Cuvette  à  eu  de  lampe  ,  ou  un  Canon  de  goutiere  enrichi  de  moulures  bien  abouties.  Dans 
h  Vitrerie,  un  Panneau  de  compartiment  de  ^^rrr;  de  couleurs  cavez  ,  encadrez  &*allëm- 
blez  avec  du  plomb  de  Chef-d  œuvre.  Et  enfin  dans  le  Pavé  y  uncRofedc  petit  pave  de 
grais&dcpierrcàfufil.  Tous  ces  Chef-d'œuvres  font  préccdet  d'une  expérience  qui  cfl; 
propofée  par  les  Jurez  de  chaque  Vacation  ,  à  laquelle  l'Afpirant  eft  oblige  de  travailler 
devant  eux.  Il  faut  remarquer  que  ces  Chef-d'oruvrti  font  plus  ou  moins  difficiles  parra- 
portaux  Afpirans,  entre  lefquels  les  Fils  de  Maîtres  ont  les  plus  faciles,  &nefontqu*ur 
necxpcrience,  &  les  Compagnons  par  confequent  les  plus  difficiles-,  mais  particulière! 
ment  ceux  qui  n'ont  pas  fait  d'Apprentiflage  à  Paris,  Lemotde  Chef-d'œuvre  y  fe  dit  en^ 
core  d'un  ouvrage  excellent  dausfonefpece,  &Je  plus  beau  qu'aitfaitun  Artifan.  p.  n" 
310.  &  341.  "  ^' 

CHEMIN.  Efpace  en  longueur  fur  une  certaine  largeur  pour  communiquer  commodément 
d'un  lieu  à  un  autre.  Les  Chemins  y  qu'on  nomme  aulfi  Fbyes,  font  naturels  ou  artificiels 
terrcjhei  o\i  aquatiques  ,  publics  ou  particuliers.  Les  Romains  entre  les  autres  nations  ,  ont 
fait  des  dcpenfcs  incroïables  pour  les  rendre  fpaticux  ,  commodes  &  agréables  jufqu'aux 
cxtremitcz  de  leur  Empire,  p.  108.  548,  &c.  Fàye^l'Hiftoire  des  grands  Chemins  de  l'Empire 
l{omain  par  Nicolas  Bergier.  " 

Chemin  naturel  ,  celui  qui  eft  fréquenté  par  une  longue  fuccefllon  de  tcms  àcaufe  de  fa 
difpofîtion,  &quifubfifte  avec  peu  d'entretien.  ibid\ 

Chemin  artificiel,  celui  qui  eft  fait  à  force  de  mains  ,  foit  déterre  raporte'e  ou  de  ma- 
çonnerie, &  dont  le  travail  a  furmonté  les  difficultcz  qui  s'oppofoient  à  fon  exécu- 
tion ,  comme  font  la  plufpart  des  Levées  le  long  des  Rivières ,  des  Marais ,  des  Erangs" 
&c.  ihid.  °  * 

Chemin  terrestre,  s'entend  non  feulement  de  tout  C/>m/n  par  terre,  mais  aufîî  de  ceux 
qui  font  faits  de  terres  raportées  en  manière  de  Levées  foutenuës  de  berces  en  ^lacis 
avec  aires  de  gravoirs  ou  de  pavez,  comme  une  partie  du  Chemin  de  PaitiàSeve''prés 
Paris,  ibid.  " 

Chemin  aquatique.  On  appelle  ainfi  tous  les  Cfcfw/«y  faitsfur  les  eaux  courantes  de  f!eu 
ves&detorrcns,  comme  les  Ponts  &  Digues,  &  fur  les  eaux  dormantes,  comme  les 
LevcesSiChaulIées  à  travers  les  Marais  &  les  Etangs.  On  comprend  aulfi  fous  le  nom 
de  Chemin  aquatique,  les  Rivières  navigables,  &  les  Canaux  faits  à  la  main,  comme  il 
s'en  voit  en  Italie,  en  Flandres  &  en  Hollande,  &  en  France  ceux  de  Briare,  de  Langue- 
doc &  d'Orléans,  p.  548.  ° 

Chemin  public,  ou  grand  chemin,  Ce  dit  de  toat  Chemin  droit  ou  traverfant.  Militaire 
on  l{oiul.  p.  3  50.  . 

Chemin  particulier,  celui  qui  eft  fait  pour  la  commodité  du  Château  d'un  Seigneur  à 
quelque  autre  Mailon,  ou  à  un  grand  Chemin  toujours  fur  fes  terres,  comme  laVande 
Avenue  de  Meudon  prés  Paris.  ^ 

Chemin  militaire,  onappclloit  ainfi  chez  les  Romains  ,  les  grands  C/jfw/w/ pour  enTOver 
les  Armées  dans  les  Provinces  de  l'Empire  ,  ou  du  fccours  aux  Alliez. 

Chemin  royal;  c'eft  le  plus  ample  de  tous  les  CW;w,  où  ladcpenfe  &le  travail  ne  doi- 
vent point  eltre  épargnés,  nonobftant  les  montagnes,  valécs,  fondrières,  fleuves  &  au- 
tres difïicultez  a  caufe  de  la  fituation,  pour  le  rendre  le  plus  court,  le  plus  commode  &  le 
plus  feur  que  faire  fè  peut. 

Chemin  double.  On  appelloit  ainfi  chez  les  Romains,  un  Chemin  pour  les  charois  à 
deux-Chauffées ,  l'une  pour  aller  &  l'autre  pour  venir,  afin  d'éviter  la  confufion  ,  lefquel- 
kseftoientfeparées  par  une  Levée  en  manière  de  Bancjuctrc  de  certaine  largeur,  paveede 

bri. 


D'ARCHITECTURE,   Sic.  4, 

Je  champ  pour  les  gens  de  pied  ,  avec  bordures  &  tablettes  de  pierre  dure,  des  Montoiis 
àchevald'efpacc  encfpacc  &  des  Colonnes  m  illiaircs  pour  marquer  les  diftances.  Le  Che- 
w/fl  de  Rome  à  Oftic  appelle' le  PonKfw/îr ,  eltoit  de  cette  manière,  ibid. 

Chf.mi.m  RELEVE'.  Petit  Chemin,  cjuicftà  colté  de  celui  des  charois ,  &  qui  fert  pour  les 
gens  de  pied,  comme  les  Banquettes  des  Quais  &  des  Ponts  de  pierre,  ôcks  Beriucs  des 
Foirez&  Canaux  faits  par  artifice,  p.i^i. 

ChemixN  droit,  celui  qui  eft  le  plus  court,  le  plus  à  la  ligne  &  de  niveau  que  faire  Cs. 
peut. 

Chemin  de  traverse,  celui  qui  communique  à  un  grand  Chemin.  On  appelle  aurtî  C^?- 
min  de  Tra-verje ,  tout  fentier  de  détour  plus  court  qu'une  route  ordinaire. 

Chemin  rampant,  celui  qui  a  une  pente  fenfible  ,  &  quand  elle  eft  déplus  de  fept  pouces 
partoife,  lescharcisne  le  peuvent  monter  qu'avec  beaucoup  de  peine. 

Chemin  escarpe',  celui  qui  eft  fait  fur  la  Coftc  d'une  montagne,  qui  ne  peut  pas  cftrc 
droit ,  mais  tortu  &:  avec  des  finuofitez  ,  &  qui  eft  foucenu  du  cofte  du  précipice  par  des 
Levées  de  pierre  feche  ,  &  quelquefois  de  maçonnerie  en  certains  endroits,  comme  ceur 
des  Alpes  pour  pafler  de  France  en  Italie  &  ceux  des  Pircnées  pour  aller  en  Efpagnc,  pa?. 
548. 

Chemin  comble',  s'entend  de  deux  manières,  ou  de  celui  qui  eft  fait  dansune  valéc  o« 
fondrière  pour  regagner  deux  coites  de  montagnes  :  ou  d'un  Chemiti  -  ntique  que  les  décom- 
bres de  quelque  Ville  voifine  ont  couvert  de  certaine  hauteur  de  matériaux  ,  enforte  qu  c« 
fouillant  on  découvre  encore  l'aire  de  l'ancien  Pavé.  ibni. 

6hemin  ferme,  celui  dont  le  fol  eft  affermi  par  de  la  terre  battue,  du  caillou,  de  la  ro- 
che, ou  du  fable:  ou  par  une  aire  de  maçonnerie  ,  dcgravois,  de  brique  ,  de  têts  de  pots, 
&c.  avec  de  la  chaux  :  ou  qui  eft  pavé  de  quartiers  de  roche  cquarr  is  ou  à  joints  incertains, 
comme  font  la  plufpart  des  C/3ew?/^;j  antiques  &  particulièrement  ceux  d'cyfp^ius  &  àtFla- 
minius.  p.  550.  Foye:^  Pave'  de  pierre. 

Chemin  ierre'.  Les  Romains  appelloient  ainfî  tout  Chemin  pave'  de  pierre  extrêmement 
dure  ,  ou  parce  qu'elle  reflembloit  au  irr,  ou  pluftot  parce  qu'elle  rcfiftoit  aux  fers  des 
chevaux  &  des  charois.  On  nomme  encore  aujourd'hui  Chemin  j^c  né  y  celui  dont  le  fol  eft 
de  roche  vive. 

Chemin  tendu,  s'entend  de  celui  qui  eft  fait  dans  quelque  Bute  ou  Montagne,  donton» 
oftélacrefte,  comblé  le  bas  Se  hauflé  les  berges  pour  le  rendre  plus  doux:  ou  bien  de 
celui  qui  eft  taillé  dans  un  rocher,  dont  on  s'eft  fcrvy  du  debns  pour  paver,  comme  il 
s'en  voit  en  Provence  &  en  Languedoc,  que  les  Romains  y  ont  fait  en  minant  la  roche, 
par  le  moicn  du  fer  &  du  vinaigre,  &  comme  celui  que  Charles  Emanuel  IL  Duc  deSa- 
Toye,  a  fait  couper  en  1670.  dans  les  AJpes  entre  Chambcry  &  Turin ,  cù  la  poudre  i 
canon  a  eftéd'un  grand  fecours  pour  parvenir  à  l'exécution  d'une  encreprifefi  difficile, 
p.  548. 

Chemin  Perce',  celui  qui  eft  taillé  dans  le  roc  avec  le  cifeau  pour  fouchever  les  quartiers 
de  roche  &  qui  rcfte  voûté  ,  comme  celui  de  Poufol  àNapIes ,  qui  a  environ  une  demie- 
lieuë  de  longueur  fur  quinze  pieds  de  large  &  autant  de  haut ,  queStrabon  raporte  avoir 
efté  fait  par  un  certain  Cocccius  peut-eftre  parent  deKerva,  &  qui  a  cfté  élargi  par  Al- 
phonfcKoid'Arragon&  deNaples,  &reduit  à  la  ligne  par  les  Viccrois.  Ils'en  voiten- 
core  un  plus  antique  dans  ce  méirie  Royaume  entre  Bayes  &c  Cumes  ,  qu'on  nommie  la  Grc- 
te  de  Virgile,  parce  que  ce  Poète  en  fait  mention  dans  le  fîxiém.e  Livre  de  fon  Enéide. 
ihid. 

Chemin  de  carrière;  c'eft  ,  ou  Je  puits  par  où  l'ondefcend  dansune  Carrière  pour  la 
foiiillcr,  ou  l'ouverture  qu'on  fait  à  la  Côte  d'une  montagne  pour  eu  tirer  de  la  pierre  ou 
dumarbre. 

CHEMINEE;  c'eft  dans  une  Maifonau/îi-bien  l'endroit  où  l'on  fait  le  feu,  que  le  Tuyau 
Tme  IL  .  Q  "  ^^.x. 


^  EXPLICATION   DES   TERMES 

paroùs'cchapclafumée.  Ce  mot  vient  du  Latin  Camims  ,  fait  du  Grec  Kaminos  ouiâ 
la  me  me  lignification,  p.  158.  P/.  55.&C.  ^s^rnmos  cjuia 

Chemine'e  ISOLEE,  cdlc  qui  au  mil.cu  d'un  Chaufoir  ,  ne  confîftc  qu'en  une  Hotte  fou 
enueenl  airpatdesioupentesdefer ,  ou  portée  par  quatre  Ce lonnes^  comme^sTnct"; 
lapraciquoient,  &  comme  il  s'en  voit  une  à  Baves  pre's  de  N.niec    n,,  ^  "™^^"  anciens 
.„/e^»,|. ,  cell.  c,u,  db„,  adoiree  ccure  une  Wil  '"^.^Âf  '   ,  e^   0°=™  "cl^" 
cœur  &  les  poreaux  de  peur  du  feu.  ^  «-ontrc- 

Chemi^nee  ADOSSEE,  celk  qui  eft  pofe'e.contre  Un  mur  ou  le  Tuyau  d'une  autre  Cheminée, 

CHEMINEE  afleure'e,  <I^:e  Scam  ^1077!  nommc  ù /^  i?^o;;,4/;,e ,  Celle  dont  l'Atte  &  k  Tuvau 
L°rcri?e^^uplTrS.%;-  ^ao.ur.rch.tcaure  du  Manteau  e.  en  rair;,^^ 

"^  d\rihoTs.  p/r;. r;';.'°"  ^^  ^°"^^"^"^  ^'^^^^  '^  -  ^^  --  ^  '^o-  le  Manteau 
CHEMINEE  EX  HOTTE  ,  Celle  doHt  le  Manteau  fort  large  par  le  bas  &  en  figure  piramyd.Ie 

&  celle  de  la  grande  Chambre  du  Parlement  de  Paris.  P/  <<    p,    i.g  -uiciennes 

Chemine'e  ANGULAIRE     Celle  dont  le  plan  eft  circulaire,  &  qui  eltfltuée  dans  l'anded'uw 

ne  Chambre,  comme  il  s'en  voit  en  quelques  Villes  du  Nord  uans  i  angle  d  u^ 

"^  b^gër"  iTs.'ïl^;"  &;!  :7T  fl.  r""""  ^^^--"'  '^  leplus^ntrans  Jam- 
^Tam'r!'^^;l%77;^^""'  ''^'"""  ^  ''""^  P^"^  P^  ronpIan&ferme'eenAnfedc 

"^^.^nffi  '  '^'^^]""^S""'^^M^^o"  quiconfifte  en  plufieurs  Cours  &  Bâtimcnspour  lo<.er 
Jes  Officiers  de  la  Vénerie,  les  Valets,  &  leurs  meutes  de  chiens  de  chalTe  ,  comme  cef.f 
de  Verfailles  Ce  mot  s'entend  particulièrement  des  Salles  baffes  où  couchenTs^hY^^^^^^ 
&ilvient  duLarinC<2>;/7f,  faitdeCamV,  Chien,  p  117  "tuent  les  cmens, 

CHERCHE  ou  CERCE ,  de  l'Italien  Ccrch.o  ,  un  Cercle  5  c'cft  le  trait  d'un  Arc  furbailTé 
ou  rampant,  ou  de  quelqu'autre  figure  trace'e  par  des  points  cherche,.  On  donne  au^îice 
nom  a  la  planche  chantournée  avec  laquelle  on  la  trace    »  1 5  9 

CHERCHE  surbaisse'e,  celle  qui  a  moins  d'élévation  que  la  moitié  defaBafe-  Et  Cher 
TrlsZ^t^lT'  "'^  ^"  ^^  ^"  '^^^"^  '^^  cette  proportion,  comme  la  plurp^cdc^ 

^^:^m;i:ïu:fi^^î:^l^^;::fï;r'^'^^  r./.^^.dansrbn  élévation,  corn- 

"^"d^s a"  sd^nsTit^U^^^^^^^^^  ^"^  '"^^^^'"^  rouventd'ornement  aux  Clefs 

CHESNE.  raye::  BOIS. 

CHESNEAU.  Canal  de  plomb  qui  porte  fur  la  Corniche  d'an  Bâtimentpoar  recevoir  Ic§ 

W  e"re  7/    Va     "r'c-  ''  ^u  "/^"^n""  ^-"^^"^^  '^^^-"^'  ou  dans  un 

d?c::;L!!«d:nsVi;ru?e:  ^  ^^  ^  ^^  ^^^-^  P-rault  croitétre  fignifiépar  le  mot 

Chesneau  a  bord,  celui  qui  eft  feulement  ourlé  &.dont  on  voitles  crochets  de  fer  qui  le 
retiennent,  p.  114.  "uviti  vjui  ic 

CHEVALEMENT.  Efpece  d'étayc  faite  d'une  ou  de  deux  pièces  de  bois,  couverte  d'un 
chapeau  ou  tefte,  &pofée  en  arcboutantfur  une  couche,  qu,  fert  à  reten  r  en  I'a"îes  e^ 

^pfl^A^I'  c'cfll'AfTcmbJagede  dcu^NouIccs  ou  Linçoiis  fin  IcFaiftc  d'une  Lucarne, 
P/,<f4A.  p,  187=  ^^^^ 


D'ARCHITECTURE,  &c.  yt 

Chevaietsj  ce  font  les  tréteaux  cjui  fervent  pour  échafauder  &  po*irfcicr(Je  long, 
CHEVET  D'EGLISE;  c'eftla  partie  le  plus  fouvent  circulaire  cjui  termine  le  Choeur  d'une 

E^ltje.  Les  Italiens  l'appellent  Tnbuna ,  &  les  Latins  e^bfts.  PL  70.  /?•  15  5. 
CHEVESTRE.  Pièce  de  bois  d'un  Plancher  retenu  par  les  Solives  d' Enchevêtrure , 


pour  en 


porter  d'autres  a  tenon  &  mortoife ,  &  laifler  une  ouverture  pour  l'Atre  ,  6c  les  Tuyaux 
de  cheminée,  ou  pour  quelque  petit  Efcalier.  P/.  55.  p.  159.  &  161.  Lac.  Ttgnum  mcardi- 
rtatum. 

•CHEVRE.  Machineordinairementcompcfée  de  deux  pièces  de  bois  qui  forment  un  trian- 
gle, laquellea  une  poulie  à  l'angle  du  fommet,  &  un  moulinet  au  bas  entre  ces  deux  piè- 
ces, pour  tirer  avec  le  cable  un  fardeau  par  une  baye  de  Croifée.  Lorfqu'on  y  ajoûcc  une 
troifie'me  pièce  de  bois  nommée  Pied  de  Chcvre  ,  elle  ferc  à  enlever  les  fardeaux  i 
plomb  ,  comme  les  poutres  fur  les  tréteaux  pour  être  débitées,  &  cftappellée  GumdaL 

CHEVS-ONS.  Pièces  de  bois  defciage  de  }.  à  4.  pouces  de  gros,  fur  lefquelles  font  atta- 
chées les  Lattes  à  tuile  ou  ardoife  ;  &  lorfqu'iis  font  chevillez  fur  les  Pannes  ,  on  dit 
qu'ils  font  5M»d;//«rPtf«Ke.  p.  187.  PL  64A.  64B.  &  p.  215.  Vitruve  nomme  les  Che- 
vrons i^lfercf. 

Chevrons  de  long-pan,  ceux  qui  font  fur  le  courant  du  Faille  &  des  Pannes  du  lowe-pi» 
d'un  Comble,  ibid. 

Chevrons  de  croupe  00  Empanons,  ceux  qui  fon  t  inégaux  &  qui  font  attachez  fur  lec 
Areftiers  de  la  Croupe  d'un  Comble,  ibid. 

Chevrons  cintrez  ,  ceux  qui  font  courbez  &  affemblez  dans  lesLiemes  d'un  Dôme. 

ibid. 

Chevrons  de  remplace;  cefontlesplus  petits  Chevrons  d'un  Domc,  qui  nefefuiTcnc 
pas  dans  les  Liernes  >  à  caufe  que  leur  nombre  diminue  à  mefure  qu'ils  approchent  de  l» 
fermeture  au  pied  de  la  Lanterne. 

CHIFRE.  Entrelaflement  de  lettres  fleuronnéesen  bas-relief  ou  à  jour ,  qui  fert  d'ornement 
dansl'Archueclurc,  la  Serrurerie  ,  la  Menuiferie  &  les  Parterres  de  buis.  p.  9.  &  185. 

CHIMERE.  Monftre  fabuleux  qui  a  la  tête  &  l'eftomac  d'un  Lion  ,  le  ventre  d'une  Chèvre 
&  laquelle  d'un  Dragon,  &  qui  a  pris  fon  nom  de  celle  de  Bellerophon.  On  en  voitdedi- 
verles  figures  imaginaires  qui  fervent  dans  1"  Architedure  Gothique  de  Gargoiiilles  &  Cor- 
beaux ,  &  qui  ne  font  que  des  producT:ions  des  Sculpteurs  ignorans  de  cestcms-là.  Ce 
mot  vient  duLatin  c;>;>«rfrd  ,  qui  fignifielamêmechofc,  &  qui  a  été  fait  du  Grec  Chi- 
maira,.,  Chèvre  d'hiver,   p.ix.  &  541. 

CHOEUR,  du  Grec  C/joroy,  Concert  de  Muficicns  ;  c'eft  la  partie  de  TEglife  fcparée  de  la 
Nef  ou  l'on  chante  l'Office  divin.  On  appelle  c^rnWe-C^<r«r,  celui  d'un  Couvent,  qui 
elt  derrière  le  Grand  Autel  &  contenu  dans  le  corps  de  l'Eglife  ou  feparé  par  un  mur  perce 
de  quelques  ouvertures,  comme  à  plufieurs  Eglifes  de VOrdre  de  faint  François.  Lat. 
Udeuniy  qui  fignificauffi  tout  lieu  où  l'on  chante.  ^.  ii8 

•Choeur  en  tribune,  celui  qui  feparé  de  l'Eglife,  eftéleréau  delTus  du  rcz-de-chaulTée 

-  derriereleGrand  Autel,  comme  aux  PP.  Barnabites,  ou  quieftfur  la  principale  Porte  , 

&  forme  au  deflbus  une  cfpece  deVeltibule,  comme  aux  PP.  Minimes  de  la  Place  Royale 

Choeur  dans  les  Momjlcresde  Fdles ,  cftune  grande  Salle  attachée  au  corps  de  l'Eglife  & 

^/fP^f" P" ""^  .^""^  '  o"  '«  Religieufes  chantent  l'Office.  v.^i<è.  "* 

..rr      '  ^  f  "^^"^  ""  ^'''î'"  ^^  raccrdement  de  deux  terrains  inégaux ,  qui  fc  fait  par  des 
perrons  ou  des  gazons  en  glacis,  p.  1 90.  &  2  5  6.  "  ^  f  4i  ucs, 

^'^au'lJ'^  'T^^l^  "  c'ornemens;  Ce  font  des  bouquets  peudans  de  iîcurs  OU  de  fruits. 

uiTs^P^sS     .T/9        "     '  Montans,  Pilaftrcs  &  Panneaux  de  compartiment  de 

€hût£  D'EAOi  c'dt  ia  pente  d'mic  Conduite  depuis  fon  ReferYoirjufqucs  à  l'élancement 

G  2-  d'u» 


5ï  EXPLICATTON   DES    TERMES 

d'un  Jet  d'£<2«>  qui  ne  monte  jamais  fi  haut  que  fa  fource.  p.i^S. 
CIBOIRE;  c'cftpar  raporc  à  rArchitefture  félon  les  Anciens  Auteurs,  un  petit  Dais  o« 
Baldaquin  portéfurquatrecolonncs,  &  formé  d'une  Voûte  d'ogive  à  quatre  Lunettes 
donc  on  couvroit  autre  fois  les  Autels,  comme  il  s'en  voit  encore  un  à  l'EaJife  de  Saine 
Jean  de  Latran  à  Rome ,  un  autre  derrière  l'Autel  delà  Sainte  Chapelle  à  Partis,  qui  cou- 
vre le  Trefor.  C'eft  pourquoi  les  Italiens  appellent  G/.or/o,  un  Tabernacle  ifoîé  ,  comme 
ceux  des  Chapelles  du  Saint  Sacrement  à  S.  Pierre  du  Vatican,  &  à  fainte  Mane  Ma- 


jeure. 


CIEL  DE  CARRIERE;  c'efl:  le  premier  Banc  qui  fe  trouve  au  delTous  des  terres  en  fouil- 
lant les  C<imVrfj,  &  qui  leur  fert  de  Plafond  dans  fa  continuité  à  mefure  qu'où  les  fouil- 
le. De  ces  CVf/y  il  fe  tire  une  pierre  ruitique  propre  pour  fonder.  t>.io6. 

CIERGES  D'EAU;  cefont  plufieurs  Jets  d'£<îM  fur  une  même  ligne  dans  un  Bafîin  long  à 
la  rece  d'un  Canal,  d'une  Cafcade&  ailleurs.  On  les  nomme  Grille  a  eau,  quand  ils  fonc 
fort  prés  les  uns  des  autres.  f>.  317. 

CIUNDRE  ou  CYLINDRE,  du  Grçc K^ylindros  y  pierre  ronde  &  longue;  c'eft  un  corps 
fohde  rond  &  long  comme  un  pilier,  compris  entre  deuxplans  égaux  <k  parallèles  joints 
enfemblepardes  lignes  droites    On  appelle  Cjy/(Wrro%«e,  celui  qui  eftindiné.  PL  f.  p.  j. 

CIMAISE  ou  CYMAISE,  félon  Vitruve,  du  Grec  K^'mation,  une  Ondes  c'efl:  une  raoul 
lurc  ondée  par  fon  profil,  quielt  concavepar  le  haut  &  convexe  par  le  bas.  Elle  s'appelle 
zuih  Dûucine  y  Gorge  on  Gueuie  droite  ^  mais  plus  communément  C/wa//f  en  François ,  par- 
ce qu'elle  eft  la  dernière  moulure  &  comme  à  la  Cime  d'une  Corniche.  Il  y  en  a  qui  écrivent 
Simaijey  du  Latin  iwm ,  Camus,  mais  cette  étymologie  elt  faullc,  parce  quekbeautd 
de  cette  moulure  eft  d'avoir  fa  faillie  égale  à  fa  hauteur,  ^.ij.  P/.  A.&c. 

Cimaise  toscane;  c'eft  un  Ove  ou  Qiiard-dc-rond.  Pi.6.  pag.iy. 

Cimaise  dorique;  c'eft  un  Cavet.  P/f.  n.p.  51. 

Cimaise  lesbienne,  fe  prend  pour  un  Talon  félon  Vitruve.  PI.  A.  p.ii]. 

CIMENT  ;  c'eft  du  ruileau  ou  de  la  brique  concallée,  qui  méléc  avec  delà  chaux  fait  le 
meilleur  mortier,  &:qui  clt  d'un  bon  ufage  pour  les  ouvrages  fondez  dans  l'eau.  Lat.  Te- 
fia  tu/a.  OnditCimenter,  pour  liaifonnerde  Dwf/î/.  p.  ii^. 

CIMETIERE;  c'eft  une  place  entourée  de  murs  ou  de  charniers,  où  l'on  enterre  les  morts  ' 
&dont  quelques  Sépultures  font  ornées  de  Croix  ,  d'Obelifques  &  autres  monumens  fu- 
néraires, comme  celui  des  S  S.  InnocensàParis.  On  ecrivoit  &  on  prononçoit  autrefois 
Cemetierey  dn  Lztin  Cacmeterium  £ik  da  Grée  IÇoimeterion ,  lieu  ou  l'on  dort,  ou  lieu  de 
fepulture.  p.  355. 

CINTRE  ,  fe  dit  de  la  figure  d'un  Arc  &  de  toute  pièce  de  bois  courbe,  qui  ferttaiu  aux 
Comblesqu'aux  Planchers.  p.i7,j.8cc. 

Cintre  surbaisse',  celui  dont  le  trait  eft  une  demi-ellipfc ,  &  qui  par  confequent  eft  plus 
basqueledemi-ccrcle.  /Wfw.  i  1  c 

Cintre  surmonte',  celui  dont  le  centre  eft  plus  haut  que  le  diamètre  du  demi-cercic. 

Cintre  RAMPANT,  celuiquieft  tracé  au  fimblcau  par  des  points  cherchez  fuivant  leJ^iw- 
paiit  d'un  Efcalier,  oud'un  Arcboucant. 

Cintre  de  charpente;  c'eft  un  Alîcmblage  de  pièces  de  bois  de  C^^îrpme,  fur  lequel  on 
bande  un  Arcou  une  Croiféc  qu'on  veut  faire  cintrée  y  &  dontplufieurs  efpacés  à  égales 
diftances  garnies  de  lolives  oudolles,  fervent  à  conftruire  une  Voûte.  Le  moindre  Cintre 
cftcompoléd'un  Entrait,  qui  lui  fcrt  de  bafe,  d'un  Poinçon,  de  deux  Contre-fiches 
de  quatre  autres  pièces  de  bois  a«/n-a,  ou  de  deux  Arbalétriers,  ou  de  deux  dolTes  ,  fur 
Jelquelles  on  maçonne  un  Cintre  de  moilon.  On  l'appelle  auflî  ^Jrmature,  de  l'Iralicn 
z^rmatitray  qui  fignificlamémechofe.  ;>.  345. 
CINTRER;  c'eft  établir  les  C/w/rry  de  charpente  ,  pour  commencer  à  bander  les  Arcs.  On 
4itaulli  C/wirrr,  pourarroudirplusouœoins  unArcou  une  Voucc. 

CUL- 


D'A  RCHITECTURE,&:c.  5^ 

CIRCONFERENCE  ;  c'crt:  la  ligne  c]ui  renferme  un  efpace  circulaire,  comme  la  C/rco«/^- 

roice d\m  Dôme  ,  d'un  Rond  d'eau  ,  &c.  Fl.-f.  p.j.  Sic. 
CIRCONVOLUTIONS;  ce  font  les  tours  de  la  ligne  fpirale  delà  Volute  Ionique.  P/.  lo 

p.49.Pl.ii.p.  51. &c.  EtdelaCoIonneTorfe.^.  io6.Z^/.4i.&c.  Cemoc vientduLatin 

Circumvolvere ,  tourner  à  l'entour. 

CIRCUIT,  ou  ENCEINTE,  fe  dit  d'une  Muraille  qui  environne  un  efpace.  C'cftcc  que 
les  Latins  nom  ment  ^mhitus  &  Penbolus.  Fie  de  Vignole. 

CIRQUE  j  c'e'roit  chez  les  Grecs  un  lieu  deftiné  pour  les  Jeux  publics,  &  c'e'toit  chez  les 
Latms  une  grande  Place  longue  cintrce  par  un  bout  &  entourée  de  Portiques  &  de  plufieurs 
rangs  de  fieges  par  dcgrcz  :  Il  y  avoïc  au  milieu  une  efpece  de  Banquette  avec  des  Obeliù 
ques,  des  Statues  &  des  Bornes  à  chaque  bout.  Ce  lieu  fervoit  pour  les  courfes  des  Biacs: 
ou  Quadriges,  c'eft-à-dire  des  Chariots  attelez  de  deux  ou  de  quatre  chevaux  &- pou  ries 
diverles  challes.  Les  plus  magnifiques  étoient  le  grand  Cirque  d*  Au^ufte ,  &  ceux  de  Fla- 
minius ,  de  Néron  ,  &c.  à  Rome.  Ce  mot  vient  du  Latin  Circus'^,  faitduGrec  Kirkos' 
quitousdeuxlignifientlamêmechofe.p.  308.  ' 

CISELURE;  c-clt  le  petit  bord  q  u'on  fait  avec  le  G/f<î«  à  l'entour  du  parement  d'une  pierre 
dure  pour  le  drefler ,  ce  qui  s'appelle  î^elever  les  cifelures.     Elles  fervent  auïïî  pour  diftin 
guer  des  compartimens  de  Rulhque  fur  les  paremens  des  pierres   dures.   PI   66  A 
f.  Z37. 

Ciselure,  fe  dit  encore  dans  la  Serrurerie  de  tout  ouvrage  de  Tôle amboutie au G7^4// 
PL  ^5  D.p.  ZI9,  ■'      * 

CITERNE.  Lieu  fouterrain  &  voûté ,  dont  le  fonds  eft  pavé  ,  glaifé  ou  couvert  de  fable 
pour  conferver  les  eaux  pluviales  où  il  n'y  en  a  point  de  naturelles.  On  appelle  Citemeaux 
àts  petits  heux  voûtez  à  côté  de  la  Cherne,  ou  l'eau  s'épure  avant  que  d'y  entrer  Une  dey 
plus  confiderables  qui  fe  voient ,  eft  celle  de  Conftantinople  ,  dont  les  Voûtes  portent  fur 
deux  rangs  de  z  i  r.  piliers  chacun.  Ces  piliers  de  deux  pieds  de  diamètre  ,  font  plantez  cir- 
culairement  &  en  raïons  qui  tendent  à  celui  qui  eft  au  centre.  Le  mot  de  Citerne  cft  fait  du 
'LznnCis&cterramy  c'elt-à-dire  dans  terre.  PL  jz.p.z^j. 

CLAIRE-VOYE.  Terme  qui  figmfiel'efpacement  trop  large  des  folivesd'un  Plancher,  des 
poteaux  d'une  Cloifon,  ou  des  chevrons  d'un  Comble' qui  n'eft  pas  aflez  peuplé  Fôyef 
Couverture  a  claire  voye.  r     r    •      ./  •*. 

CLAIRIEPvE;  c'eft  dans  uu  Bois  un  efpace  peu  garni  d'arbres  ,  pluftoft  fur  une  hauteur  que 
dans  un  fonds,  p.  i  95.  '■ 

CLAPET.  Efpece  de  petite  Soupape  plate  de  fer  ou  de  cuivre  ,  que  l'eau  fait  ouvrir  ou  fermer 
r-/! ccr?'''^' r '""^  charnière  dans  un  tuyau  de  Conduite  ou  dans  le  corps  d'une  Pompe. 
CLASSES  ;  ce  font  plufîeurs  Salles  au  rez-de-chaullée  de  la  Cour  d'un  Collège  garnies  de 
bancs  &  de  fieges  ,  ou  l'on  eiifeigne  feparément  di  verfes  parties  des  Humanitez  &  des  Scien- 
ces, p.  331. 

CLAVEAU  ;  c'eft  une  des  pierres  en  forme  de  coin  ,  qui  fert  à  fermer  une  Platebande.  PL  6& 

A.  p.  1 5  7,  Les  Claveaux  fontappellez  de  Vitruve  Cunei. 
Claveau  a  crossette,  celui  dont  la  tcfte  retourne  avec  les  Affifes  de  niveau  pour  faire 

liaifon.  p.  iii.P/,  44B.  ^ 

CLAUSOIR;  ceft  le  plus  petit  carreau  ou  boutifTe  qui  ferme  une  AfTife  dans  un  mur  conti- 
nu ou  entre  deux  piédroits,  p.  155. 

CLAYON  NAGE.  On  dit  faire  un  Clayomage ,  quand  on  alTure  fur  des  clayes  faites  de  menues 
perches ,  la  terre  d'un  gazon  en  glacis,  qui  pourroic  couler  ou  s'ébouler  par  le  pied  fans 
cette  précaution.  ^        f'-"^«»"5» 

CLEF  ;  c'eft  la  pierre  du  milieu  qui  ferme  un  Arc,  une  Plate-bande ,  ou  une  Voûte  PI  6i 
A.  p  z  3  7.  Elle  eft  différente  fclou  les  Ordres  ;  au  Tofcan  &  au  Dorique ,  ce  n'eft  qu'une 
fimple  pierre  en  faillie  ou  Boflage.  P/.  j.p.  11.  &c.  àl'Inoque  ,  elle  eft  raillée  de  nervures 
aimaïucredeConfoksavccenrouIeracns.  PL  17.^.4).  EtauCoxiiitlneii&auCompa- 

G  }  foc 


54  EXPLICATION   DES  TERMES 

lire  c'eft  une  Confole  riche  de  fculpture  avec  cnroulemens  &  feiiillages ,  ou  c'eft  un  Maf 

Tl\  ^'1'  ^'^;/'  f]'  ^  ^'^-  ^'•^•7^•  T^";«"s^%"esdeC/./}fenouimentaufli^r«/oK 
de  1  Italien  Menjola ,  <|ui  a  la  mcme  fignification.  ' 

Clef  EN  bossage  ,  celle  qui  a  plus  de  iaillie  que  les  Claveaux  ou  VoulToirs ,  &  oui  on  oeut 
tailler  de  la  Iculpturc.   Pl.jé.p.ijy  * 

Clef  passante,  celle  qui  travtrfant  l'Architrave  &  même  la  Frife  ,  faitunbofTaoe  qui  en 
interrompt  la  CQntmuïtc  ,  conmie  il  s'en  voit  aux  Portes  du  Palais  Roial  à  Pam    PI  x(, 
fag.  1 17.  '^   ' 

Clef  a  crossettes,  celle  qui  eftpotencée  par  en  haut  avec  deux  Cro/fm»  qui  font  liaifon 
dans  un  Cours  d  AfTik.  P/,  44  B.  p.  115.  u        ^ 

Clef  pendante  et  saillante;  c'eft  la  dernière  pierre  qui  ferme  un  Berceau  de  voûte  ,  & 

qui  excède  le  nu  de  la  doùelle  dans  fa  longueur,  p.  5  44. 
Clef  de  poutre,-  c'eft  une  courte  barre  de  fer,  dont  on  arme  chaque  bout  d'une  Pow/re. 

&qu  on  Icelle  dans  les  murs  ou  elle  porte. 

Clef  en  Charpmterie  ;  c'eft  la  pièce  de  bois  qui  eft  arc-boutec  par  deux  déchar^^es  pour  forti- 
fier une  poutre.  P/.  64  B.  p.  189.  t>    r  ^" 

Clef  enMcnmferu;  c'eft  un  tenon  qui  entre  dans  deux  mortoifes  colle' &  chevillé  pour  l'af- 
femblage  des  panneaux,  p.  185. &  PL  100. p.  341.  Vitruve  appelle  ces  fortes  de  Tenons 

oubjcudcs, 

^^11  i^y  ^^^"^^  ^''""^^  ^^  ™^""5  ouvrages  de  fer  qui  fert  à  ouvrir  ou  à  fermer  une  Porte. 
Elle  cft  compoeede  /<^.,„f^«,  de  la  Tige,  Scan  Panneton.  Il  y  a  de  ces  C/fft  fort  riches 
dont/ c^'fn/if^jMelt  cilele  avec  divers  ornemens.  P/.  65  C.p.  117. 

CLIQUART.  VbyeK  Pierre  de  cliqjjart. 

CLOAQUE,  du  Latin  Cloaca,  E'gout  d'immondices  ;  c'eft  dans  une  Ville  une  efpece  d'A- 
queduc louterrain  &  voûté  pour  l'écoulement  des  eaux  pluviales  &  des  immondices.  On 
le  nomme  auffi  EgoHU    Pline  fait  mention  du  grand  Cloaque  de  Rome  ,  que  fit  baftir  Tar- 

quin  le  Superbe,  fifpatieux,  qu'une  charette  chargée  de  foin  y  pouvoir  paffer  commodé- 
ment, p.  175.  .»  1  r 

CLOCHER  Efpece  de  Pavillon  ouGucrlteifolée  qui  renferme  des  C/offcf/&quieftleplus 
fbuventelevcclurlecomble  d'une  Eglife&  couverte  d'uneFlcche.  Les  Auvents  couverts 
d  ardoile  qui  font  par  étages  à  fes  ouvertures ,  fe  nomment  ^bavents  ,  &  fervent  à  ren- 
voier  en  bas  le  (on  des  Cloches,  p.  ii6  &  164.  Lat.  Campanile. 

Clocher  de  fonds.  Efpece  de  Tour  qui  porte  de  fonds  &  eft  attachée  au  corps  d'une  Eeli- 
fc  &  couverte  d  une  Aiguille  ou  d'une  flèche.  Il  fe  voit  de  ces  fortes  de  Clochers  ifolés  &  de- 
taches  de  1  Eglife ,  comme  celui  de  Saint  Marc  à  Venife  qui  eft  quarré.  KoycK  Tour  d'e- 

GLISE. 

CLOCHETTES.  Voyex  GOUTES. 

CLOISON  ,  fe  dit  d'un  rang  de  poteaux  efpacés  environ  à  1 5,  ou  1 8.  pouces  ,  ruinés ,  tam- 
ponnes &  remplis  de  panneaux  de  maçonnerie  pour  partager  les  pièces  d'un  Apartement. 
P/.  6 1 .  p.  1 7  7  :  &  P/.  6  3  B .  p.  1 8  5 .  Les  Cloifonnages  font  appeliez  dans  Vitruve  Crattcn  Pa- 
rûtes, du  Latm  Crates,  une  Claye ,  parce  que  les  poteaux  débout  imitent  les  menues 
perches  dont  les  premiers  hommes  faifoient  ces  fcparations  dans  leurs  Cabanes 

Cloison  simple,  celle  qui  eft  à  bois  apparent  hourdée  &  enduite  d'après  les  poteaux 
fag.  188.  r  r  • 

Cloison  Rbcooverte  ,  c'eft  à  dire  Jattée,  contre-lattée&  enduire  de  plâtre  ou  lambrifTéc, 
P/.63  B.p.  185. 

Cloison  creuse,  celle  qui  eft  fans  hourdy  entre  les  poteaux,  &  qui  eft  recouverte  de  lam, 
bris  de  plâtre  pour  empeclier  le  bruit  &  la  charge,  lorfqu'elle  porte  à  faux.  fag.  izi. 

Cloison  d'aïs  ,  celle  qui  eft  faite  avec  des  ^is  de  bateau  ou  doflcs  ,  Se  lambrilTée  des  deux 
coltezpour  ménager  iaplace  &  la  charge. 

Ciel- 


D' ARCHITECTURE,  &c.  .- 

Cloison  de  mfnuiserie,  celle  qui  eft  faite  de  planches  à  rainures  &  languettes  poféesen 
coulifle  ,  &  donc  on  felert  pour  faire  des  retranchcmcns  dans  une  grande  pièce.     Ilfefai 
au/n  des  Cloifons  d'afTemblage. 

Cloison  a  Jour,  celle  qui  depuis  une  certaine  hauteur,  clt  faite  de  barreaux  de  bois 
quarre's  ou  tourne's.  p.  174.  PL  60. 

Cloison  de  Serrure;  c'eft  une  cfpece  de  boette  de  fer  mince  ,  qui  renferme  la  earniture 
d'une  Serrure.  ^ 

CLOISONNAGE,  ybyex  Pan  de  bois. 

CLOITRE  ,  du  latin  Claujlrum  ,  lieu  clos  ;  c'eft  dans  un  Couvent  un  Portique  qui  environ- 
ne un  Jardin  ou  un  Cimetière.     Celui  des  Chartreux  à  Rome  du  deiTem  de  Michel- Ant^e 
cft  un  des  plus  réguliers  pour  Ton  Architedure,  comme  celui  de  Saint  MichelwjBo/co  près 
de  Boulogne  ,  eft  confiderable  pour  l'excellence  de  fes  Peintures.  ;».  }  5  5 . 

CLOTURE  ou  ENCLOS.    Mur  ou  grille  qui  environne  un  efpace.    Ces  mots  fèdifent  par- 
ticulièrement des  murailles  qui  renferment  un  Monaftere.  p.ziS.  &  157. 

Clôture  de  choeur  d'egxise  ^  c'elt  dans  une  Eglife  une  fermeture  à  jour  ,  quifcparele 
Chœur  d'avec  la  Nef  &  les  Bas  cotez.     Hy  en  a  qui  fontfaitesdeMenuife'rieavec  fculp- 
ture,  comme  celle  de  l'Eglife  de  S.  Jacques  de  la  Boucherie:  ou  deferavecornemens 
lefquelles  font  à  prefent  le  plusenuiage  ,  comme  celle  de  S.  Euftache:  ou  enfin  de  Balu- 


_p.  lis.  &  }0y. 
CLOUS.  V.yeK  NEUDS 
COCHES.  roy^K  HOCHES. 

COEFRE  D'AUTEL;  c'eft  dans  un  Retable  de  menuiferie,  la  Table  d'un  e^^wre/ avec  l'Ar- 
moire qui  eft  au  dellous.  P/.  55.p.  1 55. 

GoîFRE  de  remplace.  Vbye:;,.    MAÇONNERIE. 

COIN,  eft  une  efpece  de  Dé  coupé  diagonalement  fuivant  le  rampant  d'un  Efcalier,  qUi 
fert  à  porter  par  en  bas  des  Colonnes  de  niveau  &  à  rachetter  par  en  haut  la  pente  de  l'Enta- 
blementqui  foutient un  Berce ;u  rampant ,  comme  à  l'Efcalier  Pontifical  du  Vatican.  Ces 
Coins  font  aulH  le  même  effet  aux  Baluftres  ronds  qui  ne  font  point  inclinés  fuivant  une 
Rampe,  comme  à  l'EIcaher  du  Palais  Roial.  f.  311,  On  peut  auiTi  donner  ce  nom  aux 
deux  portions  d'un  Timpan  renfoncé,  qui  portent  les  Corniches  rampantes  d'un  Eron- 
ton,  comme  il  s'en  voit  au  Fronton  cintré  du  Portail  de  l'Eglife  deS.  GervaisàParis^ 
pag.  -jô. 

GOLARIN.  FoyeK  CEINTURE  &  GORGERIN. 

COLET  DE  MARCHE;  c'elt  la  partie  la  plus  étroite  ,  par  laquelle  une  jl/^rcfee  tournante' 
tient  au  Noyau  d'un  Efcalier.  Pi.  64  B.  p.  189. 

COLLEGE,  c'eft  un  lieu  établi  pour  enfeigner  la  Religion,  &  les  Lettres  humaines ,  & 
c'eft  par  raport  à  l'Architedure  un  grand  Baftiment,  qui  confilte  en  une  ouplufie'urs 
Cours,  Chapelle,  Clafles  ,  &  Logemens  tant  pour  les  Penfionnaires  que  pour  les  Profef- 
feurs.  Le  Collège  des  PP.  Jefuitcs  àRome,  appelle  le  Coiicge  Romani  bafti  fous  le  Pape 
Grégoire  XIII.  fur  le  delTein  de  Barthélémy  Amannato ,  eft  un  des  plus  confîderables  pour 
k  beauté  de  fon  Architedure ,  comme  celui  de  la  Flèche  ea  Anjou  ,  elt  un  àts  plus  grands 
&des  plus  réguliers.  f>.  170.  &  3x1. 

COLOMBAGE.  Voyex  Pan  de  bois. 

COLOMBE.  Vieux  terme  qui  fignific  toute  Solive  pofée  debout  dans  hs  Cloifons  &  Pans  de 
bois  ,  d'où  a  été  izxi  Coiombage ,  Pi.  64  B.  p.  189. 

COLOMBIER.  Efpece  de  Pavillon  rond  ou  quarré ,  qui  a  des  boulins  daiis  toute  fa  hauteur 

i  pour  les  pigeons  que  l'on  y  tient  ;  &  lorfqu'il  eft  ifolé ,  Si  qu'il  porte  de  fonds  (ce  qu'on 
nomme  Co/oOTi/Vr  4 p/f(i)  il  eft  réputé  Seigneurial,  p.  518. 

COLONNADE.  On  appelle  ainfi  un  Peiift)le  de  fîguxe  circulaire  ,  comme  celui  du  petit 


.6  EXPLICATION   DES   TERMES 

Parc  de  Vcrfâilles  ,  qui  a  trente  deux  Colonnes  d'Ordre  Ionique ,  le  tout  de  marbre  folidc 
&  fatisincruftatioii.p.  504. 
Colonnade  polystyle,  celle  dont  le  nombre  de  Co/o)m«eft  fi  grand  ,  qu'on  ne  les  peut 
compter  d'un  (eul  afpecn:,  comme  la  Co/o^wa^f  delaPlacedeS.  Pierre  de  Rome  qui  a  184. 
Colonies  d'Ordre  Dorique  de  plus  de  quatre  pieds  &  demi  de  diamètre  ,  toutes  par  tam- 
bours de  Tevertin.  Le  mot  de  Poiyjiyle  vient  du  Grec  Po/j/^r/oj,  qui  a  beaucoup  de  Co- 
hnncs. 
COLONNAISON.     Terme  dont  M.  Blondel  s'eft  fervi  pour  fignifier  une  ordonnance  de 

Colonnes,  p.  ^04. 
COLONNE.  Éfpece  de  Pilier  de  figure  ronde  ,  compofe  d'une  Bafe ,  d'un  Fuft  &  d'un  Cha- 
piteau ,  &  fcrvant  à  porter  l'E-itablemcnt.   La  Co/oH«feft  différente  félonies  Ordres,  & 
doit  ctrc  confidcre'c  par  raport  à  fa  matière,  à  fa  conftruCtion  ,  à  fa  forme  ,  à  fadifpofî- 
tion  &c  à  fon  ulage.   Ce  mot  vient  du  Latm  Columna  ,  qui  a  été  fait  félon  Vitruve  de  Colti- 
mcn ,  Soutien,  p.  z.  PI.].  Sec. 
COLONNE  par  raport  aux  Ordres. 
Colonne  toscane  ,  celle  qui  a  fept  diamètres  de  hauteur  &  eft  la  plus  courte  &  la  plus  fim- 

pIcdesOrdics./j.6.P/.  1. 
Colonne  dorique,  celle  qui  a  huit  diamètres  ,  &  fon  Chapi'eau  &  fa  Baie  un  peu  plus  ri- 
ches de  moulures  que  la  roycj.^.'.  p.  18.  P/.7. 
Colonne  ionique,  celle  qui  a  neuf  diamètres  &  diffère  des  autres  par  fon  Chapiteau  quia 

des  volutes,  &  par  fa  Bafe  qui  lui  eft  particulière,  p.  ^6.P/.  15. 
Colonne  corinthienne,  la  plus  riche  &  laplusfvêlte,  quia  dix  diamètres  &  fon  Cha- 
piteau orne  de  deux  rangs  de  feiiillcs  avec  des  Caulicoles  ,  d'où  forteut  de  petites  volutes. 

p.  56.  P/.  14- 

Colonne  composite,  celle  cjui  a  auffi  dix  diamètres  &  deux  rangs  de  feuilles  à  fon  Cha- 
piteau ,  comme  au  Corinthien  ,  avec  les  Volutes  angulaires  de  l'Ionique,  p.yz.  P/.  30. 

COLONNE  par  rapon  à  ju  matière. 

Colonne  diaphane.  On  appelle  ainfi  tonte  Colowie  de  matière  tranfparente  ,  comme 
g'toient  celles  de  cnfta!  du  Théâtre  de  Scaurus ,  dont  parle  Pline  ,  &  celles  d'Albâtre  tranf^ 
parent  qui  font  dans  l'Eglife  de  S.  Marc  à  Venife  au  chevet  du  Chœur  d'en-haut ,  &  que 
rapporte  Boilfard  dans  fa  Topographie  de  Rome.  ibid. 

Colonne  d'eau,  celle  dont  le  Fuit  eft  forme  par  un  gros  Jet  d'fiï«  ,  qui  fortant  de  la  Bafe 
avec  impetuofïte' ,  va  fraper  dans  le  tambour  du  Chapiteau  qui  eft  creux  ,  &  en  retombant 
fait  l'effet  d'une  Colon'.e  de  criftal  liquide  ,  comme  il  s'en  voit  une  petite  à  la  ^(«^"/aJ'c^^- 
■veiro  pre's  de  Lisbonne  en  Portugal. 

Colonne  d'eau.  Terme  de  Fontainier  pour  fignifier  la  quantité'  d'fj.v  qui  entre  dans  le 
Tuyau  montant  d'une  Pompe  ^  ainh  on  dit  qu'une  des  Pompes  de  la  Machine  de  Marly  , 
qui  a  quatre  pouces  de  diamètre,  donne  une  Co/u;uifd'ta«  de  cette  grofîcur  ,  &  de  toute  U 
hauteur  du  Tuyau. 

Colonne  fusible.  On  comprend  fous  ce  nom  les  Colonies  non  feulement  de  divers  me'taux 
&  autres  matières  pjî6/fj  ,  comme  le  Verre,  &c.  mais  aullî  cel!e<;  de  pierre  qu'on  appelle 
fondue,  dont  quelques-uns  ont  voulu  croire  que  les  Anciens  avoicnt  le  fecret ,  &  dont  ils 
ont  mcine  fuppofe'  qu'c'toient  les  Co/o««e/ Corinthiennes  de  la  Chapelle  des  Fonts  Baptif- 
jnaux  de  la  Cathédrale  d'Aix  en  Provence,  celles  du  Triomphe  de  Riez  Evcché  du  même 
Païs  &  pliifîeurs  autres  j  mais  cela  paroît  impolîîble,  parce  que  leur  matière  eft  mcle'c  de 
diifcrciues  couleurs  Scconfiftenccs,  ce  qui  ne  fero.-tpasii  ces  pierres  e'tant  minérales  fedif- 
folvoient  par  l'opération  du  feu  :  Et  on  a  même  découvert  depuis  peuqueccsCo/om/fy  font 
d'une  efpece  de'Crauit,  dont  on  a  retrouvé  les  Carrières  fur  les  Côtes  du  Rhône  depuis 
Thain  jufqu'àCondricu.p.  110.  &  509. 

Colonne  hydraulique,  celle  dont  le  Fuft  paroît  de  criftal,  étant  formé  par  des  Napcs 
d'ciu  qui  toinbenc  de  ceintures  de  fer  ou  de  bronze  en  manicrc  de  bandes   à  égales 

diftan- 


D'ARCHITECTURE,  &:c.  57 

diftanccs  par  le  moyen  d'un  Tuyau  montant  dans  fon  milieu  ,  comme  aux  Pilaflres  à  joue 
de  l'Arc-de  Triomphe  d'eau  à  Verfailles.  On  ï)ommQa.n{ri  Colonne  Hydraulique ^  celle  du 
haut  de  Iac|uelle  fort  un  Jet ,  à  qui  le  Chapiteau  fert  découpe,  d'où  l'eau  retombe  par  une 
rigole  revêtue  de  glaçons ,  qui  tourne  en  fpirale  autour  du  Fuft ,  comme  les  Colonnes  Ioni- 
ques de  la  Cafcadc  de  Belveder  à  Frefcati  3c  celles  de  la  Vigne  Mathei  à  Rome.  PL  o  t .  tae. 

Colonne  métallique.  On  appelle  ainfi  toute  Colonne  frape'eou  fondue,  de  fer  ou  de  bron- 
ze ,  comme  les  quatre  Corinthiennes  antiques  de  cuivre  de  Corinthe  qui  font  à  l'Autel  de  la 
Croiléedefaintjeande  Latranà  Rome.  p.  iio. 

Colonne  moulée,  celle  qui  eft  faite  par  impaftation  de  gravier  &  de  cailloux  de  diverfes 
couleurs  ,  Uez  avec  un  ciment  ou  maftic  qui  durcit  parfaitement  &  reçoit  le  poli  comme  le 
Marbre  ,  dont  on  a  remarque'  que  les  Anciens  avoient  le  fecret ,  par  des  Colonnes  nouvelle- 
ment découvertes  pre's  d'Alger ,  qui  font  apparemment  des  ruines  de  l'ancienne  julia  C</â- 
rea,  ù.  fur  lefquelles  on  voit  une  même  Infcription  en  caraderes  antiques ,  dont  les  con- 
tours ,  lesaccens,  &:  les  fautes  mêmes  font  répétées  fur  chaque  Fuft  ;  ce  qui  eft  une  preuve 
inconteftable  que  ces  Colonnes  font  moulées. 

Colonne  pre'tieuse  5  c'eft  toute  Co/o>i«e  de  pierre  ou  de  marbre  rare  ,  comme  les  quatre 
du  grand  Autel  de  la  Chapelle  Pauline  à  Sainte  Marie  Majeure  à  Rome ,  qui  font  d'un  Tafpc 
oriental ,  &  comme  il  s'en  voit  aufTi  de  Lapis  ,  d'Avanturine ,  d'Ambre  ,  &c.  à  des  Ta- 
bernacles &  à  des  Cabinets  de  Marqueterie,  f .  3 1  o. 

•Colonne  de  rocaille,  celle  dont  le  noyau  de  tuf,  de  pierre  ou  de  moilon ,  eftrevéta 
de  pétrifications  &  coquillages  par  compartimens ,  comme  il  s'en  voit  à  quelques  Grotcs  Se 
Fontaines. 

■Colonne  de  treillage;  c'^ft  une  Co/owf  à  jour,  dont  le  Fuft  eft  fait  de  fer  ,  &d'e'cha- 
las ,  &  la  Ba(e  &  le  Chapiteau ,  de  bois  de  boilîèau  contourne'  félon  leurs  profils  ,  &  qui  ferc 
à  décorer  les  Portiques  de  Treillage ,  comme  les  Ioniques  du  Dôme  du  Jardm  de  Clagnv  , 
dudeflèindeM.  leNautre.  f.  197.  &  P/.  gj.p.  J07. 

COLONNE  par  raport  à  fa  confiruâion. 

Colonne  d'assemblage,  celle  qui  étant  faite  de  fortes  membrures  de  bois  aflèmblées ,  ca- 
lées, &  chevillées,  eft  creufe ,  faite  au  tour,  &  le  plus  fouvent  cannelée,  comme  les 
Colonnes  de  la  plupart  des  Retables  d'Autel  de  Menuiferie. 

Colonne  incrustée,  celle  qui  eft  faite  de  plufieurs  côtes  ou  tranches  minces  de  mar- 
bre rare  maftiquées  fur  un  Noyau  de  pierre  de  brique  ou  de  tuf ,  ce  qui  fe  fait  au- 
tant pour  épargner  la  matière  prétieufe  ,  comme  le  Jafpe  Oriental ,  le  Lapis ,  l'Aga- 
the ,  &c.  que  pour  en  faire  paroître  des  morceaux  d'une  grandeur  extraordinaire  par  la  pro- 
preté de  V Incrujiatien ,  quirendles  joints  imperceptibles  avec  un  maftic  de  même  couleur. 
P/,  91.  p.  ^05. 

Colonne  jumele'e  ou  gemelle'e,  celle  dont  le  Fuft  eft  fait  de  trois  côtes  de  pierre  dure 
pofées  en  déht  (à  l'imitation  des  trois  GfWf//fy  de  bois  qui  fortifient  le  grand  Maft  d'un 
Vaifleau)  &  retenues  par  le  bas  avec  des  goujons  &.  par  le  haut  avec  des  crampons  de  fer  ou 
de  bronze.  Elle  doit  être  cannelée  pour  rendre  les  joints  moins  fenfibles,  comme  les  qua- 
rte Co/o«>!ej  Corinthiennes  d'un  des  cotez  de  la  Cour  du  Château  d' Ecoiian  ,  dudelfeindc 
Jean  Bulan.  PI.  91.  p.  305. 

Colonne  de  maçonnerie,  celle  qui  eft  feite  de  moilon  bien  gifant  enduit  de  plâtre,  ou 
faite  de  brique  par  carreaux  moulez  en  triangle  &  recouverte  de  ftuc  ,  comme  il  s'en  voit 
àVenife,  ou  enfin  de  brique  apparente ,  comme  à  l'Orangerie  du  Château  de  Lonré  prés 
d'Alençon. 

Colonne  par  tambours,  celledont  le  Fuft  eft  fait  de  plufieurs  AlFifes  de  pierre  ou  Blocs 
de  marbre  plus  bas  que  la  largeur  du  diamètre  ^  c'eft  celle  qu'Ulpian  entend  par  Columnt 
jlruBilis  vel  adpacla ,  qui  eft  oppofée  à  Columna  Jolida  vel  intégra  ,  c'cft-  à-dire  Colonne  d'u- 
ne feule  pièce,  p.  }oz.  P/.  91. 

Tome  II.  H  Cg- 


^S  EXPLICATION   DFS   TERMES 

CoLOMNB  PAR  TKo.NçoNs  celle  qm  eft  faire  de  deux,  trois  ou  quatre  morceaux  de  mérre 
oudeiT.arbrcdiiFerensdesTambours  parce  qu'ils  font  plus  hauts  que  la  larceurdS  d  f 
metrc  Je  la  Cdome  :  ou  de  Tronçons  de  bronze  chacun  d'un  ,et ,  dont  les  iointsWrecou' 
pT^r;  rx"&To7         "'"'  ^""'^  ^^  ^'^""'"  ^^^^^idaquinde^.Pieri.ïwc: 

'^^"rr^'^'r  df-^'^r  '  '''^'  ^"L'^  faite  de  diverfcs  matières,  comme  de  marbre ,  depier. 
re,  &c.  dupofces  par  tambours  de  diiferentcs  hauteurs  &  couleurs,  les  plus  bas  fervant 
de  bandes  ou  de  ceintures  qui  excédent  le  nu  du  Fuft  de  pierre  qui  ell  clnnelé',  amfi  ni  e 

de  maibre  &  es  tambours  de  pierre.  Les  plus  riches  fe  peuvent  faire  toutes  de  marbre  d'une 
cou.eur  pour  le  Fufi,  &  d'une  autre  pour  les  Bandes.  On  peut  auFi  appeller  Colonnes  vrZ 
toutes  celles  qu.  ont  des  ornemenspoltiches  de  bronze  doré    p!'^^^         Colonnes  Vur^f. y, 
COLONNE  par  raport  à  Ju  forme.  t  y--- 

"^^res^ave'c  ZclTcV"'  ^^''^''"  ^l  ^'1"^°"^,  ^°"^"^'  ^"  S./.,^..  ralongé  à  deux  poi- 
fn'.r  ChapKcau,  qui  fait  l'office  de  C./o.«e  d'une  manière  Gothique  &  peu 

^.ide  ,   comme  il   s  en  voit  d'attachces  dans  la  Cour  du  Château  de  Chantilly  &^au 

Archïealsc  bi^^^    O  "'""  ''  ''Hùrel  de  Ville  de  Toulon,  du  deH^n  de T -?u,ec 
Architeftc  ^  ScJpteur.  On  peut  encore  appeller  ainfi  les  Balujlrcs  de  clôture  dans  les  EàU- 

Colonne  bande  e  ,   celle  qui   a  d'efpace   en   efpace   des  Ceintures  ou  Ba.des  unies  ou 
fculpees  ,qm  excédent  le  nû  de  fon  Fuft  cannelé'  ,    comme  les  Colon.es  lonle    du 
Palais  desThuileries,  &  les  Compofites  du  Portail  de  Saint  Eî^icnne  du  Mo"  1  piris 
-t ..  95-  f-  507.  "• 

^Tm^Lf/  ^^^-^!.^.^^^,.^ellequi  ferr  à  l'Architedure  ,  d'un  fonds  de  Scu'pture  de 
iIp  Mî^  P°"'  ^^'^^  ^f''  de  la  Perfpeaive,  comme  il  s'en  voit  à  la  Chapdle  de 
Ja  Famille  des  Cornaro,  faite  par  le  Cavalier  Bernin  à  Sainte  Marie  de  la  V  do  re| 
?on  Fuft.  ;:r:o  ""^'P^^'"  C. W  c/e ^..- .././ ,  toute  CoW  qui  a  de  la  fcd^tTfu^ 

Colonne  cannele'e  ou  strie'e  ,  celle  qui  a  fon  Fuft  orne  de  Cannelures  en  toute  fa 
hauteur  ,  comme  les  Corinthiennes  du  Portail  du  Louvre  ,  ou  dans  Tes  deux  t  ers 
d  en  luut,  comme  les  Doriques  du  Portail  de  l'Eglife  de  S.  Gervai    à  Paris    p^.  a! 

Colonne  cannele'e-rudente'e  ,    celle  dont  les  cannelures  font  remplies  de  cables     d= 
onZ'.°%^'   baftons  par  le  bas  de  fon  Fuftjufques  au  tiers,  elle  les  C?W 

r^'Tjt.x  "     '  "' '"" ''°"°"'' '" ''^'''' ''  François M^if:;;: 

^  fla.mn's  Tu^l!-'.l""'nr''"  '  "'^'  t  t  '^""^  ^"  ''""'^"'"  d"  «^"^'"ens  de  feùillaaes  & 
fes  Wli/o  i?'"P'''^'f  ?"  ^"^^^  '^T  ^u^°"  P^  '"^^"^'^"  '  ^  quelquefois  aufli  d?petiî 

voitTl'S^  '^"°^'^''^^'  d^'^"^^'  ^^-   comme /s'en 

voit  a  1  Ordte  Ionique  desThuileries,  &  aux  grands  Autels  des  EaHfes  du  S  Sepulchre^- 
de  Petits  Auguftins  du  Faubourg  S .  Germain  à'Pans.  Cette  forte  Se  c/w  corne  k  par^ 
ticuherement  aux  ouvrages  de  Menuifcrie.  P/.  ço  p  loi  ^o/o««e convient  par- 

COLONNE  A  CANNELURES  TORSES  ,  celle  dont  le  fuft  droit  ,  eft  entouré  de  cannelures 
catf  &  Pr;rd""  '"   ^^S-/?-'^  en  forme  de  vis.   Elle  convient  aux  Ord    s  d^^^ 

^  GoTiiqueTp?,';^;;:  3ot  '"  ""'  '"  ""''"'"  "  '^"""""'  """^  ^"  ^^^^^^^ 

^Inc^'  '-^^i^"^^^ '/elle  qui  eft  d'une  fi  prodigieufe  grandeur ,  qu'elle  ne  peut  entrer 
œ^mcT^tr^T  '^:A^^5'^-'^"-  '.  "--  doit  e/?re  Solftaire  au  miLu  de  que  qu   pface 
comme  la  Colonne  Trajanc  de  proportion  Dorique  &  de  pro^Tofcan  ,  qu:  l  de  diamètre 

douze 


D'  A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E  ,  &-C.  55 

douze  pieds  &  un  huitième  fur  cent  pieds  de  haut  compris  la  Bafc  &  le  Chapiteau  ,  le  Pie- 
.  deUal  en  a  dixhuit  &  l'AmortilIement  Icize  &  demi,  qui  porte  une  Statue  de  bronze  de 
S.  Pierre  de  treize  pieds  de  haut ,  le  tout  faifant  1 47.  pieds  antiv-]ues  Romains  du  Capicole  , 
qui  reviemient  à  1 34.  pieds  &  5.  pouces  9.  lignes  de  nôtre  pied  de  Roy.  Cette  Colonne  qui 
fuft  baftie  par  Apotlodore  ,  n'ell  coinpoCce  que  de  trente  quatre  blocs  de  marbre  blanc  avec 
l'amortirtèment,  chaque  tambour  citant  d'une  pièce  ainfi  que  le  Chapiteau.  Lz  Colonne 
^ntonine  aufli  de  marbre  blanc  ,  quoiqu'inferieure  pour  la  beauté  de  la  Iculpture ,  elt  plus 
grande  que  la  rrtf/a«f&  elle  a  168.  pieds  jufques  fur  le  Chapiteau ,  outre  fept  pieds  de  fou 
Tiedeftaî  qui  le  trouvent  enterrez  au  dellbus  du  rez-de-chaullee  :  &  ces  1 7  5 .  pieds  antiques 
Romains  aulTi  du  Capitole  ,  en  font  1 58.  pieds  8.  pouces  7.  hgnes  du  pied  de  Roy.  Et  enfin 
.  la  Colonne  de  Londres  qui  n'cft  que  de  pierre ,  a  quinze  pieds  de  diamètre  fur  lot.  pieds  An- 
elois  de  hauteur ,  qui  reviennent  à  1 89.  pieds  4.  pouces  &  demi  de  Roy  ,  compris  le  Piede- 
ltal&  l'amortllfement.  f.  506.  P/.  95. 

Colonne  composée,   celle  dont  la  compofition  &  les  ornemens  font  extraordinaires  & 

ne  lailfent  pas  d'avoir  leur  beauté,  tant  à  caufe  de  la  nouveauté  que  du  <Tenie  de  l'Ar- 

.chitede  qui  y  paroit ,  comme  les  Co/o««a  Corinthiennes  du  Temple  de  Salomon  rapor- 

■  tées  par  Vilalpande  ,  &  comme  il  s'en  voit  dans  plufieurs  Baftimens  du  Cavalier  Boromi- 

ni  à  Rome.  p.  510. 

CotoNNE  coROLiTiQUE  5  Celle  qui  eft  ornée  de  feiiillages  ou  de  fleurs  tournées  en  lit^nc 
,  fjpirale  à  l'entour  de  fonPuft,  ou  par  couronnes  ou  par  Feftons  ,  comme  les  Anciens  s^en 
,  (ervoient  pour  y  élever  des  Statues  ,  qui  pour  ce  fujeteftoicnt  nommées  Coro/mjj/cy,  Ces 
Colonnes  conviennent  aux  Arcs  de -Triomphe  pour  les  Entrées  publiques  ,  &  aux  décora- 
tions de  Théâtre,  ibid. 

Colonne  oiMiNiiE'E,  celle  qui  efl:  fans  renflement ,  &  dont  la  diminution  commence  dés 
le  pied  de  fon  Fuft  à  l'imitation  des  Arbres,  comme  la  plulpurt  des  Co/on^ey  antiques  de 
granit,  &  particulieremenr  les  Corinthiennes  du  Porche  du  Panthéon,  p.  lOi. 

Colonne  en  vaisseau.  Gros  Pilier  Gothique  entouré  de  plufieurs  petites  Co/c;»wj  ou  Per- 
ches ifolées,  qui  reçoivent  les  retombées  des  nervures  des  voûtes,  comme  il  s'en  voit  aux: 
Bas-côtez  de  l'EgUfe  de  Nôtre  Dame  de  Pans ,  où  chacun  de  ces  Piliers  par  tainbours ,  eft 
entouré  de  douze  petites  Colonnes ,  qui  ont  environ  huit  pouces  de  diamètre  fur  vino-t  pieds 
de  hauteur  ,  &  font  la  plufparr  d'une  feule  pierre. 

Colonne  teinte,  celle  qui  par  la  peinture  plate,  ouderelief  fur  michaflîs  cilindrique, 
imite  le  marbre ,  &  dont  la  Bafe  Se  le  Chapiteau  font  dorez ,  ou  en  couleur  de  bronze.  Ces 
fortes  de  Colonnes  fervent  aux  Perfpecl:ives2<:  Décorations,  p.  j  lo. 

Colonne  TEÎiiLLiiE  ,   celle  dont  le  Fuft  eft  taillé  de  feuilles  de  refend  ou  d'eau  ,  quifèrc- 

•  couvrent  en  manière  d'écailles ,  ou  comme  les  feiiilles  de  la  tige  d'un  Palmier.  PL  95.  P, 
3  07.  &  5  09.  Il  s'en  voit  de  la  première  efpece  au  Temple  de  Trevi  prés  Spolette  en  Italie 
raporté  par  Palladio  Z/v.4.  Chap.  15. 

Colonne  ïusele  e  ,  cellequireflèmble  à  un/;//éa«,  parce  que  fon  renflement  eft  trop  fenfî- 
ble  &  hors  de  la  belle  proportion  ,  comme  les  Corinthiennes  du  Portail  de  l'E'TÎife  des  Filles 

•  de  Sainte  Marie  rué  S.  Antoine  à  Paris,  p.  185. 

Colonne  gothique  ;  c'eft  dans  un  Baftiment  Gothique  tout  Pilier  rond  ,  qui  eft  trop 
court  ou  trop  menu  pour  fa  hauteur  ,  aiant  quelquefois  jufqu'à  vingt  diamètres  fans 
diminution  ni  renflement,  ainli  fort  éloigné  des  proportions  antiques  &  fait  fans  règles. 

p.  lOi. 

Colonne  gresle,  celle  qui  eft  trop  menue  ,  &  qui  a  plus  deh::ureur  que  l'Ordre  qu'elle 
reprefenre,  comme  les  Co/o>i«f  5  d'Ordre  Dorique  de  la  Porte  de  l'Abbaye  de  Sainte  Gene- 
viève à  Paris,  qui  ont  neuf  diamètres  de  hauteur,  au  lieu  de  huit  qu'elles  devroientavoir> 
On  appelle  auiriCo/o>jNe^rf/?t-,  une  Colonne  de  la  plus  haute  proportion,  pig.  5. 

Colonne  hermétique.  Elpecede  Pilaltrecnmaincre  deTerme,  qui  au  lieu  de  Chapiteau 
a  une  tefte  d'homme.  CetceCo/owze  eftainfiappeiiée,  parce  que  les  Anciens  y  mctcoienc 

a  2.  u 


éo  EXPLICATION   DES  TERMES 

la  refle  de  Mercure  nommé  des  Grecs  Hermès.   Il  s'en  voit  deux  qui  approchent  de  cette  fi 
prc  ^  dont  le  Fuft  eft  en  gaine  ronde  dans  l'Eglife  de  S.  Jean  de  Latran  à  Pans  au  Ton> 
beau  de  M.  de  Souvrc  Grand  l'neur  de  France. 

Colonne  irreguliere  ,  celle  qui  eft  non  feulement  hors  des  proponions  des  cinq  Ordres 
mais  dont  les  ornemens  du  Fuft  &  du  Chapiteau  ,  font  de  mauvais  goût ,  confus  &  mis  fan' 
raifon,  comme  il  s'en  voit  à  quelques  Eglifes  qui  participent  de  l'Architedlure  Gothique 
&  de  1  Antique  ,  ainfi  que  'Eg life  de  Saint  Euftache  à  Pans ,  &  nui  ont  été  bâties  depms 
le  Reçue  de  Louis  XI  jufqu  a  celui  de  François  I.  fous  lequel  l' Arcl^icedure  Antique  a  fuc- 
cede  a  la  Gothique.  Il  fe  voit  encore  de  ces  Colonnes  meguLicres  dans  plufi£urs  Livres  d'Ar- 
chitedturc  Anglois,  Hollandois  &  Allemands.  û  r 

Colonne  lisse  ,  celle  dont  le  Fu(t  eil  uni  fans  cannelures  &  autres  ornemens  PI  i 
P'^^-  7-  •       .     . 

Colonne  marine  ,  celle  qui  eft  taillée  de  glaçons  ,  ou  de  coquillages  par  bandes  en 
bolfage  ou  continus  fur  la  longueur  de  fon  Fuft  ,  ou  bien  par  tronçons  en  manière 
de  manchons  ,  comme  il  s'ca  voit  à  la  Grote  du  Jardmde  Luxembourg  à  Pans  ' 
FI.  9j.p.  507.  &  309.  ^ 

Colonne  MASSIVE,  cellequieft  trop  courte  &  qui  a  moins  de  hauteur  que  l'Ordre  dont  elle 
porte  le  Chapiteau  ,  comme  les  Piliers  des  Egl.fes  Gothiques.  On  comprend  auffi  fous  ce 
nom  les  Colonnes  Tofcanes  &  Ruftiques.  /?.  5 .  &  P/.  9  5.  ;?.  507. 

Colonne  ovale  ,  celle  dont  le  Fuft  eft  aplati ,  fon  plan  eftant  ovale  pour  éviter  de  la  faillie, 
comme  il  s  en  voit  de  Corinthiennes  au  Portail  de  l'Eghfe  des  Pères  de  la  Mercy  à  Pans . 
cequieftneantmoins  unabusenArchitediure.  p.  304.  P/.  9z. 

Colonne  a  pans,  celle  qui  a  plufieurs  faces,  comme  l'ébau'che  d'une  Colonne  Dorique 
cannelée  ;  la  plus  régulière  en  a  huit ,  ainfi  que  celle  d'Ordre  Corinthien  ,  qui  a  efté  élevée 
fur  un  Piedeltal  dans  la  cour  des  Ecoles  pubhques  de  Boulogne  en  Italie ,  à  la  mémoire  du 
Cardinal  Louis  Ludovifi  ,  &  qui  porte  une  teftede  lanus  à  deux  vifat^es.  ibid 

Colonne  pastorale,  celledont  le  Fuft  eft  imité  d'un  tronc  d'arbre  avec  écorce&neuds 
parce  que  les  Colonnes  tirent  leur  origine  de  la  tige  des  arbres  qux  fervoient  à  la  conftruftion 
^es  Caoanes  des  premiers  Bergers.    Cette  efpece  de  Colonne  de  proportion  Tofcane  ,  peut 
lervir  aux  Portes  de  Parcs  &  de  Jardins,  comme  il  s'en  voit  dans  l'Architedure  de  Serlio. 
Elle  convient  auiïi  aux  décorations  des  Scènes  Paftorales.  p.  x.&cPl.  95.  p.  307.  &  309 

Colonne  renîle'e,  celle  qui  a  un  renflement  proportionné  à  la  hauteur  de  fon  Fuft^ 
comme  on  le  pratique  aujourd'hui  ,  parce  qu'il  ne  s'en  voit  prcfque  point  de  RenHée 
dans  1  Antiquité  ,  dont  les  Colonnes  de  granit ,  font  diminuées  dés  le  pied?  p.  100.  PJ  ;  o 

&  p.  104.  P/.  40.  ^  ^  •  )7' 

Colonne  Rodente'e  ,  celle  quiafur  le  nu defon  Fuft ,  des  i^(/é«/«m  de  relief ,  &chaqne. 
J^udenture  qui  fait  1  eftct  contraire  d'une  cannelure  ,  eft  accompagnée  d'un  petit  Liftel  Ùes 
cotez,  comme  les  Colonnes  Doriques  du  Château  de  Maifons  ,  &  les  Corinthiennes  de  la  Pa- 
roille  de  Barbantanepres  d'Avignon.  Les  Ouvriers  la  nomment  Colonne  embaftonnet. 

Colonne  RUSTIQUE  ,  celle  qiu  a  des  boflages  unis ,  ruftiquex  ou  piquez ,  ou  qui  eft  de  pro- 
portion Tofcane ,  comme  celles  de  la  Grote  de  Meudon  du  delleiii  de  Philibert  de  Lorme. 
p.9-&P/.  78.P-177. 

Colonne  serpentine.  On  peut  appeller  ainfi  une  Colmne  faite  de  trois  fcrpens  entortillez 
dont  es  teftes  fervent  de  Chapiteau,  commeils'en  voit  à  Conftantinople,  une  de  bronze 
dans  la  Place  appellee  ^tmetdan ,  qui  eftoît  autrefois  l'Hipodrome ,  que  Pierre  Gilles  ra- 
porte  dans  fes  Voïages  fous  le  nom  de  Delph,que ,  par  ce  qu'il  croit  qu'elle  avoit  fervi  à; 
porter  le  Trépied  d'Apollon  dans  le  Temple  de  Delphes:  EUe  eft  aujourd'hui  appclléedu 
Vulgaire  ,  le  Talijman  ou  la  Colon'ie  enchantée.  " 

Colonne  torse,  celle  qui  a  fou  Fuft  contourné  en  vis  arec  fix  circonvolutions  ,  &  qui  eft 
ordinairement  de  proportion  Corinthienne.  Vignolc  eft  le  premier  qui  a  trouvé  l 'inven- 
•fitndelatracerparregles.  p.  10^,  P/,4J. 

CoioN»^ 


D'ARCHITECTURE,  &c.  6i 

Colonne  torse  CANNEts'B  ,  celle  dont  les  Cannelures  fuivent  le  contour  JefouFiiften 
Ijo-ne  fpiralc  dans  toute  fa  longueur  ,  comme  il  s'en  voit  quelques-unes  antiques  de  Porphi- 
rc  &  autre  marbre  dur.  P/.  9  3 .  p.  507. 

Colonne  torse  orne'e,  celle  qui  eitant  cannelle  par  le  tiers  d'enbas ,  a  fur  Icreftedcfon 
Fuft  des  branchages  &  autres  oriiemens ,  ainfi  que  les  Co/omxci  de  Saint  Pierre  de  Rome  & 
du  Val  de  grâce  à  Paris  :  ou  celle  qui  eftant  toute  de  marbre  ,  eft  enrichie  de  Sculpture  de- 
puis le  bas  jufqu'en  haut,  comme  les  Colonnes  de  marbre  blanc  de  la  même  Egiifc  de  S.  Pier- 
re, &  celle  du  Tombeau  d'Anne  de  Mommorency  Conêtable  de  France  dans  la  Chapelle 
d'Orléans  aux  Celef tins  de  Paris,  p.  iio.P/.  41. 

Colonne  torse  evidee,  celle  qui  e(t  faite  de  deux  ou  trois  tiges  grefles  tortille'escnfem- 
ble  de  manière  qu'elles  laiffent  un  vuide  au  milieu  ,  comme  il  s'en  voit  de  bois  à  trois  tiges 
à  la  Clôture  du  Chœur  de  l'Eglife  des  Cordeliers  de  Nancji ,  &  de  marbre  faites  au  tour  à 
des  Tabernacles  &  Cabinets  ,  aulîi-bien  qu'aux  encôgnures  de  quelques  Tombeaux  8c  Au- 
rds  antiques,  que  l'on  conferve  dans  quelques  Galeries  &  Cabinets  de  Curieux,  p.  5D4. 
P/.91.&  95. p.  507.  &  31C. 

CoLOMNE  TORSE  RuDENTEE  ,  cclIc  dont  le  Fuft  cft  couvert  de  i^/t/f>jr«rf/ en  manière  de  ca- 
blés  menus  &  gros  qui  tournent  en  vis,  comme  il  s'en  voit  à  pluiieursTombeau.'î  antiques 
&  au  Portail  du  Dôme  de  Milan.  P/.  95  f.  307. 

COLONNE  par  raport  à  fa  difpofition. 

Colonne  solit  aire.  On  appelle  ai ufi  toute  Ca/ora?  qui  eftéleve'e  pour fervir  de  Monument, 
&  e(t  feule  dans  quelque  Place  publique,  comme  la  Trajane  &  V^^ntonine  à  Rome,  &c. 

p.  J06.P/.95-, 
Colonne  isole'e  ,  celle  qui  n'eft  attache'e  à  aucun  corps  dans  Con  pourtour.  PL  t. 

pag.  7. 

Colonne  adosse'e  ou  engage'e,  celle  qui  tient  au  mur  par  le  tiers  ou  le  quart  de  fon  dia- 
mètre. P/.  5. p.  II. &  304.  PL  91. 

C«LONNE  niche'e  ,  Celle  dont  le  Fuft  ifole'  entre  de  fon  demi-diametre  dans  le  parement 
d'un  mur  creufe'  parallèle  par  fbn  plan  à  la  faillie  du  Tore ,  comme  au  Portail  de  S.  Pierre  > 
au  Capitole  à  Rome  ,  &  à  l'Hôtel  Seguier  à  Paris,  p  i8i.  &  304.  P/.  9t. 

Colonne  angulaire  ,  celle  qui  eft  ifole'e  à  l'encôgnure  d'un  Porche  ,  ou  engage'e  au 
coin  d'un  Bâtiment  en  retour  d'e'querre  ,  ou  même  qui  flanque  un  angle  aigu  ou  ob- 
tus d'une  Figure  à  plusieurs  cotez  ,  comme  à  la  Fontaine  S.  Benoift  à  Paris.  PL  z. 
p.  7.ScP/.9x.p.  305. 

Colonne  attic^ue  ;  c'eft  félon  Pline  un  Pilaftre  ifole'  à  quatre  faces e'gales  &  de  la  plus  hau- 
te proportion  comme  Corinthienne.  P/.  9x.  p.  305.&  311. 

Colonne  îlanc^oee,  M.  Blondel  dans  fon  Cours  d'Architedure,  appelle  ainfi  une  Co/o««e 
engage'e  de  la  moitié' ou  d'un  tiers  de  fon  diamètre  entre  deux  demi-pilaftres,  comme  il 
s'en  voit  au  Portail  de  l'Eglife  de  Saint  Ignace  du  Collège  Romain,  p.  304.  P/.  <)i. 

Colonne  double'e,  celle  qui  eft  jointe  avec  une  autre  ,  en  forte  que  les  deux  Fufts  fe  pénè- 
trent environ  du  tiers  de  leur  diamètre,  comme  il  s'en  voit  dans  les  quatre  Angles  de  la 
Cour  du  Louvre,  ibid. 

CoLONN  E  LIEE,  Celle  qui  eft  attache'e  à  une  autre  par  un  corps  ou  languette  de  certaine  e'paifl- 
feur-,  ou  à  un  Pilaftre  fans  confufion  de  Bafes  ni  de  Chapiteaux ,  comme  il  s'en  voit  à  la 
Colonnade  de  la  Place  de  Saint  Pierre  à  Rome,  ibidem. 

Colonnes  accouplées  ,  celles  qui  font  deux  à  deux  ,  &  qui  fe  touchent  prefque  par 
leurs  Bafes  &  leurs  Chapiteaux  ,  comme  au  Portail  du  Louvre,  pag.  13.  &  PL  9^1. 
pag.  305. 

Colonnes  rares,  celles  qui  ont  entre  elles  beaucoup  d'efpace  ,  comme  l'Arazoftyle de 
Vitruve.  p.  9. 

Colonnes  serre'es,  celles  entre lefquelles  il  y  a  peu  d'efpace,  comme  le  PycBoftyle  de 
Yicruvt.  iW. 

H-  3  GoLOîf- 


tS^  EXPLICATION  DES   TERMES 

Colonnes  cantonnées,  celles  qui  font  engagées  dans  les  quatre  encôffiiures  cî'mi  Pilier 
quarrc  pour  loùtenir  quatre  retombr'es  ,  conant  i!  s'en  voit  d'Ioniques  à  un  des  Veftibu- 
les  du  Louvre  du  côté  de  la  Rivière  ,  du  dellcin  du  Sieur  Le  Veau  premier  Architedle  du  Roi. 
fa^^.  304.  PL  92. 

Colonnes  groupe'es,  celles  qui  fur  un  même  Piedeftal  ou  Socle,  font  trois  à  trois  ,  com- 
me à  la  Place  des  Viâioires ,  ou  quatre  à  quatre ,  coaune  au  Porche  de  la  Sorbonne  du  dcf- 
lein  du  Sieur  le  Mercier  premier  Architeéle  du  Rci.  ibid. 

Colonnes  médianes.  Vitruve  nomme  Co/;.'w^  wrJ/z?;^  les  deux  Colonnes  du  milieu  d'un 
Porche  qui  ont  leur  Entre-colonne  plus  large  que  les  autres  i  de  forte  que  iî  ceux-ci  Tout 
Pycnollyles ,  celui  des  Médianes  e(t  Eudyle. 

Colonnes  majeures;  ce  font  dans  les  Façades  les  grandes  Co/o«>jfi  qui  regiflênt  l'Ordon- 
nance &  font  accompagnées  de  Adinture^  ou  beaucoup  moindres  qu'elles  reufcnneut ,  com- 
me font  les  Corinthiennes  du  Portail  de  Saint  Pierre  de  Rome  qui  ont  huit  pieds  S^  quatre 
pouces  de  diamètre,  au  refpedl  des  Ioniques  de  granit  &  de  marbre  de  trois  pieds  Se  un  auarc 
dcgrofTeur.  P/.  Si.piî^^.  185. 

COLONNE  p.ir  raport  à  fon  ufage. 

Colonne  astronomique.    Efpece  d'Obfervatoire  en   forme  de  Tour  fort  élevée  ,  ou 

l'on   monte  par  une  Vis  à  une  Sphère  arrnillairc  pour  obferver  le  cours  des  Aftres , 

comme  il  s'en  voit  une  d'Ordre  Dorique  à  l'Kôtel  de  Soillbns  à  Paris,  bâtie  par  Ca- 

.  therine  de   Medicis  pour  les  obfervations   d'Oronce  Fine  célèbre  Aftronome.   PI.  95. 

Colonne  belliq.ue  ;  c'étoit  chez  les  Romains  une  Co/o,>!Wf  élevée  devant  le  Temple  de  Ta- 
luis  au  pied  de  laquelle  le  Conful  venoit  déclarer  la  guerre  en  jettant  un  javelot  du  côté  de  la 
Nation  ennemie.  On  peut  ainfi  nommer  les  Colonnes  de  proportion  Tofcane  &  Dorique  eu 
forme  de  Canons  ,  dont  on  décore  les  Portes  d'une  Place  de  guerre ,  ou  d'uji  Arccnal,  com- 
me les  Co/o;»;fy  de  la  Porte  de  celui  de  Paris,  ibid.  Se  p.  309. 

Colonne  chronologique,  celle  qui  porte  quelque  Infcription  Hiftorique  félon  l'ordre 
des  temps,  comme  félon  lesLultres,  Olimpiades,  Faftes  ,  Epoques,  Eres,  Annales,  &c. 
Il  fe  yoyoit  des  Colomies  de  cette  forte  à  Athènes ,  fur  lefquelles  PHilloire  de  la  Grèce  étoit 

.    traitée  f  uivant  les  Olimpiades  chacune  de  quatre  années,  pag.  307. 

Colonne  creuse,  celle  qui  a  en  dedans  un  Efcaiier  à  vis  pour  monter  jufques  au  deflus, 
commehColonneTrajane,  dont  l'Elcalier  à  noyau  a  18 5.  marches,  &:efl:  éclairé  par  43. 
petites  Fenêtres,  &  l'-^>i/o/i;He  un  autre  de  198.  marches  avec  56.  Fenêtres  ;  ces  deux  Efca- 

.  liersfont  taillez  dans  les  Tambours  de  marbre  blanc.  La  Colonne  de  feu  à  Londres ,  a  auïïi 
un  Efcalier  à  vis  ,  mais  qui  efl:  fufpendu.    Ces  fortes  de  Colonnes  font  appeliées  des  Latins 

■  Cohimnx  Cochlides ,  de  Cochlidium  ,  un  Elcalier  en  Limaçon .  Il  y  a  une  autre  efpece  ds  Co- 
lonie creuje  de  bronze  ou  de  fer ,  qui  échaufée  par  un  Fourneau  ,  fert  de  Poêle  dans  un  lieu 
-qu'elle  décore  ,  comme  il  s'en  voit  d'Ordre  Corinthien  dans  une  Etuve  en  forme  de  petit 

.  Salon  rond  ,  au  Château  de  Dampicrrc  à  quatre  lieues  de  Paris.  On  peur  aufll  appeller  Cc- 
ionne  creuje^  toute  Colonne  de  métail ,  &  même  les  Souches  de  Cheminées  Cilindriques. 
P/.  gi./».  505.&  P/.  95.p.  307.    K'jvc^  Souche  ronde. 

Colonne  crucifère  ,  s'entend  de  toute  Colonne  de  quelque  figure  ou  de  quelque  Or- 
dre qu'elle  (oit  ,  qui  porte  une  Croix  Se  c(è  pofée  fur  un  Pie'deftal  ou  fur  des  deo-rez 
pour  fervir  de  Monument  de  pieté  dans  les  Cimetières,  dans  les  Places  publiques  , '''de- 
vant les  Eglifes,  fur  les  grands  chemins,  &■  quelquefois  ailleurs  pour  marauer  un  évé- 
nement fmgulier.  ^ 
Colonne  funéraire,  celle  qui  porte  une  Urne,  où  l'on  fuppofe  que  font  renfermées 
les  cendres  d'un  Défunt  ,  &  dont  le  Fuft  eli  quelquefois  femé  de  larmes  ou  de  fiâ- 
mes ,    qui    font   les   Symboles  de  la  Tnilefle  &  de  l'Immortalité  ,  comme  la  Colonne 

..qui  porte  le  coeur  de  françoisU.  dans  la  Chapelle  d'Orléans  aux  Celeftuis  à  P^js.  P/.  93! 
f-}07.&5C9.  • 

CoLON"- 


D' A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E  ,   &c.  (fv 

GoLOMNE  GENE.ALOGiQUH  ,  celle  Joiu  le  Fuft  eft  en  forme  d'Arbre  Ge^fii/o^/yz/f  ,  qui  porce 
à  fes  branches  qui  l'entourcnr,  lesChifres,  Armes,  Medail'es  ou  Tortraics  d'une  Famille, 
comme  il  s'en  voie  une  dans  i'Eg'ilc  des  PP.  Benedidlinsde  Soiiillac,  où  ily  apluGeurs 
Perlonnages  en  Bas  relief. 

Colonne  gnomoniqpe.  Ci'indre  où  font  marque'es  les  heures  par  l'ombre  d'un  ftile. 
II  y  en  a  de  deux  foitcs  :  L'une  donc  le  ftile  ell  fixe  &  où  les  iicrnes  horaires  ne  fonc 
qu'une  projedlfoa  du  Cadran  verncal  fur  une  furface  cylindrique  ,\om m.-  à  ia  Colon- 
ne qui  cft  defTuiée  dans  la  Puiiche  95.  L'autre  dont  le  ftile  eft  mobile  &  dont  les 
hgnes  horaires  font  tracées  fur  les  différentes  hauteurs  du  Soleil  dans  les  dilferentcs  par- 
ties de  l'année  :  Celle  du  J.-.rdin  Royal  des  Plantes  à  Pans  eft  de  cette  dernière  cfpece. 
On  y  peut  joindre  pour  an.oitiflcmeut ,  un  autre  Cadran  du  nombre  de  ceux  qui  fc  pofcnc 
fur  un  Piedertal ,  tels  que  fonc  un  globe ,  une  coquille ,  un  corps  taillé  à  facettes ,  &c.  FI. 
93.p.;^.  507.&:?09. 

CoioNNES  HEBRAÏQUES  OU  MYSTERIEUSES.  On  appelloit  ainfî  les  deux  Colonnes  du  Ve- 
ftibule  du  1  emple  de  Salomon  ,  dont  l'une  à  droite  fe  nommoit  '^dchtn  ,  qui  figni- 
fîe  fouhaic  ,  &  l'autre  à  g.iuche  Boo:;.  ,  force  &  vigueur  ,  c'eft  à-dire  qu'elles  mar- 
quoient  le  fouhait  de  Salomon  pour  la  perpétuité  de  ce  Temple.  Ces  deux  Cclonnes 
qui  étoient  de  bronze  couvert  de  lames  d'or  avec  des  Chapiteaux  de  fculpture  &  qui 
avoient  vingt  coudées  de  hauteur  fur  deux  de  diamètre,  &  par  confequent  la  proportion 
Corinthienne,  fervoient  de  modelle  pour  toutes  les  autres  qui  étoient  de  marbre  blanc 
au  rez-de-chaullée  des  Cours  &  Portiques  du  Temple,  p.  198.  Fôye^  yilalpande  Tom.  i, 
i/v.  5.  C/?.  48. 

Colonne  héraldique,  celle  qui  a  fur  fonFuft  les  Armes  &  Blafons  des  Alliances  de  la  per- 
fonnepour  qui  elle  elt  élevée  ,  qu'on  peut  accompagner  de  Cartouches  avec  Chifres,  De- 
vifes  &  Lifcriptions.  Cette  efpece  de  Colonne  dont  on  voit  pluiieurs  gravées ,  convient  aux 
Sépultures  ,  aux  Décorations  d'Entrées ,  de  Fêtes  publiques ,  &c.  il  y  a  deux  Pilaftres  de 
cette  efpece  dans  la  Chapelle  de  Roftaing  à  S.  Germain  l'Auxerrois. 

Colonne  historiql'e  ,  celle  dont  le  Fuit  eil  orné  d'un  Bas-rel:ef  qui  monte  en  lignefpirale 
dans  toute  fa  hauteur  &  contient  l'Hiftoire  d'un  grand  Perfonnage  ,  zoiiivaclz  Trajane  Se 
V t^ntonine  iKomt.  Lz  Colonne  Hijiorique  fe  peut  encore  traiter  par  fujetsfeparez  en  Bas- 
reliefs  par  bandes  de  la  hauteur  des  Tambours  en  manière  de  Frifes  tournantes  avec  des  lii- 
fcriptions au  droit  des  joints   ^.306.  P/.95. 

Colonne  honorable.  On  peut  appcller  ainfi  les  Colonnes  Statuaires,  comme  celles  qui 
étoient  élevées  dans;  le  Céramique  prés  d'Athènes  ,  en  l'honneur  des  Flommes  illuftres 
mort  au  fervice  de  l'Etat ,  &  qui  portoient  leurs  Statues  avec  des  Infcriptions  remplies  de 
titres  avantageux .  Oi]  peut  auflî  comprendre  fous  ce  nom  les  Colonnes  où  font  attachées  des 
marques  honorables  de  dignité,  &  même  des  Armes  de  Provinces,  de  Villes ,  ou  de  Fa- 
milles ,  comme  la  Dorique  qui  ell  fur  le  Tombeau  des  Seigneurs  de  Caftelan ,  fait  par  AI. 
Girjrdon  dans  l'Eglife  de  S.  Germain  des  prés  à  Paris,  p.  307. 

Colonne  i>dicative,  celle  qui  fert  à  marquer  les  m.arées  le  long  des  Côtes  Maritimes  de 
rOcean .  Il  s'en  voit  une  de  marbre  au  grand  Caire ,  où  les  debordemens  du  Nil  l'ont  mar- 
quez par  des  repères,  &  s'ils  font  conliderables ,  commelorfque  l'eau  monte  jufqu'à  13. 
pieds ,  c'eft  un  fîgne  de  grande  fertilité  pour  l'Egypte,  p.  309. 

Colonne  instructive  ,  celle  qui  félon  Jofeph  Liv.  i.  Ch.  5.  fut  élevée  par  les  Fils 
d'Adam  ,  &  fur  laquelle  étoient  gravez  les  principes  des  Arts  &  des  Sciences.  M. 
Baudelot  dans  (on  Livre  de  l'Utilité  des  Voïages  ,  raporte  que  le  Fils  de  Pififtrate  en 
fit  élever  de  cette  efpece  ,  qui  étoient  de  pierre  &:  qui  contenoienc  les  préceptes  de  l'A- 
griculture. 

Colonne  itinéraire  ,  celle  qui  étant  à  pans  &  pofée  dans  le  Carrefour  d'un  grand 
Chemin,  lert  à  en  enfcigner  les  différentes  routes  par  des  Infcriptions  gravées  furchacua 
de  fes  pans. 

Colon- 


<?4  EXPLICATION  DES   TERMES 

Colonne  lactaire;  c'ctoità  Rome  fdonFeftus,  une  Co/onw  élevée  dans  le  Marche  aux 
herbes  ,  aujourd'hui  la  Place  Montanaray  qui  «voit  dans  Ton  Pie'deftal  un  lieu ,  où  les  pe- 
tits enfans  abandonnez  de  leurs  parens  par  difecte  ou  par  inhumanité ,  e'toient  expofez  pour 
être  élevez  aux  dépens  du  pubiic. 

Colonnes  légales  ;  c'étoient  chez  les  Lacederaoniens  des  Colonnes  élevées  dans  des  Places 
publiques  ,  où  étoient  gravées  fur  des  Tables  d'airain  ,  les  Loix  fondamentales  de  l'Ecar. 
Paulienus  félon  M.  Baudelot,  raporte  qu'Alexandre  le  Grand  trouva  une  Ca/o««e  d'ai'- 
rain  dans  le  Palais  de  Cyrus  ,  fur  laquelle  ce  Roi  de  Perle  svoit  fait  graver  les  Loix 
qu'il  avoit  établies. 

Colonne  limitrophe,  celle  qui  marque  les  Limites  d'un  Roïaume  ou  d'un  Pa'is  con- 
quis ,  comme  les  Colonnes  qu'Alexandre  le  Grand  ,  au  raport  de  Pline  ,  fît  élever  aux  ex- 
tremitcz  de  l'Inde.  Quant  à  celles  à' Hercules  ^  vulgairement  appellées  Colonnes  ^  ce  ne 
font  que  deux  Monugnes  fort  efcarpées  au  Détroit  de  Gudes  aujourd'hui  de  Gibraltar, 
fd^.  509. 

Colonne  lumineuse,  celle  qui  eft  faire  d'un  chaflîs  cyhndrique  couvert  de  papier  huilé  ou 
de  gafe  rouge,  en  forte  qu'aiant  au  dedans  des  lumières  par  étages,  elle  paroît  toute  de 
feu.  Cette  Colonne  fe  fait  encore  par  divers  rangs  de  lampes  ou  de  bouo-jes,  qui  tour- 
nent à  l'entour  de  fon  Fuft  par  ceintures  ou  en  ligne  fpirale  fur  un  Fefton  de  fleurs  continu 
&  même  (iir  un  Fuft  à  jour ,  comme  celle  d'Ordre  Tofcan  qui  fut  élevée  devant  le  Château 
de  Verfailles  pour  les  divertificmens  que  le  Roy  donna  à  fa  Cour  en  1 674.  L'invention  en 
eftoit  de  M.  Vigarani.  p.  5 1  o. 

Colonne  manubiaire  ,  ànLznn  Manubix -,  les  dépoiiilles  des  Ennemis.  On  peut  appeller 
ainfi  une  Co/o>;«f  ornée  de  Trophées  &  élevée  à  l'imitation  des  arbres,  où  l'on  attachait 
anciennement  les  dépouilles  des  Ennemis. 

Colonne  memoriale,  celle  qui  eft  élevée  pour  quelque  événement  fino-ulier,  comme 
il  s'en  voit  une  à  Londres  dans  le  Marché  au  poillbn  en  mémoire  de  l'Incendie  de  cet- 
te ville  ,  arrivé  en  1 666.  laquelle  eft  d'Ordre  Dorique  cannelée  ,  creufe  avec  un  Efcaher  à 
vis  fufpendu ,  &  eft  terminée  par  un  tourbillon  de  flames  ,  c'eft  pourquoi  elle  eft  appellée 
Colonne  de  feu.  Il  s'en  voit  encore  une  autre  en  forme  d'Obelifque  fur  le  bord  du  Rhin  dans 
le  Palatinat ,  en  mémoire  du  fameux  Paflage  de  ce  Fleuve  par  Guftave  Roi  de  Suéde  avec 
fon  Armée. 

Colonne  meni  ane  ,  fe  peut  dire  de  toute  Colonne  qui  porte  en  faillie  un  Balcon  ou  Meniane 
comme  il  y  en  a  dans  la  Cour  du  Château  de  Verfailles  ,  par  raport  à  cette  efpcce  de 
Colonne  ,  dont  l'origine  félon  Suétone  &  Afconius  ,  vient  de  ce  qu'un  certain  Menius 
aiant  vendu  fa  matlbn  à  Caton  &  Flaccus  Confuls  pour  faire  un  Edifice  public ,  fe  refcrra 
le  droit  d'y  avoir  une  Colonne  au  dehors  ,  qui  portât  un  Balcon  d'où  il  pût  voir  les 
Spedacles.  P/.  45.^.115.  &  509. 

Colonne  militaire,  celle  fur  laquelle  eftoit  gravé  le  dénombrement  des  Troupes  d'une 
Armée  Romaine  pjr  Légions  félon  leur  rang ,  pour  conferver  la  mémoire  du  nombre  de 
Soldats  &  de  Tordre  qui  avoir  efté  employé  à  quelque  Expédition  militaire,  p.zii  Vbye^ 
Boijfardic^nt.  Lib.y.fol.ioi.  ' 

Colonne  milliaire;  c'cftoit  anciennement  une  Colonne  de  marbre  qu'Auc^ufte  fit  éle- 
ver au  milieu  du  Marché  Romain,  &  d'où  l'on  comptoit  par  d'autres  Co/o««fi7l//7/wrJ, 
efpacées  de  mille  en  mille  fur  les  grands  Chemins,  la  diftance  des  Villes  de  l'Empire.  Cet- 
te Colonne  de  marbre  blanc  ,  eft  la  même  qu'on  voit  aujourd'hui  fur  la  Baluftrade  du  Perron 
du  Capitole  àRome  ,  &  eft  de  proportion  maflîve  en  manière  de  court  Cylindre  arec  la  Ba- 
ie, le  Chapiteau  Tofcans ,  &  une  Boule  de  bronze  pour  amortillèment,  quieft  lefymbole 
du  Globe  tcrreftre.  Elle  eftoit  appellée  Millurium  aureum  ou  Milliaire  doré ,  parce  qu'Au- 
gufte  l'avoit  fait  dorer,  ou  du  moins  fa  Boule  d'amortillèment ,  &  elle  a  efté  reltauréc 
par  les  Empereurs  Vefpafien,  Traj^n,  &  Adrien,  comme  il  paroift  par  fes  infcri prions. 
p.  i85.&P/.93._p.  }07.&30f».  ^ 

Colon- * 


D'ARCHITECTURE,   &.T.  6? 

CoLONME  l'HOSPHORicLUE  ,    du  Grcc  Phofphoros ,  Porte- lumière.    On  peut  appclîcr  aiiifî 
uneCo/oi'if  creiifeà  VIS,  élevc'e  fur  un  Ecueil,  ou  fur  le  bout  d'un  Mole,  pour  fervir  de 
Fanal  à  un  Port ,  &  aulTi  toutes  les  Colonua- ,  qui  dans  les  Fefles  ,  RejouilTanccs  &  Places 
publiques  ,  portent  des  feux  ou  des  lanternes  ,  comme  les  Colonnes  groupées  de  la  Place  des 
Vidoires  à  Paris,  p.  507. 
Colonne  rostrale  ,   celle  qui  eft  orne'c  de   Poupes  &:  de  Proiies  de  VaifTeaux  &  de 
Galères  avec  ancres  &  grapins  ,    en  mémoire  d'une  Vidoire  navale  ,  comme  laTof- 
ca>ie  qui  e(l  au  Capitole  ,    ou  pour  marquer  la  dignité  d'amiral  ,    comme  les  Dori- 
ques qui  font   à  l'entrée  du  Château  de  Richelieu  du  dcfl'em  de  Jacques  le  Mercier. 
P.ZS4.  Se  PI.  93.  p.  307. 
Colonne  sepulchrale  ;  c'eftoit  anciennement  une  Colonne  e'ieve'e  fur  un  Scpidchre  ou 
Tombeau  avec  une  Epitaphe  gravée  fur  fon  F uft.   Il  y  en  avoir  de  grandes  qui  fervoienc 
aux  Tombeaux  des  perfonnes  de  dirtincbion ,  &  de  petites  à  ceux  du  Commun;  celles-ci 
eftoicnt  appellées  des  Latins  StcU  Se  Cïppi.  On  peut  aujourd'hui  donner  le  nom  de  Co/ow/c 
Sepulchrale ,  à  toutes  les  Colonnes  qui  portent  des  Croix  dans  les  Cimetières ,  ou  qui  fervent 
d'ornement  aux  Mauzolées.  p.  509. 
Colonne  statiiaire  ,  celle  qui  porte  une  Statué ,  comme  la  Co/ow;f  que  le  Pape  Paul  V.  2 
fait  élever  fur  un  Piédeftal  devant  l'Eglife  de  Ste  Marie  Majeure  à  Rome  ,  &  qui  porte  une 
Statué  de  la  Sainte  Vierge  de  bronze  doré    Cette  Colonne  qui  a  efté  tirée  des  ruines  du  Tem- 
ple de  la  Paix  ,  &  dont  le  Fuft  d'un  feul  bloc  de  marbre  blanc  ,  a  5 .  pieds  8 .  pouces  de  dia- 
mètre fur  49.  pieds  &  demi  de  hauteur,  eft  d'Ordre  Corinthien  S:  cannelée,  p.  506.  PL  93. 
On  peut  aufli  appeller  Colonne  Statuaire  ,  les  Caryatides ,  Perfans  ,  Termes  &  autres  Figu- 
res humaines  qui  font  l'office  de  Co/owwfi^ ,  comme  celles  du  gros  Pavillon  du  Louvre  ,  Se 
que  Vitruve  nomme  Telamoncs  Se  atlantes. 
Colonne  symbolique,  celle  qui  par  des  anribus  defigne  une  Nation  ,  comme  une  Co/o);>je 
d'Ordre  François  femée  de  Fleurs  de  Lis ,  ainfi  qu'il  s'en  voit  au  Portail  de  l'Eglife  des  PP. 
Jefuïtes  à  Roiien  :  ou  quelque  action  mémorable  ,  commch  Colonne  Corvine^,  contre  la- 
quelle eftoit  un  Corbeau,  &  qui  fut  élevée  i  Falerius  Maximiis  Curnommé  Corvinus ,  en 
mémoire  de  la  défaite  d'un  Géant  par  le  moïen  d'un  Corbeau ,  ainfi  que  le  raporte  M.  Fcli- 
bien  dans  fes  Principes  des  Arts  Liv.  i.  Ch.  5,   On  comprend  auffi  fous  le  nom  de  Colonnes 
Jymbcliques ,  celles  qui  fervent  de  >Sjyw/)o/f,  comme  il  s'en  voit  une  fur  la  Médaille  de  Né- 
ron ,  qui  marque  la ftabilité  de  l'Empire  Romain,  p.  506.  P/.  95.&P.  3 1 1. 
Colonne  triomphale,  celle  qui  eftoit  élevée  chez  les  Anciens  en  l'honneur  d'un  Héros, 
&  dont  les  joints  des  Tambours  eftoient  cachez  par  autant  de  Couronnes  qu'il  avoir  fait  de 
différentes  Expéditions  militaires ,  &  chacune  de  ces  Couronnes  avoit  fon  nom  particuher 
chez  les  Romains  ,  comme  Paliijaire ,  qui  étoit  bordée  de  pieux  ,  pour  avoir  forcé  une  Pa- 
liffade.  Murale,  qui  étoit  ornée  de  Créneaux  ou  de  Tourelles,  pour  avoir  monté  a  l' AfTaut  : 
Navale,  de  Proiies  &  Poupes  de  VailTeaux ,  pour  avoir  vaincu  fur  Mer  :  Obfidionale  ou  Gra- 
minale ,  de  la  première  herbe  qu'on  trouvoit  &  que  les  Latins  appelloient  Gnzwf»,  pour 
avoir  fait  lever  un  Siège  :  Civique-,  deChcfne,  pour  avoir  ôté  des  mains  de  l'Ennemi ,  un 
Citoyen  Romain  :    Ovante  -,  de  Myrthe  ,  qui  marque  l'Ovation  ou  petit  Triomphe  :  Sc 
Triomphale  y  de  Laurier  pour  le  grand  Triomphe.   Procope  raporte  qu'il  fut  élevé  dans  la 
Place  appellée  :^^KÇ«/?fww/,  devant  le  Palais  Impérial  de  Conftantinople ,  une  Colonne  de 
cette  forte  qui  portoicla  Statue  Equeftre  de  bronze  de  l'Empereur  Juftinien.  p.)o6.  PL<)i. 
Colonne  zophorique,  du  Grec  Zoop/;oror,  Porte-animal;  c'eft  une  efpece  de  Co/o«nf  fta- 
tiiaire  ,  qui  porte  la  figure  de  quelque  animal ,  comme  l'une  des  deux  Colonnes  an  Port  de 
Venife,  fur  laquelle  eft  le  Lion  de  faint  Marc,  les  Armes  de  la  République.   Il  s'en  voit 
auffi  une  à  Sienne ,  qui  porte  la  Louve  qui  alaiteRemus&  Romulus.  p.  50e. 
COLOSSE,  fe  dit  d'iuie  Figure  du  double  du  naturel  &  au  dcfliis,  comme  les  Co/o^j  du  So- 
leil à  Rhodes,  des  Empereurs  Néron  &  Commode  ,  dont  il  refte  quelques  parties  dans  la 
Cour  du  Capitule  à  Rome.  Cololjc  le  dit  auiîi  d'uu  Batimeut  d'une  grandeur  extraordinaire. 
Tome  IL  \  comme 


66  EXPLICATION   DES  TERMES 

comme  croient  Jes  anciens  Amphichcatres ,  les  Pyramides  d'Egypte  ,  &c.  Ce  mot  vient 
du  Grec  KoIj^os  .,  compofé  de  iiQo/o/,  grand,  &c  ofjos  ^  œil,  c'elt  àdiregrand  ala  vcuë. 
p.  21.  146.  &  506. 

COMBLE,  du  Latin  C;//wzf«,  Sommet ,  ou  C»/w;a,  Chaume;  c'eft  la  Charpenterie  en  pen- 
te &  la  garniture  d'ardoife  ou  de  tuile  qui  couvre  une  Mailbn.  On  l'appelle  auiïi  Toit ,  du 
Latin  Teâum  fait  de  Te^ere ,  couvrir,  p.  1 86.  P/.  64  A.  &c. 

Comble  pointu  ,  celui  dont  la  plus  belle  proportion  eft  un  triangle  e'quilateral  par 
fon  profil ,  &:  qu'on  nomme  aulli  à  deux  égouts.  ibid.  Vitruve  l'appelle  TeBum  dfjplu- 
yiatum. 

Comble  a  pignon  ,  celui  qui  efl:  foutenu  d'un  mur  de  pignon  en  face  ,  comme  les  deux  de 
la  grande  Salle  du  Palais  à  Paris,  p.  18^.  Lat.  Tccium  peclinatum . 

Comble  a  croupe,  celui  qui  eft  à  deux  areftiers&  avec  un  ou  deux  poinçons.  P/.  64  A. 
p.  187.&C.  Ileft  appelle' daiis  Vitruve.  Tecinm  tejiudinatum. 

Comble  de  pavillon  ,  celui  qui  eft  à  deux  croupes  &  à  un  ou  deux&  n.ême  à  quatre  poin- 
çons ,  comme  ceux  des  Pavillons  angulaires  du  Chireau  des  1  huileries,  ibid. 

Comble  coupe'  ou  brise',  celui  qui  eft  couipofe  du  vrai  Comble  qui  eft  roide ,  &  du 
Faux-Comb.c  qui  eft  couché  &  qui  en  fait  la  panie  Aipcueure.  On  l'appelle  aalfi 
Comble  à  la  Alanfarde -,  par  ce  qu'on  en  attribue  l'invention  a  Erançois  Manfard  célè- 
bre Architede.  ibid. 

Comble  a  te';rasse,  celui  qui  au  lieu  de  terminer  à  un  Faifte  ou  un  Poinçon  ,  eft  coupé 
quarrcment  à  certaine  hauteur  &  couvert  d'une  Tcrrujje  quelquefois  avecgardefou  ,  comme 
aux  Pavillons  du  Palais  d'Orléans  dit  Luxembourg,  p.  zi  5 . 

Comble  en  dôme,  celui  dont  le  plan  eft  quatre  &  le  contour  cintré  ,  comme  au  Louvre  & 
au  Château  de  Richelieu.  P/.  64  A.  p.  187. 

Comble  rond,  celui  dont  le  plan  eft  ro/id  ou  ovale  &  le  profil  en  pente  droite  ,  comme  ceux 
des  Salons  de  Vaux  &  de  Rincy  ,  du  delleindu  Sieur  le  Veau.  p.  111. 

Comble  a  l'impériale,  celuidont  le  contour  eft  en  manière  de  Talon  renverfé,  comme 
à  la  Pompe  de  Chantilly ,  appellée  le  Pavillon  de  Manfc.  PL  64  A.  p.  1 87. 

Comble  plat,  celui  qui  n'eft  pas  plus  haut  que  la  proportion  d'un  Fronton  triangulaire  , 
comme  il  fe  pratique  en  Italie  &  dans  les  Pays  chauds  ,  où  il  tombe  peu  de  neige, 
p.  184.  P/.  8i. 

Co.MBLE  A  POTENCE.  Efpece  d'Apcutis  fait  de  deux  ou  plufieurs  Demifcrmes  d'afiemblage, 
le  tout  porté  fur  le  mur  contre  lequel  il  eltadodé.  Lat.  Ticium  compiuvium. 

Comble  en  patte  d'oye.  Efpece  d'Auvent  à  pans  &  à  deux  ou  trois  areftiers  pour  cou- 
vrir dans  une  Cour  ,  un  Puits ,  un  Prelfoir  ,  &c. 

Comble  entra  pete',  celui  qui  ayant  une  large  bafe  eft  coupé  pour  en  diminuer  la  hau- 
teur ,  &  couvert  d'une  Terralle  de  plomb  un  peu  élevée  vers  le  milieu ,  ouil  y  a  d'efpace 
en  efpace  des  Trapes ,  qu'on  levé  pour  donner  du  jour  à  quelque  Corridor,  ou  pièces 
interpofées ,  qui  feroient  obfcures  fans  cette  invention.  Il  y  en  a  qui  prétendent  qu'il 
faut  dire  En:rape:^é  au  lieu  d'Entrapetc,  patce  que  le  profil  de  cette  foite  de  Cjwi/e ,  eft^ 
un  Triipe:te.  p.  5  H- 

COMMLTN  ;  c'eft  chez  le  Roy  &  les  Princes  ,  un  corps  de  Baftiment  avec  Cuifines  & 
Offices  ,  où  l'on  apprefte  les  viandes  pour  les  Tables  des  Officiers  ,  comme  le  grand 
Commun  du  I{o!  à  Verfailles ,  qui  eft  un  grand  Baftiment  ilblé  ,  double  en  fon  pourtour 
avec  une  Cour  quarrée,  dans  lequel  logent  quantité  d'Officiers.  Il  eft  du  delleindeM» 
Manfart.  p.  5^1- 

COMPARTIMENT  ;  c'çft  la  difpofition  de  Figures  régulières,  formées  de  lignes  droites 
ou  courbes  &  parallèles ,  &  diviféesavec  fvmmetrie  pour  les  Lambris,  les  Plafonds  de  plâ- 
tre, de  ftuc,  de  bois.  Sec.  &c  pour  les  Pavemens  de  pierre  dure,  de  marbre,  de  inoIa'fque,&:c. 
Il  y  en  a  de  grands ,  comme  aux  Dômes  de  S.  Pierre  du  Vatican  à  Rome  &  de  S.  Loiiis  des 
Invalides  à  P^ns ,  &  de  petits ,  comme  ks  Polygones,  p.  j }  5 .  &:c, 

COM- 


D'ARCHITECTURE,  &c.  &7 

■CoMPARTiMENs  POLYGONES,  ceux  qui  foiu  formez  de  figurcs  rcgulicrcs  &  rcpctees ,  qui 
peuvent  eftre  comprifes  dans  un  cercle  ,  comme  les  Conipartimcns  quurrc:^  du  Pan:heon  , 
Jes  Lofantes  du  Temple  de  la  Paix  ,  &  de  ceux  du  Soleil  &  de  la  Lune ,  raportez  dans  Palla- 
dio :  les  R^nds  de  l'Eglife  de  S.  Pierre  du  Vatican  •  les  Ovales  de  S.  Charles  Alli  Catinari  : 
les  Hexagones  de  S.  André  du  Noviciat  des  PP.  Jefuïtes  à  Monre-cavallo  ,  &  du  Dôme  de 
Sainre  Marie  de  la  Paix  à  Rome  :  les  Oâo^ones  du  Val  de  grâce  &  de  l' AlTbmption  à  Paris  : 
&  enfin  les  Ocîogones  croife:^  de  l'Eglife  de  Saint  Charles  des  quatre  Fontaines  à  Rome. 

P/.  ioi.p.U5-&345- 
Compartiment  de  riIes  ,   fe  dit  de  la  diftribution  régulière  des  R^/ë/ ,  Ifles  &:  Quartiers 

d'une  Ville,  comme  celles  de  Richelieu  &  de  Verfailles.  p.  55<>. 
Compartiment  de  tuiles  ;   c'eft  l'arangement  avec  fîmmetrie  de Twi/fi blanches,  rou- 
ges &  vernilTées  pour  la  décoration  des  Couvertures  des  Combles,  ibid. 
CoMPARTiMENS  DE  VITRES;  ce  font  Ics  différentes  figures  dont  les  Panneaux  des  Vitres 
blanches  ou  peintes ,  font  compofez.  p.  117.  &  5  3  5. 

CoMPARTiMENS  DE  PARTERRE;  ce  font  Ics  différentes  pieccs  ,  qui  donnent  la  forme  à  uii 
Piir/f rrc  dans  un  Jardin.  P/.  65  A.  p.  191.  &  191. 

COMPAS.  Inftrument  de  Mathématique  compofé  de  deux  branches  alTemblées  par  un  de 
leurs  bouts  en  charnière  qui  forment  la  tête  du  Compas.  Il  fert  à  prendre  &  donner  des  me- 
furesiSc  à  tracer  des  cercles,  p.  iij.  &  51.  Lat.  Circïnus. 

Compas  d'Apareilleur  ,  celui  dont  chaque  branche  de  fer  d'environ  deux  pieds  de 
longueur  ,  ell  plate  &  droite  avec  une  pointe  ,  &  qui  fert  aux  ^pareillcurs  8c  Tail- 
leurs de  pierre ,  pour  tracer  les  Epures  8c  les  Pierres.  Il  fert  auffi  à  prendre  les  Angles 
gras  &  maigres,  c'efl  pourquoy  on  l'appelle  communément  Fdi<ffe-E<jiierre.  PI.  66  A. 
p.i57.&i58. 

Compas  a  pointes  changeantes,  celui  dont  l'une  ou  les  deux  po;«/fi  fedéitiontent  pour 
y  en  mettre  d'autres,  comme  pointes  à  divifer ,  qui  font  les  ordinaires,  pow^f  en  porte 
crayon  ,  pointe  à  tracer  à  l'encre ,  pointe  en  roulette  pour  marquer  des  lignes  pondiiées  > 
pointe  à  couper  ,  pointes  courbes  ,  &c.  p.  558. 

Compas  de  division  ,  celui  qui  par  le  moïen  d'une  vis  tarodée  de  deux  grolfeurs  l'une 
plus  déliée  que  l'autre  &  traverfant  deux  petits  cilindres  mobiles  dans  le  milieu  de  fes  bran- 
ches ,  s'ouvre  &  fe  ferme  tant  &  fi  peu  que  l'on  veut,  pour  (^myer  une  ligne  en  autant  de 
partie; ,  qu'on  fait  faire  de  mouvemens  à  la  vis.  ibid. 

Compas  a  quart  de  cercle,  celui  qui  a  une  portion  de  Cerc/e  attachée  vers  lemilietï 
d'une  de  fes  jambes  &  concentrique  à  fa  tête,  l'autre  jambe  étant  librement  traverfée  par 
cette  portion  de  Ccrrlc  ,  &  s'y  arrêtant  aux  endroits  qu'on  veut  par  le  moïen  d'une  vis  qui  la 
ferre  dellus.  Cette  forte  de  Compas ,  fert  pour  arrêter  une  meliire  qu'on  veut  repérer  plu- 
fieun;  fois.  ibid. 

Compas  courbe',  celui  qui  a  les  deux  branches  coj^rèfi-  l'une  contre  l'autre  ,  &  fert  à  pren- 
dre les  mefures  de  tout  corps  rond  ou  cilindrique  ,  comme  d'une  Boule  ,  d'une  Colonne  ^ 
d'un  Vafe,  &c.  &  à  y  tracer  des  cercles,  ibid. 

CoMP.  s  DE  REDUCTION  ,  celui  qui  étant  compofé  de  deux  branches  croifées  &  mou- 
vantes fur  un  centre  fixe  ,  forme  quatre  pointes  ou  jambes ,  dont  les  deux  petites  op- 
pofées  aux  deux  plus  grandes,  fervent  à  réduire  route  mefure  capable  de  la  plus  gran- 
de ouverture,  à  la  moitié,  au  tiers,  ou  au  quart  félon  la  longueur  pioporiionnée  de 
ces  jambes.  Le  Compas  de  B^iuciion  uiiiverfel  ,  eft  différent  en  ce  que  le  centre  ou 
bouton  qui  en  eft  mobile  ,  glille  dans  les  rainures  à  jour  des  deux  branches  prelquc 
du  haut  en  bas  &  s'arrêtant  par  une  v!s  ,  donne  moïen  de  réduire  fur  toutes  les  fortes 
■de  proporrions  marquées  le  long  de  chaque  branche  ;  mais  il  n'ell  pas  fi  feiu:  que  l'au- 
tre, parce  que  la  moindre  altération  ,  foit  courbure,  ou  émoullnre  qui  arrive  aux  jambes 
ou  pointes  du  Compas ,  les  divifions  marquées  Jcilus  pour  ûnectr  le  clou  >  ne  fe  trouvent 
plus  juftes.  ibid, 

I  2.  Ce.-;- 


<^S  EXPLICATION   DES   TERMES 

Compas  d'e'paisseor  ou  Double  compas,  celui  qui  eft  fait  de  deux  branches  en  S.  ar- 
rérc'espar  leiu:  milieu  ,  en  forte  qu'elles  forment  un  8.  de  chifre  e'tant  ferme'es ,  &  un  X. 
ctant  ouvertes.  Ce  Compas  fert  à  prendre  de  certaines  épaifjeHrs ,  comme  celle  d'un  Va(e 
qui  auroit  les  bords  plus  épais  que  fon  milieu  ,  dont  on  conuoît  ïcpatjfcur  par  l'eloigne- 
mcnt  des  deux  pointes  qui  n'embialfent  pas  le  Vafe.  ibid. 

Compas  a  trois  branches,  celui  qui  outre  fes  deux  Zjr<zw/jf5  ordinaires  ,  en  a  une  troi- 
Hc'me  attachée  au  milieu  de  la  tête  ,  dans  laquelle  elle  a  deux  mouvemcns  qui  fervent  à  l'e'- 
Joigncr  ou  à  l'approcher  de  tout  feus  des  deux  autres  ^i-^/îc/rfi^,  pour  raporter  fur  un  Plan, 
toutes  fortes  de  Triangles  ,  auifi  que  le  Compas  à  quatre  branches ,  toutes  fortes  de  Quadri-- 
latcrcs  incgulicrs.  ib)d. 

Compas  a  verge  ou  a  trusquin  >  celui  qui  eft  compofe'  d'une  Kr^f  quarree  ,  comme, 
celle  d'un  Trii/quin  de  Mcnuilîer ,  fur  laquelle  gliirent  deux  boëtes  qui  portent  chacune  une 
pointe  &  qu'on  arrête  où  l'on  veut  par  le  moïen  d'une  vis.  Ce  CowpiZj  eft  beaucoup  plus, 
fcur  pour  toutes  fortes  d'opérations  ,  que  ceux  à  charnière  ,  parce  que  fes  pointes  toujours 
parallèles,  quelques  éloignées  qu'elles  loicnt ,  ne  font  point  fujettes  à  trembler,  e'tant 
courtes.  On  peut  faire  de  grands  Cowpa;  de  cette  forte  avec  de  longues  règles  pour  tracer 
les  Epures  des  pièces  de  Trait,  ibid. 

Compas  elliptique,  celui  qui  a  une  verge  comme  le  Cowp<2j- à  Trufquin ,  une  pointe  à 
tracer  à  une  de  fes  extremitez,  &  à  l'autre  deux  boëtes  arrêtées  avis ,  que  l'on  peut  éloi- 
gner ou  approcher  Tune  de  l'autre  pour  tracer  l'Ovale  plus  ou  moins  alonge'e  ;  chacune  de 
CCS  deux  boëtes  a  un  pivot ,  qui  entre  jufte  dans  deux  rainures  ou  couUllès  qui  fe  coupenc 
a  angle  droit  dans  une  croix  qui  fert  de  pied  à  ce  Compas  ,  &  qu'il  faut  fixer  &  arrêter  à  l'en- 
droit où  l'on  veut  tracer  par  les  quatre  pointes  qui  font  aux  extremitez.  L'ad:ion  de  ces 
deux  pivots  dans  leurs  coulilTes ,  eft  de  changer  continuellement  la  longueur  de  la  verge  du 
Compas  ,  afin  de  tracer  la  Ligne  Elliptique,  ibid. 

Compas  de  proportion,  celui  qui  eft  compofe  de  deux  règles  de  cuivre  ,  qui  s'ouvrenr 
&  fe  ferment  fur  un  centre  &  qui  ont  fur  leurs  faces ,  d'un  côte'  trois  fortes  de  lignes  tra- 
cées, i<^zsoiz  ctWt  àts  Parties  égales  t  pour  la  divifion  des  Lignes  droites  :  celle  des  P/^z;;/ , 
pour  la  mefure&r  la  divifion  des  Surfaces:  &  celle  des  Po//^o«f/ ,  pour  l'infcription  des  Fi- 
gures régulières  dans  le  Cercle.  De  l'autre  côte' font  trois  autres  lignes ,  fçavoir  celle  des 
Cordes ,  pour  la  mefure ,  defcription  Se  divifion  des  Angles  :  celle  des  Solides  ,  pour  la  me- 
lure  Se  la  divifion  des  corps  :  &  celle  des  Métaux ,  pour  connoître  la  proportion  de  leur  pe'- 
fanteur.  Les  Lignes  d'une  branche ,  re'poudent  à  celles  de  l'autre ,  &  leurs  ufages  ont  été 
expliquez  par  Henrion  &  Deshayes.  tbid. 

COiÛPASSER  ;  c'eft  prendre  des  mefures  &  divifer  des  ligues  en  parties  e'gales  avec  le  Com- 
pas,  pag.  555. 

COMPOSITE.   roye:z  ORDRE  COMPOSITE. 

CONCAVE  ,  fe  dit  de  la  fuperficie  intérieure  d'un  corps  orbiculaire  ,  comme  d'une 
Voûte  fpherique  ,  &  c'eft  ce  que  les  Ouvriers  nomment  Creux ,  Courbé  ,  ou  Cambré, 
Pl.-\:pùg.j.8cz7,<). 

CONCHOIDE.  Efpece  de  ligne  courbe ,  dont  on  (ê  fèrt  pour  tracer  le  contour  de  la  Colon- 
ne, &  qui  a  été  inventée  par  Nicomede  Géomètre  de  l'Antiquité,  pag.  104.  P/.  40.  Fôyez 
Ligne  conchoïde. 

CONCLAVE  ;  c'eft  par  raport  à  l'ArchitecSure  dans  le  Palais  Pontifical  du  Vatican ,  une 
diftribution  de  quelques  grandes  Salles  en  Corridors  &  Cellules  faites  de  planches  avec  un 
retranchement  dans  chacune  pour  les  Conclavijies  :  Elles  fervent  de  logement  aux  Car- 
dinaux pendant  la  Vacance  du  Saint  Siège  pour  l'Election  d'un  Pape.  La  principale  pièce  du 
Conclave ,  eft  la  Chapelle  Sixte,  où  les  Cardinaux  s'aflemblent  pour  faire  le  Scrutin.  Le  mot 
de  Conclave ,  vient  de  ce  que  les  Cardinaux  y  font  enfermez  à  la  clef  &  feuremeat  gardez. 

?''.?•  n 6- &  5  57- 
CONDUITE  D'EAU  j  clt  une  fuice  de  Tuyaux  pour  conduire  l'caii  d'un  lieu  a  un  autre, 

&ç[ui 


D'ARCHITECTURE,  8cc.  69 

&  nui  prend  Ton  nom  de  Ton  diamètre;  c'eft  pourquoi  on  dit  une  Conduite  de  fer  ou  de  plomb 
de  hx ,  de  douze  ,  Je  dix-hui:  pouces ,  &c.  fur  tant  de  toifcs  de  longueur,  p.  114.  Toute 
Conduite  d'eau  elt  appelle'e  df  Vùruve  Canalis  jiruciilis. 

Conduite  de  plomb,  celle  qui  elt  faite  de  pi  ufieurs  Tuyaux  de  p/omt ,  moulez  ou  foudcz 
de  lon<T  &  emboicez  avec  nœuds  de  foudure,  ibid. 

Conduite  de  îer,  celle  qui  e(l  faite  de  Tuyaux  de /èr  fondu  par  tronçons  de  trois  pieds  de 
lono-  chacun.  Ceux  qu'on  nomme  à  brtde  ,  tiennentbout-à-boutpar  leurs  oreillons  avec 
un  cuir  intcrpofc  qu'on  ferre  avec  des  vis  Se  des  écrous.  Les  Tuyaux  à  manchon ,  ont  aurti 
trois  pieds  francs  fans  comprendre  fix  pouces  à  chaque  bout  d'emboitement  l'un  dans  l'au- 
tre ,  par  lequel  ils  s'encaftrent  avec  du  maftic  ou  de  la  filafle. 

Conduite  de  terre,  ou  de  poterie,  celle  qui  eft  faite  de  Tuyaux  de  ferre  ou  de  grais 
cuit ,  &  dont  les  morceaux  de  trois  à  quatre  pieds  de  long  fur  quatre  à  fix  pouces  de 
Jari;e  au  plus,  s'encalhcnt  les  uns  dans  les  autres,  &  font  recouverts  de  maltic  à  leur 
jointure  fur  l'ourlet.  Cette  forte  de  Conduite  eft  la  meilleure  pour  les  bonnes  eaux, 
parce  qu'étant  vernilTée  par  dedans,  le  limon  ne  s'y  attache  pas.  C'eft  ce  que  Vitruve 
nomme  Tubt  ftfiiies. 

Conduite  de  tuyaux  de  bois,  cellequieft  faite  ordinairement  de  Tiges  de  &o;V  d'Aune 
ou  d'Orme  creufées  de  leur  longueur ,  qui  emboîtées  les  unes  dans  les  autres ,  font  recou- 
vertes de  poix  aux  jointures ,  commeils'en  voit  à  Chantilly  ,&  ailleurs. 

CONE,  du  GrecJ<;o«o5,  Pomme  de  pin;  c'eft  un  corps  dont  le  plan  eft  circulaire ,  &quifè 
termine  en  pointe.  PL  "[.p.]. 

CONFESSIONNAL;  c'eft  dans  une  EgUfe  ou  une  Chapelle  ,  un  morceau  de  Menuifene  , 
compofé  d'un  Siège,  ouTiibuiul  quelquefois  fermé  à  jour,  &  couvert  d'un  Dôme  ou 
Chapiteau  ,  avec  un  Prie-Dieu  de  chaque  côté  pour  la  Confejjion  auriculaire  :  le  tout 
porté  fur  un  Marche-pied.  Les  plus  riches  ConfeJJionnaux ,  font  ornez  d'Architedure  &  de 
Sculpture,  p.  ^41. 

CONGE'  ou  NAISSANCE  ;  c'eft  un  adouciffement  en  portion  de  cercle  ,  comme  celui  qui 
joint  le  Fuft  à  la  Ceinture  de  la  Colonne.  On  le  nomme  auiïi  zJpophyge ,  qui  en  Grec  figni- 
fîe  fuïte  ,  &  Efcape  ,  du  Latin  Scapui ,  le  Tronc  d'une  Colonne.  P/.  5 .  p.  1 5. 

CONOIDE.  Corps  qui  ne  diffère  du  Conc ,  qu'en  ce  que  fa  bafe  eft  une  ellipfe. 

CONSOLE  ,  du  mot  ConfoLider  ,•  c'eft  un  ornement  en  faillie  taillé  fur  la  Clef  d'une  Arcade ,' 
&  qui  ailleurs  fert  à  porter  des  petites  Corniches,  Figures,  Buftes,  Vafes,  &c.  P/.  5  7.  p. 1 6-7. 
&c.  Vitruve  appelle  les  Confoles,  ^ncones. 

Console  avec  enroulemens  ,  celle  qui  a  des  Volutes  en  haut  &  en  bas.   P/.  50.  fag. 

Consoles  arase'es  ,  celles  dont  les  enroulemens  afleurent  les  cotez  ,  comme  il  s  en 
voit  fous  le  Porche  de  la  Sorbonne.  Ces  Confoles^  font  appellées  par  Vitruve ,  Prothy- 
rides ,  du  Grec  Tnyrion ,  une  Porte  ,  parce  qu'elles  fervent  à  la  décoration  des  Portes^ 
p.  118.  P/.47. 

Console  gravée,  celle  qui  a  des  Glyphes  ou  Grav/irer.  P/.  45.^.115. 

Console  plate,  celle  qui  eft  en  manière  de  Mutule  ou  Corbeau ,  avec  Glyphes  &  Goûtes, 
p.  188.  P/.  84, 

Console  en  encorbellement,  £è  dit  de  toute  Co?j/ô/e ,  qui  fert  à  porter  les  Meniane» 
&  Balcons  ,  &  qui  a  des  enroulemens  ,  nervures  &  autres  ornemens  qui  la  font  dif- 
férer du  Corbeau  ,  comme  celles  du  Balcon  du  Palais  Roial  du  côté  du  Jardin  à  Pa-* 
ris.  f.88. 

Console  coude'e  ,  celle  dont  le  contour  en  ligne  courbe ,  eft  interrompu  par  quelque  angle 
ou  partie  droite.  P/.  65  D.  p.  ii  9. 

Console  renverse  e  ;  toute  Con/ô/f ,  dont  le  plus  grand  enroulement  eft  en  bas  &  fert 
d'adouciffement  dans  les  ornemens. 

CoNSoLS  RAMPANTE ,  ccUc  qui  fuit  la  pciite  d'un  Fronton  pointu  ou  circulaire  pour  en. 

j  5  fcûtenit 


70  EXPLICATION   DES   TERMES 

foûcenir  les  Corniches  ,  comme  au  Portail  latéral  de  l'Eglife  de  Saint  Germain  des  prez    & 
au  grand  Autel  de Sanite Croix  delà  Bretounene à  Pans. 

Consoles  adossées.  Peat  enroulement  de  Serrurerie  en  manière  de  doubles  ConColes 
PI.  44  A.  p.  117.  '       * 

Console  en  adoucissement.    Voye^  Pilier  butant  en  console. 

CONSTRUCTION  ;  c'eft  l'Art  de  bâtir  par  raport  à  la  matière.  Ce  mot  fi^nific  auffî  l'ou- 
vrage bau.    La  Sainte  Chapelle  de   Pans  elt   un   Bâtiment   d'une  hardie  Conihuaioru 

Construction  de  pièce  de  trait;  c'eft  le  dëvclopement  des  lianes  raloneées  du  Plan 
par  raport  au  Profil  d'une  Pi^ce  de  Trait.  p.i]6.  &c.  ° 

<:ONT(}UR  ;  c'efl:  la  ligne  qui  marque  l'extrémité  Se  la  forme  d'un  corps  ,  comme  le  Cor" 
tour  à  une  Coloime  ou  d'un  Dôme.  P/-  59.p.  loi.  &  P/.  64  B.  p.  i  89, 

CONTOURNER  ;  c'eft  donner  de  la  grâce  &  de  l'art ,  à  ce  que  l'on  defline  à  la  main,  com- 
me aux  Enroulemens,  Rinceaux,  &c.  Et  M  al-contourner  j  c'eft  deiliner  hors  de  pro- 
portion ,  ou  avec  des  jarrets,  p.  91.  *     - 

CONTRACTURE.  Foye^  DIMINUTION. 

CONTR'ALLEE.  VbycK  ALLEE. 

CONTRASTER,  àaLi.nn  Co,trajïare,  être  à  l'encontrc  ;  c'efl:  en  Archiredure  éviter  la 
répétition  de  chofcs  pareilles  pour  plus  grande  variété  ,  comme  lorfqu'on  mêle  alternative- 
ment dans  une  Façade  ,  des  Frontons  cintrez  &  triangulaires  ,  ainlî  que  M.  Manfart  l'a 
pratiqué  à  la  I  lace  où  étoirl'HôreJ  de  Vendôme  à  Pari'?,  p.  154  &  159 

CONTRE-BAS,  &  CONTRE-HAUT.   Termes  dont  on  fe  fert  dans  l'Art  de  bâtir  pour 
fignihcr  du  Haut  en  bas  ,  &  du  Bas  en  haut  ^  de  quelque  hauteur  aue  ce  Toit,  p    I^a 
&  158.  ■*  t'    i^* 

CONTRE-BOUTER.    Voyex  ARCBOUTER. 

CONTRE  CHASSIS.   Fiyex  Châssis  double. 

CONTRE-COEUR ,  c'efl  le  fonds  d'une  Cheminée  entre  les  Jambages  &  le  Foyer  •  Il  doit 
être  de  brique  ou  de  tuileau.  Les  Contrecccurs  félon  la  Coutume  de  Paris  Article  188.  doi- 
vent avoir  fix pouces  de  plus-épailfeur  en  talut  en  contre-haut.  p.  1 58. 

CoNTRE-cœuR  DE  FERj   c'eft  uue  grande  Plaq  ede/frfondu,  fouveiit  ornée  de  feu  Ipture 
en  bas-rehef,  laquelle  fert  non  feulement  pour  conferver  la  maçonnerie  à\i  Contrecœur 
mais  encore  pour  renvoyer  la  chaleur  du  feu.  Pi  57.  p.  167.  Se  PI.  \s.  p.  169.  ' 

CONTREFICHES.   Pièces  dans  une  Ferme  alTemblées  avec  le  Poinçon  &  les  Forces 
&  en  décharge  dans  les  Pans  de  bois.   PL  64  A. p^^.  187.    C'eft  ce  que  Vitruve  appelle 
Capreoli.  rr     '" 

CONTREFORTS  ou  EPERONS.  Efpece  de  Piliers quarrez  ou  triangulaires conftruits au 
dedans  d'un  murdeQuay  ,  oudeTerraflè  ,  lorfque  pour  éviter  la  dépenfe,  on  ne  le  fait 
pas  d'une  épailTeur  fuffifantc  pour  retenir  la  poullée  des  terres.  On  nomme  aulh  Contreforts, 
de  grands  Piliers  bu  tans  qu'on  érige  après  coup  pour  retenir  un  mur  de  face  ,  ou  un  mur  de 
clôture,  qui  boucle  &  menace  ruine,  p.  178.  P/,  79.  &p.  3  50.  Ces  Contreforts  on  Eperons  * 
font  appeliez  par  Vitruve  ^^inierides  Se  Erijmx. 

CONTREFRUIT     Kye:^  FRUIT. 

CONTRE-HACHER.    Voyc^  Hacher  a  la  plume. 

CONTRE-HAUT.   VbyeK  CONTREBAS. 

CONTRE-JAUGER.    Tojf^  JAUGER. 

CONTRE- JUMELLES  ;  ce  font  dans  le  milieu  des  ruilTeaux  desRué's,  les  pavez  quifc 
joignent  deux  d  deux  &  font  liaifon  avec  les  Caniveaux  &  les  Morces.  Pl.ioz.p.i  49. 

CONTREE  ATTE.  Tringle  de  bois  mince  Se  large,  qu'on  attache  en  hauteur  contre  les 
Lattes  entre  les  Chevroiii  d'un  Comble.  Les  Contretattes  font  ordinairement  de  la  longueur 
des  Lattci.  pa^.  116. 

CoNTRELATTz  DE  ïENTE.  Bois fcndupar éclats miuccs pout les Tuiles.  ibid. 

Contre- 


D'A  11  C  H  î  T  E  C  T  U  R  E  ,   &rc.  yr 

CoNTRELATTK  DE  SCIAGE,  ccUc  qui  cft  rcfenduë  à  la  Scie  &fertpour  les  Ardoifes.  On 
l'appelle  aufTi  Ijffe  K'//ff.    p.  iij- 

CONTRELATTER  ;  c'eft  Latur  une  Cloifon ,  ou  un  Pan  de  bois  devant  &  derrière  pour  le 
recouvrir  de  plâtre.  Kijvf^  LATTER. 

CONTREMUR  ;  c'eft  U  plus  épaiilcur  d'un  Mur  mitoïen  à  proportion  de  ce  qu'on  y  adof- 
fe.  Le  Couircmur  félon  la  Contume  de  Paris  Art.  i88.  doit  avoir  dans  une  Ecurie, 
8.' pouces  de  plus-épailleur  )ur<qucs  fous  la  Mangeoire:  6.  pouces  pour  Ic^  Contrecceurs 
deClicminëes  :  un  pied  pour  les  Fours  &  Forges,  ou  6.  pouces  de  ditlance,  ce  que  les 
Ouvriers  nomment  Kndk  ou  Tour  du  chat  :  &:  i.  à  5 .  pouces  d'ifolement  pour  les  Chaulles 
d' Aifance ,  ce  que  les  mêmes  Ouvriers  appellent  le  Tour  de  la  fouris.  Le  Contremur  entre  un 
Puits  &  une  Folle  d' Ailance  ,  doit  avoir  4.  pieds  d'épaillcur  &  cftre  de  moilon  piqué  ,  ma- 
çonné à  chaux  &:  à  ciment  avec  un  corroy  fuffifant  de  terre  glaife.  Le  Contremur  pour  les 
Terres  iedilfes ,  eft  épais  à  proportion  de  leur  exhaulïcment.  On  dit  Contremurcr ,  pour 
fjire  i:n  Contremur.  pa^.  I7  5- 

CONl  REPOSFUR.  FÔy^^  POSEUR. 

CONTREivEl  ABLE.  ylyc:^  RETABLE. 

<:ONTRF,SCARrE.  /-oycK  ESCARPE. 

CONTRESPALIER.  Voye^  ESPALIER.    . 

CONTRETERRASSE.  Tojf^  TERRASSE.  ,.,,,•     r 

CONTRETIRER  ;  c'eft  prendre  le  trait  d'un  DelTein  à  travers  un  papier  huile  bien  lec  ,  ou 
à  la  vitre  fur  un  papier  blanc  Et  Contrcj^reuvn  ;  c'eit  palier  un  DelTein  fous  une  prcfie  à 
imprimer  ,  après  l'avoir  un  peu  moiiiUé  avec  une  éponge ,  auflî  bien  que  le  papier  blanc  qui 
en  doit  recevoir  l'imprelTion.  p.î58. 

CONTREVENTER  ;  c'eft  mettre  des  pièces  de  bois  obliquement  pour  contrebouter  &  pour 
empêcher  le  mouvement  qui  peuteftre  caufé  par  la  violence  des  vents,  p.  144. 

CONTREVENTS  ou  GUETTES.  Pièces  de  bois  pofées  en  décharge  dans  l'alTembla- 
ge  des  Dômes  &  des  Pans  de  bois.    Les  petites  Guettes  s'appellent  i^uetirons.   IL  64  B, 

pa^.  189. 

Contrevents  de  croise'e.  Grands  Volets  collez  &  emboîtez  ,  de  la  hauteur  des  Croilees, 
qu'on  met  en  dehors  pour  défendre  du  \ent  &  pour  plus  grande  feureté.  On  les  nomme 
aulîl  Piiravents.  p.  341.  Lat.  Prjetenta  félon  Vitruve. 

CONVENT.    Vbye:^  COUVENT. 

CONVEXE,  du  Latin  Co>iVfx;/j,  courbé  ou  cintré.  Ce  mot  fe  dit  du  contour  extérieur  d'uu 
corps  orhiculaire ,  comme  de  TEAtrados  d'une  Voûte  fpherique.  C'eft  ce  que  les  Ouvriers 
appellent  Bnrribc  cr  Renfle.  PI.  t-  p'Z^.  j • 

COQUILLAGE.  Aran^emcnt  de  diverfes  Coquilles.,  dont  on  forme  des Compartimens  de 
Lambris,  de  Voûtes  &  de  Pavé  ,  &  dont  on  fait  des  Mafques,  Feftons ,  &  autres  or  ne- 
mens  pour  en  revêtir  &  décorer  les  Grotes ,  Portiques  ,  Niches ,  &  Baifuis  de  fontaine  dans 
les  lardins.  p.  194. &  509. 

COQUILLE ,  du  Latin  Cochlea ,  c'eft  un  ornement  de  fculpture  imité  des  Conques  marines, 
&  qui  le  metauCù-de-four  d'une  Niche.  PL  51.  p.  147.  On^^^cWcCoqmllesdonbles.,  cel- 
les qui  ont  deux  ou  trois  lèvres  ,  comme  il  s'en  voit  une  de  Michel-Ange  à  l'Efcalier  du 

Capitole.  PL  H-f-  M7- 

Coquille.  Petit  ornement  qu'on  taille  fur  le  contour  d'un  Quart-de-rond.  p.  vi. 

Coquille  d'escalier;  c'eft  dans  un  Efcalier  à  vis  de  pierre  ,  le  delfous  des  marches  qui 
tournent  en  limaçon  &  portent  leur  delardement.  C'eft  auffi  dans  un  EJcaltcr  de  bois 
rond  ou  quatre ,  le  delfous  des  marches  delardées ,  lattées  &  ravalées  de  plâtre,  p.  188.  Se 
P/.  66  B.  p.  Z41. 

Coquille.  Les  Ouvriers  appellent  généralement  de  ce  nom  ,  deux  morceaux  de  métail  pa- 
reils, forgez  ou  aboutis  en  relief  pour  eftre  fondez  enfemble,  comme  les  deux  moitiez  d'une 
Boule,  d'une  Fleur  de  lis,  &  d'autres  ornemens  à  deux  paremens  6c  ifolez. 

COQUIl- 


71  EXPLICATION   DES   TERMES 

Cocy-'ILLE    DE    TROMPE.      VoyCK  TROMPE    EN    COQUILLE. 
COQLULLE    DE    FONTAINE.     VbyeK    BaSSIN    EN    COQLiILLE. 

CORBEAU.  Grodè  Confolc  ,  qui  a  plus  de  faillie  que  de  hauteur  ,  comme  la  dcrniert 
pierre  d'une  Jambe  lous  poutre  ,  qui  fert  à  fouiager  la  portée  d'une  poutre  ,  ou  à  foutenir 
par  encorbellement  un  Arc  doubleau  de  Voutc  ,  qui  n'a  pas  des  dollercrs  de  fonds ,  com- 
me à  la  grande  Ecurie  du  Roy  aux  Thuilcnes  ,  ballie  par  Philibert  de  Lorme.  Il  y  en  a  en 
Confole,  avec  des  canaux,  &  goûtes,  &  même  des  Aigles  que  Paufanias  appelle -.^o«//f_ 
^/^,  comme  il  s'en  voit  au  Portique  de  Septime  Severe  à  Rome  &  au  o-rand  Sallon  de 
Marly,  où  ils  portent  des  Balcons.  />.  333.  Vitruve  nomme  Mutuli ,  toutes  les  pierres 
qui  portent  en  faillie. 

Corbeau  de  fer.  Morceau  de /cr  quatre  ,  qui  fcrt  à  porter  les  Sablières  d'un  Plancher,  & 
qui  dans  un  mur  mitoïen ,  ne  doit  entrer  qu'à  mi-mur  &  eftre  fcellé  avec  tuileaux  &  plâtre. 

CORBEILLE.  Morceau  de  Sculpture  en  forme  de  panier  rempli  de  fleurs  ou  de  fruits  ,  qui 
fert  en  Architecture  pour  terminer  quelque  décoration  ,  comme  il  s'en  voit  fur  les  PiUere 
de  pierre  de  la  clôture  de  l'Orangerie  de  Verfailles.  Il  fe  fait  aulfi  de  ces  Corbeilles  en  Bas- 
relief,  comme  celles  qui  font  au  Portail  du  Val-de-graceaudelfusdesNiclics  deS.  Beuoiffc 
&  de  Sainte  Scholaftique  à  Paris.  Lat.  Corbis, 

CORDAGES.    Voye^  CABLES. 

CORDE  DE  L'ARC.    VbyeK  Ligne  subtendante. 

CORDEAU  i  c'eft  une  grolTe  ficelle  ou  petite  cor(/f,  dont  les  Jardiniers  fe  fervent  pour  tracer 
des  Ellipfes  ,  planter  d'alignement  &  maillet  des  Parterres  en  arreltant  les  deux  bouts  avec 
des  piquets  pour  la  bander.  P/.  "f.  p.  j. 

CORDELIERE.  Petitornement  taillé  en  manière  de  fort/e  fur  les  Baguettes.  £».  vi. 

CORDERIE  ;  c'efl:  dans  un  Arcenal  de  Marine  ,  un  grand  Baftiment ,  comme  une  Galerie  ,' 
où  l'on  file  &  l'on  forf/f  les  Cables  pour  les  Navires,  p.  318.  Celle  de  Rochefort  à  l'em- 
bouchure de  la  Charante ,  balHe  par  M.Blondel,  eft  une  des  plus  coufiderables.  Vbye:^ 
(on  Cours  d'ArchitcClurc.    5.  i'artic.  Ch.i^. 

CORDON.  GrolTe  moulure  ronde  au  delTus  du  talutde  l'Efcarpe  &  de  la  Contrefcarpe  d'uo 
Pofic,  d'unQuay,  ou  d'un  Pont,  pour  marquer  le  Rez-de-chauiïeeau  delFousdu  mur 
d'apui.  On  appelle  auffi  Cerdou ,  toute  moulure  ronde  au  pied  de  la  Lanterne  d'un  Dôme , 
de  l'Attique  d'un  Comble,  &c.  PL6^B.p.  i89.&i6o. 

Cordon  de  sculpture.  Moulure  ronde  en  manière  de  Tore,  qu'on  employé  dans  les 
Corniches  de  dedans ,  &  fur  laquelle  on  taille  des  fleurs  ,  des  feuilles  de  chêne  ou  de  laurier 
continues,  ou  par  bouquets,  &  quelquefois  tortillées  d'un  ruban.  P/.  98.^.329.  Lat. 
Coronarium  opus. 

Cordon  de  gazon  ;  c'efl;  un  Rond  de  ^.7:^0»  de  certaine  largeur  ,  qu'on  employé  dans  les 
Comparti mens  des  Parterres  de  ga:^on  ,  &  de  ceux  qu'on  nomme  à  l'^ngloijè,  &mêmc 
pour  fcrvir  de  bords  aux  Baflîns  de  Fontaine.  P/.  65  A.  p.  191.  &  191. 

CORINTHIEN.  Foye::  ORBRE  CORINTHIEN. 

CORNES  D'ABAQUE  5  ce  font  les  encôgnurcs  à  pan  coupé  du  Tailloir  d'un  Chapiteau  de 
fculpture  ,  qui  fe  trouvent  pointues  au  Corinthien  du  Temple  de  Vefta  à  Rome.  pag.  66. 
P/.  18.  Lat,  o^'/^^m//. 
Corne  de  bélier.  Ornement  qui  fert  de  Volute  dans  un  Chapiteau  Ionique  compofé^ 
comme  il  s'en  voit  dans  la  Cour  de  l'Hôtel  des  Invalides  au  Portail  de  l'Eglife  de  dedans. 
pag.X')2.  PI.  89. 

Corne  d'abondance.  Ornement  de  Sculpture  qui  reprefentcla  Cornf  de  la  Chèvre  Amal- 
thée  ,  d'où  fortent  des  fruits ,  des  fleurs,  &  des  richefïès  ,  comme  on  en  voit  à  quelques 
Frontons  de  la  grande  Galerie  du  Louvre,  p.  z6i.  PL  74.  Lat.  Cormicopia. 
Corne  de  beuï  ou  db  vacHe,  Trait  de  Maçoauerie,  qui  eft  un  demi-biais  paffé.  Pi, 

CORNI, 


D'ARCHITECTURE,  &'c.  75 

CORNICHE»  du  Latin  Coro«/j ,  Couronnement;  c'cft  le  troificfme  membre  de  l'Eiuablc- 
xncnt,  qui  cft  différent  félon  les  cinq  Ordres.  Le  mot  de  Cor«/f/?r  ,  (c  donne  à  toute  faitlic 
orofilife  qui  couronne  un  corps,  comme  celle  d'un  Piédclbl ,  &  on  dit  qu'elle  cfl  taiiUc^ 
lorfqu'ily  adesorncmcns  convenables  fur  fcs  moulures.  Pl.C.  p.  xi.  xii.&c. 

Corniche  toscane  ,  celle  qui  a  le  moins  de  moulures  &  cfl  fans  ornement.  PL  6. 

Corniche  dorique,  celle  qm  cil  ornée  de  Mutules  ou  de  Dcnticulcs.  P/.  ii.  p.  ji.ac 

P/.  II.  p.  5  5- 
Corniche  ionique,  celle  qui  a  quelquefois  fcs  moulures  taillc'csd'orncmcus  avec  des  Dcn- 
ticulcs, PL  19.^.47. 
Corniche  corintienne,  celle  qui  a  le  plus  de  Moulures ,  qui  font  fouvent  taillées,  &des 

Modillons,  &  quelquefois  même  des  Denticuies.  P/.  19. p.  71. 
Corniche  composite,  celle  qui  a  des  Denticules,  iès  moulures  taillées,  &  des  canaux 

fous  fon plafond.  PL  55.^.85. 
Corniche  de  couronnement,  celle  qui  efl  la  dernière  d'une  Façade,  qu'on  nomme 

Entablement  y  &  fur  laquelle  pofe  l'égout  ouchefiicau  d'unComblcp.  ii.  PL  4}.  p.  318. 

PL  98.  &c.  C'eft  ce  que  Vitruve  appelle  ,  Extrcma  fubgrimdatio. 
Corniche  d'apartement.   Toute  faillie  qui  dans  une  Pièce  d'c^parre'wfn^  fcrtàenfoû- 

renir  le  Plafonds  ou  le  Cintre,  &àcouronner  le  Lambris  de  revêtement  s'il  y  en  a.     II  fc 

feit  de  CCS  Corniches  fimples  ou  architravées ,  ou  enfin  de  petits  Entablemens  ornez  de  fculp- 

ture.p.  318.  P/.  98.  &c. 
Corniche  architrave'e  ,  celle  qui  efl  confondue  avec  l'^^rchitrave  ,  laFrifeenétant 

fupprimée.     Cette   Corniche  fe   pratique  rarement  fur  les   Ordres,  p.  zi,  8c  PL  5^. 

M-  1^5-  ,  ^ 

Corniche  mutile'e,  celledont  la  faillie  efl  retranchée  &  coupée  au.droit  du  Larmier,  ou 
réduite  en  Platebande,  avec  une  Cymaife ,  commeauLambris  de  marbre  du  Pantheonà 
Rome.  p.  3t. 

Corniche  en  ckamfrain,  celle  qui  efl  la  plus  fïmplen'aiant  point  de  moulures ,  com- 
me il  s'en  voit  aux  Couvents  des  Capucins,  f.  518. 

Corniche  continue,  celle  qui  dans  fon  étendue  &fes  retours,  n'efl  interrompue  par  au- 
cun corps  &  rentre  dans  elle  même,  comme  celles  du  dedans  &  du  dehors  de  S.  Pierre  a 
Rome.  p.  90. 

Corniche  coupe'e  ou  interrompue,  celle  quinercgnc  pas  de  fuite,  mais  efl /«ffrrow^«* 
dans  fon  cours  par  quelque  corps,  p.  1 59.5c  354. 

Corniche  circulaire,  celle  du  dehors  ou  du  dedans  de  la  Tour  d'un  Dome.p.  60. 

Corniche  cintrée,  celle  qui  dans  fon  élévation  efl  retournée  en  Arcade,  comme  à  la 
Porte  de  l'Hôtel  Roial  des  Invalides  à  Pans ,  ouenO;(/rc,  comme  à  un  Fronton  cintré, 
f. 166. PL  57.&58. 

Corniche  rampante,  celle  d'un  Fronton  pointu,  comme  au  Portail  du  Louvre,  p.  105. 
&  3 11. 

Corniche  de  placard,  celle  qui  couronne  la  décoration  d'une  Porte  ou  d'une  Croiféc  de 
minuiferieoudemarbre.  p.  m.  Se  PL  99.)'.  359. 

CoRNicHF  volante.  Toutc  Co>v.vV/?t' de  menuifcrie  chamfrainée  par  derrière  ,  qui  fcrtpour 
couronner  un  Lambris,  foûtenir  un  Plafonds  de  toile  ,  &  former  les  Cadres  des  Renfou- 
cemeiis  deSofîtc.p,  547. 
•CORNIER.  Foye:i  Poteau  cornieb. 

CORNIERE.  ^jyf:i  NOUE. 

-CORPS  ou  SOLIDE;  c  efl  tout  ce  qui  a  longueur  ,  largeur,  &  profondeur,  &  peut  erre 
jTiefuré  par  ces  trois  dimenfions.  IcCor pi  régulier  y  cfl  celui  dont  les  faces  oppoféesfoiic 
égales  5c  parallèles ,  &  les  angles  égaux  :  &  le  Corps  irieiulicr ,  cil  le  contraire.  PL  t- 

m-  )• 

Tome  11  j;  CORPS 


74  EXPLICATION   DES  TERMES 

CORPS  en  tyfrchite£înre  ,•  c'eft  route  partie  qui  par  fa  faillie  ,  excède  le  nû  du  Mur  Se  Ccxtdc 
ch.imp  à  quelque  décoration  ou  ornement.    Oii  appelle  Ccrpxd/f /&«(//,  celui  qui  porte  des 
le  bas  d'un  Bâtiment  avec  cmpatemens  &  retraite.  I-'l.  6i.p.  ijj  Sec. 
CoRrs  PE  LOGIS.    Bâtiment  accompli  en  Ici  pour  l'habitation.     Le  Simple ,  cftceluiqui 
n'enferme  qu'une  Pièce  entr*  fes  Murs  de  face  ,  &  le  Double ,  celui  dont  l'efpacc  du  dedaivs 
efl:  partage  par  un  Mur  de  refend,  ouune  Cloifon.     Corps  de  Logis  de  devant ,   s'entend  de 
celui  qui  elt  fur  la  rue,  &  de  dernere,  de  celui  qui  eft  fur  une  Cour  ,  ou  fur  un  f^rdiu 
p.  i8i.P;.  ^5  A.&p.  T84.  P/.  65  B. 
•Corps  de  gart>e -,  c'eft  devant  un  grand  Palais,  un  Logement  au  rez-de-chauffce pour 
Jes  Soldats  deftinez  à  la  Garde  duPruicc.  Ce  lieu  doit  être  voutc  de  peur  du  feu  &  avoir  une 
prande  Cbcmine'e  &  des  Couchettes  pour  les  PaillafTes  ,  comme  ceux  du  Chdteau  de  Ver- 
lailles.  p.  174. 
C0RP6  i>E  î>oMPE  ;  c'eft  la  pnrtie  du  Tuyau  d'nnc  PoTKpp,  qui  eftflus  lar^e  eue  le  refle,  & 
dans  laquelle  le  Pifton  agir  pour  élever  l'eau  par  afpiration  ,  ou  la  refouler  par  compreffion. 
On  lanommeaufii5izr/7/cf.  Lat.  Modiolus. 
CORRIDOR,  de  l'Italien  Corrid-'re^  Galerie;  ceft  une  Allée  entre  un  ou  dcuTrangsde 
Chambres,  pour  les  communiquer  &:  ies  dégager  ,  comme  les  Corr/tiory  de  l'Hôtel  RoiaL 
des  Invalides  à  Paris.  PL  7^.  p.  159.  Corridor' it  prend  auflî  dans  Palladio  Liv.  z.Ch.^, 
pour  une  Balultrade  ou  Acoudoir. 
CORROY  ;  c'elt  de  la  terre  glaîfe  bien  paîtrie  ,  dont  on  fait  le  fonds  d'un  Refervoir  pour  re- 
tenir l'eau.  Ce  mot  fe  dit  aulfi  de  certaine  épaiffcur  de  terre  glaife  entre  le  Contremur  d'une 
Toile  d'ai(ance&  un  Puits,  pour  empêcher  qu'elle  ne  lecorron^pc.  p.  145. 
•CORROY  ER  ;  c'eft  bien  paltrir  la  chaux  &  le  fable  avec  de  l'eau  pat  le  moïen  du  rabot,  pour 
en  faire  du  mortier.  C'e(tauiïlpaîcrir&  battre  au  pilon  ,  delà  terre  glaife  pour  en  faire  un: 
Corroy.  p.  z  i  4.  Lat.  ^^<^erare. 
Corroyer  li  fer  5  c'eli  le  battre  à  chaud  pour  le  condeiifer&  le  rendre  moins  cafTanr.  Ec 
Corroyer  le   Bois  ■  c'eft  après  l'avoir  ébauché  avec  le  fermoir  ,    l'aplanir  avec   la   var- 
lope. 
CORVEE;  c'eft  le  tems  que  les  Va  (Taux  d'un  Seigneurfont  obligez  de  lui  donner  fans  fa- 
laire  pour  travailler  à  bcoiiftrudion  ou  aux  réparations  des  Murs  de  fes  Ville,  Château, 
îour.  Moulins  banaux  ,  Sec.     Corvée  palylique,  eft  celle  que  les  Payfans  font  obligez  de 
faire  pour  les  entretiens  &  réparations  des  grands  Chemins  :  &:  c'eft  ce  que  les  Latins  noni- 
mcnr  Opfra  veRigalis.    Les  Maçons  appellent  aufll  Corvff,  une  réparation  peu  conlîdera- 
blc  ,  comme  une  Refcdlion  de  Jambe  étriere  ,  une  Reprife  de  Mur  par  fous- œuvre,  Sic. 
On  comprend  encore  fous  le  nom  de  Corvée ,  le  travail  des  Ouvriers  qui  font  oblioésdc  ra- 
commoder  fans  lalaire  leurs  ouvrages  pour  malfaçon  ou  omiffion.   On  nomme  enfin  Cor- 
vée y  le  nombre  de  coups  quedonnent  des  hommes  qui  enfoncent  des  pieux  ou  des  pilotisN 
à  la  fonnctte  fans  fe  repofer.  Ce  mot  peut  venir  du  bas  Latin  Ccrvjia  ou  O/rv^i^a,  quifclon  ' 
du  Gange  a  la  même  lignification;  ou  bicndc  Corp;,  &de^f,  vieux  mot  Gaulois  qui 
fignifie  travail  de  corps,  p.  558. 
COSTES  ;  ce  font  fur  le  Fuft  d'une  Colonne  cannelée,  les  Liftels  qui  en  feparenries  Canne- 
lures. P/.  1  8.P.45.  &:c.  Lat.  Strix  félon  Vitruve. 
CosTES  DE  DOME;  cc  font  dcs  faillies  qui  excédent  Ic  nû  de  la  coiivexité  d'un  Dowf  &  la  par- 
tagent également  en  répondant  à  plom.baux  Jambages  de  la  Tour  &  terminant  à  laLan- 
tcn.e.    Elles  font  ou  fimples  en  manière  de  platebandcs,  commeau  Val-de-grace&  à  la. 
Sorbonne  à  Paris ,  ou  ornées  de  moulures ,  comme  à  la  plus-part  des  Dômes  de  Rome.  Les 
unes  &  les  auttes  qui  fe  font  de  bois  ou  de  brique  ,  font  couvertes  de  plomb  ou  de  bronze 
quelquefois  doré.  PL  6^B.p.  ri'). 
CosTES  DE  COUPE.  SailUes  qui fcpateut  11  Doïielle  d'unc  Voutc  fpherique  en  partics ét^alcs  t' 
elles  fe  font  de  pierre  ,  comme  aux  Invalides  :   ou  de  ftuc,  &  font  ornées  de  mou- 
Ujres  avec  rAYalemcns ,  &  quelquefois  enrichies  de  comparcimcns ,    le  tout  doré  ou 

pejpf 


D'ARCHITECTURE,  &c.  75 

•peint  de  Mofaïque,  comme  dans  la  Coupe  de  S.  Pierre  à  Ronac.  /».  ^44- 

CosTES  DE  PIERRE  OU  DE  MARBRE  ;  cc  font  daiis  l'Iucruitation  ,  les  plus  longs  &  étroits 
morceauK  qui  font  beaucoup  plus  épais  que  les  fimples  Tranches,  comme  il  (è  pratique 
pour  les  Colonnes  incrufte'cs.  P/.  91.^.  505. 

•COTE  ;  c'eft  un  des  Pans  d'une  Superficie  régulière  ou  irreguliere.  Le  Cô<e  droit  ou  gauche 
d'un  Baftiment  fe  doit  entendre  par  raporc  au  Baftiment  même^  &  non  pas  à  la  peifonnc 
qui  le  regarde  ;  ainfi  le  Coté  du  Château  de  Vcrfailies  ,  oùeft  le  grand  Aparcemeut  du  Roy, 
eft  le  coté  droit  regardant  ce  Château  du  Jardin  p.  184. 

COTTER;  c'eft  eh  Architcdure  marquer  par  cof/cy  ou  chifres  ,  lesmefurcs  d'un  Bâtiment 
fur  le  Dcfiein  ,  &  les  pentes  ou  chutes  d'un  terrcinfur  les  Plans  &  les  Profils,  p.  i^i. 

COUCHE  ;  c'eft  une  pièce  de  bois  couchcc  à  plat  fous  le  pied  d'une  E  caye ,  ou  c'ic  ve'e  à  plomb 
pour  arrêter  un  E'trefillon  ,  ou  un  E  rançon,  p.  144.  Lat.  Subjeâio. 

Couche  de  ciment  j  c'eft  une  efpece  d'enduit  de  chaux  &  de  Ciwe«f,  d'environ  un  demi- 
pouce  d'épailfeur,  qu'on  raye  &  picote  à  fec  avec  le  tranchant  de  la  truelle  ,  &:  fur  lequel 
on  repaffe  fucceflivement  jufqu'à  cinq  ou  fix  autres  enduits  de  la  même  manière ,  pour  fai- 
re le  Corroy  d'un  Canal  d'Aqueduc,  p.  114,  Lat.  Corium  félon  Vitruve. 

Couche  de  couleur^  c'eft  une  imprcffion  de  Couleur  à  huile  ,  ou  à  de'trempc. 
p.  ai8.&c. 

Couche  de  Ja^din^  c'eft  dans  un  fardin  potager,  une  efpece  de  Planche  de  fumier  cou- 
verte de  terreau ,  élevée  d'environ  deux  pieds  &  large  de  quatre  à  cinq,  pour  y  faire  venir 
des  légumes,  des  fleurs,  &c.  On  appelle  Co«c/3«yû«rdfi ,  cellesqui  font  creufees  en  terre 
pour  les  champignons,  p.  199.  Lat.  Puivhius. 

COUCHIS  ;  c'eft  la  Forme  de  fable  d'environ  un  pied  d'e'pais,  qu'on  met  fur  les  madriers, 
d'un  Pont  de  bois  pour  y  aflcoir  le  Pavé.  Il  fe  dit  en  Latin  Statitmen  ,  qui  fignifie  auffi  toute 
Couche  pour  établir  une  Aire  ou  Pavement  de  quelque  matière  que  ce  foit.  p.  551. 

COUDE  i  c'eft  un  angle  obtus  dans  la  continuité  d'un  Mur  de  face  ou  mitoïen  ,  confideré 
par  dehors,  &  un  pli,  par  dedans:  &  comme  c'eft  un  défaut  dans  les  Rues  &  Voyes  publi- 
ques ,  l'Ordonnance  veut  qu'il  foit  fuppnmé  autant  que  faire  fepeut,  pour  les  rendre 
d'alignement,  p.  1 94^  Ces  Coudes ,  font  appeliez  de  Vitruve  t^ncones. 

Coude  de  conduite  j  c'eft  dans  le  tournant  d'une  Co«d«/te  de  fèr,  un  gros  bout  de  Tuyati 
de  plomb  coude  &  fondu  d'une  pièce ,  ou  foudé  de  deux  coquilles ,  pour  racorder  des 
Tuyaux  à  bride  ou  à  manchon. 

COUDE'E.  Mefure  annque  pnfe  depuis  le  Coude  jufques  à  l'extrémité  de  la  main.  Les 
Auteurs  ne  fe  trouvent  point  d'accord  pour  fa  jufte  longueur  ;  la  plus  ordinaire  chez  les 
Anciens ,  eftoit  d'environ  un  pied  &  demi.  p.  198.  &  j  5  9'.  Vbye:^  les  Noces  de  M.  Perrault 
fur  Vitruve  ,  Se  Philibert  de  Lormc  Ltv.  5 .  Ch.  1. 

COUETTE.  FoycK  CRAPAUDINE. 

COULER  EN  PLOMB;  c'eftremplir  de  p/owAlesjointsdes  Dalesdepierre&des  Marches 
de  perron  à  l'air ,  &  fceller  avec  du  piomb  les  Crampons  de  fer  ou  de  bronze,  /j.  }  5 1 . 

COULEURS.  Ce  mot  s'entend  de  toutes  les  impreflions  dont  on  peint  les  Baftimens.  Les 
.plus  ordinaires  font,  le  Blanc  de  plufieurscfpeces  ,  comn.e  celui  qu'on  nomme  (/«Grr- 
mcs ,  le  Blanc  6z  cerufe  ,  le  Blanc  de  plomb  &  le  Blanc  de  Rouen.  Le  Bleu  de  cendre  bleue , 
le  5/fM  d'émail,  &  le  £/>;<  d'Inde.  LiBron^e-,  faite  de  cuivre  moulu,  rougeâtre,  jaunâtre 
ouverdâtre.  LcGm,  faitdc  bbnc&denoir.  l.cJauntà'ociç.  Lç  Marbre  feint  de  diwet^ 
fe  s  couleurs.  Le  A/b»  d'os  de  fumée,  de  charbon  &c.  Li  Couleur  d'olive.  L'Or,  qu'on 
employé  de  plufieurs  fortes.  Le  I{oui^ebrun.  Le  Ftrddegns.  Le  ^trrf de  montagne.  Le 
Vert.  ,  lurbois.   Le  /^fru/ide  Venife.  p.'zig.  &c. 

COULIS,  riàrrt  gâché  clair  ,  pour  remplir  les  joints  des  pierres,  &  pour  les  ficher,  p.  355. 

COULISSE;  c'eft  toute  pièce  de  bois  à  r.unureen  manieredecai.al ,  qui  fcrc  pour  arrefter 
les  ais  d'une  CloiJoH ,  &  pour  faire  mouvoir  les  feiiilkts  d'une  Décoration  de  Théâtre. 
p"  )  41.  Lac.  Canalis, 

K  X  COUP 


7(5  EXPLICATION   DES   TERMES 

COUP  DE  CROCHET  i  c'cft  une  petite  cavité,  que  les  Maçons  font  avec  un  C»'(jfAf^,  pour 
HégaG;er  les  Moulures  de  plâtre  p.  ij.  ' 

COUPÉ  ou  COUPOLE,  de  l'Iraiien  C«/Jo/a  ,  qui  fignifie  le  dehors  d'un  Dôme;  c'cftla 
parne  concave  d'une  Voûte  fpherique  ,  qu'on  orne  de  Coinpartimcns  quelquefois  feparc's 
p^r  des  celtes,  ou  d'un  grand  fujct  de  Pointure  à  frefquc,  comme  la  Co«Cf  du  Dôme  de 
Parme,  peinte  par  Antonie  Correge  ,  celle  de  S.  André  delà  Vallc  ,  peinte  par  Tean  Lan- 
fraiic,  &cel!cduVal-de  grâce,  peinte  par  M.  Mignard  Premier  Peintre  du  Roi.  Vitru- 
ve  appelle  roû/«j,  hCuup,  d'unDomc ,  qucquclques-unsprennentpour  le  Dôme  même 

CofpE.  Morceau  de  fculpture  en  manière  de  Vafc  moins  haut  que  large  avec  un  pied  qui  fert 
pour  couronner  quelque  décoration,  li  y  en  a  d'ovales  avec  un  proiil  cambré,  que  les  Ita- 
liens appellent  A'av/ff/.f. 

Coui'E,  (e  dit  encore  de  l'incliiiaifon  desjoinrsdes  vouiïbirs  d'un  Arc  &  des  claveaux  d'une 
Piaccbande,  c'eft  pourquoi  on  dit  Donner  plus  ou  moins  de  coupe ,  pour  exprimer  cette  in- 
clinaifon.  p.  ZÎI.&  157. 

CcL'PE  DES  PIERRES;  c'cft  l'Art  qui  cnfeignc  la  manictc  dc  tiaccr  Ics  ^/frrfj ,  enfortcqu'e- 
itant  taillées  d'après  l'épure,  appareillées,  &  mifesen  place  ,  elles  forment  quelque  ou- 
vrage qui  puiffe  lublifter  en  l'air,  comme  une  Voûte  ,  une  Trompe,  &c.  c'tll:  pourquoi 
elle  elt  appellée  V^nhiuâure  des  Voûtes ^  mais  plus  communément  le  Trait     ù    La 
Pl.66A.&:c.  F-  '■i'^' 

Coupe  de  bastiment.  Voyei  PROFIL. 

Coupe  de  fontaine.  Efpece  de  petit  Baïïîn  fait  d'une  pièce  de  marbre  ou  de  pierre,  qui 
citant  pofé  fur  un  pied  ou  une  tige  dans  le  milieu  dun  grand  BafTin ,  reçoit  le  jet  ou  la 
Gerbe  d'eau  qui  retombe  pour  former  une  nape.  Il  fe  voir  de  ces  fortes  de  Cowpr/faites  de 
Cuves  de  bains  antiques  de  granit,  comme  celles  des  deux  fo>;/d;>2fj  de  la  Place  Farnéfe  à 
Rome.  p.  3i7.Lat.  Crater. 

Coupe  de  bois  i  c'eft  l'abatis  qui  fe  fait  du  5ow  dans  l'âge  &  la  faifon  qu'il  convient,  pour 
s'en  fcrvir  oùileft  propre,  p.  m.  '  * 

COUPER.  Terme  qui  a  plufieurs  lignifications  dans  l'Art  de  baftir.  Couper  une  pierre  ■  c'eft 
en  ofter  trop  de  Ion  lit  ou  de  fon  parement  ,  en  forte  qu'elle  ne  peut  pas  fervirâ  l'endroit 
ou  elle  eftoit  deftmée.  Couper  le  plâtre  ;  c'eft  faire  les  moulures  de  plâtre  à  la  mam  &  à 
1  outil:  &  cette  manière  eft  meilleure  que  de  traîner  le  plâtre  au  calibre.  Couper  le  bois  ■ 
c  eft  en  Sculpture  tailler  des  ornemens  avec  propreté.  Ce  mots'entend  plutôt  des  ornemens 
que  des  Figures ,  ainfi  on  dit  qu'un  Sculpteur  coupe  le  bais  comme  de  la  cire  ,  pour  fiçnifier 
qu'il  évide&  dégage  bien  les  ornemens.  p.  }oo. 

COUR;  c'eft  un  elpace  quadrilatère,  rond  ou  d'autre  figure  ,  environné  de  murs  ou  de  ba- 
ftimens  ,  &  pavé  en  tout  ou  en  partie.  Les  Cours  des  Anciensfelon  Vitruve  >  étoicnt  de 
cinq  elpeces ,  &  avoient  les  mêmes  noms  que  les  Avant-logis ,  qui  en  faifoient  auffi  la  dif- 
férence, p.  176.  PI.  61.  èc  71.  p.  251.  C'eft  ce  que  le  même  Vitruve  entend  par  C<iv4- 
adium^  ou  Cavsdium. 

Cour  des  cuisines  ,celleou  fon:  les  C«/y?«fi&  Offices  dans  les  Palais  &  les  Hôtels   PI  71 
P-  M7.  •      •/   ' 

Cour  des  fumiers,  celle  qui  fert  pour  la  décharge  des  Ecuries,  ihid. 

COURANT  DE  COMBLE.   Ce  mot  fe  dit  de  la  continuité  d'un  Comble  dont  la  longueur 

a  pluiîeurs-fois  la  largeur  ,  comme  celui  d'une  Galerie. p.  165.  &  185. 
COURBE.   Efpece  de  Chevron  cintré,  qui  s'allemble  avec  les  Liernes  &  fert  à  peupler  ub 

Dôme.  P/.  64B.P.  189.&  iii.Lat.  ^rcusjuccubus. 
Courbe  de  plafond.     Pièce  de  bois,  dont  plufieurs  forment  les  Cintres  d'un  P/aW  au 

dclPus d'une  Cornidie  dans  une  Pièce  d'Apartement. p.  1 60. 
Courbe  rampante  ;  c'eft  le  Limon  d'un  Efcalicr  de  bois  à  vis,  bien dé<yauchi félon  fa 

chcrcher<iOTp4^;f,p.  188.P/.  64B.&P.  311.  ^ 

COUR» 


D'ARCHITECTURE,  5^<!.  jj 

COURBURE;  c'cfl:  l'inclinaifon  d'une  ligne  en  arc,  comme  celle  du  contour  d'une  Co- 
Jonne,  d'un  Dôme,  &c.  C'cft  aulTilc  revers  d'une /r«///f  dcChapiceau.  ]?l.  28.  ^.  67. 
&  100. 

COURGE.  Efpccc  de  Corbeau  de  pierre  ou  de  fer,  qui  porte  le  Faux-manteau  d'une  an- 
cienne Cheminée,  p.  551. 

COURONNE.  Ornement  de  fculprure.  Voye^i  Colonne  triomphale  &  LARMIER. 

Couronne  de  pieo;  c'cd la  tête  d'un  Pif«,  qui  eft  quelquefois  fret</c  d'une  frcttedefer, 
pour  l'cmpéchtr  de  s'éclater  fous  la  violence  du  mouton  qui  l'enfonce. 

COURONNEMENT.  Ccinot  feditdetout  ce  qui  termine  une  décoration  d'Archite(n:urc 
comme  d'une  Corniche  ,   d'un  Fronton  de  couronnement ^  &c.   p.iit,  PI  a,     yb'ie^ 
AMORTISSEMENT.  ^  •^^•''J'- 

Couronnement  de  îer;  c'eft  un  grand  morceau  de  Serrurerie  à  jour,  qui  fert  d'ornement 
au  dclfus  d'une  Porte  de  clôture  de  Choeur  d'Eglife  ,  de  Cour  ,  ou  de  jardin.  Hclt  couî- 
pofé  d'enroulement ,  dcfeiiillages,  d'armes,  chifres,  devifcs  ,  &c.  Et  par  ce  qu'il  s'élè- 
ve en  diminuant  vers  fon  fommet,  il  elt  au/fi  appelle  ^mortijfement.  II  fe  voir  à  Verfaillc-; 
de  très  beaux  ouvrages  de  cette  efpece.  P/.  44  A.  p.  117. 

Couronnement  de  voute;  c'cft  le  plus  haut  de  l'Extrados  d'une  Voiitei  pris  au  vif  de  fa 
clef.  PI.  66  A.  p-  137.  SC66B.  pag.  141. 

COURONNER;  c'elt  terminer  un  corps  avec  quelque  AmortilTement  ;  ainfi  on  dit  qu'une 
Table,  ou  qu'un  Placard  eft  couronne-,  lorfqu'il  eft  terminé  par  une  Corniche:  qu'un 
Membre  ou  qu'une  Moulure  eft  couronnée-,  lorfqu'elleaun  Filet  au  delTus  ;  qu'une  Niche 
elt  aufli f o«yo««« ,  lorfqu'elle  eft  couverte  d'un  Chapiteau  ,  &c.  p. 159.  &  318. 

COURS;  c'eft  une  grande  Allée  d'arbres  avec  Contr 'allées,  plantée  au  dehors  d'une  Ville 
pour  luyfervir d'Avenue,  comme  le  Coitn  de  la  I^cine  ;  ou  de  Promenoir  fur  les  Ram- 
parts,  comme /eCowrj  delaPorte  S.  Antoine  à  Pans.  Ces  fortes  d'Allées  doivent  eftre  de 
niveau  parfait,  f.wj.  &194.  Vbye:^  RAMPART. 

Cours  d'assise,-  c'eft  un  rang  continu  de  pierres  de  niveau  &  de  même  hauteur  dans  toute 
la  longueur  d'une  Façade ,  fans  être  interrompu  par  aucune  ouverture.  0.23^. 

Cours  de  plinthe;  c'eft  la  continuité  d'un  P/z/jf/jc  de  pierre  ou  de  plâtre  dans  les  Murs  de 
face,  pour  marquer  la  (èparation  des  Etages,  p.  529.  &3  37. 

Cours  de  pannes;  c'elt  une  fuite  de  plufieuxs  Pannes  bout-à- bout  dans  le  Lonw-pan  d'un 
Comble;  P/.  64A.  p-7Ç.  187.  ^ 

COURTINE,  du  Latin  Conwiî ,  un  Rideau.  Cemot  fortenufage  dans  l'Architedure  Mi- 
litaire, fe  peut  prendre  dans  la  Ci  vile,  pour  une  des  Façades  d'un  Bâtiment,  comprife 
entre  deux  Pavillons.  ^.257. 

COUSSINET;  c'eft  la  pierre  qui  couronne  un  Piédroit,  dont  Iclit  de  de/Tous  eft  de  niveau, 
&  celui  de  delFus  en  coupe  ,  pour  recevok  la  première  retombée  d'un  Arc  ou  d'une  Voûte. 
PL  66  k.  f.ii,j.  &c  PL  66'è.  p. 7.4^1. 

Coussinet  de  chapiteau-,  c'eft  dans  le  Chapit€auloniç\nc  ,  la  Face  de  côtédes  Volutes,  • 
qu'on  nomme  encore  5u/«jfrf  8c  Orf/Z/i-r.  Lat.  P;//vt>)«^ ,  félon  Vitruve.  P/.  19.  p  47  48 
&P/.86.  p.  293.  ^'^''^   ' 

COUTURE  ;  c'cft  la  jonction  de  deux  tables  de  plomb  par  un  pli  en  manière  de  crochet 
plat  au  bord  de  chaque  table,  qui  font  en  recouvrement  l'une  fur  l'autre.  Ces  Co;hKr«  fe 
font  en  travers ,  au  lieu  que  les  Ourlets  fe  font  en  hauteur,  pag.  3  5 1, 

COUVENT  ou  CONVENT,  du  Latin  Conyenm -,  Affemblée  ;  c'eft  une  grande Maifon 
feurement  bâtie,  qui  confifteen  Eglife,  Cours,  Chapirre ,  Refedoire,  Cloître,  Dor- 
toirs, Jardin  ,  &c.  où  des  perfonnes  confacrécs  à  Dieu,  vivent  fous  une  mêmcReale. 
Les  Co/<vf«/x  des  Filles,  différent  de  ceux  des  Hommes  ,  en  ce  que  le  Choeur  eft  feparé 
del'Eglife,  &  qu'il  y  a  des  Parloirs  grillez,  pour  n'avoir  communication  que  par  là  avec 
les  gfns  de  dehors.  Les  Co/<Vf"/;  font  aulTi  nommez  jV/o;rj/?frff.  p,  jg.  &  218. 
COUVERTURE,  s'entend  non  feulement  detoutce  qui  cou\re  le  Comble  d'une  Maifon,. 

^  }  comme-' 


yt  EXPLICATION   DES  TERMES 

commeplomb,  ardoife>  mile,  bardeau,  &c.  Lat-  Tegmen:  Mais  du  Comble  même." 
Lar.  Telium.  p.  ii', . 

Couverture  a  claire  voye  ,  celle  où  les  tuiles  font  éloignées  les  unes  des  autres  en 
ibrce qu'il  en '?n  re un  tiersmoms que  dans  la  L...vt r;,.)»  ordinaire.  Cette  forte  de  (^ouver- 
ture, nefert  que  pour  des  Apentis  ScMjga^ins  d'Actclier,  qui  ne  doivent  pas  fubfifter 
lonçj-tcms. 

COUVREUR.  Ce  nom  eft  commua  pour  le  Maître  &  les  Compagnons  qui  employent  la 
tuile  &  l'ardoi Ce  aux  Caavfrf/i rci  des  Bâti I' ens.  Lat.  Scii.duljriu^.  p.  117. 

COYAUX.  Morceaux  de  bois  qui  portent  lu  rie  bis  des  Chevrons  ,  Scfur  la  faillie  del'Enra- 
blcmcnr  pour  faaliter  l'écoulement  des  eaux,&  pour  iornier  l'avance  de  l'e^'out  d'un  Com- 
ble. P/.  64  A.  p^i^.  187.   Vi'ruvc  les  nomn.e  Dt//^/^;.^, 

COYER  ;  c'elt  une  pièce  debcis  qui  pofee  diagonalement  dans  l'Enrayeure  d'un  Comble 
s'allemble  dans  le  pied  du  Poinçon  &  rc'pondlous  l'Areftier.  P/.  64  A.  p.  187. 

CRAMPONS.  Morceaux  de  fer  ou  de  bronze  ,  à  crochet  ou  à  queue  d'aronde,  oui  coulez 
en  plomb  lèrvcnc  à  retenir  les  pierres,  &  les  marbres.  Il  s'en  fait  aulTi  de  cintrez  &  de  cou- 
dez. Les  ^rampons ,  font  encore  nommez  c^^nj/n-.  Les  petits  Crampons,  ou  Lramponets  y 
fervent  à  teni  r  les  Verroux  &  les  Targettes  fur  leurs  platines ,  ou  à  les  attacher  fur  les  Por- 
tes &  Croifées  de  menuiferie.  p.  150.  &  x\6.   C'eft  ce  que  Vitruve  entend  par  le  mot 

Crapaudine.  Morceau  de  fer  ou  de  bronze  creufe  ,  qui  recevant  le  Pivot  d'une  Porte  ou  de 
l'Arbre  de  quelque  Machine,  les  fait  tourner  verticalement.  On  la  nomme  aurti  Couette 
8c  Grenouille.  Lat.  Vulvulus.  p  143. 

CRAYE.  Pierre  tendre  &  blanche ,  dont  on  fe  fert  pour  defliner ,  Se  tracer  au  cordeau  ou  à 
Ja  règle ,  &  en  certains  Pays  pour  bâtir ,  comme  en  Champagne ,  Flandres ,  &c.  Lar. 
Creta. 

CRAYON;  c'eft:  un  petit  morceau  de  pierre  ten<lieaiguife'  en  pointe  pour  delfiner.  La  Pierre 
de  mine,  e(t  la  plus  propre  pour  l'Architcdure  ,  parce  que  confervant  fa  pointe,  elle  fait 
les  traits  plus  fins,  &  qu'on  paflè  proprement  delFus  à  l'encre,  &  que  m.éme  elle  peut 
s'effacer  avec  de  la  mie  de  pain  ralfis  :  La  meilleure  qui  vient  d'Aiglcterre  eltlaplus  pe- 
fante,  &doit  avoir  le  grain  clair  &  fin,  &étie  douce  fous  le  canif;  en  forte  qu'elle  ne 
s'e'graine  point  quand  on  Taiguife.  La  tendre  i'ert  pour  les  élévations  &  les  ornemcns ,  & 
celle  qui  clt  un  peu  plus  ferme,  pour  les  Plans.  Lç.  Crayon  noir,  ou  Pierre  noire,  fert  aux 
Maçons ,  Cliarpenciers  &c  Menuifiers  pour  tracer  ,  ainfi  que  la  Craye  ,  ou  Pierre  blanche. 
Le  Crayon  rouge,  ou  la  Sanguine ,  nefert  guéres  dans  les  Deffeinsd'Architedure ,  que  pour 
«iiftingucr  fur  un  Plan  les  changemens  ou  augmentations  qu'on  y  veut  faire ,  ou  pour  mar- 
«juer  fur  une  Elévation  des  cRofes  qui  ne  peuvent  être  veués,  étant  fuppoiécs  derrière 
d'autres,  comme  un  Comble  au  travers  d'un  Fronton.  Le  Fufin,  ou  le  Charbon  de  bois 
blanc,  fert  à  profiler  en  grand  fur  le  papier  ou  le  carton,  parce  qu'il  s'effàce  avec  le  iinae 
ou  la  barbe  d'une  plume.  Tous  les  rayons  doireatétre  tenus  dans  un  lieu  humide,  parce 
qu'ils  duicilfcnt  à  la  chaleur,  p.  558. 

CRECHE;  c'elt  une  cfpecc  d'Eperon  bordé  d'un  Fil  de  pieux,  &  rempli  de  maçonnerie 
devants:  derrière  les  Avant- becs  de  la  Pile  d'un  Pont  de  pierre.  La  Crahe  d'aval,  doit, 
ctre  plus  longue  que  celle  d'amont ,  parce  que  l'eau  dcgravoye  davantage  à  la  queue  de  la 
Pile.  On  appelle  Crèche  de  pourtour ,  celle  qui  environne  toute  une  Pile  ,  &  qui  eft  faiteen 
manière  de  Baftardeau  avec  un  Fil  de  pieux  à  fix  pieds  de  diftance,  refcpez  trois  pieds  au 
deiliis  du  lit  de  la  Rivière,  liernez ,  moifez  &  retenus  avec  des  titans  de  fer  fccllez  au 
corpsde  laPile,  &  remplis  d'une  forte  maçonnerie  de  quartiers  de  pierre  ,  pourempêchcr 
*]ue l'eau dégcavoye  &  déchauffc  le  Pilotis,  comme  il  a  été  pratiqué  avec  beaucoup  de 
précaution  au  Pont  Roiai  des  Thuilerics,  du  dellein  de  M.  Maufart  Premier  Architecte 
du  Roi. 

CREDENCE.  Ce  mot  s'entcqd  chez  les  Italiais ,  uon  feulement  du  lieu  où  l'on  ferre  ce  qui 

dé. 


D'ARCHITECTURE,  &rc.  79 

dépend  cîe  la  Table  &duBufet,  &  que  nous  appel  Ions  Office -,  mais  du  Bufet  même  pui^ 
jzi.  Vûye:^  BUFET.  '^  ^' 

Credence  D^AL'TELj  c'cft  dans  Une  Eglife  à  côtd  d'un  grand  t^wre/ ,  une  petitetable  pour 
mettre  ce  qui  de'pcnd  du  fervicede  ViAutel.  p.  541.  Ldit.  -^bacus. 

CRENEAUX;  ce  font  au  haut  des  Murs  &  Tours  des  vieux  Châteaux,  des  dentelures  di- 
ftantes  par  intervalles  égaux  à  leur  largeur,  qui  leur  fervent  aujourd'hui  pliitôt  d'orne- 
ment que  de  de'fenfè.  p.  314.  C'efl:  ce  que  Virruve  appelle  Pimice. 

CREPIR,_duLatinCr;/p<ire,  Frifer  ;  c'cft  employer  le  plâtre  ouïe  mortier  avec  un  bilay 
fans  paHer  la  truelle  par  dclfus;  ce  qu'on  appelle  Fuire  un  Crcpi ,  que  Vitruve  uomivc 
c^roiatumopiis.  p.  3^7. 

CRESTE;  c'eft  le  fommet  d'une  Bute,  qu'on  ôre  quelquefois  pour  joiiird'une'belleveuë 
ou  pour  faire  une  Plateforme,  p.  195.  Lat.  i_Jpcx.  * 

Crestes.  Oii  appelle ainfi  les  ciieillies ou areftieres  déplâtre,  dontonfcellc  les  Tuiles fai- 
ftiercs.  p.  556. 

CREVASSE,  fe  dit  d'une  fente  ou  d'un  éclat,  qui  fe  fait  à  un  Enduit  qui  boufe  0  ni 
L.it.   Kuna.  •*  •  f-  iU- 

CROCHETS  DE  CHESNEAU.  Fers  plats  coudez  &  attachez  fut  les  Entablemens,  pour 

retenir  Ic^  Che  hic  aux  à  bord-,  ouu  h.ivctf". 
CRIPTO-PORl  IQUE.  Foye:^  CRYPTO  PORTIQUE. 
CROISE'E.  Ccn  ot  le  ditaulfibien  de  L  Baye  d'une  Fenêtre,  que  de  la  Menuiferie  qui  ea 

porte  les  Chalfi s  &  Volets.  On  non.me  Dcmt-croijee  ^  celle  qui  n'a  que  la  demi-lar^eur 

fur  une  mer  .e  hauteur  ,  commeonies  faifoit  ancieiiuement.  paj.iif,.  ^ 

Croise'e  cintre'e  ;  c'eft  uou  feu!civ;cnt  celle  dont  la  Fermeture  eït  en  plein  cintre,  ou  en 

anfe  de  panier  i  maisauffi  celle  de  menuiferie.  qui  eft  ctntrce  par  fon  Plan  pour' oarnir 

quelque  Baye  dans  une  Tour  ronde  ,  comme  les  Lro//m  d'un  Dôme  ,  ou  d'une  LaïKcrnc 

P/.49    p.  in- 'Se  158. 
Croisée  partagée,  celle  qui  elt  à  quatre,  àfix,  ou  à  huit  jours,  c'cft-à-dire  recroifce 

àautant  de  Panneaux  de  verre,  p.  141. 
Croise'e  d'egxise;  c'eft  le  travers  qui  forme  les  deux  bras  d'une  £?///?  bâtie  enCro/x    t 

135.   &i50.  ^  ^  '  '" 

Croise'e  d'ogives  On  appelle  ainfi  les  Arcs  ou  Nervures  qui  prennent  naiiïance  des 
Branches  à'Ogi\es  &  qui  fe   croijent  diagonalement  dans  les  Voûtes  Gothiques,    pag. 

CROISER  &  RECROISER  i  c'eft  partager  une  ouverture  ,  ou  Baye  en  plufîeurs  Pan- 
neaux. C'cft  auffi  faire  traverfer  uneRuë,  ou  une  Allée  de  Jardin,  fur  une  aurre.  pag. 
308.  ^  ** 

CROISILLONS;  ce  font  des  Meneaux  de  pierre  faits  de  dales  fort  minces,  dontonparta- 
geoi:  anciennement  la  Baye  d  une  Fenêtre,  comme  il  s'en  voit  au  vieux  Louvre&  à  l'Hô- 
tel de  Beauvilliers,  quicltdudefTcin  du  Sieur  le  Muer.  pag.  156. 

Croisillons  de  moderne  j  ce  font  les  nervures  de  pierre  ,- qui  feparent  les  Panneaux  des 
Vitraux  Gothiques.  Cts  Croifillons  y  fc  font  à  prefent  de  fer  dans  les  nouvelles  Eulifes. 
ibid.  ° 

Croisillons  de  châssis  ;  ce  font  les  morceaux  de  petit  bois  croife^  ,  qui  feparent  les 
Carrcauxd*unC/;*i///jdeyerre.  p.  141.  &P/.  100.  p.  341. 

CROIX.  Monument  de  pieté  qui  fe  met  dans  les  Cimetières,  ou  dans  les  Places  publiques, 
&  dans  les  Carrefours  ouïe  long  des  grands  Chemins  pour  marquer  les  principales  rou- 
tes: &  qui  ordinairement  eft  porté  fur  un  Picdeftal  ornécrArchitcdurc  &  de  Sculpture. 
Les  Croix  du  Chemin  de  S.  Denis  appellées  Jl/onf-;ojyej ,  font  des  plus  riches  entre  les  Go^ 
thiques.  La  Croix  fert  aurti  d'amortiflement  aux  failles  des  Bâtimens  facrez  PI  64.B 
p.  i8f.  &  151.  *    ^    ' 

Croix  de  S.  Andke  3  c'cft  en  Charpenterie  un  aflcmblagc  croifé  diagonalement  ,   qui- 

fetJt 


8o  EXPLICATION   DES    TERMES 

fcrtàcontreventcrlcFaideavecleSousfaifte  d'un  Comble,  à  garnir  un  Pan  de  bois  >  &  a 
porter  des  cloches  dans  un  Bc'froy.  PL  64  B.  p.  189.  Lat.  Crux  decuffata. 
Croix  greque  et  latine.  VoycK  Eglise  ti-i  croix  greqoe  et  en  croix  la- 
tine. 
CRONE;  c'efl  fur  le  bord  d'un  Porc  de  Mer  ou  de  Rivière,  une  Tour  ronde  &  bafTc  avec 
un  Chapiteau  comme  celui  d'un  Moulin  à  vent  ,  qui  tourne  fur  un  pivot  &  a  un  bec 
qui  par  le  moyen  d'une  roue  à  tambour  en  dedans  &;  des  cordages,  fcrc  à  charo-çr  &  à 
décharger  les  Marchandifcs  des  Vaiilcaux  ;  c'clt  dans  ce  lieu  là  qu'on  pcfc  auflîles  Ba- 
lots.  p.  318. 

CROSSETTES  ;  ce  font  les  retours  aux  coins  des  Chambranles  de  Porte  ou  de  Croifée, 
qu'on  nomme  aufll  Oreillons,  f.  i86.  FI.  83.     Scamozzi  les  appelle  du  nom  Italien 
Zanche. 
Crossettes  de  COUVERTURE;  cc font  des  Plâtres  de  couverture  à  coflé  desLucarncs  oq 
Veucs  failticres. 

Crossettes,  Voye:;.  Claveau  &  Clef  a  crossettes. 

CROUPE  DE  COMBLE;  c'cft  l'un  des  bouts  d'un  Comhle  ,  qui  eft  forme  de  deux  Are- 
/licrs  tendintà  un  ou  deux  Poinçons.  Et  Demi-croupe  y  c'en  eîl  la  moitié' ,  comme  pour 
un  Apentis.  p.  186.  PL  64  A.  Lat.  Tejluclo. 

Croupe  d'église,  c'cft  la  partie  arondie  du  Chevet  d'une  £ç///c  confideré  par  le  dehors , 
comme  celle  de  Nôtre-Dame  de  Paris  qui  fait  face  au  Pont  de  la  Tournelle.  Lat.  z^bfis. 

CRYPTO  PORTIQL7E,  s'entend  d'un  lieu  fouterrain  Se  voûte  ,  comme  auffi  de  la  déco- 
ration de  l'encrée  d'une  Grote.  Et  félon  Philibert  de  Lorme.  Z/v.  4.  pag.^i.  c'eft  un  Arc 
pris  par  fous-œuvre  dans  un  vieux  mur  &  au  defTous  du  Rez-de  chauflee.  Ce  mot 
vient  du  Grec  t\yy]^te y  une  Grote  ou  lieu  fouterrain,  &  du  Latin  Porticus ,  un  Porti- 
que./^.  551. 

CU-DE-FOUR.  Onnommeainfi  une  Voûte  fpheriquc.  Fôyex  Voute  spherique. 

Cû-DE-FouR  EN  PENDENTIF;  c'ell  Une  Voutc  fpheriquc  qui  eft  rachectée  par  quatreFour- 
clies  ou  Pendentifs  i  &  qu'on  nomme  aufTî  Pendentif  de  Vulencc  ,  comme  il  s'en  voit  à 
l'Eglifc  de  S.>IicoUs  du  Chardonnet,  &  à  celle  du  Noviciat  des  PP.  Jefuïtes  à  Paris. 
p.r^i. 

Cu-DE-FouR  DE  NICHE  ;  c'eft  la  fcrmcturc  Cintrée  d'uHc  Niche ,  fur  un  plan  circulaire.  PI. 
51.  />.  147.  &  151.  Lat.  Concha. 

CU-DE-LAMPE.  Efpccc  de  Pendentif  qui  tombe  des  nervures  des  Voûtes  Gothiques  , 
comme  il  s'en  voit  de  pierre  à  la  Voute  de  l'Egliie  de  Saint  Euftache ,  &  de  bois  doré  à  Ja 
Grande  Chambre  du  Parlement  de  Paris.  PL  66  h.  p.  137.  545.  &  547. 

Cû-DE-LAMPE  PAR  ENCORBELLEMENT..  SailHc  de  picrrcs  roudes  par  Icur  plan  qui  portent  co 
encorbellement  la  Recombce  d'un  Arc  doubleau  ,  d'une  Tourelle  ,  d'une  Guérite,  &c.  com- 
Jtieils'en  voit  aux  Demi-lunes  du  Pont  neuf  à  Paris.  Ce  Cw-dc-/iîwpf  fert  auHî  ,  quand  il 
eft  d'une  feule  pierre,  à  porter  une  Statue  dans  une  Niche  peu  profonde,  p.  149. 

CU-DE-SAC;  c'eft  une  petite  Rue  fans  ilfuë.  Lat.  Fundula. 

CUBE,  ànGïtcKj<boSi  déàjoiier;  c'elt  un  Corps  folide  re(^angle  compris  par  fîx  furfa- 
cesquarréesSi  égales.  P/,  f.  p.). 

Cube.  Voyt:^  Pied  &  Toise  cubes. 

-CUEILLIE  ;  c'eft  daplâttedrellé  le  long  d'une  rcgie,  qui  fert  de  repère  pour  lambriflTer, 
enduire  de  niveau  &  faire  à  plomb  les  Piédroits  des  Portes ,  des  Croifécs  &  des  Cheminées, 
p. 551. 

CUISINE.  Pièce  du  Département  de  la  bouche,  ordinairement  au  rez-de-chaulTéc  &  quel- 
quefois dans  l'Etage  fouterrain  ,  laquelle  a  une  cheminée  en  hotte,  un  four  &  un  pota- 
ger pour  aprcltcr  les  viandes.  Dans  les  Palais  il  y  a  une  On  fine  ,  qu'on  appelle  de  la 
Jiûuche  t  pour  la  Table  du  Maître ,  5c  une  du  Commun  pour  les  Demeftiques.  p.  174.  PL 
f>o.  i-at.  Chlnia. 

CUISSE 


D'ARCHITE.  CTUR  E,   &c.  ^t 

CUISSE  DE  TRIGLYPHEi  c'eftla  code  qui  cft  entre  deux  glyphes,  «^ravûrcs  ou  canaux 
dzns  IcTrl^lyphe.  P/.  ii.  p.  51.  c'efl:  ce  que  Vitiuve  nomme  Fémur.      *' 

CUIVRE.  Metaildoncon  fe  feit  en  Architedure  pour  faire  des  caraderes  pour  les  Infcrip- 
tions,  desornemens,  des  crampons,  &c.  Et  pour  couvrir  par  tables  minces,  les  Coni 
bles.  Les  Anciens  employoientleCK/vreaux  mêmes  ufages,  &  eftimoient  le  Corinthien  le 
meilleur,  p.  115.  Lat.  ^s  Corinthiiini. 

CULEE  ou  BUTE'E;  c'clt  lemaflifde  pierre  dure  qui  arcboute  la  pounée  de  la  première 
&  dernière  Arche  d;un  Pont.  On  donne  au/ÏÏ  ce  nom  d  la  Palc'e  de  pieux  qui  retient  ks  tzt- 
res  derrière  ce  maflif.  Les  Latins  appellent  5«6/ffy,  les  C«/fe/.  p.  145. 

CctEE  d'arc-boutant  ;  c'clt  Un  fort  Pilier  qui  reçoit  les  Retoiibces  d'un  ^rc-hoti- 
td»t  d  Egiiie.  p.  5 14. 

CULIERE  ;  c'cft  une  pierre  plate  crcufc-c  en  rond  ou  en  ovale  de  peu  de  profondeur  avec 
unegoulette,  qui  reçoit  l'eau  d'un  Tuyau  de  defccntc  ,  &  la  conduit  dansunRuilîeaudc 
Pave.  p.  531. 

CULOT.  Petit  ornement  de  fculpture  en  façon  de  Tigette,  d'où  fortent  des  Rinceaux  de 
feuillages,  qui  fe  taille  de  bas-relief  dans  les  Frifes"&  Grotefques,  &  qui  fert  de  pctir. 
Cu-de-lampe  pour  porter  quelque  bijou  dans  un  Cabinet,  p.  }  10. 

.CUVE  DE  BAIN.  Efpecede  grand  Vafe  de  pierre  ou  de  marbre  en  forme  de  Baignoire 
ovale,  avec  des  anneaux  aux  cotez  tailles  delà  niéme  pierre,  qui  fervoit  ancieimement 
dans  les  Thermes  ou  Bains  y  comme  il  s'en  voit  aux  Fontaines  jaillilîàntes  de  la  Place 
FarneTe  &  de  la  Vigne  Montalte  à  Rome.  p.  209.  Lat.  Labrum. 

CUVETTE.  Vailleau  de  plomb  pour  recevoir  les  eaux  d'un  Chefneau  &  les  conduire  dans 
le  Tuyau  de  defcente.  Il  y  a  de  ces  Cuvettes  de  diverfes  figures,  comme  de  quarrees,  de 
rondes,  ou  a  pans  avec  cû-de-lampe.  Les  moindres  font  en  entonnoir  dans  les  Angles 
rentrans ,  &  en  hotte  contre  les  Murs  de  face,  pa?,  224.  Lat.  ^4rca  félon  Vitruve       ^ 

CYLINDRE.  Foyez  CILINDRE.  vuiuyc. 

CYMAISE.  VoyeK  CIMAISE. 

<:YZICENES  j  c'étoient  chez  les  Grecs,  les  plus  magnifiques  Salles  à  manger,  expofe'es 
au  Septentrion,  &  fur  les  Jardins.  Elles  étoient  ainfinomme'es  de  CiKique,  Ville  confi- 
derabîepourla  magnificence  defes  Edifices,  &  fituec  dans  une  Kle  de  la  Propontide  de 
même  nom.  Ces  0:iicenes  e'toient  chez  ks  Grecs,  ce  que  les  Tridinia,  ou  Cénacles 
.ctoieatchczlcs  Romains,  p.  }38. 

•pv  Aïs.  Compofition  d'Archlteaure  &  de  Sculpture  de  bronze,  de  fer,  ou  de  bois  qui 
AV  lert  a  couvrir,  &  couronner  un  Autel,  un  Thrône  ,  un  Tribunal  ,  une  Chaire  de 
Prédicateur,  une  Oeuvre  d'Eglife,  &:c.  Ce  Da,s  fe  faiten  forme  de  Tente  ou  Pavillon, 
de  Couronne  fermée,  de  ConfolesadolTees  ,  &c.  On  appelle  Haut  Dms ,  l'exhaufTemenc 
qui  porte  un  Thione  couvert  d'un  Dais,  qu'on  drefle  pour  le  Roi  dans  une  E-life  ou 
dans  une  grande  Salle,  pour  uiie  Cérémonie  publique.  Ce  Haut  Dais  dms  le  Parterre  d'une 
Salle  deBalet  Si.  de  Comédie,  eft  un  enfoncement  ferme  d'une  Baluftrade.  pa^e  no 
Lat.  Soiium.  '  "^ 

^^,^P-.  V  ^"^"/"'"  '  comme  celles  d'Arcueil  ou  de  Liais,  débitées  par  tranches  de  peu 
d  epailleur,  dont  on  couvre  les  Terrafles  &  Balcons  ,  &  dont  on  fait  du  Carreau.  On 
nomme  Dates  a  joints  recouverts,  celles  qui  étant  feuillées  avec  uiie  moulure  dclfus  eu 
manière  d  ourlet  en  recouvrement,  fervent  de  couverture,  comme  il  s'en  voir  fur  le 
vieux  Château  de  Saint  Germain  en  Laye.  On  fe  fcrt  auffi  ce  Dales  de  pierre  dure, 
pour  faire  les  Tablettes  de  Calcon,  &  ks  Cimaifcs  des  Coruickâ  de  dehcrs,  qui  por- 
Tome  II,  L  .     .    >  1     Ç^^^^ 


8i  EXPLICATION   DUS    TERMES 

tentgbcis,  goulettes&gargoiiillcs.  Ce  mot  vient  félon  M.  Ménage  de  l'Anglois  Dealer 
portion,  p.  ;  51. 

DAMES;  ce  font  dans  un  Canal  qu'on  creufc  ,  des  Digues  du  terreinméme,  qu'on  laiiTe 
d'clpacc  en  cfpacc ,  pour  faire  entrer  l'eau  à  difcret^ion  ,  &  empêcher  qu'elle  (^agne  les 
Travailleurs.  On  nomme  aufïï  Darnes,  certaines  petites  langues  de  terre  couvertes  de 
Jeur  gazon,  qu'on  laillc  dedidanccen  diftance,  pour  fervir  de  Tcmoins  dans  la  fouille 
des  terres,  afin  d'en  toifcr  les  Cubes.  ;'.  558. 

DARCE.  Partie  du  Baflin  d'un  Port  de  Mer,  feparée  par  une  Digue,  &  bordée  d'un  QuaVf 
où  l'on  tient  à  flot  les  Vaiffeau  v  defarmez  ,  comme  à  Toulon.'  Ou  l'appelle  auffi  Chambre, 
on  Durjine ,  de  l'Italien  D^rjcna  ,  qui  a  la  même  fîgnification.  pag.  307.  &  557.  Laf. 
Statio. 

DARDS.  Bouts  de  flèches,  que  les  Anciens  ont  introduit,,  comme  fymboles  de  PAmour». 
parmi  les  Oves qui  ont  la  forme  du  cœur.  Il  fe  fait  des  Darc/j  de  fer,  pour  fervir  de  char- 
dons aux  Grilles.  Pi.  te.  p.  49. 

DE',  fe  dit  de  tout  corps  quatre  ,  comme  dii  Tronc  on  du  nû  d'un  Pit'deftal.  Il  fe  dit  encore 
des  petits  Cubes  de  pierre  dure  ,  dans  lesquels  on  fcellc  les  barreaux  montatis  des  Berceaux 
&  Cabinets  de  treillage  ,  &  les  poteaux  des  Angars.  p.  14.  P/.  5.  Lat.  Tuimuf. 

DEBITER;  c'eftfcierde  la  pierre  pour  faire  des  Dales  ,  ou  du  Carreau.  C'eft  auffi  refen- 
dre du  bois ,  &  le  couper  de  certaines  longueurs  pour  les  Aflemblages  de  Menaiferie.  p, 
2i2.  Lat.  Dijf.ndcre. 

DEBLAY  ;  c'elt  le  tranfport  des  terres  qu'on  efl:  oblige' de  foiiiller  ,  pour  la  conflruâion  des? 
Murailles  de  revêtement  d'un  Rampart,  ou  d'une  Terraflè^  p.  350. 

DECALQUER.  Foyn  CALQUER. 

DECASTILE,  ce  mot  qui  vient  du  Grec,  fe  dit  d'une  Ordonnance  qui  a  dix  Colonnes  de 
front,  p.  357. 

DECHARGE.  Petit  lieu  à  côte' d'un  Gardemeuble,  d'une  Garderobe  ,  ou  d'un  Cabinet  1, 
pour  y  l'errer  les  vieux  meubles  &  les  moindres  choies  qui  embarralferoient. 

Décharge,  fe  ditauflî  de  la  fervitudequi  obligeun  Propriétaire  à. {oufftn la. Décharge  des 
eaux  de  fon  Voifin  parun  Egout ,  ou  par  une  Goutiere.  p.  3  3  z. 

De'charc2  en  Charpenterie  ;  c'eft  une  pièce  de  boispofe'e  obliquement  dans  l'afTembJage  d'un 
Pan  de  bois  ou  d'une  Cloifon  pour  foulager  la  c/^izy^e.  PL  64B.  p.  189. 

Décharge  en  Serrurerie;  c'elt  dans  une  Porte  de  fer,  une  groffe  barre  pofe'e  obliquement 
en  manière  de  Traverfe,  pour  entretaiir  les  barreaux  &  pour  empêcher  le  Chaffis  de  for- 
tir  de  fon  e'querre. 

De'charge  d'eau.  Cemot  eft commun  à  deux  Tuyaux  dans  un  Regard  ou  unBaiTîn  de 
Fontaine,  dont  l'un  avec  foupape,  fert  à  décharger  ou  à  faire  e'couler  l'eau  qui  eit  dans 
le  fonds:  &  l'autre,  quieftfoudc  &  au  bord  de  ce  Regard  ou  deceBaffin,  fert  à  régler 
Ja  fuperficie  de  l'eau  à  une  certaine  hauteur.  Lat.  Tnbulus.  On  appelle  encore  Décharge 
d'eau,  le  Bailinoùles  eaux  ferendent  apre'sle  jeu  des  Fontaines  dans  un  Jardin,  p.  198. 
Lat.  Lacufculus. 

DECHAUSSE'.  Oh  dit  qu'un  Baftiment  efV  dcchaulfc ,  lorfqu'il  paroit  de  fes  fondations 
dcgrade'es.  On  dit  auffi  qu'une  Pile  de  Pont  elt  déchatijfce,  lorfquc  l'eau  a  dc'gravoye'  fon 
riiotagc ,  n'y  ayant  plus  de  terre  entre  les  pieux  par  le  haut. 

DE  CINTRER;  c'eft  démonter  un  Cfwfre  de  Charpente,  après  qu'une  Voutc  ou  un  Arc  cft 
b.indé  ,  &  que  les  VoufToks  en  font  bien  fichez  &  jointoyez. 

DE'COMBRER  ;  c'eft  enlever  les  gravois  d'un  Attelier  ;  c'eft  auffi  dégravoyer  un  Baftar- 
deau  pour  y  mettre  un  corroyde  glaife.  On  dit  encore  Decombrer  une  Carrière,  pour  en 
faire  l'ouverture  &  la  fouiller. 

DECOMBRES;  ce  font  les  moindres  matériaux  de  la  démolition  d'un  Baftiment,  qui  ne 
font  de  nulle  valeur ,  comme  les  menus  plâtras,  gravois,  recoupes  &c.  &  qu'on  envoyé 
aux  champs  ponr  affermir  les  Aires  des  Chemins,  p.  350. 

DE'» 


D'ARCHITECTURE,   ^cl  $^ 

JDE'CORATEUR.  Homme  de  deflein,  intelligent  en  Architeflure  ,  Sculpture,  Perfpe- 
dive,  &  Mécanique,  qui  invente  &:  difpofe  cîes  ouvrages  d'Architeclure  feinte  ,  comme 
des  Arcs  de  Triomphe  pourJes  Entrées,  des  Feux  de  ioye&  desllluminationspour  les 
Feftes publiques,  des  Décorations  pour  les  Balets  ,  Comédies,  Caroufels  &  autres  fpe- 
dacles:  &  enfin  des  Maufolécs  &  Catafalques  pour  les  Pompes  funèbres,  &  qui  par  des 
Orncmens  podiches  mis  à  propos  ,  augmente  la  riclieflTe  de  l'Arcluteflure  elfcâiivc 
comme  il  fe  pratique  en  Italie  dans  les  Eglifes  avec  beaucoup  d'entente  &  de  magnificence' 
auxFeftesfolemnelles  ,  &  Canonizations  de  Saints.  Le  Sieur  Eerain  Defllnareu^  du  Roy* 
reiiflîtavec  fuccezdans  toutes  ces  parties.  La  qualité  de  Dfcor<ïtf;<r  clt  necelTaire  à  un  Ar- 
chitede.  Lat.  c_/irchiteftus  Scenicus. 

DE'CORATION.  Ce  mot  fc  dit  en  Architedurc  de  toute  faillie  &  ornement,  qui  eftant 
mis  à  ^zo^os  décorent  le  dehors  &  le  dedans  d'un  Baftiment.  Il  fe  dit  auflî  de  tout  orne- 
mentpoftichedonton  embellit  les  Portes,  Arcs  de  Triomphe  ,  &  Places  pour  les  En- 
trées publiques  ,  ic  même  de  ceux  qui  fervent  aux  Pompes  Funèbres  &  Catafalques. 
p.  171.  &  jio.  ' 

Décoration  de  Jardin  ;  c'efU'ordonnance  de  toutes  les  pièces  qui  compofenc  la  rarie- 
té  d'un  "jardin  ,  &  en  rendent  l'afpeâ:  agréable,  p.  1 90. 

Décoration  d'église,  fe  dit  des  orncmens  pofliches,  comme  tableaux  ,  étofes  ,  vafes 
feftons,  &c.  qui  font  adaptés  aux  murs  d'une  Eglife  avec  tantd'intellioence ,  quel'Ar- 
chitedure  n'en  perd  point  fa  forme,  comme  cela  fe  pratique  en  Italie  aux  Feftes  folem- 

'    nelles.  p.  310, 

Décoration  de  the'atre,-  c'eftrArchiteduredc  pierre,  comme  les  Anciens  la  prati- 
quoicnt  dans  leurs  r/7farrf5,  &  dont  Vitruve  a  laiiïedes  préceptes:  ou  celle  de  Peinture 
avecperfpedivcs,  dont  on  fe  fert  aujourd'huy,  pour  ^ffcorer  la  Scène  d'un  Théâtre,  con- 
formément au  fujetd'unfpedlacle.  p.  38.  VbycK  SCENE. 

DECOliVRIR  i  c'cft  ôter  la  Co«Vfr/«rf  d'une  Maifon,  pour  en  conferver  à  part  les  maté- 
riaux. 

Découvrir  le  bois  ;  c'ell  lui  donner  la  première  ébauche  avec  le  fermoir  ,  avant  que 
de  le  raboter. 

DEDALE.  roye:i  LABYRINTHE. 

DE  FENCE.  On  appelleainfi  une  Latte  pendue  au  bout  d'une  corde ,  pour  avertir  les  Palfans 
de  s'éloigner  d'une  Maifon,  où  Ton  fait  quelque  réparation  de  Couverture  ou  de  Ma- 
çonnerie. 

DEGAGEMENT  ;  c'eft  dansun  Apartement  un  petit  partage,  ou  un  petit  Efcalicr,  par 
lequel  on  peut  s'échjper  fans  repalTèr  par  les  mêmes  pièces,  p.  1 80.  &  140. 

DEGAGER  ;  c'ell  en  Architedure  ôter  la  confufion  des  ornemens  dans  la  Décoration, 
ou  faciliter  le  dégagemen  dans  les  Apartemens  ,  par  les  paflages  &:  les  petits  efcaliers. 
p<j^.  110. 

DEGAUCHIR;  c'eft  drefierune  pièce  de  Bois,  ouïes  paremcns  d^une  pierre;  c'eft  aufli 
racorder  un  talut  avec  une  pente  de  terrein.  p.  x}  j. 

DE'GRADE'.  On  dit  qu'un  Bâtiment  eft  ^f^raJf,  lorfque  faute  d'avoir  entretenu  fesCou- 
verrures,  &d'y  avoir  fait  d'autres  réparations  necelTaires,  il  eft  devenu  inhabitable.  On 
ditau/Ti  qu'un  Mur  eft  dégradé,  lorfque  fon enduit  ou  aépiefttombé,  &  que  fesmoi- 
lonsfont  fans  liaifon. 

DEGRAVO\EMENT;  c'eft  l'efFet  que  fait  l'eau  courante ,  qui  déchaufle  &  defacotc  des 
Pilotis  de  leur  terrein  ,  parunboiiillonnement  continuel:  à  quoi  on  remédie  en  faifanc 
une  Crèche  au  tour  du  Pilotage.  On  dit  auffi  Degra\oyer. 

DEGRE'  ;  c'eft  la  90.  partie  d'un  Quart- de-cercle,  divifécn  trois  cens  foixante.  p.  149. 

Degré'.  Voye^  MARCHE.  '^   ' 

DEGROSSIR;  c'eft  faire  la  première  ébauche  d'un  bloc  de  pierre  ou  de  marbre  pour  l'é- 
*iuarr*i ,  ou  pour  y  taillci  de  la  fculpiure.  p.  3  5  8.  Lat.  Deformare, 

t  a.  DE- 


84  EXPLICATION  DES    TERMES 

DE'JETTER.  On  dit  que  de  la  Meiiuiferie  fe  dc/ette  ,  lors  qu'étant  faire  d'un  bois  qui  n'jL 
pas  e(k- employé  fec,  les  panneaux  s'ouvrent ,  fe  cambrent ,  &:  forcent  de  leurs  cmboitu- 
resôc  rainures,  p.  541. 

DE'LARDER  ;  c'cft  en  Maçonnerie  piquer  avec  la  pointe  du  marteau  le  lit  d'une  Pierre  ,  Se 
déaiaigrir  ce  qui  en  doit  être  pofé  en  recouvrement;  c'cft  auffi  couper  obliouement  le 
^ellous  d'une  Marche  de  pierre;  c'clt  pourquoi  on  dit  qu'elle  porte  fon  dcUrdcman.  Dé- 
Idïdcr  en  Charpenterie  ;  c'eft  rabattre  en  chamfriin  les  Arcfbcs  d'une  pièce  de  bois  ,  com- 
me quand  on  taille  l'Areftier  delà  Croupe  d'un  Comble,  &:  Icdcflbus  des  Marches  d'un 
Efcalierdebois,  pour  en  ravaler  la  Coquille,  pa^.  188.  ScP/.  66  B.  pj^.  141.  Lat.  Obli- 
<ji(ar£, 

DE  LIAISON.  FoyeK  LIAISON. 

DELIT.  Mettre  en  délit  une  pierre  •■,  c'eft  lapoferfurle  côté  &:  hors  de  fon  Ut  de  Carrière, 
celt-à-due  ae-iitcnfaremen:  ■,  ce  qui  elt  une  mal-façon.  Lorfqu'on  bande  un  Arc  ou  une 
Plate-bande,  onpolc  les  Vouflbirs  &.  Claveaux  c/f'/Vr  c«yo/Hf ,  c'cft-àrdire  le  Ut  dufensdes 
Joints  montans.  pdg.  138. 

DELITER  UNE  PIERRE,-  c'eft  en  couper  d'après  une  moye  fuivantfon  lit  ^  &quclquei. 
fois  elle  fe  delne  d'elle-même.  p.  10  5 . 

DExMAlGRIR  ou  AMAIGRIR;  c'clt  couper  d'une  pierre  à  un  joint  de  lit  ou  de  coupe  :  Et 
Dcm.ugrir  en  Charpenterie  ;  c'cft  diminuer  un  tenon  ,  &  tailler  une  pièce  de  bois  en  angle 
aigu.  p.  358. 

DE'MAIGRISSEMENT  ;  c'eft  le  côté  d'une  pierre,  ou  d'une  pièce  de  bois  dcmaigri, 

DEMI-EOSSE.  Voye:^  BOSSE. 

DEMI  CERCLE  ;  c'eft  lamoitiéde  la  circonférence  d'un  Cercle,  qui  a  pour  bafe  le  dia- 
mètre. On  l'appelle  auffi  iffw/ryc/e,  du  Grec  EmikykJ-os,  c'eft-à-dire  Demi-cercle.  Fl.-\, 
p.).  &i4i. 

Demi-cercle.  Fhyez  RAPORTEUR. 

DEMI  LUNE.  On  appelle  ainfi  un  Bâtiment  dont  le  plan  eft  un  enfoncement  circulaire  ea 
manière  d' Amphithéâtre,  pour  gagner  de  la  place  au  devant,  comme  le  Collège  Mazar 
rin,  &la  Placedes  ViétoiresàPans.  Ilfevoiten  Italie  plufieurs  Vignes  de  cette  difpoli- 
tion  pour  terminer  plus  agréablement  le  principal  alped:  du  Jardin  ,  comme  la  Vi'^neLu- 
doviliàRome.  On  appelle  aulTi  Df»:/-li<nf ,  une  Place  en  demi-cercle  devant  l'entrée  d'ua 
Château  on  au  bout  d'un  Jardin,  entourée  d'arbres  ou  de  treillage,  ou  de  murs  de  clô- 
ture ,  ou  faite  en  terralfe.  P/.  65A.  pag.  i>)ï.  100.  &311. 

Demi-lune,  d'eau,  Efpece  d'Amphithéâtre  circulaire,  orné  de  Pilaftres  ,  de  Niches  c« 
Renfoncemensruftiqucs  avec  des  Fontaines  en  napes  ,  ou  des  Statues  Hydrauliques,  com- 
me à  Monte-dragone  à  Frcfcati  prés  de  Rome. 

DEMI-METOPE.  Tojf^  METOPE. 

DEMOLIR;  c'eft  abbatre  un  Bâtiment  pour  mal- façon,  changement  ou  caducité.  Ce  qui 

,  fe  doit  faire  avec  foin  pour  en  conferverles  matériaux  qui  peuvent  refervir  ,  &  que  l'on 
rangea:  entoife avec  ordre,  p.  113.  Lat    Diruerc. 

DEMOLITION  ;  c'eft  la  pierre ,  le  plâtras  ouïe  moilon  ,  qui  provient  d'un  Bâtiment  qu'on 
adtmoli.  p.  114.  &  II 3. 

DEMONTER  ;  c'eft  en  Charpenterie  défaire  avec  foin  un  Comble  ,  ou  tout  autre  ouvrage^ 
fou  pour  le  refaire,  ou  pour  en  conferverles  bois  dans  un  Magazin,  pour  les  faire  reler- 
Tir.  On  dit  aulli  Démonter  uneGruë,  un  Cintre  >  un  Echafaut  &  toute  autre  maclùuc. 
f.a43.  Lat.  Di:jungcre. 

DENTICULES.  Ornemens  dans  une  Corniche  taillez  en  manière  de  denrx.  Elles  font  affe- 
ctées à  l'Ordre  Ionique,  &  le  membre  quarré  far  lequel  on  les  taille  ,  fe  nomme  le  Denti- 
cule.  p.].  PI.  il.  p.  31.&C.  Lat.  Denticulus. 

Denticules  en  guillochis  ,  celles  qui  font  faites  d'une  petite  Platebande  continue, 
&  qui  rctournenc  d'équcrrc  pai  en  haut  &  par  eu  bas  ,  comme  i\  s'en  voit  à  Ja  Cor- 
■^  aicho: 


D'ARCHITECTURE,  &:c.  85 

niche  Ionique  He  la  Nef  de  l'Eolife  des  PP.  Mathurins  à  Paris. 
DEPARTEMENT.     Ce  mot  fignifioit  autre-fois  la  diftribution  d'un  Plan,  mais  il  ffdic 
aujourd'hui  d'une  quautitc'  de  pièces  deftiuécs  à  un  même  ufâge  dans  une  grande  Mailon  , 
comme  le  D.^ur/fwojt  de  la  bouche  ,  le  Dfpdrff»;f«/desDomeft:iques  ,  IcDcpartcmoiîdcs 
Ecuries,  &c. 
DE  PENSE.  Pièce  dn  De'parrement  de  la  bouche,  où  l'on  ferre  les  provifions  de  chaque  jour> 
&  les  refles  des  viandes,  p.  174.  P/.  6o.L!Lt.Celldpcnaria. 

DE'ROBEMENT.  Foyex  Tracer  par  e'quarrisse.ment. 

DE'SAFLEUR-ER.  yiye^  AFLEURER. 

DESCENTE.  Voûte  rampante  qui  couvre  une  Rampe  d'Efcalier,  comme  la  Dr^'cfn/f  d'une 
Cave.  Ce  mot  fe  ditauflide  laRampe  mtmederËfcalier.p.  ij^.Pt.  60.  ôc  66  B.  p.  141. 
Lac.  Fornixdeclivis. 

Descente  biaise,  celle  qui  efl:  de  côte' dans  un  mur  ,  &  dont  les  Piédroits  de  l'entrc'e  ,  ne 
font  pas  d'e'qucrre  avec  le  Mur  de  face.  FI.  66B.  p.  141. 

Descente  d'experts;  c'eft  la  Vifite  que  des  Experts  font  des  ouvrages ,  pourexaminer 
félon  la  Coutume  locale ,  s'ils  font  conformes  aux  devis  &  marchez ,  &  en  condamner  les 
mal-faconspar  leuriaport ,  dont  la  minute  doit  être  fignc'e  fur  les  lieux  fuivant  l'Ordon- 
nance.' Il  iè  fait  des  Dejcentcs  en  pre'fence  de  Juge ,  s'il  en  eftainfi  ordonné  par  Juftice. 
p.  }}i. 

Descente.  Foyez  Tuyau  de  descente. 

DESSEIN-,  c'eft  la  repréfentation  geometralé  ou  perfpedive  fur  le  papier ,  de  ce  que  l'on  a 
projette.  Préface. Lzt.  Diagramma. 

Dessein  au  trait,  celui  qui  eftimc/ au  crayon  ,  ou  à  l'encre)  fans  aucune  ombre.  P/.  A. 
p.  iij  &  PI.  C.  p. XI.  Lat.  Delineatio. 

Dessein  lave',  celui  où  les  ombres  font  marquées  avec  le  biftre  ou  l'encre  de  la  Chine,  Se 
qui  eft  fini  &  termine  avec  le  foin  &  la  propreté  qu'il  demande,  p.  358. 

Dessein  arreste',  celui  qui  eft  cotte  pour  l'exécution  ,  &  fur  lequel  a  été  fait  le  marché 
figné  de  l'Entrepreneur ,  &  du  Bourgeois. 

DESSINATEUR;  c'eft  en  Architeâ:ùre ,  celni  qui  dejjnfe  ,  &  met  au  net  les  Plans,  Profils 
&  Elévations  des  Bâtimens ,  fur  des  mefures  prifes  ou  données.  On  appelle  auflî  DeJJina- 
teur ,  celui  qui  fait  des  ornemcns  pour  diverfes  fortes  d'ouvrages,  p.  i6i. 

DESSUS-DE-PORTE,  fe  dit  de  tout  Lambris  ,  Cadre,  Bas-relief,  &c.  qui  fert  de  revête- 
ment au  c/fj^/zj  d'une  Corniche  de  placard.  P/.  63  B.p.  185.&P/,  loo./j.  541.  Cette  partie 
qui  dans  Vitruve  fe  trouve  unie  en  manière  de  Table  d'attente ,  eft  appellée  par  cet  Auteur, 
Corona  plana. 

DETAIL;  c'eft  dans  un  Devis  le  dénombrement  exaél  des  matériaux,  &façonsd'un  Bâti- 
ment: Celtaurtl  dans  les  mefures,  celui  des  parties  cottées.  p.  131. 

DE  TREMPE.  Couleur  employée  à  l'eau  &  à  la  cole ,  dont  on  imprime  ,  &  peint  dans  lés 
Bâtimens. p.  118.  &  ii<).  Lzz.  (^quariaPiBiira. 

DETREMPER  LA  CHAUX  ;  c'eft  la  délayer  avec  de  l'eau,  &  le  rabot  dans  un  petit  Baf- 
fin  ,  d'où  elle  coule  enluite  dans  une  fofle  en  terre ,  pour  y  être  confervée  avec  du  iâble  par- 
deffus.  p.  114.  Lat.  Cakem  diluere. 

DEVANTURE  ;  c'eft  le  devant  d'un  Siège  d'Aifance  de  pierre  ou  de  plâtre  >  d'une  Mangeoi- 
re d'Ecurie,  d'un  Apui ,  &c.p.  311. 

Devantures.  Plâtres  de  Couverture  qui  fe  mettent  au  devant  des  Souches  de  Chemi- 
née ,  pour  racorder  les  Tuiles  ou  Ardoifes  ,  2c  au  haut  des  Tours  contre  les 
murs. 

DE  VELOPEMENT.  Faire  leDévelopement  d'une  pièce  de  Trait  ;  c'eft  fe  fervir  des  lignes  de 
l'Epure,  pour  enlever  les  difFerens  panneaux,  p.  236. 

De'velopement  de  DESSEIN;  c'elt  la  reprcfcntation  de  toutes  les  faces  >  profils,  &  par- 
ties dul>f//c/nd'un  Bâtiment,  p.  187.  Lat.  Explicatw. 

L  j,  DE- 


S(î  EXPLICATION   Dn<;  TERMES 

^^""J^^  ;.''=^  ^^'°"  '"  Charpcnriers,  le  fens  incliné  d'un  corps  ,  comme  d'un  poteau 
pofe  obliquement  dans  un  Pan  de  bois ,  ou  d'une  autre  pièce  de  bois  m  ife  en  place  du  côté 
de  la  courbure ,  comme  une  Force  de  Comble.  Ce  mot  fiamfie  auffi  particulièrement  le 
gauche  d  une  pièce  de  bois,  c'elt  pourquoi  les  Charpentiers  piquent,  ou  marquent  une 
pièce  fuivant  ion  Devers ,  pour  mettre  en  dedans  le  côté  deverjc.  O.iditaudi  Deyerler 
pour  pencher  ou  inchr.er  •/     ' 

^^^^.''  '■'^'^ /."  "mémoire  gênerai  des  quantitez  ,  qualitez,  &  façons  des  matériaux  d'uu 
Bâtiment,  fait  fur  des  dclleins  coctez ,  &  expliqué  en  détail,  avec  des  prix  à  la  fin  de 
chaque  elpece  d  ouvrage  par  toife ou  par  tâche ,  fur  lequel  un  Entrepreneur  marchande. 
&  convient  avec  le  Bourgeois  d'exécuter  l'ouvrage  ,  moyennant  une  certaine  fomme  •  c'eft 
pourquoi    orfque  cet  ouvrage  c(t  fait ,  on  l'examme  pour  voir  s'il  elt  conforme  au  Devis 
avant  que  de  (atishire  au  parfait  payement.   Il  arrive  allez  fouventque  le  Devis,  eft  fait  & 
propofe  par  le  Bourgeois  a  plufieurs  Ouvriers,  pourenavoir  meilleure  compofition,  par 
le  rabais  qu'ils  en  tout  l'un  fur  l'autre  ;  mais  quoique  le  DfVu  ,  foitnccelTaire  pour  voir 
clair  dans  1  exécution  d'un  Bâtiment ,  aufli  le  trop  grand  rabais  eft  caufe  des  mal  façons  . 
<]ue  les  Ouvriers  font  pour  fefauver  ou  trouver  leur  compte.   Il  y  a  encore  des  Devw  parti 
culiers,  pour  les  ouvrages  de Chaipcntene,  Menuiferie,  Serrurerie    Sccp.  189.&  lor 
Lat.  Dcjcïipùo.  >        t       y 

DEVISE;  c'eft  un  ornement  de  fculpture  en  bas-relief.,  compofé  de  fiaures  &  de  paroles 
&  fervant  d'attribut,  comme  la  Devt/e  du  Roi,  dont  le  corps  eft"un  Soleil,  &  l'âme* 
Née  pluribus  impar.  p.  98.  &  547.  Lat.  Symbolum. 

DEVOYER;  c'eft  détourner  de  fon  aplomb  un  Tuyau  de  cheminée,  ou  de  defcente ,  ou 
une  Chauife  d' Aifance.  C'eft  aulE  mettre  une  ligne ,  un  tenon  ,  ou  toute  autre  chofe  hors 
derequcrrcdefonplan.P/.  55.P.  159.&  iCo.Lni.  Obli^uare. 

DIAGONALE.  VbyeK  Ligne  diagonale. 

DIAMETRE  ;  c'tft  la  ligne  droite  qui  pallknt  par  le  centre  d'un  Cercle ,  termine  à  la  circon 
fcrence ,  &  le  coupe  en  deux  parties  égales.   C'eft  aufll  la  largeur  d'un  corps  rond  ,  prifc 
par  le  milieu  <k  fon  plan,  comme  d'un  Ballln  ,  d'un  Dom'e  ,  icc.  Se  Demi- Diamètre  oxx 
F^yon,  cen  eft  la  moitié.  Ce  mot  eft  fait  du  Grec  c//a,  entre  &  wf/ro« ,  mefure  PI  tf 
j.  100.  PL  59. &c.  /  •     •  1 1' 

Diamètre  DE  Colonne,  celui  qui  eft  pris  au  delTusdelaBafe,  &  d'où  fe  tire  le  Module 
pour  mdurcr  les  autres  parties  d'une  Colonne.  On  appelle  Dmmetre  du  Renflement ,  celui  qui 
le  prend  au  tiers  d'en  bas  du  Fuit  :  Et  Dumetre  de  la  Diminution ,  celui  qui  Te  mefure  au  plus 
hautdcceFuft.  p  loo.&c.P/,  5»,  5:c.  ^ 

DIASTYLE,  du  Grec  Diaftjiios,  Entre- Colonne  ;  c'eft  félon  Vitruve,  l'efpace  de  trois  Dia- 
mètres ,  ou  de  fix  Modules  entre  deux  Colonnes,  p.  9. 

DIGLYPHE  du  CrccDi^lyphos,  qui  a  deux  gravures  ;  c'eft  un  Triglyphe  imparfait,  ou 
une  Confole  ou  Corbeau  ,  qui  a  deux  gravures  oh  canaux  ronds,  oucnanglet,  comme 
les  Conloles  de  i  Liuablcmcnt  de  couronnement  de  Vignole.  P/.  45 .  p.  1 1 2 . 

DIGUE-  c'eft  un  maiïif  de  tene  ou  de  pierre,  bordé  de  pieux,  &  fondé  dans  l'eau  pour 
loutenir  une  Berge  a  une  certaine  hauteur,  ou  pour  empêcher  les  inondations.  Ce  mot 
vient  du  Grec  Teichos  y  un  Mur:  ou  félon  M.  Ménage,  du  Flamand  D/7c ,  une  Levée, 
parcequ'il  y  en  a  quantité  dans  les  Païs-bas.^ .  245.  &  548. 

DIMENSION  Mefure  qui  regarde  la  longueur ,  la  largeur ,  ou  la  profondeur  d'un  corps. 
On  dit  conhderer  un  Bâtiment  dans  toutes  fes  Dimcnfions.  p.  5  5  5 

DIMINUTION  eu  CONTRACTURE;  c'eft  le  retrecinTement  d'une  Colonne  ,  quifefait 
ordinairement  depuis  le  tiers  jufqu'auhautdelbn  Fuft.p.  100.  PL  39. &p.  l'oz.P/.  40. 
Lat.  C'o>i/rjif///r--z,  félon  Vitruve. 

DIPTERE.  Foyc-ï  TEMPLE. 

DISPOSITION  ;  c'eft  l'arangement  des  parties  d'un  Edifice  par  raporr  au  tour  cnfemble. 
C  elt  aulTi  l'accommodement  du  plant  &  des  oruemciis  d'un  Jardin  avec  fon  terrcin ,  lorf- 
•<l  u  u  preicnte  une  belle  fccne.  Fréjace,  PIS« 


D'A  R  C  H  T  T  E  C  T  U  R  E,  &c:  gy 

DISTRIBUTION  DE  PLAN  ;  c'elt  la  dmfion  des  pièces  qui  compofent  le  P/u,,  (l'on  BalH- 
menc ,  8c  qui  font  fituées  &  proporcionnées  à  leurs  ufages.  p.  172.  &c.  c'eft  ce  que  Vitruvc 

Distribution  d'ornemens;  cVlt  l'efpacement  égal  des  nry,emo,s  &  ficrures  pareilles  Se 
reperces  dans  quelque  parue d'Architedture,  comme  dans  la  Fnfe  D-rique  ,  la D//?nZ.«- 
tion  des  Trigiyphes  &  Métopes  :  dans  la  Gorniche  Corinthienne  ,  celle  des  Modil- 
lons,  &c. 

Distribution  d'eau  ;  c'ell  le  partage  qui  fc  fait  de  l'eau  d'un  Rcfervoir  par  une  ou  plu- 
fieurs  loupapes  dans  un  Regard  ,  pour  l'envoyer  à  diverks  Fontan^es.  p.  198.  Lat.  .Jv,v^ 
parnno.  '  ■''' 

DITRIGLYPHE  j  c'eft  l'efpace  de  deux  Triglyphes  fur  un  Entre-colonne  Dm, que  p.  168  ■ 
Pi.  74.  •'       ^ 

DOIGT.  Ancienne  mefure  Romaine  faifant  neuf  lignes  du  Pouce  de  Roi.  ;'.  3  59. 

DO  VIE;  c'eft  un  Comble  de  figure  (pheriqiie,  om  fert  à  couvrir  le  milieu  d'une  Croifée 
d  Eglile,  &  quelquefois  unSalon,  unVefiibule,  &c.     D,.;^if  s'entend  chez  les  Iraliens , 
dune  Eg, ,1e  Cathédrale,  comme  le  Do;nf  de  Milan  ,  deFIorence,  &ic.    Cemotvientdu 
Latin  Domus,  Maifon ,  ou  félon  Vo/Hus  &  du  Cange,  duGrecDowa,  Toit.  P/.  64 B 
p.  189.1^1.  &  255.?/.  70.  Lar.  Tholus,  félon  Vitruve. 

DoME  SURBAISSE-,  celui  doiit  le  contour  eft  beaucoup  au  defTous  du  demi  cercle ,  com- 
me le  Domc  de  Sainte  Sophie  à  Confhntinople,  qui  a  efté  bafti  fous  l'Empereur  fu- 
it mien  par  Anthemius  de  Traies  ,  &  Ifidore  Milefien  célèbres  Architedles.  p.  zl^.. 
P/.  ^7.  '^      ^ 

DoME  surmonte',  celui  qui  eft  formé  en  demi-fpheroïde  à-caufedefa  grande  élévation  ,. 
ahn  qu  11  paroide  a  la  veue  de  figure  fphenque  qui  cft  la  plus  parfaite ,  comme  font  la  plus- 
part  des  Dômes ,  entre  iefquels  celui  de  S.  Pierre  de  Rome  ,  doit  palier  pour  le  plus  grand  . 
&  le  mieux  proportionné.  r       h         » 

DoMi  A  PANS,  celui  dont  le  Plan  eftodogone  par  dedans  &  par  dehors,  comme  ceux  des 
tgiiles  de  Notre-Dame  du  Peuple  &  delà  Paix  à  Rome  :  ou  feulement  odo^one  par  de- 
hors ,  comme  le  DowfdeS.  Louïsdes  PP.  jefuïtesà  Paris,  p.  151.  ■ 

DoME  DE  TREILLAGE  ,   s'cntcnd  de  la  couverture  d'un  Pavillon  ou  Salon   de  Treillaçre 
dont  le  plan  elt  rond  ,  quarréou  àpans  ,  &  leconrour  ordinairement  circulaire ,  comme 
Tams  'l^ammauxdansleLabyrmchedeVerfailles.p.  197.  Lat.  Tholus perj^w 

DONJON  ;  c'eft  un  petit  Pavillon  ordinairement  de  charpente  ,  élevé  au  de/fus  du  Com- 
bJe  d  une  Mai  ion  ,  pour  y  prendre  l'air  &  jouïr  de  quelque  belle  veuë.  C'cftaulfidans 
les  anciens  Châteaux,  une  Tourelle  en  manière  de  Guérite  ou  Echauguette  ,  fur  une 
grofle  Tour  ,    comme  le  Dorjon  du  Château  de  Vincennes.  PL  7}.  p  159.  Lat.  Spe- 

^?,^ff  ^  '  c'eft  appliquer  de  l'or  en  feuilles  au  dedans  ou  au  dehors  des  E'difices  pour  les  en- 
richir. On  Dor.  avec  de  1  or  mat  ou  bruni  fur  plufieurs  couches  de  couleurs  a  huile  ou  à 
détrempe,  les  dedans,  &  avec  de  l'.r  à  l'huile  ,  les  dehors,  comme  le  plomb  des  Côtes 

Un.?"'"'  ^f  ?°"/^^^"'^'  Campanes,  Enfaiftemens&Amornfremens^es  Combles,  & 
les  ouvrages  de  fer  &  de  bronze,  p.  119. 
DORIQUE.  Foyc^  ORDRE  DORIQUE. 

^^^r^iu.^eft  "^f  ^^^'7  ''  i'"/.^.'r  '  ^°"^  ^"^^^'^'^  °a  ""''^^  '  ""^  Frife  ou  un  ChafTis  de 
Zn,  T.ft^-  f?    u,"^'"'  't  ^o"^""''  '  ^  ^"'  ^^"  ^^  battement  aux  Vcntaux.    Quand  un 
T^o.rr       ^'^'"'''''S^'  ^lP^""cau  qui  le  remplit,  fe  nomme  r.;;p.„...  ,  zi^ 

DOR- 


88  EXPLICATION  DES  TERMES 

DORTOIR  ;  c'eft  dans  un  Couvent,  un  Corps  ou  Aile  de  Baftiment ,  qui  comprend a»- 

tanc   les  Cellules,   que  le   Coridor  qui   les   dégage,  p.  334.   &   551.  Lac,  Dormito- 

rium. 
DOS-D'ASNE.     Ce  mot  fe  dit  de  tout  corps,  qui  a  deux  furfaces  inclinées  qui  terminent  à 

une  ligne,  comme  un  Faux-comble.  Lat.  r._^)miLdtus. 
DOSSE.  Groiîe  planche ,  dont  ou  fe  lert  pour  ccnafauder,  voûter  &c.j>.  244.  Lat.  A/^ffr/f/, 

feloM  Virruve. 
DossE-FLACHE  ;  c'eft  la  première  planche  qui  Te  levé  d'un  arbre  ,  quandonl'équarrit,  & 

où  l'écorce  paroitd'un  côré.p.  m. 
DOSSERET.  Petit  Jambage  au  parpain  d'un  mur ,  qui  fait  le  Piédroit  d'une  Porte  ou  d'une 

Croifée.  C'ell  aulll  une  cfpece  de  Pilaltre  ,  d'où  un  Arc  doubleau  prend  naillance  de  fonds. 

p.  119.  &  P/.  51.  p.  145.  Lat.  Orthoflata. 
DossERET,  ou  DOSSIER  DE  CHEMINEE;  c'eft  un  petit  cxhaufTement  au  dclTus  d'un  Muf 

de  pignon  ou   de   face  avec  ailes  ,   pour  retenir  une  Souche  de  Cheminée.  PI.  6\  A. 

^185. 
DOSSIER;  c'eft  la  partie  d'un  ouvrage  de  Menuiferie,  contre  laquelle  on  x'dt^ojUê,  comme 

aux  Formes  de  Chœur,  Chaires  de  Prédicateur  ,  Bancs ,  Oeuvres  d'Eglife ,  &c.     C'eft 

auffila  partie  qui  fcrc  de  fonds  àunBufet.  Pi.  99.  p.  559. 
DOUBLEAU,  Vbyc\  Arc  doubleau. 
DOUBLEAUX.  Les  Charpentiers  appellent  ainfi  les  fortes  Solives  des  Planchers,  comme 

celles  qui  portent  les  Chevétres.  FI.  55.^.  159. 
DOUCINE.     Moulure  concave  par  le  haut  &  convexe  par  le  bas,  qui  fert  ordinairement 

de    Cimaife   à   une   Corniche   délicate.     On   l'appelle   au/Ti   Gueule  droite   ,     &■  lorf- 

qu'elle  fait  l'effet  contraire,  Gueule  renverfée.  p. ij.  PI.  A. Se  ii.p.  35.  iScc.  Lat.  Cyma- 

tium. 
DOUELLE,  du  Latin  Do/mw  ,  un  tonneau;  c'eftleparement  intérieur  d'une  Voûte  ,  &Ia 

partie  courbe  du  dedans  d'un  Voufloir.  La  Do«e//f  s'appelle  au/Ii/«/mc/oy.P/.  66  A.p.  x^j. 

,8cPl.  66  h.  p.  141. 
DRESSER  ;  c'eft  élever  à.plomb  quelque  corps,  comme  une  Colonne,  unObelifque,  une 

Statue"  ,  (Sec.  Drefjer  d'alignement  ^  c'eft  lever  un  mur  au  cordeau.  Drefj'cr  de  niveau  ;  c'eft 

aplanir  le  terrein  d'un  Parterre ,  ou  d'une  Allée  de  Jardin.  Dreffer  une  pierre  ;  c'eft  l'équar- 

rir,  6c  rendre  fes  paremens  &  fes  faces  oppofées  parallèles.  Drejjer  enCharpenterie-,  c'eft 

rringlcr  au  cordeau  une  pièce  de  bois  pour  l'équarrir.  Dreffer  en  Moimjerie  ■  c'eft  ébaucher 

ôc  aplanir  le  bois.  Et  DreJJer  une  Palijjade  de  fardm  ■  c'eft  la  tondre  avec  le  croilTant.  p.  1 1 5, 

131.  &c. 

E. 

Îl"  BAUCHE;  c'eft  !a  première  forme,  qu'on  donne  à  une  pierre  ,  à  un  marbre,  écc.  dé- 
>  grollls  fuivant  un  modclle  ou  profil.  C'eft  aufli  un  petit  Modelle  de  cire  ,ou 
de  terre  ,  heurté  groîlierement  avec  l'ébauchoir  ,  pour  le  mettre  enfemble  avant 
que  de  le  terminer.  Ce  mot  vient  de  l'Italien  Sbo:^^o  ,  qui  fîgnifie  la  même 
cnofe. 
EBAUCHER;  c'cà  en  Sculpture  j  faire  l'ctrz.vc/^f  d'un  Chapiteau  ,  d'un  Vafe,  d'une  Figure, 
&c.  En  T.z/7/e  t^ep/frrf  ;  C'eft  dreflTer  àpansune  Bafe  ,  une  Colonne,  &c.  avant  que  de  les 
arondir.  EnCharpenterie;  c"eft  après  qu'une  pièce  de  bois  efttringlée  au  cordeau  ,  ou  tra- 
cée fuivant  une  cherche  ,  la  dreifer  avec  la  coignée ,  ou  la  fcie  ,  avant  que  de  la  laver  à  la 
bcfaigué.  Et  en  Menuiferie  ■;>  c'cftdrefTcr  le'boisavecle  fermoir,  avant  que  de  l'aplanir  avec 
la  varlope./^.  164. 

E'BOU. 


D'ARCHITECTURE,  Sic.  S, 

•EBOITZINER  ;  c'cft  ofter  d'une  pierre ,  ou  d'un  moilow  ,  le  Bouxin.,  ou  tendre  Se  les  moyes, 
&  l'atteindre  avec  h  ponite  du  marteau  jufqu'au  vif.  p.  557. 

-E  CAILLES.  Petits  orncmens  qui  fe  taillent  fur  les  moulures  rondes  en  manière  d'eVa/7/«  de 
poifi'on  couche'es  les  unes  fur  les  autres.  On  fait auflî  des  Couvertures  d'Ardojfe  en  rcj//- 
/<•,  comme  au  Dôme  de  la  Sorbonne  :  ou  de  pierre  avec  des  écailles  taillées  def- 
fus  ,  comme  à  un   des  Clochers  de  Nôtre-Dame  de  Chartres,  p.  555.  Lat.  Sauam- 

E'cAiLtES  ou  Eclats  de  marbre;  ce  font  les  recoupes  de  marbre  t  dont  on  fait  delà 
poudre  de  (tue.  p.  550.  Lat.  Cimenta  marmorea. 

ECHAFAUDAGE-,  c'elt  l'Aflemblage  des  pièces  neceflaircs  pour  dreffer des £c/!<i/ifm & 
s'echafauder.h^t,  Tabuiatio. 

ECHAFAUT-  Efpece  de  Plancher  fait  de  dofles  porte'cs  fur  des  tréteaux  ou  fur  des  bali- 
veaux &  boulins  fcelle's  dans  les  murs  ,  ou  e'trefillionne's  dans  les  bayes  des  Façades  pour 
travailler  feureraent.  Les  moindres  qui  font  retenus  par  des  cordes  ,  fe  nom  ment  Echa- 
fatittvolaits.  On  appelle  auffi  £c&j/jz<? ,  tout  Amphiteatre,  qui  ferc  à  voir  quelque  fpeâ:a- 
cle,  comme  une  h,ntre'e  publique  ,  unCarouzel,  &c.  Ce  mot  vient  de  l'Italien  Catafal- 
coy  quialamêmefignification.  p.  144..  La  première  forte  d'£r/7(z/d«f,  fe  dit  en  Latin  Id- 
buUtiirriy  8c  l'^LUtie  Thcatrum. 

XCHALAS.  Morceaux  de  cœur  dechefiie  refendus  quarre'ment  par  e'clats  d'environ  un  poH- 
ce  de  gros  Se  planés  ou  rabote's ,  qu'on  navre  quand  ils  ne  font  pas  droits.  Ils'enfaitde 
dilFerentes  longr.euts:  ceux  de  quatre  pieds  &  demi,  fervent  pour  les  Contrefpaliers  & 
Hayes  d'apui,  &  ceux  de  huit  à  neuf  pieds  ou  de  douze ,  &c.pour  les  Treillages,  p.  197. 
Lar.  Pedamen. 

E'CH  ANTILLON.  Mcfure  conforme  à  l'ufage  &  aux  Ordonnances  pour  les  uieces  de  bois  à 
baftir,  la  Brique,  la  Tuile,  l'Ardoife,  le  Carreau,  le  Pavé,  &c.  dont  I  Etalon  ou  mc- 
fure originale,  eft  confervée  dans  un  Hôtel  de  Ville ,  oudans  une  Jurifdiction.^.  lit. 
&:  115.  Lat.  ExenipLir. 
"•Echantillon.  Voye^.  Bois  et  Pierre  d'échantillon  &  PUREAU. 
■E CHAPE  E-,  c'eft  une  largeur  ou  cfpace  fuffifant  pour  faciliter  le  tournant  des  Charroiî 
dans  une  Allée,  une  Remife,  &c.  &  pour  le  palfage  d'une  Ecurie  derrière  les  chevaux. 
p.  176.  Ce  mot  fe  dit  auifi  d'une  hauteur  fuffifante  pour  pafler  facilement  au  deflbus  de 
la  Rampe  d'un  Efcalier,  pour  defcendre  dans  une  Cave.  Fl.é^B.p.  189.  Lat.  Diverti- 
cul  um. 

•ECHARPE;  c'eft  dans  les  M.Khincs ,  une  pièce  de  bois  avancée  au  dehors  ,  où  eft  attachée 
une  poulie  qui  fait  l'effet  d'une  demi-chevre,  pourenlever  un  médiocre  fardeau.     Et  c'eft 
•en  Maçonnerie,  une  «fpece  de  cordage  pour  retenir  &  conduire  un  fardeau  en  le  moB- 
tant.    On  dit  aufll  Echarper,  pour  haler&chablerunepiecedebois.p.  245.  Voyez  CA- 
BLES. 

E'cHARPE.  royez  CEINTURE. 

E  CHASSES.  Règles  de  bois  mincesen  manière  de  lattes ,  dont  les  Ouvriers  Ce  fervent  pour 
jauger  les  hauteurs  &  les  retombées  des  Voullbirs ,  &  les  hauteurs  des  pierres  en  gênerai. 
p.  z}8. 

E  CHASSES  d'e'chapaut.  Grandes  Pcrchcs de  bout ,  nomméesaufn5d/;vej«x,  quilices& 
ei.técs  les  unes  fur  les  autres ,  fervent  à  cchaf'auder  à  plufieurs  étages ,  pour  ériger  les  Murs, 
faire  les  Ravalemens  ôc  les  Regratemens.  p.  144. 

ECHAUDOIR.  Lieu  pavé  aurez-de-chauflée ,  011  les  Bouchers  font  cuire  dans  de  grandes 
chaudières,  les  abatis  de  leurs  viandes,  p.  518. 

E'CHELIER  ou  R.'^NCHER^  c'eft  une  longue  picce  de  bois  traverfVc  de  petits  £cMon;^  ap- 
pelles i^nck/ ,  qu'on  pofe  à  plomb  pour  u..fcendrc  dans  une  Carrière,  &  en  arc-boutaut 
pour  monter  à  un  Engin,  Grue,  Gruau,  &c. 

X'CHELLE.    Ligne  qu'on  met  au  bas  des  Defleins  poui  ks  mçfurer,  &  qui  fc  divife  en 
ionie  lu  M  '  *  par- 


5>o  EXPLICATION   DES  TERMES 

parties  égales  qu'on  appelle  Dfçrf;:;  qui  ont  valeur  de  Modules ,  Toifes,  Pieds,  Pouces  s 
Cannes,  BralFes,  Palmes,  &c.  chacune  defquelles  mefures ,  fe  fubdivife  en  moindres 
parties  fur  la  première  portion  ,  comme  le  Module  en  parties  ,  laToifeen  pieds ,  lefied 
tn  pouces,  le  Pouce  en  lignes  ,  la  Canne  en  palmes,  le  Palme  en  onces,  Siainfi  des  au- 
tres. On  appelle  E'ckellc  de  reduBion  ,  celle  qui  fer c  pour  rec/w. Vf  de  petit  en  grand  ,  ou  de 
grand  en  petit,  un  Deiïein,  P/.  ^.p.  ii.&c. 

Echelle  de  front;  c'cft  en  Perfpedive,  une  divifîon  départies  égales  fur  la  Ligne  ho- 
rizontale ,  pareille  à  celle  de  la  Ligne  de  terre:  &  Echelle  f  tuante  ;  c'eft  unedivjlîon  dir 
parties  ii.cgales  fur  une  ligne  de  côté  depuis  laLigne  de  terre  jufqu'au  Pouit  de  veuë.  Ces 
£V/?e/;>rfc  peuvent  divifer  en  Toifes  ,  Pieds,  Pouces,  &c. 

ECHELLE.  Ce  mot  fc  dit  d'un  Efcalier  roide&  difficile  à  monter ,  à  caufe  de  la  tr  opérande 
hauteur  de  fcs  marches,  &  de  leur  peu  de  giron. 

Echelle  sainte;  c'cft  à  Roiri^  prés  S.  Jean  de  Latran ,  un  Portique  qui  prefèntc  cinq  Ar- 
cades de  front  avec  trois  Rampes ,  dont  celle  du  milieu ,  clt  faite  de  quelques  degrez  de  la 
Ivlaifon  de  Caïphc,  d'où  Nôtre  Seigneur  fut  transféré  chez  Pilatc  ;  ces  degrez  fonc 
recouverts    d'autres    de    marbre    au    nombre    de    vingt    huit    pour  les   conferver. 

F.?-  ^  57- 

ECHIFRE  ou  PARPAIN  D'E'CHIFRE.  Mur  rampant  par  le  haut,  qui  porte  les  Mar- 
ches d'un  Efcalier,  &  fur  lequel  on  pofe  la  Rampe  de  pierre  ,  de  bois,  ou  de  fer.  Il  eft 
ainfi  nommé,  parce  que  pour  pofcr  les  marches,  on  lescfez/relelong  decemur.  PL  6} 
B.p.  185.  Vitruve  appelle  les  jEc/>//m&  Limons,  Scapifcalarum. 

E'cHiïRE  DE  BOIS.  Alfcmblagc  triangulaire,  compofé  d'un  patin  ,  de  deux  noyaux,  d'un 
ou  de  plufieurs  potelets  y  avec  Limon ,,  Apui  &.baluftres  tournés  ou  faits  à  la  main.  PL  64. 
B.p.  189. 

ECHINE,  du  Grec  Echinoi,  la  roqu3  d'une  Châtaigne;  c'eft  dans  un  Quart  dc-rond  taillé, 
la  coque  qui  renferme  l'Ovc.  On  appelle  auiîî  £cfc/«e ,  le  Quart-de-rond  même.  PL  A. 
p.iij.P/.  6.  p.  17.&.C. 

ECHO,  fe  dit  en  Architeâ:urc  ,  de  l'effet  que  font  certaines  Voûtes  de  figure  elliptique  ou 
parabolique,  en  redoublant  le  fon  par  la  repercution  de  la  voix,  comme  dans  quelques 
Eglifcs  Gothiques,  entre  lefquellcs  celle  de  Milan,  palfe  pour  une  des  plus  harmonieu- 
fes.  p.  345. 

E  CHOPE,  petite  Boutique  de  menuiferie  ou  de  ménuë  charpente,  garnie  de  maçonnerie:, 
&  adofiée  contre  un  mur,  quelquefois  avec  une  petite  chambre  au  delTus.  "  Ce  mot  fé- 
lon M.  Ménage  ,  vient  de  V  Anglais  Se  hop  ^  quialamême  fignification.p.  541.  Lat.  Tj- 
hcrnuU. 

E'CLAIRCIR.  Terme  dejardinage,  qui  fignifie  arracher  des  plantes  parmi  d'autres,  ou  cou- 
per desbois,  qui  étant  trop  toufus,  ne  peuvent  profiter,  p.  3  58. 

ECLATS;  ce  font  cous  les  morceaux  de  bois,  qu'on  enlevé  avec  la  coignéc  ouïe  fcimoir  s 
en  dégroflilfant  &  ébauchant  une  pièce  de  bois.  Lat.  t^jjuU. 

E'CLUSE,  du  mot  Latin  Excladere ,  empêcher,  fe  dit  généralement  de  tous  les  Ouvrages 
de  maçonnerie  &  de  charpcnterie,  qu'on  fait  pour  foûtenir  &  pour  élever  les  eaux  :  Ainfï^ 
les  Digues  qu'on  conftruit  dans  les  Rivières,  pour  les  empêcher  de  fuivre  leur  pente  na. 
turc!le,.ou  pour  les  détourner,  s'appellent  des  Eclujes  en  plufieurs  Pays,-  toutefois  ce 
terme  fignifie  plus  particulièrement  un  efpacc  de  Canal  enfermé  entre  deux  Portes  ,  l'une 
fuperieurc,  que  les  Ouvriers  nommtni  Porte  de  tèie  -,  &  l'autre  inférieure  ,  qu'ils  nom- 
ment Porte  de  mouille^  fervant  dans  les  Navigations  artificielles,  à  conferver  l'eau  ,  &à- 
rendre  le  paffage  des  Bateaux  également  aifé  en  montant  &  en  defcendant,  à  la  diffé- 
rence des  Pertuis,  qui  n'étant  que  de  fimples  ouvertures  laiffécs  dans  une  Digue ,  fer- 
mées par  des  Aiguilles  appuyées  fur  une  Btife,  ou  par  des  Vannes  ,  perdent  beaucoup 
d'eau  &  rendent  le  paffage  difficile  en  montant  &  dangereux  en  defcendant,  p.  x43.Lar. 
ChomUc 

E'cLe- 


D'ARCHITECTURE,  5l'(r.  5î 

E'cLOSE  A  TAMBOUR,  celle  qui  s'emplit  &  fe  Yuidc  par  le  moyen  de  deax  Canaux  vouiez, 
creufez  dans  les  Joiiillieres  des  Portes ,  dont  l'cntréequi  e(l  peu  au  deilus  de  chacune,  s'ou- 
vre &  fe  ferme  par  le  moyen  d'une  Vanne  à  coulifTe  ,  comme  celles  du  Canal  de  Bria- 
rc.  ibid. 

Ecluse  a  vanmes  ,  celle  qui  s'emplit  &  fe  vuide  par  le  moyen  de  f^M«fî  à  coulifTe,  prati- 
que'es  dans  l' AiTemblage  même  des  Portes,  comme  celles  de  Strasbourg  &  de  Meaux.  ibid. 

Ecluse  en  e'peron  ,  celle  dont  les  Portes  à  deux  ventaux ,  fe  joignent  en  Eperot  ,  o» 
Avant-bec  du  côté  d'amont  l'eau,  comme  toutes  celles  raportéesci-deflus.  ibid. 

Ecluse  ciuarre'e,  celle  dont  les  Portes  d'un  feul  ventail,  Ce krmcntquiur émeut j  com- 
me les  Edufes  de  la  Rivière  de  Seine  à  Nogent  &  à  Pont ,  &  celles  de  la  Rivière  d'Ourquc-. 
ibid. 

"E'COlNCjON,  c'eft  dans  le  Piédroit  d'une  Porte  ou  d'une  Croife'e,  la  pierre  qui  fait  l'en- 
côcrnure  de  l'Embrafure  &  quieft  jointe  avec  le  Laijci ,  quand  le  Piédroit  ne  fait  pas  par-r 
pain.  PI.  51. p.  145- 

E'COLES;  c'elt  par  raport  à  l'Architedurc,  un  Bâtiment  compofe' de  grandes  Salles  ,  o« 
l'on  enfeigne  publiquement  les  Sciences.  Les  Ecola  étoient  célèbres  chez  les  Anciens  , 
comme  celles  d'Athènes  en  Grèce  ,  &  deMecénas  àRome.  On  donne  aujourd'hui  ce  nom 
aux  lieux,  où  l'on  enfeigne  le  Droit,  la  Médecine,  la  Chirurgie,  &c.  &  aux  Acadé- 
mies,  où  le  Roi  entretient  des  jeunes  gens  pour  apprendre  la  Marine  &  l'Art  Militaire. 

E'COPERCHE.  Pièce  de  bois  avec  une  poulie,  qu'on  ajoute  au  bec  d'une  Gruif  ou  d'un  En- 
gin, pourlui  donner  plus  de  volée,  p.  145. 

E'CORCIER  ;  c'eft  prés  d'un  Moulin  à  tan  ,  un  Bâtiment  qui  fert  de  Magazin  pour  les  EcoT' 
cf;  de  chcfne.  p.  518. 

ECORNURE.  Voyez  E'PAUFRURE. 

ECOUTES.  On  appelle  ainfî  les  Tribunes  à  jaloufies  dans  les  Ecoles  publiques ,  oùfc 
tiennent  les  perfonnes  qui  ne  veulent  pas  être  veuës  pendant  les  Ades.  VbyeK  Lan- 
terne. 

ECURIE;  c'eft  un  Bâtiment  en  longueur  au  rez-de-chaulTée  d'une  Cour ,  dont  l'Aire  pour 
la  place  des  chevaux  ,  qu'on  fepare  ordinairement  par  des  poteaux  Se  perches ,  eit  un  peu 
élevée  &  en  pente,  &  pavée  comme  le  refte  de  r£c;«n'f.  LaMangeoire&  le  Râtelier ,  e« 
occupent  la  longueur ,  &  les  plus  belles  font  voûtées.  On  comprend  aufîî  fous  le  nom  d'E- 
curie, les  loge  m  et  ts  des  Ecuyers,  Pages,  Gens  délivrée  ,  &  autres  OîBciers  &  Artifans 
neceftaires  aux  Equipages.  Celles  du  Roi  à  Verfailles,  font  les  plus  magnifiques  ,  &dtt 
delTeindeM.Manfart.p.  i-j6.Pl.  ei.Scji.p.  1  ^j.L:xt.  Equiie. 

EcL'RiE  SIMPLE,  ccllc  qui  n'a  qu'un  rang  de  chevaux,  comme  V Ecurie,  qui  eftfousia 
grandeGalerie  du  Louvre,  &  celle  qui  elt  à  côté  des  Thuileries  ,  dont  la  Voûte  furbaiflce, 
êft  remarquable  par  la  propreté  de  fonapareil ,  &  qui  a  été  bâtie  par  Philibert  de  Lorme. 
p.iy6.PL6i. 

E'cuRiE  DOUBLE,  cclle  quï  cft  àdeuxrangs  dechevaux  avecunpalTageaumilieu  ,  ouavec 
deux  paffages  les  chevaux  étant  têre-à-tête,  &  éclairez  fur  la  croupe  ,  comme  la  Petite 
Ecurie  du  Roi  à  Verfailles  ,  qui  elt  difpofée  de  ces  deux  manières,  ibidem». 

EDIFICE,  fe  dit  pour  Bâtiment  ;  maison  ne  s'en  devroitfervir,  quepourfignifier  les  lieux 
d'habitation,  parce  que  ce  mot  dérive  du  Latin  ^yf^ic^,  Maifon.p.  171.  &c. 

EGLISE,  du  Grec  El^lilejia,  Aircmbice;  c'eft  chez  les  Chrétiens,  le  lieu  deftine' pour  le 
Service  divin  :  &  par  raport  à  l'Architeifture,  c'eft  un  grand  VailTcau  en  longueur ,  avec 
Nef,  Chœur,  Bas-côtez,  Chapelles,  Clocher,  &c.  On  appelle  Eglije  Poutijicalc,  celle  du  Pa- 
pe, comme  S.  Pierre  de  Rome:  Patriarchale;  ccWeoù  i\  y  a.  un  Patriarche  ,  comme  Saine 
Marcde  Venife  :  Afe;rcpi?/;Va/V.f  ,  celle  où  il  y  a  un  Archevêque  :  Cathédrale,  celleoùilva 
vn  Evcquc  :  Collégiale,  celle  qui  eft  dedcrvie  par  des  Chanoines  :  P.nroijjiule,  celle  où  il  y  a 
du  fonts,  &eit  titliervicpar  uuCuré  :  &  Cvnvintuclle^çdk  d'un  Mouaiterc.p.  244.  &c. 

M  4  Ecti- 


^2  EXPLICATION   DES  TERMES 

Eglise  simple,  ccllcc]ui  n'aquelaNefSi  leChœur  ,  comme  la  Sainte  Chapelle  de  Paris,. 

&laplurpart  de  celles  des  Couvents  de  Filles,  p.  550. 
Kglise  a  bas-côtez,  celle  qui  a  un  rang  de  Portiques  en  manière  de  Galeries  voute'es, 
avec  Chapelles  en  Ton  pourtour ,  comme  entre  les  Gorliiques  ou  Modernes ,  celle  de  Saint 
Medcric  ,  &  parmi  les  nouvelles,  celle  de  Saint  Roch  à  Paris,  ikid. 

Eglise  a  doubles  bas-côtez,  celle  qui  a  en  Ion  pourtour  deux  rangs  de  Galeries  avec 
Chapelles ,  comme  celles  de  Nôtre-Dame  &:  de  S.  Eullache  à  Paris,  iôid. 

Eglise  en  croix  greque,  celle  dont  la  longueur  de  la  Cro//f> ,  cft  égale  à  celle  de  la  Nef, 
comme  VEgliJe  du  dehors  des  Invalides  à  Paris:  Elle  eftainfi  nommée  tant  parce  qu'elle  a 
la  figure  de  la  Croix  des  Grecs  ,  que  parce  que  la  plufpart  de  leurs  Eîltjes ,  fe  trouvent  bâ- 
ties de  cette  manière,  p.  165. 

Eglise  en  croix  latine,  celle  dont  la  Nef  eft  plus  longue  que  hCroifce ,  commeS.. 
Pierre  de  Rome  &  la  plufpart  des  £^/;/f.f  Gothiques.  P/.  e9.jp.  151.  &  165. 

Eglise  en  rotonde,  celle  dont  le  Plan,  ell  d'un  cercle  parlait,  à  l'imitation  duPan- 
theon  à  Rome,  comme  r£g//yf  de  S.Bernard  à Termini  ,  faite  d'un  des  Pavillons  ronds 
des  Thermes  deDiocletien  ,  &.  à  Pans  celle  des Religieures  de  l'AfTomption  rue  S.  Hono- 
re',  dudeifein  de  M.  Errard  Peintre  du  Roi.  p.  iic.&P/.  67.  p.  147. 

E'gljse  souterraine,  celle  qui  au  dellous  d'une  autre,  eft  beaucoup  plus  baiïe  que  le  rez- 
de-chaufle'e  ,  comme  à  Nôtre-Dame  de  Chartres.  Ou  appelle  Bajje  EgtijC ,  celle  qui  eft  fous 
uneautre,  Scaurez-dc-chaulTce,  comme  à  la  Sainte  Chapelle  de  Pans.  Les  Italiens  nom-- 
ment  Gro/re  ,  \tsEglifes  joùterr aines.  Voyei  Grotes. 

E'GOUT  ,  ce  mot  fe  dit  de  l'extrémité  du  bas  d'un  Comble,  faite  des  dernières  tuiles  ou  ar- 
doifes,  qui  fairllent  au  de-là  de  la  Corniche,  pour  jetter  les  eaux  loin  du  Mur  de  face, 
p.  186.  &  519.  C'eftcequieft  fignifié  dans  Vitruvepar£xfrewd5«i'^rMK^aho. 

E'gout,  fe  dit  encore  du  paffage  ,  par  où  s'écoulent  les  immondices.  Cet  E^out,  eft  quel- 
quefois une.  fervitude  dans  la  maifon  d'un  particuUer,  parce  que  les  eaux  de  fon  voifin,  y 
ont  leur  paflage.  Lat.  Sentina.  ^jyf.^  CLOAQUE. 

ELAGUER  i  c'eft  avec  une  ferpe,  couper  le  iuperflu  des  branches  d'un  Arbre,  potirlui 
donner  de  la  grâce  ,  ou  pour  le  faire  profiter,  p.  1 94» 

E'LEGIR  i  c'eft  en  Menuifcne,  poufTer  à  la  main  un  panneau,  une  moulure ,  un  compara 
timent,  une  languette ,  &c.  dans  une  pièce  de  bois.  p.  541, 

ELEVATION  5  c'eft  la  reprefentation  de  la  façade  d'un  Bâtiment,  qu'on  nomme  Or/00- 
graphte,  quand  elle  eft  Geometrale,  c'eft -à  dire  que  les  parties  eu  font  é/fvm  de  leur  véri- 
table grandeur. p.  i8z.  PL  65  A.  &c.  Lat.  Orthographia. 

E'levation  PERSPECTIVE;  c'cft  le  DeiFcin  d'un  Bâtiment ,  dont  les  parties  recule'esparoif^ 
fent  enracourci.  P/.  73. p.  i^i^.  La.t.  Scenographia. 

ELEVE ,  ce  mot  qui  vient  de  l'Italien  .^illieyo ,  fignifîe  Appreutif  ou  Difciple  dans  l'exercice 
des  Arts  libéraux.  Préface.  Scp.zbé.  Lar.  Difcipuius. 

ELEVER.  Cemot  ledit  pour  Bâtir  ;  il  fe  dit  aufli  pour  Deffiner  un  Bâtiment  par  lignes  per- 
pendiculaires f/ewe^  fur  un  Plan.  Préface.  &  p.  i  jo. 

ELLIPSE  ,  àwGiccElleipfh  ;  c'eft  une  Ligne  circuhire  parfaite  ,  qui  renferme  un  efpace  bar- 
long  ,  &  qui  fe  tire  de  la  fedion  oblique  d'un  Cilindre  ,  ou  d'un  Cône.  On  la  nomme 
communément  Ovale  y  &  elle  fe  peut  tracer  mécaniquement  au  cordeau  par  deux  centres* 
PL  t.  p.). 

EMBASEMENT.  Efpece  deBafe  continue  en  manière  de  large  Retraite  au  pied  d  un  Edifice*., 
p.  1 8 1 .  &  515.  Lat.  Stereobata. 

EMBOITURE  ;  c'eft  dans  rafiemblage  d'une  Porte  colée  &  fwZ>o;Vff ,  une  efpece  de  Traver- 
fê  d'environ  5.  pouces,  qu'on  met  àchaqac  bout  pour  retenir  en  mortoife  lésais  à  tenon 
colés  &  chevillés.  Les  Emhoitures  doivent  toujours  eftre  de  bois  de  chefne ,  même  aux 
ouvrages  de  fapio.    Où  dit  Emboîter,  poiir  cuchâlTcr  une   chofe  dans   une  autre. 


D'ARCHITECTURE,  Sec.  p:? 

£MBRANGHEMENS.  Pièces  de  l'Enrayeure,  aflemblées  de  niveau  avec  le  Coycr&  les 
Empalions  dans  la  Croupe  d'un  Comble.  PL  64  A.  p.  187. 

XMBRASER  ,  ou  pour  mieux  dire  E'BRASER  j  c'eft  élargir  en  dedans  la  Baye  d'une  Porte 
ou  d'une  Croifée  depuis  la  feuillure  jufqu'au  parpain  du  mur,  enforte  que  les  angles  de 
dedans  foiem  obrus.  p.  559.  Lac.  Explicare. 

EMBRASURE,  ou  plutôt  E'BRASEMENT  ;  c'eft  re'IargifTement  qu'on  fait  au  dedans 
d'une  Porte  ou  d'une  Croifée  depuis  la  fciiillure  Jufques  au  parpain,  pour  faciliter  la  lu- 
iiiierc&  l'ouverture  des  Guichets.  Il  fe  fait  quelquefois  des  Emlrafures  en  dehors,  quand 
le  mur  eft  fort  épais  &  la  baye  petite.  PL  51.  p.  145.  &  P/.  75.  p.  159. 

EMBRASSUREj  c'cil  un  alkmblage  à  queue  d'aronde  de  quatre  chevrons  chevillés,  au 
defTousdu  plinthe  &  larmier  d'une  Souche  de  cheminée  de  plâtre  ,  pour  empêcher  qu'elle 
s'éclate.  On  appelle  aufll£/«^rj/,i^«rc,  une  barre  de  fer  méplat ,  coudée  &  boulonnée ,  qui 
fertau  mc'.reufage. 

EMBREVEMENT.  Voyc:ii  Assemblage  par  embrevement. 

EMPANONS.  VbyeK  Chevrons   de  croupe. 

EMPATEMENT;  c'eitune  plus-épailfeur  de  maçonnerie,  qu'on  laifle  devant  &  derrière 
dans  le  Fondement  d'un  Mur  de  face  ou  de  refend.  p.ij4.  &5i^. 

ENCASTRER,  de  l'Italien  încaflrarcy  enchadér,  ou  joindre  ;  c'eft  enchafTer  par  entaille 
ou  par  feiiillure,  une  pierre  dans  une  autre,  ou  un  Crampon  de  fon  épailîeur  ,  dans 
deux  pierres  poux  les  joindre.    On  dit  auffi  Faire  un  Encallrement  y  pour  Encajlrer.  fag. 

ENCEINTE,  royex  CIRCUIT. 

ENCHEVAUCHURE  ;  c'eft  la  jon(flion  par  recouvrement  ou  feuillure,  de  quelque  partie 
avec  quelqueautre,  comme  r^wc/^fvawcfcwre  d'une  Plateforme  ou  d'une  Dale  fur  une  au- 
tre ,  qui  fe  fait  ordinairement  par  feuillure  de  la  demi-épailTcur  du  bois  ou  de  la  pierre. 
Les  Tuiles  &  les  Ardoifes  fe  recouvrent  aulfi  par  Euchevauchure. 

ENCHEVETRURE;  c'eft  dans  un  Plancher  ,  un  aflcmblage  de  deux  fortes  folives  & 
d'un  chevêtre,  qui  lailfe  un  vuide  quarré-long  contre  un  mur,  pour  porter  un  Atre  fur 
des  barres  de  trémie  ,  ou  pour  faire  palier  un  ,  ou  plufieurs  tuyaux  d'une  Souche  de  che- 
minée. P/.  55.  ;;a^.  1 59.  &  161. 

INCLAVE,  fe  dit  d'une  portion  de  place,  qui  forme  un  angle  ou  un  pan,  &  qui  anti- 
cipe fur  une  autre  par  une  pofleilion  antérieure,  ou  par  un  accommodement,  enlortc 
qu'elle  en  diminue  la  fuperficieSc  en  ofte  la  régularité.  On  dit  aufli  qu'une  Caged'Efca- 
lier  dérobé  ,  qu'un  petit  Cabinet  ,  ou  qu'un  ou  plufieurs  Tuyaux  de  cheminée,  font 
£nf/-2>e  dans  une  Chambre ,  quand  par  leur  avance,  ils  en  diminuent  la  grandeur,  p.  540, 

ENCLAVER;  c'eft  encaftrer  les  bouts  des  folives  d'un  Plancher  dans  les  entailles  d'une 
Foutre.  C'eft  aulfi  arrefter  une  pièce  de  bois  avec  des  clefs  ou  boulons  de  fer.  En- 
claver une  pierre;  c'eft  la  mettre  enliaifon  après  coup  avec  d'autres,  quoique  de  dif- 
férente hauteur  ,  comme  il  fe  pratique  dans  les  Racordemens..  p.  11 }.  Lac.  Incardi^ 
nare. 

ENCLOS.  royeK  CLOTURE. 

ENCOGNURE,  fe  dit  autant  des  Coins  principaux  d'un  Baftiment ,  que  de  ceux  Je  fes 
Avant-corps.  Ce  mot  fedit  encore  d'un  Retour  d'angle  dans  un  Parterre,  p.  191.  ijz. 
&c.  Lat.  (_y4ngulus. 

ENCORBELLEMENT.  Toute  faillie  portée  à  faux  fur  quelque  Confole  ou  Corbeau  au 
delà  du  nû  du  mur.  p.  190. 

ENCRE  DE  LA  CHINE,  e(t  une  compofition  en  pain  ou  en  bafton  ,  qui  délayée  avec 
de  l'eau,  fcrt  à  tracer  &  laver  lesDefTeins  d'Architedure.  La  meilleure  qui  vient  de  la 
Chine  i  eft  dure ,  veloutée  &  un  peu  roufsâtre  &  fe  détrempe  difficilement.  La  contre- 
faite qui  vient  de  Hollande  &  d'autres  endroits ,  fe  détrempe  facilement  j  mais  elle 

M- }  cft 


54  EXPLICATION   DES  TERMES 

eft  moins  belle.  On  y  mêle  quelquefois  en  la  delayanr  un  peu  de  biltre  ou  de  fanguinc 
pour  rendre  le  Lavis  plus  tendre,  p.  558. 
ENDUIT.  Compofidon  faite  de  plâtre,  ou  de  mortier  de  chaux  &  de  fable,  ou  de  chaur 
&  de  ciment  pour  revêtir  les  murs.  On  doit  entendre  dans  les  Auteurs  que  ^Ibarium 
opiis  y  fignifie  V Enduit  de  lait  de  chaux  à  plufieurs  couches  :  ^rcnatum^  le  Crépi  où  le  fa- 
ble eft  mêlé  avec  la  chaux;  Murmoratum  -,  le  Stuc:  &  Tuturtum  opus ,  tout  ouvraee  qui 
ferc  d'Enduit-,  d'nicruftation  &  de  revêtement  aux  mur.  de  maçonnerie.  Enduire;  c'eit 
faire  un  Euduit.  p.  11  5.  14^  Se  543. 
ENFAISTEMENTi  c'cIt  une  table  de  plomb,  qui  couvre  le  Fuijie  d'un  Comble  d'ardoifc. 

PL  64  A.  p.  187. 
.Enfaistement  a  jour,  celui  quiaencore  des  ornemcnsde  plomb  e'vides ,  dont  la  con- 
tinuité fur  ic  Faijle  du  Comble,  forme  une  manière  de  baiultrade  ,  comme  au  Châtea» 
de  Ver  failles. 
ENFAISTERj  c'eft  couvrir  de  plomb  le  Faif}e  des  Combles  d'ardoife  ,  ou  arrêter  des  Tui- 
les f.iijiieres  avec  des  creftes  fur  ceux  qui  ne  font  couverts  que  de  tuile,  p.  3  58. 
XNFILADE  ;  c'eft  l'alignement  de  plufieurs  Portes  de  fuite  dans  un  Aparteraent.  par, 

1S6. 
ENFONCEMENT,  le  dit  delà  profondeur  des  Fondations  d'un  Baftiment;  c'eft  pour- 
quoi on  a  coutume  de  marquer  dans  un  Devis,  que  les  Fondations  auront  tant  â'E'ifonce- 
■  tvcnt.  Cemotfe  ditauîlîdela  profondeur  d'un  Puits,  dont  la  foiiillefe  doit  faire  jufqu'à 
plus  de  deux  pieds  au  dellous  de  la  fuperfîcie  des  plus  baileseaux.  PL  60.  p.  175.  Lat. 
Excavatio. 
ENFOURCHEMENS  ;  ce  font  les  premières  Retombées  des  Angles  des  Voûtes d'arcftc» 

dontles  Voulloirs  font  à  branches,  p.  140. 
ENGIN.  Machine  en  triangle  compoféc  d'un  arbre  foutenu  de  fës  arc-boutans  &  potence 
d'un  fauconneau  par  le  haut  ,  laquelle  par  le   moyen  d'un  ttciiil  à  bras  qui  dévide  uu 
cable,  enlevé  les  fardeaux.  Le  Gruau  n'cft  différent  de  l'Engin,  que  par  fa  pièce  de  bois 
d*^enhaut,  appellée  Gruau  ,   qui  eft  pofée  en   rampant  pour  avoir  plus  de  volée.     Le 
mot  d' Engin ,  vient  du  Latin  Ingenium  ,  efprit,  à  caufe  de  l'efprit  qu'il  faut  avoir  pour 
inventer  des  machines  ,  qui  augmentent  les  forces  mouvantes.  p«ig.  145.  Lat.   Machi- 
namcntum. 
ENGRAISSE.MENT.    On  dit  en  Charpenteric  c^jjembler  par   engraifjement  ;  c'cft-à-dirc 
joindre  fi  jufte  des  pièces  de  bois,  que  pour  ne  lailFer  aucun  vuide  dans  les  mortot- 
ies  ,  les  tenons  y  entrent  à  force  ,   afin  de  mieux  contrcvcnter  &:  d'empêcher  le  hic- 
ment. 
ENLlERi  c'eft  dans  la  Conftrudion  engager  les  pierres  &  les  briques  enfemble  en  élevant 
les  murs,  enforteque  les  unes  foient  pofées  fur  leur  largeur,  comme  les  carreaux,  Sc 
les  autres  fur  leur  longueur  ,  amfi  que  les  boutiflès ,  pour  faire  liaifon  avec  le  garni  ou 
remphlFagc.  p.  516.  &351.  Lat.  Injererc. 
ENNÙSURE  ou  ANNUSURE.     Morceau  de  plomb  en  forme  de  bafquc  foHS  le  Bour- 
feau  &  au  pied  des  Poinçons  &   Amortiilemens  d'un  Comble.   PL  ^4  A.  p.  187.  SC 
114. 
XNRAYEURE  ;  c'eft  un  Aflemblagc  de  charpente  de  niveau  ,  compofé  d'Entraits ,  Co- 
yers  ,  Gouflets  &  Embranchemens  avec  Sablières  fimpics  ou  doubles,  qui  fer  t  à  retenir 
les  Fermes  &  Denii-fermes  d'un  Comble.  On  appelle  Double  Enrayeure  ■,  celle  qui  eft  aa 
niveau  du  petit  Entrait.  hcsEnrayeurcs  quarrées,  fervent  aux  Croupes  des  Pavillons,  8c 
lesrondcs,  aux  Dômes.  P/.  64  A.  pag.i^j.^c. 
ENROULEMENT,  fe  dit  de  toutce  qui  eft  contourné  en  ligne  fpirale  ,  comme  VEnrou- 
lemeiitd'un  Pilier  butant  en  confole ,  d'un  Aileron  de  Portail  d'Eglifc ,  Sec.  PL  56.  £. 
165.  Lat.  Volntatio. 
Enroule.mens  de  parterre  j  ce  font  des  PUtebandesdc  buis  ou  de  gazon  contournées 

en 


D'A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E  ,  &:c.  95 

en  lignes  rptirales.  Les  Jardiniers  les  appellent  I^ouUaiix.  PI.  65  A.  fag.  191.  &  P/.  65  B. 
p.  101. 

JENiEMBLE.  On  dit  VEnfemble  d'un  Bâtiment,  pour  en  fignifîer  la  maffc  ,  &  quelque- 
fois aulli  pour  marquer  la  proportion  relative  des  parties  autour.  Par  exemple,  le  Por- 
che de  l'Eglilè  dcSorbonnedu  côté  delà  Cour,  fait  un  très  bel  Enj'embU  avec  l'Eglifc. 
p.  181. 

ENSEUILLEMENT.  Ce  mot  fe  prend  pourl'Apui  d'une  Fenêtre  au  dcflus  de  trois  pieds: 
c'eft  pourquoi  on  dit  qu'une  Fenêtre  eft  à  y  7.  on^.çitàid' EnfeuiiUment.  p.  518.  Fojc:^ 
h  Coutume  de  Paris  Art.  200. 

ENTABLE.\4ENT,  nomme  par  Vitruve  &  par  Vignole  Ornement  ,  s'entend  de  l'Arclii- 
trave,  delaFnfe&de  la  Corniche  enfemble.  On  l'appelle  auffi  rraifanow  ,  &  il  elt  dif- 
férent fui  vant  les  Ordres.  Ce  mot  vient  du  Latin  Tai>K/<jî;(w,  Plancher,  parcequ'on  fnp- 
pofe  que  la  Frife  eft  formée  des  bouts  des  folives,  qui  portent  fur  l'Architrave,  p.  16.  P/. 
6.  p.  50.  PL  11.  Sec. 

Entablement  REcourn',  celui  qui  faitretour  par  avant-corps  fur  une  Colonne  ou  Pilaftre, 
comme  aux  Arcs  deTitus  &:deConltantin  àRome.  p.  16.  &  2  68.  P/.  74. 

Entablement  de  couronnement.  Toute  Corniche  ou £«fa6/fwen/ ,  quifo«ro«neunMur 
de face,  &  fur  lequel  pofe  le  pied  du  Comble,  p.  m.  P/.  45.  &  p.  328.    P/.  98. 

ENTAILLE  i  c'eft  une  ouverture  qu'on  fait  pour  joindre  quelque  chofe  avec  une  autre. 
Les  Entailles  fe  font  quarrcment  de  la  demi-épaiileur  du  Bois  ;  far  embrevement ,  à  quetiS 
d'aronde,  enadenti  O'c.  ainfi  que  les  Alfemblages.  On  fait  des  Entailles  dans  les  Incru- 
ftaiions  de  pierre  ou  de  marbre,  pour  y  placer  les  morceaux  poftiches.  On  fait  encore 
ies  Entailles  à  queue  d' aronde ,  pour  mettre  un  tenon  de  nœud  de  bois  de  chefne,  ou  un 
crampon  de  fer  ou  de  bronze  incrufté  de  fou  épailTcur,  pour  retenir  un  fil  dans  un  quar- 
tier de  pierre  ,  ou  dans  un  bloc  de  marbre,  pj^.  189.  &  284. 

ENTAMURES  DE  CARRIERE  i  ce  fondes  premières  pierres ,  qu'on  tire  d'une  Carrière 
nouvellement  découverte,  pag.  icj. 

ENTER;  c'eft  joindre  deux  pièces  de  bois  de  charpente  de  même  grofleurbont-à-bout  &  à 
plomb ,  comme  font  quelques  Noyaux  d'Efcalier  de  bois  ;  ce  qui  fe  fait  par  tenon  &  mor- 
toife  ,  oupar  une  entaille  de  la  demi-epaiîleur  du  bois.  p.  143. 

ENTOISE.<  j  c'eft  aranger  quarrément  des  matériaux  informes,  comme  des  moilons  & 
plâtras,  pour  en  mefurer  les  Cubes  avec  le  pied  &  la  toife.  p.  106. 

ENTRAIT.  Maîtrefle  pièce  de  bois ,  dans  laquelle  s'affemblent  les  deux  Forces  d'uneFer- 
me.  Les  hauts  Combles  on:  deux  £/j/riz/tJ,  dont  le  premier  fe  nomme  Gr^iHc/ ,  ou  Maître 
Entrait,  &  celui  de  delius,  Petit  Entrait.  Il  y  a  des  Demi- Entrait  s,  qui  fervent  aux  Com- 
bles à  un  égout,  &  Croupes  des  Pavillons.  PL  64  A.  ]».  187.  Vitruve  appelle  Tranjîra , 
toutes  les  pièces  de  bois  qui  entretiennent  les  autres. 

ENTRE-COLONNE  ou  ENTRE-COLONNEMENT  ;  c'eft  l'efpacc  qui  eft  entre  deur 
Colonnes,  règle  dans  l'Ordre  Dorique ,  parla  diftribution  des  ornemens  de  la  Frife,  & 
qui  eft  de  cinq  efpeces  félon  Vitruve  pour  les  aurres  Ordres,  comme  Picnojlyle  ,  Stjlyle -, 
Éuflylc,  DiafiyleSCtyi^uCûftyte.  Pl.i.  p.  7.  o.Scc.  Lat    Intercolumnium, 

ENTRECOUPE;  c'eft  le  dégagemmt  quife  fait  dans  un  Carrefour  étroit  par  deux  pans 
coupez  oppofez ,  pour  faciliter  le  tournar.t  des  charois.  Entrecoupe  double  ■■,  c'eft  lors  que 
les  quatre  Encôgnures  d'un  Carrefour,  font  en  pan  coupé,  comme  aux  quatre  Fontaines 
de  Termini  à  Rome.  p.  309. 

Entre-coupe  de  voûte  ;  c'eft  le  vuide  qui  relbe  entre  deux  Voûtes  fpheriques  l'une  fer 
l'autre,  depuis  l'extrados  d'une  Coupe,  jufqu'à  la  doiielle  d'un  Donie,  qui  font  join- 
tes enfemble  par  des  murs  de  refend  au  droit  des  Côtes  ;  le  tout  (ans  charpente,  & 
plutôt  de  brique  que  de  pierre ,  comme  aux  Eglifes  de  S.  Pierre  &  de  Nôtre-Dame  de 
Lorette  devant  la  Colonne Trajane  àRome,  &  a  celle  de  S.Loiiisdes  InyahdesàParis. 
f • }44. 

EN' 


^6  EXPLICATION    DHS    TERMES 

ENTREE.  Terme  gênerai  pour  figmfier  l'endroit  par  où  Ton  entre  dans  quelque  lien,  & 
qui  comprend  la  Porte  &  le  PâfTage.  Ce  mot  ell  oppolc  à  celui  d'Ifuè,  qui  elt  l'endroit 
par  où  l'on  fort.  PL  61.  p.  177. 

Entre'e  de  choeur  ;  c'eft  en  Architedurc,  la  dc'coration  de  toute  la  façade  du  C^orKr 
d'une  Eglife,  qui  lefcparcde  laNcf  ;  &  c'eft  en  Serrurerie  &  en  Mcnuiferie ,  la  décora- 
non  de  la  Porte  du  C'/3(r;<r ,  plusexhaulle'e  &  plus  riche  que  le  relie  delà  Clôture  à  jour. 
P/.  44  A.  p.iij. 

Entrée  de  serrure.  Plaque  de  fer  chantournée  félon  un  profil,-  &  cifelée  ou  «^ravc'c  de 
divers  ornemens,  qui  fcrt  de  pafldge  au  panneton  d'une  clef.  Il  y  en  a  de  grandes  pour  les 
gfoilcs  clefs,  &  de  pentes  pour  les  pafle-partouts,  Sec.  P/.  65C.  p.  117. 

ENTREL  AS.  Ornement  de  Liftels  &  de  Fleurons  liez&  croifez  les  uns  avec  les  autres ,  qui  fc 
taille  fur  les  moulures  &  dans  les  Frtfcs.  P/.  B.  p.  vii,  Lat.  Imp.exus. 

'Emtrelas  d'apui.  Ornemens  de  fculpture  à  jour,  de  pierre  ou  de  marbre,  qui  fervent 
quelquefois  au  lieu  dcBaluItres,  pour  remplir  les  c^p/m  évidez des  Tribunes,  Balcons.gc 
Rampes d'Efcalier.  p.  314.  Pl.<)6. 

Entrelas  de  serrurerie.  Ornemens  compofez  de  rouleaux  &  joncs  coudez,  qui  for- 
ment divers  compartimens  pour  garnir  les  Fnfes  ,  Pilaftres,  Montans,  Bordures  de  fer. 
Sec.  PL  A4  A.  p.  117. 

ENTRE-MODILLON;  c'eft  l'efpace  qui  eft  entre  deux  Modillons.  Les  Entre-moddlws 
doivent  être  égaux  dans  le  coursd'une  Corniche,  pag.%^. 

ENTRE-PILASTRE  i  c'elU'efpacequieft  e/i/rf  deux  Pz/j/Zcr/.  p.  504.  P/.  92. 

•ENTREPOS;  c'eft  une  cfpece  de  Magazin  dans  un  Port  de  Mer,  où  l'on  tient  en  dêpofi 
les  marchandifcs  débarquées  pour  être  rembarquées.  C'eft  aufli  dans  quelque  autre  Ville 
de  commerce,  .un  Magazin,  où  une  Compagnie  de  Negocians  tient  fes  marchandifes. 

■ENTREPRENEUR,  celui  qui  fe  charge,  qui  entreprend,  &  qui  conduit  un  Bâtiment, 
pour  certaine  fomme,  dont  il  eft  convenu  avec  le  Propriétaire,  foit  en  bloc  ouàlatoife. 
p.  ijé.  &  144.  Lat.  Condu£îûr. 

ENTRE-SOLE  eu  MEZANINE.  Petit  Etage  pratiqué  dans  le  haut  de  l'Etage  du  Rez-de- 
chauflée,  &  quelquefois  dans  un  autre  Etage  ,  pour  avoir  quelque  Garderobe  ouCabuiec 
fur  une  autre  Pièce,  p.  131.  P/.  65  A.  p.  185.  &  P/.  75.  p.  150. 

ENTRETIENS.  Ce  mot  fc  dit  des  réparations  annuelles'  des  Bânmens ,  &  de  la  culture  des 
Jardins,  dont  fe  chargent  des  Ouvriers,  ou  d'autres  pcrfbnnes  moyennant  certains  prix, 
mais  qui  ne  font  pas  garants  des  réparations  extraordinaires  caufées  par  les  injures  du  tems, 
la  caducité,  ou  la  malfaçon  des  Bàcimens ,  comme  cela  ie  pratique  aux  Maifons  Roya- 
les, p.  117. 

ENTRETOÎSE.  Pièce  de  bois  qui  fert  à  entretenir  les  Poteaux  d'une  Cloifon  &  d'un  Pan 
de  bois ,  les  Faiftes  avec  les  Soufaiftes ,  les  Sablières  &  les  Plateformes  du  pied  d'un  Com- 
ble. PL  64  A.  p.  187.  &  PL  64  B.  p.  189.  Lat.   Tignum  tranfverfum. 

Entretoise  CROISEE.  Aircmblagc  eii  manière  de  Cmx  de  S.  André ,  pofé  de  niveau  entre 
IcsEntfaits  dcl'Enrayeured'un  Dôme. 

ENTREVOUX;  c'eft  l'efpace  qui  eft  entre  chaque  folive  d'un  Plancher,  &  qui  eft  recou- 
vertd'ais,  ou  enduit  de  plâtre.  P/.  (Î4B.  p.  i  89.  On  peur  conjeduier  que  Vitruve  entend 
^iv  biterti^nui,  ks  E'itrcvoux  des  Planchers  faits  de  folives  de  brin. 

EPAUFRURE;  c'eft  l'éclat  du  bord  du  parement  d'une  pierre,  emporté  par  un  coup  de 
teftu  mal  donné  :  Ez  Ecorniire ,  c'eft  un  autre  éclat ,  qui  fe  fait  à  l'areltede  lapierre  ,  loif- 
qu'on  la  taule,  qu'on  la  conduit ,  qu'on  la  monte  ,  ou  qu'on  la  pofe.  p.  358. 

EPAULE'E.  On  dit  qu'une  Maçonnene  dt  faite  par  Epaulées,  lorlqu'clle  n'eft  pas  levée 
de  fuite  ni  de  niveau,  mais  par  redens ,  c'eft- à-dire  à  divetfes  reprifcs,  ou  à  divers  tems , 
comme  cela  fe  pratique,  quand  on  travaille  par  fous-oeuvre.  P.  Z34. 

OPERONS,  r^'jr^  CONTKEfORTS. 


D'A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  n,  &.c.  P7 

ETI 3  c'cfl  dans  un  Comble  circulaire,  commccclui  d'un  Chevet  d'Iîglifc  ,  d'UnCha}iire^ii 
He  Tourelle  &  «ie Moulin  à  vent,  &c.  rA(Iuu!)l.igc  des  chevrons  avec  dis  liens  ouciTe- 
licrs  alentour  du  poiuçon.  Ce  qui  s'appelle  auiîî  t^/yyVwéAjjffwiî/?/.  /».  )5H.  Lat,  TurbiaU' 
ta  Codxurio, 

E'pr  DE  ïAisTE  j  c'cft  le  bout  du  Poinçon,  cjui  parohau^deHuîdu  frt//??  d'un  Comble  ,  fis 
où  l'on  attache  ics  AmortincmensdcpotcnC)  de  plomb,  de  fer  ou  àQ  bronze.  l^hû^K. 
p.iîy. 

Epi.  FoycK  Brique  posée  bm  epi,  5c  Soudure  en  eVï. 

EPIGEÔ?>ÎNF.R',  c'cft  employer  le  plâtre  un  peu  (é*rc  fans  le  plaquer  ni  le  jettçr,  tnals  le 
lever  doucement   avec    la  main  &  la  truelle  par   Pigeons   ,    e'eft-à    àiic  par  poi 
gnc'es,  comme  lorfqu'on  fait  les  Tuyaux  &  Languettes  de  cheminée,  qui  font  de  plane 
pur.  p.  545. 

EPIGRAPHE.  On  nomme  ainfi  toutes  les  Iiifcriptions ,  qui  fervent  dans  les  Bàtimcns, 
pour  en  faire  connoître  l'ufage ,  le  tems  &  les  perfonncs  qui  les  ont  fait  bâtir:  On  ca 
e;rave  les  caraâreres  le  plus  fouvent  enanglet ,  fur  la  pierre  &  le  marbre,  &  les  Ancien;; 
taifoïcnt  celles  des  Temples,  &  des  Arcs-de-Triomphe,  de  caracieres  de  bronze  ,  dont 
iis  couloientles  crampons  eu  plomb  ,  ajnd  qu'il  parou  par  les  entailles  &  trous,  quifonç 
reftezaprds  que  les  Lettres  en  ont  été -enlevées  par  les  Barbares,  Ce  mot  eit  fait  du  Grec 
Epi'^raphc  y  Sufcription.  p.  517. 

E'PISTYLE.  roycK  ARCHITRAVE. 

EPITAFHEi  c'cii;  une  Infcription  fur  une  Tombe,  ou  fur  un  Tombeau,  peur  confervcj: 
la  mémoire  d'un  Dc'funt,  &pourlui  procurer  des  prières.  C'cftaufli  un  morceau  d'Ar- 
chitcdure  &  de  Sculpture,  avec  Bufte,  Médailles  ou  Figures  fymboliques  ,  qui  fe  met 
dans  un  Cimetière,  ou  contre  les  murs  ou  les  Piliers  d'une  Eglife  ,  comme  i'Epnaphr 
<^e  M.  de  la  Chambre  à  S.  Eulbche  à  Pans ,  faite  par  le  Sieur  Jeaii  Bapciite  TubiRomai» 
Sculpteur  du  Roi,  Ce  mot  vient  du  Grec  à^i ,  fur,  k  Taphos ,  Tombeau.  P/.  <S9.  pa^. 

EPURE  ;  c'efl:  la  figure  d'une  pièce  de  trait,  aulîi  grande  que  l'ouvrage,  qu'on  trace  fu! 
une  aire,  ou  fur  enduit  contre  un  mur  ,  Se  fur  laquelle  les  Apareilleurs  lèvent  leurs 
panneaux,  pour  les  tracer  cnfuite  fur  les  pierres,  On  fait  aufli  des  Epures  particulières- 
des  parties  fèpare'es,  lorfque  l'ouvrage eft  grand,  comme  du  Fuft  d'une  Colonne  pour 
en  bien  tracer  le  contour,  d"un  fronton  pour  avoir  l'aplomb  des  Modillons,  &c,  pug. 

EC^ARRIR,  c'elt  mettre  une  pierre,  ou  une  pièce  de  bois  à'e'querre  en  tout  fcns.  pa^. 

EQUARRISSAGE.  Ou  dit  qu'une  pièce  de  bois,  a  fîx  fur  huit  pouces  d'équarriffa^e  y  pouc 

/igiufierfes  deuxplus  courtes  djmenlions ,  qui  étant  e'gales ,  tomme  d'un  pied  chacune, 

on  dit  pour  lors ,  qu'elle  a  douze  pouces  de  gro^.  pag.-^^i. 
E'QUARRISSEMENT  ;  c'ell  la  reduclion  d'unepiece  de  bois  en  grume  à  la  forme  (juarréc  , 

en  oftant  fcs  quatre  dolfes  flâches ,  ce  qui  peut  faire  dechee  à  peu  pre's  de  Ja  rooitic  de  fa 

groflèur.  p.  iiz. 
E'qi'arri&sjment.  Fôyex  Tracer  par  t'oyARRissEMENT. 
E'QUERRE.  Inftrumentdefcr ,  de  cuivre,  ou  de  bois,  compofc  de  deux  règles alTeni' 

blccs  perpendiculairement  parl'iujede  leurs  cxtremitez,  fervantà  tracer  ou  à  vérifier  un 

Angle  droit.  Ce  mot  peut  venir  de  l'Italien  Squadra,  qui  figniriclamcmc  chofe,  ou  du 

Latm  QuadratKs  f   quatre.  PI.  66  A.  pa^.x'yj.  ôiz}^.  C'eft  ce  que  Vitruvc  appelle 

Norma, 
H'oysKtiy  çftaulTmn  lien  de  fer  coudé,  qu'on  métaux  Poteaux  cornicrs  d'une  encôgnurc 

de  Pan  de  bois,  aux  Portes  de  mcnuL'erie,  &c.  &  à  d'autres  ouvrages.  P/.  64B.  f,  1S9. 

Lat.  t^ncon  félon  Yicruvc, 
Tome  II.  N  E'QUIAN- 


5,8  EXPLICATION   DES   TERMES 

E'QUIANGLE.  Figure  quiafcs  angles  égaux,  comme  le  Qaarré,  le  Triande  équilatc- 

rai,  &c.  P/.t-  P-']- 
E'QUILATERE.  figure  qui  a  Tes  cotez  égaux,  comme  font  tous  les  Polygones  réguliers. 

l'oid. 

EQUIPAGE,  fe  dit  dans  un  Attclier ,  tant  des  Grues,  Gruaux,  Chèvres,  Vindas ,  Cha- 
riots, &  autres  Machines,  que  des  échelles,  baliveaux,  dofTes  ,  cordages,  &  tout  ce 
qui  fertpour  la  coi]flruâ:ion&  pour  le  tranfportdes  matériaux,  p.  143. 

Equipage  de  pompe.  On  comprend  fous  ce  nom,  la  roue,  le  balancier  ,  ou  manivelle 
le  corpsde  PùOTpf  ,  le  pifton  ,  &  toutes  les  autres  pièces  d'une  Pompe  a.vec  leurs  Garnitu- 
res ,  qui  agifièucpar  lemoïendu  bras  ou  del'cau,  qui  en  eifc  le  premier  mobile  ,  comme 
aux  Pcwpfj  de  la  Machine  de  Marly  ,  qui  fourniflait  continuellement  100.  pouces  d'eau  à 
Verfailles. 

ER. EST  1ER.  VbycK  ARESTIER. 

ERIGER.  Terme  qui  dans  l'Art  de  bâtir,  fîgnifîe  Elever  j  ainfî  on  dit  £r/>f  r  un  Mur ,  Eri- 
i^fr  un  Pandc  bois  ,  &c.  p.  130.157.  &c. 

ESCALIER,  du  Latin  5m/.£  ,  Montée;  c'ell  dans  une  Maifon  ,  une  Montée  renfermée  dans 
unec.ige,  &  compofée  de  marches  ou  dégrez,  de  paliers  &  d'apuis  droits  &rampans, 
laquelle  fcrt  à  communiquer  les  Etages  les  uns  fur  les  autres.  Ce  motcft  fait  du  Latin 
ScaU^  qui  fignifie  la  niêmcchofe,  &  qui  dérive  du  verbe  Scandcre ,  monter,  p-i-ji.  PI. 
61.61.  64B.  p.  109.  &  PL  66  B.  p.  141. 

Escalier  principal  ou  grand  escalier,  celui  qui  efl  le  plus  fpatieux  ,  &  qui  ne  fert 
qu'à  monter  aux  plus  beaux  Apartemens  d'une  Maifon.  Cet  E/calier  nepaflepas  ordinaire- 
ment le  premier  Etage.  PL  60.  p.  177.  Lat.  Scalare  majus. 

Escalier  secret  ou  de'robe',    celui  qui  lent  à  dégager  &  à  monter  aux  Entre-foies ,„ 
Garderobes  ,  &  même  aux  Apartemens,  pour  ne  point  palier  par  les  principales  pièces. 
p.  178.  P/.  61.  &  61.  Lat.  Scala  occulta. 

Escalier  commun,  celui  qui  fert  à  deux  Corps-de-logis  par  des  Paliers  alternatifs  lorf- 
que  les  Etages  ne  font  pas  de  pareil  niveau  ,  ou  par  un  Palier  de  communication  ^  lorfqu'ils 
font  de  plain  pied.  Lat.  ScaUintergeriiia. 

Escalier  hors  œuvre,  celui  doinh  Cage  en  dehors  d'un  Bâtiment,  y  eft  attachée  par 
un  ou  deux  de  fes  cotez.  On  ap'pclk  E/calier  demi-hors  oeuvre,  celui  dont  la  Cage  eft  en  par- 
tie enclavée  dans  le  corps  du  Bâtiment.  Lat.  ScaLtproieâh-e. 

Escalier  rond,  celui  qui  clt  à  vis,  ou  en  hélice  avec  un  Noyau,  &  dont  les  Marches 
tournantes  droites  ou  courbes,  qui  portent  leur  délardement,  tiennent  parle  colet  à  un 
Ciimdre  qui  porte  de  fonds,  &  dont  elles  font  partie.  PL  66B.  p.  141.  Tous  les  Efcaiicrs 
ronds  à  vis  &  en  limace  ,  lé  nomment  en  Latin  ScaU  cochlides. 

Escalier  rond  suspendu,  celui  qui  eft  fans  Noyau  ,  &  dont  les  Marches  tiennent  à  une 
efpece  de  Limon  en  ligne  fpirale,  &  qui  lailîe  un  jour  on  vuide  rond  dans  le  milieu,  ibid. 
Lat.  ScalaannuUris. 

Escalier  ovale  a  noyau,  ou  suspendu,  celui  qui  ne  diifere  desdeuxprécedens,  que 
par  fon  plan  qui  eft  ovale.  Lat.  ScaU  cvata. 

Escalier  rond  a  double  vis,  celui  qui  a  double  Rampe  l'une  fur  l'autre ,  &  dont  les 
Marches  portent  leur  délardement,  comme  l'Efcalier  des  PP,  Bernardins  de  Pans,  & 
celui  duCh.îteaude  Chambor,  dont  les  Marches  tiennent  par  le  colet  à  un  mur  circu- 
laire percé  d'Arcades ,  qui  lai  lié  un  jour  dans  le  milieu.  Préface.  Lat.  Scala  cochlides  du- 
plicata. 

Escalier  a  vis  S.  Gilles  ronde,  celui  dont  les  Marches  portent  fur  une  Voûte  ram- 
pante fur  le  Noyau  ,  comme  VEjcal'ier  du  Prieuré  de  S.  Gilles  en  Languedoc  ,  d'où  le  nom 
lui  a  été  donné,  tbid.  Lat.  ùcaU  cochltdes  formcatx. 

îscALiER  A  VIS  S.GiLLEs  quarre'e,  celui qui eft dans uuc Cage jKdrrfV ,  commeles pe- 
tits i/crt/zfr;  du  Palais  d'Orkàiis ,  dit  Luxembourg.  Lat.  iicalxauadratafornicata. 

ESCA- 


D'ARCHITECTURE,  &:c.  ^^ 

Escalier  en  mm  ace,  celui  qui  eft  dans  une  Cage  ronde  ou  ovaîe  ,  &  dont  la  Rampe  fans 
dcgrez ,  tourne  en  vis  à  l'entour  d'un  mur  circulaire ,  perce  d'Arcades  rampantes ,  comme 
ceuxdc  l'EglifedeS.  Pierre  à  Rome.  Lat.  ScaLt  cocblidrs acclivcs. 

Escalier  a  péristyle  circulaire,  celui  dont  la  Rampe  eft  portée  fur  des  Colonnes, 
ainfi  qu'au  Château  de  Caprarole  ,  &  au  Palais  Borgluffc  aRomc.  p.  157.  PL  71.  ôctx, 
Lat.  ScaU  cochhdes  columnata. 

Escalier  a  jour.  On  comprend  fous  ce  nom,  non  feulement  un  5/r<T//Vr  en  Galerie ,  qui 
eft  ouvert  d'un  côte'  fans  croilc'cs  avec  baluftrade  ;  mais  aufli  une  Vis  dont  les  Marches 
font  attachées  à  un  Noyau  malTif,  fans  autre  Cage  qu'un  Apui  parallèle  à  une  Rampe 
foûtenuë  de  quelque  Colonne  d'efpace  en  efpace  ,  comme  les  Ejcaliers  du  Clocher  de 
Strasbourg,  &  les  deux  du  Jubc  de  l'Eglife  de  S.  Eftieune  du  Mont  à  Paris.  Lat.  ScaU 
apertx. 

Escalier  cintre',  celui  dontunboutcft  forme'  en  demi-cercle  ou  demi-elliole,  en  for- 
te que  les  colets  de  fes  Marches  tournantes  ,  font  égaux  ,  afin  qu'il  n'y  ait  point  de 
Brilè-cou.  Il  s'en  voit  de  bois,  avec  des  courbes  rampantes,  &  de  pierre,  comme  le 
grand  ^/ca/ifT  fufpendu  de  l'Obfervatoireà  Paris.  Lat.  ScaUcurvat<t. 

Escalier  triangulaire  ,  celui  dont  la  Cage  &  le  Noyau  ,  font  faits  de  deux  triay.gles  y 
comme  les  Efcaliers  qui  font  derrière  le  Porche  du  Panthéon  à  Rome.  Lat.  ScaU  triqite- 
trs. 

Escalier  a  repos,  celui  dont  les  Marches  des  Rampes  droites  à  deux  noyaux  ,  fontpa 
ralicles,  &  terminent  alternativement  à  des  Paliers.  Lat.  ScaUpatarU. 

Escalier  a  quartiers  tournans,  celui  qui  a  des  Quartiers  ^o«r«a«j  (impies  ou  doubles 
à  l'un  ou  aux  deux  bouts  de  fes  Rampes.  Lat.  ScaUverforiiC. 

Escalier  a  quatre  noyaux,  celui  qui  lailTe  unvuide  quatre  ou  barlong  entre  fes  Ram- 
pes ,  &  porte  fur  quatre  Noyaux  de  pierre  de  fonds ,  ou  fur  quatre  Noyaux  de  bois  de  fonds 
oui'ufpendus.  p.  141. 

Escalier  a  deux  rampes  alternatives,  celui  qui  eft  droit,  &  dont  l'Echifre  porte 
de  fonds,  ainfi  qu'un  mur  de  refend,  comme  les  Grands  E/caliers  du  vieux  Louvre  à  Pa- 
ris, du  Palais  Farnéfe  à  Rome  ,  &c.  Lat.  ScaLtalteryu-c. 

Escalier  a  deux  rampes  oppose'es,  celui  où  l'on  monte  par  un  Perron  fur  un  Palier  ^ 
d'où  commencent  deux  i^twpf^  égales  vis  à  vis  l'une  de  l'autre,  qui  après  un  Palier  quar- 
ré,  retournent  pour  achever  de  monter,  comme  VEfcalier  du  Roi  au  Château  de  Ver- 
failles,  p.  315.  Lat.  ScaUancipites. 

Escalier  a  deux  rampes  parallèles  ,  celui  où  l'on  monte  par  deux  rangs  e'gaui 
de  Marches  ,  qui  commencent  par  un  même  Palier  ,  &  finiirent  par  un  autre  , 
comme  les  EJcaiiers  des  Châteaux  des  Thuileries  &  de  S.  Cioud.  ibid.  Lat.  ScaU  gemi- 
nat<e. 

Escalier  en  arc-de-clo1tre  à  Lunettes  O"  a  R^pos ,  celui  dont  les  Paliers  quarrés  en 
retour  portés  p?r  des  Voûtes  en  ,^rc-de-cloitre  ,  rachettent  des  Berceaux  rampans  » 
dont  les  retombées ,  Ibnt  foutenuëspar  des  ^y^rcs  auiïî  rampans,  qui  portent  fur  quatre 
ou  fix  Piliers  ou  Noyaux  de  fonds ,  qui  laiflént  un  vuide  au  milieu  ,  &  ces  ly^ra  rampans, 
ont  des  £K«f«f5  en  décharge  oppofées  dans  les  Berceaux  ,  comme  le  Grand  Efcalier  de  Lu- 
xembourg à  Paris.  p.zà^i.SiCC.  Lat.  ScaUconcameratx. 

Escalier  en  arc-de-cloîtbe  fu'pendu  O'  à  I{cpos  ,  celui  dont  les  Rampes  &  Paliers 
quarrés  en  retour  ,  portenten  l'air  fur  une  demi-voute  en  c^rr-c/^'-f/o/îrf  ,  commel'Ef- 
calkr  de  l'Hôtel  des  Fermes  du  Roi  rue  de  Grenelle  à  Pans ,  &  celui  de  l'Aile  du  coftc  du 
Nord  au  Château  de  Vcrfailîes.  ibid.  Lat.  ScaU  penÇilesconcameratx. 

Escalier  a  girons  rampans,  celui  dont  les  .Marches  ,  ont  tant  de  pente  &  de  laro-eur, 
que  les  chevaux  y  peuvent  m.onter.  II  s'en  voit  de  cette  forte  au  Palais  du  Vatican  à  Rome  » 
&aux  Perronsdu  Château  neuf  de  S.Germain  en  Laye.  P/.  71.  p.  2.57.  Lat.  ScaU  pro- 
elivcs. 

N  z  Esca 


loo  EXPLICATION   DES  TERMES 

Escalier  en  ïïK  a  cheval.  Manière  de  grand  Perron ,  dont  le  plan  cfi  circuîairç 
&  Jes  Marches  ne  font  poinr  parallèles  ,  comme  ceux  de  la  Cour  du  Cheval  blanc 
à  Fontainebleau  ,  fie  du  Château  de  Caprarolc.  iiid.  pa^.  Z58.  Lat.  ScuU  hcmicy- 
cli£. 

Escalier  a  péristyle  droit  en  perspective,  celui  qui  a  fa  Rampe  entre  deux  rancrj 
de  Colonnes,  oui  ne  font  pas  parallèles,  &  dont  le  diametie  de  celles  d'en- haut,  c^l 
moindre  d'un  quart  ou  d'un  cuiquién-e  ,  que  celles  d'en-bas.  Ces  Colonnes  eftant 
chacune  proportionnée  à  lagrollèur  de  fon  diamètre,  &  celles d'enhaut  eftant  beaucoup 
plus  balles  &  plus  ferrées  que  celles  d'en-bas,-  le  Berceau  rampant  en  manière  de  Canon- 
nière qu'elles  portent,  n'eft  pas  parallèle  à  la  Rampe  dont  les  girons  font  égaux,  ce  qui 
tait  une  dégradation  d'objets,  &  donne  une  apparence  de  longueur.  Le  Grand  Efcaiur 
Pontifical  du  Vatican,  fait  par  le  Cavalier  Berniu ,  elt  de  cette  manière.  ;».  345.  Lat.  Sca~ 
Itt  rcci£  columtutx. 

ESCAPE.  Fcryf:?  CONGE'. 

ESCARPE  ,.  de  l'Italien  Scarpa  ,  Talut  ;  c'efi:  le  Mur  en  talut  depui?  le  pied  d'un  Baftimtnt 
jufqucs au  cordon,  qui  fait  un  côté  de  Eoflé.  Et  Contre/carpe;  c'eitleMur  qui  luy  elt 
oppofé  de  l'autre  côté  du  Folié,  p.  157.  PL  70.  &  75. 

ESCARPERi  c'citen  coupant  un  Roc  ou  des  terres  naturelles,  leur  donner  Je  moins  de 
talut  que  faire  fe  peut.  p.  550. 

ESCOPERCHES.  Grandes  perches  comme  des  baliveaux  ,  cjui  fervent  pour  échafaudec- 
p.  244. 

ESMILLER  ,  fe  dit  de  la  manière  de  travailler  le  grais  ou  la  p^ierrc  avec  la  pointe  ou 
marteau  pointu.     Ejmiller  le  motion;  c'eft  en  ofterle  bouzin  &  l'atteindre  jufqu'au  vif. 

ESPACEMENT  5  c'efi:  dans  l'Art  de  baftir  ,  toute  difliance  égaleentreun  corps  &  un  au- 
tre ;  ainlî  on  dit  VEfpaccment  des  poteaux  d'une  Cloifon  ,  des  folives  d'un  Plan- 
cher ,  des  chevrons  d'un  Comble  ,  des  balulires  d'un  Apui  ,  &c.  Efpaccr  tant 
flan  que  vuide  ,   c'eft  lailfer  les  intervalles  égaux  aux  folides.     Pi.  64  A.  pac  187    & 

}2I.  ^    ■^  '' 

ESPALIER,  fe  dit  des  arbres  fruitiers  &  autres,  dont  les  branches  cteiiduës  &  paliflées 
fur  un  treillage  ,  reveftent  un  mur  de  clôture.  Le  Comefpdter  ,  eft  un  petit  treillag'e 
à  hauteur  d'apui  à  quatre  à  fix  pieds  de  VEfpdier,  entretenu  par  des  chevrons  debout 
de  fix  pieds  en  fix  pieds  ,  &  garni  de  feps  de  vigne  ou  d'arbres  fruitiers  nains,  pa?. 
199.  ^  ^ 

ESQUISSE,  de  l'Italien /c/?;;r~o  ;  c'eft  le  premier  crayon  ou  une  légère  ébauche  d'un  mor- 
ceau d'Architecflrure  ,  de  Peinture,  &c.  qu'on  nomme  erjcore  Grijonnement ,  ou  Première 
Penfée.  C'effc  auflî  en  Sculpture  un  petit  Modelle  de  terre  ou  de  cire,  heurté  d'art  avec 
l'ébauchoir.  p.  284. 

ESSLLIER;  c'eft  dans  une  Ferme  de  Comble,  la  pièce  de  bois,  qui  s'alTemble  dans  iâ 
Jambe  de  force  Se  fuporte  l'Entrait.  On  l'appelle  auffi  Go/^/Tfr.  P/.64A.  p  187 

ESSIEU.  Kye^  CATHETE.  -r       t        /• 

ESTRADE,  du  Latin  Stratus,  couché;  c'eft  une  efpece  de  Marche-pied  de  la  «Grandeur 
d'un  Alcove  ,  lur  lequel  poie  le  ht.  11  s'en  met  auffi  dans  les  Exedres  ,  &  dans  les  grands 
ApartemensibuslcsThrôncs,  les  Biifets,  &c.  Les  Ejhades  des  Divans  Se  Salles  d'Au- 
dience chez  lesLevantms,  font  appelk'es  Sofa.  Pi.  61.  p.iii. 

ETABLE;  c'eftdanslaBalIecourd  une  Maifon  de  Campagne,  une  efpece  d'Angar  ferme 
où  l'on  tient  le  beftail.  On  appelle  iio;(Vfr;f,  celle  ou  Ton  met  les  beufs  :  Bergerie,  celle 
où  l'ou  met  les  moutons ,  &c.  p.  518. 

ETABLIR.  On  dit  que  les  Ouvriers  s'étabUffent  dans  un  Attelier  ,  lorfqu'ils  en  prennent 
poflcflion,  &:  qu'ils  y  apportent  les  matières  &  les  outils  necelTaires  pour  commencer  à 
y    travailler.      On  dit  aulîi  Etélir  des  pierres  ,    lorfqu'on  trace  dclTus    le    parc- 

«K:it  j^ 


D'ARCHITECTURE,  &x.  lor 

■lent,  naelqiîc  marque  ou  lettre  alphabétique  ,  pour  deftiner  à  chacune  fa  place.     Dans 

les  grands  Atteliers  chaque  Apareillcur  a  fa  marque  particulière  pour  les  pierres  de  Ton 

canton. 
ETAGE,  du  Grec  Ste^e^  Plancher.    On  entend  par  ce  mot,  toutes  les  pièces  d'un  ou  de 

pluCcurs  Apartemens,  qui  fontd'unmcmeplain-pied.p.  180.P/.  65  B./?.  185.  &c.Lat. 

Contabulatio. 
Etage  souterrain,  celui  qui  eft  voûté  &  plus  bas  que  le  Rez-de-chaulTée.    Les  Anciens 

appel loient  généralement  tous  les  lieux  voute's  fous  terre  ,  Crypto-  porticus  &c  Hy^ogea. 

p.  174.  P/.  60. 
Etage  au  rez-de-chausse'e  ,  celui  qui  eft  prefqu'au  niveau  d'une  Rue  ,  d'une  Cour,  ou 

d'un  Jardin,  p.  176.  P/.  61.  &  71.  p.  157- 
Etage  quarre' ,  celui  où  il  ne  paroit  aucune  pente  du  Comble- ,  comme  un  Attique: 

p.  I87.&P/.75.p.^59• 
E'TAGE  EN  GALETAS,  celui  qui  eft  pratique'  dans  le  Comble,  &  où  l'on  voit  des  forces  & 
quelques-autres  pièces  des  Fermes,  quoiqoe  lambrillé.  p.  160.  &  P/.  6}  B.p.  185. Lac. 
Siibtcçuttinea  Contabulatio. 

ET  AIL.  l'^r/cx  BOUCHERIE. 

ETALONNER;  c'eft  réduire  des  mefurcs  à  pareilles  diftances ,  longueurs  &  hauteurs,  en 
y  marquant  des  repères,  p.  151. 

E TANCHE.  On  dit  Mettre  à  ctanche  un  Baftardeau  ,  c'eft-à-dire  le  mettre  à  fecparle 
moyen  des  machines  qui  en  tirent  l'eau  pour  pouvoir  fonder.  Mettre  à  étanche -,  fc  dit  auiïi 
pour£/(i'ic/3fr. 

ETANCON.  Manière  d'Etaye  pour  retenir  ferme  &  à  demeure,  un  mur  ou  un 
pan  de  bois.  Etan^onner  ,•  c'eft  contretenir  avec  des  Eîamons.  p.  244.  Lat.  Iià- 
crum. 

ETANFICHE}  c'eft  la  hauteur  de  plufîeurs  Bancs  de  pierre,  qui  font  maffe  dans  une  Car- 
rière, p.  558. 

ET  AYE.  Pièce  de  bois  pofe'e  en  arc-boutant  fur  une  couche ,  pour  retenir  quelque  mur ,  ou 
pan  de  bois  deverfe  &  en  furplomb.  Onnommz  Etaye  engueule  -,  la  plus  longue,  ou  celle 
qui  ayant  plus  de  pied,  empêche  le  deverfcment  :  ScEtaye  droite ,  celle  qui  eft  aplomb, 
comme  un  pointai,  p.  144.  Lat.  Fultura. 

E'TAYER  -,  c'eft  retenir  avec  de  grandes  pièces  de  bois  un  Baftiment  qui  tombe  en  ruine,  ou 
des  poutres  dans  la  réfection  d'un  mur  mitoyen.  Ce  mot  vient  félon  Nicot ,  du  Grec  c^it- 
tcin ,  foutenir.  p.  144.  Lat.  Fulcire. 

E  TELON  ;  c'eft  l'Epure  des  Fermes  &  de  l'Enraycure  d'un  Comble ,  des  Plans  d'Efca- 
liers ,  &  de  tout  autre  Alfcmblage  de  Charpentene  ,  qu'on  trace  fur  une  efpece  de 
plancher  de  pluficurs  dolFes  difpofées  5c  arreftées  pour  cet  effet  fur  le  terrein  d'un  Chan- 
tier, p.  187. 

ETOILE  i  c'eft  dans  un  Parc,  un  efpace  rond  ou  à  pans  en  manière  de  Carrefour ,  où  plu- 
fîeurs Allées  aboutilfent ,  &  du  milieu  duquel,  on  a  difFerens  points  de  veuë  ,  comme  ks 
Etoiles  de  Chantilly  ,  de  Meudon  ,  &'c.  p.  1 94. 

ETRESILLON.  Pièce  de  bois  ferrée  entre  deux  doffes ,  pour  empêcher  l'éboulement  des 
terres  dans  la  fouille  des  tranchées  d'une  Fondation.  On  nomme  encore  £/rf/7//o«  ,  une 
pièce  de  bois  afTemblée  à  tenon  &mortoife  avec  deux  couches  ,  qu'onmetdans  les  petites 
rués,  pour  retenir  à  demeure  des  murs  qui  bouclent  &deverfent.  Ces  Etre  filions  ^  qu'on 
nomme  auffi  Erançons ,  fervent  encore  à  retenir  les  piédroits  &  platebandes  des  Portes  Se 
des  Croifées  ,  lorfqu'on  reprend  par  fous-œuvre  un  Mur  de  face ,  ou  qu'onremet  un  poi- 
trail neuf  à  une  Maifon.  p.  1 5  4. 
E'tresillonner  ;  c'eft  retenir  les  terres  &  les  Baftimens  avec  des  dofles  &  des  couches  dé- 
boutée des  £frf//7/o>jj  en  travers. p.  244. 

ETRIER-  Efpece  de  lien  de  fer  coudé  quarrémem  en  deux  endroits  >  qu'on  boulonne  à  tra- 

N  3  "  ver 


loî  EXPLICATION   DES  TERMES 

Ycrs  un  poinçon  pour  y  attacher  un  tirant ,  &;  dont  on  arme  auffi  une  poutre  e'clat^e  pour  la 
retenir.  PI.64B. p.  189. 

ETUVE,  du  Latin  Stubj,  ou  Stufa  ,  Poëlc  ;  c'cft  la  piecedel'Apartemcntdu  Bain  e'chaufe'e 
par  des  Poêles.  Les  Anciens  appclloient  Hypocanftes ,  les  fourneaux  foutcrrains  ,  qui 
fervoient  à  échaufcr  leurs  Bains,  p.  1 58.  &  P/.  71.]?.  257.  C'cft  ce  que  Vitruve  nomme 
Ciildarium. 

Etuve  de  corderie  i  c'eft  dans  un  Arcenal  de  Marine,  le  lieu  avec  fourneaux  &  chau- 
dières, où  l'on  godronne  les  Cortiii^fj  pour  les  Baftimens  de  Mer.  p.  557. 

EVALUER;  c'eft  dans  i'eftimation  des  ouvrages,  en  régler  les  prix  par  compenfation  ,  eu 
égard  aux  façons  &  changemens ,  qui  ayant  efté  faits  par  ordre  ,  ne  font  plus  en  exifte'nce. 
p.  îiz. 

EVECHE';  c'eft  par  raport  à  l'Architedure,  le  Palais  d'un  £vê^î^e  ordinairement  joint  à 
une  Eglife  Cathédrale  ,  confiftant  en  Apartemens  de  cérémonie  &  de  commodité,  dont 
la  prnicipale  pièce  ,  eit  une  grande  Salle  avec  Chapelle ,  pour  y  tenir  les  Synodes  &  confé- 
rer les  Ordres  iacrez.  Cette  Salle  pourroitcftreappellée^rc/p/ia/Zmww,  quoique  ce  mot 
ait  une  autre  lignification  dans  Vitruve.  p.  3  5^7.  Lat.  PaUtinm  Epifcopale. 

E'VIDER  ;  c'eft  tailler  à  jour  quelque  ouvrage  de  pierre  ou  de  marbre,  comme  des  Entrc- 
las  :  ou  de  xnenuiferie,  comme  des  panneaux  de  clôture  de  Chœur ,  d'Oeuvre,  de  Tri- 
bune, &c.  autant  pouiiendre  ces  panneaux  plus  légers,  que  pour  voir  à  travers  fans  eftrc 
veu.p.  314. 

EVIER.  Pierre  creufee  ,  qu'on  met  au  rez-de-chauflee  ,  ou  à  hauteur  d'apui  dans  une  Cui- 
fine,  pour  en  faire  e'couler  l'eau.  C'eft  auflî  un  canal  de  pierre  ,  qui  fertd'c'c^out  dans  une 
Cour  ou  une  Allée  de  Maifon.  P/.  60. p.  175.  Lat.  Emijjarium. 

EURIPES.  Les  Anciens  Romains  appelloient  ainfi  leurs  moindres  Jets  d'eau  ,  &  Ntls  y 
leurs  plus  grands,  comme  les  Gerbes,  Cafcadcs ,  &  autres  Jeux,  où  il  y  avoir  plus  d'a- 
bondance d'eau,  dont  ils  faiioient  des  Canaux  de  différentes  manières,  pour  fervir  d'en- 
ceinte à  leurs  Jardins  ,  ou  pour  y  former  des  Illes  pour  des  Jeux  &  Speclacles.  Ils  avoient 
emprunté  le  nom  de  Nil  y  du  Fleuve  de  l'Egypte,  àcaufe  de  fesCataraâres  ouchûtes:  & 
celui  d'Buripe ,  du  Détroit  ainfi  nommé  entre  Ville  Eubée  &  le  Negrepont  dans  l'Archipel, 
lequel  a  fept  flux  &  reflux  dans  l'efpace  de  14.  heures  ,  fi  violents  que  les  vailTeaux  ne  fçau- 
rcient  les  remonter  à  pleines  voiles,  p.  3  57. 

ELTRYTHMIH,  du  Grec  Eurythmia,  belle  proportion;  c'eft  félon  Vitruve ,  la  beauté  des 
proportions  de  1"  Architeélure.  p.  357. 

EUS'IYLE;  c'eft  la  meilleure  manière  d'cfpacer  les  Colonnes  félon  Vitruve,  qui  eft  de 
deux  diamètres  &  un  quart,  ou  quatre  modules  &  demi.  Ce  moteft  compofc  duGrec 
Eus,  bon,  8c  Stylos ,  Colonne,  p.  8.  &  y. 

EXASTYLE.  Ce  mot  qui  vient  du  Grec,  fe  dit  d'un  Porche  qui  a  fix  Colonnes  de 
front,  comme  le  Temple  Periptere  de  Vitruve,  &  le  Porche  de  la  Sorbonne  à  Paris. 
F-  557- 

EXEDRES;  c'eftoient  chez  les  Anciens,  des  lieux  garnis  debancs  &  de  fieges ,  oùdifpu- 
roient  les  Philofophes ,  les  Rhctoriciens,  &c.  comme  font  aujourd'huy'lcs  Clafles  des 
Collèges,  &  les  Salles  dans  les  Couvents,  où  les  Religieux  s'entretiennent  avec  les  per- 
Ibnnes  de  dehors.  M.  Perrault  entend  par  le  mot  Exedra  dans  Vitruve,  un  Cabinet  de 
convcrfation ,  &  une  petite  Académie  où  des  gens  de  Lettres  ,  confèrent  enfemble. 
p.  338. 

EXHAUSSEMENT;  c'eft  une  hauteur  ou  une  élévation  ajoutée  fur  le  dernier  plinthe  d'un 
mur  de  face,  pour  rendre  l'Etage  en  galetas  plus  logeable.  On  dit  aulfi  qu'une  Voûte, 
qu'un  Plancher,  &c.  a  tant  d'ExhauJjcrficnt,  pour  en  fignifîer  la  hauteur  depuis  l'aire, 
p, 187. &  555. 

EXPERT;  c'cft  un  Ouvrier  ou  un  homme  connoilTant  dans  l'Art  de  baftir,  qui  eft  prépofé 
autant  pour  cxamiiicr  la  quamuc,  &:  U  qualité  des  ouvrages ,  quepourea  faire  i'eftima- 

tion 


D'ARCHITECTURE,  &c.  loV 

«on  &  en  resler  les  prix ,  quand  i  1  n'y  a  point  de  marché  par  écrie.  Il  a  eflé  créé  par  An  cît 
du  Confeil  au  mois  de  May  1690.  certain  nombre  d'^x^ierfi  Jurez  pour  chaque  Ville  du 
Roiaume,  &  cinquante  pour  celle  de  Paris  ,  fçavoir  15.  Architedes  ou  Bourgeois,  &c  1^, 
Entrepreneurs,  Maçons  &  Charpentiers,  qui  fculs  peuvent  cftre  nommés  d'office  pour 
cftre  Arbitres  des  conteftations  entre  les  Bourgeois  &  les  Ouvriers  ,  pour  faire  les  Toifez , 
Arpentages  &  Partages ,  &  donner  des  Alignemens  particuliers.  Ces  Experts  doivent  eftre 
accompagnés  dans  leurs  defcentes  &  vifites ,  d'un  Greffier  des  Bâtimcns,  ditde  l'Ecritoi- 
re,  pour  y  écrire  la  Minute  de  leur  Raport,  qu'ils  font  obligés  de  figner  fur  les  lieux  ;  & 
lorfqu'ils  ne  conviennent  pas  enfemble  de  leurs  faits,  on  nomme  un  Tiers  qui  décide  de  ia 
coutedaiion.p.  r,  ;i. 

EXPOSITION  DE  BASTIMENT;  c'eft  la  manière  dont  un  Baftimenteftpxpo/?par  ra- 
port au  Soleil  &  aux  vents.  La  meilleure  Expo/Ft/o»  félon  Vitruve  ,  eft  d'avoir  les  enco^nû- 
resoppoféesaux  vents  cardinaux  du  Monde.  Vie  de  Vi_^nole. 

EXTRADOS;  c'eft  la  curvité  extérieure  d'une  Voutc  ,  Scintrados  on  Douëlle ,  celle  du  de- 
dans. PL  66  A.,  p.  157. 

EXTR  ADOSSE'.  On  dit  qu'une  Voûte  eft  extradoffée ,  lorfque  le  dehors  n'en  eft  pas  brut ,  & 
que  les  queues  des  pierres  en  font  coupées  également ,  enforte  que  le  paremenr  extérieur , 
eft  auffi  uni  c^ue  celui  de  la  doiielie,  comme  à  laVoutedcl'EglifedeS.SQlpiccàParis. 
M-  544- 

F. 

FABRIQUE,  du  L^tinFahrica,  Bâtiment.  Ce  mot  fort  en  ufàgc  en  Italie  ,  où  il  fe  dît 
de  tout  Bâtiment  confiderable  ,  fe  prend  quelquefois  en  François  pour  fignifier  une  belle 
conftruftion.  Ainfionditquel'Obfervatoire,  le  Pont  Royal  à  Paris,  &c.' font  d'une  bel- 
le Fabrique,  p.  1 84. 

FAÇADE;  c'eft  h  face  que  prefente  un  Bâtiment  confiderable  fur  une  rue,  une  cour  ou 
un  jardin.  La  principale  Façade  du  Louvre,  &  celles  des  Châteaux  des  Thuileries,  &  de 
Vcrfailles  du  côté  des  Jardins ,  font  des  plus  belles  Se  des  plus  grandes  qui  fe  voient.  P.iyz. 
&  i8i.  P/.  63  A.  &c.  Lat.  From: 

Façade  simple,  celle  dont  la  décoration  ne  confifte  qu'en  ravalemens ,  tables 
de  crépi  &  autres  grandes  parties  avec  peu  de  moulures  aux  Portes  &  Croifées, 
P-  537- 

Eaçade  riche,  celle  qui  outre  les  ornemens  convenables  à  fes  Portes  &  Croifées,  Ces 
Plinthes,  Corniche  &  autres  faillies  ,  eft  enrichie  de  Bas-reliefs  &  de  Trophées  par  com- 
partimens  taillés  dans  le  corps  du  mur  ,  ou  poftichespar  incruftation,  avec  Buftes,  Sta- 
tues ,  &c.  comme  les  Façades  de  la  Vigne  Borghéfe  &  du  Palais  Spada  à  Rome. 
ibid. 

lACE,  c'eft  une  des  fuperficies  d'un  corps  régulier ,  comme  d'un  Cube,  quienafix,  d'un 
Tétraèdre ,  qui  en  a  quatre  ,  &c. 

FACE.  Membre  plat,  comme  la  Bande  d'un  Architrave  ,  d'un  Larmier,  &c.  Il  y  en  a  qui 
écrivent  Fajce^  fondés  fur  le  mot  Latin  Fafaa ,  large  ruban,  dont  Vitruvc fe fert pour 
fignifier  les  Faces  ou  bandes  d'un  Architrave  ou  d'un  Chambranle.  P/.  1 2.  p.  3  j .  &c.  Lat. 
Cor  fa. 

Face  de  maison;  c'eft  la  largeur  quienparoî:{uruneriis ,  unecour  ou  un  jardin  ;  ainfi 
onditqu'une^d//ôwatantdeP<jfe,  pour  en  exprimer  la  largeur.  VbyeK  MuR  ce  face. 

FAISANDERIE.  Maifon  accompagnée  d'un  Clos,  où  l'on  élevé  des  Pa;/dw,  laquelle  dé- 
pend d'une  Terre  confiderable,  commeIaiv»//tfw(ia/edeChaiuilly.  P.  357.  Lac.  Phafana- 
ria  Qhors. 

FAI- 


1C4  EXPLICATION   DES   TERMES 

f  AISTAGE,  fe  dit  d'un  Fj;/?f  garni  de  fonamortillcment&enfaillemcnt.  II  fc  prend aufïï 
pour  le  Comble.  P/.  64  A./?.  iSy.Lat.  Fa(li^ium. 

f  AISTE;  c'eft  le  plus  haut  du  Comble  d'une  Maifon,  6c  c'eftaulTi  la  pièce  de  bois  qui  porte 
Je  lommec  d'un  Combk  &  où  vont  terminer  les  chevrons.  Le  Sousfaifte  ^  cft  une  autre 
pièce  de  bois  au  delfous  du  Faijîe ,  licfe  par  des  Entrctoilcs ,  des  Licrnes  &  des  Croix  de  S. 
André,  f.  18  5 .  &  P/.  <;4  A.  p.  187.  Lac.  Culmoi. 

FAISTIERE.  P'byeK  Lucarne  &  Tuile  faistieres. 

FANAL,  du  Crée  Phunos ,  Lanterne  j  c'ell  par  raport  à  rArchitc(£lurc  ,  uncTonr  haute  & 
menue  au  bout  d'un  Mole,  ou  avancc/e  en  Mer  lur  quelque  Ecucil ,  conuncle  r<}>i<î/de 
Gennes  ,  d'où  l'on  découvre  les  VaifFcaux  du  dehors,  5c  quipar  le  moïen  de  la  lumière 
qu'on  y  expofe ,  fcrt  à  les  guider  pour  les  conduire  à  la  Rade  &  dans  le  Port.  I!  v  en  a  qui 
font  décores  d'Ordres  d' Archuedurc  ,  comme  la  Tour  de  Cordoùan  à  l'Embouchure  de  la 
Garonne, qui  efl  ronde  &  à  quatre  Etages  eu  retraite  de  forme  pyramidale.  On  appelle  dans 
Jcs  Echelles  ou  Porcs  du  Levant  de  la  Méditerranée}  cette  force  de  Tour ,  Phare  ^  du  nom 
de  celle  que  Ptolomc'e  Phiiadelphe  Roi  d'Egypte  ,  fit  baftir  à  l'Embouchure  du  Nil  peur  le 
même  uiage.  p.  5  oj.  Lat.  Pharus. 

rAUCONNEALT  ;  c'elt  la  pièce  de  bois  pofée  en  travers  fur  le  haut  d'un  Engin,  qui  a  deux 
poulies  à. fcs  deux  boucs,  p.  14^. 

rAUCONNEPN.IE  ;  c'eflparraportàrArthite(5bure,  un  Bâtiment,  quiconfifte  en  Voliè- 
res pour  y  i.ourrir  toutes  fortes  d'oifcaux  de  proye  fervanc  à  la  chalTe  ,  en  Ecuries  pour  les 
coureurs ,  &  en  logemcns  pour  les  Officiers  Se  Valets  de  la  Faucomicrie.  p,  3  57.  Lat.  ^vu~ 
rium  accipitrarium. 

FAUSSE-BRAYE;  c'eft  en  Architecflure  Civile,  une  TcrrafTccontinuëcntreleFofle  &  le 
pied  d'un  Château,  laquelle  fert  autant  pour  luy  donner  dei'embafement ,  que  pour  fc 
promener ,  comme  il  s'en  voit  au  Château  de  Richelieu,  p.  511.  hut.  Pronutraie  t^imb^i- 
Ucruir. 

FALTiSErCOUPE.  On  dit  qu'une  Platebande  eft  en  Faujfecoupe  ;  lorfque  les  joints  defes 
claveaux  fort  épais  ,  font  feulement  à  plomb  au  parement ,  de  la  profondeur  d'environ  fix 
pouces ,  le  reltc  du  joint  eftant  incliné  ielon  fa  Coupe.  Les  Platebandes  des  Portes  d'enfila- 
de du  Bâtiment  neuf  du  Louvre  devant  la  Rivière,  font  apareiilées  de  cette  manière.  ?/. 
6^A.p.z37, 

Facsse-cqupe  d'assemblage  i  c'eft  en  Charpenterie  Se  en  Menuiferie,  un  tyfjfembla- 
ge  à  onglet  hors  d'équerre  ,  &  par  confequçnt  d'angle  gras  ou  maigre.  PI.  loo^ 
p.  Wi-  , 

FAUSSiï  E'QUERRE.  Ce  mot  dï  commun  pour  tout  inftrumcnt,  qui  fert  à  prendre  des 
angles  qui  ne  font  pas  droits  ;  Mais  il  fe  dit  plus  particulièrement  du  Compas  d'Aparcilleur, 
P/.66A.p.z}7.&i38. 

-FAUSSE-PORTE.  Voye:^  Porte  de  taubourg. 

lAUX-ATTIQUE.  Fbye::  ATTIQUE. 

FAUX-COMBLE  i  c'elUe  petit  Coj«6/f,  quieftaudelTusduBrifisd'un  Co»;è/e  à  la  Manfàr- 
de,  &  dont  Ja  pente  doit.ctrc  de  même  proportion,  que  ccUcd'un  Fronton  triangulaire^ 
P/.  64  A.  p.  187. 

TAUX-JOUR;  c'eft  une  Fenêtre  percée  dans  une  Cloifon  ,  pour  éclairer  un  PalTa^e  ,  une 
Garderobc,  ou  un  petit  Efcalier  ,  qui  ne  peut  avoir  du  'fo«r  d'ailleurs.  C'eft  àufïî  une 
JeiKue  en  glacis  dafis  un  Magazin  d,e  Marchand ,  pour  faire  paroître  avantaf^cufcment  les 
étofes. 

JAUX-MANTEAU;  c'eft  la  Hotte  d'une  Cheminée,  qui  eft  recouverte  par  la  Gor<^c  &  le 
Jylsntea:j.  On  donne  audi  ce  nom  au  MantcM  d'une  vieille  Cheminée ,  qui  porte  en  faillie 
fur  des  Courges,  Corbeaux,  ouConloles.  P/.  55.^.150. 

J  AUX-PL  ANCHER  3  c'eft  au  deflbus  d'un  Plancher^  un  rang  de  folives  ou  de  chevrons  lam- 
briiTez  de  plâcre ,  ou  de  meimifcne,  fur  lequel  on  ne  marche  pomt,&  qui  fe  fa;t  pour  dicii- 

nucr 


D'AR  CHITECT  URE.^c.  105 

r.ucr  rcxhaufTciTicnt  d'une  Pièce  d"  Apartcnieiu ,  ou  dans  un  Grlctas  pour  en  cacher  le  Faux- 

coinble.   Ce  mo:  fc  dit  aufli  d'une  Aire  de  Lambourdes,  Se  dePluitckcs  ,  fur  lecouronne- 

mentd'ane  Voûte,  doncics  reins  ne  font  pas  remplis.^.  535. 
FENESTRAGE,  fedit  en -^encrai ,  de  tomes  les  Croi  (ces  de  bois  ou  de  fer  d'un  Bâtiment: 

&  en  particulier,  d'une  grande  /e';f/frf  fans  apui ,  ouverte  jufqucs  fur  le  Plancher  ,  que 

Vitruve  appelle  Fenepra  valv.ua . p.  5  5  5 .  r  i-        n- 

FENESTRE.   Ouverture  dans  les  Murs  de  face,  pour  donner  du  jour.     Ce  mot  fe  dit  aufii 

bien  de  laFcrmerareouCroifee  ,  quede  la  £>zjye.  H  vient  du  Latiu  feHf/ira  ,  fait  du  Grée 

Fhaincii:,  reluire. p.  ni.  &c.  P/.  49. 
Fbnestre  droite,  celle  qui  cftquarré-longue  en  hauteur,  &  dont  la  Fermeture  eft  en  pla- 

rebande ,  ou  en  hmeau  droit  comme  elle  fe  pratique  ordinairement.  IH.  49 .  /m  }  5 .  Sec.  Lat. 

Fcne[lra  rccia. 
Fénestre  CINTREE,  Celle  dont  la  Fermeture,  efl:  en  anfe-de-panier,  ou  en  plein  cm/r^» 

comme  les  Fenctres  du  premier  Etage  du  Château  de  Verfailles.  p.  i }  5.  Lat.    Fe^ieflra  ar- 

cuata. 
Fenestre  bombe'e,  celle  dout  la  Fermeture  ,  eft  plus  courbe  ,    n'étant  qu'une  portio» 

d'arc:  comme  il  s'en  voit  au  Louvre  de  fort  belles,  qui  ont  des  mafques  à  leurs  clefs. 

p.  157.&  1S4  Lac.  f£'"fj'?r<2c«rv.ifj.  ^ 

Fenestre  quarre'ë,  celle  dent  la  largeur,  eil  e'gale  à  la  hauteur,  commeils'en  voit  x 

quelquesAttiques.P/.  7  5.p.  iS9.Lat.  ffMf/?rjç«rtJra/,7.  ..    ,  •       ' 

Fenîstre  ronde,  celle  dont  l'ouverture,  eft  un  cercle  parfait,  comme  il  s'en  voit  a» 

Portail  de   l'Eglife  des  Reîigieufes  de  Sainte  Marie,  &  à  celui  des  Capucines  à  Pans. 

p.  15^. 
Fenestre  ovale,  ce'ie  dont  la  Baye,  eft  uneellipfeou  ov.i/e  ,  en  hauteur  ou  en  largeur  , 
comme  aux  Vitraux  du  Portail,  &  à  la  CroilcederEglile  deS,  Loiiisdes  PP.  Jefuïtes  i 

Paris,  p.  154. 

TtNESTRE  MEZANiNE.  Petite  ffaf/îr?  moins  haute  quc  large  ,  qui  fert  à  éclairer  un  Attiquc» 
ou  un  Entrefoie.  Ces  fortes  de  Je;;?/?re.f ,  que  les  Italiens  nomment  A/f^C^"»»',  Scquifcnc 
fort  en  ufa^e  chez  eux  ,  fe  pratiquent  aulli  dans  les  Frifes  d'Entablement  de  couronncmeiit, 
comme  il%'en  voit  au  Chàreau  des  Thuilerics  à  Paris ,  &  au  Palais  Altien  à  Rome  >  ôcc. 
p.  138.  &  P/.  73.p.  i^9.Laf.  D;wâ//i7fijfc«f/?r<7. 

Fenestre  atticurge,  celle  dont  l'Apui ,  eft  plus  large  que  le  Linteau  ,  les  Piédroits  n'c'- 
rant  pas  parallèles,  comme  au  Temple  delà  Sibjlle'à  Tivoli ,  au  Palais  Sachetti  ,^  &:àla 
Coupe  de  l'Eglife  de  la  Sapicncc  à  Rome.  Cette  eipece  de  Fenêtre  y  eft  ainfi  nommée ,  par- 
ce qu'elle  refîemblc  aux  Portes  -^iticurges  de  Vitruve.  Lat.  Fencflra  ,^t!!c^. 

Fenestre  e'brase'e  ,  celle  dont  les  Tableaux  n'étant  pas  parallèles,  fonten  f?«i'rj/;<Tepar 
dehors,  pour  faciliter  la  lumière,  comme  il  s'en  voit  au  Château  de  Caprarole.  P/.  75. 
p.  159.  Lat.  FenefiraextùsexfiUcata. 

Fenestre  en  embrasure,  cellequieft  plus  étroite  par  dehors  que  par  dedans,  les  Jouées 
de  l'épaillcur  du  mur  n'étant  pas  parallèles;  cequi  fefaitparfujetion  ,  comme  pour  éclai- 
rer un  Efcalier  à  vis,  &  ne  pas  interrompre  une  décoration  extérieure  :  ou  pour  feuieté  , 
comme  à  une  Prifon.  Lat.  Fincjirdintus cx^licatj. 

Fenestre  biaise,  celle  dont  les  Tableaux,  quoique  parallèles  ,  ne  font  pas  d'équer- 
re  avec  le  Mur  de  face,   pour  faciliter   le   jour    qui  vient  de  coté.  Lac.  Fenejha  obli- 

Fenestre  rampante,  celle  dont  l'Apui  &  la  Fermeture,  font  en  pente  par  quelque  fujc- 
tion,  comme  il  s'en  voit,  qui  éclairent  les  Efcaliers  de  quelques  Mailons  particulières, 
p.  139.  Lat.  Foiejtrd  dcclivif. 

Fenestre  rustiqub  ,  celle  quia  pour  Chambranle  ,  des  boflagcs  ou  pierres  de  refend,  com- 
me à  la  Vigne  duPape  Jules  à  F.cmc.  P..  71.  p.  155. 

Fenestre  avec  ordre  ,  celle  ou;  outre  Ton  Chambranle  ,  eft  enrichie  de  petits  Pila- 
Tcme  IL  .^  q  ftres, 


jo<$  EXPLICATION   DES    TERMES 

flres,  ou  Colonnes  avec  Entablement,  félon  quelque  Ordre  d'Architeaurc ,  dentelle 
retient  le  nom  ;  ainfî  les  Feneflres  du  rez-de-chauflTee  du  Palais  Mellini  ,  font  Dori- 
ques,  &  celles  du  premier  Etage  du  Palais  Farnéle,  Corinthiennes  à  Rome  o  lor." 
PL  85.  '  ^'  ^°' 

Penestre  a  balcon  ,  celle  dont  l'Apui  en  dehors,  elt  fermé  de  baluftres  ,  comme  au 
Château  de  Verfailles  du  côte  du  Jardin.  PL  ji.p.  155.  &  190.  P/.  8  j.  Lat.  Fenefira  podio 
fepta. 

Penestre  en  tribune,  celle  qui  fans  Apui  au  milieu  d'une  Façade  ,  a  un  Balcon  en  fail- 
lie au  devant  ,  &  eft  diftnigue'e  des  autres,  autant  pcr  fa  Baye  plus  grande ,  que  par 
une  décoration  d  Archiredure  ,  comme  celle  de  l'Aîle  duCapitoleàRome,  ou  celle  de 
l'Hôtel  de  Bcauvais  rue  S.  Antoine  à  Paris ,  bâti  par  Antoine  Le  Paucre  Architede  du  Roi. 
p.  185.  &  P/.  Si.  p.  iS^.Lat.  Fenejîra  Meniana. 

Fenestre  en  tour  creuse,  celle  qui  eft  cintrée  par  fon  plan  &  renfoncée  en  dedans  :  & 
Fcnclhe  en  tour  ronde,  celle  qui  fait  l'effet  contraire.  Les  Vitraux  des  Dômes  font  ces 
deux  effets,  eltantconfideiéspar  dedans  &  par  dehors.  Pi.  71. p.  55.Lat.  Fenelira  pUno- 
curva. 

Penestre  d'encognure  ,  celle  qui  efl:  prife  dans  un  pan  coupé.  Lar.  Feneflraanzularisex- 
îcrior. 

Penestre  dans  t'ANctE,  celle  qui  efl:  fi  proche  dcl'c^wç/frentrant  d'un  Bafl:iment,  que 
fon  Tableau  n'a  point  de  dofferet.  On:L^^t\[ç.z\\i^iFcn'elhe  dans  C  angle -,  certain  petit  Jour 
étroit  &  haut  en  manière  de  Barbacane ,  qui  fe  pratique  dans  un  ^nglc  rentrant  pour  éclai- 
rer un  petit  Efcalier  fans  corrompre  la  décoration  ,  comme  il  s'en  voit  à  l'Etrljife  des  Inva- 
lides à  Pans.  Lat.  Fenejîra  angularis mtcnor. 

îenestre  en  abajour,  celle  dont  l'Apui,  efl  à  cinq  pieds  du  Plancher  à  câufe  d'une  fer- 
vitude,  &  qui  elt  en  chamfrain  ou  en  glacis  par  dedans  pour  donner  plus  de  jour.     On  ap- - 
pelle  auffi  Fenefîres  en  ^bajour ,  celles  qui  fervent  à  éclairer  l'Etage  foutcrrain  ou  des  Offi- 
ces. PL  50,  p.  145 .  Lat.  Fenejîra proclivis. 

îenestre  FEINTE;  c'ell  uiie  décoration  de  Croifée  ordinairement  renfoncée  de  l'épaiffeur 
du  Tableau,  qu'on  fait  pour  répondre  à  d'autres  i^f«f/?rej- vrayes ,  ou  pour  orner  un  mut 
orbe.  p.  1 5  8.  Lat.  Pfeudo-fenefira. 

ÏENIL  ;  c'efl:  le  grenier  ou  tout  autre  lieu,  où  l'on  ferre  du  foin.  p.  3  57.  Lat.  fe«//f. 

TENTONS.  Morceaux  de  ki  fendus  en  crampons  par  les  deux  bouts  ,  qu'on  fcelle  dans  les - 
Tuyaux,  &  Souches  de  cheminées  en  \ts  épigeonnant,  pour  les  entretenir.  Il  y  en  a  de 
grands,  qu'on  appelle  Fentons  potences -,  parce-qu'ils  font  faits  en  manière  de  potence ,  & 
<iui  fervent  à  porter  les  grandes  Corniches  de  plâtre  ou  de  ftuc.  Il  s'en  fait  encore  de  bois , 
en  manière  de  groffe  cheville,  qu'on  met  dans  les  Entrevoux ,  pourfoutenir  lehourdi  . 
d'un  Plancher,  &  qui  fervent  auffi  pour  les  petites  Corniches,  p.  165.&P/.  99.?.  j;?. 
Lat.   Fulcra. 

PER.   Métail  qui  fc  fond  &  fe  forge,  &  dont  on  fe  fert  dans  les Baftimens.    Iladifferens 

noms  fuivant  fes  groffeurs  ,  fes  façons ,  Çts  ufages ,  &  fes  défauts,  p.  zi6.  &c. 
FER  futvantfes grofjeurs. 

Fer  dUARRE'  ou  gros  Fer,  celui  qui  a  deux  à  trois  pouces  de  gros.     On  le  nomme  aufE 

Fer  de  Courçon.  ihid. 
ÎER  quarre    bastard,  celui  de  quinze  à  dix-huit  lignes  de  gros.  p.  117. 
Fer  quarre'  commun,  celui  d'un  pouce,  ibid. 
Fer  carillon,  celui  de  huit  à  dix  lignes  de  gros.  ihid. 
Fer  plat,  qu'on  nomme  auflî  Corwne ,  celui  de  trois  pouces  de  large  fur  cinq  à  fîi  lignes 

d'épaifièur.  p.  118. 
Fer  MEPLAT,  celui  qui  a  de  largeur  le  double  de  fon  épaiffeur. 
pER  APLATI,  ou  FER  A  LA  MODE,  celui  qui  n'a  que  trois  à  quatre  ligncs  d'épaifTcur  fur 

zo.  à  14,  de  largeur,   &fcrtpourksApuis  des  Rampes  &  Balcons,  ksbattemcnsdesPor. 

»es ,  &c,  f  £j^ 


D'ARCHITECTURE,  &rc.  107 

Fer  EN  LAME,  celui  qui  a  deux  à  trois  lignes d'épaifleur  fur  difFcrcnccs  largeurs ,  &  (cr-c 
pour  les  ciiroulemens.  p.  1 1  7.  Lac.  Fcrrum  pluniim. 

Fer  rond,  celui  de  neuf  lignes  de  diamètre,  cjui  fert  à  faire  des  tringles  &  verges  de  ri- 
deaux. 

Fer  en  r euilles  ,  qu'on  nomme  au (Ti  To/e ,  celui  d'environ  une  ligne  d'épaiflcur  ,  fur  le- 
quel on  cifcle  &  amboutitdesorncmens.p.  ii8.Lat.  Ferrumbraâeatum. 

Fer  en  botte,  ou  menu  fer  ,  celui  qui  fcrc  pour  ks  verges  des  Vitres.  Lat.  Fcrrum 
tenue. 

FER  fuivant  fes  fa^om. 

Fer  étire'.  On  appelle  ainfî  le  menu  fer ,  qu'on  alongc  en  le  battant  à  chaud.  Lat.  Ferrur» 
duâile. 

Fer  corroyé',  celui  qui  apre's  avoir  efte  forgé  ,  eftenfuite  battu  à  froid  pour  devenir  plus 
difficile  à  calfer  ,  Scellre  employé' dans  les  machines  mouvantes,  comme  aux  Balanciers, 
Manivelles ,  Piftons  de  Pompes ,  Sec. 

Ffr  coude',  celui  qui elt  plie' fur  Ton  e'paifTeur,  comme  un  e'trier ,  pour  retenir  une  poutre 
éclatée ,  ou  pour  accoler  une  encôgnurc  de  menuiferie  :  ou  qui  elt  retourné  en  angle  droit, 
comme  les  équerres  de  Porte  Cochere. 

"Fer  enroule  ,  fe  dit  du  ffr  plat  ou  quarré  ,  contourné  en  fpirale  j  dont  on  fait  les  e«roK/f- 
wf  n^  des  arcboutans ,  pamieaux  ,  couronnemens  Se  autres  ouvrages  de  Serrurerie.  p.ziS. 
Lat.  Ferrum  volutum. 

Fer  ambouti;  c'eft  de  la  Tôle  relevée  en  bolTe avec  les  outils ,  pour  faire  des  feuillages , 
des  rofes  &  autres  oniemens. 

Fer  acere',  celui  qui  eftant  chaud,  ell  trempé  pour  en  faire  des  outils.  Lat.  Ferrum  foli- 
datiim. 

Fer  tondu,  fe  dit  non-feulement  du  fVr,  dont  on  moule  des  Conduites,  Poêles,  Contre- 
cœurs  &  autres  ouvrages:  mais  auffi  de  celui  qui  eltant/o>i^« ,  peut  eftre  reparé  avec  des 
outils,  tels  que  la  lime  &  le  cifeau  (ce  qui  eft  un  fecret  particulier  qui  ayant  efté 
perdu,  a  efte  recouvert  depuis  quelques  années)  &  dont  on  fait  des  Balcons,  Rampes 
d'Elcaiiers,  Clôtures  de  Chœurs  d'iiglifes ,  &  plufieurs  uftencilles.  Il  fevoitauCha- 
fteau  de  Mcudon  ,  quelques  Travées  de  Baluftrade  de  cette  forte  de  Fer  ,  &  entre 
autres  ouvrages  à  Paris,  la  Rampe  de  l'Efcaiier  de  la  Maifon  de  M.  l'Intendant  Pel- 
letier ruif  de  la  Couture  Sainte  Catherine,  dudefTein  du  Sieur  Bulkt.p.  i6z.&:Pl.  65  D. 
p.  119. 

FER  /utvunt  fes  ufa^es. 

Fer  de  pieu.  Morceau  de /er  pointu  à  quatres  branches,  dont  on  arme  la  pointe  d  un  P/«i 
afilé. 

Fer  maiile',  fe  dit  d'un  Treillis  dormant  de  barreaux  de /cr,  dont  les  w^/7/fj  font  de  qua- 
tre pouces  en  quarré  félon  la  Coiitume  de  Paris,  Art  101.  Tout  leffrwrt/V/f  quarrémenc 
ouàlofaugc,  kàxiçnLzim Ferrum retieulatum. p.  558. 

Ter  de  cuvette.  Morceau  de /frplar  forgé  en  rond  ,  qui  fcellé  dansun  mur ,  fertàfoutc- 
nir  ou  accoler  une  Cuvette  de  Tuyau  dedcfcente.  Lat.  Ferrum  arcuatum. 

Fer  d'amortissement,  fe  dit  de  toute  Aiguille  de /fr  entée  fur  un  poinçon  ,  pour  tenir 
une  puamide,  un  vafe  ,  une  girouette ,  ou  tout  autreorneir.cnt  de  plomb  ou  de  poterie  , 
qui  termine  un  Comble.  Lat.  F:rrum  acumiuatim. 

Fer  de  riQUE.  Ornement  de  ferrurerie  en  manière  de  Jard,  qu'onmet  au  lieu  de  chardons- 
furies  Grilles  de /^r,  commeils'en  voit  au  Château  de  Verfailles.  P/.4+A.  p.  117.  Lat. 
Spiculum  ferreum. 

Fer  de  menus  ouvrages,  fe  dit  en  gênerai  des  ferrures,  targettes,  fiches,  &  autres  pic- 
ces  des  garnitures  de  Porte  &  de  Croifée.  p.  116. P/.  65  C.Scp.  118. 

FER  fuivant  fes  dcfiuts. 

Fer  aigre,  celui  qui  fecafle  facilement  A  froid,  p.  119.  Lat.  Ferrum  af^mm, 

O    4  ÎER 


jo8  EXPLICATION   DES    TERMES 

JiK  RouvERiiSi ,  celuiqui  rccaiïeàchaudàcaufcdefesgerfures. 

Ter  tendre,  celui  qui  fc brûle  trop  vue  au  feu.  Lac.    Fcrrumfruhilc. 

Fer  cendreux,  celui  qui  à  caufe  de  Tes  taches  grifcs  de  couleur  de  ff«f/re,  ne  peut  recevoir 

le  poli.  p.  119. 
Tek.  pailleux,  celui  qui  a  des  pailles  ■>  ou  filamens,  qui  le  rendent  calTant ,  lorfgu'onlc 

veutcou.-lernu  plier,  p.  119.  Lat.  Ferrum  palca'.um. 
ïER- A-CHEVAL.  Terralle  circulaire  à  deux  rampes  en  pente  douce  ,  comme  celles  du  bouc 

du  Jardin  du  Palais  des  Thui!cr\cs  &  du  Parterre  de  Latone  à  Verfailles  ,  toutes  deux  du 

deflcin  de  M.  Le  Nautre.P/  71.  p.  157.  &c.Lat.  Lunatus  z^Tg:r. 
FERME  ou  METAIRIE;  c'cduiieMaiibn  àlaCampagoeavec  Bafîècours ,  Grano-es ,  E'a- 

blcs,  &c.  où  l'on  tient  les  BcPaaux,  lesgrauis,  &  tout  ce  qui  f.'.ic  le  revenu  d'une  Terre. 

p.  3x8.  Lat.  Pricdium  rufticum. 
FERME.  Alleniblage  de  Charpente,  faitau  moins  dedeusforces,  d'unentraic&  d'un  poin- 
çon ,  pour  aider  à  porter  un  Comble.     LzDemi-ferme ,  fert  pour  en  former  les  croupes. 

On  appelle  ALiiflrcjjes  Fermes ,  celles  qui  portent  fur  les  poutres:  Se  Fermes  de  remplume  y 

celles  qui  font  efpace'cs  entre  les  A^ailhejjes  Fermes  ,  &  portent  cjuelqucsfois  fur  des  vuides . 

P/.  64  A.  p.  187  Lat.  Tertiamim  ■,  félon  Vitruve. 
Ferme  d'assemblage,  celle  donc  les  pièces ,   fout  faites  de  bois  de   mcme   erofleur. 

lOlCl. 

Ferme  ronde.  AlTemblage  de  pièces  de  bois  cintre'es  ,  pour  couvrir  pai  une  avance,  le 
pignon  d'un  mur  de  face  ou  d'un  pan  de  bois.  On  nomme  aulli  Fermes  rondes  ,  celles  d'uu 
Dôme  &  d'un  Comble  cintre'.  Pi.  64  B.  p.  189. 

Fermette.  Petite  Pfrwf  d'un  Faux-comble,  ou  d'une  Lucarne.  P/.  ^4  A.  p.  187. 

FERMER.  Terme  qui  dans  l'Arc  de  Bâtir,  a  plusieurs  fignifications  ,  comw.c  Fermer  un 
c^rc,  une  Platebande^  une  Voûte  ^  &c.  c'cil  y  mettre  la  clef,  pour  achever  delà  bandcE. 
Fermer  une  tt^jjife  ;  c'elt  achever  delà  rempl;r  par  un  claufoir.  Fermer  une  Porte  ,  ou  une  Fe- 
nêtre en  plein  cintre ,  enplatebande,  &c.  c'eil  fur  les  Piédroits ,  faire  une  Arcade  ou  Linteau 
droit.  Fermer  une  Baye  i  c'eft  la  murer  pleine,  ou  de  demi-épailleur.  Lt  entin  Fermer  un 
c^ttelier  ;  c'eft  en  faire  cellcr  l'ouvrage ,  à  caulè  de  l'Hiver ,  ou  pour  quelque  autre  raifon. 
p.  95.  24Î.  143.  &CC. 

FERMETURE  ,  s'entend  de  la  manière  dont  la  Baye  d'une  Porte  ou  d'une  Croifée, 
cil  fermée  fur  fes  Piédroits  ,  comme  quarrcmenc  ,  cintre'e  ,  bombée,  d:c.  p.  155. 
&  170. 

Fermeture  de  chemine'e;  c'eft  une  Dale  de  pierre  percée  d'un  trouquarre'-Iong ,  qui 
fert  çoni  fermer  &:  couronner  le  haut  d'une  Souche  de  Cheminée  de  pierre,  ou  de  brï- 
que. 

Fermeture  de  menuiserie;  c'eft  ralfcmblage  du  Dormant,  du  Chaflîs ,  des  Guichets 
ou  Ventaux  ,  &c.  d'une  Porte  ou  d'une  Croifée  àt  ALenmferie.  C'eft  aufliraflembldoe 
des  Feuillets  arafés  ,  ou  avec  moulures,  delaPerwffwred'une  Boutique,  p.  141.  P/.  64  B. 
P.189.&P.341. 

FERRFR;  c'eft  garnir  une  Porte  Cochcre ,  une  Porte  à  placard  ,  tineCroifée,  &  tout  autre 
ouvrage  de  menuiferie,  de  leurs  équcrres,  gonds,  fiches,  verroux  ,  targettes,  loquets, 
ferrures ,  ^c. 

FERRURE,  fc  dit  de  tout  le  Fer  de  menus  ouvrages,  qui  s'employe  aux  Portes  ou  aux 
Cr&ifeesdc  menuiferie.  On  le  nomme  aulTiG.irmrKre.  Pi.  65  Cf.  117. 

FESTON.  Ornement  de  fculpture  eu  manière  de  cordon  de  iîeurs ,  defruitsou  de  fciiilles 
Jices  enfemblc ,  plus  gros  par  le  milieu,  &  fafpendu  par  Icsexrrcmitez,  d  où  il  retombe 
des  chûtes  à  plomb.  Il  fc  fait  des /c/ro-ï^deChalle  ,  dePefche,  de  Miifique&  des  autres 
Arts,  reprefentezpar  lesaccnbus&.  les  inftrumens  propres  à  chacun.  Le  mot  de  Fefton  y 
peut  venir  de  Fcjie  ^  parce  qu'il  s'employe  pour  les  décorations  dans  les  Feflcs.  p.  1(^4. 
PL  56.  Vuruve  appelle  les  Fejhns,  Encirpi,  du  Qizç  Enkar^os ,  frudueux, 

Fes- 


D'A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  P.  E  ,   &c  109 

Feston  postiche.  Orncmciu  compofcdcfciiilles,  de  fleurs  &  de  fruirs  vcricables,  avec 
del'oripeauouclinc]uant,  &.  quelques  papiers  de  couleur,  dont  on  orne  l'Architcclurc 
feintedes  Arcs-de- triomphe,  pour  les  Encrées  publiques,  &  l'Architedure  veritahledcs 
E<7Hfes ,  pour  les  Canonifacions  &  Fepes  de  Saints  ;  ainfi  que  les  Feparoles  ou  Décorateurs, 
le  pratiquent  en  Italie. 

FEUILLAGES.  Branches  de  f(?«W/e;  naturelles  ou  ima_G;inaires  ,  dont  on  orne  les  Frifes,  Gor- 
ges,  Tympans,  &cc.  p.  84.  PL  35.  &p.iio.  Pi.  41. 

FEUILLES.  Orncmensdefculpture.  Elles  font  ou  naturelles  j  comme  celles  de  Chefne  ,  de 
Laurier,  d'Olivier,  de  Palmier,  &c.  ou  imaginaires  ,  comme  celles  des  Rinceaux  ce 
Fciiilld'^cs  ,  &CC.  Li:s  Fi-iiillcs  dont  on  orne  les  Chapiteaux,  font  ordinairement  de  quatre 
forces,  fcavoir,  d'Acanthe  &  de  Perfil ,  qui  fontdécoupc'es,  de  Laurier  qui  font  refen- 
dues par  trois /è/ViV/fj-  à  chaque  bouquet ,  &  d'Olivier  par  cmq,  comiiie  Jes  doigts  de  la 
main.  P/.  19.  p.  71. &  194.  P/.  87.  &p.  196.  P/.  88. 

Feuilles  de  reïend,  celles  dont  les  bords  ,  font  découpez  &  refendus  y  comme  l'Acan- 
the &  le  Pcrfil.  par.  191.  PI.  86.  &c. 

Feuilles  d'eau,  celles  qui  font  fim  pies  &  onde'es  ,  qu'on  mêle  quelquefois  avec  celles  de 
refend,  ibidem. 

FeLïilles  tournantes,  cdks  c^ui  tournent  autour  d'un  membre  rond.  Pl.B.  p.  vij.  &  PI. 
90.  p.  301. 

FEÏiiLLES  d'angle,  celIcs qui fonc  aux  coins  des  Cadres,  &  aux  retours  des  Plafonds  de 
Larmier,  /i/ci.   &  P/.  36.  /».  89. 

FEÏiiLLES  galbe'es,  ceilcs  qui  ne  font  qu'ebauche'es  pour  être  refendues,  comme  celles  des 
Chapiceaux  Corinthiens,  &, Conipofues du  Colifée  ,  qui  n'ont  pas  été  achevées.  PI.  iS-. 
p.  67.  &cPL  34.  p.  83. 

FEUILLE  y  c'efl:  en  Menuiferie  ,  un  alTemblage  qui  fait  partie  d'une  Fermeture  de  Boutique, 
GU  des  Contrevents  d'une  grande  Croife'e.  On  dit  nn(h  une  Feuille  de  Parquet.  PL6^B.  p. 
189.  Foye::  PARQUET. 

FEUILLE  E.  Efpece  de  Berceau  en  manière  de  Salon,  fait  d'un  bâti  de  charpente,  couverr 
&  orné  par  compartimensdc  plufieurs  branches  d'arbres  garnies  de  leurs /c«/7/ei-,  comme 
il  s'en  eftfairpour  dcsFeilcs  à  Verfailles  &:  à  Chantilly,  p.  3  58.  Lat,  Umbraculum. 

FEUILLURE  i  c'eft  en  Maçonnerie,  l'entaille  en  angle  droit,  qui  eft  entre  le  tableau  & 
l'enibrafure  d'une  Porte  ,  ou  d'une  Croifse  ,  pour  y  loger  la  menuiferie.  Et  c'eft  en  Me- 
nuiferie ,  une  entaille  de  dcmi-epaidcur  fur  le  bord  d'un  dormant  &  d'un  guichet ,  laquelle 
fc  fait  de  plufieurs  fortes  ,  comme  en  chamfrain  ,  à  languette,  Sec.  pour  garantir  du  vent 

coulis,  p.  141.  &  144-  ^'^'- 5i-^^'^-'°°- ?-34i- 

FICHE.  Pièce  de  menus  ouvrages  de  fer,  dont  plufieurs  fervent  à  porter,  &à  faire  mou- 
voir les  ventaux  des  Portes,  Se  les  guichets  &:  volets  des  Croife'es.  Il  y  en  a  de  fimples-, 
d'autres  à  doubles  licuds,  à  vafes,  &:c.  P/.  65  C.  p.  117. 

FICHER  j  c'eft  faire  entrer  du  mortier  avec  une  latte  dans  les  Joints  de  lit  des  pierres ,  lofts 
qu'ils  font  calez,  &  remplir  les  Joints  montans  d'un  coulis  de  mortier  clair ,  après  avoir 
bouche  les  bords  des  uns  &  des  autres,  avecde  l'écoupe.  On  fehe  aufli  quelquefois  les 
pierres,  avec  moitié  de  mortier ,  &  moitié  déplâtre  clair.  On  appelle  f;f/?f«r  ,  l'Ouvrier 
quifcrc  à  couler  le  mortier  entre  les  pierres,  &  à  les  jointoyer  &  refaire  les  Joints,  pag. 
151.  &  144. 

FIER.  Epichcce  qu'on  donne  à  de  la  pierre,  &  à  du  marbre  fort  durs.  Ainfion  dit  que  le 
Liais  Feraut ,  eit  une  pierre  très  ferc,   àcaufcde  fa  grande  dureté. 

fIGUERIE,  fe  dit  d'un  Jardin  fcparé  &  clos  de  mur's ,  où  l'on  tient  des  P/^«/m  en  terre , 
ouencailfes,  pour  les  mettre  dans  une  Serre  qui  en  eft  proche  ,  pendant  l'Hiver ,  comme 
la /'^Ker/f  du  Potager  à  Verfailles.  p.  199. 

FIGURE  i  c'eft  en  Sculpture,  la  reprefentation  du  Corps  humain  ,  &  le  principal  ornement 
ce  l'Architecture.  Ou  nomme  plurôc  Figures ,  que  Statues  ^  celles  qui  fouc,  ou  ajfifes , 

O  1  comme 


lîo  rXPLICATION    DES  TERMES 

comme  celles  qcs  Papes,  Sec.  ou  à  genoux  ^  comme  celles  des  Tombeaux  ,  &:c,  ou  enfia 
coiichccs ,  comme  les  fleuves,  Rivieres,&:c.  />.  181.&  315.  Vbye:^  STATUE. 

TIGUREi  c'eftenGcomcciie,  une  fuperficie  enfermée  d'une  ou  de  plufieurs  lignes.  Elle  eft 
rcclilignc ,  quand  les  lignes  qui  renferment,  ioiii  droites:  curviligne  ,  quand  elles  font 
courbes:  &c  mixte  ^  quand  elles  font  en  partie  droites,  &  en  partie  courbes.  On  appelle 
Figure  régulière  ,  celle  dont  les  angles  &  les  cotez  font  égaux,  comme  les  divers  Polygo- 
nes :  &  mcgidiere ,  le  contraire.  PI.  f.  p.  j.  &  5  5  5. 

Figure  de  plan  5  c'efl  un  contour  circulaire,  ovale  ou  à  pans ,  dont  pluficurs  récipro- 
quement tracez ,  augmentent  la  variété  d'un  Plan.  Ce  mot  fc  prend  audî  en  Terme  de  Ju- 
rifprudcnce  ,  pour  un  Deffein  ;  c'elt  pourquoi  on  dit ,  que  les  Procez  fc  jugent  fur  les  fi- 
^/ira  desBâtimensdeirmezpar  les  Architedes ,  &  des  Héritages  levez  parlés  Arpenteurs, 
prt^g.  151. 

Figure  ou  esquisse;  c'eft  le  trait  qu'on  fait  delà  forme  d'un  Bâtim.ent ,  poureii  lever  les 
mefures.  Ainfi  faire  la  Figure  d'un  Plan  ,  ou  d'une  Elévation  ,  &  d'un  Profil  ;  c'eft  les  del- 
fineràveuë,  pour  cnluite  les  mettre  au  net. 

FIL;  c'eft  dans  la  Pierre  &  le  Marbre,  une  véne  qui  les  coupe.  Et  c'eft  dans  le  Bois,  le  fens 
duboisconfidcrépar  la  longueur  de  fa  tige;  c'eft  pourquoi  on  appelle  Bois  de  Fil  y  celui 
qui  eft  employé  plus  long  que  large,  pag.  ht,.  Se  m. 

Fil  de  pieux  ;  c'eft  un  rang  de  Pieux  équarris  &  plantez  au  bord  d'une  Rivière,  ou  d'un 
Etang ,  pour  retenir  les  Berges ,  &  conlèrver  les  Chauflées  &  Turcies  d'un  grand  Chemin. 
Ce  Fit  de  pieux-,  eft  ordinairement  couronné  d'un  chapeau  arrêté  à  tenons  &:  mortoifes, 
ou  attachéavec  des  chevilles  de  fer.  p.  350. 

.TILARDEUX.  Ce  mot  fe  dit  du  marbre  &  de  la  pierre  ,  qui  ont  des  jz/^,  qui  les  font  déliter. 
Amfi  le  Languedoc,  la  Sainte  Baume  ,  (Sec.  font  des  marbres /j/artifwx  :  &  la  Lambourde, 
le  Souchet ,  Sec.  des  fierrcs  flardeu/cs  y  àcaufedes^//  qui  s'y  rencontrent. 

FILET  Toute  petite  moulure  quarrée  ,  qui  accompagne  ou  couronne  une  plus  grande,  p.  ij. 
P/.  A.  &c.  ;>:)7f:ï  LISTEL. 

JiLET  DE  COUVERTURE.  Petit  foliu  de  plâtre  au  haut  d'un  Apentis,  pour  en  retenir  les  der- 
nières tuiles  ou  ardoifes ,  qui  eft  compté  pour  un  pied  courant  fur  fa  hauteur. 

Filet  d'or  ;  c'eft  en  Peinture  &  Dorure,  un  petit  reglet  fait  d'or  en  feiiille  fur  certaines 
moulures ,  ou  aux  bords  des  Panneaux  de  menuiferie  ,  quand  ils  font  peints  de  blanc ,  pour 
les  enrichir.  /'.ZZ9.&341. 

EILIERES.  Vénes  à  plomb,  qui  interrompent  les  Bancs  dans  les  Carrières  ,  &  par  où  l'eau 
diftiledela  terre,  pour  aider  à  former  la  Pierre,  p.  358. 

Filières  de  comble;  ce  font  les  Pannes,  qui  portent  les  chevrons  du  Paux- comble  d'une 
Manfarde.  P/.  (Î4A.  pj_^.  187. 

JILOTIERES  ;  ce  font  dans  les  compartimens  des  Vitres ,  les  bordures  d'un  Panneau  de  For- 
ip.e  de  Vitrail ,  ou  de  Chef-d'œuvre  de  Vitrerie,  p.  335. 

FLAMES.  Ornement  de  fculpturc  de  pierre  ou  de  fer,  qui  termine  les  Vafes  &  Candélabres, 
&  dont  on  décore  quelquefois  les  Colonnes  Funéraires  ,  où  il  fert  d'attribut ,  au (11  bien 
que  dans  les  Pompes  funèbres,  où  il  marque  1  immortalité,  comme  les  Larmes,  la  dou- 
leur. PA44  A.  p.  117.  Se  PL  64  B.  p.  189. 

FLANC  ;  c'clt  en  Architedure  Civile ,  le  plus  petit  côté  d'un  Pavillon  de  face  ou  d'encôgnu- 
rc,  par  lequel  il  eft  jointàun  Corps  de  logis.  Flanquer;  c'eft  donner  plus  ou  moins  de 
faillie  àun  Pavillon.  Ainfî  on  peut  dire  qu'un  Pilaltre  entier  ,  flanque  mieux  une  en- 
côgnure,  comme  on  l'a  pratique  au  Portail  du  Louvre,  qu'un  Pilaftre  plié,  comme  il  s'en 
voit  à  plufîeurs  Bitimens.  fag.  159. 

7'LASCHE.  On  appelle  ainfl  ce  qui  parok  de  l'endroit ,  où  étoit  l'écorce  d'une  pièce  de  bois, 
après  qu'elle  eft  équarrie  ,  &  qu'on  ne  peut  ôter  fans  beaucoup  de  déchet,  p.  izz. 

Flasche  de  FAvt';  c'cft  uu  eipace  de  Pavé  y  enfoncé  ou  brifé  fur  fa  Forme  le  long  des 
bords  du  Ruiflcaii ,  ou  dans  ki  Reyers.  p.  j  5 1 .  C'eft  ce  que  Yitruve  uommc  Lacuna. 

JlEAU. 


D'ARCHITECTURE,   &'c.  i,r 

FLEAU.  GrofTe  barre  de  fer  ,  qui  étant  mobile  par  le  moïen  d'un  baulon  au  milieu  ,  donne 
fur  les  deux  baccans  ou  vencaux  d'une  Porte  cochere  pour  la  fermer  feurement.  p.  ii6. 
Lat.   Vcâis  ver/atilis. 

FLECHE;  c'efl  une  Ligne  perpendiculaire  ,  élevée  fur  le  milieu  delà  corde  d'un  Arc,  ou 
portion  de  Cercle. 

Fle'che  de  clocher,-  c'eftle  Chapiteau  de  la  Tour,  ou  delà  Ca2;e  d'un  C/or/jc)' ,  qui  a 
peu  de  plan,  &  beaucoup  de  hauteur ,  &  qui  termine  en  ponite.  On  l'appelle  aufTi  Piru- 
viuic  y  quand  il  elt  quarré.  Les  f/rf/;c>fonr ,  ou  de  charpente,  comme  à  Li  Saune  Cha- 
pelle de  Paris ,  à  Sauite  Croix  d'Orléans ,  &c.  ou  de  pierre,  comme  à  Nôtre-Dame  de 
Chartres,  à  Saint  Denis  en  France  ,  &c.  />.  3 14.  Lat.  ObcH/cus  campananits. 

Flèches  de  pont  ;  ce  font  les  pièces  de  bois  aflemblécs  dans  la  Bafcule,  qui  tiennent  par 
les  deux  bouts  de  devant ,  les  ch.iînes  de  fer  ,  qui  enlèvent  le  Pont-kvis  d'un  vieux  Châ- 
teau. 

F.le'ches  d'ari'entecr  ;  ce  font  des  piquets  égaux  ,  dont  les  c^r pcnteur s  ÇtÇ^iv tnt-,  pour 
tenir  la  chaîne  aveclaquelle  ils  arpentent  les  terres.  Un  paquet  de  ces  f/erfcej  ,  fe  nomme 
Trouffc. 

FLEUR  ;  c'eft  fclon  Vitruve  ,  un  ornement  en  forme  de  Fleuron  ,  qui  fert  d'amorti/Tement 
à  un  Dôme  ,  à  la  place  duquel  on  a  fubftitué  une  boule  ,  un  vafe  ,  &c. 

Fleurs.  Ornemensen  Architedure,  c\ui  Conmxx  naturels -,  comme  les  F/e«ri  imitées  d'après 
nature,  ou  artificiels  ■,  comme  les  Grotefques&  Fleurons,  p.  vin. 

Fleur  de  chapiteau.  Ornement  de  fculptureen  forme  de  rofe  dans  le  milieu  des  faces 
du  Tailloir  du  Chapiteau  Corinthien ,  &  en  manière  de  fleuron  dans  le  Compofite.  Pi.  z8. 
f.67.  Pi.  5  5    p.  85.&C. 

Fleurs  de  jardin.  Principal  ornement  des  fardins  ,  qui  fert  à  garnir  les  Pièces  coupées  , 
&  les  Platebandes  des  Parterres,  &  aborder  les  Allées.  Les  Fleurs  des  Platebandes , 
font  difpofées  à  5.  ou  à  7.  rangs  efpacez  en  parties  égales  ,  celui  du  milieu  étant  de 
Fleurs  hautes  alignées  d'après  les  Arbiiltes  :  &  elles  font  mêlées  de  telle  forte,  qu'elles 
fuccedent  les  unes  aux  autres,  pendant  huit  mois  de  l'année.  On  appelle  Fleurs  Prmtanie- 
res  ,  ou  hdtives  y  celles  qui  jîeunjjent  dans  les  mois  de  Mars,  Avril,  &May,  comme  les 
Primevères  ,  Anémones  ,  Hyacinthes  ,  Tulipes ,  Narcilfes  ,  Jonquilles  ,  &c.  Fleurs 
d'Epc-,  celles  des  mois  de  Juin,  Juillet,  &:Aoult,  comme  les  Oeillets ,  Giroflées ,  Mar- 
guerites, Lis,  Campanelles,  Juliennes,  Pavots,  Soleils,  &c.  Et  Fleurs  d*  automne,  on 
tardives,  celles  des  mois  de  Septembre,  &  d'Octobre,  comme  les  Oculus  Chrilti ,  Ro- 
fes  &  Oeillets  d'Inde,  Amarantes,  Pallèvelours  ,  Soucis,  &c.  Entre  toutes  ces  Fleurs, 
on  appelle  vivacesy  celles  qui  fubfiftent  enterre  pendant  toute  l'année:  annuelles,  celles 
qui  fe  plantent,  ou  fement  tous  les  ans  félon  les  Saifons  :  Je//ffltfy  ,  celles  qui  craignent  la 
gelée  :  &  rohufies ,  celles  qui  refîltent  au  froid.  Les  Fleurs  ,  fe  mettent  dans  les  Jardins ,  ou 
en  pleine  terre ,  ou  en  pots  confèrvez  dans  une  Pépinière ,  pour  changer  la  décoration 
d'un  Parterre,  p.  191.  191.  &c. 

FLEURON.  Feiiille,  ou  Fleur  imaginaire,  qui  n'eft:  point  imitée  des  naturelles.  PL  35. 
p.  85.&  196.  P/.88. 

FOIRE  i  c'eft  un  Bâtiment  compofé  de  plufieurs  rues  bordées  de  Boutiques,  &  fermé  dans 
fon  enceinte ,  où  les  Marchands  Forains  s'affemblent ,  pour  débiter  leurs  marchandiiès 
en  certain  tems  de  l'année,  àcaufe  des  franchifes.  Il  y  en  a  de  couvertes ,  comme  celle 
de  Saint  Germain  des  Prez  ,  &  de  découvertes ,  comme  celle  de  Saint  Laurent  à  Pans. 
pag.  joS.  Lat.  Forum. 
,  FONDATION  i  c'ed  l'ouverture  fouillée  en  terre,  fom  fonder  un  Bâtiment,  laquelle  fe 
fait  de  toute  fon  étendue  ,  quand  on  y  doit  conftruire  des  Caves ,  ou  par  tranchées ,  quand 
il  n'y  a  que  des  Murs  à /onder.  /?.  154.  &c.  Lat.  Excavatio. 

FONDEMENT  ;  c'eft  la  maçonnerie  enfermée  dans  la  terre  jufques  au  rez-de- chauffée  , 
qui  doit  être  proportionnée  à  la  charge  du  Bâtiment,  c^u'elle  doit- porter.  Fonder;  c'efl 

ma- 


i,j  EXPLICATION   DES  TEPvMES 

maçonnerie?  Foudittùns  àii^s  IcsouvcrrurcsSc  les  tranche'es  ces  terres,  p.  i^].Scc. 
rONDERIE.  Grand  Angaravcc  une  folle  &  un  fourneau  au  milieu,  pour  fondre,  Scjctter 
des  Canons,  Figures, 'Sratucs&:  autres  ouvrages  de  bronze,  ^ûg.  309.  &  318.  Lar.  For^ 

naXiCraria. 

rONDIQpE,  On  appelle  ainfi  le  Mûgazin  d'une  Compagnie  de  Marchands  negocians  pre's 
d'un  l'orrdeMcr,  ou  dans  une  Ville  de  grand  commerce.  Et  auiïi  le  lieu,  où  ces  Mar- 
chands s'adbmblcnt  pour  traiter  de  leurs  affaires.  Ce  mot  vient  de  l'Iralicn  fbWjco ,  quia 
la  même  lignification,  p.  547. 

FONDIS.  Efpece  d'abîme  caufe'  paria  méchante  confiftence  du  terrain  ,  ou  par  quelque 
fource  d'eau  au  deffous  des  Fondemcns  d'un  Bâtiiucnt.  On  appelle  aufîî  Fondis ,  ou  Fontis , 
un  e'boulemcnt  de  terre  caufé  dans  une  Carrière ,  pour  n'y  avoir  pas  laillc  fuffifamment  des 
Piliers.  El  Fondis  à  jour  y  celui  qui  a  fait  un  trou,  par  où  l'en  peut  voir  le  fonds  delà 
Carrière,  p.  i,<)0. 

FONDS-,  c'en  le  terrain  qui  cfteftime  bon  pour /û?iJfr.  Le  bon  &  vif  Fonds,  elt  celui  dont 
iatcrrca'a  point  été  éventée,  &  qui  cil  de  bonne  confifteiicc.  On  appelle  auîîi  Fonds,  ur,c 
place defhinée  pour  bâtir,  f'.  135.  &:c. 

Fonds  d'ornemems  ,  ie  dit  du  champ  ,  fur  lequel  on  taille,  ou  on  peint  des  OrneiTiais, 
comme  Armes,  Chifres,  Bas-rebefs,  Trophées,  Sec.  pag.<)o.^ 

Fonds  de  compartiment  ;  c'eft  la  pierre  ou  le  marbre,  qui  étant  de  même  couleur, 
comme  blanc  ou  noir  pur,  en  reçoit  d'autres  de  difperentes  couleurs  par  incrurtarion  ,  & 
leur  fcrt  de  champ  dans  un  Compartiwent  de  Lambris  ou  de  Pavé,  p.^%2. 

Fonds  de  Jardin  j  c'eft  autant  le  terrain  d'un  '-jardm-,  deftiné  à  cultiver  &  à  décorer, 
queiabonncoumauvailéquahté.  Le  moindre  Fonds,  elt  celai  où  le  Tuf  cit  trop  prés  de 

lafuperficic, 
FoNDS-Di-cuvE.  Les  Ouvriers  appellent  ainfi  tout  ce  qui  n'elt  pas  creufe  quarrement ,  mais 
arouûi  dans  les  angles,  comme  font  les  Auges,  Pierres  à  laver.  Cuves  de  bains,  &c. 

FONTAINE,  fe  dit  de  toute  Source  d'eau  vive,  &  c'elt  par  raport  a  l'Art  de  Bâtir,  un 
Compofc  d'ArchitcdureSc  de  Sculpture,  qui  prend  fes  difFcrcns  noms,  de  fa  forme  eu 
detaliîuaticn  ,  oc  qui  fcrt  pour  la  décoration  &  l'utilité  des  Villes,  5c  pour  rembelliflc- 
men:  des  Jardins,  f.  509. 

FONTAINE  pur  rayer  t  à  fa  for  vie. 

Fontaine  en  source.  Efpece  de  Goufre  d'eau  ,  qui  fort  de  l'cuvcrturc  d'un  mur,  ou 
J'ur.e  pierre  avec  impetuôfité  fans  aucune  décoration  ,  comme  la  Fontaine  de  l'Eau  de  Tre- 
vidRome.  pag.  517. 

JoMTAiNE  COUVERTE.  Efpccc  dc  Pavillon  de  pierre  ifolé,  quârré  ,  rond  ,  à  pans  ou  d'autre 
£pure,  ou  adoflé  ,  en  renfoncement ,  ou  en  faillie:  qui  renferme  un  refervoir  pour  en 
dilhibuerreaupar  un  ou  pluficurs  robinets ,  dans  une  Rue,  un  Carrefour  ,  ou  une  Place 
publique  ,  comme  font  la  plufpartdes  Fontaines  de  Paris,  p.  80. 

loNTAiNE  DECOUVERTE,  fc  dit  de  toutc  fb/;fa/'(f  Jaillillantc  avec  Baffm,  Coupe  &:  autres 
ornemcns:  le  tout  k  découvert ,  comme  celles  de  nos  Jardins,  &  des  Vignes  &  Places  de 

Rome.  p.  'i^J' 
Fontaine  jaillissante,  s'entend  dc  toute  Fontaine,  dont  VezM  jaillit  Se  s'élance  par  un 
eu  pluficurs  Jets,  Se  retombe  par  gargouilles,  godrons,  napes ,  pluye ,  Sec.  pa^.  198. 

Fontaine  a  bassin.  Onappelle  ainfi  les  Fontaines  qui  n'ont  qu'un  fimple  BaJJin  de  quel-, 
que  figure  qu'il  foit,  au  milieu  duquel ,  ell  un  Jet ,  comme  à  l'Orangerie  de  Vcrfailles,  , 
ou  bieiuiue  Statue  ou  un  Groupe  dc  Figures,  comme  aux  Fontaines  des  quatre  Saifons  ao- 

même  lieu.  p.  517. 
Fontaine  a  coui>e,  celle  quioutrefori  Baflin  ,  aune  Cc.v;^e  d'une  feule  pièce  de  pierre  ou 
de  marbre ,  portée  fur  une  tige  ou  un  picdclhl  j  laquelle  reçoit  un  Jet  qui  s'élance  du 

roilicB 


D'ARCHITECTURE,  Sec.  115 

milieu  &  forme  une  napc  en  tombant,  comme  la  fo^iVw  de  la  Cour  du  Vatican  ,  dontU 
Coupr  de  granit ,  eft  anuque  Se  tirée  des  Thermes  de  Tiius  à  Rome,  ibki 
Fontaine  en  pyramide,  celle  qui  eft  faite  de  plufieurs  BalTins ou  Coupes  par c'tages en 
diminuant  ,    porte'cs   p:>r   une  tige  creufc  ,    comme    la    Fontaine  de  Monte-dragone  à 
Frefcati  ,   ou  quelquefois  foutcnuës  par  des  Figures  ,    Poillons  ,    ou  Conlbles  ,    donc 
l'eau  en  retombant ,  fait  des  Napes  par  étages  &  forme  une  Pyramide  d'eau ,  comme 
celle  qui  eft  à  la  cefte  des  Cafcades  de  Verfaillcs ,  faite  par  le  Sieur  Girardon  Sculpteur  du 
Roi.  tbul. 
Fontaine  statuaire,   celle  qui  eftant  découverte,  ifolc'e  ouadolTc'e,  cftorne'edeplu- 
fieurs  Statues  ^  ou  d'une  feule  qui  luy  fcrt  d'amortilfcment ,  comme  la  Fontaine  de  La- 
tone  à  Verfailles  ,  &  celle  du  Berger  à  Caprarole.    Il  y  a  de  ces  Statues  ,  qui  jettent 
de  l'eau  par  quelques-unes  de  leurs  parties  ,    ou  par  des  conques  mannes ,  vafes ,  ur- 
nes &  autres  attribus  aquatiques,  comme  les  Fontaines  d'Augsbourg  en  Alemagne.  P/. 
71. p. 157- 
Fontaine  rustique,  celle  qui  eft  compofc'e  de  rocailles,  coquillages,  pétrifications ,  &c. 
&  qui  a  des  Boflages  rujh^ue:: ,  ou  tailkz  de  glaçons ,  comme  il  s'en  voit  à  Fontaine-bleau. 
p.  309. 
Fontaine  satyrique.   Efpece  de  Fontaine  Ruftique  en  manière  de  Grote  ,  ornée  de  Ter- 
mes ,  Mafcarons,  Faunes,  Sylvains,  Baccantes  &  autres  Figures  5jf7r/ç«f/ ,  qui  fervent 
autant  à  la  de'coration  ,  qu'aux  Jets  d'eau.   Ces  fortes  de -Fo^jt^wi- ,  font  ordinairement 
placées  au  bout  des  Allées ,  &  dans  les  lieux  les  plus  reculez  d'un  Jardin  prc's  des  ruines  Se 
des  plantes  fauvages ,  comme  celle  delà  Grote  de  Caprarole.  p.  2-57. 
Fontaine  marine,    celle  qui  eft  compofc'e  de  Figures  aquatiques,  comme  Divinitez, 
Nayades ,  Tritons,  Fleuves,  Dauphins,  &  divet'^  poillons  &  coquillages,  aiiifi  que  la 
Fontaine  de  la  Place  Paleftrine  à  Rome ,  où  une  coquille  foutenuë  de  quatre  Dauphins ,  fert 
de  Coupe  &  porte  un  Tricon  qui  e'iance  un  Jet  d'eau  aveciuie  conque  mun^ic  :  elle  eft  du 
dcffein  du  Cavaliet  Berniii.  ibid. 
Fontaine  navale,   celle  qui  eft  forme'e  en  Baftiment  de  Mer ,  comme  en  B.irque.,  ainfî 
qu'à  la  Place  d'Efpagne  :  eï\  Galère,  à  Montecavallo:  en  Navicelle,  devant  la  Vigne  Mar- 
thei  à  Rome ,  &  au  Jardin  de  Belveder  à  Frefcati ,  Sec.  ibidem. 
Fontaine  symjboliq.ue  ,   celle  dont  les  attribus,  les  Armes  ou  pièces  de  Blafon  ,  font  le 
principal  ornement  &  defîgnent  celui  qui  l'a  fait  baftir  ,  comme  la  Fo.itainc  de  S.  Pierre  ia 
Montorio  ,  laquelle  reffemble  à  un  Château  flanque'  de  Tours ,  &  donjoné  ,  qui  reprefcn- 
te  les  Armes  de  Caftille:  &:  autres  Foyitames  z\<.ome  -,  entre  lefquelles  on  voit  à  la  Vigne 
Pamphile,  celles  de  la  Fleur  de  Lis  &  de  la  Colombe  ,  qui  font  les  pièces  de  Blafon  de  la 
Maifon  du  Pape  Innocent  X.  ibid. 
Fontaine  en  niche  ,    celle  qui  eft  dans  un  renfoncement  circulaire  par  fon  plan  ,  &  dont 
l'eau  tombe  par  napes  en  plufieurs  Coupes  dans  uiiBalfin  extérieur  ,  comme  à  la  Vigne 
Aldobraiidinc  à  Frefcati  :  ou  n'a  qu'un  Jet  qui  s'élance ,  comme  celle  de  marbre  du  petic 
Jardin  du  RoiàTrianon.  tbid. 
Fontaine  en  arcade,  celledont  leBaflîn&lcJct,  font  à  plomb  fous  une  c^i'c^if/e  à  jour, 
comme  les  Fontaines  de  la  Colonnade  &  de  l' Arc-de-triomphe  d'eau  à  Verfailles,  &dela 
Vigne  Pampliilc  à  Rome,  ibid^ 
Fontaine  en  grote,  celle  qui  eft  en  renfoncement  en  manière  d'antre  dans  l'imitation  de 
la  nature  ,  comme  la  Fontaine  du  Rocher  dans  le  Jardin  de  Belveder  au  Vatican  ,  &  celle  du 
Mafcaron  dans  la  Vigne  Borghéfe  à  Rome.  ibid. 
Fontaine  en  bufet^   Efpccc  de  Credence  renfermée  dans  une  baluflradequarrée  ou  circu- 
laire, où  plulîeurs  Jets  de  figures  d'animaux  &  de  vafes,  fe  rendent  dans  uiic  Cuvette  ou 
Baflin  élevé.    Ces  hontaina  (ont  ordinairement  placées  au  pan  coupé  du  concours  de  deux 
Allées ,  comme  il  s'en  voit  a  l'entrée  de  la  Vigue  Moatalce^iRome  ,  &  aux  cotez  de  l'Arc- 
de-triomphe  d'eau  à  Verfailles.  ^.  311.* 

Tome  IL  P  FoN- 


114  EXPLICATION   DES  TERMES 

PoSTAiN'B  EN  PoRTiQ,uE.    E/pecc  dc  Châtcau  d'cau  en  manière  d'Arc-de-triomphç à  tfoic 
^rcades     comme  1^^«.  /./.,.  de  Termnu,  où  eft  la  Statue  de  Moyfe  :  ouàanqArS 
des  adoflees  contre  un  Refervo.r  ou  Recepracle  d'Aqueduc,  comme  l^aua  P.n.L  fuHc 

îlnn 'î'^î  7^'""   ^""'  ^  ^'""^'^  ^'  ^"  ^°''''"'^>  rontd-OrdrcLuqueav  cd  s 
Attiques  &  Inlcnptions.  p.  3 1 7.  •' 

^""Trr^T.^  ^u  7^^-^"^"^'='  ^f,^  dont  le  plan  eft  circulaire  avec  une,  trois  ou  plufieurs 
Arcades,  Renfoncemens  ou  Niches  en  manière  d'ui^  petite  D.^.Wd  eau  ,  comme  a 
ZT.iT  ''''^''''''■^'  ^PP^"^^  ^r-aacetof:,  du  dcllcm  du  Cavalier  Bermn  prS  de 

FONTAINE  />.ir  raport  à  fa  fitudtiov. 

foNTAiNE  ISOLE'.,  ccllc  qm  cltaut  au  miIicu  d-unefpace,  n'efbattachée  à  aucun  des  Bât.. 
mens  qui  1  environnent ,  comme  les  Fontaines  de  la  Place  Navone  à  Rome    lUd 

ioNTAiME  ADOSSEE     s'eutend  de  toute  /  o./a;«. ,  qui  eft  attachée  à  quelque  mur'de  clôture, 
defaceoudetenane,  ou  a  quelque  Perron  en  avint- corps,  ou  arriere-corps  ,  autantpou 
:^.:^Z'^Zt'''l'j  ^-  ^°-  augmenter  L  décoration,  co£me  U  s'enUc 


ter  m 

à  plulieurs' Vignes  a  Rome,  ibid 


un  ^.^r  ^^^^^°^^^^^^^^'  cel  equieft  reculée  au-delà  du  parement  d'un  mur  dans 
"L^  i^^rr.  "^"'''^  °"  cintre  de  certaine  profondeur,  &  qui  répand  fon  eau  par- une 
gargouille,  une  nape  ,  ou  une  Cafcade ,  comme  la  Fontaine  du  bouf  du  Pont  Sixte,  qui- 
termine  agréablement  la  5rr.J^  7./,.,  l'une  des  plus  belles  rues  de  Rome    ,bid  ^ 

7wr  ^^^'^'^^^"'^^'/^ll^iu' ^crtde  reveftementau  pan  coupé  du  Co.n  de  Plfled'ua- 

FfSjT  I T v'i  ^^r™'a'^'"  u "  ^'"^^"^^'^  ^''  Q"^^^^  Fontaines  i  Rome.  ,6../. 

rZur  l'  'f  ""  homme  qui  a  connoillance  de  l'Hydraulique,  qui  eft" pratique 
tuvauv  T       %^''-^^^^  ?^}^'  J"  >ux  des  Fontaines.  &  qui  veille àl'entretien  de  le^rs 

r  AT^^  Sf  "T  ^'  '^''""^  ^"'^'  ^  '^^^  q^'  travaillent  fous  lui?  Lat.  ^quilex 

PONTS   BAPTISMAUX.    On  appd'e  amfi   une  Cuve  de^eVr    ou  de  marbre 
devce   fur   un  pied  au  bas  de  la  Ne/ d'une  Eglife  ,   ou  l'on  blptife  les  En  fans     On 
entend   aulli   par   Fonts  Bapti/niau.  ,    la  Chapefe  qui  les  renfermV,    con.me  celle  d" 
L,^t:-t.'  '""  '   P"""  P"  ^'  ^^'S-tS  prenîier  Peintre  du  Roy.  p.  3.5     Lat 

FORCÉ,  ou  JAMBE  DE  FORCE.  MaîtrefTe  pièce  d'une  Ferme  pour  porter  l'Entrait  & 
les  Pannes  On  appelle  iVm.  Forces,  celles  iu  Faux-comble  du^e  Ma^nlard^  pT'^f 
p- 167-occ.  Lat.  Cj«/rr// félon  Vitruve. 

^^r^I^^  '  ^^  T^  V  ^^'^'^  ordinairement  d'un  Bois  de  grande  étendue  ,  fe  prend  en  Arclii- 
Com'bleT"^  ^ffr"  ^^g^^"tS-""^edepiecesdefoisde  charpente,  q^uïïompofe.  iV 
Se  eIi  !S  ^f  ,  7  t  ^"f  ^r  '"^"  S-nd  Bâtiment.  La  plufpart  de  c\s  Forejl  fur  les 
vieilles  iiglifes,  loiu  de  bois  de  châtaignier,  p.  158. 

rement orfdC  ^^.^'^"'^.^/^/.'^^^i^^'^c moulins,  fourneaux,  angarj,  &c.  fitué  ordmai- 
^ment  pre  d  une  Foreft  &  d  une  Rivière ,  où  l'on  fond  &  fabrique  le  Fer.  On  appelle  aufli 
oï^ik  WS  Sf"''""'  ""  ^-^Heurs ,  autant  l'atre  élevé  pour  terni  le  feu ,  que  le  lieu  mcxnc. 

TOR  M  p  \r  '  S"  ^'l"!"'""  "'"^  rc/.r/r«f  ,  lorfqu'il  fc Jette  en  dehors. 
±URME.  ElpecedeLibagedur,  qui  provient  des  Ciels  de  Carrière,  p.  loé. 

Xru'I^  '17  P  ^'^^  !'"^'-d^^'  Jf  ^'t\'  ^''^''^^^'  ^?^'(^'^'  >  ^"r  laquelle  on  afTeoit  kpavé 
lit   Statùmcl    ^°'"''^^P''"^'  d^ChaulTécs,  Grands  Chemins ,  &c.  Pl.ioz.pa^.i^^, 

^"ne'^nvdt  J'^'^'r  '/''"  ''  "'''"''',''  ^'^"  """^  ^'''^'^  ^'^^^^'^^  '  ^mpofée  de  plufieurs  pan- 
TpTeire  drFrirT?-^""'^'''^'^^'  ^^'''"  ^"  P'^^^^  ^^"^  les  Croifillons  ou  Meneaux 
ferdcs  î^j  Egl^t"  Gothiques  ou  retenus  avec  des  miles  &  clavettes  dans  les  chaJTis  de 
ter  aes  Vitraux  des  nouvelles  Eglifes.  p.  3  3  5. 

Forme  x>i  marine.;  c'eft  dans  uii  Arccnal  de  .Uirw,  un  erpacecreufc&  revêt»  de  pierre.. 

où. 


D'ARCHITECTURE,  &.C  115 

où  Ton  confirait  les  Vailfeaux  ,  &  où  l'eau  entre  par  une  Eclufe ,  lorfqu'on  les  veut  met- 
tre à  flot,  ou  les  radouber,  f.  557.    Lat.  Officina  navalis. 

Formes  d'église.  On  appelle  ainfi  les  Chaifes  du  Chœur  d'une  EMife.  II  y  a  Ieshautes& 
Jes  baffes;  les  hautes  font  ordinairement  adoflees  contre  un  richelambris  couronne  d'un 
peut  Dôme  ,  ou  Dais  contnni  ,  comme  celles  des  Grands  Auguftms  ,  qui  ont  c(l:é  faites 
pour  les  cérémonies  de  l'Ordre  du  S.  Efprit.  Ces  hautes  &  balles  Formes,  qui  portent  fur 
des  Marchepieds ,  font  feparees  par  des  Mu  féaux  ou  Acoudoirs  affcmblez  avec  les  Doffiers  • 
amfi  chaque  place  avec  fa  fellette  foutenuë  d'un  cû-de-lampe  ,  eft  renfermée  de  fon  encein- 
te appelle'e  Parclofe.  Il  s'en  voit  qui  n'ont  autre  Dolller  ,  que  celuy  de  leur  Pardofe ,  com- 
me celles  de  S.  Euftache  &  de  quelques  autres  Paroilfes  de  Pans  ,  ou  la  clôture  du  Chœur  ' 
eft  à  jour.  Les  baffes  fomcj- ,  ne  devroient  pas  eftre  vis-à-vis  les  hautes,  comme  on  îc 
pratique  ;  mais  au  contraire  le  DofTier  d'une  baffe  devroit  répondre  au  Mufean  de  la  Purelcre 
d'une  haute,  afin  que  le  vuide  foit  vis  à-vis  de  ceux  à  qui  on  annonce  quelque  Antienne, 
ou  qu'on  encenle  ;  ainfi  qu'elles  font  en  partie  à  Nôtre-Dame  de  Paris.  Les  Formes  de  l'Ab* 
baye  de  Pontigny  prés  d' Auxerrc  ,  font  des  plus  belles ,  &  celles  des  PP.  Chartreux  de  Pa- 
ris,  des  plus  propres  &  des  mieux  travaillées,  p.  341. 

f  ORMERETS  ;  ce  font  les  Arcs  ou  Nervures  des  Voûtes  Gothiques  ,  qui  forment  les  Arca- 
des ou  Lunettes  par  deux  portions  de  cercle  ,   qui  fe  coupent  à  un  point    Pi   66  A 

fORT  On  dit  que  du  Bois  eft  fur  fon  for/,  lors  qu'une  pièce  étant  cambrée,  on  met  le 
cambredcflouspour  refîfter  àlacharge.  ^,189.   Voye:^  Poser  de  champ. 

■ÎOSSE  fe  dit  de  toute  profondeur  en  terre  ,  qui  fert  à  divers  ufages  dans  les  Bâtimens,  com- 
me de  Citerne,  de  Cloaque,  &c.  dans  une  Fonderie,  pour  jetter  en  cire  perdue  ,  des  Fi- 
gures ,  des  Canons ,  &.c.  &  dans  un  Jardin  ,  pour  planter  des  Arbres. 

Fosse  D'A  iSANCE.  Lieu  voûté  au  dcfîbus  de  l'aire  des  Caves  d'une  Maifon  ,  le  plus  fouvent 
pavédegrais,  aveccontremur  ,  s'il  eft  trop  prés  d'un  Puits  ,  de  crainte  que  les  matières 
le  corrompent.  f>.  174.  PI.  60.  Lat.  Forica. 

Fosse  a  chaux.  Creux  foiiillé  quarrément  en  terre,  où  l'on  conferve  la C/?i:;<x  éteinte 
pour  en  faire  du  mortier  à  mefure  qu'on  élevé  un  Bâtiment.  ' 

FOSSE'.  Efpace  crcufé  quarrément  de  certaine  profondeur  &  largeur  à  l'entour  d'un  Château, 
autant  pour  le  rendre  feur  ,  &  en  empêcher  l'approche  ,  que  pour  en  éclairer  l'Etage  fou- 
terrain,  p.  157.  ^^ 

Fosse'  a  fonds-de-cuve,  celui  dont  les  coins,  ou  angles  de  l'enfonçûre,  fontarondis 

Fosse'  revestu,  celui  dont  l'Efcarpe  &  la  Contrefcarpe,  font  mèf«x  d'un  Mur  de  maçon, 
nerie  en  talut ,  comme  au  Château  de  Mai fons.  P/.  73.^.159. 

^°!^f'  "rS',  î^^'"'  "1"'  ^^  ^^'"  ^^"  '  ^^'^'^  ""^  planche  de  gazon ,  qui  règne  au  milieu  de  dcuK 
Allées  fablees ,  comme  au  Château  de  S.  Germain  en  Lave.  ibid. 

FOUDRE.  Ornement  de  fculpture  en  manière  de  flame  tortillée  avec  des  dards ,  qui  fervoit 
anciennement  d'attribut  aux  Temples  de  Jupiter ,  comme  il  s'en  voit  encore  au  Plafond  de 
la  Cormche  Dorique  de  Vignole  ,  &  aux  Chapiteaux  du  Portique  de  Septime  Severe  à  Ro- 
me.  P/.  13.&14.JP.55.&96.P/.38.  ^ 

FOUETTER;  c'eft  jetter  du  plâtre  clair  avec  un  balay  ,  contre  le  Lattis  d'un  Lambris,  ou 
à  un  Plafond  pour  l'enduire.  C'eft  auffi  jetter  du  mortier  ou  du  plâtre  par  afperfion ,  pour 
faire  les  Panneaux  de  crépi  d'un  Mur  qu'on  ravale,  p.  34^. 

FOUILLE  DE  TERRE ,  fe  dit  de  toute  oiivcrture/û«///ff  en  terre ,  foit  pour  une  fondation, 
ou  pour  le  ht  d'im  Canal ,  d'une  Pièce  d'c.iu ,  &c.  On  entend  par  Fouille  couverte,  le  perce- 
ment qu  on  fait  dans  un  Mafîlf  de  terre  ,  pour  le  pafîâge  d'un  Aqueduc  ,  ou  d'une 
Pierree.  p.  175 .  >■       ^  1  » 

FOUILLER  ;  c'eft  en  Sculpture  évider  &  tailler  profondement  les  oruemcns  &  draperies , 
pourieur  donner  un  grand  relief,  p.  IX.  ' 

P  *  FOUR. 


116  EXPLICATION  DES  TERMES 

POUR  ;  c'tft  dans  un  Fournil  ou  une  Cuifîne ,  un  lieu  circulaire  à  hauteur  d'apui ,  voûte'  de 
bricjuc  ou  de  tuileau  ,  &  pave  de  grand  carreau  ,  avec  une  ouverture  ou  bouclie  ,  pour  y 
cuire  le  pain  ou  la  patiiïerie.  On  appelle  Four  bxml ,  un  Four  feigiicurial  6c  public  ,  où  des 
VafTaux  font  obligez  de  faire  cuire  leur  pain.  p.  174.  Pi.  60. 

rOURCHE.    Vbyc::  PENDENTIF. 

fOURCHETTE;  c'efl:  lendroit ,  où  les  deux  petites  Noues  de  la  Couverture  d'une  Lucar- 
ne ,  fe  joignent  à  celle  d'un  Comble. 

lOURIERÉi  c'cfldansfArricrc-courou  BafTe-cour  d'un  Palais  ou  grand  Hôtel ,  un  Bâti- 
incnt,  ou  l'on  met  par  bas  ou  dans  des  Bûchers ,  le  bois,  le  charbon,  &c.  «Scaudellus 
font  logez  les  Officiers,  qui  ont  foin  de  dilhibucr  ces  provifions.  p.  3  5 1 . 

FOURNEAU.  Lieu  en  manière  de  Four ,  toujours  c'chaufc  par  le  feu  ,  qui  fert  pour  fondre 
divers  métaux  dans  une  Forge  ,  &  les  verres  &  les  glaces  dans  une  Verrerie. 

FOURNIL  ;  c'eit  dans  une  grande  Maifon,  le  lieu  prés  delaCuiline,  où  font  les  Fours  y 
pour  cuire  le  pain  ,  la  panlîerie  ,  &:c.  p.  3  5 1 . 

FOYER  ;  c'elt  la  partie  de  l'Atre  ,  qui  eftaudevant  des  Jambages  d'une  Chemine'e  ,&  qu'on 
pave  ordinairement  de  grand  carreau  quarrc'  de  terre  cuite,  p.  161.  Lat.  Focus. 

Foyer  de  marbre  ;  c'eIt  le  plus  fouvent  un  compartiment  de  divers  Marbres  de  cou- 
leur ,  maltkiucz  fur  une  dale  de  pierre  dure  ,  ou  incruftez  for  un  fonds  de  Marbre 
d'une  couleur  ,  comme  blanc  ou  noir  pur,  qu'on  met  audevant  des  Jambages  d'une 
Cheminée.   Il  s'en  fait  aulH  de  Marbres  feints  ,  &  de  Carreaux  de  Fayence.  PL  105. 

M-  5  5  5-        \  ,. 

FRAGMENT.  Ce  mot  fe  dit  de  quelque  partie  d'Architeâiure  ou  de  Sculpture,  trouvée 
parmi  des  Ruines,  comme  d'une  Bafe,  d'un  Chapiteau,  d'une  Corniche,  d'mi  Torfe 
ou  membre  de  Figure,  d'un  Bas-relief  antique  ,  &c,  amfi  qu'il  s'en  voit  de  poftiches  aux 
Bâtimens  des  Italiens  &  dans  les  Cabinets  des  Antiquaires,  p.  31.  &  517. 

FRESQUE,  de  l'Italien  Frefco  ,  frais,  ou  nouveau  ;  c'ell  une  Peinture  à  l'eau ,  fur  un  En- 
duit nouvellement  fait  d'un  mortier  de  chaux  &  de  fable.  On  fe  fert  pour  peindre  à  Fre/que^ 
de  terres  qui  confervcnr  leurs  couleurs  naturelles  ,  comme  l'ocre,  la  terre  verte  ,  la  terre 
d'ombre  ,  &c.  p.  200.  &  541^. 

FRETTE.  Cercle  de  fer  ,  dont  on  arme  la  couronne  d'un  pieu  ou  d'un  pilotis  >  pour  l'empê- 
cher de  s'éclater.    On  dit  Fréter,  pour  mettre  une  Frette. 

FRISE.  Grande  face  plate  ,  qui  fepare  l'Architrave  d'avec  la  Corniche.  Ce  mot  vient  du  La- 
tin ,  Phrygio  un  Brodeur,  parce  que  les  Fnjes,  font  fouvent  ornées  de  fculpture  en  bas- 
relief  de  peu  de  faillie  ,  qui  imite  la  Broderie.  On  nomme  auffi  Zophore  ,  une  FriJ'e ,  du 
Grec  Zoophoros ,  Porte-animal ,  parce  qu'on  y  reprefente  quelquefois  des  animaux,  p.  ix. 

&P/.  ic^.  p.47.  &c. 

Frise  lisse  ,  celle  qui  eft  unie  &  fansornemens  :  Et  Fnje  ornée  ,  celle  qui  a  de  la  fculpture 
continue ,  ou  par  bouquets ,  qui  répondent  aux  Colonnes  &  Pilallres  ,  ou  au  milieu  des 
Entre-colonnes.  PL  6.  p.  17. 

ÎRisE  BOMBEE,  Celle  dout  le  contour  efl:  courbe  ,  Se  dont  la  belle  proportion,  fe  tra- 
ce fur  la  bafe  d'un  triangle  cquilateral.  Il  y  en  a  ,  dont  le  bombement  ell  en  haut, 
«somme  à  une  Confolc  ,  ou  en  bas  ,  comme  à  un  Baluftre  ;  mais  cette  licence  ne  fe 
doit  pratiquer,  que  pour  les  dedans ,  où  il  y  a  de  la  fculpture.  PL  C.  p.  xii.  &  318. 
PL  98.  La  Frife  bombée,  eft  appcllée  dans  Vitruve  ,  Zophorus  pubinatus ,  parce  qu'elle 
rcfTemble  à  un  Oreiller. 

Frise  rustique,  celle  dont  le  parement ,  efl:  en  manière  de  bolfage  brut ,  comme  la  Frife 
de  l'Ordre  Tolcan  de  Palladio. 

Irise  fleuronne'e,  celle  qui  efl:  enrichie  de  rinceaux  de  feuillages  imaginaires ,  com- 
me la  Frïfe  Corinthienne  du  Frontifpice  de  Néron  à  Rome  :  ou  de  kiiilles  naturel- 
ks  par  bouquets  ,  ou  continues  ,  comme  i'Iomquc  de  Ià  Galerie  d'Apollon  au  Lou- 
tre. P/,  ic.p.  S?. 

Frî^s 


D'ARCHITECTURE,  &:c.  117 

Frise  marine,  celle  où  font  rcprcfcntez  des  chevaux  Se  monftrcswarm,  Tritons  &  autres 
attribus  de  la  Mer  ,  comme  il  s'en  voit  une  fort  belle  au  Tofcan  de  la  grande  Gale- 
rie du  Louvre  du  côté  de  la  Rivière.  On  appelle  aulli  Frife  marine,  celle  qui  cft  cou- 
verte de  enlaçons  ou  de  coquillages.  Ces  fortes  de  Frifcs ,  conviennent  aux  Bains ,  Gro- 
tcs  &  Fontaines,  p.  3  j}.  ^  ■  r   '     ■ 

Frise  historie'e  ou  historique,  celle  qui  efl  orne'e  d'un  Bas  relief  continu ,  qui  rc- 
prefentc  des  Hifloires  8c  Sacrifices,  comme  les  fn/è-i  de  l'Arc  de  Titus ,  &  de  la  Place  de 
NervaàRlome.  Oh  appelle  au iTi  Frifc  hiflorice ,  celle  qui  porte  une  Infcription  ,  comme  la 
Fri/e du  Panthéon  à  Rome.  p.  ix.  84.  &  ^i  ;  5 . 

Frise  svMBOLiauE,  celle  qui  elt  ornée  d'attribus  du  Paganifme  ,  comme  la  Corinthienne 
d'unTemple derrière  le  Capitole  à  Rome,  &:  la  Donquè  de  l'Hôtel  de  La-VrilUete  i Pa- 
ris ;  dans  Iclqueltes  font  rcprefentez  des  infbrumens  de  facrificc:  ou  qui  cil:  enrichie 
d'attribus  du  Chriftianifme ,  comme  les  Frifcs  Doriques  des  Eglifcs  du  Noviciat  des  PP. 
Jcftiires  &  de  S.  Roch  ,  &:  du  Portail  de  l'Eglife  de  S.  Loiiis  des  InvaUdesàParis.  On  ap- 
pelle aufii  Frife  fymbolique,  celle  qui  a  des  attnbus  de  nation  >  de  dignité,  de  lieu,  de 
blazon ,  &c.   p.  553.  i         1  •  1 

ÏRist  ou  GORGE  DE  TLACARP  ,  ccllc  qui  cft  cntrc  le  chambranle  &  la  corniche  au- 
dcifus  d'une  Forte  de  Placard,  p.  izi.&cP/.  99.  p.  3  5  9-  Vuruvc nomme  cette  fV//f,  Hy- 
fcrtyron. 

Frise  de  lambris;  c'eft  un  panneau  beaucoup  plus  long  que  large  dans  rairemblage  d  un 
Lambris  d'apui  ou  de  revêtement.  P/.  99.  p.  5  39. 

Frise  de  parquet,  s'entend  autant  des  bandes,  qui  feparent  les  Feiiilles  de  Parquet  Se 
s'alfemblent  à  languette,  que  de  celles  dupourtour  d'un  Plancher,  qui  en  rachettent  les 
biais,  s'il  y  en  a.   p.  185. 

Irise  de  terj  c'eft  en  Serrurerie  un  panneau  en  longueur  rempli  d'un  ornement  répète  & 
continu  ,  qu'on  met  à  hauteur  d'apui ,  ou  au  bas  &  au  haut  des  Portes  dt  clôture  ,  aux  Tra- 
vées de  barreaux  àtfer,  aux  Rampes  d'Efcaliers  ,  &c.  Il  s'en  fait  de  differens  ornemens, 
comme  de  rinceaux  ,  d  entrelas  ,  de  portes  ,  d  anfes  de  panier  ,  de  confoles  adofîées  , 
de  rofcs,  degrotefquesT&c.  P/.  44  A.  p.  117. 

Frise  de  parterre,  Efpcce  de  Platebande  ornée  de  feiiillages  de  buis ,  ou  de  gazon  dans 
un  Parterre,  PL  6^  A.  p.  191.  &  191. 

FRONTISPICE.    Voye::  PORTAIL. 

FRONTON  ,  du  Latin  Frons ,  le  front  ;  c'eft  une  efpece  de  Pignon  bas ,  qui  couronne  les 
ordonnances,  termine  les  Façades  ,  &  ferr  d'ornement  fur  les  Portes ,  Feneftrcs,  Niches,. 
Autels ,  Sec.  La  plus  belle  proportion  de  fon  exhauflemenr ,  eft  d'avoir  prés  du  cinquième 
de  la  longueur  de  fa  bafe,  comme  le  démontre  la  figure  de  la  Pi.  éy. p. 147.  dont  l'opéra- 
tion fe  fait  ainfi.  Dnifc^  hi  %«e  a  b  ,  qui  efl  la  longueur  de  la  Bafe  ,  en  deux  parties  égales  an 
fointCj  parle  molcn  Je  la  perpendiculaire  indéfinie  f  d.  prenez  dans  cette  perpendiculaire  la  par- 
tie cd  égale  àz  c.  du  point  d,  comme  centre,  décrives:  L'arc  zeh.  la  perpendiculaire  cou- 
fée  cni  point  c  ,  fera  le  fommet  du  Fronton  a  c  b.  Le  Fronton  ,  eft  appelle  dans  Vicruvc 
Fafligium. 

Fronton  surmonte',  celui  qui  eftanraudelTus  de  la  bonne  proponion ,  tient  du  Pignon  , 
comme  au  Temple  à  la  Tofcane  de  Vitruve  :  Et  Fronton  furbaiffé ,  celui  qui  cft  plus  bas  que 
cette  proportion  ,"  comme  au  Temple  Araroftyle  du  même  Auteur. 

Fronton  triangulaire,  celui  qui  eft  formé  d'un  ^r/an^/fifocelle,  dont  l'angle  oppoié  a- 
l'hypothenufe  ou  bafe  ,  eft  obtus.    OwltnommtZMiVi  Fronton  pointu  ou  quarre.  ibid. 

Fronton  spherique,  celui  qui  eft  fait  d'un  arc  de  cercle.  Il  eft  aulli  appelle  frwuoH  f;«/r<; 

ou ro«(f.  p.  154.  P/.  53.  r    n.^    ^' 

Fronton  circulaire,  celui  qui  diffère  du  fro>ire«  cintré ,  en  ce  que  fa  bafe  eft  le  diamè- 
tre du  demi-cercle  qui  le  forme  ,  comme  au  Portait  de  l'HOtel  Roial  des  Invalides  à 
Paris,  p.  95. 

P   y.  5R9N- 


liS  EXPLICATION  DES   TERMES 

Fronton  a  tans  ,  celui  dont  la  Corniche  de  dcdus  ,  a  trois  parties,  comme  il  s'en 
voit  un  au  Portai!  de  l'Eglife  des  Religieufcs  du  Calvaire  près  Luxembourg  à  Piri<: 
p.  178.  P/.  79,  S*iau5. 

Fronton  brise',  celui  dont  les  Corniches  font  coupe'es,  comme  à  la  Porte  du  Couvent 
des  Grands  Auguftins  à  Pans  :  ou  retournées  par  redents  &  reilauts ,  comme  au  Portail  de 
S.  Charles  du  Cours  à  Rome.  p.  x-j6.PL  78. 

Fronton  i-ar  enroulemens,  celui  qui  eft  formé  de  deux  enroulcmens  en  manière  de 
Confoîes  qui  fe  joignent  ;  ou  qui  citant  brifé  ,  a  fes  Corniches  rampantes  contournées 
en  enroulement:  ou  enfin  qui  eftant  circulaire  ,  termine  en  bas  par  deux  enroulemens,  com- 
me a  l'Oeil-de-bcuf  rondde  h  P Uinche 4^^ .  p.  i}}- 

Fronton  s^n's  retour,  celui  dont  la  Corniche  de  niveau  ,  n'eft  point  profilée  au  bas  des 
Corniches  rampantes  ,  comme  à  la  Fontaine  des  Saints  Innocents  à  Paris. 

Fronton  sans  base,  celui  dont  la  Corniche  de  niveau  ,  eft  coupée  &  retournée  fur  deux 
Colonnes  ou  Pilafhes  pour  l'exhaulfement  d'un  Arc  à  la  place  de  l'Entablement,  comme 
il  a  efté  heurcufcment  pratiqué  aux  Aîles  de  la  Nef  de  l'Eglife  de  S.  Pierre  à  Rome.  On 
appelle  aufîi  Frcruon  fans  bujc ,  toute  petite  Corniche  cintrée,  qui  forme audeflljs  d'une 
Porte,  d'une  Croifée  ou  d'une  Table,  un  petit /roM^o!  rond  ,  pointu,  ou  d'autre  figure, 
portépardesConfoles.  P/.  49./;.  155.  &P/,  51.  p.  147. 

Fronton  double.  On  appelle  ainfi  un  fronton  qui  en  couvre  un  plus  petit  dans  fon  tympan, 
à  caufe  de  quelque  avantcorps  au  miheu  ,  comme  au  Portail  de  l'Eglife  du  Grand  Jefus  à 
Rome.  Cette  répétition  eft  un  abus  en  Architedure  ,  quoi  qu'elle  fe  trouve  à  des  ouvrants 
de  confidcration ,  comme  au  Gros  Pavillon  du  Louvre ,  où  les  Caryatides  portent  trois 
Frontons  l'un  dans  l'autre. 

Fronton  a  jour,  celui  dont  le  tympan  eftévidé  pour  donner  de  la  lumière,  comme  il  s'en 
voitfous  le  Portique  du  Capitole.  p.  z88.  PI.  84. 

Fronton  GOTHIQUE;  c'eft  dans  l'Architedure  Moderne  ou  GoîWe ,  une  efpece  de  Pi- 
gnon à  jour  en  triangle  équilateral  ou  ifocellc  avec  fculpture  &  rofes  eu 'trèfles  ,  comme  il 
s'en  voit  à  la  plufpart  des  Eglifes  Gothiques,  p.  3 14.  '"  * 

FRUIT  -,  c'eft  une  petite  diminution  du  bas  en  haut  d'un  Mur ,  qui  caufe  par  dehors  une  iu- 
clmaifonpeufeniible,  le  dedans  eftant  à  plomb;  &  Conire-jruit ,  c'eft  l'effet  contraire. 
On  donne  quelquefois  du  Co>j?rf-/r«yi  en  dedans,  comme  aux  Encôgnures&  aux  Murs  de 
face  &  de  pignon ,  quand  ils  portent  des  Souches  de  cheminée  ,  afin  qu'ils  puifTent  mieux 
refifter  à  la  charge  par  le  double  Fruit,  p.  x 5 1 . 

Fruits.  Ornemens  de  fculpture ,  qui  imitent  les  Pr«/Vy  naturels,  &  dont  on  fait  des  Feftons, 
chutes ,  bouquets  ,  &c.  Il  s'en  voit  de  fort  beaux  à  la  Frife  Compofite  de  la  Cour  du  Lou- 
vre, p.  VIII.  &  164.  PL  56. 

FRUITERIE;  c'eft  au  rezde-chaufléc,  ou  au  premier  Etage  d'une  Maifon  ,  une  Serre  ou 
une  Chambre  bien  clof  c  ,  avec  tablettes  &  chaffis  doubles ,  où  l'on  conferve  les  Fruits  pour 
l'Hiver.  C'eft  aufli  dans  un  Palais  ou  un  Hôtel,  une  Pièce  prés  de  l'Office  ,  où  l'on  tient 
&:l"ondreircIesPr/(/>jdclaSaifbnpourlefcrvicedelaTable.  f.  557.  Lat.  Cellapomaria. 

FUS  AROLE.  Petit  membre  rond  ou  aftragale  ,  quelquefois  taillé  d'olives  &  de  grains,  fous 
l'Ove  des  Chapiteaux  Dorique  ,  Ionique  &Compofite.  P/.  11. p.  53. 

FUST,  du  Latin  Ph//ù  ,  bâton  ;  c'eft  le  vif  ou  le  tronc  d'une  Colonne  ,  fans  y  comprendre 
la  Bafe ,  ni  le  Chapiteau.  On  le  nomme  auffi  Tt^e.  p.  14.  PL  5. p.  16.  PL  6.  &c.  Lat.  Sca- 
pus  félon  Vicruve. 

FUTE  E  ;  c'eft  une  compofîtion  de  cole  forte  &  de  fcieure  de  bois ,  dont  les  Menuifîers  fc 
fervent ,  pour  remplir  !•$  trous,  fentes,  &  autres  défauts  du  bois,  f .  3  41. 


G.  GACHE. 


D'ARCHITECTURE,   Sec.  irp 


C"^  ACHE.  Plaque  de  fer  quarrtfe  ou  contournée  en  rond ,  qui  reçoit  le  pêne  d'une  Serrure, 
J  &quieft  ou  fcellée  en  plâtre  ,  ouencloifonnée  ,  c'eft-à-dire  attachée  fur  le  bois.  Ce 
mot  fe  dit  aulTi  d'un  petit  cercle  de  fer ,  dont  plufieurs  fcellez  d'efpace  en  efpace  ,  fervent'à 
retenir  un  Tuyau  de  defcente.  Il  y  a  de  ces  fortes  de  Gjches ,  qui  s'ouvrent  à  charnière, 
Se  fe  ferment  à  clavette  :  en  force  qu'on  peut  démonter  &  reparer  le  Tuyau  fans  les 
defceller. 
GACHER;  c'efl:  détremper  dans  une  Auge  ,  le  plâtre  avec  de  l'eau ,  pour  être  employé  fur 

Je  champ.  />.  5  51. 
GAINE  DE  TERME,  c'efl:  la  partie  inférieure  d'un  r<rrwf ,  qulva<Iiminuantduhaut  etr 

bas  ,  &  porte  fur  une  Bafe.  PL  5  6 .  p.  165. 
Gaine  de  scabellon  ;  c'efl  la  partie  ralongée  ,  qui  efl:  entre  la  Bafe  &  le  Chapiteau  d'un 

Scabcllon,  &  qui  fe  fait  de  diverfes  manières,  &avec  difFerensornemens.  p-jiy. 
GALBE,  de  l'Italien  Garbo ,  bonne  grâce  ;   c'eft  le  contour  des  feiiilles  d'un  Chapiteau 
ébauché  prêtes  à  être  refendues.   Ce  mot  fe  dit  aufli  du  contour  d'uii  Dôme  ,  d'un  Vafe , 
d'un  Baluftre  ,  &c.  p.  196.  &  jii. 
GALERIE;  c'efl:  dans  une  Maifon  ,  un  lieu  beaucoup  plus  long  que  laro-e  ,  couvert,  &:  fer- 
mé de  Croifées ,  qui  fert  pour  fe  promener ,  &  pour  communiquer ,  &  dégager  les  Apar- 
temens.   On  nomme  aullî  Galerie,  un  Corridor  à  jour  bâti  de  charpente  en  manière  de 
Meniane  à  chaque  Etage  pour  dégager  plufieurs  Chambres,  comme  il  s'en  voit  dans  de 
grandes  Hôtelleries.  />jç.  i  80.  PL  6  z .  &  6  j  A.  &c.  Lat.  Ponicus. 
Galerie  d'église.    Efpece  de  Tribune  continué  avec  baiuftrade  dans  le  pourtour  d'une 
Eglife  fur  les  Voûtes  des  Bas-côtez ,  laquelle  fert  pour  contenir  plus  de  monde  ,  &  dans  les 
Eglifes  Gréques  ;  pour  feparer  les  femmes  d'avec  les  hommes ,  de  même  que  dans  quelques 
Temples  d'Hérétiques  3c  de  Juifs.  />.  514. 
Galerie  de  pourtour.   Efpece  de  Corridor  au  dedans  ou  au  dehors  d'un  Bâtiment, 
qui  eft  fouvent  porté  par  encorbellement  au  de-Ià  d'un  Mur  de  face  ,   &  qui  efi  plus 
bas  que  l'Etage ,  dont  il  fert  à  dégager  les  Apartemens  ,    pour  n'en  pas  ôrer  le  jour, 
comme  la  Gd/cr/e  i/dHc^c  du  Château  de  Saint  Germain  en  Laye.  fag.  5x9.  Lat.  Porticus 
meniana. 
Galerie  d'architecture,  celle  dont  le  principal  ornement,  confifle  dans  un  Ordre 
d'c^rchiteâure,  &  un  Lambris  magnifique,  comme  la  Grande  Ga/fr/e  du  Louvre,  qui  a 
145 .  toifes  de  long  fur  cinq  de  large. 
Galerie  de  peinture,  celle  qui  renferme  des  Tableaux  dans  les  panneaux  d'un  Lambris, 
comme  la  Ga/fm  de  Luxembourg  à  Pans  ,  peinte  par  Pierre  Paul  Rubens  :  ou  celle  qui  efl; 
ornée  de  Tableaux  fur  une  Tapifîérie  d'étofe  ,  comme  la  Petite  Galerte  de  Yerfailies  ,  donc 
la  Voureeftpeintepar  M.  Mignard.  VicdeVign. 
Galerie  de  sculpture  ,  celle  qui  efl:  ornée  de  Statues ,  Bufl:es ,  &  Bas-reliefs  antiques  &• 
modernes ,  comme  la  Galerie  du  Palais  Jufliniani  à  Rome ,  &  celle  des  antiques  du  Roi  au 
Palais  Brion  à  Paris,  p.  313. 
Galerie  magnifique,  celle  qui  efi:  décorée  d'Architefture  ,  de  Peinture,  de  Sculpture, 
de  Lambris  de  marbre,,  de  Glaces  &  de  meubles  prctieux  ,  comme  la  Grande  G«/er;> du 
Roi  à  Verfailles ,  peinte  par  M.  le  Brun.  p.  1 5 1. 
Galerie  d'eau,  eft  un  efpace  en  longueur  renfermé  dans  un  Bofquet,  &  bordé  de  Jets 
à' eau  dans  un  Bafîin  continu  ou  dans  plufieurs  feparez  fur  deux  lignes  parallèles ,  comme  la. 
Galerie  d'eau  de  Verfailles ,  qu'on  nomme  aufTi  la  Galerie  des  cantiques ,  à  caufe  qu'elle  a 
plufieurs  Sutucs  antiques  entre  fes  Jets  d'M«.  Lat.  ^ifinm  Hydranlkm. 

GALE- 


lîo  EXPLICATION   DES  TERMES 

GALETAS.  Etage  pns  dans  un  Comble,  cdaire  par  des  Lucarnes,  &  lambrifle  de  plâtre 
fur  un  Lattis ,  pour  en  cacher  la  charpente ,  &  les  tuiles  ,  ou  les  ardoifes.  p.  1 3  9.  &  181. 
Lat.  Subtc^uldnca  Contabulatto. 

G  ARDEFOÛ  -y  c'eft  une  Baluftrade  ou  un  Parapet  à  hauteur  d'apui ,  ordinairement  le  long 
d'unQuay,  d'un  Folle',  ou  aux  côtcz  d'un  Pont  de  pierre.  C'cllaulTiun  AlFemblane de 
charpente  aux  bords  d'un  Pont  de  bois  ,  pour  einpcchcr  de  tomber  dans  l'eau,  &  ce  der- 
nier s'appelle  encore  Lice.  p.  311.  Lut.  Pcribolus. 

GARDEMANGEK.  Petit  heu  pte's  d'une  CuifuK,  pour  ferrer  les  viandes,  p.  174.  P/.  60.' 
Lat.  Cc/Li  promotuaria. 

GAÎIDEMEUBLE;  c'eft  dans  une  Maifon ,  une  grande  Pièce  ou  Galerie  le  plusfouvenc 
dans  le  Comble  ,  où  l'on  ferre  les  Meubles  d'Efté  pendant  l'Hiver  ,  &  ceux  d'Hiver  pen- 
dant l'Elle.  p.  181. 

GARDEROBE.  Pièce  de  PApartement  pour  ferrer  les  habits ,  &  coucher  les  Domeflriques, 
qu'on  tient  aupre's  de  foy.  C'^ft  cequcM.  Perrault  entend  dans  Vitruvc  par  CelU  familLiri^ 
ca:  On  appelle  Garderobe  chez  le  Roi  &:  les  Princes ,  un  Apartemeut,  où  non  feulement 
on  tient  les  habits  i  mais  où  logent  même  les  Officiers  qui  y  fervent.  Lat,  Vêftiarium.  Le 
mot  de  G<îr(/o-o/7c  ,  fe  prend  chez  les  Italiens,  pour  Gardemeuble.  p.  iji.Pl.  6ï .  Se  61. 

Garderobe  de  BAIN}  c"eft  pre's  d'un  Bai»  ,  le  lieu  où  l'on  fe  deshabille ,  &  que  Vitrure 
appelle  ^4poditcrium. 

Garderobe  de  théâtre  ;  c'eft  derrière  ou  à  côte  de  la  Scène  d'un  Théâtre.,  un  lieu 
qui  comprend  plufîcurs  petits  Cabinets  ,  où  s'abillcnt  fcpare'ment  les  Acteurs  &  les 
Adrices.  C'eft  aullî  l'endroit  où  l'on  tient  les  habits ,  où  Ton  difpofe  tout  ce  qui  dépend 
de  l'apareil  de  la  Scène  ,  &  où  fe  font  les  petites  répétitions.  Viiruve  nomme  cette  partie  du 
Théâtre ,  Choragium. 

Garderobe.    Fôye^i  Cabinet  d'aisance. 

GARGOUILLE;  c'eft  à  une  Fontaine  ouCafcade,  un  mafcaron  d'où  fort  de  l'eau.  C'eft 
aufïï  dans  un  Jardin  ,  une  petite  rigole  ,  où  l'eau  coule  de  Balfin eu  Baffin  >  &  qui  fcrt  de 
de'chargc.  Ce  mot  peut  venir  du  Latin  G«r^;r//o,  le  Gozier. 

GARGOUILLES  ;  ce  (ont  les  petits  trous  de  la  Cimaife  d'une  Corniche,  par  où  les 
eaux  de  la  Goulote  s'écoulent.  Les  Gar/^ouilles  font  ornées  de  mafques ,  de  têtes  d'ani- 
maux, Je  particulièrement  de  mufles  de  Lion.  P/.  19.^.71.  &c.  Lat.  Stillicidta  lapidca. 
VbycK  GOUTIERE. 

GARNI  ou  REMPLISSAGE  ,  s'entend  de  la  maçonnerie ,  qui  .eft  entre  les  carreaux  &  les 
boutilfes  d'un  gros  Mur.  Il  y  en  a  de  moilon,  de  brique,  Sec.  Il  y  en  aulîi  de  caillou, 
ou  de  blocage  employé  à  (ce,  quifert  derrière  les  murs  deTerraflé  ,  pour  les  confèryer 
contre  l'humidité  ,  comme  il  a  été  pratiqué  à  l'Orangerie  de  Yerfailks.  PL66B, 
p.  141.    Lat.  farcl'/r.c  Iclon  Vitruve. 

GARNITURE  DE  COMBLE,  s'entend  non  {èulement  des  lattes,  tuiles,  ou  ardoifes; 
mais  aufll  du  plomb,  comme  enfaiftement ,  amortiflèment ,  Sec.  qui  fervent  à.  garnir 
un  Comble.  PL  64  A.  pag.  lij. 

GAUCHE.  On  dit  que  le  parement  d'une  pierre  eft  ^dKcfce ,  lorfqu'en  lebornoyant,  fesan- 
gles  &  lès  cotez  ne  paroiflént  pas  fur  une  même  ligne.  On  dit  auiïî  qu'une  pièce  de  boisçft 
gauche,  lorfqu'clle  n'eft  pas  bien  équarrie.  p.  113. &  157. 

•  AZON.  Herbe  verte,  déliée  &  toufuë,  qui  levée  d'un  pré  ou  d'une  peloufe  avec  la  bêche 
par  pièces  ou  trajiches  de  terre  d'environ  deux  pouces  d'épais,  &  appliquée  proprement 
lur  un  terrain  drefié  &  préparé  ,  fert  à  former  les  Tapis  des  Jardins  ,  les  Madifs  &  Com- 
partimens  des  Parterres  ,  les  bords  de  Baflin  ,  les  pieds  de  Pdlillade  &:c.  On  nomme  Ga:^on 
u  queue  y  celuiquipour  revêtir  un  talut  ou  un  glacis  de  terre,  n'eft  pas  levé  par  tranches  j 
mais  coupé  avec  la  bêche  par  motcs  pointues ,  qu'on  alîcoit  fur  du  clayonnage  &  des  fafci- 
J1CS ,  pour  Tempêcher  de  s'cbouler.  Lat.  Cr/pa.  Ou  dit  Ga^onncr ,  ^owx  Kcyciiz  de  ga-ion. 
PI.  6s  A.p.  I9I.&C. 

GENIES. 


D'ARCHITECTURE,  &rc.  121 

GENIES.  Figures  d'cnfans  avec  des  aîles  Se  des  attribus ,  qui  fervent  dans  les  ornemens 
à  reprefenter  Jes  vercus  &  les  payons ,  comme  ceux  qui  font  peints  par  Rjiphaël  dans 
Ja  Galerie  du  vjeux  Palais  Chigi  à  Rome.  II  s'en  fait  de  bas-relief,  comme  ceux  de  mar- 
bre blanc  dans  les  51.  Timpans  de  la  Colonnade  de  Verfailles,  qui  font  par  groupes,  & 
tiennent  des  attnbus  de  l'Amour  ,  des  Jeux  ,  des  PJaifirs  ,  &c.  On  appelle  Gcmet 
fleuronncs  y  ceux  dont  la  partie  mfcricurc  termine  en  naiilance  de  rinceau  de  feuillage, 
comme  dans  la  Fnfe  du  Froncifpice  de  Ncron  à  Rome.  PL  zq.  pa^  71  &  P/  te 
pag.  85.  '    r  6    /  •  ?)• 

GEOMETRAL.  roye:^  ELEVATION  &  PLAN. 

GEOMETRIE.  Science  qui  a  pour  objet  la  mefure  des  fupcrficies  &  des  corps,  dont  elle 
donne  les  dimenfions  par  des  figures  &  des  demonftrations  indubitables.  Elle  confiée  ea 
quatre  parties,  la  Pia;i?,iftr,c,  ï'^lntnctne ,  la  Longimetrie  ,  Se  la  Stéréométrie.  Elle  cffc 
très  neceflaire  a  r  Archittde  ,  &  elle  prend  fou  nom  du  Grec,  Geometru  ,  mefure  de  la 
terre.  P/.  f.  p.j.  &cc. 

GERBE  D'EAU  ;  cellunfaifleau  deplufieurs  petits  Jets  d'eau  ,  qui  tousenfemble  forment 
uneGirande  de  peu  de  hauteur ,  comme  la  Gerbe  de  Chantilly  au  bas  du  orànd  Perron.  Il 
yenaquis'élcventpar  étages  en  pyramide,  parle  moyen  d'autant  de  Conduites  qui  for- 
ment pluheurs  rangs  de  tuyaux  à  l'entour  du  gros  Jet  du  milieu.  ;».  5 1 7. 

GERSURES  •  ce  font  des  caflures  ou  fentes  dans  le  plomb,  dans  les  enduits  de  plâtre  ,  dans 
le  bois  &  dans  le  fer.  p.  1x5.  Lat.  Fifjurje. 

GIRANDE  D'EAU;  c'elt  un  faiffeau  deplufieurs  Jets,  qui  sVIevcnt  avec  impetuofité,  Se 
qui  par  le  moyen  des  vents  renfermés,  imitent  le  bruit  du  Tonnerre  ,  la  pluye  &  la 
neige,  comme  les  deux  de  Tivoli  &  de  Monte-dragone  à  Frefcati  prés  de  Rome.  pag. 

GIP  ou  GYPSE,  du  Latin  Gypfttm,  du  plâtre.  On  appelle  ainfi  une  «fpece  de  pierre  tranf- 
parente,  quife  trouve  parmi  celles  de  plâtre,  &  le  délite  par  feuilles,  comme  le  talc: 
&  dont  on  fait  un  plâtre  très  fin,  qui  mêlé  avec  de  la  chaux  &  du  blanc  d'oeuf,  fertâ 
contre-fau-e  les  marbres  fimples  ou  mêlés  en  y  ajoutant  des  couleurs  pour  les  Comrarti- 
niens.  On  voit  ces  Aires  de  plancher  faites  de  cette  compofition  qui  recevant  le  poli  & 
citant  d  une  bonne  confiltence  ,  font  d'aflez  longue  durée.  0.35-. 

GIRON;  c'eft  la  largeur  de  la  Marche,  fur  laquelle  on  pofe  le  pied  ,'  &  qui  eft  ainfi  appel- 
Jec  du  Latin  Gyrus  ,  un  tour  ,  parce  que  les  anciens  Efcaliers  fout  la  plufpart  en  tournant. 
PL6î.  p.  177.  ^     ^ 

Giron  droit  ,  celui  qui  eft  contenu  entre  deux  lignes  parallèles  pour  les  Marches  droites 
ou  courbes.  P/.  81.  p.  185.  o       *  r 

Giron  triangulaire,  celui  qui  va  s'élargifTant  depuis  le  coletpar  lequel  la  Marche  tient 
auNoyaa,  )ulqu  a  1  endroit  oùil  termine  dans  la  Cage  &  qui  Icrt  autant  pour  les  Quar- 
tiers tournans  desEkaliersquarrés,  que  pour  les  Marches  des  Efcaliers  à  vis.  PLôIb. 
p.  189.  + 

Giron  rampant,  celui  qui  eft  le  plus  large,  &  a  tant  de  pente  ,  que  les  chevaux  <m 
peuvent  monter  les  marches,  p.  114.  P/.  45.  '■ 

Giron,  f^jr;?  Tuile  gironne'e. 

GIROUETTE,  du  Latui  Gjr.rf  tourner  ;  c'eft  une  petite  enfcigne  ou  banderole  faire  de 
tôle  ou  de  f.r  blanc  &  taillée  de  quelque  figure,  comm.e  en  lufrede  fiinglier;  qu'onmet 

es  vents.  Quand  ces  Qr.«ri/..  ont  des  armes  peintes  ou  évidées  à  jour,  on  les  nomme 
I  anonceuux ,  qui  çftoient  autrefois  des  marques  de  Noblelfc  fur  les  maifons.  PI.  ji.p  z<c 
Lat.  Véntilogium.  '      r*'^))' 

"^  re^T^elXCr  fiJT,  ^''  ^'  T^?-  ^"  '"'"'  ^'"  '^^"^  '"  Apartemens  à  réfléchir  la  lumie- 
^^/n.r^  '''™"V^"^^^''"^^  '"  multiplier:  &  qu'on  difpofc  par  miroirs, 

ou  par^  panneaux,  fouren  faire  des  Lambris  de  revcrLcac.  LcSr.DuFrenyadcpûLpeu 

Q.  trouve 


jiî  EXPLICATION  DES  TERMES 

trouve  le  fccrct  d'en  fondre  &  polir  de  plus  de  8.  pieds  de  hauteur  ;  ce  qui  avoic  paru  im- 
poUlblcjurqu'àprefent.  P/.  58.  p.  169. 
GLACIERE-  Fofie  en  rerre  de  forn'>e  conique  de  deux  à  trois  toiles  de  diamètre  par  le  haut, 
avec  un  faux  plancher  de  (olives  au  tiers  de  fa  profondeur ,  pour  l'écoulement  de  ce  qui 
pourroitfc  fondre  de  la  G/jrf  ou  de  la  neige  qu'on  y  conferve  pour  l'Efté  :  fon  pourtour  cft 
revêtu  de  chevrons  lattes,  5:  fa  couverture  faite  de  perches  avec  un  chapiteau  de  chaume 
qui  va  à  fleur  de  terre.  Sa  porte  doit  eitre  du  côte  du  Nord,  p.  1. 
GLACIS;  c'clt  une  pente  de  terre  ,  ordinairement  revêtue  de  gazon  &  beaucoup  plus  douce 
queleTalut,  fa  proportion  citant  au  delTous  de  la  diagonale  du  Quarré.  Il  y  a  des  Glacis 
dê'rauchis,  qui  (ont  Talus  dans  leur  commencement ,  &  Glacis  allez  bas  en  leur  extré- 
mité ,  pour  racorder  les  différents  niveaux  de  pente  de  deux  Allées  parallèles.  Ilfevoitde 
ces  Talus  &  Glacis ,  pratiqués  avec  beaucoup  d'entente  dans  le  Jardin  du  Château  de  Mar^- 
ly.  p.  190.  &  196. 
Glacis  de  corniche  ;  c'eft  une  pente  peu  fenfible  fur  la  Cimaifed'une  Corniche^  pour  fa- 
ciliter l'écoulement  deseauxdepluye.  p.  11^.  PL  46. 
GLAC.ONS.  Ornemensdefculpturede  pierre  ou  de  marbre,  qui  imitent  les  _^/(îfo«f  natu- 
rels ,  &  qu'on  met  au  bords  des  BalTins  de  Fontaines ,  aux  Colonnes  Marines ,  &  aux  pan- 
neaux ,  tables,  &montansdesGrotes.  Il  fe  voit  de  ces  G/iifo«î  à  la  telle  de  la  Pièce  d'eau, 
oùertoitrineRoialeàVerfaillcs.  p.  199.&  509. 
GLAISE.  Terre  gralTe  dont  on  fait  les  ouvrages  de  poterie,  comme  Tuiles,  Carreaux, 
Enfailtemens  ,  Boifleaux  de  poterie,  &c.  &  dont  on  fe  fert  pour  retenir  Tcau  des  Refer- 
•voirs  &c  des  Baftardeaux.  Glaifer  5  c'efl:  Faire  un  Corroy  de  Glaife  bien  paîtrie ,  &  battue 
au  pilon,  p.  1^5.  &  548-  Lat.  ^^rgilla. 
GLIPHE  ou  GLYPHE,  du  Grec  Glyphis ,  gravure;  c'ed  généralement  tout  canal  crcufé 

en  rond  ou  en  anglct ,  qui  fert  d'ornement  en  Architecture.   Voye::  TRIGLYPHE. 
CNOMONIQUE  ;  c'eft  une  Science  qui  enfeigne  à  décrire  les  Cadrans  folaires  fur  des 
furfaces  &  des  corps ,  &  ày  marquer  par  un  ftyle  ou  un  point  de  lumière  avec  des  lignes 
droites  ou  courbes ,  la  hauteur  du  Soleil ,  &  les  fignes  du  Zodiaque.  Cette  Science  (eloa 
Vitruvc  ,  eft  neceflaire  à  l'Architecte  pour  tracer  contre  les  murs  de  face  ou  de   pi- 
gnon ,    ou  fur    des  corps  ifolcz ,  les  Cadrans  de  toutes  efpeces  ,    comme  il  s'en  voit 
aux  murs  de  face  de  la  Cour  du  Collège  des  PP.  Jefuïtes  de  Lion.     Ce  mot  vient  du 
Grec  G«owo«,  qui  lignifie  Aiguille  ou  Style  qui  par  fon  ombre  montre  les  heures,  pag, 
309. 
GOBETER  ;  c'efl:  jetter  avec  la  truelle,  du  plâtre  &  paffer  la  main  deffus ,  pour  le  faire  en- 
trer dans  les  joints  des  murs  faits  déplâtras  &  de moilons.  p.  558* 
GODRONS.  Ornemensen  forme  d'amendes ,  taillés  fur  une  moulure  en  demi-coeur.  Il  y 
en  a  de  creufcz  ,  comme  le  dedans  d'un  noyau  ,  5c  de  flcuronnés  de  plufieurs  fortes.  PL  B. 

p.  VII. 

GOND.  Morceau  de  fer  coude' ,  dont  une  partie  eft  arreftée  dans  la  feiiillure  d'une  Porte,  & 
l'autre  appellée  le  Afawf/ox,  entre  dans  lapanture,  &fert  àcn  porter  le  ventail.  Il  y  a  des 
Gonds  en  plâtre  &  en  bois,  &  des  Gonds  à  vis  &  à  repos.  On  croit  que  ce  mot  vient  du 
Grec  Gomphofis,  un  clou.  Lat.  Cardo. 

GORGE.  Efpece  de  moulure  concave ,  plus  large  &  moins  profonde  qu'une  Scorie  ,  qui  fert 
aux  Cadres,  Chambranles,   &  autres  parties  d' Architecture.  PL  A.  p.  iij. 

Gorge  de  cheminée;  c'efl:  la  partie  qui  elt  depuis  le  Chambranle,  jufquesfous  le  cou- 
ronnement du  Manteau  d'une  Cheminée.  11  y  en  a  de  droites  ou  à  plomb ,  en  adouciflement 
ou  congé,  en  baluftre  ,  &  en  campane  ou  cloche,  p.  166.  PL  57.  &  58. 

Gorge.  yôjeK  CIMAISE,  &  Frise  de  i'lacard. 

GORGE.  On  appelle  encore  ainfi  un  petit  Valon  entre  deux  Colines  ,  qui  par  fon  échapée, 

donne  une  agréable  venë  :  comme  la  Gorge  de  Marly  ,  par  laquelle  on  découvre  Saint  Ger  - 

Hjain  cû  LaK ,  le  Château  de  Maifons  &  les  environs. 

GOR- 


D'ARCHITECTURE,  &rc.  i2j 

GORGERIN;  c'cfldans  le  Chapiteau  Dorique  la  petite  Frife,  qui  eft  entre  l'Aftragale  Se 
ksAnnelets,  &  que  quelques-uns  noramfntCo/an'w.  Pl.ii.p.  ji.  ScPl.  ii.  p.  ii.  Ileft 
appelle  par  Vùruvc ,  Hypotrachtliutn. 

GOTHIQUE.  Foye:^  Architecture  gothique. 

GOUJON.  Grollc  cheville  de  fer ,  qu'on  employé  à  tcte  &  pointe  perdue  ,  pour  retenir  des 
Colonnes  entre  leurs  Bafes  &  Chapiteaux  ,  des  Balultres  entre  leurs  foclc  &  tablette  ,  &:  à 
d'autrcsufages.  ;»,  117.  &  515. 

GOULETTE.  Petit  canal  taillé  fur  des  tablettes  de  pierre  ou  de  marbre  pofc'es  en  pente  , 
qui  ell  interrompu  d'cfpace  en  efpace  par  des  petits  Badins  en  coquille,  d'où  forcent  des 
boiiiilons  d'eau,  ou  par  des  chiites  dans  lesCafcades,  &  autres  endroits,  pour  le  Jeu  des 
eaux.  Il  s'en  voit  fur  des  Baluftrades  ,  comme  à  la  Fontaine  des  Bains  d'Apollon  à  Ver- 
failles,  &  fur  des  murs  d'apui,  &  de  terralle,  comme  dans  le  Jardin  de  Luxembourg  à 
Paris,  p.  198.  ° 

GOULOTE.  Petite  Rigole  taillce  fur  laCimaife  d'une  Corniche,  pour  faciliter  l'écoule- 
ment des  eaux  de  pluye  par  les  Gargouilles,  p.  550. 

GOUSSES.  Efpeces  d'écofles  de  fèves ,  qui  fervent  d'ornement  dans  le  Chapiteau  Ionique 
Antique.  Il  y  en  a  trois  à  chaque  Volute ,  qui  partent  d'une  même  tige  :  &  c'eft  ce 
que  Vitruve  nomme  Encarpi  ,  parce  qu'elles  forment  une  efpece  de  Fefton.  P/.  20. 
p. 49. 

GOUSSET.  Pièce  de  bois  pofée  diagonaicment  dans  une  Enrayeure,  pour  afiembler  les  coyers 
avec  les  tirans  &  plateformes  ,  &  pour  lier  dans  une  Ferme,  une  force  avec  un  entrait. 
FL  64  A.  p.  187.  &P/.  ^4B.  /..  189.  VbycK  ESSELIER. 

GOUT.  Terme  ufité  par  métaphore  dans  les  Arts,  pour  lignifier  la  bonne  ou  la  mauvaifc 
manière  d'inventer ,  de  defliner&  de  travailler  ;  ainfiondit,  cjue  les  Bâtimens  Gothiques 
fontdemauva;s_2o«î,  quoique  hardiment  conftruits  :  Et  qu'au  conuaire  ceux  d' Archite- 
cture Antique  font  de  bon^oKf ,  quoique  plus  maffifs.  ?réf,  p.  x.  &c. 

GOUTES.  Ornemens  ronds  qui  reprefentent  àts  joutes  d'eau,  &  qui  font,  comme  de  pe- 
tits cônes,  fous  le  Plafond  de  la  Corniche  Dorique:  ou  triangulaires,  comme  de  pentes 
piramides ,  au  bas  des  Triglyphes.  On  les  nomme  aufll  Clochettes ,  Campanes  ,  &  Larmes . 
Pl.il.  p.  5I.5CC.  Lat.  G«/f^ félon Vitruve. 

GOUTIERE.  Canal  de  bois  de  chcfne  fort  fain  ,  refendu  diagonalement ,  &  creufé  le  plus 
louvent  en  angle  droit ,  qui  fert  à  recueillir  les  eaux  pluviales  fous  le  battelemenr  des  tui- 
les d'un  Comble  ,  &  aies  conduire  au  dehors  des  Murs  de  face,  p.  114.  Toutes  les  Gout- 
tières ,  font  appellécs  en  Latin  ColiicU. 

GouTiERE  DE  PLOMB.  Câuâl  dc  plomb  foûteuu  d'une  barre  de  fer ,  par  lequel  s'écoulent  les 
eaux  du  Chefneau  d'un  Comble.  Les  plus  riches  de  ces  Goutieres ,  fe  font  en  forme  de  ca- 
non icfontambouties  de  moulures,  &  ornées  de  feiiilles  moulées.  Les  Geiaieres  de  bois 
Cr^leplomby  ne  peuvent  avoir  fuivant  l'Ordonnance  ,  que  trois  pieds  de  faiHie  au-delà  du 
Nu  du  mur.  p.  12.4. 

GouTiERE  DE  PIERRE.  Ciiul  dc  pierre  à  la  place  des  Gargoiiilles  dans  les  Corniches. 
Il  s'en  fait  en  manière  de  demi-vafe  coupé  en  longueur,  comme  il  s'en  voit  au  vieux 
Louvre.  Les  Gouticres  des  Bâtimcus  Gothiques ,  font  formées  de  chimères,  harpies,  & 
autres  animaux  imaginaires.  On  nomme  iulViGart^oHiUc!,  ces  iones  de  Goutieres.  Pl.t^, 
p.  71. 

Got'TiERE.  Foye^t  LARMIER. 

GRADATION.  Terme  qui  en  Architecture  ,  fignifie  la  dupofîtion  de  plufieurs  parties  avec 
lynimetrie  par  Wf^rc;î,  qui  forment  une  manière  d'Amphithéâtre,  en  forte  que  les  corps 
de  devant  ne  nuilent  ponit  à  ceux  de  derrière.  Le  Château  de  Verfaillesfaitcet  effet,  ca 
arrivantpar  la  principale  Avenue,  p.  184.  ôcz^^. 

GAADINS.  Degrezfurla  Table  d'un  Autel ,  ou  fu'r  un  Bufet.  p.  154.  P/.  53. 

Gradins  de  dôme.   On  peut  appeilcr  amfi  certains  degrez  en  luaiusre  de  retraites  fort 

Q.i  lar- 


jî4  EXPLICATION   DES  TERMES 

fort  lar<yes  an  bas  d'unDowf,  comme  ceux  du  Panthéon,  &duDowedu  Collège  de  la 
SapieuceàRome.  P/.  67.  p.  147. 

Gradins  de  jardin.  Efpcces  de  petites  Contre- tcrraflese'Ievces  en  manière  de  degrez,  où 
l'on  met  des  cailTcs ,  des  vafes  &  des  pots  de  fleurs,  pour  terminer  quelque  Allée.  On  les 
fait  de  oazon  ,  ou  de  maçonnerie  avec  tablettes,  &  ils  font  droits ,  ou  circulaires  en  ma- 
nière d'Amphithéâtre. 

GRAIN  D'ORGE;  c'eft  une  petite  cavité  entre  les  moulures  de  menuiferie  pour  les  déga- 
ger :  laquelle  eilainfi  nommée  ,  parce  qu'elle  fe  fait  avec  un  fer  de  rabot ,  appelle'  Grain- 
a'orge.  f .  ij. 

GrAIM-d'oRGE.    ycyc:t   ASSFMBLAGE   EN   ADENT. 

Gt\AINES.   Petits  boutons  d'inégale  groflèur  aux  bouts  des  Rinceaux  de  fciiillàges ,  qui 
fervent  d'ornement  dans  la  Sculpture  &  la  Serrurerie,  &  dans  la  Broderie  des  Parterres. 
P/.  44  A.  p.  117.  &P/.  65  A.  p.  191. 
GRAIS.  Efpece  de  Roche  formée  par  la  combinaifonde  plufieurs  grains  de  fable  conden- 
fez.  Il  y  2.dnGrais  dur  y  qui  fcrt  pour  paver,  &c  du  tendre,  pour  bâtir.     On  employé  ce 
dernier  par  wros  quartiers,  qu'il  faut  hacher  dans  les  Joints  de  lit  pour  liaiionner.     Le 
mortier  fait  avec  delà  poudre  de  Grats ,  ett  de  nulle  valeur,  &  elt  défendu,  auffi-bieii 
que  de  mêler  des  quartiers  de  Grais  avec  de  la  maçonnerie  de  moilon.  p.  ic8.  350.  &c. 
Lat.  Si^cx. 
GRAISSERIE,  fe  dit  autant  de  la  Roche,  d'où  l'on  tire  le  Grais,  que  de  l'ouvrage  d'Ar- 
chitedlure  ou  de  Sculpture,  fait  de  cette  matière.  L'un  des  plus  confiderables  morceaux 
de  cette  cfpece  >  eftlaGrocede  la  tête  du  Canal  de  Vaux  ,  du  deffeindeM.  LeNautre.  ^ag. 
io8. 
GRANGE.  Lieu  dans  une  Métairie,  au  rez-de-chaufice,  fermé  Se  couvert:  où  l'on  ferre 

les gerbes,  &  où  l'on  les  bat  lut  une  aire.  p.jzS.  Lat.  Horreum. 
GRANIT.  Voye:^  Marbre  granitelle. 

GRAPHOMETRE.  Inflrument  compofé  d'un  demi-cercle  divifé  en  180.  degrcz  ,  avec 
bouflble ,  allilade,  &  pinules,  quipoféfur  unpiedfixe,  &tournantpar  le  moïend'un 
genou ,  fert  à  prendre  des  angles ,  des  diftances ,  des  hauteurs  &  des  alignemens.  fag, 

'358- 
GRAS.  Epithete  que  les  Ouvriers  donnent  à  un  Angle  obtus,  à  une  Pierre  trop  forte  pour 

la  place  qu'elle  doit  remplir,  à  un  Tenon  trop  épais  pour  fa  Mortoilc  ,  à  un  Joint  trop 
larwefurfes  cales.  Ainftilsdifent ,  Demaigrir un'foint ^  un  Tenons  &c.  pour  en  diminuer 

l'épaiflèur.  PL  f.  p.  j. 
GRATICULERi  c'elldiviferunDefleinen  petits  carreaux  égaux  ,  tracez  avec  du  crayon, 

pour  le  réduire  de  grand  en  petit,  ou  de  petit  en  grand,  faifant  fur  le  papier  où  on  le 

doit  copier,  la  même  divilîon  de  carreaux.  Ce  mot  vient  de  l'Italien  GraticoLi ,  un  Gril. 

p.î58. 
GRAVIER  i  c'eft  le  plus  gros  Sable  ,  dontle  meilleur  fe  tire  des  Rivières,  &  fertpour  faire 

les  Aires  des  grands  Chemins  &  fablerles  Allées  des  Jardins.  Lat.  Glarea.  p.  351. 
GRAVOIS  i  ce  font  les  plus  petites  pierres  &  plâtras  provenants  delà  démolition  d'un  Ba- 

ftiment  ,    qui  fervent  pour  affermir  les  Aires  des   Allées  &  des  grands  Chemins,  pag.. 

350. 
GRAVURES,  s'entend  en  Sculpture,  des  ouvrages  creufés  de  peu  de  profondeur ,  qui  font 

l'eifet  contraire  du  Bas-reliet  Hc  fervent  à  décorer  de  diverfes  manières  les  paremens  des 

pierres,  p.  m.   P/.43.  &p.  314.  Lat.  Sca!ptur.f. 
GRENIER;  c'eftielieu  pris  dans  le  comble,  d'où  l'on  voit  par  dedans,  la  charpente  &  la 

couverture,  &  où  l'on  ferre  les  grains,  la  paille,  le  foin,  &c.  Pl.6^  B.  p.  185. 
Greniers  publics;  ce  font  dans  une  Ville,  de  grands  Baftimens ,  où  l'on  confcrve  des 

grains  ;  afin  que  pendant  la  difctte  le  peuple  fubfilte  avec  autant  ou  peu  moms  de  corn- 

inodué,  que  pendant  J'ijbondânce,  Ils'en  voit  àRoiiiede  fort  grands  prés  de  Termrni  > 

oui 


D' A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E  ,  &:c.  125 

qui  ont  eftë  baftis  fous  les  Papes  Grégoire  XIII.  &  Paul  V.  p.  511. 
Grenier  a  sel;  c'cft  un  grand  Balbment,  où  ronconicrvc  le  i'p/poureftrcdiftribue'au 

Public.     Sous  ce  mo:  on  comprend  encore  en  France  le  Tribunal  des  Officiers  qui  compo- 

fènt  cette  Junfdiclion. 
GREVE,  du  mo:  Gravier;  c'eit  le  bord  d'une  Rivière  ou  d'un  Port  en  pente  douce  ,  le  plus 

fou  vent  pavé;  où  l'on  charge  &  décharge  les  marchandifes ,  comme  la  Grève  de  Pans. 

GRIFON.  Animal  fabuleux  &  miftcrieux ,  qui  a  la  partie  fuperieurede  l'Aiole  &  l'inférieu- 
re du  Lion.  Il  s'en  voit  particulièrement  dans  lesFnfes  de  l'Architedlrure  antique,  comme 
aa  Temple  d'Antonin  &  de  Fauftme  ;  parce  qu'il  eitoitconfacrc  au  Soleil ,  &quc  les  An- 
ciens crovoient  qu'il  veiUoit  à  la  garde  des  Trefors.  Fl.  19.  p.  47.  &  9^,  PL  jg. 

GRIFONNEMENT.  Voye^  ESQUISSE. 

GRILLE.  Anemblagedegroires&  longues  pièces  de  bois  qui  fecroifêntquarre'mcnt ,  eftant 
efpace'es  tant  plein  que  vuidc  ,  Se  s'entretiennent  par  des  entailles  à  queue  d'aronde  :  qu'on 
établit  de  niveau  fur  un  fonds  de  glaife  ou  tout  autre  terrain  ,  qui  ne  doit  pas  eltre  évente 
par  le  pilotage ,  pour  fonder  delTu s  ,  comme  on  le  pratique  dans  les  Pays- bas  &  particuliè- 
rement en  Holande,  Se  comme  ont  elle  conltruits  par  M.  Blondel ,  la  Corderie  de  Ro- 
chefort,  &  lePontde  Xaintesliir  laCharante.  Voyez  fon  Cours  d'Architecture  Part.  5. 
Ch.i4.&i5.  C'eft  ce  qu'on  peut  entendre  par  le  mot  i'/cfc^ra,  qui  dans  Vitruvefîonifîe 
toute  Gr/7/e  ou  aflemblage  qui  fert  de  bafe  à  quelque  Machine,  p.  155. 

Grille  de  îer.  Toute  fermeture  ou  clôture  de /èr  enrichie  d'enroulemens,  montans,  pi- 
laftrcs,  couronnemens,  &c.  comme  celles  des  Cours  &;  Jardins  de  Verfailles,  de  S.  ClouJ, 
Sec.  On  appelle  Grilles  de  croijee ,  celles  qui  font  faites  de  barreaux  de/er  entretenus  par  des 
traverfes ,  &  qu'on  met  aux  Croifées  du  rez-de-cliaulTée  pour  la  feureté.  Grilles  à  mi-mur, 
celles  qui  font  fcellces  dans  les  tableaux  desFeneftres.  Grilles  en  faillie  ^  celles  qui  avancent 
en  dehors  ,  comme  les  Grilles  des  Notaires  à  Paris ,  lefquelles  ne  peuvent  fuivant  l'Ordon- 
nance ,  avoir  plus  de  g.  pouces  de  faillie.  Et  Doubles  Grilles ,  celles  qui  font  redoublées, 
comme  dans  les  Couvents  de  Filles,  dedans  les  Prifons.  Pi.  44  A.  p.  117.  &:  iiS.Lat.  C/a- 
thra  ferrea. 

Grille  d'église  ;  c'eft  un  Treillis  de  fer  maille' de  trois  à  quatre  poHces  de  jour  ,  qui  fepa- 
re  le  Chœur  de  dedans  d'avec  le  Chœur  ou  la  Nef  de  l'Eglife  d'un  Couvent  de  Filles ,  com  - 
me  les  Grilles  du  Val-de-grace,  qui  font  des  plus  grandes  &  des  plus  riches.  I!  y  en  a 
auffi  dans  les  Parloirs  ,  &  on  appelle  Gn7/e  herjce  ,  celle  qui  a  des  pointes  en  de- 
hors ,  comme  une  herfe  ;  ainfi  qu'il  s'en  voit  aux  Couvents  des  Rcligieufes  Cac- 
melites.  ibid. 

Grille  d'eau.  Voye^  CIERGES  D'EAU. 

GRIS.  KoyeK  COULEURS. 

GRISAILLE;  c'elt  toute  peinture  de  couleur  de  pierre  ou  3e  marbre  blanc ,  quiimireîes 
faillies  ,  compartimens  &  ornemens  de  l'Architedture.  fag.  545.  Lat.  Mom- 
chroma. 

GROS.  On  dit  qu'une  pièce  de  bois  a  tant  àegros ,  lorfque  lès  deux  plus  courtes  dimcnfîoys 
fontc'gales.  p.  211. 

GROTE ,  de  l'Italien  Grotta  ;  c'eft  un  Bâtiment  qui  par  le  dehors  ,  eft  décoré  d'Architedlu- 
re  Rultique  ,  &  au  dedans  eft  orné  de  Statues ,  coquillages,  &  Jeux  d'eau,  comme  li 
Grote  de  Meudon  ,  du  defïein  de  Philibert  de  Lorme.  On  nomme  Grc/e/â/^T/ç/.'f,  celle 
dont  le  dedans ,  eltfeint  brut  par  des  rocailles,  pétrifications,  plantesfauvages,&c.  com- 
me la  Greffe  de  Caprarole.  p.  i<.  9.  Se  257.  Lat.  Crypta, 

Grotes.  Les  Italiens  appellent  ainfi  les  Eglifes  fouterraines.  Laplusconfiderable  àRome  , 
eftoit  celle  de  la  vieille  Bafilique  de  S.  Pierre,  dont  il  n'cft  refté  qu'une  partie,  àcaufede 
la  nouvelle  Fabrique ,  &  où  font  plufieurs  fepulchres  de  Papes  dau§  desreufoncemens  nom- 
me s  Gro;/f^r/fa'/e, 

Ctj,  GRO. 


jjg  EXPLICATION   DUS  TERMES 

GROTESQUES-  Petits  orncmeii';  imaginaires  me  les  de  figurines  d'animaux ,  de  feuillages, 
de  fleurs,  de  fruits,  Sec.  comme  Raphaël  en  a  peint  dans  les  Loges  du  Vatican  à  Rome, 
&  comme  il  s'en  voit  de  Michel  Ange  ,  fculpc's  aux  Plafonds  du  Portique  du  Capitole.  Ou 
ks  appelle  ainfi ,  parce  que  anciennement  elles  fcrvoient  à  enrichir  des  Gro;f^  qui  rcnfer- 
moient  les  Tombeaux  d'une  même  Famille,  comme  de  celle  d'Ovide,  dont  la  Grofe- fut 
decouverteprésdcRomeihaenviron  vingtans.p.zi8.&  347.  Vitruve  nomme  Hurpa- 
çcnitidi ,  les compartimens  ,'rinccaux  &  enroulemcns  des  Grotejqiœs. 

Grotesques.  Ornemens  repères,  qui  fe  taillent  fur  les  moulures,  commtksGrotcfques  k 
joncs  ,  ou  qui  enrichiflent  des  compartimens.  P/.B.  p.  vu.  &  P/.  ici.  p.  545. 

GROUPE,  de  l'Italien  Groffo,  ncud  ;  c'eft  en  Peinture  &  Sculpture  rallen.blage  de  deux 
ou  pluficurs  Figures  qui  compofentun  fujet,  &:en  Architedure  celui  de  plulieuis  Colon- 
nes accouplées:'  ainfi  Grouper  des  Colonnes,  c'elUesdifpoferpar  troisouquatre.p.  1 5}. 
&  504.  P/,  91.  &c. 

GRUAU.  Voyex  ENGIN. 

GRUE  ;  c'eft  la  plus  grande  des  Machines  qui  fervent  dans  un  Attelier ,  pour  monter  les  far- 
deaux :  elle  eft  compofe'e  de  plufieurs  pièces  de  bois,  dont  les  principales  font  l'arbre  ou 
poinçon  fortifié  de  fes  arcboutans ,  empatemens  &  moilès ,  la  Grue ,  la  roue  ,  le  tambour, 
le  treuil.  Sec.  &  elle  eft  ainfi  appellée ,  parce  qu'elle  avance  comme  le  col  d'une  Gn<^'. 
p.  14  ;.  Lat.  Gr«j  félon  Vitruve. 

GRURIE.  Maifon  fituée  prés  d'un  Bois  ou  d'une  Foreft  ,  &  compofe'e  de  Cours ,  Ecuries  , 
Muettes  Si  locremens  pour  quelques  Officiers  des  Chades,  où  ils  tiennent  leur  Jurifdiâiion  , 
comme  la  GrKrif  du  Bois  de  Boulogne  prés  Pans.  p.  3  ^7. 

■GUERITE;  c'eft  un  petit  Pavillon  quatre  ou  d'autre  figure,  comme  les  deux  qu'on  bâtit  à 
l'entrée  d'un  Château,  &  ou  fe  retire  la  Sentinelle  pendant  le  mauvais  temps:  &  parce 
qu'elle  y  ferre  fes  armes,  on  le  nomme  znÇ^i  Gard' armes.  Quand  ces  fortes  de  G«m/« 
font  à  l'entrée  d'un  Palais,  elles  ont  quelque  décoration  ,  comme  celles  du  Château  de 
Vcrfaillcs,  qui  fervent  de  Piedeftaux  à  des  Groupes.  P/i  64  A.p.  i87.Lat.P/«te«jfeloa 

Vitruve. 

GUETTE.  Poteau  incliné  fervant  de  décharge  pour  reveftir  &  contrcventer  un  Pan  de  bois  ; 
&  lorfqu'il  eft  croifé  avec  deux  Guctirons  de  fa  groifeur ,  il  forme  une  Croix  de  S.  An- 
dré.    On  appelle  auflî  Guettrons ,  les  petits  poteaux  inclinés  fous  les  Apuis  des  Croifécs. 
PI.64B.P.  189. 
UEULE  DROITE  Se  RENVERSE'E.  T.  CIMAISE  &  DOUCINE. 

■GUICHET ,  du  vieux  mot  Hmchet ,  ou  petit  Huis  félon  Borel  ;  c'eft  une  petite  Porte  auprès 
d'une  grande,  qui  fert  pour  pafTer  les  gens  de  pied.  C'eft  aufii  dans  un  Ventail  déporte 
cochere,  une  petite  Porte  pour  palTer  ordinairement ,  afin  de  n'eftre  pas  obligé  d'ouvrir 
trop  fouvent  la  grande  Porte.  P/.  63  A.p.  iS5.Lat.  Ojiiolurn. 

^Guichet  de  croise'e  ;  c'eft  l'aflemblage  qui  porte  le  chalTis  de  verre  dans  une  Croifce. 
On  donne  aufli  ce  nom  aux  Volets,  qui  le  ferment  par  dedans.  P/.  50.^.  143.  &:P/.  100. 

p.  ?4i- 

GUIGNAUX.  Pièces  de  bois  qui  s'alTemblent  entre  les  chevrons  d'un  Comble,  pourfairc 
le  paOagc  d'une  Souche  de  cheminée  ,  &  retenir  les  chevrons  plus  courts  que  les  au- 
tres. Ces  Giu^naux  ,  font  dans  les  Couvertures  le  même  effet ,  que  les  Chevêtres  dans  les 
Planchers. 

■GUILLOCHIS.  Ornement  de  deux  reglets  parallèles  ,  qui  fe  taillent  fur  les  faces ,  plateban- 
dcs,  &  fofires  d'Architrave,  &  qui  font  plufieurs  retours d'équerre ,  lailfantunefpacc 
égal  à  leiir  largeur.  Il  y  enaderonds&  de  quarrez,  defimples,  dédoubles,  &  d'autres 
entrelaflcT  avec  rofes  &  fleurons  dans  le  milieu.  Cet  ornement  eft  antique,  puifqu'ils'ca 
voit  au  Plafond  du  Temple  de  Mars  le  Vangcur  à  Rome.  PL  B.  p.  vu.  &  P/.  10 1 .  p.  3  43 . 

GuiLLocHis  PI  v.^RTERRE.  Compârùmèns  quaricz  de  buisoudegazondanslesPdr/fr- 


D'ARCHITECTURE,  &c.  127 

GUIMBERGES.   Ce  mot  s'entend  dans  Philibert  de  LormeI;v.  4.  Cfc.  lo.  de  certains  orne- 

inens  de  mauvais  goût  aux  Clefs  rufpenduës,  ou  Cùs- de-lampe  des  Voûtes  Gothiques. 

pu^.  541. 
GUINDAGE.  Terme  de  Marine  ,  dont  M.  Perrault  s'efl:  fervi  dans  fa  Traduction  de  Virru- 

ve,  pour  figiiifier  récjuipage  des  poulies,  moufles,  &  cordages  avec  leurs  halemcns, 

qu'on  attache  à  une  Machine  &  à  un  fardeau,  pour  l'enlever  ou  le  defceudre  j  cequiell 

fit^nifie'  ^JiT  Carchejiiim  dans  Vitruvc  Liv.  10.  Ch.  il. 
GUÎNDAL.  royex  CHEVRE. 

GUINDER  5  c'cft  enlever  un  fardeau  par  le  moïen  de  quelque  machine. 
GUIRLANDE.    Efpece  de  petit  Fefton  forme  de  bouquets  d'une  même  grofTcnr,  donton 

fait  des  chiites  dans  les  ravalemens  des  Pilailres  d:.Montaus ,  &.dans  les  Frifcs  &  Panneaux^ 

desCompartimens.  p.  347. 
GYP.  yojcK'  GIP. 

H. 

HACHER;  c'eft  en  Maçonnerie  couper  avec  h  Hachette  y  pour  faire  un  fenformis ,  uu 
enduit,  un  cre'pi  ou  une  tranche'e  ;  Et  c'eft  en  Charpentetie,  faire  des  ruinures ,  ou 

hoches  avec  la  Huche,  pour  hourder  une  Cloifon  ,  un  Pan  de  bois,  ou  un  Plancher  ruiné 

&  tamponne'. 
Hacher  une  pierre;  c'eft  avec  la  Hûr^e  du  marteau  à  deux  layes ,  unir  le  parement  d'une 

P^frrfdure,  après  que  les  cifelures  en  fout  relevées ,  pourenfuitelaruftiquer  ,  oulalayec 

&traverfer,  s'ilcft  befoin. 
Hacher  a  la  plume  ;  c'eft    dans   l'Art   de  deffiner  ,    faire  des  ombres  &  teintes,  par 

des  lignes  les  plus  égales  &  parallèles  que  faire  fe  peut.     Et  Contre-hâcher  ;  c'eft  paf- 

fer  des  fécondes  lignes  quarrément  ou  diagonalcment ,  pour  faire  les  ombres  plus  fortes. 

T-  358. 

HALER  ;  c'cft  lier  un  cable  à  une  pièce  de  bois ,  en  y  faifant  un  Hakment ,  ou  neud 
pour  l'enlever.  Nicod  prétend  que  cemot  vient  de  l'Hébreu  Hj/j,  qui  fignifie  monter  , 
enlever,  p.  ?  58. 

HALLE;  c'eft  une  Place  ou  Marché  public,  entouré  de  Boutiques  &  de  Portiques,  où  l'on 
vend  les  danrées  &  autres  chofes  nece/Taircs  à  la  vie,  commelaHa/Zf  de  Paris.  Ce  moc 
vient  du  Grec  i^4lon-,  Aire:  ou  félon  M.  Ménage,  du  Latin  Ha/Z^e ,  des  Rameaux  fècs  , 
dont  on  couvroit  autrefois  les  Huiles-,  ou  Marchez  publics,  p.  308.  Lat.  Forum  apri- 
cum. 

Halle  couverte;  c'eft  une  efpece  de  Portique,  foùtenu  par  des  Piliers  de  pierre  ou  de 
bois,  ouvert  de  tous  cotez,  &  renfermé  dans  une  enceinte,  où  l'on  vend  quelque  mar- 
chandife  particulière ,  comme  les  Ha/Zr/ au  bled,  au  vin,  au  cuir,  &c.  Lat.  Forum  fubtC' 
gulancum. 

HARAS  ;  c'eft  pat  raport  à  l' Architeâiure  ,  un  grand  lieu  à  la  Campagne compofé  de  Loge-- 
mens ,  Ecuries,  Cours ,  Préaux  ,  &c.  où  l'on  tientdesjumens  poulinières  avec  des  éta- 
lons pour  peupler.   Les  Huras  du  RoiàS.  LcgerenLiveline,  font  les  plus  confiderables. 

P-  5  57- 
HARDL  Epithete  qu'on  donne  en  Architecture  aux  ouvrages  ,  quinonobftant  la  delicatelîc 
dcleur  conftruCtion  ,  leur  hauteur,  &  leur  étendue  ,  fubfiftent  avec  admiration  ,  comme 
les  plus  belles  Eglifcs  Gothiques ,  &  particulièrement  le  Couvent  &  la  Chapelle  de  Belena 
prés  de  Lisbonne,  où  font  les  Sépultures  des  Rois  de  Portugal.  Ondonneaufllcenom 
aux  ouvrages  extraordinaires  de  Coupe  de  Pierre,  ou  de  Trait,  comme  aux  Trompes  de 
divcrfes  fortes,  aux  Rampes  dEfcaUer ,  &  aux  Voûtes  qui  portent  en  faillie,  ou  qui 

ont 


i^!q  EXPLICATION   DES   TERMES 

*oiu  peu  tk  montée  fur  une  large  bafe  ,  ainfi  que  h  Voûte  du  Jubé  de  rOro;uc  de  S.  Jean  en 
Crcvc  à  Pans,  celle  du  Veft'ibule  de  la  Mailbn  de  Ville  d'Arles  en  Provence,  &c.  Ce 
in  or  le  dit  encore  d'un  fardeau  d'un  ç^rand  poids  porté  bien  à  plomb  (ur  de  petites  Colonnes 
ifolécs,  comme  le  Chœur  de  l'Eglife  dcNôcre-Damede  Mante,  le  Refedoirc  de  l'Ab- 
baye de  S.  Denis  en  France,  &:c. 

HARMONIE.  Terme  ufué  par  comparaifonavec  la  Mufîquc  ,  pour  fignifîer  l'union  &  le 
raport  qu'ont  encre  elles,  les  parties  d'un  Bâtiment.  Prfp(f&:  p.  i8i. 

HARPES.  Pierres  qu'on  laillc  alternativement  en  faillie  à  répaifllur  d'un  mur,  pour  faire 
Jiaifon  avec  un  autre,  qui  peut  être  conltruit  dans  la  fuite.  On  appelle  auflî  Hj?  pcj  ,  les 
pierres  plus  larges  que  les  carreaux  dans  les  Chaînes,  jambes  bcutifles,  Jambes  fous- 
poutre  ,  &c.  pour  faire  liaifon  avec  le  relie  de  la  maçonnerie  d'un  Mur.  P/.  66  B.p.  141 . 
Voyez  Pierre  d'attente. 

HARPIE.  Oifeau  ou  monflre  fabuleux,  qui  a  la  tête  &  le  fein  d'une  fille,  les  aîles  d'une 
chauve-fouris,  de  grandes  grifcs,  &  la  queue  d'un  dragon.  Onen  voitdans  l'Architedu- 
re  Gothique  aux  GargoiiiUcs,  Encorbellemens ,  Cùs-de-lampe  ,  &:c.p.ix.&  541. 

HARPONS.  Morceaux  de  fer  droits  ou  coudez,  pour  retenir  les  Cloifons  &  lesPansde 
bois.  Les  Anciens  en  faifoient  de  cuivre,  qu'ils  couloient  en  plornb,  pour  lier  les  pierres, 
p.  347.  hit.  Kstinacuiajerrea. 

HAUBAN.  %f~  CABLES. 

H.'i.rJBANERi  c'efl:  arrêter  à  un  piquet,  ou  à  une  groflè  pierre ,  le  Ha«td«  d'un  Engin  on 
d'unGruau,  pour  le  tenir  ferme  ,  lorfqu'on  monte  quelque  fardeau. 

HAUTEUR.  On  dit  qu'un  Bâtiment  eit  arrivé  à /:'a«ft7.'r,  lorfque  les  dernières  arafes  font 
pofées ,  pour  recevoir  la  Couverture.  On  dit  aufli  Hauteur  d'npHi,  pour  lignifier  trois  pieds 
de  haut:  &:  Hauteur  de  marche  ,  fix  pouces,-  parce  que  ces  grandeurs  font  déterminées  par 

rUfagc.  p.  168.  ,  ,       1      j, 

HEBERGE.   Terme  de  la  Coutume  de  Paris,  pour  exprimer  la  hauteur  ou  l'étendue  d  un 

Héritage  ,  par  refpecl:  à  des  Héritages  voifins.  Ce  mot  fignifioit  autrefois  Logement ,  aufll 

y  a-t-iî  apparence  qu'il  vient  de  l'Alemand  Hericrj^oi , 'loger.     Ondits  Héberger ,  pour 

s'adoliér  fur  &  contre  un  mur  mitoïcn.p.  358. 
HELICE.  Voyez  Ligne  hélice. 
Hélices  ou  Urilles.   On  nomme  ainfi  les  petites  Volutes  ou  Caulicoles ,  qui  font  fousla 

Pleur  du  Chapiteau  Coruuhien.   Lemotde  HfàVc-,  vient  du  Grec  £//x  ,  efpece  de  lierre  , 

dont  la  tige  fe  tortille  ,  comme  celle  de  la  Vigne.  P/.  18.  p.  67. 
Hélices  entrelasse'es  ,  celles  qui  font  tortillées  eiifemblc  ,  comme  aux  Chapiteaux  des 

trois  Colonnes  de  Campo  Vaccmo  à  Rome.  p.  z  94. 
HEMICYCLE.  On  appelle  ainfi  le  trait  d'un  Arc  ou  d'une  Voûte  form.c'e  d'un  Demi-cercle 

parfait,  qui  fe  divife  en  autant  de  parties  égales ,  qu'on  veut  tailler  de  Voulloirs  pour  la 

bander,  obfervant  toujours  que  la  Clef,  qui  fer  c  à  la  fermer  ,  fcic  d'une  Iculc  pierre  5c 

au  milieu,  p.  141.  Voyez  DEMICERCLE. 
HEPTAGONE  &  HEXAGONE.  Voyez  POLYGONE. 

H:^RM1TAGK,  du  Lat.  Ercmus -,  un  dcfcrt  ;  c'eft  dans  un  lieu  fo'itaire,  une  petite  Habi- 
-      tation  avec  Chapelle  ou  Oratoire  &  Jardin,  où  un  HfrwUf  fait  fa  demeure  ,  éloigné  du 

<;ommerce  du  monde.  On  appelle  aulVi  quelquefois  Hermita^e ,  une  Maifon  de  Campagne, 

feule  &  détournée  du  grand  chemin,  p.  3  57. 
HERONIEREi  c'eft  dans  un  Parc,  un  lieu  feparé  auprès  de  quelque  Etang  ou  Vivier  ,  ou 

l'on  élevé  des  Hérons ^  comme  la  Hcromere  de  Fontainebleau,  p.  557.  Lat.  t^rdeolare 

^viitrium. 
HERSE-,  c'eft  une  efpece  de  Barrière  en  forme  de  PalilTade  à  l'entrée  d'un  Faux-bourg,-  elle 

diffère  neantmoins  de  la  Barrière,  en  ce  que  fes  pieux  font  pointus ,  pour  empêcher  de 

palier  pardcfius.  p.  3 1 5  •  Lat.  K^^agulum. 
HEURT  i  c'eft  l'eudroïc  Je  plus  élevé  d'uucruc,  d'imc  chauflcc  >  ôcc.oulcfomœetdela 

mon- 


D'ARCHITECTURE,  &fc.  129 

montre  d'un  Pont ,  d'après  lequel  on  donne  à  droit  &  à  gauche  la  pente  pour  re'coulemenc 
des  eaux  ,  lorfqu'on  ne  peut  pas  les  faire  aller  d'un  même  côte'. 

HKURTOIR.  Pièce  de  menus  ouvrages  de  fer  ,  en  forme  de  Confole  renverfce  ,  quiferti 
fraperà  une  Porte.  P/.  (Î5  C.p.  117. 

HIE.   VoyeK  MOUTON. 

HIEMENTj  c'ed  en  Charpenterie  ,  le  mouvement  involontaire  d'un  Aflemblage  de  pièces 
de  bois ,  caufe  par  l'effort  des  vents ,  ou  par  le  branle  de  grofles  cloches  ,  comme  il  arrive 
auxFlêches,  &  Béfrois  des  Clochers.  C'eft  audl  le  bruit  que  fait  une  Machine  ,  quand 
•  elle  e'Ievc  un  pefant  fardeau.  On  appelle  encore  Hiement ,  la  manière  de  battre  les  pieux 
avecl'Engm  pour  les  enfoncer  ,  en guindant  la  H/c par  le  moïen d'un  treuil,  &lalâchauc 
avec  un  S  defer  enbafcule  ,  appclIeeDcc//ç//p. 

HIEROGLYPHES  ;  ce  font  des  Figures  d'hommes,  d'animaux,  de  caracfteres ,  &c. gra- 
vées fur  des  Obelifqucs ,  par  lefquelles  les  Egyptiens  exprimoient  les  maximes  de  leur 
Religion,  &  de  leur  Philofophie.  Ce  mot  elt  compofe' du  Grec  leros ,  facré  ou  mysté- 
rieux ,  &  Glyphis ,  gravure,  p.  9  > . 

HIPODROME;  c'étoit  chez  les  Anciens,  un  lieu  en  longueur  circulaire  par  les  deur 
bouts,  &  entouré  de  Portiques:  dans  lequel  on  exerçoit  les  chevaux  à  la  courfe ,  com- 
me celui  qui  étoit  à  Conlhntinople,  Se  que  les  Turcs  appellent  aujourd'hui  zÂtmrj- 
dany  c'eft-à-dire  Place  aux  chevaux.  Ce  mot  vient  du  Grec /ppoy  ,  cheval,  &  c/rcwo/,  cour-» 
•fe.  p.  508. 

HOCHES,  ou  COCHES.  Petites  entailles,  qu'on  fait  pour  repérer  ou  marquer  la  lar- 
geur des  murs,  fur  les  pièces  de  bois  qu'on  a  fcelle'es  pour  tendre  les  lignes,  pa^.  2.31. 
Lat.  Cren£. 

HORLOGE.  Compofition  d'Architeâiure  &  de  Sculpture  avec  attribus,  laquelle  renferme 
des  mouvemens  qui  font  tourner  infenlîblement  l'aiguille  d'un  Cadran  ,  &fonnerunou 

-  plufieurs-timbres.  Il  y  a  des  Hor/o^fi' ,  qui  outre  les  heures ,  marquent  encore  les  minutes, 

^  les  jours,  les  mois,  lesfaifoiis,  &:  le  cours  des  Planettes,  &font  mouvoir  quelques  peti- 

'   tes  Figures  ,  comme  ceux  de  Lion  &  de  Strasbourg,  p.  joé>. 

HORTOL  AGE.  On  appelle  ainfi  la  partie  d'un  Jardin  potager  ,  qui  eft  occupée  par  des  cou- 
ches,  &  carreaux  de  plantes  balles  &  de  légumes  ,  commelegrand  Jardin  qui  elt  au  mi- 

'-.  heu  du  PotagerduRoi  à  VerfaïUes.f».  558. Lat.  ^reaolitoria. 

HOSPICE;  c'elt  dans  un  Couvent,  ou  Maifon  de  Communauté',  un  logement  deftine' pour 

->  ceux  qui  viennent  de  dehors  ,  5c  ne  font  que  paffer  ou  féjournent  peu  ,  lequel  eft 
quelquefois  fepare'  du  Couvçnt,  On  peut  aulTî  nommer  Hofpice  ,  certaines  grandes 
Hôrelertes  pour  loger  les  Voïageurs  dans  des  Païs  peu  habitez  ,  &  que  les  Turcs  ap- 
pellent Caravanfera  -,  qui  font  chez  eux  de  grands  Bitimens  d'un  feul  Etage  ,  où  les 
Caravanes  n'ont  que  le  couvert ,  &  dont  le  plan  elt  ordinairement  de  forme  quarrée  ,  avec 
des  Portiques  à  rentourd'imc  Cour  ,  poury  mettre  à  couvert  les  chevaux  &:  les  chameaux  : 
des  Chanibres  pour  les  Marchands  &  Voïageurs  :  &  des  Magazius  pour  les  marchandifes. 
p.  351.  Lat.  Hofpitium. 

HOSPITAL.  Grande  Maifon  qui  fert  de  retraite  aux  Pauvres  &  aux  Malades,  autant  pour  le 
fècours  fpirituel  que  pour  le  temporel  :  Et  qu'on  nomme  dittcremment  en  divers  endroits, 
comme  Hotcl-DicK -,  Char, te-,  ^nrnonc,  Malaclerie-,  Sec.  Les  Ho/pitjux,  doivent  ézïeinuez 
à  rOrient  d'une  Ville,  s'il  elt  poflîble  ;  parce  que  les  vents  n'étant  pas  li  violents  de  ce 

~    côtc'-là,  portent  moins  de  mauvais  air.  p.  5  31.  Lat,  Nojocomium. 

HOSTEL  ,  c'elt  dans  une  Ville  ,  une  Maifon  de  diftinction  entre  les  autres,  habite'e  par  une 
Perfonne  de  qualité  :  &  'c'elt  ce  que  les  Romains  appelloient  ^des.  On  nomme  encore 
Ho\lel ,  une  groflè  Auberge  ,  où  logent  des  Perfonnes  de  Province ,  des  Etrangers  de  con- 
fîderation,  &:c. Lat.  Dow/c/7//<w.p.  I7  5.zz3,&c. 

HosTEL  ,  ou  Maison  de  ville,-  c'eft  on  Bâtiment  public  ,  où  s'alTemblent  les  perfonnes 
prc'pofées  aux  Regleniens  des  aiFaires  de  la  Vdie  ,   &  où  l'on  garde  les  Archives. 

•-  •     Tome  IL  ^  R  '  L'Ho//d 


j^o  EXPLTCATrON  DES  TERMES 

VHoflel  de  faille  de  Paris  ,  commence  fous  François  Premier ,  &  achevé  fous  Henry  Se- 
cond ,  eft  du  dcflcin  de  François  deCortoue.p.  185.&  }  30.Lar.  Bjfilica, 

HosTEL  DE  MARS.  On  pcut  appellcr  ainfi  un  grand  Bâtiment ,  où  l'on  retire  &  entretient 
Jes  Soldats  incapables  de  fervice  ,  ou  par  leurs  blefTures  ,  oupar  leur  ^randâge  ,  comme 
VHûfîcl  Royal  des  Invalides  à  Paris  ,  commence  à  bâtir  en  1671.  fur  le  dellein  de  M. 
Bruand  Architede  du  Roi.  Les  Romains  nommoient  ce  Bâtiment ,  Tabema  meritoria  , 
c|ui  (lénifie  logement  ,  ou  retraite  pour  les  Soldats ,  qu'ils  appelloient  Milites  emeriti ,  c'eft- 
à- dire  Soldats ,  qui  ont  mente  par  leurs  fervices  depuis  certain  âge  ,  d'être  entretenus  aux 
ddpens  de  la  Republique.  Cet  Edifice  e'toit  autrefois  à  Rome  ,  oùeftaujourd'iiui  i'Eolife 
de  Sainte  iMarie  au  de-là  du  Tybre.  p.  3  3 1. 

HosTEL-DiEu.  Voye:^  HOSPITAL. 

HOSTELERIE.  Grande  Maifon  garnie,  compofée  de  Cours,  Chambres,  Ecuries Scaii^ 
très  lieux  ncceiïaircs  ,  pour  loger  &  nourrir  les  Voïageurs  ,  ou  les  Peifonnes  qui  tout  quel- 
que fc'jour  dans  une  Ville,  p.  3 19.  Lat.  Dtver/ortum. 

HOTTE  DE  CHEMINEE;  c'ell  le  haut  ou  le  Manteau  d'une  Cfcfw/«ff  de  Cuifinc,  fai- 
te en  forme  piramidale  ,  &  en  manière  de  trémie  ;  c'eflauffi  le  glacisen  dedans,  pareil 
Je  Manteau  fe  joint  au  Tuyau  vers  l'Enchevêtrure,  pag.  158.  PL  55.  Lat.  hfu- 
mtbt4lum. 

HOURDER  ;  c'eft  maçonner  des  moilons  ou  plâtras ,  avec  mortier  ou  plâtre  gro/Iîerement; 
c'cfl:  aulîi  faire  l'Aire  d'un  Plancher  fur  des  lattes.  Hourdi ,  fe  dit  de  l'ouvrage  ,  &  c'cft  ce 
qu'on  doit  entendre  dans  Vitruve  par  E^deratio.  p.  351. 

HUISSERIE ,  du  vieux  mot  François ,  Huis ,  une  Porte  ;  c'eft  l'alTemblage  du  linteau  &  des 
poteaux  d'une  Porte  de  Charpente.  Ce  mot  fe  dit  aulTi  de  la  Menuiferie  de  la  Porte,  p.  m, 
Lat.  0(lium. 

HUTE.  Fbye:z  BARAQUE. 

HYDRAULIQUE  -,  c'eîl  une  Science  qui  enfeigne  l'Art  de  trourer  les  eaux ,  de  les  condui- 
re,  &:  de  les  élever  par  machines.  Cemot  vientdu  Grec//y(ird«//"j ,  Eaufonnante,  ou 
parce  que  les  eaux  dont  la  chute  ou  relancement  eft  règle  ,  font  un  murmure  harmonieux, 
on  parce  que  les  premières  Machines /?jiird«//2«M,  ont  fervi  à  faire  jciier  des  Orgues ,  & 
autres  inftrumens.  p.  114. 

HYPERBOLE.  Figure  Géométrique,  faite  par  une  fecftion  du  Cône  à  angle  droit  fur  fon 
plan  ,  &:  par  confequent  parallèle  à  l'axe.  PL  "f.  p.  j. 

HYPETRE  ;  c'cft  félon  Vitruve  un  Temple  ,  ou  biea  un  Portique  à  découvert.  Voye^ 
TEMPLE. 

HYPOCAUSTE.  Foye^  E'TUVE. 

HYPOTHENUSE  j  c'eft  dans  un  Triangle ,  le  plus  grand  côte'  oppofc'  à  un  Angle  droit  ou 
obtus,  comme  la  Bafe  d'un  Fronton.  On  la  nomme  aufli  £d/è ,  on  Ligne  fubtcndante.  Ce 
mot  dérive  du  Grec  Hypotcinein ,  foûtcnir. 

L 

JALONS  ;  ce  font  des  perches  blanchies  par  les  bouts  ,  pour  bornoyer  &  donner  des  aligne^; 
mens  pour  les  Bâtimens,  les  Jardins,  &  Avenues,  'jalonner  ;  c'eft  planter  des  jalons  d'ef- 
pace  en  efpace  pour  faire  l'opération  de  l'alignement,  p .  1 5 1 , 
JALOUSIE.  Fermeture  de  Feneftrc  faite  de  petites  tringles  de  bois  croifées  diagonalement ,. 
qui  laillént  des  vuides  en  lofangc ,  par  lefquels  on  peut  voir  fans  eftreapperceu.  Les  plus 
belles  ^aloufiesy  fe  font  de  panneaux  d'ornemensdefculptureévidés  ,  &  fervent  dans  les 
Eglifcs ,  aux  Jubés ,  Tribunes  &  ConfefTionnaux  :  dans  les  Ecoles ,  ou  Salles  publiques  , 
auxEcoutes,  Lanternes,  iSiailleurs,  £/,  70.._j.x5,}.Lat^  Tranftma= 

JAM- 


D'ARCHITECTURE,  3^c.  ,n 

JAMBAGE,  fe  du  d'un  Pilier  entre  deux  Arcades.  IlefldilFcrcnt  du  Trumeau  ,  enccqu'il 
a  quelque  dorteret  ou  pilaftre  ,  Se  que  le  Trumeau  eftfimple  entre  deux  Croifccs    p  lo 
PI.  y  Sec.  Toutes  Cônes  de  pmbages.  Piliers  quarrés  ,  &  Piédroits,  fontappclIc'sOrifcx)- 
//dr^par  Vitruve.  * 

Jambages  de  chemine'e,  font  les  deux  petits  murs  qu'on  élerc  de  chaque  côté  d'une  C^f- 
mince ,  pour  en  porter  le  manteau,  p.  1 6  o.  &c. 

JAMBE  5  c'eft  en  Maçonnerie  une  efpece  de  chainc  de  carreaux  &  de  boutifTes,  pourportct 
^entretenir  les  murs  d'un  Bâtiment.  P^.  6  j  A. ^.  18} . 

Jambe  boutisse,  celle  qui  ell  à  la  tefte  d'un  mur  mitoïen&- qui  commence  du  de/Tus  de 
l'Etage  du  rez-de-chaufle'e  &  fait  liaifon  avec  deux  murs  de  face.  On  appelle  Jambe  boutilTr 
w/w/f«;z(r,  celle  qui  porte  deux  retombe'es.  p.  3  z^.  ^' 

Jambe  e'triere,  celle  qui  eft  à  la  tefte  d'un  mur  m  itoïen  par  bas,  ou  qui  porte  deux  poi- 
trails ,  deux  retombées  ,  ou  deux  tableaux.  Les  fambesétrkres ,  font  ordinairement  faites 
de  quartiers  de  vnyc  de  pierre  d'Arcueil.  PL  ^48.  p.  189. 

Jambe  d'encôgnure,  celle  qui  porte  deux  poitrails  ou  deux  retombées  fur  deux  faces  d'u» 
Bâtiment,  ibid. 

Jambe  souspoutre.  Efpece  de  chaîne  de  pierre,  pour  porter  une  ou  plufieurspo«/rf/ de 
fonds,  p.  5 16.  Elledoiteftre  parpaigne  dans  les  murs  mitoïens ,  c'eft-à-dire  que  les  pier- 
res doivent  eftre  de  l'épaifTeur  des  murs  félon  l'Article  lo  7.  de  la  Coutume  de  Paris 

Jambe  de  force.  Voyez  FORCE. 

JAMBETTE.  Petite  pièce  de  bois  debout,  pour  foulager  les  arbaleftriers ,  les  forces  &  les 
chevrons  d'un  Comble.  PL  64  A.  p.  1 87. 

JARDIN;  c'eft  prés  d'une  Maifon,  un  cfçace  de  terre  cultivé  &  garni  d'arbres,  de  fleurs, 
&c.  avec  fimmetne  &  décoration  pour  le  promener.  Ce  mot  vient  de  l'Alemand  Cartes ,* 
ou  de  r  Anglois  Garden ,  qui  fîgnifîe  la  même  chofe.  p.  i^o.PL  6<  A.  Sec. 

Jardin  potager.  Efpacc  feparé  &  clos,  ou  partie  d'un  ^Wz>;  pour  les  arbres  fruitiers 
leslegumes,  &c.  comme  celui  de  Verfailles.  p.  199.  Lat.  Hortusolitoriui.  * 

Jardin  de  plantes  medecinaies  ,  s'entend  d'un  fardin  deftiné  à  la  culture  des  fimplcs 
qui  regardent  la  Botanique  &  la  Chimie ,  comme  le  \ardin  Roial  du  f  auboure  S  Vidor  â 
Pans.  Lat.  Hortus  medicus.  ^ 

Jardin  suspendu;  c'eftoit  chez  les  Anciens,  des  Terrafles  élevées  fur  les  Voûtes  des  Edi- 
hces  ,  ou  l'on  plantoit  en  pleine  terre  des  Arbres  de  toutes  efpcces.  Ceux  de  Babyione  ont 
efte  les  plus  confiderables,  a  caufc  de  la  qualité  du  bitume  qui  faifoit  la  liaifon  de  leurs 
Voûtes  ,  &  qui  étoit  aufli  bon  que  le  ciment  pour  en  conferver  les  dehors  &  les  «Garantir  de 
1  humidité.  Lat.  Hortus  penfilis.  ^ 

JARDINAGE  ;  c'eft  l'Art  qui  enfeigne  la  manicrc  de  décorer,  de  planter  &  de  cultiver  les 
prdms.  M.  Le  Nautre  a  beaucoup  contribiic  à  la  perfedrion  de  cet  Art.  p.  1 90. 

JARDINIER,  s'entend  non  feulement  de  l'Ouvrier  qui  eft  chargé  du  foin  &  *de  la  culture 

dun  W/«,  comme  Fleur, jle,  Orangtfiey  Pepimeri(îe,Botanipe,Marechais  &  des  garçons 

*^Vo%''^"''  Tn  ^,  "''i'  4uien<lonnelesdefleins,  ou  qui  les  trace ,  ^'an'on  nomme 
ZUlli  Dejjinateur  de  Jardin,  tbid.  ^ 

JARET  ;  c'eft  dans  une  ligne  courbe  ou  droite,  un  angle  ou  une  onde  qui  en  ofte  l'égalité 
ducontour:  à  pour  lors  on  dit  fort  à  propos  .  que  cette  ligne /jrmf;  ccqui  fe  ditaullidcs 
Voûtes  &  Arcades ,  qui  ont  ce  défaut  dans  la  courbure  de  leur  douelle.  p.  91. 
JASPE.  ybyeK  MARBRE.  ^  ^ 

JAUGE;  c'eft  dans  une  tranchée  qu'on  fait  pour  fonder ,  un  bafton  étalonné  de  la  profon- 
deur &  largeur  que  doit  avoir  cette  tranchée  ,  pour  la  continuer  également  dans  fa 
longueur.  ** 

Jauge  Terme  de  Fontainier ,  qui  fignifîe  lagrolTcur  d'une  Conduite  d'eau  ou  d'un  Ajutaor 
Ainli  on  dit  que  cette  Conduite  ou  cet  Ajutage ,  a  tant  de  pouces  de  fau^e ,  pour  fienifieriâ 
.|«an«tc  de  pouces  d'wu  qu'il  donnc.Cc  mot  fe  di  t  aulTi  de  i'initiuraent  Sycc  lequel  ouya^a* 


jy^  EXPLICATTON   DES  TERMES 

JAUGER  i  c'eft  reporter  une  mefiire  égale  à  une  autre  &  la  repérer  :  Se  Contre- j attger  ;  c'eft 
rendre  des  cfpaces  &  hauteurs  parallèles.  Oa  à\t  fauger  une  pierre  ,  pour  coimoître  fi  fon 
cpaillcured  cj^ale.  p.i3i. 

Jauger  l'eau  j  c'eft  par  le  moyen  de  la  fiiuge -,  connoître  la  quantité' dViîw  qui  fort  d'une 
Source  vive,  ou  d'une  Conduite;  ce  qui  fe  fait  me'caniquenent  avec  cette  ^a;r^f,  quieft 
ordinairement  une  boëtc  de  bois  quarrée  ,  bienailemble'e  ,  godronne'c,  &  percée  par  de- 
vant d'autant  de  trous  d'un  pouce  de  diamètre  ,  qu'onpeut  à  peu  prés  juger  que  la  Source 
fait  à' eau:  enforte  qu'à  melurc  qu'elle  s'emplit  6c  le  vuide  ,  elle  eu  refte  également  char- 
o-ée  en  bouchant  quelques  uns  de  fes  trous,  &  n'en  laiflant  que  ce  qu'il  en  taut  jultement 

►  '  pour  confcrver  fon  égalité;  ainfi  on  connojt  par  le  nombre  des  trous,  combien  de  pouces 
d'f<î«fortent  de  cette  Source  ou  de  cette  Conduicte.  On  /awçf  encore  i'e*iw  avec  la  Pendule  ; 
mais  l'opération  en  ell  tropfpeculative  ,  pour  la  pratiquer  facilement. 

JAUNE.  FoyeK  COULEURS. 

ICHNOGRAPHIE  ;  c'clt  la  rcprefentation  geometrale  du  Plan  d'un  Bâtiment.  Cemot 
vient  du  Grec  Ichno- raphia,  compote  d'icnnos ,  vcllige  ,  &  Giapki  delcripcion.  C'cftce 
qu'on  nomme  aufll  Scclion  horiKontatc.  f.  3  57.  Vbye:;,  PLAN. 

IDEE.  Première  production  qu'on  s'eft  imaginé  lur  quelque  lujet ,  ou  projet  de  traiter  en 
gênerai  d'un  Art  ou  d'uue  Science,  corame  Scamozziqui  a  intitulé  fon  Livre.  Idce  de  i'^r- 
ch'teClure unherjelie.  p.  5 6. 

JET.   Ce  mot  fe  dit  d'un  ouvrage  de  fonteyfffr  tout  d'un  coup  en  cire  perdue,  comme  la  Fi- 

■  gureduRoi  delaPlacedes  Vicloires  avec  la  Renomméequi  la  couronne,  laquelle  ell  fon- 
due d'un  feul  ^et,  &  les  Colonnes  du  Baldaquin  de  S.  Pierre  de  Rome  ,  qui  font  de  trois 
^jets.  On  dit  àudïjetter  en  bronze. 

JET-D'EAU.  Fontaine  qui  s'élance  à  plomb  par  un  feul  ajutage  ,  qui  en  détermine  la  grof- 
feur  ,  comme  le  grand  jet  de  Marly  ,  qui  avec  une  conduite  de  fer  de  tuyaux  à  bride,  gref- 
fe d'un  pied  &■  longue  de  5  co.  toifes  ,  a  1 5  $.  pieds  de  chute  ,  &:  par  un  ajutage  de  33, 
]ifTncs  de  diamètre,  s'élance  à.  1 1  6.  pieds  de  haut.  Ce^ff  monteroitprefqueauffi  haut 
que  fa  f'ource,  fi  fon  niveau  de  pente  ctoit  réglé  dans  la  longueur  fur  une  ligne  droite, 
mais  il  e(t  interrompu  vers  la  moitié,  d'où  ilcftprefque  de  niveau,  p.  198.  Lat.  Maliens. 

JETTEE,  fe  dit  d'un  Mur  de  Quay,  ou  d'un  Mole  dePortconftruit  dcgrosquartiersde 
pierre,  ou  de  caifïons  pleinsdemaieriaux7ft/f;:enMer  fans  ordre  &:  bloquez,  lorfqu'oa 
ne  peut  pas  faire  de  baltardcaux  pour  fonder  àfec.p.  24  5.  Lat.  Pulvinus. 

1EU  ;  c'eft  en  Mécanique  le  mouvement  facile  de  quelque  chofè,  parle  moïen  d'une  ouver- 
ture proportionnée.  Ainfi  on  dit  qu'une  Porte  a  duyfM  ,  lorfqu'elle  s'ouvre  ou  le  ferme  fa- 
cilement dans  fa  feuillure:  qu'un  Contrevent  a  du/f»  ,  lorlqu'ilglilfe  avec  facilité  dans  fa 
coulirte:  qu'un  Piflon  a  aufll  du  jeu  y  lorfqu'il  agit  hbremeut  dans  un  Corps  de  Pom^ 
pe,  &;c. 

JEU-DE-PAUME.  Lieu  plus  long  que  large  en  manière  de  grande  Salle,  fermédemursà 
une  certaine  hauteur  ,  audellus  delquels  font  des  piliers  de  charpente,  qui  portent  un  Com- 

.  ble  à  deux  égouts  avec  plafond.  Ll  a  d'un  côté  une  Galerie  pour  le  fcrvice  des  baies ,  6c  les 
S'jcclateurs  ,  &  quelquefois  une  autre  Galerie  à  l'un  de  fes  bours.  On  l'appelle  auffi  Tripot, 
p.  3  51.  Lat.  Qoryceiim  &  Sphariflcrium. 

Jeu  de  longue  paume.  Place  ou  Allée  large,  à  un  bout  de  laquelle,  eflun  toit  pour  le 
fervice  des  éteufs  qu'on  poulie  avec  des  batoirs.  Lat.  PaUjirapttans. 

Teux  d'eau.  On  appelle  ainfi  tous  les  Jets,  qui  par  la  différente  forme  de  leurs  ajutages, 
imitent  diverfes  figures  ,  comme  le  Verre,  la  Coupe,  le  Parafol ,  l'Aigrette,  la  Fleur- 
de-lis,  l'Artichaut,  leChandelicr  à  branches,  Sec.  Onappelleauffi  ^«<x<i'faK,  ceux  qui 
par  le  mouvement  de  l'eau,  font  /oiur  des  Orgues  &  autres  inftrumens ,  &  même  agir 
des  Fi<^ures,  comme  dans  la  Grote  du  Parnaflc  de  la  Vigne  Aldobrandine  à  Frefcati. 
p.  157. &  î 17- 

IMPASTATION.  Terme  qui  fîgnifie  le  mélange  de  plu(îeurs  matières  de  diTerfcs  couleurs 
'  &  con- 


D'A  R  C  H  I T  H  C  T  U  R  E,  &c.  135 

&confin:cnces,  paieries  &  liées  avec'cjuelquc  ciment  ou  maftic,  qui  durcit  à  l'air  ou  au 
feu,  comtne  l'impallation  des  ouvrages  de  poterie,  &  celle  des  marbres  feints ,  &  de 
ouelques  Colonnes  &:  Obehf  ques  antiques  ,  que  quelques-uns  ont  crii  avoir  e'te'  faits  par 
fu/ioii. 

IMPOSTE,  de  l'Italien /wpo/?(j,  furcharge' ;  c'eft  une  pierre  en  faillie  avec  quelque  profil , 
qui  couronne  un  Jambage,  &  porte  le  coufîînet  d'une  Arcade.  P/.  66  A.  p.  137.  Elleeft 
différente  félon  les  Ordres.  La  Tofcane  ,  n'eft  qu'un  Plinthe.  P/.  3.  p.ii.  LaDorique  a 
deux  faces  couronnées.  PL  10.  p.  19.  L'Ionique  a  un  Larmier  au-deffus  de  /es  deux  faces, 
'  &  fes  moulures  peuvent  être  taillées.  P/.  1 8 .  ;?.  45 .  La  Corinthienne  5c  la  Compofite,  onc 
Larmier,  Frife  &  autres  moulures  ,  qui  peuvent  aufll  être  taillées,  f.  91.  PI.  37.  Leslm- 
popes .,  font  appellées /ww;«6^  par  Vitruve. 

Imposte  coupée,  celle  qui  clt  mterrompuë  par  des  corps,  comme  par  des.  Colonnes  & 
desPilaftrcs,  dont  elle  excède  de  beaucoup  !eim.  V Impolie  Corinthienne  de  l'E^life  de 
S. Pierre  de  Rome,  quifaitun  fort  mauvais  effet,  efl  de  cette  manière,  p.  <)i. 

Imposte  cintrée,  celle  qui  ne  fe  profile  pas  fur  lo  piédroit  d'une  Arcade,  maisfert  de 
bandeau  à  cette.  Arcade,  &  retourne  en  Archivolte.  On  appclleauffi  Impojïe  cintre^  celle 
qui  elt  courbe  par  fon  plan,  comme  aux  Saions  ronds  &  Tours  de  Dôme.  p.  9<. 

Imposte  mutilée,  celle  dont  la  faillie  eft  diminuée  ,  pour  ne  pas  excéder  Je  nû  d'un  Dof- 
ferctoud'unPiIaftre,  comme  à  la  Fontaine  des  SS.  Innoccns  à  Paris,  p.  94.  &  248. 

IMPRIMER;  c'eft  dans  l'Art  de  bitir,  peindre  d'une  ou  de  plufieurs  couches  d'une  même 
couleur  à  huile  ou  à  détrempe,  les  ouvrages  de  Charpenccne  ,  deMenuiferie  ,  de  Serru- 
rerie ,  &c.  qui  fout  au  dedans  ou  au  dehors  des  Bâtimens,  autant  pour  les  conferver  que 
pour  les  décorer,  f.  ii8. 

INCRUSTATION;  c'eft  tout  revêtement  de  mur  de  maçonnerie,  par  carreaux  minces  de 
pierres  pleines  &  à  paremens  unis:  par  comparrimens  arafcz  &  dreflez ,  ou  avec  faillies: 
cartables  de  marbre  avec  crampons,  ou  tranches  minces  avec  maftic  :  ou  enfin  de  Mo- 
faïque,  Ltslncruflations  des  Panneaux  de  ravalement,  fefont  par  entailles  aux  Pilaftres  , 
Montans ,  Piédeftaux,  &e.  f.  i30.&?59. 

INCRUSTER  ;  c'eft  revêtir  de  pierre  ou  de  marbre  un  mur,  en  y  ajoutant  des  paremens 
&c  faillies.  C'eft  auffi  remettre  une  bonne  pierre  à  la  place  d'une  autre,  qu'on  eft  obligé 
de  hacher ,  parce  qu'elle  eft  écornée  ou  éclatée  fous  la  charge,  pag.  511. 

INFIRMERIE;  c'clt  dans  une  Communauté  ou  un  Hôpital^  une  Salle  ou  Galerie  en  belle 
erpofition,  &  fcparée  des  autres  Bâtimens  ,  pour  y  traiter  les  malades,  p.  531.  Lat.  Và- 

-  letitdintirium. 

INGENIEUR;  c'eft  un  Archicecle  militaire,  &  c'eft  par  raporr  à  l'Architecfture  civile, 
un  homme  intelligent  en  Mécaniques,  qui  par  les  machines  qu'il  invente,  augmente  les 
forces  mouvantes,  autantpour  traîner  &:  enlever  les  fardeaux,  que  pour  conduire  &  éle- 
ver les  eaux.  p.  144. 

INSCRIPTION.  VbycK  ETIGRAPHE. 

INSCRIRE;  c'eft  en  Géométrie,  tracer  une  figure  dans  une  autre,  comme  un  Quatre  ou 
Polygone  dans  un  Cercle ,  enforte  que  les  angles  touchent  à  la  circonférence  :  &  cette  ope- 
ration  fe  nomme  Infcription. 

INSPECTEUR,  eft  un  homme  capable,  prépofé  de  la  part  de  celui  qui  fait  bâtir,  pour 

-  veiller  autant  aux  bonnes  qualitez  des  matériaux  ,  qu'à  la  prompte  exécution  ,  5t  à  la  pro- 
1  precoultruclionaes  ouvrages,  conformément  aux  Devis,  p.  144. 

INSTRUMENS.  Ce  mot  s'entend  du  Compas ,  de  la  Règle  ,  de  l'Equerre ,  &c.  qui  fervent 
pour  de(rir>er:&  du  Niveau,  duGraphometre  ,  &c.  qui  font  neceffaircs  pour  les  opéra- 
tions géométriques.  I!s  font  differens  des  Outils,  en  ce  que  ceux-ci  ne  fervent  qu'à  l'exe- 

.   cution  manuelle  &  pratique  des  ouvrages.  ».  258. 

Instrumens_  de  sacriïices.  Ornemensdel'Architedlure  Antique,  tels  que  font  les  Vafes,, 
Parères ,  Candélabres  ,  MafTes,  Couteaux  dont  on  égorgeoitles  YJ<^iines,  &c.  comme 

R  3  il  s'en- 


154  EXPLICATION  DES  TERMES 

il  s'en  voir  à  une  Frifc  d'Ordre  Corinthien  du  reile  d'un  Temple  derrière  le  Capitolc  à 
Rome,  &  aux  Métopes  Doriques  de  l'Hôcel  de  La-YtilUcre  à  Pans.  p.  IX.  &  14 

INTERSECTION.  V^^yc^  Toint  de  section. 

INTRADOS.  VoycK  EXTRADOS. 

INVENTION;  c'eftla  produdion  de  ceux  qui  nous  ont  précédé  ,  comme  les  plus  beaux 
Ordres  d'Architcdure,  qui  font  de  l'Invention  des  Grecs:  ou  c'cft  i'imafrination  d'une 
nouvelle  chofe  appropriée  à  un  fujet  convenable,  comme  ]'/>iVf/(nûM  d'un  Ordre  François» 
qui  n'a  pas  été  exécuté  pour  le  troifiéme  Etage  du  Louvre.  Préface. 

JOINTS.  Ce  font  les  réparations  d'entre  les  pierres,  qu'on  remplit  de  mortier,  de  plâtre, 
ou  de  ciment,  ou  qu'on  laifiè  à  (te.  p.  115.  &  155.  Lat.  Commiffurcc. 

Joints  de  lit,  ceux  qui  (ont  de  niveau  ,  ou  fuivant  une  pente  donnée.  PL  66  A.  p.iïj. 

Joints  montans,  ceux  qui  (ont  aplomb,  ibidem. 

Joints  quarrez,  ceuxqui(bntd'équerre  en  leurs  retours. 

Joints  en  coupe,  ceux  qui  font  inclinez  &  tracez  d'après  un  centre.  PL  66  A.  p.xx-j.  5c 

Joints  de  teste  ou  de  i-ace,  ceux  qui  font  en  coupe  ou  en  rayons  au  parement,  &  fe- 
parent  les  vouflbirs  &  claveaux.  PL  66  A.  p.  137. 

Joints  de  douelle,  ceux  qui  font  fur  la  longueur  du  dedans  d'une  Voure,  ou  fur  fépaifi 

feurd'un  Arc.  ibid. 
Joint  de  recouvrement  ,  cehjiquife  fait  ^zt  k recouvrement  d'une  marche  fur  une  au- 
tre, p.  i<.)6. 
Joint  recouvert;  c'eft  le  recouvrement  qui  fe  fait  de  deux  dales  de  pierre,  parlcmoïen 

d'une  efpece  d'ourlet ,  qui  en  cache  le  joint. 
Joint  feuille';  c'eft  le  recouvrement  de  deux  pierres  l'une  fur  l'autre  par  une  entaille  de 

leur  demi-épaifTeur. 
Joint  gras  ,  celui  qui  eft  plus  ouvert  que  l'angle  droit  :  &  Joint  maigre  ,  le  contraire, 

/M58. 
Joints  serre's,  ceux  qui  font  fi  étroits,  qu'on  eft  obligé  de  les  ouvrir  avec  le  couteau 

à  fcie ,  à  mefure  que  le  Bâtiment  talfe  Se  prend  fa  charge. 
Joints  ouverts,  ceux  qui  à  caufe  de  leurs  cales  épailfès ,  font  hauts  &:  faciles  à  ficher.  Oia 

appelle  a.n[W  Joints  ouverts  y  ceux  qui  fe  font  écattés  par  mal-façon,  ou  parce  que  le  Bâti- 
ment s'eft  afaiilé  plus  d'un  côté  que  d'autre. 
Joints  refaits,  ceuxqu'on  eft  contraint  de  retailler  de  lit  ou  de  joint  furie  tas,  parce 

qu'ils  ne  font  ni  à  plomb,  ni  de  niveau.  Ce  font  auffi  les  Joints  qu'on  fait  en  ragrcant& 

ravalant  avec  mortier  de  même  couleur  que  la  pierre. 
Joint  a  onglet»  celui  qui  fe  fait  delà  diagonale  d'un  retour  d'équerre  ,  comme  il  s'ca 

voit  dans  les  compartimens  de  marbres  &  les  incrultations. 
Joints  d'assemblage.  Vbyex  ASSEMBLAGE. 
JOINTOYEll,  c'cft  après  qu'un  Bâtiment  a  pris  fa  charge  ,  remplir  les  ouvertures  des 

Joints  des  pierres  d'un  mortier  approchant  de  la  même  couleur  :  &  quand  un  Bâtiment  eft 

vieux,  ou  conftruit  dans  l'eau  ^  en  R^jomtoyer  ou  remplir  les  Joints  d'un  mortier  de 

chaux  &  de  ciment,  p.  1 }  i . 
IONIQUE.  Foycx  ORDRE  IONIQUE. 
JOUE'E  ;  c'eft  dans  l'ouverture  ou  la  Baye  d'une  Tortc  ou  d'une  Croifcc,répaifleur  dumnr, 

laquelle  comprend  le  tableau,  la  feiiillure  &  l'embrafure.  On  appelle  auiîi  ^o«Ve  »  ou  f  f«, 

la  facilité  de  toute  fermeture  mobile  dans  fa  baye.  pag.  359. 
JoiiEES  DE  lucarne  ;  Ce font les côtcz  d'une  Lucarne ,  dont  les  panneaux  font  remplis  de 

plâtre.  PL  64  A.  p.  187. 
JoiiEES  d'abajour  ;  cc font Ics côtcz  rampans d'un o^td/owr  fuivant  leur  talut  ou  glacis. 

On  ditaulfi  Joitéa  de  foupirail,  pour  /îgnifierla  même  chofc  dans  un  Soupirail.  J^L  50. 

JOUILf 


D'ARCHITECTURE,  &:c.  15^ 

JOUILLIERES }  ce  font  dans  une  Eclufe ,  les  deux  murs  à  plomb  avancez  dans  l'eao  ,  qui  rc- 
tieiinenr  les  berges ,  8c  où  font  atcache'cs  les  portes  ou  coulilTes  des  Vannes.  P.  245 . 

JOUR.  Ce  mot  fe  dit  de  toute  ouverture  ,  ou  Baye  dans  un  mur,  par  où  l'oiJ  reçoit  de  la 
lumière.  On  nomme  jour  droit  y  celui  d'une  Fenêtre  à  hauteur  d'apui  :  Faux- jour  y  cd\ii 
qui  dans  œuvre  éclaire  quelque  petit  lieu,  comme  un  Retranchement,  un  petit  Efcalier, 
&c.  7o«rcfVii/7a«/,  celui  qui  eft  communiqué  par  un  Abajour,  unSoupirail,  une  Lucar- 
ne failtiere  de  grenier,  &c.  Et  four  à  plomb ,  celui  qui  vient  direéVement  parenhaut, 
commeau  Panthéon  à  Rome  &  au  Cu-de-four  de  la  Petite  Ecurie  du  Roy  à  Verfailles. 
p.  159.  Lat.  Lumen.  Vbye:^  BAYE. 

Jour  d'escalier  ;  c'efl:  dans  un  £/? d//>r  à  plusieurs  noyaux  ou  à  vis  fufpenduc  ,  refpace 
quarréourond,  qui  reite entre  les  noyaux  &  limons  droits  ou  rarapans  de  bois  ou  de 
pierre,  ^j.zç.  141. 

Jour  de  coutume.  Vbye\  VeiIe  de  coutume. 

JOURNEE,  s'entend  du  travail  d'un  homme  pendant  un  four.  H  y  a  de  trois  fortes  de 
fournées .  LzJ-onrnce  de  C Entrcprentur  -,  qui  ne  regarde  que  les  peines  &:  fatigues  des  Ou- 
vriers qu'il  employé.  Là  fournée  Bourgcoi/e  y  qui  s'entend  ie  l'ouvrage,  fous^la  conduite 
d'un  homme  de  la  part  du  Bourgeois,  fans  Entrepreneur.  Et  h  fournée  du  I{oi ,  qui  elfc 
pour  les  ouvrages  extraordinaires,  qui  ne  fe  peuvent  aprecier  ,  à  caufe  de  leurs  change- 
mens,  comme  les  Modelles  d'Architedure  ,  de  Sculpture,  &  de  Peinture.  On  paye  dans 
ks  Attcliers ,  une  moitié  ou  ui>  tiers  de  four  en  Hiver  ,  &  un  quart  en  Efté.  La  fournée 
de^  Ouvriers  eft  ordinairement  depuis  cinq  heures  du  matin,  jufques  à  fépt  heures  dit 
foir.  p.  189.  '     ^  r 

IRREGULIER,  fe  dit  dans  l'Art  de  bâtir,  non  feulement  des  parties  de  l'Architedure,  qui 
font  hors  des  proportions  réglées  par  les  exemples,  &  confirmées  par  les  Archuedes , 
comme  d'une  Colonne  Dorique  de  9.  diamètres ,  ou  d'une  Corinthienne  de  1 1 .  mais  zulVt 
des  places  pour  bâtir ,  dont  les  angles  &  les  cotez  ne  font  pas  égaux  ,  ainfi  que  la  plus-parc 
des  anciens  Châteaux ,  où  fans  fujetion  on  afFedoit  cette  irrégularité  y  comme  le  vieux 
Château  de  S.  Germain  en  Laye&  celui  de  Chantilly,  p.  136. 137.  &c. 

ISLE,  eltun  tertre  ou  une  langue  de  terre  élevée  dans  l'eau ,  revêtue  de  Quais  fuffifans 
contre  le  débordement  des  plus  grofles  eaux ,  &  couverte  de  maifons  avec  rues ,  qui  com- 
muniquent à  la  terre  ferme  par  des  Ponts,  comme  l'/yZe  du  Palais,  &  celle  de  Notre-Da- 
me à  Paris.  Ce  mot  fe  dit  aulTi  d'une  maifon  ifolée  ,  ou  de  plufieurs  jointes  enfemble  en- 
tourées de  rues  ,  qui  font  partie  d'un  Quartier  de  Ville,  p.  }o8.  Lat.  In/ula  lelon  Vi- 
truTc. 

ISOLE',  de  l'Italien  Ifola ,  uneifle.  Ce  mot  fe  dit  d'an  corps  détaché  de  tout  autre  ,  com- 
me eft  un  Pavillon,  une  Colonne,  une  Figure,  &c.  p.i^6. 

ISOLEMENT,  fe  ditdcladillancequ'il  y  a  d'une  Colonne  à  un  Pilaftre ,  d'un  Four,  d'u- 
ne Forge,  ou  d'une  Chaufled'Aifancc,  Sec.  à  un  Mur  mitoïen. 

JUBE';  c'eft  dans  une  Eglife,  une  Tribune  élevée  fur  la  Porte  du  Chœur ,  dont  elle  décore 
l'Entrée.  Le  fube  de  l'Eglifede  Saint  Germain  l'Auxerrois,  fait  en  manière  d'Arc-de- 
triomphe,  eft  un  des  plus  beaux  qui  fe  voyent.  On  donne  auffice  nom  à  la  Tribune  où. 
font  les  Orgues ,  &quifertauflipour  lafimphonie.  p.  ji4.&}39.  Lut.  Ptiipitum. 

K. 

TT"  lOSQUE;  c'eft  chez  les  Levantins,  un  petit  Pavillon  ifolé,  &  ouvert  de  tous  cotez  , 

*-^     qui  leur  fert  de  retraire  pour  prendre  le  frais,  &  jouir  de  quelque  belle  veuë.  Les  plus 

Mches  font  peints ,  dorez  &  pavez  de  carreaux  de  porcelaine  ,  comme  les  H^iofques  de  Con- 

ftantinople,  qui  la  plwfpait  oai  Kuo  fut  leCaïui  d«  la  M«Jaokç,  ÔifmlaPxopontide. 

^H^.  ■         LA- 


i5<î  EXPLICATION  DES  TERMES 

LABORATOIRE;  c'eftuiieSiUe  en  bel  air  avec  fourneaux,  où  l'on  fait  des  opérations 
'le  Pliyfîque&:  deChymie  ,  comme  le  Lj.boratoire  du  Jardin  RoialàParis.  C'eft  aulli 
dans  un  Hôpital,  le  lieu  où  l'on  compolb  les  remèdes,  p.  }55. 
LABYRINTHE;  c'c'coic  chez  les  Anciens  un  grand  Edifice  avec  une  telle  confufion  de  ruëî 
cntrelallces  les  unes  dans  les  autres,  qu'il  e'toit  difficile  d'en  fortir.  Le  plus  célèbre  dC 
l'Antiquité,  e'toic  celui  d'Egypte  pour  fa  grandeur.  On  nomme  aufli  Drti<2/e  ,  uuXaiijyrw- 
the  :  parce  que  celui  de  Mmos  bâd  par  Dédale  dans  l'Iile  de  Candie ,  étoit  un  des  plus 
confiderables  pour  l'entrelaircment  de  fes  rues.  Lat.  Labyrmthus. 
Labyrinthe  de  carrière;  c'ell  la  confulîon  des  ruiis  d'une  C^irr/rrc  beaucoup  foiiille'e , 
comme  font  les  Carrières  d'Arcucil,  qui  ont  une  grande  étendue.  I!  y  a  fous  i'Obferva- 
toire  &  aux  environs,  uneefpecede  Labyrinthe  àQ  cette  lorte  ,  dont  les  rués  parallèles, 
font  revêtues  de  maçonnerie  de  moilon  bieu  drelle' ,  &  couvertes  du  ciel  naturel  de  la 
Carrure. 
Labyrinthe  de  jardin;  c'eft  rentrelaflemcnt  de  plufieurs  Allées  bordées  de  paliffades 
dans  un  Parc  ou  un  ^arti/H,  d'où  l'on  fort  difficilement,  comme  le  Labyrinthe  àtV^ii^l- 
les  orne  de  Fontaines,  chacune  defqueiles  reprefente  uiie  Fable  d'Efope  au  naturel.  Ce 
Labyrinthe  Vnn  desplus  beaux  dans  ce  genre,  cil  du  deilein  de  M.  LeNautre.  p.  19^. 
Labyrinthe  de  pave'.  Efpece  de  Compartiment  de  Payé  formé  de  platebandes  droites 
ou  courbes  ,  qui  par  differens  retours  laiflant  des  efpaces  ou  fentiers  ,  imitent  le  Plan  des 
Labyrinthes  de  l'Antiquité,  p.  555. 
LAIT  DE  CHAUX;  c'eft  de  la  C^iî//x  délayée  avec  de  l'eau ,  dont  oiife  fert  pour  blanchir 

les  murs,  &  qu'on  appelle  aulfi  Id//j"ff.  p.  ii8.  Lat.  t^/^.îrww  o/?«j félon  Pline. 
LAITERIE;  c'eft  dans  une  Mailbn  de  Campagne,  un  !ieuaurez-de-chau(lée,  oul'onferre 
Je  Lan  &  tout  ce  qui  fert  au  Laitage ,  &  où  l'on  fait  le  fromage  &  le  beure.  Il  y  a  des  lai- 
/fr/cj  en  manière  de  Salon  ,  décorées  d'Architeârure,  avec  quelquesfontaines&  bouillons 
d'eau,  pour  y  faire  collation  à  lafraicheur,  comme  la  Laiterie  de  Chantilly,  pag.  309. 
Lat.  Cella  Uâaria. 
LAMBOURDE.  Pièce  de  bois  defciage,  comme  un  Chevron  ,  ou  même  comme  une  Soli- 
ve, qu'on  couche  &  fcelle  diagonaleraent  fur  un  Plancher ,  pour  y  attacher  du  parquet , 
ouquarrémentpour  y  clouer  des  ais.  Le  mot  Latin  ^jferes,  fignifieauffî-bien  ksLamboiir~ 
des ,  que  plufieurs  autres  menues  pièces  de  bois,  comme  Chevrons,  Membrures,  &c. 
p.  185.  &P/.  99.  p.  559. 
Lambourde.   FôyeK  Pierre  de  lambourde. 
LAMBRIS;  c'eft  un  enduit  de  plâtre  au  fas  fur  des  lattes  jointives  clouées  fur  les  bois  des  Cloi-] 

ions  &  Plafonds.  Ce  mot  viaudu  Lat.  ty/wèr/ce/,  des  Lattes,  p.  34^. 
Lambris  X)e  menuiserie;  c'eft  unalfcmblage  par  panneaux,  montans,  ou  pilaftres  de 
Menuijerie-,  dont  on  couvre  en  tout  ou  en  partie  les  murs-d'une  pièce  d'Apartemcnt.  On 
nomme  Lambris  à' afin,  celui  qui  n'a  que  deux  à  trois  pieds  de  hauteur  dans  le  pourtour 
d'une  pièce  &  dans  les  embrafures  des  Croilées.  Lambris  de  demi-re\ctemcnt,  celui  qui  ne 
palTe  pas  la  hauteur  de  l'Atcique  d'une  Cheminée,  &  au  delfus  duquel  on  met  de  la  ta- 
pilferie  d'étofe.  Et  Lambri s  de  revêtement  ■>  celui  qui  eft  depuis  le  bas  jufqu'en  haut.  p4^. 
170.  P/.  59.  &  99.  p.  339.  Lat,  Inteftinumoptis  félon  Vitruve. 
Lambris  de"  marbre;  c'eft  un  revcltement  par  compartimensdediverfes  fortes  dt  /tiar- 
'  bres -,  quieft  ouarafé,  comme  aux  embrafures  des  Croifécs  cintwies  du  Château  de  Ver- 
failles  :  ou  avec  des  faillies,  comme  à  l'Efcalier  de  la  Reine  du  même  Château.  Il  s'en 
"fiiit  des  crois  hauteurs ,  comme  dausla  Mcnuiicrie.  PL<)^).  ^•J39' 

•    LÀM- 


D'ARCHITECTURE,   5^c.  157 

Lambris  thî^t  -,  c'cft  tout  Lambris  peint  par  compartimeus  de  couleur  de  bois  ou  de 
marbre. 

Lambris  pe  platond.  VbycK  SOFITE. 

LAMBRISSER  ;  ccft  mettre  un  Enduit  déplâtre  au  fasfur  le  Lattis  d'un  Pan  de  boi? ,  d'un 
Plafond  ou  d'une  Cloifon:  c'elbaulli  reveltir  un  mur ,  d'un  Lambris  demenuiferie  ou  de 
marbre,  p.  ^  5 1. 

LAME  DE  PLOMB.  Morceau  de  plomb  mince  Rebattu,  qu'on  met  entre  les  Tambours 
d'une  Colonne,  fous  les  Bafcs  &  les  Chapiteaux  de  pierre  ou  de  marl)re  pôles  à  fcc  fans 
mortier,  pour  les  empêcher  de  s'c'datter. 

LANCE  D'EAU.  On  appelle  ainfi  un  Jet  «i'ca^  d'un  feul  ajutage  de  peu  de  grolTcur  fur  une 
gran»^e  hauteur,  p.  317. 

LANCIS  ;  ce  font  dans  le  Jambage  d'une  Porte  ou  d'une  Croiféc  ,  les  deux  pierres  plus  lon- 
gues que  le  Piédroit  qui  cit  d'une  pièce.  Ces  Lancis  fe  font  pour  ménager  la  pierre,  qui 
ne  peut  pas  toujours  faire  parpain  dans  un  mur  c'pais.  On  nomme  Lanci  du  tableau ,  celui 
quieft  au  parement:  Se  Lanci  de  l' écoin^on  ■,  celui  qui  cft  en  dedans  du  mur.  P/.  51.  pag, 

145- 

L  ANGUETTES.  Séparations  de  deux  ou  plufieurs  tuyaux  dans  une  Souche  de  chcmine'e,  les- 
quelles fe  font  de  plâtre  pur ,  de  brique  ou  de  pierre.  P/.  5  5 .  ;^.  1 5  9.  1 6 1 .  &c. 

Languettes  de  chausse  d'aisance  j  ce  fontdes  dales  de  pierre  dure,  qui  fcparcnt  une 
Chjujfe  d'aijancc  à  chaque  Etage  jufques  à  hauteur  de  devanture  ou  plus  bas. 

Languette  de  puits.  Dale  de  pierre  qui  fous  un  mur  mitoïen,  partage  e'galement  un 
Puits  ovale  à  deux  Propriétaires  &  defcend  plus  bas  que  le  rez-de-chaullée. 

Languettes  de  menuiserie;  c'eft  une  efpece  de  tenon  continu  fur  la  rive  d'un  ais,  ré- 
duit environ  au  tiers  de  l'épaifl'eurpour  entrer  dans  une  rainure,  p.  341. 

LANTERNE.  Efpece  de  petit  Dôme  fur  un  grand,  ou  fur  un  Comble,  pour  donner  du 
jour  &  fervir  d'amortillèment.  Cemotfe  ditauffi  d'une  Cage  quarre'ede  Charpente  gar- 
nie de  vitres  au  delFus  du  Comble  d'un  Corridor  de  Dortoir  ,  ou  d'une  Galerie  entre  deur 
rjngs  de  Boutiques  pour  l'éclairer ,  comme  il  s'en  voit  à  la  Bourfe  de  Londres,  f.  r^o- 

P/.Vo.  &p.  3  34- 

Lanterne  d'escalier.  Tourelle  e'ieve'e  au  dclTus  d'une  Plateforme  ou  Terrafle ,  pour 
couvrir  la  Cage  ronde  de  VE/calicr,  par  où  on  y  monte  ;  cequife  pratique  dans  tous  les 
Pays  chauds  ou  les  Tétrades  fervent  de  couverture,  &  comme  il  s'en  voit  de  pierre  à 
l'entour  de  laplufpartdes  Dômes,  &  particulièrement  à  celui  de  l'Eglife  des  Invalides  à 
Paris,  où  il  y  en  a  huit,  dont  les  chapiteaux  l'ont  par  affifes  de  pierre  dure  à  joints  recou- 
verts. 

Lanterne  d'egiise.  Petite  Tribune  en  forme  de  cage  de  menuiferie,  vitre'e  ou ferme'c 
dejaloufies,  qui  fert  d'Oratoire  dans  une  Eglife  pour  y  prier  avec  moins  dedifttadtion  , 
comme  dans  la  Chapelle  de  Verfailles. 

Lanterne  ou  Ecoute;  c'cftaufll  une  petite  Tribune  fermée  de  jaloufies  dans  une  Cham- 
bre de  Cour  fouveraine  ,  où  les  Ambafladeurs  &  autres  perfonnes  de  diItin6tion  ,afliftcnc 
aux  Audiences  fans  eftreveus.  Lat.  z^uditorium, 

LAPIS.  Efpece  de  pierre  précieufe  d'un  bleu  celcfte  mêlé  dépeints  &  vénesd'or,  qui  entre 
dans  les  petits  ouvrages  d'Architeflure  de  marbre  &  de  marqueterie,  comme  il  s'en  voit 
au  Tabernacle  du  S.  Sacrement  à  S.  Pierre  de  Rome.  Le  plus  beau  Lapis  ^  cft  l'Orientai  qui 
ne  perd  point  ù  couleur  au  feu.  p.  510.  Lat.  Lapis  la^idi. 

LARMES.  Voyix  GOUTES. 

LARMIER;  c'eft  le  plus  fort  membre  quatre' d'une  Corniche,  dont  le  plafond  cft  fouvent 
crcuféen  canal,  &que  les  Ouvriers  nomment  Mouchate.  Il  cft  auflî  appelle  Couronne; 
mais  particulièrement  Larmier  8c  Gcutiere ,  parce  que  l'eau  delà  pluye ,  en  tombe  par 
goûtes  ou  larmes,  p.ï).  Pi.  A.  p.  ï6.  PL  6.  &c,  Lat.  Corona. 

Larmier  de  chemine  Ij  c'eft  le  couronueinent  d'une  Souche  de  Çh-n:incc.  p.  1(^3. 

Tome  IL  S  Lar- 


,5S  LXPLTCATION   DE^  TEUMES 

Larmier,  de  mur  i  c'eftuue  efpece  de   Plinthe  fous  l'égouc  du  chaperon  d'un  Mm  mi- 

toïen  ou  de  clôture,   ihià. 
Larmier  gothique>  oo  a  la  moderne;  c'cfi:  dans  les  vieux  murs  le  loiio  d'un  cours 
d'alfiie  audroicd'un  Plancher,  ou  fous  les  apuis  des  Croife'ts,  une  efpece  c^  Piiuclieen 
chamfrain  refoiiillépar  dclFous  en  canal  rond,  pour  jettcr  les  eaux  plus   facilement  au 
delà  du  mur. 

Larmier  bombe'  et  règle';  c'eften  dedans  ou  en  dehors  œuvre  d'une  Porre  ou  d'une 
Croifee  ,  le  Linteau  ciiirre' par  le  devant  &  droit  par  fon  profil.  P/.  66  A.  P.  157. 

LATTE.  Morceiude  bois  de  chefiie  refendu  félon  fon  fil  en  manière  de  recèle  mince,  qui 
s'attache  fur  les  chevrons  d'un  comble  pour  en  porter  la  tuile  ou  l'ardoifè.  La  Latte  pour 
la  tuile,  eftdifFerenre  de  celle  pour  l'ardoife,  qui  eft  plus  large  &  de  irême  longueur. 
p.ïi6.  c'ed  ce  que  Vitruve  nomme  ^^imbrices. 

Latte  voLicE.^vf:^  Contre-latte  de  sciage. 

LAI  TER;  c'ell  fur  un  Comble  attacher  avec  du  clou,  des  Lattes  efpace'es  de  quatre  pou- 
ces pour  y  accrocher  la  ruiie  ou  l'ardoife.  Latter  à  claire  voye-  c'ciï  mct'L]:e  des  Luttes  i'ui:  un 
Pan  de  bois,  pour  retenir  les  plâtras  des  panneaux  &  le  recouvrir  de  plâtre.  Latter  à  Lat- 
tes loir.tives  ;c'cit  clouer  des  Lattes  fi  prés  les  unes  des  autres ,  qu'elles  fe  touchent  ;  ce  qu'on 
appelle  Zaf/// pour  iir>;;6r///cr  les  Cloifons ,  Plafonds,  Cintres,  &:c.  p.  i§8.&546. 

LATRINES,  du  Latin  Idicrf,  être  cache'.  Lieux  de  commodité  ,  qu'on  nomme  aufli  En- 
trais. l\y  a.  àcs  Latrines  publiques  dans  quelques  Villes  du  Levant.  Pi.  61.  p.  177.  Lat. 
Latrlna  félon  Varron. 

LAVEMAIN  ;  c'elt  un  petit  Refcrvoir  d'eau  en  manière  d'Auge  de  pierre  ou  de  plomb  avec 
robinets  pour  diltribuer  l'eau  ,  qui  fert  à  laver  tes  mains  ,  à  l'entrée  d'une  Sacriltie  ou  d'uti 
Refeétoire.  Ilyaàhauteur  d'apuiau  de(roasduZ.avfw»i//i,  un  balîiiiquarré-lon"  de  pier- 
re pour  recevoir  &  égouter  l'eau,  p.  355.  Lat.  Malluvium. 

LAVER;  c'elt  furunDeflein  pafié  à  l'encre,  coucher  avec  un  pinceau  une  couleur  d'encre 
de  la  Chine  ou  de  biftre  à  l'eau,  pour  le  faire  paroître  le  plus  au  naturel  qu'il  eft  polfi- 
ble  par  les  ombres  des  faillies ,  &  des  bayes,  &  par  limitation  des  matières  dont  l'ouvrage 
doitcftre  conftrLut.  Ainfi  on  lave  d'un  rouge  tendre,  pour  contrefaire  la  brique  &'la 
tuile  d'un  bleu  d'Inde  clair  pour  l'eau  ScTardoife  :  deverdpour  les  arbres  &:  gazons  ;  de 
fafran  ou  de  graine  d'Avignon  pour  l'or  &  la  bronze  :  &  de  divcrfes  couleurs  pour  feindre 
Jes  marbres.  Ces  La\is  fe  font  par  teintes  égales  ou  adoucies  fur  les  jours  avec  de  l'eau 
claire ,  &  fortifiées  de  couleurs  plus  chargées  dans  les  ombres.  On  met  de  l'eau  de  00m- 
medans  quelques  couleurs ,  comme  dans  le  rouge  &:  le  bleu,  &  on  lave  aufii  fur  le  ttaic 
au  crayon    p.  558.  Voye::^  PLAN. 

Laver  enCharpenterie-,  c'cftofter  avec  la  befaiguë  tous  les  traits  de  fcie&  rencontres  d'une 
Pièce  Je  boisde  fciagc  ,  pour  !a  drefilr  &  l'aviver. 

LAVIS  ,  fe  dit  de  rou  e  couleur  fimple  délayée  avec  de  l'eau  ,  comme  l'Encre  de  la  Chine ,  le 
Biftre,  l'Inde,  &c.  ^ojf^î  PLAN. 

LAVOIR;  c'eft  prés  d'une  Cuifine,  autant  le  lieu  que  la  Cuve  de  pierre  quarrée  &  profon- 
de, qui  fert  à  iavcr  lavaiflelle.  PI.  60.  p  175.  Lat.  Lavacrum. 

Lavoir  public.  Badin  bordé  de  pierre  avecégout,  où  onlave  le  linc^e.  p.  540. 

Lavoir,  l^^oye:;..  Piscime. 

LAYE;  c'eli  une  pente  rouie,  qu'on  fait  dans  un  Bois  pour  former  une  allée,  ou  pour  ar- 
penter ,  &  cil 'ever  le  plan  ,  quand  on  en  veut  faire  la  vente,  p.  358. 

LAYER  UNE  PIER.vE;  c'eft  la  tailleiavec  la  laye,  qui  eft  un  marteau  brettelé  ou  refen- 
du à  délits  pat  fa  hache. 

LAZAi<ET.  Oiiuppeile  ainfî  d.insquelques  Villes  maritimes  delà  Méditerranée  pofTedées 
parles  Chrefticiis  ,  une  grande  Mailbn  hors  de  la  Ville,  dont  les  logemens  font  fepa- 
rez&ifolcs,  &OÙ  'es  équipages  des  Vaille^iux  qui  viennent  du  Levant  fufpeél  s  de  perte, 
font  quaranuinç.  Oiino;iime  aulîi  la^^aret^  un  Hôpital  pour  retirer  ceux  qui  font  at- 
taqués 


D'APvCHITËCTUîin,  «^c:  159 

tiques  de  la  maladie  coiuagieufe,  comme  celui  de  Milan,  p.  557.  Lar.  Nofoccnr.um  fub~ 
urbium. 

LEGER.  Cerr.otfcdicen  Architeârurc,  d'un  ouvrage  beaucoup  perce  ,  où  la  beau re  de  la 
formeconfiftedans  le  peu  de  matière ,  comme  les'Portiques  de  Colonnes,  lesPcridylcs, 
&c.  Il  fedic  audï  en  Sculpture,  des  ornemcnsdelicacs  qui  approchent  le  plus  de  la  natu- 
re, &  qui  l'ont  fort  recherchés,  c'vidés  &  en  l'air  ,  comme  les  feuilles  des  plus  beaux- 
Chapiteaux:  &  dans  les  Statues,  de  leurs  parties  fort  Taillantes  ,  comme  au  Gladiateur  de 
Bor^hcfe  ,  &  de  leurs  draperies  volantes ,  comme  à  l'Apollon  de  Belveder  à  Rome.  Ce 
mot  s'enrend  encore  dans  l'Art  de  bâtir,  des  menus  ouvrages,  comme  les  plâtres,  car- 
reaux ,  &c.  Ilfe  prend  auffi  en  mauvaife  part  pour  les  ouvrages,  où  l'cpailTeur  n'cft  pas 
proportionnée  à  l'étendue  ou  à  la  charge,  cor.mie  les  murs  de  face  trop  minces,  ks  foli- 
ves  &  poteaux  trop  foibies  &  trop  efpaccs ,  &  autres  malfaçons. 

LEVEE;  c'eft  une  elpece  de  Quay  de  maçonnerie,  ou  de  fils  de  pieux  ,  quifoûtient  les  bel- 
ges d'une  Rivière  &  en  empêche  le  débordement,  p.  548.  Lat.  z^gger. 

LEVER  UN  PLAN;  c'eft  prendre  la  pofition  des  corps  folides  &  lesdimenfionsdes  fuper- 
ficics  avec  la  toife ,  la  canne  &  autres  inftrumens,  pour  en  former  enfuice  le  Plan  fuivant 
une  échelle  fur  le  papier,  f.  251. 

LEVIER.  Pièce  de  bois  de  brin,  qui  parle  fecours  d'un  Coin  nomme' Orç.vf//,  qui  efl:  pofc 
defTousle  bout,  aide  à  lever  avec  peu  d'hommes  un  gros  fardeau.  Lorfqu'on  pefe  fur  le 
Levier  y  on  di  c  F^re  une  Pefée  :  &  lorfqu'on  l'abac  avec  des  cordes  à  caufe  de  fa  longueur ,  &; 
de  la  grandeur  du  fardeau  ,  on  dit  Faire  un  ^batage;  ce  qui  s'cft  pratiqué  avec  beaucoup 
«l'entente  pour  enlever  &c  pofer  les  deux  Cimaifes  du  grand  Fronton  du  Louvre,  pag.  143. 
f^jyf;^  les  Notes  de  M.  Perrault  fur  Vicruvel/v.  10.  C/7.  18.  Lat.  FeÛu  ,  S^Pûrreiium. 

LEVRE.  VoyeK  CAMPANE. 

LEZARDES.  On  appelle  ainfi  les  Crevaflès  qui  fe  font  dans  les  Murs  de  maçonnerie,  f.  557. 
Lat.  Fijjurje. 

LIAIS.  Faye^i  Pierre  de  liais. 

LIAISON.  Manière  d'aranger&  de /;>r  les  briques  &  le?  pierres  par  enchainement  les  unes 
avec  les  autres.  EtDeliaiion;  c'elHorfque  les  pierres  n'ont  pas  au  moins  fix  pouces  de  re- 
couvrement, tant  au  dedans  du  Mur,  qu'au  parement,  fuivant  l'Art  de  bâtir,  p.  113. 
Vitruve  nomme  les  Liaijons  des  briques  ou  des  pierres ,  c^lterna  Coagmenu. 

Liaison  de  joint,  s'entend  du  mortier  ou  du  plâtre  détrempé,  dont  enfiche  &c  jointoyé 
les  pierres,  ibid. 

Liaison  a  sec,  celle  dont  les  pierres  font  pofées  fans  mortier,  leurs  lits  e'rant  polis  & 
frotez  au  grais ,  comme  ont  été  conftruits  pluficurs  Bâtimens  antiques,  faits  des  plus 
grands  quartiers  de  pierre:  &  ainfi  qu'il  a  été  pratiqué  à  ce  qui  paroîtdel'Arc-dc-trioin- 
phedu  Faux-bourg  Saint  Antoine  à  Paris. 

LIAISONNER;  c'eit  aranger  les  pierres,  en  forte  que  les  Joints  des  unes  portent  fur  le  mi- 
lieu des  autres.  C'elt  aulîi  remplir  de  mortier  leurs  Joints,  pendant  qu'elles  font  fur  les 
cales,  p.  115. 

LIBAGE.  Gros  moilon  ou  quartier  de  pierre  mal-fait  &  ruftique  de  quatre  ou  cinq  à  la 
Yoye,  qu'on  employé  équarri  à  paremens  brutes  dans  les  Garnis  &z  Fondemens.  f.  105. 
&106. 

LICE;  c'eft  autant  la  Barrière  qui  borde  la  Carrière  d'un  Manège,  que  la  Carrière  même,, 
où  l'on  fait  des  Jouftes  ,  Carrouzels,  &  Courfes.  Ce  mot  fe  dit  auffi  d'un  Gardefou  de 
Pont  de  bois.  p.  515.  Ces  Lices  font  appellées  des  Latins  ,  Curceres ,  &  la  Carrière  ,. 
Stadium. 

LICE'E.  Vàye^  LYCEE. 

LIEN.  Pièce  de  bois  dans  l'AlTemblage  d'un  Comble  ,  pour  lier  les  Poinçons  avec  les  Fai- 
ftes  8c  Soutaîtes.  Il  y  a  aufli  des  Liens  cintrez ,  qui  fervent  de  Courbes  dans  les  enfoncemens 
des  Combles ,  &  dans  1  AlFemblage  des  Fermes^rondes  des  vieux  Pignons.  P/.  (Î4  A.  p.  1 8  7. 

S  1  Te  ut 


I40  EXPLICATION   DES  TERMES 

Touc  Lien  on  Lierne  des  Aflemblages  de  Charpenterie  ,  ellappellc'epar  Vitruvc  Cd/fMj  &; 

Ciltcn.ilïo. 

Lien  de  fer.  Morceau  de/rr  mc'plat ,  coude' ou  cintré  pour  retenir  quelque  pièce  de  bois 
dans  un  Afleifiblage  de  Charpencerie  ou  de  Mcnuiferie.  P/.  645.  p.  189. 

Lien  de  verre  ^  c'efl  un  paquet  de  fix  tables  de  K'rrc- de  Lorraine.  C'elb  aulTi  un  Lien  àc 
plomb,  qui  retient  les  Panneaux  de  vitre  avec  les  Verges  de  fer.  ^.  izy. 

LIERNE.  Piccc  de  bois ,  qui  fcrt  à  entretenir  deux  Poinçons  fous  le  Faille  d'un  Comble  ^ 
&  à  porter  le  Faux-plancher  d'un  Grenier.  P/.64B.  p.  189. 

Lierne  ronde.  Pièce  de  bois  coiirbc'e  félon  le  pourtour  d'une  Coupole  ,  dont  plufieurs  af- 
feinbîc'cs  de  niveau  ,  forment  des  cours  de  Z./cr'ifj  par  étages,  &:  reçoivent  à  tenons  & 
iTiortcifcs  les  chevrons  courbes  d'un  Dôme.  PL  64  B.  /j.  if'9. 

LiERKE  DE  pale'e.  Piccedebois,  qui  boulonnée  avec  les  Fils  de  pieux  d'une Pu/rV,  ferc 
à  les  lier  enfemble.  On  l'employé  aulfi  dans  la  conltrudion  des  Bafbrdeaux  ,  pour  le 
même  ufage.  Cette  Lierne  cft  différente  de  la  Moife ,  en  ce  qu'elle  n'a  point  d'entaille  pour 
accoler  les  pieux.  Z./fr«fr  ,  fe  dit  pour  attacher  des  Z/Vr/ifi'. 

LIERNES.  Nervures  dans  les  Voûtes  Gothiques,  qui  forment  une  Croix  >  &  qui  par  un 
bout  rejoignent  aux  Tiercerons ,  &  par  l'autre  à  la  Clef.  p.  341, 

LIGNE,  elt  unelpaceécendu  feulement  en  longueur .  PL  f.  p.j. 

Ligne  droite.  La  plus  courte  ,  qu'où  peut  mener  d'un  point  à  un  autre  :  Elle  fe  trace  ou 
à  la  règle,  ou  au  cordeau,  ibid. 

Ligne  courbe,  celle  qui  ii'ell  point  également  comprife  entre  (es  extremitez.  On  appelle 
Li^nc  courbe  re^^uliere ,  celle  qui  cft  tracée  d'un  centre  ,  comme  la  Circulaire  &  l'Elliptique  : 
Scirreguliere  y  celle  qui  eft  cherchée  &  décrite  par  des  points,  comme  font  toutes  les  Li- 
gnes rampantes ,  &  celles  qui  fervent  à  contourner  les  figures  &  ornemens.  ibid. 

Ligne  mixte,  celle  qui  eft  compofée  de  la  droite  &  de  la  courbe,  tbid. 

Ligne  perpendiculaire,  celle  qui  fait  des  angles  égaux  de  tous  cotez  fur  une  i/g«f  droi- 
te ,  ou  fur  un  Plan.  tbid. 

Ligne  de  niveau,  celle  qui  eft  également  éloignée  dans  fes  extremitez  du  Centre  de 
Ja  Terre.  Ou  l'appelle  aufli  Ligne  hort::ontalc  :  &  en  Perfpedive  ,  Ligne  de  terre, 
ibid. 

Ligne  a  plomb,  celle  qui  eft  perpendiculaire  à  la  Z/^«f  de  niveau,  ibid. 

Ligne  diagonale,  celle  qui  cft  tirée  d'un  angle  à  l'autre  dans  une  figure,  ibid. 

Ligne  oblique,  celle  qui  eft  plus  inclinée  d'un  côté  que  d'autre,  fie  que  les  Ouvriers  nom- 
ment i;^«frawp<2«/f  ,  oabiaife.  ibid. 

Ligne  circulaire,  eft  une  i/^if  courbe ,  dont  toutes  les  parties  font  également  éloignées, 
d'un  point ,  qui  s'appelle  Centre,  ibid. 

Lignes  en  rayons,  celles  qui  partent  du  centre  d'une  Figure  ,  &  vont  terminer  à  fes  an- - 
gies  ,  ou  à  fa  circonférence.  On  les  nomme aulTi  i<^o«y.  ibid. 

Ligne  diamétrale,  celle  qui  traverfe  un  corps  rond  ,  &  parte  par  le  centre,  ibid. 

Ligne  transversale,  celle  qui /ravcr/f  un  corps  en  quelqueendroir.  p.  100.  Pi.  39. 

Ligne  tangente,  celle  qui  touche  une  Figure  en  un  feul  point.  P/.  f .  p.j. 

Ligne  sécante,  celle  qui  coupe  une  Figure  en  quelque  partie,  ibid. 

Ligne  subtendante,  celle  qui  fert  de  bafe  à  une  portion  de  cercle.  Elle  s'appelle  aufll 
CordcdcC^rc.  tbid.  VbycKnXVOTHE>^\JS'E. 

Lignes  parallèles,  celles  qui  font  par  tout  également  éloignées,  &  que  les  Ouvriers  ap- 
pellent Z/j^wj  j.iugies.  ibidem. 

Ligne  proportionnelle,  celle  qui  a  même  raport  à  unetroifieme,  comme  une  féconde 
à  la  première,  ibid. 

Ligne  de  direction,  celle  qui  parte  par  le  centre  de  gravité  d'un  corps,  comme  l'Axc- 
d'unc  Colonne  bien  à  plomb.  Les  corps  inclinez  hors  de  l^uï  Ligne  de  dircéion ,  oc  pcuycat 
être  retenus ,  que  par  leurs  extrenutez  ou  par  leur  cq^uilibrc. 


D'A  RCHITECTURE,  &.C  141 

Ligne  EtLiPTiQUE;  c'eft  la  circonférence,  ou  partie  de  la  circonférence  d'une  £///»- 
fe.  ibid. 

Ligne  paraboliq,ue  ,  celleauide'crit  la  circonférence  d'une  P<îr«£o/f.  Les  Ouvriers  nom- 
ment, quoi  qu'improprement  Lignes  paraboliques ,  celles  qui  compofenc  un  Arc  ou  un 
Cintre  de  deux  I  ignés  courbes ,  qui  fe  coupent  à  la  clef,  &  forment  la  Voûte  en  tiers  point, 
ou  le  Cintre  Gorhique.  ibid. 

Ligne  HYi'ERBOLici.uE  ,  celle  qui  fert  à  tracer  la  circonférence  d'une  Hyperbole,  ibid. 

Ligne  conique  ;  c'efè  une  Ligne  courbe  q^ui  termine  la  fedlion  d'un  Cône.  ibid. 

Ligne  spirale,  celle  qui  s'éloigne  de  fon  centre  à  mefure  qu'elle  tourne  à  l'entour,  com- 
me (i  elle  tournoit  en  rampant  depuis  le  Ibmmet  jufques  à  la  bafe  d'un  Cône.  ibid. 

Ligne  hélice,  celle  qui  tourne  en  vis  à  l'entour  d'un  Ciliudre  ,  comme  la  Cherche  ralon- 
gc'c  d'un  Efcalier  en  limace,  tbid. 

Ligne  conchoïde,  ouConchile;  c  c[):  une  Ligne  courbe ,  qui  étant  proIon<Tceprc's  d'une 
Lignedroitey  ne  la  peut  jamais  couper.  F'oye:^  Les  Quatre  Problèmes  d'Archucdure  de  M 
Blondel. 

Ligne  ralonge'e  ;  c'eft  dans  la  Coupe  des  pierres,  une  Ligne  tire'e  à  coté  d'une  autre,  &  d'un 
même  centre,  comme  l'inclinailbn  des  voulîoirs  d'une  Platebande  ,  à  mefure  qu'ik 
s'éloignent  de  la  Clef.  C'eft auHi une  Ligne  hélice,  ralongce  félon  le  rampant  plus  ou 
moins  roide  d'un  Efcalier  à  vis.  Et  c'eft  en  Charpenterie  ,  la  plus-longueur  d'un 
Areftier  par  raport  aux  chevrons  j  ce  qu'on  nomme  aufïï  B^culement  ou  î(alo»ge>nent 
d'^reftier. 

Ligne  de  pente,  celle  qui  dans  l'Apareil  des  pierres,  eft  indine'efuivant  une  finz/d- don- 
née ,  comme  l'Arafcmcnt  pour  recevoir  le  Couflînet  d'une  Defcente  droite  ou  biaife  ,  la 
Lig^ne  de  la  montée  d'un  Pont ,  &  la  Z/g«e  rampante  d'un  Fer-à-cheval ,  par  raport  à  celle 
de  niveau  tire'e  furie  même  plan. />.  135. 

Ligne  taste'e,  celle  qui  n'eft  pas  faite  avec  le  compas  ni  la  règle,  maisqui  eft  trace'e  à  la 
main  ,  pafTïnt  par  certains  points  donnez  à  caufe  de  quelque  Figure  irre<>uliere, 
P/.  t-  p-  j. 

Ligne  pleine  ,  celle  qui  marque  quelque  contour  fans  interruption,  ibid. 

Ligne  ponctue'e,  celle  qui  fert  à  faire  quelque  opération  Géométrique,  ou  à  marquerune 
chofe  qu'on  fuppofe  être  derrière  une  autre,  comme  le  Profil  d'une  Eglife  derrière  foH 
Portail:  ou  enfin  à  marquer  fur  un  Plan  ,  les  Aplombs  de  ce  qui  eft  en  l'air  ,  comme  les. 
Rampes  d'Efcaliers,  Poutres,  Corniches,  Areftes  de  Voûte,  &c.  ibtd. 

Ligne  indéterminée  ou  indéfinie,  celle  dont  les  extremitez  ne  font  point  con- 
nues, ibid. 

Ligne  blanche  ,  cellequieft  tracée  avec  la  pointe  du  Compas  pour  faire  quelque  opération 

Géométrique. 
Ligne  occulte,  celle  qu'on  trace  avec  la  pointe  du  crayon  de  pierre  de  mine  pour  e'tablir 

quelque  mefure  ,  &  qu'on  efface  enfuite  avec  de  la  mie  de  pain  raflîs  ,  y  en  ayant  trace'  une 

(apparente  à  l'encre. 
Ligne  horaire  ,   celle  qui  fert  à  marquer  les  heures  fur  un  Cadran  folaire.  P/.  93. 

pag.  307. 

LIGNE.  Mefure  qui  fait  la  douzième  partie  d'un  pouce,  &qui  adelargeur  lagrolTeur  d'un 
grain  de  bled. /7.  117.  ° 

Ligne  d'eau  ;  c'eft  h  144.  partie  d'un  pouce  d'eau  y  fourniflanc  ljj.  pintes  d'eau  cm^. 
heures ,  «jui  font  près  d'un  demi-muid  de  Paris. 

Ligne  de  chanvre,-  c'eft  une  cordelette  ou  ficelle,  dont  les  Maçons  fe  fervent  pour  c'icvcr 
les  Murs,  de  pareille  épaifTeur  dans  leur  longueur:  &  les  Charpentiers,  pourtrinalec 
le  bois.  " 

LIMAÇON,  ^jyf^  Voûte  en  limaçon. 

LIMANDE.  Pièce  de  bois  plate  Si  étroi'te ,  comme  une  Membrure,  qui  dans  la  Charpenterie- 
iext  à  divers  ufàges.  S  j  LI- 


,4î  EXPLICATION   DES    TERMES 

LIMON,  du  Latin  Liftius ,  qui  fîç;nifie  biais  ou  Je  travers  j  c'eft  une  pièce  de  bois  de  quatre 
à  fix  pouces  d'cpaiircur  ilirneut'à  dix  de  large,  qui  fcrt  dans  un  Efcalicr  à  porter  les  mar- 
ches, &.lesbaluitres.  P/.  <j4B.p.  189.&:  m.  Les  X/woHi  font  appeliez  dans  Vitruvc  i'fd- 
pi  ScaUyuni. 
LIMOSIN  AGE.  Tout€  MaçoniKrie  faite  de  moilcn  à  bain  de  mortier  ,  &  drcfle'e  au  cordeau 
avec  paremcns  brutes,  à  laquelle  les  LinioÇv  s  travaillent  ordinairtmeiit  dans  le^  Fonda- 
tions. On  l'appelle  aufll  Lim&fineric  :  &  c'elt  ce  qui  peut  être  fignifie  dans  Vitruvc  par  k 
mot  Emplccioii. 
LINCOIRS.     Efpecc  de  Noulets  au  droit  desChemine'es&  des  Lucarnes ,  pour  retenir  les 

chevrons.  P/.  64  A.  p.  187. 
LINTEAU.  Pièce  de  bois  pour  fermer  le  haut  d'une  Croife'e  ou  d"une  Forte  fur  fes  Piédroits. 

P/.  64B.  1'.  189.  Ceqiic  Vitruve  nomme  Su^ercilium -,  on  Limen  fuptriin. 
Linteau  de  fer.     Banc    pour   porter   les  claveaux   d'une  Platebande,  qu'on  nomme 

aulTi  Platebume ,  &  qui  doit  être  grofle  à  proportion   de   fa  portée  &  de  fa  charge. 

p.  117.  &  ii(<. 
LISSE,  fe  dit  de  toute  partie  d'Archite<fi:ureunie,  comme  d'une  Colonne  fans  cannelures  , 

d'une  Fnfe  fins  ornemens ,  Sec.  f.  xii. 
LISTEL  ou  LISTEAU,  de  l'Italien  I/]/f//o,  Ceinture  ;  c'cft  une  petite  moulure  quarréc, 

quifert  àcn  couronnerou  accompagner  une  plus  grande,  ou  àfeparer  les  cannehires  d'une 

Colonne  :  &  qui  s'appelle  auffi  FiUt  &  Çhiarrc.p.  ij.  P/.  A.  &c. 
LIT  ,  fe  dit  de  la  fituation  naturelle  d'une  pierre  dans  la  Carrière.    On  appelle  Lit  tendre ,  ce- 
lui de  deflbus:  &  Litdur^  celuidedellus.f.  105.  Sec.  Les  itVi  de  pierre  font  appeliez  par 

"Vitruve  Cubicula. 
Lit  de  voussoiii  &:  de  claveau  ;  c'en  efl:  le   côté    caché   dans  les  Joints.  PL  66  A. 

pag.  Z5  7. 
Lit  en  joint.  Foyex  DELIT. 
Lit  de  i'ont  de  bois  ;  c'en  eft  le  plancher  compofé  de  poutrelles  &  de  travons  avec  fon 

Couchis.  Palladio Liv.  ^.Ch.i.Lzz.  Stdtumer}. 
Lit  de  canal  ou  de  réservoir  ;  c'en  eft  le  fonds  de  fable ,  deglaife,  dépavé,  ou  de 

ciment  &  de  caïUoutis.  p.  2 1 4. 
LOGE.    Les  Italiens  appellent  ainfi  une  Galerie  ou  Portique  formé  d'Arcade  fans  fermeture 

mobile ,  comme  il  y  en  a  de  Voûtées  dans  les  Palais  du  Vatican  &  de  Monte-cavallo  ,  &  à 

Sofite  dans  celui  de  'la  Chancellerie  à  Rome.     Ils  donnent  encore  ce  nom  à  une  efpece  de 

Donjon  ou  Belvcder  au  dellus  du  Comble  d'uneMaifon.j?.  i57.P/.  72- ^^  75- Lat.  Me- 

yùanum  félon  Vitruve. 
Loge  de  portier;  c'eft  fous  l'entrée  d'une  grande  Maifon  ,  une  petite  cliambre  au  rez-de- 

chauflée,  pour  le  logement  d'un  SuilTe  ou  Portier.  PL  6ï.p.  1 77.  Lât.  OjhariiCcluiidon 

Vitruve. 
Loge  de  Foire  ;  c'eft  dans  une  Po/Vf  fermée,  comme  celle  de  S.  Germain  des  Prez  a  Pans, 

une  Boutique  avec  fes  dépendances.  Les  meilleures  de  ces  Loges ,  font  celles  des  Encôguu- 

res  en  pan  coupé.  Lat,  Taberna.  r        '    ' 

Loge  de  ménagerie  ;  c'eft  dans  une  AToî^^^mV,  une  petite  Salle  balTe  feurement  fermée , 

où  l'on  tient  feparément  des  animaux  féroces  &  rares  ,  com me  à  la  A/fnagerif  de  Verfailr 

les,  &  àcellede  Vincennes.Lat.  Cavea. 
Loges  de  comédie,  font  de  petits  Cabinets  ouverts  par  devant  avec  apui ,  feparés  par  des 

cloifons  àjourdans  le  pourtour  d'une  Salle  de  Cowff//f.    lly  enaordin-iirement  trois  rangs 

l'un  fur  l'autre,  &  celles  du  Théâtre  des  Comédiens  du  Roi  rue  des  Foflez  S.  Germain  à 

Pai-is  ,  font  des  mieux  difpofées  &  des  plus  propres. 
LOGIS.  Foyc^  AVANT-LOGIS  &  CORPS  DE  LOGIS. 
LONGIMÉTRIE  ;  c'elt  l'art  de  mefnrer  les  lo>igiicurs  tantacceffibles  ,  comme  une  Chaullee, 

uu  Chcmii) ,  &c.  qu'iuaccelfiblcs  ,   comme  la  largeur  d'une  Rivière  ou  d'un  Bras  de. 

Mer. 


D'A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E,  &c  1-45 

Mer.   Ce  mot  cfc  fait  du  Latin  Lo'i'^imctria ,  coiripofé  de  longus ,  long ,  &  du  Grec  metroK, 
mefure.  p.  5S7- 

L  ONG  PAN  ;  c'elt  le  plus  long  côté  d'un  comble,  qui  a  environ  le  double  de  fa  largeur  ou 
plus.  PL  65  A. p.  185. 

LOQUET.  Pièce  de  menus  ouvrages  de  fer ,  qu'on  fait  mouvoir  fur  une  platine  pour  ouvrir 
ou  fermer  par  haut  &  par  bas  un  ventail  de  Porte  ou  un  guichet  de  Croifcc.  Il  y  en  a  de 
courts  à  bouton  ,  &  de  longs  à  qucuë  avec  une  poignée.  PL  65  C.  p.  117. 

LOSANGE,  du  Grec  Zoxoi,  oblique,  ScGonia,  angle,  c'eft  une  figure  quadrilatère  régu- 
lière, dont  les  angles  &  les  cotez oppofés,  foiitcgaux.p.  34.P/.  13,  On  rappelle aufli 
Khcmbe.  p.  34.  P/-  13- 

Losanges  curvilignes,  ceux  dont  les  cotez  font  formes  par  des  lignes  courbes  ,  comme 
celtes  qui  font  tracées  par  des  points  perdus.  P/.  10  3.  p.  354. 

Losanges  de  couverture;  ce  font  des  tables  de  plomb  clifpoféesdiagonalement&  join- 
tes à  coiiturepourco/aT/r  la  Flèche  d'un  Clocher  ,  comme  à  celui  de  l'Eglife  de  Sainte  Ge- 
neviève du  Mont  à  Paris.  Cette  difpofuiou  relfemble  au  Pavé  de  brique  pofée  de  plat  &  en 
épi.  PL  101. p.  549. 

Losanges  entrelasse's.  Vbyex  Pan  de  bois. 

Losanges  de  verre.  Carreaux  de  Ferre  pofés  fur  la  pointe  dans  les  Panneaux  de  Vitres 
en  plomb. 

LOUVEUR.    Ouvrier  qui  fait  le  trou  à  une  pierre  pour  la  Io«Vfr  ,  c'eft-à-dire  ymettre  la 

Louve,  qui  eft  un  morceau  de  fer  avec  un  œtl ,  commeunemain  ,  qu'on  ferre  dans  un 

trou  avec  deuxIoKVf/f.z/(x,  qui  font  deux  coins  de  fer  ;  ce  qui  fer  t  à  l'enlever  du  Chantier 

..fur  le  Tas.  p.  144.  Le  mot  forc/pc^ ,  qui  fignifie  des  tenailles ,  fc  peut  entendre  dans  Vi- 

truve.Liv.  zo.Ch.  2.  pour  la  Io;<Vf  &  les  Io«Vfffa«x,  dont  on  fe  fer  t  aujourd'hui. 

LOU  VRE  ;  c'eft  dans  Paris  &  non  ailleurs  ,  le  Palais  où  loge  le  Roi.  Ce  mot  vient  de  l'Hô- 
tel d'un  Seigneur  de  Louvre  en  Parifîs ,  qui  eltoit  à  l'endroit  où  elt  baifci  le  vieux  Louvre ,  & 
dans  lequel  logèrent  quelques-uns  de  nos  Rois  après  avoir  quitté  le  Palais,  p.  9.  &c.Lat. 
R^egid  j  &  Lu  pur  a. 

LUCARNE  ,  du  Latin  Lucerna ,  lumière  ou  lanterne  ;  c'eft  une  médiocre  Feneftre  prife  dans 
un  Comble  &  portée  iùr  le  mur  de  face,  pour  éclairer  l'Etage  en  galetas,  p.  i3z.P/.49.  & 
64 A. p.  iSy.Lat.  Feneflrafcundulana. 

Lucarne  quarrbe,  celle  qui  eft  fermée  quarrément  en  platebande  :  ou  celle  dont  la  lar- 
geur de  la  baye ,  eft  égale  à  ù.  hauteur.  P/.  49.  p.  1 3  3 . 

Lucarne  ronde,  celle  qui  eft  cintrée  par  fa  fermeture:  ou  celle  dont  la  baye  eft  ea 
rond.  ibid. 

Lucarne  bomee'e,  celle  qui  eft  fermée  en  portion  de  cercle,  ibid. 

Lucarne  flamande,  celle  qui  conftruite  de  maçonnede,  eft  couronnée  d'un  Fronton, 
&  porte  fur  l'Entablement,  p.  139. 

Lucarne  damoiselle.  Petite  Lucarne  de  charpente,  qui  porte  fur  les  chevron  ?',  &  eft 
couverte  en  contrauvent ,  ou  en  triangle,  ibid. 

Lucarne  a  la  capucine,  celle  qui  eft  couverte  en  croupe  de  Comble,  ibid. 

Lucarne  iaistiere,  celle  qui  eft  prifc  dans  le  haut  d'un  Comble  ,  &  qui  eft  couverte  en 
manière  de  petit  Pignon  fait  de  deux  noulets.  PL  ^4  A.  p.  1 87. 

LUNETTE.  Efpece  de  Voûte  qui  traverfe  les  reins  d'un  Berceau,  pour  donner  du  jour  , 
pour  en  foulager  la  portée  ,  &  en  empêcher  la  pouflée.  On  la  nomme  Lunette  biaife,  quand 
elle  coupe  obliquement  un  Berceau  :  &  rampante ,  lorfque  fon  cintre  eft  corrompu  ,  com- 
me fous  une  Rampe  d'Efcalier.  p.  x  3  9.  PL  66  B. 

Lunette.  Petite  vcuc  dans  un  Comble,  ou  dans  une  Flèche  de  Clocher,  pour  donner  un 
peude  jour  &  d'air  à  la  Charpente,  p.  3  ^8. 

Lunette  ,  fe  dit  aufi  d'un  Mur  qui  ôtc  la  veuë  à  un  Bâtiment  Yoiiîn  ,  &  qui  çft  élevé  à  fix 
pieds  de  diftauce  fui  vaut  la  Coutume, /W. 


144  EXPLICATION   DES    TERMES 

Lunette,  reditcncorcderAisperccd'unSicged'airance.P/.é;:.p.  177.  .  ,  ,  ^  • 
LUTRIN.  Efpcce  de  Piédcfbl  de  cuivre  ou  de  bronze  ,  de  marbre  ou  de  bois,  leplusfon- 
vcnt  tri'ancTulaire  ,  &  orné  d'Archircc1:ure&  de  Sculpture  :  qui  ferc  à  porter  dans  le  Chœur 
d'uneE<»!i?e,  un  pulpitrc  fimplc  ou  double.  Celui  del'Eglile  deS.  Paul  à  Pans,  de  mar- 
bre &  de  bronze ,  cit  un  des  plus  propres,  p.  3 1 4.  Lac.  P/«/n.'/. 
LYCE  E  •  c'etoit  anciennement  une  célèbre  Académie  à  Athènes ,  ou  Ariftote  &  Platon  en- 
fei^noicnt  la  Philofophie.  Ce  Lycée  e'toic  compofé  de  Portiques  &  d'Arbres  plantez  en 
Quinconces ,  où  les  Philofophes  difputOienten  fe  promenant.  Ciceron  I;v.  i.  de  Dï\mat. 
fait  mention  d'un  Lycée  ■>  qu'il  avoit  fait  bâtir  à  l'exemple  de  celui  d'Athènes ,  à  Tufculumi 
aujourd'hui  Frefcati ,  prés  de  Rome.  p.  J  )  7- 

M- 

MACHECOULTS  j  ce  font  au  haut  du  pourtour  des  vieux  Châteaux,  de  petites  Galeries 
garnies  d'une  devanture  faite  dédales,  oudebrique,  &  portées  en  faillie  lur  des  cor- 
beaux de  pierre,  dont  i'cfpace  de  l'un  à  l'autre  étant  à  jour  ,  fervoit  autrefois  à  jetter  des 
pierres  pour  défendre  le  pied  de  la  muraille  ,  &  empêcher  de  l'efcalader,  comme  il  s'en 
voitàlaBaftilIedePans.p.  îi4.Lat.  P6r^«/,ic^'w//na. 

MACHINE;  c'efl:  généralement  tout  ce  qui  fert  à  augmenter  ou  régler  les  forces  mouvan- 
tes. Ilyen'afixpnncipales  aufquelles  on  peut  raporter  toutes  les  autres,  fçavoir,  le  if- 
vier  ,  ie  Tour ,  la  I^oue  dcuc'e ,  la  Poulicy  la  Ku  ,  &  le  Coin.  Ce  mot  vient  du  Latin  Machina  , 
fait  du  Grec  JV/jc/3<i«J,  fubtile  invention,  ou  effort,  p.  145.  .  r    r' 

Machine  de  bastiment  ;  c'eit  un  Affemblage  de  pièces  de  bois  tellement  difpolees,  qu'a- 
vec le  fecours  de  poulies  &  de  cordages,  un'petit  nombre  d'hommes  peut  enlever  de  gros 
fardeaux,  &  les  pofcr  en  place,  comme  fontle  Vindas ,  l'Engin,  la  Grue,  &c.quife 
montent  &  démontent  felonlebcfoinqu'on  ena.  Les  meilleures  ^/<zffc/>;fj ,  font  les  plus 
fimples,  comme  celle  dont  on  s'clt  fervi  pour  élever  leDomedel'Eglifede  S.  Louïs  des 
Invalides,  dont  le  premier  m.obile  eft  au  rez-de-chauffée  un  Treuil  à  tambour,  qui  tour- 
ne verticalement  par  le  moyen  d'un  ou  de  deux  chevaux ,  &  dévide  un  cable  amarre  à  plu- 
fieurs moufles.  ibid.Lat. ^fccnfui ou E'^^ibathraCclonYnniye. 

Machine  hydraulique,  fe  dit  autant  d'une  feule  Af^c/^aïf  qui  fcrt  a  conduire  &  a  élever 
les  eaux,  comme  une  Eclufe  ,  une  Pompe,  &c.  que  depluhcursenlcmble  ,  quiagiffenc 
mutuellement  entr'ellcs,  pour  produire  quelque  effet  extraordinaire,  comme  h  Machine 
de  Marlv ,  dont  le  premier  mobile  cft  un  Bras  de  la  Rivière  de  Seine  ,  qui  par  fon  cours  fait 
tourner  plufieurs  grandes  roues,  lefqnelles  font  agir  des  manivelles,  qui  avec  des  piftons 
puifent  l'eau  dans  les  Pompes,  &  par  d'autres  piftons  la  refoulent  dans  des  tuyaux  contre 
Je  penchan:  d'une  Colme  ,  pour  la  porter  à  un  P^efervoir  élevé  dans  une  Tour  de  pierre  , 
environ  6i.  toifes  plus  haut  que  la  Rivière,  &  pour  fournir  continuellement  100  pouces 

d'eau  à  Verfailles.  j6/c/.  ,   „   •    •    •        <,  -rr         1     x.    \. 

MACHINISTE-  c'efl:  un  homme  qui  par  fon  induftrie  jointe  a  laconnoiHancedes  Mathe- 
'    matiques  &  dès  Mécaniques  ,    invente  des  Machines  ,    pour  augmenter  les  forces  hu- 
maines, comme  quand  on  élevé  des  Obelifques ,  desColofies,  &  autres  prodigieux  far- 
deaux     On  appelle  auffi  Machimpc  ,  celui  qui  fait  des  changemens  &  vols  de  Théâtre, 
par  des  mouvcmens  furprenans ,  comme  M.  Vigarani  Machinijh  du  Roi.  p.  143 .  Lat.  Ma.- 

ckinarius.  ^   .  ^1  /r 

MAC  ON  •  c'eft  celui  qui  entreprends  conllruit  un  Bâtiment.  On  donne  aufli  ce  nom  aux 
Compagnons  qui  travaillent  en  mortier  ou  en  plâtre:  &  ilvienp  (elonlfidore  ,  duLatm 
MacL'",  unMachimile  ;  à  caufe  de  l'intelligence  des  Machines,  qu'un  Entrepreneur  doit 

avoir  dans  l'Art  de  bâtir  :  ou  bien  félon  M.  Du  Gange ,  de  Macw^ ,  les  miuaiHes  qui  ren- 

lermeBt 


D'ARCHITECTURE,  &:c.  14c 

ferment  les  hcriragcs,  aufquellcs  apparemment  les  Matons  ont  prcmicrcnicnt  travaille', 
p.  144.  &  î  3  7.  Lac.  Striicior. 

MAÇONNER  ;  c'eft  travailler  de  A/jfonnrr/V.  f.  343. 

MAÇONNERIE;  c'elt  l'arangcment  des  pierres  avec  le  mortier  ou  autre  liaifon ,  &cc 
mocfedicaufTi-bien  de  rOuvrai^e  ,  que  de  l'Art  avec  lequel  on  le  fait.  L\  Maçonnerie  ,  qiic 
Vitruve  nomme  Struciura  ,  e'coit  de  fix  efpeccs  chez  les  Anciens.  La  première  fc  faifoit  en 
Echiquier  ou  maillée,  dont  les  Joints  ecoienr  obliques.  La  deuxième,  de  carreaux  Je  hri- 
tjue  de  plat  avec  garni  de  moilons.  La  troifie'me,  de  cailloux  de  montagne  ou  de  rivière  à 
bain  de  m.orner.  La  quatric'me,  de  pierre  incertaine  ou  ruitique  ,  comme  c'toient  pavez  les 
grands  Chemins.  La  cinquie'mc,  de  carreaux  de  pierre  de  taille  en  liaifon  :  Etlafixieme, 
de  remplage,  qui  Te  faifoit  par  le  moïen  de  certains  cofrcsfèmbltiblcs  aux  baftardeaux  , 
qu'on  remplilîoit  de  moilon  avec  mortier.^'.  154.  356.  &c.  Voycx  Vitruve  Liv.  2.  Ch.  8. 
&  Palladio  Liv.  i.Gh.  9.  Toutes  les  cfpeces  de  Jl</<zfo;)«fr/c,  fereduifent  aujourd'hui  aux 
cinq  quifuivent. 

Maçonnerie  en  liaisom,  celle  qui  efl:  faite  de  carreaux  5i  boutifles  de  pierre  bien  pofe'es 
en  recouvrement  les  unes  fur  les  autres. />.  3  56.  Lat.  /n/erf/wi  félon  Vitruve. 

Maçonnerie  de  briqce;  c'eft  par  raport  à  nôtreufage,  une  manière  de  bâtir  ,  donrles 
corps  >  faillies  &:  naiffances  de  pierre ,  renferment  des  champs,  tables,  panneaux,  Sic.  ren- 
foncez de  hricue  pofc'e  en  liaifon  ,  &  proprement  jointoye'e  avec  du  placre  ou  de  la  chaux , 
comme  au  Château  de  Verfailîcs&  ailleurs,  p.  5  37.  Lat.  Latcritium. 

Maçonnerie  de  moilon,  celleoù  les  ^/o;7o/!id'apareil  ou  de  même  hauteur ,  font  e'quar- 
ris,  bien  gifans,  pofez  de  niveau  en  liaifon,  &  piquezen leurs  paremens./».  536.  Lat. 
Cœmer.titium. 

Maçonnerie  de  limosinage,  celle  qui  fe  fait  de  moilons  pofèz  fur  leur  Ut  en  liaifon  , 
fans  être  drefiezen  leurs  paremens.  ibid.  Lat.  Empleâon  félon  Vitruve. 

Maçonnerie  de  blocage,  celle  qui  eft  faite  de  menues  pierres  jettees  à  bain  de  mortier, 
comme  elle  fe  pratique  en  Italie,  où  la  pouHblane  avec  la  chaux  ,  eft  d'un  grand  fecours 
pour  cette  liaifon.  ibid.  Lat.  StniClura  riidcraria. 

MADRIERS.  On  appelle  ainfi  les  plus  gros  Ais,  qui  fonten  manière  de  plateforme,  & 
qu'on  attache  iur  des  racinaux  pour  aileoirfur  de  laglaife  ,  le  mur  de  douve  d'un  Refer- 
voir  ,  ou  tout  autre  mur  far  un  terrein  de  foibleconfiftence.p.  331. 

MAGAZIN  D'ATTELIER,  c'eft  un  Angar  fermé  en  manière  de  Baraque  ,  où  un  Entre- 
preneur fait  ferrer  tous  les  e'quipages  d'un  c^z/fZ/fr,  comme  échelles  ,  dofTes,  cordages, 
outils  ,  &c.  &  y  entretient  un  homme ,  pour  y  travailler  &  les  tenir  en  ordre.  Il  y  a  dans 
les  grands  c^iff//'fr.c ,  des  ^/<z_g-j:ïùu particuliers  de  Charpenterie  ,  de  Tuile,  d'ArdoifeSc 
de  Laires  pour  les  Couvertures  :  de  Serrurerie ,  de  gros  &  menus  Fers  ,  de  Menuiferic , 
de  Vitrerie,  &c.  où  l'on  tient  feparc'ment ,  autant  ce  qui  provient  des  de'molitions ,  que 
ce  qui  eft  neuf,  &  des  gens  en  font  chargez  par  compte  pour  en  avoir  loin  &  lesdiftri- 
buer.  p.  143. 

Magazin  de  marchand  j  c'eft  chez  un  Marchand-,  un  lieu  ordinairement  au  rez-dc- 
chauflee  ,  &  quelquefois  au  premier  e'tage  ,  où  font  renferme'csfesmarchandifes  :  quand 
il  eft  contigu  à  une  Boutique,  il  eft  auffi  appelle  n^m'erf-tow/z^^f.  Les  A/(i^d;ïini  pour 
les  étofcs ,  font  éclairez  par  des  Faux- jours ,  pour  les  faire  paroître  plus  avantageufement. 
pig.  54i. 

Magazin  général  de  marine,  eft  un  lieu  où  l'on  enferm.e  &  où  l'on  diftribuè"  toutes 
\qs  chofes  necelfaires  à  l'armement  des  VaiHeaux.  Les  A/ia!^^;:w  particuliers ,  font  ceux 
qui  tiennent  fepare'ment  les  vivres,  les  poudres,  les  cables,  le  gôdron ,  &:c.&  chacun 
porte  le  nom  de  ce  qu'il  renferme.  Ce  mot  vient  de  l'Italien  ilf<i^<j;î/no,  fat  de  l'Arabe 
Mdchaxin-,  lieu  où  l'on  met  les  richeffes.  p.  357. 

MAIGRE,  fe  dit  en  Afiiçonneric ,  de  toute  pierre  trop  coupée  ,  &  plus  petite  que  l'endroit 

qu'elle  doit  remplir,  &  qui  par  confequenc  laiffe  les  Joints  trop  ouverts.  Et  en  Charpente- 

Tome  IL  -X  rie. 


iAr>  EXPLICATION   DES  TERMES 

rc,  de  tout  tenon  ou  autre  lien,  qui  étant  trop  mince  ne  remplit  pas  fa  mortoife  ou  fou 
entjillc.  p.  15  8. 
MAIL,  eft  une  Allée  d'arbres  de  trois  ou  qu.itre  censtoifcsdc  lonç;,  fur  quatre  à  cinq  de 
Jari^e  ,  bordée  d'ais  attachez  contre  des  pieux  à  hauteur  d'apui ,  avec  une  aire  de  recoupes 
depîerre,  couverte  de  ciment ,  où  l'on  chailc  des  boules  de  buis  avec  un  mail,  ou  maillet 
terré  à  lonçr  n,anche.     Le  Afa// de  Saint  Germain  en  Laye  ,  efl:  un  des  plus  beaux  ,  parce 
queles  '  rbies  qui  le  bordent  ,  fontde  hautcfiuaye.  p.  3  57. 
MAILLES-,  ce  font  les  intervalles  quarrez  ou  en  lofange  ,  que  forment  des  cchalas  croifez  & 
liez  de  fil  de  fer  dans  le  Treillage.    La  grandeur  ordmaire  de  chaque  A:^.z///c  ,  eft  de  4   i<^. 
pouces  en  quarré  pour  lesBeiccaux&  Cabinets  :  de  6.  à  7.  &  de  9.  à  10.  pour  les  Efpalieij, 
P/.  63  B.^.  185. 
MAILLEK.  ;  c'cit  en  Jardinage,  d'après  un  petit  dcllcin  de  Parterre  graticulé  ,  le  tracer  en 
grand  par  carreaux  en  pareil  nombre  ,  fur  le  terrein.  C'eltaulli  efpacer  dcséchalas  mon- 
tans  &  traverfans  par  intervalles  égaux  ,   quariez  ou  en  lofange  pour  les  Treillages, 
p-i;^.  55S. 
Maille  .  Krye^  Fer  maille   &  MAC,ONNER.lE. 

MAIRAIN.    Bois  de  chcfne  refendu  en  petites  planches  minces,  dont  on  lambriiïbic  autre- 
fois les  cintres  des  Eglifes ,  &  donc  on  le  fert  aujourd'hui  pour  faire  des  Panneaux  de  Me- 
nuiferie ,  &c.    Le  mot  de  Ad-iiratii,  qui  vieinduLâiinMatenamen,  figiufioïc  ancienne- 
ment en  François,  toute  force  de  bois  à  bâtir,  comme  il  parole  dans  plulieurs  Ordon- 
nances Roiaux,  Se  dans  la  Traduction  que  Jean  Martin  a  faite  de  lArchiteélure  de  Léon 
Bacifte  Alberti.p.  341. 
MAISON,  du  Latin  Manfio ,  demeure;  c'efl:  un  lieu  deftinc  pour  l'habitation  dans  une 
Ville   ou   à  la  Campagne,  lequel  confilte  au  moins  en  un  Corps-de-logis,  p.  171.&C, 
Lar.  Domiis. 
Maïson  roiale,  fe  dit  de  tout  Château  avec  fes  dépendances,  appartenant  au  Roi,  com- 
me Fontainebleau,  Saint  Germain  en Laye,  Chambor,  Verfailles,  &c.     Il  y  a  plufieurs. 
Afaifons  I{oi.ilcs  ,  qui  appartiennent  à  des  Princes  &  à  des  grands  Seigneurs  ,•  parce  qu'elles 
leur  font  venues  par  don  ou  par  alhance.  Foycx  les  Bâcimens  de  France  de  Jacques  An- 
drouëc  Du  Cerceau. 
Maison  de  vill-e.  Voyc^  hôtel  de  ville. 

Maison  de  plaisance  ;  c'elt  à  la  Campagne  ,  le  Château  d'un  Seigneur,  ou  la  Aia;yo). 
d'un  Particulier,  qui  fert  de  fcjour  agréable  pendant  la  belle  failbn  ,  àcaufedela  propre- 
té de  fes  Aparcemens  &  de  rembetlilfeu-.ent  de  les  Jardins.  Elle  eft  amli  nommée  ,  parce 
qu'elle  eft  plutôt  deitincc  au  Pia/j/r,  qu'au  profit  de  celui  qui  la  polTede.  On  l'appelle  en 
quelques  endroits  de  France  CW/iwe  ,  en  Provence  i^.z///iif,  en  Italie  A^/^«<i,  en  Elpagiie  & 
en  Portugal  (2.""^'''  C'elt  ce  que  les  Latins  nomment /^//a  ,  &  Vitruve  ,^des  fjeudo-urba- 
nx.  Vie  ae  Vigiwle. 
Maison  rustic>ue.  On  appelle  ainfï  une  Ferme  ou  une  Métairie  avec  toutes  fes  dépendan- 
ces ,  pour  faire  valoir  les  biens  de  la  Campagne,  p.  154. 
MALANDRES  i  ce  font  dans  leBois  àbaltir  ,  des  neuds  pourris,  quifoncque  les  pièces  ne 
peuvent  eRre  employées  de  leur  longueur,  citant  équarnes  ^  c'elt  pourquoi  on  les  rabat 
en  ti'ifant  ces  pièces.^.  121. 
M  AL-FAC,ON.  Ce  mot  fe  dit  de  tout  défaut  de  matière  &  de  conltruârion  caufé  par  igno- 
rance, nctrligence  de  travail,  ou  épargne  ;  ainfi  c'eft  fn  ^^;zfci««f  r/f  ,  poler  des  pierres  de 
lit  en  joint:  Faire  des  plaquis,  ou  incruftations  dans  les  murs  de  médiocre  épaiifeur,  &c 
particulièrement  dans  les  Chaines  ou  Jambes  foufpoutres  ;  aulieu  d'y  mettre  des  carreaux 
&  quartiers  de  pierreèparpaignesbienenliaifon  :  Fermer  des  cours  d'affife  par  de  trop  pe- 
tits claufoirs,  &  en  faire  les  )oints  inégaux  &  les  paremens  gauches  :  Alfeoirdesmoilons 
de  plat  dans  la  conftru6lion  des  Voûtes ,  au  lieu  de  les  mettre  en  coupe  :  Laiffer  des  vuides 
danslcsMailifs,  ou  les  remplir  de  blocages  à  iéc  :  Sefervirdefentonsde  bois,  aulieu  de 

fer 


D' A  R  C  H  I  T  F.  C  T  U  R  E  ,  &c.  147 

fer  dans  les  Tuyaux  &  Lan;;uettcs  decheminccs  ,  &  ne  pas  recouvrir  fuiïifam  ment  déplâ- 
tre les  chevécrcs  :  Employer  du  mortier  c]ui  n'a  pas  afTez  de  chaux  ,  aulH-bicn  quedu  plâ- 
tre éventé  ou  noyé  :  Eriger  les  murs  fans  emparcmens ,  retraircs  &  fruits  necefi'aires  :  Laif- 
fcr  des  jarers  &  balevres  aux  Voûtes ,  &c.  EiiCharpentcrie  ■,  mettre  en  œuvre  des  bois  dé- 
fectueux ou  flaches ,  ou  plus  forts  qu'il  n'eit  necellaire ,  pour  augmenter  le  Toifc  :  Ne  pas 
peupler  fulîîfammenc  les  Planchers,  Cloifons,  &  Combles  :  faire  de  me'chans  alTcmblagcs, 
&c.  Dmis  lu  Couverture  y  employer  de  la  tuile  malcuite,  ou  de  l'ardoife  trop  foiblc  :  leur 
donner  trop  de  pureau  :  en  faae  les  plâtres  trop  maigres,  &c.  En Sirriircr:e ,  fefervirdc 
fer  aigre,  cendreux,  paillcux,  ou  avec  d'autres  delauts:  Faire  les  menus  ouvrages  trop 
légers,  les  Serrures  malganues ,  &c  le  tout  fans  bonne  rivCire  ,  &c.  £-;  Menuicrie^  em- 
ployer du  bois  trop  verd  :  Faire  des  panneaux  &  parquets  trop  minces ,  arec  aubier  neuds 
vicieux,  gales,  tampons ,  futce  ,  Sec.  Ec  en  Vitrerie  ■,  mettre  en  œuvre  du  Ver?e  moucheté'» 
onde ,  caiilleux  ,  ou  fi  gauche  qu'il  foit  force' par  les  pointes,  &c.  Les  Jurez  Experts  font 
obligez  par  leurs  Statuts  &  Reglemens,  de  vifîter  les  Atteliers  pour  reformer  ces  Àlaifaçons, 
&  autres  abus  qui  le  commettent  dans  l'Art  de  baftir. 

MANEGE;  c'elt  un  lieu  couvert  ou  découvert  avec  Lices  Se  Carrière,  où  l'on drefle  les 
chevaux,  &  on  l'on  apprend  à  les  monter.  Il  y  en  a  de  ces  deux  efpeces  aux  Ecuries  du  Roi  à 
Verfaillfs.p.  3i5.Lat.  Hippodromus. 

JvIANEUVREy  c'elt  un  homme  oui  fêrt  le  Compagnon  Maçon  ou  Couvreur  ,  pour  gâcher 
du  plâtre,  nettoyer  les  calibres.  Sec.  Ce  niotfe  dit  auflî  de  ceux  qui  fervent  à  porter  le  mor- 
tier, les  moilons,  les  terres.  Sec.  On  appelle  Goiijas,  les  moindres  Maneuvrei ,  comme  ceux 
qui  portent  lemortier  fur  l'oifeau,  Sec.  p.  144. 

Maneuvre,  Terme  de  Marine,  dont  on  (e  fert  auflî  dans  l'Art  de  bâtir,  pour  fîgnifier  le  mou- 
vemeiit  libre  des  Ouvriers  &  des  Machines  dans  un  endroit  ferré  ou  étroit  pour  y  pouvoir 
travailler  :  comme  dans  une  Tranchée ,  pour  lever  un  mur  d'alignementau  cordeau  :  dans 
un  Ba(brdeau  ,  pour  fonder  une  Pile  de  Pont;  c'ell  pourquoi  il  doit  y  avoir  au  moins  fir 
pieds  d'efpace  entre  le  Baftardeau&:  la  Pile  ,  pour  lailîcr  la  A:la>ieu-i'rehbrs. 

AlANGEOIRE  ;  c'elt  dans  une  Ecurie,  l'Auge  de  bois  eu  déplâtre  où  les  chevaux  ff?<i>f^f«f 
l'avoine.  On  appelle  £>j/ÔMfKre,  fa  profondeur:  ôcDevanturc,  Coaboïd. p. i-j6.  Vi. 61. 
Lat.  Prjefepium. 

MANIER  A  BOUT;  c'eft  relever  la  tuile  ou  l'ardoife  d'une  Couverture,  &  y  ajouter  du 
Jattisneuf  avec  les  tuiles  qui  y  manquent,  faifantrefervir  les  vieilles.  C'elt  auili  fur  une 
Forme  neuve,  afleoir  du  vieux  pavé,  &  en  remettre  de  nouveau  à  la  place  de  celui  qui  elfc 
calfé.p.  3  36. 

MANIERE.  Terme  ufité  dans  les  Arts  pour  exprimer  le  goût  particulier  d'un  Ouvrier  ;  ce 
qui  fe  connoît  dans  fes  ouvrages.  Ainfi  on  du  qu'un  Architecte  profile  de  bonne  ou  mau- 
vai  fe ,  de  gracieufe  ou  fech  e  manière.  On  dit  aulli  Manière  antique ,  Manière  moderne ,  &  c. 
Vrefaee. 

MANSARDE.  Voyex.  Comble  coupe'. 

MANTEAU  DE  CHEMINEE;  c'elt  ce  qui  parole  d'une  Cfcew/wcV  dans  une  Chambre; 
mais  ce  mot  fe  dit  plutôt  de  la  partie  inférieure  delà  C/7fw/«f>,  compofée  des  Jambages  , 
du  Chambranle,  delaGorgeou  Attique,  &  de  la  Corniche ,  que  de  la  partie  Supérieure, 
qui  ne  comprend  que  le  Tuyau  couronné  de  (a  Corniche  ,  &  orné  d'un  Cadre  avec  Bas-re- 
Jief,  ou  d'une  Bordure  avec  Tableau.  Il  eft  ainfi  nommé  ,  parce  qu'il  couvre  la  Hotte  & 
Je  Tuyau  de  la  Qhcmmce  :  &  c'eft  ce  que  les  Italiens  appelleut  j.\\ippd  ,  c'eft  pourquoi  M.  De 
Chambra)  dans  fa  Tradudion  de  Palladio,  s'eftlervide  JVjpf ,  pour  iiguiHcx  ic ManteMi 
d'uncChemmce.p.  166.  PL  57.  &c.  Lat.  CaminiTejludo. 

Manteau  de  eer;  c'eft  la  Barre  de /fr  ,  quifertàtenir  laPlatcbande  ou  Anfe-de-panier  de 
la  Fermeture  d'une  Cheminée,  p.  11 6. 

MANUFACTURE  ;  c'elt  par  raport  à  l'Architeéture ,  un  grand  Corps  de  Bâtiment  compo- 
ié  de  plufieiws  Logcmciis  ,  Salles  ,  Laboratoires  ,  Galeries  ,  Magazius  ,  Sec.  où  ionc 

T  1  logez 

w 


,48  EXPLICATION   DES  TERMES 

locez  &  entretenus  des  Ouvriers,  qui  travaillent  à  quelque  ouvrage  particulier  ,  comme 
au^c'cofes,  elcntclles,  bas,  ô<.c.  p.  i,ii.Lz:.Ojjici}ia. 
MARBRE.  Efpecc  de  Roche  qui  fe  tire  des  Carrières.   Il  y  en  a  de  fimple  ou  d'une  feule  cou- 
leur ,  comme  le  blanc  &  le  noir,  &  de  méic  ou  varié  par  tâches ,  vênes,  mouchetures, 
ondes  &  nuages  de  diverfcs  couleurs.    Tous  les  Afijrorrj  font  opaques ,  &  il  n'y  a  que  le 
blanc  qui  (bit  tranfparcnt,  quand  il  eft  débite  par  tranches  minces.     Ilfontau/ri  de  diffé- 
rent poids  &  dureté,  &  doivent  être  coniiderez  félon  leurs  cou!eurs&  les  païs  qui  les  pro- 
duifent ,  &  félon  leurs  façons  &  leurs  défauts.    Le  mot  de  Marbre  y  ïem  dnLmn  Murmor  , 
dérivé  du  G;ec  marmairein,  rcluue,  parce  qu'il  reçoit  le  poli.  p.  109  Sec.  Scamozzi  a 
traite  amplement  dos  Marbres  dans  fon  Archkeclure  Liv.  7.  fans  avoir  fait  mention  de  la. 
pluspart  de  ceux  qui  font  raportez  ci-aprés. 
MARBRE  Jelon  Jcs  couleurs  CT  pais. 

Marbre  afriquain,  eft  partie  rouG^c  brun  avec  quelques  vcnes  de  blanc  fale ,  &partic 
couleur  de  chair  avec  quelques  filets  verds.  I!  s'en  voit  quatre  Confolcs  en  manière  de  Car- 
touche au  Tombeau  du  Marquis  de  Gefvres  dans  l'Eglife  des  PP.  Ccleftins  à  Paris.  Il  y  en 
a  d'une  autre  forte,  dont  Scamozzi  fait  mention  ,  qui  eft  mêlé  de  blanc  &  de  couleur  de 
chair,  &  quelquefois  couleur  de  fang  avec  des  vénes  brunes  &  noires  fort  déliées  &  tour- 
nées en  ondes ,  &  qui  à  caufc  de  fa  dureté,  reçoit  un  fort  beau  poli. 
Marbre  appelle  ALBASTRE,  du  Grec  ^labafiron  ;  c'ell  une  pierre  blanche  &  tranfpa- 
rente,  ou  variée  de  diverfes  couleurs  ,  &  une  efpece  de  Afar/^re  tendre.  L'z^ibajhe  bla>ic 
pur,  fe  trouve  dans  les  Alpes  &  les  Pyrénées,  &  on  en  fait  des  Figures ,  Vafes,  &:c.  Il  eft 
fort  tendre  au  fortir  de  la  Carrière  ;  mais  il  durcit  à  l'air.  V^lbalhe^aric-,  eft  de  plu- 
sieurs fortes.  VOriental,  eft  de  deux  efpeccs:  l'une  eft  façon  d'Agate  mêlée  de  vênes  cou- 
leur de  rofe  ,  jaune  ,  bleue  &  blanche  :  &  l'autre  brune  &  blanche  avec  des  vênes  grisâtres 
&  rouflâtres,  tournées  en  ondes  &  par  longues  bandes.  Il  fe  voit  dans  le  Bofquet  de  l'Etoi- 
le à  Verfailles ,  une  Colonne  Ionique  de  cette  dernière  efpeced'^/£a//rf,  quiporteun 
Bufte  d'Alexandre,  dont  la  teite  eft  antique  ,  qu'oncroir  avoir  été  faire  par  Phidias ,  & 
qui  a  été  rcftauréepar  le  Sieur  Girardon  Sculpteur  du  Roi.  L' ^Ibajlre ^y^^atato ,  afes  cou- 
leurs plus  pâles  que  l'c^/6a]7rf  précèdent.  Le  F/fKr/ eft  ainfi  appelle  ,  parce  qu'il  a  des  ta- 
ches de  toutes  couleurs  ,  comme  des  Fleurs.  Il  y  zd'autvc  ,^lbjfïrc  fleuri,  quieltvênéen 
manière  d'Agate,  olacé  &  tranfparent.  Il  yen  a  encore  d'autre  que  les  Italiens  nomiment 
À  pccore,  parce  que  fes  taches  relîcmblenten  quelque  forte  à  des  moutons  qu'on  peint  dans 
les  païfages.  L'^ibajlre  de  Montahuto  ,  a  le  fonds  brun  par  ondes  grisâtres ,  qui  femblen: 
former  des  figures  de  Carte  Géographique,  eft  fort  tendre  &  pourtant  plus  dur  que  les 
Açatesd'Alemagne  ,  à  qui  il  rcflcmble.  Le  violet,  eft  mêlé  par  ondes  &  tranfparcnt.  Et 
enfin  Vi^lbaflrc  ,  qu'on  nomme  de  Roquebruë  en  Languedoc,  eft  d'un  gris  foncé,  & 
d'un  rouge  brun  par  grandes  taches  ,  &  beaucoup  plus  dur  que  les  précedens.  Il  y  a 
de  toutes' ces  fortes  à'c^ibajlres  en  Tables,  en  Vafes,  &c.  dansles  ApartemensduRoi. 
p.  m.  &  3 10. 
Marbre  d'auvergne,  eft  couleur  de  rofe  ,  mêlé  de  violet,  deverd&  de  jaune.  Le  Man- 
teau de  la  Cheminée  de  la  Pièce,  qui  eft  entre  le  Salon  de  la  Grande  Galerie  &  la  Salle  des 
Ambafladcurs  à  Verfailles  ,  eft  de  ce  Marbre. 
Marbre  de  bacalvaire,  au  bas  de  S.  Bertrand  prés  Comi»ges  en  Gafcogne ,  eftverdâtre 

avec  quelques  taches  rouges  &  un  peu  de  blanc. 
Marbre  balzato  ,  elt  d'un  brun  clair  fans  taches,  mais  avec  quelques  filets  gris  fi  déliez, 
qu'ils  reflembicnt  aux  cheveux  qui  commencent  à  grifonner.  Il  s'en  voit  quelques  Tables 
chez  le  Roi. 
Marbre  de  barbançon  en  Hair.aut ,  noir  vêné  de  blanc.  Ceil/urirc  eft  afTez  commun, 
&  les  plus  grands  morceaux  qui  s'en  voyent  à  Paris,  Ibnt  les fix  Colonnes  Torfes d'Or- 
dre Compoiite  du  Baldaquin  du  Val-de-grace,  &  la  Corniche  &  l'Architrave  Corinthieits 
lie    i'Aurcl    de  la  Chjpcllc   de  Crequy   aux  Capucines.    Le  plus  beau  Barbançon  y, 

clt 


D'ARCHITECTURE,  &x.  149 

eft  celui  dont  le  fonds  elt  le  plus  noir ,  &  les  vênes  les  plus  délices  &  les  plus  blanches,  pa^. 

Marbre  de  sainte  baume  en  Provence,  eft  blanc  &  rouge  mêld  de  jaune  ,  approchant  de 
la  Brocatelle.  Il  s'en  voit  deux  Colonnes  Corinthiennes  aune  Chapelle  à  c6:e  du  Grand 
Aucel  de  lEglife  du  Calvaire  au  Marais,  p.  xii. 

Marbre  bigio  nero,  ou  gris  noir,  elt  antique  &  il  yen  a  quelques  morceaux  dans 

les  MagazinsduRoi.  ,        n     ,  n.        ■      c 

Marbre  blanc.  Celui  qui  fe  tire  des  Pyrénées  du  collé  de  Bayonne,  elt  moins  tin  que  ce- 
lui de  C^narr,  aiant  de  plus  gros  grains  &  lui  fan  t ,  comme  une  eCpecedelcl,  Il  rcllem- 
b!e*ii  Marbre  btii'ic  Grec  anrique  ,  dont  les  Statues  de  Grèce  ont  été  fculpées  ;  mais  il 
cît  plus  dur  &n'eft  pas  fi  beau.  On  s'en  fert  toutefois  pour  les  ouvrages  de  Sculpture,  pag. 


Marbre  blanc  vene',  eft  mêlé  de  grandes  vê«f^,  de  taches  gnfes  &  de  bleu  foncé  fur  un 
fonds  blanc.  Il  vient  de  Carrare  ,  &  on  en  fait  des  Piédeftaux  ,  Entablemens  &  autres  ou- 
vrages d'Architecture.  La  plus  grande  partie  de  la  Sépulture  de  M.  le  Chancelier  Le  Tcllier 
dansl'EgUledeSaintGervaisà'Paris,  eft  dece  iV/.ir6rf.  ^      ,,  ,  , 

Marbre  BLANC  et  noir  ,  antique  très  rare,  dont  les  Carrières  font  perdues,  eft  mêle  de 
blanc  pur  &  de  noir  très  noir  par  plaques.  Il  s'en  voit  trois  Colonnes  Comportes  dans  la 
Chapelle  de  Roftaincr  aux  Feiiillans  rue  Saint  Honoré  :  deux  petites  Corinthiennes  dans 
celle  de  Saint  Pvoch  aux  Mathurins  ,  &  une  belle  Tableau  Tombeau  de  Loiiis  de  la  Tn- 
moiiiUe  aux  Gclcftins  à  Paris.Les  Piédeftaux  &  le  Parement  d'Autel  de  la  Chapelle  de  Saine 
Benoît  dans  l'Eghfe  de  Saint  Denis  en  France,  font  aulTi  incruftés  de  ce  Marbre.  11  y  en  a 
de  Petit  ^ntiqu^^las  broiiillé  par  de  petites  vênes ,  qui  relTemble  au  Barbanpn ,  6:  dont  on 
von  des  Colonnes  Ioniques  dans  le  Petit  Apartement  des  Bains  àVerlailles.         ^    ,    . 

Marbre  bleu  turquin,  eft  mêlé  de  blanc  fale,  &  vient  des  Cotes  de  Gènes.  L  Embale- 
nient  du  Piédeftal  de  la  Statue  Equeftre  de  Henry  IV.  fur  le  Pont-neuf,  &  huit  Co- 
lonnes Ioniques  refpedivement  oppofées  dans  la  Colonnade  de  Verlailles,  lont  de  ce 

Mar^bre^de  BOULOGNE  enPkardic,  eft  une  efpece  de  Brocatelle,  mais  les  tâches  en  fonf 
plus  grandes ,  &  mêlées  de  quelques  filets  rouges.  Le  Jubé  de  la  Cathédrale  de  cette  Ville- 
là  ,  en  eft  conltruir.  .     .  ^     ,    ,  ,  M'   J    . 

Marbre  de  bourbonnois,  eft  d'un  rouge  fale  &  d'un  gris  tirant  fur  le  bleu  ,  mêle  de 
vênes  d'un  iaune  fale.  La  Cheminée  de  la  Salle  du  Bal,  &  la  moitié  du  Pave  du  Cor- 
ridor du  premier  Etage  de  la  grande  Aile  du  coftc  du  Nord  à  Yerfailles ,  font  de  ce  ' 

Ma  r'^bVe' appelle  BRE'CHE.  Nom  commun  à  plufieurs  fortes  de  Marbres,  qui  font  par- 
tâches  rondes  de  diverfes  grandeurs  &  couleurs,  formées  du  mélange  deplulieurs  cail- 
loux, &  qui  n'aïant  point  de  vênes,  comme  les  autres,  fecaOentcorame  par  fcre«M  ;  ce 
qui  les  a  fait  nommer  ainfi  par  les  Ouvriers,  p.  II  i.  &  XI 1.  ,  ,   .  i  j 

Brèche  antique ,  celle  qui  eft  mêlée  par  tâches  rondes  d'inégale  grandeur,  de  blanc,  de 
bleu  ,  de  roucre  ,  de  gris  &  de  noir.  Les  deux  corps  qui  portent  l'Entablement ,  &  ou  lont 
nichées  les  deux  Colonnes  Hermétiques  de  la  Sépulture  de  Jacques  de  Soiivre  Grand  Prieur 
de  France ,  dans  l'Eglife  de  Saint  Tean  de  Latran  à  Pans  ,  lont  de  ce  Marbre.  ^ 

Brèche L.inche,  celle  qui  eft  mêlée' de  violet,  de  brun  &  de  gris  avec  de  grandes  taches 

BrécteVZune,  celle  qui  a  quelques  tâches  décodeur  de  Corail,  &  qu'on  nomme  auffi  Brè- 
che ScrancoUn.  I!  y  en  a  un  Chambranle  dans  la  principale  Pièce  du  grand  Apartement  de 
l'HofteldeSaintPoiiangesàPans. 

Brèche  dorée,  celle  qui  elt  mêlée  de  tâches  jaunes  &  blanches,  &  dont  il  fc  voit  des  mor- 
ceaux dans  les  Magazins  du  Roi.  .  .  1  ••     o  UI       l    .      P. 

Cïojfe  Brèche ,  ceUe  qm  eft  par  tâches  rouges ,  noires ,  gnfes ,  jaunes ,  bleues  &  blanches ,  & 


150  EXPLICATION   DES   TERMES 

qui  cftainfi  appel léc,  paice  qu'elle  a  les  couleurs  de  toutes  les  autres  iinV^f.c  Les  deux 
Colonr.cs  Ioniques  de  devant,  des  quatre  qui  portent  la  Challe  de  Sainte  Geneviève, 
font  de  ce  Marbre. 

Brcche  ijiibclle-,  celle  qui  a  de  grandes  plaques  de  couleur  ifalellc  âvec  des  tâcher  blanches  & 
violettes  pâles.  U  s'en  voit  quatre  Colonnes  Doriques  ifole'es  dans  le  Veflibule  de  l'A- 
partcment  des  Bains  à  Verfail!es. 

Bnchc  d'Italie,  elt  de  deux  fortes.  L'c^/i/i^we  efl  noire ,  blanche,  Scçrifc,  &  le  Parement 
de  l'Autel  de  la  Chapelle  de  Saint  Denis  à  Montmartre ,  en  eft  fait.  La  Moderne  ,  dt  quel- 
quefois mêlée  de  violet ,  &  nommcc  Brcche  vwictt-e. 

Brcche  noire,  ou  Petite  Brcche,  celle  qui  eft  inclc'e  de  gris  brun,  Si  de  taches  noires  avec 
quelques  petits  points  blancs.  Le  Socle  &  le  fonds  de  l'Autel  de  Nôtre-Dame  de  Savonc 
dans  l'Etrille  des  PP.  Auguftinsdcchauflcs  a  Paris  ,  font  de  ccALirbre. 

Brcchedes  Pyrénées,  celle  qui  a  le  fonds  brun  à  elt  mcléede  diverfes  couleurs.  Il  s'en  voit 
deux  fort  belles  Colonnes  Corinthiennes  dans  le  fonds  du  Grand  Autel  de  S.  Nicolas  des 
Champs  a  Paris. 

Brcche  Sarcivccke  ,  celle  qui  aie  fonds  violet  &.  brun  avec  de  grandes  taf-hes  blanches  &  ifa- 
bellc,  comme  font  les  huit  Colonnes  Cormthiennes  de  l'Autel  des  Gr^^ads  Auguftins  à 
Paris.  Ilyadela  Patte  Brèche  Saravéche ,  appellée  ainli ,  parce  que  les  taches  en  Ibnt  plus 
petites. 

Brcche  Sanvderre,  celle  qui  eft  par  taches  jaunes  ,  grifes  &  noires.  Le  Tombeau  de  la  Mcre 
de  M.  Le  Brun  Premier  Peintre  du  Roi ,  qui  clt  dans  la  Chapelle  à  S.  NicoLs  du  Chardon- 
net,  eft  de  ce  Marbre. 

Brcche  !ette~baft,  ou  des  fept  Bafcs ,  celle  qui  a  le  fonds  brun,  mclc  de  petites  taches  ron- 
des de  bleu  fale.  Il  s'en  voitdans  les  Magazins  du  Roi. 

Brcche  de  Ferone,  celle  qui  eft  mêlée  de  rouge  pale,  de  rouge  cramoilî ,  &  de  bleu.  Le  Man- 
teau de  la  Cheminée  de  la  dernière  Pièce  de  Trianon  tous  le  bois  du  côté  des  Sources, 
eft  de  ce  Marbre. 

Brcche  yiolette  ,  celle  qui  eft  d'un  bninfale  avec  de  longues  bandes  violettes:  elle  vient  d'I- 
talie &  il  s'en  voit  deux  fort  belles  Colonnes  Ioniques  à  l'entrée  delà  Colonnade  de  Yer- 
failles. 

Marbre  de  sresse  enitalie,  elt  jaune  avec  des  taches  de  blanc. 

Marbre  brocatelle,  eft  mêle  par  petites  nuances  de  couleurs  ifabelle ,  jaune,  rouge 
pâle,  &  gris.  On  l'appelle  communément  Brocatelled'EJpa^ne  ,  parce  qu'il  vient  de  Tor- 
tofeen  Andaloulie,  ou  on  le  tire  d'une  Carrière  antique:  &  il  y  a  apparence  que  les  quatre 
belles  Colonnes  Compofites  du  Grand  Autel  de  l'Eglife  des  PP.  Mathurins  à  Pans,  font 
àece  ALirbre;  puis  qu'elles  furent  données  parles  PP.  Tr  nitaires  Efpagnols  à  M.  Petit 
General  de  l'Ordre ,  lorfqu'il  failbit  fa  vifite  en  Efpagne.  Il  y  en  a  quelques  petits  Blocs 
dans  les  Magazins  du  Roi ,  &;  plulîeurs  Cheminées  à  Trianon.  Il  y  a  aulîi  delâBrocatelle 
antique ,  qu'on  tiroit  de  Grèce  prés  d'x^ndnnople,  &  dont  on  croit  que  font  les  dix  petites 
Colonnes  Corinthiennes  du  Tabernacle  des  PP.  Mathurins,  &  les  huit  Compofites  de  ce- 
lui de  Sainte  Geneviève  du  Mont  à  Pans.  p.  1 1 1. 

Marbre  de  cacn  en  Normandie ,  eft  prefque  femblable  au  Languedoc,  mais  plus  broiiillé 
&  moins  vif  en  couleur.  U  s'en  voit  à  la  Sépulture  de  Henry  de  Bourbon  Prince  de  Condé 
à  Vallery  en  Bourgogne. 
Marbre  de  campan  prcsdcTarbe  en  Gufcoar.e ,  eft  rouge  ,  blanc  &  verd,  mêlé  par  ta- 
ches&par  véues.  Ilyenadont  les  vênes  font  d'un  vcrd  plus  vif,  mêlé  de  blancfeule- 
ment  -,  c'eft  pourquoi  on  le  nomme  encore  yird  decampan.  Ce  Marbrei{\.  allez  commun, 
&;  il  s'en  voit  pluficurs  ouvrages ,  comme  Chambranles ,  Tables,  Foyers,  &cz.  à  Paris  &: 
àVerfailles;  mais  les  plus  grands  morceaux  qui  en  ayentefté  tirés ,  font  les  huit  Colon- 
nes Ioniques  de  la  Cour  du  Château  de  Trianon.  p.  m. 
Marbre  de  carrare /«r /a  Co/?e  deGcneS',  elt  très  blanc  &  ic  plus  parfait  pour  les  ouvra- 
ges 


D'ARCHITECTURE,  &x.  151 

ges  de  Sculpture.  La  plufpart  des  Figures  modernes  du  petit  Parc  de  Vcrfaiiles ,  en  font 

faircs.  p.i^.  m. 
Marbre  de  chamw.gn'e,  tient  de  la  Brocatelle  ,  &  eft  mêlé  de  bleu  par  taches  rondes , 

comme  des  yeux  de  perdrix.  II  y  en  a  aufll  par  nuances  de  jaune  pâle  Se  de  blanc. 
Marbre  cipollino  ou  cipolin,  elt  par  grandes  ondes  ou  nuances  de  blanc  &  de  verd 


ippr 

puis  peu  de  Lebeda  ,  autrefois  Leptis ,  prés  de  Tripoli  fur  les  Coftes  de  Barbarie ,  &  les  dix 
Corinthiennes  du  Temple  d'Anto.iinSc  de  Faultine  à  Rome,  paroiflènt  eftre  decemêiv.e 
Marbre,  que  Scamozzi  croie  cltre  au  flî  celui  que  les  Anciens  appelîoient  ,:yiugi<lïum  &lTi- 
beriiim  nuirmor  ,  parce  qu'il  Fut  découvert  en  Egypte  du  temps  des  Empereurs  Auguite  &: 
Tibère. 

Marbre  de  dinan  da>is le  Pays  de  Lie^e-,  efl:  d'un  noir  très  pur,  &  le  plus  beau,  &  cft 
fort  commun.  On  en  fait  des  Tombeaux  &  des  Sépultures,  &  ^ntre  quantité  d'ouvrages 
où  l'on  l'a  fait  entrer  depuis  1 50.  ans  à  Paris,  il  s'en  voit  quatre  Colonnes  Corinthiennes 
au  Grand  Aurel  de  l'Eglife  de  S.Martin  des  Champs,  lequel  elt  dudefléin  de  François 
Maillard:  lix  Colonnes  du  même  Ordre  au  grand  Autel  de  S.  Loiiisdes  PP.  ]cfuïtesiue" 
S.  Antoine  :  quatre  du  même  Ordre  au  Grand  Autel  de  l'Eglife  des  PP.  Carmes  Dechanllcz  ; 
&  quatre  autres  Compofitcs  à  l'Autel  de  Ste.  Therefe  de  la  même  Eglife,-  mais  les  plus 
belles  Colonnes  de  ce  Marbre,  font  les  fix  Corinthiennes  cannelées  du  Grand  Autel  de 
l'Eglife  des  PP.  Minimes  delà  Place  Roiaie.  p.  iii. 

Marbre  fxor  di  persica,  ou  fleur  de  pescher  ,  eftmêlé  de  taches  rouf^cs  &  blan- 
ches un  peu  jaunâtres.  Il  vient  d'Italie,  &  il  s'en  voit  dans  les  Magazins  du  Roî. 

Marbre  de  gauchenet  prcsde  Dinan,  eft  rouge  brun  avec  quelques  taches  &  vênes  blan- 
ches. II  y  a  long-tems  qu'on  s'en  fert  à  Paris ,  &  les  plus  anciennes  Colonnes  qui  s'en, 
voyent,  font  les  quatre  de  la  Sépulture  du  Cardinal  de   Birague  dans  l'Eglife  de  Ste.  Ca- 


l'Autel  de  l'EgUlc  des  Filles-Dieu  rue  Saint  Denis  j  toutes  ces  Colonnes  d'Ordre  Corin- 
thien, p.  ZI  1. 

Marbre  de  givet  prés  CharUmont  Frontière  de  Luxembourg  ,  cfl:  noir  vêné  de  blanc  & 
moins  broiiillé  que  le  Barbanc^o».  Les  Marches  du  Baldaquin  du  Yal-de-t^race  à  Paris, 
font  de  ce  Marbre. 

Marbre  geanitelle,  appelle  communément  GRANIT,  parce  qu'il  efl:  figuré  de  pe- 
tites taches  formées  de  quantité  de  grains  de  fable  condenfés  ,  eft  de  plulieui-^  fortes,  p. 

110. 

Granit  d'Egypte,  connu  dans  les  Auteurs  fous  le  nom  de  Thebaïcum marmor  ,  a  de  petites  ta- 
ches grifes,  verdâtresfur  un  blanc  fale,  &  eft  prefqueaulfi  dur  que  le  Porphyre.  Entre 
quantité  de  Colonnes  qui  s'en  voyent,  celles  de  Ste.  Sophie  à  Conftantinople ,  font  des- 
plus confiderables  pour  leur  grandeur,  aïantplusde  40.  pieds  de  haut. 

Granit  violet ,  elt  mêlé  de  blanc  &c  de  violet  par  petites  taches,  &  vient  auffi  d'Egypte.  La  pluf- 
part  des  Obelifques  antiques ,  comme  ceux  de  S.  Pierre  ,  de  S.  Jean  de  Latran  ,  de  la  Porte 
du  Peuple  ,  &:c.  à  Rome,  en  font  faits. 

Granit  d'Italie,  a  de  petites  taches  un  peu  verdâtres&  prefque  femblables  à  celles  du  Granit 
d'Egypte,  maiselt  moins  dur.  M.Felibien  dit  qu'ilfe  tiroir  des  Carrières  de  l'Ifle  d'Elbe, 
&  les  fcize  Colonnes  Corinthiennes  du  Porche  du  Panthéon  &  plufieurs  Cuves  de  Bains  qui 
fervent  aujourd'hui  de  Baflins  de  Fontaine  à  i<.ome ,  font  de  ce  Marbre. 

Granit  \erd,  eft  une  eipece  de  Serpentin  ou  Vlrd  antique,  mêlé  de  plus  petites  taches  blan- 
ches &  vertes.  11  s'en  voit  plulicursColoiîues  à  Rome. 

Grunit 


j.,  EXPLICATION   DES   TERMES 

Crvtt  W'-D^vp/^M'^  furies  Coftes  du  Rhôr.c  prés  rEmbouchurc  delà  Lizere  ,  eft  fort  dur  & 
unecfpcce  de  caillou.  Il  cft  antique,  comme  il  paroît  par  plufieurs  Colonnes  en  Proven- 
ce, &  on  en  a  depuis  peu  retrouve  la  Carrière.  ,    ,   ^r 

Marbre  de  griote,  cil  d'un  rouge  fonce  de  blanc  fale  ,  &  vientdepresde  CofneenLan- 
auedoc.  1!  elb  ai  n  fi  appelle,  parce  que  fon  rouge  tire  fur  celui  des  Gr/offj  ouCerifes.  Le 
Manteau  de  la  Chcmn^ce  de  l'Antichambre  du  grand  Apartement  du  RoiàTrianon  ,  eft 

M\RBRE  TE  HOU  duns  Ic  P-nsde  Lic^e ,  eft  gnfatre  &  blanc  mêle  de  rouge,  comme  du 
fang.  Les  Picdcftaux,  Architrave  &  Corniche  du  Grand  Autel  de  TEglile  de  S.  Lam- 
bert à  Licge ,  en  font  faits,  p.  zio.  ,      ,   ,-         r  T.    y."         a 

MARBRE  appelld  JASPE,  duGrec^a/,  verd,  fe  trouve  de  piudeurs  fortes.  L^>>ucjHec[t 
vcrdâtie,  mêlé  de  petites  fiches  rouges.  Le  Fleuri,  eft  mêlé  de  plufieurs  couleurs  &  le 
tire  des  Pyrénées.  Il  y  a  aufndu  ^^/pf  «o/r  Cr  6/a«f  ,  par  petites  tâches,  qui  eft  très  rare. 
On  appelle  ^.rtrf/Jy.V,  tout  Marbre,  qui  approche  du  p/pe.  Il  fe  voit  de  toutes  ces 
fortes  de  fafves  dans  les  Apartemens  &  les  Magazins  du  Roi.  p.  310. 

IvUrbre  JAUNE,  eft  d'un  jaune  ifabelle  fans  vcnes  ,  antique  &  fort  rare;  c'eftpourquoi 
on  ne  l'employé  ordinairement  que  par  incruftation  dans  les  Comparnmcns ,  pour  former 
quelque  Pièce  de  Blazon .  Il  s'en  voit  neantmoins  des  Scabellons  de  Buftcs  dans  le  Salon  des 
Bains  de  la  Reine  au  Louvre.  Il  y  a  aufll  du  Mai  bre  jaune ,  qu'on  appelle  dore,  parce  qu'il  eft 
plus/a;o,v  que  le  précèdent,  &  qui  eft  encore  antique.  Il  y  a  apparence  que  c'eft  celui  qui 
eft  appelle  dans  ?^uùvA^sMar»:or  croceum  ,  àcaulede  lacouleur  defafran,  qui  le  tiroir 
prés  de  Lacedemone  ,  &:  dont  le  Bain  public  de  cette  ViHe-là  ,  étoit  conftruit.  On  eu  voie 
aujourd'hui  quatre  Niches  incruftées  dans  la  Chapelle  du  Mont  de  Pieté  à  Rome. 

M-^RERE  DE  LANGUEDOC,  qui  le  prend  prés  de  la  Ville  de  Colne,  a  le  fonds  d'un  rouge 
vifavecdef^randesvênes  ou  tâches  blanches ,  &  eft  aflez  commun.  Les  deux  Colonnes 
Ioniques ,  rArchitravc&  la  Corniche  de  l'Autel  deNoftre-Dame  deSavone  dans  l'Eglife 
des  PP.  AucTuftins  Déchauiiezà  Paris:  tous  les  Pilaftres  du  Château  ,  &  les  14.  Colonnes 
Ioniques  du  Pcnftvle  de  Trianon,  fontde  ce  ^^jr6rf.  Il  y  a  An  Languedoc ,  dontleblanc 
cit  bleuâtre  &  gris';  mais  il  n'eft  pas  fi  eftimé  ,  &  il  s'en  voit  plufieurs  Manteaux  de  Che- 
minée ,&  Placards  de  Porte  en  divers  endroits,  p.  xii.  -1  r  '  • 
Marbre  de  laval  dans  le  Maine ,  aie  fonds  noir  avec  quelques  vcnes  blanches  tort  étroi- 
tes. Il  s'en  voit  huit  Colonnes  4.  Corinthiennes  &  4.  Compofites  dans  la  Nef  de  l'Eglife 
de  Sainte  Geneviève  du  Mont ,  Se  plufieurs  autres  Corinthiennes  dans  le  Veftibule  du  Châ- 
teau de  Meudon.  Il  y  a  aufù  du  Marbre  de  Laval,  qui  eft  rouge  avec  blanc  fale,  &  il 
fe  voitdanscctte  Ville  là  plufieurs  beaux  ouvrages  de  ces  deux  foncsàc^Marbre ,  parti- 
culièrement dans  les  Eglifes  des  PP.  ■Jacobins'&  Cordeliers.  Le  Cloître  de  ccux-<i , 
eit  orné  de  petites  Colonnes  de  la  dernière  efpece  de  Marbre  y  avec  peintures  dans  fa 


voûte. 


Marbre  de  lefî  ^bbaïeprésDinan  ,  eft  rouge  pâle  avec  de  grandes  plaques  ,&  quelques 
vènes  blanches.  On  en  a  fait  le  Chapiteau  du  Sanduaure  ,  qui  eft  derrière  le  Baldaquin  de 
l'Eglife  du  Val-de-giace  à  Paris.  ,      .  ,  -r  ■       <, 

JsIar'bre  lumachello,  ainfi  appelle  ,  parce  qu'il  eft  mêlé  de  taches  griles,  noires  & 
blanches;  tournées,  comme  de  petites  coquilles  de //wwfo«,  eftantique,  &  la  Carrière  en 
eft  perdue.  Il  s'en  voit  quelques  Tables  dans  les  Apartemens  du  Roi.  Le  Lumachello  Mo- 
derne, qui  vient  d'Italie,  eft  prefquc  [çmhhhk  iV  antique  ;  mais  les  tâches  n'en  font 
pas  fi  bien  marquées.  Les  douze  Colonnes  Compofites  cannelées,  &  partie  du  Lambris 
de  la  Chapelle  des  Seigneurs  Strozzi ,  du  dcfiein  de  Michel- Ange  dans  S.  André  de  la  Valle 
à  Rome,  font  de  ce  Marbre.  ^ 

Marbre  de  margosse  dans  le  MdaneK  ,  a  le  fonds  blanc  avec  quelques  vencs  brunes  de 
couleurde  roiiillc  defer  ,  &  eft  aflez  commun  &  d'une  grande  dureté.  Parue  du  Dôme  xle 
Milan  ,  en  a  été  bâtie.  , , 

MAR- 


D'ARCHITECTURE,   &rc.  155 

Marbre  de  saint  maximin  en  Provence  ,  eft  une  efpecc  de  Porter ,  dont  le  noir  &  le 
jaune,  font  fort  vifs.   Il  s'en  voit  des  Echantillons  dans  les  Maga2ins  du  Roi. 

Marbre  de  namur,  eft  noir,  comme  celui  dcDimn;  mais  il  n'eft  pas  fî  beau:  parce 
qu'il  tire  un  peu  fur  le  bleuâtre,  &efttraverfé  de  quelques  petits  filets  gris.  Il  elt  fort 
commun,  &  on  en  fait  du  Pave',  p.  tu. 

Marbre  noir  antique,  eft  d'un  w/r  pur  fans  tâches ,  &  plus  tendre  que  le  A^o/Vwo(/er«e. 
Il  en  venoit  de  Grèce  ,  qu'on  appclloit  Afjrwor  Z«f«//n(m  ,  &  dont  Marcus  Scaurus  or.ia 
fon  Palais  à  Rome ,  de  Colonnes  de  58.  pieds  de  haut  ;  mais  qui  n'c'toit  pas  h  eftime' que 
celui  que  les  Egyptiens  tiroient  d'Ethiopie ,  qui  e'toit  un  peu  gris  ,  approchant  de  la  cou- 
leur du  fer,  &  qu'ils  nommoient  Bdjdltesy  ou  Pierre  de  touche,  parce  qu'il  fervoit  à 
t'prouvcr  les  mc'taux.  L'Empereur  Vefpaiîcn  en  fit  faire  la  Figure  du  Nil  accompagne'e  de 
celles  de  plufieurs  petits  enfans ,  qui  fignifioient  les  crues  &  décrues  de  ce  Fleuve  :  &  cette 
Figure  fut  pofe'e  de  fon  temps  dans  le  Temple  de  la  Paix.  Il  s'en  voit  encore  deux  Sphinx 
au  bas  de  l'Elcalier  du  Capitole  à  Rome ,  &  une  Idole  ou  Figure  de  Reine  d'Egypte  dans  le 
Veftibule  de  l'Orangerie  à  Vcrfailles  ;  mais  qui  font  d'une  pierre  plus  noire.  Quelques  an- 
ciens Tombeaux  de  l'Eglifc  des  PP.  Jacobins  rue  Saint  Jacques ,  paroilfent  auffi  en  avoir  e'té 
faits,  p.  m. 

Marbre  noir  et  blanc  ,  a  le  fonds  wo/V  pur  avec  quelques  vê nés  fort  blanches.  Il  s'en 
tire  à  l'Abbaye  de  Leff  près  Dinan  ,  &  les  quatre  Colonnes  Corinthiennes  de  l'Autel  des 
Religieufcs  Carmélites  du  Faubourg  S.  Jacques  à  Paris ,  en  font  faites. 

Marbre  occhio  di  pavone,  ou  csil  de  paon,  eft  mêle'  de  tâches  rouges ,  blanches 
&  bleiiâtres ,  aïant  quelque  reflcmblance  à  ces  fortes  d'yeux ,  qui  font  au  bout  des  plumes 
de  la  queue  d'un  Paon. 

XIarbre  de  paros,  I[le  de  rr^rchi{>el  ^Tp^iWcc  aujourd'hui  Paris,  onParijfa-,  eft  blanc 
5c  antique,  &  célèbre  dans  les  Auteurs.  La  plufpart  des  Statues  Gre'qucs  ,  en  font  faites, 
&  Pline  Liv.  36.  Chap.  5.  raporte  que  ce  Marbre  eft  appelle  de  Varron  Lychnitcsj  d* 
Grec  Lychnos-,  une  Lampe,  parce  qu'on  le  tailloit  àlalmnicre  des  Lampes  dans  les  Car- 
rières, p.  m. 

Marbre  piccinisco,  tire  fur  l'ifabelle  &  eft  vêne' de  blanc.  Il  y  a  apparence  que  les  qua- 
torze Colonnes  Corinthiennes  des  Chapelles  de  l'Eglife  de  la  Rotonde  à  Rome ,  font  de  ce 
Marbre t  3c  qu'ainfi  il  eft  antique. 

AIarbre  appelle  PORPHYRE  ,  eft  d'un  rouge  foncé  couleur  de  lie  de  vin,  marque 
de  petits  points  blancs  ,  antique  ,  &  d'une  extrême  dureté.  Ce  mot  vient  du  Grec 
Porphjra,  Pourpre  ;  &  on  lit  dans  Procope ,  que  les  Enfans  des  Empereurs  d'Orient, 
qui  naiHoient  dans  un  Aparcement  du  Pabis  Impérial  de  Conftantinople  ,  qui  e'toit 
incrufté  de  Porphyre  ,  e'toient  appeliez  Porphyrogenites  ,  c'eft-à-dire  ne's  dans  la  pour- 
pre. Il  s'en  voit  des  Colonnes  d'une  prodigieufe  grandeur  dans  Sainte  Sophie  :  &  en- 
tre plufieurs  Colonnes  ,  Tombeaux  ,  &  Vafes  qu'on  conferve  à  Rome  ,  il  y  a  dans 
l'Eglife  de  la  Rotonde  ,  des  Tranches  rondes  de  Pave'  ,  la  Frife  Corinthienne  du  de- 
dans, plufieurs  Tables  dans  les  compartimens  du  Lambris,  &  huit  Colonnes  aux  pe- 
tits Autels  ,  qui  font  de  ce  Marbre.  Le  plus  grand  morceau  de  Porphyre ,  qui  foiten 
France,  eft  la  Cuve  du  Roi  Dagobert  dans  l'Alsbayc  de  Saint  Denis.  Il  s'en  voit  encore 
plufieurs  Buftes,  Tables  &  Vafes  dans  les  Apartcmcnsdu  Roi.  Il  y  a  aufiî  du  Porphyre 
verd  ,  mêle  de  petites  tâches  de  verd ,  &  de  petits  points  gris,  qui  a  la  même  dureté' que 
k- pre'cedent  i  mais  il  eft  plus  rare,  &  il  ne  s'en  trouve  que  quelques  Tables  &  Vafes.  Les 
Anciens  nommoient  le  Porphyre  j  Lapis  Numidkus ,  c'eft-à-dire,  Pierre  de  Numidie , 
aujourd'hui  les  Royaumes  de  Bugie  &  de  Conftantine  en  Afrique,  p.  i09.  Vbycx  le  Livre 
des  Arts  de  M.  Felibien  Liv.  i .  Ch.  11. 

Marbre  de  porta  santa  ,  appelle'  à  Rome  sereNA,  c'eft-à-dirc  Porte  Sainte  ou  Se^ 
reine  j  eft  mêlé  de  grandes  tâches  &  de  vênes  rougeâtres,  jaunes  &  grifes.  11  y  en  a  qucl- 
fjues  Echantillons  dans  les  Magazins  du  Roi. 

Tome  II.  Y  MaR- 


T54  EXPLICATION   DES  TERMES 

Marbre  portor,  a  le  fonds  noir  avec  des  tâches  &  vénes  jaunes.  Il  y  eu  a  de  mêlé 
avec  des  vcncs  blanchâtres,  qui  eft  moins  eftime'.  Il  fe  cire  du  pied  des  Alpes  vers 
Carrare  ,  &  il  s'en  voit  à  Pans  deux  Colonnes  Ioniques  à  la  Sépulture  de  Charles  de 
Valois  Duc  d'Angoulefrac  dans  l'EgUfe  des  PP.  Minimes  de  la  Place  Roule ,  &  deux 
2u-res  du  même  Ordre  dans  la  Chapelle  de  Roft.ung  chez  les  PP.  Fciiillans.  Il  s'en 
voit  encore  d'Ioniques  de  ii.  pieds  de  long  dans  l'Apartemeiit  des  Bains  àVerfaïUes, 
&  plulîeurs  Tables  ,  Chambranles  Si  Attiqucs  de  Chemme'e  au  mê.Tic  Château  ,  à  Tnanon 
&  à  Mari)',  p.  m. 

Marbre  de  range  en  Hahuiut  ,  eft  d'un  rouge  fale  mêlé  par  vêne s  &  taches  blanches  & 
bleuâtres.  Ce  Marbre  efl  fort  commun  ,  mais  il  s'en  trouve  de  diiîerente  beauté'.  Les 
plus  grandes  Colonnes,  qu'on  en  voye  à  Paris,  font  les  fix  du  Grand  Autel  de  la  Sor- 
bonne.  Il  y  en  a  quatre  moyennes  à  celui  de  la  Vierge  ,  &  huit  plus  petites  aux  qua- 
tre Autels  de  la  même  Eglife  :  toutes  allez  belles  &  d'Ordre  Conathicn.  Il  s'en  voit 
encore  huit  d'Ordre  Compoiite  aux  Autels  de  Ste.  Marguerite  &  de  S.  Cafimir  dans 
l'Eglife  de  S.Germain  des  Prez  ,  &  huit  Ioniques  à  la  Clôture  du  Chœur  de  S.  Martin 
des  Champs  ;  mais  celles  du  plus  beau  R^nce ,  font  les  deux  Corinthiennes  de  la  Chapelle 
de  Crequy  aurc  Capucines.  Les  quatre  Colonnes ,  &  les  Pilaftres  d'Ordre  François  de  la 
Grande  Galerie  du  Roi ,  &  les  14.  Doriques  du  Balcon  U  du  Veitibule  du  milieu  du  Château 
de  Vcrfailles  ,  font  encore  de  ce  Marbre.  Pour  les  11.  Doriques  de  la  Place  des  Vni^toires  , 
elles  font  du  moindre  l{ance.  ibid. 

î^Iarbre  de  ROQUEBRiiE  k  7.  lieués  de  Narbonnc,  ne  diffère  du  Languedoc,  qu'en  ce  que 
fes  taches  blanches  font  toutes  >  comme  des  pommes  rondes.  Il  s'en  voit  quelques  Blocs 
dans  les  Magazins  du  Roi. 

ÎvIarbre  DE  SERANcoLiN  en  Gafcogne  ,  fe  tire  d'un  lieu  appelle'  Le  Vul-d'i^ure  -,  ou  la 
Vallée  d'or  proche  de  Serancolin  au  pied  des  Pyrénées ,  &:eli:gris,  jaune,  &  d'un  rouge 
couleur  de  fang  ,  &  en  quelques  endroits  tranfparent ,  comme  l'Agate.  Le  plus  parfait  elt 
lare,  parce  que  la  Carrière  en  eft  e'puifée  j  mais  on  en  pourroit  faire  de  nouvelles  décou- 
vertes. Il  s'en  voit  à  Paris  quelques  Chambranles  Se  Gorges  de  Cheminée  dans  le  Palais  des 
Thuilcries.  Le  pied  du  Tombeau  qui  eît  dans  la  Chapelle  de  M.  Le  Brun  à  S.  Nicolas  du 
Chardonuet,  eft  aulTi  de  ce  Marbre:  &il  y  en  a  des  Blocs  de  ii.  pieds  de  long  fur  i8.  pou- 
ces de  gros  dans  les  Magazins  du  Roi ,  &  les  Corniches  Se  Bafes  des  Piedeftaux  de  la  Grande 
Galerie  de  Verfail les  ,  en  font  faites,  ibid. 

Marbre  serpentin,  appelle  des  Anciens ,  Ophites  ■,  du  Grec  Op/j/j ,  ferpent:  parce  qu'il 
a  les  couleurs  de  la  peau  d'un  ferpent;  eft  d'un  fonds  noirâtre  avec  des  taches  &:  rayes 
vertes  &  jaunâtres  couleur  de  ciboule  ,  dur  ,  précieux  &  antique.  Comme  ce  Àdarhre 
eft  fort  rare  ,  on  l'employé  feulement  par  incruftation  ,  &  les  plus  grands  morceaux 
qui  s'en  voyent  ,  font  quelques  Tables  dans  les  compartimens  de  l'Attique  du  Pan- 
théon :  deux  Colonnes  dans  l'Eglilc  de  S.  Laurent  m  Lucina  à  Rome  :  Se  quelques 
Tables  dans  les  Apartemens  &  Magazins  du  Roi.  Il  y  a  aulfi  du  Serpentin  tendre,  qui 
vieae  d'Allemagne,  &  dont  on  fait  des  Vafes  ;  mais  qui  ne  fert  point  pour  les  ouvra- 
ges d'Architecture,  p.  109. 

Marbre  de  savoye,  eft  mêlé  d'un  rouge  fort ,  avec  plufieurs  autres  couleurs ,  dont  cha- 
que pièce  paroit  raaftiquée.  Les  deux  Colonnes  Ioniques  de  la  Porte  de  l'Hôtel  de  ViJle  de 
Lion  ,  lont  de  ce  Aiarbre. 

Marbre  de  sicile  ,  eft  rouge  brun  ,  blanc  ,  &  ifabclle  ,  &  fouetté  par  taches 
quarré-longues  ,  comme  du  tareras  rayé.  "L'ancien  a  les  couleurs  bien  vives  ,  &  les 
14.  petites  Colonnes  Corinthiennes  du  Tabernacle  des  PP.  de  l'Oratoire  rue  S.  Ho- 
noré ,  en  font  faites.  Il  y  en  a  aufii  des  morceaux  de  10.  à  11.  pieds  de  long  dans 
les  Magazins  du  Roi.  Le  Moderne  qui  luy  rclîèmble,  n'eft  qu'une  efpece  de  Brèche  de 
Vérone  ,  &  il  s'en  voit  quatre  Chambranles  Se  Atuques  de  Cheminée  dans  le  Château 
«le  Meudoix.  p.  zii. 

M.AÎL- 


D'ARCHITECTURE,  &:c.  i5> 

Marbre  de  SIGNan  dans  les  Pyrénées  ,  eft  ordinairement  d'un  verd  brun  aTCC  des  ta- 
ches,  rouges,  &  queiouefois  dans  un  même  morceau  ,  il  parok  fidifTcrcnt,  que  les  ta- 
ches font  couleur  de  cnair  mélc'es  de  gris  avec  quelques  filets  verds.  Il  rellernble  affcz 
au  moindre  yérd  de  Cur/ipwi.  Le  Picdeftal  extraordinaire  de  la  Colonne  funéraire 
d'Anne  de  Montmorency  Conc'table  de  France  aux  Cekltins  :  les  Piedcftaux  ,  So- 
cles &  Apuis  du  Baluftre  de  l'Autel  des  PP.  Muiimes  :  &  les  quatre  Pilaftres  Co- 
rinthiens de  l'Autel  de  la  Vierge  dans  l'Eglife  des  PP.  Carmes  Dcchaullcz  à  Paris, 
font  de  ce  AUrbre. 

Marbre  de  suisse,  eft  d'un  bleu  ardoiCn  par  nuances  avec  du  blanc  pâle. 

Marbre  de  tray  pm  de  Sainte  Baume  en  Provence ,  eft  jaunâtre  tacheté  ce  b!anc,  de 
ffris  mcle' ,  &  d'un  peu  de  rouge  :  Se  fort  femblable  à  la  Ste.  Baume.  Les  Pihftres  Ioniques 
du  Salon  de  Sceaux  ,  &  cinq  ou  lîx  Manteaux  de  Cheminée  au  même  Château  ,  font  de  ce 
Marbre.   Il  y  en  a  aulli  quelques  Chambranles  à  Trianon. 

Marbre  de  theu  du  coté  de  Namur  dans  le  Pais  de  Liège ,  eft  d'un  noir  pur  ,  doux  &  facile 
à  travailler,  &  reçoit  un  poii  plus  clair  que  czwx  àc  Namur  Si.  àtDman.  On  en  fait  de  la 
fculpture,  &  il  s'en  voit  quelques  Chapiteaux  Corinthiens  à  des  Retables  d'Autel  en  Flan- 
dres ,  &  plufîeurs  Teltes  &  Buttes  à  Pans. 

Marbre  verd.  L'r_Àntiqi<e  eft  mêlé  d'un  verd  d'herbe  &  de  noir  par  tâches  d'inégales  for- 
mes &  grandeurs ,  &  eft  fort  rare  ,  les  Carrières  en  eftant  perdues.  Il  s'en  voit  quelques 
Chambranles  de  Cheminée  au  Château  de  Meudon.  Le  Alodcrne  ,  qu'on  nomme  impro- 
prement d'£gj>'pïf ,  fe  tire  prés  de  Carrare  fur  les  Coftes  de  Gènes,  &  eft  d'un  verd  foncé, 
&  taché  d'un  gris  de  lin,  &  d'un  peu  de  blanc.  Les  deux  Cuves  quarré-longues  des  Fon- 
taines de  la  VidoireSc  delaGloire  de  la  France  dans  le  Bofquetdel'Arc-de-tiiomphc  à 
Verfailles  ,  &  la  Cheminée  du  Cabinet  des  Bijoux  au  même  Château ,  &  celle  du  Cabinet 
de  Monfeigneur  le  Dauphin  au  Château  de  Saint  Germain  en  Laye ,  font  de  ce  Marbre.  Le 
Verd  de  mer  ■>  qui  fe  tire  aufli  en  ces  quartiers-là,  eft  d'un  verd  plus  gay  avec  des  vênes 
blanches  :  &  il  s'en  voit  quatre  belles  Colonnes  Ioniques  dans  l'Eglife  des  Rehgieufes  Car- 
mélites du  Faubourg  Saint  Jacques  à  Paris,  p.  m. 

Marbre  del  vescovo  ou  de  l'evesque,  a  des  vênes  verdâtres  traverfées  de  blanc  par 
bandes  alongées  ,  aroudies  &  tranfparentes. 

MARBRE  félon  [es  défauts.^ 

Marbre  fier,  celui  qui  étant  trop  dur ,  eft  difficile  à  travailler  &  fujet  à  s'éclater,  com- 
me le  Noir  de  Namur ,  &c. 

Marbre  tilardeux,  celui  qui  a  des  fils,  comme  prefque  tous  les  ili<2>irfj- de  couleur, 
mais  particulièrement  celui  de  5'd/«ff5j//;«f,  le  Serancolin  ■,  &c.  p.  m. 

Marbre  i'Ouf  ,  celui  qui  ne  retient  pas  fes  arcftes  ;  Se  eft  de  la  nature  du  Grais ,  comme  le 
Marbre  blanc  Grec  ,  celui  des  Pyrénées ,  Sec. 

Marbre  terrasseux,  celui  qui  a  des  tendres  appeliez  Tcrrâ/Zëi- ,  qu'il  faut  remphr  avec 
dumaftic,  comme  le  Z^«^//f(^oc  ,  celui  de  Hok  ,  &c. 

Marbre  camelote',  celui  qui  étant  d'une  même  couleur ,  paroît  tabifé  aïant  reçeu  le  poli; 
ce  qui  le  fait  moins  eftimer  ,  comme  le  Marbre  de  Namur  ,  &:c. 

MARBRE  félon  /es  façons. 

Marbre  brut,  celui  qui  eft  par  quartiers  ordinaires ,  ou  blocs  d'échantillon,  comme  il 
vient  de  la  Carrière. 

Marbre  dégrossi,  celui  qui  eft  cquarri  d'une  forme  d'échantillon  de  commande ,  ou 
félon  la  difpofition  d'une  Figure  ou  d'un  Profil ,  avec  la  fcie  &  la  pointe. 

Marbre  ébauche',  celui  qui  eft  travaillé  à  la  double  pointe  pour  la  Sculpture ,  ou  appro- 
ché avec  le  cifeau  pour  l'Architedure. 

Marbre  uni,  celui  qui  eft  terminé  avec  le  petit  cifeau  ,  &  la  râpe  qui  adoucit ,  &  dont  les 
creux  font  évidez  avec  le  trépan  ,  pour  dégager  les  ornemens&  mettre  l'ouvrage  en  l'air- 
On  fe  {èrt  de  la  peau  de  chien  dç  mer ,  &  de  la  prelle  aux  en4rpits ,  où  il  ne  fautpas  de  poli, 

Y  i  pour 


i5<Ç  EXPLICATION  DES  TERMES 

pour  diflinguer  les  draperies  polies  d'avec  les  chairs,  qui  font  mates  ,  &  PArchitcAurç 
d'avec  les  oniemens. 

Marbre  poli  ,  celui  qui  après  avoir  e'té  froté  avec  le  grais  Se  le  rabot ,  qui  eft  de  la  pierre 
de  Gothlande  ,  &  enfuite  reparte  avec  la  pierre  de  ponce  ,  eR  enfin  poli  au  bouchon  de  lia- 
o-e  à  force  de  bras  avec  la  potée  d'émcril  pour  les  Marbres  de  couleur  ,  &  de  la  potée  d'é- 
^in  pour  les  Afarbre>  blancs ,  parce  que  celle  d'émeril  les  rouiïît.  L'ufage  eft  en  Italie  de 
folir  le  Iviarbre  avec  un  morceau  de  plomb  ,  &  de  l'émeril  ;  ce  qui  lui  fait  prendre  un  po/i 
très  luifant  &  de  longue  durée  ,  mais  il  en  coûce  le  double  de  temp.^  &  de  peine.  Quand  le 
Mdrbre  elt  fale  ,  terne  &  taché  ,  on  le  lave  avec  de  l'eau  claire  ,  &  on  le  refont  de  même. 
Les  taches  d'huile  fur  le  Marbre ,  particulièrement  fur  le  ^lanc ,  ne  fe  peuvent  ofter ,  parce 
qu'elles  pénètrent,  p.  209.  &  115. 

Marbre  ARTiFicitL  ,  celui  qui  eft  fait  d'une  compofuion  degyp  en  manière  de  ftuc,  dans 
laquelle  on  mêle  des  couleurs  pour  imiter  les  Mxrbrcs  naturels.  Cette  compofition  qui  eft 
d'une  confiftence  affez  dure ,  reçoit  le  poli ,  comme  le  Marbre  ;  mais  elle  eft  iujette  à  s'é- 
cailler. Il  fe  fait  aufîi  du  Marbre  artifciel ,  par  pénétration  de  teintures  corrofives  fur  du 
Marbre  blanc,  lefquelles  imitent  les  différentes  couleurs  des  autres  iV/^jyfcrcj,  en  penetranc 
de  plus  d'une  ligne ,  &  recevant  le  poli .  On  peint  même  de  cette  manière ,  des  ornemens , 
des  grotefques ,  &c.  />.  351. 

Marbre  ïeint  ;  c'cft  toute  Peinture  ,  qui  imite  autant  la  divcrfité  des  couleurs,  que  les 
vênes  &  accidens  des  Marbres.  Quand  elle  eft  fur  de  la  Menuifene  ,  on  lui  dorme  l'appa- 
rence du  poli  par  le  moïen  d'un  Vernis,  p.  130. 

MARBRIER,  fe  dit  autant  des  Compagnons  Sc/ewr/ ,  TaïUeun  ScFoUIJeurs  y  qui  travaillent 
en  Marbre  aux  moulures  &  faillies  d' Architedurc ,  que  du  Maître  qui  les  conduit  ^-entre- 
prend les  ouvrages,  p.  5  54.  Lat.  Marmorarius.  ^ 

MARBRIERE.  On  nomme  ainfi  en  quelques  endroits  de  France  ,  les  Carrières  d'où 
l'on  tire  le  Marbre  :  &  ces  Marbrières  ,,  font  toujours  le  long  de  quelque  Cote  de 
Montagne. 

MARCHANDER  i  c'eft  dans  l'Art  de  bâtir  ,  prendre- un  ouvrage  de  l'Entrepreneur  ,  pour 
le  faire  à  un  certain  prix,  comme  les  Plâtres,  Ragrémens ,  Façades  &  autres  menus  ou- 
vrages dans  les  grands  Bàtimens.  On  marchande  auffi  les  gros  ouvrages.  Soufmarchander i 
c'elt  prendre  partie  de  l'ouvrage  de  ceux  qui  ont  marchande,  p.  3  5  7. 

MARCHE  i  c'eftlaparricderÊfcalier,  fur  laquelle  on  pofe  le  pied ,  &  qui  eft  comprife  par 
fa  hauteur  Scfongiroii.  On  la  nomme  aufii  Df ^/-f .  p.  ni-  Lat.  Grû^HJ. 

Marche  quarre'^e,  ou  droite,  celle  dont  le  giron  eft  contenu  entre  deux  lignes  parallè- 
les &  droites.  :bid.  11       r     z.     j 

Marche  d'angle  i  c'eft  la  plus  longue  d'un  Quartier  tournant.  On  zpf die  Marches  de 
demi-an?k  ,  les  deux  plus  proches  de  k  Marche  d'angle,  ibid. 

Marches  gironne'es,  celles  des  Quartiers  tournans  des  Efcaliers  ronds  ou  ovales.  TU 

66  B. p. 141.  ,        r    ■  1  ^ 

Marches  delarde'es,  celles  qui  font  démaigries  en  chamfrain  pardehous,  &  portent 
leur  dclardcment,  pour  former  une  Coquille  d'Efcalier,  comme  aux  petits  Efcaliers  à  vis 
fufpcndusderEgUfedeS.SulpiccàPans.  p.  188.  P/.  64  B.  &  66  B.  p.  141. 
Marches  moule'es,  celles  qui  ont  une  moulure  avec  filet  au  bord  de  leur  guron.  P/.  47- 

p,  II9.&C.  .  t      T>  ' 

Marches  courbes,   celles  qui  font  cintrées  en  devant  ou  en  arrière ,  comme  la  Rampe  ae 

l'Hôtel  de  Ville  de  Paris.  P/.  yx.  p.  1 57- 
Marches  rampantes,   celles  dont  le  guron  fort  large ,  eft  en  pente,  &  ou  peuvent  mon- 
ter les  chevaux,  p.  114.  PL-  45. 
Marche  double.    Voye:;.  PALIER.  ,     t    j-         o  ^ 

Marches  de  gazon  ,  celles  qui  forment  des  Perrons  de  (Çd;ïo>j  dans  les  Jardins  ,  5c  dont 

*bacuiie  eft  orduiaircmenî  retenue  par  une  pièce  de  bois ,  qui  ea  fiùt  la  hauteur. 

MAF.- 


D'ARCHITECTURE,  &c.  157 

MARCHE'i  c'eft  dans  une  Ville,  une  Place  publique  ,  où  l'on  vend  des  denre'c>.  11  y  en  a 
de  particuliers  deftinez  pour  une  feule  forte  de  Marchandife ,  comme  les  Marche^  a.uK 
Chevaux ,  au  PoilTon ,  aux  Légumes ,  &c.  Il  y  en  a  aulU  dans  les  Bourgs ,  pour  le 
beftaii.  Celui  de  Rome  appelle  aujourd'hui  Campo  Fuccino,  autrefois  Forum  Boarium  y 
Marché  aux  Beufs ,  eft  un  des  plus  remarquables  pour  fes  reftes  d'Antiquité.  Les  Marche:^ 
chez  les  Romains,  étoient  entourez  de  fuperbes  Portiques  ,  comme  ceux  de  Nerva  &  de 
Trajan.  pa^^.  58.  &  ?o8. 

MARCHE'  D'OUVRAGE;  c'efl:  une  Convention  par  écrit  entre  l'Entrepreneur,  &  celui 
qui  fait  bâtir,  pour  ks  prix  des  ouvrages  y  fuivant  les  DclFeinsSc  Devis:  dont  on  fait  des 
copies  doubles  &  fignées  de  part  &  d'autre,  p.  113. 

Marche  a  la  toise  ,  celui  qui  fe  fait  pour  des  prix,  dont  on  cft  convenu  par  Toife 
de  chaque  efpece  d'ouvrage  ,  comme  des  Murs  en  fondation,  des  Murs  de  face  de 
pierre  ,  de  ceux  de  refend  ,  de  moilon  ,  &c.  pour  les  gros  ouvrages  :  5c  des  Plâtres  pour 
les  légers.  /».  150. 

Marche'  la  clef  a  la  main,  celui  par  lequel  un  Entrepreneur  s'oblige  envers  un  Pro- 
priétaire pour  une  fommc,  de  faire  un  Bâtiment ,  &  de  fournir  tout  ce  qui  en  dépend , 
comme  (outre  la  Maçonnerie)  la  Charpenterie  ,  Couverture ,  Menuiferie  ,  Serrurerie , 
Vitrerie,  Imprelîion  ,  Pavé,  &  tranfport  des  terres  &.  décombres  ,  fuivant  les  DefTeins  & 
Devis  arreftcz  entr'eux.  On  le  nomme  aufli  Marché  en  tache  O'  en  bloc. 

Marche'  au  rabais,  celui  qui  fe  fait  fur  des  DefTeins  &  Devis  de  Bâtimens  neufs,  ou  de 
Réparations  de  Quais,  Ponts,  Chauffées  &  autres  ouvrages  Roiaux  ou  Publics,  en  pré- 
fence  d'un  Intendant ,  ou  des  Treforiers  de  France,  &  qui  ell  délivré  par  adjudication  au 
rabais ,  à  un  Entrepreneur  qui  s'oblige  avec  caution  de  les  faire  conformément  au  détail  de 
ces  Defleins  &  Devis ,  moyennant  les  payemcns  faits  à  certains  termes,  jufques  à  la  per- 
fedlion  &  réception  de  l'ouvrage. 

MARCHE-PALIER  }  c'clt  la  Marche  ,  qui  fait  k  bord  d'un  Palïcr.  PL  64  B, 
pag.  189. 

MARCHE-PIE©;  c'efl:  k  dernière  Marche  d'un  Autel  ou  d'un  Thrône.  C'cfl:  aulTi  une 
manière  de  petite  Eftrade  fous  des  Formes  de  Chœur ,  une  Oeuvre  d'Eglife ,  un  Confeffio- 
nal ,  ou  tout  autre  ouvrage  de  Menuiferie.  p.  1 54.  PL  53.  Lat.  Podioium. 

MARDELLE,  ou  plutôt  AJARGELLE,  du  Latin  iV/ar^o  ,  rebord  ;  c'efl:  une  pierre  jjercée,, 
qui  poféc  à  hauteur  d'apui,  fait  Je  bord  d'un  Puits  ;  clic  cil  ordinairement  ronde  ou  à  pans, 
mais  ovale  avec  languette  pour  un  Puits  mitoïen,  PL  61.  p.  1 77. 

MARQUETERIE;  c'elt  un  ouvrage  de  bois  durs  &  précieux  de  diverfes  couleurs  ,  débitez 
par  feiiillcs  plaquées  fur  un  Alfemblage ,  &c  feparées  par  des  filets  d'étain  ,  de  cuivre ,  d'y- 
voire  ,  &c.  qui  forment  dans  des  Compartimens ,  divers  ornemens  &  figurines.  La  plus 
xichc  Marqueterie -,  fe  fait  de  lames  de  cuivre  gravées  ,  &  chantournées  fur  un  fonds  d'é- 
tain &  de  bois.  Le  Revêtement  du  Cabinet  de  Monfeigneur  le  Dauphin  à  Verfailles ,  fait 
par  le  Sieur  Boule  ,  eft:  un  des  plus  excellens  ouvrages  de  cette  efpece.  Les  Latins  nom- 
moient  tous  les  ouvrages  de  pièces  de  raport ,  Opéra  yermiculata ,  &  les  compartimens  tra- 
cez avec  un  fer  chaud  lur  du  bois  dur  ,  Opcra  cero(irata.  p.  }o6. 

Marqueterie  de  marbre.  Les  iV/izrir/frj^  appellent  ainfi  les  ornemens ,  commeChifreSj 
Pièces  de  Blazon  ,  &c.  qui  étant  de  vWjr6rej  de  couleur  ,  font  incruftez  dans  les  panneaux 
des  grands  &  petits  compartimens  pour  les  Lambris  &  Pavez  de  Marbre.  Quand  ces  ouvra- 
ges font  fort  petits  &  de  différentes  couleurs  fur  un  fonds  tout  d'un  il/tfrtre,  ils  les  nom- 
ment Mofd-que ,  &  Pièces  de  raport.  p.  5  54. 

MASCARON  ;  c'efl  une  tête  chargée  ou  ridicule ,  &  faite  à  fantaifie  ,  comme  une  Grimace,, 
qu'on  met  aux  Portes,  Grotes,  Fontaines,  &c.  Ce  mot  vient  de  l'Italien  Majcharone, 
fait  de  l'Arabe  Afa/fara ,  boufonnerie.  P/,  86. p.  193- &  541. 

MASQUE;  c'eft  une  tête  d'homme  ou  de  femme  ,  fculpée  à  la  clef  d'une  Arcade.  Il  y  en 
a  qui  reprcfencenc  des  Divinicez ,  les  faifons ,  les  clemens ,  les  âges ,  les  temperamens 

V  j  avec. 


,58  EXPLICATION  DES   TERMES 

avec  leurs  attribus ,  comme  il  s'en  voit  au  Chaccau  de  VeriaiUes  du  côce  du  Jardin ,  &  à  U 

Colonnade,  p.  171.  P/- 75-  ,  ,        ,,      ^ic        n  -r  <, 

MASSE.  Ternie  pour  expliquer  Tenfemble ,  ou  la  grandeur  d  un  bdihce.  Prcf.  Se  p.  m. 
Masse  de  carrière,  l'e  dit  d'un  Tas  de  pluficurs  lits  de  pierre  ,  les  uns  fur  les  autres  dans 
une  Carrière,  p.  10  ).  Lxt.  Mclcs  Jaxca.  ... 

M  ASSIF  ;  c'cft  le  plein  &  le  folide  d'un  Mur  fort  c'pais.  On  appelle  Mj/ji/  de  pierre ,  celui  qui 
n'a  m  nioilon  m  biocage  ,  &  eft  tout  de  quartiers  de  pierre.  Mdjjifde  melon  ,  celui  qui 
lait  un  corps  de  maçonnerie  dans  les  Fondations ,  pour  fonder  dcllus .  Et  Mujjif^  de  brique , 
celui  qui  cil  fait  d'un  corps  de  maçonnerie  de  briques  à  bain  de  mortier  ,  pour  être  enluitc 
incrultt  par  dedans  ou  par  dehors ,  de  pierre  de  taille  ou  de  marbre,  p.  94.  175.P/.  60.& 
6',  B.p.  185.  Lat.  P.v/v/wy.  ,      ,       ,     , 

Massiî  de  GAZON;  c'eft  daiis  un  Parterre  à  l'Angloife  ,  une  Platebandc  de  ga^on  en  en- 
roulement ,  laquelle  fe  mêle  avec  la  broderie.  P/.  65  A.p.  loi.  1  91.&C.  Lat.  Pnbim<s 
cejpiîitius. 
Massif  ,  s'entend  aufïï  d'un  ouvrage  qui  cft  trop  pefant ,  par  raport  au  dellcin  ou  a  la  matiè- 
re. Ainfi  on  dit  qu'un  Entablement  eft  maj]\f\  lorfqu'il  excède  la  proportion  du  quart  ;  on 
dit  encore  qu'un  Bâtiment  eft  majjif\  lorfque  les  Murs  en  font  trop  épais ,  5:  les  Jours  trop 
petits,  àproportion  des  Trumeaux.  P/.  93.^.307. 
MASURES.  On  nomme  ainfi  les  ruines  des  moindres  Bâtimens ,  qui  ne  valent  pas  la  peine 
d'être  relevez.  Lat.  Pizrzffwx.  1     ■        j  r 

MASTIC.  Compofition  faite  de  poudre  de  brique  ,  de  poix-rehne  ,  &  de  cire  ,  dont  on  le 
fert  pour  jointoyer  les  Marbres  ,  &  où  l'on  mêle  quelquefois  des  couleurs  ,  pour  reparer 
les  fiis  5c  terradès  des  Marbres  mêlez.  On  en  fait  encore  des  molettes  ou  moules ,  pour  ks 
orncmens  des  Cadres ,  &  Corniches  de  plâtre  ou  de  ftuc.  Les  Menuifiers  s'en  fervent  auffi 
au  heu  de  futce ,  pour  remplir  les  défauts  du  bois.  Lat.  Lithocolla.  On  appelle  encore 
Mahc,  une  efpcce  de  ciment  compote  de  chaux  ,  de  fable  ,  &  de  cailloux  ,  dont  ancien- 
nement on  faifoit  le  fonds  des  Citernes  :  Ce  dernier  eft  appelle  des  Latins  Signinum.  On  dic 
M.ijliqucr -,  pour  employer  le  A/;i/?;f.  p.  339.  n.     n.-       j> 

MATERIAUX  ;  ce  font  toutes  les  matières  ,  qui  entrent  dans  la  conftrudtion  d  un 
Bâtiment  ,  comme  la  Pierre  ,  le  Bois  ,  le  fer  ,  &c.  p.  101.  ici.  Sec.  Lat.  Materia 
félon  Vitruve. 
MATHEMATIQUE  ,  du  Grec  Mathema  ,  Difcipline  ;  c'eft  une  Science  ,  qui  a  pour 
objet  la  quantité  &  les  proportions  :  &  dont  les  quatre  principales  parties  ,  font  la 
Géométrie,  {'arithmétique,  V  ^\honomie ,  &  la  Mimique.  Les  deux  premières  font  ab- 
folument  neceflaires  à  l'Architede.  Préface.  VoycK  le  Traité  des  Mathématiques  de  M. 
Blondel. 
MAUSOLEE  -,  c'eft  un  magnifique  Monument  funéraire  compofe  d'Arcliite(iture  &  de 
Sculpture  avec  Epitaphc  ,  elevê  à  la  mémoire  d'un  Prince,  comme  k  Maufolee  à' A\X' 
<Tufte  à  Rome  ,  &  ceux  de  quelques-uns  de  nos  Rois  à  Saint  Denis.  On  appelle  aufli  Mau- 
Jolcc ,  la  décoration  d'un  Tombeau  ou  Catafalque  pour  une  Pompe  funèbre.  Ce  mot  vient 
de  Maufole  Roi  de  Cane ,  à  qui  la  Reine  Artemife  fa  femme  ,  fit  ériger  une  fuperbe  SepuU 

ture.  p.  2.66.  Se  313.  1  ■     1     r 

ME'CANIQUE,  dnGiccMechane  ,  Machine;  c'eft  une  Science ,  qui  a  pour  objet  les  for- 
ces mouvantes.  Ses  principaux  Inftrumens,  font  le  Levier  ,  la  }{oue  y  la  Fis-,  SchBa- 
iancc  ■  de  la  compofition  ou  de  la  multiplication  dcfquels ,  toutes  les  Machines  font  faites. 
Le  Capitaine  Auguftui  Pvamelli  &  Salomon  de  Caux  ,  ont  traité  amplement  de  cette  Scieu- 

•MED  AILLE;  c'eft  en  Architedure  ,  une  tête  en  Bas-rchef  rond  ,  comme  celles  de  la  Cour 

de  IHôtel  de  Ville  de  Pans:  ou  un  fujet  hiftonque  lond  ou  ovale  ,  commets  MedaïUes 

de  l' Arc-de-Triomphe  ,  &  de  la  Place  des  Viftoires.   Ce  moc  Tient  du  Grec  Mctullon  ,  Mé- 

uil:  oudcrArabe>V/f?/?(î/)  Image  ou  Portraïc,  p.  185. 

-    -  ML- 


D'A  RCHITECTURE,   &c.  ï$9 

MEDIONNER.  Terme  qui  félonies  Experts  figinficcompenfer,  comme  I or fque  dans  les 
Toifcz  de  Crépis,  &  d'Enduits,  on  compte  trois,  quatre,  ou  cinq  Toiles  pour  une, 
quand  ce  n'eft  qu'une  réfection  ou  réparation  d'un  vieux  mur.  p.  5  58. 

MELONNIERE  ;  c'eft  un  Jardin  fepare ,  Se  clos  de  murs  ou  de  hayes ,  où  l'on  élevé  les  Af?- 
/oh;  fur  des  couches ,  comme  celui  du  Potager  du  Roi  à  Verfailles.  p.  199. 

MEMBRE.  Ce  mot  fe  dit  de  toute  partie  d'Àrchitedlure  ,  comme  d'une  Frife,  d'une  Cor- 
niche ,  Sec.  p.Xll.  &CC. 

Membre,  fe  prend  aulîi  pour  Moulure,  ôc  on  appelle  Membre  couronné -,  toute  Moulure  ac- 
compagne'c  d'un  fî!et  audelTus  ou  autlefl'ous  ;  ce  qui  pallc  dans  le  Toile  ,  pour  un  pied  fur  fa 
hauteur,  p.  v.  Sec. 

Membre  creux,    Voyes:  SCOTIE. 

MEMBRON;  c'eft  une  baguette,  qui  fert  d'ourlet  à  la  Bavette  d'un  Bourfeau  ,  &auxEn- 

e^  nufurcs  d'un  Comble.  PL  64  A.  p.  1 87.  1 

MEMBRURE.  Pièce  de  bois  ordinairement  de  trois  pouces  de  gros  fur  fept ,  qui  fert  à  for- 
mer les  Baltis  de  la  plus  force  Meimiferie  ,  comme  ceux  des  Portes  Cochercs ,  «Se  à  en  rece- 
voir les  panneaux  aflemblez  à  rainures  &  languettes.  Il  y  a  aulIi  des  A/fw6r/(rf5  de  Char- 
penterie  ,  qui  font  encore  appelle'es  Z/wawdt'y  ,  &  qui  étant  plus  e'pailTes,  fervent  à  divers 
ufages  dans  les  Machines.  Les  Latins  nomment  les  Membrures  ,  nyijfcns-,  ainfi  que  toute 
pièce  de  bois  de  fcjage.  p.  284.  &  541. 

MENAGERIE.  Baikcour  de  grande  Ma ifon  de  Campagne,  où  l'on  nourrit  par  curiofité 
des  Animaux  rares  de  pluficurs  cfpeces,  comme  celles  de  Verfailles  &:  de  Chantilly.  Les 
Romains  appeUpient  yivurium ,  le  lieu  où  l'on  gardoit  les  Animaux  deftinez  pour  les 
Spedtaclcs.  p.  ^  57. 

ME  NEAUX  ;  ce  font  dans  les  Croife'cs  les  Montans  &  Traverfes  de  bois  ,  de  fer  ou  de  pier- 
re ,  qui  fervent  à  en  feparcr  les  Jours  Se  les  Guichets.  On  nomme  Faux  Meneaux  ,  ceux 
qui  n'ertant  pas  alTemblez  avec  le  Dormant  de  la  Croife'e  ,  s'ouvrent  avec  le  Guichet,  pag.. 
141.  Se  PL  100.  p.  ^41. 

MENIANE;  c'ed  chez  les  Italiens  un  petit  Balcon  avec  Jaloufies  en  manière  de  Loge ,  pour 
voir  dehors  fans  eftrcapperceu.  f.  529.    ployez  Colonne  meniane. 

MENSOLE.    VoyeK  CLEF. 

MENUISERIE;  c'elt  l'Art  de  travailler  &  d'affembler  le  bois  pour  les  mems  ouvrages. 
Ce  mot  fe  dit  aulfi  de  l'ouvrage  même.  On  nomme  Mcnuifier  ,  aufli  bien  le  Com- 
pagnon que  le  Maître,  p.  110.  Sep.  540.  Lepturgia  peut  fignifier  dans  Vitruve  la  Me- 
nu tj  cric. 

Menuiserie  d'assemblage  ,  celle  qui  confifte  en  baftis  &  panneaux  afTemblez  à  te- 
nons Se  mortoifcs  ,  rainures  Se  languettes  ,  colez  &  chevillez  :  Se  qui  eft  dormante  y 
comme  toutes  les  fortes  de  Lambris:  ou  mobile^  comme  toutes  les  Fermetures,  p.  340. 
PL  100. 
Menuiserie  de  placage  ,  celle  qui  le  fait  de  bois  dur  &  pre'cieux  débite' par  fciiilles ,  & 
tH plaquée  par  compartimens  &  laïUies  fur  de  la  Menuifcrie  d'z^JJemblage ,  comme  le  pra- 
tiquent les  Ebcniltes.  p. 541. 
MEPLAT,  fe  dit  particulièrement  d'une  pièce  de  bois  defciage,  qui  a  beaucoup  plus  de 
longueur  que  d'e'paillèur  ,  comme  une  Membrure  ,  une  Plateforme  &c.     Voye:;,  Bois 

&    Fer    MEPLATS. 

MERLONS'  ;  ce  font  les  petits  murs  e'ievez  Se  efpacez  également  par  des  créneaux  audeflus  des 
Murs  crénelez  &  des  Machecoulis. 

MESAULE  ;  c'eftoit  félon  Vitruve  chez  les  Grecs  &  chez  les  Romains  ,  une  petite  Cour  en- 
tre deux  Corps-de-logis ,  qui  faifoit  le  même  effet  que  font  aujourd'hui  dans  plufieurs  Pa- 
lais ,  de  petites  Cours  pour  éclairer  les  Garderobes ,  Efcaliers  dérobez  &  autres  pièces  des 
doubles  Corps -de-logis  ,  qui  feroient  obfcures  fans  cette  commodité. 

MESURE.  Quantité  prife  ou  donnée  pour  proportionner  une  fuperficie  ou  un  corps ,  &  le 

compa- 


j^o  EXPLICATION  DES  TERMES 

comparer  avec  un  autre.  Prendre  des  mefures  ,  c'eft  raporter  fur  le  papier  celles  qu'a» 
levé  fur  le  lieu  avec  quelque  inftrument  :  Et  donner  des  mejures  ,  c'clt  rcgler  la  pro- 
portion de  ce  que  Ion  deflinc ,  par  raport  à  Tufage  du  lieu  &  à  la  connoillance  qu'on 
en  a.  Prcf.  Sec. 

METAIRIE.    Voyex  FERME.  ,  .        .  ,        i, .    •       j  r  ■    . 

METAIL  On  nomme  amfi  l'alliage  du  plomb  avec  un  cinquième  d  etain  ,  dont  on  tait  des 
Fioures,  des  Chapiteaux  ,  des  Bas-reliefs  &c.  &  qu'on  pemt  enor  ,  en  bronze  .ou  d'au- 
rr^coulcur.  Ce  mot  vient  du  Grec  Metallon,  qui  fignifie  toute  matière  dure  &  fufible  qu  on 

tire  de  la  terre.  e.iz4-  „  ,      ,^      •     i        r.  tj 

METOCHE  ou  COUPURE  ;  c'eft  l'efpace  qui  eft  entre  les  Denticules.  Balde  raportc 
qu'il  a  trouvé  dans  un  vieux  Manufcrit  ,  Metatome  ,  mot  grec  qui  veut  dire  fedion, 
pour  il/«ocfce.-  ainfi  il  y  a  lieu  de  croire  que  le  Texte  de  Vitruve  ,  elt  corrompu  en  cet  eu- 

METOPE  ;*  c'afV^efbace  quarré  qui  eft  entre  les  Tnglyphes  de  la  Frife  Dorique  ,  &  Textrc- 
mné  de  chaque  Entrevoux  des  folives  d'un  Plancher  ,  dont  les  Trigyphes  reprelement  les 
bouts.  Demlmetope,  c'eft  l'efpace  un  peu  moindre  que  la  moitié  d'un  iW«ope ,  al  enco- 
gnure  de  la  Frife  Dorique.   Ce  mot  vient  du  Grec  Métope ,  tait  de  w«a  &  ope  ,  c  elt-a-dirc 

Metope^barlong!' non'feulement  celui  qui  dans  la  diftribution  d'une  Frife  Dorique, 
eft  plus  large  que  fa  hauteur  -,  mais  aufli  celui  qui  dans  l'Entablement  corn pofed  u- 
ne  Corniche  de  dedans ,  eft  entre  les  Confoles ,  &  orné  de  Sculpture  ou  de  Peinture.  I  /.  98. 

METOYERIE.' Terme  qui  figmfie  toute  Limite  qui  fepare  deux  •héritages  contigus 
appartenant  à  deux  ,  olx  à  plufieurs  Propriétaires.  Ainfi  on  du  que  deux  Voifms  font 
tnMeioycnc  ,  lorique  le  Mur  qui  partage  leurs  Maifons  clt  mcteyen ,  s  il  n  y  a  titre  au 


MEULIERE,  fe  dit  de  tout  Moilon  de  roche  mal  fait  &  plein  de  trous ,  comme  le  Tuf  j 
mais  beaucoup  plus  dur.  p.  105. 

MEZANINE.  VoyeK  ENTRESOLE,  &  Fenestjie  mezanine. 

MICOSTE  Terme  de  Jardinier  pour  fignifier  la  htuation  avantageufe  d  une  Mailon  avec 
lardin ,  environ  fur  la  moitié  du  penchant  d'mie  Coline  ailée  ,  autant  pour  la  fertilité  que 
pour  la  belle  vcuë  ,  comme  celle  de  la  Maifon  de  Mont-Loiiis  fur  la  Corr  de  Belle  ville  près 

MIN  ARET  ,^  du  mot  Perfan  Mirfar ,  qui  fignifie  Colonne  ;  c'eft  une  efpece  de  Tourelle  ron- 
de ou  à  pans  fort  haute  ,  &  menue,  comme  une  Colonne  :  qui  porte  de  fonds  &  s  eleve 
par  étages  avec  Balcons  en  faillie  &  retraites ,  &  qui  fert  de  Clocher  près  des  Moiquees  chez 
les  Ma^ometans,  pour  les  appellera  la  prière,  p.  Î40.  ■    j   x^r  j  t 

MINUTE.  Douzième  partie  d'une  Once.  Ce  mot  le  prend  aufli  pour  une  partie  de  Module, 

p.  99.  &  I  12..  ,  ri  '    1  J 

MIROIR  i  c'eft  dans  le  parement  d'une  pierre,  une  cavité  caufee  par  un  gros  éclat ,  quand 

IvURoi^s.  ofnemens  en  ovale  qui  fe  taillent  dans  les  moulures  creufes ,  &  font  quelquefds 
remplis  de  fleurons.  P/.  B.  p.  VII.  1   ^    i  r 

MODELER  ■  c'eft  faire  en  petit  avec  de  la  cire  ou  de  la  terre  ,  les  ouvrages  de  Sculpture  lur 
de  l'Architeaure  de  bois:  ou  en  grand  avec  de  la  maçonnerie  fur  le  tas ,  ceux  qu  on  veut 
exécuter  de  la  même  grandeur.  .       ,      .         ,  11» 

MODELEE-  c'eft  en  Sculpture  un  elTav  en  relief,  fait  de  cire  ,  de  terre  ou  de  plâtre ,  pour 
juger  de  l'attitude  &  de  la  correction'd'une  Figure.  Ce  mot  vient  de  celui  de  iModulc ,  qui 
(if^nifie  comparaifon  proportionnée  du  petit  au  grand,  p.  i6z.  .    ,,  ^      ,, 

MoSelle  de  bastiment;  c'eftunefliy  pour  faire  connoître  en  petit  IcfFet  dun  B^tment 
en  grand ,  autant  à  ceux  qui  k  commandent ,  qu'aux  ouvriers  qui  le  doivent  execuKr.^Cfs 


D'ARCHITECTURE,  ^c'.  i^r 

Modelles ,  qui  font  plus  intelligibles  que  des  Defleins ,  fe  font  de  bois  ou  c!c  carte  ,  où 

I  on  cole  Jes  defl'enis  chantournés ,  ombrez  &:  colorez  pour  juger  de  l'enfemble  de  l'Edifice. 
Lts  Modelles  de  pierre  tendre  ou  de  plâtre',  fervent  pour  quelque  partie  difficile  à  appa- 
reiller ,  comme  un  Efcalier  extraordinaire.  Préface. 

J^ODELtE  EN  GRAND,  cclui  qui  fc  fait  de  maçonnerie  delà  grandeur  détour  l'ouvrage, 
comme  l'Arc-de-Tnomphe  du  Faubourg  S.  Antoine.  Il  fc  fait  encore  fur  le  Tas ,  des  Mo- 
delles de  quelques  parties ,  comme  d'une  Figure ,  d'un  Chapiteau ,  d'un  Entablement ,  Sec, 
qu'on  fait  aufli  différemment  pour  donner  à  choifir ,  pour  en  juger  du  point  de  veuë  le  plus 
avantageux,  &  pour  les  augmenter  ou  diminuer  fuivaut  les  règles  de  î'Architedure  &  de 
l'Optique,  /i/c/.&p.  109. 

MODERNE.  Ce  mot,  qui  fignifie  nouveau,  fe  dit  improprement  en  Architedlure ,  deli 
manière  de  baftir  à  l'Italienne  dans  le  goût  de  l'Antique.  Les  Ouvriers  fe  trompent  auiïi , 
Jorfqu'ils  l'attribuent  à  l' Architedure  purement  Gothique.  Mais  la  véritable  fignificatioii 
deiV/otifi'wf,  ie  doit  entendre  feulement  de  l'Architecïlure  qui  participe  de  la  Gothique» 
dont  elle  retient  quelque  chofe  de  la  delicatefle  &  de  la  folidite',  &  de  l'Antique,  dont  elle 
emprunte  les  membres  &  ornemensfàns  proportion  ni  bon  goCit  de  delTein  ,  comme  on 
le  peut  remarquer  dans  les  Châteaux  de  Chambor ,  de  Chantilly ,  &c.  Dans  fEglife  de  S. 
Euilache  à  Paris  ,  &  autres  Baftimens  du  fie'cle  padé.  Préface. 

MODILLONS,  de  l'Italien  A/o^/_ç//o«i;  ce  font  de  petites  Confoles  renverfe'es  fous  les  Pla- 
fonds des  Corniches  Ionique  ,  Corinthienne,  &Compofite,  qui  doivent  re'pondrc  furie 
milieu  des  Colonnes.  Ils  Ibnt  afFede's  à  l'Ordre  Corinthien ,  où  ils  font  toujours  taillez  de 
fculptureavecenroulemens.  Les  Ioniques  &Compofices  n'en  ont  point,  fi  cen'ell  quel- 
quefois une  feiiille  d'eau  par  dclTous.  p.  70.  P/.  19.  &p.  88.  PI.  7)6.  Lat.  Mutuli. 

MoDiLLONS  EN  CONSOLE,  ceuxqui  out  moins  de  faillie  que  de  hautcut ,  &  dont  l'enroule- 
ment d'en- bas  en  forme  de  Confole  ,  palfe  fur  les  moulures  de  la  Corniche  &  termine  à 
la  Frife,  comme  on  le  pratique  quelquefois  aux  Corniches  des  Apartcmens.  P/.  98.  p. 

MoDiLLONS  A  PLOMB,  ccux  qui  cflant  de  biais,  ne  font  pas  d'e'qucrre  avec  la  Corniche 
rampante  d'un  Fronton  ,  comme  on  les  fait  ordinairement ,  &ainfî  qu'ils  fc  trouvent  pra- 
tiquez dans  les  Baftmiens  antiques. 

MoDiLLONs  RAMPANs,  CCUX  qui  font  Don  feuIcmcnt  d'e'querre  avecla  Corniche  de  niveau 
d'un  Entablement ,  mais  aufli  avec  les  deux  rampantes  d'un  Fronton  5  parce  qu'ils  repre- 
fententles  bouts  des  pannes  qui  portent  les  chevrons,  comme  les  Modillons  Corinthiens 
du  Portail  latéral  de  l'Eglife  dcS.Sulpice  à  Paris,  du  delTeinduSieurGittard  Architedle 
du  Roi. 

MoDitLONs  A  CONTRESENS,  ceux  qui  tcprefentent  de  front  le  grand  enroulement ,  com- 
me à  la  Mailbn  quarrc'e  de  Nii'mes  en  Languedoc  ;  ce  qui  elt  un  abus  en  ArchitecSturCo 
pa^.  88. 

MODULE,  AnhnwÂlodulusi  petite  mefure  ;  c'efi:  en  Architecture  une  grandeur  arbitrai- 
re pour  mefurer  les  parties  d'un  Bâtiment ,  laquelle  fe  prend  ordinairement  du  diamètre 
inférieur  des  Colonnes  ou  des  Pilafties.  Le  Alodulede  Vignole  qui  fe  mefure  au  demi- 
diametre de  la  Colonne,  citdiviic'en  11.  parties  pour  les  Ordres  Tofcan  &  Dorique  ,  Se 
en  18.  pour  les  trois  autres  Ordres.  LcAfoduledc  Palladio,  deScamozzi,  duParalleledc 
M.  deChambray ,  &  des  Antiquitez  de  Rome  du  Sieur  Dcfgodetz,  fe  mefure  aufli  aa 
demi-diametrc  de  la  Colonne ,  &  elt  divife  en  30.  parties.  Prcfaccs.  M.  Perrault  croit  que 
c'cll  ce  que  Vitruve  nomme  Emhates. 

MOILON,  du  Latin  Mollis  ■,  tendre;  c'eft  b  moindre  pierre  qui  provient  d'une  Carrière. 

II  yen  a  aufli  de  roche,  qu'on  nomme  Meulière  ou  A<folicre.  Le  Motion  s'employe  aux 
Fondcmens  ,  aux  Murs  médiocres ,  pour  le  Garni  des  gros  Murs,  &c.  &  le  meilleur  efl 
leplusdur,  comme  celui  qui  vient  des  Carrières  d'Arcueil.  p.  ioj.  Tous  les  iV4o/7o»^  font 
nommez  de  YitruvC)  Q^menta, 

Tome  IL  X  Moi- 


i6i  EXPLICATION   DUS  TERMES 

IvIoiLON  GISANT,  cclui  qui  a  Ic  plus  dc  lit ,  eftlc  mtciix  fait,  &où  il  y  a  le  moins  a  tailler 
pour  le  façonner,  p.  lo^î. 

MoiLON  DE  l'LAT  ,  cclui  qui  eft  pcfé  fur  fou  lit  dans  les  Murs  qu'on  crige  à  plomb. 
pag.   134. 

MoiLON  EN  COUPE  ,  cclui  qui  eft  pofc  de  champ  dans  la  conltrudion  des-  Voûtes. 
pa^-   U3- 

MoiLON  PIQ.UE',  celui  qui  après  avoir  ete  cbouziné  ,  efl:pi<7«cjufques  au  vif  avec  la  pointe 
du  maru-au ,  &  ferc  pour  les  Voûtes ,  les  Puits ,  &c. 

MoiLON  d"ai'areil,  celui  qui  eft  e'quarri ,  comme  un  petit  carreau  de  pierre  ,  &  eft  pro- 
prement piqué  pour  eftre  employé  à  parement  apparent  &  bien  en  liaitondaiis  un  Mur  dc 
face.  p.  556. 

moïses.  Pièces  de  bois  en  manière  de  plateformes  avec  entailles  ,  lefquelles  jointes  enfemble 
par  leur  c'pailleur  avec  des  boulons  ,  fervent  a  entretenir  les  autres  pièces  d'un  Allèmblacre 
de  Cli.arpente,  les  palées  ou  fils  dc  pieux  des  Ponts  &  les  principales  pièces  des  grues, 
gruaux  &  autres  machines.  On  dit  Aluijcr,  pour  Retenir  avec  des  Mutjcs.  'Pl.  64  A.p.i  87. 
Lat.  Trabs  compaciilis. 

Moïses  coude'es  ,  celles  qui  pour  fe  croifer  &  accoler  un  poinçon  audefTous  de  fon  boflap-e , 
ne  font  pas  entaillées  ,  mais  delardées  de  leur  demi-épaillèiir  pour  fe  pouvoir  loger  dans 
raifemblage. 

Moïses  circulaires,  celles  qui  fervent  dans  la  conftrudion  des  Moulins  à  élever  les  eaux 
&  à  d'autres  ufages. 

MOLEj  c'eftoit  chez  les  Romains  une  efpece  de  Maufolce  bâti  en  manière  de  Tour  ronde 
fur  une  bafe  quarrée  ,  ifolé  avec  Colonnes  en  fon  pourtour ,  &  couvert  d'un  Dorne  avec 
amortilîement.  Le  Ahle  de  l'Empereur  Adrien  ,  aujourd'hui  le  Château  S.  Ange  à  Rome, 
eftoit  le  plus  grand  &  le  plus  fuperbe;  il  eltoit  terminé  par  une  pomme  de  pinède  bronze  , 
qui  renfcrmoit  dans  une  Urne  d'or  les  cendres  de  cet  Empereur.  Cette  pomme  de  pin  fe 
voit  encore  dans  les  Jardins  de  Bclveder.  Antoine  Labaco dans  fon  Livre  d'Architecture, 
donne  un  plan  Se  une  élévation  du  MoU  d'Adrien.  La  Sépulture  de-  la  Famille  Metclla ,  ap- 
pellée  Capo  diBove  hors  de  Rome ,  eft  encore  une  efpece  de  Ahlc.  p.  319.  Lat.  Moles. 

Mole  de  port  ;  c'cft  un  m aïïîf  de  maçonnerie  fondé  dans  la  Mer  par  lemoyen  deBaftar- 
dcaux ,  ou  à  pierres  perdues  ,  qui  eftant  de  figure  droite  ou  circulaire  audevant  d'un  Port ,. 
lui  fcrt ,  comme  de  Rampart  pour  le  mettre  à  couvert  de  l'impetuofité  des  values ,  &  en 
empêcher  l'entrée  aux  Vailléaux  étrangers,  p.  307.  &:  348.  Lat.^^etr. 

MONASTERE.    Voyn  COUVENT.  ""        '   '  '^  ^ 

MONOPTERE.   Fbye::  TEMPLE. 

MONOTRIGLYPHE  ;  ceft  l'efpace  d'un  Tùglyphe  ,  entre  deux  Colonnes  ou  deux  Pi- 
Jaltres.  /»j^.  3  57. 

MONOYE  ou  HOSTEL  DE  LA  MONOYE  ;  c'eft  dans  une  Ville  confiderable  ,  une 
grande  Maifon  leurement  bâtie  ,  ou  font  les  fourr.caux ,  moulins ,  &  balanciers  pour  fon- 
der &  fabriquer  la  il/ow_yf,  &  où  logent  quelques  Officiers ,  &  Ouvriers.  Elle  doit  être 
ilolce.  Celle  de  Vcnife  ,  appellée  la  Zeccha,  eft  une  des  plus  belles  qui  aient  été  faites, 
p.  3  30.  VoyeK  ScamozziLiv.  1.  Chap.  11.  Lat.  Monetùus  Offlcina. 

MONTAGNE  D'EAU.  Efpece  de  rocher  artificiel  de  figure  pyramidale  ,  d'où  fortcnt  plu- 
iieuis  ]cts ,  boiullons ,  Se napes  d'au  ,  comme  la  Montagne  d'eau  du  Bofquet  de  l'Etoile  à 
Verlail.'es.  '^  ^ 

MONTANS;  ce  font  des  corps  ou  faillies  aux  coftez  des  Chambranles,  oui  fervent  à  porter 

les  Corniches  &  Frontons  qui  les  couronnent.   Il  y  en  a  dc  fimples  &  de  ravalez,  p.  118. 

P'-  47-  C  eft  ce  que  Vitruve  nomme  ^^irre^idria. 
MoNTAN's  d'emerasure.    Efpeces  de  Revê.en^ens  de  bois  ou  de  marbre  avec  comparti- 

mens  arafez  ou  en  faillie,  dout  on  lambxillc  ks  Embruiures  des  Portes  &  Croifées.  Pl.  6  \  B. 

pag.  i8<.  V  . 

Mon- 


D'ARCHITECTURE,  &c.  i,^^ 

MoNTANs  DE  LAMBRIS.  Manières  de  Pilaftres  longs  &  e'troics  ,  le  plus  fouTcnt  rava- 
lez avec  chûtes  de  Feftons  ,  &  fcrvant  à  (cparer  les  compartimcns  d'un  Lambris.  PL 
99-p.3î9- 

MoN'TANs  DE  MENUISERIE;  cc  foiit  dans  rAfTemblage  dcs  Portcs  &  Cioifccs ,  les  nriiici- 
paJes  pièces  de  bois  à  plomb,  fur  Iclquellescroifcnc  quane'ment  icsTravcdes.  PL  loo. 
p.  341.  Lat.  Scûjii  cardinales. 

AioNTANs  DE  SERRURERIE;  ce  font  des  efpeccs  de  Pilaftrcs  compofez  de  divers  omemens, 
contenus  entre  deux  barreaux  parallèles  ,  pour  feparer  &  entretenir  les  1  ravc'es  des  Grilles 
de  fer.  PL  44  A.  p.  117. 

AIoNTANS  DE  CH  ARPENTERiE  ;  Ce  fout  dans  les  Maclîincs ,  lespiecesde  bois  à  plomb  rete- 
nues par  des  arc-boutans ,  comme  il  y  en  a  à  une  Sonnette  ,  Sec. 

MONTE  E.  On  appelle  vulgairement  ainfî  un  Efcaher  ,  parce  qu'il  fert  à  monter  aux  Etages 
d'uneMaifon.  P/.  64  A.p.  187.    Fbye^  ESC ALIEK. 

Monte'e  de  VOUTE  ;  c'eft  la  hauteur  d'une  ^«/f  depuis  fa  naiflTance  ou  première  retom- 
bée ,  jufques  au  delTous  de  fa  fermeture.  On  la  nomme  aufli  Foufjure.  p.  141 .  Lat.  Formcit 
curvaîura. 

Montée  de  voussoir  ,  ou  de  claveau;  c'eft  la  hauteur  du  panneau  de  tefte  d'un  ;^///- 
foir  ou  d'un  CU-vcau  ,  confiderée  depuis  la  doiielle  jufques  à  fon  couronnement.  Les  C/a- 
\eaux  ordinaires  des  Portes  &  Croifécs  ,  doivent ,  fi  leur  Platebande  eft  arafe'e ,  avoir  aa 
moins  quinze  pouces  de  montée  prife  à  plomb  &c  non  pas  fuivant  leur  coupe. 

Montée  de  iont;  c'eft  la  hauteur  d'un  Pont,  confiderée  depuis  le  rez  de-chaufTce  de  fa 
Culée,  jufcucs  fur  le  couronnement  de  la  Voûte  de  fa  Maîtreflé  Arche  :  par  exemple,  le 
PflHf  Roial  des  Thuileries  a  7.  pieds  &  demi  de  montée  ^  ^ur  33.  tcifes,  qui  font  la  moitié 
de  la  longueur  qu'il  a  entre  deux  Quais.  Lat.  z^cclivitas. 

MONTER;  c'eft  en  Maçonnerie  élever  avec  machines  les  matériaux  taillez,  du  Chantier 
fur  le  Tas  :  &:  c'eft  en  Charpenterie  &  Menuiferie  alTembler  des  ouvrages  préparez ,  &  les 
pofer  en  place.  Remonter  ,  fe  dit  pour  rallémblcr  les  pièces  de  quelque  Machine ,  ou  de 
quelque  vieux  Comble,  ou  Pan  de  bois,  dont  on  fait  rcfervirks  pièces,  p.  143. 

MONTJOYE.   Fbyei  CROIX. 

MONTOIR  a  CHEVAL.  Pierre  échancrée  par  degrez  ,  &  pofée  dans  une  Cour  ou  à  cofté 
d'une  Porte  ,  pour  monter  des  chevaux  de  différentes  tailles.  Les  Romains  mettoient  de 
ces  Montotrs ,  aux  bords  des  Banquettes  de  leurs  grands  Chemins ,  parce  qu'ils  n'avoienc 
pas  l'ufage  des  étriers.  p.  350.  Equitts  tyinabuthrum. 

MONUMENT ,  s'entend  en  Archittclure ,  de  tout  Bâtiment  qui  fçrt  à  conferver  la  mémoi- 
re du  temps,  &delaperfoniiequirafait  faire,  ou  pour  qui  il  a  été  élevé,  comme  un 
Arc- de- triomphe,  un  Maufolée,  une  Pyramide  ,  &c.  p.  98.&50(î. 

MORCEAU.  Terme  ufité  par  métaphore  dans  les  Arts  ,  où  il  le  prend  orduiairement; 
en  bonne  part ,  pour  fignifîer  un  ouvrage  d'Architedure ,  de  Peinture ,  ou  de  Sculptu- 
re, p.  18. 

MORCES.  On  appelle  ainfi  les  pavez  qui  commencent  un  Revers ,  &  font  des  efpeces  de  har- 
pes pour  faire  liaifon  avec  les  autres  pavez.  PL  101.  p.  349. 

MORESQUES.   Voyex  ARABESQUES. 

MORTIER;  c'eft  un  compofé  de  chaux  &  de  fable,  ou  de  chaux  &  de  ciment,  pour  liai- 
fonner  les  pierres.  On  dit  que  le  A/orner  eft  gras,  lorfqu'il  y  a  beaucoup  de  chaux.  Ce 
mot  vient  du  Latin  Mortarium  ,  qui  fignifie  félon  Vitruve  plutôt  k  ballîn ,  où  l'on  le  de- 
trempe  ,  que  le  Àlorticr  même.  p.  n  5 . 

MORTOISE;  c'eft  une  entaille  en  longueur,  creufée  quarrément  de  certaine  profondeur 
dans  une  pièce  de  bois  de  Charpenterie  ou  de  Menuiferie,  pour  recevoir  un  Tenon.  La 
Afortoi/e ,  pour  être  bien  faite  ,  doit  être  auflî  jufte  en  gorge  qu'en  about.  PL  6^  B.  p.  1 89. 
Lat.  Cavus. 

MOSAÏQUE  j  c'eft  UQ  conipofc  de  petits  morceaux  de  ycrre  de  toutes  fortes  de  couleurs, 

X  -i  aillez 


164  EXPLICATION   DES   TERMXS 

'  tailler quarrcment,  &  maftiquezfur  unfondsde  ftuc  ,  lefqucis  imitent  les  teintes  &  àé- 
cradationsde  laPeinture,  &  rcprefentcnt  de  même  toutes  fortes  de  compartimens&  de 
iujets ,  comme  il  s'en  voit  aux  Pendentifs ,  6c  aux  Coupes  rondes  &  ovales  de  l'Eglife  de  S. 
Pierre  de  Rome.  Il  fe  fait  aulfi  de  la  Mofaïque  avec  de  petites  pierres  deraport  déroutes 
fortes  de  marbres ,  pour  former  des  compârtimens  de  Lambris  &:  de  Pave' ,  comme  il  y  en 
a  dans  TEi^Iife  de  Saint  Marc  de  Venife.  Yitruve  appelle  le  Pavé  c]Uien  ed  fait,  i'aVtmen- 

.  tumfeSiile.  On  dit  Mo/atque ,  ^out  Afufdt^ue  ,  du  Lâiin  Mi<jivum  ,  ouvrage  délicat  &  in- 
génieux, p.  346.  &  3  55. 

MOSQUEE;  c'eft  chez  les  Mahometans,  un  Temple  deltine' pour  l'exercice  de  leur  Reli- 
gion. Il  y  a  des  Jl/cj/i^/zirVi- i^M/f^,  fonde'es  par  des  Empereurs,  comme  h  Soiimanie .,  Se  ïx 
rdlidce  à  Conftantinoplc  :  &  de  particulières  fondées  par  des  Mouphtis ,  Vizirs ,  B.ichas , 

.  &c.  Elles  font  bâties,  comme  de  grandes  Salles  ,  avec  Ailes,  Galeries  ,  Dômes  ,&  Mina- 
rets :  (Scfontornées  par  dedans  de  compârtimens  mêlez  d'urabefc,ues  &  de  quelques  parta- 
ges de  l'Alcoran  peints  contre  les  murs  ;  elles  ont  aulTi  toiijours  à  colté  un  Lavoir  ou  Pif^ 
cine  avec  plulîeurs  robinets.  LesTurcs  ont  changé  en  A^syçwffr ,  la  pluspart  des  Eglifes  des 
Chrétiens,  comme  celle  de  Sainte  Sophie  autrefois  Patriarchale  de  Conltantinoplc  ,&:  au- 
jourd'hui la  iVfoy^«f>  du  Grand  Seigneur.  Ce  mot  vient  de  l'Italien  Mojchea-,  fait  de  V A" 
lihtMef^id,  qui  figmfie  lieu  d'adoration,  p.  340.&555. 

MOUCHÊTTE.  Les  Ouvriers  appellent  ainfi  le  Larmier  d'une  Corniche:  &Iorfqu'il  eft 
xefoiiiUé  ou  creufé  par  defious  en  manière  de  canal  ,  ils  le  nomment  Mouchette  pendente ^ 
fag.i').&c  351.  Lat.  Coronaalveolata  félon  Vitruvc.  Voye^  LARMIER. 

MOUFLE;  c'eil  en  Mécanique  un  Inftrumentcompofé  de  deux  ou  deplufieurs  poulies  en- 
chaflées  feparément  &  retenues  avec  un  boulon  dans  une  main  de  bois  ,  de  fer ,  ou  de  bron- 
ze ,  appellée£c^(zrpf  ,  onChape;  ce  qui  eft  proprement  h  Moufle,  dont  la  multiplication 
des  poulies,  augmente  confiderablement  les  forces  mouvantes  ,  &  qui  par  le  moyen  des 
cables  attachés  aux  Machines,  fcrt  à  enlever  les  plus  pefans  fardeaux  dans  les  Bâtimens. 
C'eft  ce  que  Vitruve  appelle  Trochlea;  quoique  ce  mot  fignifie  ordinairement  une  poulie. 

MOULE.  FbyeK  PANNEAU. 

MOULER;  c'eft  jetter  dans  des  Creux,  ou  A/b;</fj- de  plâtre  cm  de  terre  cuite ,  des  Modif- 
ions, Confoles  ,  Mafques  ,  Fèftons,  Bas-reliefs,  &  autres  ornemenspoftiches  de  plâtre, 
de  ftuc  ,  oudemétail,  pourenfuite  lesfceller  ouarrefter  enplace.  />•  544. 

MOULIN.  Ce  mot  félon  Ion  étymologie  ,  qui  vient  du  Latin  Mola,  meule,  fe  dit  parti- 
culièrement des  machines  qui  fervent  à  moudre  ;  mais  i'ulàge  a  voulu  qu'on  l'entendît  de 
Ja  pluspart  de  celles,  dont  l'a£lion  dépend  d'un  mouvement  circulaire,  qui  eft  le  principe 
des  autres.  Onen  fait  plufieurs  différences,  qui  fe  tirent,  ou  de  la  force  qui  les  fait  agir , 
comme.  Aloulin  à  vent ,  Moulin  à  eau  ,  Moulin  à  br us  -,  Sic.  oude  leur  ufage,  comme  Mouhn 
*  farine-,  d  tan  ,  à  poudre  ,  àpapicr-,  à  huile  ,  à  foulon,  à  forge,  d  refendre ,  Sec.  eu  bien  en-k 
linde  leur  conftrudiion  ,  comme  Alouliuvcrtical ,  Moulin  horizontal ,  Adoulinà  "volets,  que 
l'eau  pouffe  par  delTous ,  Afonlinàan'^es ,  que  l'eau  fair  agir  par  dcflus,  &c.  p.  318.  Tous 
ks  AÏouhns  à  eau  font  appeliez  ^àr  Witruve  Hydromytx. 

MOULURE  ;  c'eft  une  laillieau  delà  du  Nù  d'un  mur  ou  d'un  parement  de Menuiferie, 
dont  l'Alfemblage  compofe  les  Corniches,  Chambranles  &  autres  membres  d'Archite- 
clnic.  Le  mot  D/rcifï/owt'^  dans  Vitruve,  traduit  pour  JV/oK/z/rcj  par  M.  Perrault >  s'entend 
particulièrement  des  droites,  p.'].  PL  A. 

Moulure  lisse  ,  celle  qui  n'a  autre  ornement,  que  la  grâce  de  fon  contour,  p.  ij.  PL  A.  etc. 

Moulure  ornée,  celle  qui  eft  taillée  de  Sculpture  de  relief  onen  creux,  p. vu  PL  B.  Sec. 

Moulure  incline'e.  Toute  face  qui  n'étantpas  aplomb,  penche  en  arrière  par  le  haut 
pour  gagner  de  la  faillie ,  comme  il  s'en  voit  à  une  Corniche  archifravée  antique  dans 
Philibert  De  Lorme  Liv.  5.  Ch.  zi.  &  à  l'Entablement  du  petit  Ordre  Corinthien  de  l'E- 
glife des  PP.  De  l'Oratoire  rue  S.  Honoré  à  Pans.  p.  34.  &  511. 

MOUTON  i  c'eft  dinsunc  Soiuiette,  un  bouc  de  poutre  frète'  d'uncfrcttedefer ,  reteno 

pat 


D'AP.CHITECTURE,  &c  i6s 

par  des  clefs  audevant  des  deux  m  ontans ,  &  levé'  par  des  cordes  à  force  de  bras ,  pour  en- 
foncer en  retombant,  les  pieux  &  pilocis.  Hy  aapparencccjuecemotafuccetk' à  celuide 
Bélier,  qui  eltoit  une  machine  de  guerre  ,  dontics  Anciens  fefervoiciu  pour  enfoncer  les 
Portes  &  abbatre  les  Murailles  des  Villes.  La  Hie  eft  difFercnre  du  Mouton ,  en  ce  qu'elle  eft 
plus  pefante,  &  qu|^on  la  levé  avec  un  Engin  par  le  moYen  d'un  moulinet ,  pourlalailler 
enfuite  tomber  en  lâchant  la  declique,  &  ain/i  faire  un  plus  violent  cifort  que  le  Afo//to«. 
Le  mot  FijJuca  dans  Vitruve  ,  fignifie  toute  machine  pour  enfoncer  les  pieux  Se  les  pilotis  > 
&  même  la  Damoijelle  y  dont  felervent  les  Paveurs  pour  le  Pave'.  t>.  143. 

MOYE  ;  c'eft  dans  une  pierre  dure  un  tendre,  qui  fuit  fon  lit  de  Carrière  ,  qui  la  faitde'Ii- 
tcr  ,  &  quifeconnoîr ,  quand  la  pierre  aïant  été quelq«etems  hors  de  la  Carrière  ,  elle  n'a 
pii  réfîfter  aux  injures  de  l'air.  On  dit  Moycr  une  pierre ,  pour  la  fendre  félon  la  Moye  de 
ion  lit. p.  ICI.  105.  &:c. 

MUETTE;  c'efl:  dans  le  Parc  d'une  Maifon  Roiale  ou  Seigneuriale  ,  un  Bâtiment  accom- 
pagné de  Chenils  ,  Cours,  Ecuries,  &c.  dans  lequel  logent  un  Capitaine  des  Chaîies ,  & 
quelques  Officiers  de  la  Vénerie ,  comme  les  iV/;rf/rfi  de  S.  Germaine  de  Fontainebleau. 
On  donne  aniîl  ce  nom  à  la  Jurifdidlion  des  ChalTes.  p.  357. 

MUFLK.  Ornement  de  Sculpture  ,  qui  reprefente  la  tefte  de  quelque  animal ,  &  parciculic- 
rement  celle  du  Lion,  quifertdegargoiiilleà  uneCimaife  ,  degoulette  àuneCafcadeou' 
à  un  Baflln  de  Fontaine  ,  &  qu'on  introduit  fous  des  Confoles  des  Corniches  de  Chambre  , 
5c  autres  endroits.  PL  19.  p.  71.  &c. 

MUID.  Mefure  compofée  de  ^\x  futailles,  ou  demi-muids  pour  la  Chaux,  &  de  trente  fîx 
facs,  chacun  de  deuxboifléaux  &demi  pour  le  Plâtre,  p.  114.  &  11  «. 

MUR,  ou  MURAILLE;  c'eft  un  corps  de  maçonnerie  de  certaine  épaifleur  &  hauteur  pro- 
portionnée ,  pour  renfermer  &  feparcr  des  heux  fervant  à  divers  ufages  dans  les  Bâtimens. 
p.  231.  &c. 

Mur  de  face,  s'entend  de  tous  les  iWwryfxffr/fKri^  d'une  Maifôn  fur  lès  raës  ,  cours  &  jar- 
dins. Les  Murs  de  face  de  devant  &  de  derrière  font  nommez  antérieurs  O'  poRerieurs  ,  & 
ceux  des  cotez,  latéraux.  Il  s'en  fait  de  pierre  de  taille,  demoilon,  de  brique,  &  de  cail- 
lou. Les  Gros  Murs  .,  font  ceux  de  face  &:  de  refend,  p.  18  z.  P/.  65  A.  &c. 

Mur  de  refend,  celui  qui  partage  les- Aparremens.  On  sp^dknufR  Murs  de  refend,  ceux 
qui  feparent  deux  ouplufieurs  Maifons  à  un  même  Propriétaire  ,  &  des  Chapelles  daiis des 
Églifes.  PL  65  B.  p.  I  8  5.  Lat.  Paries  intergerinus. 

Mur  de  pignon,  celui  qui  finit  en  pointe  ,  &  où  le  Comble  va  terminer,  p.  1 3  (f. 

Mur  orbe,  duLatin  OrÔKj,  privé  de  lumière,  le  dit  d'un  Mur  de  Maifon  ,  oùiln'eftpef- 
cé  aucune  Porte  ni  Feneftre  ,  &  où  l'on  en  feint  par  des  renfoncemens  ou  par  des  nailTances 
d'enduit  &  de  crépi ,  pour  faire  £mmetrie  avec  d'autres  qui  leur  font  rcfpedives,  ou  feir- 
lemcnt  pour  la  décoration. 

Mur  EN  AÎLES,  celui  qui  s'élève  depuis  le  de/fus  d'un  JV/wr  de  clôture  &  va  en  diminiiarït 
jufques  fous  l'Entablement  ou  plus  bas,  pour  arcbouterle^v//<rde  face,  &  le  Pignon  d'un- 
Corps- de-logis,  qui  n'eft  pas  appuie  d'un  autre.  Le  ^«rf?j<?;7fj  doit  félon  la  Coutume,  • 
avoir  au  moinsun-pied  de  faillie  au  milieu  de  fa  hauteur.  PL  63  A.  p.  185. 

Mur  mitoÏen  ou  metoïen  ,  qu'on  appelle  aulTi  Mur  commun;  celui  qui  eft  égalemenr* 
fîtué  fur  les  limites  de  deux  héritages  qu'il  fepare  ,  &  eft  conftruit  aux  frais  communs  de 
deux  Propriétaires:  &  contre  lequel  on  peut  bâtir  &  même  lehaufler,  s'il  a  fuffifam- 
ment  d'épaifleur ,  en  payant  les  charges  à  fon  Voifin  ,  c'eft-à-dire  de  lîx  toifcs  l'une.  Les 
n\2.:c]\3Csd\iMurmitoien,  font  des  Filets  de  maçonnerie  des  deux  cotez ,  &  le  Chaperon  à 
deuxégouts.  Foyex  la  Coutume  de  Paris  Art.  194.  EftiennePafquicr  dans  une  Lettre  cpi'il 
écrit  à  Ramus,  dit  que  le  mot  de  Alitoten,  vient  de  mien  ôc  tien.  ibtd.  Lat.  Paries  com- 
munis. 

Mur  sans  moÏen;  c'eft  félon  la  Coutume  de  Paris  Art.  200.  un  iV/«r  de  Maifon  Seigneir- 
rialeou  de  Monaftcre,quipai  un  privilège  fpccial,  ne  peut  jamais  devenir  commun:eu  forte 

X  5.  «jije 


.jtS6  EXPLICATION   DES   TERMES 

I  que  les  Propriétaires  des  héritages  qui  lui  font  coutigus ,  ne  peuvent  bâtir  qu'à  une  certai- 
ne diltancc. 

Mur  de  ci-Ôtore,  celui  qui  renferme  une  Cour  ,  un  Jardin,  un  Parc,  Sec.  Quand  il  fe- 

i  pare  deux  héritages ,  &  qu'il  vient  à  tomber ,  l'un  des  Propriétaires  peut  (fuivanc  la  Cou- 
tume de  Paris  Art.  zc9.)  contraindre  l'autre  à  contribuer  pour  l'édifier  ou  réparer  jufques 
à  la  hauteur  de  dix  pieds  depuis  le  rez-de-chauflee  au  dellus  de  l'empâtement  de  la  fonda- 
tion ,  compris  le  chaperon,  p.  184.  P/.  65  B. 

Mur  crénelé',  celui  dont  le  Chaperon  cft  coupé  par  créneaux  &  nierions  en  manière  de 
dents,  comme  on  en  voit  aux  vieux  Af/o'j- ,  plutôt  pour  ornement  ou  marque  d'une  Mai- 
fon  Seigneuriale  ,  quepour  fcrvir  dedéfenfe.Lat.  Paries  ptnnatus. 

Mur  d'echxfre.  K'jyc^  E'CHIFRE. 

Mur  de  terrass£  ;  c'eft  tout -M/r  de  maçonnerie  qui  foûticnt  les  terres  d'une  Terra/Jf,  & 
qui  eft  d'une  épailTcur  proportionnée  à  la.  hauteur  avec  talut  au  dehors ,  &  contreforts  o» 
recoupemensaudedans.  p.  196.  &  516. 

Mur  plante',  celui  quiefc  fondé  fur  un  Pilotage  ou  fur  une  Grille  de  charpente. 

Mur  de  douve,-  c'cft  le  7K^/«r  de  dedans  d'un  Refervoir  ,  qui  eftfeparé  du  vra)  A/i/rparua 
corroy  de  glaife  de  certaine  largeur,  &  fondé  fur  des  racinaux  6c  des  plateformes,  p.  145 . 

Mur  de  tari'ain,  celui  dont  les  alTifes  de  pierre  en  traverfent  l'épaifleur  ,  &  qui  fert 
pour  les  Echifrcs  &:  pour  porter  les  Cloifons,  Pans  de  bois,  &c.p.  i}  5.  Lat.  Fanes  jron- 
tatus. 

Mur  cxRct>LAiR£,  celui  dont  le  plan  efl  en  rond  ,  comme  le  Chevet  d'une  Eglife  ,  la  Tour 
d'un  Dôme,  un  Puits,  &c.  P/.  64  B.  p.  189. 

Mur  d'apui.  Petit  ^Mr  d'environ  trois  pieds  de  haut ,  quiferc  d'jpw/oudegardefou  àun 
Pont,  Quay  ,  Terraflè  ,  Balcon  ,  &:c.  ou  de  clôture  à  un  Jardin.  Onlcnomme  auffiA/;<r 
de  Parapet,  p.  196. 

Mur  en  talut,  celui  qui  a  une  inclinaifon  faifible  pour  arc-bouter  contre  des  terres,  ou 
refiflcr  au  courant  des  eaux.  p.  155. 

Mur  recoupe',  celui  qui  cftantbafti  fur  le  penchant  d'une  Coline,  a fès  aflifes par  retraites 
&  empatemens  pour  mieux  refiller  à  la  pouflée  des  terres. 

Mur  crepx  ,  celui  qui  ellant  de  moilon  ou  de  brique  ,  eft  recouvert  d'un  Crépi,  p.  154. 
Lat.  Panes arenatus. 

Mur  enduit,  celui  qui  eftant  de  maçonnerie,  cft  ravalé  de  mortier  ou  de  plâtre  drelfé 
avec  la  truelle,  p.  1 0  5 .  &  537. 

Mur  hourde',  celui  doiit  les  raoilons  ou  les  plâtras ,  font  groffierement  maçonnez.  Lat. 
Paries  ruderatur. 

Mur  EL  ancki,  celui  qui  eftant  de  pierre,  eft  regraté  avec  les  outils  :  ou  qui  eftant  de  maçon- 
nerie, eft  imprimé  d'un  lait  de  chaux,  &  d'une  ou  de  plufieurs  couches  de  blanc,  p.  1 18. 

Mur  de  pierres  sèches.  Efpece  de  Co«trf-w;<r ,  qui  lé  fait  à  fec  &:  fans  mortier  contre  les 
terres,  pour  empêcher  que  l'humidité  pournilé  le  vray  Mur,  comme  il  a  efté  pratiqué 
derrière  l'Orangerie  de  Verfailles.  Les  Pierrées  &  Puifards  font  ordinairement  conihuits 
de  ces  fortes  de  À/wrj,  qui  fe  pratiquent  auflî  dans  le  fond  des  Puics,  pour  faciliter  le  paf- 
fage  de  l'eau.  Lat.  Maccna. 

Mur  en  de'charge,  celui  dont  le  poids  eft  foulage  par  des  arcades  bandées  d'efpace  en  ef- 
pace  dans  fa  maçonnerie,  comme  le  iWz(r  circulaire  de  brique  du  Panthéon  à  Rome.  Lat. 
Paries  fornicatus. 

Mur  en  l'air.  On  appelle  ainfi  tout  JV/«r,  qui  ne  porte  pas  de  fonds,  mais  à  faux,  com- 
me fur  un  Arc  ou  une  Poutre  en  décharge  :  &  qui  eit  érige  fur  un  yuidc  pratiqué  pour  quel- 
que fujetion  en  baftiflant  ,  ou  percé  après  coup.  Aiureni'air,  le  dit  auflî  d'un  ^\/«r  porte 
fur  des  étayes ,  pour  une  réfection  par  fous  auvre.  Lat.  Minus penfilis. 

Mur  dégrade',  celui  dont  quelques  moilons  font  arrachés,  &  les  petits  blocages ,  &  le 

crépi  tombés  en  tout  ou  en  paitic.  . .     . 

^  ^  M«A 


D'AR  CHITECTURE,   &c  i57 

Mur  déchausse',  celui  qui  eft  de'pcri ,  ouruind  à  fon  rez-de-chauilée :  ou  celui  dont  iJ 

parokdufondcincnt ,  le  rez-de-cluufleeeftant  plus  bas  qu'il  ne  u'evi-c::  ePie. 
MoR.  boucle',  celui  qui  faic  ventre  avec  crevalTc.  p.  357. 

Mur  en  surplomb,  ou  déverse',  celui  qui  penche  en  dehors.     Onle  nommeauiïî  Jl^.r 

for/cité. 
Mur  pendant  ou  corrompu,  celui  quieft  en  péril  e'minenr.  S'ilcftmitoïcn,  on  peut 

(Unvant  la  Coutume  de  Pans  Art.  205.)  contraindre  fou  voiiîn  en  Juftice,  pour  le  faire  re- 

difiereii  payant  chacun  fa  part  félon  fon  héberge,  /?.  3  57. 
Mur  coupe',  celui  dans  lequel  on  a  fait  une  tranchée,  pour  y  loger  les  bouts  des  folives 

ou  poteaux  de  cloifon  de  leur  épailTeur,  enbâtiffaiK,  ou  après  coup;  ce  que  la  Coû'ume 

de  Pans  Art.  10^.  permet,  s'ilell:  mitoïen  :  &  ce  qu'un  meilleur  ufagedcfend  ,  en  fe  fer- 

vant  de  fablieres  portées  fur  des  corbeaux  de  fer. 
MURER;  c'eft clone  de  murailles,  unefpace;  c'eft  auffi  fermer  de  maçonnerie  une  baye 

dans  l'épaifleurd'unMwr,  ou  feulement  dans  le  tableau  ou  dans  l'embrafure. 
MUSEAUX.  Les  Menuifiers  appellent  ainfi  les  Acoudoirs  des  hautes  &  baifes  Chaifes  du 

Chœur  d'une  Eghfe,  parce  qu'anciennement  on  y  fculpoit  des  muAcs  ou  mu/eaux  d'ani- 
maux, comme  on  en  voit  encore  à  quelques  vieilles  Formes. 
MUSEE,  duGrecMoufc,  IcsMufes;  c'eltoit  autrefois  dans  Alexandrie,  un  Hôtel  où  l'on 

cntretenoit  aux  dépens  du  Public,  les  Gens  de  Lettres  d'un  mérite  extraordinaire.  0538 
MUTILER  ;  c'eft  retrancher  la  faillie  d'une  Corniche  ou  d'une  Impofte.  On  dit  qu'une 

Statue  e(t  mutilce ,  lorfqu'il  lui  manque  quelque  partie,  comme  à  la  pluspart  des  Antiques, 

qui  ont  été  reftaurées.  Le  Torfe  de  Belveder  &  le  Pafquin  à  Rome  ,  font  des  Statues  mtw- 

Ices  de  tous  leurs  membres,  p.  94.  &  504. 

^^i^^^V^^^-  E<P"esdeModillonsquarrc2dans  la  Corniche  Dorique,  qui  répondent  auç 
inglyphes,  &  d  ou  pendent  a  quelques-uns,  des  goûtes  ou  clochettes.  PI. 11.  p.  ti.Ut.. 


N. 

J^  ACELLE.  On  appelle  ainfi  dans  les  Profils,  tout  membre  creux  en  demi  ovale,  qu« 

-^  ,  les  Ouvriers  nomment  Gore,.  Mais  ce  xnot  de  Nacelle,  fe  dit  plus  particulieremenc 
delà  Scorie.  PL  K.  p.iij.  Lat.  Scotia. 

NAISSANCE  DE  VOUTE  ;  c'eft  le  commencement  delacurvitéd'une  Voûte ,  formé  paa: 
les  retombées  ou  premières  aflifes,  qui  peuvent  fiibfiftcr  fans  cintre. 

Naissance  de  colonne.  VbyeK  CONGE'. 

Naissances  d'enduit  ;  ce  font  dans  les  Enduits,  certaines  Platebandes  au  pourtour  des 
Crojkes&  ailleurs,  qui  ne  font  ordinairement  diltinguées  des  Panneaux  de  crépi,  ou 
di;/)ft;/;/ qu'elles  entourent,  que  par  du  badigeon,  p.  357. 

N.\PE  D'EAU.  Efpece  de  Cafcade ,  dont  Veau  tombeen  forme  de  nape  mince  fur  une  liane 
droite ,  comme  celle  qui  eft  à  la  tefte  de  l'Allée  d'eau  à  Verfailles  :  ou  fur  une  licrne  circu- 
laire ,  comme  le  bord  d'un  Badin  rond.  Les  plus  belles  Napes  ,  font  les  plus'^aarnies  ■ 
mais  elles  ne  doivent  pas  tomber  d'une  grande  hauteur,  parce  qu'elles  fe  déchire'îit.  pav'. 
198.&  510.  *  '■    ^ 

NAVE'E.  Ce  mot  fe  dit  de  la  charge  d'un  Bateau  de  pierre  de  Saint  Leu,  qui  contient  plus 
^  ou  moins  de  tonneaux  félon  la  crue  ou  décrue  de  la  Rivière. 

NAUMACHIE  ;  c'cftoit  chez  les  Anciens  un  Cirque  entouré  de  Sièges  &  de  Portiques  doir 
I  enfoncement,  qui  tenoit  lieu  d'Arène  ,  étoit  rempli  d'eau  par  le  moïen  de  tuvaux,' lorf- 
qu  on  vouloir  donner  au  Peuple  Je  fpe<5facle  d'un  Combat  lural.  Ce  mot  tient  du  Grec 
mus,  Nivue,  ic  Mâche,  Combat,  p.  308. 

NA- 


1(58  EXPLICATION   DES  TERMES 

NAVRER.   Terme  de  Jardinage,  qui  fignifie  faire  une  hoche  avec  laferpettc  à  un  Echalas 

de  Treillage,  pour  lercdreder,  quand  il  efttorcu. 
NEF  ;  cdï  dans  une  Eglife  la  première  ôc  la  plus  grande  partie  qui  fe  prcfeiite  en  entrant 
par  la  principale  Porte  ,  &  qui  eftdeftine'c  pour  le  Peuple,  &  feparce  du  Chœur  par  un  Ju- 
bé ,  ou  par  une  fimple  Clôture.     Ce  mot  vient  du  Latin  Wav/f,  Vaiireau.  p.  150.  Lat. 
Ce  Ha. 
NERFS  ,  ou  NERVURES  ;  ce  font  les  moulures  des  Arcs  doubleaux  ,  des  Croife'es  d'Ogi- 
ves &  Forincrets,  qui feparcnt  les  Pendentifs  des  Voûtes  Gothiques.  P/.  66  A.  p.  157.  & 
545 .  L.it.  ThoYcumata. 
NERVURES  i  ce  font  dans  les  feiiillages  des  Rinceaux  d'ornement,  les  coftcs  élevées  de 
chaque  feiiille  ,  qui  reprefenteut  les  tiges  des  plantes  naturelles.  Ce  font  aufli  des  moulures 
rondesfur  le  contour  des  Confoles.P/.  50.  p.  145. 
NEUDS.  Défauts  dans  le  Bois  d'alTemblage ,  parce  qu'ils  coupent  la  pièce,  lorfqu'ilsfoiu 
vicieux:  &  beauté  dans  le  Bois  de  placage,  parce  qu'ils  en  font  la  variété  ,  comme  dans  le 
Noyer  de  Grenoble,  p.  111.&  541. 
Neuds  de  MARBRE;  ce  font  des  dutetez  pat  vênes  OU  taches  dans  les  J^/jrfcrfx.   On  appelle 
aurtl  Emeril  ,   celles  de  couleur  de  cendre  dans  le  Marbre  blanc  ,    qui  font  fort  diffi- 
ciles à  travailler:  &  les  Ouvriers  nomment  encore  Clous ^  celles  des  autres  Marbres. 
\>ag,  -II 5 . 
NICHE  ;  c'eft  un  renfoncement  pris  dans  l'épaifléur  d'un  Mur ,  pour  y  placer  une  Figure  ou 
une  Statué.   Les  grandes  Niches-,  fervent  pour  les  Groupes  :  &  les  petites  pour  les  Statues 
feules.  Ce  mot  vient  de  l'Italien  Mfc/j/o  ,  Conquemannci  parce  que  la  Statué  y  cil  ren- 
fermée, comme  dans  une  coquille:  ou  bien  à  caufe  delà  coquille,  donton  orneleCu- 
de-four  de  quelques-unes.p.  146.  P/.  51.&C.  Lat.  Loculamentum. 
•Niche  ronde  ,  celle  qui  eft  cintrée  par  fon  plan  &  fa  fermeture  ,  comme  il  s'en  voit  de  fort 

régulières  au  Portail  du  Louvre,  ibid. 
Niche  quarree.  Renfoncement  dans  un  Mur ,  dont  le  plan  &  la  fermeture  font  jw^rre^t, 

comme  au  Palais  des  Thuilerics  du  cofté  du  Jardin,  ibid. 
Niche  en  tour  ronde,  celle  qui  eft  prife  dans  le  dehors  d'un  Mur  circulaire  ,  &  dont  la 
fermeture  porte  en  faillie,    comme  font  les  grandes  AvW?f:f  du  Chevet  &  de  la  Croifée  du 
dehors  de  l'Eglife  de  Saint  Pierre  de  Rome ,  &  la  Fontaine  de  Saint  Germain  rué  des  Cor- 
tleliers  à  Pans.  Et  Niche  en  tour  crcujc ,  celle  qui  fait  l'effet  contraire. 
Niche  angulaire,  celle  qui  eft  prife  dans  une  encôgnure,  &  fermée  par  une  trompe  fur 
le  coin,  comme  il  s'en  voit  quatre  occupées  par  quatre  Statues  de  Prophètes ,  dans  un  Ve- 
flibule  au  pied  du  grand  Ffcalier  de  l'Abbaye  de  Sainte  Geneviève  du  Mont  à  Paris ,  du  itÇ- 
fein  du  P.DeCreil,  oùronpeutreinarqucrplufieurs  pièces  de  Trait  faites  avec  beaucoup 
d'artifice,  p.  149. 
Niche  en  tabernacle.   On  appelle  ainfi  les  plus  grandes  Niches  ^  qui  font  décorées  de 
Chambranles,  Montans  &  Confoles  ,  avecFrontons,  comme  les  iV;cfof;  Doriques  du  de- 
hors de  l'Eglife  de  Saint  Pierre  ,  &  celles  de  Saint  Jean  de  Latran  à  Rome  ,  qui  peuvent  être 
remplies  par  des  Groupes.     Il  le  voit  aufli  une  iV/c/jr  de  cette  efpecc  dans  l'Eglife  des  PP. 
Carmes  Déchaullèz  à  Paris,  occupée  par  une  Figure  de  la  Sainte  Vierge  ,  faite  de  marbre 
par  Antoine  Raggt ,  dit  le  Lombard,  d'après  le  modelle  du  Cavalier  Bcrnin.  pag.  154. 
P/.  .55. 
Niche  d'autel,  celle<]uifert  à  la  place  d'un  Tableau  dans  un  Retable  J*i>^«:f/,  comme  la 
Nichedc  l'o-Zw/c/de  la  Vierge,  dudellcinde  M. Le  Brun  dans  l'Eglife  de  Sorbonne  :  dontla 
•   figure  du  marbre,  eft  du  Sieur  Des  Jardins  Sculpteur  du  Roi.  ibid. 

Niche  a  cru  ,  celle  qui  ne  portant  point  fur  un  malllf ,  prend  fa  naiffance  du  rez  de-chauf- 
fée  ,  com  me  les  deux  Niches  du  Porche  du  Panthéon  à  Rome.  On  appelle  aulli  Niche  à  crity 
celle  qui  dans  une  Façade ,  porte  immediatementfur  l'Apui  continu  des  Croilées  fansplin- 

jhc ,  commeril  y  wi  a  à  quelques  Palais  d'Italie,  p.  i  s  i  • 

Ni- 


D' A  R  C  H  r  T  E  C  T  U  R  E  ,   &:c:  i<^9 

KicHE  RusTio,uE  ,  cellc  qui  eft  avec  bollagcs  ou  refends,  comme  il  s'en  voit  au  Pa'a's 
d'Orléans  à  Paris,  p.  149. 

Niche  de  buste.  Petit  renfoncement  pour  placer  un  Bujïe,  comme  ceux  de  la  Cour  de 
l'Hôtel  de  La-Vri!liere  à  Paris.  P/.  51.  p.  147.  &  1 51. 

Niche  feinte.  Renfoncement  de  peu  de  profondeur  ,  où  c(t  peinte  ou  en  bas-relicf,   uig 
ou  pluiîcurs  Figures  :  comme  à  la  Face  latérale  de  l'Hôtel  de  Carnavalet  au  Marais  à  Paris 
P1.6Z.  f.Z49. 

Niche  de  rocaille,  celle  qui  eft  rcvc'tuë  de  coquilles  pour  lesGrotes,  comme  il  y  en 
avoitdefort  belles  dans  la  Grote  de  Verfailles ,  qui  ne  fe  voit  plus  qu'eu  eltampes  :  &  com- 
me il  y  eiiadans  celle  de  Meudon. 

Niche  de  treillage,  cellequieit  conftruite  de  barreaux  de  fer  &  d'ifchalas,  pour  or- 
ner quelque  Portique  ou  Cabinet  de  Treillage  t  comme  celles  du  Jardin  de  l'Hôtel  deLou- 
vois  à  Paris,  f.  199. 

KIGOTEAUX.  T'^oye:^  Pièces  de  toile. 

KiLLES.  Petits  pitons  quarre's  de  fer ,  qui  rive's  auxcroifiilons  ou  traverfes  aulTi  de  fer  des 
Vitraux  d'Eglife  ,  retiennent  avec  des  clavettes  ou  petits  coins,  ies  panneaux  de  leurs 
Formes. 

NILS.  l^oyex  EURIPES. 

NIVEAU.  Inltrument  qui  fert  à  tracer  une  ligne  parallèle  à  l'Horifon,  à  pofer  horizonta- 
lement les  affiles  de  maçonnerie ,  à  drelfer  un  terrein  ,  à  régler  ies  pentes,  &  à  conduire 
les  eaux.  On  appelle  aulïï  A'/vc-dw  ,  la  ligne  parallèle  à  l'Horifon  ;  ainli  on  ditPoler  de  «i- 
rc j« ,  Araler  de  >»vj4« ,  &c.  Ce  mot  fe  dît  félon  Nicot,  au  lieu  de  Liveau  ,  qui  vient  da 
Lâtin  Libella ,  la  traverle  qui  forme  les  deux  bras  d'une  Balance  ,  qui  pour  être  iufte,  doit 
être  pofe'e  horifontalcment.  li  s'eft  fait  plulieurs  mllrumens  de  dilîèrente  conftrudlion  ëc 
inatierc  pour  parvenir  à  la  perfeclion  du  Mvf^/fWftt/,  qui  peuvent  tous  fe  réduire  pour  la 
pratique,  àceux  quifuivent.  /?.  155.  Se  PL  66  A.  p.  it,-/. 

Niveau  d'eau,  celui  qui  marque  la  ligne  horifontale  parle  moyen  de  lafuperficie  del'eau, 
qui  tient  naturellement  cette  firuation.  Le  plus  (impie  fe  fait  avecunlong  canal  de  bois, 
dont  les  cotez  font  parallèles  à  fa  bafe,  enlôrte  qu'eltant  également  rempli  d'eau  ,  la  fu- 
pcrficie  marque  la  ligne  de  niveau:  &  c'cft  le  Chorobate  des  Anciens  raportc' par  Vitruvc 
Liv.  8.  Ch.  6.  Ce  Niveau  fe  fait  aullî  avec  deux  godets  fondez  aux  deux  bouts  d'un  tuyait 
de  î-  à  4.  pieds  de  long  fur  environ  un  pouce  de  diamètre,  par  où  l'eau  fe  communique 
de  l'un  à  l'autre  ;  Se  ce  tuyau  citant  mobile  fur  fonpied  par  le  moyen  d'un  genou  ,  lorf- 
<jue  ces  deux  godets  rcftent  entièrement  pleins  d'eau,  les  deux  fuperfîcies  marquent  la 
ligne  de  niveau.  U  s'en  Lit  encore  un  autre  à  peu  pre's  de  la  même  conllrudrion  ,  &  donc 
la  différence  confiltecn  cequ'au  lieu  de  godets,  il  y  a  deux  petits  cilindres  de  verre  à 
plomb,  au  travers  dcfqueîs  on  voit  la  lupcrficie  de  l'eau  qui  ell  de  niveau.  Celui-ci  e(t 
plus  d'ufage  que  le  précèdent ,  parce  que  le  vent  n'y  peut  pas  agiter  la  fupcrticie  del'eau, 
com.medans  les  deux  godets. 

Niveau  d'air,  celui  qui  marque  la  ligne  de  »jvc<z«  par  Je  moyen  d'une  petite  bulc  d'air 
renfermée  avec  quelque  liqueur  dans  un  cilindre  de  verre  fcellé  hermétiquement  par  ùs 
extremitez,  c'ell-à-dire  bouche' avec  le  verre  même  :  enforte  que  cette  bules'arretant  à 
une  marque  qui  defïgne  leniilieu  duciiindre,  le  plan  ou  la  règle  fur  lequelil  eft  pofe', 
eftdewvf^K.  Onpeutenchallcrcc  cilindre  de  verre  dans  un  tuyau  de  cuivre,  qui  ait  une 
ouverture  au  milieu  ,  d'oul'on  de'couvre  ia.bulc  d'air:  3c  on  le  remplit  ordinairement 
d'eau  féconde,  ou  d'huile  de  Tartre;  parce  que  ces  liqueurs  ne  font  point  fujettcs  à  la 
gelée,  comme  l'eau  ,  ni  à  la  dilatation,  rarefaiHiion  ,  ou  condenfation  ,  comme  l'efpric 
devin.  On  attribue  l'invention  de  ce  Niveau  àMonfieurThcvcnot  de  l'Académie  Roiale 
des  Sciences. 

Niveau  a  pendule,  celui  qui  marque  la  ligne  horifontale  par 'e  moyen  d'une  autre  ligne, 

qui  cit  perpendiculaire  a  celle  que  fon  plomb  ou  pendule  donne  naturellement,  il  eft 

Tome  II.  Y  con- 


170  EXPLICATION  DES  TERMES 

conftruit  d'une boëce  de  fer  ou  de  bois  en  forme  de  croix  bien  d'equerre  ,  rjui  a  dans  fa 
traverfe  une  lunette,  dont  le  foyer  du  verre  oculaire  ,  clt  traverfe  d'un  cheveu  ,  ou  d'un 
brindefoye,  qui  détermine  le  point  de  «<Vf<i:< ,  lorfciue  le  plomb  qui  pend  à  un  autre  che- 
▼cu  de  la  longueur  de  la  tig?  de  cette  boëce ,  elt  arrellé  fur  le  point  fiduciel  qui  y  eft  mar- 
que. Ce  A'/vfiiwadcuxanfesenportionde  cercle  au  dellbus  de  fa  traveife,  qui  fervent  à 
le  mouvoir  Se  aie  drcfïer  fur  fon  pied,  qui  eft  (èmb'able  à  un  chevalet  de  Peintre.  Il  eft  de 
J'inventio!.  de  M.  Picart ,  &i  il  s'en  eit  fait  pluficurs  autres  de  cette  cfpece  ,  entre  lefquels  ce- 
lui du  Sieur  Chapotot  Fabncateur  d'inftrumens  de  Mathématique  ,  paiïe  pour  un  des  meil- 
leurs, aiinc  eu  Ion  approbation  de  MefTieurs  de  l'Académie  Roiale  des  Sciences. 
KiVEAO  A  LUNETTES,  cclui  qui  a  Une  OU  dcux  iHwnc^  perpendiculaires  à  fon  aplomb,  qui 
ont  chacune  un  cheveu  ou  un  brindefoye  mis  horizontalement  au  foyer  de  verre  oculai- 
re, lequel  fcrt  à  prendre  &  à  déterminer  exadement  un  point  de  mvf^«  fort  e'ioigne'.  Ce 
i\,^/Vfj;<eftco..ftruit  d'une  manière,  qu'on  peu:  le  rcnvtrfer,  en  faifaut  faire  un  demi-tour 
i\ù.  lunette:  &fi  pour  lors  f<in  cheveu  rencontre  ou  coupe  le  même  point,  l'operarion  en 
cftjulte.   L'Invention  en  elt  attribuée  à  M.  Huguensde  l'Académie  Roïale  des  Sciences  : 
&  il  s'en  elt  fait  beaucoup  d'autres  fur  le  principe  de  celui-ci,  don:  la  defcription  fcroic 
trop  longue.  11  faut  neantmoins  obferver ,  qu'on  peut  ajouter  des  limettes  à  toutes  fortes  de 
Niveaux,  en  le-:  appliquant  fur  ou  parallèlement  à  leur  baie,  lorfc^u'on  veut  prendre  des- 
points de  «/VfUK  fort  éloignez. 
Niveau  a  pinules.  Tout  Niveau  qui  au  lieu  de  lunettes,  a  deux  p/Wff  égales  ,  5c  pofées 
fut  &  parallèlement   aux   deux  extremitez  de  fa  bafe  ,    par  lefquelles  on  bornoye  le 
point  qui  dïdoiiveun  avec  l'inftruraent  ;  mais  qu'on  ne  peut  pas  déterminer  fi  précife- 
ment  qu'avec  des  lunettes,  parce  que  quelque  petite  que  foit  l'ouverture  de  chaque  p/- 
tiulci  l'efpace  qu'elle  découvre,  eft  toujours  trop  grand  pour  prendre  exadcment  uu 
point. 
KivEAu  DE  REïLExioN,  cclui  qui  fe  fait  pat  le  moien  d'une  fuperficie  d'eau  un  peu  lon- 
gue, reprefentantrenverfé  le  même  ob)et  que  l'on  voit  droit  avec  les  yeux  }  en  forte  que 
fe  point,  ou  ces  deux  objets  paroiiTent  s'unir,  eft  de  niveau  avec  le  lieu  ,  oii  eft  la  fu- 
perficie de  l'eau.     Il  eft  de  l'invention  de  M.  Mariotte  de  l'Académie  Roiale  des  Scien- 
ces. 11  y  a  encore  un  autre  Niveau  de  réflexion,  qui  fe  fait  par  le  moyen  d'un  miroir  d'a- 
cier ou  de  fonte  bien  poli ,  pofé  un  peu  au  devant  du  verre  objedif  d'une  lunette  fuf- 
penduë,   comme  un  plomb.  Ce  miroir  doit  faire  un  angle  de  45.  degrez  avec  la  lunet- 
te ,    pour  changer  la  ligne  à  plomb  de  cette  lunette  ,   en  une  ligne  horizontale,    qui 
;    eft 'la  même  que  la  ligne  de  niveau.     L'invention  en  eft  de  M.  Caiïini  de  la  même  Aca- 
démie. n>     1  I  ' 
Niveau  de  poseur,  celui  qui  eft  compofé  de  trois  règles  allemblees,  qui  forment  un 
triangle  ifocelle  &  redangle  ,  comme  un  A  Romain  :  &  à  l'angle  du  fommet  duquel ,  eft 
attachée  une  corde  ,  où  pend  un  plomb  ,  qui  palTant  fur  une  ligne  fiducielle  tracée  au  mi- 
lieu ,  &  d'équcrreàlabafe,  marque  la  ligne  de  niveau.  Pt.  66  A.  p.  i}7. 
Niveau  de  paveur.  Longue  règle ,  aumilieu  &  fur  l'epaiiléur  de  laquelle  eft  aflemblée 
à  an^-rles  droits,  une  autre  plus  large  ,  où  eft  attaché  au  haut  un  cordeau  avec  un  plomb, 
qui  pend  fur  une  ligne  fiducielle,  tracée  d'équerre  à  la  grande  règle,  &  qui  marque  en 
couvrant  exadement  cette  ligne,  que  la  balèeft  de  niveau.  Ces  deux  derniers  AvvedHx, 
quoique  communs,  fonteltimez  les  meilleurs  pour  la  pratique  dansl  Artde  bârir,  avec 
Icfquels  toutefois  on  ne  peut  faire  quede  courtes  opérations,  p.  558. 
Niveau  de  jardinage.  Ce  mot  ne  (ignific  pas  moinsladifpofitiond'un  Jardin,  quel'in- 
ftrumentquifertàendreirerleterrcin,  à  en  connoîtreS:  régler  les  hauteurs.  Ainfi  on  die 
qu'un  l-arterre,  ou  qu'une  Allée  eft  de  mveau,  quand  elle  eft  d'une  égale  hauteur  dans 
toute  fon  étendue.  On  appelle  Niveau  de  pente ,  un  terrein  qui  fansreflauts,  a  une  pente 
réglée  dans  fa  longueur,  p.  190. 
NIVELER  i  c'eft  avec  un  Niveau  chercher  une  ligne  parallèle  ài'horizon  en  une  ou  plufieurs 

fta- 


D*ARCHITECTURE,&c.  171 

{lacions,  pour  connoîtie  &  régler  les  pentes,  drefler  de  niveau  un  tcrrein,  &  conduire 
lescaui.  Nivelcur,  cft  celui  qui  «/vr/^. /j.  15  5. 

NIVELLEMENT  j  c'cIU'cperation  qu'on  fait  avec  un  Mvf4«,  pour  connoître  la  hauteur 
d'un  lieu  à  l'cgard  d'un  autre,  ibidem.  M.  Bullet  Architecte  du  Roi ,  en  a  fait  un  Traite' 
fort  bon  pour  la  pratique. 

NOEUDS.  VoyeK  NEUDS. 

NOIR.  VoycK  COULEURS. 

NOQUETS.  Petits  morceaux  de  plomb  quarrez>  qui  font  pliez  &  attachez  aux  Joiices  des 
Lucarnes,  &  fur  le  Lattis  des  Couvertures  d'ardoue.  P/.  64  A.  p.  187. 

NOUE;  c'eft  l'endroit ,  où  deux  Combles  fe  joignenten  angle  rentrant ,  &  qui  fait  l'effet 
contraire  de  l'Areltier.  Lu  Noué  cornière ,  eft  celle  où  fe  joignent  les  Couvertures  de  deux 
Corps-de-Logis.  On  appelle  aulli  Noue  y  la  pièce  de  bois  qui  porte  its  Empanons.  Vi- 
truve  nomme  les  Noues ,  Colliquix.  p.  1 8  5  - 

NoiiE  DE  PLOMB  ;  c'eft  uuc  table  de  plomb  au  droit  du  Tranchis,  &  de  toute  la  longueur 
de  la  A^ott£?  d'un  Comble  d'ardoife.  PL  64  A.  f>.  187. 

NOULETS;  ce  font  les  petits  chevrons,  qui  forment  les  Chevalets,  &  les iVo/VV^ ou  An- 
gles rentrans  ,  par  lefquels  une  Lucarne  fe  joint  à  un  Comble,  &  qui  forment  la  Four- 
c'nette.  FI.  64  A.  p.  187. 

NOYAl^  ;  c'cllla  Maçonnerie  qui  fert  de  groffiere  ébauche,  pour  former  une  Figure  de 
plâtre  ou  de  ftuc  ,  &  qu'on  nomme  auflî  t^me.  Ce  mot  fe  dit  encore  de  toute  faillie  brute 
d'ArchiteiTcurc,  particulièrement  de  celles  de  brique  ,  dont  les  moulures  liires  doivent 
être  traine'es au  calibre,  &  les  ornemens poftiches fcellez.  Les  Italiens  appellent  Ojjatu- 
ra  ,  l'un  &  l'autre  de  ces  Noyaux,  p.  j  1 5 .  &  3  5 1 .  Lat.  Nucleus, 

-Noyau  d'escalier  ;  c'eft  un  cilindre  de  pierre,  qui  porte  de  fonds,  &  qui  eft  forme'  par 
les  bouts  des  marches  gironne'es  d'un  Efcalier  à  vis.  On  appelle  Noyau  creux,  celui  qui 
eftant  d'un  diamètre  fuffifant ,  a  unpuifard  dans  le  milieu,  &  retient  par  encaftremenc 
lescoletsdes  marches,  comme  aux  Efcaliers  de  l'Eglife  de  Saint  Louis  des  Invalides  à 
Paris:  Et  aufH  Noyau  creux,  celui  qui  eilant  en  manière  de  mur  circulaire  ,  elt  percé 
■d'Arcades  ou  de  Croifees  ,  pour  donner  du  jour  ,  comme  aux  Ejcaliers  en  Limace  de  l'E- 
<Tlifcde  S.  Pierre  de  Rome,  &  à  celui  du  Château  de  Chambor.  Il  y  a  encore  de  ces  No~ 
yaux  ,  qui  font  quarre-î ,  &  qui  fervent  aux  Efcaliers  en  Arc-de-cloître  à  lunettes  &  à  re- 
pos, comme  celui  du  bout  de  l'Aîle  des  Princes  du  côté  de  l'Orangerie  à  Yerfailles.  FI. 
66B.  p.  141. 

KoYAU  DE  BOIS.  Piccc de  hois ,  qui  pofe'c  aplomb,  reçoit  dans  fès  mortoifes  les  tenons 
des  marches  d'un  Efcalier  de  bots,  &  dans  laquelle  font  alFemblez  les  Limons  ,  &Apuis 
des  Efcaliers  à  deux,  ou  à  quatre  Noyaux.  On  appelle  Noyau  de  fonds,  celui  qui  porte 
de's  le  rez-de-chaufle'e  jufqu'au  dernier  Etage:  Noyau  fufpendu  ,  celui  qui  eft  coupe'  au 
delTous  des  Paliers  &  Rampes  de  chaque  Etage:  Et  Noyau  à  corde,  celui  qui  eft  taillé 
d'une  grofle  moulure  en  manière  de  corde,  pour  conduire  la  main,  comme  on  lesfaifoit 
anciennement.  FI.  64'B.  p.  189. 

NU  DE  MUR;  c'eft  la  furface  d'un  Mur,  laquelle  fert  de  champ  aux  faillies.  Pi.  5.  p.  11. 
&.  119. 

NYMPHE'E,  du  Grec  Nymphe,  une  Epouze'e  ;  c'eftoit  chez  les  Anciens  une  Salle  publi- 
que fuperbcment  decore'e  ,  qu'on  loùoit  pour  y  faire  des  Noces.  Quelques  Auteurs  font 
d'avis,  que  c'étoit  plutôt  une  Grote  ornée  de  Statues  de  Nymphes,  avec  Jeux  d'eau:  Se 
quelques  autres,  que  Nymphee  fe  difoitpar  corruption,  au  lieu  de  Lyvi^hcCy  du  Latin 
Lympha,  de  l'eau:  &  qu'aiulî c'eftoit xin Bain  public. p.  509. 


y  î  OBE- 


,yi  EXPLICATION  DES  TERMES 

BELISQUE,  ou  AIGUILLE.  Efpece  de  Pyramide  quadrangulaire  haute  Se  mcnu-ë 
clevccpar  macTiiificencc  dans  une  Place  publique,  pour  y  faire  admirer  une  pierre 
d'énorme f^randeur,  &pourfervir  de  monument.  La  plusparc  des  Obchjques  antiques» 
font  de  Granit,  ou  Pierre  Thebaïque.  Les  Preftres  Egyptiens  nommoient  ksObelifquesy 
les  Doi'^t!  du  Soleil ,  parce  qu'ils  fcrvoienr  de  ftyle,  pour  marquer  les  heures  fur  la  Terre, 
comme  VObelifquc  du  Champ  de  Mars  à  Rome,  qui  fcrvoit  à  cetufage,  par  Je  moïen 
d'un  Cadran  horizontal,  tracé  fur  un  Pave  poh  :  &  les  Arabes  les  appellent  aujourd'hui , 
aiguilles  de  Pharaon.  Ily  a  decQsObelifques  ,  ou  aiguilles,  qui  ont  des  Hiéroglyphes, 
comme  celles  de  Saint  Jean  de  Latran,  &  de  la  Portcdu  Peuple:  &  d'autres  qui  font  {im- 
pies avec  quelques  infcriptions ,  comme  celle  qu'Augufte  conlacraau  Soleil,  &  fie  élever 
dans  le  grand  Cirque,  qui  a  efté  depuis  tranfportée  par  Dominique  Fontana  ,  fous  Sixte 
V.  dans  la  Plicedc  S.Pierre  du  Vatican  à  Rome,  &  quia  fur  huit  pieds  de  largeur  de 
bafe,  plus  de  douze  toifes  de  haut.  La  grandeur  extraordinaire  de  ces  Obelijqnes  ,  a  fait 
croire  à  plufieurs  perfonnes  ,  qu'ils  avoient  efté  faits  par  fufion,  ou  par  impaftatiou; 
mais  il  n'y  a  pas  d'apparence  que  cela  foit ,  puifqu'on  voit  encore  de  ces  pierres  taillées  dans 
les  Carrières  d'Egypte,  qui  n'y  fontrcltées ,  qu'à  caufe  de  la  difficulté  qu'il  y  avoir  de  les 
tranfporter.  Le  mot  à" Obeltjquc ,  vient  du  Grec  Obelos ,  une  Broche  ;  parce  qu'il  a  du 
laport  avec  cette  forte  de  Broche,  dont  les  Preftres  Fayeus  fe  fervoient  dans  leurs  facriâ- 

ces.  f.  199.  &  iio. 

Obélisque  d'eau.  Efpece  de  Pyramide  à  jour ,  &:  à  trois  ou  quatre  faces  ,  pofeefurun  Pie- 
deftal:  laquelle  a  fesencôgnuresde  raétail  dore  ,  &  dont  le  nia  des  faces  paroit  d'un  cri- 
ftal  liquide,  parlemoïen  cle  napcs  d'eau  à  divers  étages,  comme  les  quatre  06e///2«fi  de 
l'Arc-de-Triomphec/'fii»  à  Verfailles.  p.  314. 

OBSERVATOIRE.  Bâtiment  en  forme  de  Tour  ,  élevé  fur  une  eminence  ,  &  couvert 
d'une  Terralfe  ,  pour  faire  des  Obfervations  a  Aihonomie  -,  ôc  des  expériences  de  Phyfique, 
comme  celui  que  le  Roi  a  fait  bâtir  hors  la  Porte  Saint  Jacques  à  Paris,  &quieft  dudef- 
fein  de  M.  Perrault.  Il  y  a  plufieurs  Bâtimens  ,  qui  fervent  au  même  ufage  à  Siain  ,  &  à 
la  Chine.  PL  9].  p-^oj.  Lat.  Tunis  Sydcrum  jvcctiUîoria. 

OCK^^Siyex  COULEURS. 

OCTOGONE.  VoyeK  POLYGONE. 

OCTOSTYLE.  Ce  mot  qui  vient  du  Grec,  fignifieune  ordonnance  de  huit  Colonnes  dif- 
poféesfurune  ligne  droite,  comme  le  Temple  Pfeudodiptcre  de  Vitruvc  ,  &  celui  du 
Panthéon  à  Rome:  ou  fur  une  ligne  circulaire,  comme  le  Monoptere  rond  du  Temple 
d'Apollon  Pythicn  à  Delphes,  &  toute  autre  Tour  de  Dôme,  aiant  huit  Colonnes  en  fou 

pourtour,  f-  557. 

ODEE,  du  Grec  Ode,  Chant  j  c'cftoit  chez  les  Anciens  un  lieu  dcftiné  pour  la  répétition 
dclaMufique,  qui  devoir eftre chantée  fur  le  Théâtre.  On  appelle auflî en  Latin  Odcim  ^ 
le  Chœur  d'une  Eglife  ,  &  un  Salon  pour  chanter .  ;?.  3  5  8 . 

OEIL,  fe  dit  de  toute  Fencftre  ronde,  prife  dans  un  Fronton,  un  Attique,  ou  dans  les 
reins  d'une  Voûte,  commeily  en  a  aux  deux  Berceaux  de  la  Grande  Salle  du  Palais  a  Pa- 
ris, f.  1  ^9- 

OEiL  DE  DOME;  c'cft  l'ouverturc  qui  eft  au  haut  de  la  Coupe  d'un  Dôme,  comme  au  Pan- 
théon à  Rome:  &  qu'on  couvre  le  plus  fouvent  d'une  Lanterne,  comme  àlapluspartdes 
Bornes.  P/.64B.  p.  189. 

OEiL  DE  i>oNT.  Onpeutappeller  ainfi  certaines  ouvertures  rondes  au  defius  des  Piles,  & 
dans  les  reins  des  Arches  d'uft  Font ,  qui  fe  font  autant  pour  rendre  l'ouvrage  léger , 

que 


D'ARCHITECTURE,  &c.  175 

que  pour  faciliter  le  partage  des  grofles  eaux,  comme  auPontueuf delaVilIedcThou- 
louze. 

OEiL  DE  BEUi.  Petit  Tour  pris  dans  une  Couverrurepoure'clairer  un  Grenier  ou  un  Faux- 
comble,  &  fait  de  plomb  ou  de  poterie.  On  appelle  encore  yéz/x  tic  Z)f/</',  les  petites  Lucar- 
nes d'un  Dôme,  comme  il  s'en  voit  à  celui  de  S.  Pierre  de  Rome,  cjui  en  a  quarante- huic 
en  trois  rangs./?.  1 51.  PL  ^j.  p.  1 59.  &c.  Lat.  Fcneftella. 

OEiL  DE  VOLUTE;  c'eft  le  petit  ccfcle  du  milieu  de  la  î^/«/e  loniquc ,  où  l'on  trace  les  treize 
centres,  pour  en  décrire  les  circonvolutions,  p.  48.  Pl.zo.  Sec.  Lat.  Oo^/kj félon Vi- 
truve. 

OEUVRE.  Terme  qui  a  plufieiirs  Significations  dans  l'Art  de  bâtir.  Mettre  en  œuvre  ;  c'cft 
employer  quelque  matière  pour  lui  donner  une  foraie  ,  &  la  pofer  en  place.  Dans  œuvre  & 
Hors  d'œ:(Vre ,  fe  dit  des  mefures  du  dedans  &  du  dehors  d'un  Bâtiment.  Sohs  œ:ivre  ^  ou 
dit  reprendre  un  vieux  muryô/i^-cTMvrf,  quand  on  le  rebâtit  par  le  pied.  Hors  œuvre;  on 
dit  qu'un  Cabinet ,  qu'un  Efcalier,  ou  qu'une  Galerie,  eft  hors-œuvre  y  quand  elle  n'eft 
attachée  que  par  un  de  fescôtezàunCorps-dc-logis.  p.  zo.  188.  143  .&.c. 

OEuvRE  d'église  ;  c'clt  daus  la  Nefd'une  £j///f ,  un  Bancdemenuiferieoùs'afTcïent  des 
Marguilliers  ,  &  quia  audevant  un  cofre  ou  table  fur  laquelle  on  expofe  des  Reliques.  Ce 
Banc  clt  ordinairement  adoflé  contre  une  Cloifon  à  jour  avec  ailes  aux  cotez  ,  qui  portent 
un  dais  ou  chapiteau  ;  le  tout  enrichi  d'Archiccdure  &  de  Sculpture.  L'Or«vre  de  Saint 
Germain  l'Auxerrois  du  delTeiu  de  M.  le  Brun  premier  Peintre  du  Roi ,  eft  une  des  plus 
belles  de  Paris,  p.  541. 

OFFICES.  On  comprend  fous  ce  nom  toutes  les  Pièces  du  De'partement  de  laBouche,  com- 
me les  Cuifines ,  Gardemanger ,  De'penfc  ,  Sommellerie  ,  Salle  du  comm.un ,  Sec.  qui  font 
ordinairement  voute'es  &  plus  balFes  que  le  rez-de-chaufice  dans  les  grandes  Maifons. 
Mais  on  appelle  particulièrement  Ojfice ,  une  Pièce  prc's  de  la  Salle  à  manger  ,  où  l'on 
renferme  tout  ce  qui  de'pend  du  fervice  de  la  Table  &:  du  DelTert.  p.  1 74.  Pi.  60. 

OGIVES;  ce  font  les  Arcs,  qui  dans  les  Voures Gothiques  ,  fecroifentdiagonalementàla 
clef,  &  forment  ce  qu'on  nomme  Cro/yrcd'O^/vfj-.  p.  541.  Lat.  ^rciis  deculJatus. 

OLIVES.  Ornement  de  Sculpture,  qui  (è  taille,  comme  des  grains  oblongs  enfiles  en  ma- 
nière de  chapelet,  fur  les  Aitrsgales&;  Baguettes.  Pi.  B.p.  vu.  &  viii. 

ONCE,-  c'eft  la  douzième  partie  du  Palme  Romain  ,  ou  8.  Iignes4.  dixie'mes  duPoucedc 
Roi. p.  559. 

ONGLET,  ybyex  Assemblage  en  onglet. 

OPTIQUE.  Science  qui  rend  raifon  des  différentes  modifications  des  Rayons  de  lumière. 
Elle  tue  fon  nom  du  Grec  Optein,  qui  fignifie  voir ,  &  fedivilê  en  trois  parties ,  fçavoir 
la  Per/peSlive -,  qui  explique  les  apparences  du  Rayon  direcl  :  hCatoptrique-,  quienfeigne 
les  propnetez  du  Rayon  réfléchi  :  &  la  Dioptrique ,  qui  de'couvre  celles  du  Rayon  rompu. 
L'Optique  elt  necellâire  à  l'Architecle  pour  juger  des  proportions  Se  faillies  des  membres , 
&  du  relief  desornemcns  d'Archueclure,  felonlahauteurSc  la  diftance  d'où  ils  doivent 
eftre  vcus.p.  91.  Se  345. 

OR;  c'eft  le  plus  précieux  des  Me'raux,  qui  réduit  en  fêuilles&  applique  fur  plufieurs  cou- 
ches de  couleur ,  fert  à  enrichir  les  dedans  Se  les  dehors  des  Bàtimens.  On  appelle  Or  mat , 
celui  qui  cftant  mis  en  œuvre,  n'eftpaspoli.  Orbnoii,  celui  qui  eft  poli  avec  la  dent  de 
loup,  pour  détacher  les  chairs  des  draperies,  5:  lesornemens  deleur  fonds.  Orfculpc, 
ce!tridb<it  le  blanc  a  elle  gravé  de  rinceaux  &d'ornemens  de  Sculpture.  Orrep<ij[é,  celui 
qu'on  eft  obligé  de  repafler  avec  du  vermeil  au  pinceau  dans  les  creux  de  fcu!p:urc  ,  ou 
pour  cacher  des  défauts  d'or,  ou  pour  lui  donner  un  plus  bel  oeil.  Or  brctelc  ,  celui  dont 
le  blanc  a  efté  haché  de  petites  bretures.  Or  de  Afo/aïquc  ,  celui  qui  dans  un  Panneau  ,  eft 
partagé  par  petits  carreaux  ou  lofanges  ombrés  en  partie  de  brun  pour  paroitre  de  relief.  Or 
rougeutre  ou  vcrdàtre ,  celui  qui  eft  glacé  de  rouge  ou  de  verd,  pour  diftinguer  des  Bas-reliefs 
&  ornemeiis  de  leur  fonds.   Or  à  ï'huik }  c'ell  ded'Or  en  feuilles  applique  fur  de  V  Or-couleur 

Y  }  au£. 


^«^  EXPLICATION   DES  TERMES 

aux  ouvraccs  de  dehors,  pour  mieux  refifter  aux  injures  du  tems  ,  &  qui  demeure  mat. 
Or  moulu  ,'  celui  donr  on  dore  au  teu  le  Cuivre  &  la  Bronze,  Et  Gr  en  coquille  ,  celui  qui  ne 
fertnuepourlcsDeireins.p.  119.  /^je:î  les  Principes  des  Arts  de  M.  Felibien  I/v  i.Ch.  ii. 
Lat.  ^uriim  braâeatum. 

ORANGERIE;  c'efl  une  Galerie  au  plain  pied  d'un  Jardin  ou  d'un  Parterre,  expofe'eau 
Midy  ,  &  bien  clofe  de  chaffis  ,  pour  y  ferrer  les  Orangers  pendant  l'Hiver.  On  appelle 
aufTi  Orangerie ,  le  Parterre  où  l'on expofe  les  Orangers  pendant  la  belle  faifon.  L'Orange- 
rie de  Vcrfàilles  ,  avec  Ailes  en  recour  ,  &  décorée  d'un  Ordre  Tofcan  ,  ell  la  plus  magni- 
fique qui  ait  cftc  bâtie,  p.  197»  &  108. 

ORATOIRE  i  c"cft  dans  une  Maifonconfiderable,  pre's  d'une  Chambre  à  coucher ,  un  pe- 
tit Cabinet  de  retraite  accompagné  ordinairement  d'un  petit  Autel  Se  d'un  Prie-Dieu. 

ORCHESTRE,  qu'on  prononce  Or^uejire ,  du  Grec  Orcheomai-,  fauter  i  c'cftoit  dans  les 
Théâtres  chez  les  Anciens,  la  partie  circulaire  la  plus  baffe,  depuis  le  Théâtre  jufques  à 
l'Amphithéâtre  :  &  c'eft  aujourd'hui  un  retranchement  au  devant  du  Théâtre ,  où  fe  tient 
la  Symphonie,  f.  ^4.  Lat.  Orcheflra. 

ORDONNANCE,  fe  dit  en  Architedure ,  comme  en  Peinture,  de  lacompofîtion  d'un 
Bâtiment ,  &  de  la  difpofuion  de  fes  parties,  p.  1 .  Lat.  Ordtnatio  &  Compoftio. 

ORDRE;  c'eft  un  araigement  régulier  de  parties  fai  Hantes,  dont  la  Colonne  eft  la  princi- 
pale, pour  compofer  un  beau  tout  enfemble.  L' Architedure  n'a  que  cinq  Ort^rej, 
qui  lui  foient  propres,  fçavoir  le  Tofcan,  le  Dorique,  {'Ionique  ,  le  Corinthien  ,  &  le 
Compofite.  pag.  i.  PLi.  Les  Ordres  font  appeliez  dans  Yitruve,  Ordines  Cr  Gênera  Co- 
lumnarum. 

ORDRE  TOSCAN  ;  c'eft  le  premier,  le  plus  fîmple&  le  plus  folide,  qui  a  fa  Colonne  de 
fept  diamètres  de  hauteur  ,  &  fon  Chapiteau  &  fâ  Bafe  avec  peu  de  moulures  cSc  fans  orne- 
mcns ,  ainfiquefon  Entablement,  p.  6.  PL  1. 

ORDRE  DORIQE,  eft  le  fécond  &  le  plus  proportionné  félon  la  nature,  qui  ne  doit  avoir 
aucun  ornement  fur  fa  Bafe  ni  dans  fon  Chapiteau  ,  &  dont  la  hauteur  de  la  Colonne  ,  eft 
dehuitdiametres.  Sa Frife  eft  diftnbuée par  Tnglyphes  &  Métopes,  p.  18.  P/.  7. 

ORDRE  IONIQUE  ,  eft  le  troifiéme  qui  tient  la  moïenne  proportionnelle  entre  la  manière 
folide  &:  la  délicate.  Sa  Colonne  a  neuf  diamètres  de  hauteur,-  fon  Chapiteau  eft  orné  de 
Volutes,  8:iâ  Corniche  de  Dcnticules.  p.  56.P/.  15. 

ORDRE  CORINTHIEN,  eft  le  quatrième,  le  plus  riche  &  le  plus  délicat ,  inventé  par 
Callimacbus  Sculpteur  Athénien.  Son  Chapiteau  eft  orné  de  deux  rangs  de  feuilles,  &  de 
huit  volutes,  qui  en  foùtiennent  le  Tailloir  ;  fa  Colonne  a  dix  diamètres  de  hauteur ,  &fa 
Corniche  des  Modillons.p.  56.  P/.  14. 

ORDRE  COMPOSITE,  eft  le  cinquième,  Scainfi  nommé,  parce  que  fon  Chapiteau  eft 
comi^ojc  dts  deux  rangs  de  feiiiUes  du  Corinthien ,  &  des  Volutes  de  l'Ionique.  On  l'appelle 
aulii  Italique  ou  Romain,  parce  qu'il  a  efté  inventé  par  les  Romains.  Sa  Colonne  a  dix 
diamètres  de  hauteur  ,  &  fa  Corniche  des  Dcnticules,  ou  ModiUons  fimples.  pa^.  jt. 

P/.  30. 
Ordre  compose',  fe  dit  de  toute  fowpo/îr/'o»  arbitraire  ,  &  différente  de  celles  qui  font  re- 
triées  par  les  cinq  0>aVf/ci-dellus  ;  commci'Ort/rf  du  dedans  de  l'Eglife  de  Saint  Nicolas 
du  Chardonnet  à  Paris,  &  comme  il  s'en  voit  dans  les  ouvrages  d' Architedure  du  Cavalier 

Boromini  àRome.p.  71.  ,    T^  1  •    j.^ 

Ordre  rustique,  celui  qui  eft  avec  des  refends  ou  boflagcs,  comme  ceux  du  Palais  d  Or- 
léans dit  Luxembourg,  p.  9.  ^       •  1 
Ordre  attique.  Petit  Ordre  de  Pilaftrcs  de  la  plus  courte  proportion  ,  avec  une  Corniche 
architravce  pour  Entablement,  comme  celui  du  Château  de  VerfaïUes  audeffus  de  l'/o«;- 
q/(fducc)téduJardinP/.  74.p.  169.                                                     ,.       ,    ^  , 
oIdre  i'£Rsique,  celui  qui  a  des  Figures  d'Efdaves  Perfins,  au  heu  de  Colonuespour 

por- 


D'ARCHITECTURE,   &c.  175 

porter  un  Entablement.  Il  fe  voit  d^ns  le  Livre  du  Parallèle  de  M.  De  Chainbray,  un  de 
ces  Efclaves,  qui  porte  un  Entablement  Dorique  ,  &  qui  cft  copié  d'apre's  l'une  des  deux 
Statues  antiques  de  Rois  des  Parthes,  lefquelles  font  aux coftez delà  Porte  du  Salon  du 
Palais  FarneTe  à  Rome.  p.  ix. 

Ordre  caryatique  ,  celui  qui  a  des  Figures  de  Femmes  à  la  place  des  Colonnes  ,  comme 
il  s'en  voit  au  Gros  Pavillon  du  Louvre,  lefquelles  font  de  Jacques  SarazinSculpieur  du 
Roi.p.  IX.&  38. 

Ordre  gothique  j  celui  qui  elt  fi  e'ioigne' des  proportions  &  des  ornemens  antiques,  que 
ics  Colonnes  font ,  ou  trop  malTives  en  maïuere  de  Piliers  ,  ou  aulîi  menues  que  des  Per- 
ches ,  avec  des  Chapiteaux  lans  mefures  ,  taillez  de  feiiilles  d'Acanthe  épineufe ,  de  choux, 
dcchâfdons,  &c. 

Ordre  François,  celui  dont  le  Chapiteau  efi:  compofé  des  attribus  convenables  à  la  Na- 
tion ,  comme  de  tcftes  deCocqs,  de  Fleurs-de-Iys ,  de  pièces  des  Ordres  militaires ,  &c. 
&  qui  a  les  propoicions  Corinthiennes,  commel'Ordrffr^x^o/y  de  la  Grande  Galerie  de 
Verfàilles,  du  dclièm  de  M.  Le  Brun  Premier  Peintre  du  Roi.  p.  198.  PL  89. 

OREILLER.  K^f?  Coussinet  de  chapiteau. 

OREILLONS.  FoyeK  CROSSETTES. 

ORGUE.  Indrument  de  Mufique  ,  qui  par  raport  à  l'Archiredure  ,  efl:  un  Compofe'  de  pFu- 
fieurs  tuyaux  d'e'tain  avec  fimmetrie  &c  de'coration  ,  retenus  par  une  Ordonnance  d'Archi- 
tecture, &  de  Sculpture  de  Ivleuuifene  ,  appelle'e  5«/èt ,  pofe'e  ordinairement  fur  un  Ju- 
bé ou  Tribune,  &ado(rée  au  grand  Portail  d'une  Eglife.  On  nomme  Po/7r/7 ,  le  petit  5«- 
fet  d'Orgues  ,  qui  eft  audevant  du  grand.  Les  plus  belles  Or^wj  de  Paris  ,  font  celles  des 
Abbayes  de  Saint  Germain  des  Prez  ,  de  Sainte  Geneviève  du  Mont ,  &  de  Saint  Viâor. 
On  appelle  Cabinet  a  Orgues  ,  ks  Orgues  portatives ,  commeily  enachezle  Roi,  quifonc 
des  plus  beaux  ouvrages  de  Marqueterie,  p.  306.  Lat.  Organum  pneumatuum. 

Orgue  hydraulique.  Inftrument  en  manière  de  Bufet  à' Orgues  y  fait  de  métail  peint  & 
doré  ,  qui  joué  par  le  moïen  de  l'eau  dans  une  Grote  ,  comme  il  s'en  voit  à  Tivoli  dans  la 
Vigne  d'Efie &.  ailleurs.  Lat.  Organum  hydraulicum. 

ORGUEIL  i  c'eit  une  grofle  cale  de  pierre,  ou  un  coin  de  bois,  que  les  Ouvriers  met- 
tent fous  le  bout  d'un  Levier  ou  d'une  Pince,  pour  fervir  dePo/>i/d'dp;/iOu  dccentreau 
mouvement  circulaire  d'une  pefée  ou  d'un  abatage.  C'eft  ce  que  Vitruve  appelle  ^/70- 
mochiior.. 

ORIENTER.  Terme  qui  en  Architedure,  fignifie  marquer  avec  la  BoufToIe  ,  fur  le  defTein 
ou  fur  le  terrein  ,  la  difpofition  d'un  Bâtiment  parraport  aux  Vents  cardinaux  du  Monde. 
On  dit  aufli  s  Orienter  ^  pour  fe  reconnoître  dans  un  lieu  d'après  quelque  endroit  remar- 
quable ,  pour  en  lever  le  Plan. 

ORLE,  de  l'Italien  Orlo^  Ourlet;  c'eft:  un  Filet  fous  l'Ove  d'un  Chapiteau.  Etlorfqu'il 
efl:  dans  le  bas  ou  dans  le  haut  du  Fuft  d'une  Colonne,  on  l'appelle  auill  Cf/HiKrf.  PLi^. 
pag.  47. 

ORNEMENT  ,  c'eit  toute  la  Sculpture  qui  décore  l'Architeélure  ;  mais  ce  mot  fe  prend 
dans  Vitruve  &  dans  Vignole  ,  pour  fignificr  l'Enrablement.p.  vi.  Sec. 

Ornemens  de  relieî  ,  ceux  qui  font  taillez  fur  le  contour  des  moulures,  comme  les  Feiiil- 
les d'eau  &:  de  refend ,  les  Joncs,  les  Coquilles,  &c.p.  vi.  P/.  B. 

Ornemens  en  creux,  ceux  qui  font  foiiillez  dans  les  moulures  ,  comme  les  Oves,  Ca- 
naux, Rais  de-cœur,  Sec.  ibid. 

Ornemens  maritimes.  On  appelleainfi  les  Glaçons,  Mafques ,  PoilTons ,  Feftons, Co- 
quillages, Sec.  qui  fervent  à  décorer  les  Grotes  8c  Fontaines,  p.  199. 

ORTHOGRAPHIE  i  c'eft  1  élévation  geometrale  d'un  Bâtiment,  qui  enfaitparoîtreles 
parties  dans  leur  véritable  proportion.  Ce  mot  vient  du  Grec  Orthographia,  comoofé 
d'Orthosy  dion,  ôc  Graphe ,  defcription.p.  3  57. 

OVALE,  du  Latin  Oviim,  ua  ceuf  j  c'cfl  une  Figure  curviligne  ,  qui  a  deux  diametres- 

iné- 


176  nXPLICATION   DES    TERMES 

int'sçaux,  &  qui  fe  trace  de  plufîcius  manières  ,    P/.  t- ^-  )• 
Oval'e  ralo>'ge'e,  celle  qui  cft  la  plus  lonj^nc  ;  c'eit  aulli  la  Cherche  ra/oK^re  de  la  Co- 

quiUeci'un  Efcaliet  ova/f ,  faite  delà  ("edion  oblique  d'un  Cylindre,  ibid. 
O/ALE  RAMPANTE,  ccUc  qui  cIl  biaifc  OU  irrcgulicrc  pai  qucique  fujetion  ,  comme  ils'eii 

trace  pour  trouver  des  Arcs  rampans  dans  les  murs  d'échifre  d'un  Elcalier. 
Ovale  de  jardinier,  celle  q  uife  trace  par  le  moïen  d'un  cordeau  ,  dont  la  longueur  doit 
edreé-'alê   au  plu;  grand  diamètre  de  l'Ova/f,  &  qui  eit  attaché  par  fesextremirez  à  deux 
piq  uètsaullî  plantez  dans  le  grand  diamètre  ,  pour  former  cette  Ova/e  d'autant  plus  ralon- 
«Tc'e  ,  que  les  deux  piquets  font  plus  éloignez.  On  la  nomme  auffi  EUipfe  :  Et  cette  manière 
'de  la  tracer  ,  eft  très  géométrique  &  parfaite.  PI.  t-  p-  j- 
OVE.  Moulure  ronde',  dont  le  profil  eft  ordinairement  fait  d'un  quart  de  cercle  j  aulTieft 
elle  appellée  Ç)uart-de-rûnd  par  les  Ouvriers,  &.  £c/)/'«f  par  Vicruve.p.  ij.  P/.  A.  &c.  Lac. 
Echinus . 
Oves.  Ornemens  qui  ont  la  formed'unœuf  renfermé  dans  une  coque  imitée  de  celle  d'une 
chatai'^nc,  Se  qui  Le  taillent  dans  l'Ovf,  ou  Quart-de-rond.    On  appelle  Ovf;fr/<yon«rj , 
ceux  qui  paroilTenrer.velopez  par  quelque  feiiilledc  fculpture.  Il  s'en  fait  aullienformede 
cœur.  Se  c'efi:  pour  cette' raifon  que  les  Anciens  ont  introduit  parmi  les  Ovej ,  des  dards, 
-pour  fymbolifer  avec  l'Amour,  p.  vi.  PL  B.  &  io.p.49. 
OVICULE.     Ce  mot  fe  dit  d'un  petit  Ovf,  &  Balde  croit  que  c'elt  l'AflragaleLcsbicn  de 
Vitrave.   Quelques-uns  nomment  encore  Ov;c/<7f,  l'Ovf  ou  moulure  ronde  des  Chapiteaux 
Ionique  &  Compofitc  ,  laquelle  elt  le  plus  fouvent  taillée  de  fculpture. 
OURLET;  c'eft  la  jonclion  de  deux  tables  de  ploirja  fur  leur  longueur  ,  laquelle  fe  fait  en 
recouvjcment  par  le  bord  de  l'une  replie  en  forme  de  crochet  lur  l'autre.     On  appelle 
aûffi  Ourlet  y  la  lèvre  rep'iée  en  rond  d'un  Chefneau  à  boid,  d'une  Cuvette  de  plomb  , 
&c.  p.  551. 
OUTILS.    Ce  mot  s'entend  de  tous  les  Inftrumens  Mécaniques ,  qui  fervent  à  l'cxecutiou 
manuelle  des  ouvrages;  comme  des  Fdufie-éqnerres  ,  R^gus  à' z^pareiUeur  ,    ALirteaux-, 
Cifcaiix-,  Scks -,  Tarières,  Sec.  Monlîeurielibien  qui  en  a  traité  amplement ,  fait  v.cnir  le 
mot  à' Outil  i  du  Latin  Utile,  à  caufe  de  l'utilité  dont  ils  font  aux  Ouvriers.  PL  66  A. 
p.i37.&Li38. 
OUVERTURE  ;  c'ell  un  vuide  ou  une  baye  dans  un  mur ,  laquelle  fe  fait  pour  fervir  de  paf- 
C3.ce ,  ou  pour  donner  du  jour.    C'eft  aulfi  une  fraction  caulcc  dans  une  muraille  par  mal- 
façon ou  caducité.     C'eft  encore  le  commencement  delafoiiille  d'unterrein  ,  pour  une 
tranchée,  rigole  ou  fondation.    On  appelle  O/.'vrrn/rfci'c^/i^/f,  d'Hémicycle  ,  &c.  ce  qui 
faitlalargeur  d'un  Angle,  d'un  Hémicycle  ,  Scc.p.  Z5i.  &  154. 
OUVRAGE.  Ce  mot  fè  dit  de  toutes  les  fortes  de  travaux  ,  qui  entrent  dans  la  compolition 
des  Bâtimens,  comme  de  Maçonnerie,  de  Charpenterie  ,  de  Serrurerie  ,  &:c.     Il  y  a  de 
deux  fortes  d'0/<vraçfî  dans  la  Maçonnerie  :  les^ro^  font  les  Murs  en  fondation,  ceux  de 
face  &  de  refend,  ceux  avec  crépis,  enduits  Scravalemens,  &  toutes  les  cfpeces  de  Voû- 
tes de  pareille  matière  :  Et  les  levers  ou  menus  Ouvrages ,  font  les  Plâtres  de  différentes  efpe* 
ces,  comme  Tuyaux  ,  Souches,  &  Manteaux  de  Cheminées  ,  Lambris,  Plafonds,  Pan- 
neaux de  Cloifons ,  &  toutes  faillies  d'Architecture,  &c.    On  zypdle  Ouvrages  de  jujction, 
ceux  qui  font  cintrez,  rampans,  ou  ccrcez  par  leur  plan  ou  leur  élévation  ,  Ôcdontles 
prix  augmentent  à  proportion  du  déchet  notable  de  la  matière,  &  de  la  difficulté  qu'il  y  a 
de  les  exécuter.   Les  Ouvriers  difent  improprement  les  belles  fie  bonnes  owvriiçrj,  au  lieu 
des  beaux  &  bons  oKvrj^ff.  p.  toi.  Sec. 
OUVRIER.    Ce  mot  qui  fe  dit  de  chaque  homme  en  particulier,  qui  travaille  aux  0Mvy<j^« 
d'un  Bâtiment,  &  qui  eft  à  fa  tâche  ou  à  la  journée:  fc/doit  entendre  aufii  bien  des  Maî- 
tres que  de  leurs  Compagnons,  p.  189.  &  141. 
OUVROIR,  c'eft  dans  un  Arcenal  ou  une  Manufacture,  un  lieu  à  part,  où  des  Ouvriers 
font  employez  à  une  même  efpece  de  travail.  Lac.  Ojficir.a.   C'cltaulu  dans  une  Com^^ 

munamé 


D'ARCHITECTURE,   &:c.  177 

munaute  de  Filles,  une  Salle  longue  en  forme  de  Gnieric  ,  où  à  des  heures  reglt'es  elles 
s'occupent  à  des  exercices  convenables  à  leur  fexe  ,  comme  il  y  en  a  dans  l'Abbaye  lloialc 
de  S.  Cyr  prés  Vcrfailles,  p.  3  3 1.  &  3  5 1. 

P. 

PAGODE.  On  nomme  ainfi  chez  les  Idolâtres  de  l'Orient,  des  Bâtiraens  magnifique-- 
ment  conftruirs  ,  incruftez  Se  revêtus  de  matières  precieufes  ,  comme  d'or,  de  mar- 
bre, de  porcelaine  ,  &:c.quilci!r  fervent  de  Temple? pour  le  culte  de  leurs  Idoles.  L^sPu- 
godes  des  Clnnois,  Siamois,  &  auues  Indiens,  font  des  plus  riches  .  &  les  offrandes 
qu'on  y  fait,  font  fi  coufiderabies ,  qu'on  en  nourrit  une  quantité  prodigieufe  ce  Pèlerins, 
p.  j40. 

PALAIS.  Termegeneralpourfignificr  la  Maifon  d'un  Roi  ou  d'un  Prince,  qui  adifFerenteff 
épithe'tes  félon  les  perfonnes  qui  l'occupent,  comme  Pal jis Impérial ,  K^oial-,  Pontifical, 
Cardinal,  Epifcop.il  ^  Ducal  y  &c.  On  appelle  aulTî  Palais,  l'enclos  qui  renferme  les  Sal- 
les &:  Chambres  d'une  Cour  Souverame  de  Juftice  ,  comme  d'un  Parlement.  Procopc  ra- 
porte  que  l'origine  du  mot  Palais,  vient  d'un  certain  Grec  nommé  Pu//aj-»  qui  donna 
Ion  nom  à  une  Alaifon  magnifique  qu'il  avoir  fait  bâtir  :  ôc  qu'Augufte  depuis  fut  le  pre- 
mier qui  nomma  P^ /a/5 ,  la  demeure  des  Empereurs  à  Rome  ,  fur  le  Mont  qui  pour  ce  fu- 
jer,  a el^é appelle  Pu/.jf;H.  p.t<^6.zS2..Sc  350. 

PALE.  Efpece  de  petite  Vanne  qui  fert  à  ouvrir  ou  à  fermer  la  ChauiTée  d'un  Etang  ou  d'ua 
Moulin.  On  la  nomme  encore  Bonde.  Lat.  Cataraâa  ,  qui  fignifîe  aufli  la  chute  de  l'eau  qui 
fort  avecimpetuofité  ,  lorfqu'on  levé  cette  Pale. 

PALEE  j  c'eit  un  rang  de  Pieux  employez  de  leur  grofieur  ,  efpacez  aîTez  prés  les  uns  des 
autres ,  iierncz ,  moifez  &  boulonnez  de  chevilles  de  fer,  qui  plantez  fuivant  le  fil  de  l'eau, 
fervent  de  Piles  pour  porter  les  travées  d'un  Pont  de  bois. 

PALESTRE  ou  PAL  ASTRE ,  du  Grec  Palaijha  ,  Lutte  ;  c'eftoit  chez  les  Grecs  un  Edi- 
fice public  pour  l'éducation  de  la  JeunelTe,  où  elle  s'occupoit  autant  aux  exercices  de  l'elprit, 
qu'à  ceux  du  corps,  comme  au  Difque,  à  la  Lutte,  ScàlaCourfe.  La  longueur  de  la  Pa^ 
lejire,  eftoit  réglée  par  Stades ,  qui  valoient  chacun  115.  pas  géométriques  :  &  le  non» 
de  Stade ,  eftoit  donné  à  l'Arène  fur  laquelle  on  couroit.  p.  308. 

PALIER  ou  REPOS;  c'eft  un  efpace  entre  les  Rampes ,  &  aux  tournans  d'un  Efcaher.  Et 
Demt'palier ,  celui  qui  eftquarrc  de  la  longueur  des  marches.  Philibert  de  Lorme  nomme 
Double  marche,  un  Pj//cr  triangulaire  dans  un  Efcalier  à  vis.  Les  PuZ/fr^  font  appeliez  par 
Yitruve,  K^iratiiones  graduum,  &  ceux  des  Amphithéâtres ,  qui  font  circulaires,  Dia:i.9- 
tnata.  PL  61.  p.  177.  &c. 

Palier  de  communication,  celui  qui  fepare  &  communique  deux  Apartemens  de  plain 
pied.  Lât.  fumnm  Coaxatio  Lelon  Y izïuve.  p.  141. 

Palier  circulaire,  celui  de  la  Cage  ronde  ou  ovale  d'un  Efcalier  en  limace.  Vitruvc  le 
nom  m e  P r^cincîio . 

PALISSADE;  c'eft  une  efpece  de  Barrière  de  pieux  fichezen  terre  à  claire- voyc,  qu'on  fait  > 
aulieu  d'un  petit FolTé  ,  aux  bouts  d'une  Avenue  nouvellement  plantée,  pour  empêcher 
que  les  charois  endommagent  les  jeunes  arbres.  Lat.  Valhm. 

Palissade  de  Jardin  ;  c'eft  un  rang  d'arbres  feiiiUus  déslepied,  &  raillez  en  manière 
demur  le  lourdes  Allées,  ou  contre  l'es  murailles  à'un'f  iirdin.  Les  grandes  Palifj'ades ,  fc 
plantent  de  Charmille,  d'Ifs,  de  Buis,  &c.  pour  les  Allées  :  &  les  Paltjjades  d'apui,  ie 
^  font  de  Jafmin  commun,  deFilaria,  Sec.  pour  revêtir  le  Mur  d'apui  d'une  Terrallè.  On 
appelle  Palijjjdcscreiiclre<,cdlcs  c^ui  tout  ouvertes  d'elpacc  en  efpace  en  manière  de  créneaux; 
au  delfus  d'une  hauteur  d'apui,  commeils'en  voit  au  tour  delà  Pièce  d'cuu  appellée  l'Ifle 
To'jif  II.  Z  Roiulc 


17»  EXPLICATION  DES  TEPvMES 

Rciaîc  à  Verfailles.   Tondre  une  Palijfade ,  c'cft  la  drcfTcr  avec  le  croiHant  qui  eft  une 
c'pecc  de  faux ,  p.  194. 

PALISSER;  c'cft  difpofer  les  branches  des  arbres  d'une  Pali[fidr  à  un  Treillage,  ou  contre 
unMurdeclôcureoude  terralFe;  enfoicc  qu'il  en  ibic  couver:  par  cour,  le  plus  que  faire 
fepcut. 

PALfvlE,  du  Latin  PalnUy  l'cccnduë  de  la  main.  Mefure  Romaine  ,  qui  ancienuement 
efloicdc  deux  fortes.  Le  Grand  Pdlm?  de  la  lonç;uear  de  la  main  ,  concenoic  i  z.  doigts  ou 
9.po;;:esduPicddeRoi  :  &  le  Petit  du  travers  de  la  main,  4.  doigtsou  5.pouces.  Ce- 
pendant félon  Maggi  le  Palme amique  Romain ,  n'eltoit  que  de  8.  pouces.  6. lignes  &  demi. 
Le  Pau/iec(\:  difrercnt  aujourd'hui  félon  les  lieux,  ouileften  ufage  ,  comme  il  paiok 
par  ceux  qui  fuivenr  raportts  aulli  au  Pied  de  Roi.  Pref  de  yt^çiole.  &c  PLa,Z.\\  i  ji  , 
&c. 

Palme  romain  moderne,  eft  de  douze  onces,  qui  font  8.  pouces  5.  lignes  &  demi. 
ibuL 

Palme  de  naples,  eft  félon  i^cc/'o// ,  de  8.  pouces  7.  lignes. 

Palme  de  palerme  enSicilc,  de  8  pouces  5.  lignes. 

Palme  de  genes  ,  eft  fclon  M'.  Petit ,  de  9.  pouces  i.  lignes. 

Palme  appelle  Pan  ou  Empan,  donc  ou  fe  fert  en  plulieurs  endroits  de  Languedoc  &  de 
Provence  ,  eft  pareil  à  celui  de  Genes, 

PALME.  Branche  de  P<i/.wfr,  qui  entre  dans  les  ornemens  d' Architeûure  ,  &  quifertd'at- 
rribut  à  la  Victoire  &  au  Martyre,  p.  110.  PL  ^i.  Se  p.  198.  PL  89. 

PALMETTES.  Petits  ornemens  en  manière  de  feiiilles  de  P<i/w/er  ,  qui  fe  taillent  fur  quel- 
ques moulures,  PLB.p.vii. 

PAMPRE.  Fefton  de  feiiiUes  de  vigne  &  de  grapes  de  raifin  ,  ou  ornement  en  manière  de 
feps  de  vigne,  qui  fert  à  décorer  la  Colonne  Torfe,  comme  il  y  en  a  fur  les  Corinthiennes 
de  la  Porte  du  Chœur  de  Nôtre-Dame  de  Paris,  p.  no.  PL  41. 

PAN;  c'eft  le  côté  d'une  figure  redliligne,  régulière  ou  irregulicre.  p.  140.  Lzz.  Latus. 

Pan  de  mur;  c'eft  une  partie  de  la  continuité  d'un  Mur.  Ainfi  on  dit,  quand  quelque 
partie  d'un  Ai;^r  eft  tombée  ,  qu'il  n'y  a  qu'un  Pa/jcie  w^r  de  tant  de  toiles  àconftruire, 
ou  à  reparer. 

Pan  coup  e  ;  c'eft  Tenccgnure  rabatiie  d'une  Maifon  ,  pour  y  placer  une  ou  deux  bornes ,  Se 
faciliter  le  tournant  des  charois.  C'eft  auifi  dans  une  Eglife  à  Dôme  ,  la  tace  de  chaque  Pi- 
lier de  fa  Croifce  ,  où  font  les  Pilaftres  ébrafez ,  &  d'où  prenneiu  nailfance  les  Pendentifs. 
P/.  6(5.  B.p.  Z4i.&:p.  304.  P/.  91. 

Pan  de  bois.  AfTcmblagc  de  charpente  qui  fert  de  mur  de  face  à  un  Bâtiment ,  &  qui  fe  fait 
de  plufieurs  manières.  Le  plus  ordinaire  eft  de  fablieres  ,  de  poteaux  aplomb  ,&  d'autres 
inclinez  &  pofcz  en  décharge.  Celui  qu'oa  appelle  .i  Brins  de  fouj^ere  ,  eft  une  dilpofition  de 
petits  poteletsaHemblezdiagonalemcut  à  tenons  &  mortoités  dans  les  intervalles  de  plu- 
fieurs poteaux  à  plomb,  laquelle  reflemble  à  des  branches  de  fougère ,  donc  les  brins  font 
cet  elret.  Celui  de  Lofa.iges\ntrcU[fc:: ,  eft  aulfi  une  difpofition  des  pièces  d'un  Pan  de 
bois  ou  d'une  Cloifon,  pofées  en  diagonale  ,  entaillées  de  leur  demi  épaifleur  &  chevil- 
lées. Les  Panneaux  des  uns  Si  des  autres,  font  remplis,  ou  de  brique,  ou  de  maçon- 
nerie enduite  d'après  les  poteaux  ,  ou  recouverte  &  lambrillee  fur  un  Lattis.  On  appelloit 
autrefois  les  Pans  de  bots  ,  Cloifonnagcs  ,  &  Colombages,  p.  1  88.  PL  64.  B.  £cp.  551.  Vhye?^ 
l'Art  de  Charpenterie  de  Mathurin  Joulle. 

Pan  de  comble;  c'eft  l'un  des  côrez  de  la  couverture  d'un  Cowt/f.  On  appelle  Longpan^ 
le  plus  long  côté.  PL  64.  A.  pag.  1  87. 

PAN.  Mefure  de  Languedoc  &  de  Provence.  Voye:^  PALME. 

PANACHE.  Portion  triangulaire  de  Voûte,  qui  aide  à  porter  la  Tour  d'un  Dôme.  Voye:i 
PENDENTIF.  ' 

Panache  di  sculpture.  Ornement  de  plumes  d'Auuuche  ,    qu'on  peut  quelquefois 

fubfti- 


D' A  RCHITECTURE,  5^c.  179 

fubftitiTcr  à  la  place  des  feiiilles  d'un  Chapiteau  compofé,  Scqu'on  aintioduitdans  le  Clia- 
piteau  d'Ordre  François,  p.  198.  PI.  89. 
PANETERIE,-  c'eft  dans  le  Palais  d'un  Prince,  le  lieuoù  l'on  diftribuc  le  pain,  &  quieH: 

ordinairement  au  rez-de-chauflccS:  accompagne  d'une  Aide. 
PANIER.  Morceau  de  Sculpture  difFcreiit  de  la  Corbeille,  en  ce  qu'il  eft  pluscrroir  a<:  p'tis 
haut  &  qui  rempli  de  fleurs  ou  de  fruits,  fertd'air.ortiflTcment  fur  les  Colonne;  ou  les  Pi- 
liers de  la  clôture  d'un  Jardin.  Les  Termes,  les  Perfans ,  les  Caryatides  &  autres  figures 
propres  à  fourenir  quelque  chofe,  portent  de  ces  Pav/Vrj- ;  c"cft  pourquoi  au  raport  de  M. 
Felibien,  elles  font  appel!eesC.zî/7f  ri' ou  C//?//('r^.  Il  fc  voit  dans  la  Cour  du  Palais  de  la 
Valle  à  Rome  deux  Satyres  antiques  de  marbre  d'une  fînguliere  beauté,  qui  portent  aufli 
de  ces  Paniers  remplis  de  fruits. 

PANNE.  Pièce  de  bois  qui  porte'e  fur  les  ta(ïeaux&  chantignoles  des  Forces  d'un  Comble, 
fcrt  à  en  foûtenir  les  chevrons.  Il  y  adesP^z'Wfjqui  s'allemblent  dans  les  Forces,  lorfque 
les  Fermes  font  doubles.  OanommcPdnnedebri\is  ,  celle  qui  eft  au  droit  du  Bnfis  d'ui» 
Comble  à  la  Manfarde.  PL  64  A.  p.  1 87.  Les  Pannes  font  appelle'es  TcmpLi  par  Vicruve. 

PANNEAU;  c'eft  l'une  des  faces  d'une  pierre  raillée.  On  appelle  Panneau  de  doiielk  y 
celui  qui  fait  en  dedans  ou  en  dehors  la  curvite' d'un  VoulToir  :  Panneau  de  teftc ,  celui  qui 
eft  au  devant  :  5c  Panneau  de  lit ,  celui  qui  eft  cache'  dans  les  Joints.  On  appelle  encore 
Panneau  ou  Moule ,  un  morceau  de  fer  blanc  ou  de  carton ,  levé  ou  coupé  fur  l'Epure  pour 
tracer  une  pierre,  p.  151.  Pi.  6ù  A. -p.  157.  Sec. 

Panneau  de  maçonnerie;  c'eft  entre  les  pièces  d'un  Pan  de  bois  ou  d'uneCloifon  ,  la 
»z<zfon>;^r/> enduite  d'aprts  les  poteaux.  C'eft  aufli  dans  les  ravalemens  des  murs  de  maeotu:'- 
rie,  toute  table  entre  des  nailfances  ,  platcbandes  ,  &  cadres,  pa^.  5  57. 

Panneau  de  menuiserie,  (^n'ou  nomme  zuCCi  Panne.;  h  de  R^mplage-,  c'eft  une  table  d'ais 
minces  col cz  enfemble  ,  dontplufieurs  rempliflcntle  Bafti  d'un  Lambris  ou  d'une  Porte 
d'alfeiriblage  de  Mcnuijcrie.  On  appelle  Panneau  recouvert  ,  celui  qui  excède  le  Bafti , 
&  eft  ordinairement  moulé  d'un  quart-de-rond  ,  comme  il  s'en  voit  à  quelques  Por- 
tes cocheres.  On  nomme  encore  Panneau,  du  bois  de  chefne  fendu  &  débité  en  plan- 
ches de  différentes  grandeurs  de  6.  à  8.  lignes  d'épailleur,  dont  on  fait  les  moindres 
Panneaux  de  menuijerte.  PL  ico.p.  341 .  Lat.  Jympanum  félon  Vitruve. 

Panneau  de  sculpture,-  c'eft  un  morceau  d'ornement  taillé  en  Bas-relief,  où  font  quel- 
quefois rcpreléntez  des  Attnbus  ou  des  Trophées  ,  pour  enrichir  les  Lambris  Si  Pla- 
cards de  Menuiferie.  Il  fe  fait  de  ces  Panneaux  à  jour  pour  les  Clôtures  de  Chœur , 
Doffiers  d'Oeuvre  d'Eglife ,  Sec.   Se  pour  lèrvir  de  jaloufîes  à  des  Tribunes.  PL  99. 

r-  3  59- 

Panneau  d'ornemens;  c'eft  une  efpece  de  Tableau  de  grotefques ,  de  fleurs,  de  fruits, 
&c.  peint  ordinairement  à  fonds  d'or  ,  pour  enrichir  uu  Lambris ,  un  Plafond  ,  Sec.  p. 
170.  PL  59. 

Panneau  de  glaces  ;  c'eft  dans  un  Placard  un  compartiment  de  Miroirs  ,  pour  ré- 
fléchir la  lumière  &  les  objets,  &  faire  paroître  un  Appartement  plus  long.  On  en  mec 
aufli  dans  les  Lambris  de  revêtement,  &  auxAttiques  de  cheminée,  p.  170.  PL  59.  & 
99. p.  559. 

Panneau  de  fer;  c'eft  un  morceau  d'ornement  de /èr  forgé  ou  fondu,  &  renfermé  dans 
unchafîîs,  pour  une  Rampe  ,  un  Balcon  ,  une  Porte,  &c.  Il  le  fait  auifi  de  ces  P<i»/waf.'x 
par  fimples  compartimcns.  p.  118.  P/.  65  D. 

Panneau  de  vitre;  c'eft  un  compartiment  de  pièces  de  Verre,  dont  les  plus  ordinaires 
font  quarrées  &  de  borne  ,  les  cutres  en  tranchoirs  ou  octogones,  en  tringiettes,  chaî- 
nons, &c.  Il  fe  fait  aulfi  des  comparti  mens  de  pièces  de  verre  pint,  diftingués  par  des 
platebandes  de  verre  blanc. pç.  117.  &  j  3  5.  Lat.  Tcxtum  vitreum.  Koycx.  M.  Felibien  tou- 
chant les  Arts.  Liv.  1 .  Chap.  1 1 . 

PANONCEAU.  ;^;f;î GIROUETTE. 

Z  i  PAN- 


i8o  EXPLICATION  DES  TERMES 

PANTOMETRE.  Inftrument  qui  ferc  à  mefurer  les  Angles  &  les  diftances,  à  former  cou- 
res forces  de  Triangles  rcdilignes ,  &  à  lever  des  Plans.  1!  eftconftruic  de  trois  régies  de 
bois  ou  de  cuivre  d'égale  grandeur  ,  deux  dcfi.]uelles  appliqu(^es  l'une  fur  l'autre  &  retenues 
au  milie.i  par  un  clou  rivé,  peuvcnc  fecroiier  &  fe  mouvoir  ,  comme  les  deux  branches 
d'une  paire  de  cifeaux.  La  règle  de  defibusa  ur.e  rainure  à  queue  d'aronde  depuis  le  centre 
où  elles  fonc  aflemblées,  julqu'à  un  pouce  prés  de  Ton  extrémité  :  dans  cette  ramure,  eft 
mobile  une  efpece  de  piton  qui  reçoit  le  bout  de  la  troifiéme  règle  ,  &  qui  fert  à  l'éloigner, 
ou  à  l'approcher  du  centre  des  deux  autres  :  l'autre  bout  de  cette  troiliéme  règle  paflanc 
iiir  un  des  bras  de  celle  de  dclïus ,  forme  toutes  fortes  de  Triangles  rcctilignes ,  dont  on 
connoic  la  valeur  par  les  divifion-^  marquées  également  fur  ces  trois  règles ,  avec  cette  diffé- 
rence ,  que  les  divifions  des  deux  règles  croifees  ,  commencent  depuis  leur  centre  jufqu"aux 
cxtremitcz  de  leurs  bras  :  &:  que  celles  de  la  troifiéme  commencent  depuis  le  trou  qui  reçoit 
le  piton ,  jufqu^s  à  l'autre  bout.  Ces  règles  ont  des  pinules  à  leurs  extremitez ,  qui  fervent 
àbornoyer,  pour  lever  des  Plans  en  faiîant  les  ftations  neceflaires.  Cet  initrument  ed  de 
l'invention  de  M.  BuUet  Archiceéte  du  Roi,  dont  il  a  fait  un  Traité.  Il  y  en  a  quantité  d'au- 
tres pour  le  même  ufage,  qui  ont  dilferens  noms  &  qui  Ibnt  auflî  de  diftcrence  conftrudlion. 
f.  558.  Kijyc;: Sauterelle  gradue'e. 

PARABOLE.  Figure  Géométrique  faice  de  lafedion  d'un  Cône  parallèle  à  l'un  de  fes  cotez. 

p/.t■^^ 

PARALLELE  ,  du  Grec  Paralkhs ,  qui  eft  également  diAnc.  Ce  raoc  fe  dit  des  lignes  ,  des 
rigures  &  des  corps ,  qui  prolongez  font  toujours  en  égale  diftance.  P/.  t-  p- j  • 

PARALLELEPIPEDE.  Solide  régulier  compris  entre  fix  furfaces  redangles & pard^f/e/ , 
dont  les  oppofées  font  égales ,  comme  deux  ou  pluficurs  Cubes  joints  bout  a  bout. 

PARALLELOGRAMME-,  c'eft  une  figure  dont  les  angles  &  les  cotez  oppofez  font  égaui  , 
&quieftrecl:angle,  quand  fes  anglesYont  droits.  On  le  nomme  aulfi2«^rrf-/o/j^.  P/.  t. 

PARAPET,  de  l'Italien  Par  jfff^o  ,  garde-poitrine;  c'eft  le  petit  mur  qui  fert  d  apui  ou  de 
garde-fou  à  un  Quay  ,  à  un  Ponc ,  à  une  Terralle  ,  &c.  Ce  que  les  Larins  appelloienc  Or- 
cuïtto  ,  &  Lorica.  PL  7  5 .  p.  159. 

PARC,  c'eft  un  grand  Clos  ceint  de  murailles,  dépendant  d'une  Maifon  Roiale  ,  ou  d'un 
Château  :  où  l'on  tient  des  beftes  fauves.  Ce  mot  vient  du  Latin  Pjrno-,  lieu  clos.  p.  190.. 
&  3  56.  Lat.  5fp.*;<w. 

Parc  de  marine,  eft  ungrand  clos  ,  qm  renferme  des  Magazins  ,&  où  l'on  conftruic  des 
Bâtimens  de  Afer.  p.  5  5  7. 

PARCLOSE.  Fuye::  Formes  d'église. 

PAREMENT;  c'eff  ce  qui  paroit  d'une  pierre  ,  ou  d'un  mur  au  dehors  ,  &  qui  lelon  la  qua- 
lité des  ouvrages ,  pcutcftre  layé  ,  traverfé  &  poli  au  grais.  Les  Anciens  pour  conferver 
les  areftes  des  pierres ,  les  pofoieut  àpurfwf^j  brutes  ,  &  lesretailloienteniùite  fur  leTas. 

P/.  64  A.  p.  157.  &  356-  J       .      T   • 

Parement  de  menuiserie;  c'eft  ce  qui  p^irû/texcerieuremenc  d'un  ouvrage  de  Menuijene 

avec  cadres  &  panneaux ,  comme  d'un  Lambris,  d'une  Embrafure,  d'un  Revêtement, 

&c.  Lapluspart  des  Porres,  Guichets  de  Croifée,&c.  font  à  deuxpjrfwf"^.  Il  y  ades  Aflem- 

blages  tels  que  le  Parquet,  qui  ibnt  arafezeii  Icuzparonait.p.  111.  Se  PL  100.  p.  341. 
Parement  de  pave',  fe  dit  de  l'affierte  uniforme  du  Pavf,  fansbofles  niiîaches.  p.  3  51. 
Paremens  de  couverture;  ce  font  les  plâtres  qui  fe  mettent  contre  les  goucieres,  pour 

foûtenir  le  bactelemenc  des  cuiles  d'une  Couverture. 
PARLOIR  ;  c'eft  dans  un  Couvenc  de  Filles  une  Salle  ou  Cabinec ,  où  les  perfonues  de  dehors 

leur  p.2r/f«f  paruneefpecede  feneftre  grillée,  p.  5  51. 
PARPAIN.  On  dit  qu'un  Mux  fait  f<3rpij/«  ,  lorfque  les  pierres  donc  il  eft  conftruic,  le  tra- 

verfent& en  font  les  deux  paremens.  p.  135.  &  PL  66,B.p.  141.  Yitruve raporce  que  les 

Grecs  uommoieat  ces  pierres  à  deux  parcmcns  j  Dtatomus. 


D'ARCHITECTURE,  Sec,  iSr 

Pàrpain  D'B'cHirRE.  Voyez  E'CHIFRE. 

ParI'AINS  d'apui.  Oa  nomme  ainfi  les  pierres  à  deux  parcmens  ,  qui  font  entre  les  Ale<^es, 
&  forment  l'o/dfpMj  d'une  Croifc'e  ,  particulièrement  quand  elle  eft  vuidc  dans  l'Embrafu- 
re.p.  }ii. 

PARQUET;  c'eft  dans  une  Salle,  où  l'on  rend  la  Juftice  ,  l'efpace  qui  ell  renferme  par  la 
Barre  d'Audience.  Lat.  Curi£  Septum. 

Parquet  de  menuiserie,  c[\i  on  nomme  anûi  Feuille  de  Parquet  ;  c'cft  un  AfTemblage  de 
JV/f«K(y'fr/f  de  trois  pieds  &  un  pouce  en  quarre',  compofe  d'unchaffis  &  de  plufieurs  trn- 
verfes  croife'es  quarre'ment  ou  diagonalement,  qui  forment  un  Bâti  appelle'  Curcajjc,  qu'on 
remplit  de  carreaux  retenus  avec  languettes  dans  les  rainures  de  ce  Bâti  :  le  tout  à  pare- 
ment arafe'.  Il  fc  pofe  dans  les  Pièces  les  plus  propres  d'un  Apartemenr,  ou  quarre'ment 
ou  diagonalement  :  &  il  elt  entretenu  par  des  Frifes,  Se  arrefté  fur  des  Lambourdes  aver 
clous  à  tefte  perdue.  Far^ueter  ;  c'eft  couvrir  de  PizrjMef  un  Plancher,  p.  185.  &:  PL  99.  p. 

3??- 

PARTAGE.  Vbyex  Bassin  de  partage, 

PARTAGE  D'HERITAGE;  c'ellladivifiond'un  Hfm<j^f ,  que  font  par  lots,  oue'gales- 
portions,  les  Arpenteurs  &  Architeéles  Experts,  entre  plufieurs  Cohéritiers  :  Et  lorf- 
que  dans  cet  Haitage.,  il  y  a  des  portions  qui  ne  peuvent  eftredivifées  fans  un  notable 
préjudice,  comme  les  Bâtimens,  il  fe  fait  une  eftimation  de  leur  plus-valeur,  pour  ellre 
ajoutée  au  plus  foible  lot ,  &  cftre  compenfe'e  en  argent. 

PARTERRE,  du  Latin  Partiri,  divifer;  c'eft  la  partie  découverte  d'un  Jardin  au  devant 
d'une  Maifon,  &quieft  divifcepar  compartimens  debuis  nain,  ou  de  gazon.  Le  mot  de 
Farterre  lîgnilioit  anciennement  une  Place  à  bâtir. f.  190.  FI.  65  k.&ic.'La.t. z^reahor- 
tenfts. 

Parterre  de  broderie,  celui  qui  eft  compofe' de  rinceaux ,  de  fleurons,  &  autres  figu- 
res forme'es  par  des  traits  de  buis  nain  ,  Se  entoure'  de  Platebandes,  comme  le  grand  Par- 
fcrrf  des Thuileries.  PL  65  A. p.  i<)i.S)CC.'Lzt.  z^rentopiaria. 

Parterre  de  pièces  coupe'es,  celui  qui  eft  par  compartimens  de  figures  régulières  fèpa- 
re'es  par  des  {entiers,  &  dans  lequel  on  met  des  fleurs,  comme  le  grand  Pararre  dcTria-- 
non.  ibid.'L^t.z^reaforea. 

Parterre  de  gazon  ,  celui  qui  eft  fait  de  pièces  de  ^.i:ïOî;cn  compartimens  quarrez  &- 
avecenroulemens,  comme  le  P^jr/erre  de  l'Orangerie  de  Vcrfaillcs.  Lat.  t^reacefpititia. 

Parterre  a  l'angloise,  celui  qui  eft  de  Broderie  méle'e  de  Platebandes,  &  enroulemens 
de  gazon,  comme  le  grand  Pdrffrcf,  appelle  à /u  Daupoine  ,  au  delfus  de  l'Orangerie  de- 
Verlâilles.  ioid. 

Parterre  d'eau.  Compartiment  forme',  ou  par  plufieurs  Baflïns  de  diverfcs  figures  avec 
jets  &  boiiillons  d'eau,  comme  à  Chantilly  :  ou  par  un  ou  deux  grands  Balfins ,  comme 
au  devant  du  Château  de  Verlaillcs. 

Parterre  de  théâtre;  c'eft  le  grand  efpace,  qui  eft  entre  V^mphitheatre  &  \tThea- 
tre -,  &oii  les  Spcdateurs  font  le  plus  fouvent  debout.  Cet  efpace  eftoit  appelle'  Orchefhe 
chez  les  Anciens,  &  comme  il  eftoir  la  partie  la  plus  commode  du  r/jf^/rc,  IcScnats'y 
rangeoit  pour  voir  les  Specftacles  ;  c'eft  auflî  aujourd'hui  l'endroit  où  l'on  drelfeleHauc 
Dais  pour  le  Roi  dans  les  Salles  de  Balet  ou  de  Comédie  des  Maifbns  Roiales.  Lat, 
Cave a, 

PARVIS;  c'eftoitdev.mt  Je  Temple  de  Salomon,  une  Place  quarre'e  &  entourée  de  Porti- 
ques. A  cette  imitation  on  donne  aujourd'hui  le  même  nom  à  la  Place  qui  eft  devant  la 
principale  Face  d'une  grande  Eglife,  comme  le  Parvis  de  Nôtre-Dame  de  Paris. p.  313.- 
Lat.  ijitr'ium. 

PAS.  Petitesentaillesenembrevement ,  faites  fur  les  Plateformes  d'un  Comble ,  pour  rece- 
voir les  pieds  des  Chevrons.  PL  6^  A,  p.  187. 

Pas  de  porte;  c'eft  la  pierre  qu'on  met  au  bas  d'une Por/f,  entre fes tableaux ,  &  qui 

Z  }  dif- 


fSi  EXPLICATfON  DES  TERMES 

diffère  du  Seiiil ,  en  ce  qu'elle  avance  au  delà  du  nu  du  Mur  en  manière  de  marche.  PI.  6^  B. 
p.2Ç.  189.  La.t,  Lapis  liminarii. 

Pas  DE  VIS  j  c'eft  une  partie  de  la  ligne  fpirale  d'une  F'/j,  qui  fait  la  circonférence  de  fou 
cilindrc,  cnforte  que  chaque  tour  entier  que  fait  cette  ^/y,  fe  nomme  un  Pas.  On  donne 
auflî  quelquefois  ce  nom  à  chaque  diftance,  qui  clt  entre  les  arertes  des  circonvolutions 
d'une  Kis. 

PASSAGE;  c'efl  dans  une  Maifon  >  une  Allée  différente  du  Corridor,  en  ce  qu'elle  n'eft 
pas  (i  lonc^uc.pjç.  174.  Planch.  60.  6I.&C. 

Passage  de  servitude  ,  celui  donc  on  joiiit  fur  l'herirage  d'autrui  par  convention  ou 
parprefcription  :  ^.t  Paffage  de  fou  franc  e  ^  celui  qu'on  eil  obligé  de  foufnr  par  chez  loi  en 
vertud'un  titre,  p.  358. 

PASSER.  TermedeDeinnateur,  qui  fignificdeHlner  à  l'encre  de  la  Chine.  Ainfi  on  dit  Pa/- 
Jer  un  Dellein  à  l'encre ,  c'eft-à-dire  en  tracer  les  lignes  fiir  le  trait  au  crayon,  ibid. 

PATENOSTRES.  Petits  grains  en  forme  de  perles  rondes ,  qu'on  taille  fur  les  Baguettes,  f . 
VI.  P/.  B. 

PATERE.  Petit  Plat  qui  fervoit  aux  Sacrifices  des  Anciens,  &  qu'on  employé  pour  orne- 
ment dans  la  Frife  Dorique  ,  &  dans  les  Tympans  des  Arcades.  PL  8.^.15.  Lac.  Paiera. 

PATIN.  Pièce  de  bois  pofc'e  de  niveau  furie  Parpaind'e'chifre  d'un  Efcalicr  ,  dans  laquelle 
font  âifemblez  à  plomb  les  noyaux  &  potelcts.  P/.  64  B.p.  189.  Lac.  C.j/x/c<x/'/ félon  Vi- 
truve. 

Patins.  Pièces  de  bois  qu'on  couche  fur  un  Pilotage  ,  &  fur  Icfquelles  on  pofe  les  Platefor- 
mes pour  fonder  dans  l'eau,  pa^.  145. 

PATTED'OYE.  Ce  mot  fe  dit  du  concours  de  trois  Allées  ou  Avenues  pour  arriver  à  un  mê- 
me endroit,  commelaPa^fci'ojyede  Verfailles.  p.  196. 

Vatt^d'oy)!  enCharpaiterie  ■■,  c'efl  une  Enrayeure  formée  de  l'afTemtlage  des  demi-tirans, 
qui  retiennent  le  Chevet  d'une  vieille  Egliiè,  comme  celles  des  Eglifes  des  PP.  Chartreux  , 
Cordeliers ,  Sec.  à  Paris.  Ce  mot  fe  dit  aufli  d'une  manière  de  marquer  par  trois  hoches  les 
pièces  de  bois  avec  le  traceret. 

Patted'oye  de  pave';  c'eft  l'extrémité  d'une  Chauffée  de  Pavé,  qui  s'étend  en  glacis 
rond  pour  fe  racorder  aux  ruiifeaux  d'en- bas. 

PAVE'.  Ce  mot  fe  dit  autant  de  l'Aire  pavce  fur  laquelle  on  marche ,  ou  voiture  des  fardeaux, 
que  de  la  matière  qui  l'atfcrmic,  comme  eft  le  caillou,  ou  legravoisavec  mortier  de  chaux 
&fable,  oulegrais,  la  pierre  dure  ,  &c.  p.  108.  548.  P/.  101.  &c. 

Pave'  de  grais  ,  celui  qui  elt  fait  de  quartiers  c/eGr»j/5  de  8.  à  9.  pouces  ,  prefque  de  figure 
cubique,  dont  on  fcfert  en  France  pour  ^^ivcr  les  grands  Chemins,  Rues,  Cours,  &c. 
On  appelle  Pave  fendu  ,  celui  qui  eft  de  la  dem.i-épaiifeur  du  précèdent ,  &  dont  on  payeks 
petites  Cours ,  les  Cnifines  ,  Ecuries  ,  &c.  Et  Pave::  d' échantillon  ,  ceux  qui  font  des  gran- 
deurs ordinaires  félon  la  Coutume.  Le  Gr^z/y  qui  elHa  meilleure  pierre  pour /Jd-vrr,  &  dont 
Pufage  a  efté  introduit  à  Paris  &  aux  environs  par  le  Roi  Philippes  Augufte,  ranii84. 
eft  appelle  des  Latins  5//fx,  d'où  les  Italiens  font  dériver  le  mot  de  Selciata,  qui  fignifie 
chez  eux  tout  Chemin  pavé.  ibid. 

Pave'  de  pierre,  celui  qui  eft  fait  de  dales  de  pierre  dure  à  joints  quarrez,  pofées  d'é- 
qucrre  ;  ou  en  lofangcs  à  carreaux  égaux  avec  platebandes ,  commele  Pavf  dcl'Eglifedu 
dedans  des  Invahdes  :  ou  de  quartiers  tracez  à  la  lautcrelle  ,  &  pofez  à  joints  incertains, 
comme  les  Pjvf^  antiques  des  VoyesFlamine  ,  ^milienne,  SccàRomcp.  55}.  LesPa- 
Vf^  de  pierre ,  font  appeliez  des  Latins  Pavimenta  lithojlrata. 

Pave'  de  marbre,  celui-quiclt  fait  de  grands  carreaux  de  Marbre  en  compartimens  ,  qui 
repondent  ^ux  corps  d'Architedure  ,  &  aux  Voûtes  des  Bâtimcns  ,  comme  le  Pjvc  des 
belles  Eglifcs  nouvelles.  Il  y  a  aufli  de  ce  Pave,  qui  eft  fait  de  petites  pièces  de  raport  de 
Marbre  précieux,  en  manière  de  Mofaïquc ,  comme  il  s'en  voit  dans  l'Eglife  de  Saine 
MarcdeVenife  :  &  que  les  Latins  nomment  P(i\imcntumfegmentatHm.  Planch.  lo^.pa^- 
3 5 i.  Sec.  Paye* 


D'AllCHITECTURE,  &c  iS^ 

Pave'  de  brique,  celui  qui  efl  fait  de  fîr  «^Kepofeedechamp&cn  cpi  {êmblableauPoint 
d'Hongrie ,  comme  le  Favé  de  la  Ville  de  Venife  :  ou  de  carreau  barlong  à  fix  pans  figure', 
comme  les  bornes  de  verre  adofTées ,  ainfl  qu'cftoic  pjiT  l'ancien Tibur.  Cette  forte  de 
Pavé,  eftappellce  des  Latins  5p/M/ii  Teflacea  :  celui  de  grands  carreaux  quarrcz,  Puvi- 
mcntatefJelUtd  :  &:  généralement  tous  les  PdVf;?  de  brique,  Pavimenta  lateritïa.  PI.  ici. 
p.  549.&C. 
Pave'  de  moilon' ,  celui  qui  eft  fait  de  A/b/7ow  de  meulière  po(ëz  de  champ  ,  pour  affermir 
le  fonds  de  quelque  grand  Rond  ou  Pièce  d'eau. 

Pave'  de  terrasse  ,  celui  qui  1èr:  de  Couverture  en  plateforme  ,  foit  fur  une  Vente,  ou 
fur  un  Flancher  de  bois.  Ceux  qui  font  fur  les  Voûtes,  font  ordinairement  de  dales  de  pierre 
à  joints  quartes  qui  doivent  eltre  coulez  en  plomb  :  &  ceux  fur  le  bois,  que  les  Latins  nom- 
ment Pavimenta  comignata,  font  de  grais  avec  couchis  pour  les  Ponts,  de  carreaux  pour  les 
Planchers  des  Chambres,  &  enfin  d'aires  ou  couches  de  mortier  fait  de  ciment ,  &  de 
chaux  avec  cailloux ,  ou  de  briques  pofées  de  plat ,  comme  les  Orientaux  &  les  Méridionaux 
le  pratiquent  (ur  leurs  Maifons.  Tous  ces  P^ive;:  à  découvert ,  font  appeliez  des  Latins  P^- 
yimcntafi<bdialia.  PL  icz.  p.  349.  &  3  51. 

Pave'  poli.  Tout  P<zvf  bien  aflis  &  bien  drefle  de  niveau,  cimenté  ou  maltique',  &:  poli 
avec  le  grais.  p.  355. 

PAVEMENT.  Ce  mot  fe  ditaullî  bien  de  l'adion  de  paver  ,  que  d'un  efpace  pavé  en  com- 
partiment de  carreaux  de  terre  cuite  ,  de  pierre ,  ou  de  marbre.P/.  6i.p.  149 .  &  j  5  4.  Lar. 
Stratiira. 

PAVER  i  c'eftalîeoir leP^ive,  ledrefleravec  !e  marteau,  &  le  battre  avec  la  damoifelle. 
On  dit  Paver  à  fec  ,  lorfqu'on  alleoit  le  P.ivf  fur  une  Forme  de  fable  de  Rivière, 
comme  dans  les  Rues  ou  fur  les  grands  Chemins.  Paver  a  bain  de  mortier  ,  lorlqu'ou 
fèfèrtde  mortier  de  chaux  &  de  fable,  ou  de  chaux  &  de  ciment  pour  aflTeoir  &:  ma- 
çonner le  Pave  ,  comme  on  fait  dans  les  Cours  ,  Cuilines ,  Ecuries ,  Tcrralîes ,  Aqueducs, 
Picrrécs ,  Cloaques,  &c.  Repaver-,  c'ell  fur  une  Forne  neuve  manier  à  bout  le  vieux 
Pavé',  &  en  mettre  de  nouveau  à  la  place  de  celui  qui  eft  callé.  Ce  mot  vient  du  Latin  Pu- 
virc  ,  battre  la  terre  pour  l'affermir,  p.  108.  &  550. 

PAVEUR ,  celui  qui  taille  &  aflèoit  le  Pave.  Ce  nom  eft  commun  pour  le  Maître  &  les  Com- 
pagnons, p.  351.  Lat.  S,  rat  or. 

PAVILLON ,  de  l'Italien  Padiglione,  une  Tente  ;  c'eft  un  Bâtiment  le  plus  fouventifoîé,  &  de 
figure  quarrce  fous  un  feul  Comble. C'eft  aufll  dans  une  Façade  un  Avant-corps  qui  en  mar- 
que le  milieu.&  lorfqu'il  en  flanque  uneencôgnure,  on  le  nomme  Pavillon  angulaire. p.  \  n. 

Pavillon  de  jardin;  c'eft  dans  un  ^tzrci/w  ,  un  petit  Bâtiment  fepare' pour  y  joiiir  du  re- 
posée delabelle  vcuë  ,  comme  le  Pav/7/o)i  de  l'Aurore  à  Sceaux,  p.  200. 

PEINTURE  ;  c'eft  un  des  Arts  libéraux ,  qui  par  le  moyen  des  couleurs  reprcfcnte  toutes  for- 
tes d'objets,  &  qui  a  trois  parties,  l'Invention,  le  Deilcin  ,  &  le  Colons.  La  Peinture 
contribue  dans  les  Bâtimens  ,  à  la  legerete' ,  les  faifantparoître  plus  exhaulfcz  &  plus  va- 
ftesparlaperfpedtive  ;  à  la  décoration,  par  la  variété' des  objets  agréables  répandus  à  pro- 
pos, &  par  le  racordement  du  faux  avec  du  vray  :  &  àlarichelfe,  par  l'iinirationdes 
marbres,  des  métaux  &  autres  matières  pre'cieufes.  Elle  fediftribuë  par  grands  fujets  hi- 
ftoriques  ou  allégoriques,  pour  les  Voûtes ,  Plafonds  &  Tableaux,  &  cette  Peinture  eft 
appelléc  de  Virruve  Mc^alographia  :  ou  par  petits  fujets,  comme  ornemens ,  giotefques, 
fleurs,  fruits  &  autres  nommez  de  Pline  Toptaria  opéra-,  qui  conviennent  au  Comparti- 
riiens&  Panneaux  des  Lambris.  La.  Peinture  À  jrcfque,  qui  eft  la  plus  ancienne  &  la  moins 
finie,  fèrt  pour  les  dedans  des  lieux  fpaticux,  tels  que  font  les  Eglifes  ,  Bafiliques,  Gale- 
ries ,  &c.  &  même  pour  les  dehors ,  fur  des  enduits  préparez  pour  la  retenir.  La  Mofaïque , 
quoique  la  moins  en  ufage  ,  eft  la  plus  durable  :  &  la  Peinture  à  l'huile  inventée  vers  le 
commencement  du  fiécle  palTé ,  le  confervc  avec  beaucoup  de  force  fur  le  bois  &  la 
soile  pour  toutes  fortes  de  Tableaux. 7^.  160.  &  345.    Vo;je\  l'Ace  de  Peinture  de  M. 

D'4 


j54  explication  des  termes 

DuFrcnoy,  les  Principes  des  Arts  &  les  Entretiens  de  Pi-nitwrc  de  M.  ïelibien  ,  les  DifTer- 
tations  de  M.  de  Piles ,  &  pluficurs  Auteurs  qui  ont  écrit  les  Vies  Se  les  Ouvrages  des  Pein- 
tres. 

PELOUSE.  Voyc:^  TAPIS  DE  GAZON. 

PENDENTIF  i  c'elt  une  portion  de  Voûte  entre  les  Arcs  d'un  Dôme  ,  qu'on  nom  me  auflî 
foarcke ou  P^i'iache,  &:  qu'on  caille  de  Sculpture,  con  me  à  Paris  ceux  du  Val-de-graceSc 
de  Saint  Louis  des  Invalides ,  où  font  les  quatre  Evangeliltcs  ,■  mais  que  la  Peinture  rend 
plus  k'i^ers ,  comme  on  le  peut  remarquer  à  la  plus  part  de  ceux  des  Dômes  de  Rome,  & 
particulièrement  à  ceux  de  Saint  Charles  aUi  Catinari ,  &  de  S.  André  de  la  Valle  ,  qui  font 
duDominiquin.P/.  66B,  p.  241.  &P/.  68.p.X49. 

Pendentiv  de  valence.  Efpece  de  Voutc en  manière  de  Cû-de  four  rachetté  par  quatre 
Fourrhes.commeil  s'en  voit  aux  Chapelles  de  l'Eglifede  S.  Sulplce,&  aux  Charniers  neufs 
des  Saints  Innocens  à  Pans.  Cette  Voûte  tlt  amfi  appellée  ,  parce  que  la  première  a  efté 
faite  à  Fulencc  en  Dauphuié  ,  où  elle  le  voit  encore  dans  un  Cimetière  ,  &  qui  eit  portée  fur 
quatre  Colonnes  pour  couvrir  une  Sépulture. 

Pendentiï  de  MODERNE;  c'eil  la  portion  d'une  Voûte  Gothique  entre  les  Formerets, 
Arcsdoubleaux  ,  Ogives,  Licrncs&Tiercerons.  l'i.  66  A.p.ij7.&  545. 

PENDULE,  ou  plutôt  BOETE  DE  PENDULE;  c'cIl  une  efpece  de  petit  Portique  ordi- 
^     nairement  de  marqueterie,  enrichi  de  petites  Colonnes  précieufesavecdcsornemens  de 
bronze  doré  ,  &  terminé  par  un  petit  Dôme  eu  un  couronnement ,  qui  fer:  pour  renfermei: 
les  mouvcmens  &  le  cadran  d'une  Horloge  a  Pendule,  p.  }  06. 

PENTAGONE.  Koycz  POLYGONE. 

PENTE.  Inclinaifon  peufenfîble,  qu'on  fait  ordinairement  pour  faciliter  l'écoulement  des 
eaux  •  elle  efl:  réglée  à  tant  de  lignes  par  toile  pour  le  Pavé  &  les  terres ,  pour  les  Canaux  des 
Aqueducs  &  Conduites ,  &  pour  les  Cheiheaux  &  Goutieres  des  Combles.  On  appelle  Con- 
/rfpf^iîe  dans  le  Canal  d'un  Aqueduc  ou  d'un  Ruillcau  de  Rué  ,  l'interruption  du  niveau  de 
pente  caufé  par  mal-façon  ou  par  rafailfement  du  terrein  ,  enforte  que  les  eaux  n'ayant  pas 
leur  cours  libre,  s'étendent  ou  reltent  dormantes,  p.  176.  &  P/.  é}  B.p.  185.  Lat.  Decli- 
yitiis. 

Pente  de  comble;  c'elt  l'inclinaifon  des  cotez  d'un  Comble,  qui  le  rend  plus  ou  moins 
roide  fur  fa  hauteur  par  raport  à  fa  bafe.  p.  zij.  C'eftcequc  Vitruve  appelle  Siillici- 
diiim. 

PENTURE.  Morceau  de  fer  plat  replié  en  rond  par  un  bout ,  pour  recevoir  le  mammelon 
d'un  Gond  ,  &  qui  attaché  fur  le  bord  d'une  Porte  ou  d'un  Coiurevent ,  fert  à  le  faire  mou- 
voir pour  l'ouvrir  ou  le  fermer. 

PEPERIN.  Pierre  grife&ruflique,  dontonfefert  à  Rome  pour  bâtir,  p.  2.54. 

PEPINIERE.  Plant  d'arbres,  d'arbrilléaux,  &  de  fleurs  fur  plufieurs  lignes,  feparcz  feloa 
leurs  cfpeces  par  des  fentiers,  pour  eftrecranl'plantez  dans  le  belom  ,  comm.e  h  Pépinière 
du  Roy  au  Faubourg  S .  Honoré  ,  &  celle  de  Trianon  dans  laquelle  font  confervez  environ 
trois  cens  mille  pots  de  fleurs,  p.  1 9  ? .  Lat.  Surcularium. 

PERCE'.  Ce  mot  s'entend  de  la  diltnbution  des  Jours  d'une  Façade,  c'efl  pourquoi  on  dit 
qu'un  Pan  de  bois  ou  qu'un  Mur  de  face  efl  bien  perce  ,  lorfque  les  vuides  font  bien  propor- 
tionnez aux  folides.  On  dit  auill  qu'une  Eglife,  qu'un  Veftibule  ,  qu'un  Salon,  Ôcc.  cft 
bien  perce.,  lorfque  la  lumière  y  ell  répandue  également,  p.  78.  &  i  ji. 

PERCEMENT  ,  fe  dit  de  toute  ouverture  faite  après  coup  pour  la  Baye  d'une  Porte  ou  d'une 
Croifée,  ou  pour  quelqueautrcfujet.  p.  330. 

PERCHE.  VoycK  ARPENT. 

Perches.  On  nomme  amli  dans  l'Architedure  Gothique  ,  certains  Piliers  ronds,  menus  & 
fort  hauts,  qui  joints  trois  ou  cinq  enfemble  ,  portent  de  fonds  &:fc  courbent  par  le  haut 
pour  former  les  Arcs  &  les  Nerfs  d'Ogives  ,  qui  retiennent  les  Pendentifs.  Ces  Perches  font 
imitées  deccliesquifcrvoientà  laconltrudiondcs  premières  Tentes  £c  Cabanes,  p.  ^^ 

^  PERI- 


D'ARCHITECTURE,  &:c.  185 

PERIPHERIE.  VbyeK  POURTOUR. 

PERIPTERE;  c'cfb  dans  l'Architcdure  antique,  un  Bâtiment  environne  en  fon  pourtour 
extérieur,  de  Colonnes  ifole'cs  ,  comme  eltoicnc  le  Portique  de  Pompée,  la  Bafiîiquc 
d'Antonvn,  le  Seprizonede  Sevcre,  &c.  Ce  moc  vient  du  Grec  pcr/,  à  l'cntour  ,  &  Wf /-ûKj 
aile.  Foye^  TEMPLE. 

PERISTYLE.  Ce  mot  qui  vient  aulFi  du  Grec,  fe  dit  d'un  lieu  environne  de  Colonne-;  ifo- 
Ices  en  Ion  pourtour  inteneur ,  ce  qui  le  fait  différer  du  Periptere,  comme  efè  le  Temple 
Hyperrede  Vuruve,  &  comme  font  aujourd'hui  quelques  Balîliques  de  Rome,  plu/îeurs 
Palais  d'Italie,  &  la  plufpart  des  Cloîtres.  Cependant  Perz/fy/e,  fc  dit  encore  indifférem- 
ment d'un  rang  de  Colonnes  tant  au  dedans  qu'au  dehors  d'un  Edifice  ,  comme  le  Perijiyle 
Corinthien  du  Portail  du  Louvre,  l'Ionique  du  Château  delrianon,  &:  le  Dorique  de 
l'Abbaye  de  Ste  Geneviève  du  Mont  à  Pans.  Ce  dernier  elt du  delleia  du  P.  De  Crcil. 
p.  304.  Lât.  Perijlylium. 

PERPENDICULAIRE.  K  Ligne  perpendiculaire. 

PERRIERE.  F'oye:^  CARRIERE. 

PERRON.  Efcalier  découvert  en  dehors  d'une  Maifon,  &  qui  fe  fait  de  différentes  fermes 
&  grandeurs  par  raporr  à  l'elpaceSc  à  la  hauteur  où  il  doit  arriver.  P/.  ^i.^».  177  &c.  Lat. 
Podium  Si  Sugge^um . 

Perron  cjuarre',  celui  qui  cftd'e'querre,  comme  font  la  plufpart  des  Perrons  y  &  parti- 
culièrement celui  de  la  Sorbonne  Se  du  Val-de-grace  ;  mais  le  plus  grand  qui  Te  vcye  de  cet- 
te efpece,  eflceluidu  Jardin  de  Marly.f.  iy6. 

Perron  cintre',  celui  dont  les  marches  font  rondes  ou  ovales.  I!  y  a  de  ces  Per- 
rons,  dont  une  partie  des  marches  eft  en  dehors  &  l'autre  en  dedans,  ce  qui  forme  un 
Palier  rond  dans  le  milieu,  comme  celui  du  bout  du  Jardin  de  Bclveder  àRome  :  ou 
un  Palier  ovale,  comme  à  Luxembourg  à  Paris  &  au  Château  de  Caprarole.  Pi.  71.^.  157. 
&P/.75.P.259. 

Perron  a  pans,  celui  dont  les  encôgnures  font  coupe'es,  comme  au  Portail  de  l'E^UIc 
du  Collège  Mazarin  à  Paris. 

Perron  double,  celui  qui  a  deux  Rampes  égales,  qui  rendent  à  un  même  Palier,  com- 
me efl  le  Perron  du  fonds  du  Capitole:  ou  deux  Rampes  oppofées  pour  arriver  à  deux 
Paliers,  comme  celui  de  la  Cour  des  Fontaines  de  Fontainebleau.  Il  y  a  de  ces  Per- 
rons ,  qui  ont  ces  deux  difpofitions  de  Rampes  ;  enforce  que  par  un  Perron  quarre'  on 
monte  fur  un  Palier  ,  d'où  commencent  deux  Rampes  oppofe'es  pour  arriver  cha- 
cune à  un  Palier  barlong  ,  d'où  enfuite  ou  monte  par  deux  autres  Rampes  à  un  Palier 
commun  ,  commecft  le  grand  iVrro«  du  Château  neuf  de  S.  Germain  en  Laye ,  du  deHein 
de  Guillaume  Marchand  Architecte  du  Roi  Henri  IV.  &  ceux  du  Jardin  des  Thuilenes, 
■qui  font  de  M.  Le  Nautre.  Ces  fortes  de  Perrons,  font  fort  anciens  ;  puifqu'ilfe  voie 
encore  des  veftiges  d'un  de  cette  dernière  efpece,  parmi  les  Ruines  de  Tchelminar  pre's 
Schiras  en  Perle,  dont  le  Sieur  Des  Landes  raporte  la  Figure  dans  fon  Livre  des  Beautez  de 
laPerfe.  Pl.yz.p.  157. 

PERSAN.  Ce  mot  eft  commun  pour  toutes  les  Statues  d'hommes,  qui  portent  des  Entablc- 
mens ,  &  que  Vitruve  nomme  ^^tlantes  ScTelamones. 

■PERSPECTIVE;  c'eft  une  Science  qui  enlêigne  par  règles ,  àreprefenter  fur  unefuperficie 
plane  ,  les  objets ,  tels  qu'ils  paroilfent  à  la  veuë  :  &  doiit  Vignole  ,  Dellrgues  >  Le  P. 
Du  Breiiil  JeCuïte  &  plufieurs  autres  ont  e'crit.  Préfaces. 

Perspective  d'architecture  ;  c'eft  la  reprefentation  du  dehors  ,  ou  du  dedans  d'ua 
Bâtiment,  d'un  Jardin,  &c.  dont  les  cotez  font  racourcis ,  &:  les  parties  fuïantes  dimi- 
niie'es  par  proportion,  depuis  la  ligne  de  terre  jufqu'à  l'horizontale.  Yùruve  la  nomme 
Scénographie,  ibid. 

Perspective  peinte,  celle  qui  rcprefenre  de  l'Archircélure  ,  ou  quelque  Païfagepf/»;/ con- 
tre un  Mur  de  pignon  oudcducurc,  pour  en  cacher  la  diformué  ,  lelndiedcl'e'loio^r.e- 
Tome.  II.  A  a  nic'utj 


jZ6  explication  des  termes 

menr ,  &racor  Jer  le  fauxavecle  vray  ,  comme  fout  les  Pfr/prcïnfy  des  Hôtels  de  Ficubet, 
de  S.  Poiianj:^  ,  D'Angeau  ,  &c.  à  Paris,  p.  aco. 
PEin  UIS  i  c'ed  un  palUge  étroit  pratique  dans  une  Rivière  ,  aux  endroif:  où  elle  eft  bafle  , 
pour  en  hauHer  l'eau  de  j.ou  4.  pieds,  &  faciliter  ainfi  la  navigation  des  Bateaux  qui  mon- 
tent ou  qui  dcfcendent  ;  ce  qui  le  fait  en  biffant  entre  deux  Baftardeaux  ,  une  ouverture  , 
qu'on  ferme  arec  des  Aiguilles,  comme  fur  la  Rivière  d'Yone:  ou  avec  des  planches  en 
travers,  comme  fur  la  Rivicre  de  Loin:  ou  enfin  avec  des  Portes  à  vannes,  ainfi  qu'au 
PfrtMfj  de  Nogent  fur  Seire.  p.  i45.Lat.  Ccitarucla.  Foyc^i  ECLUSE. 
IeRtuis  de  BASSIN;  c'cft  uii  trou  par  où  fe  perd  l'eau  d'un  fid|/i«  de  Fontaine,  ou  d'un 
Rcfervoir  ,•  lorîque  le  plomb  ,  le  ciment  ou  le  corroy  cil  fendu  en  quelque  endroit.  Ce  que 
les  Fontaiiiiers  nomment  aulÏÏ  K^nard.  Lat.  F^ima. 
PESEE.  ybycK  LEVIER. 

PEUPLER  ;  c'cft  en  Charpenterie  garnir  un  vuidc ,  de  pièces  de  bois  efpace'es  à  égale  diftan- 
cc.    Ainfi  on  dit  PfHp/fr  de  poteaux  une  Cloifon,  Pf.vp/fr  de  folives  un  Plancher  ,  Peupler 
de  chevrons  un  Comble  ,  &C.P.358. 
PHARE.  VoycK  FANAL. 
PICNOSTYLE.  royei  PYCNOSTYLE. 
PIECE.  Ce  mot  fe  dit  de  chaque  diifcrent  lieu,  cfont  uneMaifon ,  ou  un  Apartemcnt  cft 

compofé  ,  comme  d'une  Salle,  d'une  Chambre  ,  d'ua  Cabinet ,  5ic,  p.  174.&C. 
Pièce  de  charpente;  c'eft  tout  morcCciU  de  bois  taillé  ,  qui  entre  dans  un  Aflemblage  de 
Churpenterk ,  &  fert  à  divers  ufages  dans  les  Bàtimens.    On  nomme  Mditrefjes  Fieca  ,  les 
plus  grofles,  comme  les  Poutres,  Tirans,  Entraits ,  Jambes  de  force ,  &c.p.  iio.Lat» 
Ti^na  ,  qui  eft  un  mot  commun  pour  toutes  les  Pièces  de  bois  équarnes. 
Pièce  de  bois  ;  c'eft  félon  l'Ufage  ,  la  mefnre  de  6.  pieds  de  long  fur  71.  pouces  d'équar- 
nlfage  ;  ainfi  une  Puce  de  bois  méplat  de  11.  pouces  de  largeur  fur  6.  pouces  de  groireur& 
6.  pieds  de  long:  ou  une  Solive  de  6.  pouces  de  gros  fur  1 1.  pieds  de  long  ,  fera  ce  qu'on 
appelle  une  Pièce;  à  quoi  on  réduit  toutes  les  Pu'CfjJf/»o;y  de  différentes  gro.Teurs  &  lon- 
gueurs ,  qui  entrent  dans  la  conftrudion  des  Bàtimens ,  pour  les  eflimer  par  cent.  p.  2x3. 
Pièce  d'atui  5  c'eft  à  un  chaiTis  de  menuiferie  ,  une  grolTe  moulure  en  faillie  ,  qui  pofe  en 
recouvrement  fur  l'c^pw;  ou  tablette  de  pierre  d'une  Croifée  ,  pour  empêcher  que  l'eau  en- 
tre dans  la  feiiillure.  p.  141. 
Pièces  de  tuile,  ce  font  tous  les  morceaux  de  Tw/r  ,  qui  fervent  à  divers  endroits  fur  les 
Couvertures.   On  nomme  Tiercmes -,  \t:s  morceaux  d'une  r«;if  fendue  en  longueur  ,  em^ 
ployez  aux  Battclemens  :  &  Nigoidiux ,  ceux  d'une  Tmle  fendue  en  quatre  ,  pour  fer  vir  aux 
Solins  8i  Ruilées. 
Pièces  de  verre  ,  ce  font  tous  les  petits  carreaux  ou  morceaux  de  Verre  de  différentes  figu- 
res &:  grandeurs ,  qui  entrent  dans  les  Compartimcns  des  Formes  Se  Panneaux  de  Yi- 
tres.  p.  217. 
Pièces  coupe'es.   On  appelle  ainfi  un  Compartiment  de  plufîeurs  petites  p/Vcf^figutées ou 
formées  de  liencs  parallèles,  &d'enroulcmens,  &  feparéespar  desfentiers,  pour  faire  un 
Parterre  de  fleurs  ou  de  gazon.  P/.  65  A.  p.  191.  &c. 
TiECE  d'eau  j  c'cft  dans  un  Jardin  un  grand  Balhn  de  figure  conforme  à  (a  fituation  ,  com- 
me la    Pièce   d'eau ^  appelléc  des  Suiffes  devant  l'Orangerie,  celle  de  l'Ifle  Roiale  dans 
le   Petit   Parc  ,     &   celle   de    Neptune  devant  la    Fontaine  du  Dragon  à  Verfailles. 
pa^.  198. 
ÎIED.     Mcfufc  imitée  de  la  longueur  du  P/fd  humain,  &:  différente  félon  les  lieux  ;  de  la- 
quelle on  fc  icrt  pour  mcfurer  les  fuperficies  &  les  folides.     On  appelle  auffi  Pied ,  Pinitru- 
mentenformedepetiteicgle,  quia  Ja  longueur  de  cette  mefure  ,  &  fur  lequel  font  gravées 
Tes  pairies.    Les  P/Vi/.f  doivent  eftrcconfiderez  ou  comme  antiques  ,  ou  comme  modernes. 
Ceux  qui  font  reportez  ci  après,  ont  efté  tirez  de  plufieurs  Mémoires  &  Mefures  origi- 
nales; &deSnel]ius,  Puccioli ,  Scamozzi ,  Mrs.  Petit,  Picart  &  autres  Géomètres  &:  Ar- 

dutet^cs  ; 


D'ARCHITECTURE,   &c  i8t 

xliiceaes:  &  on  a  réduit  les  uns&  lesaurresau  PicddeI{oi,  qui  cft  une  MeTure  établie  à 
Paris  &  en  quelques  autres  Villes  de  France  ,  dont  les  fix  font  la  Toife  ,  &  ejui  eft  divifé  eu 
douze  pouces,  le  Pouce  en  douze  lignes,  &  la  Ligne  en  dix  parties  j  ai  nfi  ce  P/c(/ entier ,  a 
1440.  parties.  On  fcfert  de  Palmes  &  de  Brallès  ,'  aulieu  de  PkUs ,  en  quelques  Villes  d'I- 
talie. Toutes  ces  mefures  font  utiles  pour  l'intelligence  des  Livres  ,  des  Deflèins  &  des  Ou- 
vrages d'Architcdurc  de  divers  lieux,?/.  4t.  p.  III.  Sec. 
PIEDS  ANTIQIJËS  par  raport  au  Pied  de  Roi. 
Pied  d'alexandrie  ,  avoir  1 5.  pouces  i.  lignes  1.  parties. 
Pied  d'antioche,  14.  pouces  i  i.  lignes  i. parties. 
Pied  arabique,  ii.  pouces  4.  lignes. 

Pied  babylonien,  i  1.  pouces  i'.  ligne  &  demi,  félon  Cî/?f///(x ,  14.  pouces  8.  li-nes  &:  de- 
mi :&  félon  A/.  Pfm ,   1 1.  pouces  10.  lignes  &  demi.  ° 
Pied  grec,  i  i  .  pouces  5 .  lignes  &  demi  :'&  félon  Af.  Prrraw/f ,  11.  pouces  }.  licrnes. 
Pied  hébreu,   i  5.  pouces  j.  lignes.                                                                       " 
piED  ROMAIN,  CclouR^ecioli&cr.lalpaiide,  1 1.  pouces  i.  ligne  8.  parties  :  félon  Z«f</ P.«- 
tus,  â\i  Tâ^on  de  M.  Perrault ,  10.  pouces  10.  lignes  6.  parties:  Se  CdonM.  Picart ,  10. 
pouces  10.  lignes  ^.  part,  qui  eft  la  longueur  de  celui  qui  fe  voit  au  Capitole,  &  apparem- 
ment la  meiHeure  melure  ;  cependant  félon  M.  Petit ,  qui  prend  le  milieu  de  toutes  les  dif- 
férentes mefures  que  nous  avons  ,  il  eft  de  1 1 .  pouces. 
PIEDS  MODERNES  par  raport  au  Pied  ds  Roi. 
Pied  d'amsterdam,  a  10.  pouces  5. lignes  3. parties. 
Pied  d'anvers  ,  10.  pouces  ^.  lignes. 
Pied   d'avignon  ,  &  d'aix  01  Provence.  Voye:^  PALME. 
Pied  d'ausbourg  en^lemagne.,  10.  pouces  11.  lianes  5.  parties. 
Pied  de  baviere  en  ^^lemagne  y   i o.  pouces  8.  lio-nes. 
Pied  de  bezançon  en  Franche-Comté  ,   1 1.  pouces  5.  lio-nes  2.  parties. 
Pied,  ou  Brasse  de  Boulogne  oj  Italie,  14.  pouces  fclon  Scamo^KÏ  ,  &  14.  pouces  i. 

ligne  félon  ^-l/.  P/carr. 
Pied  de  bresse.  Foya  BRASSE. 

Pied  ou  Derab  du  caire  enE^'pte  ,  lo  pouces  ^.  lignes. 
Pied  de  cologne,  10.  pouces  2.  lignes. 
Pied  de  comte',  &  de  dole,  1 3.  pouces  2. lignes  5. parties. 
Pied,  ou  Pic  de  constantinople  ,  24.  pouces  5.  lignes. 
Pied  de  Copenhague  enDancmarcJ^,  i o.  pouces  9.  lionnes  &  demi. 
Pied  de  cracovie  enPologne,  15.  pouces  2.  lio-nes. 
Pied  de  dantzic  enPologne,   10.  pouces  4.  lignes  é.  parties  félon  iW,  pff;V:  &  10.  pouces 

7.  lignes  félon  Àl.  Picart. 
Pied  de  dijon  enBourgogne^  1 1- poucesy.  lignes 2. parties. 
Pied  de  Florence.  Foye:^  BRASSE. 
Pied  de  gènes.  Foyc^  PALME. 
Pied  de  geneve,  18.  pouces  4.  parties  de  lio-ne. 
Pied  de  Grenoble  enDanpkiné,  12.  pouces  7.  lignes  2.  parties. 
Pied  DE  heydelberg  en  ^Icmagne ,  10.  pouces  2.  ligues  félon  M.Petit:  &  10.  pouces 

}.  lignes  &  demi  félon  unemefure  originale. 
Pied  de  leitsik  en -^lemagne-,  11.  pouces  7.  lignes  7.  parties. 
Pied  de  leyde  en  Rolande -,  11.  pouces  7.  lio^nes. 
Pied  de  liège,  10  pouces  7.  lignes  6.  parties. 
Pied  de  lion  ,12  pouces  7.  lignes  2 .  parties  félon  M.  Petit ,  &  1 2 .  pouces  7.  lignes  &  ('c- 

lïii  félon  unemefure  originale.  Sept  pjfc/j  &  demi ,  font  la  Toife  de  I/o;).  ° 

Pied  de  Lisbonne  en  Portugal,   11.  pouces  6.  lignes  7.  parties  félon  Jw//m. 

Pl£D  DE   LONDRES,  &    DE   TOUTE  I'ANGLETERk  E ,    II.  pouCCS   3,   lignes,   OU  I  I .  poucCS 

■^^  *  i.  lignes 


i88  EXPLICATION   DES   TERMES 

1.  lignes  6.  parties  fclon  M.  Picart  ;  mais  félon  une  mcfure originale  ,  ii.  poaccs  4. ligues 
&dcrni.  Le  Pouce  d'Angleterre  fedivife  en  10.  parties  ou  lignes. 
Pied  i>e  lorraine,  10'.  pouces  9.  lignes  i.  parties. 
Pied  pe  manheim  dans  le  Palaunat  du  R^in  ,  1  o.  pouces  8.  lignes  7. parties  félon  une  me- 

furc  originale. 
Pied  de  mantoUe  en  Italie.  VoycK  BRASSE. 
Pied  de  mascon  en  Bourgogne  ^  li.  pouces  4.  lignes  5.  parties.    Il  en  faut  7.  &  demi  pour 

la  Toife. 
Pied  de  mayence  en^lemagne,  11 .  pouces  i .  ligne  &  demi. 
Pied  de  middelbourg  cnZelandc,  11.  pouces  i.  ligne. 
Pied  de  milan.  ^j)'f^  BRASSE. 
Pied  de  naples.  Féjyr^  PALME. 

Pied  de  padoue  enltaliey  1 5.  pouces  i.  ligne  félon  i'ciiwo:^^;. 
Pied  de  palerme  en  Sicile.  Voyex  PALME. 
Pied  de  parme  en  Italie,  l'^oye^  BRASSE. 
Pied  de  prague  en  Bohême-,  1 1,  pouces  i.  ligne  8.  parties. 

Pied  du  rhin,  i  i.  pouces  5.  lignes  5.  parties  fclon  >S';)c///«j-&  i^/cno//':  11.  pouces  i.  lignes 
7.  parties  félon  M.  Petit  :  1 1 .  pouces  7 .  lignes  félon  7./.  Picart  :  6c  n.  pouces  7 .  lignes  5>: 
demi  félon  une  mefnrc  originale. 
Pied  de  roïIen  ,  femblable  au  P/fti  cfe  2^/. 
Pied  de  savoye,   10.  pouces. 
Pied  de  sedan  ,  10.  pouces  un  quart. 
Pied  de  sienne  en  Italie.  Voyez  BRASSE. 
Pied  de  stokolme  enSuede,  11.  pouces  i.  ligne. 
Pied  de  Strasbourg,  10.  pouces  j.  lignes  &  demi. 
Pied  de  tolede,  ou  Pied  castillan,  ii.  pouces  1.  lignes  1.  parties  félon  J^Vc/ciV,  & 

10.  pouces  3  .lignes  7.  parties  félon  AI.  Petit. 
Pied  trevisan  dans  l'Etat  de  Vent fe  y  14.  pouces  &  demi  félon  5c(:oto;ïx/. 
Pied  de  turin  ,  ou  de  pie'mont,  1  ^.pouces félon  ^'rdwo;?:?/. 

Pied  de  venise,  iz.  pouces  10.  lignes  félon  5fjwo;ï:î;,  ôcLorini:  iz.  pouces  8.  lignes  fé- 
lon /t/.  Petit  :  &  II .  pouces  1 1 .  lignes  félon  M.  Picart. 
Pied  de  verone  enitalicy  cgalàceluide  Venile. 
Pied  de  vicence  en  halte,  13.  pouces  z.  lignes  fclon 5fflwo:ïî/. 
Pied  de  vienne  en^utricbe,  1 1.  pouces  8.  lignes. 
Pied  de  vienne  enDauphinéy  11.  pouces  11.  lignes. 

Pied  d'urbin  ,  &  de  pezaro  en  Italie,  1 5.  pouces  i.  ligne  félon  ^r^wo^ïîl. 
PIEDS  félon  les  ditnenfions. 

Pied  courant,  celui  tjuicflmefure'fuivantfà  longueur. 
Pied   superuciel  ou  quarre',  celui  qui  aiant  iz.  pouces  par  chacun  de fes coflez ,  en 

contient  144.  fuperficiels.p.  Z05. 
Pied  cuee  ,  celui  qui  contient  17Z8.  pouces  n<tfj,  oufolides.p.  zi  5. 
PIED  DE  MUR  ;  c'efl  la  partie  inférieure  d'un  Mur,  compnlè  depuis  l'empâtement  du 

fondement ,  jufqu'au  defliis  ou  à  hauteur  de  retraite,  p.  3 1 5 . 
Pied  de  fontaine.     Efpecc  de  gros  Baluftre  ,  ou  Picdefla!  rond  ou  àpans,  quelquefois 
avec  des  Confoles  ou  des  Figures ,  pour  porter  une  Coupe  ou  un  Badin  de  fo«/a/«f,  ou  un 
Chandelier  d'eau  ,  comme  les  3i.P/fdî,  qui  foutiemieut  autant  de  Balfins  de  marbre  blanc 
dans  la  Colonnade  de  Verfailles.  p.  317. 
PIED-DE  BICHE.  Barre  de  fer,  dont  un  bout  eft  attaché  par  un  crampon  dans  le  mur,  & 
l'autre  en  forme  de  crochet ,  s'avance  ou  recule  dans  les  dents  d'une  cremiliere  fur  un  Gui- 
chet de  Porte  cocherc,  pour  empêcher  qu'il  foit  force'.  Lat.  VcBis. 
riE-DE- CHEVRE  i  c'cfl  une  croifiéme  pièce  de  bois,  qu'onajoiiteàuneC/jfvrf,  pour  lui 

fcrvii 


D'A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E,  &c.  ,89 

fervir  de  jambe,  lorfqu'on  ne  peur  l'appuyer  contre  un  mur  pour  enlever  quelque  fardeau 
à  plomb  de  peu  de  hauteur  ,  comme  une  poutre  fur  des  tréteaux  pour  la  débiter  ,  &c. 

PIEDESTAL  ;  c'eft  un  corps  quarre  avecBafe  &  Corniche  ;  qui  porte  la  Colonne,  &Iui 
fertde  fouballcmenr.  Il  eft  différent  félon  les  cinq  Ordres,  &  il  le  nommeaufll  Stereoba^ 
te  y  oa  Stylobiitc  ,  du  Grec  Stylobates ,  Bafe  de  Colonne,  p.  i.  PI.  i. 

Pie'destal  toscan,  eft  de  la  plus  balTe  proportion,  Se  le  plus  fimple  ,  n'aianc  qu'un 
Plinthe  pour  Bafe  ,  &  un  Talon  couronne' pour  Corniche,  p.  14.  P/.  5. 

Pie'destal  dorique,  eft  un  peu  plus  haut  que  le  To/can,  &  a  un  Larmier  ou  Mouchettc 
dans  fa  Corniche,  p.  i8.  P:.  10. 

Piédestal  ionique,  eft  déplus  haute  proportion  que  le  Dor/j.vf ,  &  a  fes  moulures  pref- 
que  fcmblables.  p.  44.  P/.  18. 

Piédestal  cor.iNTHiEM  ,  eft  le  plusfvelte,  &  riche  de  moulures  dans  fa  Bafe  &  dans  fa 
Corniche,  au  deilous de  laquelle eit  une Frife.  p.  64.  Pl.zy. 

Piédestal  composite,  cftfemblablcen  proportion  au  Corinthien  ;  mais  les  profils  de  fa 
B.i(c&:  de  fa  Corniche,  enloat  différents,  p.  80.  P/.  55. 

Piédestal  double,  celui  qui  porte  deux  Colonnes  ,  &  a  plus  de  largeur  que  de  hauteur, 
comme  ceux  du  Portail  des  PP.  feiiillans  rue  Saint  Honore  à  Paris  ,  &  comme  il  s'en  voie 
à  la  pluspart  des  Recables  d'Autel. 

Pie'destal  continu,  celui  qui  fans  refTauts  porte  un  rang  de  Colonnes,  comme  le  Piéde- 
jlal,  qui  porte  les  Colonnes  Ioniques  cannele'es  du  Palais  des  Thuileriesdu  côté  du  Jar- 
din, p.  44. 

Piédestal  en  adoucissement,  celui  dontle  De' ou  Tronc  eft  en  Gorge  ,  comme  il  s'en 
voir  qui  portent  des  Statues  de  bronze  à  l'entour  du  Parterre  à  la  Daûphine  à  Verfailles. 
P/.  94.  p.  313. 

Pie'destal  en  balustre  ,  celui  dont  le  Profil  eft  contourne'  en  manière  de  Bahijlre, 
ibidem. 

Piédestal  en  talut,  celui  dont  les  faces  font  incline'es  ,  comme  ceux  qui  portent  les  Fi- 
gures de  rOcean  ,  &  du  Nil  dans  l'Efcalier  du  Capitole  à  Rome.  ibtd. 

Piédestal  ïlanque',  celui  dont  les  encôgnures  (ont  flanquées  ou  cantonnées  de  quelques 
corps,  comme  de  PilaftresAttiques  ,  oucnConfoIe,  &c.  ibid. 

Pie'destal  triangulaire,  celui  qui  efèant  en  Tna'/^/e,  a  trois  faces  quelquefois  cintrées 
par  leur  plan,  &  fes  encôgnures  en  pan  coupé,  échancrées,  ou  cantonnées.  Il  fert  ordi- 
nairement pour  porter  une  Colonne  avec  des  Figures  fur  fes  encôgnures,  comme  le  Pié- 
dejhil  de  la  Colonne  funéraire  de  François  II.  dans  la  Chapelle  d'Orléans  aux  Celeftins  de 
Pans.  ibid. 

Piédestal  compose',  celui  qui  eft  d'une  forme  extraordinaire  ,  comme  ronde,  quarré- 
longue,  arondieou  avec  plufieurs  retours  ,  ainfi  qu'il  s'en  fait  pour  les  Groupes  de  Figu- 
res ,  Statues ,  Vafcs ,  &c.  ibid. 

Pie'destal  irreguliei?.,  celui  dont  les  angles  ne  font  pas  droits  ,  ni  les  faces  égales  ou  pa- 
rallèles ,  mais  quelquefois  cintrées  par  la  lujetion  de  quelque  plan  ,  comme  d'une  tour  ron- 
de ou  creufè. 

Piédestal  orne',  celai  qui  non  feulement  a  fes  moulures  taillées  d'ornemens  ,  mais 
dont  les  tables  foiiillées  ou  en  faillie  ,  font  enrichies  de  Bas-reliefs  ,  Chifres ,  Armes,  &c. 
de  la  même  matière  ou  poftiches,  comme  font  la  pluspart  de  ceux  des  Statues  Equeftres , 
&  des  autres  fuperbes  Monumens.  P/.  94.  p.  313. 

Pie'destaux  par  saillies  et  retraites,  ceux  qui  fous  un  rang  de  Colonnes,  for- 
ment un  avant-corps  au  droit  de  chacune ,  &  un  arricre-corps  dans  chaque  intervalle ,  com- 
me les  Piedejlaux  des  Amphithéâtres  antiques ,  ceux  de  l'Arc  de  Titus  à  Rome ,  &  comme 
les  Corinthiens  &  Compofites  de  la  Cour  du  Louvre,  p.  44.  &  i68.  PL  74  La  plusparc 
des  Commentateurs  de  Vitruve  ,  après  diverfes  opinions  fur  l'interprétation  de  ces  morj 
Scamiili  impares ,  Efcabeaux  impairs,  font  enfin  d'avis,  qu'ils  (îgmficnt  cette  difpofitio„ 
iePicdeJhux.  Aa  }  PIE' 


,90  EXPLICATION   DHS   TERMES 

PIEDOUCHE  -,  c'efl  une  petite  Bafe  longue  ou  quarrée en  adouciircmein  avec  moulures,  qui 

fcrt  à  porter  un  Buile  ,  ou  une  petite  Figure.  Ce  mot  vient  de  l'iralicn  Pcduccio-,  le  pied 

d'un  animal.  Pi.  56.  p.  lé^.&P/.?^  ?•  ^7i- 
PIE'DROIT  ;  c'clUa  partie  du  Trumeau  ou  Jambage  d'une  Porte  ou  d'une  Croilce ,  qui 

comprend  le  bandeau  ou  chambianie  ,  le  tableau  ,  la  feuillure  ,  l'embrarure  &  l'ecoinçon. 

On  donne  aulli  ce  nom  à  chaque  pierre,  dont  le  Picdroit  elt  compofé.  p.  144.  Pi.  51.  & 

ù.  zjy.  PI.  66  A.  Tousks  Picdrotts,  Jambages  &  Doflerets ,  fbuc  appeliez  Par,ijUt^  ou 

Ortholliit,e  par  Vitruve. 
PIERRE.  Matière  la  plus  utile  pour  bâtir,  qui  fe  tire  dure  ou  tendre  des  Carrières  ,  &qui 

doit  élire  confideree  Lclon  les  elpeces ,  iesqualitez,  les  façons,  Tes  ufages  &  fes  défauts. 

pai^.  xoi.  &c. 
PIERRE  DVR.E  fuivmtfescfpcces  y  donton  je  fertk  Paris  O'  aux  environs. 
PitRRE  d'arcueil  prés  de  Paris-,  porte  de  hauteur  de  banc  nette  &  taillée  ,  depuis  14.  juf- 

qu'à  zi.  pouces  •  écie  Bas-apareù  d'^^^rcueil ,  9.  à  10.  pouces,  p.  loi. 
Pierre  de  belle-hache  ;  c'efl:  la  plus  dure  de  toutes  les  Pierres  y  quoique  moinsparfaitc 

que  le  Liais  feraut-,  à  caufe  des  cailloux  qui  s'y  rencontrent ,  aufn  s'en  (èrt-on  rarement.  Elle 

iè  tire  vers  Arcueil ,  d'un  endroit  appelle  la  Carrière  Pétale,  &  porte  de  hauteur.  18.  à 

19,  pouces. 
Pierre  de  bonbanc,  qui  fe  tire  vers  Vaugirard-,  porte  depuis  15.  jufqu'à  24.  pouces  de 

hauteur,  f.  104. 
Pierre  de  caen  en  Normandie  y  eft  une  efpece  de  P/Vrrf  noire,  qui  tient  de  la  Pierre  d'ar- 

doife  ,  mais  qui  eft  beaucoup  plus  dure  ,  reçoit  le  poli  &  fert  dans  les  compartimens  de 

Pave'.  PL  ICI.  p-  5  5î. 
Pierre  de  la  chausse'e  prés  Bougival,  à  collé  de  S.Germain  enLaye,  porte  ij.ài^. 

pouces,  f.  105. 
Pierre  de  cliquart  prés  d'arcueil  y  qu'on  appelle  auffi  5<iJ-(ap<im/ ,  porte  6.  à  7.  pouces 

p.  ICI. 

Pierre  de  S.Cloud,  qui  fe  tire  au  lieu  de  même  nom  pre's  Paris,  fe  trouve  depuis  18. 

jufqu'à  14.  pouces  de  hauteur  nette  &  taillée,  p.  103. 
Pierre  de  pecamp,  qui  fe  tire  dans  la  Vallée  de  ce  nom  prés  Paris  ,  a  de  hauteur  1 5,  à  18. 

pouces,  p.  205. 
Pierre  de  lambourde,  qui  (è  trouve  prés  d'c^rcwe// ,  porte  depuis  io.  pouces  jufqu'à  5. 
pieds  ;  mais  on  la  délite.  Il  y  a  aufli  de  la  Lambourde  qui  fe  tire  hors  du  Faubourg  S.  Jac- 
ques, &  qui  a  depuis  18.  jufqu'à  24.  pouces.  /».  20}.&204. 
Pierre  dure  de  S.  Leu,  fe  tire  aux  Côtes  de  la  montagne  du  même  lieu,  p.ioj. 
Pierre  de  liais,  fe  trouve  de  plufieursefpeccs.  Le  Franc-Liuis ,  8clc  Li,its  Feraiii  y  qui  cft 
plus  dur  que  le  Franc,  fe  tirent  tous  deux  de  la  même  Carrière  hors  la  Porte  S.  Jacques. 
Le  I/ij/i  r-o/è  qui  efl  le  plus  doux  &  reçoit  un  beau  poli  augrais  ,  le  tire  vcrsS.  Cloud.  Et  le 
Franc  Liais  de  S.  Leu  y   Ce  prend  le  long  des  côtes  de  la  montagne.  Toutes  ces  efpeces  de 
Liais  y  portent  depuis  6.  jufqu'à  8.  pouces  de  hauteur,  p.  10^. 
Pierre  de  meudon  près  Paiisy  fe  trouve  depuis  14.  jufqu'à  18.  pouces:  &  celle  qu'on 
nomme  R^fiic  de  Meudon,  plus  dure&  plus  troiice ,  elt  de  pareille  hauteur,  pag.  204. 
&  205. 
Pierre  de  montesson  prés  Nantere  à  deux  lieues  de  Paris,  porte  9.  à  10.  pouces,  pag, 

205. 
Pierre  de  saint  nom,  au  bout  du  Parc  de  Verfailles,  fe  trouve  depuis  18.  jufqu'à  22. 

pouces,  p.  205. 
Pierre  de  sen  lis  ,  qui  fe  prend  à  i'ij;»/ AVco/d^  lez  ^ew/ij  à  dix  lieues  de  Paris,  porte  14.4 

1 5.  pouces,  p.  20(5. 
Pierre  de  souchet,  qui  fe  tire  iaors  du  Faubourg  Saint  Jacques ,  porte  depuis  i2.jui- 
^ii'à  16.  pouces,  p.  204. 

Pur- 


D'ARCHITECTURE,   &c.  ipi 

TiERRE  DE  TONNERRE  en  Botfr^o^ne ,  adcpuis  i6.jufc]u'à  1 8.  pouces. 

Pierre  de  vaugirard,  oui  elt  dure  &  gnfe  ,  porte  1 8.  à  19.  pouces.  0.104. 

Pierre  de  vergele',  qui  fc  tire  à  5<iàir  If«  à  dix  lieuës  de  Paris  ,  porte  18. azo  pouces 

pa^,  107  «  ,  , 

Pierre  pe  vernon  adouzelieuës  de  Paris ,  porte  depuis  z.iufqu'à  î  pieds    p  io6 
PIERRE  TENDRE /«/v<i^f/e/e/pfcf/,  ^        '  ^* 

Pierre  de  Saint  Leu  à  dix  lieuës  de  Paris  ,  porte  de  hauteur  depuis  i.  pieds  jufqu'à  4. 

pa^.  106.  &  107. 
Pierre  de  maillet  et  de  trocy  ,  fe  prennent  auflï  à  Saint  Leu.  Le  Trucy  eR:  de  toutes 

Pierres,  celle  dont  le  lit  eft  le  plus  difficile  à  connoître  ,  &  qu'on  ne  dccouvie  que  par  de 

petits  trous,  pu:^.  107. 
Pierre  de  craye.  ybye:^  CRAYE. 
Pierre  de  tuf.  l/lye:i  TUF. 
Pierre  d'ardoise.  FôyfK  ARDOISE. 
PIERRE  juivantfe^  qualité:::. 
Pierre  de  taille;  c'eft  toute  P/frre  dure  ou  tendre ,  quipeuteftre  e'quarrie  &  to7/f  e  avec 

parcmens  ou  Architecture,  pour  la  (blidité  &  la  décoration  desBâtimens.  Lat.  l.ibisaua- 

Jr.if/olelon  Vitruve.  ' 

TiERRE  vive;  c'elt  félon  Palladio  Liv.  i.  Ch.  3.  celle  qui  fait  mafledans  une  Carrière,  8c 

qui  fe  durcit  auflî  bien  dedans  que  hors  de  la  Carrière  ,  comme  font  les  Marbres  ,  le  Tever^ 

Un,  k  Pcpcrin,&.c.  On  nomme  aulTiP/frrfi'iVt-,  celle  qmcouferve  Tes  areftes  vives  &  fon 

Architedure  lifFe  &  unie. 
Pierre  franche.  On  appelle  ainfi  toute  P;errf  parfaite  dans  fon  efpece  ,  qui  ne  tient  point 

de  la  dureté  du  Ciel  ,  ni  du  tendre  du  Moi  Ion  delà  Carrieie.  p.  205. 
Pierre  pleine.  Toute  P/errfJ;.re  qui  n'a  point  de  cai  lieux  ,  de  coquillages  ,  detrous,  ni 

demoyes,  comme  le  plus  beau  Liais  &  la  P/frre  de  Tonneie.  p.  105. 
Pierre  verte,  celle  qui  eit  nouvellement  tuée,  &  qui  n'a  pas  encore  jette  fon  eau  de  Car- 
rière, p.  104. 
Pierre  troïIee  ou  poreuse,  celle  quia  des /roi/5,  commele  Rufticde  Meudon  ,  le  Tuf 

&  toutes  les  Pierres  de  Meulière.  On  l'appelle  auffi  Choqueuje.  ibid. 
Pierre  fiere,  celle  qui  eft  difficile  à  travailler ,  à  caufe  qu'elle  ellfeche,  comme  laplus- 

partdcs  P/frrfj  dures  ;  maisparticulierement  la  Belle- hache  &  le  Liais. 
Pierre  fusiliere.  Efpece  de  P/errc  dure  &feche,  qui  tient  de  la  nature  du  caillou.  II  y  en 

adegnfe,  comme  celle  dont  une  partie  du  P^nt  Nôtre- Dame  eft  bâci  :  &  de  la  petite 

noire,  (qui  eft  la  Fieire  à  fufu)  dont  on  pave  les  Terraflès,  &  les  BafTins  de  Fontame. 

Pierre  de  couleur,  celle  qui  eftant  rougeâtre,  grisâtre  ,  ou  noirâtre  ,  caufe  une  variété 

agréable  dans  les  Bâtimens.  pa^.  338. 
Pierre  a  chaux.  Sorte  de  P/frre gralTe  qui  fe  trouve  ordinairement  aux  Coftes  des  Mon- 
tagnes, &  qu'on  calcine  pour  faire  delà  Cô<ï/<x.  p.  214.  Lat.  Lapis  cdcarius. 
Pierre  a  plâtre.  Sorte  de  Pierre  qui  fe  tire  aux  environs  de  Pans,  qu'on  cuit  dans  des 

Fours,  &  qu'on  pulverife  enfuite  pour  faire  le  P/'.;rr<f.  p.  215.  Lat.  Lapis  gyp  (anus. 
PIERRE  fuixant  jcs  façons. 
Pierre  au  binard;  c'eft  tout  gros  Bloc  àtPierre,  qui  eft  apporté  de  la  Carrière  fur  un 

Bmard  zndé  àt  plufieurs  couples  de  chevaux;  parce  qu'il  ne  le  peut  eftre  parles  charois 

ordinaires,  ibid. 
Pierre  d'échantillon;  c'eft  un  Bloc  de  P/rrre  de  certaine  mefure  necelTaire  ,  comman  • 

dée  exprés  aux  Carriers,  p. 107. 
Pierre  bienfaite,  fe  dit  d'un  quartier  de  voye  ,  ou  d'un  carreau  dePierre,  qui  approche 

le  plus  de  la  figure  quarréc  ,  &  où  il  y  a  peu  de  déchet  pour  l'équarrir. 
Pierre  de  bas-apareil,  celle  qui  porte  peu  de  hauteur  de  banc ,  conimele£<i;-flp^rp/7' 

d'AxcuciJ,!  c  Liais ,  dcç,  p.  104.  Pur- 


,92  EXPLICATION   DESTERIVIES 

riERRE  EN  DEBORD,  cclIc quc  Ics  Carricfs  fouc  voitiircr  prés  dcs  Attelicis ,  quoiqu'elle  ne 

Ibit  nascommJiidce&qucrAttclici-foit  même  celle. 
Pierre  velue.  Toucc  P/rrrc  brute  ,  telle  qu'on  l'amène  de  la  Carrière,  f.  xjy. 
Pierre  en  chantier,  celle  quult  calc'c  par  le  Tailleur  de  l'icrrc  ,  &  difpoféepour  cftre 

taillée.  ;>.  xj?. 
Pierre  trancue'e,  celle  où  l'on  fait  une  rrancwc  dans  la  hauteur  avec  le  marteau  pour  en 

couper,  parce  qu'elle  eft  trop  grande. 

Pierre  debite'e,  celle  qui  eltlciée.  La  Pierre  dure  ,  fe  débite  à  la  fcie  fans  dents  avec 

l'eau  &  le  «rrais:  &ch  tendre  t  comme  le  Saint  Lcu  ,  le  Tuf,  laCrayc,  &c.  avec  la  lac  à 

dents. 
Pierre  e'bouzine'e,  celledont  on  aabbatu  Ie£o«:;;')i  ou  tendre,  f.155. 
Pierre  nette,  celle  qui  ert  équarrie&  atteinte  jufqu'au  vif  &  dur.  /).  103. 
Pierre  retourne'e,  celle  dont  les  paremensoppolez  les  uns  aux  autres,  font  d'c'querrc  & 

parallèles,  p.  137-  ^  1         •        1 

Pierre  esmille'e,  celle  qui  cfl:  e'quarrie,  &  taillce  grolherement  avec  la  peinte  du  mar- 
teau, pour  eltre  feulement  employée  dans  le  garni  des  gros  Murs,  &  le  rempluTage  des 
Piles  ,  Culées  de  Pont ,  &c. 
Pierre  picsue'e,  celle  dont  les  paremens  font  p/'jwf:?  proprement  à  la  pointe  ,  &dontlesci- 

{clures  font  relevées,  p.  108. 
Pierre  hachée,  celle  dont  les  paremens  font  drelTez  avec  la  hadye  du  marteau  bretele, 

pour  eltre  enfuite  layée  ou  rufliquée. 
Pierre  rustique  e,  celle  qui  après  avoir  eftc  drclîée  &  hachée ,  eft  piquée  groflleremcnc 

avec  la  pointe. 
Pierre  lave'e,  celle  qui  eft  travaillée  à  la /<j;yf  ,  ou  marteau  avec  bretures.  p-^is- 
Pierre  traverse'e,  celle  où  les  traits  des  bretures  font  croilcz.  ibid. 
Pierre  ragre'e'e  au  ier,  celle  qui  eft  repallée  au  riflard  ,  efpece  de  cifeau  large  avec  des 

dents,  ibid. 
Pierre  polie.  Toute  Pierre  dure,  qui  prend  le  po//' avec  le  grais  ,  enforte  qu'il  n'y  paroît 

aucun  coup  d'outil,  ibid. 
Pierre  ïaite  ,  celle  qui  eft  entièrement  taillée  ,  &  prefte  à  cftre  enlevée  pour  eftre  mile 

en  place. 

Pierres  ïiche'es,  celles  dont  le  dedans  des  Joints,  eft  rempli  de  mortier  clair  &  de  cou- 
lis, p.  151.  n.  '  "  • 

Pierres  jointoye'es,  celles  dont  le  dehors  des  joints  ,  eft  bouché  &  ragréé  de  mortier 
ferré,  déplâtre,  onde  ciment,  ibidem. 

Pierre  parpalgne,  celle  qui  travcrfe  l'épaiflcur  d'un  mur  ,  Se  en  fait  les  deux  paremens. 
paç.  137.  Lat.  Lapis frontatus  CdonYitiu\e. 

Pierre  d'encÔgnure  ,  celle  qui  aiant  deux  paremens,  cantonne  l'angle  d'un  Bâtiment  o« 
de  quelque  Avant-corps. 

Pierres  a  bossage  ou  de  repend,  celles  qui  cftant  en  œuvre  ,  font  feparées  par  des  ca- 
naux, &  font  d'une  même  hauteur,  parce  qu'elles  reprefentent  les  aflifes  de  Pierre:  & 
dont  les  joints  de  lit  doivent  eftre  cachez  dans  le  haut  des  K^feiids  ;  &  lorfqu"elles  font  en 
liaifon  ,  les  joints  montansfont  dans  l'un  des  angles  du  l^cjoid.  PL  45.  p.  1x5. 

Pierres  artiîicielles  ;  ce  font  félon  Palladio  Liv.  i.  Cli.  5.  les  différentes  cfpeces  de 
Briques,  Carreaux,  &  Tuiles  pauries&  moulées  ,  cuites  oucrués.  p--^]!- 

Pierre  statuaire,  celle  qui  citant  d'échantillon  ,  cil  propre  &  deiiinée  pour  faire  une 
Stutnë.  OndizâulViAIarbrejJutuaire.  p.  iû6. 

Pierre  retaille'e,  non  feulement  celle  qui  aiant  efté  coupée,  eft  retaillée  avec  déchet; 

mais  encore  toute  P/frrf  tirée  d'une  démolition,  &  refaite  pour  eftre  derechef  mifc  en 

oeuvre.  Les  Latins  nommoient  cecce  derniCK  efpece  de  Pierre ,  lapis  redivivus. 

riERKE  par  raport  à  /es  u/ages. 

Pre- 


D'ARCHITECTU  RU,   drc.  195 

Première  Pierre.  Ou  nomme  aiiifi  un  gros  quartier  de  Pierre  dure  ou  de  Marbre  ,  qu'on 
met  dans  les  fonderrcr.s  d'un  Edifice  ,  &  où  l'on  enferme  dans  une  entaille  de  certaine  pro- 
fondeur ,  quelques  Médailles  &:  une  Table  de  bronze  ,  fut  laquelle  ell  gra\  e'e  une  Epis; ra- 
phe  ou  Infcription  ;  ce  qui  s'obfcrve  plus  fpecialemcnt  pour  les  Bâtnncns  Roiaux  &c  publics, 
que  pour  les  particuliers.  Cetre  coutume  s'ell  pratiquée  de  tout  tems,  comme  en  le  pcuc 
remarquer  par  les  iVlédailIes  qu'on  a  trouvées  }  &  qu'on  trouve  encore  dans  les  recherches 
&:  de'ii.oluioiis  des  Bâtmiens  antiques.  On  appelle  Dernière  Pierre  ,  une  Table  où  elt  une  In  • 
fcript:on  qui  marque  le  tems  qu'un  Bâtiment  a  efle' achevé',  p.  16}. 

Pierres  perdues,  celles  qui  font  jctte'es  à  plomb  dans  la  Mer ,  ou  dans  un  Lac  ,  pour  fon- 
der ;  lorfqu'on  n'y  peut  pas  faire  des  Baftardeaux:  &  que  l'on  met  le  plus  fouvcntdans 
des  caifibns.  On  nomme  aufli  Pierres  perdue: ,  celles  qui  font  jetcccs  a  bain  de  mortier 
pour  bloquer. 

Pierres  iectisses.  Toutes  celles  qui  peuvent  eltre/Vf/rV/ avec  la  main  ,  comme  les  j^ros  Si 
menus  caillous  qui  1er  vent  à  aller  nùr  les  aires  des  grands  Chemins  ,  &  à  paver  les  Grotcs, 
Fontaines ,  &  Baiïins  :  3c  qui  çftant  fcie'es  ,  entrent  dans  les  ouvrages  de  raport  3c  de  Mo- 
faïque. 

Pierre  incertaine,  celle  dont  les  pans  &  les  angles  font  inégaux,  éc  que  les  Anciens 
employoïcnt  ainlî  pour  paver.  Les  Ouvriers  la  nomment  !LU)OUïd'hui  Pierre  de praticjue  y 
parce  qu'ils  lafontfervir  de  toutes  grandeurs.  PL  101.  p.  549. 

Pierre  d'attente.  Toute  P/frrr  en  boflage ,  pourrecevoir  quelque  ornement  ou  infcrip- 
tion. On  appelle  au ffi  Pierres  d'attente  ^  les  Harpes  &  Arrachemens.  P/.  66  B.  p.  141. 

Pierre  percée.  Dalede  pierre  avec  trous ,  qui  s'encaftre  en  feuillure  dans  un  chaflîs  aurti 
de  pierre  fur  une  Voûte  ,  pour  donner  de  l'air  &  un  peu  de  jour  à  une  Cave  ,  ou  pour  don- 
ner partage  dans  un  Puifard  aux  eaux  pluviales  d'une  Cour.  On  nomme  Pierre  a  chajfis-,  une 
Dalede  pierre  ronde  ou  quarre'e  fans  trous ,  qui  s'encaftre  de  même  ,  &  ferc  de  fermeture 
à  un  Regard  ,  ou  à  une  Fo/Ted'Aifancc. 

Pierre  a  laver.  Efpece  d'Auge  plate,  pour  /.zvfr  la  vaiflelle  dans  une  Cuifine.  PI.  6e. 

Pierres  milliaires.  On  appelloitainfi  chez  les  Romains  certains  Dez  ou  Bornes  de  f;>rre 
elpacc'es  à  un  »;/7/e  l'une  de  l'autre  lur  les  grands  Chemins  ,  pour  marquer  la  diftance  des 
Villes  de  l'Empire.  Ces  Pierres  fe  comptoicnt  depuis  le  Milliaire  duré  du  milieu  de  Rome  > 
comme  il  fe  voit  dans  les  Auteurs  par  ces  mots:  primus -,  feciindus -,  tertiiis ,  O'e.  ab  Urbe 
Lapis.  L'uCigc  dts  Pierres  militaires ,  eft  aujourd'hui  pratique' dans  route  la  Chine,  p.  505^. 
&350. 

Pierre  précieuse.  Toute  Pierre  rare  ,  dont  on  enrichit  les  ouvrages  de  Marbre  &  de  Mar- 
queterie ,  comme  l'Agate  ,  le  Lapis,  l'Avanturine  ,  le  Cnftal ,  &c.  p.  jio. 

Pierres  de  raport.  Petites P/rrre^ de diverfes  couleurs,  qui  fervent  aux  compartimens 
de  Pave',  aux  ouvrages  de  Molaïque  ,  Seaux  Meubles  précieux,  p.  538. 

Pierre  de  touche.  Efpece  de  Marbre  noir,  que  les  Italiens  nomment  P/f/r^Jz^^r^^owf  , 
P/frrr  de  comparailon  ,  parce  qu'elle  fert  à  e'prouver  les  mc'uux  j  c'eft  pourquoi  Vitruve 
l'appelle  Index.  C'eft  de  cette  Pierre  ,  qu'ont  efte'  faites  la  pluspart  des  Divinitcz,  des 
Sphinx,  des  Fleuves  &  autres  Figures  des  Egyptiens,  p.  zii. 

Pierre  speculairej  c'cftoit  chez  les  Anciens,  une  Pierre  tranfparente ,  qui  fe  de'bitcic 
par  feuilles,  comme  le  Talc,  &  qui  leur  fèrvoit  de  Vitres.  La  meilleure  venoit  d'Efpagne 
félon  Pline.  Martial  fait  mention  de  cette  forte  de  Pierre  Liv.  8.  Epigram.  14. 

Pierre  noire.  Voye^  CRAYON. 

PIERRE  félon  fes  défauts. 

Pierre  de  soupie'^  c'eft  dans  les  Carrières  de  S.  Leu  ,  hPierre  du  Bancle  plus  bas,  dont 
on  ne  fe  fert  point ,  parce  qu'elle  eft  trouée  8c  defcdueulè. 

Pierre  de  souchet.  On  nom  me  ainfi  en  quelques  endroits  la  Pierre  du  Bancle  plus  bas, 
qui  neftant  pas  formée  non  plus  que  le  bouzin ,  eft  de  nulle  valeur. 

Tome  IL  B  b  Pier- 


ÏÇ4  EXPLICATION    DES  TERMES 

Pierre  coq.uilihRe»  ou  coqoh-leuse  ,  celle  où  fe  rencontrent  de  petites  ccquiUes  ou  ro- 
chers, qvu  rendent  Ton  paiement  troiié  ,  comme  la  P/frrf  de  S.  Nom.  p.zoï.&c. 
Pif R RE  GRASSE  ,    celle  qui  eftant  hymidc  ,  ell  fujctte  à  le  geler  ,  comme  le  Cliquart. 


toia 


Pi-^RRE  delite'e  ,  celle  qui  elt  fendue  à  l'endroit  d'un  fil  de  //>,  &  qui  taillée  avec  déchet, 

ne  fert  qu'à  faire  des  Arafes.  pig.  104. 
Pierre  moye'e,  celledont  la //ojyf  ou  tendre  ,  eftabbatu  avec  perte  ;  parce  que  fon  litn'cft 

pas  également  dur  ,  comme  il  arrive  à  la  Pirrrr  delà  Chaiillee.  p. 205. 
PiERRE^FEiiiLLETE'E ,  Celle  qui  fe  délite  ^xx  jeutUcts  ou  écailles  ,  à  caule  de  la  î;elée  ,  comme 

laLairibourde.  p.  104.  ^  ^ 

Pierre  mouline'e,  celle  quieftgraveîeufe  &s'éoraine  à  laLune  ,  ou  à  l'humiditc  ,  com- 
me la  même  Lambourde,  ibidem. 
Pierre  gauche,  celle  dont  les  paremens  &  les  cotez  oppofez,  nefe  bonioyent  pas  ,  parce 

qu'ils  ne  font  pas  parallc'es.  p.  z  3  7. 
Pierre  coupe'e,  celle  qui  ell  gâtée,  parce  qu  eftant  mal  taillée  ,  elle  ne  peut  ferviroùellc 

eftoitdcftinée.  ^ 

Pierre  en  délit,  celle  qui  n'eft  paspofée  fur  fon  ///  de  Carrière  dans  un  cours  d'alTife , 

mais  fjt  fon  parement  ou  £if//ff«/y'>jf.  p.  258. 
PiERRE'E.  Canal  foutcrrain  fouvent  conftruit  à  pierres  feches  &  glaifé  dans  le  fond  ,  qui 

fert  à  conduire  les  eaux  des  Fontaines ,  des  Cours  &  des  Combles,  p.  175. 
PIEUX.  Pièces  de  bois  de  chêne,  qu'on  employé  de  leur  grolîèur  pour  taire  lesPaléesdes 
Ponts  de  bois,  ou  qu'on  équarrit  pour  les  Fils  de  pieux  qui  retiennent  les  Berges  de  terre  , 
les  Di"-ues,  &c.  ou  qui  fervent  à  conftruire  les  Baftardeaux.  Les  P/Vkx  font  difFerensdes 
Piloris^,  en  ce  qu'ils  ne  font  jamais  tout  à- fait  enfoncez  dans  la  terre  ,  &  que  ce  qui  en  pa- 
roîtau  dehors,  eftfouvent  équarri.  p.  145.  Lat.  Pdli,ScSublicx. 
PIGEON.  Foye:::  EPIGEONNER. 

PIGNON;  c'eftlchaut  d'un  Mur  mitoïen  ou  d'un  Mur  de  face,  qui  termine  en  pointe, 
&:  où  vient  finir  le  Comble.  Le  Pignon  deh  Salle  du  Légat  de  l'Hôtel-Dieu  de  Paris,  qui  eft 
riche  de  Sculpture  ,  eft  un  des  plus  grands ,  &  a  efté  bai'ti  fous  le  Roi  François  I.  par  le  Car- 
dinal Antoine  Duprat.  Ce  mot  vient  du  Latin  P/««a  ou  Pinnacnlum,  Pinacle  ou  Sommet. 
pag.  199.  Tcitianum  dans  Vitruve  ,  figniiîe  aufïï-bien  le  Pignon  que  la  Ferme  d'un 
Comble. 
Pignon  a  r-edents;  c'eft  àlatefted'un  Comble  à  deux  égouts ,  un  P/^w«  dont  les  cotez 
font  par  retraites  en  manière  de  dcgrez,  &  qu'on  faifoit  anciennement  pour  monter  lur  le 
Faiitedu  Comble  ,  lorfqu'il  en  falloir  réparer  la  couverture  ;  ce  qui  lé  pratique  encore  au- 
jourd'hui dans  les  Pays  froids ,  ou  les  Combles  font  fort  pointus  ,  èc  pltiitôc  par  ornement, 
que  pour  cet  uCige.  ^ 

Pignon  entra  vête',  fedit  d'un  bout  de  mur  àlatefted'un  Comble,  dont  le  profil  n'eft 
pas  triangulaire;  mais  à  cinq  pans  ,  comme  celui  d'une  Manlàrde,  ou  même  à  quatre, 
comme  un  TV(ipf;îf.  p.  3  34. 
PILASTRE,-  c'eft  une  manière  de  Colonne  quarrée  par  fon  plan,  quelquefois  ifolée,  rnais 
plus  fouvent  engagée  dans  le  mur  ;  enforte  qu'elle  neparoît  que  le  quart  ou  le  cinquième 
de  fou  épaifléiir.  Le  PiUfîre  eft  différent  félon  les  Ordres ,  dont  il  emprunte  le  nom  de  cha- 
cun ,  aiant  les  mêmes  proportions,  &  les  mêmes  ornemens  que  les  Colonnes,  p.  15^- 
Pl  54.  &c.  Le  mot  o^'//x,fe  doit  entendre  dans  Vittuve  des  P/Vjjiw  engagez:  &  celui  de 
Pdraftatx-,  àcsPilal}rcs\io\tz. 
PiL  AST  RE  diminue'  ,  cclui  qui  cftaut  derrière  ou  à  cofté  d'une  Colonne  ,  en  retient  le  même 
contour,  &  a  de  la  c//w/>«///o«  parle  haut,  pour  empêcher  qu'il  excède  l'aplomb  de  l'En- 
tablement, comme  au  Portail  de  l'Eglilé  deS.Gervais ,  &  à  celui  du  Collège  Mazarin 
à  Paris. 
Pilastre  gresle,  celui  qui  derrière  une  Colonne,  eft  plus  étroit  que  fa  propornon  ;  parce 

qu'il 


D'A  R  C  H  T  T  E  C  T  U  R  E  ,   8cc.  195 

qu'il  n'a  de  iaro-eur  parallèle  ,  que  le  Hiamerre  de  la  diminution  de  la  Colonne ,  poure'viter 
un  reflautdans  l'Eiicableaicnc ,  comme  à  l'Ordre  Dorique  du  Gros  Pavillon  du  Chareau  de 
Clao^n'y,  S:  au  Grand  Portail  de  rE;:^li[e  de  Saine  Loiiis  des  Invalides.  On  nomme  auHi  Pi- 
lafire  ^rciJe  ,  celui  qui  a  de  haurcur  plus  de  diamerrcs  que  le  caractère  de  Ton  Ordre  ,  com- 
me les  Piii'hei  Coruichicns  de  l'Eghle  des  Rcligicufes  FeiiiUanrincs  du  Faubourg  Saint 
Tacques  à  Paris,  qui  ont  plus  de  douze  diamètres  ,  au  lieu  qu'ils  n'en  dcvio.enc  avoir 
que  dix. 

Pilastre  cannelé',  celui  qui  fuivant  les  règles  ordinaires,  a  fept(r<:?;';f/;<rfj  dans  chaque 
face  de  ion  Fuft.  P/.  75.  p.  171. 

Pilastre  rudente',  celui  dont  les  cannelures  font  remplies  jufqu'au  tiers,  d'une  rudcn- 
ture  ronde ,  comme  ceux  de  la  Grande  Galerie  du  Louvie  :  ou  d'une  rudcnturc  plate  ,  com- 
me ceux  de  l'Ef^life  du  Val-de-grace  :  ou  enfin  de  pareils  ornemens  que  les  Colonnes  ru- 
dcntces.  p.  300.  P/.  90. 

Pilastre  bande',  celui  qui  à  l'imitation  des  Colonnes  è.zwdtry  ,  a  àtsBandes  rurfonFufl 
uni  ou  cannelé,  comme  les  petits  Pilastres  Tofcans  de  la  Galerie  du  Louvre  du  codé  de  la 
Rivière,  p.  301.  Pl.<)i. 

Pilastre  ravale',  celui  dont  le  parement  eltrefoiiillé  ,  &incruftéd'une  tranche  de  mar- 
bre bordée  d'une  moulure  ,  ou  avec  des  ornemens ,  comme  il  s'en  voit  aux  Pilajlrcs  de  l'Are 
des  Orphévres  :  ou  bien  avec  des  compartimens  en  relief  ,  ou  de  marbres  de  diveries 
couleurs,  comme  à  ceux  des  Chapelles  Sixte  &  Pauline  à  Sainte  Marie  Majeure  à  Rome. 
bag.  341. 

Pilastre  cintre',  celui  dont  le  plan  e(l  curviligne,  parce  qu'il  fuit  le  contour  du  mur 
circulaire  d'une  tour  ronde  ou  creufe  ,  comme  ceux  d'un  Chevet  d'Eghfe  ,  d'un  Dôme, 
&c.  P/.  64B.  p.  189. 

Pilastre  angulaire  00  cornier,  celui  qui  cantonne  l'o^^^/e  ou  l'encôgnure  d'un  Bâ- 
timent, comme  au  Portail  du  Louvre,  p.  304.  P/.  92. 

PiLASTKE  DANS  l'anglê  ,  celui  qui  ne  prefentc  qu'une  encôgnure  ,  &  n'a  de  faillie 
de  chaque  codé  ,  que  le  6^  ou  7'.  defon  diamètre  ,  comme  au  même  Portail  du  Lou- 
vre. ibuL 

Pilastre  plie',  celui  qui  efl  partage' en  deux  moiticz  dans  un  Angle  rentrant ,  commeau 
fonds  de  la  Grande  Place  oii  eiknt  î'Holtel  de  Vandôme,  'tbid. 

Pilastre  e'brase',  celui  qui  eft  plié  en  angle  obtus  par  fujetion  d'un  Pau  coupé  ,  comme 
il  fe  pratique  aux  Eglifesqui  ont  un  Domefurlcur  Croifée.  ibid. 

Pilastre  tlanque',  celui  quieil  accompagné  de  deux  Dcfrîi-pilafîres  avec  vue  médiocre 
faillie,  commeles  Corinthiens  de  l'Eghlè  de  S.  André  de  La  Valle  à  Rome.  ibtd. 

Pilastres  accouplez,  ceux  qui  font  deux  à  deux  ,  comme  les  Compofites  de  la  Grande 
Galerie  du  Louvre.  Pl.jo.  p.^^]-  . 

Pilastre  double',  celui  qui  edforraéde  deux  P;/^/?rf; entiers ,  quifc  joignent  en  angle 
droit  &  rentrant,  &  qui  ont  leurs  Bafes  &  Chapiteaux  confondus,  comme  les  Pilafires 
Corinthiens  du  gr:.nd  Salon  de  Clagny  :  ou  en  angle  obtus  ,  comme  ceux  qui  (bi:t  derrière 
les  8.  Colonnes  Corinthiennes  du  dedans  de  l'Eglife  des  Invalides.  Pl.^i.  P;3^5-, 

Pilastre  engage',  celuj^qui  elbnt  derrière  une  Colonne  quiluieit  adoflée  ,  n'en  fuie 
pas  le  contour  ;  mais  eft  contenu  entre  deux  lignes  parallèles,  &  a  la  Bale&fon  Chapi- 
teau confondus  avec  ceux  de  la  Colonne,  comme  aux  quatre  Chapelles  d'encôgnurede 
la méir.e  Eglife  des  Invalides.  .       .    .      , 

Pilastre  li;'.  On  peutappellerair.fi,  non  feulement  un  P/'/^îf/i'f,  qu.  eft  joint  a  une  Co- 
lonne par  une  languette,  comme  le  Cavalier  Bernin  l'a  pratiqué  à  la  Colonnade  de  Saint 
Pierre  de  Rome  j  mais  encore  ceux  qui  ont  quelques  parties  de  leurs  Baies  &  Chapirc.ux 
jointes  enfemble  ,  comme  les  PUajhei  Doriques  du  Portail  des  Minimes  de  la  Place  Roiale 
àParis.  P/.  91.  ;•.  305. 
Pilastre  coui-e',  celui  qui  efl:  traverfé  par  un  Importe,  qui  palle  pardeilus  5  ccooi  s^'t 

Bb  1  un 


,5,^  EXPLICATION   DES   TEUMES 

un  mauvais  effet,  comme  on  le  peut  voir  aux  P/7<i/fr«  Ioniques  des  Portiques  du  Palais  dés 
Thuilcrjcs. 
Pilastre  en  gaine  de  terme,  celui  qui  eft  plus  étroit  par  le  bas  que  par  le  haut,  com- 
me les  grands  Pilajirrs  ruiliques  de  la  haute  Tcrtalle  ôe  Meudon.  p.  iS8.  PL  84. 
Pilastre  ATTiauE;  c'elt  un  petit  Pilaflre,  d'une  proportion  particulière  &  plus  courte 
qu'aucune  de  ceux  des  cinq  Ordres.  Il  y  en  a  de  fimples,  comme  à  la  Porte  del'Hoftelde 
jars,  du  defTein  de  François  Maufard  rue  de  Richelieu  à  Paris:  6c  de  ravalez,  comme  à 
i'AttiqucduChâteaude  VerfaïUes.  P/.  74-  p-2-^9- 
Pilastre  rampant,  celui  qui  bien  qu'à  plomb  (uivant  !a  7^w;>f  d'un  Efcalier  ,  fc  trouve 
d'e'querre  furies  Paliers,  &  fert  pour  la  de'cotation  des  murs  de  la  CaL;e  ou  del'Echifre: 
ou  celui  qui  elt  aflujeti  par  quelque  autre  pente  ,  comme  les  Pilafires  Doriques  des  Ailes , 
qui  communiquent  la  Colonnade  avec  le  Portail  de  S.  Pierre  de  i\ome. 
Pilastre  de  rampe.  On  appelle  auid  tous  les  petits  Pilaires  à  hauteur  d'apui ,  qui  ont 
quelquefois  des  Bâtes  &:  Chapiteaux,  &  qui  icrvent  à  retenir  les  travées  de  Baluftres  des 
i^^wpfid'Efcalier,  &dcs  Balcons,  p. 118.  P/.  65  D. 
Pilastre  de  lambris.  Efpcce  de  Montant  le  plus  fouvent  ravale'  entre  les  Panneaux  de 

X.i«6rijd'apui&  de  revêtement,  p.  17c.  P/.  59.  &:p.  541. 
Pilastre  de  ter.  On  appelle  ainli  dans  la  Serrurerie  ,  certains  Montans  à  jour,  qu'on  met 
d'efpaceen  elpace ,  pour  entretenir  les  travées  de  Grilles,  avec  des  ornemcns  convena- 
bles, comme  il  y  en  a  aux  Grilles  du  Château  &  des  Ecuries  de  Yerfailles.  P/.  44A.  p(zç, 
117. 
Pilastre  de  vitre.  Efpece  de  Montant  de  verre,  qui  a  Bafe  &  Chapiteau  arec  des  orne- 

menspcints,  &  qui  termine  les  collez  de  la  Forme  d'un  Mrr<i;7d'Eglife.  p.  535. 
Pilastre  de  treillage.  Corps  d'Architedlure  long  &  étroit  ,    iait  d'échalas  en  com- 
partiment, pour  décorer  les  Portiques  &  Cabinets  de  Treillage  dans  les  Jardins,  p.  197. 
&5C.9. 
PILE  i  c'eft  un  Mafllf  de  forte  maçonnerie,  dont  le  plan  eft  le  plus  fouvent  hexagone  bar- 
long,  &quifepare&  porte  les  Arches  d'un  Pont  de  pieric  ,  ou  les  Travées  d'un  Pont  de 
bois.  p.  245.  &  348.  Lat.  P/Za  félon  Vuruve. 
PILIER.  Efpece  de  Colonne  ronde  &  ifoléc  ,  trop  maflive  ou  trop  grefle  ,  fans  proportion  , 
comme  font  les  Piliers  qui  portent  les  Voûtes  des  Bâtimens  Gothiques.  PL  66  A.  p.  157. 
Lat.  Pila. 
PiiiER  DE  DOME.  On  appelle  ainfi  dans  une  Eglifè  à  Dôme,  chacun  des  quatre  Corps  de 
maçonnerie  ifolez,  qui  ont  un  pan  coupé  à  une  de  leurs  encognures ,  &  qui  eflant  pro- 
portionnez à  la  grandeur  de  l'Eglife,  portent  un  Dôme  fur  leur  Croifée.    Ceux  du  Dôme 
de  Saint  Pierre  de  Rome  ,  occupent  chacun  plus  décent  toifesde  fuperficie.  PL  69.  pag. 

Pilier  cjuarre  ;  c'cfl:  un  Mauif  appelle  auffi  jambage,  qui  fert  pour  porter  les  Arcades  , 
les  Platebandcs ,  &  les  Retombées  des  Voûtes,  p.  10.  PL  3. 

Pilier  butant  ;  c'clè  un  Corps  de  maçonnerie  élevé,  pour  contretenit  la  pouflc'e  d'une 
Voûte  ou  d'un  Arc.  Il  y  en  a  de  differens  profils ,  comme  en  adoucilfement  ou  en  enrou- 
lement, &  quelquefois  avec  des  Arcades,  comme  à  la  pluspart  des  nouvelles  Eglifes. 
p.  136. &  176. 

Pilier  butant  en  console.  Efpece  de  Pilaftre  Attique,  dont  la  partie  inférieure  forme 
«n  enroulcm.ent  par  fon  profil,  comme  une  Confole  renverféc  ;  ce  qui  fert  autant  pour 
6;ï.vr  contre  un  Arc  ou  une  Vouce,  que  pour  racordcr  deux  Plans  ronds  l'un  fur  l'autre, 
differens  de  diamètre ,  par  une  large  retraite,  comme  il  s'en  voit  à  l'Attique  du  Domc 
des  Invalides  à  Paris.  P/.  78.  p.  177. 

Pilier  de  moulin  a  vent  ;  c'eft  le  Maffif  de  Maçonnerie  ,  qui  termine  en  cône  &  porte 
la  Cage  à'un  MonUnàycnt  ^  laquelle  tourne  verticalement  fuT  un  pivot ,  pour  euexpofer 
les  Yolans  au  \ent. 

Pi. 


D'A  R  CHITECT  U  R  E,  ^c.  19^ 

Piliers      d  cARRiEREi  ce  font  des  Maffes de  pierre ,  qu'on  lailTe  d'eipacc en  cfpacc,  pour 
Ibùrcnir  le  Ciel  d'une  Carrière.  Lat.  Moles  faxe:i. 

PILOTAGE;  c'cii  dans  l'eau,  ou  rurunccrrcindemaiivaife  confiflcncc,  un  c(ps.ce  peuple 
de  Pihtii  ,  fur  lequel  on  fonde.  Lat.  Palatio  lelon  Vitruve. 

PILOTER;  c'cfl  enfoncer  des  Pieux  ou  des  P//or/>  avec  la  Sonnette  ou  lEngin  jufqu'au  re- 
fus du  Mouton  ,  ou  de  la  Hie. 

PILOTIS.  Pièce  de  bois  de  chcfne  ronde  ,  employc'edcfagroflèur,  afîlc'epar  un  bout  quel  • 
quefois  arme  d'un  fer  pointu  &:  a  quatre  branches ,  &  frétée  en  fâ  couronne  ,  d'une  frettc 
«le  fer.  On  nomme  Pilotis  de  borcLi^c  ,  ceux  qui  bordent  ou  environnent  le  Piljtage  -,  S>c  qui 
portent  les  Patins  &  Racmaux:  ]it  Pilotis  de  remplaji^e ,  ceux  qui  garniirenti 'c/p ace  ;)//ofr'. 
Ileaentre  i8.  à  lo.  dans  une  toifc  fuperficielîe.  Le  P;/ome/ldifîèrciitdu  Pieu  ,  en  ce  qu'il 
eft  tout  à  fait  enfoncé  dans  la  terre ,  &  que  partie  du  Pieu  en  paroît  au  dehors  ou  au  dellus 
de  l'eau  dans  une  Palée.  p.  15  5 .  Se  145 .  Lat.  Palus  fPucariiis. 

PIQUER;  c'c[ï  en  Ad^iiçcnnerie  ,  ruftiquer  les  paremens  ou  les  lits  d'une  pierre,  d'un  moiîo» 
ou  d'un  quartier  de  grais ,  avec  la  pointe  du  marteau.  Et  c'eft  en  Charpenterie ,  marquer  une 
pièce  de  bois  avec  le  traceret ,  pour  la  tailler  &  façonner,  p.  557. 

PIQUETS.  Petits  morceaux  de  bois  pointus  ,  qu'on  enfonce  dans  la  terre,  pour  ten  dredc 
cordeaux,  lorfqu'on  veut  planter  un  Bâtiment ,  ou  un  Jardin.  OnnommtTiiquets .,  ceux 
qu'on  enfonce  a  telle  perdue  dans  la  terre ,  afin  qu'on  ne  les  arrache  pas ,  &  qu'ils  fervent 
de  repc'res  dans  le  befoin.  p.  1 5 1.  Lat.  Paxilli. 

PIQLJEURj  c'efl:  dans  unAttelier,  un  homme  pre'pofe' par  l'Entrepreneur  ,  pour  recevoir 
par  compte  les  matériaux,  en  garder  les  tailles  ,  veiller  à  l'emploi  du  tems  ,  marquer  les 
journées  des  Ouvriers,  &  p/ç/aTliir  fon  rôle  ,  ceux  qui  s'abfentent  pendant  les  heures  dm 
travail ,  afin  de  retrancher  de  leurs  falaircs.  On  appelle  Chajjavants ,  les  moindres  Pi<^ueurs\ 
qui  ne  font  que  hâter  les  Ouvriers,  p.  144. 

PIRAMIDE ,  ou  PYRAMIDE ,  du  Grec  Pyr ,  le  feu,  parce  qu'elle  termine  en  pointe  ,  com- 
me la  flame  ;  c'eil  un  corps  folide  dont  la  Bafeeftquarrée,  triangulaire  ou  polygone  ,  Se 
qui  depuis  cette  Bafe  ,  va  en  diminuant  jufques  à  fon  fommet.  On  élevé  quelquefois  des 
Piramidcs  pour  quelque  événement  fingulier;  mais  comme  elles  font  le  fymbole  de  l'Im- 
mortalité ,  elles  l'ervent  plus  fouvcnt  de  Monumcns  funéraires ,  ainfi  que  celle  de  Ceftius  à 
Rome,  &  celles  d'Egypte  autant  fameufes  pour  leur  grandeur,  que  pour  leur  antiquité. 
PL  t-  p-  }•  &  4-  ^Jfà  les  Obfervations  de  Bellon ,  &  les  Voïages  de  Pierre  Gilles,  de 
Pietro  de  la  Vallée  ,  &  de  M.  Thevenot. 

PiRAMiDE  d'amortissement.  Petite  Piramide  ,  qui  tern-ine  quelque  décoratio» 
d'Architedurc,  comme  il  y  en  a  fur  les  Piliers  butans  de  i'EgUle  de  S.  Nicolas  du 
Ghardonnct  à  Pans,  &  au  Portail  de  Sainte  Marie  dcl  Horto  à  Rome.  Il  y  a  auffi 
de  ces  Piramides  -,  qui  fervent  d'enfaiftement ,  comme  il  s'en  voit  lut  l'Eglife  des  In- 
valides. 

PISCINE  ;  c'eftoit  chez  les  Anciens  un  grand  Baflin  dans  une  Place  publique  ,  où  la  Jeunefle 
apprenoit  à  nager  ,  &  qui  eftoic  fermé  d'un  mur ,  pour  empêcher  qu'on  y  jettât  des  ordu- 
res. C'eftoit  aurtî  le  Bailîn  quatre  du  milieu  d'un  Bain.  Ce  mot  vient  du  Latin  Pijcis ,  Poif- 
fon;  parce  que  les  hommes  imitent  les  Poiflons  en  nageant ,  &  qu'on  en  confervoitauIlS 
dans  quelques-unes  de  ces  Pifcines.  p.  509. 

P1SCIN.E  PROEATIQUE;  c'cftoit  uu  Refervoit  d'eau  prés  le  Parvis  du  Temple  de  Salomon  , 
ainfi  nommé  du  GiccProbaton  ,  brebis;  parcequ'onylavoit  les  animaux  deftincz  au  Sa- 
crifice. On  voit  encore  cinq  Arcades  du  Portique  ,  les  degrcz&:  une  partie  du  Baflin  de 
cette  Pijeine,  où  Jesus-Christ  guérit  le  Paralitique. 

Piscine  ou  Lavoir;  c'eft  chez  les  Turcs  au  milieu  de  la  Cour  d'une  Mofquée,  ou  fous  les 
Portiques  qui  l'environnent,  un  grand  BaîTin  ordinairement  quarré-long,  conftruitde 
piètre  ou  de  marbre  ,  avec  quantité  de  robinets  ,  où  les  Turcs  fe/iiVf»jr,  avant  que  de  faire 
leurs  prières  ;  parce  qu'ils  croyent  que  l'ablution  efface  leurs  pochez. 

Bb  î  PIS- 


,ç,8  EXPLICATION   DES   TERMES 

riSTON  ;  c'efl:  un  court  cilindrc  de  mérail,  qui  citant  agite  par  une  manivelle  clans  le  corps 
ci'unc  Pompe,  ferc  par  foiimouvemcn:  à  tirer  ou  afpircr  l'eau  ,  ou  à  la  comprimer  ou  re- 
fouler. Lac.  EmhoUts  ou  Fuudulus  dmhulatilis  félon  Vitruve. 
PIVOT.  Morceau  c!e  fer  ou  de  bronze,  qui  arondi  à  l'extrémité  par  où  il  entre  dans  une  Cra- 
paudine  ,  &  attache'  au  bas  du  Ventail  d'une  grande  Porte,  (crt  à  le  faiie  tourner  vercica- 
Jemcnt.     Cette  manière  eft  la  plus  durable  pour  pendre  les  Portes,  comme  on  le  peut  re- 
marquer à  celles  du  Panthéon  à  Rome,  qui  font  de  bronze,  &- dont  les  Ventaux  chacun 
de  13.  pieds  de  haut  fur  7.  de  largeur  ,  n'ayant  pas  lurplombe  depuis  le  fiecled'Auguite 
qu'elles  fubfiflent,  s'ouvrent  &  fe  ferment  avec  autant  de  facilité  qu'une  fimple  Forte  Co- 
chcre.  p.  143 .  Lat.  ,^xis  félon  Vitruve. 
PLACAGE  5  c'eft  dans  les  ouvrages  de  Menuifcrie,  la  manière  d'adapter  des  morceaux  de 
bois  fur  les  membrures  ou  panneaux,  pour  y  pouflèr  des  moulures  &:  y  tailler  des  orne- 
ment qui  n'ont  pas  pu  elhe  clcgis  dans  la  même  pièce  ,  parce  qu'ils  ont  été  faits  après  coup. 
C'cd  aulli  le  recouvrement  de  la  Menuiferie  d'alfeinblage  ,  avecdes  bois  durs  &  précieux 
colezpjr  feiiilks    /;.  541.' 
PLACARD  i  c'eft  une  décoration   de   Porte   d'Apartement   compofée  d'un  Chambranle 
couroimé  de  fa  frifc  ou  gorge,  &  de  fi  corniche  portée  quelquefois  fur  des  confoles: 
&  qui  fe  fait  de  bois,  de  pierre  ou  de  marbre.     Mais  ce  mot  s'entend  plus  particuliere- 
iTient  du  revêtement  d'une  Porte  deMenuiferie  garnie  de  fes  Ventaux.p.  ijo.  PL  59.  oc 
PI.  99.  p.  559. 
Placaud  double,  celui  qui  dans  une  Baye  de  Porte,  en:repetédeYant&  derrière,  avec 

embrafures  entre  deux  fur  l'épaifleur  d'un  mur  ou  d'une  cloifon. 
Placard  cintre',  celui  d'une  Arcade  ou  d'une  Porte  ronde  :  ouplûtôt  celui  dont  le  plan 
elt  curviligne ,  comme  il  s'en  fait  dans  les  Salons  Se  VelUbuIes  ronds ,  &  comme  il  y  en  a 
au  Porche'ou  Tambour  de  menuiferie  de  l'Eglife  des  PP.  Chartreux  à  Paris. 
Placard  teint,  celui  qui  ne  lèrt  que  de  Lambris,  pour  fane  fîmmetrie  avec  une  Porte 

parallèle  ou  oppofée.  p.  170. 
PLACE.    Efpace  de  figure  régulière  ou  irregulicre,  deftiné  pour  bâtir,  qu'on  appelloit  an- 
ciennement P^r/rrrr.  p.  175. Lat.  t^rea. 
Place  tubliqj-'e.     Grande    Place  découverte,    entourée   de    Bâtimens   de   fiinmetrie, 
pour  la  magnificence,  comme  la  Place  où  eftoit  l'Hôtel  de  Vandôme  àParis ,  &  celle 
de  S.  Charles  à  Turin:  ou  pour  l'utilité  ,  comme  une  Halle  ou  un  Marché,  ainfî  que 
la  Place  Navone  à  Rome,  &  le  Marché  de  Yerfailles.  pag.  307.  &:c.  Lat.  Furnmi'don 
Vitruve. 
PLAFONDi  c'eft  le  dclTous  d'un  Plancher,  droit  ou  cintré,  lambrifle  de  lattes  &  de  plâ- 
tre.    Quand  il  ell  de  Menuiferie  ,  on  l'appelle  Sofite.p.  188.  &  546.  Lat.  Cxlum  félon 
Vitruve. 
Plafond  de  pierre;  c'eft  le  delTous  d'un  Plancher  fait  dédales  de  pierre  dure  ,  ou  de  pier- 
res de  leur  hauteur  d'aparcil.    Ces  PU  fonds  font  ^  oufimples,  comme  celui  du  Porche  de 
l'Ecrlife  de  l'Airomption  rué"  Saint  Honoré,  ou  avsccompartimens  Scfculpture,  comme 
au  Portail  du  Louvre,  p.  159. 
Plaîomd  de  teinture,  celui  qui  cft  enrichi  de  Pmfwrf  par  comparrimens,  ornemcns  oa 
fujets  d'Hiftoire  fur  le  plkre,  la  toile  ou  le  bois.  Il  s'en  fait  auili  d'Architecture  en  perf- 
pcétivc,  qui  font  un  percé  merveilleux  ,  comme  elt  le  P/.i/i^Ji/ cintré  de  la  Salle  Clémen- 
tine du  Vatican  à  Rome.  p.  347. 
Plaîond  de  corniche  ;  c'eft  le  dcffous  du  Larmier  d'une  Corniche,  qu'on  appelle  enco- 
re Sojïte,  &c  qui  eft  ou  fimple,  ou  enrichi  de  Sculpture,  p.  ^^-PL  I5.&:i4.    C'eft  ce  que 
Vitruve  entend  par  le  mot  Ftwiitia, 
PLAFONNER;  c'eft  revêtir  le  deflbus  d'un  Plancher  ou  d'un  Cintre  de  charpente,  avec  des 

aisou  du  mairain. 
PL  AIN-PIED  j  fc  die  dans  une  Maifon,  d'une  fuite  de  pkfieurs  Pièces  fur  une  ligne  de  ni- 
veau 


D' A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E,  &c.  ip^ 

veau  parfaitou  de  niveau  de  pente  fans  pas  ni  reflauts,  foitaurcz-dc-chauflee,  ou  aux  au- 
tres Ecagesdedcfl'us.p.  i8o.  &  3  3 }. 

PLAN,  que  Vitruve  nomme  hhnographie -^^  c'eil:  la  reprefcntation  de  la  pofîtion  des  corps 
folides,  qui  compofenc  les  parties  d'un  Bâtiment,  pourcnconnoître  ladilhiburion.  On 
appelle  Plan  gcnutral  ^  celui  dont  les  folidcs  &  les  tfpaces,  font  de  leur  naturelle  pro- 
portion. Pian  relevé ,  celui  où  l'élévation  cil  élevée  fur  le  geometr^il ,-  en  forte  que  la  di- 
Ihibution  en  eft  cachée.  Et  Pla>}  pcrjpc6iif ,  celui  qui  eft  pair  dégradations ,  félon  les  relies 
âe  la  Perfpcdive.  Pour  rendre  les  Plans  intelligibles  ,  on  en  marque  les  maififs  d'un  hvis 
noir:  les  faillies  qui  poiènt  à  terre,  fe  tracent  par  des  lignes  pleines:  &  celles  qui  font 
fuppofées  au  deflus ,  par  des  lignes  poncfliiées.  On  diftingue  les  augment.itions  ou  ré- 
parations à  faire,  d'une  couleur  difl'erente  de  cequi  elfc  conftruit  :  &  les  teintes  eu  lavis 
de  chaque  Plan,  fe  font  plus  claiis,  à  mcfure  que  les  Etages  s'élèvent,  pag.  iji.  &c, 
PL  60.  Sec. 

Flan  régulier,  celui  qui  eft  compris  par  des  figures  parfaites  ,  dont  les  angles  &  les  cotez 
oppofez  font  égaux:  Et  Plan  nrcgulicr,  celui  qui  cil  au  contraire  biais  ou  de  travers  en 
tout  ou  en  partie  par  quelque  fujetion. 

Plan  eigure',  celui  qui  eft  hors des/zçwrfj  ordinaires  ,  &  eft  compofe' de  plufieurs  retours 
avec  enfoncemcnsquarrez  ou  circulaires  ,  angles  faillans  ,  pans  coupez  &  au  très  j':^/(rfi-  ca- 
pricieulès  qui  peuvent  tomber  dans  l'imagination  des  Architectes,  &  qu'ils  mettent  en 
ceuv.'-e  pour  fe  diftinguer  par  des  produdions  extraordinaires,  comme  cela  fe  voit  à  tous 
\ts  ouvrages  du  Cavalier  Boromuii ,  qui  s'eft  fait  une  manière  d'Architedlure  difrerente  de 
tout  ce  qui  l'a  précède',  p.  553. 

Plan  de  jardin,  celui  qui  eft  ordinairement  relevé' fur  fon  gcometral  ,&  dont  les  arbres, 
les  treillages ,  &  la  broderie,  font  colorez  de  verd ,  les  eaux  de  bleu  ,  &:  la  terre  de  gris, 
ouderougcàcrc.  P/.  65  A.  p.  191 . 

Plan  en  grand,  celui  qui  eft  trace'  auiïï  grand  que  l'ouvrage  ,  ou  fur  le  terrein  avec  des 
lignes  ou  cordeaux  attachez  à  des  piquets,  pour  en  marquer  l'es  encôgnurcs ,  les  retours» 
&  les  centres,  8c  pour  faire  l'ouvciture  des  fondations  :  ou  fur  une  aue  ,  pour  fervir  d'e- 
pure  aux  Apareilleurs ,  &  planter  avec  exaditude  le  Bâtiment. 

PLANCHE.  VoyeK  AIS. 

Planche  de  jardin  ;  c'eft  un  cfpace  de  terre  plus  long  que  large,  en  manière  de  plate- 
bande  ifoie'e.  On  appelle  Planche  ccfticre ,  celle  qui  eft  au  pied  d'une  Muraille  ou  d'une  Pa- 
lidade.  Ces  fortes  de  Planches  dans  les  beau  x  ;farcim  potagers,  font  fouvent  bordées  de 
fines  herbes,  p.  199.  Lat.  Pulvtnusolitortus. 

PLANCHER.  Ce  mot  fe  dit  autant  d'une  certaine  épaifleur  faite  de  folives ,  qui  fepare  les 
Etages  &  que  Vitruve  nomme  Tabulatum ,  &  Contignatio  ,  que  de  l'aire  qu'elle  porte  &  fur 
laquelle  on  marche.  Il  fe  prend  aulfi  pour  le  delfousà  boisapparensoulambriiré.p.  158. 
P/.  55.&P.  351.  . 

Plancher  hourdi  ,  celui  dont  les  entrevouxeftant  couverts  par  des  ais,  ou  des  lattes  ,  eft 
eniuite  maçonné  grolTierement ,  pour  recevoir  la  charge  &  le  carreau ,  ou  les  lambourdes 
du  parquet,  p.  3  5i.Lat.  Tabulatum  ruderatum. 

Plancher  ruine'  &  tamponne',  celui  dont  les  enrtevoux  font  remplis  déplâtre  &  plâ- 
tras retenus  par  des  tampons  ou  fcntons  de  bois  ;  avec  r.v;«.vrf^  hachées  aux  cotez  des  Ibli- 
ves.  Ce  Plancher  eft  ordinairement  enduit  d'après  les  folives  par  deilbus ,  &.  quelquefois 
par  deflus,  fans  aire  ni  charge,  p.  351. 

Plancher  eneonce',  celui  dont  le  dcflbus  eft  à  bois  apparent,  avec  des  entrevouxcou-^ 
verts  d'ais  ou  enduits  de  plâtre  fur  un  lattis,  ibid. 

Plancher  afaisse'  ou  arène',  celui  qui  n'cftant  plus  de  niveau,  penche  d'un  côté  ou 
d'un  autre,  ou  eft  courbe  vers  le  milieu,  à  caufe  que  fa  charge  eft  trop  pelante,  ou  que 
fes  boisfonttrop foibles.  Lat.  Tabulatum  delumhatum. 

PiANCHER  DE  PLATiPOKMES  3  c'cft  fui  UH  elpacc  pcuplé  de  pilocis  ,  une  Aire  faite  de 

PU- 


jco  EXPLICATION  DES   TERMES 

Platefomr,  ou  madriers  pofez  par  enchevauchure  fur  despanns  &  racmaux  ,  pour  rece- 
voir les  premières  a(li(es  (le  pierre  de  la  Cule'e  ou  de  k  Pile  d'un  Pont,  d'unMole,  d"unc 
Dif^ue,  &c.Lat.  5fra/ttw félon  Vicruve. 
PLANCHEYER  ;  c'eft  couvrir  un  PLvichcr,  d'ais  joints  a  ramure  &  lanf];aette,  &  clouez 
fur  des  lambourdes.  C'eft  auffi  faire  un  Plafonds  d'ais  minces  de  fapm  cloués  contre  des  fo- 
lives.  p.  î5t. 
PLANIMETRIE.   Voyex  ARPENTAGE.  r      ,      a         •• 

PLANT  D'ARBRES.  Efpace  plante  à'^rbrfs  avec  fimmctne,  comme  font  les  Avenues  , 
Oiiinconges  ,  Bofciucts ,  &c.  Ce  lîiot  fe  dit  autfi  d'une  Pepmiere  d'^rtr^/^i^x  plantez 
fur  pUificurs  Usines  parallèles,  p.  195.  ■  ^r     ^      ■         1        r     t 

PLANTER  U>f  BAbTLVlENT;  c'eft  en  difpofer  les  premières  afliles  de  pierre  dure  lur  la 
maçonnerie  des  Fondemens,  drelTée  de  niveau  ,  fmvant  les  cottes  Scmefures  avec  toute 
rcxaclitudepofTible.  p.  151.&C.  ,.t^  •   r    •         c    j    xa 

Planter  tes  pieux  i  c'eft  les  enfoncer  avec  la  Sonnette  ou  1  Engin,  jufqu  au  refusduMou- 

tcnoudelaHie. 
PLAQUE.  Foyez  CONTRECOEUR.  ,    .  r  r        • 

PLAQUER  î^  PLATRE.  Manière  de  l'employer  en  le  jettant  fortement  aveciamain  , 
comme  pour  gobeter  &  hourdir.  Et  Plaquer  le  bois  ;  c'eft  l'appliquer  par  feuilles  minces 
fur  un  alfemblagc  d'autre  bois,  comme  le  pratiquent  les  Ebeniltes.  p.  541. 
PLAQUIS-  c'eft'une  c{>ece  d'Incrufbtion  d'un  morceau  mince  de  pierre  ou  de  marbre, 
inalFaite&  fansliaifon  ,  qui  dans  l'Apareileft  un  plus  grand  défaut,  qu  un  petit  Clauloir 
dans  un  Trumeau  ou  un  Cours  d'alfife.  p.  5 16. 
PLASTRON.   Ornement  de  fculpture  en  manière  d'anfe-de- panier  avec  deux  enroulemens  , 

imité  du  Bouclier  naval  antique.  P/.  B. p.  VII.  .    ,    „    ,      •  ,    j^ 

PLAT  DE  VERRE;  c'eft  un  rond  à^  Verre  de  France,  de  deux  pieds  &  demi  de  diamètre  , 

ou  environ  ,  avec  œil  ou  boudiné  au  milieu,  p.  ziy.  r      i     r        j.       a 

PLATEE  ANDE.  Moulure  quarrée  plus  haute  que  faillante,  comme  font  les  faces  d  un  Ar- 
chitnive,  &  la  P/afftWf  des  ModUlons  d'une  Corniche.  P/.  11.  p.  ji.  &c.  La  Platchande 
eft  fio-nifiée  dans  Vitruvc  par  ces  mots  Fafàa  ,  Tccma  &  Corfa. 
Platebande  de  baye;  c'eft  la  fermeture  quarrée,  qui  fert  de  Linteau  ,  a  une  Porte 
ou  à  une  Feneftre  ,  &  qui  eft  faite  d'une  pièce  ou  de  pluflcurs  claveaux.  P/.  66  A. 
p.  157. &c.  j, 

Platebande  bombe'e  &  regle'e -,  c'eft  la  fermeture  ou  Lmteau  q  une  Porte  ou  d  une 

Croifée,  qui  eft /jowir  dans  l'embrafure  ou  dans  le  tableau,  &  droit  par  Ion  profil,  ibid. 
Platebande  circulaire,  celle  d'un  Temple  ou  d'un  Porche  de  figure  ronde,  commela 
Platebande  àt  l'Entablement  Ionique  de  l'Eglife  de  Saint  André  fur  le  Quirinal  à  Rome  , 
qui  f iibfifte  avec  beaucoup  de  portée  par  l'artifice  de  fonapareil. 
Platebande  arasée,  celle  dont  les  claveaux  font  à  teftes  égales  en  hauteur  ,  &  ne  font 

point  de  liaifon  avec  les  Afiîfcs  de  deffus.  /i'/J.  •  .       .       j 

Platebande  de  compartiment;  c'eft  une  face  entre  deux  moulures,  qui  bordcntdcs 
panneaux  en  manière  de  Cadres  de  plu fieurs  figures  dans  les  Cowpdr//wcw  des  Lambris  & 
des  Plafonds.  LesGuillochisfont  formezdeP/u/f^<7«<ififimples.p.  347. 
Platebande  ds  pave'.  Toute  Dale  de  pierre  ou  Tranche  de  marbre  ,  qui  dans  les  com- 
partimens  du  PdVf,  renferme  quelque  figure.  On  nomme  auffi  Platebandes  de  Pavé ,  les 
compartimens  en  longueur,  qui  répondent  fous  les  Arcs  doubleaux  des  Voûtes.  P/.  loi. 

*.  :49.  &  P/.  lOj.p.  3  53.  ,  „,      ,       ,    1      • 

Platebande  de  ter.  Barre  de /fr  encaftrée  fous  les  claveaux  d'une  P/fl/efcd«df  de  pierre , 

dontelle  foulage  la  portée,  f.  118. 
Platebande  de  parquet,-  c'eft  un  AfTemblagc  étroit  &  longavec  compartiment  en  lo- 
fange  ,  qui  fert  de  bordure  au  Parquet  d'une  Pièce  d' Apartemenc ,  &  qui  n'eft  pas  quelque- 
fois parallèle ,  pour  racbeuer  le  biais  de  cette  Pièce ,  q^uand  il  y  en  a. 


D' A  R  C  H  I  T  E  C  T  U  R  E  ,   &c.  2ot 

Platebanbe  de  parterre.  Efpece  de  Planche  garnie  d'arbriffeaux  &  de  fleurs,  &  bor- 
dée de  buis  nain  ,  qui  continue  ou  coupe'e  par  fes  retours,  forme  des  compartiniens,  'ou 
enferme  une  Pièce  de  broderie  dans  un  Parterre.  On  appelle  auiTi  Platehiiv.de ,  une  Planche 
de  terre  continue  le  long  des  murs  5c  des  palilPades  d'un  Jardin.  Les  moindres  Platcbun'des , 
ont  trois  pieds  de  large,  &  les  grandes  iix,  &  font  bombées  ou  endos  d'afne.  P/.  65  A. 
pjg.  191 .  &c. 

PLATEE;  c'cft  un  Maflîf  de  Fondement,  qui  comprend  toute  l'étendue  d'un  Bâtiment, 
comme  font  fondez  les  Aqueducs,  les  Arcs-de- triomphe,  3c  pluficurs  Bâtimens  anti- 
ques, pa^.  i;4. 

PLATEFdRME.  Manière  de  Tcrrafic  ,  pour  découvrir  une  belle  veuë  d:ins  un  Jardin.  On 
appelle  aulllP/a/f/orwe,  la  couverture  d'une  Maifon  fans  Comble  ,  &  couverte  en  Terraf- 
fc  ,  de  pierre,  déciment,  ou  de  plomb.  Vie  de  yign.&c  PL-ji,.  f.  159. 

Plateformes  de  fondation.  Pièces  de  bois  plates ,  arrelte'es  avec  des  chevilles  de  fec 
fur  un  Pilotage,  pour  aiieoir  la  maçonnerie  dellus:  ou  pofe'es  fur  des  racinaux  dans  le  fonds 
d'un  Refcrvoir  ,  pour  y  conftruireunmur  de  douve.p.  245.  Lat.  StmtumÇdon  Vitruve. 

Plateformes  de  comble.  Pièces  de  bois  plates  affcmble'es  par  des  entretoifesi  en  forte 
qu'elles  forment  deux  cours  ou  rangs ,  dont  celui  de  devant  reçoit  dans  des  pas  entaillez  par 
embrevemcnt,  les  chevrons  d'un  Comble  ,  &  qui  portent  fur  l'e'pailTeur  des  murs.  Quand 
ces  Plate formei  font  étroites ,  comme  fur  des  médiocres  murs ,  on  les  nomme  Sablières. PL 
64  A.  p.  187. 

PLATRAS.  Morceaux  de  P/ifrf  qu'on  tire  des  démolirions,  &  dont  les  plus  gros  ferveur 
pour  faire  le  haut  des  Murs  de  pigjion  ,  les  Panneaux  des  Pans  de  bois  &  de  Cloifon  ,  les 
Jambages  de  Cheminée,  èic.  p.  7,47,. La.t.  litidus  vêtus. 

J'LATRÈ.  Pierre  cuite  &  mife  en  poudre,  qu'on  employé  gâchée  aux  ouvrages  de  Maçon- 
nerie, &  qui  doit  ellreconfiderée  félon  fes  bonnes  ou  mauvaifesqualitcz,  &  Ion  emploi, 
p.  II 5. Lac.  Gyffum. 

.VLATKE  félon  jcsçiualite:^. 

Plâtre  cru;  c'eft  la  pierre  de  PlÀtre  propre  à  cuire,  dont  on  fefert auffi quelquefois > 
au  lieu  de  moilon  dans  les  Fondations,  &  donc  le  meilleur  eft  celui  qu'on  laillc  quelque 
temps  à  l'air,  avant  que  de  l'employer. 

Plâtre  gras,  celuiquieftant  cuit  à  propos,  efl:  le  plus  doux  à  manier,  &  le  meilleur  à 
l'emploi  ;  parce  qu'il  fe  prend  ,  fe  durcit  promptement ,  &  fait  bonne  liaifon.  p.  1 1 5  • 

Plâtre  blanc,  celui  qui  a  eflé  râblé,  c'eft  à-dire,  donc  on  a  ofté  le  charbon  dans  la 
PL{  triere.  Et  Putregris ,  celui  qui  ne  l'a  pas  elté.  ibidem. 

JPlatre  verd,  celui  qui  n'cftanc  pas  afiez  cuit,  fe  prend  trop  toft  en  le  gâchant ,  &fedif- 
fbud  ,  ou  ne  fait  pas  corps. 

Plâtre  évente',  celui  qui  ayant  efté  long-temps  à  l'air,  a  perdu  fa  bonne  qualité ,  (è 
pulverilé ,  s'écaille  &  fe  gerfe  ,  &  ne  prend  point,  p.  n  5  • 

Plâtre  moLulle',  celui  qui  ayant  efté  expofé  à  la  pluye  ,  n'eft  d'aucune  valeur. 

PLATRE  jeton  [on  emploi. 

Gros  Plâtre,  celui  qu'on  employé  ,  comme  il  vient  du  Four  de  la  Plltrfere ,  &  dont  on 
£èfertpourépi(;eonner,  &c.  On  appelle  auffi  Gjoj  P/^/rf  ,  les  Gravois  de  Plâtre,  qui  ont 
efté  criblez,  &  qu'on  rebat  pour  s'en  fervir  à  renformir,  hourdcr  &gobeter.  p.  115. 

Plâtre  au  panier,  celui  qui  eft  pallé  au  manequin&  fert  pour  les  Crépis  :  Si  Plâtre  au 
/as  ou  Pthrc  jm  ,  celui  qui  pallé  au  fas  fert  pour  les  Enduits  ,  l'Architeâiure  &  la 
Sculpture.//». 

Plâtre  serre',  celui  où  il  y  a  peu  d'eau  ,&  fert  pour  les  foudurcs  des  Enduits.  Plâtre  clairt 
celui  où  il  y  a  plus  d'eau  &.  krt  pour  ragréer  les  moulures  traînées.  Ez  cnRu  Plâtre n^yé  , 
celui  où  il  y  a  encore  plus  d'eau,  &  ne  fert  que  de  coulis  pour  ficher  les  joints. 

Plâtres.  On  nomme  ainfi  generalcn.ent  tous  les  menus  ouvrages  de  Plâtre  d'un  Bârimenr  , 

comme  les  Lambris  ,   Corniches  ,   Manteaux   de  Cheraniée  ,  &c.   C'clt    pourquoi 

Torrx  IL  Ce  on 


20Î  EXPLICATION  DES  TERMES 

on   les  marchande  fcpare'mcnt   des  autres  ouvrages   à  des  Compagnons-  Maçons,  f>. 

Plâtres  de  couverture,  ceux  qui  fervent  à  arrcftcr  les  tni!es,  &  !es  racorder  avec  les 
murs  &  les  lucarnes,  comme  font  les  tuiîe'es,  folins ,  areilieres  ,  creftes  ,  croflettes , 
cueillies,  devantures,  paremens ,  filets,  Scc.f.  336. 

PLATRIERE.  Ce  motfc  ditaulfi  biende  îaCarricrc  ,  d'où  l'on  tire  la  pierre  de  Plâtre^  que 
du  lieu  où  elle  eft  cuite  dans  des  Fours.  Les  meilleures  PAtfnfre/,  font  celles  de  Mont- 
martre prcs  Paris,  p.  318. 

PLEIN.  On  dn  k  l'iclnd' un  mur ,   pour  en  f  gnifier  le  malTîf.p.  ijy.  f^jyr?  VUIDE. 

PLEUllS  DE  TERRE.  On  appelle  ainfi  les  eaux  qu'on  ramafte  de  divcrics  hauteurs  à  la 

Ci  -        -    -         -      - 

fe'c 

J^(^rp^;(:/c- ,  où  elles  le  pi 

terne  à  Bclleville  près  Paris,  reçoitdc  cesP/f.vrj-,  de  divers  endroits  delà  monragne,  dont 

les  eaux  font  de  différente  faveur  ,   &  charient  auffi  chacune  un  limon  de  différente 

couleur. 

PLIi  c'eft  l'effet  contraire  d'un  Coude  dans  la  continuité' d'un  Mur.  p.  5  58.Lat.  5^/;<ro«  fé- 
lon Vitruve. 

PLINTHE,  duGrecP/;V;ffcoj,  Brique  quarrée  ;  c'efl:  une  table  quarrée  ,  fous  les  moulures 
des  Bafcsd'uneColonne&  d'un  Piédeltal.  PL  ^.p.  i  s.&c. 

Plinthe  arondi,  celui  dont  le  plan  eft  rond,  ainfi  que  le  Tore ,  comme  auTofcande 
Vitruve. p.  8. 

Plinthe  de  mur.  Toute  moulure  plate  &  haute ,  qui  dans  les  Murs  de  face,  marque  les 
Planchers,  &  fert  à  porter  l'egout  de  Chaperon  d'un  Mur  de  clôture  ,  &  le  Larmier  d'une 
Souche  de  Chemine'e.  p.  165  .&  357. 

Plinthe  ravale',  celui  qui  a  une  petite  table  refoùille'e  ,  quelquefois  avec  des  ornemens  , 
comme  des  polies ,  guillochis  ,  &  entrelas ,  &c.  Ainû  qu'il  s'en  voit  au  Palais  Farnéfe  à 
Rome.  PL  98.  p.  319. 

Plinthe  de  figure;  c'eft  la  Bafe  plate,  ronde  ou  quarre'e ,  qui  porte  une  J;^;/rf.  p.  1 50. 

PLOMB.  Métail  tendre,  qui  fcrt  dans  les  Bâtimens  pour  les  Couvertures ,  les  Tcrraffes ,  les 
Goutieres,  les  Scellemens  ,  &c.  &  dans  les  Jardins  ,  pour  les  Tuyaux  &  Baffms.  On  ap- 
pelle P/ow^>jo/r,  le  plus  commun  fondu  par  tables  :  &c  Plomb  blanchi ,  celui  qui  eft  froté 
d'c'tain  fondu  avec  des  e'toupes.p.  114. 

PtoMB  de  VITRES;  c'eft  du  Plomb  fondu  par  petits  lingots  ou  bandes  dans  une  Lingo- 
tiere  ,  &  enfuite  étire'  par  verges  à  deux  rainures  dans  un  Tireplomb  ,  pour  s'en  1er- 
vir  à  entretenir  &  former  les  Panneaux  de  Vitres.  On  appelle  Plomb  de  Chef-d'œuvre  y. 
le  plus  étroit  &  le  plus  propre  ,  qui  fert  pour  les  Pièces  d'expérience  &  les  Chef- 
d'ceuvres.  p.  117. 

Plomb  d'ouvrier.  Petit  poids  de  quelque  métail ,  attache' au  bout  d'une  ligne  ou  cordeau 
paffe  dans  une  plaque  de  cuivre  appelle'e  Chas,  duquel  les  Ouvriers  fe  fervent  pour  élever 
perpendicul:.irementun  Mur  ou  un  Pan  de  bois  :  pour  juger  de  fon  aplomb  Se  Surplomb  : 
&  enfin  pour  prendre  en  contre-bas ,  des  hauteurs  inacceiïîbles  avec  la  Toife.  PL  66  A. p. 
137.  Lac.  Pcrpeudicalum  félon  Virruve. 

PLOMBER;  c'eftjugerparunP/owt ,  de  la  droiture  ,  du  fruit ,  ou  du  taf  ut  d'un  mur  ,  ou 
de  tout  autie  ouvrage  de  Maçonieric.  pa;^.  v. 

Plomber  un  arbre  ;  c'eft  après  qu'il  eft  plante  d'alignement  dans  la  terre  meuble ,  & 
comble  jufques  au  niveau  de  l'Allée  ,  peler  du  pied  fur  la  terre  pour  l'affermir  &  l'affeurer 
à  demeure. 

PLUMEE.  On  dit  faire  une  P/;<wff,  lorfqu'on  dreffe  à  la  règle  avec  le  marteau  ,  les  bords 
du  parement  d'une  pierre  pour  la  dégauchir,  p.  3  58. 

POELE.  Fourneau  fait  de  plaques  de  fer  fondu,  quiaunconduitparoùs'exbalclafumée- 

da 


D' A  RCHITECTU  RE,  &c.  205 

(îu  bois  qu'on  y  brûle,  pour  e'cliaufer  une  Chambre  fans  voirlcftu.  Il  s'en  fait  ai;ffi 
de  poterie.  Les  Poêles  font  d'un  grand  ufige  dans  les  Païs  froids,  &  li^s'en  voit  de 
ma<ynifîqucs  &  d'une  grande  dépenic  en  Allemagne,  où  ils  donnent  le  même  nom  an  t 
Chambres  qu'ils  cchaufcnt.  p.  138.&  165.  Vitruvc nomme  Hyj}ocdt<j}a  ks  i-'oJcs  &  les 

Etuves. 

POINÇON  ,  ou  AIGUILLE  ;  c'cft  la  pièce  de  bois  debout ,  où  font  aifemblcz  les  petites 
Forces  &  le  Faifte  d'une  Ferme  ,  &  que  Vitruve  nomme  Co^Mwa».  C'eftaulTi  en  dedans  des 
vieilles  Ec^lilcs,  qui  ne  font  pas  voûtées,  une  pièce  de  bois  à  plomb  de  la  hauteur  de  la 
montée  du  cintre  ,  qui  eftant  retenue  avec  des  c'triers  &  boulons ,  f^-Tt  à  liet  l'entrait  avec 
le  tirant.  On  nomme  encore  Po/VffO'/ ,  l'arbre  d'une  Machine,  fur  lequel  elle  tourne  verti- 
calement,  comme  d'une  Grue,  d'un  Griiau  ,  &c.  P/.  64  A.p.  187. 

POINT  PHYSIOLTE  ;  c'efl  Tobjet  le  moins  fenfible  delà  vcuë  ,  marqué  avec  la  plume  ou 
la  pointe  du  Compas.  Pî.  ']'.  pag.  j . 

Point  cent  h  al  -,  c'efl:  le  Point-milieu  d'une  Figure  régulière  ou  irregulierc  ,  comme 
le  Point  de  fc<5lion  des  deux   diagonales   d'un  'Parallélogramme  ,   d'un  Rhomboïde , 

Sec. 
Point  de  shction  ou  d'intersection  ;   c'efl  l'endroit   où  deux  lignes  fe  coupent  ; 

ibid.  .    ,     , 

Points  ce  division,  font  ceux  qui  partagent  une  ligne  en  parties  égales  ou  inégales,  p. 

ico.&c.  ^ 

Points  perdus,  font  trois  Po/)!fj- ,  qui  n'eftant  pas  donnez  fur  une  même  ligne  ,  peuvent 
cftre  compris  dans  une  portion  de  cercle,  dont  le  centre  fe  trouve  par  une  opération  Géo- 
métrique; ce  qui  fert  pour  les  cherches  ralongées.  On  appelle  auflî  Powrypm/;/^ ,  des  cen- 
tres par  lefquels  on  trace  des  portions  circulaires ,  qui  eftant  recroifées  forment  des  lolànge» 
curvilignes,  qu'on  rend  differens  par  les  couleurs  des  marbres  &:  la  variété  desornemens. 
Le  Pavé  fous  la  Coupe  &  dans  les  Chapelles  del'Eglifedu  Val-de-grace  ,  &  celui  de  l'Al- 
fomption  rue  Saint  Honoré  à  Paris ,  font  faits  de  cette  manière.  PL  10  j ./».  5  5  5 .  &  5  54. 

Points  courans.  Petites  lignes  en  manière  de  hachures,  qui  fervent  à  marquer  dans  les 
Plans,  les  Sillons  des  terres  labourées,  &  les  Couches  de  jardin. 

Points  de  niveau,-  ce  font  dans  l'opération  du  Nivellement ^  les  extrenntez  de  la  ligue 
horizontale  bornoyée  avec  l'œil . 

Point  d'apui.  VoyeK  ORGUEIL.  . 

Point  de  veùe;  c'elten  PcrfpcdiiYe  un  ?o/>î?danslaligne  horizontale,  où  fe  termine  le 
principal  rayon  vifuél,  &  auquel  tous  les  autres  qui  lui  font  parallèles,  vont  aboutir. 

pag.  180.  ^    ,  .    ..•     j   ,,    jr 

Point  d'aspect;  c'eft  l'endroit  où  l'on  s'arrefte  aune  diftance  fixée,  pourjouir  dclc/fy- 
pe6i  le  plus  avantageux  d'un  Bâtiment.  Ce  Point  fe  prend  ordinairement  aune  diftance 
pareille  à  la  hauteur  du  Bâtiment  :  par  exemple,  fi  l'on  veut  confiderer  avec  jugeaient 
l'Enfemble  de  l'Eglife  des  Invalides ,  il  ne  s'en  faut  éloigner  que  de  55.  toifes  ,  qui  font 
environ  fa  hauteur  -,  pout juger  enfuite  de  l'Ordonnance  de  fa  Façade ,  &  de  la  régularité 
de  les  Ordres,  on  n'en  doit  eftre  éloigné  qu'autant  que  le  Portail  eft  haut,  c'eft-à-dire  de 
1 6.  toifcs  ou  environ  ;  &  enfin  pour  examiner  la  corredion  des  Profils,  &  le  goût  de  la  Scul- 
pture ,  n'en  eftre  éloigné  que  félon  l'élévation  de  l'Ordre  Dorique,  laquelle  eft  de  7-  toifes 
&demi.  parce  que  fi  l'on  en  eftoit  plus  prés,  les  parties  trop  racourcics  ne  paroitroienc 
plus  de  proportion.  Le  Poi^it  vague  eft  différent  du  Poi^f  f/'4'"^  '  en  ce  que  regardant  un 
Bâtiment  d'une  diftance  indéterminée,  on  ne  peut  que  fe  former  une  idée  de  la  grandeur 
de  fa  m.afle  par  raport  aux  autres  Edifices  qui  lui  font  contigus. 

POINTAL,  de  l'Italien  P««r<ï/f,  Poinçon;  c'eft  toute  pièce  de  bois  qui  raife  en  œuvre  a 
plomb,  fert  d'étaye  aux  poutres  qui  menacent  ruine,  ou  a  quelque  autre  ufage.  p.  144- 
Lat.  Fulcrum.  ^  .  , 

POINTE;  c'eft  toute  extrémité  d'un  angle  aigu,  comme  l'cncôgnure  d'un  Bâtiment,  <lii 

Ce  1  bout 


204  EXPLICATION  DES  TERMES 

b-^ut  d'une  Ifle,  d'un  Mole  ,  &c.  Ce  mot  fc  die auill  du  fommec  d'un  Clocher ,  d'un  Cbe- 
liique,  d'un  Comble,  &lc.  p.  t,y. 

Pointe  de.  Pave';  c'eft  lajoncbion  en  manicre  de  fourche,  des  deux  rui/Teaux  d'une 
Ch^'ulTte  en  un  ruiffeau  encre  deux  Revers  de  Puvc.Pl.  102.  p.  3  51. 

POINTER  UNE.PiECE  DE  TRAIT;  c'ellfurun  Defleinde  Coupe  de  pierre,  raporter 
avec  le  compas,  le  Pian  ou  le  Profil  au  developoment  des  Panneaux.  C'cftauin  faire  la- 
même  opération  en  grand  avec  la  faulle-év]uerrc  fur  des  cartons  feparez,  pour  en  trarer  les 
pierres. p.  ;  ^8. 

POITRAIL.  GroiTe  pièce  de  bois,  comme  une  poutre  ,  pour  porter  fur  des  Piédroits, 
ou  Jambes  écriercs  un  Mur  de  face  ou  un  Pan  de  bois. p.  1 88.  i7,  64  B.J^at.  Trai/  félon 
Vicruvc. 

POLYEDRE;  c'eft  un  corps  compris  par  plufieurs  plans  reclilignes,  équilatcraux  ,  &  égaux 
cncr'eux,  &  quieft  ret'ulicr  ouirrcgulier.  Les  Polyèdres  réguliers  ,  loin  le  TVrr.îtc/rf  com- 
pofédequatre  triangles  :  VExa'edret  ou  Ciii'f  formé  de  fix  quarrez  :  VOclo'èdye  ,  de  huit 
triangles  :  \^  Dodécaèdre  -,  de  douze  pentagones  :  &  l'Icofudre-,  de  vingt  triangles.  Les 
Polyèdres  irre^uliers ,  font  ceux  dont  les  plans  ne  font  point  égiux  entr'cux. 

POLYGONE;  c'eft  une  figure  qui  a  plufieurs  angles,  &  plufieurs  cotez.  Celle  de  quatre, 
s'appelle  Tctragone  :  celle  de  cinq  ,  Pentagone  :  defix,  Hexagone  :  àtfept.  Heptagone  :  de 
huit,  OBogêne  :  de  neuf,  Enneagone  :  de  dix;  Décagone  ^  &c.  La  figure  qui  a  plus  de  co- 
tez ,  fe  nomme  Po/y^ow  avec  le  nombre  des  cotez,  Qommt  Polygone  a  Vingt  cote  k->  &c.  Le 
Polygone  re<^!dier ,  eft  celui  qui  a  fes  angles  &  fes  cotez  égaux.  L'Irrcgulier  ^le  contraire. 
Tous  ces  noms  dérivent  du  Grec.  Pl.-f.p.  ]. 

POMME  DE  PIN.  Ornement  de  fculpture,  qui  fe  met  dans  les  angles  du  Plafond  d'une 
Corniche  avec  denticules  :  ou  fur  les  Vafesd'amortilfement,  &c.  p.  90.  &  zyg.  P/.  79. 

POMPE,  du  Grec  Powpe  dérivé  de, ufwpfùj,  porter  ou  élever  ;  c'elt  une  machine  qui  fert  à 
élever  les  eaux ,  &  qui  eft  com.pofée  d'un  Tuyau ,  dont  partie  e{t  appellée  Corps  de  Pompe , 
Scie  ïcilc  Tuyau  montant  ou.  Tuyau  de  conduite  :  d'un  Pifton  qui  a  fon  jeu  dans  ce  Corpji  de 
Pompe  :  &  de  deux  Soupapes  ou  Clapets,  par  où  entre  l'eau.  Il  y  a  de  plufieurs  fortes  de  Pom- 
pes ,  qui  peuvent  toutes  fe  réduire  à  ces  quatre ,  qui  font  la  Pompe  ^jpirante,  la  Soulevante, 
h  Éboulante,  SihMixte.  On  appelle  aulfi  Powipf ,  le  Pavillon  qui  renferme  cette  machi- 
iiej  comme  celui  de  pierre  qui  eft  au  milieu  du  grand  Cloître  des  PP.  Chartreux  de  Paris, 
&  celui  de  Chantilly  ,  appelle  le  Pavillon  de  Manfe  :  ou  comme  ceux  de  bois  porcczfur 
piloris  au  Pont  neuf  &  au  Pont  Nôtre  Dame.  p.  ico.  &  144. 

PoMi'E  ASPIRANTE,  cclle  qui  par  Ic  mouvemcnt  d'un  Pifton  ctcux  garni  d'une  Soupape  ou 
Clapet,  attire  l'eau  au  deflus  de  la  Soupape  du  Corps  de  Powpr,  julqu'à  la  hauteur  de  31. 
pieds  &  demi  ou  environ,  fuivant  la  pefanteur  de  l'air  qui  en  eft  le  principe  ;  ce  Pi- 
fton élevant  en  même  temps  l'eau,  qu'il  avoit  fait  pafler  au  defTusdefaSoupapeens'ab- 
baiirant.  p.  Z44. 

Pompe  soulevante  ou  a  e'trier,  celle  qui  ayant  fon  Corps  de  Pow/t  renverfé  ,  &  l'a- 
<ftion  de  fon  Pifton  creux  garni  d'une  Soupape, fe  faifant  dans  l'eau  par  le  moyen  d'un  Etricr 
ou  chailîs  de  fer ,  fou  levé  l'eau  Se  lapoufle  au  deffus  de  la  Soupape  du  Corps  de  Pompe  dans 
le  Tuyau  de  conduite  ou  d'élévation,  ibid. 

Pompe  reïoulante  ou  de  compression,  celle  qui  à  la  difFerence  des  autres,  a  fou 
Tuyau  montant  à  côté  du  Corps  dePowpt- ,  &  dont  le  Corps  de  Por«pf  même  &  le  Pifton 
font  à  peu  prés  femblablcs  à  une  feringue  ordinaire, en  ce  que  ce  Pifton  n'eftant  pas  creux  Qc 
n'ayant  pasde  Soupape  comme  les  autres ,  l'eau  ne  pa  (le  pas  au  travers,  mais  il  l'attire  feu- 
lement en  s'élevant  au  deflus  de  la  Soupape  du  Corps  de  Pompe  ,  &  lapoufle  en  s'abbaifTanc 
au  dellus  de  l'auti  e  Soupape  qui  eft  au  bas  du  Tuyau  montant,  ibid. 

Pompe  mixte,  celle  qui  eft  compolce  en  partie  de  la  Pompe  ^fpirante  ,  &  en  partie 
de  la  i^efoiiUnte.  11  fe  vou  de  toutes  ces  efpeces  de  Pompes  à  la  Machine  de  Marly. 
ibjd» 

PON- 


D* ARCHITECTURE,   &c.  lOf 

PONCEA.U.  Petit  Po«/ d'une  Arche,  pour  pafier  un  RuifTeau  ou  un  Canal  d'eau  ,  comme 
ceuxdela  Ville  de  Vcnife,  où  l'on  en  compte  5éî5.Lac.  Ponticulus^ 

rONT  i  c'efi:  un  chemin  conftruic  de  pierre  ou  de  bois  &  en  l'air  par  artifice  ,  pour  pa0er  une 
Rivière  ou  un  Foilé.  p.  105.  &:  348. 

Pont  de  pierre,  celui  qui  eft  fait  avec  Piles  ,  Arcades,  &  Cule'es  de  pierre  de  taille. /6/t/. 
Lat.  Pom  Lipideus. 

PcNT  DE  BOIS,  celui  qui  eft  fait  avec  Pale'es&  Travées  de  grofles  pièces  de  bois  :  ouavec 
Trave'cs  fur  des  Piles  de  pierre.  Lat.  Pons  jublicius. 

PoNT-LEVis,ccluiqui  eftantfait  en  manicrede  plancher,  fe  levé  &  fe  b^-jifle  devant  la  Porte 
d'une  Ville  ou  d'un  Château  par  le  moyen  des  lîcches  ,  des  chaînes  &  d'une  bafcule.  On  ap- 
,  ^t\\&  Pont  à  flèche  ,  celui  qui  n'a  qu'une  flèche  avec  une  anfe  de  fer  qui  porce  deux  chaînes, 
pour  enlever  un  petit  Po/i/ au  devant  d'un  Guichet.  P/.  71.  p.  1^7 .Lâz.  Pons  frbduEliirias. 

Pont  dormant,  celui  qui  ne  diffère  du  Po«t-Iev«  ,  qu'en  ce  qu'il  eft  fixe,  Scqu'aulieu 
de  chaînes  pour  gardefous ,  il  a  des  bras  ou  contrevens  de  bois. 

Pont  a  bascule,  celui  qui  fe  levé  d'un  côte  ,  &:  le  baiffe  de  l'autre,  eftant  porté  fur  un 
eîfieuparlemilieu.p.  x57.Lat.  Pons  z^rreSiariits. 

Pont  a  coulisse.  PetitPoir,  quifeglilfedansœuvrepour  traverlèr  unPoflé ,  conimeau 
Château  de  Saint  Germain  en  Laye.  Lat.  Pons  canalitius. 

Pont  tournant  ,  celui  qui  fo;/r«e  fur  un  pivot,  pour  laifferpaHer  les  bateaux.Lat.  Ponsver- 
Jattlis. 

Pont  volant,  celui  qui  eft  fait  d'un  ou  de  deux  bateaux  joints  enfemble  par  un  Planchée 
entouré  d'une  Baluftradc  ou  Gardefou  ,  avec  un  ou  plufieurs  mafts ,  où  eft  attaché  par  un 
bout  un  long  cable  porté  de  diftance  en  diftance  fur  des  petits  bateaux  ,  jufqu'à  une  ancre , 
où  l'autre  boureftarrefté  au  milieu  de  l'eau  i  en  forte  que  ce  PoJitfemeut,  comme  une 
Pendule  d'un  cofté  de  la  Rivicre  à  l'autre  par  le  moyen  d'un  gouvernail  feulement.  Il  fe  fait 
quelquefois  à  deux  étages ,  pour  paffer  plus  de  monde ,  ou  de  la  Cavalerie  &  de  l'Infanterie 
en  même  temps.  On  appelle  encore  Pû'!tvo/rf«t,  tout  Po/ir  fait  de  pontons  de  cuivre  ,  de 
bateaux  de  cuir,  de  tonneaux  ,  ou  de  poutres  creufes  ,  qu'on  jette  fur  une  Rivière  ,  &  qu'on 
couvre  de  planches  pour  faire  paffer  promptement  une  Aimée.  Lat.  Pons  duclarius. 

PORCELAINE;  c'eif  une  terre  fine,  blanche,  &  tranfparente  ,  dont  on  fait  des  vafes& 
des  carreaux  de  diverfes  formes,  grandeurs  &  couleurs ,  qui  fervent  dans  les  comparti- 
mens  des  plus  fuperbes  Edifi.es  des  Orient.-.ux.  La  plus  belle  vient  du  Japon  &  de  la  Chine, 
&  il  y  a  prés  de  Nanking  Capitale  de  ce  Royaume  ,  une  Tour  octogone  à  huit  étages  &  de 
90.  coudées  de  hauteur  ,  revêtue  de  Poraunw  par  dehors,  &  incruftée  de  marbre  par  de- 
dans ;  que  les  Tarrares  forcèrent  les  Chinois  de  bâtir,  il  y  a  700.  ans,  pour  fervir  de  Tro- 
phée à  la  conquefte  qu'ils  firent  pour  lors  de  ce  Royaume,  Scqu'ilsont  reconquis  au  com- 
mencement de  ce  fiécle.  p.  540. 

PORCHE.  Difpofition  de  Colonnes  ifolées  ordinairement ,  couronnée  d'un  Fronton,  qui 
forme  un  heu  couvertdevant  un  Temple  ou  un  Palais,  &  qu'on  appelle  Tetrajlylc,  quand 
il  y  a  quatre  Colonnes  de  front  :  Exjftyle-,  quand  il  yen  a  fix  :  Oâofîy  te, huit  :  Dccaftyle, 
dix,  &c.p.  iio.  C'eft  ce  que  Vitruve  nomme  Projuoi-,  ScProdomos. 

Porche  cintre',  celui  dont  le  plan  eft  fur  une  ligne  courbe,  comme  au  Palais  Mafirmi , 
du  deffein  de  Baltazar  de  Sienne  à  Rome. 

Porche  circulaire,  celui  dont  le  plan  eft  tn  rond,  comme  devant l'Eglife de  Notre- 
Dame  de  la  Paix  rcftaurée  par  Pietro  de  Cortone  à  Rome. 

PfRCHE  Ferme'.  Efpecc  de  Veftibule  devant  une  Eglife  avec  Portes  de  fer ,  comme  àSaint 
Pierre  de  Rome  &  a  Saint  Germain  l'Auxerrois  à  Paris.  Lat.  Prcpjy/.fKw. 

Porche,  ou  TAMBouRjc'eft  en  dedans  de  la  Porte  d'une  Eglifé,une  Cage  de  Menuifene  cou- 
verte  d'un  plafond,  autant  pour  empêchcrla  veuë  des  Paifans  ,  quepourgarantir  du  vent 
par  une  double  Porte,  corn  me  celui  de  l'Eghfe  de  Sorbonne.  Il  y  en  a  de  cintrez  par  leurs 
encôgnures,comme  ceux  de  la  Sainte  Chapelle  &  des  PP.  Chartreux  à  Paris.  Lat.  Diathyrum 
feloii Yicruve.  Ce  5  POR- 


^o(5  EXPLICATION  DES  TERMES 

PORPHYRE.  VoycK  MARBRE. 

PORT.  Endroit  au  bord  de  la  Mer  ou  d'une  Rivière,  où  abordent  les  Vailleaux  &  autres 
Bâtimens,  c]ui  peuvent  y  reftcr  en  feuretc  ,  tant  par  ladifporuion  du  lieu  ,  queparce  qu'il 
eft  fermé  d'un  Mole  ou  d'une  Dir^uc  avec  Fanal  k  chaîne.  On  nomme  auHi  Havres,  les 

o 

Porfjde  Mcr.p.  507.  &  548. 

rORTAJL;  c'eft  la  décoration  d'Architedure  de  la  Façade  d'une  Eghie,  qu'on  nomme 
nulîi  Fronttfpke.  lly  en  a  de  Gothiques ,  comme  ceux  de  Nôtre-Dame  de  Pans,  de  Reims, 
&c.&d'Architcaurc  antique,  commeccux  deS.  Gervais,  de  Saint  Loiiis  des  Invalides  , 
&  des  plus  nouvelles  Ej^lifes  de  Pans  &  de  Rome.  On  arpelle  encore  PortuU ,  la  grande  Por- 
te y  d'un  vieux  Château,  ornée  de  tourelles,  de  créneaux,  de  machecoulis,  ôcc.  p.  lo. 
&c.  . 

PORTE ,  s'entend  aunfi-bicn  de  l'ouverture  cintrée  ou  quarrée  dans  un  mur , pour  lervir  d  en- 
trée à  un  lieu,  quederaflemblaçTedemenuiferie  qui  la  ferme.  On  appelle  Porte  de  de- 
vant, celle  de  l'entrée  principale  d'une  Maifon.  Porte  de  derrière ,  (que  Vitruve  nomme 
Po/?/c,w,)cc!Iedelafortie  :  &.  Portes  latérales,  céks  des  cottz.p.  11^.  Sec. 

Porte  de  ville:  c  cliuue  Porte  Publique  i  l'entrée  d'une  grande  rué,  &  qui  prend  fou 
nom  ,  ou  de  la  Ville  voifine  ,  ou  de  quelque  fait  ou  ufage  particulier.  On  peut  appeller  Porte 
Triomphale  ,  une  Porte  bâtie  plutôt  par  magnificence  que  par  neceflité  en  mémoire  de  quel- 
que Expédition  militaire,  comme  celles  de  S.  Denis  &c  de  S,  Martm  à  Pans.  p.  115.  zyo. 
&c. 

Porte  de  faubourg  ou  fausse  porte,  celle  qui  eft  à  l'entrée  d'un  f^KfeoHrç.;^.  i  15.^ 

Porte  de  croise'e;  c'efi;  la  Porte  à  droit  ou  à  gauche  de  la  Cyo//^e  d'une  grande  Eglile. 
Qiiand  cette  Eçrlifeeltrituéc  conformément  aux  Canons,  &  qu'elle  a  fon  Portail  toutne 
vers  !e  Couchant ,  &  fon  Grand  Autel  vers  le  Levant ,  la  Porte  droite  de  la  Croifce ,  elt  celle 
du  Nord,  comme  àNôtre-Dame  de  Pans,  eft  la  Porte  du  Puits  :  &chgauche,  celle  du 
Midi,  comme  la  Porfe  du  côté  de  l'Archevêché.  PI.  6<).p.  i^i.Lzz.  Porta  lateralis. 

Porte  de  clôture.  Moyenne  Por/c  dans  un  Mur  de  C/oYwrf.p.  xi  5. 

Porte  cochere,  celle  qui  a  aumoins  fcpt  pieds  &  demi  de  largeur ,  &  par  où  lesCarofles 

peuvent  pafTer./i/Vf.  /r       j      z^'       • 

Porte  chartiere.    Simple  Porte  dans  le  mur  d'un  Clos  ,  pour  le  paflagc  des  Cnarois. 

ibid.  ,  •    I  j    1 

Porte  bastarde,  celle  qui  fervant  d'entrée  à  une  Maifon,  a  cinq  a  fixpiedsde  large. 

ibld. 
Porte  bourgeoise,  celle  qui  a  ordinairement  quatre  pieds  de  largeur.  ibuL 
Porte  croise'e.  Feneftre  iàns  apui ,  qui  fcrt  de  partage  pour  aller  fur  un  Balcon  ou  une 

Terraflè.  p.  1S4. PL  6)  B.  Lat.  FUlvata  FencjïraklonN itmvc. 
Porte  d'enïilade.  Onnommeainfi  toutes  les  Portes,  qui  fe  rencontrent  d'alignement 

dansles  Apartemens.p.  119.  ^ 

Porte  de   dégagement.  PetitePom,  qui fert pour fortir  des  Apartemens ,  lansrepaller 

par  les  principales  Pièces,  p.  118. 

Porte  avec  ordre,  celle  qui  cftant  ornée  de  Colonnes  ou  de  Pilaftres,  prcndion  nom 
oudel'Or^rr,  dont  ces  Colonnes  ou  ces  Pilaftres  font ,  comme  Porte  Tojcane ,  Porte  Do- 
rique, &cc.  p.  114.  Se  PL  4<,.  p.  it^-  ,         ...,    ,     ,  ,   _. 

Porte  attique  ou  atticurge,  celle  qui  félon  Vitruve  ,  aie  Seuil  plus  long  que  le  Lin- 
teau ,  fes  Piédroits  n'elhnt  pas  parallèles,  comme  la  Porte  du  Temple  de  Vcita  ou  de  la 
SibylleàTivoliprésdeRome.  p.  ii4.Lat.  PorhZo/^«/<r«r^fj. 

Porte  en  niche,  celle  qui  eft  en  manière  de  Mf/;c,  comme  la  grande  Por/f  de  1  Hotel  de 
Conty  à  Paris,  laquelle  eft  du  delTein  de  François  Manfard.  p.  m. 

Porte  a  pans,  celle  qui  a  fa  fermeture  en  trois  parties,  dont  l'une  eft  de  niveau  &  les  deux 
autres  rampantes,  comme  la  Porte  Pie  à  Rome,  &  celle  de  l'Hôtel  deConde  aPans.  p. 


D'AllCHITECTURE,   &:c.  207 

Porte  en'  tour  romde  >  celle  qui  eftpercc'e  dans  un  mur  circulaire,  &  veuë  par  dehors. 

EtPoriecniourcrcu/ei  celle  qui  fait  l'effecconcr aire.  PL  66  A.  p.  157.  Lit.  Porta  Piano- 

curva . 
Porte  sur  le  coin,  celle  qui  ayant  une  Trompe  au  delTus ,  eft  en  pan  coupe'  fous  l'encô- 

gnurc  d'un  Bàtiniein.  ibid.  Lat.  Porta  angularis  exterior. 
ponTE  DANS  l'angle,  ccUe  qui  eft  à  pan  coupé  dans  l'angle  rentrant  d'un  Bâtiment. 

ibid.  Lat.  Porta  angularis  intcrior. 
Porte  rustique,  celle  dont  les  paremcns  des  pierres ,  font  en  boflages  rujiiqucx.  p.  m. 

PL  44  B.  Lat.  Porta,  ruflica. 
Porte  bombée,  celle  don:  la  fermeture  eft  en  portion  de  cercle,  p.  116.  Lat.  Porta  arcuata. 
Porte  surbais:e'e,  celle  dont  la  fermeture  eft  en  anfe-dc-panicr.  ibid.  Lz.x..  Porta  dclum- 

bâta. 
Porte  biaise,  celle  dont  les  tableaux  ne  font  pas  d'e'querre  avec  le  mur.  p.  159.  Lat, Ponv 

obliqua. 
Porte  rampante,  celle  dont  le  cintre  ou  la  platebande  eft  r^wp^infe ,  comme  dans  uu 

mur  d'c'chifrc.  Lat.  Porta  declivis. 
Porte  e'brase'e,  celledont  les  tableaux  font  à  pans  coupez  en  dehors  ,  comme  la  Por/f  du 

Séminaire  de  Sauit  Sulpice  à  Paris  ,  &  lapluspart  de  celles  des  Eglifes  Gothiques.  Lat.  Por- 
ta explicata. 
Porte  flamande,  celle  qui  eft  compofe'e  de  deux  Jambages  avec  un  couronnement  &  une 

fermeture  de  grilles  de  fer  ,  comme  les  deux  Portes  du  Cours  la  Reine  à  Paris,  p.  117. 
POUTE  MOBILE  ;  c'eft  toute  fermeture  de  bois ,  de  fer  ou  de  bronze ,  qui  remplit  la  baye 

d'une  Por^f,  Scs'ouvreàunoudeux  ventaux.p.  110.  Se  PI.  46.  p.  117-   Vitruve  nomme 

Fores,  zomcs  les  Portes  mobiles. 
Porte  cole'e  &  emboîtée,  celle  qui  eft  faite  d'ais  debout  co/e;î,  &,  chevillez  avec  ««fco/- 

^7rfJ,  quiles  traverlentparlehaut&parlebas.pd:^.  341. 
Porte  arase'e  ,  fe  dit  d'une  Porfe  de  Menuiferie  ,  dont  T  AfTcmblage  n'a  point  defaillie,&: 

eft  tout  uni.  ibtd. 
Porte  d'assemblage;  c'eft  tout  Ventail  de  Porte  ,  dont  le  Bafti  renferme  des  cadres  Se 

des  panneaux  à  un  ou  àdeuxparemens.p.  iii.&P/.  71.j5.155. 
Porte  a  placard,  celle  qui  eft  d'AlFemblagc  de  Menuiferie  avec  Cadres  ,  Chambranle, 

Corniche  &  quelquefois  avec  Fronton. 
Porte  a  deux  ventaux,  celle  qui  eft  en  deux  parties  appelle'es  Ventaux  ou  Battans  atu- 

chezauxdeux  Piédroits  de  fa  Baye. p.  lie.  Vitruve  nomme  £//orfJ,  ks  Portes  à  deux  Vcn- 

taux. 
Porte  brise'e,  celle  dont  la  moitié  fe  double  fur  l'autre  ,  &  que  Vitruve  appelle  CoWwp//- 

cabiles  Fores.  On  nomme  encore  Porte  briféc ,  celle  qui  eft  à  deux  Ventaux.  p.  341. 
Porte  coupe  e  ,  celle  qui  eft  à  deux  ou  quatre  Ventaux  attachez  à  un  ou  aux  deux  pie'droits 

de  la  Baye  :  &  ces  Ventaux  font ,  ou  coupez  à  hauteur  d'apui ,  comme  aux  Boutiques: 

ou  à  hauteur  de  partage  ,  comme  aux  Portes-Croifccs ,  dont  quelquefois  la  partie  fuperieure 

refte  dormante.  Les  Portes  à  deux  Ventaux  coupez  ,  font  appelle'es  de  Vitruve  ,  Dicltdes  , 

c'eft  à-dire  à  deux  clefs ,  &  celles  à  quatre  Ventaux  ,  Çhiadrif  or  es.  ibidem. 
Porte  double,  celle  qui  eft  oppofée  à  une  autre  dans  une  même  Baye  ,  foit  pour  la  feuretc 

ou  le  fecret  dulieu  ,  foit  pour  y  confcrvcr  la  chaleur. 
Porte  vitrée,  celle  qui  eft  partagée  en  tout  oui  moitié  avec  des  croifillons  de  petit  bois, 

dont  les  vuides  font  remplis  de  carreaux  de  verre  ou  de  glaces. 
Porte  a  jour,  celle  qui  eft  faite  de  grilles  de  fer  ou  de  barreaux  de  bois ,  &  qu'on  nomme 

aufTi  Porteàclaire-\9ye.  PI.  44  A.  p.  117.  Lat.  Porta  cancellata. 
Porte  cochere;  c'eft  un  grand  alTemblage  de  menuiferie,  qui  fert  à  fermer  la  Baye  d'une 

Porte,  où  peuvent  palier  les  carolles,  &  qui  eft  compofé  de  deux  Ventaux  faits  au  moins 

chacun  de  deux  batcans  ou  montans  &  de  trois  traverfcs ,  qui  en  formcut  k  bafti ,  &  rcnfer- 

mcQC 


îo8  EXPLICATION   DES  TERMES 

mentdescadrcî&panneaux,  avec  un  Guichet  dans  Tiin  de  ccsVentaux  Les  plus  belles 
Porro-rooWi  font  ornées  de  corniches,  confoles ,  bas-rcliefs  ,  armes,  chires  &  autres 
ornemens  de  fculpturc  ,  avec  ferrures  de  fer  poli ,  comme  les  Portes  des  Hotels  de  Bileuil , 
dePuflbrt,  &  autres.  Quelquefois  ces  ornemens  font  poftiches ,  &  faits  de  bronze  ,  con>- 
nie.ls'envoKauxPortoderH5teldeVillc&  de  l'EgUfe  du  Val  de-grace  a  Pans.  Cette 
forte  de  Por/c,  eftarafe'e  par  derrière  &  rarement  .à  deux  paremens  :  quand  la  Bayecnett 
cintrée  ou  trop  haute,  elle  eftfurmontée  d'un  dormant  d'ailemblage  qui  en  reçoit  le  bat- 


ORTE  EN  DECHARGE,  ccllc  qui  eft  compoféc  d'uH  balti  dc  gtoiïes  membrures ,  dont  ks 
unes  font  de  niveau  ,  Se  les  autres  inclinées  en  Drchar^e ,  toutes  aflemblees  par  entailles  d£ 
leur  demi-épaiilcur&  chevillées,  en  forte  quelles  forment  une  gri  le  recouverte  par  de- 
hors de  gros  ais  à  rainures  &  languettes,  cloués  deiius,  avec  ornemens  de  bronze  ou 
de  fer  fondu  ,  comme  les  Portes  de  l'EgUfe  de  Nôtre-Dame  de  Pans.  Lat.  lortadecu- 


manu. 


maria.  il  o 

Porte  de  ter,  celle  qm  eftcompofée  d'un  chaffis  de  fe-r,  qui  retient  des  barreaux  &  tra- 
verfes,  ou  des  panneaux  avcccnroulemcns  de  fer  plat  &  de  tôle  cifclée  ,  coitime  ils  en  voie 
d'une  (incTuiicre  beauté  au  Château  de  Verfailles&  à  celui  de  Mailons.  On  appelle  encore 
Porte  de  fer,  celle  dont  le  chaflis  &  les  barreaux  font  recouverts  de  plaques  de  toie  ,  &  cjui 
fert  pour  plus  de  feureté  aux  lieux  qui  renferment  des  chofes  précieufcs ,  &  ou  1  on  crame 
aulli  le  dan"-er  du  feu,  comme  les  Porrcy  des  Trefors.  P/.  44  A.  p.  117-  . 

Porte  de  bronze,  celle  qui  elt  jcttée  en  bronze  ,  &  dont  les  parties ,  qui  imitent  les  com- 
pammensdune  Porte  de  raenmferie  ,  font  attachées  &  rivées  fur  un  bah  de  forte  menui- 
iene,  &  font  enrichies  dornemens  poftiches  de  fculpture  ,  comme  celles  du  Panthéon  5. 
de  Saint  Jean  deLatran  à  Rome.  Il  fe  fait  aulh  de  ces  Po.^^.  ,  qui  font  partie  de  lames  de 
cuivre  cifelées  &:  frappées ,  &  partie  fondues ,  qui  recouvrent  un  gros  allemblage  de  bois  , 
comme  celles  de  Saint  Dems  en  France  &  de  Saint  Pierre  du  Vatican  a  Rome. 
Porte  feinte-,  c'elt  une  décoration  de  Porte  de  pierre  ou  de  marbre  ,  ou  un  Placard  de 
menuifene  avec  des  ventauxdormans,  oppofé  ou  parallèle  à  une  vrayePowpour  lalim- 
metrie.  p.iio.Sc  PL  6i.p.  177.  Lat.  Pje-udothyrim. 
Portes  de  mouille  &  de  teste,  ^jr;:  ECLUSE.  r.- 'j     • 

PORTE'E;ceIt  ce  qui  refte  en  Pair  d'une  Platebande  entre  deux  Colonnes  ou  deux  Piédroits. 
C'eftaufii  la  longueur  d'un  Poitrail  entre  fes  Jambages  :  d'iuie  Poutre  entre  deux  murs: 
&  d'une  Travée  entre  deux  poutres.  Les  corbeaux  foulagent  la/wfre  des  poutres ,  mais  la 
'rrolfeur  des  folives  doit  élire  proportionnée  à  leur  fortce  dans  les  travées.  Le  mot  de  Portée 
T'entend  aulfi  du  fommier  d'une  Platebande ,  d'un  Arrachement  de  Retombée  ,  ou  du  bout 
d'une  pièce  de  bois  qui  entre  diiis  un  mur  ou  porrr  (ur  une  fablicre  ;  c  clt-pourquoiuiie 
poutre  doit  avoir  Ça  portée  dans  un  mur  mitoyen  jufques  à  deux  pouces  près  de  ion  parpain. 
Portée  fe  prend  aulfi  quelquefois  pour  faillie  au  delà  d'un  mur  de  face ,  comme  celle  d  une 
Goutierc,  d'un  Auvent,  d'uneCagedeCroifée,  &c.p^!?.  16. &i8z. 
PORTER.  Terme  qui  s'entend  de  plufieurs  manières  dans  l'Art  de  batir.  On  dit  qu  une  pie- 
ce  de  bois,  ou  qu'une  pierre  pom- tant  de  long  &  de  gros,  pour  figniher  qu'elle  a  tant  de 
longueur  &  de  grolfeur.  Les  deux  pierres  Icrvant  de  Cimaife  au  Fronton  du  Portail  du 
Louvre,  porm.r  chacune  51.  pied  s  de  long  fur  g.  de  large  &  18.  pouces  d'epaifleur.' Porfer 
de  fonds  ■  c'eft  porter  aplomb  ,  &  par  empâtement  dés  le  rez  dc-chauflce.  Porter  a  cru.  Un 
ditqu'un  corps  poneacrw,  loriqu'il  elHans  empâtement  ou  retraite  ,  comme  les  Anciens 
ont  tr.u:é  la  Colonne  Dorique.  Et  Purter  ujaux,  c'cft  porter  en  faillie  &  par  encorbellemenr, 
comme  un  Balcon  en  faillie  &  le  Retour  d'angle  de  l'Entablement  lofcan  de  la  Grote  de 
Mcudcn.  On  dit  aulfi  qu'une  Colonne  ouqu'unPilaltrepor/f^^«x.  quand  il  c«t  hors  de 

fon  aplomb. p.  117.  140.  &  U4-  ^      ^  1  ■.  •  i-      r 

PORTIQUE.  Efpece  de  Galerie  avec  Arcades  fans  fermeture  mobile  ,  ou  I  on  le  promené 
à  couvert  :  le  plus  fouYeiU  voûtée  Si  publique ,  comme  à  la  gtanJe  Place  '>^J.^^^^^^J 


D'A  R  C  HITECTUR  H,  arc.  200 

l'Hôtel  Je  Vandome:  &  quelquefois  avec  fofice,  ou  plancher,  commcks  Porihjrrç de 
k  grande  Cour  de  l'Hôtel  Roïal  des  Invalides.  Quoique  ce  mot  foir  dérive  de  celui  de 
Porte,  on  ne  laifïe  pas  d'appeller  encore  de  ce  nom  toute  difpoiitica  de  Colonnes  en  Gale- 
rie. P/.  3.p,  II,  15.  &c. 

Portique  circulaire  ;  c'eft  une  Galerie  avec  Arcades  à  l'entour  d'une  Cour  ronde  ,  com- 
me lesPorn^«(-yduChâteaudeCaprarole.p.  157.  P/.  71.&75. 

Portique  de  treillage,-  c'ert  une  décoration  d'Architcaure  de  Piiafîres  ,  Montans, 
Fronton  ,  &c.  faits  de  barres  de  fer  &  d'cchalas  de  chefne  mailles  ,  &  qui  fert  pour  l'entrée 
d'un  Berceau  dans  un  Jardin,  p.  197. P/.  65  B.  Lat.  Porticus  pergulan.,. 

Portiques  d'apui.  Efpeces  de  petites  Arcades  en  tiers-point,  (jui  fervent  de  Baluftres  Se 
garniflent  les  ^puJs  é videz  des  Bâtimens  Gothiques,  p.  5 14. 

Portiques.  Fôyci  CANAUX. 


qui  fe^  fait  en  frotant  les  pierres  avec  du  grais  &  de  l'eau  par  leurs  joints  de  lit  bien 
drellez,  jufqu'à  ce  qu'il  n'y  refte  pointdc  vuide  :  &  c'eft  de  cette  manière  que  font  con- 
ftruits  la  plufpart  des  Bârimens  antiques,  &  qu'eft  commencé  l'Arc  de  Triomphe  da 
Faubourg  Saint  Antoine  à  Paris.  Pojcr  à  cru  ;  c'eft  drefler  fans  fondation  un  pilier  ,  une 
etaye  ou  un  pointai,  pour  foùtenir  quelque  chofe.  Pojer  de  champ  ,•  c'eft  mettre  une 
Brique  fur  fon  cofté  le  plus  mince  &  une  Pièce  de  bois  fur  fon  fort ,  c'eft  à  dire  fur  ù  face 
la  plus  étroite.  Pofer  de piat  ;  c'eft  le  contraire.  Et  Pofcroi décharge-,  c'eft  po/f)- oblique- 
inent  une  Pièce  de  bois  ,  pour  empêcher  la  charge ,  pour  arcbouter  &  contrevcnter.  On 
dit  la  Pofc  d'une  pierre,  pour  lignifier  l'endroit  où  elle  eft  placée  à  demeure,  p.  iz4. 
P/.64B.P.  i8y.&i84. 
POSEUR;^  c'eft  l'Ouvrier  qui  reçoit  la  pierre  de  la  Grue,  &  qui  la  met  en  place  de  ni- 
veau,  d'alignement,  &  à  demeure:  &  Contrepofeur ,  celui  qui  aide  au  Pofeur.  f.  131. 

POSITIF.  V-oye:^  ORGUE. 

POSTES.  Ornemens  de  Sculpture,  plats  en  manière  d'enroulemcns,  répétez  &  ainfi  nom- 
mez .parce  qu'ils  femblcnt  cour-r  J'un  après  l'autre.  II  y  en  a  de  fimples&  d'autres  fleu- 
ronnes  avec  des  rofettes.  Il  s'en  faitaulll  de  fer  pour  les  ouvrasses  de  Serrurerie.  PL  B.  p. 
VII.  &P/.  44  A. p.  117.  r  o  t 

POSTICHE.  On  dit  qu'un  ornement  de  Sculpture  eft  popiche,  lorfqu'il  eft  ajoûtéaprés 
coup:  qu'une  Table  de  marbre  ou  de  toute  autre  matière,  eftaufllpo/Z/J^f ,  lorfqu'elleeft 
mcruftée  dans  une  décoration  d'Architedure  ,  &c.  Ce  mot  eft  fait  de  l'Italien  Pû/?/cao, 
ajouté. p.  539. 

POTAGER;  c'eft  dans  une  Cuiline  une  Table  de  Maçonnerie  à  hauteur  d'apui ,  où  il  y  a 

dcsrcchautskellez.  P/.  5  ^.  p.  1 59.  &P/.  6o.p.  175.    "" 
Potager.  Foyex  Jardin  potager. 
POTEAU  ;  c'eft  en  Charpenrerie,  toute  pièce  de  bois  pofée  debout,  qui  eft  de  différente 

grollcurIclo'-(a  'ongucur  &  fes  uf.-.ges.  i^/.  646.^.  189.  Lat.  Pojin. 
Poteau  coRNiER.  Maitrelle  pièce  des  coltez  d'un  Pan  de  bois,  ouàl'encôgnurededeux, 

laquelle  eft  ordinairement  d'un  leul  brin.  ibid. 
Poteau  de  membrure.    Pièce  de  bois  de  douze  à  quinze  pouces  de  rros ,  reduiteàfepc  à 

huit  dcpaifleur  juiqu'à  la  Confoie  ou  Corbeau  ,  qui  la  couronne, ""&  qui  eft  pris  dans  la 

Pièce  même ,  laquelle  (ert  à  porter  de  fonds  les  poutres  dans  les  Cloifons,  &  Pans  de  bois. 
Poteau  de  fonds.  Tout  Poteau,  qui  porte  à  plomb  fur  un  autre  dans  tous  les  Etages  d'u« 

Pandebois.P/.  64B.P.  189.  ^      f  r  0 

Poteau  de  remplace,  celui  qui  fcrt  à  garnir  un  Pan  de  bois,  &  qui  eft  delà  hauteur  de 

1  Etage,  ibid.  ^ 

Tome.  Il,  D  j  j,q_ 


2TO  nXPLICATION  DES   TERMES 

PoTEAo  DE  DECHARGE,  cclui ciiiielHucliiié  cn manière dc Gucttc  ,  pouf  foulagcr  la cfcûrje 
dans  une  Cloifon  ,  ou  un  Pan  de  bois. 

Poteau  d'huisserie  ou  de  croisée,  celui  qui  fait  le  cofté  d'une  Porte  ,  ou  d'une  Fenc- 
Ihe.  p.  112..  Lac.  Scapus  curdmalis. 

Poteau  de  cloison,  celui  qui  efl:  pofé  à  plomb  ,  retenu  à  tenons  S:  mortoifes  dans  les  fa- 
bheres  d'une  Cloifon.  ibid.  Lac.  Pùjtis  crdtinus. 

Poteaux  de  lucarne,  ceux  qui  à  cofté  d'une  Lucarne  y  fervent  à  en  porter  le  Chapeau. 
PL  61^  A.  p.  187. 

Poteaux  d'e'curie.  Morceaux  dcbois  tournez  d'environ  quatre  pieds  de  haut  hors  de  ter- 
re, &  de  quatre  pouces  de  gros  chacun  ,  quifervent  à  fcparer  les  places  des  Chevaux  dans 
lesila/r/c^.  P/.  61.  p    177. 

Poteau  montant  ;  c'eît  dans  la  conftrudion  d'un  Pont  de  bois,  une  pièce  retenue  à  plomb 
par  deux  contrefichcs  au  deiTous  du  Ut  ,  &par  deux  décharges  au  dellus  du  Pavé  ,  pourea 
entretenir  les  Lices  ou  Gardefous. 

POTELETS.  Petits  Poteaux  ,  qui  garnirent  les  Pans  de  bois  fous  les  Apuis  des  Croifées,  fous 
ks  Décharges  dans  les  Fermes  des  Combles,  les  Echifres  des  Efcaliers ,  &c.  PL  64  B. 
f>ag.   189. 

POTENCE.  Pièce  de  bois  debout,  comme  un  Pointai ,  couverte  d'un  chapeau  ou  femelle 
par  dellus  ,  &  adémblée  avec  un  ou  deux  hens  ou  contrefiches ,  qui  fert  pour  foulager  une 
Poutre  d'une  trop  longue  portée  ,  ou  pour  en  foûtenir  une  éclatée,  p.  519.  Vitruve  nom- 
me les  Potences ,  Interpenfiva. 

Potence  de  ïer.  Manière  de  grande  Confole  en  faillie  ornée  d'enroulement ,  &defeiiii- 
Jages  de  tole  ,  pour  porter  des  Balcons ,  Enfeignes  de  Marchands ,  Poulies  de  Puits  ,  Lan- 
ternes,  &c.  P/.  65  C.p.  117. 

POUCE.  Douzième  partie  du  Pied,  laquelle  fe  divifc  aufll  en  douze  parties,  qu'on  ap- 
pelle Lignes.  Le  Pouce  fuperficiel  quatre  a  144.  de  ces  lignes  :  Se  le  Pouce  cube  j  en 
a  17x8. 

Pouce  d'eau  ;  c'eft  une  quantité  d'eau  courante  pafTant  continuellement  par  une  ouverture 
ronde  d'un  pouce  de  diamètre;  en  forte  que  la  fupcrficie  de  l'eau  demeure  toujours  plus 
haute  d'une  ligne ,  que  la  partie  fuperieure  de  cecce  ouverture  ,  Se  fournilfant  dans  une  mi- 
nute I }.  pintes  d'eau  ,  &  dans  une  heure  800.  pintes,  ou  z.  muids  114.  pintes  de  Paris. 
POL'F.  Les  Ouvriers  difent  qu'une  pierre  ou  qu'un  marbre  eibpo;^f,  loriqu'il  s'égraine  fous 

l'outil,  comme  le  Grais  tendre,  p.  537. 
POULIE.  Petite  roue  ordinairement  de  cuivre,  avec  un  canal  fur  fonépai  fleur  :  laquelle 
tourne  fur  un  goujon  qui  la  traverfe,  &  dont  on  fe  fert  aux  Grues  ,  Engins  &  autres  Ma- 
chines ,  pour  e.npccher  le  frottement  des  cordages  en  élevant  les  fardeaux.  C'elt  ce  qui  eft 
indifFeremiîicnr  ffgnifié  dans  Vicruve  par  ces  mots  Trochlea  ,  Orbiculus  Se  Rcchamus. 
POURTOUR;  c  tlt  la  longeur  ou  l'étendue  de  quelque  chofe  à  l'entour  d'un  efpace  :  aiufi 
on  dit  qu'une  Souche  de  Cheminée,  une  Corniche  de  Chambre,  un  Lambris,  &c.onc 
tant  At  pourtour  t  c'eit-à-dirc  de  longueur  ou  d'étendue  dedans  ou  dehors  œuvre.     C'eft 
aufll  la  circonférence  d'un  corps  rond  ,  comme  d'un  Dôme  ,  d'une  Colonne ,  Sec.  ce  que 
lesGeomeaes  uommentPfnp/.'fr/V. p.  iéo.&  554. 
POUSSEE  ;  c'elt  l'effort  que  fait  un  Arc  ou  une  Voûte  pour  pow/Jêr  au  vuide,  &  qu'on  re- 
tient par  des  arcs  ou  piliers  butans.    Plus  un  Arc  eft  large  &;  furbaiflé,  plus  il  a  de  powjl/cf. 
Ce  mot  fc  dit  auflî  de  l'effort  femblable  que  font  les  terres  d'un  Quay  ou  d'une  Terralle ,  & 
le  Corroy  d'un  Baftardeau.p.  13  5.  &  3  50. 
POUSSER.     On  dit  qu'un  mur  poufjc  au  vuide-,  lorfqu'il  boucle  ou  fait  ventre.     Pouffera 
la  main;  c'eft  couper  les  ouvrages  en  plâtre  faits  à  la  main,  &  quine  font  pas  trainez. 
C'eft  aulïï  en  Menuiferie  travailler  à  la  main  des  Baluftres ,  Moulures,  &c.  PL  646. 
p.  189.  Se  341. 

POUSSIER  i  c'efl  la  poudre  des  recoupes  de  pierres  pafTées  à  la  claye ,  qu'on  mêJe  avec  le 

plâtre 


D'ARCHITECTURE,  &c.  2Tt 

plârre  en  carrelant,  pour  empêcher  f]u'iIboure.   On  met  du  Po/<//;Vr  de  charbon  entre  les 
Lambourdes  d'un  Parquet,  pour  le  garantir  de  rhumidire.  p.  352. 

POUSSOLANE.  Terre  rougcâcre  c]ui  tient  lieu  de  fable  en  Italie,  &  qui  mêlce  avecla 
chaux,  fait  un  mortier  qui  durcir  à  l'eau.  La  meilleure  fe  tire  des  environs  de  Bayes  8c 
de  Cumcs  dans  le  Roiaume  de  Naples.  p.  531.  A^yf?  Palladio. Liv.  i.  Ch.  j.Lat.  Pulvis 
futfoUnus. 

POUTRE;  c'eft  la  plus  grofTe  pièce  de  bois  qui  entre  dans  un  Bâtiment ,  écquienfoûtienc 
les  trave'es  des  Planchers.  Il  y  en  a  de  différentes  longueurs  &  groffeurs.  Celles  qui  font  en 
mur  mitoïen  ,  doivent  félon  la  Coiitume  de  Paris  ^/^rf.  108.  porter  plutôt  dans  toute  Pé- 
pailTeur  du  mur,  à  deux  ou  trois  pouces  pre's  ,  qu'à  moitié' :  à  moins  qu'elles  ne  foienc 
dirciflemenr  oppofe'es  à  celles  du  Voifin  ;  car  en  ce  cas  elles  ne  peuvent  porter  que  dans  la 
moitié' du  mur  ,  &  leur  porte'e  eft  foulagee  de  chaque  côte' par  des  corbeaux  de  pierre:  2c 
pour  empêcher  que  ces  deux  Poutres  oppofe'es,  s'e'chaufFent  &fe  corrompent ,  on  mec 
une  table  de  plomb  entre  les  deux  bouts,  p.  i6i.Pl.  5S.  8cp.  iii.Lat.  Trub). 

Poutre  FEÏiiLLE'E,  celle  qui  a  des/e///7/.vrej©u  des  entailles,  pour  porter  par  encadrement 
les  bouts  des  Solives.  Lat.  Trabs  incardinaîa. 

Poutre  qoarueronne'e,  celle  fur  les  areftes  de  qui  on  apouflfe'un  ^/<?ri-c/f-ro«(/,  une 
Doucine  ,  ou  quelque  autre  moulure  entre  deux  filets  ;  ce  qui  fe  fait  plutôt  poutôter  lefià- 
che  ,  que  pour  ornement,  p.  189.  &  3  ji.Lat.  Trj6/ cvfr^gawa. 

Poutre  armée,  celle  fur  qui  font  artemble'es  deux  de'charges  en  abouts  avec  une  clef,  re- 
tenues par  des  liens  de  fer  ;  ce  qui  fe  pratique  ,  quand  on  veut  faire  porcer  à  faux  un  Mur 
de  refend ,  ou  lorfque  le  Plancher  eft  d'une  fi  grande  e'tenduë  ,  qu'on  eft  oblige'  de  fe  fervjr 
de  cet  expédient  pour  foulager  la  porte'e  de  la  Poutre ,  en  faifant  un  faux  plancher  par  deflus 
l'Armature.  P/.  64  B.  p.  189.  Lat.  Trabs  compacîilis. 

POUTRELLE.  Petite  Powrrf  de  10.  à  11.  pouces  d'équarrifiage  ,  qui  fcrt  à  porter  un  médio- 
cre Plancher,  &  àd'aurresufages.  p.  iix.  &  347. 

PRATIQUE;  c'eft  l'opération  manuelle  dans  l'exercice  d'un  Art.  Préface  Se  p.  loi.  S:  355. 
Lat.  Fdbrica ÇelonYizTMve. 

Pratique.  On  dit  qu'un  homme  cilpratique  dans  les  Bâtimcns ,  quand  il  a  de  l'expérience 
dans  l'exécution  des  ouvrages. 

PRATIQUER;  c'eft  dans  la  diftribution  d'un  Plan  ,  difpofer  les  pièces  avec  œconomie  ,  Se 
entente ,  pour  les  proportionner  &  dégager  avanrageulement. 

PREAU.  On  appelle  ainfi  toute  Cour,  même  celle  d'une  Prifon,  quand  elle  eft  fpatieufè, 
&  qu'il  y  croît  librement  du  gazon.  Mais  ce  nom  fe  donne  plus  particulièrement  à  l'efpacc 
ordinairement  quadrilatère,  couvert  de  gazon  ,  &  environné  des  Portiques  d'un  Cloître, 
comme  le  Freau  du  grand  Cloître  de  la  Chartreufe  de  Paris. 

PRESBYTERE  ,  du  Grec  Presbyterion  ,  Aflcmble'e  de  Preftres  ;  c'eft  à  la  Campagne  la  Mai- 
fon  où  demeure  le  Cure'  d'une  Paroilfe,  &  c'eft  à  Paris  une  Maifon  prés  d'une  Eglifc 
Paroifliale,  où  logent  &  mangent  en  Communauté  les  Prejïres  habituez  qui  la  deller- 
vent.p.  331. 

PRESENTER.  Terme  qui  félon  les  Ouvriers ,  fignifie  pofer  une  pièce  de  bois ,  une  barre  de 
fer  ,  ou  toute  autre  chofe ,  pour  connoître  fi  elle  conviendra  à  la  place  où  elle  eft  deftinée  j 
afin  de  la  reformer ,  &  de  la  rendre  jufte  ,  avant  que  de  l'aflùrer  à  demeure. 

PRESSOIR  ;  c'eft  une  Machine,  qui  Ccvt  i  preffurer  les  fruits  pour  en  tirer  quelque  liqueur, 
&  qui  donne  fon  nom  au  lieu  qui  la  renferme.  On  appelle  Prf//o;r6a'!a/,  celui  d'un  Sei« 
gneur,  où  des  Vafiaux  font  obligez  de  faire  prefjurer  leurs  fruits,  p.  5  i8 .  Lat.  TorcuUr. 

PRETOIRE  ;  c'eftoit  chez  les  Anciens ,  le  Palais  où  le  Prêteur  ou  Magiftiat  logeoit  &  ren- 
doit  la  Jufticeau  Public  comme  celui  de  jerufalem,  dont  l'Ecriture  Sainte  fait  mcnuon.  Il 
y  avoir  de  ces  Prcro/rw  dans  toutes  les  Villes  de  l'Empire  Romain  ,  &  il  s'en  voit  mêmes 
encore  les  veftiges  d'un  à  Nifmes  en  Languedoc,  p.  ^57. 

PRISME  i  c'eft  un  corps  foUde ,  dont  les  plans  redilignes  réguliers  oppofez  Coïit  e'gaux ,  & 

Dd  1  'les 


2T1  EXPLICATION   DES  TERMES 

JC5  f.iccî  du  pourtour  égales.  Lorfque  ces  plans  font  triangles,  il  efl:  appelle' rn<î«|K/j/rf> 
&  Ioi-ù]u"iis  Ibnt  quarrcz,  ^^uadr angulaire.  P/.  t-  p-j-Lat.  Prifma,  duGtecPnm,  qui 
lijrnific  Icier  ou  cou-per. 

PRISON;  c'efl  un  lieu  d'une  forte  conflruccion  &  feurement  gardé  ,  où  l'on  enferme  les 
Débiteurs  &  les  Criminels,  &  où  il  y  zdcs  Cachots  y  c'cft-à-dire  des  Caveaux,  dont  les 
uns  font  noirs  &  fans  lumière  ;  &  les  autres  clairs,  àcaufjdu  )our  qu'ils  reçoivent  par 
des  Soupiraux.  Palladio  Liv.  5.  Cli.  16.  raporte  qu'il  y  avoit  anciennement  de  trois  fortes 
de  Prtj'ons ,  feparées  les  unes  des  autres ,  pour  les  Débauchez ,  les  Débiteurs ,  &  les  Cri- 
minels. Préface. 

Prison  des  vents,  ou  Palais  d'Eole  ;  c'efl:  un  lieu  fouterrain  ,  comme  une  Carrière  , 
où  les  l'cnts  frais  eitantconfervez  ,  fe  communiquent  par  des  Conduites  ou  Voûtes  fouter- 
raines  (appellécs  en  Italien  Ventidotti)  dans  des  Salles,  pour  les  rendre  fraîches  pendant 
l'Efté.  rojcK  Palladio  Liv.  I.  Ch.  17. 

PRIVE'.  Kijyf^  Caeinet  d'aisance. 

PROFIL  ;  c'eit  le  conteur  d'un  Membre  d'Architeflure,  comme  d'une  Bafê  ,  d'une  Cor- 
niche ,  &c.  C'elt  pourquoi  on  dit  Profier -,  pour  contourner  à  la  règle  ,  au  compas  ,  ou 
à  la  main,  ce  Membre,  ou  route  autre  faillie,  p.  iv.  x.P/.  C.  &c. 

Profil  de  bastiment  ;  c'elt  le  DelTein  d'un  BajUment  coupé  fur  fa  longueur  ,  ou  fa  lar- 
geur, pour  en  voir  les  dedans  &  les  épailîéurs  des  Murs,  Voûtes  ,  Planchers  ,  Com- 
bles, &c.  ce  qu'on  nomme  encore Cowpf  ,  Scio^raphicy  Se  Se^iion perpendiculaire.^,  li^^. 
PL  65  B. 

Proiil  de  terres  ;  c'eft  la  fe£tion  d'une  étendue  de  terre  en  longuei\r,  comme  elle  fc 
trouve  naturellement,  &  dont  les  coups  de  niveau  &  les  ftations  du  nivellement ,  mar- 
quées par  des  lignes  poncftuécs,  font  coiinoître  le  raport  de  la  fuperlîcie  de  cette  ffrrf  avec 
une  baie  horizontale  qu'on  établit  ;  ce  qui  fe  fait  pour  drelfer  un  terrein  de  niveau ,  ou  avec 
une  pente  réglée,  quand  il  s'agit  de  difpofer  un  Jardin,  planter  des  Avenues  d'arbres, 
tracer  des  Routes  dans  un  Bois,  Sec.  On  fait  ordinairement  ces  fortes  de  Proj^/j  fur  une 
même  échelle  pour  la  bafe  &  les  aplombs  ^  quelquefois  aulfi  on  réduit  cette  bafe  fur  une 
plus  petite  échelle  ,  que  les  aplombs  des  ftations,  pour  acourcir  le  deffein  d'un  Profl  de  trop 
erande  longueur;  mais  cette  dernière  manière  eft  incommode,  parce  qu'on  ne  peut  pas 
"tracer  fur  ce  delfein  ,  les  pentes  ,  chûtes ,  &  autres  moïens  qui  fe  pratiquent  pour  le  racoir 
dément  des  terreins. 

PROJECTURE.  rayez  SAILLIE. 

PROJET,-  c'eft  dans  l'Art  de  bâtir,  une  EfquilTe  delà  diftribution  d'un  Bâtiment ,  e'tabhe 
fur  l'intention  de  celui  qui  defire  faire  bâtir.  C'eft  auiïi  un  Mémoire  en  gros  de  la  dépenfè  à 
laquelle  peut  monter  la  conftruélion  de  ce  Bâtiment ,  pour  prendre  des  refolutions  luivant 
le  lieu  ,  letcnisS:  les  moïens.  Préface. 

PROMENOIR.  Terme  gênerai  qui  lignifie  un  lieu  couvert  ou  découvert,  fermé  par  des 
Arcades  ou  des  Colonnes  ,  ou  planté  d'arbres  pour  s'y  prowe«fr  pendant  le  beau  tems.  Vi- 
truve  Liv.  5.  Ch.  9.  appelle  Prowf«o<r,  un  efpace  derrière  la  Scène  du  Théâtre,  clos  d'une 
muraille,  &  planté  d'arbres  en  Quinconce,  p.  196.  Lat.  e^mbidacrum. 

PROPORTION  i  c'eft  la  )uftefié  des  membres  de  chaque  partie  d'un  Bâtiment ,  &  la  rela- 
tion des  parties  au  tout  enfcmble  ,  comme  une  Colonne  dans  fes  mefures  par  raport  à  l'Or- 
donnance du  Bâtiment.  C'eft  aulfi  la  différente  grandeur  des  membres  d'Architedure  ,  Se 
des  Figures,  félon  qu'elles  doivent  paroître,  parraportà  la  diftance  ,  d'où  elles  doivent 
eftre  veuës.  Les  opinions  des  plus  célèbres  Architectes,  font  partagées  fur  ce  fujet  :  les 
uns  prétendent  qu'elles  doivent  augmenter  fuivant  leur  exhaullément ,  &  les  autres  qu'elles 
doivent  rcftcr  dans  leur  grandeur  naturelle.  Préface  &cc  VoycK  la  5.  Partie  du  Cours  d' Ar- 
chitecture de  M.  Blondel:  les  Notes  de  M.  Perrault  fur  Yitruvc ,  &  fon  Livre  des  cinq 
efpeces  de  Colonnes. 

PROPORTIONNELLE.  yoye\  Ligne  proportionneii-e. 

PRO- 


D'ARCHITECTURE,  &c.  ai, 

PROSTYLE.  Voyez  TEMPLE. 

PRYTANE  E  ;  c'cftoic  anciennement  dans  Athènes  ,   un  Bâtiment  confiJeribîe  où  !e  Scnac 
s'alTembloitpour  tenir  confeil ,  &  où  eftoient  logez  &  entretenus  ,  cetixqui  avoient  renda 
de  grands  fervices  à  la  Republique.  Lat.  Prytuncum. 
PSEÙ  DO -DIPTERE.  Voyez  TEMPLE. 

PUISARD  ,  c'eft  dans  le  corps  d'un  mur  ou  le  noyau  d'un  Efcalier  à  vis ,  une  efpece  de  Pw/Vr, 
avec  tuyau  de  plomb  ou  de  bronze,  par  où  s'écoulent  les  eaux  des  Combles.  C'eltaulïï  au 
milieu  d'une  Cour  un  P/afi  bâti  à  pierre  fcchc  ,  &:  recouvert  d'une  pierre  ronde  troùe'e,  où 
fe  rendent  les  eaux  pluviales  qui  fe  perdent  dans  la  terre,  p.  3^1.  Lat.  Compluvium  ereclum. 
Puisards  d'aqueduc  ,  ce  ("ont  dans  les  ^qttc  duc  s  qui  portent  des  conduites  de  fer  ou  de 
plomb,  certains  trous  pour  vuider  l'eau  qui  peut  s'e'chaper  des  tuyaux  dans  le  canal,  com- 
me il  s'en  voit  à  V aqueduc  de  Maintenon. 
Puisards  de  sources;  ce  font  certains  P;»7;  ,  qu'on  fait  d'efpace  en  efpace  pour  la  recher- 
che des  Sources-,  &.  qui  fe  communiquent  par  des  Pierre'es  qui  portent  toutes  leurs  eaux 
dans  un  Regard  ou  Réceptacle  ,   d'où  elles  entrent  dans  un  Aqueduc.  Lat.  Putei  félon 
Vitruve. 
PUITS  ,  efl  une  profondeur  en  terre ,  foiiilléc  jufques  au  delTous  de  la  furface  de  l'eau  ,  & 
revêtue  de  maçonnerie.  Le  Puits  eft  ordinairement  rond  ,  &  quand  il  fert  à  deux  Proprié- 
taires fous  un  mur  mitoïen  ,  il  eft  ovale  avec  une  languette  de  pierre  dure  qui  en  fait  la  fe- 
paration  jufqu'à  quelques  pieds  au  delTous  de  la  hauteuidefon  apui.  PI.  60.  p.  175. 
Puits  commun,  celui  qui  aiant  plus  de  latgeur  qu'un  PKifj  particulier  ,  &  fes  eaux  bonnes 

à  boire,  eft  fîtué  dans  une  Rue  ou  dans  une  Place  pour  la  commodité  du  Public. 
Puits  perdu,  celui  dont  le  fonds  eft  d'un  fable  fi  mouvant ,  qu'il  ne  retient  pas  fon  eau  ,  & 

n'en  a  pas  deux  pieds  en  Efté,  qui  eft  la  moindte  hauteur  qu'il  puifTe  avoir  pour  puifer. 
Puits  décore',  celui  dont  le  profil  de  l'apui,  eft  en  forme  de  Baluftre  ou  de  Cuve,  &qui 
a  deux  ou  trois  Colonnes  ,  Termes  ou  Confoles  ,  pour  porter  la  traverfe  où  eft  attachée  la 
poulie.  Il  s'en  voit  un  de  cette  efpece  du  deflèin  de  Michel- Ange  dans  la  Cour  de  Saine 
Pierre  in  Vmcoli  à  Rome. 
Puits  de  carrière.   Ouverture  ronde  de  douze  à  quinze  pieds  de  diainetre,  creufée  à 
plomb,  par  où  l'on  tire  les  pierres  d'une  Camere  avec  une  roué,  &  dans  laquelle  on  dc- 
îcendpar  un  Echelier  ouRancher. 
rUREAU  ou  ECHANTILLON  ;  c'eft  ce  qui  paroît  à  découvert  d'une  Ardoife ou  d'une 
Tuile  mife  en  œuvre.  Ainfi  quoi  qu'une  Ardoile  ait  15.  ou  1 6.  pouces  de  longueur  ,  elle 
ne  doit  avoir  que  4.  à  5.  pouces  de  Pureau ,  &  la  Tuile  3.34.  ce  qui  eft  égal  aux  inter- 
valles des  Lattes.  p.ii<ji.Sciz6. 
PYCNOSTYLE  ;  c'eft  le  moindte  Entre-colonne  de  Vitruve ,  qui  eft  d'un  diamètre  &  demi,. 

ou  de  trois  modules.  Ce  mot  eft  feit  du  Grec  Pjc/yio; ,  ferré,  8c  Stylos,  Colonne.  0.9. 
PYRAMIDE.  Voyez  PLRAMIDE. 


Q^ 


QUADRE  ;  c'eft  toute  Bordure  quarrée  qui  renferme  un  Bas-relief,  un  Pa»neau,  un  Ta- 
bleau ,  &c.  Voyez  CADRE. 
QUARDERONNER  ;  c'eft  rabattre  les  ateftes  d'une  Poutre,  d'une  Solive,  d'unePortc> 

&c.  en  y  poull'ant  un  Q/wrr-df-ronc/ entre  deux  Filets,  p.  151. 
QUARRE.  Voyez  LISTEL. 
Quarre  par  îait.  Figure  reguhere ,  dont  les  quatie  cotez  &  les  quatre  angles  font  égaux. 

P/.t- p.j. 
Quarre -toNG.  Voyez  PARALLELOGRAMME. 

Dd  j  QUART- 


^-r^  EXPLICATION   DES   TERMES 

QUART-DE- CERCLE;  c'eft  la  quatrième  partie  de  la  circonférence  d'unCerde,  qui  con- 
tient 9o.degrezqui  font  l'ouvercurede  l'Angle  droit.  On  appelle  proprement  (^«îrt-<fc- 
cerclcy  ou  ÇKtart-dc-mndnte-,  l'initrumcnt fur  lequel  font  divifez  ces  90.  degrcz,  &  par 
le  moïen  duquel  on  peut  raporter  fur  le  papier  ,  tout  Angle  plus  ferré  que  le  droit. 
fag.ï]. 

QUART-DE-ROND.  Les  Ouvriers  appellent  généralement  ainfi  toute  moulure,  dont  le 
contour  cft  un  cercle  parfait  ou  approchant  de  cette  figure,  &  que  les  Archite(5tes  nom- 
ment Ovf.  p.  ij.  Pl.A.&cc. 

QUART lEP..  Ce  mot  fe  dit  dans  une  Ville,  de  plufieurs  Iflesenfemble  fepare'es  d'un  autre 
^/izr//fr  par  une  Rivière  ou  une  grande  Rue  ,  comme  lesfeize  Çl^rtiers  de  la  VilledePa- 
ris.  La  Ville  de  Rome  a  cite  plufieurs  fois  divife'e  différemment  en  Quar-tiers  appeliez  Ré- 
gions fuivant  fou  accroillement ,  comme  on  le  peut  remarquer  dans  les  Topographies 
d'Aurelius  Vidbor  ,  dOnuphre  Panvinius  ,  de  Marillan  ,  de  Pyrro  Ligorio  ,  deBoilIard> 
&  autres  Antiquaires,  p.  181.&  536. 

Quartier  tournant,  c'eft  dans  un  Efcalier  un  nombre  de  Marches  d'angle  ,  qui  par  leur 
colet,  tiennent  à  un  Noyau,  p.  241.  C'eft  ce  qu'on  peut  entendre  dans  Vitruve  par  le  mot 
Inverfura. 

Quartier  de  vis  suspendu-,  c'eftdans  une  Ca^e  ronde  ,  une  portion  d'Efcalier  à  v/Vy«/^ 
pendue -,  pour  racorder  deux  Apartcmens  qui  ne  font  pas  de  plain  pied.  ibid. 

Quartier  de  vove.  On  appelle  ainfi  les  groilès  pierres ,  dont  une  ou  deux  font  la  charge 
d'une  Cbarette attelée  de  quatre  chevaux,  p.  io6. 

QU AY  ;  c'eil  un  gros  mur  en  talut  fondé  fur  des  pilotis,  &  élevéau  bord  d'une  Rivière, pour 
retenir  les  terres  des  Berges  trop  hautes,  &  empêcher  les  dcbordemens.  p.  105.  &  143. 
Lat.  Crepidofaxca. 

QUEUE  DE  PIERRE;  c'eft  le  bout  brut  ou  équarri  d'une  Pierre  en  boutifle  ,  quieft  op- 
pole  à  la  Telte  ou  parement ,  &  qui  entre  dans  le  Mur  fans  faire  parpain.  p.  331. 

Queue  de  paon.  On  nomme  ainfi  tous  les  Compartimens  de  diverfes  formes  &  gran- 
deurs ,  qui  dans  les  Figures  circulaires,  vont  s'élargiffant  depuis  le  centre  jufques  à  la 
circonférence,  &  imitent  en  quelque  manière  les  plumes  delà  g«f«è  d'un  Paon.  P/.  loj. 

Queue  d'aronde.  /^"oyert  Assemblage  a  queue  d'aronde. 

QUINCONCE,  ou  QUINCONCE,  du  Lutin  (^inamx,  qui  a  cinq  onces  ou  parties  ;  c'eft 
un  Plant  d'arbres  difpofé  dans  fon  origine  en  quatre  arbres,  qui  font  un  quarréavec  un 
cinquième  arbre  au  milieu  ;  enforte  que  cette  difpofition  répétée  réciproquement ,  forme 
un  Bois  planté  de  fimmetrie  ,  &  prefcnce  parla  veuë  d'angle  d'un  Quarré  ou  Parallélo- 
gramme recSlangle  ,  des  allées  égales  &  parallèles.  C'eft  de  cette  Coitc  de  Quinconce  y  que 
parlent  Ciceron  dans  Cato  Alajor,  &  Quintilien  Liv.  8.  Ch.  3.  Nos  Quinconces  ^  fe  font 
aujourd'hui  de  même  que  ceux  des  Anciens ,  à  l'exception  du  cinquième  arbre  qui  n'y  eft 
j>as;  de  manière  qu'eltant  maillez,  &  leurs  Allées  fcvoiant  par  le  flanc  du  Redangle  ,  ils 
forment  un  Echiquier  parfait,  comme  ceux  à  côté  du  Cours-la-Rcine  à  Paris,  &  du  Jar- 
din de  Maxly.  p.  1^6. 

R. 

RABOT.  Sorte  de  Liais  ruftique,  dont  on  fe  fert  pour  paver  certains  lieux,  &pour 
faire  les  bordures  des  Chaufiéesde  Pavédegrais.  Les  Latins  le  nommoient  R^idiisno- 
\im ,  quand  il  eftoit  neuf,  &:  li^idits  redivivum ,  quand  il  eftoit  manié  à  bout ,  &  qu'on  le 
faifoitrefervir.  p.  350. 
RACKETTER  ;  c'eft  parmi  ks  Ouvriers  corriger  un  biais  par  une  figure  régulière ,  com- 
me 


D'ARCHITECTURE,   &:c.  21. 

meunePlarebandeqiii  n'cftant  pas  parallèle,  racorde  un  Angle  hors  d'equerre  avec  un 
Anf^le  droic  da.is  un  comparciment.  Ce  mot  fignifie  encore  dans  la  Coupe  des  pierres, 
joindre  par  racordement  deux  Voûtes  de  difFerenccsefpcces.  Ainfi  on  du  qu'un  Cîi-de-four 
rar/jf/Zf  un  Berceau ,  lorfque  le  Berceau  y  vient  faire  lunette:  que  quatre  Pendentifs  ra- 
chettent  une  Voûte  fphcrique  ,  ou  la  Tour  ronde  d'un  Dôme,  parce  qu'ils  fc  racûrdent 
avec  leur  plan  circulaire  ,  &c.  p.  159. 

RACINAL    On  appelle  ainfi  la  pièce  de  bois,  dans  laquelle  cft  encaftrée  la  Crapaudine  du 

Seuil  d'une  Porte  d'Eclufe.  p.  145.  ' 

Racinaux.  Pièces  de  bois,  comme  des  bouts  de  Solives,  arrêtées  fur  des  pilotis,  &  fur 

Jefquelleson  po(e  les  Madriers  &  Plateformes  ,  pour  porter  les  murs  de  douve  des  Refer- 

voirs.  Cemotfe  ditaufîides  pièces  de  bois  plus  larges  qu'epailTes ,  qui  s'attachent  fur  la 

tcrte  des  pilotis,  &  fur  lelquellespofe  la  Plateforme.  ;>.  145. 
Racinaux  de  grue.  Pièces  de  bois  croifées ,  qui  font  l'empâtement  d'une  Gr«^',  &  dans 

Jefquelles  font  afleniblcz  l'Arbre  ,  &Ies  Arcboutans.  Ou  les  nomme  Solles ,  quand  elles 

font  plates. 
Racinaux  de  comble.  Efpeces  de  Corbeaux  de  bois,  qui  portent  en  encorbellement  fur 

des  confoles,  le  pied  d'une  Ferme  ronde,  qui  couvre  en  faillie  le  Pignon  d'une  vieille 

Maifon.  />.  319. 

Racinaux  d'e'curie.  Petits  poteaux  qui  arrêtez  debout  dans  une  £c«r/f,  fervent  à  porter  la 
Mangeoire  des  chevaux.  PI.  61.  p.  177. 

RACORDEMENTj  c'eft  la  reiinion  de  deux  corps  à  un  même  niveau  ou  fuperficie ,  ou 
d'un  vieux  ouvrage  avec  un  neuf,  comme  il  a  efte  pratiqué  avec  beaucoup  d'entente  par 
François  Manfard  à  l'Hôtel  de  Carnavalet  rue  delà  Couture  Sainte  Catherine  à  Pans  , 
pourconferverlafculpturedela  Porte,  faite  par  Jean  Goujon  ,  où  la  Façade  neuve,  qui 
eftundesplusexcellens  ouvrages  d'Architedure,  ù  racorde  parfaitement  bien,  tant  au 
dedans  qu'au  dehors,  avec  le  refte  de  cette  ancienne  Maifon,  qu'on  tient  eitre  de  Jean 
BulanArchitedte.  On  appelle  encore  I{acordement ,  la  jondion  de  deux  terreins  inc'o-aux 
par  pentes  ou  perrons  dans  un  Jardin.   Kacordcr  ;  c'eft  faire  ua  Racor dément,  p^e.lu. 

RAGRE'ER;  c'eft  après  qu'un  Bâtiment  eft  fait,  repafler  le  marteau  &  le  fer  aux  pare- 
mens  de  fes  murs ,  pour  les  rendre  unis  &  en  ofter  les  baie  vres.  Ce  mot  fignifie  encore  met- 
tre la  dernière  maui  à  un  ouvrage  de  Menuiferie,  de  Serrurerie ,  Sec.  On  dit  ^nffi  Faire  an 
ragrcment ,  pour  I{agrécr.  p.  2  3 1 .  &c  y^j, 

RAINURE,  ouRENUREj  c'eft  un  petit  Canal  fait  fur  l'épaifleur  d'une  planche ,  pour 
recevoir  une  languette  ,  ou  pour  lervir  de  couIilPe.  p.  341.  Lat.  Camhculus. 

RAIS-DE-COEUR.  Ornement  accompagné  de  fciiilles  d'eau  qui  fe  taille  fur  les  Talons. 
PI.  B.  p. VII. 

RALONGEMENT  D'ARESTIER.  Foye^  RECULEMENT. 

RAMPANT  ;  c'eft  en  fait  de  Bâtiment ,  tout  ce  qui  n'eft  pas  de  niveau  &  qui  a  de  la  pente, 
comme  un  Arc  rdwpauf,  une  Defcente  ,  &c.  p.  13  7.  Sri-,  9.  Lat.  DecUvitas. 

RAMPART,  de  l'Efpagnol  ^wp^ra  ,  qui  fignifie  defenfe.  Cemot  feprend  en  Architedu- 
re civile  pour  l'efpace  qui  refte  vuide  en  dedans  la  muraille  d'une  Ville,  jufqu'aux  plus 
proches  Maifons.  C'eft  ce  que  les  Romains  appelloient  Pomœrmm  ,  où  il  eftoit  défendu  de 
bâtir,  ScoùTonplantoit  des  Allées  d'arbres  pour  leplaifir  du  Peuple,  comme  le  Cours 
qui  a  efté  fait  depuis  quelques  années  à  Paris,  &  qui  commence  à  la  Porte  S.  Antoine  &z 
finit  à  celle  de  S.  Honoré,  pag.  143. 

RAMPE  D'ESCALIER;  c'eft  autant  une  fuite  de  degrez  entre  deux  Paliers,  que  leur  Balu- 
ftrade  a  hauteur  d'apui ,  qui  fe  fait  de  Baluftres  de  pierre  ronds  ou  quarrez,  ou  de  Balu- 
ftres  de  bois  tournez  ou  pouffez  à  la  main  ,  ou  enfin  de  fer  avec  Baluftres  ou  Panneaux , 
Frifes,  Pilaltres,  Conlolcs  &  autres  ornemcns.  PL  61.  P.  177,  17&.  &  P/.  6s  D.  0.119. 
Les  i<f  w;)ej- font  appel]«es  de  Vitruve  5'fW^r/a. 

Rav- 


2T^  EXPLICATION   DES    TERMES 

Rampe  courbe-,  c'e(t  une  portion  d'Efcalier  à  vis  fufpcnduë  ou  à  noyau  ,  laquelle  fc  rracc 
par  une  cherche  ralongce  ,  &  don:  ks  marches  portent  leur  delardemcnt  pour  former  une 
coquille  ,  ou  font  poiccs  fur  une  Voûte  rampante ,  comme  la  Vis  S.  Gilles  ronde,  P/.  66  B  . 

Rami'e  par  ressaut,  celle  dont  le  contour  efi:  interrompu  par  des  Paliers  ou  Quartiers 
tournans.  p.  177. 

Rampe  de  menuiserie;  c'efl:  non  feulement  celle  qui  eft  droite  &  fans  fujcttion,  comme 
il  s'en  fait  pour  de  petits  Efcaliers  dégagez  ,•  mais  aufli  celle  qui  cftant  courbe  ,  fuit  le  con- 
tour d'un  Pilier  rond,  comme  il  s'en  voit  à  plufieurs  Chaires  de  Prédicateur,  &  donc 
l'ouvrage  eft  un  des  plus  difficiles  de  la  ikro;;<//fr/e.  p.  341. 

RAN'IJ'ER  i  c'efl:  pencher  fuivant  une  pente  donnée,  p.  541. 

RANCHER.  Fbyc::  ECHELIER. 

RANGE  DE  PAVE';  c'clt  un  ra«g  de  pavf:^  d'une  même  grandeur  le  long  d'un  ruifleau 
fans  caniveaux  ni  contrejumellcs ,  comme  onlepratique  dans  les  petites  Cours.  PL  loz. 

fta('.  549. 

RAPORT  j  c'efl;  le  juo'cment  par  e'crit  de  Gens  experts  &  connoiflans ,  nommez  d'office 
ou  par  convention  ,  lur  la  qualité  ,  quantité  Se  prix  des  ouvrages  ,  &  le  partage  des  hérita- 
ges, p.  331-  f''ojyf:î  la  Coutume  de  Pans  c^vf.  184. 

RAPORTEUR.  Inftrument fait  en  demi-cercle  &  divifé  en  iSo.degrez,  qui  fert àpren- 
dre  les  ouvertures  des  Angles  6c  à  les  raporter  du  Graphometre  fur  le  papier.  11^  fe  fait  ordi- 
nairement de  cuivre  i  mais  les  plus  commodes  pour  travailler  fur  le  papier  ,  iont  de  corne 
tranfparente  ,  au  travers  de  laquelle  on  voit  plus  précifement  les  degrez  qui  couvrent  les 
lignes  des  Angles.  On  le  nomme  auffi  Demi-cerck.  p.  3  5  8 . 

RATELIER;  c'eltdans  une  Ecurie  une  efpece  de  Baluftrade  faite  de  roulons  tournez,  où 
l'on  met  IcVoin  pour  les  chevaux  ,  au  deflus  de  la  Mangeoire. 

RAVALEMENT  ;  c'efl:  dans  des  Pilafl:res  ,  &  Corps  de  maçonnerie  ou  de  menuife- 
rie  ,   un  petit  renfoncement  fimple  ou  bordé  d'une  baguette  ou  d'un  talon,  p.  144. 

&i48- 

RAVALER;  c'efl:  faire  un  enduit  fur  un  mur  de  moilon  ,  &  y  obfer  ver  des  champs,  naif- 
fances  ,  &  tables  de  plâtre  ou  de  crépi  :  ou  repaflér  avec  la  laye  ou  la  ripe ,  une  Façade  de 
pierre  ;  ce  qui  s'appelle  aulfi  Faire  un  Kavalement ,  parce  qu'on  commence  cette  façon  par 
en-haut,  &  qu'on  la  finit  par  en-bas  eu  ravalant,  p.  337. 

RAYONS.  Fôye^z  Lignes  en  rayons. 

RECEPTACLE;  c'efl:  un  Baffin  où  plufieurs  Canaux  d'Aqueduc  ou  Tuyaux  de  Conduite, 
reviennent  rendre  pour  efl:reenfuite  diflribuez  en  d'autres  Conduites.  On  nomme  auffi 
cette  efpece  de  Refervoir  ,  Conjerve,  comme  le  BaiTin  rond  qui  efl:lurla  Bute  de  Mont- 
boron  prés  Verlailles.  p.  144. 

RECHAUFOIR.  Petit  potager  prés  la  Salle  à  manger,  où  l'on  fait  rrc/j^z-v/i  ries  viandes, 
lovfquelaCuUineen  elt  trop  éloignée. 

RECHERCHE  DE  COUVERTURE;  c'efl  la  réparation  d'une  Couverture,  où  l'on  met 
quelques  tuiles  ouardoifes  à  la  place  de  celles  q^ui  manquent:  &  la  réfection  des  Ru  ilées, 
Solins,  Areflieres&  autres  plâtres.  On  dit  aulli  Fane  une  recherche  de  pavé,  pour  en  ra- 
commoder  les  flaches  &  mettre  des  pavez  neufs  à  la  place  des  brifez.  p.  ^  5 1 . 

RECHERCHER  ;  c'efl  particulièrement  en  Sculpture  &  en  Cil'elure ,  reparer  avec  divers  ou- 
tils &  finir  un  ouvrage  avec  art  &  propreté;  cuiorcc  que  les  moindres  parties  en  foicnc 
bientcnninées. 

RECIPIANGLE.  Voye^  SAUTERELLE. 

RECOU  PEMENS.  On  nomme  ainfi  des  retraites  fort  larges  ,  faites  à  chaque  afîîfe  de  pier- 
re dure,  pour  donner  plus  d'cmp.itement  à  de  certains  ouvrages  conflruits  iur  un  terrein 
«u  pente  roidc ,  ou  à  d'autres  fondez  dans  J'cau  >  comme  les  Piles  de  Pont ,  les  Digues,  les 

MaUif^s  de  Moulm  ,  5cc. 

RE- 


D'A  R  CK  I  T  E  C  T  U  R  E  ,   &:c.  21^ 

RECOUPES.  On  appelle  ainfi  ce  qu'on  abhat  des  pierres  qu'on  taille  pour  les  cquarn'r. 
Quelquefois  on  mêle  du  pouflicr  ou  poudic  de  Recoupes  avec  de  la  chaux  &  du  {àblc  ,  puur 
faire  du  mortier  delà  couleur  de  la  pierre  :  &  le  plus  gros  des  I{ccoiipes ,  particulièrement 

.  des  pierres  les  plus  dures,  fcrt  à  affermir  le  loi  des  Càves,  &  à  faire  des  aires  diiis  les  Al- 
lées des  Jardins,  p.  195.  &  157.  Lat.  Segmenta  lapuicd. 

RECULEMENT  ou  RALONGEMENT  D'ARESTIER  ;  c'eft  la  l.gne  dugonale  depuis 
le  poinçon  d'une  croupe,  jufqu'an  pied  de  V^relîicr  qui  porte  fur  rencô(''nure  de  l'Enta - 
blcment.  Onlcnoramç. zuîi\'Trani\imc>ierct.  P1.6j^A.  p.iSj. 

REDENS  ;  ce  font  dans  la  confhudion  d'un  Mur  fur  un  terrein  en  pente  ,  pluiîeurs  relTauts 
qu'on  fait  d'efpace  en  efpace  â  laretraitc pour  la  conferver  de  niveau  pa:  intervalles.  Ce 
font  aufli  dans  les  Fondations  diverfes  retraites  caufeespar  l'inégalité  de  la  confiftence  du 
terrein,  ou  par  une  pente  fort  fenfible.  f.  154. 

REDUIRE  UN  DESSEIN  ,  c'eft  en  fairela  copie  plus  ou  moins  grande  que  l'original, 
par  le  moyen  d'une  échelle  qui  porte  les  mêmes  divifious  plus  grandes  ou  plus  petites! 
Prcf. 

REDUIT  ;  c'eft  un  petit  Jicu  retranché  d'un  grand  ,  pour  le  proportionner  ,  ou  pour 
quelque  autre  commodité,  comme  les  petits  Cabinets  à  côté  des  Cheminées  &:  des  Al- 
côves. 

REFECTION  i  c'eft  une  grolTe  réparation,  qu'une  malfaçon,  caducité,  incendie  ou  inon- 
dation a  obligé  de  faite,  p.  144. 

REFECTOIRE.  Grande  Salle  où  l'on  mange  en  communauté.  Celui  des  Pères  Benedidins 
de  S.  Georges  Major  à  Venife ,  du  Deirei'n  de  Palladio  ,  cit  un  des  plus  beaux  qui  fe  voyent, 
&:celui  del'Abbayede  S.Denis  en  France,  un  des  plus  hardiment  bâtis,  p.  531.  &  342,, 
Lat.  Cœnaculum. 

?vEFEND.  Fuyc:;.  BOSSAGES  ,  Mur  ,  et  pierres  de  reîend. 

REFENDRE;  cdïcnCkarpcntcrie  ^  débiter  de  grolTes  pièces  de  bois  avec  la  Tlic  ,  pour  cjt 
faire  des  folivcs  5  chevrons,  membrures,  planches,  &:c.  ce  qui  s'appelle  encore  Scier  de 
long,  &  ce  qui  fe  pratique  auHî  en  Mcmtijerie  ;  c'eft  pourquoi  les  Menuifiers  nommenc 
I{efe>id,  un  morceau  de  bois  ou  tringle  oftée  d'un  ais  trop  large.  Refendre  en  Senurerie  i 
c'eft  couper  le  fer  à  chaud  fur  fa  longueur  avec  la  tranche  8c  la  malfe.  En  Couverture  ■  c'elb 
divifer  l'Ardoifè  par  feuillets  avant  de  l'équarrir.  Et  enfin  en  Terme  de  Paveur-,  c'eft  par- 
tager des  gros  pavez  en  deux  ,  pour  en  faire  du  pavé  fendu  pour  les  Cours  ,  Ecu- 
ries,  &c. 

REFÇUILLER;  c'fft  faire  deux /fK/Z/wrc;  en  recouvrement ,  pour  îo^er  un  Dormant,  ou 

recevoirles  ventaux  d'une  Porte  ou  les  volets  d'une  Croifée.  /'.  358.' 
REFUITE;  c'eft  le  trop  de  profondeur  d'une  Mortoife,  d'un  Trou  de  boulin.  Sec.  On  dit 
aulfi  qu'un  trou  a  de  la  refuite ,  quand  il  eft  plus  profond  qu'il  ne  faut  pour  encaftrer 
une  pièce  de  bois  ou  de  fer  qui  fert  de  linteau  entre  les  deux  tableaux  d'une  Porte, 
p.z^.  515. 
REFUS.   On  dit  qu'un  Pieu  ou  qu'un  Pilotis  eft  enfoncé  au  refis  du  mouton,  lorfqu'ilne 

peut  entrer  plus  avant,  &  qu'on  eft  oblige  d'en  couper  la  couronne.  ;••  2.45. 
REGAIN.  Les  Ouvriers  dilent  qu'il  y  a  du  regain  à  une  pierre,  aune  pièce  de  bois,  &c, 
lorfqu'elie  eft  plus  longue  qu'il  ne  faut  pour  la  place  à  laquelle  elle  eft  deftinée  ,  &  qu'on 
en  peut  couper,  p.  315. 
REGALEMENT  ,  c'eft  la  reduâ: ion  d'une  Aire  ou  de  toute  autre  fuperfîcic ,  à  un  même  ni- 
veau ,  ou  félon  fa  pente. 
REGALER  ou  APLANIR;  c'eft  .-iprés  qu'on  a  enlevé  des  terres  mafîives,  mettre  à  niveau 
ou  félon  une  pente  réglée ,  le  terrein  qu'on  veut  drelTer.  On  appelle  B^galcurs,  ceux  qui 
étendent  la  terre  aveclapêle,  àmefurcqu'on  la  décharge,  ou  qui  lafoulent  avecdes  bat- 
tes, f.  350.  Lat.  Compianarc. 
REGARD;  c'eft  une  efpecc  de  Pavillon,  où  font  renfermez  les  robinets  de  plufieurs  Con- 
Tufnc  IL  Ee  duites 


2i8  EXPLICATION   DES  TERMES 

duitesci'e.in  ,  avec  un  petit  BafTin  pour  en  faire  la  didribution.  C'cft  au ifi  un  petit  Caveau 
fcrv.^iità  même  ufage,  où  l'on  dcfcend  par  un  clialîls  de  pierre.  |'.  144.  Lar.  Cajlellum 
félon  Vitruve. 
REGLE.  I:i(hument  leplufifouvent  de  boisdur ,  mince  &  étroit ,  avec  lequel  on  trace  â^ 

lignes  droites  ,  &c  qui  lert mécaniquement  à  tous  les  Ouvriers.  ;<.  v.  &  ^  58. 
Règle  d'apareilieur  ,  celle  qui  ell:  ordinairement  de  quatre  pieds  ,  &  divife'e  en  pieds  & 

pouces.  PL  66  A.  f.  137. 
Règle  de  I'OSEUr,  celle  de  douze  ou  quinze  pieds  de  long,  quifert  fous  le  niveau  ,  pour 
relier  un  Cours  d'affife  ,  &  pour  égaler  des  Piédroits  ou  des  premières  Retombées,  ibi- 
dem. Toute  liefje  ou  table ,  qui  fert  à  établir  un  niveau  ,  efl  nommée  en  L^tin  z^mujjium. 
Règle  de  charpentier,  celle  quicltpictéedc  fix  pieds  de  long,  c'eft-à-dirc  qui  eft  ài- 

viléc  en  autant  de  pieds. 
REGLE'.  On  dit  qu'une  pièce  de  trait  cfl:  rf^/f'r  ,  quand  elle  eft  droite  par  fon  profil,  com- 
i-ne  font  quelquefois  les  Larmiers,  Arrierc-voullures ,  Trompes,  &c.  P1.66A.  p.  137. 
&159. 
REGLET.  Petite  moulure  plate  &  étroite,  qui  dans  les Compartimens  &  Panneaux  ,  ferc  à 
en  feparer  les  parties,  &  à  former  des  guillochis  &  entrelas.  Le  I{eglet  eft  diffcrent  du 
Filet  ou  Liftel,  en  ce  qu'il  fe  profile  également,  comme  une  règle.  FI.  A.  p.u],  Lat. 
Ti(niola. 
REGNER.  Terme  dont  on  fe  fert  en  Architedure  pour  exprimer  qu'une  même  chofc, 
comme  un  Ordre,  une  Corniche,  un  Importe,  &c.  eft  continuée  dans  l'étendue  d'une 
Façade ,  &  dans  le  Pourtour  du  dehors  ou  du  dedans  d'un  Bâtiment,  p.  60.  Sec. 
REGRATER  i  c'eft  emporter  avecle  marteau  &  la  ripe,  la  fuperficie  d'unvieuxmur  de 
pierre  de  taille  pour  le  blanchir  ,  comme  il  a  efté  fait  à  la  Façade  de  l'Hôtel  de  Ville  de 
Paris,  p   511.&  337.  Lat.  l{e>ioyare. 
REINS  DE  VOUTE;  c'elt  la  Maçonnerie  de  moilon  avec  plâtre,  qui  remplit  l'Extrados 
d'une  K«tf  )ufqu'à  fon  couronnement.    On  appelle  I^eins  vuides ,  ceux  qui  ne  font  pas 
remplis  pour  foulager  la  charge;  ainfl  qu'il  a  efté  pratiqué  à  prefque  toutes  les  Voûtes 
Gothiques,  ou  fur  les  Piles  des  Ponts  de  pierre  qui  portent  des  maifons,  pour  y  ménager 
des  Caves,  comme  à  ceux  de  Paris.  P/.  66B.  p.  141.  &  543. 
REJOINTOYER  ;  c'eft  lorfque  les  joints  des  pierres  d'un  vieux  Bâtiment  font  cavez  par 
fuccelfion  de  tems  ou  par  l'eau  ,  les  remplir  &  ragrécr  avec  ie  meilleur  mortier,  comme 
de  chaux  &  de  ciment  ;  ce  qui  fe  fait  au (îi  avec  du  plâtre  ou  du  mortier  aux  ^o/>;/j  des  Voû- 
tes ,   lorfqu'ils  fe  font  ouverts  ;  parce  que  le   Bâtiment  eftant  neuf,  a  taflé  inégale- 
ment ,    ou  qu'eftant  vieux,  il  a  efté  mal  étayé  en  y  faifant  quelque  reprife  par  Ibus- 
oEuvre. 
RELEVER  LES  CISELURES.  Vbyc::  CISELURES. 

RELIEF;  c'eft  la  faillie  de  tout  ornement  ou  Bus-relief,  qui  doit  eftre  proportionnée  à  la 
grandeur  de  l'Edifice  qu'il  décore,  &àladiftance  d'où  il  doit  eftre  veu.  On  appelle  Figure 
deR^lief\  on  de  rondt;- Bofje ,  celle  qui  eft  ilolée  &  terminée  en  toutes  fes  veuës.  p.  ix.  Se 
62..  Lat.  Opus  a>uigl}'pho)i. 
REMANIER  ABOUT.  Foye;^  MANIER  ABOUT. 

RE.MBLAY  ;  c'eft  un  travail  de  terres raporttes&  battues,  foit  pour  faire  uneLeve'e,  foie 
pour  aplanir  ou  régaler  un  tcrreiu  ,  ou  pour  garnir  le  derrière  d'un  revêtement  de  terralîe , 
que  l'on  aura  ffrt/jjyfV  pour  la  conftrudt ion  de  la  muraille,  p.  350. 
REMENE'E.  Efpece  de  petite  Voûte  en  manière  d'Arriere-voulIùre,  audeflus  dej'embra- 

fure  d'une  Porte  ou  d'une  Croifée.  PL  66  A.  p.  1 3  7. 
REMISE;  c'clt  un  renfoncement  fous  un  Corps-de- logis ,  ou  un  Angar  dans  une  Cour, 
pour  y  ranger  le  Carrolfe.  Il  y  en  a  de  fimples&de  doubles  pour  un  ou  deux  Carrofles. 
p.  176.  Pi.  61.  Lat.  CelldKhediria. 
SUiyiiSE  DE  CALERE  ;  c'clt  daiis  uu  Arcciul  de  IVIarineun  grand  Angar  fepare' par  des  rangs 

de 


D'ARCHITECTUPvE,  5^c.  219 

de  piliers ,  qui  en  fuportent  la  couverture ,  où  l'on  tient  à  flor  feparémen:  les  Cd:rei  dcf- 
artne'es  ,  comme  dans  l'Arcenal  de  Venife. 
REMONTER.  Voye^  MONTER. 

REMPLACE,  fedicdc  la  Maçonnerie  des  Reins  d'une  Voûte.  PI  66B    o  m 
REMPLISSAGE.  FbyeK  GARNL  '  ^'    '^  ' 

RENARD.  Terme  vulgaire,  qui  dans  l'Art  de  baftir  apluficurs  fignifications.  Les  Maçons 
appellent  anifi  les  petits  moilons  qui  pendent  aux  bouts  de  deux  lignes  attachées  à  deux 
lattes  &  bandées ,  pour  élever  un  Mur  dépareille  épailTeur  dans  toute  l'a.  Icnctueur  Ils 
donnent  au  Ifi  ce  nom  à  un  Mur  orbe  dccoré  pour  la  fimmetrie,  d'une  Architeaurcpa-^ 
reille  à  celle  d'un  Bâtiment  qui  lui  elt  oppofc.  Les  Fontainicrs  appellent  encore /^owrci  un 
petit  permis  ou  fente,  par  oii  l'eau  d'un  Bailni  ou  d'un  Rcfervoir  le  perd,  parce  qu'ils  onc 
de  la  peine  à  la  découvrir ,  pour  la  réparer.  Enfin  ce  mot  fe  dit  pour  fignrd  entre  des  hom- 
mes qui  battent  enfemble  des  pieux  ou  des  pilotis  à  la  Sonnette;  de  fo'Ice  qu'un  d'entr'eur 
criant  <z«  Renard,  ils  s'arreltent  tous  en  même  temps,  ou  pour  fe  repofer  après  cerraiu 
nombre  de  coups,  oupourcelfer  au  refus  du  mouton.  Il  crie  aufïï  fl«  I^r^i ,  pour  les  faire 
recommencer. 
RENCONTRE.  Voyez  Trait  de  scie. 

RENFLEMENT  DE  COLONNE;  c'efl  une  petite  augmentation  au  tiers  de  la  hauteur  dii 
Fuit  d'une  Colonne,  qui  diminue  infenfiblement  jufqu'aux  Jcuxextremitez.  PI.  39.  p 
I  or.  &c.  C'cft  ce  que  Vitruve  nomme  £>/?,r_/F3-,  c'eft-à-dire  augmentation.       '       '      '  ^' 
RENFONCEMENT ,  fe  dit  d'un  parement  au  dedans  du  nCi  d'un  mur  ,  comme  d'une 

Table  fouillée,  d'une  Arcade  ou  d'une  Niche  feinte,  P/.  68.  p.  149.  &1S4. 
Renfoncement  de  soîite  ;  c'eft  la  profondeur  qui  rclte  entre  les  Poutres  d'un  arand 
Plancher,  lefquelles  eftant  plus  prés  que  les  Travées,  caufcnt  des  compartimens  quar- 
rez,  ornez  de  Corniches  architravc'cs ,  comme  aux  Sofites  des  Bafiliques  de  Saint  Jean  de 
Lâtran,  de  Sainte  Marie  Majeure  à  Rome  ,  &c.  ou  avec  de  petites  Coupoles  dans  fëserpa- 
ces,  comme  à  une  des  Salles  du  Château  de  Maifons.  C'eft  ce  que  Daniel  Barbaro  entend 
par  le  mot  de  Lacus  ,  qui  peut  auffi  (ignifier  les  B^nfoncemens  quarrez  d'une  Voûte ,  comme 
ceux  de  'a  Coupe  du  Panthéon  à  Rome.  p.  534.  &  547. 
Renfoncement  de  théâtre;  c'elt  la  profondeur  d'un  Théâtre,  augmentée  par  l'éloi- 

gnement  que  fait  paroître  la  pcrfpeclive  de  la  décoration.  '^ 

RENFORMIR  ou  RENFORMER  ;  c'eft  réparer  un  vieux  Mur  ,  en  mettant  des  pierres  oa 
des  moilons  aux  endroits  où  il  en  manque,  &  en  boucher  les  trous  de  boulins.  C'eft  aufli 
lorfqu'un  mur  cft  trop  épais  en  un  endroit  &  foiblc  en  un  autre  ,  le  hacher  ,  le  charger  & 
I  enduire  fur  le  tout.  p.  337. 
RENFORMIS;  c'eltla  réparation  d'un  vieux  mur,  à  proportion  de  ce  qu'il  cft  dégrade'. 

Les  plus  forts  ^»/om«,  fonteftimezpour  un  tiersdemur.  ihid.  . 

RE'NURE.  Voyex  RAINURE. 

REPARATION;  c'eft  une  reftauration  neceflaire  pour  l'entretien  d'un  Bâtiment.  Un  Pro- 
priétaire eft  chargé  des  ^ro//?5  rrp<jr<:f;o«^,  comme  murs,  planchers,  couvertures ,  &c.  Et 
un  Locataire  eft  obligé  aux  meKues ,  telles  que  font  les  vitres  ,  carreaux,  dégradations 
dAtres,  de  Planchers  ,  &c.  p.  119.  &  168 
REPERE;  c'eft  une  marque  qu'on  fait  fur  un  mur  pour  donner  un  alignement,  &  arrêter 
unemelurede  certaine  diftance  ,  ou  pour  marquer  des  traits  de  niveau  autant  fur  un  Ja- 
lon que  lur  un  endroit  fixe.  Ce  mot  vient  du  Latin  re/^mW  retrouver ,  parce  qu'il  faut  re- 
trouver cette  marque  ,  pour  eftre  feur  d'une  hauteur  ou  d'une  diftance.  Les  Menuifiers 
nomment  auffi  P^rprm ,  les  traits  de  pierre  noire  ou  blanche,  dont  ils  maiouent  les  pièces 
dajlemblage  pour  les  monter  en  œuvre:  &  les  Paveurs,  certains  Pavez  qu'ils  mcttenc 
d'efpaceencfpace,  pour  conferver  leur  niveau  de  pente,  p.  23  3.  5c  5  53. 
REPERTOIRE  ANATOMIQUE;  c'eft  une  grande  Salie  prés  l'Amphiiheatre  des  DilTe- 
«ttions,  oùl'onconfcrve  avec  ordre  les  Squelets  tant  humains  que  d'animaux  ,   com- 

E  e  2.  xj-jc 


,20  EXPLICATION   DES  TERMES 

me\cJ{epertû'ire  du  Jardin  du  Roi  à  Paris,  p.  }53. 

RE''OS.   f^jyeK  PALIER. 

REPOSOIRi  c'elt  une  dc'coradoii  d'Archiredure  feinte  qui  renferme  un  Aure!  avec  d.'s 
jrradins  qui  portent  des  Vales  ,  Chandeliers,  &  autres  ouvrages  d'Orphe'vrerie  -,  letouc 
accompagne  de  rapilTerics ,  tableaux  &  meubles  précieux  ,  pour  bs  Proceirions  de  la  FeOe- 
Dieu.  11  s'en  ell  tait  de  magnifiques  à  l'Hôtel  des  Gobelins  à  Pans,  avec  des  meubles  de 
la  Couronne. 

Reposoir  de  bain  i  c'eftoit  chez  les  Anciens  une  partie  du  Bain  en  manière  de  Portique  , 
où  avant  que  de  fe  baigner  on  (è  repo/ony  en  attendant  qu'il  y  eut  place  dans  le  Bafîui, 
Vitruve  appelle  cette  partie  SchoLi ,  parce  qu'on  s'y  entretenoit  de  diverfes  chofes ,  &  qu'on 
y  apprenoïc  les  uns  des  autres,  p.  338. 

REPOUS.  Onnomme  ainli  les  petits  p'âtras  qui  proviennent  delà  vieille  maçonnerie  ,  &: 
qu'on  bat  &  mêle  avec  du  tuileau  ,  ou  de  la  bnque  concailc'e  ,  pour  affermir  les  aires  des 
Chemins,  &.  fecher  le  fol  des  lieux  humides,  p.  351.  Lat.  R^diis. 

REPRENDRE  UN  MUR  -,  c'eft  en  reparer  les  fradlions  dans  la  hauteur  ,  ou  le  refaire  par 
fous- œuvre  petit  à  petit  avec  peu  d'etayes  &  chevalemens.  p.  144. 

REPRISE  i  c'eft  toute  forte  de'refeftion  de  Mur,  Pilier,  &c.  faite  par  fous-œuvre,  qui 
doirfc  raporter  en  fon  milieu  d'cpailfeur,  l'empâtement  eftautég^l  de  part  &  d'autre ,  ou 
dans  fon  pourtour,  ibid.  Lat.  SubjhuEiio. 

RESEPER  ;  c'eft  couper  avec  la  cognée  ,  oulafcie,  la  tefte  d'un  Pieu  ou  d'un  Pilotis  ,  qui 
refufe  le  mouton,  parce  qu'il  a  trouvé  de  la  roche,  ou  pour  le  mettre  de  niveau  avec  le 
refte  du  Pilotage. 

RESERVOIR;  c'eft  dans  un  corps  de  Bâtiment,  unBaffin  ordinairement  de  bois  revêtu  de 
plomb  ,  où  l'on  refcr\e  les  eaux  qui  doivent  eltre  diitribuées  par  des  Fontaines.  C'eft  aullî 
ungrandBafluide  forte  maçonnerie  avec  un  double  mur  appelle  de  douve  ,  &glaifé  ou 
pavé  dans  le  fonds ,  où  l'on  tient  l'eau  pour  les  Fontaines  jaillifTantcs  des  Jardins ,  comme 
Jes  quatre  i^/fr-vo/ri  de  la  Bute  de  Montboron  prés  Vcrfailles ,  dont  chacun  a  8  5.toifesde 
lontrucurfur  54.  de  largeur  &  11.  pieds  de  profondeur  :  &  celui  du  Trou  d'Enfer  fur  le  haut 

'•  dcMarly,  qui  a  une  profondeur  fuffifantefur  jo.arpensdefuperficie,  pour  contenir  cen: 
mille  toifcs  cubes  d'eau,  p.  200.  &:  144. 

RESSAUT;  c'elt  l'effet  d'un  corps  qui  avance  ou  recule  plus  qu'un  autre,  &  n'eft  plus  d'ali- 
«-nement  ou  de  niveau,  comme  un  Socle  ,  un  Entablement,  une  Corniche  ,  &c.  qui  règne 
iùr  un  Avant-corps  &  Arriere-corps.  p.  134. 

Ressaut  d'escalier  ;  c'eft  lorfqu'une  Rampe  d'apui  ;.  n'eft  pas  de  fuite  &  refjaute  aux 
retours,  comme  au  grand  Efcalier  du  Palais  Roial  à  Paris,  p.  177. 

RESSENTI.  Terme  uhté  en  Arcbitedure,  comme  en  Peinture,  pourfignifier  le  contour 
ou  le  renHement  d'un  corps  plus  bombé  ou  plus  fort  qu'il  ne  doit  eltre  ,  comme  le  contour 
d'une  Colonne  fufelce.  p.  103. 

RESTAURATION;  c'eft  la  réfection  de  toutes  les  parties  d'un  Baftiment  dégradé  &dépcr 
ri  par  malfaçon  ou  parfucceffion  de  tems,  enforte  qu'il  eft  remis  en  fa  première  forme 
&  même  augmenté  confiderablement,  comme  celle  que  le  Roi  a  fait  faire  au  vieux  Châ- 
teau de  Saint  Germain  en  Laye  bafti  par  François  I.  p.  182.  &  3  54. 

31ESTAURER  ;  c'eft  rétablir  un  Bâtiment  ou  remettre  en  fon  premier  état  une  Figure 
mutilée.  La  plufpart  des  Statues  antiques  ont  efte'  reflaurces ,  comme  l'Hercules  de  Far- 
néfe,  le  FaunedeBorghefeà  Rome,  les  Luiteursdela  Galerie  du  Grand  Duc  de  Floren- 
ce ,  la  Venus  d'Arles' qui  eft  dans  la  Galerie  du  Roi  à  Verfaillcs  :  &  ces  P^flaurations 
n'ontefté  faites  que  par  les  plus  habiles  Sculpteurs,  p.  39. 

RETABLE;  c'eft  l'Architedure  de  marbre,  de  pierre,  ou  de  bois,  qui  compofe  la  déco- 
ration d'un  Autel.  Et  Contreretable  eft  le  fonds  en  manière  de  Lambris ,  pour  mettre  un 
tableau  ou  un  Bas-relief,  &  contre  lequel  eft  adoilé  Je  Tabernacle  avec  Tes  gradins,  pag. 


D'ARCHITF.CTURE,&T.  221 

5.ET0MBE'E.  On  appelle  aiiifi  chaque  aflîfe  de  pierre,  qu'on  c'rige  fur  le  Coudînet  d'une 
Voûte  ou  d'une  Arcade,  pour  en  former  la  Naiflance,  &  qui  par  "curpofc  peuvent  fubfi- 
fter  fans  cintre.  PL  5.  p.  11.  PL  66  A.  Se  66  B.  p.  ijy.&c. 

RETONDRE;  c'efl  couper  du  haut  d'un  mur  ou  d'une  Touche  de  chemine'e,  cequieft  rui- 
né pour  le  refaire.  C'eil  aulfi  retrancher  des  faillies  ou  ornemens  inutiles  ou  de  mauvais 
goiirt,  lorfqu'on  regrate  la  raçaded'un  Baftimcnt.  C'cft  encore  rcpalTcr  rArchite<f}:ure 
avec  divers  outils  appeliez  Fers  à  retondre  y  pour  la  mieux  terminer  &  en  rendre  les  areftes 
plus  vives,  p.  511. 

RETOUR;  c'efl  le  profil  que  fait  un  Entablement  ou  toute  autre  partie  d'Architedure  dans 
un  Avant  corps.  On  nommeauflî  Retour  ,  l'encôgnure  d'un  Bàtanent.  p.  60.  &  15 1.  Lat. 
VérfuraCdon  Vitruve. 

Retour  d'e'querre  ;  c'eft  une  encôgnure  en  angle  droit.  On  dit  nufCi  fe  retourner  d' cauerre, 
pour  fignifier  établir  une  peipendiculauefur  la  longueur  ou  l'extrémité  d'une  lio-ne  effedi- 
veou  (uppofée.  p.  15 1.  &  151. 

RETRAITE;  c'eft  la  diminution  d'un  Muren  dehors,  au  deffus  de  fon  empâtement  Se  de 
fesalTifes de  pierre  dure.;?.  188.  &  i^i.Lat.Contrafiw. 

RETRANCHEMENT,  s'entend  non  feulement  de  ce  qu'on  retranche  d'une  trop  o^rande 
Pièce,  pour  la  proportionner  ,  ou  pour  quelque  autre  commodité  :  mais  aufll  des  avances 
&  faillies,  qu'on  ofte  des  rues  &  voyes  publiques  pour  les  rendre  plus  pratiquables  ,  & 
d'alignement,  p.  308. 

REVERS  DE  PAVE  ;  c'elt  l'un  des  cotez  en  pente  duP^ive  d'une  Rue  depuis  le  ruifleau  jus- 
qu'au pied  du  mur. p.  549.  &c. 

REVESTIR;  ce{ie>tM.i<;onncrie,  fortifier  l'Efcarpe  &  la  Contrefcarpe  d'un  FofTé ,  avec  un 
mur  de  pierre  ou  de  moilon  :  &  faire  un  mur  à  une  Terrafle  ,  pour  en  foûtenir  les  terres  : 
ce  qui  s'appelle  aulîî  Faire  un  I{eveflement.  I{evejiir  en  Charpenterie;  c'efl:  peupler  de  poteaux, 
une  Cloifon,  ou  un  Pan  de  bois.  En Menuijerie  ;  c'eftcouvrir  un  Mur,  d'unLambris, 
qui  pour  ce  fujet  s'appelle  Lambris  de  reveflement.  Et  en  jardinage  ;  c'eft  garnir  de  gazon,  ua 
glacis  droit  ou  circulaire,  ou  palifler  de  charmille  ,  defilaria,  d'if,  (S,;c.  un  Mur  de  clô* 
rare  ou  de  terraflé  ,  pour  le  couvrir,  p.  184.  110.  &  555. 

REZ-DE-CHAUSSEE;  c'eft  la  fuperficie  de  tout  lieu  confiderée  au  niveau  d'une  Chauffée^ 
d'une  Rué,  d'un  Jardin,  &c.  i(f;ï-J£--f/?^KjJfc  des  Caves  ou  du  premier  Etage  d'une  Mai- 
fon  ,  feditimproprement.p.  17^.  P/.  6i.Lat.  Soium. 

REZ-MUR  ;  c'eft  le  nû  d'un  Mur  dans  œuvre.  Ainfi  on  dit  qu'une  Poutre ,  qu'une  So- 
live de  brin,  &c.  a  tant  de  portée  de  B^:z-mnr ,  c'eft-à-dire  depuis  unAf/^r  jufqu'à 
l'autre. 

REZ -TERRE  ,  fe  doit  entendre  d'une  fuperficie  de  Terre  fans  reflauts  ni  degrez. 

RHOMBE;  c'elt  un  Quadrilatère,  qui  a  les  quatre  cotez  égaux  ,  &  les  angles  oppofez  auflî 
égaux.   On  l'appelle  encore  i.o/a«^e.    Ce  mot  vient  du  Grec  i(ow6oj,  denvé  de  i^«26«;j , . 
entourer.  PL  t-f-  )• 

rhomboïde.  Figure  quadrilatère  qui  a  les  angles  &  les  cotez  oppofez  égaux ,  fanseftic 
équiangle  ni  équilarerale.  ibid.  Lat.  Rhomboïdes. 

RIGOLE,  c'eft  une  ouverture  longue  &:  étroite  fouillée  en  terre ,  pour  conduire  de  l'eau  , 
comme  il  fe  pratique ,  lorfqu'on  veut  faire  l'elfay  d'un  Canal ,  pour  juger  de  foii  niveau  de 
pente  :  ce  qu'on  nomme  Canal  de  dérivation.  On  appelle  auiïi  R^i^oles,  les  petites  Fondations 
peu  profondes  ,  &  certains  petits  Fofiéz  qui  bordent  un  Cours  ,  ou  une  Avenue,  pour  en 
conferver  les  rangs  d'arbres.  La  RJgole  eft  différente  de  la  Tranchée ,  en  ce  <]ue  pour  l'ordi- 
naire elle  n'elt  pas  creuféequarrément.  p.  154.  Lat.  Incile. 

Rigole  de  jardin  ;  c'eft  une  efpece  de  Tranchée  fouillée  le  plus  fouvent  quarrément  de  fis 
pieds  de  large  fur  deux  pieds  &  demi  de  profondeur ,  pour  planter  une  Platebande  de  fleurs, 
&  des  Arbrilfeaux  dans  un  fardht.  Le  mot  de  Hjgole ,  vient  du  Latin  E^gare,  arrofer. 

RINCEAU  j  c'eft  une  elpece  de  branche  ,  qui  prcnanc  ordinairement  naifiance  d'un  cu- 

I-e  5  lot». 


2^^  EXPLICATION   DES   TERMES 

lot,  cfl  formée  de  grandes  feuilles  naturelles,  ou  imaginaires,  &  refendues,  comme 
J'Acanthe  &  lePerfil,  avec  fleurons ,  rofes ,  boutons  &  graines  ,  &  qui  ferc  à  décorer  les 
ïnfës ,  Gorges  &  Panneaux  d'on.emens.  Il  fe  voie  dans  la  Vigne  de  Medicis  à  Rome  des 
Rinceaux   antiques   de  marbre  ,    d'une  linguliere  beauté.    PI.    35.  p.    85.  &  PL  loi. 

ROCAILLE.  Compofuion  d'Architeâ:ure  Ruftique  ,  qui  imite  les  Rochers  naturels ,  èc 
qui  le  fait  de  pierres  troiices ,  de  coquillages,  &  de  pétrifications  de  diverles  couleurs, 
comme  on  en  voit  aux  Grotes  &:  Balfins  de  Fontaine.  On  appelle  }{pcaiUcur,  celui  qui  corn- 
pofe,  qui  conduit,  ou  qui  travaille  aux  Rocuillcs.  p.  199. 

ROCHE,  fe  dit  de  la  pierre  la  plus  ruftiquc  &  la  moins  propre  à  cftrc  taillée  ,  comme 
de  celles  qui  tiennent  de  la  nature  du  caillou,  d'autrcsquiledcluenr  par  écailles ,  &c. 
pw^-  toi. 

ROCHER  D'EAU.  Efpece  de  Fontaine  adofTée  ou  ifolée,  &  cavée  en  manière  d'Antre, 
d'où  iortent  des  boitillons  &  napes  d'eau  par  plufieurs  endroits ,  comme  la  Fontaine  de 
la  Place  NavoneàRomc,  qui  elt  un  i^oc/jer  fait  de  pierre  de  Tevertin  ,  Se  percé  à  jour  eu 
fes  quatre  faces,  qui  porte  à  Tes  encôgnures  quatre  Figures  de  marbre  avecleurs  attribus, 
<|uircprefentent  les  quatre  plus  grands  Fleuves  de  la  Terre,  &  fur  lequel  eli  élevé  un  Obe- 
Jifque  antique  de  Granit,  tiré'  du  Cirque  de  Caracalla.  Cet  ouvrage  merveilleux  ,  aefté 
fait  par  le  Cavalier  Bcrnin,  fous  le  Pape  Innocent  X,  On  appelle  auîîi  Rocher  d'eau,  une 
cfpece  d'Eciieil  malllf,  d'où  fort  de  l'fjwpar  divers  endroits,  comme  celui  de  la  Vigne 
d'Erte  à  Tivoli  prés  de  Rome. 

RGND-D'EAU.  Grand  Balîîn  d'f.;»  de  figure  ronde  ,  pavédegraisou  reveftu  de  plombou 
de  ciment,  &  bordé  d'un  cordon  de  gazon  ou  d'une  tablette  d:  pierre  ,  comme  le  I{pnd- 
à'eiiu  du  Palais  Roial  à  Pans.  Quelque  fois  ces  fortes  de  Ballîns ,  fervent  de  Décharge  ou 
de  Refervoir  dans  les  Jardins.?/.  65  B.p.  zoi. 

ROSACE  ou  ROSON".  Grande  Rofe ,  qui  fe  fait  de  différentes  manières,  &dontonornc 
ik  remplit  les  Cailfes  des  compartimens  des  Voûtes,  Plafonds,  Sec.  PI.  %.p.  15. 

ROSE.  Ornement  taillé  dans  les  Caillés  qui  font  entre  les  Modillons  fous  les  plafonds  des 
Corniches  ,  &  dans  le  milieu  de  chaque  face  des  Tailloirs  des  Chapiteaux  Corinthien  & 
Compofiîc.  P/.  36.  p.  89.&P/.  Sy.p.  195. 

Rose  de  modîrne;  c'eft  dans  une  Eglife  à  la  Gothique  ,  un  grand  Vitrail  rond  avec  croi- 
lillons  &  nervures  de  pierre  qui  forment  un  compartiment  en  manière  de  I{ofe.  Celles  de  S. 
Denis  en  France,  font  des  plus  belles  qui  fevoyent. 

Rose  de  compartiment.  On  appelle  ainfi  tout  Cowp^ïrfiOTfwf  formé  en  rayons  par  des  pla- 
tebandes,  guillochis,  entrelas ,  étoiles  ,  &c.  &  renfermé  dans  une  figure  circulai- 
re ,  duquel  on  orne  un  Cii-de-four  ,  un  Plafond,  un  Pavé  de  marbre  rond  ou  ova- 
le, Sec.  On  appelle  aulfi  Ko/es  de  compartiment  -,  certains  Fleurons  ou  bouquets  ronds  , 
triangulaires  ou  lofanges ,  qui  remplillcnt  les  renfoncemens  de  Sofite,  de  Voûte,  &c. 

P/.  loi.p.  34Î-&  545- 

Rose  de  pave'.  Compartiment  rond  de  plufieurs  rangées  de  P<JVf  de  grais ,  de  pierre  noire 
de  Caén  ,  Se  de  pierre  à  fufil  mêlées  alternativement ,  dont  on  orne  les  Cours,  Grotes, 
Fontaines ,  &c.  Il  s'en  fait  auffi  de  pierre  &  de  marbre  de  diverfcs  lortes.  PL  101.  p.  549. 
&P/.  105.  p.  353. 

Rose  de  serrurerie.  Ornement  rond,  ovale  ou  à  pans,  qui  fe  fait,  ou  de  tôle  rele- 
vée par  feiiilles,  ou  de  fer  contourné  par  compartimcns  à  jour  ,  &  qui  entre  dans  les 
Dormans  des  Portes  cintrées,  &  dans  ksPâumnux  de  Serrurerie.  PL  4^  A.  p.  iij.  Se  PL 

6^D.p.zi<). 
ROSEAUX.  Ornemens  en  forme  de  cannes  ou  baftons,  dont  on  remplit  jufques  au  tiers  les 

cannelures  des  Colonnes  rudentécs. p.  300.  PL  90. 
ROTIE  5  c'cli  un  exhaufiément  fur  un  mur  de  clôture  mitoïcn  ,  delademieépaifieur  decc 

mur,  c'eft  à  dixc  d'enyàron  9.  pouces,  avec  petits  concxefortsd'efpace  en  elpace  qui  por- 

tcnc 


D'ARCHITECTURE,  S.C.  2,, 

tent  fui-  le  rcfle  du  mur:  qu'on  fait,  ou  pour  fe  couvrir  delà  veuë  d'un  Voi/îii ,  nu  pour 
paliller  les  branches  d'un  tfpalier  de  belle  venue  ,  &  en  belle  expofuion.  Cet  evliauflen-eu^ 
avecla  hauteur  du  mur,  ne  doit  pas  excéder  dix  pieds  fous  le  chaperon,  fuivant  la  Coùcul 
me ,  à  moins  de  payer  les  charges. 

ROTONDE.  Terme  vulgaire  pour  fîgnifier  tout  Bàciment  mm' par  dedans  &  par  dehors  , 
foit  une  Eg  ife  ou  un  Salon  ,  un  Veftibule  ,  &c.  La  plus  fameufc  I^otondedc  l'Antiquité 
eft  le  Panthéon  de  Rome  ,  qui  fut  dédié  à  Cibele  ,  &  à  tous  les  faux  Dieux  par  Aeriprâ 
Gendre  d  Augufte  ;  mais  qui  depuis  a  elle  confacré  par  IcPapeBonifaccIV  àlaSaime 
Vierge  &  aux  Saints  Martyrs.  La  Chapelle  del'Efcunal,  qu,  elUa  Sépulture  des  Rois 
dElpagne,  efl  appcllee  a  cette  imitation  le  P.z«//;ro«,  parcequ'elleeft  ba(tiecni^ofcWf 
LaChape!Iedes  Valois  aS.  Denis  ,  eft  encore  une  Retonde,  auflî- bien  que  l'Efrlifc  ^  l'Af- 
fomption  à  Paris ,  Sec.  p.  6^. 

ROUET.  Aflcmblage  circulaire  à  queue  d'aronde  de  quatre  ou  plufieurs  plateformes  de  bois 
de  chefne,  fur  lequel  on  pofe  en  retraite  la  première  affife  de  pierre  ou  de  moilon  à  fcc 
pour  fonder  un  Puits  ou  un  Ba/Iin  de  Fontaine.    On  appelle  auflî  }{oiiet ,  la  grande  ou  petite 
Enrayeure  ronde  ou  à  pans  d'une  Flèche  de  Clocher  de  bois  p.  1 7  < 

ROUGE-BRUN.  Fovr^  COULEURS. 

ROULEAU.  Efpece  de  cilindre  de  bois,  qui  fert  à  mouvoir  les  plus  pefans  fardeaux ,  pour  les- 
conduire  d'un  lieu  a  un  autre.  Il  y  a  de  ces  lieideaux ,  qu'on  nomme  fans  fin    ou  Tours  ur 
ncres  ■  parce  qu'on  les  fait  tourner  pat  le  moïen  de  Leviers  :  ik  qui  font  alfemblcsfous  uu 
pouhn  avec  des  entretoiles  ou  des  moifes. 

Rouleaux.  Les  Ouvriers  appellent  ainfi  les  Enroulemens  des  Modillons  &  des  Confoles  & 
même  ceux  des  Panneaux  &  ornemens  répétez  de  Serrurerie.  Voyez  Enroulemens' de 
Parterre. 

ROULONS.  On  appelle  ai'nfilespetits  barreaux  ou  échelons  d'un  Râtelier  d'Ecurie,  quand 
Ils  font  faits  au  tour  en  manière  de  Baluftres  ralongez ,  comme  il  y  en  a  dans  les  belles  Ecu- 
ries. On  nomme  encore  Boulons  ,  les  petits  Baiuflres  des  Bancs  d'EcrHfe. 

ROUTE  i  c'eft  dans  un  Parc  une  Allée  d'arbres  fans  Ane  de  recoupes  r  ni  fable,  où  les  Car- 
rofles  peuvent  rouler,  p.  1 94.  Lat.  Semita. 

RUBANS.  Ornement  tortillé  fur  les  Baguettes  Se  les  Rudentures  ,  qui  le  taille  de  bas  relief, 
ouevide.P/.  B.p.  VII, 

RUDENTURE,  du  Latin  Rude.s ,  un  Cable.  On  appelle  ainfi  certain  bâton  fimple  ou 
taille  en  manière  de  corde  ou  de  rofeau ,  dont  on  remplit  jufqu'au  tiers  les  Camiclures. 
dune  Colonne,  qui  pour  ce  fujet  font  appellécs  Cannelures  rudentces.  Il  v  a  auflî 
des  Rudentures  de  relief  fans  cannelures  fur  quelaues  Pilaftres  en  aaine  ,  comme  il  s'en 
voit  aux  Pilaftres  compofez  de  l'Eglife  de  la  Sapi'ence  à  Rome.  PL  84.  p.  1S9.  &  ?oo 
lu.  90.  '■  '      ' 

RUDERATION,  s'entend  dans  Vitruve  Z/v.  7.  C/?.  i.  de  la  plus  groffiere  Maçonnerie,  qui 
le  fait  pour  hourder  un  Mur.  Ce  mot  peut  venir  du  Latin  Rudis ,  qui  fî^rnSe  iné^^al  &  ra- 
boteux, p.  5  56.  -1        ir>  fc,     »*  ^* 

RUE;  t'eft  dans  une  Ville  un  chemin  libre  bordé  de  maifons  ou  de  murs,  pavé  ordinaire- 
ment de  pierre  dure,  comme  du  grais  ,  du  caillou,  &c.  les  plus  belles  font  les  plus  droi- 
tes &  les  plus  larcres ,  qui  ont  leur  pente  d'environ  un  pouce  par  toife  pour  l'écoulement  des 
eaux  :  les  moindres  ont  un  ruifléau ,  &  les  plus  larges  une  chaullée  entre  deux  revers  Les 
liues  chez  les  Romains ,  efloient  de  deux  fortes  lelon  Ulpian  ,  grandes  ou  publia ue's  & 
petites  ou  particulières.  Ils  nommoient  les  premières,  Roiales ,  Prétoriennes,  Conlrlai'res  . 
ou  Militaires:  &  les  autres  Vu  maie  s ,  c'elt-à-dire,  Rués  de  trayerje ,  par  lefquelles  les 
grandes  fecommuniquoient  les  unes  aux  autres.  Ce  mot  vient  du  bas  Latm  Rua,  qui  fî- 
gnihe  la  même  choie  :  ou  de  Rudus ,  Aire  pavée  de  mortier,  de  chaux  &  déciment 
p.  5c 9.  &  3  5^.  Lat.  Viens.  ' 

aucs  DE  CARRIERE  ;  cc  foiit  dans  ks  Carrières  Je  long  des  Côtes  de  montagne  ,  der 

che- 


224  EXPLICATION   DES   TERMES 

chemins  de  quatre  à  cinq  toiles  pour  le  paffagc  des  Clurois.  p^g-^^6. 

HUELLE.  Vet'ncRu'é,  où  les  Charois  ne  peuvent  pailcr  ,  &  qui  fert  pour  dégager  les  gran- 
des. Lat.  ^n^iportus. 

HUILEE.  Enduit  de  plâtre  pour  racorder  la  tuile  ,  ou  l'ardoife  avec  les  murs  ou  les  Jouées 
de  Lucarne,  p.  5  56. 

IvUINES.  Ce  mot  feditdes  Bâtimens  confiderablesde'perispar  fucceflîon  de  tems,  &  dont 
il  ne  refte  que  des  matériaux  confus ,  comme  Iesi^«/«f>  de  la  Tour  de  Bahcl  ouTombcau 
de  Bclus  àdeux  jcurncesde  Bac;dat  en  Syrie  5  fur  les  bords  de  TEuphrate  ,  qui  ne  font  plus 
cju'unmonceau  de  Briques  cuites  &  crues ,  maçonnées  avec  du  bitume  ,  &  dont  on  ne  re- 
connolt  cjue  IcPlan  qui  cltoit  quarré.  II  y  aaufîi  prés  deSchir:scn  Pcriè  ,  les  I{u  hic  s  d'un 
fameux  Temple  ou  Palais,  que  les  Antiquaires  difentavoirefté  bâti  par  Afluerus,  &:  que 
les  Perfans  nomment  aujourd'hui  Tcheh.inar  ,  c'efb à-dire  les  Qiiarante  Colonnes; 
parce  qu'il  en  refte  quelques-unes  en  pied  avec  les  veftigcs  des  autres,  &  quantité  de  Bas- 
reliefs ,  &  de  caraderes  inconnus ,  qui  font  connokre  la  grandeur  &  lamngnificence  de 
l'Architefture  antique,  p.  181.  &  308.  Lat.  F^uiUra.  Voyc^  les  Voïages  deP:e:rodela 
Valée. 
RUINER  &  TAMPONNER  -,  c'eft  hacher  des  poteaux  de  Cloifon  par  les  cô'-ez  ,  &  y 
iiiettre  des  Tampons ,  ou  grofles  chevilles ,  pour  retenir  les  Panneaux  de   maçonnerie, 

M?-  3  5«-      ,        ,        .  . 

RUINURE  ;  c'eft  l'entaille  faite  aveclacoignée  aux  cotez  des  Poteaux  ou  des  Solives,  pour 
retenir  les  Panneaux  de  maçonnerie  dans  un  Pan  de  Bois ,  ou  ime  Cloifon  ,  &  les  Entrevoux 
dans  un  Plancher. p.  5  5 1.  Lat.  Sulcus. 

RUISSEAL»^  ;  c'eft  l'endroit  où  deux  Revers  de  Pavé  Ce  joignent  par  leurs  morces ,  Je 
qui  fert  pour  écouler  les  eaux.  Les  R^iffeaux  des  Pointes  ,  font  fourchus.  On  ap- 
pelle P^afjcau  en  bijeau -,  celui  qui  n'a  ni  caniveaux,  ni contrejuraelles pour  faire  liailba 
avec  le  Revers  ,  comme  dans  les  Ruelles  ,  oùilnc  palfe  point  de  Charois.  p.  5  5i.Lat.  P(ï- 
vimentt  bicUe. 

RL^STIQUE.  Manière  de  bâtir  dans  l'iminrion  pluftôt  de  la  Nature  que  de  l'Art. /ï.  9.&: 
iii.P/.  44B.  Voyc:^  Bossage  et  Ordre  rustique, 

RUSTIQUER  ;  c'ell  piquer  une  pierre  avec  la  pointe  du  marteau  entre  les  cifclurc5 
rcleve'es. 


5. 

SABLE,  du  Latin  Sahnlum.  Terre  graveleufe  qu'on  mêle  avec  la  chaux,  pour  faire  le 
mortier.  Ily  en  a  (ieCave,  qui  elt  noir,  (/f  i<^v/f?e  qui  eft jaune  ,  dcrougc  Se  de  blanc  fé- 
lon les  differcns  terreins.  On  appelle  5<26/rwd:/e,  celui  qui  dans  un  même  lit ,  eftd'une 
couleur  plus  forte  qu'un  autre,  qu'on  nomme  Sable  femelle.  Le  gros  Sable  s'appelle  Gravier^ 
&  on  en  tire  le  Sable  ûi]  &:  dehé ,  en  le  pafT'ant  à  la  claye  ferrée ,  pour/îz^/cr  les  Aires  bat- 
tues des  Allées  de  Jardin,  p.  115.  Lat.  o^rcna. 

SABLIERE.  Pièce  de  bois  qui  fepoié  fur  un  poitrail ,  ou  fur  une  afilfe  de  pierre  dure  ,  pour 
porter  un  Pan  de  bois,  ou  une  Cloifon.  C'eft  au  ifi  la  pièce  qui  à  chaque  Etage  d'un  Pan 
de  bois  ,  en  reçoit  les  poteaux  &  porte  les  folives  du  Plancher.  P/.  64  B.  p.  189. 

Sablière  de  plancher.  Pièce  de  bois  de  fept  à  huit  pouces  de  gros ,  qui  eftant 
fbûtcnuë  par  des  corbeaux  de  fer  ,  fert  à  porter  les  fo'ives  d'un  Plancher.  On  ap- 
pelle auiïi  Sablières,  des  efpcces  de  membrures  qu'on  attache  aux  cotez  d'une  poutre 
pour  n'en  pas  altérer  la  force  ,  &  qui  reçoivent  par  enclave  les  folives  dans  leurs  en- 
tailles, p.  189. 

SABii£R£s.  ybyeK  Plateformes. 

SA- 


D'ARCHITECTURE,  &rc.  n^ 

SABLONNIERE.  Lieu  d'où  l'on  rire  du  Sable.    La  5<jiW»>rf  de  gros  fable  ,  eft  apix-ilc'c 

SabuletumpàrVline:  &  celle  de  menu  fable ,  c^miar/<ipar  Virruve.  * 

SACOME.  Terme  rire  du  Parallèle  de  l'Architecfture ,  &  traduit  de  l'Italien  ^.îco^wj,  ont 
figaifie  le  vifprofil  de  tout  Membre  &  Moulure  d'Architeclure.  Quelques-uns  le  prennent 
aulfi  pour  la  Moulure  même.  p.  515. 
SACRISTIE;  c'cft  au  plain-picd  d'une  Eglife  une  cfpece  de  Salle,  où  l'on  ferre  les  chofes  fa- 
crces  &  lesornemens,  &,  ou  le>  Preflrcs  fc  préparent  &:s'liabi!lenc  pour  officier.     Elles 
doivent  eftrc  revêtues  d'un  Lambris  avec  armoires  &  tables.  Celle  des  Preltres  de  l'Oratoi- 
re de  la  Chie/a  ncva  à  Rome  ,  du  dellein  de  Boromini,  elt  une  des  plus  mâo^nifiques  PI.  "t. 
;>.  i^7.&  164.  Lat.  Sdcrarium. 
SAILLIE,  ou  PROJECTURE  ;  c'eft  l'avance  qu'ont  les  Moulures  &  Membres  d'Archi- 
tcdlure  ,  au  de-là  du  Nù  du  Mur,  &  qui  e(t  proportionnée  à  leur  hauteur.     C'eft  aulîi 
toute  avance  porcée  par  encorbellement  au  de-là  du  Mur  de  face  ,  comme  Fermes  de 
Pignons  ,  Balcons  ,  Menianes  ,  Galeries  de  charpente  ,   Trompes  ,    &c.     Les  Saillies 
fur  les  Voyes  publiques,  font  réglées  par  les  Ordonnances.  PI.  6.  }.\  17.  &  318.  Lac- 
Project  tir  a. 
SALLEi  c'cft  la  plus  grande  Pièce  d'un  bel  Apartement:  &:  chez  les  Miniflres  d'Etat  &  les 
Magiftrats ,  c'eft  le  lieu  où  ils  donnent  audience.  Le  mot  de  Sala  chez  les  Italiens,  s'entend 
aulti  de  la  plus  belles  plus  grande  Pièce  de  l'Apartemcnt  de  cérémonie,  où  fe  tiennent  les 
gens  de  livrée.    Vitruve  Liv.  6.  Ch.  5 .  raportc  de  trois  fortes  de  Salles.     La  Tctrajlyle  ou  à 
quatre  Colonnes,  qui  foâtenoiént  un  Solîte  ou  Plafond.     Lz  Corinthienne  y  quiavoitdes 
Colonnes  à  l'entour  engagées  dans  le  mur  ,  avec  ou  fans  Pie'deftal ,  &  qui  eftoïc  voutc'e  eu 
Arc- de  Cloître.     Et  V Egyptienne -,  qui  avoit  dans  fon  pourtour  un  Periftyle  de  Colonnes 
Corinthiennes  ifolées,  qui  portoient  un  fécond  Ordre  avec  un  plafonds.     Elles  fenom- 
moien:  Oed.   Le  mot  de  Salle^  vient  félon  Volfius ,  dePAlemand^jW,  quialamêmc 
lignification,  p.  148.  &  2^/.  61. p.  177. 
Salle  a  manger.  Pièce  au  Rez-de-chaufTée  prés  du  grand  Efcalier,  &feparéede  l'Aparte- 
ment.  PL  6\.  p.  177.  Lat.    Tnclinium.  Ces  Lottes  de  Salles  y  cHoknzivvdlécsCyKuenep 
chezles  Anciens.  ^je;ï  CYZICENES. 
Salle  du  commun.  Pièce  prés  de  la  CuifineSc  de  l'Office  ,  où  mangent  les  Domeftiques. 

p.  174.  P/.  60.  Lat.  Cœnaailumdomffticum. 
Salle  des  gardes.  Première  Pièce  de  l'Aparternent  d'un  Prince  ,  où  fe  tiennent  les  Offi- 
ciers de  la  Garde.  Lat.  Cohortis  prcctorix  Exedra. 
Salle  d'audience.  Piecedu  grand  Apartement  d'un  Prince  ,  pour  recevoir  &  donner  au- 
dience à  des  AmbalFadcurs  &  autres  Miniftres  de  Princes  Etrangers,  p.  283.  Lat.  zJuU 
oratoria. 
Salle  de  bal.  Grande  Pièce  en  longueur,  qui  fert  pour  les  concerts  &  les  danfes,  avec 
Tribunes  élevées  poiu:  la  Mufique  ,  comme  celle  du  Grand  Apartement  du  Roi  à  Verfailles. 
p.  5  ^^.  Lat.  z^ulafaltatoria. 
Salle  de  balets,  de  comédie,  et  de  machines.  V.  Théâtre  de  comédie. 
Salle  de  bain  ;  c'eft  la  principale  Pièce  de  l'Aparternent  du  Bam,  où  eftlcBaffinouIa 

Cuve  pour  fe  baigner,  p.  538. 
Salle  d'armes,  Efpece  de  Galerie  fcrvant  de  Magazin  d'arme;  rangées  en  ordre,  & 
bien  entretenues,  pour  armer  certain  nombre  d'hommes,  comme  celle  qui  cft  à  Ro- 
me fous  la  Bibliothèque  du  Vatican.  Lat.  ^rmamemanum.  On  nommç:z\x&.  Salle  a  ar- 
mes,  le  lieu  où  l'on  fait  l'exercice  des  c^rwn- dans  une  Académie,  p.  3<i.Lat.  Rvdiaria. 
PaUjtra.  ^ 

Salle  de  jardin  ;  c'eft  un  grand  efpace  de  figure  régulière  ,  bordé  de  Treillac^e  ,  Se  ren- 
fermé dans  un  Bofquct,  pour  fervii  à  donner  des  Feftins  ,  ou  à  tenir  Bal  dansia  belle  fai-r 
fon ,  comme  la  Salle  du  Bal  du  petit  Parc  de  VcrfaiIIes ,  qui  elt  entouré  d'un  Amphithéâtre 
avec  fieges  de  gazon ,  &  un  efpacç  ovale  au  milieu   un  peu  élevé  ,   &  en  manière 
Toine.  II.  f  f  ^.^jç. 


22(5  EXPLICATION  DES   TERMES 

d'Arcnc ,  pour  y  pouvoir  dancer  la  nuit  à  k  lumière  des  flambeaux,  pag.  195. 

Salle  deau.  Efpece  de  Fontaine  plus  balîe  que  le  Rez-de  chauflee  ,  où  l'on  defcend 
p.ir  quelques  dcgrez ,  6c  qui  e(t  pavce  de  corapartimens  de  marbre  avec  divers  jeux 
d'caity  Se  entourée  d'une  Balullrade,  comme  la  Salle  d'eau  de  la  Vigne  du  Pape  Jules  à 
Rome.  p.  5 11. 

SALON.  Grande  Pièce  au  milieu  d'un  Corps-de-logis ,  ou  à  la  refte  d'une  Galerie,  ou 
d'un  grand  Aparrement,  l.quclledoit  eftre  de  fimmetrie  en  toutes  ies  faces  ;  Sccommefa 
hauteur  comprend  ordinairement  deux  Etages,  Se  adeux  rangs  de  Croilees  ,  l'enfonce- 
ment de  fon  l*iarond,  doit  elhe  cintré  ,  aind  qu'on  le  pratique  dans  les  Palais  d'Italie.  H 
y  a  des  Salons  quarrez  ,  comme  celui  de  Clagny  :  de  ronds  &  d'ovales  ,  comme  ceux  de 
Vaux&deRincy:  d'odogoncs,  comme  celui  de  Marly  :  &  d'autre  figure,  p.  i  80.  P/.  éi. 
&f.  148.  &  ;  33.  Lar.  î^/</d. 

Salon  D£  treillage.  Efpece  de  grand  Cabinet  rond  ou  à  pans,  fait  de  ;ra7/d^ede  fer,  Je 
de  bois,  ck  couvert  de  verdure  dans  un  Jardin,  p.  100.  P/.  65  B. 

S  ALPEl  RIERE  ;  c'eft  ordinairement  dans  un  Arcenal ,  une  grande  Salle  au  rez-dc-chaufîe'e> 
où  font  plufieurs  rangs  de  Cuves  &  de  fourneaux  ,  pour  faire  le  5a/petre  ,  comme  la5(!/- 
pf/r/frfdel' Arcenal  de  Paris,  p.  528. 

SANCTUAIRE  ;  c'eftoit  chez  les  Juifs  la  partie  la  plus  retirée  &  la  plus  fainte  du  Temple  de 
Salomon,  où  le  Grand  Prelhe  n'entroit  qu'une  fois  l'an  ;  &  c'eft  aujourd'hui  dans  le 
Chœur  d'une  Eglife  l'endroit  où  cft  l'Autel ,  renfermé  d'une  Baluftrade  :  &  même  la  Cha- 
pelle du  S.  Sacrement ,  qui  eft  dans  l'enceinte  du  Chœur  d'une  Paroillè  derrière  le  Maître- 
Autel ,  comme  à  Saint  Eudacheà  Paris.  On  peut  encore  appeller  particulièrement  de  ce 
nom  la  Chapelle  de  San  Salvator  ■>  qui  efl  au  haut  de  PEchelle  Sainte  à  Rome  ,  &  qu'on 
nomme  Sanâa  Sanâorunt  y  parce  qu'elle  renferme  l'Image  de  Noftre  Sauveur  &  quelques 
Reliques  de  l'Ancien Teftament.  P/.  6S.p.  149.  &  311. 

SAPER-,  c'eft  abbatrc  par  fous-œuvre  &  par  le  pied  un  Mur  ,  avec  des  marteaux,  martes  Se 
pinces,  ou  une  Bute  en  la  chevalant  &  étrefillonnant  par  deflous  avec  des  étayes&  dofles 
qu'on  brûle  enfuite  par  le  pied  pour  faire  ébouler  :  ou  enfin  une  Roche  parle  moïen  d'une 
mine.  Onappeliv;5upf ,  autant  l'ouverture  ,  quel'adion  de  5apfr. 

SAPINES.  Solives  de  bois  de /<;pi«,  qu'on  fcelle  de  niveau  fur  des TalTeaux  ,  quandonveuc 
tendre  des  cordeaux  pour  ouvrir  les  terres  &  drclTer  les  murs.  On  fait  des  Planchers  de  lon.r 
gues/ip/«f  1 ,  &  on  s'en  fert  aufli  dans  les  Echafaudages,  p.  1 5 1. 

SAVONNERIE.  Grand  Bâtiment  en  longueur  avec  reiervoirs  à  huile  &  fonde,  cuves  &  four- 
neaux au  lez-de-chauffée,  pour  faire  le  Savon,  avec  plufieurs  étages,  où  font  les  Mifes 
pour  le  figer,  &  Séchoirs  pour  lefecher.  Une  des  plus  belles  5avo«>îfWri  de  France,  eft: 
cclledeLaNapouIe,  Port  de  Mer  prés  de  Canncscn  Provence,  p.  318. 

SAUTERELLE.  Inltrument  compofé  de  deux  règles  de  bois  d'égale  largeur  &  longueur  ,  & 
aflemblées  par  un  de  leurs  bouts  en  charnière  ,  comme  un  compas  ;  de  forte  que  fes  bras- 
cftant  mobiles  ,  il  fert  à  prendre  &  à  tracer  toutes  fortes  d'Angles.  On  l'appelle  quelque- 
fois P<z«//f-fÇJ<f  rrf  ,  on  E^uern' mobile.  PL  66  A.  p.  137. 

Sauterelle  graduée,  celle  qui  a  autour  du  centre  d'un  de  fes  bras,  un  demi-cercle  gravé 
&  divifé  en  1 80.  dcgrez  ,  dcni  le  diamètre  eft  d'équerre  avec  les  cotez  de  ce  bras  ;  en  for:e 
que  le  bout  de  l'autre  bras  citant  coupé  en  angles  droits  jufqu'auprés  du  centre  ,  marque  à 
mcfure  qu'il  fe  meut ,  la  quantité  de  degiez  qu'a  l'ouverture  de  l'Angle  que  l'on  prend.  On 
l'appelle  aulTiPiZ'ifowffrt  &  Reci^iau-ylc. 
SCABELLON,  du  Latin  Scabellum  y  Efcahcau  ;  c'eft  une  efpece  de  Piédeftal  ordinaire- 
ment quarré  ou  a  pans,  haut  &  menu  le  plus  fouvent  en  gaine  de  Terme  ,  ouprofiléen. 
manière  de  Baluftre  p  jur  porter  un  Bufte  ,  une  Pendule ,  &c.  p.  3 1 7-  &  PL  99.  p.  359. 
SCELLER  ;  c'eft  arrcftcr  avec  le  plâtre  ou  le  mortier  ,  des  pièces  de  bois  ou  de  fer.  Sceller  en 
plomb  ;  c'eft  arreft'jr  dans  des  trous  avec  du  plomb  fondu  ,  des  crampons  ou  barreaux  de 
îst  QU de  bronze.  On  dic aulli  F^ire  nnlcciUmem  ;  pour  Sedkr.  p.  1 8  5 .  z  1 7.  &  1 3  z. 

SCE- 


D'ARCHITECTURE,  &c  217 

SCENE;  c'cfl:  la  décoration  du  Théâtre,  laquelle  cdoit  d'Archite(rcure  de  pierre  chez  les 
Anciens  ,  avec  trois  grandes  Portes ,  dans  iefquelles  piroifToiciit  des  décorations  pcrfpedi- 
ves,  r^avoir  de  Palais  pour  les  Tragédies  ,  de  Mailbns  &  de  Rues  pour  les  Comédies ,  & 
de  Foreds  pour  les  Paitora'es.  Ces  décorations  e'toient  ver/at^/ei- ,  outournantesfur  un  pi- 
Tor,  comme  les  décrit  Vitruvc,  ou  daÛilef  ,  c'eft-à-diregliffantes  par  feiiillets  dans  des 
couliffes,  comme  celles  de  nos  Théâtres.  Le  Plancher  un  peu  en  pente  fur  lequel  les  Adeurs 
declamoient,  eltoit  appelle  Pro/irfHf,  &  le  derrière  où  ils  s'habilIoient>  Pojcene  ou  Para- 
fcene.  p.  501.  Lat.  Sceua  ,  fait  du  Grec  Sl^ene  ,  Tente  ou  Pavillon. 

SCENOGRAPHIE.  FoycK  PERSPECTIVE. 

SCIOGRAPHIE.  Foyez  PROFIL. 

SCOTIE  du  Grec  Sl^tof,  obfcurité;  c'eft  une  moulure  concave  &  obfcure  entre  les  To- 
res d'une  Bafe  de  Colonne.  Elle  eft  auflî  appellée  A^ûcf/Zf ,  Membre  creux,  &cTrochile, 
du  Grec  Trochilos  ■,  qui  fîgnifie  une  poulie,  donc  elle  a  la  forme,  p.  ij.  P/.  A.  &  ^  8.  p.  97. 
Lat.  Scotia. 

ScoTiE  iNiERiEURE  ;  c'eft  la  pIus  grande  des  deux  d'unc Bafc  Corinthienne,  &  SUPERIEURE, 
la  plus  petite  qui  eft  au  deflus.  P/.  17.  p.  65.  &  294.  P/.  87.  &c. 

SCULPTURE  ;  c'eft  l'Art  de  faire  des  Figures  &  autres  fujets  de  Relief;  ce  qui  s'entend  en 
Architeéture,  de  l'ouvrage  même,  comme  de  tous  les  ornemens  ,  Bas-reliefs  &  Figures 
qu'ony  taille  pour  la  décorer.  On  appelle  5'c///p/.7re/yô/fV,  celle  qui  eft  en  ronde  bofle  :  & 
Sculpture  en  Bas-relief',  celle  qui  n'a  aucune  partie  détachée.  Sculpteur  ,  eft  celui  qui  modèle 
&  qui  travaille  de  marbre,  de  pierre,  de  bois,  &c.  des  Figures  &  des  ornemens  de  Sculp- 
ture. Préface  &:c.LâZ.  ^^rs  fiatuaria. 

SEC.  Terme  ufité  par  métaphore,  pour  fignifier  ce  qui  eft  deflîné  dur  &  de  mauvais  o-out. 
Prcface  Sz  p.  91. 

SECTEUR.  Portion  de  fuperficie  circulaire ,  comprife  entre  deux  rayons  &  un  arc  ,  8c  donc 
la  quantité  eft  connue  par  l'ouverture  de  l'angle  du  centre.  PL  t-  p-  )  • 

SECTION;  c'eft  la  fuperficie  qui  paroît  d'un  corps  coupé.  C'eft  auflll'endroit,  où  les: 
Lignes  &  les  Plans  fe  coupent.  Les  Sellions  comques  ,  qui  font  elliptiques ,  paraboli- 
ques ou  hyperboliques,  iervcnt  dans  la  Coupe  des  pierres,  pour  avoir  connoilfance  des 
diverfes  efpeces  d'Arcs.  PL  t-  f-  )•  foyn  les  Elemens  des  Seftions  coniques  de  M.  de 
laHire. 

Section  horizontale.  Foyc:?  ICHNOGRAPHIE. 

SEGMENT.  Portion  de  fuperficie  circulaire  ,  comprife  entre  l'arc  &  la  corde  d'un  Cercle , 
&  plus  petite  ou  plus  grande  que  le  demi-cercle.  PL  f.  p.  j. 

SELLERIE.  Lieu  prés  d'une  grande  Ecurie  ,  où  l'on  rient  en  ordre  les  5f//fi  &FIarnois  des 
chevaux,  comme  les  Selleries  des  Ecuries  du  Roi  àVerfailles.  p.  ^^  ^j.L^z.  Ephippiarium 
B^conditorium. 

SELLETTE.  Pièce  de  bois  en  manière  de Moifearondie  par  les  bouts,  qui  accolanc l'arbre 
d'un  Engin  ,  fert  avec  deux  liens  à  en  porter  le  Fauconneau. 

SEMELLE.  Efpece  de  Tirant  fait  d'une  Plateforme  ,  où  font  aflemblez  les  pieds  de  la 
Ferme  d'un  Comble  ,  pour  en  empêcher  l'écarcement.  PL  64  A.  p.  187.  Lat.  Ca- 
teyta. 

SEMEiLE  d'etaye.  Piccc  de  bois  couchée  à  p'at  fous  le  p:ed  d'uHC  i:/<:yf ,  d'uu  Chevalement, 
ou  d  un  Pointa!. 

SEMINAIRE  ;  c'eft  une  Maifon  de  Communauté  ,  où  l'on  inftruit  pour  les  Ordres  fà- 
crez  les  perfonnes  deftinécs  à  l'Eglilé  ,  &  dont  les  principales  Pièces  ,  font  les  Sal- 
les pour  les  Exercitans,  &  les  petites  Chambres  ou  Cellules  pour  les  retraites,  com- 
me celui  de  Saint  Sulpice  à  Paris,  p.  331.  Lat.  Senn'iartum  ,  qui  fignifie  aullî  une  Pé- 
pinière. 

SENTIERS;  ce  font  dans  les  Parterres  de  petits  Chemins  parallèles  qui  en  divifcnt  les  com- 
partimeus,  &  qui  font  ordiuairement  de  la  largeur  de  la  moitié  des  Platcbandes.    Oa 

F  f  i  ap- 


228  EXPLICATION   DES    TERMES 

appelle  au  fTi  Sentiers,  de  petits  Chemins  droits  ou  obliques ,  qui  feparent  des  héritages  à  la 
Campagne,  p.  1 9  3  &  }  3  6.  Lat.  Semit^e. 

SEPTIZONE.  On  appcUoit  ainfî  le  Mauzolc'e  de  laFamille  des  Antonins  ,  qu'Aurelius 
Victor  rjporte  avoir  cfté  élève  dans  la  dixième  Région  de  la  Ville  de  Rome,  &  qui 
ciloit  un  grand  Bâtiment  ifole' avec  fcpt  Etages  de  Colonnes ,  dont  le  Plan  eftoit  quatre': 
&  les  Etages  fuperieurs  faifant  une  large  retraite  ,  rcndoient  cette  malTc  défigure  pirami- 
dale ,  terminée  par  la  Statué  de  l'Empereur  Sepcime  Scvere  qui  l'avoit  fait  conftruirc. 
Ce  Mauzolée  fut  appelle  Scptizo'ie ,  du  Latin  Scptcm  &  ^c*k^,  c'cft:  à-dire,  à  fept  cein- 
tures ou  rangs  de  Colonnes.  Les  Hiftoriens  font  encore  mention  d'un  autre  Septr^one 
plus  ancien  que  celui  de  Scptime  Severe,  &c  prés  des  Thermes  d'Antonni.  p.ii^^'.  Lar. 
Septi^cniiim, 

SEPULCHRE.  Foyn  TOMBEAU. 

SEPULTURE,  fe  dit  du  lieu  oii  font  les  Tombeaux  d'une  Famille,  comme  la  Chapelle  des 
Valois  à  Saint  Denis  en  France.  Les  Mahomecans  font  curieux  de  5ep7(/f;<rfj ,  qu'ils  bâcif- 
fent  en  forme  de  petites  Chapelles  d'une  Architecture  fort  délicate.  Us  appellent  Tarbc  ^ 
celles  des  Fondateurs  des  Mofquécs  qui  en  font  proches,  p.  164.  &  5 1 5. 

SERAIL;  c'eft  chez  les  Levantins  un  Palais  ou  un  Holtel  ;  mais  on  donne  plus  particulière- 
ment ce  nom  au  Palais  du  Grand  Seigneur.  Ce  mot  elt  Perfan  &  a  la  même  iignifîcatioii. 
pag.    340. 

SERPENTIN.  Voyex  Marere  serpentin. 

SERRE;  c'eft  une  efpece  de  Salle  de  trois  à  quatre  toifes  de  largeur  fur  certaine  longueur  au 
Rez  de-chauflée  d'un  Jardin,  expofée  pour  le  mieux  au  Midi ,  bien  percée  pour  en  rece- 
voir le  Soleil ,  &  clofe  de  Portes  &  Chaflls  doubles  :  dans  laquelle  on  jerre  les  Arbrifléaux  > 
les  Orangers,  &  les  fleurs  &  les  fruits  qui  nepeuventpasfoufFrir  la  rigueur  de  l'hiver, 
p.  197.  &  200. 

SERRLTRE.  Principale  pièce  des  menus  ouvrages  de  6'frrKrfr/>  ,  qui  a  differens  noms,  gar- 
nitures &:  formes  félon  les  Portes ,  qu'elle  doit  ouvrir  &  fermer  ,  &  qui  efl  au  moins  com- 
poféc  d'un  pefne  qui  la  ferme,  d'un  reflbrt  qui  le  fait  agir ,  d'un  foncct  qui  couvre  ce  ref- 
ibrt ,  d'un  canon  qui  conduit  la  clef ,  &  de  plufîeurs  autres  pièces  renfermées  dans  fa  cloi- 
fon  avec  une  entrée  ou  écullon  au  dehors.  Les  Serrures  Bétiardes ,  s'ouvrent  des  deux  cotez: 
celles  à  rejjort,  fe  ferment  en  tirant  la  Porte,  &  s'ouvrent  en  dedans  avec  un  bouton  :  cel- 
les à  pcfne  tiorw^nf  de  pluiieurs  façons  ,  ne  fe  ferment  &  ne  s'ouvrent  qu'avec  la  clef  :  celles 
à  clenche,  font  pour  les  Portes  cocheres:  &  celles  ciu'on  nominc  l'ajfepartoia ,  pour  Its 
Portes  d'Entrée  de  Maifbn.  p.  116.  P/.  65  C.  Lat.  Sera. 

SERRURERIE  ,  fe  dit  auflî-bien  de  l'ouvrage  ,  que  de  l'Art  de  travailler  le  Fer  :  &  Serrurier, 
aufli-bicn  du  Maître  que  du  Compagnon,  p.  118. 

SERVICE.  Ce  mot  s'entend  dans  l'Art  de  baflii  du  tranfport  des  matériaux,  du  Chantier  au 
pied  du  Bâtiment  qu'on  élevé,  &  de  cet  endroit  liir  le  Tas.  Ainfî  plus  l'Edifice  eft  haut, 
plus  le  5fr\'.'ff  en  eft  long  &  difficile  en  l'achevant, p.  145. 

SERVITUDE;  c'efl  par  raport  à  l'Art  de  baftir,  un  droit  fur  l'héritage  d'autruy  pour  un 
Pallage,  un  Jour,  un  Evier  ,  ou  quelque  autre  fujetion,  ce  qui  s'appelle  icn-ù/^c/e  j<^;Vf  , 
qui  ctt  Pajj'.ve  à  l'égard  decelui  qui  lafbufFrc:  Scquanddeux  Voifins  ont  l'un  fur  l'aurre 
un  p.ueil  droit ,  onh  nomme  Servitude  rccipruque.  II  y  a  des  5f  rv;/«dfx  pour  un  temps,  & 
d'autres  à  perpétuité,  p.  331.  F'oyc:z  la  Coût,  de  Paris  JiVyf.  9. 

SESQUI  ALTERE;  c'elt  en  Géométrie  &:  Aritha^etique,  une  proportion  faite  du  compofc 
d'une  fois  £c  demi  par  raport  à  un  nombre  finiple,  comme  de  6.  39.  de  8.  à  12.  &c.  dont 
le  dernier  nombre  contient  le  premier  5c  la  moitié  plus.  p.  90. 

SEUIL;  c'eft  la  partie  infezieute  d'une  Porte,  ou  la  pierre  qui  efl  entre  fes  tableaux 
&  qui  ne  diffère  du  Pas,  qu'en  ce  qu'elle  eft  arafée  d'après  le  mur.  Le  Seiiil  aquel- 
quefojs  une  feuillure  pour  recevoir  le  bAttemcnt  de  la  Porte  mobile,  p.  128.P/.  47.  Lat. 
Limen. 

S:ui"- 


D'ARCHITECTURE,  Sec.  225» 

SEiiii.  d'écluse.  Pièce  de  bois  qui  pofe'e  de  travers  enrre  deux  poteaux  au  fond  de  l'eau, 
fcrc  à  appuyer  par  le  bas  la  porte  ou  les  aiguilles  d'une   Eciuje  ou  d'un  Pcrcuis.  pa^. 

144- 

Seuil  de  i'ont  levis.  GrofTe  pièce  de  bois  avec  feuillure  ,  arrefte'e  aux  bords  de  îa  Con- 
trefcarpe  d'un  Folle  ,  pour  recevoir  le  battement  d'un  Pont-levis  ,  cjuand  on  rabbaiflè. 
On  l'appelle  aufll  Somniicr. 

SIEGE  D'AISANCE;  c'eft  ladevantureS:  la  lunette  d'une  î^.T^wff.  VI. 6i.  p.  177. 

SIGNAGE  ;  c'elt  le  delFein  d'un  compartiment  de  Vitres  trace' au  blanc  fur  le  verre,  ou  à  la 
pierre  noire  fur  un  ais  blanchi,  pour  faire  les  Panneaux  &  les  Chef-d'œuvres  de  Vitrerie. 
pag.  ^55. 

SIMBLEAU.  V^jyex  Tracek  au  simbleau. 

SIMMETRIE  ou  SYMMETRIE,  da  Grec  Symmctn'a  ,  avec  mefure  ,•  c'efl:  le  raport  de  pa- 
rité' ,  foit  de  hauteur ,  de  largeur  ou  de  longueur  de  parties ,  pour  compofcr  un  beau  tout . 
On  appelle  en  Architecfture  Stmmetrie  uniforme ,  celle  dont  l'ordonnance  règne  d'une  même 
manicre  dans  un  pourtour.  Et  Simmetrie  refpeâive ,  celle  dont  les  cotez  oppofez  l'ont  pa- 
reils entr'eux.  p.  171. 

SINGE.  Machine  compofc'e  de  deux  croix  de  Saint  André'  avec  un  treuil  à  bras  ou  à  double 
manivelle,  qui  fert  à  enlever  des  fardeaux  ,  à  tirer  la  foiiiUe  d'un  Puits,  &  à  y  defcendre 
le  moilon  &  le  mortier  pour  le  fonder,  p.  145.  Lac.  t^jcllus. 

SISTYLE.  Voyc:^  SYSTYLE. 

SITUATION,  fedicde  tout  efpace  de  terrein  pour  élever  un  Bâtiment,  ou  pour  planter 
un  Jardin  ,  qui  elt  d'autant  plus  avantageux  ,  que  le  fonds  en  efl  bon  ,  l'expoficion  heu- 
reufè& les veuës belles,  p.  ^o^.Si.^'^6.  Lar.  Situs. 

SOCLE  ou  ZOCLE  ;  c'eft  un  Corps  quarré  plus  bas  que  fa  largeur ,  qui  fe  met  fous  les 
BafesdesPiédeftaux,  des  Statues,  desVafes,  &:c.  Ce  mot  vient  de  l'Italien  Zoffa/o,  ou 
du  Latin  i'ofcK^  ,  ChaufTure  antique  des  Adeurs  de  Comédie,  p.  14.  PL  5.&C.  Lat.  ÇUta.- 
dra  félon  Vitruve. 

Socle  continu.  Foye:^  SOUBASSEMENT. 

SOFITE,  de  l'Italien  i'oj^no.  Ce  mot  fe  dit  particulièrement  de  tout  Plafond  ou  Lambri? 
de  Menuiferie  ('qu'on  nomme  à  l'Antique)  formépardes  poutres  croife'es ,  ou  des  corni- 
ches volantes,  dont  les  compartimens  par  renfoncemensq  narrez,  font  enrichis  de  Sculp- 
ture ,  de  Peinture  &  de  Dorure  ,  conimeils'en  voit  aux  Balîliqucs&  Palais  d'Italie.  C'eft 
ce  qui  eft  fignifié  en  Latin  par  Lacunar  Si.  Laquear ,  avec  cette  différence  que  Laaour ,  s'en- 
tend de  tout  ^o^te,  quia  des  renfoncemens  appeliez  liifwi:  Se  que  Laqitear  ,  fe  dit  de  celui 
qui  eft  fait  par  compartimens  entrelaflez  de  platebandes ,  en  manière  de  Las  de  corde  ap- 
pelle' Laqucui.  p.  347. 

SOL,  du  Latin  Soluni ,  Rez-de-chauiïce.  Terme  qui  dans  la  Coutume  de  Paris  c^rt.  187. 
lignifie  la  propriété  du  fonds  d'un  héritage  ;  ainfielle  dit  que  qui  a  le  Sol,  a  le  deflbus  Se 
le  dcflus,  s'il  n'y  a  titre  au  contraire.  Les  Propriétaires  fupcrficiaires  qui  bâtiflent  l'ur  le 
fonds  d'autrui,  pour  enjoiiir  pendant  certain  nombre  d'anne'es,  n'ont  que  le  delTus.p.  548. 

SOLES.  On  appelle  ainfi  toutes  les  pièces  de  bois  pofe'es  de  plat,  qui  fervent  à  faire  les  em- 
patemens  des  Machines,  comme  des  Grues,  Engins,  &c.  On  les  nomme  }{acinanx  y 
quand  au  lieu  d'eftre  plates ,  elles  font  prefque  quarrc'es. 

SOLIDE,  fe  ditaulîî-biende  la con/iftence  d'un  terrein  fur  lequel  on  fonde,  que  d'un  Maf- 
fif  de  maçonnerie  de  grolTe  dpailfeur  fans  vuide  au  dedans.  On  nomme  encore  5oWe, 
toute  Colonne  ou  Obelifque  fait  d'une  feule  pierre,  z^ngle  Jolide  ■,  lè  dit  toute  encôgnure 
que  le  vulgaire  nomme  Lame.  Voyei^  CORPS. 

SOLINS;  ce  font  les  bouts  des  entrevouxdes  [olives  fcelle'esavec  du  plâtre  fur  les  poutres, 
fablieres  ou  murs.  Ce  font  auffi  les  enduits  de  plâtre,  pour  retenir  les  premières  tuiles 
d'un  Pignon,  p.  j  5 1.  &  5  5  6. 

SOLIVE,  du  Latin  Solum.  Piauchcr,  Pièce  de  bois  de  brin  ou  defciage,  dont  on  peuple  Iqe 

Ffj  Pliyi 


250  EXPLICATION   DUS  TERMES 

planchers.  Il  y  en  a  de  plufieurs  grofleurs  fclon  la  longueur  de  leur  portée.  P/.  64  B.  tng, 

189.  &c  111.    Lat.  Tignum. 
Solive  de  brin,  celle  qui  c(l  de  toute  la  grofTeur  d'un  arbre  cquarri.  p. 188. 
Solive  passante,  celle  de  bois  de  brin  ,  qui  fait  la  largeur  d'un  Plancher  fans  poutre. 

Solive  de  sciage  ,  celle  qui  eft  de'bitc'e  dans  un  gros  Arbre  fuivant  fa  longueur,   pag. 

111. 
Solives  d'enchevestrure  5  ce  font  les  deux  plus  fortes  5o/;vrj  d'un  Plancher ,  quifervent 
à  porter  le  Chevejlre  ,  &:  font  ordinairement  de  brin.     On  donne  aufli  ce  nom  aux  plus 
courtes,  qui  font  airemblccs  dans  le  C^fVf/Zrc .  P/.  55.  p.  159.  &  161.  Lat.  Tignummcar  • 
dinatum. 
SOLIVEAU.  Moyenne  pièce  de  bois  d'environ  5.  à  ^.pouces  de  gros,  plus  courte  qu'une 

5u/ivf  ordinaire,  p.  545.  Lat.  Tigillum. 
SOMMELERIE.  Lieu  au  Rez-de-chaufle'e  d'une  grande  jMaifon  &  pre'sde  l'Office,  où  l'on 
garde  le  vm  de  la  Table  ,  &  qui  a  ordinairement  communication  a  la  Cave  par  une  delcen- 
tc  particulière,  p.  351.  Lat.  Promptuariumwuirtum. 
SOMMET;  c'efb  la  pointe  de  tout  corps,  comme  d'un  Triangle  ,  d'une  Parabole*  d'une 

pjramide,  d'un  Fronton  ,  d'un  Pignon  ,  (Sec.  p.iio.  195.  &c. 
SOMMIER;  c'eft  la  pierre  qui  pofant  fur  un  Piédroit  ou  fur  une  Co'onre  ,  eft  en  cou- 
pe pour  recevoir  le  premier  claveau  d'une  Platebande.  P/.  44 B.  p.  115.  &  PL  66  A.  p. 
2-57. 
Sommier  enCharpenterie  ;  c'cft  une  grofTc  pièce  de  bois,  qui  portée  fur  deux  Piédroits  de 
Maçonnerie,  lert  de  linteau  àunePorte  ou  à  une  Croifée.  C'elt  aulïïla  piecede  bois  oui 
portant  une  grolle  Cloche  ,  fert  de  bafe  à  la  hune  ,  &  aux  bouts  de  laquelle  font  attaches 
les  tourillons  de  fer.  lly  aaulfides  Sommiers  ^  qui  fervent  à  plufieurs  ufagesdaus  les  Ma- 
chines, p.  1. 
Sommier.  Ployez  StiiiL  de  pont-levis. 

SONNETTE.  Machine  compofée  de  deux  montansà  plomb  avec  poulies ,  foutenus  de  deut 
arcboutans  &  d'un  Raacher;  le  tout  porté  fur  un  Aifemblage  de  foies  :  laquelle  par  le  moïeii 
du  Mouton,  que  des  hommes  enlèvent  à  force  de  bras  avec  des  cordages  ,  fert  à  enfoncer 
des  pieux  &  des  pilotis.  A  chaque  corvée  que  ces  hommes  font  pour  frapper  ,  on  leur 
crie  ,  après  certain  nombre  de  coups ,  au  R^nurd ,  pour  les  faire  celier  tous  en  même  tems  : 
Se  au  Lard,  pour  les  faire  recommencer,  p.  145- 
SOUBASSEMENT;  c'efl:  une  large  retraite ,  ou  une  efpcce  de  Piédeftal  continu  ,  quifertà 
porter  un  Edifice ,  &  Cjue  les  Architectes  nomment  Siereobate  &  Socle  continu  ,  quand  il  n'a 
nibafeni  corniche,  p. 181.  P/.  6}  A.  Lat.  Stcreobau  félon  Vitruvc. 
SOUCHE  DE  CHEMINEE;  c'elt  un  ou  plufieurs  tuyaux  de  C/?ew//;fe  enfemble,  qui  pa- 
roillént  au  dellus  d'un  Comble ,  &  qui  ne  doivent  elhe  que  de  trois  pieds  plus  hauts  que  le 
îaifte.  p.  163.  &P/.65  A.  p.  185. 
Souche  ronde-,  c'ell  un  tuyau  de  Cheminée  de  figure  cilindrique  en  manière  de  Colonne 
creulè ,  qui  fort  hors  du  Comble,  comme  il  s'en  voit  quelques  unes  au  Palais  à  Paris. 
Ces  ibrres  de  Souches  ,  ne  fe  partagent  point  par  des  languettes  pour  plufieurs  ruyaux ,  mais 
font  accouplées  ou  groupées,  comme  celles  du  Château  de  l'Efcurial  à  y.lieuës  de  Ma- 
drid en  Ef pagne. 
SOUCHET.   'ybyc:t  PIERRE  fuivant  fc s  cfpeccs  Cr  fiiivant  fes  dtfiuts. 
SOUCHEVER;  c'cft  dans  une  Carrière  ofler  avecïamafTe  &  les  coins  de  ferla  pierre  Sou- 

chet ,  pour  faire  tomber  le  Banc  de  volée,  p.  358. 
SOUDURE  ;  c'efk  un  mélange  fait  de  deux  livres  de  plomb  avec  une  livre  d'érain  ,  qui  fert 
à  joindre  les  tables  de  plomb,  ou  de  cuivre,  &:  qu'on  nomme  au/fi  Soudure  au  tiers,  fag. 
114.  Lat.  Plumbatura. 
Soudure  en  losange  ou  en  e'pi  j  c'eft  une  grofTc  Jwc^/rrf  à vcc  bavures  cnmamered'are^ 

Ile 


D'ARCHITECTURE,   &:c.  251 

fte  (le  poifTon.  On  la  nomme  Soudure  plate ,  quand  elleeft  plus  étroite  ,  &  qu'elle  n'a  d'au- 
tre faillie  que  Ton  areRe.  f>.  ^51. 

Soudure  en  Maçonnerie;  c'eft:  le  plâtre  ferre',  dont  on  racorde  deux  enduits  ,  qui  n'ont  pii 
cftre  faits  eu  même  rems ,  fur  un  Mur  ou  fur  un  Lambris. 

SOUFAISTE.  FiyeK  FAISTE. 

SOUPAPE)  c'eft  une  platine  de  cuivre  ronde  ,  comme  une  aflTietre ,  avec  un  trou  au  milieu 
en  forme  d'entonnoi  r  ,  qui  reçoit  quelquefois  une  boule ,  mais  plus  ordinairement  une  au- 
tre platine  ajuftée  &  ufe'e,  enforte  qu'elle  le  bouche  exaâiemcnt ,  eftant  dirigée  par  fa 
rii^e  ,  qui  pafl'edansla  guide  foudee  au  de ifous  de  la  première  platine.  On  s'en  fert  dans  le 
fonds  des  Refervoirs  &  des  Bafiins  pour  les  vuidcr  ,  en  les  ouvrant  avec  une  bafcule  ou  une 
vis:  dans  les  Corps-de- pompes,  pour  lailTcr  palier  l'eau  pouflée  par  delfouspar  lepifton  , 
&  la  retenir  enfuite  au  delTus:  dans  le  commencement  des  Conduites,  pour  les  pouvoir 
mettre  à  fec  fans  vuider  les  Refervoirs ,  quand  on  y  veut  travailler.  On  met  auffi  des  5ou- 
pj/'f/ renverfées  dans  les  Ventoiifes  des  Conduites,  pour  laifler  paffer  le  vent,  &  empê- 
cher l'eau  de  fortir.  Les  Clapets.,  font  differens  des  Soupapes ,  en  ce  qu'ils  n'ont  qu'un 
{împle  trou  couvert  d'une  plaque  ,  qui  s'clcve  &  s'abbaillè  par  le  moyen  d'une  char- 
nière :  &  ils  peuvent  fervir  par  tout  où  l'on  met  des  Soupapes.  Lat.  i^xis  félon  Yi- 
truve. 

SOUPENTE.  Efpeced'Entre-fole,  qui  fe  fait  de  planches  jointes  à  rainure  &  languette , 
&  portées  fur  des  chevrons  ou  foliveaux  :  &  qu'on  pratique  dans  un  lieu  de  beaucoup  de 
hauteur,  pour  avoir  plus  de  logement,  p.  335. 

Soupente  de  chemine'e.  Efpece  depotence,  ou  lien  de  fer,  qui  retient  la  hotte  ou  le 
faux  manteau  d'une  Cheminée  de  Cuihne. 

Soupente  de  machine.  Pièce  de  bois,  qui  retenue  à  plomb  par  le  haut ,  eft  fufpendue 
pour  foutenir  le  Treiiil  &  la  Roue  d'une  Machine ,  comme  les  Soupentes  d'une  Grue, 
qui  font  retenues  par  la  grande  Moife,  pour  en  porter  le  Treiiil  &  la  Roue  à  tambour. 
Dans  les  Moulins  à  eau  ces  Soupentes  fehaulFent  &  fe  baiiïent  par  des  coins  &  des  crans 
félon  la  crue  &  décrue  des  eaux  ,  pour  en  faire  tourner  les  roues  par  le  moyen  de  leurs 
alicbons. 

SOUPIRAIL.  Ouverture  en  glacis  entre  deux  }oiiées  rampantes ,  pour  donner  de  l'air  &  un 
peu  de  jour  à  une  Cave  ,  ouàunCelicr.  p.  151.  Lat.  Spiramentum. 

Soupirail  d'acjueduc.  On  appelle  ainfi  certaine  ouverture  en  Abajour  dans  un  z^^qucduc 
couvert ,  ou  à  plomb  dans  un  aqueduc  foûterrein  :  laquelle  fe  fait  d'cfpace  en  efpace  ,  pour 
donner  échapée  aux  vents,  qui  renfermez,  empêcheroient  le  cours  de  l'eau.  Lat.  ^- 
(îuarium  félon  Philander. 

SOURCES  ;  ce  font  dans  un  Bofquet  planté  fans  lîmmetrie  furunterrein  en  pente  >  plu- 
{ieurs  rigoles  de  plomb  ,  de  rocaille  ou  de  marbre  ,  bordées  de  moufle  ou  de  gazon,  qui 
par  leurs  lînuo{îtez&  détours,  forment  une  efpece  de  labyruithe  d'eau,  &  ont  quelques 
jets  aux  endroits  où  elles  fe  croifent,  comme  les  Sources  du  Jardin  deTrianon.  p.  244. 
Lat.  Vtirtices. 

SOUS-CHEVRON.  Pièce  de  bois  d'un  Dôme  ou  d'un  Comble  en  Dôme,  dans  laquelle  eft 
alTemblé  un  bout  de  bois  appelle  clef,  qui  retient  deux  Chevrons  courbes. 

SPHERE,  duGiccSphdira,  Globe;  c'eft  un  corps  parfaitement  rond  >  qu'on  nomme  auflî 
Globe  &c  Boule.  P/.  f.  p.  '}• 

Sphère  armillairf.  Machine  ronde  &  mobile  de  fer  ou  de  bronze  ,  compoféedc  plu- 
fieurs  cercles ,  quireprefente  ladifpofition  desCieux,  &  fert  pour  en  obfcrver  les  mou- 
vemens.  EUefert  auiîi  damortilTement  à  une  Colonne  Aftronomique.  PL  93.  p,  507. 

SPHEROÏDE;  c'eft  un  corps  quin'eft  pas  parfaitement  rond,  mais  un  peuoblong,  aiant: 
deux  diamètres  inégaux.  Le  contour  d'un  Dôme  doit  avoir  la  moitié  d'un  Sphéroïde ,  par- 
ce qu'il  doit  cftre  plus  h.iut  qu'une  demi-fphere'>  pour  patoître  d'en-bas  d'une  belle  pro- 
portion. P/.  (54B.  p.  189.  L3.t..  Sphitroïdcs. 

SPHINX; 


2,z  EXPLICATION   DES  TERMES 

SPHINX  ;  c'cfl;  un  monftre  imaginaire  ,  qui  a  la  tefte&  le  fein  d'une  Fille  &  le  corps  d'un 
Lion,  &  qui  fcrc  d'ornement  en  Architedure,  comme  aux  Rampes ,  Perrons  ,  &c.  Ainû 
que  le  Sphinx  de  l'Efcalier  qui  porte  ce  nom  à  Fontainebleau  :  les  deux  de  marbre  blanc 
devant  le  Parterre  à  la  Dauphine  à  Verfailles  :  &  deux  autres  de  pierre  à  la  Porte  de  l'Hô- 
reldeFieubet  à  Paris.  Le  mot  5pfc/«x  vient  du  Grec  Sphigein,  embarrafler -,  parce  que  les 
poètes  ont  feint  ,  qu'il  propofoit  des  énigmes  aux  Padans  ,  &  qu'il  les  devoroit ,  quand 
ils  n'cnpouvoient  donner  la  folution.  Il  eftoit  aulîi  le  Symbole  de  la  Religion  chez  les 
Egyptiens,  à  caufe  de  robfcuntédefcs  myfteres.  p.  m.  &185. 

SPIR.AL.  l'oyez  Ligne  spirale. 

SPIRE,  royez  BASE. 

STADE,  duGrec  Stadion  ■,  lieu  où  l'on  court;  c'eftoit  fclon  Vitruvc  chez  les  Grecs,  un 
efpace  découvert  delà  longueur  de  115.  pas  qui  faifbicnt  environ  90.toifcs  entre  deux 
bornes  j  le  long  duquel  il  y  avoir  un  Amphithéâtre,  pour  y  voir  des  Athlètes  s'exercer  à 
la  courte,  &  à  la  lutte.  Ily  avoit  auffi  des  Stades  cou\cvts  environnez  de  Portiques  &  de 
Colonnades,  qui  icrvoient  aux  mêmes  exercices  pendant  le  mauvais  tcms.  Voyez  PA- 
LESTRE. 

STATION  ;  c'eft  dans  le  Nivellement  l'endroit ,  où  l'on  pofe  le  Niveau  ,  pour  en  faire  l'opé- 
ration ;  c'cil  pourquoi  un  coup  de  Niveau  ,  efl:  compnsentre  deux  Stations,  p.  195. 

STATUE;  c'cfl  la  reprefcntation  en  relief  &  ifole'e  de  pierre  ,  de  marbre,  oudeme'taii, 
d'une  perfonnediftinguc'c  par  fa  naiflance  ,  par  fon  mérite  ,  ou  par  quelque  belle  acflion  , 
&  qui  fait  l'ornement  d'un  Palais  :  ouquiell  expoféc  dans  une  Place  publique,  pour  en 
conferver  la  mémoire.  Toute  Statue  qui  reflemble  à  la  pcrfonne  qu'elle  rcprefente,  efl: 
appelle'e  Statudicomca.  On  nomme  particulièrement  j'fa/wt,  une  Figure  en  pied  ,  à  caufc 
que  ce  mot  vient  du  Latin  Statura^  la  taille  du  corps:  ou  de  Starc  •  eftre  debout,  f.  15^. 

P/  H-  &P-ÎI5- 

Statue  grecque,  s'entend  d'une  S'Mfwè-' nuë  ,  &  antique,  comme  les  Grecs  reprefèntoient 
leurs  Divimtez,  les  Athlètes  des  Jeux  Olympiques  ,  &  les  Héros  ;  c'eft  pourquoi  ils  ap- 
pclloient  ces  dernières  ,  Statuas  J/ichiileas  ,  parce  qu'il  s'en  voyoit  quantité  d'Achille  dans 
la  pluspart  des  Villes  de  Grèce,  p.  3 1 5 . 

Statues  romaines,  celles  qui  eftant  vêtues,  recevoient  divers  noms  de  leurs  habille- 
mens  ;  c'eft  pourquoi  celles  des  Empereurs  avec  un  long  manteau  fur  leurs  armes,  eftoienc 
appellées  Staiux  palttdatx:  celles  des  Capitaines,  &  des  Chevaliers  avec  cotte  d'armes, 
Thoracatx:  celles  des  Soldats  avec  cuiralle ,  Loricatx:  celles  des  Sénateurs,  &  Augures, 
Trabeatx:  celles  des  Magillrats  avec  robe  longue  ,  To^^atx:  celles  du  Peuple  avec  une  fim- 
ple  tunique,  Tunicatx  :  ôc  enfin  celles  des  Femmes  avec  de  longs  habiiiemens,  Stolat£. 
Les  i^w.îi«j- divifoient  encore  leurs  Statues.,  en  trois  efpeces  :  ils  nommoientDiv/Mfj, 
celles  qui  cltoicnt  confacrées  aux  Dieux ,  comme  Jupiter ,  Mars,  Apollon,  &c.  Heroï'- 
qucs ,  celles  des  Demi-Dieux  ,  comme  Hercules,  &c.  Et  ^ugu^es ,  celles  qui  reprefen- 
toicnt  des  Empereurs  ,  comme  les  deux  de  Ccfar  &  d'Augulle,  qui  fe  voyent  fous  le  Por- 
tique du  Capitole.  ibid. 

Statue  pédestre,  celle  qui  eft  en  pied  ou  debout,  comme  les  deux  de  bronze ,  qui  ont 
cflc  élevées  à  la  gloire  du  Roi ,  l'une  dans  la  Place  des  Victoires ,  &  faite  parle  Sieur  des 
Jardins,  &  l'autre  dans  l'Hôtel  de  Ville  de  Paris,  faite  par  le  Sieur  Coyfevox.  PL  95, 
f.  307.  &  516. 

Statue  e'questre  ,  celle  qui  reprefente  un  homme  illultre  à  cheta! ,  comme  celles  de 
Marc-AureleàRoine,  d'Henri  IV.  &deLouisXIII.  à  Paris  ,  &c.  ibid. 

ntatue  currule.  On  appelle  2i'\nCiks  Statues ,  qui  font  dans  des  Chariots  de  courfè  cirez 
par  des  biges  ou  quadriges,  c'eft- à  dire,  par  deux  ou  quatre  chevaux,  comme  il  y  ea 
avoit  aux  Cirques ,  Hipodromes ,  Sec.  ou  dans  des  Chars  ,  comme  il  s'en  voit  à  des  Arcs- 
de-Triomphefur  quelques  Médailles  antiques. 

Status  allégorique;  celle  qui  reprefente  par  l'image  de  U  Figure  humaine  ,  quelque 

fjrm- 


vD'ARCHITECTURE,   &:c.  255 

Tymbolc,  comme  les  parties  de  la  Terre,  lesfaifons,  les  âges  ,  leselemens,  les  tempera- 
mens,  les  heures  du  jour ,  &c.  ainfiqucla  plufpart  des  Statues  modernes  de  marbre  du 
Parc  de  Verfaillcs.  p.  jij. 

Statue  hydraulique  j  c'eft  toute  Figure  qui  ferc  d'ornement  à  quelque  Fontaine  &  Gro- 
te,  ou  qui  fait  office  de  jet  ou  de  robinet  par  quelqu'une  de  fesparcies,  ou  par  un  attribur 
qu'elle  tient  ;  cequife  peut  entendre  auffi  de  tout  animal  qui  fert  au  même  ufage,  coin- 
me  les  Groupes  des  deux  Badins  quarrez  du  haut  Parterre  de  Verfailies.  f.  314. 

Statue  sacre'e.  Onpeutappeller  amfi  toute  Image  de  Dieu,  de  la  Sainte  Vierge  ou  de 
quelque  Saint,  deltine'e  au  culte  de  nôtre  Religion  ,  dont  on  décore  les  Autels,  Ôc  le  de- 
dans &  le  dehors  des  Eglifès. 

Statve  COLOSSALE,  Celle  qui  cxccdc  le  doublc  OU  Ic  triple  du  naturel ,  &  que  les  Anciens 
élevoient à  leurs  Divinitez ,  comme  le  Coloffe  de  bronze  d'Apollon  à  Rhodes,  quiavoic 
yo.coude'csdehaut,  &  celui  de  la  même  Divinité  ,  de  marbre  blanc  de  jo.  coudées  qui 
fût  élevédansApollonie  Ville  du  Royaume  du  Pont,  &  dont  on  voit  encore  un  pied  & 
une  main  dans  la  Cour  du  Capitole  à  Rome.  p.  1 50.  Lat.  Colojfus. 

Statue  persique;  c'eft  toute  Figure  d'homme  entière  ou  en  Terme,  qui  fait  office  de 
Colonne  dans  les  Bâtimens  ,  &  que  Vitruve  nomme  7>/<jwo«  &  ^^tlas.  On  appelle  Statué 
Caryatiquc  ,  celle  d'une  femme  qui  fèrt  au  même  ufage.   Voye^   Ordre  persique  & 

CARYATIQUE. 

STEREOBATE.  Vbyex  SOUBASSEMENT. 

STEREOMETRIE,  à\iGzcc  Stéréos -,  folide,  ôcMetron^  mefure  ;  c'efl:  une  fcicnce  qui  a 

pour  objet  la  mefore  desfolides,  comme  d'un  cube,  d'une  fphcre,  d'un  cilindre  ,  &c. 

?•  557. 
STEREOTOMIE  j  c'eft  une  fciencc  qui  enfeigne  la  coupe  des  folides ,  comme  dans  les 

profils  d'Architedure  les  murs,  voûtes,  &  autres  folides  coupe's.  Ce  mot  yient  auffi  da 

Grec  Stéréos ,  folide ,  &  Tome ,  feélion.  ibid. 
STRIURES.  FoyeK  CANNELURES. 
STUC,  de  l'Italien  5/Hcco;  c'elt  une  composition  de  chaux  &  de  poudre  de  marbre  blanc, 

dont  on  fait  des  Figures  &des  ornemens  de  Sculpture  ;  ce  qui  eftfignifîc  dans  Pline  par 

Marmoratum  epus  :  &  ce  que  M.  Perrault  entend  par  ^ibarium  opus  dans  fes  Notes  fur 

Vitruvc.  On  appelle  Stucateur  ,  un  Ouvrier  qui  travaille  de  Stuc.  p.  zi^.  &  3}!.  Lat, 

Teéior  félon  Vitruve. 
STYLOBATE.  yoye:^  PIE'DESTAL. 
-SVELTE.  Motfaic  de  l'Italien  i'vf/fo ,  pour  fîgiiificr  léger ,  c'gaye'&  menu,  comme  cft  I2 

Colonne  Corinthienne  ,  &c.  ;>.i48.&:5co. 
SUPERFICIE  ;  c'eft  la  furface  d'un  corps  folide ,  qui  a  longueur  &  largeur  fans  profondeur. 

On  appelle  Superficie  plane  ,  celle  qui  n'a  aucune  inégalité',  comme  creux  ou  bolle  daixs 

fon  étendue  :  Superficie  convexe  y  l'extérieur  d'un  corps  orbiculaire,  &  Superficie  concave  y 

l'intérieur.  Superficie  curviligne ,  celle  qui  eft  renferme'e  par  des  lignes  eouibes ,  comme  la 

I{eâiligne  y  par  des  droites.  Pl.f.  p.j. 
SURBAISSEMENT  ;  c'eft  le  trait  detout  Arc  bandé  en  portion  circulaire  ou  elliptique,  qui 

a  moins  de  hauteur  que  la  moitié  de  fa  Bafe  ,  &  qui  elt  par  confcquent  au  defl'ous  du  plein 

cintre:  Et  Surhaufement  y  le  contraire.  On  dit  auffi  Surhaufer  &  Surbaifjer,  pour  donner 

à  un  Arc  plus  ou  moins  de  hauteur,  que  la  moitié  de  fa  Bafe. 
SURPLOMB.  Ondit  qu'un  mur  cft  en^<rp/ow6,  quandildevcrfe  &  qu'il  n'eft  pas  rfp/owt. 

Surplomber ,  c'elt  eftre  en  furplomb. 
SYMMETRIE.  VoyeK  SIMMETRIE. 
5YSTYLE.  Manière  d'efpacer  les  Colonnes  félon  Vitruvc,  q^ui  eft  de  deux  diamètres»  ou 

éle  quattcmodules  entre  deux  F ufts.  p.  8.  &9. 

Tome  II,  G  g  TA- 


25>  EXPLICATION  DES  TERMES 

T. 

TABERNACLE,  du  Latin  Tabmtaculum ,  une  Tente;  c'eftoît  chez  les  Ifraëlites  une 
Chapelle  portative  faite  de  48.  planches  de  bois  de  cèdre  revécues  de  lames  d'or,  qu'ils 
drejTbicni  dans  chaque  cndi'oir,  où  ils  campoient  dans  le  Defert ,  pour  y  renfermer  l'Ar- 
che d'Alliance  :  Et  c'ed  aujourd'hui  un  petit  Temple  de  bois  doré,  ou  de  matière  plus 
prccieufe,  qu'on  met  fur  un  Autel,  pour  renfermer  le  Saint  Sacrement.  On  appelle  Ta- 
bernack  ijolc ,  celui  dont  les  quatre  faces  refpedivement  oppofées ,  font  pareilles ,  comme 
Je  Tabcrnacie  de  l'Eglife  de  Sainte  Genevie've  du  Mont,  &  celui  des  Pères  de  l'Oratoire  luë 
Saint  Honore  à  Pans.  p.  306.&  541. 

TapfHNACLE.    Voyc:^   NiCHE    EN    TABERNACLE. 

TABLE,  du  Latin  T.zè«/<z ,  Planche;  c'eft  une  partie  unie&fimple  dediverfe  figrure  ,  mais 
plus  fouventquarre'-longuedansla  décoration  de  l'Archuedurc.  p.  11.  &c.  Lorona  pla>ia 
dansVitruvc,  fc  peut  entendre  déroute  Table  unie. 

Table  en  saillie,  celle  qui  excède  le  nu  du  parement  d'un  Mur  ,  d'un  Picdeftal,  ou  de 
toute  autre  partie  qu'elle  décore,  p.  80.  &  Pi.  6}  A.  p.  18}. 

Table  roiiiLLE'E  ,  celle  qui  eft  renfoncée  dans  le  Dé  d'un  riédefl;al&  ailleurs,  &  ordinai- 
rement entourée  d'une  moulure  en  manière  de  ravalement,  p.  80. 

Table  de  cre'pi;  c'eit  un  Panneau  de  crrp/,  entouré  de  nai fiances  badigeonnées  dans  les 
Murs  de  face  les  plus  fimples:  &  de  piédroits ,  montans,  ou  pilafl:res&  bordures  de  pier- 
re dans  les  plus  riches,  pag.  357, 

Table  d'attente.  BofTagc  qui  fert  dans  les  Façades,  pour  y  graver  une  Infcription  ,  ou 
pour  y  tailler  de  la  Sculpture.  C'eft  ce  que  Monfieur  Perrault  entend  parle  mot  ^^bacus 
dans  Vitruve. 

Table  a  crossettes,  celle  qui  eft  cantonnée  par  des  cro(fettes  ou  oreillons,  comme  il 
s'en  voit  à  beaucoup  de  Palais  en  Italie.  PL  99.  p.  5  5  9. 

Table  couronne'e  ,  celle  qui  eft  couverte  d'une  Corniche,  &  dans  laquelle  on  taille  un 
Bas-relief,  ou  on  incrulte  une  tranche  de  marbre  noir  pour  une  infcription.  ibid. 

Table  rustiq.ue  ,  celle  qui  eft  piquée  &  dont  le  parement  femblebrut,  comme  il  s'en 
vouaux  GrotcsÔc  Blnmms  I{uftiqu(s.  p.  ji6.  P/.  97. 

Table  d'autel  ;  c'eft  une  gtande  dale  de  pierre  portée  fur  des  petits  piliers  ou  jam- 
bages ,  ou  fur  un  mallîf  de  maçonnerie  ,  laquelle  fert  pour  dire  la  Mefle.  PI.  53. 
pag.i^^. 

Tables  de  cuivre;  ce  font  des  planches  ou  hmesàc  cuivrcy  dont  on  couvre  les  Combles 
enSuede,  oùils'en  voit  même  de  taillées  en  écailles  fur  quelques  Palais,  p.  115. 

Table  de  plomb  ;  c'eltunc  pièce  dt:  plomb  fondue  de  certaine  épailfeur  ,  longueur  &  lar- 
geur, pour  fervir  à  diffcrens  ufagcs.  p.  114.  &  351. 

Tables  de  verre.  Morceaux  de  Kcrre  de  Lorraine,  qui  font  de  figure  quarré-loiigue. 
pa^. 117. 

TABLEAU  ;  c'eft  un  fujet  de  Peinture,  ordinairement  peint  à  l'huile  fur  de  la  toile  ou  fur 
un  fonds  de  bois ,  &  renfermé  dans  un  cadre  ou  bordure.  Les  T.ii'/e.iwx  contribuent  beau- 
coup à  décorer  les  dedans  des  Bâtimens  ;  les  grands  fervent  dans  les  Eglifes,  les  Salons, 
G  ilcries ,  &  autres  grands  lieux  :  les  moïens  ,  qu'on  nomme  Tableaux  de  chevaUt ,  fe  met- 
tent dans  les  Manteaux  de  Cheminée  ,  les  De/Tus  de  Porte,  &  Panneaux  de  Lambris,  ou 
fur  les  tapilferics  contre  les  murs  :  &  les  petits  fe  difpofent  avec  fimmetrie  dans  les  Cham- 
bres &.  Cabinets  des  Curieux.  P/.  57.  p.  167.  &:c. 

Tableau  de  eaye;  c'elt  dans  la  Baye  d'une  Porte  ou  d'une  Fencftre,  la  partie  del'épaif- 
fcurdumur,  qui paroît-au  dehors  depuis  la  feuillure,  &qui  eft  le  plus fouvem  d'équerrê 

avec 


D'A  RCHITECTURE,  8.c.  2;5 

avec  le  paremenr.  On  nomme  aufll  Tableau  ,  Je  côte'  d'un  Pie'droit  ou  d'un  Jambage  d'Ar- 
cade fans  fermeture.  P/.  50. /7.  145.  &c. 

TABLETTE  ;  c'cfl  une  pierre  dcbite'e  de  peu  d'e'paifTeur  ,  pour  couvrir  un  murdcTerrafle  , 
un  bordde  Refervoir  ou  de  Badin,  p.  i<)6.ôcc.  Lac.  Podiolum. 

Tablette  d'apui,  celle cjui  couvre l'e^pwi d'une Croile'e,  d'unBalcon,  &c.  P/.  45.  pag. 
115.  &  141.  Pi.  50. 

Tablette  de  jamee  e'triere  ;  c'eft  la  dernière  pierre  ,  qui  couronne  une  garnie 
étriere,  &  porte  quelque  moulure  en  faillie  fous  un  ou  deux  Poitrails.  On  la  nomme 
Impofte  ou  Coujjlnet,  quand  elle  reçoit  une  ou  deux  retombc'es  d'Arcade.  PL  64  B.  pag, 
189. 

Tablette  de  chemine'e;  c'eltune  planche  de  bois  ou  une  tranche  de  marbre  profilée 
d'une  moulure  ronde  ,  fur  le  chambranle  au  bas  d'un  Attique  de  Cheminée.  PL  57. 
p.  167. 

Tablette  de  Bibliothèque»  efl:  unafTemblage  deplufîcurs  ais  travcrfans,  foutenus  de 
montans ,  rangés  avec  ordre  &:  fimmetrie,  &efpacez  les  uns  des  autres  à  certaine  diftan- 
ce  ,  pour  porter  des  livres  dans  une  Bibliothèque.  Ces  fortes  de  Tahiettes  font  quelquefois 
décorées  d'Arcliite(n;iire  compofée  de  montans,  pilaihes ,  confoles,  corniches,  &:c.  & 
font  aufll  appellces  armoires,  p.  541. 

Taflette.  J^cycK  BANQUETTE. 

TAILLELTR  DE  PIERRE,  ell  celui  qui  équarrit& /d///e  les  pierres ,  après  que  l'Appareil- 
leur  les  lui  a  tracées,  p.  144.  &  537.  Lat.  Lapicida. 

TAILLOIR;  c'elt  la  partie  fuperieure  d'un  Chapiteau  ,  qui  eftainfi  nommée,  parce  que- 
fiant  quarrée,  elle  reflemble  aux  allîetres  de  bois,  qui  anciennement  avoient  cette  forme. 
On  l'appelle  auirio^tj(7:;e,  particulièrement  quand  elle  cft  échancrée  fur  fes faces.  Pi.d. 
p.  17.&C.  Lat.  ^bacus. 

TALON  ;  c'efb  une  moulure  concave  par  le  bas  &  convexe  par  le  haut ,  qui  fait  l'effet  con- 
traire de  la  Doucine.  On  l'appelle  Talon  renverfe ,  lorfque  la  partie  concave  eft  en  hai:r. 
p.i].  PL  A.  Sec. 

TALUT,  du  Latin  Td/;/r,  Talon;  c'eft  l'indinaifon  fenfibîe  du  dehors  d'un  mur  de  Tcr- 
rafîè,  cauféepar  la  diminution  de  fon  épaiiïcur  enenhaut  pour  pourter  centre  les  terres. 
Lat.  Propes.  Onditaufîiriî/wff)-,  pourdonner du  Ta/«f.  p.  155.  ScPL  75.  p.  159- 

TAMBOUR;  c'efl  une  Alîîfe  ronde  de  pierre  félon  fon  lit  de  Carrière,  ou  une  hauteur  de 
marbre,  dont  plufîeurs  forment  le  Fufl  d'une  Colonne  ,  &i  font  plus  bas  que  fon  diamè- 
tre. On  ap^i:\lc3.uiïï  Tambour ,  chaque  pierre  pleine  ou  percée,  dont  le  Noyau  d'un  Efca- 
liera  vis  clt  compofé.  p.  301.  P/.91. 

Tambour.  K^yr::  CAMPANE  Se  Porche. 

TAMPONNER.  Foye:t  RUINER. 

TAMPONS;  ce  font  des  Chevilles  de  bois  mifes  dans  les  ruinures  des  poteaux  d'une  Cloi- 
fon,  pour  en  tenir  les  Panneaux  de  maçonnerie:  ou  dans  celles  des  folives  d'un  Plancher, 
pour  en  arrêter  les  Entrevoux.  On  appelle  au  ffi  7j;/?po'.y,  des  petites  pièces  ,  dont.'esMe- 
nuifiers  rempliiPent  les  trous  dcsneudsdc  bois,  &  cachent  les  clous  à  telle  perdue  des 
Lambris  &  Parquets,  p  341. 

TANNERIE.  Grand  Bâtiment  prés  d'une  Rivière,  avec  Cours  &Angars,  où  l'on  façonne 
leCuirpour  !eM««fr  &  durcir,  comme  les  ra>i';fr;W  du  Faubourg  S.  Marcel  à  Paris. 

TAPIS  DE  GAZON,  ou  PELOUSE;  c'eft  toute  pièce  de  ^;2:ïû«  pleine  fans  découpure  ,& 
pluflôtquarré-longuc  que  dequelqu'autre  figure.  Il  en  faut  tondre  le  g^zon  quatre  fois 
l'an,  pour  le  rendre  plus  velouté.  Lat.  Stibadium. 

TARGE.  Ornement  en  manière  de  croifïanr  arondi  par  les  extremitez,  fait  de  traits  de 
buis,  qui  entre  dans  les  Comparnmens  des  Parterres,  &:  qui  efl  imité  des  Targes'owTar^ 
guesi  Boucliers  antiques,  dont  fe  fcrvoient  les  Amazones,  &  qui  eltoient  moins  riches 

.    <jue  ceux  du  Combat  naval  des  Grecs,  p.  191.  C'eft  ccTiue  Virgile*  noinmc  Peltaluyuia. 

Ggi  TAR- 


EXPLICATION  DES  TBRMES 

TARGETTE.   llyeK  VERROU. 

TAS,  fignifie  dans  l'Art  de  bâtir,  le  Bâtiment  même  qu'on  élevé  j  ainfi  on  dit  Retailler  uno 

pierre  fur  le  Tas ,  avant  cjuc  de  l'alfeurer  à  demeure.  Ce  mot  vient  félon  Yoilius  du  Latm 

Tufjtts,  Monceau,  p.  155.  &  244. 
Tas  de  charge.  On  appelle  ainfi  dans  les  Voûtes  Gothiques  félon  Philibert  de  Lormc 

X/v.  4.  Ch.i    les  Couirmets  à  branches,  d'où  prennent  nailTance  les  Ogives,  Formercts, 

Arcs  doubleaux  ,   &c.     C'eft  aulfi  une  manière  de  voûter.    Voye^  Voute  en  tas  de 

CHARGE. 

Tas  droit  ;  c'cft  une  Range  de  Pavé  fur  le  haut  d'une  Chauflée,  d'après  laquelle  s'éten- 
dent les  AÎIesen  pente  adroit  &  à  gauche  jufqucs  aux  Ruiiïbaux  d'une  large  Rue  ,  ou  jui- 
ques  aux  Bordures  de  pierre ruftique d'un  grand  Chemin  pavé.  PI.  ici,  p.  349. 

TASSE',  fe  du  d'un  Bâtiment  qui  a  pris  fa  charge  dans  toute,  ou  partie  de  loii  étendue 
p.  154. 

TASSEAU.  Petit  morceau  de  bois  arrêté  par  tenon  &  mortoife  fur  la  Force  d'un  Comble,, 

pour  en  porter  les  Pannes.  PL  64  A.  p.  187. 
Tasseaux;  ce  font  de  petits  Dezde  moilons  maçonnez  de  plâtre,  où  l'on  fcelle  des  Sa- 

puies,  alin  de  tendre  feuremcntdes  hgnes  pour  planter  un  Bâtiment. 
Taudis  i.  c'eflun  petit  Grenier  dans  le  Faux-comble  d'une  Manfarde.  C'eft  auffi  un  petit 

lieu  pratiqué  fous  la  Rampe  d'un  Efcalicr,  pourfervir  de  Bûcher  ,  ou  pour  quelque  autre 

commodité.  r         1       1 

TEMOIN;  c'eft  dans  la  Fouille  des  terres  maffives  une  petite  bute  le  plus  fouvent  couverte 
de  gazons,  que  les  Terrafïïers  lailTent ,  afin  déjuger  de  l'état  des  terres  pour  les  toifer. 
Onpeutappellerf,2/<x-/fwom,  ces  butes  fur  le  fommct  defquelles  on  a  raporté  occulte- 
ment  des  tranches  de  terre  pour  augmenter  les  cubes  contre  la  vérité,  p.  350. 

Témoins  de  borne;  ce  font  de  petits  tuileaux  de'certaine  forme ,  que  les  Arpenteurs  po- 
ientauni  de  certaine  manière  fous  les  Bornes  qu'ils  plantent,  ou  à  certaine  diftancepour 
teparer  des  héritages,  dont  ils  font  mention  dans  leur  procez  verbal,  &  qui  fervent  en 
cas  qu'on  tranfporte  ces  5orM«  par  fraude  &  ufurpation,  à  reconnoître  leur  première  fi- 
tuation.  ibidem .  ^ 

TEM1?LE  ,  du  vieux  mot  Latin  Tempîare  ,  regarder  ^  contempler  ;  c'eiloit  diez  les  Païeos 
un  Jicudeftinéau  culte  de  leurs  fauflés  Divinirez.  Les  Romains  qui  en  avoient  de  plu- 
lieurscfpeces,  noramoient  par  excellence  Templuniy  celui  qui  eftoit  de  Fondation  Roiale 
conlacre  par  les  Augures,  &  où  l'exercice  de  la  Religion  fe  faifoit  régulièrement.  Ils  ap- 
peiioient  ^des ,  ceux  qui  n'eltoient  pas  confacrez  :  ^dieulay  les*  petits  Temples  cou- 
verts:  SacelU,  ceux  quieftoient  découverts:   Fana  &  Delubra,  quelques  autres  Edifices 

,  lacrez  par  raport  à  leurs  mifteres  :  &  tous  ces  Temples  félon  Vitruve  avoient  auffi  dif- 
lerens  noms  fmvant  leur  conftruclion  ,  comme  ils  font  raportez  ci-aprés.  Ce  mot  fe  dit 
encore  aujourd'hui  chez  les  Juifs  &  les  Hérétiques  ,  du  lieu  où  ils  s'aflcmblent  pour 
prier:  les  premiers  le  wommeiit  aufll  Sinagogue  ,  &  les  Calviniftes  Prêche,  p.vi.  198. 

Temple  a  antes;  c'eftoit  félon  Vitruve  le  plus  Hmple  de  tous  les  Temples,  qui  n'avoit 

que  des  Pilaftres  angulaires  (appelles  ^ntes  ou  Parafâtes)  àfes  encôgnures ,  &  deux  Co- 

Jonnes  d'Ordre  Tolcan  aux  cotez  de  fa  Porte. 
Temple  tetrastyle  ,  du  Grec  Tetrajlylos  ,  qui  a  quatre  Colonnes,-  c'eftoit  auflî  félon 

\itruve,  celui  q^i  avoit  q^^atre  Colouncs  de  front,  œmmclcTemple  delà  Fortune  virile 

a  Rome.  p.  550. 

Temile  prostvle,  du  Grec  Pro/?yo/ ,  faitde;>ro,  devant,  &  %/oy  Colonne  ;  c'eftoit  ce- 
lui qui  n'avoit  des  Colonnes  qu'à  la  Face  antérieure,  comme  le  Temple  d'Ordre  Dorique 
de  Ccrés  à  Eleufis  en  Grèce,  ibid.  Foie:::  Vitruve  Prcf.  du  Liv.  7. 

Temple  AMPHiPRosTYLE,  ou  Double  prostyle,  ccliu  qui  avoic  des  Colonnes  devant 
fe  derrière ,  &  qui  eitoic  aufli  Tciraji^lc.  ibtd. 


D'ARCHITECTURE,&c.  257 

Temple  pekiptere,  celui  qui  eftoit  décoré  de  quatre  rangs  de  Colonnes  irolecscnfon 
pourcour,  iccdo'itExajiyle,  c'eft-à-dirc  avec  lîxCoIonnes  de  front ,  comiTielcr<rwp/f  de 
l'Honneur  &  de  la  Vertu  à  Rome.  Voyc^  Vitruveizv.  3.C/7.  i.  Pfnpffrfcll:  fait  du  Grec 
f>erii  àl'entour,  icfteron^  aile. 

Temple  diptère,  du  Grec  Diptcros  ■,  qui  a  deux  ailes  ;  c'cftoftceluiquiavoit  deux  rangs 
de  Colonnes  en  fon  pourtour,  &ccl\oïtO£iojiyle,  ou  avec  huit  Colonnes  de  front,  com- 
me le  Temple  de  Diane  à  Ephefe.  Vicruve  ibid. 

Temple  pseudodipteuf  ou  diptère  imparfait,  celui  qui  avoir  auiïi  huit  Colomies  de 
front  avec  un  feul  rang  de  Colonnes  qui  regnoicnt  au  pourtour ,  comme  le  Ternie  de  Dia^ 
ne  dans  la  Ville  de  Magnefie  en  Grcce.  Vitruve  ibid. 

Temple  appelle  hypetrr  ,  du  Grec  ypj/tra/,  lieu  découvert  :  celui  dont  la  partie  intérieure 
elloit  à  découvert.  Il  cfloit  DfCii/^y/f  ou  avec  dix  Colonnes  de  front,  &  avoic  deux  rangs 
de  Colonnes  en  fon  pourtour  extérieur ,  &  un  rang  dans  l'intérieur  ,  comme  le  Templcdc 
Jupiter  Olympien  à  Athènes.  Witinwc  Préface  du  Liv.  7. 

Temple  monoptere  ,  celui  qui  eftant  rond  &  fans  murailles  ,  avoituuDomc  porté  fur  des 
Colonnes,  comme  le  Tewp/e  d'Apollon  Pythien  à  Delphes.  Vitruve /W. 

Temple  periptere  rond,  celui  dont  un  rang  de  Colonnes ,  forme  un  Porche  circulaire 
qui  environne  une  Rotonde  ,  comme  ksTcmplts  de  Vefta  à  Rome  ,  &  de  la  Sibile  à  Tivoli, 
&  une  petite  Chapelle  prés  S.PierreiuMoutorioàRome ,  baftie  par  Bramante  fameux 
Architecfle. 

TENIE.  VbyeK  BANDELETTE. 

TENON;  c'eft  le  bout  d'une  pièce  de  bois  ou  de  fer ,  diminué  quarrément  environ  du  tiers 
de  fon  épaifleur,  pour  entrer  dans  une  Mortoife.  On  appelle  £/7<i«/f»jfH;  ,  les  cotez  du 
Tenon  y  qui  font  coupez  obliquement ,  lorfque  la  pièce  cft  inclinée:  Se  Decolement ,  la  di- 
minution de  fa  largeur  pour  cacher  la  gorge  de  fa  Mortoife.  p.  189.&  P/.iio.f.  541.  Les 
Tfnow  font  nommés  par  Vitruve,  Cardmes, 

Tenon  en  about,  celui  qui  n'eft  pas  d'équerrc avec fà  Mortoife ,  mais  coupé  en  diagona- 
Je^  parce  que  la-piece  ti\  rampante  pour  fervir  de  décharge  ,  ou  inclinée  pour  contreventer 
&  arbalêtrer  ,  comme  font  les  Tenons  des  Contrefiches ,  Guettes ,  Croix  de  Saint  André , 

&c.  P/.<Î4B.p.  189. 

Tenon  a  queue  d'aronde,  celui  qui  ell  taillé  en  queue  d'ar onde  y  c*efl-à-dire ,  qui  efl 
plus  large  à  fon  about  qu'à  fon  decolement ,  ^out  eftre  encaftré  dans  une  Etaille.  Ces  efpc- 
ces  de  Tenons ,  font  appeliez  par  Vitruve  Subjcudes  ou  SecuricU.  FI.  100.  p.  541 . 

Tenons  de  sculpture;  ce  font  des  boffages  dans  les  ouvrages  de  i'cK/pfwyf,  qui  en  entre- 
tiennent les  parties  qui  paroiffent  détachées  ,  comme  ceux  qu'on  laiffe  derrière  les  feiiiilcs 
d'un  Chapiteau  pour  hs  conferver.  Les  Sculpteurs  laifTent aufli des  TfwoH/ aux  Figures, 
dont  les  parties  détachées  &  ifolées  fe  pourroient  rompre  en  les  tranfpprtant,  &  ils  ont 
coutume  de  les  fcier  ,  lorfque  ces  Figures  font  en  place,  p.  19e. 

TERME,  duGrecTVrwû,  limite.  Ce  mot  fe  dit  d'une  Statue  d'homme  ou  dé  femme,  dont 
Ja  partie  inférieure  fe  termine  en  gaine  ,  &  qu'on  a  coutume  de  mettre  an  bout  des  Allées- 
&  Paliflades  dans  les  Jardins  ,  comme  à  Verfailles.  Quelquefois  les  Termes  tiennent  lieu 
deConfoles,  &  portent  des  Entablemens  dans  les  Edifices  ,  comme  dans  le  Couvent  des 
PP.  Theatins  à  Paris.  Il  y  en  a  qui  écrivent  Thermes ,  du  mot  Hermès ,  qui  eftoit  le  nom 
que  les  Grecs  donnoient  à  Mercure,  dontlaStatuë  de  cette  manière,  fe  voyoit  dans  plu- 
fieurs  Carrefours  de  la  Ville  d'Athènes,  p.  IX. 

Terme  ANGELIQUE.  Figure  d'c^w^e  en  demi-corps,  dont  la  partie  inférieure  eft  en  gaine  , 
comme  ceux  du  Chœur  de»Grands  Auguftins  à  Paris. 

Terme  rustique,  celui  dont  la  Gaine  ornée  de  boffages  ou  glaçons,  porte  la  Figure  de 
quelque  Divinité  champeftre,  &  qui  convient  aux  Grotes  &:  Fontaines ,  commeils'eu 
voit  à  la  tefte  du  Canal  de  Vaux. 

XtKMs  MARIN  >  celui  qui  au  lieu  de  Gaine,  a  une  double  queue  de  poiflbn  tortillée.    Il 

G  g  3  con. 


ziS  EXPLICATION   DFiS   TERMES 

coin  ieiit  auïïl  aux  dccorations  tics  Grotes  &  Fontaines ,  comme  ceux  de  la  Fontaine  de  Ve- 
nus  dans  Ja  Vigne  Pamphile  à  Rome. 

Terme  £n  console,  celui  dont  la  Giine finiten  enroulement ,  &  dont  le  corps  eft  avance' 
pour  porrcr  (jueloue  chofc  ,  comme  les  Termes  ^r.gcliqucs  de  me'tail  dore  au  prmcipal  Au- 
lel  de  l'EgliCe  de  S.  Severin  à  Paris. 

Tfrme  en  buste,  celui  i^uieft  fans  bras  &  n'a  que  la  partie  fuperieure  de  l'eftomac,   com- 
me il  s'en  voit  àrEutrée  du  Cliâteau  de  Fontaine-bleau  &  dans  les  Jardins  de  Vcrfailles 
P/.  59.^.165. 

Terme  Dot'BLE,  celui  d'où  fortent  d'une  même  Gaine  deux  demi-corps,  oudeuxBuftes 
adollcs;  cnforte  qu'ils  prcfeiircnt  deux  faces  ,  l'une  devant  3c  l'autre  derrière,  commeil 
s'en  voyoit  autrefois  à  la  Grille  du  Château  de  Trianon. 

Termes  militaires;  c'eitoient  chez  les  Grecs  certaines  teftes  de  Divinitezpofe'es  furdes 
Eornes  quarrées  de  pierre  ,  ou  des  Gaines  de  Te r/,;r ,  qui  fervoient  à  marquer  les  Stades  des 
Chemins.  C'cft  ce  que  Plante  entend  pzi  Lires  viaies.  Ces  Termes  ,  eltoient  ordinairement 
dédiez  à  Mercure  ;  parce  que  les  Grecs  croyoient  que  ce  Dieu  prc'fidoit  à  la  feurere  des 
grands  Chemms.  Il  y  en  avoitaufli  à  quatre  telles  ,  comme  il  s'en  voit  encore  deux  lem- 
blablesàRomeauboucduPontFabricien  ,  nornméaujourd'huy  pour  cette  raifon.  Ponte 
ai  Quattro  capt ,  reprefcntant  ainfi  Mercure  que  les  Latms  appelloi'ent  Aïercurtusquadrifrons , 
parce  qu'ils  prétendoicnt  que  ce  Dieu  eftoit  le  premier ,  qui  eufl:  montré  aux  hommes  les 
Lettres,  laMufiquc,  la  Lutte  &  la  Géométrie,  p.  309. 

TlRRASSE;  c'ell  un  ouvrage  de  /rrrf  élevé  &  revêtu  d'une  forre  muraille  ,  pourracordcr 

•  l'inégalité  d'un  tcrrcin.  Celle  du  Château  de  Saint  Germain  en  Laye  ,  eltconfiderablepour 

la  longueur:  &  celle  de  Meudon  pour  fa  hauteur.  Il  s'en  fait  aulTî  dont  le  talut  eft  revêtu 

ce  gazon.   On  appelle  Contre-terrafje ,  une  rtTnij//f  élevée  au  dcflus  d'une  autre  pour  quel- 

^  que  racordement  de  terrein  ou  élévation  de  Parterre,  p.  1 9^.  &c. 

-I  LRRAssE  DE  BASTiMENTj  c'cn  eft  la  couverturc  en  Plateforme,  qui  fe  fait  de  plomb  ou 
de  dales  de  pierre,  comme  celle  du  Periftyle  du  Louvre  ,  ou  celle  dé  l'Obfervatoire  ,  qui 
clt  pavée  de  pierre  à  fufil  à  bain  de  mortier  de  cimenta  de  chaux,  p.  iSc  PI  6i.8c6r,  B 
P.185.&551.  ^  ^ 

TiRR  AssE  DE  SCULPTURE  5  c'eft  Ic  delTus  du  plinthe  quelquefois  en  manière  de  terre  en  pen- 
te fur  le  devant ,  où  pofe  une  Figure,  une  Statue,  un  Groupe,  &c.p.  514. 

Terrasse  de  marbre;  c'eft  un  tendre  &  un  défaut  dans  les  T^./jrèrrj,  comme  lebouzin 
dans  les  pierres,  qui  le  repare  avec  de  petits  éclats  &  de  la  poudre  du  même  marbre  mêlée 
a\ecdu  m.îltk  de  pareille  couleur. 

TERPn.ASSIER.  On  donne  ce  nom  au/îî  bien  à  l'Entrepreneur  qui  fe  charge  de  la  fouille 
S:  du  tranfport  des  terres,  qu'aux  gens  qui  travaillent  fous  lui  àlatache'"^  ou  à  la  mur- 
née,  p.  144. 

TERRE,  s'entend  non  feulement  de  la  confiftencc  du  terrein  fur  lequel  on  baftir  ;  mais  en- 
core de  celui  ou  l'on  plante  un  Jardin.  Ainfi  la  Tfrrf  doit  ellréconfiderée  pàrraport  à 
l'Art  de  baihr ,  &.  au  Jardinage  fuivaut  fcs  bonnes  ou  mauvaifcs  qualitez&fes  lapons, 
f.  199.  &  153.       ^  '  . 

TERRE  par  rapurt  à  l'^rt  de  bafïir. 

ItRRE  naturelle,  ccIIc  qui  n'a  poiiit  cncore  cfté  cvcntée  ,  ni  fouillée,  p.  23  3. 

Terre  raportee,  celle  qui  a  efté  tranfportée  d'un  lieu  à  un  autre,  pour  combler  quelouc 
FolVe,  &  pour  régaler  Scdrelfer  de  niveau  un  Terre  m.  ;ia/.  ^ 

Terre  massive;  c'cft  toute  Terre  confiderée  folide  &fansvuide,  & toiféecubiquemenc 
ou  réduite  à  la  toife  cube ,  pour  faire  l'eftimation  de  fà  fouille,  ibid. 

Terri  s  jectisses.  On  appelle  ainfi  non  feulementles  rirrf/ quifontremiiéespoureflrè 
enlevées;  mais  encore  celles  qui  reltent  pour  faire  quelque  exh^ullcment  de  Tcrralfe  ou 
de  Parterre  dans  un  Jardin,  Si  cet  exhaullement  fe  fait  contre  un  murmitoïen  ,  com- 
me il  cil  à  craindre  que  la  pouirée  de  ces  Terres ]e£itj]es  ne  le  faflé  pcrir ,  parce  que  les  Rejsl 

de- 


D'A  RC  HITECTURE,  &'c.  259 

dc-chaiiiïce  des  deux  heriragcs  ne  fonr  plus  pareils  ,■  la  Coutume  de  Paris  t^r^  191.  veut 
que  pour  refifler  à  cerre  poufTce ,  on  fafTe  un  Contre-mur  Tuffifant,  réduit  au  tiers  de 
l'exhauirement  8c  même  avec  des  éperons  du  côté  des  Terre/ ,  audirede  Gens  cxpeits  & 
connoiflàns.  p.  350. 

Terre  franche,  Efpece  de  Tfrr? graflè  fans  gravier  ,  dont  on  fait  du  mortier  &  de  la  bau- 
oe  en  quelques  endroits,  p.  1 1  6. 

Terre  glaise,  y^ye^  GLAISE. 

TERRE  ptir  raport  au  Jardinage ,  O'  fiava>itfcs  bonnes  qualitcx. 

Terre  bonne  ou  îertile,  celle  où  tout  ce  qui  eit  femé  ou  plante  ,  croit aire'men'& 
fans  beaucoup  d'amendement  &  de  façon.  Elle  eft  ordinairement  noire  ,  graHc  & 
légère. 

Terre  franche,  celle  qui  n'étant  point  mélangée,  efl  fair.e  fans  pierres  ni  gravois  ,  & 
qui  eftant  gralTe  tient  aux  doigts,  &  fe  paîtrit  aifément ,  comme  le  fonds  des  bonnes 
prairies. 

Terre  neuve,  celle  qui  n'a  encore  rien  produit,  comme  une  Terre  tirée  à  5.  ou  6,  pieds  de 
la  fuperficie. 

Terre  meuble,  celle  qui  eft  légère  &  en  poufTicre,  &  queles  Jardiniers  appellent /i/Ze/- 
te.  Elle  eft  propre  à  garnir  le  deflbus  d'un  arbre,  quand  on  le  plante  ,  &  à  l'cniretenir 
à  plomb. 

Terre  hâtive,  celle  qui  eft  d'une  bonne  qualité  &  en  belle  expofïtion  ,  commeaumidy 
furuneMicôte,  &  où  ce  qu'on  plante  ,  produit  de  bonne  heure. 

TERRE  ftiivant  fcs  mauvaijes  <jnalite:t. 

Terre  forte,  celle  qui  tient  de  l'Argile  ou  delà  Gîaife  ,  &  qui  eftant  trop  ferrée ,  ne  vaut 
rien  fans  eftre  amendée. 

Terre  cRoiiETTE,  celle  qui  eft  pierreufe ,  &  qu'on  pafTe  à  la  claye  pour  l'améliorer. 

Terre  chaude  ou  brûlante  ,  celle  qui  eftant  légère  &  féche  ,  fait  périr  les  plan- 
tes dans  la  chaleur  ,  fî  elle  n'eft  amendée.  On  l'employé  ordinairement  pour  ks 
Efpaliers, 

Terre  froide  ,  celle  qui  eftant  humide  a  peine  à  s'échaufer  au  Printems,  &cfttardivci 
mais  qu'on  amende  avec  du  fumier. 

Terre  maigre,  celle  qui  eft  fablonneufe,  féche  &fterile,  &  ne  vaut  pas  la  peine  d'eftre 
façonnée. 

Terre  veulf  ,  celle  où  les  plantes  ne  peuvent  prendre  racine  ,  parce  qu'elle  eft  trop  légère , 
&z  qui  s'amende  avec  de  h  Tare  franche. 

Terre  tufiere,  celle  qui  approche  du  Tuf,  8c  ainfi  eftant  trop  ingrate,  &  maigre ,  ou 
l'ofte  d'un  Jardin  j  parce  qu'elle  coufteroit  plus  à  amender,  qu'a  y  apporter  de  la  bon- 
ne terre. 

TERRE  fuivatit  [es  façons. 

Terre  amendée,  celle  qui  après  avoir  eftéplufieurs  fois  labourée  &  fumée,  eftpropreà 
recevoir  toutes  fortes  déplantes.  On  appelle  aufli  Terre  amendée ,  celledout  on  a  corrigé  les 
mauvaifes  qualitez  par  le  mélange  de  quelque  autre. 

Terre  reposée,  celle  qui  aeftéunan  oudeux  en  Jichere  ,  c'cft-à-dire(àns  travailler,  ni 
eftre  cultivée. 

Terre  raporte'e  ;  c'eft  la  bonne  terre  qu'on  met  dans  les  endroits  ,  dontonaoftéia  mé- 
chante ,  pour  y  planter. 

Terre  prépare  e,  celle  qui  eft  mélangée  pour  chaque  efpece  de  plante  ou  de  fleur. 

Terre  usée  ,  celle  qui  a  travaillé  long-tcmsfans  eftre  cultivée  ni  amendée. 

TERREAU.  Terre  noire  mêlée  de  fumier  pourri  j  dont  on  fait  des  couches  dans  les  Jardins 
Potagers  ,  &  qui  fert  pour  garnir  les  pLtebandes ,  &  pour  détacher  de  leur  fonds  les  feuil- 
les des  Parterres  de  broderie,  où  l'on  peut  cependant  mettre  plus  à  propos  du  mâchefer, 
parce  que  les  herbes  n'y  croillcnt  pas  fi  facilement,  p.  1 91. 

TER- 


210  EXPLICATION   DES  TERMES 

TER.RF.IN;  c'efl:  le  fonds  fur  lequel  on  baftir,  &  qui  eil  de  différentes  confiftenccs,  comme 
déroche,  de  tuf,  de  gravier,  de  fable,  deglaife,  devafe  ,  &c.p.  15  3.  &  3  50. 

TtRREîN  DE  NIVEAU  j  c'clt  niic  c'ccuduë  eu  fupcrficic  de  terre  drelKe  fans  aucune penrc. 
p.  190.  &:  13  5. 

Terrein  par.  chûtes,  celui  dont  la  continuité  interrompue ,  eft  racorde'e  avec  un  autre 
îtrrein  par  des  perrons  ou  glacis,  ibid. 

TERREPLEIN  ,  fe  dit  en  Architedure  civile  de  toute  terre  raportc'c  entre  deux  murs  de  ma- 
çonnerie ,  pour  fervir  de  terralFc  ou  de  chemin  pour  communiquer  d'un  lieu  à  un  autre. 
f.  3  5 1 .  Lac.  Tcrrenus  !_^^cr. 

TESTE.  Ornement  de  SculpturetjuifertàlaClef  d'un  Arc,  d'une  Platebande  &  à  d'autres 
endroits.  Ces  fortes  de  Tefies  reprelentem  des  Divinitez ,  des  Vertus,  des  Saifons,  des  Ages, 
&c.  avec  leurs  attribus,  comme  un  Trident  à  Neptune,  un  Cafque  à  Mars  ,  un  Caducée  à 
Mercure,  un  Diadème  à  Junon  ,  une  Couronne  d'c'pics  de  bled  à  Cerés  ,  &c.  On  employé 
aulîi  des  Teftes  d'animaux  par  raport  aux  lieux  ,  comme  une  Tcjle  de  Beuf  ou  de  Bélier  pour 
une  Boucherie  ,  de  Chien  pour  un  Chenil,  dcCerf  ou  de  Sanglier  pour  un  Parc,  de  Che- 
val pour  une  Ecurie  ,  Sec.  P/.  58. p.  97. 

Teste  de  voussoir;  c'eft  la  partie  de  devant  ou  de  derrière  d'un  ^oKj|/b/r  d'Arc.  PL  66  A. 
pag.  137. 

Teste  de  mur  ;  c'efb  ce  qui  paroît  de  l'épaifTeur  d'un  Mur  dans  une  ouverture  ,  qui 
clt  le  plus  fouvent  revêtu  d'une  chaîne  de  pierre,  ou  d'une  jambe  étriere.  PL  6}  A. 
pag.   185. 

Teste  de  chevalement.  Pièce  de  bois  qui  porte  fur  deux  c'tayes  pour  foûtenir  quelque  pan 
de  mur  ou  quelque  encôgnure  ,  pendant  qu'on  fait  une  reprife  par  fous-ccuvre. 

Teste  de  canal;  c'ell  l'entrée  d'un  Canal  &  la  partie  la  plus  proche  du  Jardin ,  où  les 
eaux  viennent  fe  rendre  après  le  Jeu  des  Fontaines.  C'efl  auilî  un  Baftiment  Rufli- 
<]ue  en  manière  <le  Grote  avec  fontaines  &:  cafcades  au  bouc  d'une  longue  Pièce  d'eau  , 
comu^e  la  Tefle  du  Canal  de  Vaux" le  Vicomte,  qui  eft  uu  ouvrage  de  Graiirerie  fore 
confiderabic. 

Teste  de  beuf  ou  de  bélier  decharne'e.  Ornement  de  Sculpture  des  Temples  des 
Payens  par  raport  à  leurs  Sacrifices ,  qui  entroit  dans  les  Métopes  delà  Frife  Dorique  ,  & 
en  d'autres  endroits,  comme  il  s'en  voit  à  une  Sépulture  de  la  Famille  Metella  prés  de 
Rome,  appelléepourcelujet  C:po  J/6ovf.  P/.  ii.p.  ji. 

Teste  terdue.  On  appelle  ainfi  toutes  les  Tf/??/ des  boulons,  ris  &  clous ,  qui  n'excedeûC 
point  le  parement  de  ce  qu'ils  attachent  ou  retiennenc 

TETRAGONE.  royeK  POLYGONE. 

TETRASTYLE.  FbycK  TEMPLE. 

TEVERTIN.  Pierre  dure  rouflâtre  ou  grisâtre,  &  la  meilleure,  dont  on  fe  fervc  a  Rome, 
p.  1^6.  Lac.  Lapis  Tibnrtinus. 

THEATRE  ;  c'eltoit  chez  les  Anciens  un  Edifice  public  ,  compofé  d'un  Amphithéâtre  en 
demi-cercle  entouré  de  Portiques  &  garni  de  fieges  de  pierre ,  qui  environnoient  un  efpacc 
appelle  Orchefire ,  au  devant  duquel  eftoit  le  Profcenium  ou  Pitlpitum ,  c'eft-à-dire  le  Plan- 
cher du  Théâtre-,  avec  la  i'ffwe  qui  eitoit  une  grande  Façade  décorée  de  trois  Ordres  d'Ar- 
chitedure,  &  derrière  laquelle  elloit  le  lieu  appelle  Po/?f«;ww ,  où  les  Adeurs  fe  prépa- 
ioicnt.  Ce  Théâtre  chez  les  Grecs  &  chez  les  Romains  avoir  trois  fortes  de  Scènes  mobiles 
de  Perfpedives  peintes,  la  Tragique,  la  Comique  &  la  Satyriquc.  Le  plus  célèbre  r/bf<i/rc 
qui  reue  de  l'Antiquité,  eft  celui  de  MarcellusàRome.p.  2.0.  Lut.  Theatr  uni ,  du  Grec 
Thatrony  Spe<^aclc. 

Théâtre  de  comédie,-  c'efl:  aujourd'hui  une  grande  Salle,  dont  une  partie  eft  occupée 
par  la  Scène  qui  comprend  le  Twf  <«rc  même,  les  décorations  &  les  machines,-  lercftecft 
diftribué  en  un  efpace  nommé  Parterre ,  terminé  par  un  i^mphithcatre<\\xzTié  ou  circulai- 
le ,  oppofé  au  Thcatre  avec  plufieurs  rangs  de  ûcges  &  loges  .{>4  c'tages  «u  pourtour. 

Celui 


D'ARCHITECTURE,   &:c.  '241 

Celui  des  Comédiens  du  Roi  à  Paris  du  dcficin  de  M.  Dorbay  Architede  du  Roi ,  eft  un  des 
mieux  ordonnez  &:lcTcii!c]ui  ait  une  Façade  dccore'e  fur  la  rue.  Les  Théâtres  des  Mailbns 
Royales,  Com  appeliez  Satin  de  Comcuie  ,  dcBdits-,  de  Machines  y  &c.;^.  38. 
Théâtre  anatomiq.uf.  ;  c'cft  dans  une  Ecole  de  Mcdcine  &  de  Chirurj^ie  ,  une  Salle  avec 
plufieursranj^sdefîcgcsen  Amphithéâtre  cu-culaire  ,  &  une  table  pofcc  lui  un  pivot  au  mi- 
lieu pour  la  diH^dion  &  la  dcmonlhation  des  Cadavres ,  comme  le  Theaire  <^4uuomiijuc  du 
Jardin  Royal  des  Plantes  à  Pans.  p.  j  5  5 . 
Théâtre  de  jardin  5  c'cft  daiisun  pj?"c//«une  efpccedeTerranccIcve'c,  fur  laquelle  clt 
une  décoration  pcrlpeftive  d'Allées  d'arbres  ou  de  charnuUe  ,  pour  joiier  des  paltoralcs. 
L'Amphithéâtre  circulaire  qui  luy  ciloppofé  ,  apluheursdcgrczdcgazonou  de  pierre  :  «fc 
l'efpace  plus  bas  entre  le  Theatre&c  l' Amphithéâtre ,  tient  lieu  de  Parterre.  L'on  en  voit  un 
de  cette  elpece  dans  le  Jardin  desThuilenes  à  Paris,  p.  195. 
Théâtre  d'eau  5  c'eib  une  difpofition  d'une  ou  pludeurs  Alle'es  d'eau  orne'es  de  vocaillcs» 
de  figures ,  &c.  pour  fermer  divers  changemens  dans  une  décoration  pcrfpcclivc  ,  &  rcpre  - 
fenter  les  fpedlacles  ,  comme  le  Théâtre  d'eau  de  VerfailJcs. 
THEATRE,  fe  prend  enfin  en  Architecture  (particulièrement  chez  les  Italiens)  pour  l'en- 
lemblede  pluficurs  Baftimens  ,  qui  par  une  hcuicufe  difpofition  &  élévation,  preientenc 
une  agréable  fccnc  à  ceux  qui  les  regardent ,  comme  la  plupart  des  Vignes  de  Rome ,  mais 
principalement  celle  de  Monte -.dr.Tgone  à  Frefcati ,  &  en  France  le  Château  neuf  de  Saine 
Germain  en  Laye  du  côté  de  la  Rivière. 
THEORIE,  du  Grec  r/?fon'<z ,  fpecularion  ;  c'eft  la  Science  fpeculative  d'un  Art  (ans  la  Pra- 
tique. Pnf.  &c.  Lat.  I{atiodnatio  félon  Vitruve. 
THERMES.  Fbyex  BAINS. 
TIERCERONS;  ce  font  dans  les  Voûtes  Gothiques,  des  Arcs  qui  naiflcnt  des  angles,  2c 

voncic  joindre  aux  Liernes.  p.  341. 
TIERCINE.  ^jyr^  Pièces  de  tuile. 

TIERS-  POINT  ;  c'elt  le  Point  de  fec^ion  ,  qui  fe  fait  au  fommet  d'un  Triangle  équilateraîi 
ou  au  deilus  ou  au  dellous.  Il  cil  ainfi  nommé ,  parce  qu'il  eft  le  troifiénie  Point  après  les 
deux  qui  font fiir  la  Bafe.    PI.  66  k. p.  137. 
TIERS-POTEAU.  Piecedeboisde  fciage  de  5.&  5.  poiices&  demidegrofleur  ,  faite  d'ua 
Poteau  de  5 .  &  7.  pouces  refendu  j  laquelle  fert  pour  les  Cloifons  légères  ,  S<.  celles  qui  por- 
tent à  faux  p.  225. 
TIGE.  On  appelle  ainfi  le  Fuft  d'une  Colonne.  Vbye:^  FUST. 
Tige  de  rinceau;  c'eft  une  efpece  de  branche,  qui  part  d'un  culot  ou  d'un  fleuron  ,  & 

qui  porte  les  teiiillagcsd'un  RJ^nccau  d'ornement,  Lat.  Lau:is. 
Tige  de  tontaine.  Efpece  de  Baluftre  creux  ordinairement  rond,  qui  fert  à  porter  une  oa 
plufieurs  Coupes  defonfj/Vjc  jaiUiilante,  &qui  a  l'on  profil  différent  à  chaque  étage  .p.  5 17. 
TIGETTE,'  c'eft  dans  le  Chapiteau  Corinthien  une  manière  de  n^e  ,  ou  cornet  le  plusfou- 
vcnt  cannelé  &  orné  de  fciiiiles,  d'où  naiilent  les  Volutes  &;  les  Hélices,  p.  66.  Lat.  Cauli- 
cidusfdon  Vitruve. 
TIMPAN,  ou  TYMPAN,  du  Grec  Tympanon,  tambour;  c'eft  la  partie  quirefte  entre 
les  trois  Corniches  d'un  Fronton  triangulaire,  ou  les  deux  d'un  Fronton  cintré  ,  Se  qui  eft 
ou  lille  ,  ou  ornée  de  fculpturecnbas-rclicf ,  comme  au  Temple  de  Caftor  «S:  de  Poilu x  à 
Naples,  &  au  Portaildcl'Eglife  des  PP.  Minimes  à  Pans.  Pi.  6)  A.  p.  183.  &  Pl.6y.p. 
M7- 
TiMi'AN  d'arcade  ;  c'cft  uuc  Table  triangulaire dans  Ics cncôgnurcs  d'une  ^4rcade.  Les 
plus  nniplcs  de  ces  Tn/ipans ,  n'ont  qu'une  Table  renfoncée  ,  quelquefois  arec  des  branches 
de  laurier,  d'olivier,  de  chefne  ,  &c.  ou  des  Trophées ,  Feftons ,  &c.comn:e  au  Château 
de  Trianon,  &  conviennent  aux  Ordres  Dorique  &  loiiique.    Les  pluj  riches  qui  font 
propres  aux  Corinthien  &  Compofite ,  reçoivent  des  Figures  volantes,  comme  des  Renom- 
mées, ainfi  qu'il  s'en  voit  aux  Arcs-de-triomphe  antiques  :  ou  de  Figures  allîfè3>  telles 
Tome  II.         '"  H  h    ^  '  que 


241  EXPLICATION  DES  TERMES 

♦.]ue  font  cJes  Vertus,  comme  dans  l'Eglifc  du  Val -de- grâce  j  ou  des  Béatitudes,  comme 
daiis  celle  du  Collège  Mazarin  à  Paris  ,  &:c.  PL  8.  p^?,^.  Z5.&  94. 
TiMPAN  DE  MtNuisERiE  i  c'elt  uti  Paiiiieau  dâiis  l' Allcmblage  du  Dormatit  d'uDC  bayc  dc 
Por^eoudcCroifce,  qui  eft  quelquefois  évidc  &:  garni  d'un  treillis  de  fer,  pour  donner 
du  jour;  ce  qui  fe  pratique  aufli  dans  les  r;/Kpa«;  de  pierre  pour  le  même  fujet.  PL  84.  f. 

189 

TiMPAN  DE  MACHINE,  fe  dit  de  toute  Roue  creufe,  qu'on  nomme  auffi  d /-iwèoKr,  &. 
dans  laquelle  un  ou  plulieurs  hommes  marchent  pour  la  faire  tourner  ,  comme  celle  d'une 
Grue,  d'une  Calandre  ,  &' de  certains  Moulins. 

Tl?s.ANT.  Longiic  pièce  de  bois  de  toute  la  largeur  d'un  lieu,  qui  arrêtée  dans  fesexrre- 
m  irez  par  des  ancres,  fert  fous  une  Ferme  de  Comble,  pour  en  empêcher  l'écaitemenr , 
auffibienque  celui  des  murs  qui  la  portent.  Il  y  a  de  ces  T/raw  dans  les  vieilles  Eglifes , 
qui  font  chamfrainez  &  à  huit  pans ,  &  qui  font  aflemblez  avec  le  maître  Entrait  da 
Comble,  par  une  aiguille  ou  un  poinçon.  PL  64  A.  p.  iSy-Lat.  Traw/^rKw  félon  Vitruve. 

Tirant  de  fer.  Grôffe  &  longue  barre  de /fr,  avec  un  œil  ou  trou  au  bout ,  dans  lequel 
pafle  une  ancre  ,  laquelle  fert  pour  empêcher  l'écartement  d'une  Voûte  ,  &  pour  retenir 
unmur,  ou  une  fouche  de  Cheminée  ,  &c.  p.  116.  Lar.  C'jif/j.z  lelon  Vitiuvc. 

TOISE.  Mefure  de  différente  grandeur  félon  les  lieux,  où  elle  eft  en  ufage.  Celle  de  Paris 
établie  en  quelques  autres  villes  du  Royaume,  eft  de  fix  pieds  de  Roi,  &  fon  étalon  ou. 
mcfure  originale,  eft  expofécau  Châteletde  Paris  ;  c'eft-pourquoi  elle  efl:  appellée  Toi/e 
ti/^CKrfr/f/fOndonneaudîcenomàrinftrumentavcc  lequel  on  mefurc.  Monfieur  Mé- 
nage prétend  que  le  mot  de  Toi/f,  vient  du  Latin  Tefa,  qui  a  efté  fait  de  mj/«j ,  étendu 
PL  54.  p.  1 57.  &c.  Lat.  Pcrtica  hcxapeda. 

Toise  d'échantillon.  On  appelle  ainfi  la  ro//f  de  chaque  lieu  ,  où  l'on  mefure  ,  quand 
elle  eit  différente  de  celle  de  Pans,  comme  la  Toife  de  Bourgogne  qui  elt  de  fept  pieds  & 

demi.  ,    n    ■  c  ■ 

Toise  de  roi  ;  c'eft  la  Toife  de  Paris ,  dont  on  fe  fert  dans  tous  les  ouvrages  que  le  I{oi  tait 

faire  ,  même  dans  les  Eortifîcations  ,  fans  avoir  égard  à  la  Totfc  d'aucun  lieu. 
Toise  courante,  celle  qui  eft  mefurée  fuivant  fa  longueur  feulement ,  comme  uneToife 

de  Corniche  fans  avoir  égard  au  détail  de  fes  moulures ,  une  Toife  de  Lambris  fans  confi- 

dercr  s'il  elt  d'apui  ou  de  revêtement. 
Toise  cjuarre'e,  ou  superucielle  ,  celle  qui  eft  multipliée  par  fes  deux  cotez,  &donr 

le  produit  eft  de  trcnte-fix  pieds,  p.  108 .  Sec. 
Toise  cube,  massive  ,  ou  solide  ,   celle  qui  cftant  mefurée  en  largeur,  longueur  & 

profondeur,  produit  ZI6. pieds  a<èe/. p.  loé. 
TOISE  ;  c'eft  le  mémoire  ou  dciiombrement  par  écrit  des  Taifes  de  chaque  forte  d'ou- 

vra^^e  qui  entre  dans  la  conftruc^ion  d'un  Bâtiment,  lequel  fe  fait  ou  pour  juger  de  la 

dépenfê  ,   ou   pour  eftimer  &  régler  les  prix  Se  quantitez  de  ces  mêmes  ouvrages,  p. 

Î.X  ? . 

TOISER;  c'eft  mcfurer  un  ouvrage  avec  la  Toi/f,  pour  en  prendre  les  dimenfions  ,  ou  pour 
enfaireVeftimation.  Ez  I^etoijer  ;  c'eft /o^/cr  de  nouveau  ,  quand  les  Experts  ne  font  pas 
convenus  du  ro^y?. p.  i^o.  r        1         «• 

Toiser  la  taille  de  pierre;  c'eft  réduire  la  Taille  de  toutes  les  faces  d  une  P/frrf  aux 
paremens  feulement,  mefurez  àun  pied  de  hauteur  fur  fix  pieds  courans  pour  To;/f. 

Toiser  aux  us  et  coutumes;  c'eft  mefurcr  tant  plein  que  vuide ,  &  toutes  les  laïUies;. 
en  forte  que  la  moindre  moulure  porte  demi-pied,  &  toute  ir.oulure  couronnée  un  pied, 
lorfoue  la  Pierre  eft  piquées?  qu'il  y  a  Enduit,  &c. 

Toiser  a  toise  bout  avant;  c'eft  Toiyêr  les  ouvrages ,  fans  retour  m  demi-tace  ,  &  les 
murs  tant  plein  que  vuide ,  Se  le  tout  quarrément  fans  avoir  égard  aux  faillies ,  qui  doivent 
neantmoi.'iseftie  proportionnées  au  lieu  qu'elles  décorent.  zr         >  i 

Toiser  le  bois  ;   c'eft  réduire  &  évaluer  des  pièces  de  bois  de  plufieurs  grolieurs  a  la 

quan- 


D'A  R  C  H  I  T  n  C  T  U  R  E  ,   a^c.  j.^ 

«juantite  Jej.ple'scubcs,  ou  de  ii.  pics  de  lonçr  fur  tf.  pouces  de  ^ros,  reMc'c  pour  une 
pièce.;'.  223.  '  o  »      r 

Toiser  la  couverture;  c'cftcnmefurcr  la  fuperficie  fans  avoir  c^ard  aux  ouvertures  i/ 
aux  croupes,  &  c'eft  en  évaluer  les  Lucarnes  ,  Yeuxde  bœuf,  Arcfticres  ,  E<;oucs,  Fai- 
ites,  &c.pour  j:-5//fjoupiedsfuivantrUfa<Te.p.  zi7 

TOIT.  FbycK  COMBLE.  "" 

TOLE.  Fer  mince  ou  en  fciiille  ,  qui  fert  à  faire  les  cloifonsdes  movennes  Serrures  ,  le^  pla 
tines  des  yerroux&  Targettes,  &  les  ornemens  de  relief  amboucis,  cefc-à-dire  ci'clez 
en  coquille.  On  fait  auHi  des  ornemens  de  To/eévidce  ou  découpée  à  jour,  comme  il  sa» 
voit  aux  Clôtures  des  Chapelles  de  l'Eglife  des  PP.  Mimmes  à  Pans.  Pi.  44  A  p  117  & 

TOMBE,  du  Grec  Tumbo^,  Sepulchre  ;  c'efl:  une  Dale  de  pierre  ou  Tranche  de  marbre , 
dont  on  couvre  uneSepuhure  ,  Se  quifercde  Pavé  dans  une  Eglife  ou  un  Cloître,  m^, 

TOMBEAU,  ou  SEPULCHRE;  c'eft  la  principale  parue  d'un  Monument  funéraire ,  où 
repole  le  Cadavre.  C'eft  ce  que  les  Anciens  nommoiento^rca  ,  &  qu'ils  faifoient  de  tefe 
cuue,  de  pierre  ou  de  marbre  creufé  quarrémencau  cifeau,  &  couvert  de  dales  de  pierre 
ou  de  tranches  de  marbre  avec  des  Bas-reliefs  &  infcriptions  ,  comme  il  s'en  voit  encore 
quantité  en  plufieurs  endroits.  Il  y  en  avoic  même  d'une  efpece  de  pierre  qui  confumoïc  les 
corps  en  peu  de  temps,  &  qui  a  caufe  de  celaertoitappellée  i.ircop/ja,7<y ,  c'cft-à-dire 
niaiigc- chair,  d'où  elt  venu  le  nom  de  Cercueil.  On  nomme  Cénotaphe  ,"unTomb'-a><  \'ui- 
de  (  (uivant  cette  Enmologie  Grecque  Kcnotaphion  ,  qui  figmfie  la  même  chofe,  )  parce 
que  le  corps  ae  la  perfonne  pour  qui  il  a  efté  élevé,  a  efté  perdu  dans  une  bataille, 
ou  dans  un  naufrage  :  &  c'ed  ce  que  les  Latins  appelioient  Scmlchrum  inane.  p.  zcg 
«3^9.  '■  -f' 

TONDIM  ^'byeK  TORE. 

TONNEAU  DE  PIERRE,-  c'cft  la  quantité  de  14.  pieds  cubes  ,  quifertdc  mefurepour  la 
lierre  dt  S.  Leu ,  &  qui  peut  pefcr  environ  un  millier  ou  dix  quintaux  ;  ce  oui  fait  la 
moitié  d  un  Tonneau  de  la  Cargaifon  d'un  VailTeau.  Lorfque  la  Rivière  a  7.  ou  8. 
pieds  d  eau ,  la  Navée  d'un  grand  Bateau  peut  porter  4C0.  à  450.  Tonneaux  de  pierre,  p. 

TONNELLE.  Vieux  mot  encore  en  ufagc  parmi  le  Vulgaire  pour  fignifier  un  Berceau  ou  ua 
Cabinet  de  vcroure  ,  &  dont  Jean  Martin  scil  fcrvi  pour  fignifitr  aulîi  un  Berceau  en  plein 
cintre.  C  eit  de  ce  mot  qu'a  elré  apparemment  fait  celui  de  TonnclUne  ou  Portique  de 
Halle.  ^ 

TORCHERE.  Efpece  de  grand  Guéridon,  dont  le  Pied  triangulaire  &  la  Tige,  font  enri- 
chis de  Iculptuie  ,  &  foùiicnnent  un  plateau  pour  porter  de  lakimicre.  I!  s'en%oit  de  métail 
dans  la  Salle  du  Bal  du  Petit  Parc  de  Verfailles.  Cet  ornement  peut  comme  les  Candélabres, 
lervir  d  amortiiîement  à  l'entour  des  Dômes  &  Lanternes ,  &  aux  Illuminations    IH  6± 

D.pd^.  189.  '      * 

TORCHIS  Efpece  de  mortier  fait  de  terre  gralTe  détrempée  &  mêlée  avec  de  la  paille  cou- 
p<;e,  pour  faire  des  Murailles  de  bauge,  &  garnir  les  Panneaux  des  Cloifons  ,  &  IcsEn- 
trevoux  des  Planchers,  des  Granges  ,  &  Métairies  de  la  Campa-ne.  Lat.  Luium  palea- 
tu»:.  '■    ^  « 

TORE.  GrofTe  Moulure  ronde  fervant  aux  Bafes  des  Colonnes.  Ce  mot  vient  du  Grec  Toro-; 
un  cab,e,  doin  il  a  la  redemblancc ,  ou  du  Latin  Torus  ,  un  lit  des  Anciens  ;  parce  que  cette 
mcuiurerencmble  aux  bords  d'un  matelas.  Onlenommeaufli  Tow/z/i ,  Bouam,  Gros  Bà^ 
ton,  ScBcJel.p.ïiPl.A. 

Tore  inferieurj  c'eft  le  plus  gros  dune  Bafe  Attique  ou  Corinthienne  :  Ec  Tore  sope- 

RIEUR,  le  plus  petit,  p/.  58. p.  97.  &  P/.  87. p.  19^. 
Tore  corrompu  ,  celui  dont  le  contour  eft  fem'blable  à  un  dcmi-cœur.    Les  Maçons 

Hh  4  'se 


244  EXPLICATION  DES   TERMES 

&  les  Menuifiers  nomment  cette  moulure  Brayate  ou  Braque  de  Suif]c.  PI.  A.  p.  h]. 
TORSE.  Ce  mot  qui  vient  de  l'Italien,  fe  dit  d'une  Figure  mutilée  de  Tes  bras  ,  defcsjambes 
&  même  de  fa  tefte,comnie  le  Torje  antique  de  Bclvcder  à  Rome,  <Sc  la  Venus  de  Richelieu. 

ToksER  ,  du  Latin  Torquere  ,  tordre  -,  c'cft  contourner  le  Fuft  d'une  Colonne  en  fpirale  ou 
vis  ,  pour  lareiulre  Tor/f.  ^^jj.  106.  Sic. 

TORTILLIS  5  c'elt  fur  un  boflagc  rullique  une  manière  de  vermoulure  faite  a  rcutu  ,  com- 
me il  s'en  voit  à  quelques  Chaînes  d'encôgnure  au  Louvre  &  à  la  Porte  de  S.  Martin  à  Pa- 
ns, p.  9.  L?.t  Scaivtura  vermicitlaïa. 

TOSCAN.  FoytK  ORDRE  TOSCAN.  , 

TOUR;  c'cffc  un  Corps  de  Bâtiment  élevé,  rond,  quarr'é  ,  ouapans,  qui  flanque  les  Murs 
de  l'enceinte  d'une  Ville  ,  ou  d'un  Cliâteau  auquel  il  fert  de  Pavillon,  &  qui  eit  quelque- 
fois Sd'incurial  ,&  marque  un  Fief.  p.  304.  r      -    ,   r  r  i 

Tour  isolée,  celle  oui  dl  détachée  de  tout  Bâtiment  &  fert  a  plufieurs  ufages  ,  comme  de 
Clocher,  amfi  que  bVûKM-onde  penchée  de  Pife  :  de  fort ,  comme  celtes  qui  font  fur  Icî 
CoftesdeMer,  ou  fur  les  Partages  d'importance  :  de  Fanal ,  comme  celle  de  Cordouau 
&;  de  Gènes  :  de  Potnpc ,  comme  la  Tour  de  Marly  ,  &c.  ibid.  ^ 

Tour  d'église  ;  c'eft  un  gros  Bâtiment  élevé  le  plus  fouventquarre  &  accompagne  d'un 
lèmblable  ,  qui  fait  partie  du  Portail  d'une  E'^life.  Ces  fortes  de  Tour^  ,  qui  font  de  pareille 
fimmetrie  aux  £.7/»/ei  Cathédrales,  font  ou  couvertes  en  Terralfe  ,  comme  a  Notre-Dame 
de  Pans,  ou  terminées  par  des  Aiguilles  ou  Flèches ,  comme  à  Notre-Dame  de  Renns. 
On  a^^dlc  Tour  chaperonnée,  celle  qui  a  un  petit  Comble  apparent,  comme  a  S.  Jean  eu 

Grève  à  Paris,  li-zci.  ,,       t^  „      n. 

Tour  pe  dôme,-  c'eftleMur  circulaire  ou  a  pans  ^  qui  porte  la  Coupe  d  un  Dôme,  8c  elt 

percé  de  Vitraux,  &  orné  d'Architedure  par  dedans  &  par  dehors.  PL  64  B.  p.  189.  & 

To'uRDE  MOULIN  A  VENT;  c'cft  un  Mur  circulaire  qui  porte  de  fond,  &  dont  le  Chapi- 
teau de  charpente  couvert  de  bardeau,  tourne  verticalement  pour  expoler  au  vent  les  Vo- 
lansou  AîIcsduil/oH/(>i.p.  318.  ,     ,    i        ,.      x» 

Tour  ronde;  c'eft  félon  l.s  Ouvriers  le  dehors,  &  Tour  creuse  le  dedans  d  un  Mur 
circulaire.  P/.  ^6  A.  ^x57-5i^/-<5^  I^-P- MI-      ,     ,^  ,  ,      a  r- 

Tour  mobile.  Grand  Allemblage  de  Charpente  a  plufieurs  étages ,  que  les  Anciens  fai- 
foient  mouvoir  avec  des  roues  pour  afhegcr  les  Villes ,  avant  l'invention  du  Canon ,  &  que 
Vrruve  décrit  Liv.  10.  Ch.  1 9.  Il  fe  fait  aujourd'hui  des  Tours  mobiles dt  Charpente  ,  pour 
fervir  à  réparer  &  peindre  les  Voûtes,  &  à  tondre  &  drelfer  les  PalilTades  des  Jardins.  Les 
lardiniers  les  nomment  C/jar/oty.  Il  fe  fait  encore  des  Towr^  fixes  de  Charpente,  pour  éle- 
ver des  eaux,  comme  celle  qui  fervoit  à  la  Machine  de  Marly,  &  quieil  a  prefeiua  l'Ob- 
fervatoire  de  Pans.  Toute  Tour  mobile ,  fe  dit  en  Latin  Turris  ambulatoria. 

TuuR  DE  couvent;  c'eft  dans  un  Coj.vf.jt  de  Filles  une  efpece  de  Machine  eu  manière  de ' 
arosbcin'eau  ,  ouverte  en  partie  &  pofée  verticalement  à  hauteur  d'apui  dans  une  baye 
de  mur  de  refend,  où  elle  tûim;f  fur  deux  pivots  pour  faire  palier  diveifes  chofes  dans  le 
Cojm«t,  &  en  faire  fortird'auu-es.  On  appelle  aulfi  Tour,  la  Chambre  où  cft  cette  Ma- 
chine. 

Tour  du  chat  et  de  la  souris.  V.  CONTREMUR.  r         r>«  j 

TOURELLE,  petite  Toj/r  ronde  ou  quarrée,  portée  par  encorbellement,  ou  lurunCu-de- 
lanpe,  comme  il  s'en  voit  à  quelques  encôgnures  de  Maifons  à  Pans.  p.  536. 

Tourelle  de  dôme.  Efpece  de  Lanterne  ronde  ou  à  pans,  qui  porte  lut  le  malhtduUan 
d'un  Domc  ,  pour  l'accompagner  &  couvrir  quelque  Efcaher  à  vis ,  comme  il  s'en  voit  au? 
Dowfj  de  la  SorbonneSc  du  Val- de-grace  à  Paris,  t/^jti. 

TOURILLON  •  c'eit  toute  groffe  cheville  ou  boulon  de  fer  qui  lert  d  efheu  ,  comme 
ks  deux  d'uii  Pont  à  bafcùk  ,  celks  ^m  £Oitenc  la  groffe  cloche  daus  un  Béfroi  & 


D'ARCHITECTURE,   &rc.  245 

plusieurs  autres  fervaiu  à  divers  ufaj;es.  p.  245.  Lat.  Cnodax  félon  Vicruve. 
TOURNER;  c'eit  diiis  l'Arc  de  Ba(hr  expoicr  &  difpofcr  avec  avantage  un  BaRi  ment. 
Ainfi  on  du  qu'une  Eqlife  efl:  bien  tournée  ,  quand  elle  a  conformément  aux  Canons  de  l'E- 
glilë  fon  Portail  vers  l'Occident  &  fon  grand  Autel  vers  l'Orient.  On  dit  aufli  qu'une  lAû- 
ibn  elt  bienfo;<r>ife,  ioriqu'elleelt  dans  une  agréable  expofition  ,  &  que  fes  p.irties  {bnc 
place'esfuivant  leurs  ufagcs.  On  dit  enfin  qu'un  Aparcemcnteft  bien  tourne ,  quand  il  y  a 
de  la  proportion  &  de  la  fuite  entre  fes  Pièces  avec  des  de'gagemens  neccflaires.  f.ig.  1 71.  & 

Tourner  au  tour  ;  c'cd  donner  fur  le  To.vr,  la  dernière  forme  à  un  Baluftre  de  bois  e'baii- 
ché.  On  fiait  aulîî  au  To.tr  les  Baies  des  Colonnes,  les  Vafes ,  Baluftres  de  pierre  &  de 
marbre  avec  la  rapc  «Se  la  peau  de  chien  de  mer ,  &  ceux  de  bronze  avec  divers  ou- 
tils.p.  t,  10. 

TOURNIQUET.  Efpece  de  Moulinet  ordinairement  de  bois  à  quatre  bra5 ,  qui  /o.vr/je  ver- 
ticalement fur  un  poteau  à  hauteur  d'apui  dans  une  Ruëile  ou  à  côte'  d'une  Barrière ,  pour 
empêcher  les  chevaux  d'y  palier.  Il  y  en  a  de  fer  (Se  de  bronze  dans  les  Course:  Jardins  de 
Verfaiiles.  p.  145 .  Lat.  SucuU  félon  Vicruve. 

TRABEATION.  VoycK  ENTABLEMENT. 

TRACER  ;  c'elt  marquer  par  des  lignes  les  cxtremitez  d'un  corps,  pour  luy  donner  une 
forme,  p.  157. 

Tracer  en  orand  ;  c'eft  en  Maçonnerie  tracer  fur  un  mur  ou  une  aire  une  e'pure  pour 
quelque  pièce  de  Trait ,  oudiftribution  d'ornemcns.  Et  en  Charpenterie  ;  c'eft  marquer 
fur  une'telon  une  Enrayeure,  une  Ferme,  &c.  le  tout  aulii  grand  que  l'ouvrage. p.  151. 
&158. 

Tracer  au  simbleau;  c'eft  fraccrd'apre's plusieurs  centres  les  EUipfes,  Arcs  furbaifTcz, 
xampans  corrompus,  &c.  avec  le  5;w6/f^M  ,  qui  eft  un  cordeau  de  chanvre ,  ou  plutôt  de 
tille  meilleure  ,  parce  qu'elle  ne  fe  relâche  point.  On  fe  fert  ordinairement  du  Simbleau  y 
pour  trizcer  les  figures  plus  grandes  que  la  portc'e  du  compas.  PL  "j".  v.j. 

Tracer  EN  cherche;  c'elt  décrire  par  plufieurs  points  trouvez  géométriquement  une  ligne 
courbe  irreguliere,  comme  uneellipfe,  une  parabole,  une  hyperbole  &  tout  autre  arc  d'une 
fedlion  conique,  Se  d'après  cette  Cherche  levée  fur  l'e'pure ,  tracer  fur  la  pierre  ;  ce  qui  fe  fait 
auffi  à  la  main  ,  pour  donner  de  la  grâce  aux  Arcs  ram  pan  s  de  diverfesefpeces.p.  159. 

Tracer  par  ecïuarrissement  ou  deroeement  ;  c'eft  dans  la  conftrucflion  des  Pièces 
de  Trait  ou  Coupe  de  pierre,  une  manière  de  /r^co'lespierrespar  des  figures  prifes  fur 
l'e'pure  Se  coctccs  pour  trouver  les  racordemens  des  panneaux  de  tefte  ,  de  douëlle,  de  joint, 
&c.^.i5  8. 

Tracer  sur  le  terrein  ;  c'eft  faire  des  petits  filions  fuivant  les  lignes  ou  cordeaux, 
pour  l'ouverture  des  Tranchées  des  Fondacions.  Et  en  Jardinage  ;  c'eft  fur  un  Terrein  bien 
drefle' &  laboure' ,  marquer  avec  le  rr.zfo/r,  qui  eft  un  long  bâton  pointu  ,  lescomparti- 
mens ,  cnroulemens ,  rouleaux  &  feiiillages  des  Parterres ,  pour  y  planter  les  traits  de  buis. 

TRAINER  EN  PLATRE  ;  c'eft  faire  une  Corniche  ou  un  Cadre  avec  le  calibre  ,  qu'on  traî- 
ne fur  deux  règles  arrefte'es  ,  en  gariiillant  de  plâtre  clair  ce  Cadre ,  ou  cette  Corniche  ,  Se  la 
repaffaut  à  pluiieurs  fois  jufqu'àceque  lesmouluresayent  leur  contour  parfait,  p.  531. 

TRAIT  ;  c'eft  une  ligne  pour  marquer  un  repère  ou  un  coup  de  niveau.  Ce  mot  fe  dit  aufll  de- 
l'Art  de  la  Coupe  des  pierres,  &  de  toute  ligne  qui  forme  quelque  figure,  p.  131.  &c. 

Trait  quarre  i  c'eft  une  ligne  qui  en  coupant  une  autre  perpendiculairement  &  à  angles 
droits,  rend  les  Angles  d'e'querre.  ï.tTraii  biais,  une  ligne  incline'c  (ur  une  autre  oueir 
diagonale  dans  une  figure.  PL  t-  p-  j- 

Trait  corkompu,  celui  qui  n'elt  fait  ni  au  compas  ,  niàlareglcj  mais  àlamain&hors 
des  figures  régulières  de  la  Géométrie,  p.  iv. 

Traitraméneret.  f^oje\  RECULEMENT  D'ARESTIER. 

H  h  }  Trait 


^4*5  EXPLICATION  DES  TERMES 

Trait  de  rciE,  c'cft  le  pafTage  que  fait  la  6c/f  en  coupant  une  pièce  de  bois  >  foit  pour  l'a- 
courcir ,  ou  pour  la  refendre.  Les  Scieurs  de  long  appellent  Rencontre  ,  l'endroit  où  à  deux 
en  trois  pouces  prc's ,  les  deux  TraUi  fie  fcie  (e  rencontrent,  8c  où  la  pièce  fc  fepare.  On 
doit  ofler  ces  Rencontres  Se  Traits  defcie  avec  la  bcfaiguë  aux  bois  apparens  des  Planchers  & 
autres  ouvrages  propres  de  Charpenteric. 

Trait  de  bcis;  c'clt  un  filet  de  fi^/y  nain  continue' ,  &  étroit,  qui  forme  la  Broderie  d'un 
Parterre ,  &  renferme  les  placebandes  &  carreaux.  On  le  tond  ordinairement  deux  fois  l'an 
en  certains  temps  de  la  Lune  ,  pour  le  laue  profiter  ou  l'empêcher  de  monter  trop  vite, 
p.  191. 

TRANCHE  DE  MARBRE.  On  appelle  ainfi  un  morceau  de  w.trtrf  mince,  qu'on  incruftc 
dar,s  un  compartiment ,  eu  qui  (èrt  de  table  pour  recevoir  une  infcription.  p.  551. 

TRANCHE  E  j  c'efl  une  ouverture  en  terre  creule'e  en  long  &  quarre'ment ,  pour  fonder  un 
Bâtiment,  ou  pour  pofer  préparer  des  Conduites  de  plomb  ,  de  fer  ou  de  terre  :  ou  pour 
planter  des  Arbres,  p.  5  ;  4.  &  350. 

Tranche'e  de.  MUR;  c'cft  uuc  ouverturc  en  longueur  ,  hachée  dansunil/«r,  pouryrecc- 
voir  &  fceller  un  poteau  de  Cloifon  ,  ou  une  tringle  qui  fert  à  porter  de  la  Tapiflèrie.  C'efl: 
aufii  une  entaille  dans  une  Chaîne  de  pierre  au  dehors  d'un  Mur,  pour  y  eucaftrer  l'ancre 
du  tirant  d'une  poutre  ,  &  la  recouvrir  de  plâtre,  p.  5  h. 

TRANCHIS  i  c'eft  le  rang  d'ardoifes  ou  de  tuiles  échancrées  ,  qui  font  en  recouvre- 
ment fur  d'autres  entières  dans  l'Angle  rentrant  d'une  Noue  ,   ou   d'une   Fourchette. 

TKAPE.  Fermeture  de  bois  compofée  d'un  fort  chaflls  &  d'un  ou  de  deux  ventaux,  qui 
eitantau  niveau  de  l'Aire  de  l'Etage  au  rez-de-chaullée  ,  couvre  une  Defcente  de  Cave,  p, 

Î34- 

TRAPEZE,-  c'efl  une  figure  quadrilatère,  dont  deux  cûtez  oppofez  font  parallèles  &  ine'- 
gaux  ,  &  les  deux  autres  égaux.  Lat.  Trape^^ium  ^  fait  du  GrecTVape^j,  table  à  quatre 
pieds.  FI.  f.  p.j. 

TRAPEZOIDE.  Figure  quadrilatère  irreguliere ,  dont  les  quatre  angles  &  les  quatre  cotez 
font  inégaux,  ihid. 

TRAVAILLER,  s'entend  de  plufieurs  manières  dans  l'Art  de  bâtir.  On  dit  qu'un  Bâtiment 
travaille,  lorfque  n'cftant  pas  bien  fonde  ou  conltruic,  les  Murs  bouclent  £c  forcent  de 
leur  aplomb  ,  les  Voûtes  s'écartent,  les  Planchers  s'afaifient ,  &c.  On  dit  aulTiquc  du 
Bois  travaille  ,  lorfqu'eftant  employé  verd  ou  mis  en  truvre  dans  quelque  lieu  trop  humi- 
de ,  il  fè  tourmente  ,  en  forte  que  les  panneaux  s'ouvrent  &  fe  cambrent ,  les  languettes 
quittent  leurs  rainures ,  &  les  tenons  leurs  mortoifes.  Travailler  par  cpatilces  ,•  c'eft  repren- 
dre peu  à  peu,  &  non  pas  de  fuite  quelque  ouvrage  par  fous-csuvre  ,  ou  fonder  dans  l'eau  ; 
c'^tauffi  employer  beaucoup  de  temps  à  conftruire  quelque  Bâtiment ,  parce  que  les  ma- 
tières ou  les  moyens  ,  ne  font  pas  en  étatpour  l'exécuter  diligemment.  Travailler  à  la  tache, 
c'cit  pour  un  prix  convenu,  faire  une  partie  d'ouvrage  ,  comme  la  taille  d'une  pierre, 
oùil  y  ade  l'Architcifture  ,  de  la  Sculpture  ,  &c.  Travailler  à  la  pièce;  c'eft  faire  des  pie- 
ces  pareilles  pour  un  prix  égal ,  comme  Bafes,  Chapiteaux,  Baluftres,  8:c.  qui  ont  cha- 
cun leur  prix.  Travailler  à  la  toife  ;  c'eft  marchander  du  Bourgeois  ou  de  PEntrepre- 
neur  la  toife  cube  ,  courante  ou  fu^ierficielle  de  difrerens  ouvrages  ,  comme  taille  de 
pierres,  gros  6c  légers  ouvrages  de  Maçonnerie  ,  &c.  Travailler  à  la  journée.  yoycK 
JOURNÉE. 

TRAVAISON.  Terme  dont  s'cft  fervi  M.  Blondel  dans  fon  Cours  d'Architcdure  ,  pour 
Trabeaiion  ou  Entablement  ,  &  qui  autrefois  fe  difoit  de  toutes  les  Travées  d'un  Plan- 
cher. 

TRAVE'E  i  c'eft  un  rang  de  folives  pofées  entre  deux  poutres  dans  un  Plancher.  Ce  mot  vient 
du  Latin  Trabs ,  une  poutre  ,  ou  plutôt  de  Tranjve-fus  ,  qui  eft  en  travers  ,  comme  font  les 
folives  entre  deux  poutres,  p.  1 8p .  Lat.  Intcrtignhm ,  qui  lignifie  aufli  un  Entrevoux. 

Trave'b 


D'ARCHITECTURE,  &c;  247 

Trave'e  de  comble,  c'eft  fur  deux  ou  plu/ïeurs  pannes,  la  di  fiance  d'une  Fer  me  à  une 

autre,  peuplée  de  chevrons  des  quatre  à  la  latre.  P/.  64  A. p.  i  87. 
Trave'e  de  pont,  c'eft  une  partie  du  Plancher  d'un  Pont  de  bois,  contenue  entre  deux 
Fils  de  pieux,  &  faire  de  T"r.zvo«j- foulagez  par  des  liens  ou  contrefiches  :  dont  les  entre- 
voux  font  recouverts  de  grolTcs  doiïcs  ou  madriers  ,  pour  en  porter  le  Couchis. 
Trave'e  de  balustres  ;  c'eft  un  rang  de  Balujïres  de  bois  ,  de  fer,  ou  de  pierre  entre 

deux  Pie'dcftaux.  IH.  ^^.fag.  115.  &  ,10. 
Trave'e  de  grille  de  ff.r;  c'eft  un  rang  de  barreaux  de  fer,  entretenu  parles  traver- 
fcs  entre  deux  Pilaftres,  ou  Montans  à  joar ,  ou  deux  Piliers  de  pierre.  PL  44  A.  i>. 
117.^ 
Trave'e  d'imvressiom  ;  c'eft  la  quantité  de  ii  5.  pieds,  ou  fix  toifes  fuperfîcielles  û"/w- 
frcjjiondç.  couleur  à  huile  ou  à  détrempe ,  à  laquelle  on  réduit  les  Planchers  plafonnez  ,  les 
Lambris,  les  Placards,  &  autres  ouvrages  de  différentes  grandeurs  imprimez  dans  les  Bâ- 
timeiis,  pour  en  faire  le  roife.     Les  rnn-fpj  des  Planchers  à  bois  apparent,  fc  comptent 
doubles,  àcaufè  desenfonçures  de  leurs  Entrevoux.p.  150. 
TRAVERSE.  Pièce  de  bois  qui  s'allemble  avec  les  Battans  d'une  Porte ,  ou  qui  fecroife 
quarrement  fur  le  Meneau  montantd'uneCroifée.  On  appelle  aulîi  Truvcr/cs ,  des  Barres 
de  bois  pofe'es  obliquement,  &  clouées  fur  une  Porte  de  menuiferie.  PL46.fag.11y.  Les 
Tra\crja  font  appelle'es  par  Vitru ve  Impages ,  &  celles  des  Machines  Juga. 
Traverse  de  fer.  Grolfe  Barre  ,  qui  avec  une  pareille  retient  par  le  haut  &  par  le  bas  les 
Montans  de  coftiereSc  de  battement,  &  les  barreaux  d'un  Ventailde  Porte  de /fr.  Il  va 
de  ces  Travcrfes  y  qui  fe  mettent  à  hauteur  de  Serrure  pour  entretenir  les  barreaux  de  trop 
grande  longueur ,  Se  fervent  à  renfermer  les  ornemens  des  Frifes  &  bordures  de  Serrurerie. 
Les  Grilles  de  fer  ont  auffi  des  Traverfes ,  qui  en  fortifient  les  barreaux  .p.  1 1 7. 
TRAYONS,  ou  SOMMIERS;  ce  font  dans  un  Pont  de  bois  les  maîtrelTes  pièces  qui  en 
traverfent  la  largeur  ,  autant  pour  porter  les  Travées  de  poutrelles ,  que  pour  fervir  de  Cha- 
peau au  Fil  de  pieux,  p.  144.  roye:^  Palladio  Liv.  3 .  Ch.  7.  Lar.  Sablier. 
TREFLES ,  du  Latin  Trifolium ,  Herbe  à  trois  feiiilies  ;  c'eft  un  ornement  qui  le  taille  fur  ks 

Moulures.  I!  y  ena  àpalmettes&  àfleurons.  P/.  B.  p.  vi  i. 
Trèfles  de  moderne,  ce  font  daiTs  les  Compartimens  des  Vitraux  ,  Pignons  ,&  Frontons 
Gothiques ,  de  petites  rofcs  à  jour  faites  de  pierre  dure  avec  nervures  ,  &  formées  par  trois 
portions  de  cercle ,  ou  par  trois  petits  arcs  en  tiers  point,  p.  j  14, 
TREILLAGE  ;  c'eft  un  ouvrage  fait  d'échalas  droits  &  planez ,  qui  liez  quarrement  avec  du 
fil  de  fer,  forment  des  mailles  de  cinq  à  fept  pouces  dans  la  conftruclion  des  Berceaux  &c 
des  PalilTades  contre  les  murs  des  Jardins.  Les  Treillages  doivent  cftre  peints  de  blanc  ou  de; 
verd  à  l'huile,  autant  pour  les  décorer  que  pour  les  conferver.  Ce  mot  vient  félon  Scali- 
ger  ,  du  Latin  Trichila  ,  Treille  ou  ombrage,  fac.  1 97.  &c. 
TREILLE.  Allée  couverte  en  Plafonds  ou  cintrée,  &  faite  de  perches  ,  ou  de  menue  char- 
pente, ou  enfin  de  barres  de  fer  avec  échalas,  pour  foùtenir  des  Seps  de  Vigne  &  donner 
de  l'ombre  dans  un  Jardin. 

TREILLIS,  fe  dit  de  toute  Fermeture  dormante  de  fer,  ou  de  bronze  ,  comme  le  Dormant 
de  la  Porte  du  Panthéon  à  Rome ,  ou  les  Grilles  des  Frifons  de  Venife.  Il  eft  pourtant  dif- 
férent de  la  Grille,  en  ce  que  lès  barres  font  maillées  en  lofange.  Lat.  Clathri.  Treillijfer  ; 
c'eft  fermer  de  Tr  ilUs.  pag.  358. 

Treillis  de  fil  de  fer  ,  c'eft  un  Chaflîs  de  verges  de/cr  maillé  de  petits  lofanges  de  gros 
fil  de  fer,  qu'on  met  au  devant  des  Vitraux  ,  comme  à  ceux  du  bas  d'un  Edifice  ,  pour  em- 
pêcher que  les  Vitres  en  foientcafTées  par  des  coups  de  pierre  :  ou  à  ceux  du  haut ,  ainfi 
qu'aux  Dômes,  &  à  une  certaine  diftance  de  la  Vitre,  pourrefifteràrimpetuofitédes 
•vents ,  qui  en  pourroicnt  enfoncer  les  panneaux. 

TREMEAU.  roycK  TRUMEAU. 

TREMION.  Barre  de  bois ,  qui  fert  à  foùtenir  la  Horte  o\i.Tremic  d'une  Cherainée.P/.  5  ^.p. 
159-  .  TRE. 


Î48  EXPLICATION   DES  TERMES 

TRESOR  j  c'cfl  un  lieu  fcparc&  proclic  d'une  Eçrlife,  où  font  renfermées  les  Reliques,  & 
autres  chofes  prccicufes,  comme  celui  de  la  Sainte  Chapelle  à  Pans.  Tre/or  dï  auffi  dans 
un  Palais  ou  dans  un  Château  la  Chambre  forte  ,  où  font  confervces  les  Archives  &  Char- 
tes ,  comme  celui  du  Palais  d'Orlcans  ou  Luxembourg  à  Pans  5  qui  efl:  danslcDomeau 
dcllùs  de  l'entrée  &  éloigné  des  dangers  du  feu.  p.jç.  ?  5  5  -  Lat.  r^rchivuni. 
Trésor  public;  c'eflou  chez  les  Romains  un  fort  Batmient  qu'ils  appclloient  ^rariuni , 
&  ou  cftoit  gardé  l'argent  deltine  pour  les  befouis  de  la  Republique  ,  conme  le  Trefor  de 
Valenus  Publicola  qui  fut  pillé  par  Cefar.  On  frapoit  aufli  la  Monnoye  dant  ce  lieu  là.  On 
appelle  aujourd'hui  a  Rome  Trf/or,  la  Banque  du  Saint  Efpnt  &  le  Mont  de  Pieté,  où 
l'on  crardc  en  déport  les  deniers  8c  les  hardcs  du  Pi<blic.  ibid. 
TREUÎl  i  c'efl:  dans  les  Mécaniques  un  gros  rouleau  de  bois  à  teftes  quarrées ,  qui  pofé  ho- 
rizontalement,  fc  tourne  par  manivelle,  bras,  ourouééchcllée,  ou  à  tambour,  &  dé- 
vide un  cable  qui  enlevé  quelque  fardeau.  Toute  Machine  dont  le  mouvement  circulaire  eft 
le  principe  ,  fe  nomme  }{oiuncLtiû  dans  Vitruve. p.  145 . 
TRIANGLE.  Figure  a  trois  cotez  &  à  trois  a.i^/w.  Ses  diirerences  fe  tirent ,  ou  de  Tes  cotez  > 

ou  de  fes  angles,  PL  t-  f  •  j- 
TRIANGLE  par  raport  auxcotcK- 

Triangle  e  cjuilateral  ,  celui  quia  trois  coftez  égaux.  P/.  t- ?•)• 
Triangle  isocelle,  celui  dont  deux  cotiez  font  égaux,  ibid.  Lat.  Ifofccles ,  fait  du  Grec 

Ij6s  ,  égal ,  &  Sl^clos  ,  jambe. 
Triangle  scalene,  celui  dont  les  trois  coftez  font  inégaux,  ibid.  Lat.  Scalcmm,  fait  du 

Grec  S/(,ilanon  dérivé  de  Skoltos ,  tortu» 
TRIANGLE  par  raport  aux  z^ngUs. 

Triangle  rectangle,  celui  qui  a  un  a)iç/f  droit.  P/.  "f- p- j- 
Triangle  amblygone,  celui  qui  a  un  <îh^/c  obtus.  ib.Lai.^mbly^omtan,  du  GreCc^w- 

ilys   obtus,  SlGonid,  angle. 
Triangle  oxygone,  celui  qui  a  les  trois  a>:^lcs  aigus,  ibid.  Lat.  Oxygomum-,  du  Grec 

Oxys  ,  aigu  ,  &:c. 
TRI  ANON  ;  c'efl:  dans  un  Parc  un  Pavillon  éloigné  du  Château  ,  comme  le  Triamn  de  Saint 
Cloud  &  autres.  Ces  fortes  de  Pavillons  ont  pris  leur  nom  de  celui  que  le  Roi  avoir  fait 
confl:ruue  prés  Verfailles ,  &  qu'il  a  fait  depuis  rebâtir  au  même  endroit  avec  beaucoup  de 
mao-uificence.  Le  C^fino  des  Italiens  efl:  un  Bâtiment  de  cette  efpcce,  &.  de  pareil  ufage 
pour  plus  de  retraite  &  de  fraîcheur  ,  comme  il  y  en  a  à  prefque  toutes  les  grandes  Vignes 
en  Italie,  p.  195.  &  3  54. 
TRIBUNAL  -,  c'elt  dans  une  Bafilique  ou  Salle  pour  rendre  la  Tultice,  le  fiege  avec  les  bancs, 
oùfontallislcPréiident&  lesConfeillers.  Ce  mot  qui  efl:  aulli  Latin  ,  tire  fon  origine  du 
Sie^eélevé,  où  le  rn/>«n du  Peuple  Romain  femettoit  pour  rendrela  Jufliice.  p.   511. 
TRIBUNE-,  c'eltoit  chez  les  Romains  le  lieu  élevé  prés  du  Temple  Se  dans  la  Place  appcllée 
proroflriSf  ou  des  proues,  pour  haranguer  le  Peuple  allémblé  Tp2Lï  Tribus.     On  donne  au- 
jourd'hui ce  nom  aux  Galeries  élevées  daus  les  Eglifes  pour  chanter  la  Mufique  ou  entendre 
rOlîicc  ,  comme  à  l'Eghfe  de  Saint  Louis  des  PP.  Jefuïtes  rue  Saint  Antoine  à  Paris.  Les 
Italiens  fe  fervent  du  inotrr/i/();tz,pour  fignifier  le  Chevet  d'une  Eg!ife.P/.70.p.^^y  5  .&  5 14. 
TRIGLYPHE;  c'efl:  par  intervalles  égaux  dans  la  Frife  Dorique,  une  efpece  de  boflage , 
qui  a  deux  gravures  entières  en  angletappelléesG/yp/jf/  ou  Canaux,  &  feparées  par  trois 
Cuilles  ou  certes  d'avec  les  deux  demi-canaux  des  cotez.  Ce  mot  vient  du  Grec  Triglyphos , 
qui  a  trois  gravures.  P/.  II  .p.  }  18.  &<■-. 
TRINGLE.  "Efpece  de  règle  longue  qui  encaftrée  &  fcellée  au  defious  des  Corniches  des 

Chambres  ,  iert  à  porter  la  tapi'flérie ,  &  à  divers  ufages  dans  la  Menuiferie.  p.  5  54. 
TRINGLER;  c'eftl'ur  une  pièce  de  bois  marquer  une  ligne  droite  avec  le  cordeau  froté  de 
pierre  blanche,  noire  ou  rouge  ,  pour  la  façonner,  p.  5  58. 

TRIPOT.  TojfÀ  JEU-DE-PAUME. 

TRO-» 


D'ARCHITECTURE,  &:c.  249 

TROCHILE.  Voyt:^  SCOTIE. 

TROMPE,  Efpece  de  Vouce  en  faillie  ,  qui  femblcfe  foûtcnir  en  l'air  ,  &  qui  cftain fi  nom- 
mée ,  ou  parce  que  fa  figure  eft  femblableà  uneTrow/'f ,  ou  Conque  marine,  ou  parce 
qu'elle  iro^ipe,  ou  furprend  ceux  qui  la  regardant ,  n'ont  pas  connoiflance  dcTarcifice  de 
Ibnapareil./'.  140.  PL  66  B.  C'eftccque  Vuruveentend  par  Comha. 

TE.OMPE  SUR  LE  COIN,  Celle  qui  portc  l'encôgnure  d'un  Bâtiment ,  pour  faire  un  Pan  cou- 
pé au  rezdc-chaulîce  ;  commeilycnauneau  Village  de  Saint  Cloud  ;  maislapîus  confi- 
Gcrablequifc  voye,  eft  celle  qui  aefté  conftruite  par  le  Sieur  Defargues,  au  bout  du  Ponc 
de  pierre  fur  la  Saône  à  Lion,  lequel  par  cet  ouvrage  a  lailTé  à  fa  Patrie,  un  monument  de 
ù  capacité'  dans  l'Art  de  la  Coupe  des  pierres,  ibid. 

Trompe  dans  l'angle,  celle  qui  efl  dans  le  coin  d'un  c^^^/f  rentrant ,  comme  il  s'ea 
voir  une  dans  la  rue  de  la  Savaterie  à  Paris  ,  que  Philibert  de  terme  raporte  Z/v.  4.  Ch.  z. 
avoir  faite  pour  un  Banquier,  ibid. 

Trompe  regle'e,  celle  qui  eft  droite  par- fon  profil,  commeils'en  voit  une  derrière  l'Hô- 
tel de  Duras  prés  la  Place  Roia!e  à  Pans.  ibid. 

Trompe  en  niche,  ccllequi  eft  concave  en  manière  de  coquille,  &:  qui  n'cfl  pas  reoléepar 
fon  profil ,  comme  la  7>owpfqui  porte  le  bout  de  la  Galerie  de  l'Hôtel  de  La-Vriihere  rue 
neuve  des  bons  Enfans  à  Paris,  ibid. 

Trompe  en  tour  ronde,  celle  dont  le  plan  fur  une  ligne  droite,  rachette  une  Tû.vr  ro«Jf 
par  le  devant,  &  eft  faite  en  manière  d'évantail ,  comme  les  Trompes  du  bout  de  la  Gale- 
rie de  l'Hôtel  de  la  Feiiillade  à  la  Place  des  VnSoires.  ibid. 

Trompe  de  Montpellier.  Efpece  de  Trow^e  dans  l'angle,  qui  eft  en  tour  ronde,  &  dif- 
férence des  autres  en  ce  quelle  a  de  montée  deux  fois  la  largeur  de  fon  cintre,  I!  y  en  a  auffi 
dans  la  même  Ville  de  Montpellier  une  Barlongue  qui  eft  plus  eftime'e ,  &  qui  a  environ  7. 
pieds  de  large  fur  1 1-  de  long. 

Trompe  onde'e,  celle  dont  le  plan  eft  cintré  en  owrfej- par  fa  fermeture,  comme  h  Trompe 
duChàceàud'Anet ,  qui  a  efté  démontée  de  l'endroit ,  où  Philibert  de  Lorme  l'avoit  bâ- 
tie pour  fervir  de  Cabinet  au  Roi  Henri  II.  &  remontée  en  une  autre  place  avec  beaucoup 
de  foin  par  leSieurGirard  Vyet  ArchitecSlede  M.  le  Duc  de  Vandôme.;'.  140. 

TROMPILLON  ;  c'elt  une  petite  Trûwpf  de  peu  de  plan  &  de  portée,  comme  les  trois  Trsm- 
fcs  fur  le  coin  qui  portent  le  petit  Pavillon  à  l'encôgnure  des  murs  de  l'Abbaye  de  SaiiiC 
Germain  des  prez  à  Paris, 

Trompillon  de  VOUTE;  c'eft  la  pierre  ronde  qui  fertdeCoufllnetaux  VoufToirsduCû- 
de-four  d'une  Niche  ,  &  pour  porter  les  premières  retombées  d'une  Trompe.  Il  y  a  auffi  des 
Trompiihns  Cous  les  Quartiers  tournaiis ,  &  Paliers  des  EfcalicrsvoK/c-^  en  Arc-dc-cloîcre, 
P/.  66  B.  p.  141. 

TRONC.  Ce  mot  fe  dit  du  Fuft  d'une  Colonne  ,  &:duDéd'unFicdeftaI.  p.  16.  Sec,  Lac. 
Truneu!. 

TRONÇON  ;  c'eft  un  morceau  de  marbre  ou  de  pierre  dure  ,  dont  deux  ,  trois  ou  quatre 
polezdeliten  joint ,  forment  le  Fuft  d'une  Colonne.  p.]cj. 

TRONCHE.  GrolTe  &  courte  pièce  de  bois ,  comme  un  bout  de  poutre,  dont  on  peut  tirée 
une  courbe  rampante  pour  un  Efcalier.  p.  511. 

TRONE,  du  Grec  Tnroiws ,  Chaire  ou  Siège  magnifique  ;  c'eft  un  Siège  Roial  enrichi 
d'Architeéture  &  de  Sculpture  de  matière  précicufe  ,  élevé  fur  pludcurs  degrez  ,  & 
couvert  d'un  dais,  comme  il  y  en  a  dans  les  Salles  d'Audience  des  Rois  &  autres  Souve- 
rains, p.  ^11. 

TROPHEE;  c'eftoit  chez  les  Anciens  un  amas  d'armes  &  de  dcroiiilîes  des  Ennemis, 
élevé  par  le  Vainqueur  dans  le  Champ  de  bataille,  donc  on  a  faitcnfuitela  reprelènta- 
lion  en  pierre  &enmarbre,  comme  lesTro^'/^rt-ydeMarius  &  dcSyllaauCapitole.  Ces 
Trophées  antiques  font  d'Armes  Gréques  &  Romaines,  &  ceux  d'aujourd'hui  d'Armes 
de  diverfes  Nations  de  nôcre  tems,  comnie  ils'enYoicd'ifokzàl'Arc-de-Tnofliphedu 
Toms  JI.  li  Pau- 


250  EXPLICATION  DES   TERMES 

Faubourg  S.  Antoine  ,  &  fur  la  Balultrade  du  Château  de  Verfailks.  Il  s'en  fait  de  Bas- 
reief ,  comme  a  la  Colonne  Trajanc  ,  &  à  l'Attique  de  la  Cour  du  Louvre.  Ce  mot  eft 
fait  duLat:nrropÂ^/,,«,  qui  vient  félon  Vofllus  du  Grec  Trorc,  Fuite  de  rcnnemi.  P/.^; 

TROU,  fe  dit  de  toute  cavité  en  pierre  &  en  plâtre  creuféequarrémenr,  dans  laquelle  on 
fcelle  des  pâtes,  gonds,  barreaux  de  fer  ,  &c.  &  que  les  Tailleurs  de  pierre  6c  Maçons 
marchandent  par  nombre  a  chaque  Croifec ,  Force,  Vitrail,  &c.  p.  144.  Lac.  for^mcn 
palmaire.  ' 

Trous  de  Eot-triNs.  Fôyc:^  BOULINS. 

TRULLIZATION  ,  s'entend  dans  Vitruve  Liv.  7.  Ch.  j.  de  toutes  ferres  de  couches  de  mor- 
ler,  travaillées  avec  la  truelle  au  dedans  des  Voûtes  :  ou  bien  des  hachures  qu'on  fau  fur 
la  couche  de  mcrtier ,  pour  retenir  l'enduu  de  ftuc.  v.u6 

TRUMEAU  ,  ou  TRF.MEAU  -,  c'cft  une  partie  de  Mur  de  face  entre  deux  Croifées ,  &  qui 
FeX.  ^^'}^l^''^-^^:^'^^s  des  Platebandes.  Les  moindres  r...;a...  tout  érigez  d'une 
leule  pierre  a  chaque  AfTîfe.  ;>.  157.  ^ 

^Vh.'  'Ï'7'^^^^'^'  du  Latin  Top^;..,  picrreruftique  ;  c'eft  un  terrein  qui  fait  malTe  fo- 
Jidc ,  ^  fur  lequel  on  peut  fonder.  On  en  tire  une  pierre  tendre  &  troiie'e  [  dont  on  bâtit  en 
quelques  endroits  de  France  &  en  pluiicurs  d'Italie.  Le  r,,/trop  présdelafuperficiedela 

/v.  ;  ''"V",-''''^"J'  ^^'V'"'  '''^^  pourquoi  on  l'olte  pour  y  mettre  de  la  bonne  terre, 
avant  que  d  y  planter  des  Arbres,  p.  135. 

TUILE;  c'eft  un  Carreau  de  terre  graflè  paierie,  fechc'e&  cuite  de  certaine  épailTeur,  dont 
on  couvre  les  Batimeus.  La  T/.v/.  fe  fait  au  grand  &  au  petit  moule  ;  pour  celle  du  moule 
bâtard  ,  ou  de  moyenne  grandeur ,  elle  n'eft  plus  en  ufage.  Vitru  ve  appelle  Ha^^ta  Tezw 
l^,  les  r«//c.  qui  ont  un  crochet  qui  les  retient  fur  la  latte.  Le  mot  de  Hamutx,  vient  de 
numus ,  un  hameçon ,  Se  TeguU  de  tegere ,  couvrir,  p.  1  itf . 

Tuile  faistiere;  c'efl  une  Tuile  creuje ,  dont  plufieurs  couvrent  le  fa//?e  d'un  Comble, 
cette  lorte  de  7^.//f  citant  retournée  ,  fert  à  couronner  un  Oeil-de-beuf.  C'eft  ce  que  Pline 
nomme  Laterculuifrontatus.  ibid.  8c p.  ^^6. 

Tuile  gironne'e,  qu'on  nomme  auffi  Giron,  celle  qui  eft  plus  large  au  bas  du pureau 
qu  au  haut  vers  f  on  crochet ,  &  qui  fert  pour  couvrir  les  Chapiteaux  des  Tours  rondes ,  & 
des  Colombiers. /6/^.  Lat.  rf^«/ap,/w,/a,^,  "c;>,cv 

"^l"  W^""''  ''^^  ""^  '^"'^'  "^""^^  '  '^^"f  ^eP^°fi'eftenS.p.  iié.SciV.  71. p.  1^^. 

Tuile  DE  guienne  ;  c'eftauiTiune  r«//f  creufe,  dont  le  profil  eft  en  demi-canal ,  &  de  la- 
que.Je  on  le  fert  en  quelques  endroits  de  France.  Lat.  Teguia  mmata  fuivaiit  l'opmion  de 
M.  rerrault  daiiS  fcs  Notes  fur  Vitruve. 

'^"i;,"/''''''"''''  «lie  <iui  eft  plombée,  &  fert  à  faire  des  compartimens  fur  les  Couver- 
tures, p.  556.  Lat.  Tcgula  plunibata. 

Tuile  hachée,  celle  qu'on  échancre  avec  la  hachette  pour  les  Areftieres ,  les  Noues ,  &  les. 
rourchetres.  ,  «^»>-j 

TUILEAUX.  Morceaux  de  TuUe,  calTées ,  dont  on  fait  les  Voûtes  des  Fours  ,  &  les 
Conrre-CGurs  des  Atres  de  Cheminée:  &  dont  on  fe  fert  pour  Iceller  en  plâtre  des  cor . 
beaux  ,  gonds,  &  autres  pièces  de  fer:  ils  fervent  aufli  eltaïuconcalTez,  à  fairedu  ci- 
ment.  p.  214. 

''■^^n^*'^^?'  ^'^^^^^^'™efV""'"P^S"'^''^^ro^rs,  &d'unHâle,  qui  eft  un  lieu  couvert 
&  pcice  de  tous  corez  de  plufieurs  embralures ,  par  ou  le  vent  pafFe  pour  donner  du  haie  &■ 
taire  lechcT  a  1  ombre  la  Tu.le  ,  la  Brique  &  le  Carreau  ,  parce  que  le  Soleil  les  feroit  ^er- 
Laterf^i'a  ^'''^"^'î"'''^^^""'""^^"  ^o"^-  On  l'appelle  aulfii^r/î^f/mf.  p.  318.  Lar. 

"^  ro^mn\!'  'i  ^^^'^  t ^'^^^  ?"  f^  ^'''"^  '"  ^°'^"^'  ^^  Qi^^^  '  P^"'"  ^^fiftcr aux  mondations, 
comm.  il  y  en  a  k  long  de  h  Rmcre  de  Loire.    On  difou  autrefois  Turgie,  du  Latu^ 

ttir- 


D'ARCHITECTURE,   8,c,  251 

iurtrere,  enfler;  parce  que  l'eiFet  de  la  Turcie  ,  cfl:  d'empêcher  le  débordement  des  eaux 
enflées,  p  548- 
TUYAU;  c'cft  un  corps  lonj»,  rond  &  creux,  qui  fert  pour  conrluire  1  eau.     Il  y  en   a 
de  fer,  de  plomb,  de  terre  cuite  &  de  bois,  pa?.  114.  Lat.  Tubuf.  raye-  CONDUI- 
TE D'EAU.  f  «î.        T  j  ^  y^y^ 

Tuyau  de  descente,  celui  qui  dans  ou  hors  œuvre  d'un  Mur,  conduit  en  bas  les  eaux  plu- 
viales d'un  Comble,  ibul.  &  5  u  •  Lat.  FijIuLi  félon  Vitruve. 

TuvAu  DE  cHE.MiN-E'Ei  c'ed  Ic  conduit  par  ou  pafPc  la  fumc'e  ,  depuis  le  defTus  du  Man- 
teau d'une  Cheminée  y  jufques  hors  du  Comble.  On  appelle  Tuyau  apparent  ,  celui  qui 
eft  pris  hors  d'un  mur,  &  dont  la  faillie  paroîtde  fon  épaifleurdans  une  Pièce  d' Apu- 
rement: Tuyau  dans  œuvre,  celui  qui  eft  dans  le  corps  d'un  Mur  :  Tuyau  ado^j'c  ,  ce- 
lui qui  eft  doublé  fur  un  autre,  comme  on  le  pratiquoit  anciennement:  'EtTuyludc- 
voyf,  celui  qui  eft  détourne  de  fon  aplomb,  &  à  coté  d'un  autre,  p.  158.P/.  <^.Lar. 


Infutnibuiun 
TYMPAN,  nyc::  TLMPAN. 


V. 

V  ^^^',^P-  Gros  Yen  taux  de  bols  de  chcfnc  ,  qui  fe  haulTent  &  qui  fe  baifTent  dans  des 
V  coulifics  ,  pour  lâcher  ou  retenir  l'eau  d'un  Etang,  ou  d'une  Eclufe.  On  nomme  aulTi 
^  ianyies,  Jesdeuxcloifonsd'un  Baftardeau.  p.  143, 

""'pan?"  ^??^^^'^  ^i"^i  Je  corps  du  Chapiteau  Corinthien  &  du  Compofite.  Voyc:^  CAM- 

VASE,     Ornement  de  Sculpture  ifo!é&  creux  ,  quipofe  furunfocle  ou  un  piédeftal     fert 
pour  uecorer  les  Bàtimens  &  les  Jardins,  comme  il  s'en   voit   de  bronze  &  de  mar- 
bre de  difterens  profils,  enrichis  d'orneraens  ou  de  Bas-reliefs  à  Verfailles,  pa^.  102 
&  199,  r  o      /') 

VASE  DE  SAcRiîicE,  ceux  qui  fervoient  dans  les  Sacrifices  chez  les  Anciens,  &  qui 
eltoient  fouvent  employez  dans  les  Bas-reliefs  de  leurs  Temples  ,  comme  eltoient  les 
V^i;es,  qu  ils  nommoient  Prxfericuhm ,  Simpulum  ,  &c.  Le  premier  eftoit  une  efpece 
de  grande  Burette  ornée  de  fculpture,  amfi  qu'il  s'en  voit  encore  une  à  la  Frife  Corin- 
thienne du  Temple  de  Jupiter  Tonnant  raporté  dans  le  Livre  des  Edifices  antiques  de  Ro- 
me du  S'.  Des  Gouecz:  Le  Simpule  efloit  un  plus  petit  K^/f  en  manière  de  Lamre,  qui 
lervoit  au.^c  Libations  des  Augures.  On  a  introduit  ces  fortes  de //arr^  dans  quelques  Bâ- 
timens  modernes;  mais  ceux  de  nôtre  Reli:;ion  ,  comme  font  les  Calices,  Burettes,  Bé- 
nitiers ,  Sec.  conviennent  parfaitement  bien  à  la  décoration  de  l'Archiredure  de  nos  Eali- 

j    'nn  tV''"'°"<'^P^"^  ''°"'  "^^"^  ^<=^^"  tJe  s.  Roch&de  s.  francois  Xavier  du  Noviciat 
des  PP.  Jeluites  a  Pans.  * 

Vases  d'amortissement,  ceux  qui  terminent  la  décoration  des  Façades,  &  font  ordinai- 
rement ifolez  ,  ornez  de  guirlandes,  &  couronnez  de  fiâmes.  Il  s'en  fait  auili  de  demi-re- 
lief ,  comme  a  l'Hôtel  de  Fieubct  à  Paris.  Cette  forte  d'ornement  s'employe  encore  au  de- 
dans des  Batimens,  au  deflus  des  Portes,  Cheminées,  &:c.  p.  ix. 

Vases  d'enïaistement  ,  ceux  qm  fe  mettent  fur  les  poinçons  des  Combles  ,  &  font 
ordinairement  de  plomb  quelquefois  doré  ,  comme  au  Château  de  Vetfailles  PI  6± 
A.  p.  187.  '     ^ 

Vase  DE  treillage.  Ornementa  jout  fait  de  verges  de  fer  ,&  de  bois  de  boiffeau  contour- 
ne félon  un  profil:  qui  fert  d'amortilîement  fur  le^ Portiques  &  Cabmets  de  TreiL 
lage.  Les  plus  riches  de  ces  Vafes  ,  font  remplis  de  fleurs  &  de  fruits,  qui  imitent  lenaturel, 
&  ont  des  ornemcns  pareils  à  ceux  de  fculpture,  comme  il  s'en  voit  de  fort  beaux  dans  les 

II-  Jar- 


251  EXPLICATION  DES   TERMES 

Tardins  des  Hôtels  de  Louvois  &  de  S.  Poùanges  à  l'aris.  pa^.  197. 

Vases  de  théâtre;  ce  fon:  félon  Vitruve  Liv.  5.  C/?.  5.  de  certains  Vaiiîcaux  d'àirain 
ou  de  poterie  (qu'il  appelle  Echeia)  c]ui  fe  mettoient  en  des  endroits  cachez  fous  les 
degrez  de  l'Amphithéâtre,  &  qui  fcrvoient  pour  la  repercution  de  la  voix.  On  tient 
qu'il  y  en  a  de  cette  forte  dans  i'Ei^lifS  Cathédrale  de  Milan  ,  qui  ell  fort  harnionicu- 
fe.  p.  U3- 

VASE,  Terrein  marécageux  ,  &  fans  confiltencc.  On  ne  peut  fonder  fur  la  f^yê  fans  grille  ou 
pilotage,  p.  548. 

VEAU.  Les  Charpentiers  appellent  ainfi  le  morceau  de  bois  qu'ils  oflent  avec  la  fcie,  du  de- 
dans d'une  Courbe  droite  ou  rampante  pour  la  tailler. 

VENES  DE  PIERRE;  c'cft  un  défont  qui  procède  le  plus fouvenc d'une  inégalité' de con- 
iîltencc  p:tr  le  dur  &  le  tendre,  qui  fait  que  la  P/frrffe  moye  &  fedeliteen  cet  endroit: 
&  quelquefois  c'clt  une  tache  au  parement,  qui  fait  rebuter  la  P/erre  dans  les  ouvrages 
propres,  p.  135. 

Venes  de  marbre  ;  c'efl:  une  variété' qui  fait  la  beauté' des  A/.!yfcrpxme'ez.  Lc^  Venes  ^rifcs 
font  un  défaut  dans  les  Marbres  blancs  pour  la  Sculpture  ,  quoi  qu'elles  faflènt  la  beauté 
des  blancs  venez,  p.  110. 

Venes  de  BOIS;  c'cft  aufli  Une  variété'  qui  fait  la  beauté' des  iJo/V  durs  pour  le  Placage  :  Se 
c'efl:  un  défaut  dans  ceux  d'allemblage  de  Menuiferie ,  parce  que  c'eft  une  marque  de 
tendre  ou  d'aubier. 

Venes  d'eau  ;  ce  font  dans  la  terre,  des  filets  d'eau  qui  viennent  d'une  petite  Source ,  ou 
qui  feieparcnt  d'une  groife  branche  ,  &  qu'on  reciieille  ,  comme  les  Pleurs  de  terre ,  dans 
des  Relervoirs. 

VENTAIL  ;  c'eft  la  partie  mobile,  compofe'e  d'une  ou  de  deux  feiiilles  d'AlTemblage  ,  qui 
fert  à  fermer  i»ie  Porte  ou  uneCroife'e,  8c  qu'on  nomme iulTi Battant. p,  114.  &P/.  9;^. 
p.  539.  Les  F?«fa(rx  font  appeliez  des  Latins  Valva. 

VENTOUSE.  Bout  de  Tuyau  de  plomb  debout ,  qui  fort  hors  de  terre ,  Se  eft  ordinairement 
fonde'  aux  coudes  des  Conduites,  pour  faciliter  l'e'chape'e  des  vents  qui  s'engendrent  dans 
les  Tuyaux.  Les  ^ntOH/ê^  des  grandes  Conduites ,  font  toujours  aulli  hautes  que  la  fuper- 
fîcieduRefcrvoir ,  à  moins  qu'on  n'y  mette  une  Soupape  renverfe'e.  p.  545.  Lat.  Columnj-- 
riiim  iHun  Vitruve^ 

Ventouse  d'aisance.  Bout  de  Tuyau  de  plomb  ou  de  poterie  ,  qui  communique  aune 
Chaufle  à' ^/i'frnce ^  &  fort  au  deflus  du  Comble,  pour  diminuer  lamauvaifeodeur  du 
Cabinet  d'e^ifance.p.  181.  Lat.  Spiramentum. 

Ventouse.  Voyez  BARBACANE. 

VENTRE.  Terme  de  Maçonnerie  pour  (îgnifier  le  bombement  d'un  Mur  trop  vieux  ,  foi- 
ble  ou  charge' ,  qui  boucle  &  ell  hors  de  fon  aplomb.  Ainfi  quand  un  Mur  elt  en  cet  e'tat , 
on  dit  qu'il /<z;t  Vf«frf&  menace  ruine,  p.  537. 

VERBOQUET.  Contrelien  ou  cordeau  ,  qu'on  attache  à  l'un  des  bouts  d'une  pièce  de  bois 
ou  d'une  Colonne ,  &  au  gros  cable  qui  la  porte  ,  pour  la  tenir  plus  en  équilibre  ,  &  empê- 
cher qu'elle  touche  à  quelque  faillie  ou  échafaut,  &  qu'elle  tournoyé ,  quand  on  lamen- 
te. Lat.  Du^arius funiculus. 

VERD.  VvycK  COULEURS. 

VERGE.  Mel'urequi  en  quelques  endroits  fur  le  Rhin  pafTe  pour  12.  pieds  de  Roi  j  mais  qui 
réduite  au  pieddeLeyde,  n'a  que  1 1.  pieds.  7.  pouces,  p.  3  59. 

VERGER.  Jardin  planté  d'Arbres  fruitiers  en  plein  vent.  On  appelle  Cfri/riye ,  celui  qui  eft 
plante  feulement  de  Ccnlîers:  PruneUye ,  de  Pruniers  .  &  Pommerayc  ,  de  Pommiers, 
p.  199.  Lat.  Firidarium  )  ou  pluftôt  Po/«ar/;<»; ,  qui  (îgnifie  encore  la  Serre  où  l'on  coU' 
fcrvc  les  fruits. 

VERIN.  Machine  en  manière  de  PrefTe ,  compofée  de  deux  fortes  pièces  deboispofccs 
horizontalement,  &  de  deux  grolfes  vis  >  qui  fout  éJever  un  pointai  enté  fur  le  milieu  dr 

h 


D' A  R  C  H  r  T  n  C  T  U  R  E  ,  a-c.  25^ 

lapiece  tîecIciTiis  :  laqiiclîefèrtpourredrcller  des  Jambes  eu  furplomb ,  reculer  des  Pans 
de  bois  &  à  d'autres  ufigcs.  p.  243. 

VERNIS.  Fbyez  COULEURS. 

VERRE.  Matière  tran('parenre&  plate  faite  par  le  moïen  du  feu,  dont  on  garnit  les  Vitiaux: 
&  Croifees.  Il  y  en  a  de  plufieurs  fortes.  Le  Vcrrt  blanc  eft  le  plus  clair  &  vient  de  Cher- 
bouTo  en  Norman  Jie,  &c.  Le  ^Tre  </f  fr^wr^-eft  un  peu  verdâtre  ,  (è  fait  en  plat  ou  rond 
avec  un  neud  ou  boudiné  au  milieu,  &  vient  de  Picardie  &  de  Normandie.  Le  f^'trré  de  Lor- 
raine eÇilc  moms  beau,  parce  qu'il  eft  verdarre,  graveleux  &  fombre -,  illc  jette  en  fable 
par  tables  b.nlongues.  11  y  a  du  Vïrre  (io«Z)/f  pour  les  Vitraux  d'Eglife  ,  qui  a  jufques  à 
deux  lignes  d'e'pailVeur.  p  xiy. 

Verre  peint,  celui  qui  bien  que  fort  e'pais  ,  eft  pénétré  d'une  feule  couleur  fans  apreft  ni 
demi-teinte,  commeceuxdesVitrauxdes  anciennes  Eglifes.  p.  555. 

Verre  d'aprest,  celui  où  les  carnations,  draperies  &  dégradations  de  couleurs  ,  font 
cbferve'es  félon  l'Art  de  peindre.  Les  plus  vives  couleurs  ne  fe  donnent  au  Ferre , 
que  par  l'opération  du  feu.  ihid.  yjjcz  les  Principes  des  Arts  de  M.  Fehbien.  Liv.  i. 
Cbap.  21. 

VtRRE  DEFECTUEUX.  On  appelle ainfi  tout  ^rr^qui  a des defauts ,  comme  l'c^/Vrr,  qui  (e 
caiïe  en  le  taillant:  k  A<fouchetc ,  qui  a  des  petites  tâches  :  l'Oidf ,  quiadesvénes  :  &  ceux 
qui  ont  des  boitillons,  boudins,  boutons,  gravier,  &c. 

Verre  dormant;  c'eft  un  Panneau  de  vitre  fcelle'  en  plâtredansune  Veuë  defervirudc. 
Foye:(,iàCoùt.  de  Paris,  c^r^  201.  Il  y  aaulTi  de  ces  ^rrfjdorwfl?jJ' fcellezenpiàtredans 
les  Croifillons  des  Vitraux  des  Eglifes  Gothiques,  p.  558. 

VERRERIE;  c'eft  par  raport  à  l'Atchitedurc  un  grand  corps  de  Bâtiment  diftribuc  en  pla- 
ceurs Logemcns,  Bûchers,  Fourneaux,  Salles,  Galeries,  ScMagazins,  pour  faire  les 
ouvrages  de  ^Trf.  Il  y  a  de  deux  fortes  de  K-rrme,  l'une  pour  foufler  les  ^rrei ,  Vafes  , 
&c.  comme  àNevcrs:  l'autre  pour  fondre  les  Glaces  ,  comme  à  Cherbourg  ,  ou  pour  les 
polir,  comme  à  celle  de  Paris.  De  toutes  les  ^Trfne^  y  laplusconfiderableèft  cellcde  Mu^ 
ran  Faubourg  de  Venife.  p.  5  28.Lat.  Offictna  Titraria. 

VERROU.  Pièce  des  menus  ouvrages  de  Serrurerie,  qu'on  fait  mouvoir  dans  des  crampons 
fur  une  platine  de  tôle  cifelc'e  ou  gravée,  pour  ouvrir  ou  fermer  une  Porte.  Il  y  en  a  de 
grands  à  queue  avec  bouton  ou  poigne'e  tournante  ,  pour  les  grandes  Portes  &  Feneftrages: 
&  de  petits,  qu'on  nom  me  T'<irçfnfy,  attachez  avec  cramponets  fur  des  e'cuflbns  pour^les 
Guichets  des  Croife'es.  P/.  5  5  C.p.  217.  Lat.  Obex. 

VERTUGADIN.  Terme  de  Jardinage,  qui  lignifie  un  Glacis  de  gazon  en  Amphithéâ- 
tre, dont  les  lignes  circulaires  qui  le  renferment,  ne  font  point  parallèles.  Ce  mot 
■vient  de  l'Efpagnol  ytrdugadû  ,  le  bourlet  du  haut  d'une  jupe  ,  auquel  cette  figure  rellem- 
ble.  p.  3  58. 

VESTIBULE  ;  c'eftoit  chez  les  Anciens ,  un  grand  efpace  vuidc  devant  la  Porte  ou  à  l'entrée 
d'une  Maiîon,  qu'ilsappclIoientc^.'r/MOT,  Propatulumy  &C  Fe\iibulum  ;  parce  qu'au  raporc 
de  Martinius,  il  cftoit  dedié  à  la  De'efie^/?^,  d'où  il  fait  dériver  ce  mot ,  comme  qui 
diroit  Vclix  Stabulum  ;  d'autant  qu'on  s'y  arreltoit  avant  que  d'entrer ,  &que  comme  iJs 
avoient  coutume  de  commencer  leurs  Sacrifices  publics  par  ceux  qu'ils  ofFroient  à  cette 
Déefle  ;  c'eltoit  aufli  pa.v  k  Féllibule  ,  quiluyeftoitconfacré  ,  qu'ils  comracnçoient  à  en- 
trer dans  laMaifon.  Ce  mot  peut  encore  venir  du  Latin  Fëliis,  une  robe,  &  i^mbularc  y 
marcher;  parce  que  le  yejlibule  eftant  aujourd'hui  dans  un  Logis,  unheuouvcrt  au  bas 
d'un  grand  Efcalier,  pour  fervirdepaiîage  àdiverfes  iffuës,  c'eft  dés  ce  lieu  qu'on  com- 
mence à  lailFer  traîner  les  robes  pour  les  vifites  de  cérémonie.  On  appelle  encore  impropre- 
ment Vèflibule,  une  cfpcce  de  petite  Antichambre,  avant  que  d'entrer  dans  un  médiocre 
Apartement.  PL  6i.p.iyy. 

Vestibule  simple,  celui  qui  a  Ces  faces  oppofées  également  décorées  d'Arcades  vrayes  oa 
Édntcs,  comme  le  ^/?(6«/f  du  Palais  des  Thuileries'à  Paris,  f.  }}8. 

li  3  VïSTi- 


-^54  EXPLICATION   DES  TERMES 

VfSTiBULE  iigore',  cclui  dont  le  plan  n'eft  pas  contenu  entre  quatre  lignes  droites  ou  une 
circulaire  i  mais  c]ui  par  des  retours,  forme  des  avant-corps  Se  des  "arrière- corps  revê- 
tus de  PilaflresSc  de  Colonnes  avec  fimmetrie  ,•■  comme  celui  du  Château  de  Marions. 
tl>idet/:, 

VïSTiBULE  TETRASTYLE,  celui  qui  a  quatre  Colonncs  ifolées  &  refpedives  à  des  Pilaftres 
ou  à  d'autres  Colonnes  cngage'es  ,  comme  celui  de  l'Hôtel  Roial  des  Invalides. 

VrsTiBULE  ocTOSTYLE  ROND,  cclui  qui  a  huk  Colonncs  adofle'es ,  comme  le  Vcftibulc  du 
Palais  d'Orléans  dit  Luxembourg  :  o'i  ilolces ,  comme  cclui  de  l'Hôtel  de  Beauvais  à  Pa- 
ris ,  qui  ont  l'un  Se  l'autre  leurs  Colonnes  Doriques. 

Vestibule  a  ailes.  Celui  qui  outre  le  grand  pallage  du  milieu  couvert  en  berceau ,  eft 
icpàre  par  des  Colonnes  des  ^•iHes  ou  Bas-côtez  plafonnés  de  fofitcs  ,  comme  le  Féjli- 
bu.c  du  Palais  Parnct'càRome,  ou  voûtez,  comme  celui  du  Gros  Pavillon  du  Louvre, 
p^.  191. 

VESTIBULE  EN  PERISTYLE,  celui  qui  eft  divifé  cn  ttois  parties  avcc  quattc  raugs  dcCoIon- 
ues  ifolces  ,  comme  le  y'eiJibiile  du  milieu  du  Château  de  Verfailles. 

YEUE  ou  BEE.  Ternie  delà  Coutume  de  Paris  pour  fîgnitier  toutes  fortes  d'ouverturo? 
par  où  l'on  reçoit  le  jour.  Les  yéiies  d'apui,  font  les  plus  ordinaires,  à  trois  pieds  d'en- 
feiiiliement&audefîbus.  p.  558.  Lat.  Lumen. 

Veue  ou  jour  CE  COUTUME,  qu'ou  nomme  aufli  Feue  haute  -,  c'eft  dans  un  Murnon  mi- 
toïen  une  Feneltre ,  dont  l'apui  doit  eltre  à  9.  pieds  d'enfeiiiliemcnt  duRezde-chaulîée 
pris  au  dedans  de  l'héritage  de  celui  qui  en  a  befoin  ,  &c  à  7.  pour  les  autres  Etires,  ou 
même  à  5 .  rclonrexhauflement  des  planchers.  Le  tout  à  fer  maillé  &  verte  doraiànt.  Ces 
fortes  de  14;/ w  {bntencore  appellées  dù.i\slcD\:oiz  yéues  mortes,  ibid. 

Veue  de  servitude,  celle  qu'on  elt  obligé  de  foufiir  en  vertu  d'un  titre  ,  qui  en  donne 
la  joiiiirauce  au  Voifin.  ibid. 

Veue  a  tems  ,  celle  dont  on  joiiit  par  titre  pour  un  fc-w^  limité,  ihid. 

Veue  de  souîrance,  celle  dont  on  a  la  joiiiflance  par  tolérance  ou  confentement  d'un 
Voifin  ,  fans  titre.  ïbid. 

Veue  droite,  celle  qui  eft  diredement  oppofée  à  l'héritage  ,  maifon  ou  place  d'un  Voi- 
fin, &  qui  ne  peutellre  à  hauteur  d'apui,  s'iln'yafix  pieds  de  diftance  pris  du  milieu 
du  Mur  mitoïen  jufques  à  la  même  Vem-  ;  mais  (i  elle  cit  fur  une  Ruelle  qui  n'ait  que 
trois  à  quatre  pieds  de  lai'gcur  ,  celafuftît;  parce  que  c'elt  un  paffjge  public,  tbid. 

Veue  de  coste  ,  celle  qui  ell  prife  dans  un  Mur  de  face  &  elt  diitante  de  deux  pieds  du 
milieu  d'un  Mur  mitoïen  en  retour  jufqu'au  tableau  de  la  Croilée.  Onlanomme  pluflôt 
B:e  que  Veué.  ibid. 

Veue  dérobée.  Petite  Feneflre pratiquée  audeflus  d'un  Plinthe  ou  d'une  Corniche,  ou 
dans  quelque  ornement,  pour  éclairer  en  Abajour  des  Entrelbles  ou  petites  Pièces,  & 
pour  ne  point  corrompre  la  décoration  d'une  Fai^ade.  ibid, 

Veue  eniile'e.  Feneltre  directement  oppofée  à  celle  d'un  Voifin  ,  eftant  à  même  hauteur 
d'apui.  ibid. 

VruE  SUPERIEURE,  cellcqui  eftant  à  fixpicds  d'un  Mur  mitoïen,  dominefur  l'héritage 
d'un  Voilin  ,  à  caufe  de  Ion  exhaullèment.  Lorfque  ces  fortes  de  Veues  font  élevées  par  in- 
dil'crcrion,  comme  pour  voir  dans  une  Maifon  Religieufe,  onlesfait  condamner  8c  mu- 
rer par  autorité  de  juif  ice  ;  parce  qu'elles  Ibnt  infultantes  &  deraifonnables. 

Veue  de  terre.  Elpece  de  Soupirail  au  Rez-de-chaullée  d'une  Cour  ou  même  d'un  lieu 

couvert,  qui  fert  à  éclairer  quelque  Pièce  d'un  Etage  fouterrain  par  le  moien  d'une  pierre 

percée,  d'une  grille  ou  d'un  treillis  de  fer,  comme  celui  de  la  Cave  de  S.  Denis  de  la 

Chartre  àParis.  ibid. 

Veue  faistiere,  fe  dit  de  tout  petit  Jour ,  comme  d'uneLucarne  ,  d'un  Oeil-de-beuf  pris 

vers  Je  i-'<z//?f  d'un  Comble  ou  la  pointe  d'un  Pignon  ,  &c. 
ViUE  DE  rKospECT  i  c'eft  uiic /^"Irt^lib ic  ,  dont  onjoiiit  par  titre  oupar  autorite' feigneu- 

lialc 


D'ARCHITECTURE,   &c  255 

xiale  JLifqu'à  certaine  diftance&  largeur  ,  devant  laquelle  perfonne  nepeutbitirni  même 
planter  aucun  arbre,  ibid. 

Veue  de  bastiment;  c'en  eft  l'afped  ,  (]\i  on  nomme  rené  de  front ,  lorfqu'on  le  reo^arde 
du  point  milieu:  Fine  décote^  lorfqu'onle  voit  par  leâanc  :  &  Fine  d'angle,  par  Icncô- 
gnure.  p.  190.  &  194.  Lar.  Profpdius. 

Veue  d'oiseau  5  c'eft  la  reprefentation  d'un  Plan  relevé  en  perfpeclive  fuppofé  v:k  en 
l'air. 

YtuE  A  PLOMB  ;  c'eft  UPC  infpeâ:ion  perpendiculaire  du  deflus  des  Combles  &  TerrafTes 
d'uu  Bâtiment,  confiderez  dans  leur  étendue  fans  racourci  :  ce  que  quelques-uns  nom- 
ment improprement  P/j>;  tffi-ow^/f/.  P/.  é4A.  p.  187. -Ssic. 

VIF.  Ce  mot  le  dit  non  feulement  du  Tronc  ou  du  Fuft  d'une  Colonne  ,  mais  encore  du  duc 
d'une  pierre,  dont  on  a  ofté  le  bouzin  ;  c'ell-pourquoi  on  dit  qu'un  moilon  ou  qn'ui^c 
pierre eftébouzinc'e  jufqu'au  v//',  quand  on  en  a  atteint  le  dur  avec  la  pointe  du  marteau 
PL  5.  p.  15.&C. 

VIGNE,  Vbye:^  Maison  de  plaisance. 

VILLE  ic'cll:  par  raport  à  l'Architedure  civile  ,  un  Compartiment  dlfles  &  de  Qiurtierç 
dilpoiez  avec  fimmetrie&  décoration,  de  Rues  &  Places  publiques  percées  d'alicrnemcnc 
en  belle  &  famé expofuion  avec  pentes  neceflaires  pour  l'écoulement  des  eaux."f)  -i6 
VoyeKVni.  Liv.  i.  Ch.  6.  t-yi   • 

VINDAS.  Machine  compolcc  de  deux  tables  de  bois  &.d'un  treiiil  à  plomb  appelle  F.iQc, 
qu'on  tourne  avec  des 'oras,  laquelle  lért  à  traîner  les  fardeaux  d'un  heu  à  un  autre.  p.iA^\ 
c'elt  ce  que  Vitruve  appelle  £rç<ifj.  r-     ;• 

VINTAINES.  Foye:^  CABLEs! 

VIS;  c'elt  un  cylindre  environne  d'une  cannelure  en  fpirale  avec  une  rainure,  qui  efbnc 
tourné  dansunécrou,  eft  d'un  grand  fecour s  dans  les  Mécaniques  pour  élever  &  retenir 
les  fardeaux.  On  appelle  l^is  /ans  fn  ,  celle  dont  le  cilindie  tourne  entre  deux  pivots  fixes , 
&  dont  un  ou  deux  pas  feulement ,  entrent  fucceffivement  dans  les  dents  d'une  roue  ,  &  la 
font  tourner  continuellement.  La  Fis  d'^rchimede  fertdans  les  Machines  hydrauliques, 
eftant  polée  obhquement ,  pour  vuidcr  l'eau  d'un  Vaifleau  dans  un  autre  en  l'élevant.  Lac' 
Cochlea. 

Vis  de  colonne;  c"efl:le  contour  en  ligne  fpirale  du  Fuft  d'une  Co/o««e  Torfe.  C'eft  aulîî 
l'Efcalier d'une Cû/o««e  creufc.  P/.  41.' p.  107.  &P/.  91.  p.  305. 

Vis  d'escalier.  Foye:^  Escalier  rond,   Sec. 

Vis  potoyeke.  Efcalier  d'une  Cave,  qui  tourne  autour  d'un  Noyau,  &  porte  de  fonds 
fous  l'Efcalier  d'une  Maifon. 

VITRAGE,  s'entend  de  toutes  les  Fires  d'un  Baitimenr.  p.  555-  Lat.  Ftreaminum. 

VITRAIL.  Grande  Feneftre  d'une  Eglife  ou  d'une  Bafilique,  avec  croifillons  de  pierre  ou 
de  fer.  Pl.66V>.  p.  241.  &  535.  ^ 

VITREPvIE,  s'entend  de  tout  ce  qui  appartient  à  l'Art  d'employer  le  Verre,  p.zi-.  Lar. 

VITRES.  Panneaux  de  pièces  de  verre  par  compartimens  de  plufieurs  formes.  Ce  mot  fc 
dit  des  carreaux,  comme  des  panneaux  de  bornes,  p.  117.  Lat.  SpecuUria. 

VIVIER  ou  PISCINE.  Grand  BaHln  d'eau  dormante  ou  courante  bordé  de  maçonnerie , 
dans  lequel  on  met  du  poilTon  pour  peupler.  Les  plus  beaux  font  bordés  d'une  Tablette 
ou  d'une  Baluftrade ,  comme  celui  delà  Vigne  Montalte  à  Rome.  P/.72.  p.ic?  &îo8 
Lar.  Pifcina.  '      r      ;.        j      • 

UNION.  Terme  de  Peinture  qui  dans  l'Architecture  peut  fignifier  l'harmonie  des  couleurs 
dans  les  matériaux ,  laquelle  contribué  avec  le  bon  goût  du  defléin  à  la  décoration  des 
Edmces.  p.  5  39. 

VOLEE.  Terme  qui  dans  les  Mécaniques  fignifie  l'avance  de  quelque  chofe.  Ainfv  on  dit 
que  le  Gruau  a  plus  de  ^y/ff  que  l'Engin,  &  la  Grue  plus  que  le  Gruau,  àcaufedelaplus 

grands 


1^6  EXPLICATION  DES   TERMES 

granJe  longueur  de  leur  bec.  Oiinomme  aiilTi  ^-^/r'f ,  le  travail  de  plufieurs  hommes  ran- 
gez de  front  ,  qui  barrent  une  Alice  de  Jardin  fur  fa  largeur  en  mcmctems;  c'elt  pourquoi 
loifqu'on  dit  qu'une  Alice  a  eftc' battue  à  deux  ,  trois,  quatre,  &c.  Vblces ,  c'eft-à  dire 
autant  de  fois  dans  toute  fon  e'tenduë. 

VOLET.  Petit  lieu  dans  la  mai  fon  d'un  Particulier ,  où  il  nourrit  des  pigeons  ,  &  qui  n'a 
■qu'un  petit  jour  fermé  avec  un  ais  ou  jaloufic.  Lat.  Colnmbarii<mpe>ijiU. 

VOLETS  ou  GUICHETS.  Fermeture  de  bois  fur  les  Cluflis.  Ils  s'appellent  Filets  brifex, 
quand  ils  le  plient  fur  l'écoinçon  ,  ou  qu'ils  fe  doublent  dans  l'cmbrafure  ;  &  KUtski. 
^arcmcns  ,  quandils  ontdes  moulures  devant  &:  derrière,  p.  141.  PL  50. 

Volets  d'orgl-e.  Efpeces  de  grands  chaflls  ,  p.utie  cintrés  par  leur  plan,  &:  partie  droits  & 
j^arnis  de  légers  panneaux  de  volice ,  ou  de  forte  toile  imprimée  de  deux  cotez ,  qui  fervent 
à  couvrir  les  Tuyaux  d'un  Bufet  d'Or^wf. 

VOLIERE.  Lieu  à  l'air  avec  treillis  de  fil  de  fer  ,  où  l'on  tient  enfermes  des  Oifeaux  de 
fhant,  comme  la  Voiicre  de  Fontainebleau  ,  &  celle  de  la  Ménagerie  de  Verfailles. 
Lat.  ^viarium.  Ce  mot  fe  dit  aufli  d'un  Volet ,  où  l'on  nourrit  des  pigeons  domefliques. 
PI.  6<^BB. p.  100. 

VOLUTE;  c'elt  un  enrouicmentcn  ligne  fpirale,  qui  fait  le  principal  ornement  des  Chapi- 
teaux Ionique  &  Compofîte.  Il  y  a  auflî  huit  î^/Kffj  angulaires  dans  !e  Chapiteau  Corin- 
thien ,  accompagnées  de  huit  autres  plus  petites  appcUéesHeZ/cf;.  p.  48.  P/.  zo.  &c.  Lat. 
Vbluta-,  fzitdc  yblverCf  tourner. 

Volute  arase'e,  celle  dont  le  Liflcl  dans  fcs  trois  contours,  eft  fur  une  mêmelignc, 
comme  les  Volutes  Ioniques  antiques ,  &  cell;  de  Vignole,  ibld. 

Volute  saillante,  celle  dont  les  enroulcmens  fe  jettent  en  dehors ,  comme  aux  Ordres 
Ioniques  du  Portail  des  PP.  Feùillans  &  de  celui  de  S.  Gervais  à  Paris. 

Volute  rentrante,  celle  dont  les  circonvolutions  rentrent  en  dedans,  comme  les  Ioni- 
ques de  Michel  Ange  au  Capitole  à  Rome.  p.  291.  P/.  8^. 

Volute  ovale,  celle  qui  a  fes  circonvolutions  plus  hautes  que  larges,  comme  on  les  pra- 
tique aux  Chapiteaux  angulaires  mordernes  Ioniques,  &  Compofites.p.  39.  &  191. 

Volute  evidee  ,  celle  dont  le  canal  d'une  circonvolution,  elt  détaché  du  liftel  d'un  autre 
par  un  vuide  à  jour.  Cette  Fûlute  eft  la  plus  légère  ,  &  il  s'en  voit  de  pareilles  aux  Pilaftres 
Ioniques  de  i'fc'glife  des  PP.  Barnabites  à  Paris. 

Volute  angulaire,  celle  qui  elt  pareille  dans  les  quatre  faces  du  Chapiteau  ,  comme 
au  Temple  de  la  Concorde  à  Rome  ,    &c  ainfi  que  l'a  faite  Scamozzi.  pag.  50.  &:  84. 

Volute  a  tige  droite,  celledont  la  T;^e  parallèle  au  Tailloir ,  fort  de  derrière  la  Fleur 

de  l'Abaque  ,  comme  aux  Chapiteaux  Comportes  de  laGtande  Salle  des  Thermes  de  Dio- 

cletienà  Rome  ,  &  comme  celle  du  Chapiteau  de  feiiilles  de  Laurier  delà  P/iî'Jc/;!:  88.^.197. 
Volute  naissante,  celle  qui  femble  fortir  du  Vafe  par  derrière  l'Ove ,  &  monte  dans  le 

Tailloir,  com  me  elle  fe  pratique  aux  plus  beaux  Chapiteaux  Compofites.  ibidem. 
Volute  tleuronne  e  ,  celle  dont  le  canal  eft  enrichi  d'un  Rinceau  d'orneraens,  comme 

aux  Chapiteaux  Compofites  des  Arcs  antiques  à  Rome.  ibid. 
Volute  a  l'envers,  celle  qui  au  fortir  de  la  tigette  ,  fe  contourne  en  dedans,  comme  il 

s'en  voit  du  Cavalier  Boromini  à  S.  Jean  de  Latran&  à  la  Sapience  à  Rome. 
Volutes  de  modillon  ;  ce  font  les  deux  enrouleincns  inégaux  des  cotez  du  Modillon  Co' 

rinthien.  P/-  56.  p.  89. 
Volutes  de  console;  ce  font  aufli  les  enroulcmens  des  cotez  d'une  CoK/ô/e-,  prefquefcm- 

blablesàceux  du  Modillon  Corinthien.  P/.  47.  p.  119.  &  P/.48.  p.  iji. 
Volutes  de  parterre.  Enroulemens  de  buis  ou  de  gazon  dans  un  Parterre.  FI.  6^  A. 

p.  191. &c. 
VOUSSOIRS.  On  appelle  ainfi  les  pierres,  qui  forment  une  Voute  ou  une  Arcade.  Il  y  en 

a  quiibut  à  celle  é^alc ,  c'eit-à-diie  de  même  hauteur  >  &  d'autres  à  celte  inégale,  comme 
^  ^     '■  les 


1 


D^ARCHITECTURE,  &c:  20 

kscarreatiT& kîbouci/feîpourfkire  liatfon.  Lat.  Cunrr,  parce  qu*tk  ont  fa  forme  d'un 
\-Oin.  ri.  66  A.  &.  2.57.  _v»«i» 

^tT^Lt,  '  ^°."""*  »  ^^"^  ^"^  «*°"^"^  P"^  «-J^auf .  pour  fkire  liaifon  avec  une  Afll- 

^7<S^'I'ai>fte!*''''''''*  cduiguieftancfourchu,  foit  haifon  avec  te  Peiidentifs  dTunc- 

VOUiSURE.  ^^  ARRIERE- VOUSSLTRE  ,  &  Mont^^b 

\  OUTE.  Corps  de  Maçonnerie  cintre  par  Ton  profil ,  cjui  fe  foûrient  en  l'air  par  TApareir  des 
ll^ZZ't%7t"''^  pour  couvrirciuelciae  l«.^u.  On  appelle  M^Jefcs  X'  t 
rZTn  nlr^'^'^'"'  '  ''  ^'^^'^'^^^  ^"  f^'""qurn*cn  couvrent  ciuecuclQu..pa;t«., 
ybuu^çtht  cjm  eftanc  cmittruite  au  dellus  d'uneautre  pour  le  racordement  de  la  décora- 

«.Keckiaut.e,  œmmeauDomedeS.PierredeRome  &  à  celui  des  Invalides  à  Paris. 
ri^  td  ix.ff.  x^f.  isj:. 

\lZrTrJ''''A  "'"''Y'  ^"'°"^Prl'eaufn  Berceau  droit,  celle  dont  la  courbure  eftea 
hen^cycleoudemi-cercle,  comme  les  grands  Berceaux  de  la  Salle  du  Palazs  àParrs.  .b^l 
C  eit  ce  cjtte  Vitruw  nomœe propivmeut  Fornix. 

^°r^ll'  '"^  ^,'^;^°^^"^^«-E<pecede  Berceau,  qu.n'eftant  pas  contenu  entre  z.  lianes  pa- 
taik^.elUtroKparunbo^t&largeparraucre,  comme  au  Grand  Efcalier  du  Vatican 
P'54î' 

^'^^^J''^"'^*  eeUe  qui  dans  fa  longueur  eft  traverféepardes  I«„e..e.  dircaemenc 
ojpoTcj^,  ponrei^en^pecherlapoUke,  ou  pour  y  pratiquer  des  jours  :  lefqueUes  font, 
«««iplemc^re,  ««nmeaia  ^.^..derEgl.Iedu  Val-de  grâce  :  ou  en  arc  parabolique 
.«^me  acelle  de  S.  ioinsd..  PP.  Kuïres  a^Par.s  :  ou  enfî^.  bombées  ,  comn^eTs  pâr  e 
«le  Rtxsîe./;.  s  ;^.  Pi.  66.  B.  Lac.  Jor^/x  /ff«/J.«rf. 

^"""2!  ^'^f  »:^^^  »  '  o^  tNj  AMS£  M  1.ANIER,  Celle  qui  eft  plus  baflc  que  le  dcnù-cerclc. 
coœrueU>.-...r.debSaIledes.Su.flesau  Louvre.  Lat.  i^ir»,x //«^.Z>..^.  J  z    o 
ï'2?n^^^r"  r   '^^"f 'î^^^'^.ftp'^^J^^u^equele  demi-cercle  parfait ,  afin  que  la  faillie 
é.^icIa.pofte_ou  Corniche,  net.  cache  pas  les  premières  retombées,  comieàlals- 

VouTE  BIAISE,  ou  i)£  cÔte',  Celle  dont  ks  Murs  lateraux  ,  ne  font  pas  d'équerre  avec  les 
Piedious de  1  Entrée,  &  dont  les  Voufloirs  font  6;^u  par  tefte.p  i^g  Lat  FornSTbUaT 

io-.a.^  iS.b'L.  66  b.p.  i^i.Lac.  Furfim  declivts. 

VouTE  sPHERiouE  celle  qui  e(t  circulaire  par  fou  plan  &  par  fon  profil.  Ou U nomme aiilE 
Ci^^d^faur,  ûcIaplusparfaiteeflenpleinantre./id.Lat.  TcflJo  ^^^^^«"«^ailtil 

7Jit  le^A ff>StrT  '  '"^"^  'T^  ^^«' e/;^../?... ,  ronde  ou  ovale,  furbailTée  oafurmonte'e, 
dont  les  Affïtes  ne  font  pas  polces  de  niveau ,  mais  font  conduites  en  Ipirale  depuis  les  Couf- 
finetsjuIqualaClef,  ou  Fermeture.  Lac  Tefludo  cochlcaru.  ^  "'eocpu.sics  Coul- 

rî^JI^^'^'T'  *^-^^d°f^es  Angles  paroilîcnt  en  dehors,  &  qui  eft  faite  delà  rencor- 
ue  de  quatre  Lunettes  égales ,  ou  dedeux  Berceaux  qui  fe  croifent ,  con.me  aux  P  Jrtïqucs 

aLw  ^Li^'^'V"'^''^'  celle  qui  e(l  formée  de  quatre  partionscJecStde,  &domles 
Angles  eo  dedans  fom  un  efFet  contraire  à  la  r./u.d-.ref te.  .4/.  Lat  Oi;«rr4      ^^"^''^ 

Vouxfi  SUR  LE  HOYAu,  celle  quuourne  autour  d'un  CilindiT  ,  &  qu  on  appelle  auill  5^r- 
c..« /o.n;..^comme  dans  les  deuxTours  rondes  de  rOraiigerie  dcVckil'csJV^ 

\ouTB  i>oo,VE,  ce  lequi  eft  compofée  de  Formerets ,  cf-Arcs  daub'eau.x,  d^O^£s)ll 
ue  Pendentifs,  &dont  le  cntreefl  fait  dedeux  lignes  courbes  égaks  ,  qtu  fe  coîm  en 
.upointauiommet.  Cette  ra.v.cftaufïïappclka^o./.^...,  ou  îuj^,ï^"^l^ 

Kk  VouTE 


15^  EXPLICATION  DES  TERMES 

VouTE  EN  COMPARTIMENS,  Celle  doiit  la  doiielle  ou  parement  intérieur  eft  orncfdepan- 
jieauxdcfcuipturefcparczpar  des  platebandcs.  Ces  Compartimens  y  cjui  font  de  différen- 
tes fi^Tures  félon  les  ybutcs ,  &  dorez  fur  un  fonds  blanc,  fe  font  de  ftuc  fur  celles  de  brique  , 
comme  on  en  voit  au  refte  du  Temple  de  la  Paix  ,  &  dans  S.  Pierre  de  Rome.  On  les  fait  en 
Jrance  de  ituc  ou  de  plâtre  fur  des  courbes  de  charpente  ,  comme  ceux  de  la  Coupe  de  l'E- 
ghfe  de  l'Allomption  à  Paris  ,  du  deffein  de  M.  Errard.  Les  plus  riches  ComparJmem  rail- 
lez fur  la  pierre,  fontccuxdcsrcwff^dcrEglifeduVal-dejrrace&deS.  Louis  des  Invali- 
des à  Paiis.^.  342.  Pl.ioi. 

Voûtes,  Ce  mot  fc  dit  des  Galeries  hautes  qui  régnent  fur  les  Bas-côtcz  d'une  Eelifc  Gothi- 
que, commecelIescIeNôtre-DamedeParis.p.  514. 

VOUTER  i  c'en:  conftruire  une  ;^««f  fur  des  cintres  &dofres,  oufur  un  Noyau  de  maçon- 
nerie. Oa  doit  félon  les  lieux  préférer  ks  Fbiitrs  aux  Sofites  ou  Plafonds  ,  parcequ'èlles 
donnent  plus d'exhaufîcmcnt,  &  ont  plus  de  folidue.  />.  151.&  z^6.Lzt.Concan:erare. 

Voûter  tN  tas  de  charge;  c'cft  mettre  les  joints  de  lu  partie  en  coupe  du  côte  de  la 
doucLe,  &  parue  de  niveau  du  côté  de  l'extrados,  pour  faire  une  J^^re-fpheriquc-.  PI  «t. 
p.  i47.&:Pi.  66B.p.  141.  ^        ^  ' 

VOYE.  P'byc::  CHEMLN. 

VoYE  DE  riERUEi  c'cfl  uiie charcttcc  d'uH  OU dc  pluficuts  quartiers dep/f rrf  ,  quidoiteflrc 
aumoins  de  quinze  pieds  cubes,  p.  206. 

VoYE  DE  PLATRE  j  c'cft  uue  quantité  de  douze  facs  de  &/i;rf ,  chacuH  de  deux  boifTeauxfc 
demi. p.  il  5. 

'^?^'^,''^ '/'*^^°"^  autrefois  une  grande  charge  poUedée  paruneperfonnede  confîderation 
i7^    tV"  ,   ^  ^,?".^  ^"-^'^  '  ^  '^^  G^^"'^  Tieforier  de  France ,  qui  a  fini  en  la  perfonne  de 

.  M.  leDucdeSuillyfous  le  Roi  Loiiis  XIII.  &  à  laquelle  ont  fuccedé  Meflieurs  les  Tre- 
loricrs  de  France  ,  qui  ont  ce  même  titre  &  qui  compofènt  une  Jurifdidion.  Ils  exercent  par 
Generalitez  la  grande  Fojrr/e,  dont  les  fondions  Ibnt  de  pourvoir  à  la  conftruaion ,  en- 
tretien &  réparation  des  grands  Chemins ,  Ponts ,  Chauffées ,  &  autres  Bâtimens  publics: 
d  en  ordonner  les  payemens  &  de  régler  les  encognures  des  Ifles  ,  &  Quartiers  des  Villes  du 
Koyaume ,  ou  ils  commettent  un  homme  dans  chacune  pour  exercer  la  petite  royerie  qui 
confdtc  a  donner  les  Alignemens  des  Murs  de  face  fur  les  Rues  ,  à  tenir  la  main  à  la  police 
des  faillies  &  étalages,  &  en  recevoir  les  droits  fixez  par  un  Edit  de  léoy.quifont  afermez 
a  chaque  Commis.  ^ 

URILLES.  Voyei  HELICES. 

URNE,  du  Latin  f7n.i,  Vai  fléau  à  puifer  de  l'eau  ;  c'eft  une  efpece  de  Vafe  bas  &  lar^e , 
qui  f ert  a  amortiirement  fur  les  Baluftrades ,  &  d'attribut  aux  Fleuves  &  Rivières  dans^'les 
Grotes  &  Fontaines  des  Tardins.  p.  4. 

URNE^ruNERAiRE  Efpece  de  Vafe  couvert,  ornédefculpture,  qui  fertd'amortifTement  à 
un  lom  beau,  Colonne,  Pyramide,  &  autre  Monument/««f  r^/rr ,  à  l'imitation  des  An- 
ciens,  qui  rcnfermoient  dans  ces  fortes  d'c;r««,  ^"  cendres  des  corps  des  Défunts.  0.  108. 
esc  i  /.  8  5 .  /?.  3  07.  Lat.  Urna  cineraria. 

VUIDANGE  DE  TERRE;  c'eft  le  tranfport  des  terres  fouillées,  qui  fe  marchande  par 
roifcs  cubes .  &  dont  le  prix  fe  règle  félon  la  qualité  de  la  terre  &  la  diftance  qu'il  y  a  de  la 
fouille  au  .leu  ou  elles  doivent  eftre  portées.  On  dit  auffi  ykida^ge  de  Foffe  d'^,/Lce.  p. 

VuiDANGE  D'EAU  ;  c'eft  l'étanchc  qui  fc  fait  de  Veau  d'un  Baftardeau  ,  par  le  moyen  de  mou. 
fonder         *""'  ^'^'^'^'^^^"'^'^^^^""""^aciiincs,  pour  le  mettre  à  fec  &  y  pouvoir 

VuiDANGE  DE  POREST;  c'eft  l'enlevemem  des boisabbatus  daiis  unc  Foreft,  qui  doit  eftre 
i7r  un?T''"'       P^'  ^"  Marchatids  ,  à  qm  la  coupe  en  a  elle  adjugée. 
VUIDE.  Terme  dont  on  fe  fcrt  pour  fîgnificr  une  ouverture  ou  une  Baye  dans  un  mur ,  com- 
me loriç^u  ou  du  que  les  ;f^//(/«  d'un  Mux  de  face,  ne  font  pas.égaux  MXfUins,  c'eftà- 


D'ARCHITECTURE,  &c:  25^ 

duc  que  Ces  Bayes  font ,  ou  moindres  ou  plus  larges  aue  les  Trumeaux  ou  Maflîfs.  E/pacer 
tant  plein  queMiiide;  c'eft  peupler  de  folives  un  Plancher ,  en  forte  que  les  entrevoux  foient 
de  même  largeur  aue  les  folives.  On  dit  aufli  que  des  Trumeaux  yô«f  efpaccK  tant  plein  que 
\uide,  lorfqu'ilslont  de  la  largeur  des  Croifées.  Pouffer  o\iTirer  auvnide ,  c"eft-à-dire  de- 
ver  fer  ,  &  fortir  hors  de  Ton  aplomb .  P/.  j./».  ii.  88.  ijy.Sc  140. 
VuiDEs  }  ce  font  dans  les  Maflîfs  de  maçonnerie  trop  épais ,  des  chambrettes  ou  cavitez  pra- 
tiquées autant  pour  épargner  la  dépenfe  de  la  matière ,  que  pour  rendre  la  charge  moins  pe- 
lante, comme  il  s'en  voudaus  le  Mur  circulaire  du  Panthéon  à  Rome,  &  auxArcs-de- 
Triomphe,  p.  345. 

XYSTE;  c'cftoit  "chez  les  Grecs  un  Portique  d'une  grande  longueur  couvert  ou  décou- 
vert ,  où  les  Athlètes  s'exerçoient  à  la  Lutte  &  à  la  courfe.  Ce  mot  vient  du  Grec  Xyfîos 
denvédeXy««,  pohr^  parce  que  les  Athlètes  avoient  coutume  de  fepohrlecorpsenfe 
trotant  d'huile ,  pour  éviter  d'y  eftre  pris.  Les  Romains  avoient  aufli  des  Xytics ,  qux 
.    çltoxent  de  grandes  Allées  à  découvert  qui  ne  fervoient  qu'à  la  promenade,  p.  j  08. 


.Y: 


Y. 

E'UX  DE  BEUF.  ybycK  OEil  de  jjEur. 


yiGZAC.  Machine  comporée  de  pièces  droites  retenues  deux  à  deux  par  leur  milieu  avec 
^^  des  clous  ronds,  comme  une  paire  de  cifeaux ,  &  par  leurs  extremitez  à  celles  d'autres; 
cnfortequeplufieurseftantainfiafTembléesun  médiocre  mouvement  les  fai  atlongr-r  ou 
accourcir  confiderablement  La  Machine  de  Marly  élevé  l'eau  de  la  Rivière  au  haut  de  la- 
Montagne  par  le  moyen  de  balanciers  qui  joints  les  uns  aux  autres ,  font  une  efpece  de  Ziz- 
Kac.  Voyez  Allée  en  zigzag.  ''         **'*• 


ZOCLE.  roye:^  SOCLE 
ZOPHORE.  roye:^  FRISE. 


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